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LA FIĂVRE DANS LE SANG
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S'il te plaĂźt, Deanie.
J'ai peur, Bud.
Non, Bud.
Il ne faut pas.
Ne sois pas fùché.
Je vais te raccompagner.
On s'est assez embrassés pour ce soir.
Bud est parti ?
Oui, maman.
Il y a une trĂšs bonne nouvelle.
Les actions de la Stamper Oil ont pris 14 points, aujourd'hui.
Tu te rends compte ?
Si on vendait ces actions, on gagnerait $ 15 000.
On pourrait mĂȘme t'envoyer Ă l'universitĂ©, l'annĂ©e prochaine.
Mais on ne va pas les vendre.
D'aprĂšs ton pĂšre, tout le monde dit
que les actions vont continuer de monter.
Bud ne t'en a pas parlé, ce soir ?
Il ne sait rien des affaires de son pĂšre.
Ăa ne l'intĂ©resse pas.
Qu'avez-vous fait pendant tout ce temps ?
On a fait nos devoirs.
Je vais me coucher. Je suis épuisée.
Wilma Dean !
Je veux te parler.
Bud Stamper pourrait te causer des ennuis.
Tu sais ce que je veux dire.
Les garçons ne respectent pas les filles trop faciles.
Ils n'épousent que les filles bien.
Vous n'ĂȘtes pas allĂ©s trop loin, j'espĂšre ?
Non, maman.
Dis-moi la vérité !
Non, maman, on n'est pas allés trop loin.
Je suis soulagée.
Maman ?
C'est grave d'avoir ce genre de sentiment pour un garçon ?
Les filles bien n'en ont pas.
C'est vrai ?
Pas si ce sont des filles bien.
Mais, maman...
n'as-tu jamais...
N'as-tu jamais eu ce genre de sentiment pour papa ?
Ton pÚre ne m'a pas touchée avant notre mariage.
Et ensuite...
j'ai cédé parce que c'était mon devoir d'épouse.
Une femme n'apprécie pas ces choses-là comme un homme.
Si elle laisse son mari...
l'approcher, c'est pour pouvoir faire des enfants.
Deanie, qu'est-ce qui ne va pas ?
Rien, maman.
Je suis fatiguée.
Je voudrais dormir.
Ăcoute, Deanie...
Dis Ă Bud Stamper de te ramener plus tĂŽt, la prochaine fois,
surtout quand tu as école.
Bonne nuit, dors bien, ne laisse pas les punaises te dévorer.
"Notre PÚre qui es aux Cieux, que ton nom soit sanctifié..."
Que se passe-t-il ?
Wilma Dean est amoureuse du fils Stamper.
Ils s'aiment, Del.
Recouche-toi, maman.
Ce serait la chance de sa vie.
Faudrait trouver du pétrole tous les jours, patron !
Attendez !
Bud est lĂ , patron. VoilĂ Bud !
Viens par ici, fiston.
Ton pĂšre va nous attirer des ennuis avec nos femmes :
on va sentir la biĂšre Ă plein nez et elles ne sauront pas pourquoi.
Elles en voudront aussi.
- Mange un morceau, fiston. - Je vais me coucher.
Attends. Je veux te parler.
Continuez Ă vous amuser, j'ai deux mots Ă dire Ă mon fils.
Prenez un peu de viande, on n'en trouve plus de la comme ça.
De la biĂšre non plus.
Il est plutĂŽt tard pour un sportif.
Viens ici. Je veux te parler.
Tu es le capitaine de l'équipe. Les autres garçons t'admirent.
Il faut te montrer Ă la hauteur.
J'avais ton ùge quand je suis tombé de cette tour de forage.
Je me suis écrasé au sol.
Pour moi la course était finie.
Alors tu cours pour nous deux, mon garçon.
J'ai creusé un puits, aujourd'hui.
Il produit plus de 100 barils par heure et nos actions grimpent en flĂšche.
Les grandes compagnies de l'Est commencent Ă nous remarquer.
Elles commencent vraiment Ă nous remarquer.
- C'est super. - Tu étais avec la petite Loomis ?
- Oui, papa. - Tu te tiens bien, j'espĂšre ?
Tu ne fais rien dont tu pourrais avoir honte ?
Non, papa.
C'est une gentille petite. Elle est mignonne.
Je connais bien ses parents. J'ai grandi avec Del.
J'ai rien contre le fait qu'ils soient pauvres.
Je ne suis pas snob.
La seule différence entre Del et moi c'est que moi, j'ai de l'ambition.
Si jamais il lui arrivait quelque chose il faudrait que tu l'épouses.
Il faudrait que tu l'épouses. Tu comprends ce que je dis ?
Si tu mets une fille dans l'embarras, tu en subis les conséquences.
Assieds-toi.
- Je veux te parler... - Assieds-toi.
Je veux te parler de certaines choses...
Allez, vas-y, cogne.
Allez, cogne. T'es le plus fort.
On a de l'avenir, fiston. Toi et moi, on a de l'avenir.
D'abord, il te faut une éducation.
Quatre ans Ă Yale !
Je t'ai dit mon secret ?
Je vais te dire un secret.
Ăcoute bien.
Ma société va fusionner avec une grande compagnie de l'Est.
Tu y auras ta place.
Je te prépare un avenir, fiston.
Je me disais que...
Je suis prĂȘt Ă tout, pour toi, mon garçon.
Je sais.
Je suis prĂȘt Ă tout si tu te conduis bien.
Si tu te conduis bien Bud !
Ne me déçois pas, mon garçon.
Ne me déçois pas.
Dieu sait que j'ai été assez déçu comme ça.
- Elle dort ? - Oui, enfin.
- Ma sĆur est revenue ? - Bonjour, Bud.
Ta mÚre l'a ramenée de Chicago.
Ăa va, maman ?
C'était un voyage horrible. Comment va Deanie ?
Je ne sais pas.
Je vais me coucher, papa.
Moi aussi, mais j'ai bien peur de ne pas fermer l'Ćil.
C'est ça, va te coucher, fiston.
Tu as un match Ă gagner, demain.
Tous mes espoirs reposent sur toi, maintenant.
Tout se passe bien, lĂ -dedans ?
Tu l'as trop gùtée.
D'abord, tu l'envoies dans une école privée.
Elle enfreint le rĂšglement et on la met Ă la porte.
Puis, tu l'envoies à l'université,
elle dépasse les bornes et rate tous ses examens.
Et ça ne t'a pas servi de leçon, pas vrai ?
Tu l'envoies dans une école d'art à Chicago.
Elle s'attire des ennuis avec un coureur de dot qui veut l'épouser.
Ton avocat a annulé le mariage.
Ăa, oui, il l'a annulĂ©.
Quand j'ai dit Ă ce coureur que j'allais lui couper les vivres,
il a vite fait machine arriĂšre.
C'est une tĂȘte de mule et une dĂ©vergondĂ©e.
Mais je vais la garder ici et lui apprendre la discipline.
Oui, madame !
Je vais garder cette petite Ă la maison et lui apprendre Ă se tenir.
Si tu crois que je vais rester dans ce trou paumé
Ă Ă©couter les ragots sur moi, tu te mets le doigt dans l'Ćil.
Je vais leur donner de quoi jaser.
Tu es bien matinale !
Je ne dors pas, dans cette maison.
Je vais en Californie, chez tante Blossom, pour étudier l'art.
L'art de qui ?
Bienvenue, Mlle Virginia.
Je déteste cette ville.
Tout le monde me regarde comme un phénomÚne de foire.
Tu te décolores les cheveux et tu te maquilles comme un Indien.
Bonjour, tout le monde.
- Comment vas-tu ? - Super.
Il veut m'obliger Ă passer un an ici pour me punir.
