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ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE FOURNITURES MEDICALES
Attention, camarade,
c'est le premier pas vers un syst�me de castes.
Servir une cause n'est pas d�shonorant.
- Cigarette ? - Merci.
Gardez-les. Vous l'avez m�rit�.
C'est tr�s gentil.
Nous avons plein d'armes am�ricaines
r�cup�r�es lors des combats,
mais on n'avait pas eu la chance de trouver des cigarettes
dans le butin de guerre.
Il n'ira pas loin au march� noir avec une cigarette.
Les soldats ne vont pas au march� noir.
Suivez-moi, on va v�rifier votre itin�raire.
Vous �tes professeur � l'universit� catholique de P�kin.
Le p�re Murray doit donner un cours dans le Sichuan.
Je vous en prie, laissez-les finir.
Merci.
Je peux prendre un billet retour pour le 24 ?
Vous pourrez prendre un billet retour une fois arriv�.
- C'est un ordre. - Par ici, docteur.
Excusez-moi.
- Vous �tes am�ricain ? - Je suis avec les Nations unies.
Pardonnez mon impolitesse, docteur,
je n'avais pas r�alis� que vous �tiez des Nations unies.
Pourrais-je parler avec vous plus tard ?
J'�cris des articles pour un journal.
Bien s�r.
Le train va partir.
N'oubliez-pas, je vous contacterai plus tard.
M�me si j'oubliais, je suis s�r que vous n'oublieriez pas.
Vous devriez lui parler.
Un espion ?
Non, juste un reporter.
Autre chose, docteur ?
Ca sera tout, capitaine, merci beaucoup.
Merci.
On se voit la semaine prochaine ?
Je ne sais pas.
Je prendrai l'avion d�s que le temps le permettra.
Pr�viens-moi de ton arriv�e.
- Un probl�me ? - Elle n'a pas de ticket.
J'ai assez d'argent pour payer.
Elle a l'argent, mais elle n'a pas de permis.
J'ai un permis.
Je lui ai dit qu'il n'y avait plus de place dans le train.
On peut s'arranger contre un peu d'argent.
C'est impossible, il n'y a plus de place.
Vous pouvez partager mon compartiment.
- Mettez vous � l'aise. - Vous �tes tr�s gentille.
- O� sont vos bagages ? - Je n'en ai pas.
Je vous prie de m'excuser.
J'essaie d'�viter un des passagers du train.
- Un policier ? - Je n'ai rien fait de mal.
Pour vous aider, je dois savoir quel est le probl�me.
C'est personnel.
Je pr�f�re ne pas m'impliquer. Je vous prierai de...
Michael.
- Ca fait tellement longtemps. - Et nous �tions si loin.
Je me demandais si nous nous reverrions.
Je l'ai imagin� bien des fois.
Ce n'�tait jamais dans ces conditions.
Viens avec moi.
Que fais-tu ici, Michael ?
Je suis avec les Nations unies.
L'Organisation Mondiale de la Sant�.
Tu comptes sauver l'humanit� ?
Je vais fonder un centre de chirurgie du thorax.
C'est pour �a que tu vas � P�kin ?
Non, le centre est � Shanghai.
C'est gentil de ne pas demander ce que je fais ici.
J'ai voulu te le demander chaque jour ces 5 derni�res ann�es.
Mais tu ne l'as pas fait
parce que tu croyais que je t'avais trahi.
Tu �tais noble et tu voulais changer le monde.
Quel genre de monde as-tu cr�� ?
Pas tr�s noble quand le progr�s est en marche.
Des gens meurent dans le monde entier,
malgr� les Nations unies.
On essaie quand m�me.
Moi, j'en ai assez d'essayer.
Je ne chantais m�me pas il y a 5 ans, � Paris.
Le d�ner est servi !
Merci pour la cigarette, Michael.
Danielle.
Il n'y a rien de plus � dire, Michael.
Pauvre Mike, je t'ai toujours mis dans l'embarras.
Je ne pense pas que tu utilises le bon mot.
- J'ai beaucoup chang� ? - Non.
J'ai pourtant beaucoup chang�.
- Tu es seule ? - Oui, je voyage seule.
C'est pour �a que tu t'es enferm�e dans ton compartiment ?
Tu ne m'as jamais fait confiance, hein ?
- Tu disais m'aimer. - Oui.
Tu n'as jamais cru en moi.
Tu �coutais les rumeurs, mais pas ce que je te disais.
Je suis seule. Tu me crois maintenant ?
Je te crois.
Je t'ai menti. C'est dr�le, non ?
Tu m'as tourn� le dos quand j'avais besoin de toi.
Maintenant, tu essaies de me croire,
mais je ne m�rite pas ta confiance.
Je ne suis pas avec un homme, mais je ne suis pas seule.
Je suis d�sol�e, c'�tait vraiment une mauvaise boutade.
Apr�s 5 ans, je n'ai eu que ce que je m�ritais.
Mlle Grenier.
Quelle plaisante surprise.
Dr Bachlin, je vous pr�sente...
Je suis navr�e.
Je m'appelle Kwon. C'est un plaisir.
Comment allez-vous ?
Je suis flatt� que vous ayez reconnu mon visage.
J'ai eu le plaisir d'entendre Mlle Grenier chanter.
Je suis dans l'importation, du moins, je l'�tais.
Le gouvernement limite les �changes d�sormais.
Je ne me permettrais pas de douter de la sagesse du parti.
Il permet de b�tir une nouvelle Chine.
