Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Croatian
Czech
Danish
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
PREMIER REGARD
Pourquoi je fais ça?
Tu es crevée et on va sortir ta carcasse surmenée
sur un brancard si tu ne te reposes pas.
Duncan gérera tes dossiers.
Tu te moques de moi?
C'est ton associé.
Et il s'inquiète autant que moi à ton sujet.
File. C'est les vacances. Tu es en retard.
Pas question de les reporter.
C'est bon. Je ne les reporterai pas.
Mais j'emporte ces plans. Ils ne sont pas au point.
Comment es-tu sûre des vertus de la cure?
Merci, ça ira.
Fais de la gym.
Je n'appelle pas ça se reposer.
Tu sais oû tu vas?
Oui. J'ai un bon sens de l'orientation.
Je suis perdue. Excuse-moi.
Je ne suis pas sur la 128, mais dans une forêt.
Et je n'aime pas ça.
Un instant.
Attends. J'ai la carte.
C'est drôle mais... il n'y a pas de Bear Mountain.
Il n'y a aucun panneau.
Je l'ai cherché.
Attends, j'ai trouvé le panneau.
A la semaine prochaine.
Votre chambre est dans l'aile Timber,
en sortant sur la gauche.
Dans l'aile principale, on a une salle de musculation
avec jacuzzi, yoga, aérobic, vélos d'échauffement...
Je penchais pour une formule genre baguette magique,
oû on reste allongé...
Un massage?
Une séance par jour et pas trop tôt.
Dix heures?
Onze heures?
Plus fort...
Non, n'arrête pas. Encore un peu...
Allons, c'est l'heure.
Tu dois venir vivre avec moi.
Et que dirait ton mari?
Au revoir.
Ca y est. Je demande le divorce.
Amy, vous êtes là?
Entrez.
Bonjour. Virgil.
Déshabillez-vous et montez sur la table. Je suis à vous.
Vous avez l'air super doué.
Oui, Einstein, Gandhi.
Virgil Adamson, masseur thérapeute.
Vous me voulez à la coque ou au plat?
Sur le ventre, je pense.
Je commence par...
quelque chose en profondeur.
Et...
dites-moi si vous voulez plus profond.
Plus profond, ça me va. D'oû je viens, tout est superficiel.
Une New-Yorkaise.
Comment vous avez deviné?
Tout est là dans les épaules.
Là, c'est le coup de klaxon du taxi que vous avez loupé.
Là, c'est le grondement du métro.
Ici, le crissement des roues parce que vous êtes en retard.
D'oû toute cette tension.
Vous allez souvent en ville?
Vous voulez une discussion ou un massage?
Je me tais.
C'est trop profond?
C'est bien.
C'est trop profond.
On va en rester là.
Tenez.
Je ne sais pas pourquoi je pleure.
J'ai dû accumuler trop de choses. Pardon.
Bien sûr.
Je vous laisse. A moins que vous vouliez que je reste.
Restez, vous voulez bien?
Bien sûr.
Vous faites toujours pleurer les filles?
Toujours.
Détendez-vous.
- Hé, Virgil! - Salut, Caroline.
- Tu as l'air en forme. - Merci du compliment.
A demain.
Amy.
Amy Benic.
Je ne vous avais pas reconnue habillée.
Comme vous dormiez,
j'ai préféré vous laisser.
Merci.
Le hockeyeur, c'était vous!
Je vous ai vu hier soir en arrivant.
Ah oui?
Vous vous défendez bien. Vous êtes dans une équipe?
Vous aimez le hockey?
Je ne m'y connais pas vraiment mais ça a l'air super.
Petite, je patinais. Mais j'étais godiche.
Voici mon car.
Je tiens à m'excuser pour avoir craqué sur votre table.
J'étais dans un état bizarre.
Et maintenant?
Ca va. Merci pour ce que vous avez fait.
Pour vous avoir fait pleurer?
Je me suis fait pleurer.
Vous avez été très gentil. Merci.
On va partir.
Je vous laisse. A demain. Pour un autre massage.
- A demain. - Ravie de vous connaître.
Au revoir.
Mon Dieu!
Quoi?
Excusez-moi. Je n'avais pas compris.
Vous vous êtes déjà excusée.
Inutile d'en rajouter.
A demain.
Descends du lit.
Et voilà. Viens, mon chien.
C'est pas un chien d'aveugle. C'est un chien qui veut glander.
Viens ici.
Il y a un match.
Viens.
J'ai rencontré une fille.
Elle a une voix superbe.
Douce comme du miel.
Et un parfum...
de cannelle et de muscade.
Ca ressemble plus à une recette de gâteau qu'à une fille.
Tu es là.
Je ne t'ai pas entendue.
Ca va, les gosses?
Ils ont besoin qu'on s'occupe d'eux.
C'est qui, cette fille?
Elle fait une cure. Une cliente.
Envolée dans une semaine.
Si tu as envie de gâteau, saupoudrons Jessie de cannelle.
Trop rassis pour moi.
Jessie ou la fille?
Tu es jalouse d'un gâteau?
Un soda?
Non, merci.
Ton déjeuner est prêt. Le poulet est à 3 h.
Le riz à 6 h, les haricots verts à 9 h et les infos à 1 1 h.
Un jour, j'intervertirai tout.
Et un jour, je jouerai dans l'équipe des New York Rangers.
- Il faut renouveler tes blagues. - Ou changer de soeur.
Je reverrais plutôt mes blagues, à ta place.
Tu restes voir le match?
Tu veux corriger des copies? Je suis à côté, en cas de besoin.
Merci beaucoup.
Donc, cette fille...
je lui ai parlé longtemps à l'arrêt du car.
Elle croyait que je voyais.
J'adore les gâteaux.
J'arrive. Un instant.
- Bonjour. - Oh, mon Dieu! Bonjour.
A mon tour de m'excuser.
J'aurais dû dire que j'étais aveugle.
On est quittes. Nos excuses s'annulent.
Entrez. Pardon, je sors de la douche. Je dois me changer.
Je ne regarderai pas.
J'ai fait tomber quelques trucs. Asseyez-vous
sur le lit. Je me change et j'arrive.
Très bien.
C'était inutile de faire tout ce chemin pour vous excuser.
Je passais par là.
Vous passiez par là?
Bon, j'avoue.
Je regardais un match avec mon chien et...
je vous décrivais.
Quoi?
Je disais à mon chien
que vous sentiez bon. Ma soeur a cru que je parlais de gâteau.
Je vous ai imaginée ici
devant votre lait de soja et un yaourt triste et...
peut-être voudriez-vous faire un tour?
Pour voir ce qu'on voit.
Voir ce qu'on voit?
- Façon de parler. - C'est-à-dire...
- Ià, tout de suite? - Super.
Je suis aveugle, vous êtes sourde.
Les 2 font la paire.
52 réverbères. Pine Crest.
En haut sur votre gauche, l'école de Jennie, ma soeur.
Elle est géniale avec les gosses.
Vous voyez ce type en face?
Devant l'entrée du magasin.
- Il clope comme un fou. - Oh, mon Dieu, oui.
C'est mon ami, Bruce. On regarde des matchs ensemble.
Voilà Nancy qui arrive.
La bibliothécaire. Elle me trouve tout en Braille.
J'ai fait entrer ton livre.
Tu n'as pas fait réparer ton tacot?
Comment tu me reconnaîtrais, alors?
Eclate-toi.
