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- J'ai dormi? - Pas exactement, non.
- Les enfants! - Ils sont vivants.
Ils sont vivants. Ils sont en route vers l'hĂŽpital.
- OK. T'es certain? - Oui.
Elle les a juste bien drogués, mais ils sont tous en vie.
OK. C'est bon. Ils sont vivants.
Ils sont vivants.
Elle leur a donné quoi, comme drogue?
Tu veux pas prendre le temps
de te reposer un peu, quand mĂȘme?
Ouais.
Je me suis évanouie, moi? - Hmm-mm.
OK.
Mais ils sont vivants?
Oui, ils sont vivants.
OK.
Puis toi, t'es resté? - Toujours.
OK.
J'ai les jambes tellement molles.
Je vais te ramener chez toi, OK?
Oui.
âȘ I wanna love you âȘ
âȘ Every day and every night âȘ
âȘ We'll be together âȘ
âȘ With a roof right over our heads âȘ
âȘ We'll share the shelter âȘ
âȘ Of a single bed âȘ
âȘ Is this love âȘ
âȘ That I'm feeling? âȘ
âȘ Is this love âȘ
âȘ That I'm feeling âȘ
âȘ Is this love? Is this love? âȘ
- Surprise! - âȘ That I'm feeling? âȘ
T'as acheté ça ou j'avais ça ici?
Non, c'est moi qui l'ai acheté.
Je suis sortie de la salle de bain,
j'ai concentré toute mon attention là -dessus,
puis j'ai oublié complÚtement de me méfier
quand je suis allée pour le faire.
Puis elle m'a pris en joue.
Puis là , je me suis retrouvée comme ça. Et avec la veste...
Hmm.
J'ai ronflé?
Pas que.
âȘ And treat you right âȘ
âȘ I wanna love you âȘ
âȘ Every day âȘ
âȘ Every night âȘ
âȘ We'll be together âȘ
âȘ With a roof right over our heads âȘ
âȘ We'll share the shelter âȘ
âȘ Of a single bed âȘ
âȘ Is this love âȘ
âȘ That I'm feeling âȘ
âȘ Is this love? Is this love? âȘ
âȘ Love that I'm feeling âȘ
âȘ Is this love? Is this love? Is this love? âȘ
âȘ Is this love that I'm feeling? âȘ
âȘ Is this love? Is this love? Is this love? âȘ
âȘ Is this love that I'm feeling? âȘ
C'est bien long.
Elle doit courir auprĂšs de machine.
On est en obstétrique. Y a juste ça,
des machines cardiaques.
D'un coup qu'elle entendait pas le coeur du bébé?
Elle a fait une face bizarre.
Il y a quelque chose qui va pas, je pense.
Non, la machine marchait pas.
Tu me le dis si on te dérange?
Anna,
on a pris son rythme cardiaque avant de partir de la maison.
Puis ça?
Puis?
- Bien, si tu parles pendant... - Excuse.
- C'est beau, beau, beau. - Oui?
J'ai eu tellement peur.
Franchement.
Excuse-moi. Je me contrĂŽle pas. Je m'excuse.
Ăa va aller.
Des fois, j'ai...
j'ai... j'ai l'impression
que t'es pas avec nous, que je suis toute seule dans le projet.
Je m'excuse. Je cours aprĂšs une machine.
Ăa sera pas long. - Ăa va, ça va.
Y a pas de stress. Prenez votre temps.
Y a pas de stress?
Je suis dans le projet, Anna.
C'est juste qu'on vit pas les choses de la mĂȘme façon.
Bien, lĂąche ton cell, puis sois avec nous autres.
Je travaille mĂȘme pas.
C'est des recettes de purée de bébé.
Excuse-moi.
Abricots, carottes...
Excuse-moi. Je m'excuse.
Quand mĂȘme.
Tu travailles beaucoup, Suzanne.
Je pensais que t'allais ĂȘtre plus prĂ©sente.
Je sais.