C'�tait presque antipatriotique, M. Kwon.
J'ai fait pr�parer une table dans le wagon restaurant.
Vous joindrez-vous � moi ?
Je ne crois pas...
Excusez-moi une seconde.
Nous en serions ravis, pas vrai, docteur ?
Merveilleux.
Permettez-moi
de vous offrir un verre, Dr Bachlin.
Excusez-moi.
A plus tard.
Je refuse de m'asseoir avec un ennemi du peuple.
Puis-je boire mon caf� en votre compagnie ?
Bien s�r. Nous sommes heureux d'�tre assis
avec un soldat de la nouvelle Chine.
Docteur, vous m'aviez promis une interview avant de partir.
J'aimerais vous demander ce que vous pensez de la Chine.
Je ne suis pas un observateur politique.
Si vous avez des malades, je pourrais les diagnostiquer.
C'est mon domaine de comp�tence.
Vous �tes bien modeste pour un occidental
et un fonctionnaire.
Vous ne devriez pas d�tester les fonctionnaires aveugl�ment.
Il y en a dans votre parti.
Puis-je demander pourquoi vous �tes en Chine ?
Il y a beaucoup � faire.
La Chine ne fait pas partie
de l'Organisation Mondiale de la Sant�.
La Chine Nationaliste en fait partie.
M�me ceux qui ne sont pas membres tombent malade.
Les bureaux des Nations unies ont �t� ferm�s.
Pour la plupart,
mais il reste mon centre de formation
et des fournitures m�dicales qui ont �t� abandonn�es.
La plupart des fournitures ont �t� revendues au march� noir.
C'est un mensonge. Le march� noir a disparu.
Tout comme les fournitures.
Ne d�formez pas mes paroles, docteur.
Ici, l'�ducation est plus difficile que dans les pays capitalistes.
Mon p�re �tait paysan.
Mon p�re �tait fermier,
mais je ne vante pas mes humbles origines.
La Chine en a assez des sarcasmes pr�tentieux
de tous les �trangers
ainsi que nos compatriotes qui s'associent avec des �trangers.
Excusez-moi.
Il serait pr�f�rable que je prenne cong�.
Je vous prie de m'excuser, Mme Grenier, docteur,
c'�tait un plaisir.
Mon p�re, nous nous retrouvons sans compagnie.
- Vous joindriez-vous � nous ? - C'est tr�s aimable.
Ca ne passera pas inaper�u.
Vous mettre cet homme � dos va vous desservir.
Nous serions ravis de vous avoir.
Dans ce cas, j'accepte avec plaisir.
C'est la 2e fois que vous vous montrez aimable.
C'est votre travail de vous occuper des vieillards ?
Simple courtoisie professionnelle. Je suis le Dr Bachlin.
Je suis Joseph Murray.
Je vous pr�sente Mlle Grenier.
Comment allez-vous, mon p�re ?
Je suppose que �a vous arrive souvent
depuis que Marx a commenc� � manipuler les Chinois.
Les convertis sont toujours les plus fervents.
Seriez-vous catholique ?
Je ne suis pas religieux.
J'ai fait partie d'une �glise, mon p�re,
mais j'ai bien peur d'avoir perdu la foi en tout.
On peut avoir la foi en si peu de choses.
D'un point de vue mat�rialiste.
Vous ne seriez pas l� si vous n'aviez pas la foi.
Je ne fais que mon travail.
C'est presque un r�flexe conditionn�.
Ils ont le monopole de la foi et pensent savoir o� ils vont.
Il est important de savoir o� on va.
Le voyage est aussi important que la destination.
J'esp�re que je pourrai passer le reste de mes jours ici.
La Chine a besoin du christianisme plus que jamais.
Vous manquez de foi en l'Occident, mon p�re.
J'ai la foi,
mais je suis un vieil homme.
C'est simplement qu'il ne me reste que peu de temps.
Je ferais mieux de commander.
Les horaires du wagon restaurant ne sont pas tr�s flexibles.
Bonne nuit, Mike.
Il est encore t�t.
Je suis fatigu�e et d�sorient�e.
On boit un verre ?
Je doute que �a m'aide � avoir les id�es claires.
On ne dirait pas que 5 ans ont pass�.
Si c'�tait faux, pourquoi ne m'avoir rien dit.
Tu sais ce que je ressentais pour cet Allemand.
Tu aurais d� savoir que jamais...
- Ca n'a aucune... - Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
Je voulais que tu me fasses confiance.
J'�tais bless�e.
J'�tais beaucoup plus jeune � l'�poque.
Je me suis mari�e, tu sais.
Il est mort il y a un an.
- Je suis d�sol�. - Pas moi.
Il �tait � l'ambassade russe � Paris.
Ca me semblait si impressionnant � l'�poque
et je voulais �tre impressionn�e.
J'ai visit� tant d'endroits, Michael.
Londres, Berlin, Moscou...
Puis il a �t� mut� en Chine.
Il est mort ici ?
Il a �t� liquid� il y a un peu plus d'un an.
Et depuis ?
Je travaille dans un night club
et on m'a dit que j'avais du talent.
Oh Mike, si nous pouvions revenir en arri�re.
Mike, vous vous m�prenez !
Ca ne vous regarde pas, docteur.
Il n'est pas avis� de s'interposer entre un homme et sa femme.
- Vous allez bien ? - Ca va, merci.
Laisse-moi m'occuper d'elle, Mike.
Pourrai-je te voir apr�s ?
