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Les plantes les mieux gardées d'Europe sont celles de la Chancellerie à Bonn.
À deux kilomètres de là se situe l'hôtel Dreesen.
1938.
La crise : entre guerre et paix.
Le Premier ministre britannique, Chamberlain, vend un pays à Hitler :
la Tchécoslovaquie.
C'est la politique dite d'apaisement. Soit elle mène à la paix
et il faut la poursuivre résolument, soit à la guerre, et elle était vaine.
C'est la chambre 12. Adolf Hitler y a séjourné pendant les pourparlers.
L'homme doit avoir une demeure sûre. Il s'agit de notre vie.
Que nous ayons encore pu vivre cela !
Quand verrai-je le Führer ?
Une rive au-delà de la frontière, Branau am Inn.
Le peuple allemand est devenu prudent.
Notre vie est surveillée par les politiciens.
Le véritable travail des politiciens, on ne le voit pas.
Il n'est pas rendu public. Seuls leurs débuts le sont,
lorsqu'ils se présentent à la presse.
Depuis peu, un candidat se profile.
Miroir, mon beau miroir,
dis-moi qui est le plus prudent dans tout le pays.
LE CANDIDAT
Le strass pour maman, Strauß pour nous tous !
Passau. Mercredi des Cendres, 1980.
… et en particulier aussi sa femme, Marianne Strauß.
Bienvenue.
Souvent, je suis ailleurs.
Cet hiver, le meurtre flottait dans l'air. J'ai averti avec insistance…
Je crois que cette visite grandiose
montre bien la reconnaissance et l'estime
de notre candidat à la Chancellerie, Franz Josef Strauß.
Ceux-là mêmes qui ont vécu la bataille de Midway et Pearl Harbour auparavant.
C'est pourquoi je dis : stop à la puissance militaire japonaise !
Mesdames et messieurs, pourquoi ? Je le dis sans emphase.
Parce que les Américains étaient prisonniers d'une grave erreur,
celle de croire que le désarmement définitif de l'Allemagne et du Japon
garantirait le règne de la paix dans ce monde.
Plus rien alors ne pourrait arriver à la paix.
Il suffit d'éradiquer les deux seuls bacilles responsables des maladies,
et les hommes vivront en bonne santé jusqu'à la fin de leur vie.
Mais les Allemands et les Japonais n'étaient pas les seuls bacilles.
Les Japonais étaient belliqueux, leur militarisme en expansion.
Hitler voulait le grand Reich, la soumission des pays voisins,
l'extermination des Juifs, une politique immorale, criminelle.
Seulement, les Américains ont oublié de différencier
la fonction qu'ont les Allemands et celle qu'ont les Japonais
dans leurs continents respectifs, une fonction légitime.
Supposez que je sois entré à la Chancellerie.
Une petite voix me dit : j'y suis, j'y reste. Et pour longtemps.
Mais ma voix intérieure dit : partons, je n'aime pas le travail de bureau.
Ici, la force pour laquelle je me suis battu n'est pas présente.
Mon héros est en effet dynamique. Je passe pour quelqu'un d'hésitant.
Le déchirement de l'âme, qui est faite de nous deux, est bien réel.
Je conseille de faire un voyage officiel au Japon.
Les cinq premières décennies du siècle ont connu deux guerres mondiales.
Ma génération est née aux alentours de la Grande Guerre,
est partie au front pour la Seconde. C'est pourquoi nous disposons…
Et j'ai vu l'Atlantique, le Don aussi, pendant la Seconde Guerre mondiale.
… d'un sens aiguisé, si on n'est pas aveuglé par des préjugés idéologiques
ou enivré d'une illusion utopique qu'on aurait forgée soi-même,
d'un sens vif et particulier pour ressentir quand la paix est menacée.
Supplément du journal populaire communiste
L'Allemagne de l'Ouest hors de l'OTAN et un traité de paix.
Devant l'ancien lieu de réunion de la province : une ambiance de fête.
On est partis à 3 heures et demie. - D'où ? - De Bamberg. Avec deux bus.
Quelle est votre profession ?
J'étais ingénieur. Je suis déjà à la retraite.
Qu'espérez-vous de cet événement ? - Eh bien, je voudrais d'abord dire
que c'était un président de Conseil correct,
et que nous espérons aussi qu'il sera un vrai chancelier.
Qu'entendez-vous par "vrai chancelier" ? - Oui. Oui…
Nous mettons tous nos espoirs en lui.
C'est l'une des meilleures têtes du pays. - Ah oui ?
Il a des talents dont personne ne peut se vanter, même pas au gouvernement.
Quels changements apportera-t-il selon vous ? - Eh bien, d'abord…
Au niveau de la politique, et puis je dirais,
une réelle communauté officielle
de la grande masse du peuple.
Je pense d'abord à l'Afrique, à toute cette population pauvre
qui se cherche…
Qui veut accomplir une tâche inaccessible pour elle.
Vous pensez là au Tiers-Monde ou au troisième Reich ?
Au Tiers-Monde, pas au 3ème Reich. Non. En arrière toute !
Le Tiers-Monde, la masse du peuple africain.
Je pense aussi à l'Inde.
… un gouvernement
qui se détache enfin des chimères
reposant sur des succès d'un jour.
Et mesdames et messieurs, cette année, c'est de l'Allemagne dont il s'agit.
Je suis bien décidé à mener cette campagne électorale en recourant
à toutes les forces spirituelles et physiques à ma disposition.
À tous les moyens démocratiques et politiques.
Il nous faut secouer nos citoyens, les réveiller. Certains dorment encore.
D'autres préfèrent entendre des enjôleurs, d'agréables phraseurs.
Mesdames et messieurs, l'heure de la rigueur, de la vérité
et de l'honnêteté a sonné. Sur ces mots, merci et au revoir.
Vous êtes ? - Alfred Scholl, forain.
Depuis quand ? - Passau. Depuis mon enfance.
Et les petits chevaux ?
Il y a huit chevaux, trois cochons,
quatre carrosses,
un lapin,
puis un poulet,
deux cygnes,
et voilà.
Vous ferez ça longtemps ? - Jusqu'à ce que je m'écroule.
M. Strauß, en tant que probable futur chancelier, comment feriez-vous…
Moi ? Ah non, ne dites pas ça. - C'est ce que disent les gens.
… établir une plantation d'ananas en Alaska au lieu de devenir chancelier.
Vous le pensez vraiment ? - Oui. - N'aimeriez-vous pas être chancelier ?
Le devrais-je ?
Né en 1915.
En 1980, âgé de 65 ans.
Le candidat. Maigre.
C'est le début de sa carrière politique.
Plus de gouvernement du Reich.
Le peuple allemand franchit ses frontières.
Les mouvements sont prudents. Ils le sont toujours.
Le garde soviétique. Des frontaliers de longue date l'esquivent
habilement. Ceux qui se font prendre vont voir le commandant soviétique.
Sans foi réelle en cette frontière,
ils ne croiront jamais en elle.
Point de contrôle à l'autoroute 124.
À la fois aire de repos et cité.
Une étrange formation au carrefour entre l'Est et l'Ouest.
Au Conseil économique des zones unifiées
en 1948.
Une sorte de pré-parlement. Franz Josef Strauß, 33 ans,
député, était déjà sous-préfet, spécialiste de la jeunesse.
Après une visite officielle en Italie,
le chancelier Adenauer s'est exprimé à l'un des congrès de la CSU.
Éloquent, le chancelier a évoqué la politique allemande et internationale
face à la menace de l'Est. Dans un appel au peuple,
il a dit que l'Allemagne devrait prendre clairement position.
Il a eu ces mots sur le communisme :
"Et il faut surtout dire sans détour aux communistes
que les fomentateurs dans le monde sont les Soviets et le communisme."
Suite à la catastrophe de 1945, on s'était attendu
à l'instauration d'une ère nouvelle, à une renaissance, une reconstruction.
Aujourd'hui, en 1949, nous avons le chancelier Adenauer, 71 ans.
L'époque
de sa génération : les années 20. Or, il gouverne dans les années 50 et 60.
Le jeune Strauß, passionné, doté d'un sens pour les rapports de force,
apprend de la part du vieux monsieur la mélodie de base.
Il obtiendra de nombreux postes sous le vieux monsieur :
ministre des Affaires spéciales, du nucléaire et de la défense,
mais l'un d'eux est inaccessible : la candidature à la Chancellerie.
