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Depuis toutes les stations allemandes,
du Protectorat et du Gouvernement général,
depuis Bruxelles, Luxembourg et Paris
dans la série "Concerts de nuit"
la Radio de la Grande Allemagne propose :
la Symphonie n° 7 de Ludwig van Beethoven
sous la direction de Wilhelm FurtwÀngler.
Bonjour, mon Général !
Bonjour, Mayer.
Mon GĂ©nĂ©ral, vous ĂȘtes en contre-jour.
MĂȘme un enfant ne vous raterait pas.
Les enfants dorment encore Ă cette heure.
Rentrez.
Je vous en prie.
Qu'est-ce que c'est ?
On dirait un homme qui promĂšne son chien.
Quelle arrogance !
Les Parisiens se croient déjà vainqueurs !
Mayer, mes pilules... Vite !
- J'appelle le Dr Fischer ? - Non.
Respirez lentement, mon Général.
Ătes-vous prĂȘt ?
Oui, mon Général.
Alfred a préparé la voiture.
Mais mon Général...
Ce n'est pas une faveur que je vous accorde,
c'est un ordre.
Apportez cette lettre Ă ma femme.
Et dites-lui que je n'ai fait que mon devoir.
Du chocolat. Pour les enfants.
Mon Général, vos télégrammes.
Bien.
L'ennemi a percé notre défense dans la nuit.
Et les renforts ?
Bien...
Merci.
Ces idiots sont bloqués
du cÎté de Soissons. Les Français ont miné les routes.
Ils seront lĂ Ă midi... sans autres sabotages !
Et l'ennemi n'est plus qu'Ă deux heures de route.
Si Paris tombe, toute la France tombe.
Et les Américains fonceront droit sur l'Allemagne.
Je n'ai plus le choix, maintenant.
On entendra la détonation jusqu'à Berlin !
Je pense mĂȘme qu'on l'entendra encore dans 50 ans.
Et vous, mon Général...
Que ferez-vous aprĂšs ?
Mon devoir.
Vous pouvez compter sur moi.
Je sais.
J'ai confiance en vous, Général...
Merci, Mayer...
Mais comme disent les Français...
Ne tardez pas trop Ă quitter la ville.
Rassurez-vous.
Je serai à Baden-Baden dans la soirée.
Mangez des bretzels au Café Karl pour moi.
Alfred !
Le Capitaine Ebernach et l'ingénieur français sont là .
Faites-les patienter un instant.
Le Général a donné l'ordre de se retrancher un peu partout.
L'ennemi n'est pas au bout de ses peines.
On défendra chaque quartier jusqu'à la derniÚre cartouche.
On va les retenir un bon moment.
Ils sont pas prĂšs d'arriver en Allemagne !
- Je m'en occupe. - Bien.
Ce qui a pris 40 min Ă Kovel prendra plus de temps Ă Paris.
Mais il n'en restera qu'un champ de ruines.
Il ne nous rend pas service de gaietĂ© de cÂur.
Mais vu sa compĂ©tence, je propose qu'il explique lui-mĂȘme.
Ce qui veut dire : plus d'électricité, ni de canalisations,
plus rien...
Immeubles et chaussées s'écrouleront.
Cette zone ne contient aucun explosif :
La Seine fera le travail Ă notre place !
Si on m'avait dit qu'étudier l'architecture
m'aiderait à détruire Paris...
L'Humanité récupÚre vite, Ebernach.
Devant Sébastopol,
j'ai fait sauter la forteresse sans hésiter
pour vous permettre l'assaut.
à Sébastopol, j'ai reçu l'ordre le plus terrible de toute ma carriÚre.
Je parle de la liquidation des Juifs.
Et je l'ai exécuté en assumant toutes les conséquences.
Je sais. Nous avons creusé les fosses.
Et nous les avons comblées.
Aujourd'hui, c'est Paris !
L'Arc de Triomphe sautera en mĂȘme temps que la Concorde.
Cela vous dĂ©gagera l'axe des Champs-ĂlysĂ©es.
L'ensemble ne prendra pas plus de 20 min.
Croyez-moi,
Paris ne sera plus qu'un souvenir.
Beau travail. Les Parisiens se souviendront de vous.
S'il en reste !