Il est trop tard, Mike. Il est trop tard.
Entrez.
Vous allez vous coucher, docteur ?
Je veux vous parler.
Vous prenez un calmant, docteur ?
Quelque chose ne va pas ?
J'ai besoin de dormir
et je vais essayer d'y parvenir.
Vous �tes en col�re contre moi.
C'est � cause du pr�tre ?
Parce qu'il est Europ�en et...
Parce que c'est un �tre humain
- C'est un ennemi du peuple. - Il n'est l'ennemi de personne.
Je ne suis pas catholique,
mais je respecte son choix de l'�tre.
J'ai lu Voltaire, docteur.
J'ai aussi lu Marx
qui dit que la religion est l'opium du peuple.
Heureusement, nous ne sommes pas tous des disciples de Marx.
Est-il indispensable de parler de tout �a ce soir ?
Les Europ�ens doivent comprendre les probl�mes
et les besoins des Chinois
et ce que nous voulons accomplir.
Je comprends les probl�mes et les besoins des Chinois.
C'est le rem�de qui me d�range.
Pourquoi allez-vous � P�kin ?
Je suis avec l'Organisation Mondiale de la Sant�.
Je voyage beaucoup pour le travail.
Les �trangers n'ont g�n�ralement pas le droit de voyager en Chine,
pas m�me les docteurs des Nations unies.
Seuls les gens comme Mlle Grenier peuvent voyager librement.
Il est tr�s tard.
Bonne nuit, docteur.
J'esp�re que votre calmant vous permettra de dormir.
Il vous dit de remonter dans le train.
Vous devriez ob�ir.
Je voulais me d�gourdir les jambes.
Personne ne quitte le train, surtout pas les �trangers.
- C'est stupide. - Vous avez une expression.
A Rome, fais comme les Romains. Vous �tes en Chine d�sormais.
Tant de soldats. Vous avez peur de quelque chose ?
- Les gu�rillas doivent... - Il n'y a plus de gu�rillas.
La Chine est finalement unifi�e.
Unifi�e comme la Tch�coslovaquie et la Pologne ?
POSTE TELEGRAPHIQUE
Il faudrait punir ces paysans.
B�tir une nouvelle Chine avec des paysans est notre fardeau
au lieu de faire
une r�volution industrielle comme en Russie.
Le communisme ne peut pas inclure les fermiers ?
Pas du tout, docteur,
c'est juste que sous certains aspects,
la nouvelle Chine ressemble beaucoup � l'ancienne.
Quand notre r�volution prendra finalement fin,
beaucoup d'�l�ments corrompus auront disparu.
Bonjour.
Je peux vous servir, docteur,
mais il faudra attendre un peu qu'une autre table se lib�re.
- Bonjour, mon p�re. - Bonjour.
Je vais m'asseoir avec le docteur.
- Superbe matin�e. - Vous avez raison.
Je prendrai 2 oeufs. Durs.
Pourquoi cet arr�t ?
Une vache sur la voie.
M. Wong a vu �a comme un affront personnel
et aurait voulu l'�liminer avec son propri�taire.
Je prendrai des oeufs aussi.
Je suis d�sol�, nous n'avons plus d'oeufs.
Je prendrai du th� alors.
Aux Etats-Unis, une vache ne pourrait pas arr�ter un train.
Sans doute, mais si vous lui tiriez dessus,
vous seriez dans le journal et � la t�l�vision
et vous deviendriez capitaliste.
- Vous �tes d�j� all� � P�kin ? - Non.
Vous allez aimer P�kin, c'est la plus belle ville du monde.
Vous connaissez P�kin, Mlle Grenier ?
Bien entendu. Elle s'y rend plusieurs fois par mois.
- Docteur ? - Non merci.
M. Wong ?
Je suis � cette table uniquement pour pouvoir me restaurer.
C'est du marxisme pur et dur, mon p�re.
Tout doit �tre partag�,
qu'on le veuille ou non.
- Danielle. - Laisse-moi tranquille.
Tu as entendu ce qu'il a dit.
Je ne l'ai pas entendu de ta bouche.
C'est vrai.
Ca ne m'explique pas pourquoi tu le fais.
Je ne sais pas et �a n'a aucune importance.
C'�tait une erreur depuis le d�but.
Je voulais te faire du mal ou alors me faire du mal.
J'aurais voulu ne pas te revoir.
J'aimerais effacer le pass�,
mais je sais que tu m'as manqu� ces 5 derni�res ann�es.
Comme j'aimerais ne pas avoir fui � Paris.
C'est aussi ce que je me dis.
J'aimerais te dire qu'il n'y en a pas eu d'autres,
mais 5 ans, c'est long.
Ces 5 ans sont derri�re nous. On ne refera pas les m�mes erreurs.
Une fois qu'on commence, on ne peut pas s'arr�ter.
Tu es pi�g�, exactement comme moi.
Pas de la m�me fa�on,
mais comme moi, tu ne peux pas abandonner ce que tu fais.
C'est aussi stupide.
Tu es l�, tout seul, dans un pays inamical,
� travailler encore et toujours pour le salut de l'humanit�
alors que le monde entier ne veut que la guerre.
Danielle.
On ne peut pas y faire grand chose.
Je t'en prie, Mike, laisse-moi le temps d'y r�fl�chir.
- On se parlera plus tard. - D'accord.
Je vais chercher mes affaires.
- Il ne fallait pas la bouger. - Je le lui ai dit.
Elle devait beaucoup m'aimer pour se suicider.