On voit le jeune et le vieux faire comme si ce n'était pas grave
que les vieux prennent habituellement la place des jeunes en Allemagne.
Bonn, février 1952
Des centaines de communistes, parmi eux nombre de femmes et de jeunes,
ont profité des débats sur l'armée pour attirer l'attention sur eux
en voulant forcer le cordon de police devant les bâtiments du Parlement.
Finalement, la police a eu recours au jet d'eau pour dégager les rues.
Entre-temps, des débats très animés se déroulaient à l'assemblée.
Le Chancelier a justifié ainsi le budget de la défense :
Je suis persuadé, et tout Allemand
qui voit les choses sans idées préconçues l'est aussi,
qu'il n'existe, face
à la politique résolument poursuivie
par la Russie soviétique totalitaire,
qu'un seul salut pour nous tous :
nous rendre suffisamment forts pour que la Russie reconnaisse
qu'une attaque représenterait un gros risque pour la Russie elle-même.
Un mauvais jour pour Adenauer.
Il se réfugia 164 fois exactement dans la formule toute faite :
"Mesdames et messieurs…"
Toute l'Allemagne a suivi les débats de ses députés au sujet de la défense.
L'après-midi, Strauß prit place au pupitre.
Qui aurait vu en lui un expert de la défense jusqu'à ce 7 février 1952 ?
"Il a jailli du sous-bois tel un tank écrasant tout sur son passage."
Le journal "Frankfurter Allgemeine" décrivit ainsi son apparition.
R. Meier du parti libéral dira de lui : "Qui parle ainsi, sait aussi tirer."
La majorité du Bundestag vota pour le réarmement.
À partir de ce jour, Strauß devint l'expert en matière de défense.
Il félicite le Chancelier pour sa victoire.
Adenauer sait qu'il vise le ministère de la Défense, mais il est trop tôt.
Strauß devra se contenter de moins.
En 1953, il sera ministre des Affaires spéciales, portefeuille mystérieux.
Mais Adenauer veut introduire le jeune Bavarois à la discipline du Cabinet.
La 1ère fois, Strauß s'assied au premier rang du banc du gouvernement,
réservé aux portefeuilles Intérieur, Affaires étrangères et Défense.
L'audace du jeune ministre amuse le public.
Le nouveau cabinet se présente, le second gouvernement d'Adenauer.
Le Chancelier avait proposé en vain à Strauß le ministère des Transports.
Il en fut de même pour le ministère de la famille : "Cela ne correspond pas
à ma situation familiale, donc plutôt ministre des Affaires spéciales."
Le candidat se réjouit. Les jeunes politiciens dynamiques sont prisés.
SOUS LA PLUIE NUCLÉAIRE
Les essais atomiques dans le désert du Nevada se poursuivent.
Pour tester les effets de la pluie de cendres tant redoutée,
des soldats américains ont été placés à proximité du lieu de l'explosion.
Depuis 1943, les Américains testent la bombe atomique. L'optimisme règne.
On espère en effet utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Une industrie jeune et dynamique naît.
Elle requiert des gens jeunes et dynamiques.
En 1955, Strauß devient ministre de l'Énergie nucléaire en R.F.A.
"L'énergie atomique peut nous mener vers une époque meilleure,
si l'humanité parvient à maîtriser le démon de cette énergie.
L'Allemagne, leader dans les secteurs scientifiques et industriels, devrait
y veiller et concentrer ses forces vers ce but."
Strauß participe à l'inauguration de la première centrale atomique
en Angleterre. La reine est là. L'optimisme règne.
Les actualités s'enthousiasment presque.
La productivité d'une tonne d'uranium égale celle de 10 000 t. de charbon.
Comme ici, dans les mains de la reine, il appartient aux hommes de veiller
à ce qu'une simple pression sur un bouton libère des forces
au service de la paix et du progrès.
25 ans plus tard : Harrisburg
… à un cheveu d'une catastrophe nationale.
Une bulle de gaz très explosive s'est formée
dans un dôme du réacteur. À son origine, une surchauffe du combustible
et de mauvaises manipulations.
Alerte aux radiations. Une semaine où les grands espoirs ont été mis à mal.
Le candidat se tourne vers le passé.
Je considère plutôt comme une réussite le fait que j'aie,
suite à l'échec ou à la chute du nazisme,
et suite à la pause de dix ans instaurée par les vainqueurs,
relancé en peu de temps la recherche atomique. J'en devins le ministre.
Nous avons en une année, et je reste modeste,
rattrapé 5, si ce n'est 10 ans, quand j'ai été ministre du nucléaire.
Puis l'armée allemande a été refondée. - Ensuite, Adenauer
m'a invité à assumer le ministère de la Défense.
Jour de la fondation du parti écologiste, les Verts
Karlsruhe, 12-13 janvier 1980
Ce n'est donc pas typique du congrès qu'on ne retienne
vraisemblablement qu'une seule image à sensation…
Qu'est-ce qui est typique du congrès ? - Ça justement non.
Vous vous parlez avec indifférence, les points de votre programme
définissent aussi votre comportement mutuel. Comme ceux-là, qui discutent.
C'est sidérant. Le sentiment qui en ressort, il est tellement
lourd et assommant que je ne puis m'imaginer comment ces gens,
qui parlent soi-disant d'autonomie, veulent réaliser ça.
Je vous le dis alors, mes amis, songez un peu à ce dont il s'agit.
Ne perdez pas de vue, aujourd'hui et demain, ce qui est vraiment important.
Sinon, tout cela aura été vain. Tous doivent s'y mettre, Gruhl aussi !
Les 12 et 13 janvier, les Verts fondent un nouveau parti à Karlsruhe.
S'agit-il du quatrième parti que Strauß avait toujours souhaité ?
Qu'il brandissait comme menace ?
Alors je suis simple membre du parti des Verts. Non, je suis déléguée
mais je ne fais pas partie du bureau.
La contre-épreuve, je vous prie…
Et maintenant, nous avons le plaisir d'accueillir Rudolf Bahro.
Je veux collaborer avec Baldur Springmann.
Mes chers camarades et amis,
ce n'est qu'avec la base hétéroclite sur laquelle il veut se fonder
que le parti écologiste sera une expérience essentielle et unique,
et pas seulement pour la R.F.A., une expérience qui vaut bien
un traitement soigneux.
Reconnaissons-nous la singularité de cette tentative, des potentiels
qui créent 2 partis de constellation traditionnelle dans d'autres pays
parce que leur base repose sur des origines très différentes ?
J'annonce présentement mon affiliation aux Verts.
La venue de célébrités est très appréciée des médias.
Mais il reste au meeting une rude tâche à remplir : le vote des statuts.
D'autres propositions de modification ? Je vous en prie.
Oui. Si c'est une proposition de modification relative au projet.
Concernant la procédure présente.
J'ai l'impression que nous sommes un peu bousculés par la nouvelle…
D'abord ils veulent faire vite, et après, ils sont bousculés !
Quelqu'un a-t-il quelque chose à dire contre ce projet, mes amis ?
Je n'ai pas l'impression qu'ici… Je vous en prie, Max Winckler…
Là-bas derrière, il parle contre. Non, celui du fond, il a dit non.
Nous réclamons donc qu'on abroge, qu'on supprime sans contrepartie
les paragraphes 173 à 176,
qu'on légalise les relations de nature sexuelle entre adultes et mineurs
qui sont non violentes et basées sur un consentement mutuel.
Troisièmement, nous exigeons qu'on supprime la scolarité obligatoire.
600 suicides d'élèves par an. - Vous n'êtes jamais allés à l'école ?
Ne faites pas la même erreur que d'autres ont déjà faite à Herse.
C'est exactement pareil.
Vous voulez faire vous-mêmes ce que vous reprochez aux autres.
Elle est en passe de le résoudre.
Des points essentiels inscrits dans le programme.
De la conceptualisation économique, dont ils ne veulent pas discuter.
Ils n'ont pas encore vu que la seule alternative économique radicale
se trouve chez nous à l'état embryonnaire.
Vous n'avez pas pris assez de distance par rapport à vos termes d'économie.
J'ai un petit ami. Il a onze ans. Il habite une rue plus loin.
Il nous a couru après un jour, on sortait des vieilleries des poubelles.