Plus aucune école ne veut de toi.
Il n'y a rien de mal Ă ...
C'est l'endroit le plus affreux du monde.
Il y a des puits de pĂ©trole partout. MĂȘme dans le jardin.
Tu serais capable d'en mettre un dans cette piĂšce.
Je me gĂȘnerais pas si on me disait qu'il y a du pĂ©trole.
Ă plus tard.
Comment prends-tu tes Ćufs, Bud ?
Reviens manger ton petit-déjeuner !
Je suis en retard.
Reviens ici ! Tu ne peux pas jouer au football le ventre vide.
Aucun de mes enfants ne se nourrit correctement.
Tu veux une pĂȘche ?
Quoi ?
Non, Bud !
Wilma Dean, désormais je noterai votre retard
si vous n'ĂȘtes pas Ă votre place Ă la sonnerie.
Pardon, Mlle Metcalf.
Alan, s'il vous plaĂźt.
Ces derniÚres semaines, nous avons étudié
les légendes du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde.
La littérature de cette époque était caractérisée par...
Alan ?
De grands idéaux.
C'est vrai. Mais encore ?
Tu viens voir le match avec nous ?
Carolyn ?
Ils étaient trÚs pieux.
C'est vrai, la religion jouait un rĂŽle important dans la vie des chevaliers.
Quoi d'autre ?
Je viens mais j'attendrai Bud Ă la fin du match.
Ăa, on le savait.
Les chevaliers de la Table ronde...
- Juste parce que son pĂšre a de l'argent... - C'est pas vrai.
Ils étaient trÚs courageux... et tout ça.
Bud Stamper n'est pas prétentieux.
Qu'entendez-vous par "et tout ça" ?
Je ne sais pas.
Apprenons Ă nous exprimer le plus clairement possible.
Juanita, vous vouliez parler ?
Les chevaliers avaient une grande estime pour les femmes.
C'est-Ă -dire, Juanita ?
Ils les considéraient comme trÚs pures.
Ils n'auraient pas pensé ça d'elle.
Je vous demande un peu de silence !
La prochaine fois que j'entends des bavardages,
j'envoie la coupable chez le proviseur.
Oui, vous avez raison, Juanita.
Les chevaliers avaient en effet une haute opinion des femmes.
Ils mettaient les femmes sur un piédestal.
Certains disent que la chevalerie n'est pas morte.
Qu'en pensez-vous, mesdemoiselles ?
Certaines d'entre vous se sentent-elles sur un piédestal ?
C'est de la brutalité gratuite.
Quinze yards.
Vous avez été sur mon dos toute la journée !
Sortez ! Vous ĂȘtes expulsĂ© !
Tu sors avec qui, Toots ?
Peu importe.
Qu'est-ce que ça a de drÎle ?
C'est la seule qui sache de quoi il s'agit.
Tu l'as dit.
Les autres ne m'intéressent pas.
Tu dépenses de l'argent pour elles et tu dois te contenter d'un simple baiser.
Salut, Bud.
Salut, Juanita.
Tu as vu Toots ?
Oui, il ne va pas tarder.
Tu as trÚs bien joué.
Merci.
Il ne va pas tarder.
Salut, ma belle.
Tu préférerais que je ressemble à Juanita Howard, pas vrai ?
Quoi ?
J'ai vu comment tu la regardais. Elle devrait avoir honte.
La façon dont elle attend les joueurs...
Attends une minute.
Rien ne m'empĂȘche de lui parler.
Tu faisais plus que lui parler.
Je devrais ne pas la remarquer ? C'est ce que tu voudrais ?
Je devrais faire comme si elle n'existait pas ?
Je suis désolée, Bud.
- Je suis désolée, je t'assure. - Tu es désolée.
M. Loomis, un client.
Ne sois pas fùché, Bud.
Je ne suis pas fùché.
Bonjour, Bud. Deanie.
- Bonjour, M. Loomis. - Bonjour, papa.
Je ne supporte pas que tu sois fùché contre moi.
Je ne sais pas ce qui m'arrive en ce moment.
Je n'ai aucune patience.
Tu es la seule fille qui compte, pour moi.
Tant mieux.
Si tu n'étais pas là ...
Si tu n'étais pas là , je...
Je ne sais pas !
Bud, on est en plein jour.
- Et alors ? - ArrĂȘte !
ArrĂȘte. On pourrait nous voir.
Ăa m'est Ă©gal.
Maman ?
Elle n'est pas lĂ .
Il n'y a personne.
VoilĂ votre monnaie, Mme Harper.
ArrĂȘte. Je dois baisser le store du magasin.
Tais-toi.
Tu es folle de moi, pas vrai ?
Tu es folle de moi.
J'ai votre sac au fond du magasin, Mme Thatcher.
Ă mes pieds, esclave !
- ArrĂȘte, Bud. - Dis-moi que tu m'aimes.
- Tu me fais mal. - Que tu ne peux pas vivre sans moi.
- Dis-le ! - Oui.
- Oui, quoi ? - Je t'aime.
Et tu ne peux pas vivre sans moi. Tu ferais n'importe quoi, pour moi.
Je ferais tout pour toi.
Je ne voulais pas te faire de mal.
Deanie, je plaisantais.
C'est moi qui devrais me mettre Ă genoux devant toi.
Je plaisantais, je croyais que tu le savais.
Je ne peux pas plaisanter avec ça.
C'est vrai que je suis folle de toi.
Et je me mettrais Ă genoux devant toi si tu me demandais de le faire.
Mais je ne peux pas me passer de toi.
Et je ferai tout ce que tu me demanderas.
Crois-moi.
Tout.
- Parlons-en à la prochaine réunion. - Je le ferai si vous le faites.
Je vais aller faire le dĂźner.
- Au revoir, Nell. - Au revoir, Frieda.
Bonjour, maman.
La voie est libre.
On va au bal ?
J'ai d'autres idĂ©es en tĂȘte.
Je serai prĂȘte.
Je passe te prendre aprĂšs dĂźner.
Il t'a parlĂ© de sa sĆur Ginny ?
Ginny Stamper est une moins que rien.
Viens ici.
Elle a rencontré un homme à Chicago qui l'a séduite.
Mme Stamper a dû aller la chercher et l'emmener chez le médecin.
Le magasin est fermé.
Elle a subi l'une de ces affreuses opérations.
Ce sont des commérages.
C'est la vérité.
J'ai entendu toute l'histoire au club, aujourd'hui.
Mme Whitcomb est une voisine des Stamper.
Elle sait tout ce qui se passe chez eux.
Voilà ce qui arrive aux filles qui courent aprÚs les garçons.
Félicitations, mon garçon !
Quel match !
Je vais monter et...
Papa, je voudrais te parler.
Je commence Ă en avoir assez de tes bĂȘtises.
Sors d'ici, maintenant. Je dois discuter avec mon fils.
Alors ?
Vas-y, je t'écoute.
Je vais épouser Deanie.
Je ne veux pas aller Ă Yale.
Je ne suis pas un bon élÚve.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu es capable de faire tout ce que tu veux.
J'aimerais aller dans un collĂšge agricole.
J'aimerais vraiment faire ça. Ensuite, je reviendrais ici
et je pourrais reprendre ton ranch.
C'est pas une vie, ça.
Je pourrais épouser Deanie et l'emmener avec moi.
C'est ça, que je veux. Elle m'aiderait beaucoup, papa.
J'ai passé ma vie à te préparer un avenir
et tu viens me dire que tu veux épouser cette fille !
C'est ce que je veux, qui compte.
Un garçon de ton ùge ne sait pas ce qu'il veut.
AprĂšs l'universitĂ© tu changeras peut-ĂȘtre d'avis.