Mais je donne un petit coup avant que le bébé arrive,
puis aprĂšs, on va ĂȘtre corrects.
De quoi tu parles, tu donnes un petit coup?
Je fais au-dessus de 200 000 par année
et tes parents sont millionnaires.
Ta mÚre a acheté des cuillÚres en or la semaine passée.
On va ĂȘtre correctes.
C'est pas par rapport Ă l'argent, c'est juste...
Je pense pas que je vais ĂȘtre capable de continuer ce mĂ©tier.
Pas avec un enfant.
C'est trop sombre.
Je vais finir l'enquĂȘte que je suis en train de faire
puis... j'arrĂȘte.
Pourquoi tu m'as jamais parlé de ça?
Tu veux pas que je te parle de ça.
Non, je veux pas que tu me parles des meurtres
puis les affaires de mĂȘme,
mais tes doutes, tes angoisses, oui.
Now, you know.
Ăa te fait-tu de la peine de peut-ĂȘtre changer de mĂ©tier?
- Non. - T'es certaine?
Parce que tu vas nous en vouloir, sinon...
Certaine, certaine, certaine.
Tu seras jamais toute seule dans le projet.
Puis je vais toujours ĂȘtre lĂ pour vous deux. C'est promis.
- Je t'aime. - Moi aussi.
- On peut-tu l'appeler Barbara? - Non.
Tu te demandes juste d'y réfléchir.
- J'ai réfléchi. Non. - Pourquoi?
Bien, parce que c'est pas une poĂšte de la Renaissance.
C'est pas le prénom d'une poÚte de la Renaissance,
c'est une chanteuse française.
- Ah oui? - Bien oui.
Elle chante quoi, genre?
âȘ Dis... âȘ
âȘ Quand reviendras-tu? âȘ
âȘ Dis âȘ
âȘ Au moins le sais-tu âȘ
âȘ Que tout le temps qui passe âȘ
âȘ Ne se rattrape guĂšre âȘ
âȘ Que tout le temps perdu âȘ
âȘ Ne se rattrape plus âȘ
âȘ Le printemps s'est enfui depuis longtemps dĂ©jĂ âȘ
âȘ Craquent les feuilles mortes, brĂ»lent les feux de bois âȘ
âȘ Ă voir Paris si beau dans cette fin d'automne âȘ
âȘ Soudain je m'alanguis, je rĂȘve, je frissonne âȘ
âȘ Je tangue, je chavire et comme la rengaine âȘ
âȘ Je vais, je viens, je vire, je tourne et je me traĂźne âȘ
âȘ Ton image me hante Je parle tout bas âȘ
âȘ J'ai le mal d'amour et j'ai le mal de toi âȘ
Hum...
Il va falloir reparler de tout ça, hein?
Je sais, mais pas tout de suite.
Pourquoi?
Je veux pas trop qu'on réfléchisse pour l'instant.
Ă'a jamais Ă©tĂ© ton fort, de toute façon.
SorciĂšre!
Est-ce que je peux t'exprimer une crainte par rapport à ça?
Toujours.
Tu sais, on travaille ensemble.
Ăa sera pas facile conjuguer... - Je sais, je sais.
La derniÚre fois qu'on a eu un différend,
tu m'as boudée au travail.
J'aimerais savoir ta parole
que peu importe ce qui va se passer entre nous deux,
tu vas rester professionnel,
puis tu vas rester mon ami, parce que...
je... je veux pas te perdre.
T'as ma parole, Suzanne.
La mienne aussi.
Puis aussi, je pense que ça sera bien
qu'on garde ça entre nous deux pour l'instant.
Tout Ă fait.
Je peux t'embrasser?
Bien non, je...
Va chier.
Si ça devient plus sérieux, on en parlera
de façon plus officielle.
Pour l'instant, t'es lesbienne et on fait du covoiturage.
C'est ça.
Du covoiturage.
Et j'aime faire du covoiturage avec toi.
- Ah ouais? - Ouais.
Tu me trouves pas trop débutante?
Tu débutes, mais t'as du beat.