Attention, il est très manuel.
Sois sage.
Quel joli coin. Les dames semblent vous adorer.
J'ai débarqué ici à huit ans.
On pensait que ce serait un bon cadre.
Ca fait un peu retraité, mais tout baigne.
Sans indiscrétion, depuis quand vous êtes aveugle?
Ce n'est pas indiscret.
Ca a commencé quand j'avais 1 an et j'ai perdu la vue à 3 ans.
Cataracte congénitale.
Avec une forte dose de rétinite pigmentaire pour faire bon poids.
Vous ne voyez pas les lumières vives? Rien?
Aveugle comme une chauve-souris.
En fait, plus aveugle.
Elles émettent des ultrasons. Moi pas.
Je n'ai pas de sixième sens. Ni de cinquième.
Helen Keller a écrit des livres, Ray Charles joue du piano. Moi pas.
J'aimerais chanter comme Stevie Wonder. Mais non.
J'ai pigé.
Que dites-vous de notre...
petit bled tranquille?
J'ai une bonne impression.
Lignes nettes, bon usage de l'espace.
J'aurais été plus tonique avec les bâtiments neufs, pour ma part.
Vous écrivez pour Architectural Digest?
Je suis architecte. J'ai un cabinet avec un associé.
Ah oui?
On a fait le tour.
On n'a plus qu'à rentrer.
Qu'y a-t-il au bout de la rue?
Rien.
Il y a un vieux bâtiment décrépi sur la gauche.
Comme une ancienne station-service.
Décrivez-le-moi.
Il est assez délabré
et il est situé entre deux beaux grands arbres dans un champ.
Les arbres évoquent un couple.
L'homme invite la femme à danser.
La femme est sur la pointe des pieds, indécise.
Je débloque. Quelle description stupide.
J'adore les arbres qui dansent.
On devrait rentrer. Il se met à pleuvoir.
Il y a une légère brise, mais...
Oh, mon Dieu!
Oh, mon Dieu!
Allons par là!
Ca alors!
Ca arrive si brusquement.
Vous aimez la pluie? Moi, j'adore.
- Parfois. - J'adore la pluie.
Tout résonne en moi.
Je peux saisir la dimension d'une pièce.
Vous entendez?
Ca ruisselle du plafond le long des murs.
Vous entendez?
Ca heurte une flaque.
L'écho se propage. Il n'y a pas de murs.
C'est quoi, ça?
Une gouttière.
Vous entendez? C'est en haut.
Les poutres?
Ca trouve son rythme. Ecoutez. Ploc, ploc, ploc...
Il y a un son qui remonte.
- On dirait... - Non, écoutez.
Venez ici.
Fermez les yeux.
Ecoutez de tout votre corps.
Vous sentez?
Là, dans votre poitrine.
C'est magnifique.
On dirait un chuchotement.
C'est le vent qui pousse une branche contre les fenêtres.
Je ressens tout avec intensité.
Je voudrais qu'il pleuve à l'intérieur, tout autour de nous.
Einfeuhlung.
C'est quoi?
Un terme d'architecture.
Ca veut dire "être au diapason".
Je n'ai jamais ressenti une chose pareille.
Je voulais que vous sachiez que je souris.
De la période oû vous voyiez encore...
vous avez gardé le souvenir de quelque chose?
Oui.
Une image.
On dit que ce sont des nuages.
Ca m'étonnerait.
Ca se touchait.
C'était...
gonflé.
Ce devait être important.
C'est un souvenir agréable.
Il ne m'a pas quitté depuis.
Et vous?
Quel est votre plus ancien souvenir?
J'avais deux ou trois ans.
J'étais à la plage avec mes parents.
Il faisait froid. Alors,
je me blottissais entre eux deux dans le sable.
On regardait descendre le soleil sur l'horizon.
L'horizon, c'est dur à comprendre.
Si je ne sens pas les choses, ça reste trop abstrait.
C'est la ligne oû la terre rencontre le ciel.
C'est le bout du monde.
Enfant, je croyais que si je marchais assez loin,
je l'atteindrais.
Si je pouvais
me tenir dessus
et regarder de l'autre côté,
je verrais de plus belles choses encore
que tout ce que j'avais connu.
Vous êtes la seule à m'avoir fait comprendre ce qu'était l'horizon.
- Vous êtes doué dans votre travail. - C'est mon travail.
Celui que je peux faire.
Ca vous plaît?
Parfois.
Certaines fois plus que d'autres.
Et cette fois?
Cette fois...
J'ai l'impression que je peux tout voir.
Tout?
C'est l'heure.
J'ai Monsieur Ketchum.
Il amène ses cent kilos.
Le temps a filé.
Pour moi aussi.
Vous êtes une cliente,
je ne devrais pas être aussi près de vous.
Ah bon?
Ca veut dire quoi?
Que vous ne devez plus me payer mais venir dîner chez moi
pour qu'on finisse ce massage.
Attendez-vous à une surprise, je cuisine.
A quelle heure vous venez?
Je ne peux pas venir. Je vous appelle de ma voiture.
Je rentre en ville. Une urgence.
Le projet dontj'ai la charge
tombe à l'eau et je dois essayer de le récupérer.
Pardonnez-moi.
Mais je reviendrai.
- Excusez-moi encore. - Bonsoir.
Quel imbécile!
Vous avez raison, M. Falk.
Il manque quelque chose.
Mais il nous faut du temps pour aviser.
Bon, mais nos délais sont serrés.
On fera au mieux. On ne vous laissera pas tomber.
C'est fait. Ne dis rien surtout.
Les croquis ne te satisfaisaient pas.
Je n'allais rien dire.
Mais tu n'aurais pas arrêté de les remanier.
Tu sais l'importance de ce projet.
Je sais tout ce que tu vas me sortir.
J'économiserai ma salive.
On a accroché le client, tu as une seconde chance.
On mérite tous une seconde chance.
Ces deux arbres, donnons-leur une seconde chance.
Ils restent. On va dessiner l'ensemble autour d'eux.
C'est là le plus bel élément naturel.
En revenant, j'ai pensé à un nouvel agencement
du hall de TriBeCa.
Ca ajoutera tellement de vie.
Qu'y a-t-il?
On expédie l'hydre, monstre à 3 têtes, on récupère Mary Poppins.
Je n'ai pas le droit d'avoir des idées?
Ca va! J'ai fait mon petit voyage.
Je me suis reposée. J'ai fait de la gym,
merci beaucoup, Betsy...
J'ai rencontré un type.
C'est trop moderne pour moi.
Je t'en prie, on est entre amis. Assieds-toi.
Ou tu es virée.
Tu as rencontré un type?
C'est génial. Vraiment. Super.
- Crache le morceau. - Il n'y a rien à dire.
C'est un gars extra. Malin, drôle. Aveugle.
J'ai cru comprendre "aveugle". Belle gueule?
Ca aussi.
Excuse-moi...
Aveugle aveugle?
Avec une canne blanche, aveugle, tac, tac, tac?
Je sais que tu adores les défis, tu m'as épousé. Mais...
Merci pour votre tolérance, Monsieur.
Ce n'est plus mon problème.
Ne fais pas ton petit con.
Tu bosses encore ici?
Tout le monde est rentré.
Ne t'en fais pas.
Je reste travailler un peu. Un truc à trouver.
Je veux en savoir plus sur ce garçon. C'est défendu?
Mon père a eu un grave problème de cataracte.