Ă combien estimez-vous les pertes humaines ?
Difficile d'échapper à cet enfer.
Il y a un Ă deux millions de personnes en ville...
C'est dĂ©jĂ pas mal. Que vos hommes se tiennent prĂȘts.
Ils le sont déjà .
Une section finit d'assembler les minuteries.
Ce sera prĂȘt d'ici 20 min. Le chef vous appellera.
Son nom ?
Lieutenant Hegger.
OĂč se trouve-t-il ?
Je ne livrerai cette information qu'Ă vous seul.
Bressensdorf !
Surveillez M. Lanvin. Qu'il ne s'éloigne pas.
à vos ordres, mon Général.
OĂč se trouve-t-il ?
à la Chambre des députés, à l'Assemblée nationale.
Mon Général, ma mission est terminée.
Je vous demande l'autorisation de quitter Paris avec mon unité.
Comment ?
Vous voulez partir ?
Avec votre permission.
Le Lieutenant Hegger dirigera les opérations.
Il était avec nous en Ukraine.
Je réponds de lui.
On a besoin de nous ailleurs.
Choltitz, oui...
Berlin ?
Oui, j'attends.
AllĂŽ ?
Vous deux, descendez rue du Mont-Thabor.
Ă l'angle de la rue de Castiglione.
Vous, suivez-moi !
Descendez et vérifiez l'escalier.
Bien, mon Général !
Rien Ă signaler : l'escalier donne bien sur la rue.
Nous avons été coupés. Rappelez Berlin.
Bien.
Qu'est-ce qui se passe ?
J'ai pas le temps !
Choltitz est loin d'ĂȘtre fini. Tu l'aurais vu Ă Kharkov !
Mais j'y étais !
Toi aussi ?
Appelez-moi Bressensdorf.
Bien.
Raccompagnez M. Nordling Ă son ambassade.
Bien, mon Général.
- Lieutenant Hegger Ă l'appareil. - Oui, Lieutenant.
Quoi ?
Quoi ?
Un instant.
Suivez-moi.
Attendez, Bressensdorf.
- Mon Général ? - Oui, j'écoute.
Les minuteries ont été sabotées.
Par qui ?
Comment ?
- Quels sont les dégùts ? - Impossible à prévoir.
Sortez, Bressensdorf.
Seul. Le consul reste ici avec moi.
TrÚs bien, Général.
De combien de temps avez-vous besoin ?
Bon. Vous avez 10 min pour faire le nécessaire.
Pas une de plus.
Que fait-on des résistants ?
Bien, Général.
Je vous tiens au courant.
Chargez !
En joue.
Feu !
Hans ?
Télégramme pour le QG.
Et ma communication avec Berlin ?
L'explosion emportera la structure du pont.
Comme un cyclone.
Puisque c'est du métal, rajoutez 30 kg d'explosifs.
Exactement lĂ , et lĂ : aux points de jonctions.
- D'accord ? - Oui.
C'est réparé ?
Plombs échangés. Contacts vérifiés.
La ligne, s'il vous plaĂźt !
Toujours pas de liaison.
Quelle merde !
J'essaye du toit.
- Conduisez-nous au Général ! - Suivez-moi.
Nous avons un message du ReichsfĂŒhrer SS Himmler.
Bien, SturmfĂŒhrer. Je vais transmettre le message.
Plus rien. Pas possible.
Montre-nous quand mĂȘme.
CollĂšgues, tout pris !
C'est quoi, cette vinasse ?
Ouvre !
Ouvre, j'ai dit !
Donne !
Messieurs.
Nous arrivons de Berlin.
Au travers des lignes...
Un vrai miracle !
Important message du ReichsfĂŒhrer Himmler.
Concernant ?
La destruction de Paris.
Vous devez mettre Ă notre disposition
une section d'éclaireurs.
C'est bien le Louvre, en face ?
Oui.
Le ReichsfĂŒhrer veut mettre certaines Âuvres Ă l'abri.
Vous avez fait tout ce trajet depuis Berlin ?
D'oĂč vient l'essence ?
Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?
On l'a confisquée.
Aux troupes combattantes ?
Aux lĂąches qui fuient l'ennemi.
Ceux que vous avez laissés partir
ou qui sont trop lùches pour défendre la ville !