Si seulement je pouvais lui parler encore une fois
et lui dire qu'elle n'avait pas besoin de faire �a.
Vous pouvez �tre rassur�, M. Kwon.
L'angle de la blessure d�note
d'une mauvaise connaissance de l'anatomie.
C'est �trange.
On dirait qu'elle a �t� drogu�e.
Elle s'en sortira.
Vous aurez largement le temps de lui pr�senter vos excuses.
Dr Bachlin.
Comment va ma femme ? Les nouvelles sont bonnes ?
Elle a perdu du sang, mais souffre surtout du choc.
Elle a �t� drogu�e avant d'�tre poignard�e.
Pour moi, �a ne ressemble pas � un suicide.
Vous �tes s�r ?
Et vous, M. Kwon ?
Vous prof�rez l� de graves accusations, docteur.
Pourquoi blesserai-je ma femme et la m�re de mes enfants ?
La pauvre femme pensait que je lui en voulais
et que je ne l'aimais plus.
Vous �tes un Occidental, vous ne comprenez pas nos coutumes.
Tout n'est peut-�tre pas id�al,
mais nos coutumes restent nos coutumes.
Je vous remercierai pour votre aide plus tard.
Vous ne me devez rien.
Je suis tout de m�me reconnaissant.
Je n'irai pas voir ma femme pour l'instant, Dr Bachlin.
Je suis s�r que tout ira mieux quand la nuit sera tomb�e.
On ne peut pas la bouger, elle est bless�e.
Je vous dis qu'elle est bless�e !
Pas de gu�rillas en Chine, hein ?
Ce sont les contre-r�volutionnaires.
- Mon p�re... - Mike, tu es bless�.
Ce n'est rien.
- Les contre-r�volutionnaires ? - C'est possible.
Ces soldats sont tr�s indisciplin�s.
Que vont-ils faire de nous ?
Apr�s 38 ans en Chine, j'ai appris � ne pas faire de pronostics.
Ce n'est pas la contre-r�volution.
Ce sont des bandits, et leur chef...
Excusez-moi, ils me demandent.
P�re Murray, le pr�tre p�lerin.
M. Kwon ?
Vos circonstances se sont am�lior�es.
Les dieux ont �t� bons avec moi.
Je ne vous garderai pas emprisonn�, mon p�re.
Je ne demanderai qu'une seule chose de votre part.
Je veux de l'argent.
Combien pensez-vous
que vos sup�rieurs � l'universit� de P�kin
paieraient pour vous secourir ?
J'ai bien peur que vous surestimiez mon importance.
Il n'y aura aucune ran�on.
Pourriez-vous me donner une raison de ne pas vous abattre ?
Pas la moindre raison
qui vous serait profitable.
Je vous ferai part de ma d�cision plus tard.
S'il devient n�cessaire de vous tuer,
comprenez que �a n'a rien de personnel.
Si c'est n�cessaire,
je consid�rerai cela
comme une action sans arri�re-pens�e.
Vous pouvez partir.
Mlle Grenier, vous �tes la suivante.
Wong a d� tout vous dire.
Je viens avec toi.
Je vais avec elle !
Entrez, Dr Bachlin.
Ravi de vous voir si press�.
Que faites-vous ? J'exige...
Vous n'�tes pas en position d'exiger.
C'est moi qui vais exiger sous peu.
Veuillez vous asseoir, Mlle Grenier.
Depuis la mort de votre mari, vous �tes devenue espionne.
L'homme qui vous a escort�e � la gare
fait partie de la l�gation polonaise.
Vous avez accompli vos diverses missions haut la main.
Ce n'est pas surprenant venant d'une aussi belle femme.
J'esp�re ne pas trop m'avancer
en vous proposant une place dans mon organisation.
Quelle est votre organisation ?
Je dirais que je suis
dans l'importation et l'exportation.
Avant l'invasion communiste en Chine
et avant que je me convertisse � cette cause,
mon organisation fournissait des armes aux communistes.
Maintenant, le gouvernement ach�te ses armes ailleurs.
Mes activit�s se sont diversifi�es.
Les m�dicaments, par exemple.
Le march� noir ?
Allons, docteur, vu l'ampleur de la chose,
mon activit� m�rite un nom plus flatteur.
Que faites-vous dans cet uniforme ?
Pour vendre des armes,
il est n�cessaire d'en porter un
pour �viter toute forme de contestation venant du peuple.
De plus, je pense que l'uniforme me sied.
Quel est le but de votre voyage � P�kin, docteur ?
On m'a dit que c'�tait une ville magnifique.
Et le g�n�ral Chong ?
On vous a dit qu'il �tait magnifique, lui aussi ?
Que recherche un dirigeant du r�seau nationaliste
de la part d'un sergent des Nations unies ?
Ca n'a rien � voir avec les Nations unies.
Le g�n�ral Chong est malade et je suis m�decin.
Si vous �tiez malade, je m'occuperais de vous aussi.
Je crains que vous soyez un id�aliste, Dr Bachlin.
Vous pourrez op�rer le g�n�ral.
J'en d�ciderai quand je le verrai.
Si vous le voyez.
Si ?
Cela d�pendra de plusieurs facteurs.
Bien entendu, je vous laisserai vous occuper du diagnostic.
C'est juste que vous feriez un excellent otage
en �change de mon fils.
Votre fils ?
Ma femme a forc� mon 2e fils
� soutenir le gouvernement de Formosa.
Il avait compris son erreur et allait se joindre � moi.