Il s'est installé chez nous parce que sa mère avait dit que
s'il revenait nous voir, elle le battrait à mort.
Il est revenu se cacher chez nous. Je me suis rapproché de lui.
Il avait 11 ans.
J'étais bien plus âgé, et je l'aimais. - Jusqu'où est allée cette relation ?
C'est ce que je te raconte justement. Jusqu'où cette relation est allée.
T'es nul ou quoi ? T'en as rien à foutre.
Oui, c'est une question complètement nulle.
J'ai dit l'avoir beaucoup aimé.
Ça suffit, compris ? Ce qu'on fait dans ce cas, vous pouvez l'imaginer, non ?
Eh bien, t'es un cas, toi. - Et t'es criminel. Je t'ai découvert.
La plupart ne se font pas attraper.
C'est comme ça que fait la police. - Et tu m'énerves, toi aussi.
J'ai besoin de la presse sinon, je ne trouve pas les enfants.
On peut les atteindre seulement par la presse. - Hé, je suis médecin.
Du calme, petit. Que crois-tu que les médecins fassent avec nous ?
Réfléchis un peu à la maladie, d'abord.
Réfléchis à la façon dont la maladie survient, à ce qu'est la maladie.
La maladie, c'est tout ce qui fait prendre conscience
à l'homme qu'il y a une résistance en lui, une chose très humaine.
Ça montre que les hommes se défendent encore, tu vois.
Ils font de la maladie une force, et ils montrent qu'ils se défendent.
Les médecins, eux, agissent une fois qu'on est malade.
Or, tu dois agir avant de tomber malade. Il faut prévenir.
C'est comme pour la nature. Toute la nature sera détruite…
Avant que la bombe atomique n'explose. Il faut agir avant elle.
Arrêtez ces généralisations. Tu ne devrais pas t'en prendre à ceux
qui sont prêts à vous écouter et à vous aider.
Tu as presque perdu la face. - Non.
Nous en reparlerons, si vous voulez. - Quelle est votre profession ?
Dentiste. - Que faites-vous ici ? - Je soutiens les Verts.
Je n'ai pas été comptée.
Je n'ai pas été… J'étais là tout le temps ! - Ça ne va pas non plus.
Vous devez me compter !
Je ne peux compter que ceux qui sont assis à leur place.
Non !
Tandis que la fondation du parti écologiste se prolonge dans la nuit,
à quelques mètres de là, sur la même place, se tient
le bal de l'aviation allemande.
C'est un F104, qui avait fait partie avant d'une escadre de chasse.
Et par hasard, j'ai l'impression d'avoir piloté
moi-même cet appareil. Je le reconnais à son numéro.
L'escadre de chasseurs bombardiers 32. - Des avions se sont-ils écrasés ?
Quelques-uns, oui, mais je crois qu'il faut relativiser.
Avant, il existait différents types. Si on les compte, ça n'a rien à voir
avec les F104 qu'on a perdus. - C'était alors Apel ou Strauß ?
Strauß les a introduits à l'époque. Mais ils volent encore aujourd'hui.
Le modèle qui a suivi, le Tornado, a aussi ces dernières années…
Ils ont donc fait leurs preuves pendant 10 ou 20 ans ?
Absolument. Et je pense n'avoir jamais piloté de meilleur avion.
Histoire d'un armement
Résumé
Tant que je suis chancelier, jamais vous ne serez ministre de la Défense.
C'est ce qu'Adenauer aurait dit à Strauß. En 1955, quand Strauß
fut nommé ministre du nucléaire, Blank eut le ministère de la Défense.
La première visite du ministre Blank auprès des unités en formation
est aussi une rétrospective des deux dernières semaines de travail.
Des volontaires blanchis sous le harnais ont défilé.
Dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale : le réarmement.
C'est la première caisse d'armes.
Son ouverture presque festive rompt avec la sobriété du processus
de livraison et de réception.
Un fusil à tir rapide américain pour le fantassin allemand.
Un an plus tard…
Blank voulait ériger en 4 ans une armée conventionnelle
dotée de 500 000 hommes. Strauß avait une autre idée.
Il voulait une armée moderne avec des avions équipés de l'arme atomique.
Lors de réunions, il attaqua Blank.
En un an, il cribla le ministre de la Défense de ses piques.
Blank dut partir. Strauß était arrivé à ses fins.
Relève de la garde au ministère de la Défense de la R.F.A.
Le président Heuss a nommé Strauß, ex-ministre de l'Énergie nucléaire,
pour remplacer Blank comme ministre de la Défense,
et lui a remis l'acte de nomination.
Tous les peuples du monde accordent du respect à leurs soldats.
Qu'ils ne connaissent, chez nous, ni la surestimation ni la diffamation,
et qu'ils puissent se consacrer à leur tâche : la protection de la nation.
Faites confiance à vos soldats, faites confiance à vos officiers.
En Europe, le siège des forces de l'OTAN est
le SHAPE, quartier général des alliés situé près de Paris.
Le vaste monde.
L'OTAN, Grand quartier général. Stratégie.
Retour en arrière. Défense avancée.
Le ministre dans l'éclat de ses fonctions. Numéro 1 en Europe. Il dit :
"Que celui qui ne se plaît pas chez nous aille en zone soviétique.
Nous vivons à l'ère de la technologie et l'union de nos forces suffit
pour rayer de la carte l'empire soviétique."
Le ministre avait alors une BMW grise avec chauffeur.
Un jour, il était très pressé. Il ordonna à son chauffeur
de traverser un carrefour bien que l'agent, M. Hahlbohm,
n'en ait pas autorisé le passage. Ce n'est que grâce au frein de secours
que le tram put éviter la collision. L'agent nota le numéro de la voiture.
Le ministre de la Défense déclara alors la guerre à l'agent de police.
Il exigea du préfet de police le renvoi de Hahlbohm.
Il écrivit au ministre de l'Intérieur pour exiger son rappel à l'ordre,
fit fouiller sa vie, l'accusa d'atteinte à la sécurité routière
et tout ça, parce que son chauffeur avait commis une faute sur son ordre,
et qu'un agent avait fait son devoir. Strauß dit : "Je demande
à être traité différemment d'une matrone."
Le ministre avait bien d'autres choses à faire que de s'occuper d'un agent.
Il avait employé son énergie à moderniser l'armée allemande,
devenue l'une des plus fortes d'Europe de l'Ouest.
Le ministre de la Défense de la R.F.A., Franz Josef Strauß,
rend visite dans le nord de l'Allemagne à l'état-major local.
Le dernier élément du pont va être posé.
Une armée moderne
a besoin d'armes modernes. Sous Blank, les négociations avec la société
d'armement "Hispano Suiza" pour l'achat de tanks avaient déjà débuté.
En 1957, Strauß commanda 10 680 exemplaires de ce tank.
Ce modèle avait juste un petit défaut. Il n'existait pas encore. Seule
une maquette en bois et en carton était disponible,
découverte ici par Adenauer, Strauß,
et des officiers intéressés.
C'est sur ce modèle et sur quelques schémas obscurs que le plus grand
contrat de réarmement de l'Allemagne s'est basé. Un demi-milliard de marks.
Le contrat avec la société débutante dans la construction de tanks
avait été préparé par Lenz, avocat et chef de la campagne électorale du CDU.
Il y eut des rumeurs de corruption autour de la passation du contrat.
Après maints retards coûteux, le tank
fut finalement construit. On put même le faire fonctionner,
lorsque ses chaînes étaient encore en bon état
ou qu'un défaut technique n'entravait pas son mouvement.
La Cour fédérale des comptes dressa plus tard sur l'achat du tank HS 30
une expertise impitoyable.
Une commission d'enquête fut aussi créée.
Trewiranus, marchand d'armes et ancien ministre du Reich, déclara
sous serment avoir indiqué à Strauß que la passation du contrat
avait été réalisée par le biais de pots-de-vin. Mais ce fut tout.
L'affaire de corruption ne fut jamais résolue.
Lenz, qui aurait lui-même empoché trois millions,
ne put aider à son éclaircissement. Il mourut
dans de mystérieuses circonstances dans un hôtel de 3ème classe à Naples.
Le Grand Jour
Conny, le petit cow-boy sur son poney noir,
traverse les champs et la forêt verte.
Tous les gentils animaux, là-bas dans la forêt,
aiment bien Conny car il n'utilise jamais son fusil.