L'université dure quatre ans.
- Crois-moi. - Je te crois, mais...
- Fais-moi confiance. - Oui, papa.
Je te fais confiance, mais quatre ans...
Ăcoute-moi bien.
Tout ce que je te demande, c'est d'aller Ă Yale.
Ensuite, si tu veux toujours l'épouser, tu reviendras le faire avec ma bénédiction.
Je vous enverrai en Europe pour votre lune de miel.
Bud, sois patient, je t'en prie.
Je ne sais pas si je peux.
J'ai parfois l'impression de devenir fou.
Je comprends, fils.
Ton vieux pĂšre te comprend.
Ce qu'il te faut, pour l'instant,
c'est une autre fille.
Quand j'avais ton Ăąge, il y avait deux genres de filles.
On ne les mélangeait jamais.
Mais de temps en temps, l'un de nous embarquait une de ces filles
et lĂąchait un peu de pression.
Il n'y a que Deanie qui m'intéresse.
Je sais, fils.
Je sais.
Je l'aime, papa.
Je sais, fils. Je sais.
Je ne veux pas faire ça.
D'accord, j'irai Ă Yale.
Mais je te préviens tout de suite que je l'épouserai aprÚs.
Je te le promets.
- Tu t'en souviendras ? - C'est promis.
C'est promis. Je vous enverrai en Europe pour votre lune de miel.
Je te le promets.
Je t'attendrai.
Je t'attendrai toute ma vie.
Je ferai tout ce que tu voudras.
C'est une période de grande prospérité pour nous tous, soyons en reconnaissants.
Mais n'oublions pas la mise en garde du Seigneur :
"N'accumulez pas les biens terrestres
"car la corruption les avilira
"et le voleur s'en emparera
"mais préférez les biens célestes
"que ni corruption ne souillera
"ni voleur ne prendra.
"Car la vraie richesse est dans vos cĆurs."
Beau sermon.
Prions.
Ăcoute mon conseil, Del. Accroche-toi.
Il paraĂźt qu'on n'a encore rien vu.
On tient bon.
Beau sermon, révérend.
C'était un trÚs beau passage.
Ne fume pas dans l'église !
Tu veux que je sois hypocrite ?
Qui aurait cru qu'un jour nos enfants seraient presque fiancés ?
Je suis fiĂšre du choix de mon fils, Frieda.
Moi aussi, je suis fiĂšre de ton fils.
Excuse-nous.
Je te vois ce soir, n'oublie pas.
Je ne suis pas un espion.
Je te demande juste de la surveiller pendant que je serai Ă New York.
Elle t'aime bien. Elle ne fera pas de bĂȘtises, avec toi.
Virginia, tu sais que c'est ton pÚre qui a la clé de ce buffet
et il est parti pour New York.
C'est lui tout craché. Il cache la clé
parce qu'il veut ĂȘtre le seul Ă boire.
Tu vas choquer Glenn.
Que fais-tu de la prohibition, Virginia ?
Glenn est peut-ĂȘtre contre le fait de boire.
Vite, appelle la police.
Votre famille est ici depuis longtemps ?
Ils débarquent de l'Oklahoma.
Je vois.
Votre pĂšre a-t-il des affaires en ville ?
Son pĂšre cherche du travail et Glenn est pompiste
Ă l'angle de Sycamore et Main. D'autres questions ?
Ginny, tu n'as aucune raison de te comporter ainsi.
Bud, tu ne manges rien.
Je m'ennuie.
Viens, on s'en va.
Il y a un trĂšs bon dessert.
Je ne veux pas de dessert. Glenn m'emmĂšne faire un tour.
On vous accompagne.
Réveille-toi.
Buddy chéri, tu as été scout. Va vite nous allumer un bon feu.
J'ai une coiffure affreuse.
OĂč ?
Ici.
ArrĂȘte.
Super, Buddy chéri. Si on trinquait ?
J'oubliais que tu es un sportif.
Et toi, Deanie ? Tu veux Ă boire ?
Allez, Deanie.
Allez, bois un petit coup. Tu es une sportive, toi aussi ?
Laisse-la, Ginny.
Détends-toi un peu.
Tu nous surveilles comme un chaperon.
C'est pour ça que tu es venu ? Pour nous chaperonner, Glenn et moi ?
Il est mignon, pas vrai ?
Mon adorable petit pompiste.
Fais-moi le plein, je suis Ă sec.
Viens, allons nous promener.
D'accord.
Oui, si vous alliez vous promener lĂ -haut ?
Si tu arrĂȘtais un peu de faire semblant d'ĂȘtre pur et vertueux ?
Si tu n'Ă©tais pas ma sĆur...
Si je n'Ă©tais pas ta sĆur, tu ne ferais rien du tout.
Tu ne fais que ce que papa te dit de faire.
Pas vrai, Deanie ? Tu as dĂ» t'en rendre compte.
Il laisse les choses le tourmenter et le rendre malheureux
et il ne fait rien pour y remédier.
Il ne fait jamais rien.
Salut.
Tout ça sera à nous, un jour.
C'est le plus beau Noël que j'aie jamais eu.
N'est-ce pas ravissant ? C'est la plus belle chose que j'aie jamais vue.
Je me demande combien Bud l'a payée.
Pourquoi penses-tu toujours Ă l'argent ?
J'aurais préféré que ça coûte moins cher et que ce soit une bague.
- ArrĂȘte, maman. - Quatre ans, tu auras...
Si seulement ce Bud Stamper avait un peu plus de caractĂšre.
Le lait, il n'y a que ça de vrai.
Attention.
Une, deux, et voilĂ .
Merci.
Une derniĂšre.
Pourquoi tu ne m'achĂštes pas une voiture ?
Tu as le coupé de ta mÚre.
C'est un vieux tas de ferraille.
- Qu'as-tu fait à tes cheveux ? - J'ai fait un henné.
Attention.
J'y vais.
Une. Deux. Et voilĂ .
Dieu merci, c'est terminé.
- Bonjour, Ginny. - Brian !
Mes parents sont lĂ .
- Du parfum ? - ArpĂšge.
Mon préféré. Je vais enfiler une robe.
Viens rencontrer mes parents.
Ils sont ennuyeux, mais tu peux les supporter quelques minutes.
Vas-y !
- Bonjour. Ace Stamper. - Brian Stacey.
- Que puis-je pour vous ? - J'attends Ginny.
Ăa pourrait ĂȘtre long. Entrez. Mon fils, Bud.
Viens ici, fiston.
Il est capitaine de l'équipe de football. Vous le connaissez ?
Je ne vois pas beaucoup de matchs.
Joyeux Noël.
Ma femme, Mme Stamper.
Entrez, je vous en prie.
Je veux te parler.
Entre.
Ginny, je connais ce type.
C'est un trafiquant d'alcool.
C'est vrai ? Boutonne-moi.
Il est marié. Tu le savais ?
Tu as l'air de bien le connaĂźtre, dis-moi.
- Tu ne sors pas avec lui. - Ah bon ?
- Essaie de m'en empĂȘcher. - C'est NoĂ«l.
Tu restes Ă la maison et tu seras gentille avec maman.
- Tu ne sors pas d'ici ! - Pousse-toi de lĂ !
Si tu veux écouter papa, vas-y.
Un jour, tu comprendras.
Et ce jour-lĂ , Dieu te vienne en aide.
Du calme, la compagnie. Un peu de calme, lĂ -dedans !
Allez les gars, en avant la musique !
Fermez-la, lĂ -dedans !
Rassemblez-vous tous !
On va commencer cette année en beauté !
Pour Joe !
Bonne année !
Tu es ravissant, mon garçon !
Le plus beau bĂ©bĂ© de la fĂȘte.