Si tu savais dans quoi tu te lances!
Tu as déjà écouté la pluie?
Vraiment écouté?
C'est du genre "le parfum des roses"?
Non, rien à voir.
J'ai vécu cinq ans avec un homme
sensible comme un porte-savon.
La seule fois oû je l'ai vu pleurer,
c'est pour notre déclaration d'impôts, il y a trois ans.
J'ai besoin de plus.
Ce qui est bien avec ce garçon,
c'est que j'ai l'impression de me réveiller d'un long sommeil.
J'ai retrouvé mon inspiration. Je redessine.
Et la façon dont il me touche...
Je m'en doutais. C'est le sexe.
Pas de sexe. Pas encore.
Quand il me touche, c'est comme s'il le faisait
pour mieux me connaître, pas pour profiter de moi.
Et quand il m'écoute, c'est comme si
mes mots étaient les derniers sons de la planète.
Et même s'il ne sait pas de quoi j'ai l'air,
je crois qu'il sait qui je suis.
Il m'émeut, c'est tout.
Il a un frère?
Les pros, gare à vous!
Depuis quand vous êtes là?
Une petite heure.
Je vous ai cherché à l'hôtel.
Puis j'ai pensé, il est ici.
- Vous êtes doué. - Merci.
Mon père m'a appris.
Vous aimez mon étang?
Il est beau.
Je suis si surpris. Vous voulez patiner?
- Je n'ai pas de patins. - Ca ira.
Que faites-vous?
Je ne suis pas équipée pour la glace.
Venez.
Je faisais ça tout le temps avec ma soeur.
Posez ma crosse contre la branche.
Prête?
On y va. N'essayez pas de patiner.
Pensez à la glisse.
Ne pensez pas à la glace.
Ne regardez pas en bas. N'y pensez pas. Parlez-moi de vous.
Comment êtes-vous devenue architecte?
D'accord. Je faisais les Beaux-Arts. Et je...
Ne regardez pas en bas.
Je ne savais pas ce que j'allais faire
de ma vie. Et j'ai rencontré un type,
un étudiant en architecture.
Il m'a ouvert de nouveaux horizons.
Ne regardez pas en bas.
J'ai épousé mon étudiant
et on a ouvert un cabinet.
Pardon. On a divorcé depuis. Tout va bien.
On a divorcé, il y a un an.
On travaille toujours ensemble, ce qui est assez dingue car...
Quoi? Attendez!
Vous pensez que je l'ai fait exprès?
C'est vrai?
C'est si difficile.
Quoi?
Je vous regarde. Et il y a ce...
ce truc que je fais avec les yeux
quand je lance un regard par en dessous les paupières,
du genre oeillade assassine. Et alors,
ça ne marche pas avec vous.
Non, ça ne marche pas.
Laissez-moi voir.
Les yeux.
Le nez.
La bouche.
Vous êtes très belle.
Merci.
Vous aussi, vous êtes beau.
UNE TECHNIQUE QUI REVOLUTIONNE L'OPHTALMOLOGIE
Je suis dans la salle de bain!
Jennie, la soeur de Virgil.
Bonjour. Amy Benic.
- Ravie de vous connaître. - Moi de même.
Viens ici.
J'ai fait des courses au marché.
Ce que tu aimes...
Je sais, pommes et bananes.
Il frime. Il les sent de loin.
- Les pommes, dans le tiroir du bas. - A 2 h.
Tu veux du café?
Vous restez longtemps?
Ca va?
- C'est rien. - Tu saignes.
Première règle avec un aveugle,
ne rien bouger, c'est dangereux.
C'est rien.
J'ai rien, putain! Ce n'est qu'une chaise.
Ca arrive à tout le monde.
Vraiment.
J'ai une réunion.
Ton dîner est dans le congélateur. Dans le tiroir inférieur.
Ravie de vous avoir connue.
- Moi de même. - Merci.
Elle se comporte juste en soeur aînée.
En jalouse.
Tu veux du café?
OPERATION DE LA CATARACTE
UNE TECHNIQUE REVOLUTIONNAIRE
LE DR AARON Dit : "VOIR, C'EST CROIRE"
Je te cherchais.
J'ai de bonnes nouvelles.
Ta commande d'Atlanta?
Non, encore mieux.
Je peux te poser une question?
Je suis tout ouie.
Un instant.
Tu t'es déjà demandé quel effet ça fait de voir?
Bien sûr.
Comme savoir...
S'il y a une vie sur Mars ou
si ce sont des extraterrestres qui ont construit les pyramides.
S'il y avait une chance,
un moyen de te rendre la vue, tu essaierais?
Qu'est-ce qui te prend?
J'ai lu un article sur le Dr Aaron.
Qui ça?
C'est un grand spécialiste des yeux.
Je l'ai appelé à son institut à Manhattan.
Je lui ai parlé de toi.
Pardon, tu as appelé ce type?
Oui. Il m'a envoyé un fax.
Il est très impatient de te voir.
Il croit que dans ton cas, il y a une chance de réversibilité.
Qu'en dis-tu?
J'ai dû...
oublier que c'est la semaine de l'aide aux handicapés.
Je pensais que ça t'emballerait. Oû est le problème?
Le problème, c'est
qu'il n'y a pas de problème.
Tu as bien travaillé.
A demain.
Amy, c'est ça?
Je peux vous parler?
Des ennuis?
Je suis déroutée.
J'ai appelé le Dr Aaron. Il veut bien voir Virgil.
Son cas l'intéresse beaucoup.
Je l'ai dit à Virgil et il a réagi comme si...
Oû est le problème?
Si j'avais été aveugle presque toute ma vie
et qu'il y ait la moindre chance que je retrouve la vue,
je n'hésiterais pas.
Vous vous êtes adaptée à quelque chose
et vous mettriez tout en péril?
Nous sommes très heureux. Virgil a tout ce qu'il désire.
Attendez.
Tout ce qu'il désire?
Il doit rester aveugle s'il y a un moyen qu'un jour il voie?
Je donnerais mes yeux pour qu'il voie.
Je ne crois plus aux miracles depuis longtemps.
Je sais ce que vous avez enduré.
Vous le savez, Virgil, non!
Acceptez l'évidence.
Jusqu'à l'âge de huit ans,
ses yeux ont été sondés, percés, enfoncés par des médecins,
guérisseurs, spirites, chamans, sorciers!
Mon père les alignait devant la porte!
On a tous été déçus et blessés, il a failli mourir!
Ca suffit comme ça.
Vous comprenez maintenant?
Vous ne pouvez pas me faire ça!
Je les aurais mieux contrés!
Qu'y a-t-il?
C'est un match des Rangers.
Ils perdent?
Non. Je préfère dire qu'ils ne gagnent pas.
Tu veux entrer
boire un soda ou une bière?
Non, ça va. Je...
je voulais te voir avant de repartir.
La cure est finie?
Je dois bosser.
Pardon d'avoir tout piétiné dans ta vie.
C'était déplacé.
Attends.
Tu vois l'arbre là, de l'autre côté de l'allée?
Il est à quelle distance?
A sept, huit mètres.
Pour toi, peut-être. Pour moi, il est à quatorze pas.
Quatorze pas et j'y suis. Mais si je pense à autre chose,
si je ralentis ou si j'accélère,
je me prends l'arbre dans la figure.
Il va falloir que je rentre.
Pour prendre les arbres dans la figure?
Je suis là.
Je ne pouvais pas dormir.