Même le grand buffle, le léopard
et le grizzli tout gris adorent Conny.
Conny, le petit cow-boy au poney noir,
tous les animaux le supplient :
Conny, reviens vite.
Un Starfighter en vol.
Le ministre de la Défense, Strauß.
Il trouve cet avion superbe.
Parfait pour l'armée allemande.
Le Starfighter pourrait porter la bombe atomique. Il se décide
pour l'acquisition de cet appareil.
Essai nucléaire américain dans la Sierra Nevada.
Ancien ministre des Affaires nucléaires, Strauß songe
à équiper l'armée allemande d'armes atomiques.
Il dit :
"Nous renonçons toujours à fabriquer toute arme nucléaire
sur notre territoire. Il s'agit juste de voir si on devrait fournir
des armes nucléaires à notre armée."
Une vision d'horreur.
Débat sur le nucléaire au Parlement.
Un climat atomique, si je puis le dire ainsi,
différera complètement du climat
où seules les lois de la nature de Sir Isaac Newton s'appliquent.
C'est pourquoi
cette question soulève aussi,
comme toute question
de ce genre, le problème
du rapport entre la morale et la politique.
Et elle soulève ce problème
dans toute sa profondeur
et son infinité tragiques.
Le mouvement de protestation contre la mort atomique naît.
Les syndicalistes manifestent contre l'armement atomique de la Bundeswehr.
Strauß s'exerce
à des tours de force rhétoriques nébuleux.
Le gouvernement n'a pas exigé, il ne lui a été ni demandé ni imposé
l'équipement en armes atomiques de la Bundeswehr.
Il souhaite vraiment que, grâce à un accord sur le désarmement,
ce problème se résolve de lui-même.
Le désarmement se fait attendre. Le problème ne se résout pas.
Des chercheurs réputés, soucieux, consultent Adenauer et Strauß.
Pour Strauß, Hahn, découvreur de la fission nucléaire, est un vieil idiot
qui pleure et ne peut dormir la nuit quand il pense à Hiroshima.
Les Américains ne comptent pas fournir l'arme atomique à l'armée de Strauß.
Cependant, Strauß veut acheter un avion pouvant être transformé
en bombardier nucléaire et commande le Starfighter à la société Lockhead.
Strauß prie le chef de Lockhead de lui donner comme homme de liaison
son vieil ami Hauser qu'il a rencontré peu après la fin de la guerre,
à Schongau, en Bavière.
Officier US, Hauser dirigeait une unité des services secrets de l'armée.
Strauß était devenu sous-préfet grâce à lui. Il fut son témoin à ses noces,
et le parrain de son fils. Hauser vit aujourd'hui à Phoenix en Arizona.
Étiez-vous ami avec lui ? - Je dirais oui. Nous avons développé
un rapport amical,
et puis nous avons beaucoup parlé.
Il m'a expliqué qu'il voulait avoir un homme de confiance chez Lockhead.
Strauß vous a donc mené à Lockhead ? - Oui.
Le Starfighter, qui était un avion d'interception par temps clair,
fut transformé en bombardier atomique, en avion de reconnaissance,
en chasseur de nuit, et en cinq autres types d'appareils.
Beaucoup d'appareils de ce type se sont écrasés ? Pour quelles raisons ?
C'est simple. C'était un magnifique avion
de combat par temps clair, mais il était surchargé, démesuré.
Et c'était un appareil impossible à faire voler
avec tout le poids qu'il portait.
La Bundeswehr a acheté 949 Starfighter de type 104 G.
"G" pour "Germany". Mille avions du même type ont été livrés
à d'autres pays de l'OTAN.
Hauser fit part à une commission américaine de prétendus pots-de-vin
perçus par le parti de la CSU. Strauß et la CSU ont toujours
réfuté ces accusations.
Les déclarations de Hauser n'ont pu être attestées jusqu'à présent.
Ses dires sur des pots-de-vin versés à des politiciens hollandais, italiens
et japonais se sont par contre confirmés.
Le ministre de la Défense à l'apogée de sa carrière.
Il félicite Adenauer à l'occasion de son 85ème anniversaire.
La visite militaire se termine sur une sérénade
présentant pour la première fois la nouvelle marche du Starfighter.
"La Marche du Starfighter"
De nos jours, la "Marche du Starfighter" est rarement jouée.
Un film de la Bundeswehr célèbre en musique le Starfighter.
À ce jour, 200 Starfighter allemands se sont écrasés, tuant 96 pilotes.
Le turboréacteur assure
une poussée de plus de 7000 kgf, permet au Starfighter
d'atteindre une vitesse de pointe de 2200 à 2400 km/h
et porte les dix tonnes de l'appareil, même s'il est doté de petites ailes,
à une hauteur de près de 30 km.
Les forces de la nature se sont déchaînées sur la Côte Ouest des USA.
De la Colombie-Britannique à San Francisco, un ouragan a fait rage
avec des rafales allant jusqu'à 280 km/h.
Adenauer rend visite au président américain. Le chancelier allemand
s'est rendu à la Maison Blanche
pour parler avec Kennedy de la situation dans le monde et en Allemagne.
En survolant Cuba, des avions de reconnaissance ont bien failli faire
éclater une guerre mondiale. Des rampes de lancement soviétiques
sur l'île sucrière. À une centaine de kilomètres de la côte des USA.
Alors qu'une guerre nucléaire menaçait d'éclater, le ministre de la Défense
de la R.F.A. était en état d'ébriété.
Lors d'une soirée parlementaire chez le président, le 24 octobre
1962, il donna, enjoué, un avant-goût de
ce que son attaché de presse décrivit un jour comme une forme de causticité.
Selon Strauß, le vice-président du Parlement, Carlo Schmid, devrait être
en prison. Helmut Schmidt serait bon pour la réclusion, et le président
du groupe parlementaire du SPD au Bundestag, Jahn, devrait être pendu.
La chute
Deux jours plus tard, la police se rappliqua au "Spiegel".
Arrivée dans la nuit, elle occupa les lieux telle une base ennemie.
Elle soupçonnait une trahison. Trahison par falsification
et corruption active.
Elle fouilla la maison d'édition pour trouver des preuves : la rédaction,
les archives, les toilettes,
l'escalier de secours, la section juridique,
le laboratoire photo, la comptabilité et les bureaux des 209 employés.
Et elle y resta.
Sous la direction de Buback, procureur à la Cour fédérale de cassation,
Augstein, directeur de la publication, fut mis en prison pour 3 mois et demi.
Une demi-douzaine de rédacteurs du Spiegel le rejoignirent.
Les raisons de cette action policière contre le Spiegel :
la couverture du 10 octobre 1962 sur Fallex 62, l'exercice de l'OTAN.
Sous le titre, "Prêt à se défendre sous conditions", l'article du Spiegel
critiquait vivement la politique de défense nucléaire de Strauß.
Des experts du ministère de Strauß y découvrirent des secrets d'État.
Le Ministère public prit l'affaire en charge. Du moins de l'extérieur.
"Aucun ministre n'est impliqué. À l'exception de…
Mesdames et messieurs, et si nous nous respections…
Ce serait bien plus facile ainsi.
Aucun secrétaire d'État n'est impliqué dans la perquisition, la réquisition.
Messieurs, je ne puis constater qu'une chose.
Seul l'Office fédéral de la police criminelle était impliqué.
Et pour terminer, la phrase devenue célèbre :
Le pays est plongé dans un abîme de trahison.
Qui dit cela ? - C'est moi qui le dis !
Je le dis, oui.
Oui, mesdames et messieurs,
lorsqu'un journal,
qui paraît à 500 000
exemplaires,
afin de gagner systématiquement de l'argent, est coupable de trahison.
Pour l'opinion publique, Strauß voulait se venger du Spiegel.
Le Spiegel avait relaté "l'affaire de l'oncle Aloïs".
Ledit "oncle" de Marianne Strauß, Aloïs Brandenstein, s'était soudain,
du jour au lendemain pour ainsi dire, considérablement enrichi. Peu fortuné,
il avait emprunté de l'argent pour se payer un voyage décisif à Bonn.
Probablement grâce à ses contacts avec Mme Strauß,
il avait fait connaissance de Becker, général chargé des achats de l'armée.
En échange de fortes provisions, Aloïs négocia de gros contrats d'armement.