Secoue-moi ça. ,
Regarde, papa. Bonne année !
Secoue-moi ça. Allez ! ,
Regarde-nous, papa.
Regarde, papa !
Poussez-vous. Laissez-moi passer.
Smokey, mon garçon, laisse-moi te sonner les cloches.
Bonne année, papa.
ArrĂȘte ça.
Tiens-toi bien. Tiens-toi bien, tu entends ?
M. Stamper, le parfum arrive.
Parfum pour toutes ces dames.
Venez, mesdames. Venez chercher votre parfum.
Venez toutes, le parfum vous attend.
Bonne année, fiston. Va faire la queue. Il y en a pour toi.
Ce sera une grande année pour nous deux.
- Tu danses, Dick ? - Non merci, Ginny.
Elle est complĂštement faite.
Bonsoir, Bill.
C'est honteux.
Elle tient Ă peine debout.
Pourquoi ses parents ne s'occupent-ils pas d'elle ?
Qu'a-t-elle fait Ă ses cheveux ?
Charlie, tu danses ?
Pas maintenant, Ginny.
Je ne savais pas que tu étais marié.
HĂ©, attention !
Qu'est-ce que vous faites ?
Bonne année, Joe.
Va chercher ta sĆur et raccompagne-la.
Bonne année.
- Bonne année. - Qu'est-ce qu'elle a de bon ?
Tu veux danser ?
OĂč tu m'emmĂšnes ?
- OĂč tu m'emmĂšnes ? - Je te ramĂšne Ă la maison.
Non, je ne veux pas rentrer.
Je te reboutonne ?
Tu es toute débraillée.
Va-t'en. Je ne rentre pas. Et tu n'as pas Ă danser avec moi.
J'aime bien danser avec une jolie fille de temps en temps.
Si tu n'Ă©tais pas mon frĂšre, tu ne m'approcherais mĂȘme pas.
Tu es un type bien ! Un type bien !
Je vous connais, les types bien.
Vous ne me parlez que dans le noir !
Dans le noir !
Vous me parlez, lĂ , pas vrai ?
Vous me parlez dans le noir ! Dans les voitures !
LĂ , vous ĂȘtes gentils, pas vrai ?
Laisse-moi tranquille.
Joe, oĂč Ă©tais-tu passĂ© ?
- OĂč est Joe ? - Je suis lĂ .
Viens, Joe. Allons-y.
OĂč ?
N'importe oĂč !
Allons-y.
Bonne année !
Venez.
Laissez-moi tranquille.
J'ai le tournis.
Tu as vu Arnold ?
- Il t'a laissé tomber ? - On dirait.
Tu serais un amour, Bud.
- Je t'aimerai jusqu'Ă la fin de mes jours. - Je vais le chercher.
ArrĂȘte, c'est sa sĆur.
ArrĂȘte, je te dis que c'est sa sĆur. Il est fou.
C'est pas de sa faute.
Viens Ă la maison.
- Tu ne veux pas entrer ? - Non.
Il faut qu'on arrĂȘte toutes ces bĂȘtises.
Dis-moi ce qui se passe.
Il vaut mieux qu'on arrĂȘte de se voir quelque temps.
Je dois y aller. Au revoir.
On compte sur toi, pour ce match.
Tu dois ĂȘtre avec nous. Qu'est-ce qui se passe ?
- Désolé. - Tu parles !
- Tu t'entraĂźnes ? - Oui, monsieur.
- Sommeil ? Régime ? - Oui, monsieur.
On recommence.
J'ai dit : "On recommence."
Je tiens Ă vous dire une chose :
je veux vous féliciter pour vos dissertations.
Ce sont les meilleures que j'aie jamais corrigées.
Bud ?
Je peux te parler ?
J'ai quelque chose Ă te dire.
Ton devoir n'était pas trÚs bon.
Je sais.
Tu dois absolument faire un effort
si tu veux entrer Ă Yale Ă l'automne.
Tu me manques, Bud.
Et je voulais te souhaiter bonne chance pour le match.
Merci.
Docteur Smiley.
- Doc ? - Oui, Bud.
- Que s'est-il passé ? - Je me le demande.
Que voulez-vous ?
Qu'est-ce qu'il a ?
Il est tombé. Ce n'est rien.
40°. Je vous conseille l'hĂŽpital. Ăa pourrait ĂȘtre une pneumonie.
Une pneumonie ?
Oui, je sais.
J'ai signé ce chÚque.
Faites qu'il s'en sorte et je vous donne un bonus.
Remplissez-le vous-mĂȘme, $ 5 000, $ 10 000...
Je fais tout ce qui est en mon pouvoir.
Remplissez-le.
Je pense qu'il s'en sortira, sinon...
Sinon... quoi ?
Ace, je ne suis pas trÚs pieux mais je sais ce que tout médecin sait.
On ne peut rien contre la volonté de Dieu.
Dis-moi ce que tu as sur le cĆur, Wilma Dean.
Je n'ai qu'une phrase en tĂȘte : "Mon Dieu, faites qu'il guĂ©risse."
Alors, voilĂ ta priĂšre.
Mais n'y a-t-il pas de mots pour ça dans la Bible ?
Je n'en vois aucun qui soit mieux que les tiens.
Je vous en prie, mon Dieu, faites qu'il guérisse.
Faites qu'il guérisse.
Bud, d'ici une semaine, tu seras de nouveau en pleine forme.
Et ce sera le printemps.
Tu sais ce qui arrive aux jeunes hommes, au printemps ?
Tu sors avec la fille de Del Loomis, n'est-ce pas ?
Beau brin de fille.
C'est vrai.
- J'ai de l'affection pour Deanie Loomis. - C'est compréhensible.
Je l'aime.
Et elle m'aime.
Mais c'est douloureux d'ĂȘtre amoureux.
Chaque fois qu'on est ensemble...
je dois...
me raisonner. Vous voyez ce que je veux dire ?
Je ne peux pas recommencer Ă la voir.
Pas comme avant. On sortait tous les soirs...
je la tenais, je l'embrassais...
et je rentrais chez moi.
Il y a de quoi devenir fou.
Je ne sais quel conseil te donner.
Mon pĂšre dit...
que je devrais trouver un autre genre de fille.
Mais quand on ne veut pas d'une autre fille...
Je ne sais pas.
Reviens me voir vendredi. Je te ferai une autre piqûre de fer
et tu auras une autre séance d'U.V.
D'accord.
Au revoir.
Salut, Deanie.
C'était la meilleure façon de le perdre.
Qu'est-ce que tu dis ?
- C'est un animal. - C'est faux.
- Non, je l'ai rencontré. - Tu ne le connais pas.
Qui est un animal ?
- Tu as perdu. - Non.
Si, tu as perdu.
- Je me suis fait mal au doigt. - Embrasse-le, ça ira mieux.
"Ce qui fut alors baigné d'une lumiÚre radieuse
"Ă maintenant disparu pour toujours Ă mes yeux
"Bien que rien ne ravive la splendeur de ces heures
"Ni la gloire de ces fleurs
"Nous ne sombrerons pas dans le chagrin,
"Nous nous raffermirons face au destin."
Qu'a voulu exprimer le poĂšte, dans ces vers ?
Deanie Loomis ?
Je m'excuse, Mlle Metcalf,
je n'ai pas entendu la question.
Je sais que c'est le printemps mais soyez un peu plus attentive.
Je suis désolée.
C'était "L'Ode sur l'immortalité" de Wordsworth.
Vous avez entendu ?
Non, Mlle Metcalf.
Alors, ouvrez votre livre Ă la page 380.
Lisez-moi le passage.
Levez-vous.