Reviens te coucher.
Je ne veux pas que tu sois blessé.
C'est vrai?
Tu me conseilles quoi?
Je m'inquiète, c'est tout.
- Il y a autre chose. - C'est la seule raison.
Ta conduite prouve le contraire.
- Tu agis comme un enfant. - Toi aussi.
Tout va bien?
C'était dur de me réveiller cette nuit
et de ne pas te trouver.
On va à New York.
C'est un temps idéal pour New York.
Vif et ensoleillé. Avec de petits nuages blancs et gonflés.
Comme ceux que tu as vus.
Non, ceux-là, je pouvais les tenir dans la main.
Attention!
La cataracte est un rideau
sur la fenêtre du regard.
Et si l'affection de la rétine
est réduite ou tenue en échec, - ce qu'on ne peut anticiper -
avec notre nouvelle technique, il y a une forte
probabilité qu'on vous rende la vue.
Ca doit revenir cher.
C'est pour nous tous une occasion unique.
Il est rare qu'on rende la vue à quelqu'un de complètement aveugle.
On pourra engager l'institut à payer l'opération.
Je suis déjà passé par là.
Oui, mais croyez-moi,
ce n'est plus aussi traumatisant que dans votre enfance.
L'opération de la cataracte était dans sa préhistoire.
On a fait du chemin depuis.
Le docteur Goldman
pratiquera l'opération. C'est un de nos meilleurs chirurgiens.
Et si ça ne marche pas?
Ca n'aggravera rien.
Qu'avez-vous à perdre?
Voilà mon quartier.
Il y a un parc. On est à TriBeCa. Si tu veux faire un tour...
- Pardon. - Attention.
Voici mon ami
Virgil. Virgil, Ethan.
Tu es aveugle?
Cool. A plus.
Salut.
- Les gosses me trouvent cool. - Tu l'es.
C'est mon loft.
Je pose ça là?
Oû tu veux. Je les rangerai.
Je peux faire un repérage des lieux?
Tu m'emmènes au centre en me signalant tous les obstacles.
Si tu veux bouger un truc, une fois que c'est fait,
ne le change plus de place, sinon c'est l'accident.
Compris.
Sur notre droite, c'est le coin séjour.
Avec un divan, quelques tables basses et une chaise à 2 h.
Par ici, à 10 h, il y a
un pilier que j'ai souvent heurté. Alors...
Là, sur ta droite, il y a...
Iégèrement plus à droite, le lit.
Devant, une table basse dangereuse pour tes tibias.
A 3 h, il y a une télé.
Et voici mon bureau.
J'ai un ordinateur.
- Et il y a la maquette de... - C'est quoi?
Une sculpture.
Elle est de toi?
Les Beaux-Arts. C'est pas très bon.
C'est une mère qui porte un enfant.
C'est beau.
Bof, je n'ai jamais pu le finir.
Viens.
On est à l'extrémité de la pièce.
Le mur de fenêtres.
Elles s'ouvrent?
Zut!
Excuse-moi.
Ce n'est rien.
C'est quoi?
Ce sont mes plans.
Pour les différents travaux en cours.
Le centre commercial d'Atlanta.
Ou le hall de TriBeCa. C'est mon boulot.
Comment sont les plans?
Dessinés?
Certains, oui. Celui que tu touches est un dessin.
D'autres sont conçus par ordinateur. J'ai dessiné celui-là.
Tu penses à quoi?
Je veux qu'on m'opère.
Vraiment?
La rétine est bien.
Couteau diamant.
Hydrodissection.
Hydrodélinéation.
Irrigation.
Phako.
Café?
Il est dégueulasse.
Virgil ne parle jamais de ses parents. Ils sont au courant?
Notre mère est morte, j'avais 18 ans. Virgil était adolescent.
Et notre... père nous a quittés
il y a un moment.
Je suis désolée. Je l'ignorais.
Ah oui, il est mauvais.
Ca a dû être dur de vous occuper de lui après la mort de votre mère.
C'est mon frère.
Prêt?
Le crochet de Sinskey.
Je vois le nerf optique et la rétine.
Compresse.
Faisons-lui un pansement. Superbe.
C'est nous.
Comment tu te sens?
Comme si j'avais trop bu de tequila. Mais j'ai oublié la fête.
Le docteur t'a trouvé génial.
Ca t'a fait mal?
Rien que l'opération.
Mes cheveux, ça va? Je ne voudrais pas me voir mal coiffé.
Tu es bien.
C'est quoi, tout ce monde?
Une équipe vidéo.
Pour la postérité.
Ca passera en circuit fermé dans une de nos salles de conférence.
Ca ira?
Bien sûr.
On y va?
Allons voir ce qu'on voit.
Là, tout de suite?
- Ca va? - J'ai un peu le trac.
On enlève d'abord la gaze.
C'est l'extérieur.
Première phase.
On enlève le pansement droit.
Le gauche.
Et voilà.
Alors, que voyez-vous?
Mon Dieu!
Que voyez-vous?
Je sais pas.
Vous voyez Amy?
Je suis là.
Je sais pas.
- Vous voyez votre soeur? - Ca va?
- C'est pas normal. - Quoi?
- Il y a un problème. - Ca va aller.
Ca ne va pas!
Voir, ce n'est pas ça!
Que voyez-vous?
Ca fait mal!
Arrêtez de bouger!
- Eteignez! - Faites-le sortir!
Que peut-on faire?
Ils partent. Tout le monde se calme.
Ils sont partis.
On se calme.
Voir, ce n'est pas ça.
Ca va aller. Détends-toi.
Je dois réfléchir.
Que peut-on faire?
Donne-moi un objet.
Bien.
Servez-vous de votre sens du toucher et associez en même temps.
Que voyez-vous?
Servez-vous des doigts.
C'est une canette.
- Qu'y a-t-il? - Il associe.
Ses doigts parlent à son cerveau qui parle à ses yeux.
Et il reconnaît ce qu'il a devant lui.
On va laisser vos yeux se reposer.
Réjouissez-vous, vous avez marqué un point.
Excusez-moi, puis-je vous parler?
Que s'est-il passé? C'est ça que vous appelez voir?
C'est un peu compliqué. C'est évident qu'il voit.
Il capte des images.
Apparemment, sa rétine est intacte.
On peut affirmer que c'est une victoire.
Une victoire? Il est paumé.
Il ne voit ni moi ni sa soeur. Tout ce qu'il voit, c'est une canette.
En la tenant dans ses mains. Il y arrivait avant.
Il vous voit.
Mais il ne comprend pas ce qu'il voit.
C'est temporaire? Ca s'améliorera?
Je connais un thérapeute de la vision.
Il s'appelle Phil Webster.
Il est peu orthodoxe. Mais c'est notre meilleure carte,
vu les aspects singuliers de ce cas.
Je vais le contacter.
Il n'y a aucune garantie. Ca peut marcher...
Aucune garantie?
On navigue en terrain inconnu. Soyons optimistes.
Il voit, c'est déjà ça.
Non, c'est Jen.
Alors, c'est toi?
C'est moi.
Tout ira bien dès qu'on sera à la maison.
Je ne rentre pas. Je reste à New York oû les médecins
peuvent s'occuper de moi.
Je ne peux pas rester et tu n'es pas autonome.
Qui prendra soin de...
Elle va s'occuper de toi?
Elle ignore tout des aveugles.
Je ne suis plus aveugle.
Deux semaines.