Selon son chauffeur (à droite), il était chargé de liasses de billets.
Bientôt, l'oncle put s'acheter une belle maison. En Suisse aussi,
il acquit une petite maison.
Soupçonné d'avoir profité de la fortune subite de l'oncle,
Strauß dut témoigner sous serment au cours de la procédure judiciaire.
Citation : "L'affirmation ou l'allusion m'accusant d'être corrompu, d'accepter
illégitimement de l'argent est fausse. Signé :
Franz Josef Strauß."
Le Spiegel avait mentionné l'affaire de la Fibag.
Un architecte raté nommé Lothar Schloß,
qui avait trempé dans des affaires infructueuses au Proche-Orient,
rencontra le courtier de change new-yorkais Brach.
Avec l'éditeur du journal "Passauer Neue Presse", Kapfinger, à droite,
il voulut bâtir des quartiers pompeux pour les troupes américaines.
Kapfinger apportait le savoir-faire nécessaire. C'était un bon ami de
Strauß. Avec la bénédiction du ministre,
ils fondèrent la Fibag, la Finanzbau AG.
Strauß les aida à obtenir le soutien du ministère de la Défense américain,
décisif pour la réalisation du projet. Il écrivit pour le chef de la Fibag,
Lothar Schloß,
une lettre de recommandation destinée aux Américains.
"À l'attention du responsable"
"Je salue la rédaction de ces documents
car ils servent un projet d'intérêt commun." Strauß.
La Fibag fit aussi l'objet d'une commission d'enquête.
Suite à la publication du Spiegel, le fabuleux projet tomba à l'eau.
Bien sûr, Strauß réfuta toutes les accusations
d'avoir illicitement soutenu ce projet de 300 millions.
Sa recommandation était chose courante. La commission d'enquête
du Parlement se composant d'habitude du président et de la majorité,
Strauß fut lavé de tout soupçon de corruption.
C'était juste avant le début de l'affaire du Spiegel.
Quels sont les échecs et les succès de votre politique ?
Je n'ai,
même en pesant le pour et le contre pour prendre une décision,
pas assez pris en considération
toute la situation, les circonstances faisant le pour et le contre.
Vous songez là à l'affaire du Spiegel. - Je songe aussi à cette affaire mais
je dois ajouter une chose. Il y a deux affaires liées au Spiegel.
La première est celle qui a été présentée au public.
L'autre, c'est celle qui s'est réellement passée.
Batailles autour du Spiegel
Et les actualités de la semaine ont présenté cette affaire ainsi :
Les jours pendant lesquels la peur d'un État radical de droite
et la peur d'un État radical de gauche ont été suggérées, les avis
se sont partagés. L'un des communiqués les plus mémorables
fut une résolution du groupe 47, annonçant en des tournures littéraires
des sottises politiques.
Selon elle, la révélation de secrets militaires était un devoir moral.
Un meeting tenu à l'université de Hambourg a failli mal tourner.
Cette table ronde a échappé au chaos grâce à l'intervention de la police.
Les erreurs commises portèrent atteinte au crédit des participants.
On a confondu démocratie et tumulte, Spiegel et liberté, université
et gymnase de luxe. Parmi ceux qui s'évertuaient à préserver le calme,
le "chauffeur" de la salle, éméché, montrait un grand engagement.
Je vous en prie, chers Hambourgeois et visiteurs.
S'il vous plaît !
Du calme, du calme !
Au-delà de tous les débats politiques, le reproche de trahison demeure.
Il reviendra à la justice de décider s'il est fondé en droit.
On arrêta sans trompettes la procédure pour trahison contre le Spiegel.
Le thème principal des discussions politiques fut la manière
dont on avait procédé contre le Spiegel.
Même le ministre de l'Intérieur, H. Schmidt, douta de la légalité
de la procédure. Dans un passage des actualités
jamais diffusé se trouvait ce commentaire :
Ce n'est pas à moi de juger si des agissements
d'organes étatiques extérieurs,
agissements pratiqués ici à Hambourg, sont de droit ou pas.
J'ai mon avis là-dessus.
Vous comprendrez que, devant m'assurer que la police de Hambourg remplisse
son devoir d'entraide administrative, je ne désire pas m'exprimer là-dessus.
L'abîme de trahison se révéla être
un abîme de violation du droit. Le ministre de la Justice fut ainsi
doublé nonobstant la loi et le droit. Son secrétaire d'État affilié à la CDU
avait comploté à son insu avec le ministère de la Défense.
De ces faits, il ressort clairement que le ministre de la Justice,
responsable du respect des principes de droit,
n'a pas été informé à temps. Les secrétaires d'État engagés
dans cette affaire assument la pleine responsabilité de leurs actes.
Ils ont demandé aujourd'hui à être dégagés de leurs obligations
ou suspendus de leurs fonctions, et cette demande sera satisfaite.
C'est dans des circonstances étranges que le rédacteur du Spiegel,
C. Ahlers, fut arrêté en Espagne.
L'attaché militaire de l'ambassade d'Allemagne à Madrid, Oster,
un vieux pote de Strauß, avait, sur ordre téléphonique de Bonn,
ordonné l'arrestation d'Ahlers par la police espagnole.
Si la chose s'est déroulée conformément à la pratique habituelle
ou d'une manière particulière.
Il n'y a rien eu de particulier. Il s'agit du reproche,
du soupçon le plus sérieux de trahison dans l'histoire de l'après-guerre.
Le Ministère public fédéral tenait donc à la plus grande discrétion.
Elle a été respectée au maximum, même par le ministère de l'Intérieur.
Qui a, sur ordre de qui,
avec quelle responsabilité de service, sur quel fondement juridique,
de quelle manière, pour la 1ère fois et ainsi de façon décisive, sollicité
des autorités espagnoles l'arrestation du citoyen allemand Ahlers ?
Je répète ce que j'ai dit hier, que M. Dickopf,
comme cela a été affirmé par le côté espagnol,
n'a ni téléphoné à 2 heures du matin comme le premier rapport l'indiquait,
ni donné un tel ordre, et que M. Sebecke ne l'a pas fait non plus.
Un fonctionnaire reste à questionner. Il est en service à l'étranger.
On a essayé de le rappeler, mais je n'ai pas encore pu le questionner.
C'est donc possible,
d'après mes suppositions, je ne puis encore l'affirmer, mais je m'applique
à vous fournir exactement l'information souhaitée.
Tandis que le ministre de l'Intérieur nageait dans le brouillard,
quelqu'un savait exactement
qui avait incité Oster à faire arrêter Ahlers en violant les lois.
C'était Strauß. Il avait lui-même pris son téléphone au milieu de la nuit.
Strauß resta muet, laissant Adenauer lui-même lutter sur le mauvais front.
Messieurs, si un fonctionnaire
a commis une erreur quelque part,
nous vérifierons cela avec précaution,
nous corrigerons cela.
Mais messieurs,
ne laissons pas, je répète ma requête,
dans le cas de l'arrestation de ces hommes
qui, selon la Cour fédérale,
sont,
d'après le dossier établi, réellement suspectés d'un crime.
Cette question, cette erreur,
cette erreur de procédure,
mesdames et messieurs, ne la laissons pas faire surface.
Nous faisons du tort à l'image de l'Allemagne dans le monde entier.
Strauß dut s'expliquer et eut recours au mensonge pour se tirer d'affaire.
Qui a enjoint M. Oster d'ordonner l'arrestation de M. Ahlers ?
Dans la question, il y a une affirmation inappropriée ici.
Quelqu'un a bien dû l'enjoindre !
Une autorité allemande ne peut être à l'origine de cet ordre
puisque de telles dispositions sont prises par l'autorité nationale
du pays en question, en accord avec son droit national.
Le 3ème jour du débat sur le "Spiegel" au Parlement, Strauß admit enfin
avoir appelé lui-même l'attaché militaire Oster à Madrid.
Il dit qu'on lui avait passé Oster au téléphone. C'était un mensonge.
En fait, il avait lui-même appelé Oster.
Seule la télévision allemande dispose d'un enregistrement de ce mensonge.
La télévision de droit public refusa de le livrer pour ce film.
La lumière se fit plus tard sur Strauß et sa tromperie au sujet d'Ahlers.
Il aurait agi au nom du chancelier et du ministre des Affaires étrangères.