"Bien que rien ne ravive
"la splendeur de ces heures
"Ni la gloire de ces fleurs,
"Nous ne sombrerons pas dans le chagrin,
"Nous nous raffermirons face au destin."
Peux-tu me dire ce qu'entend le poĂšte
par "la splendeur de ces heures"
et "la gloire de ces fleurs" ?
Je pense que...
Oui ?
Quand on est jeune
on a tendance à idéaliser les choses.
Et je crois que Wordsworth veut dire...
que lorsque nous grandissons...
nous devons oublier les idéaux de la jeunesse...
et trouver la force...
Mlle Metcalf...
Puis-je...
Les enfants !
Je vais voir ce qui se passe.
Bonjour, June.
Je lui ai donné un sédatif.
Je ne suis pas malade.
Allongez-vous.
Je vais bien. Je vais trĂšs bien.
Ăa suffit.
Je vais bien.
MĂȘme si son pĂšre nous fait gagner de l'argent, je dĂ©teste Bud Stamper.
Tu sortirais avec lui s'il te le demandait.
- Tu sais trĂšs bien que si. - Non, c'est faux.
Le voilĂ .
"Allez-vous-en, M'sieur, je trouverai un autre professeur."
Pourquoi tu ne fais pas d'athlétisme, cette année ?
J'ai trop de travail Ă rattraper.
Tu vas Ă Yale ?
Oui, si mes notes me le permettent.
Pourquoi tu ne sors plus avec Deanie ?
Parce que.
Moi, je vais aller au collĂšge agricole. Je ne suis qu'un fermier aprĂšs tout.
Je pourrais tenter ma chance.
Tu es contre ?
Tu es libre.
Deanie ! Le dĂźner est prĂȘt.
Deanie ! Viens ma chérie.
Allons ! Le dĂźner va refroidir.
Escalope de veau, purée et maïs pour ma petite fille.
Viens manger, Deanie. Ăa te fera du bien.
Le lait, y a que ça de vrai.
Mange.
76 et 3/8 ! Que dis-tu de ça ?
76 et 3/8 ! Tu entends ça, Deanie ?
On est riches ! On est riches !
Je parie que les Stamper ont le moral.
Chérie, tu iras à l'université. On va changer de voiture.
J'ai vu le jeune Stamper, cet aprĂšs-midi.
Sa voiture était pleine de jeunes garçons. C'était une voiture toute neuve.
ArrĂȘte, Deanie. ArrĂȘte de te comporter ainsi.
Je ne peux pas manger. Je ne peux pas travailler.
Je ne peux mĂȘme plus voir mes amies.
Je veux mourir.
Tu te sens mieux, ma chérie ?
Oh, oui.
Rien de tel qu'un bon bain.
Dis-moi, Deanie, qu'est-ce qui ne va pas en ce moment ?
Je suis désolée de t'avoir inquiétée.
Je ne veux pas te donner de soucis.
Je ne veux en donner Ă personne.
C'est Ă cause de Bud ?
Parce qu'il ne vient plus te voir ?
Je ne sais pas.
Je ne sais pas, maman.
J'aimerais l'appeler et lui dire...
Ne fais pas ça ! Ne fais pas ça, maman !
Je ne le ferai pas !
Si jamais tu fais ça, je ne réponds plus de mes actes.
Je te le jure, maman ! Je te le jure !
Jusqu'oĂč ĂȘtes-vous allĂ©s, Bud et toi ?
Je veux dire...
Tu sais ce que je veux dire.
S'est-il passé quelque chose de sérieux ?
T'a-t-il déshonorée ?
Déshonorée ?
S'il m'a déshonorée ? Non !
Non, je ne suis pas déshonorée !
Je ne suis pas déshonorée !
Je suis aussi pure et vierge que le jour oĂč je suis nĂ©e !
ArrĂȘte !
Je suis vierge et je refuse qu'on me déshonore !
- ArrĂȘte, je t'en prie ! - J'ai Ă©tĂ© sage !
Une petite fille trĂšs, trĂšs sage !
J'ai toujours fait ce qu'on m'a dit !
J'ai toujours obéi !
Je vous déteste ! Je vous déteste !
- Aide-moi. - On vous entend dans tout le quartier.
Que va-t-on faire ?
Laissez-moi tranquille !
Que va-t-on faire d'elle ?
Donne-lui son médicament.
Je ne veux pas lui en donner trop.
Je ne suis pas déshonorée !
Que peut-on faire d'autre ?
Ouvre la porte, chérie. Ouvre-moi.
Que fais-tu ?
Peut-ĂȘtre qu'on devrait l'emmener Ă Wichita, comme l'a suggĂ©rĂ© le Dr Smiley.
Un psychiatre ?
Je vendrai les actions s'il le faut.
Ăa ne peut pas ĂȘtre si grave que ça. Ăa lui passera.
Il n'y a aucun cas de maladie mentale dans aucune de nos deux familles.
Qui est-ce ?
Certainement un camarade de classe.
Comment allez-vous ? Je me présente, Alan Tuttle.
On m'appelle Toots.
Oui, Deanie m'a parlé de vous.
Enchanté.
Je suis passé dire bonjour à Deanie.
Salut, Deanie.
Salut, Toots.
Comment te sens-tu, Deanie ?
Je me sens bien.
Si vous voulez bien nous excuser... C'est bientĂŽt l'heure du dĂźner.
Ravi d'avoir fait votre connaissance.
Qu'as-tu fait Ă tes cheveux ?
Au plaisir, Toots.
Je voulais venir depuis longtemps pour prendre de tes nouvelles.
Merci.
Tu as l'air en forme.
Mais elle est en robe de chambre.
Merci, Toots.
Je me demandais si...
tu voulais venir Ă la fĂȘte ?
Je risquerais de me sentir un peu faible.
Allez, dis que tu acceptes.
Tu peux toujours changer d'avis, tu peux décider de ne plus y aller...
Amusez-vous bien.
- Je prendrai soin d'elle, Mme Loomis. - Merci.
Bonne soirée, Deanie.
Je laisse la porte ouverte.
Et ne rentre pas trop tard.
"Ne rentre pas trop tard." Tu l'entends ?
Elle répÚte ça depuis que je sais marcher.
Je croyais que ça voulait dire quelque chose, mais ça n'a aucun sens.
Deanie ! Content de te voir.
- Bonsoir, Toots. - Bonsoir, coach.
Tu es ravissante. Et tes cheveux !
- Ta robe est magnifique. - Tu es splendide.
Il est lĂ . Et devine avec qui ? Kay.
Tu danses, Toots ?
Tu es d'accord, Deanie ?
Bien sûr.
Bien sûr, vas-y.
Comment vas-tu ?
Bien, je crois. Je ne sais pas.
Et toi ?
Bien.
Tu aimes ?
Tu viens fumer dehors ?
Depuis quand fumes-tu ?
Quelques semaines. Il fallait que je m'occupe.
Maman a eu une crise mais elle ne dit plus rien.
Je sais pourquoi tu as arrĂȘtĂ© de venir.
- N'en parlons pas. - J'ai besoin d'en parler.
Depuis quelques mois je n'ai rien fait d'autre que rester chez moi
et penser à ça.
Sors de lĂ !
Tu devais arrĂȘter de le voir et je te trouve dans sa voiture.
Deanie, j'ai quelque chose Ă te dire.
Tous les soirs, je me retiens pour ne pas te téléphoner.
Je pense Ă toi sans arrĂȘt.
OĂč est ta voiture ?
Viens.
S'il te plaĂźt, Bud.
ArrĂȘte, Deanie.
Maintenant.
Deanie, tu es une fille bien.
Non.
Je ne suis pas une fille bien.
Ăa suffit.
J'en peux plus.
Viens, je te ramÚne à l'intérieur.