Non, même pas un jour.
Je ne veux pas risquer de la perdre.
Virgil finit de se préparer.
Vous m'accompagnez à ma voiture?
Ca va?
Non, je suis morte de peur.
J'ai passé ma vie à chercher des trous oû il pourrait tomber.
Je marchais devant et les faisais disparaître.
Ici, oû que je regarde, je vois des trous.
Espérons qu'il arrivera à les voir par lui-même.
J'ai aussi peu envie que vous qu'il se blesse.
Ce qui a blessé Virgil le plus, c'est le départ de son père.
Il en rendait sa cécité responsable.
Il n'avait pas fait assez d'efforts.
Ca ne me mène nulle part.
Un enfant aveugle ne voit pas ses proches. Il ne s'ouvre pas.
Quand il est malheureux ou qu'il a mal,
Virgil ne va pas vers les autres.
Il se replie derrière un mur.
Dans un endroit inaccessible.
Il a seulement besoin que quelqu'un soit là quand il en sort.
On est à la maison.
Mon Dieu!
Ca va?
Arrête le monde, que je descende.
- On ira doucement. - C'est quoi?
Une ombre. C'est rien. Tu peux passer à travers.
C'est moi, Ethan.
Ca va?
Tu es bizarre.
Si tu te voyais, vu d'ici.
On monte chez nous.
A plus.
Je me sens comme un enfant.
On ira voir ce Webster pour qu'il nous aide.
Ferme les yeux une seconde.
Pardon, chéri.
- Non, je veux voir. - C'est trop.
C'est comme ça tout le temps?
Oh, non!
Pendant qu'on était à l'hôpital, Betsy est venue.
Je voulais marquer le coup. Désolée.
Je vais m'asseoir un peu.
C'est génial. Laisse-moi te regarder.
Tu me vois bien?
- Je peux voir tout de toi? - Tout?
De la tête aux pieds?
Si ça te fait plaisir.
J'ai le trac. Et si tu n'aimais pas ce que tu vois?
C'est impossible.
Je ferme les yeux.
Pour ton premier jour, tu dois tout voir.
C'est ça, la beauté!
Bon, très bien.
Je lis là que vous êtes devenu aveugle, enfant.
Avant d'avoir développé un vocabulaire visuel.
Vous avez un problème de profondeur de champ,
espace, forme, taille et distance.
Fascinant! Il n'y a eu que 20 cas semblables en 200 ans.
Les yeux fonctionnent
mais le cerveau ne traite pas l'information.
Vous êtes mentalement aveugle. C'est une "agnosie visuelle".
C'est un... "joli merdier".
C'est plus parlant. Je le ressortirai en réunion.
Ce sera dur de récolter des fonds pour la Fondation du Joli Merdier.
J'aimerais vous lire quelque chose.
Du rugalach? Je le fais moi-même.
Bon sang!
J'égare toujours mes lunettes.
Mme Fenster, à l'aide!
Classique.
Alberto Valvo.
Restauration de la Vue après une Cécité Prolongée.
"On doit mourir
"en tant qu'aveugle, pour renaître en tant qu'être qui voit.
"Toutefois, c'est l'intervalle,
les limbes entre les deux mondes, le plus dur."
Voilà, mon grand, vous êtes dans les limbes.
C'est tout?
Les limbes? Ce livre ne dit rien d'autre
qui améliorerait l'état de Virgil?
Les limbes, c'est déjà ça.
C'est comme le New Jersey.
Vous voyez oû les bonnes choses se passent. Mais il faut y arriver.
Je sais.
Vous vous attendiez à Anne Bancroft.
Un miracle près de la pompe à eau.
Je ne suis qu'un professeur. J'enseigne
aux aveugles à devenir indépendants.
L'ennui, c'est qu'il n'y a aucun manuel sur lequel s'appuyer.
Je voudrais vous aider. Mais tout dans la vie ne dépend que de soi.
Vous débloquez?
Je suis paumé. Vous vous dites prêt à nous aider.
Mais c'est pour ça qu'on est ici.
J'ai pigé.
Vous voulez une leçon?
Allons-y.
Leçon numéro 1 .
Répétez après moi : "Un chasseur sachant
chasser..." Je plaisante. C'est une blague.
C'est quoi?
Une pomme.
Bien.
Vous revenez en deuxième semaine.
C'est quoi?
Une pomme.
C'est une pomme ou la photo d'une pomme?
Alors, c'est une blague?
Vous voulez dire que mes yeux mentent?
Votre vision peut et va vous jouer des tours.
Malgré ce que je vous enseignerai,
ils vous joueront encore des tours.
Il faut apprendre à suivre vos instincts.
Mon seul instinct est de fermer les yeux et de sortir d'ici à tâtons.
C'est l'instinct de conservation. Mais vous en avez d'autres.
Vous devez apprendre à voir comme vous avez appris à parler.
La perception, la vue, la vie
est une affaire d'expérience.
Il faut s'ouvrir et explorer le monde.
Il ne suffit pas de voir. Il faut savoir regarder.
Après l'opération,
Ie patient fut très désorienté.
Les images et les couleurs ne voulaient rien dire.
Mais maintenant,
après quelques semaines, M. Adamson
maîtrise les formes
et les distances,
ce qui le rassure
pour explorer son environnement.
Cependant,
de nouvelles images le troublent,
comme un enfant fasciné par
Ies objets du décor quotidien de notre vie.
Regarde.
C'est quoi?
Une oeuvre d'art. Dubuffet.
Ca, une oeuvre d'art?
Ca, c'est une oeuvre d'art! Regarde.
C'est beau.
Non, c'est quelqu'un de destructeur.
- Ce qui est marqué est dégoûtant. - C'est quoi?
"Tas de merde".
Ses progrès sont réguliers
mais Virgil reste dépendant de son sens du toucher
pour interpréter ce qui l'entoure.
C'est un chien.
Pardon.
Sa compréhension de l'espace tridimensionnel est limitée
et trompeuse.
Ecoute les cloches.
C'est quoi, cette forme?
Un sans-abri.
Et tu passes devant sans même le regarder?
Il y a certaines choses que tu évites de voir.
On ne peut pas tout regarder.
Je ne veux pas regarder ailleurs. Je veux tout voir.
Tu veux ma photo? Dégage!
Il a du mal à scruter les choses, à rassembler
I'image en un tout.
J'ai plus de dix ans d'expérience à Bear Mountain.
Massage en profondeur, thérapeutique, shiatsu.
Parfait.
C'est parti.
Voici un dossier pour travailler dans nos clubs. Remplissez-le
et donnez-le à la comptabilité.
C'est idiot, j'ai oublié mes lunettes.
Je l'emporte chez moi
pour le remplir et je le ramène.
Cela englobe son aptitude à lire. Ce qui signifie qu'il a
une absence totale de mémoire visuelle.
Ca t'aiderait si tu essayais de prendre le mot...
Ca ne m'aidera pas, je te l'ai déjà dit.
Je sais ce que je devrais faire, mais je ne peux pas lire.
A la dernière lettre, j'ai oublié la 1ère.
Je ne peux remplir aucun formulaire.
J'ai besoin d'assistance comme un aveugle. Mais je ne le suis pas!
Tu ne m'aides pas.
Excuse-moi.
C'est une carence physiologique imprévue.
Nous espérons que Virgil la surmontera.
J'ai terminé.