L'affaire serait liée à la crise cubaine et Augstein, curieusement,
aurait déjà fui vers Cuba. Rien de tout cela n'était vrai.
M. Erler, lors d'une conférence de presse :
Il s'agit bien plus ici d'une action décidée
de son propre chef par le ministère de la Défense,
d'une arrestation à l'étranger sans fondement juridique irréfutable.
Je dirais presque qu'avec l'abus subi par les autorités espagnoles,
et avec la déclaration volontaire fournie pour l'arrestation provisoire,
en vérité, c'est d'un enlèvement dont il est question.
L'affaire du Spiegel était soudain devenue l'affaire Strauß.
Le FDP retira ses ministres de la coalition avec le CDU-CSU.
Et Adenauer perdit la majorité.
On manifesta contre Strauß et contre les mesures prises envers le Spiegel.
Sous la pression de l'opinion publique, le FDP resta ferme.
Le résultat : un nouveau gouvernement CDU-FDP, mais sans Strauß.
Le parquet qui instruisit contre Strauß, soupçonné de séquestration,
constata que Strauß avait agi objectivement de façon illégale.
Strauß, que certains avaient déjà vu comme le successeur d'Adenauer,
prit congé entouré de tous les honneurs militaires.
Semblant être politiquement mort, Strauß se retira en Bavière.
Dans la vie,
dans la vie, ce n'est pas à tous les coups, on gagne.
On est certains,
mais ce sont les autres qui tiennent les rênes de notre destin.
Dans la vie, dans la vie,
ce n'est pas toujours le calme plat,
et c'est pourquoi dans la vie, l'homme
a besoin d'un peu de chance.
18 ans plus tard…
Hop, hop, hop, Franz Josef, stop !
Tout frais d'Alaska.
Hanovre, novembre 1979
Le candidat en visite à la Chancellerie de Basse-Saxe.
Albrecht, jeune et brillant président du Conseil dut céder le pas à Strauß,
plus âgé, pour la candidature. Depuis, on les dit secrètement rivaux.
Non, j'aime bien travailler ici. - C'est un travail agréable aussi.
Et le samedi, quand on a une heure… Personne n'est là pour déranger.
Plus de téléphone qui sonne, etc. Mais je ne suis plus là où on était avant.
Oui, j'y ai songé. C'était si étroit. - Je suis dans la pièce voisine.
Elle est bien de l'extérieur… - La pièce voisine. Pourquoi Goppel
a-t-il quitté la grande pièce pour la laisser au chef de section ?
Et puis cette antichambre, quel calvaire pour les deux dames.
Sans parler de ces corbeilles à linge remplies de livres à dédicacer…
Une vraie charrette de vivandière ! - Vous avez la pièce du chef ?
Là où s'était tenue la conférence de presse ? - Oui, là.
Mais contre l'opposition constante et ferme de la bureaucratie.
Du thé ? Du café ? - Il reste du café ? - Du café, volontiers. - Oui, du café.
Où en étions-nous, alors ?
La Bavière et la Basse-Saxe formaient une dynastie sous les Guelfes.
Il y a quelques jours aussi, lors de la conférence…
Quel est votre sentiment à ce sujet ? - Je trouve que c'est bien.
Les deux grands Länder de l'Allemagne.
Quels sont vos points communs ?
L'obstination, l'attachement à la patrie,
la fermeté dans les principes, l'amour de la nature. - Des idées nationales.
Et d'autres choses. - La diversité. - Le conservatisme libéral. - Oui.
Et les Turcs ne sont pas persécutés. - C'est exact.
Même les stations de radiodiffusion publiques ne sont pas persécutées.
Ils veulent des présidents de Conseil qui se serrent la main, trinquent.
Ou qui embrassent des enfants. - Oui, ou qui enlacent des vaches.
Oui, c'est encore mieux.
Et l'histoire de la rivalité, c'était plus imaginaire que réel.
Oui, vous permettez ?
Et vous savez ce que j'entends par imaginaire ?
Notre monde. - Non, ou plutôt oui et non.
C'est le monde des relations publiques.
J'ai eu droit à un sondage fait par un grand journal. Lequel, je l'ignore.
"Quel sera votre repas de Noël ?" Je demande : les autres ont répondu ?
"Oui, Schmidt par exemple : saucisses et salade de pommes de terre."
Avec du Coca-Cola. - Ce n'est bien sûr pas la vérité.
Mais il ne s'agit pas de dire au public ce que l'on mange vraiment.
Il s'agit de créer aux yeux du public l'illusion que voilà,
on est tous pareils, ou bien que lui, je n'ai pas à l'envier.
Cette modestie est populaire.
Celui qui s'offre un homard à Noël, et c'est possible avec un revenu moyen,
il n'a pas le droit de le dire.
Il lui faut un prête-nom pour sa BMW. Il a alors une Volkswagen d'occasion.
Et il doit dire au public : "Oui, j'ai une voiture d'occasion."
Et tout est réglé. C'est ça, l'imaginaire.
Oui, chez nous, on mange la dinde.
La marche du président
Entre Noël et le Jour de l'An
Le président parcourt l'Allemagne en marchant.
En ce moment, du côté du canal latéral à l'Elbe. Pluie et rafales de vent.
L'homme au sac à dos rouge, c'est notre président.
Là, il fait signe.
Bien, c'est ici que nous en sommes, alors.
Et vous avez bien filmé le tout. Plaçons-nous ici un instant.
Merci. Désolé que vous soyez trempés, mais on a connu pire.
Ça s'est un peu amélioré.
La pluie a cessé un peu, non ? - Oui.
Ou y sommes-nous déjà si habitués que nous ne la remarquons plus ?
Je dirais que la pluie s'est calmée, messieurs.
Bonjour, M. le Président. Je voulais juste dire une chose. J'habite ici.
Il y a deux ou trois ans, on avait un beau sentier de sable ici.
C'est du bitume maintenant, comme vous le voyez.
Vous auriez pu marcher ici aussi. Il y avait une levée de terre, là.
Ça a été nivelé. Vous voyez… - Et maintenant, on a le bruit. - Oui.
Quelle est cette route sur laquelle nous marchons ?
Elle longe la voie ferrée. - Cette route ne mène nulle part ?
Non, elle est à sens unique. - Vous faites des jaloux. - Non !
Cela pourrait être bien pire… - Avec le sentier de sable, le risque
que des enfants se fassent renverser était nul.
Pensez à ceux qui vivent dans une grande ville.
Non, ce n'est pas bien. - Il faut voir ça dans une plus grande dimension.
Oui, oui. - C'est une belle route. - C'est très bien que vous veniez
vous promener dans le Lunebourg, mais justement aujourd'hui,
dans le journal régional, on acclame les constructeurs de routes.
Et je vois bien… Regardez, je vais vous montrer, vous comprendrez.
Je vais vous dire une chose. Que quelqu'un se mette devant.
Je vais vous le montrer. - Pas de publicité aux dépens de…
Je ne viens pour personne… C'est tout à fait privé.
Je profite de votre présence pour vous dire une chose. Voyez.
"La B 209, la joie des conducteurs !"
On a éliminé quelques virages, la route a été rectifiée.
Ce projet a coûté trois millions de marks.
Écoutez, envoyez le tout à Bonn. Je vous envie cette belle route.
Et des millions d'Allemands aussi. Ils en rêvent, d'une si belle route.
Des gens se sont battus là-bas pour des sentiers de sable.
Ah, mes amis ! Tout ça pour ce petit bout d'asphalte.
Entre 1962 et 1980
Après une chute vertigineuse, comme celle causée par la crise du Spiegel,
tout homme serait politiquement mort.
Ça tourne ?
Sauf si sa base politique est en Bavière.
Vous retirerez les mauvaises images ? - Bien sûr.
Tu as donc… Il faut que ce soit une décision de groupe.
Nous déciderons ici.
Tu peux t'y consacrer pendant longtemps…
Le futur candidat est encore chef du parti de la CSU,
et dirige à Bonn le groupe CSU du Land.
… si nous nous mettons d'accord ici, si nous discutons pendant une heure,
si nous pesons le pour et le contre de ces deux solutions.
Et si nous parvenons à nous entendre sur une proposition,
au lieu d'un "ou bien", en rester à un "et"…
Et en rester à l'ancien document.
Bien, le quorum est ainsi atteint. Et 26 nous ont quittés.