Non, je ne veux pas retourner lĂ -bas.
Je veux rester ici. Je te veux !
- Il ne faut pas. - Pourquoi ?
- Pourquoi tu ne veux pas ? - Tu n'es pas toi-mĂȘme.
Deanie, oĂč est ta fiertĂ© ?
Ma fierté ? Ma fierté ?
- Je me fiche de ma fiertĂ© ! - ArrĂȘte !
ArrĂȘte, Deanie ! ArrĂȘte !
Va-t'en. Je n'ai pas de fierté.
Je n'ai aucune fierté !
Mon Dieu, que vais-je faire de toi ?
Fais ce que tu veux.
Ăa m'est Ă©gal.
Je n'ai aucune fierté !
Je veux mourir !
EmmĂšne-moi loin d'ici.
Ăa va aller.
J'ai mis du pain Ă cuire. On aura du pain frais pendant quelques jours.
Ă quoi penses-tu, Del ?
Je m'inquiĂšte pour notre petite fille.
Elle va bien. Elle est Ă la fĂȘte. Je parie qu'elle s'amuse comme une folle.
Bois ton lait.
ArrĂȘte !
ArrĂȘte !
ArrĂȘte, Bud !
Bud ?
Reviens, Deanie ! OĂč vas-tu ?
Reviens !
ArrĂȘte !
Viens ici, Deanie !
C'est interdit de monter lĂ -haut !
Revenez ici !
C'est pas Deanie Loomis ?
Qu'est-ce qui vous prend ?
Elle a plongé. Elle est folle.
Allez-vous-en ! Laissez-moi !
Elle n'a pas prononcé une parole sensée depuis qu'elle est ici.
Surveillez-la de prĂšs.
- Elle a parlé ? - Pas encore.
Pas encore.
Mon bébé. Pourquoi a-t-elle fait ça ?
Je ne veux pas qu'elle te revoie.
Ne parle pas comme ça.
Je m'en fiche. Tout est sa faute.
C'est sa faute.
Que lui as-tu fait, ce soir ?
Je veux qu'il me réponde.
Elle ne pense pas ce qu'elle dit.
Si, je le pense.
Ma petite fille. Je veux ma petite fille.
ArrĂȘte de te torturer.
Comment veux-tu que je ne me torture pas
quand mon bébé se bat pour rester en vie ?
Frieda, je suis navré.
Del, je suis navré pour ce qui s'est passé.
- Comment va-t-elle ? - Ils ne savent pas ce qu'elle a.
Votre fille est trÚs agitée.
- Je peux la voir ? - Pas maintenant. Peut-ĂȘtre demain.
Avez-vous réfléchi à ce que je vous ai dit ?
Oui. Je vais le faire.
Je vais vendre mes actions et l'envoyer Ă Wichita dĂšs qu'elle pourra partir.
TrÚs bien. Je m'occupe des formalités.
Rentrons nous coucher.
Je vais épouser Deanie. Je me fiche de ce qu'il dit.
Bonne nuit, Bud.
Je suis majeur. Je me moque de ce qu'il dit, je vais l'épouser.
Tu veux aider Deanie ? Alors, reste loin d'elle.
- Combien de temps ? - Je l'ignore.
Personne ne le sait.
Qui est-ce ?
Qui est lĂ ? Qui est lĂ ?
Il n'y a personne.
Il y avait quelqu'un. J'en suis sûre.
Tu as encore une lettre de ton pĂšre.
Je commence Ă croire que tu cherches Ă te faire renvoyer.
Angelina, pourriez-vous me donner...
encore une biĂšre ?
Vous buvez beaucoup, monsieur. Vous allez ĂȘtre malade.
Je vais vous apporter Ă manger. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
Ma mĂšre a fait une pizza. Vous en voulez ?
C'est quoi ?
Vous ne connaissez pas la pizza ? D'oĂč venez-vous ?
Du Kansas.
OĂč c'est ?
C'est en plein centre des Ătats-Unis.
C'est lĂ que vous habitez.
C'est bien, le Kansas ?
C'est trĂšs chaleureux.
C'est ça, c'est trÚs chaleureux.
Tout le monde connaĂźt votre nom, sait qui vous ĂȘtes...
Pourquoi n'y retournez-vous pas ?
Vous y avez sûrement une petite amie.
J'en avais une.
Venez dans la cuisine.
Maman va vous donner de la pizza.
De la pizza.
Vous ĂȘtes debout.
Ăa va aller ?
Quoi ?
Ăa va, monsieur ?
Mais, oui.
Asseyez-vous sur le banc. Je m'occupe de vous.
Non, c'est pour Mangialomino.
Qu'en penses-tu ?
Plisse un peu les yeux. Qu'en penserait Cézanne ?
C'est bien, Deanie.
Je ne pensais pas ĂȘtre capable de faire aussi bien.
C'est encore mieux avec un Ćil fermĂ©.
J'aime bien le travail du mĂ©tal. Ăa permet d'Ă©vacuer l'agressivitĂ©.
Regarde.
Chaque fois que je frappe, je pense Ă mon pĂšre.
Mon pĂšre voulait que je devienne chirurgien.
Et pas n'importe lequel, le meilleur chirurgien au monde.
Mais je n'ai pas pu faire cette incision.
Cette incision dans la chair d'un autre ĂȘtre humain.
Je tremblais. Je n'arrivais pas Ă contrĂŽler ma main.
Mais ça ne t'empĂȘche pas de devenir gĂ©nĂ©raliste.
Si je sors d'ici un jour.
Ne dis pas ça, Johnny.
Je plaisantais.
Deanie, vos parents sont dans la salle d'attente.
Papa et maman sont lĂ ?
Mes parents sont là . Je ne les ai pas vus depuis six mois. Depuis mon arrivée.
J'espĂšre que ces gens savent ce qu'ils font.
Combien de temps vont-ils la garder ?
La voilĂ .
Ne la laisse pas te voir comme ça.
- Mon bébé ! Mon bébé à moi ! - Maman ! Je suis heureuse de te voir.
Papa ! C'est bon de te voir.
N'a-t-elle pas bonne mine, Del ?
Qu'on ne me dise pas que mon bébé ne va pas bien.
Elle est aussi normale et en forme qu'une autre.
Je t'ai apporté une boßte de bonbons.
Merci, papa.
Toutes tes amies te passent le bonjour.
Ton pĂšre a dit Ă tout le monde oĂč tu Ă©tais.
Ăa m'est Ă©gal.
Assieds-toi.
Voyons voir...
Kay est partie à l'école de Mlle Finch. TrÚs chic.
Ses parents sont trĂšs riches, maintenant.
Et June prend de tes nouvelles toutes les semaines.
Tu sais qu'elle a épousé Bob ?
Carolyn et June sont à l'université. Carolyn a adhéré à Pi Phi.
Et Hazel a choisi Kappa. Laquelle est la mieux ?
- Je ne sais pas. - L'université n'est pas loin d'ici.
Tu aimerais peut-ĂȘtre qu'elles te rendent visite ?
Je ne crois pas, maman.
Non, tu as raison.
Ce ne serait pas... convenable.
Tu n'as aucun problÚme, souviens-toi de ça.
Tu es tout Ă fait normale.
Aussi normale que Kay, June, Hazel et toutes les autres.
Peut-ĂȘtre que...
Tu aimerais dĂźner avec nous, ce soir, Ă l'hĂŽtel ?
Deanie a eu une journée éprouvante, elle est trop fatiguée.
Oui, je suis vraiment...
On ne te verra pas plus que ça ?
C'est tout ce Ă quoi on a droit ?
Je suis désolée, maman.
On a fait tout ce chemin pour voir notre bébé.