Il a �t� captur� � Shanghai
par des nationalistes.
Je veux rentrer en contact avec les forces � P�kin
et leur proposer votre lib�ration et celle du train
en �change de mon fils.
Je ne serai pas otage.
Vous n'avez pas le choix. Je ne vous demande pas votre avis.
Et vous, Mlle Grenier,
avez-vous r�fl�chi � mon offre ?
Les renseignements que vous avez obtenus
ont une valeur inestimable pour moi.
Vous ne trahissez pas votre id�ologie,
nous sommes tous des communistes loyaux.
Je vous paierai bien plus que les Russes.
Sortez, et nous finirons cet entretien.
- Kwon... - Sortez imm�diatement.
Je vous ai toujours admir�e, Mlle Grenier.
Depuis la premi�re fois o� je vous ai entendue chanter.
Nous, les Chinois, nous aimons la musique.
A P�kin, m�me les plus humbles
gardent de petits oiseaux chanteurs avec eux.
Ils partagent jusqu'� leur dernier grain de riz avec eux.
Je suis un homme riche, Mlle Grenier.
Je suis d�sol�e, M. Kwon.
M'auriez-vous demand� �a la nuit derni�re, peut-�tre.
Ne me dites pas que vous avez sombr� dans l'id�alisme.
C'est un magicien, non un m�decin, pour avoir accompli pareille chose.
Vous attendrez dehors.
Est-ce que c'est vrai ?
Que j'�tais espionne pour les Russes ? Non, Mike.
Mais m�me dans une soci�t� communiste, il faut bien vivre.
Je r�colte des informations sur divers communistes.
Les Russes ont confiance en leurs alli�s,
mais uniquement s'ils les ont � l'oeil.
Je crois qu'ils ne me font uniquement confiance...
Comment as-tu pu �pouser ce...
Tout ce que tu ressens, tout ce en quoi tu crois
ou en quoi tu disais croire.
Comment ai-je pu �pouser un communiste ?
Souviens-toi comment nous nous sentions en 1945.
Nous avions gagn� la guerre.
Le monde �tait un endroit merveilleux et amical.
On savait � l'�poque quelles valeurs ils d�fendaient.
Essaie de remonter 5 courtes ann�es en arri�re, Mike.
Je n'�tais pas la seule � penser
que les communistes �taient nos amis.
Vous avez raison, Mlle Grenier.
Nous sommes les alli�s des gens intelligents.
Ne pas vous appr�cier, c'est un manque d'intelligence ?
Il me semble qu'on parle de "la loi du plus fort".
L'Histoire prouve notre force.
Seul un idiot s'y opposerait.
Les hommes b�tissent l'Histoire
et l'Histoire est loin d'�tre finie.
Je vous l'ai d�j� demand�, quel est le but de votre voyage ?
Vous n'avez aucun droit de me poser cette question.
L'interrogatoire, c'est de l'autre c�t�,
mais �a ne me d�range pas de me r�p�ter.
Je suis avec les Nations unies.
Une mission non politique destin�e � aider le peuple chinois.
Nous ne voulons pas de votre aide.
En Chine, la dictature du prol�tariat est un fait.
Une dictature reste une dictature,
qu'elle vienne du peuple ou de l'aristocratie.
Bravo !
Votre langue est aussi ac�r�e que votre scalpel.
Tant de ferveur serait profitable dans le bon camp.
Vous accordez bien peu d'importance � votre propre sant�.
Combien de temps allez-vous nous garder ?
Vous avez peur pour votre important patient ?
J'ai peur pour un homme qui mourra si son op�ration est repouss�e.
Ne vous en faites pas, docteur.
Ici, en Chine, la vie n'a que peu de valeur.
Ne faites pas g�cher de balles � mes hommes.
Elles co�tent cher.
Je vais aller voir ma tr�s ch�re femme.
Il �tait temps.
Vous devriez venir
pour v�rifier l'�tat de sa blessure.
Elle a l'air de beaucoup souffrir.
A quoi vous attendiez-vous ?
Vous aviez dit que ce n'�tait pas grave.
La blessure s'est rouverte quand vous avez arr�t� le train.
Vous n'�tes pas un tr�s bon assassin, cher mari.
J'esp�rais vous tuer.
Vous auriez parl�. Je n'avais pas le choix.
Puisque vous avez surv�cu j'esp�re que votre vie sera longue.
Cela d�pendra de vous.
Le coeur humain est �trange, n'est-ce pas, docteur ?
Cette tendresse qu'on peut �prouver pour quelqu'un qui s'oppose � nous.
Ne pr�sumez pas parler de tendresse.
Ne me parlez pas comme �a,
vous qui avez trahi votre propre fils.
C'est vous qui l'avez trahi.
Je ne sais pas comment vous avez r�ussi � le tenter.
Il �tait horrifi� et d�go�t�
quand il a appris que vous l'aviez forc�
� participer au meurtre de son fr�re.
Il est inutile de parler de �a maintenant.
Mon fils est mort.
Mais vous vivez et son fr�re vit.
Je pr�f�rerais voir mon fils mort
plut�t que de le voir voler et tuer
comme son fr�re a �t� tu�.
Docteur, c'est bien trop long.
- J'ai fini. - Alors partons.
Venez, Dr Bachlin.
Il a �t� bless� lors de l'attaque du train.
Je vais l'examiner.
Pas la peine, il a tout ce qu'il faut.
Ce sont des hommes solides.