M. Adamson, Christie Evans de N.Y.N.
Pouvez-vous nous expliquer ce par quoi vous êtes passé?
- C'est trop fort. - Coupez le projecteur.
Les résultats de votre opération sont à la hauteur de vos espoirs?
Je n'espérais rien.
Les renseignements? A Pine Crest, New York, pour Jennie Adamson.
Essaie ça peut-être.
C'est quoi?
A toi de le dire.
Du crocodile?
Concentre-toi.
On ne peut pas avoir un repas
oû on ne parle pas de mes yeux?
C'est pour ton bien.
Parlons d'autre chose.
Ta journée s'est bien passée?
Rien à dire.
On est invité demain soir à l'anniversaire de Duncan.
C'est tout?
Comment ça, c'est tout?
Tu pourrais me dire ce que tu en penses.
Ca te laisse froid?
Très bien, j'irai.
Pourquoi tu n'as pas fini ta sculpture?
Qu'est-ce qui te prend?
Je veux savoir. Je suis là chaque jour et je la trouve parfaite.
Très belle. Mais tu dis ne pas l'aimer
et qu'elle n'est pas finie et je crois que tu ne la finiras jamais.
C'est une chose importante pour moi et je la rends mal.
Je la vois dans ma tête. C'est beau mais je n'y arrive pas.
Je l'ai ratée.
Je ne suis peut-être pas une artiste.
C'est quoi?
Un homard.
Ca se mange?
- Un verre doseur. - Essaie encore.
Tu triches. Tu ne devais pas toucher.
Parfois il faut que je touche.
Une râpe à fromage.
C'est moi.
Que fais-tu ici?
Tu es si mystérieuse. Dis-moi ce qu'on fait là.
- Notre père est là. - Quoi?
J'ai reconnu sa voix à peine j'avais décroché le téléphone.
Lequel c'est?
Il est là.
Avec le bloc-notes
et le téléphone.
- Je ne peux pas. - Si.
C'est notre père. Il a appris ton opération. Il veux te voir.
Je ne suis pas prêt.
Tu t'étais endormi?
Non, je...
Parfois j'oublie d'éclairer.
J'ai réfléchi pour la fête.
Rien ne nous force à y aller si tu n'as pas envie.
C'est l'anniversaire de ton associé. Tu veux que je rencontre tes amis.
Vin rouge ou vin blanc?
Lequel est le rouge?
Là, le rouge. Là, le blanc.
Tu veux du blanc?
Silence, tout le monde. Il arrive.
Eteignez.
- Qu'y a-t-il? - Ils éteignent pour la surprise.
Quoi?
Rien. Juste une mèche.
Qu'est-ce que c'est?
Surprise!
Il se sent mal?
C'est rien. Il adore faire des blagues.
Gardez-moi du gâteau!
Salut, toi!
Tout se passe bien?
Ses progrès sont lents mais il se donne du mal.
Je parlais des plans du centre commercial. Ca fait rien.
C'est normal.
Alors, ça va?
Tu es un peu déçue?
Comment ça?
Tu aimes bien ce type. Tu veux l'aider.
Les meilleures intentions ne suffisent pas.
Vois, je suis resté un con.
C'est vrai.
Bon anniversaire, con.
Demain on va à Atlanta avec les plans remaniés.
Je ne peux pas.
J'ai trop à faire.
Je te présente Duncan.
Tout baigne? Félicitations. C'est bon de te voir.
C'est toujours bon de voir.
- Viens danser. - L'appel du devoir.
Désolé pour Atlanta. Tu nous aurais aidés.
C'est quoi ce truc d'Atlanta?
Il voulait me coller un rendez-vous pour demain. J'ai refusé.
- Tu as changé de coiffure? - Un coup de peigne.
Tu crois que Webster dit vrai, que les yeux nous mentent?
Non.
Et que veut dire ton baiser à Duncan?
- Mais... - Tu l'as embrassé?
Ca veut dire quoi?
Que c'est son anniversaire.
Je n'ai jamais vu un baiser pareil.
C'est à ça que ressemble un baiser d'anniversaire.
Ce regard, ça veut dire quoi?
Quel regard?
Tu es bizarre.
J'ignore ce que ton visage exprime.
Je ne l'avais jamais vu. Que dit-il?
Rien... On parlait
et je te regardais. C'est tout.
Dansons.
Tu ne veux plus danser? C'est drôle, pourtant.
Ils font les lettres.
Tu veux essayer?
- Tu fais ça. - C'est pas mon truc.
Ce n'est qu'une danse.
- Regarde-moi. - J'en ai marre de regarder!
Mon Dieu.
Ramène-moi.
Tu as mal?
- Chéri, ça va? - Ramène-moi!
Tu ne t'arrêtes jamais?
Il faut que ça soit bien.
Et puis mon avion décolle très tôt.
Ton avion?
Tu pars?
Rien que pour un jour ou deux.
Ca te pose des problèmes?
Le travail ou nous deux?
Nous deux.
Je me réveille le matin et j'ouvre grand les yeux...
et je suis devant quelqu'un d'inconnu.
Tu ne me vois pas?
Je parlais de moi.
Toi, j'ai l'impression que...
je te voyais mieux quand j'étais aveugle.
Tu n'es plus aveugle et je regrette que ça te déçoive.
J'ai fini.
Il est tard et je me lève tôt.
Je me couche avant qu'on dise des choses excessives.
Katie, ta mère t'attend.
Virgil! Alors, on revient en rampant?
Assieds-toi, tu m'aideras.
Je vais attendre que tu aies fini.
On arrête là.
Comment c'est de bosser avec les gosses?
C'est eux les meilleurs.
Les plus réceptifs.
Ils sont si désireux
de tracer leur route.
Les adultes sont têtus. Quels cours pour aveugles tu as suivis?
Aucun. Mon père...
J'étais dans une école classique. J'ai progressé tout seul.
Super!
Une pomme.
Passons aux légumes.
Viens, je connais un endroit.
Pour détendre tes yeux.
Voir, c'est nul.
- Tu plaisantes. - C'est nul.
Tu dis ça, alors que tu es là aux premières loges?
- C'est ta tête qui va pas. - C'est sérieux.
Aveugle, je ne voyais pas. Ne ris pas.
Les gens n'attendent rien de toi. Ils savent ce que tu es.
Ou ils croient savoir. Et c'est tout. Ils s'en accommodent.
Et tu as été déçu?
Tu parles! C'est là que ça se complique.
Je vois mais je ne sais pas ce que je vois.
Tes yeux te trompent.
Tu vois des choses que tu ne veux pas voir.
Comme la jalousie.
Le plus important, c'est voir ou...
Amy.
Je m'en doutais. Il ne s'agit plus des yeux, mais du coeur.
L'autre soir, je regardais la télé.
Un piège fatal quand on se remet à voir.
Et il y avait ce pianiste.
- Quoi? - Un joueur de piano.
Il a bien dans les 6, 700 ans et...
- C'est long? - Possible.
Ils amènent ce prodige de 7 ans
qui se met à jouer du Chopin
en avant, en arrière, avec une main et en jonglant.
Brillant.
Et après avoir écouté attentivement, le vieux maître dit :
"Vous jouez très bien du piano,
peut-être qu'un jour vous apprendrez à faire de la musique."
Je comprends.
Je ne saurai peut-être jamais faire de la musique.
Concentre-toi.
Tu vois ma main?
Bon.
Fixe-toi dessus. Oublie tout le reste.