Et on nous dit qu'on ne peut pas la voir ce soir.
Vous voulez ce qu'il y a de mieux pour votre fille, n'est-ce pas ?
Oui, je veux ce qu'il y a de mieux pour elle.
On emmĂšnera dĂźner notre petite fille...
Excusez-moi.
La prochaine fois, maman.
Maman m'appelait son bébé,
et papa, sa petite fille.
Ne voient-ils pas que je suis moi, Dr Judd ?
C'est Ă vous de changer. Eux ne peuvent pas.
Je crois que je ne pourrai jamais rentrer Ă la maison.
Je n'aurai plus jamais les mĂȘmes sentiments pour eux.
Il faudra les voir comme des gens, avec tous leurs défauts.
Plus comme "papa et maman".
Comme des gens ?
On a tendance Ă accuser ses parents de tout, ces temps-ci.
Ils ont eu des parents, eux aussi.
Sans doute.
Vous avez eu des parents, vous aussi ?
Certainement.
Ce sera tout, Deanie. Vous pouvez partir.
Ă demain.
Avez-vous des nouvelles de ce jeune homme ?
Comment s'appelle-t-il ?
Bud ?
Non.
Nous avons cessé de nous écrire.
Il doit ĂȘtre Ă l'universitĂ©.
Je ne sais pas. Personne ne me donne de ses nouvelles.
Ils doivent penser que ça me ferait de la peine.
Ce serait le cas ?
Vous vous sentirez plus forte d'ici quelque temps.
Je l'espĂšre.
Je parie qu'ils appliquent les théories de Freud.
J'ai lu des choses sur lui. Il ne pense qu'au sexe.
Et ça nous coûte jusqu'au moindre centime que nous ont rapporté nos actions.
Si nous avions gardé ces actions nous aurions gagné une fortune.
Ce n'est pas trĂšs poli d'allumer la radio pendant que je te parle.
Le cours des actions a chuté
en ce jour des plus noirs pour la bourse de New York.
$ 14 milliards ont été perdus par les actionnaires.
Vendre ? Comment ça ? Vous avez peur, comme tout le monde.
Attendez.
Ne paniquez pas, Jack. Ne vous découragez pas.
Entrez.
Attendez, Jack. Soyez patient.
Je ne peux pas vous parler plus longtemps.
Asseyez-vous, je suis Ă vous tout de suite.
Je suis Ă New Haven.
Mon fils est à l'université.
Il va trÚs bien. Il a juste échoué dans toutes les matiÚres.
Ăa ira mieux. Je sais ce qui ne va pas chez lui.
Oui, je vous rappellerai.
- OĂč en ĂȘtes-vous ? - Vous aviez raison.
- Qui est-ce ? - Une serveuse.
Une serveuse ?
Dans une pizzeria. Tout est lĂ .
Vous en voulez ?
Bud, si vous...
Il ne s'est pas appliqué. Je connais mon fils.
Il pourrait réussir dans toutes les matiÚres. Avec les honneurs.
Merci.
Si vous nous donniez votre avis, Bud ?
Vous ĂȘtes-vous vraiment intĂ©ressĂ© Ă votre travail, Ă Yale ?
Peu importe. Je t'ai envoyé ici pour avoir un diplÎme.
Désolé de te décevoir, papa, mais...
Si tu jouais cartes sur table ?
Dis-nous ce qui te préoccupe, ce qui te prend toute ton énergie.
Un appel de New York pour M. Stamper.
- OĂč puis-je le prendre ? - C'est urgent. Par ici.
Y a-t-il une chose que vous préféreriez faire en ce moment ?
Pour vous dire la vĂ©ritĂ©, monsieur le doyen, j'ai toujours rĂȘvĂ© de m'occuper du ranch.
Mais, mon pĂšre...
Je n'ai jamais estimé que tout le monde devait aller à l'université.
Peut-ĂȘtre pourriez-vous lui parler.
Il n'écoute pas grand-chose, n'est-ce pas ?
Je dois me rendre Ă New York.
Si vous me laissiez parler Ă votre pĂšre ?
Bien sûr. Merci.
Je te verrai dans ta chambre.
Monsieur le doyen, dites-moi ce qui arrive aux gens ?
Que voulez-vous dire ?
Toute la ville de New York se jette par les fenĂȘtres.
Ils baissent tous les bras.
Et tout ira bien d'ici quelques jours.
- Vous croyez ? - Je le sais !
Il le faut ! Il le faut !
à propos de mon garçon.
Je l'emmĂšne Ă New York avec moi.
Il sera ici lundi matin, prĂȘt Ă se remettre sĂ©rieusement au travail.
M. Stamper, je ne pense pas que votre fils devrait rester parmi nous.
Ne perdez pas espoir.
Ne perdez pas espoir, monsieur le doyen.
Je suis déjà passé par-là avec lui.
Il s'éprend d'une fille et il ne pense plus qu'à elle.
- Ce n'est pas le problÚme, M. Stamper. - Si, c'est ça, le problÚme !
Je le connais depuis plus longtemps et un peu mieux que vous.
J'ai déjà fait face à ce genre de situation, je saurai faire face !
Il sera ici lundi matin, prĂȘt Ă se remettre au travail !
Vous voulez une poupée pour votre fiancée ?
- Oui. C'est combien ? - $ 50.
Prenez $ 50 et rendez-moi le reste.
Merci.
Au revoir.
Tous les mĂȘmes, dans cette ville.
Des jeunes mariés ! Applaudissez la jeune mariée.
Salut, les pigeons !
Je sens de l'argent tout frais, ce soir.
Je suis ravie que le krack boursier ne vous ait pas empĂȘchĂ©s de sortir, ce soir.
Ce soir, en cherchant un taxi sur Park Avenue,
j'ai dĂ» Ă©viter les corps qui tombaient des fenĂȘtres.
Mais ne soyons pas morbides.
- La mĂȘme chose ? - Pas pour moi, merci.
La mĂȘme chose.
Vas-y, cogne !
Rentrons, papa.
Attends, Bud.
Ce que j'essaie de te dire, Bud...
je n'ai jamais réussi à te le dire, fiston.
Ăcoute.
Il se pourrait que je n'en aie plus pour longtemps...
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ăcoute-moi. Ne t'emballe pas. Je ne compte pas partir tout de suite.
OĂč veux-tu en venir ?
Je n'ai peut-ĂȘtre pas toujours Ă©tĂ© un bon pĂšre pour toi.
Je m'excuse.
Je ne t'ai peut-ĂȘtre pas donnĂ© toutes tes chances.
Je voudrais me racheter.
Laisse tomber, papa.
Regarde. Regarde lĂ -haut.
Deanie.
C'est vrai qu'elle lui ressemble un peu.
Un peu, tu parles ! Exactement, oui ! C'est exactement la mĂȘme.
Exactement la mĂȘme ! Elle est tout aussi jolie.
Tu as été injuste avec moi. J'ai fait ça pour ton bien.
Tu aimerais qu'elle soit ta femme ? Tu y a déjà pensé ?
Tu aimerais qu'elle soit ta femme maintenant qu'elle est dans cet asile ?
Tu y a dĂ©jĂ pensĂ© ? Ăa te plairait ?
Ăa te plairait ? Alors qu'elle est Ă l'asile ?
Quelle foutue différence cela fait-il ?
C'est la mĂȘme chose ! Exactement la mĂȘme chose !
Elle est aussi jolie ! Regarde-la ! Aussi jolie !
Tu la veux ? Tu la veux, fils ? Si tu la veux, tu l'auras !
Tu peux l'avoir. Je te la donne. Tu peux avoir tout ce que tu veux.
Tout ce que tu veux ! Le monde est Ă toi !
Reste-lĂ , je vais te montrer.