Il s'en sortirait sans m�dicaments,
mais ils croient que les rem�des am�ricains sont magiques.
Cette p�nicilline provient des stocks des Nations unies.
Une organisation exceptionnelle.
R�alisez-vous combien de Chinois sont morts
� cause de ce vol ?
Je m'inqui�te autant que vous
quant � la distribution de ces m�dicaments.
J'ajoute juste un co�t de distribution.
Peu importe la fa�on
dont vous le pr�sentez, vous �tes un meurtrier.
Je dois sans cesse mes rappeler que vous �tes mon invit�
ainsi que mon otage.
Montez.
Nous sommes entr�s en contact avec le r�seau nationaliste.
Ils veulent vous parler, docteur.
- Prenez le t�l�phone. - Pourquoi ?
Pour assurer la s�curit� des autres passagers du train.
Identifiez-vous avant de lire ceci.
Ici le Dr Michael Bachlin.
Je suis oblig� de vous lire ces instructions.
Votre prisonnier Ti Shen
doit �tre rel�ch� et rapatri� dans un avion monomoteur.
Le pilote suivra la ligne de chemin de fer.
Un signal lumineux au sol lui indiquera o� atterrir.
Il ne doit pas avoir de radio.
Si l'avion est suivi,
le pilote ainsi que les passagers seront abattus.
Vous y compris.
Moi y compris.
Ca sera tout, docteur.
Allez attendre � l'int�rieur avec les autres.
Que s'est il pass� ?
J'ai parl� au r�seau nationaliste.
Le docteur am�ricain s'associe aux bandits.
Ce n'est pas vraiment inattendu.
J'ai fait ce qu'il fallait pour sauver nos vies.
Les motivations du docteur sont irr�prochables.
M�me les tra�tres nationalistes n'accepteront pas vos conditions.
Tout d�pend des vies dans la balance, M. Wong.
Le Dr Bachlin se rend � P�kin
pour op�rer le tr�s estim� g�n�ral Chong.
Chong ? Vous permettez cela ?
Vous l'aideriez � aider l'ennemi ?
Cela faisait longtemps
qu'on suspectait vos activit�s ill�gales.
Je vous d�noncerai...
J'ai l'impression que votre voyage �tait destin� � m'espionner.
Je suis un homme simple.
Dr Bachlin veut
ses fournitures m�dicales manquantes
et M. Wong veut que je confesse mon h�r�sie.
J'aimerais que Mlle Grenier veuille quelque chose elle aussi.
Cela pourrait �tre n'importe quoi.
Votre astuce ne vous sauvera pas.
Comment expliquerez-vous les soldats tu�s dans le train ?
Vous �tes un tra�tre.
Vous serez �limin�.
Voil� des mots bien durs.
La femme qui s'av�re �tre ma femme est un agent nationaliste.
Ayant mal compris les ordres et l'ayant appr�hend�e,
certains de vos soldats sont morts en h�ros.
Je peux fournir ma femme en tant que preuve formelle.
Vous �tes le seul ici � savoir qui je suis r�ellement.
En �change de votre vie, vous oublierez ce que vous avez vu.
Lever la main sur moi
sera l'erreur la plus regrettable de toute votre vie.
Excusez-moi, j'ai � faire.
Je ne suis pas un homme cruel.
Je n'ai rien de personnel contre vous.
Vous ne faisiez que votre devoir en tant que membre du parti,
quand vous passiez votre temps � m'insulter dans le train,
mais vous avez os� lever la main sur moi, camarade.
Vos mains doivent �tre punies.
Si seulement il avait eu autant de d�votion pour Dieu.
Nous n'aurions pas � nous inqui�ter pour le monde.
Quelle heure est-il ?
Presque 4 h du matin.
Tu penses qu'ils enverront l'avion ?
Je n'en sais rien.
Avant, je m'en fichais, mais maintenant, je veux vivre.
Je suis content de t'avoir retrouv�e.
Une fois mari�s, je t'enverrai aux Etats-Unis.
Tu vas m'�pouser, n'est-ce pas ?
C'est ce que j'ai toujours voulu, tu le sais bien.
Tu ne rentreras pas avec moi ?
J'ai un travail � accomplir ici.
Je dois te mettre en s�curit�.
Mike, aucun endroit n'est s�r.
Je veux �tre l� o� tu es.
Mon p�re ?
Oui, mon enfant ?
Nous avons d�j� perdu 5 ans
et il veut � nouveau m'�loigner de lui.
Mike, il nous reste si peu de temps.
Il y a toujours assez de temps quand on sait comment l'utiliser.
On fait simplement du mieux qu'on peut au quotidien,
mais il faut en profiter.
C'est tout ce qu'on peut faire.
Je suis un agent de la paix et je me battrai pour la paix.
Tant que des gens se battront pour ce qui est juste,
Dieu ne d�truira pas l'humanit�.
Nous n'avons que trop attendu
que Dieu se d�cide enfin � intervenir.
Vous avez raison,
la foi est une question de confiance.
L'horreur et la mort sont toujours l�.
Les hommes s'opposent encore aux hommes,
mais � chaque g�n�ration,
la violence recule
et l'id�al d'une entente parfaite ne fait que devenir plus fort.
Un jour, malgr� les langues et les croyances,
malgr� les guerres que les hommes lancent contre leurs fr�res,
nous finirons par tous nous comprendre
et nous verrons enfin une v�ritable paix sur Terre.
Cela fait 5 ans que nous parlons de paix
et pendant que nous parlions, eux, ils agissaient.