C'est pas facile ici. Mais regarde-la.
Ca veut dire?
Voir, c'est ça?
Non, zigoto, c'est regarder!
Tu surveilles le poing.
Tu vois qu'il va te frapper. Tu veux qu'il te frappe?
C'est ça, regarder.
Mon conseil après trois bières :
tu verras, mais à quoi bon si tu perds de vue ton désir.
J'aime beaucoup.
Mais je me fiche des arbres.
On devrait les sucrer.
Il se fiche des arbres.
Comment c'est possible? C'est le meilleur atout de l'endroit.
Il faut les enlever, c'est tout.
Ce n'est pas grave. Tu trouveras un truc encore meilleur.
Si on buvait un verre?
Pour laisser couler le flot créateur.
Je dois me coucher.
Non, écoute, c'est notre chanson.
Mack the Knife, notre chanson?
Tu vois?
C'est pas si mal.
Pas si mal.
C'est bien de danser à nouveau ensemble.
Tu te souviens la première fois?
Au mariage de ta soeur dans le Connecticut?
C'était beau, ces feuilles rouges qui tombaient.
J'aimerais y retourner un jour.
Moi aussi.
Pourquoi tu n'as plus cru en nous?
J'en sais rien. On est allé trop vite.
Je n'étais qu'une gosse séduite par l'architecture.
L'architecture ne m'a pas séduit.
Toi, si.
Quel baratineur!
Dans le temps, ça marchait.
Non, il faut arrêter ça.
C'est mal. Je dois rentrer.
Tu dois rentrer?
Faire la baby-sitter?
Ne dis pas ça.
Il est parti.
- Oû? - Dans le parc.
Il allait chercher quelque chose.
Attention!
Que fais-tu?
Je regardais le taxi qui changeait en s'approchant. La perspective.
Tu risques de te faire tuer.
Je ne voulais pas t'effrayer. Pardon.
C'est pas vrai!
Tu n'étais pas au loft. J'ai cru que tu étais parti.
J'y ai pensé.
Alors, je suis venu ici
pour voir l'horizon que tu avais si bien décrit.
Tu ne peux pas le voir. Il y a trop d'immeubles.
Mais ça ne veut pas dire qu'il n'est pas là.
On ne le voit pas mais il existe.
Exact. Le fait de ne pas voir une chose,
ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
Comme dans la confiance.
Que signifie ce regard? Il est nouveau.
Je dois te dire une chose.
Je ne savais plus oû j'en étais. Mais ça n'excuse pas ma conduite.
Je croyais que tu t'éloignais de plus en plus de moi.
Pour moi, tu ne t'éloignais pas.
J'ignore pourquoi je te l'avais caché, mais je dois t'en parler.
Jennie m'a emmené voir mon père.
Et je n'ai pas pu le voir.
Ca m'a fait peur. J'ai cru l'avoir abandonné.
Comme j'ai cru t'avoir abandonnée.
Je n'ai désiré qu'une chose,
m'accomplir.
Pas seulement faire du vélo
ou jouer dehors comme tous les gosses ou avoir des rencards.
Mais m'accomplir. Compter pour quelqu'un
comme les gens comptaient pour moi.
Et la première fois oû j'ai ressenti ça, c'est avec toi.
J'ai encore beaucoup à apprendre mais je vois.
Et je ne veux pas que tu me laisses.
Je ne te laisserai pas.
A Atlanta j'ai compris combien je tenais à toi.
Reviens à la maison avec moi.
Jusqu'à son opération,
Virgil s'est toujours fié à son toucher.
Son vocabulaire,
sa sensibilité, sa représentation du monde étaient
fondés sur des références tactiles, non visuelles.
Maintenant en tant qu'être qui voit,
en se concentrant avec ténacité
sur son objectif, il a acquis une nouvelle aptitude
à comprendre la distance et la forme...
Ia couleur, la perspective.
Et bien que son apprentissage soit loin d'être fini,
sur le plan médical,
il est devenu une personne qui voit.
Tu veux que je vois. Je ne suis pas censé regarder?
Mon Dieu!
Elle te drague!
C'est quoi, ce regard?
- Quel regard? - Celui-là. Tu en as tant.
Un regard de jalousie, non?
Une réponse au sien!
Tu veux voir?
Là, c'est un regard triste.
La jubilation.
Attention.
Une peur affreuse.
Une méfiance extrême.
J'ai une idée!
Là, c'est un regard d'amour.
J'aime ce regard.
Hier, les nuages!
Dans le ciel, pas dans mes yeux.
Pourpre.
La couleur la plus étonnante.
Amy disait qu'on a vu des oiseaux...
C'était quoi?
Des pigeons.
Le marché aux poissons.
Des douzaines. Et le marché aux poissons.
Un saumon, des crabes, un poulpe. Comment peut-on manger du poulpe?
J'ignore quand je reviendrai. Je t'appellerai.
Ferme les yeux.
Cadeau!
Une cravate!
Elle est immense.
Il va y avoir une inauguration du hall. Ils font une fête.
Faisons-nous chic. Tu verras pour la première fois mon travail fini.
Génial.
- Qu'y a-t-il? - Rien. C'est vraiment génial.
Je l'adore.
Tu es sûr? Elle te va très bien.
Tu en jettes.
Oû tu vas?
- Ca veut dire quoi? - Pardon?
Ce truc que vous avez fait avec la bouche.
Je n'enregistre que des étincelles d'activité.
Des étincelles rétiniennes, suivies de rien.
Ca a commencé quand?
Il y a un ou deux jours.
Asseyez-vous.
Votre fonction rétinienne a baissé de 10%.
L'affection rétinienne semble être revenue.
Mais vous avez corrigé ça. J'ai été traité pour ça.
Peut-être que
vos vaisseaux sanguins n'oxygènent pas assez votre rétine...
Ce n'est pas simple à expliquer.
Quand?
C'est difficile à dire.
Un mois... Deux semaines.
Aujourd'hui?
Je ne sais pas.
Tu as l'air en forme.
Comment tu me trouves?
Je veux des réponses.
Pourquoi tu es parti?
Parce que j'étais aveugle
ou parce que j'ai renoncé à ton idée que je voie.
Droit au but. J'adore. Tu tiens ça de moi.
Tu te marres? Je t'ai pas vu depuis 20 ans,
tu apprends que je vois, tu veux me voir et tu te marres?
On en parlera plus tard.
Non, réponds! Pourquoi tu es parti?
Chaque matin, en te regardant, j'étais face à l'échec.
Mes propres échecs.
Si je n'avais pu faire que mon fils voie...
De l'eau a coulé sous les ponts depuis, non?
Maintenant tu vois!
Je savais que tu y arriverais!
Oui, je vois.
Et je redeviens aveugle.
Tu es le premier à qui je le dis.
Je voulais te regarder dans les yeux pendant que tu expliquais ma vie.
Tu sais ce que tu as fait à Jennie? Et à maman?
Tu n'aurais pas dû... "papa".
Tu n'aurais pas dû nous laisser.
Un peu plus haut. Disons 2 cm. Là.
Vous voyez ce que je veux.
Que fais-tu ici?
Je voulais que tu le voies fini.
Je viens te voir, toi.
J'ai un truc à te dire. Viens.
J'ai eu une idée. Sois patient.
Puisque tout se passe si bien, que j'ai presque bouclé ce travail,
que celui d'Atlanta va marcher et qu'on aura des rentrées,
on pourrait partir en voyage.