Reste-lĂ , je vais te montrer.
Vous ĂȘtes Bud ?
Oui, madame.
Vous ne me faites pas entrer ?
Je suis navré, mais...
je crois que vous vous ĂȘtes trompĂ©e de chambre.
M. Stamper ?
M. Stamper !
C'est lui.
Que voulez-vous faire du... ?
Je vais le ramener.
Je serai bientĂŽt Ă la maison.
Pour la premiĂšre fois depuis...
Deux ans et six mois presque jour pour jour.
Comment vous sentez-vous ?
Comme si je partais à l'étranger.
John m'a demandée en mariage.
Et vous ne m'aviez rien dit ?
Vous allez accepter ?
Je ne sais pas.
Vous l'aimez ?
Je crois que oui.
C'est différent de ce que je ressentais pour...
Bud.
Mais...
je l'aime.
Il n'y a aucune raison pour que vous n'ayez pas une trĂšs belle vie ensemble.
John est de retour à Cincinnati, il est médecin, ça marche trÚs bien.
Je sais.
Il m'appelle tous les jours.
Mon taxi.
Votre taxi est lĂ .
Comptez-vous revoir Bud ?
Je ne sais pas.
Croyez-vous que vous serez heureuse avec John,
si vous n'ĂȘtes pas sĂ»re de ce que vous Ă©prouvez pour Bud ?
Lorsque nous affrontons nos peurs, elles s'avÚrent parfois dérisoires.
D'accord, docteur Judd.
J'irai le voir.
Je vous écrirai.
Tu aurais pu épouser un garçon d'ici.
Je ne te verrai pas souvent quand tu seras Ă Cincinnati.
Que sais-tu de ce jeune homme ?
AprÚs tout, tu l'as rencontré dans un asile. Es-tu certaine qu'il va bien ?
Moi aussi, j'étais à l'asile.
Toi, c'était différent. Tu étais juste un peu fatiguée.
C'est tout ce qui n'allait pas.
Il est pour le New Deal ?
Je ne sais pas.
J'en pleurerais quand je pense que je vais perdre ma petite fille.
Combien as-tu payé ça ?
Je ne sais pas, maman.
Les médecins de l'hÎpital
t'ont-ils dit que j'avais été une mauvaise mÚre ?
Ont-ils reproché quelque chose à ton pÚre...
ou Ă moi ?
Je ne vous reproche rien, maman.
Je t'ai élevée du mieux que j'ai pu, Deanie.
Comme ma mÚre m'avait élevée.
Et comme elle-mĂȘme l'a certainement Ă©tĂ©.
Si j'ai été une mauvaise mÚre, Deanie, tu ne dois pas m'en vouloir.
J'en ai parfois voulu Ă ma propre mĂšre.
Mais je me suis toujours dit qu'elle avait raison. Peut-ĂȘtre pas...
mais je l'aimais.
Je t'aime, maman.
Je l'espĂšre, Deanie.
Ce serait bien si les enfants venaient au monde
avec la garantie d'avoir une éducation parfaite
et une vie heureuse et normale.
Mais quand nous naissons, nous devons nous en remettre au hasard.
Maman ?
Il est marié ?
Qui ?
Si tu veux la vérité, je n'en sais rien.
N'aie pas peur de tomber sur lui. Il doit vivre Ă Tulsa avec sa mĂšre.
Elle a retrouvé sa famille là -bas aprÚs le suicide de son mari.
On dit qu'elle n'a plus un sou vaillant. Et sa fille Ginny...
Elle a eu un accident de voiture.
On se doutait qu'elle finirait comme ça avec la vie qu'elle menait.
Il n'y a presque plus aucun Stamper dans cette ville.
Sais-tu que leur maison a été transformée en funérarium ?
Tu as de la visite, Deanie.
- Je suis impatiente de la voir. - Ăa fait si longtemps.
Comment va-t-elle, M. Loomis ?
Elle va bien.
Tu viens faire un tour avec nous ?
Donnez-moi deux minutes pour me rafraĂźchir.
Juste une chose.
Ăvitez Bud Stamper.
Elle a tout oublié, Mme Loomis.
Non, croyez-moi. Prenez un bonbon.
Elle m'a tout de suite demandé de ses nouvelles.
Et puis, elle s'est allongée sur son lit et s'est mise à pleurer.
Je pensais qu'aprÚs tout ce temps elle l'aurait oublié.
Je veux que vous me le promettiez.
Les médecins disent qu'elle est guérie mais ne cherchons pas les ennuis.
Tenez-la loin de lui.
VoilĂ notre petite fille.
Je veux voir Bud.
Tu dois cesser de penser Ă lui.
Je ne sais mĂȘme pas oĂč il est.
Personne ne le voit jamais. Sais-tu oĂč il habite, Hazel ?
Il est dans le ranch de son pĂšre.
- C'est loin, tu sais. - Allons-y.
Pousse-toi de lĂ !
Tu veux que j'aille le chercher ?
Tu ferais ça ? ,
Il est derriĂšre la maison.
Je sais.
Salut, Bud. Tu es dans un drÎle d'état !
Oui, je travaillais. On a 40 tĂȘtes, maintenant.
Deanie t'attend dans la voiture.
- Je ne suis pas trÚs présentable. - C'est pas grave, Bud.
Elle va bien ?
Elle a l'air en pleine forme.
Tant mieux.
Salut, Bud.
Ăa fait longtemps.
C'est vrai.
Je suis heureux de te voir.
Merci.
Tu veux voir ma famille ?
Bien sûr.
Viens.
- Elle ne savait pas qu'il était marié. - Tu aurais dû le lui dire.
Je n'ai pas pu.
Viens voir, chérie. Je veux te présenter quelqu'un.
Angelina, voici Deanie, une vieille amie Ă moi.
Enchantée.
Tout le plaisir est pour moi.
Vous voulez entrer ?
Viens.
Ce n'est pas un palace.
- Je vous offre du vin ? - Merci, mais je ne peux pas rester.
Voici Bud junior.
Celui sans les plumes.
Allez-y.
Bonjour, Bud junior.
Quel beau garçon !
Nous en attendons un autre, j'espĂšre que ce sera une fille.
Tu es un beau garçon.
Je vais devoir partir.
Vous reviendrez nous voir ? Vous viendrez dĂźner ?
Merci, Angelina.
J'ai épousé Angie quand j'ai quitté New Haven.
Je n'ai mĂȘme pas fini ma premiĂšre annĂ©e.
Elle est gentille.
Elle a été merveilleuse quand les choses sont devenues difficiles.
Tu es heureux ?
Je crois.
Je ne me pose pas souvent la question.
Et toi ?
Je me marie le mois prochain.
C'est vrai ?
Un garçon de Cincinnati.
Je pense qu'il te plairait.
Les choses finissent bizarrement parfois, tu ne trouves pas ?
C'est vrai.
Je te souhaite d'ĂȘtre trĂšs heureuse.
Moi non plus, je ne pense pas souvent au bonheur.
Quel intĂ©rĂȘt ? Il faut prendre la vie comme elle vient.
Je suis trĂšs heureux de t'avoir revue.
Merci, Bud.
Au revoir.
Ă bientĂŽt, Bud.
- Vous reviendrez bientĂŽt, j'espĂšre. - Si tu nous invites.
C'est promis. On a un peu d'argent qui rentre, maintenant.
On fera une grande fĂȘte. Je vous appellerai.
Super.
Le dĂźner est prĂȘt ?
Alors, tu crois que tu l'aimes toujours ?
"Bien que rien ne ravive la splendeur de ces heures
"Ni la gloire de ces fleurs,
"Nous ne sombrerons pas dans le chagrin, nous nous raffermirons face au destin."
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