Des hommes affam�s qui n'ont pas la moindre logique.
Tels des poissons qui voient l'app�t,
mais qui ne voient pas l'hame�on juste en dessous.
L'Orient a beaucoup � nous apprendre.
Confucius, Bouddha,
ou Gandhi auraient pr�f�r� mourir de faim
plut�t que d'accepter un mauvais id�al.
La souffrance n'a rien de mal�fique,
tant qu'on souffre pour une cause juste.
L'Occident devrait s'en souvenir, de temps en temps.
Apr�s pas loin de 2 000 ans,
les hommes oublient.
Il explique qu'il repartira au matin
et qu'il emm�nera le Dr Bachlin avec lui.
Nous lib�rerons le train � ce moment-l�.
Il reste une heure avant l'aube,
nous pouvons attendre � l'int�rieur.
Kwon, vous r�pondrez pour ce meurtre.
Vous ne pouvez rien pour lui, docteur.
Allez vous occuper de M. Wong.
J'ai encore des questions pour lui.
Assurez-vous qu'il soit en �tat de coop�rer.
Vous aviez promis de ne pas le tuer.
Pas la place pour les sentiments ici.
R�jouis-toi que j'aie r�ussi � te sauver.
Les Chinois sont tous des philosophes.
J'ai mis au point un petit proverbe personnel.
On am�liore sa propre long�vit�
en �tant la vie � nos ennemis.
Je peux y aller maintenant ?
Vous n'�tes pas ma prisonni�re,
vous �tes mon invit�e d'honneur.
Je pourrai encore m'en servir apr�s �a ?
Je vais vous injecter �a pour soulager la douleur.
Pourquoi �tes-vous si gentil avec moi ?
Vous avez besoin d'aide.
Je suis votre ennemi.
Seulement en tant qu'homme.
En tant que m�decin, je n'ai pas d'ennemis.
Peut-�tre �tes-vous un homme bon
qui a �t� tromp� par son gouvernement.
Et vous pensez que je suis le seul � avoir pu �tre tromp� ?
Pourquoi les Am�ricains nous ont attaqu�s ?
C'est vous qui avez attaqu� les Am�ricains,
vous ne pouvez le nier.
Votre charit� ne me trompera pas.
Si vous n'�tes pas avec nous, vous �tes contre nous.
Je ne suis pas contre vous, mais contre votre id�ologie.
C'est facile de dire � quoi vous vous opposez.
Que d�fend votre pays ?
Eh bien, dans une d�mocratie, il n'y a pas
de fronti�res inflexibles et pas de dogmes,
mais je suis s�r que les Am�ricains s'accordent � dire
qu'une vie sans libert� serait intol�rable.
Les Chinois n'ont pas besoin
de libert�s individuelles triviales.
Ils ont besoin de s�curit�.
On veut aussi la s�curit�,
les terres et la nourriture pour tous,
mais nous croyons qu'aucune s�curit�
ne m�rite qu'on sacrifie sa libert�.
Et vous, qu'en pensez-vous, docteur ?
Cette libert� vous a-t-elle amen� le bonheur ?
Le bonheur, M. Wong...
est quelque chose que chaque homme doit trouver dans son coeur.
Le docteur reviendra plus tard.
Je ne pense pas.
Kwon va le tuer.
Pourquoi ? Il a promis...
Le docteur sait qui est Kwon
et il vous veut pour lui seul.
Pourquoi me dire �a ?
Je ne suis pas loyal envers Kwon.
C'est pour �a que ce qu'il m'a fait,
ce n'est que le d�but.
Je serai mort avant que Kwon quitte cet endroit.
Est-ce que le docteur s'en rend compte ?
Dr Bachlin, je voulais vous parler au sujet de ma m�re.
Eh bien...
L'emplacement de la blessure n'est pas grave.
Non, merci.
Sauf complications, elle s'en remettra.
Ce qu'elle a fait �tait stupide.
Ce qu'elle a fait ?
Vous l'avez vue ?
Je n'ai aucun d�sir de la voir, mon p�re m'a tout expliqu�.
C'est �vident.
De quoi parlez-vous ?
Votre m�re a �t� drogu�e puis poignard�e.
Drogu�e ?
Je n'ai jamais vu quelqu'un se droguer avant de se suicider.
Qu'essayez-vous de me dire ?
Vous devriez demander � votre p�re de vous r�expliquer.
- Ou parlez � votre m�re. - Ma m�re m'a trahi.
- Je reste avec mon p�re. - Elle voulait vous en �loigner.
Elle vous aime autant que votre fr�re.
Ne parlez pas de lui.
S'il avait eu acc�s aux m�dicaments vol�s,
- il serait en vie. - Pourquoi me dire tout �a ?
J'esp�re que d'autres n'auront pas � mourir comme �a,
mais ils mourront.
Des centaines de milliers mourront
� moins que les m�dicaments reviennent au peuple.
Peu importe ce qu'est votre p�re,
vous �tes jeune et c'est votre pays.
Dr Bachlin !
Vous me feriez regretter ma g�n�rosit�.
Vous abusez de mon hospitalit�.
Il dit que vous avez essay� de tuer ma m�re.
Le docteur est �pris d'une jeune femme.
Il n'est pas rare qu'une femme fasse perdre la t�te � un homme.
Ca ne serait pas le premier � succomber � ses charmes.
Venez, mon fils, nous avons du travail.
Mlle Grenier, vous vouliez me voir ?