Eh bien, je trouve cela impossible ! Impossible
qu'un membre du groupe du Land,
qui a de plus souhaité et soutenu cette décision,
nous a autorisés à dire à l'extérieur
que le groupe allait voter pour cette proposition à l'unanimité,
dise tout le contraire au comité. - Non, pas tout le contraire.
Tu appuyais le… - J'ai présenté l'alternative.
Tu appuyais le projet du gouvernement.
J'ai présenté l'alternative.
Il habite ici. Près de l'une des plus belles églises de Bavière,
dans un ancien monastère bénédictin. Derrière la maison,
sous les fenêtres du bureau, se trouve le cimetière du village.
Les réserves des forces…
Les années après 1962,
jusqu'à ce que le SPD réhabilite le ministre déchu en 1969,
sont consacrées aux études.
Les lectures préférées de Strauß : Hérodote
lu en grec ancien, Egon Friedell et Wilhelm Raabe.
Le dada de Strauß : les voitures, belles et rapides.
Mot-clé : années 50.
En 1952, un groupe de mode se rendit dans une usine de machines à tricoter.
Une agence envoya 4 mannequins sur les lieux de l'usine,
sur le podium le moins pratique au monde.
Les ouvriers voient ce qu'ils ont produit.
Nous avons épuisé nos forces pendant la Seconde Guerre mondiale.
Pleins d'enthousiasme, nous avons ensuite reconstruit le pays.
Comme on n'apprend pas juste pour l'école mais pour la vie, M. Schmidt
a décidé que le b.a.-ba des bonnes manières à table
serait enseigné à l'école.
On le dit être des années 50.
L'an 2000 occupe ses pensées.
La politique du 20ème siècle. Elle est faite de déchirements.
Sa décision de vote pour l'année 1980, Fred Tacke l'a prise
trois secondes avant son accident de voiture fatal.
Je ne conduirai plus jamais de voiture.
"7 minutes de 16 années,
qui ont toutes été des minutes."
Et la semaine prochaine ?
Lundi après-midi, tu es de nouveau là-haut.
L'entretien est annulé. Lundi soir, groupe du Land. - Hélas, oui.
Mardi et mercredi ? - Comme d'habitude. - Comme d'habitude.
Et tu reviens vendredi à la maison. - Oui.
Et dimanche, c'est reparti. - Lundi.
Tu as presque toute la correspondance. - J'ai une lettre ici.
Si l'un des participants a déjà terminé…
Avec ce monsieur-là… Ça devrait démarrer petit à petit.
Surtout parce que quelques personnes deviennent trop présomptueuses.
Elles comptent sur les autres, mais ça ne sert à rien.
Dans le fond, ce ne sont que des sottises.
L'interlocuteur a-t-il donné des noms ?
Non, aucun. À part les habituels du cercle d'études.
Je l'avais bien dit. En fait, tout va très bien là-haut.
Ne l'oublie pas… Rien qu'avec
cette information, tu as vu toute sa confusion.
Bien sûr, oui. - … présidents célèbres.
Oui, bien sûr. Refais-le. Bien entendu.
Je veux d'abord
profiter du temps qu'il reste pour dicter mon article.
Soigner la langue, mélodie de fond.
Mesdames et messieurs, cela ne dépend pas seulement du terme utilisé,
même si, dans la bataille des mots, dans la bataille de la langue,
nous ne devons pas nous laisser évincer par les socialistes.
Le revers des années 70,
de 1969, est dû au fait que les autres se sont emparés de la langue.
Utilisant la langue comme une arme,
emplissant les termes d'un autre contenu,
ils s'en sont servi comme projectiles contre nous, non sans succès.
La bataille de la langue est décisive pour s'affirmer intellectuellement.
Dites aux gens que cette fois-ci, notre destin est joué aux dés.
Dites-leur que plus personne ne peut
se dérober au déferlement de la vague politique.
Il n'y a plus de coin ensoleillé.
Dites-le aux endormis, aux blasés, aux mollassons de ce pays.
Cette maison,
il faut maintenant la protéger
durablement de la tempête et de l'incendie.
Je vous souhaite donc bonne chance ! Dieu te protège, Bavière.
Unité, droit et liberté pour toute l'Allemagne.
De l'aile gauche d'une minorité d'étudiants, d'enseignants,
de pédagogues, de professeurs, d'assistants,
de psychologues, de politologues, de sociologues, ça vient de là.
Ce ne sont pas des travailleurs, ils ne savent pas ce qu'est une pelle.
Qui définit aujourd'hui le profil des jeunes socialistes ?
Des étudiants cinglés, des universitaires dérangés,
des pédagogues débridés…
Liedl, ladl, ludl
encore plus de geludl… Tête de Prussien…
D'un grand intérêt pour tralalala,
Ping pang de bla bla bla…
Et maintenant mes chers amis, dodel, didel,
je voudrais… dodel deddel… au sujet de pling plong
de Gefarzel Barzel.
Je voudrais surtout exprimer bien clairement
la présence chez nous d'une ledel di yodel di ladel,
afta lapoufta.
Essen, automne 1979
J'espère que certains d'entre vous, en prenant de l'âge,
verront la réalité en face, que vous comprendrez votre bêtise,
et que vous verrez que nous combattons aussi pour la liberté,
comme l'ont fait nos pères avant 1933.
Vous auriez été les meilleurs élèves de Göbbels.
Vous auriez été les meilleurs partisans de Himmler.
Vous êtes les meilleurs nazis de tous les temps.
Strauß n'est pas national-socialiste.
Par rapport au national-socialisme, Strauß est à droite.
Il parle de là où il est le plus éloigné de Branau, du Chili.
Assurez-vous de préserver la liberté
dans votre pays,
peu importe d'où vient la menace.
Faites en sorte que la discipline, l'assiduité, l'effort,
le dévouement et le sens civique
fassent du Chili un pays florissant où chaque citoyen déclarera fièrement :
"Je suis un Chilien libre."
Un conte du pays alpin, une sorte de rêve.
Dans une vallée transversale des Alpes,
un ancien établissement thermal, à l'abri des regards indiscrets.
C'est ici que rêve le candidat.
Un rêve intitulé "stratégie", censé mener à Bonn.
Je suis très heureux de pouvoir, retiré ici à Kreuth,
parler en détail et ouvertement des choses,
des contenus, du style, de la stratégie de la campagne électorale,
c'est bien pour la campagne électorale que nous voulons mener
et dont nous nous promettons
qu'elle mènera en automne à la dissolution du gouvernement.
Discours face à des membres du parti
en 1976 après la défaite aux élections
et la décision de scission de Kreuth
Je vais dire une chose sérieusement :
a) je ne veux pas être et ne serai jamais chancelier.
b) Je pense qu'Helmut Kohl,
dont j'ai, même si je connaissais
son incapacité,
soutenu la candidature à la Chancellerie par souci de paix,
ne deviendra jamais chancelier. Il est absolument incapable.
Il n'a pas les qualités requises.
Tout lui manque pour la chancellerie. Mais on peut accepter n'importe qui.
Qui s'est déjà offusqué,
parmi les membres de l'Union de la Jeunesse ou de la CSU,
du fait que les débats sur le meilleur candidat à la Chancellerie, pas moi,
je songe plutôt à Carstens,
pas forcément à St Oltenberg,
que chaque discussion a été étouffée
par la course en solitaire de M. Biedenkopf
qui, pour faire de Köppler le président du conseil,
ce qui revient à faire du premier Acolyte de la cathédrale de Munich
un archevêque,
a déclaré : Helmut Kohl est notre candidat à la Chancellerie.
Je ne comprends pas :
pourquoi… ne me prenez pas pour un mégalomane, je vous explique :
les pygmées politiques de la CDU,
qui ne se battent que pour leur circonscription,
ces nains en miniature,
ces politiciens au format de livre de poche,
pourquoi ils s'indignent
d'une position du groupe du Land… Si une armée ne comprend plus
que si elle a attaqué par trois fois le mauvais front,
elle doit enfin attaquer ailleurs.
Je ne puis que vous avertir : oubliez le congrès exceptionnel du parti.
Oubliez tous ces va-et-vient.
Une fois ce congrès de discussions et de controverses fini,
j'annoncerai au nord de la République la création d'un parti libéral.
Oubliez-moi alors comme chef du Land.
On ne peut plus faire marche arrière. Il faut se soumettre.