La tapisserie de Bayeux,
des tableaux de Rubens, deux du Caravage...
Enroulés, sans cadres, pour les charger dans le coffre.
Et la Joconde ?
Himmler ne veut que ceux-lĂ .
Messieurs, vous arrivez trop tard.
Vous refusez un ordre de Himmler ?
StĂŒpnagel, votre prĂ©dĂ©cesseur, sera pendu ce matin Ă Berlin...
Ă un crochet de boucher.
Sa femme et ses enfants aussi, grĂące Ă la Sippenhaft.
Je parie qu'il reste plein de comploteurs comme lui, ici.
Tous des aristos !
- Des nouvelles de Hegger ? - Aucune.
Faites rétablir la liaison.
Et débarrassez-moi de ces pantins !
Lieutenant.
Merci.
Messieurs,
tout Paris est miné.
Dans quelques minutes, tout sautera.
Tous les ponts...
Notre-Dame...
Les Invalides...
La Tour Eiffel.
Ma femme m'avait demandé une carte postale.
C'est tout ce qu'il en restera !
Je peux ?
Oui, bien sûr.
Ăa vous plaĂźt, Paris ?
Plus que la Russie.
OĂč Ă©tiez-vous ?
à Kharkov, dans le "chaudron", avec le Général von Choltitz.
Entrez !
De la part du Commandant Jay.
Bien, sortez. Tenez-vous prĂȘt !
Quoi ?
Impossible de joindre Hegger. Nos lignes sont mortes aussi.
L'ingénieur français doit connaßtre un chemin.
C'est de l'autre cÎté de la Seine, à la Chambre des députés.
La Chambre des députés, bien.
Je dois lui parler personnellement.
Prenez un émetteur mobile.
à vos ordres, mon Général. J'y vais immédiatement.
Attention, un tireur !
Avance !
C'est par oĂč ?
- On peut lui faire confiance ? - T'as une meilleure idée ?
Général, doit-on se mettre en position ?
Quoi ?
L'ennemi est déjà à la Porte d'Orléans.
Et Bressensdorf ?
Il est en chemin. Toujours aucune communication.
Merci. Laissez-nous seuls.
Mon Général, nous ne sommes plus qu'une vingtaine.
Et alors ?
OĂč doit-on se retrancher ?
Au rez-de-chaussée, sur le toit ou ici, à l'étage ?
Quel Ăąge avez-vous ?
18 ans.
Que les moins de 20 ans quittent la ville.
Nous avons tous moins de 20 ans. Sauf 3 ou 4.
Qu'ils restent. Vous autres partez.
Bien, mon Général.
Merci.
Lieutenant Bressensdorf.
Lieutenant Hegger ?
Oui, c'est moi.
Vous ĂȘtes prĂȘts ?
On n'attend plus que l'ordre !
Je suis là pour ça.
Les gars, Paris va avoir son feu d'artifice !
Je dois confirmer mon arrivée au Général.
Confirmer ?
Ici, ça ne marche pas. Il faut aller sur un toit !
Allons-y.
Le Général aussi !
Alors le Général aussi !
- Qui c'est, celui-lĂ ? - C'est mon guide.
De l'air !
Ăcoutez-moi bien, Hegger.
Un instant...
C'est mon dernier ordre.
Merde alors !
On se crĂšve le cul...
3 jours et 3 nuits sans bouffer, sans chier et sans dormir !
Tout ça pour rien.
Non, non, non.
3, 6 et 9 : En position !
Hegger !
Oui, M. le Sous-lieutenant ?
Ta gueule !
Mon Général...
Mayer ?
On a été stoppés à 20 km d'ici.
Je suis désolé.
Un barrage ennemi... Impossible de passer.
Ils nous attendaient.
Vous devez aller Ă Baden-Baden tout de suite !
Mon Général...
Vous ne comprenez pas.
Ils n'étaient pas là par hasard.
C'étaient des Français.
C'était une embuscade.
Sans Alfred au volant, nous serions morts !
Soldats !
Nous allons nous battre une derniĂšre fois.
Et je serai parmi vous, un soldat parmi d'autres soldats.
Sous-titres : Laurent Pelé-Piovani
Sous-titrage : C.M.C.
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