Mon fils est en route pour pr�parer le d�part du train.
Il est regrettable que je doive m'en s�parer.
Vous avez dit que tout le monde avait un prix.
D'un point de vue philosophique, Mlle Grenier.
Il y a des choses qu'on peut s'offrir facilement
et d'autres qui sont si ch�res qu'elle sont impossible � avoir.
Vous n'avez pas pr�vu de rel�cher le Dr Bachlin, pas vrai ?
Je n'ai rien contre lui,
mais il en sait trop sur moi.
Nous sommes en comp�tition, voyez-vous.
Au moins pour ce qui est des affaires.
Wong sait tout
et les autres passagers ne sont pas aveugles.
Vous serez vite...
Les passagers dans la grange ne m'ont jamais vu
et je suis convaincu que M. Wong ne me posera pas de probl�mes.
Vous, je vous fais confiance.
Vous savez, Mlle Grenier,
les hommes veulent b�tir leur futur,
mais la vraie sagesse, c'est de pr�parer ses fun�railles.
Puisque je ne suis qu'un homme,
je me permets cependant de r�ver.
Alors vous avez bien un prix.
En effet.
Votre prix sera le mien.
Vous partez avec le p�re Murray, le train part dans 30 minutes.
- Qu'en est-il de... - Mlle Grenier ne part pas.
- C'est vrai, je reste. - Attends, j'aimerais te parler.
Bien s�r. Le Dr Bachlin est notre invit�.
Tu restes avec lui ?
- Oui. - Pourquoi ?
Le salaire d'un docteur ne me suffit pas.
M. Kwon est un homme riche.
Ca, c'est tout toi.
C'est aussi ce que tu pensais de moi � Paris.
D�sol�e, je ne peux pas changer.
Ne le sois pas.
C'est moi qui suis d�sol� d'avoir cru que tu changerais.
J'aurais aim� que �a marche.
- Bonne chance, Mike. - Merci.
Je ne te souhaite pas bonne chance, tu as d�j� tout ce que tu veux.
Aucune honte � montrer vos �motions en ma pr�sence.
Allez chercher vos affaires. Les gardes vous accompagneront.
Faites vite, il ne reste plus beaucoup de temps.
Que faites-vous ici ?
Vous avez retourn� mon fils contre moi.
Il n'a pas voulu me voir.
A quoi vous attendiez-vous ?
Retournez dans le train, il va bient�t partir.
Vous emmenez cette femme avec vous.
Ca n'a plus d'importance pour moi.
- Mais mon fils... - C'est aussi le mien.
Je ne peux pas vous en vouloir,
mais ce que vous faites me d�go�te.
Je ne veux pas en parler.
Ecoutez ce que j'ai � dire.
Ne me dites pas ce que je dois faire.
Je ne suis plus le fils de paysan que vous avez �pous�.
Je suis devenu un homme important,
un grand homme.
Vous n'avez plus � me dire ce que je dois faire.
Dr Bachlin, venez vite !
Il est mort.
Mon fils.
Heureusement que tu es l�.
Tout le monde doit mourir, mon fils.
C'est la fa�on dont nous mourrons qui importe.
Ce que ton p�re t'a forc� � faire,
�a me fait beaucoup de mal
et �a fait du mal � notre peuple.
Les anciens avaient un dicton :
Le parent est d'hier,
le fils est de demain
et la fleur continue � vivre dans la graine.
Renonce � cette vie honteuse que tu as v�cue.
Mon cher fils, tu peux me rendre fi�re.
Le docteur est un homme bon.
Il ne doit pas mourir.
Vis ta vie pour nous tous.
Vis une bonne vie, pour moi
et pour ton fr�re.
Puisqu'il s'agit de sa derni�re volont�,
je vous aiderai.
S'ils trouvent mon p�re mort, ils seront incontr�lables.
Ils ne m'�couteront pas.
Je vous permet de vous enfuir.
Partez avant que je change d'avis.
Vous allez venir avec moi.
Je ne peux pas les abandonner ici.
J'ai besoin de vous et je tirerai si n�cessaire.
Venez. Non, pas par-l�.
Attendez.
Dites-leur de s'assurer qu'aucun passager n'a �t� oubli�.
Attendez.
Dites-lui de pr�parer le d�part.
- Sortez. - Que se passe-t-il ?
Pr�parez-vous, mon p�re.
O� est Danielle ?
- Elle a �t� renvoy�e � la ferme. - A la ferme ?
Kwon est mort.
Il dit que le conducteur est pr�t.
Parlez-lui. Distrayez-le.
Allez par l�.
Surveillez-le, mon p�re.
Kwon est mort, vite.
Va � la voiture.
Montez dans le train, mon p�re.
Dites-leur de d�marrer le train.
Maintenant, � moins que vous vouliez me tuer,
je vais retourner aupr�s de mes parents.
Je veux que vous me disiez o� sont les m�dicaments.
Mon p�re, surveillez-le.
Danielle !
Nous sommes en s�curit�.
Dr Bachlin.
Le contact de mon p�re s'appelle Tang Fei.
Il a vos m�dicaments.
Dr Bachlin !
Ti Shen a sauv� le train.
Que Dieu se montre cl�ment envers vous deux.
Elle vous aime �norm�ment.
Elle avait accept� l'offre de Kwon uniquement...
pour qu'il �pargne votre vie.
Allez � P�kin pour moi.
C'est la plus belle ville
du monde.
On se reverra, mon p�re.
Tout ira bien,
je vous le promets.
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