Vous le pouvez, il vous faut juste trouver un lâche, un poltron,
un caractère flexible, pas moi. Ça ne marche pas avec moi.
J'ai mené ce parti pendant 15 ans d'un succès à l'autre,
et s'il ne veut plus me suivre, je m'adresserai à ses partisans.
Et les lettres de non-adhérents que je reçois,
de Bavière ou pas,
par corbeilles,
montrent peut-être qu'une fois
sorti des marécages, de l'adiposité,
face aux carriéristes et aux baratineurs d'arrière-cours,
une autre génération monte. Et Dieu sait qu'ici on porte
le monde sur nos épaules comme Hercule, mais quiconque s'en détourne
doit alors discuter infiniment.
D'où ma tentative de fuir cette idéologie de pygmées,
cette mentalité de nains.
Malgré ces insultes,
les camarades du parti choisiront Strauß comme candidat.
L'exercice des fonctions.
Le Chancelier est responsable de 8 % des questions sociales en R.F.A.
Vie, propriété privée et compétence des Länder font les 92 % restants,
c'est-à-dire environ 0,00013 % des questions mondiales,
et dans 1000 ans, cela fera 1 %.
J'essaie de m'imaginer si ça me plairait de devenir chancelier.
M. Zimmermann est déjà là ? - M. Zimmermann est déjà là, oui.
Arrivée à la Chancellerie : enfin.
Laissez passer le maître de maison.
La pièce présente des défauts.
Il s'agit de la sécurité de la maison.
Les habitants, prudents, font bien attention à qui ils laissent entrer.
Le loup vit des mauvais jours. Il ne ressemble pas à la maman chèvre.
Pas un politicien au monde ne ressemble à la mère de ces chevreaux.
Le loup se rend chez le meunier : "Verse de la farine sur ma patte."
Le meunier pense que le loup veut duper quelqu'un et refuse.
Mais le loup le menace. Alors le meunier doit obéir.
Mais comment les chevreaux ont-ils pu confondre la patte enduite de farine
avec la main de leur chère maman ?
Dans un conte, on peut délivrer les chevreaux du ventre du loup.
Ils chantent : "Le loup est mort."
Cela va jusqu'en 1949, et puis l'histoire recommence.
On peut être sûr que les contes fonctionnent selon nos désirs.
En dirigeant ce parti, j'ai assuré pendant 15 ans sa majorité absolue.
Je dois donc pouvoir m'attendre à ce qu'il m'écoute,
à pouvoir dire ce que j'ai le droit de dire, sans faire de tort.
À taire ce que je n'ai pas le droit de dire parce que ce serait destructeur.
Si je disais tout ce que je savais,
le CDU/CSU pourrait faire ses valises, plus besoin, ces 10 prochaines années,
de se présenter à des élections.
"Obtenir une place au soleil,
ce n'est pas facile,
une fois qu'on l'a, le soleil se couche."
… je suis prêt à m'arrêter.
… je suis prêt à ça…
Un homme veut aller à pied en Allemagne.
"Où voulez-vous aller ?" "En Allemagne."
"Mais ça n'existe plus." On est en 1945.
Nous, les Allemands, peuple de 2000 ans,
établi dans ce beau pays depuis la migration des peuples,
nous nous étions souvent imaginé notre histoire différemment.
Mais il n'y avait jamais d'autres alternatives.
C'est de notre vie qu'il s'agit.
Nous avons reconstruit le pays, pour éviter que l'histoire se répète.
Sans patrie,
le SPD se bat pour vos droits.
Nous avons ensuite refondé la Bourse.
La Bourse de Francfort, la plus ancienne d'Allemagne,
a été rouverte en présence de représentants du gouvernement militaire.
Les bombes ont épargné une des salles.
Trois fois par semaine, les agents de change y noteront les cours,
relançant ainsi la tradition boursière de Francfort.
Je n'ai rien à dissimuler,
je n'ai rien ni de secret ni de profond.
Je n'ai pas de passé à cacher
ou à expliquer. Avec moi, chacun sait à qui il a affaire.
À Munich, une agence de publicité travaille sur l'image du candidat.
AVEC OPTIMISME CONTRE LE SOCIALISME C'est un pressentiment
de ce qui va se passer en automne. - Au premier tour de scrutin sûrement.
Désormais, ce n'est plus la liberté mais l'optimisme contre le socialisme.
Convient-il juste pour les élections ou aussi à la chancellerie ?
Il convient aussi à la chancellerie. - En vertu de sa force politique.
Et surtout en vertu de ses connaissances
historiques
et de sa capacité à travailler en anticipant.
C'est vraiment fascinant chez lui. Strauß n'a pas une vision étroite.
Candidus : d'une blancheur éclatante.
Candidatus : enveloppé dans un habit blanc, virginal et immaculé,
se présentant aux élections sans un soupçon de corruption, donc éligible.
Pubère, correct, sans argent.
C'est ainsi que le Romain se présente aux élections en 80 av. J.-C.
Un candidat d'une blancheur éclatante.
L'attentat dont a été victime à Berlin R. Dutschke, chef de file de la SDS,
a soulevé une vague de protestations violentes de milliers d'étudiants.
Ces actes étaient avant tout dirigés contre le groupe de presse Springer,
accusé de monopole d'opinion et dont l'expropriation est réclamée.
L'agitation au sein de la jeunesse ne peut plus être ignorée.
Face aux événements survenus en R.F.A.
ainsi qu'à l'étranger, la génération en cause doit prendre position.
Les deux parties devront faire preuve de pondération et de compréhension
afin de refermer la fissure qui divise notre nation.
Ce qui n'a pas été réglé en 1945, ou qui a été révoqué en 1949,
éclate en 1968.
Cela se répétera tant que ce ne sera pas réglé.
Va, Rudi,
allez, tous en paix.
La terre à la terre,
la poussière à la poussière,
les cendres aux cendres.
Au jour de la résurrection.
Jésus-Christ,
il dit :
Je suis la résurrection et la vie.
Le corps est semé corruptible,
il ressuscitera incorruptible.
Il est semé méprisable
et ressuscitera glorieux.
Qu'il se tourne vers toi et te soit gracieux.
Que le Seigneur se tourne vers toi,
et t'accorde la paix.
Amen.
Te laisse pas envahir par l'amertume, en ces temps difficiles.
Les dirigeants tremblent,
Tu es derrière les barreaux, Mais pas face à ta souffrance,
Pas face à ta souffrance.
Te laisse pas user, Use de ton temps.
Tu ne peux pas te terrer,
Tu as besoin de nous, Comme nous avons besoin de ta gaieté,
De ta gaieté.
Nous ne voulons pas le taire, En ces temps silencieux.
La verdure jaillit des rameaux,
Nous voulons la montrer à tous, Pour qu'ils le sachent.
Pour qu'ils le sachent.
L'autre État allemand va aussi fêter ses trente ans. Anniversaire pompeux.
Au même moment en R.D.A.
débute le retrait soviétique de 1000 tanks et de 20 000 soldats.
À la fin de l'année, la promesse d'une visite mutuelle entre
le Chancelier Schmidt et Honecker reste une résolution réconfortante.
La flotte d'intervention pour l'Europe a quitté les ports des États-Unis.
Elle est en route sur l'Atlantique.
Salle de l'OTAN en R.F.A. Lieu de consultation en cas grave.
Pendant la bataille de Jena et d'Auerstedt en 1806,
on pouvait déjeuner en paix à 3 kilomètres du champ de bataille.
Le retrait des troupes avait été annoncé par le chef d'État soviétique,
Brejnev, lors de sa visite en R.D.A. début octobre
afin d'améliorer le climat des discussions sur le désarmement.
La résolution de l'OTAN de ne négocier qu'après le déploiement de son arsenal
fut qualifiée de fatale par les pays socialistes.
Saint-Sylvestre 1979. Trois heures du matin.
Le candidat pense en siècles.
Beaucoup de gens pensent à Noël.
L'histoire de nos demeures remonte à deux mille ans ou plus.
Elles sont réduites en miettes en deux nuits.
Attention aux bavures.
Vaporisez du fixateur, et c'est bon.
Signé ? - Oui.
J'aurais encore besoin de deux…
Bonne chance ! Continuez comme avant !
Continuez, vraiment !
Sous-titres Sylvie Pellequier
Film und Video Untertitelung Gerhard Lehmann AG
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