Une sorte de fête de la vue retrouvée.
Une fête de la vue retrouvée?
On pourrait aller... en Egypte.
Découvrir ensemble les pyramides.
Puis on irait à Paris. Je te montrerais Notre-Dame,
Ies gargouilles, la lumière sur l'eau, les vitraux.
C'est si beau. Tu vas adorer. Et il y a tant à voir. Les vitraux,
Ia rivière... Des vacances formidables.
Qu'en penses-tu?
Je pense que...
il y a un endroit que j'aimerais voir.
Ca va?
Le truc gonflé.
C'est ça? C'est le nuage?
Tu l'as trouvé. C'est de la barbe à papa!
Ca alors!
Merci de m'avoir emmenée.
C'était magnifique.
Ca va?
C'est rien.
Mes yeux ont eu une dure journée.
Trop de choses à encaisser.
Ca va maintenant. Je...
S'il te plaît, les gens veulent sortir.
Là, sur ta droite.
- Veuillez m'excuser. - Pardon.
Chéri, que se passe-t-il... avec tes yeux?
Des trous noirs.
Celui-ci était le plus long.
Rentrons chez nous.
Attends.
Ca t'est déjà arrivé avant?
Je deviens aveugle.
Quoi?
De quoi tu parles?
Qu'y a-t-il? Tu as eu...
des trous noirs. Tes yeux sont surmenés.
Tu as vu tant de choses. Tu es énervé.
On va aller chez le médecin.
Il nous dira ce que c'est. Tout est allé si vite...
Rentrons chez nous.
- On va chez le médecin. - Je l'ai vu. Il n'y a rien à faire.
Allons en voir un autre!
Il n'y a pas 36 façons de le dire, je deviens aveugle.
Faut pas se leurrer, je deviens aveugle.
Rentrons chez nous.
Ne baisse pas les bras.
- On ira... - Rentrons.
C'était un beau match.
Que fais-tu?
Je pars.
Comment ça?
Tu pars de l'appartement?
Tu quittes New York ou moi?
Je rentre chez moi.
Tu rentres retrouver Jennie?
Elle s'occupera de toi?
Je ne repars pas dans ces conneries.
Des conneries?
- Ca se résume à ça pour toi? - Oui, des conneries!
Pourquoi se leurrer?
Je suis aveugle.
Je ne suis pas fait pour voir.
C'est vrai. Je suis là et tu ne me vois pas.
Pourquoi tu me tiens à l'écart? Pourquoi tu ne m'as rien dit?
Tu sais pourquoi je me souvenais de la barbe à papa?
C'est la seule bonne chose que j'ai partagée avec mon père.
Il m'a toujours poussé à être ce que je ne suis pas.
Et quand ça a foiré, il m'a rejeté.
Mais moi, je ne te rejette pas.
Je ne te laisserai pas tomber.
Oui, mais laisse tomber l'idée que je voie!
Tu n'aspires à rien dans la vie?
Je veux te donner la chance de t'accomplir!
Tu vas continuer à t'asseoir
dans ce car scolaire et bosser au centre de cure toute ta vie?
Tu n'as aucun rêve? Aucun désir de voir, d'apprendre plus?
Tu as tant de choses à donner!
Et tant à perdre!
Bon sang!
Merde!
Ta sculpture.
Pardon.
On n'a pas eu ce qu'on voulait tous les deux.
C'est toi que je voulais.
Tu n'as jamais pensé que ça pourrait ne pas marcher?
Que je pourrais ne pas voir?
Tu te doutais de ce que serait
Ia vie avec moi? Avec un aveugle?
Voilà ma réponse.
Jessie, fidèle au poste!
Laisse-moi te regarder. Quelle belle couleur tu as!
Le gentil chien!
Rien n'a changé depuis ton départ.
Je t'ai acheté quelques trucs.
Tee-shirts,
chaussettes. Tu dois être à court.
Tu es si belle.
Tu ne me l'avais jamais dit.
Je t'ai dit ce que tu avais besoin de savoir.
Regarde-moi.
Pourquoi on regarde toujours ailleurs?
Tu veux quoi?
Te regarder. Tu n'as jamais rêvé d'autre chose?
Tu es restée toute ta vie aussi aveugle que je l'étais.
Par pitié! Tu es chez toi.
Ne t'inquiète pas de choses sans importance. Tu es à l'abri ici.
Tu as de l'importance pour moi.
C'était l'endroit idéal pour grandir. Très protégé.
Je suis grand maintenant.
J'ai peine à imaginer tout ce que tu as sacrifié pour moi.
Je veux juste te regarder. Regarde-moi.
Je veux te remercier. Je t'aime du plus profond de mon coeur.
Je veux te rendre ta vie.
Je ne peux pas.
Si, tu peux.
Je m'ouvre aux autres.
En grandissant, j'avais deux rêves.
L'un était de voir, l'autre de jouer avec les New York Rangers.
Après le miracle d'avoir brièvement retrouvé la vue,
si j'avais à choisir, je préférerais jouer avec les N.Y. Rangers.
Voir, c'était pas mal.
J'ai vu des tas de choses.
Certaines étaient très belles.
D'autres effrayantes.
Des choses que j'ai déjà oubliées.
Un regard particulier dans les yeux de quelqu'un...
Des nuages...
Je garderai ces images bien après que la lumière se soit éteinte.
Et en tant qu'aveugle, je crois que je vois...
bien mieux que quand j'étais capable de voir.
Je ne crois pas vraiment qu'on voit avec les yeux.
On vit dans les ténèbres quand
on ne voit pas ce qu'il y a de vrai en soi,
ou dans les autres, ou dans la vie.
Aucune opération ne peut apporter ça.
Et quand vous voyez ce qu'il y a de vrai
en vous,
alors, vous voyez beaucoup.
Et pas besoin des yeux pour ça.
Tu as faim?
Loupé.
Je passais par là.
Phil m'a dit que tu travaillais ici.
J'ai pensé que tu serais dans le parc.
J'ai foncé, pas vrai?
14 pas jusqu'à l'arbre et on est rentré dedans.
On aura essayé. Tu es heureuse?
J'essaie de l'être.
Je me suis mise à mon compte.
Que fait Duncan?
Des petits centres commerciaux.
Oû est Jessie?
A la maison avec Jennie. Lui, c'est Pierce.
Mon nouveau chien.
Il est gentil.
Salut, Pierce.
Salut, mon grand.
J'ai fini la sculpture.
J'ignorais ce que ça allait donner mais ça s'est bien passé.
J'ai adoré la laisser venir à la vie d'elle-même.
La laisser être ce qu'elle devait être.
Sans être là à pousser derrière ou à douter.
Et le résultat en valait la peine.
J'ai vu l'horizon.
Quelque part, par là.
Même si je ne pourrai jamais le toucher,
ça vaut le coup d'essayer.
C'est toi qui me l'as montré.
Merci.
On marche?
Pour voir ce qu'on voit?
Oui, rien que pour voir ce qu'on voit.
Vas-y, on te suit.
Inspiré par le récit du DR OLIVER SACKS
sur les expériences de SHIRL et BARBARA JENNINGS.
Ils sont mariés à présent et vivent à Atlanta, en Géorgie.
BARBARA sculpte toujours et bien que SHIRL n'ait pas recouvré la vue,
il peint des souvenirs de sa brève incursion chez ceux qui voient.
Sous-titres DVD: Visiontext Ltd
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.