C'est François Pérusse, ça?
C'est HélÚne qui m'a fait découvrir.
Je débute, mais j'ai du beat.
Moi, je suis pas débutant. J'ai pas de beat pour autant.
Je suis pas d'accord.
Ah non?
- Non. T'es toujours Ă l'heure. - Ă l'heure?
Quand on fait du covoiturage.
Ah oui! C'est important d'ĂȘtre ponctuel.
Hmm-mm.
OK, viens-t'en.
C'est pas moi qui ai fait ça.
C'est bizarre parce qu'on dirait
que ç'a été fait au pinceau.
En tout cas, la personne qui a fait ça s'est appliquée,
parce que c'est une oeuvre multisensorielle.
Non seulement ça se voit, mais ça se sent.
Bien, c'est moi qui ai fait ça!
Donc, c'est vous qui avez fait ça?
- Oui! - OK, bon.
Bien lĂ , ce qui va se passer, c'est qu'on va vous amener
Ă la salle d'isolement
pour aujourd'hui et pour demain,
le temps de nettoyer votre chambre et toutes vos affaires.
Puis malheureusement, chaque fois que vous allez avoir
des comportements comme ça, c'est ça qui va se passer,
parce qu'on peut pas vous laisser ici, lĂ .
C'est pas hygiénique.
Bien lĂ , c'est mĂȘme pas moi qui ai fait ça.
Bien, vous venez de dire que c'est vous.
M. Vanier, si vous vous ennuyez, lĂ ,
que vous voulez nous voir, vous pouvez nous le dire.
Si vous avez envie de dessiner,
il y a plein de matériel ici pour ça.
Vous allez ramasser ma marde, mes estie.
Bon. Bien, la sécurité s'en vient vous voir.
Suzanne, est-ce que tu as vu le dossier de M. Dallaire?
Oui, c'est moi qui l'ai. Il est sur mon bureau.
OK, parce que j'ai parlé à la dame de l'orphelinat.
C'est gros, lĂ .
OK, bien, veux-tu m'attendre lĂ -bas?
Bien sûr, Suzanne.
C'est moi ou il y a une odeur de merde?
Ăa sent exactement ce que t'es.
C'est trĂšs drĂŽle.
C'est trÚs, trÚs drÎle, ça.
Y a une odeur de merde. C'est ça.
Bon...
Je te le dis tout de suite,
attention aux Ăąmes sensibles parce que c'est pas jojo, hein!
Est-ce que t'aimerais qu'on devienne amis, Ămilien?
Quoi?
Tu voudrais qu'on soit plus proches?
Euh... Non. Je sais pas. Je comprends pas.
Bien, d'abord, pourquoi tu m'appellerais Suzanne?
Mortimer t'appelle Suzanne.
Bien, on fait du covoiturage deux fois par jour.
On se connaĂźt bien.
Ăa se peut qu'il se soit Ă©chappĂ©, oui.
C'est pas juste ça.
C'est toute cette histoire de hiérarchie, en fait,
que je... que je trouve absurde.
On s'appelle tous par nos prénoms, ici.
Mais pas vous.
Je veux dire, en plus d'imposer une distance
en utilisant votre nom de famille, on ajoute la fonction.
"Dre Bien-Aimé."
Je veux dire, c'est carrément pompeux, non?
Utiliser le métier.
Y a personne qui m'appelle criminologue Delcourt.
Puis, est-ce que t'as déjà remis ce principe-là en cause?
Ăa m'a paru Ă©vident, lĂ , maintenant.
Maintenant?
Mais oui, ça nous place automatiquement
en position d'infériorité
alors qu'en fait, vous ĂȘtes pas du tout mon supĂ©rieur.
Puis avec les autres médecins, avant,
est-ce que ça te faisait ça?
Le moment de la prise de conscience est pas important.
Bien moi, je pense que oui.
Ta réflexion est sensée,
mais est-ce qu'elle te serait parue aussi évidente
si j'avais été un docteur?
Arr! ArrĂȘtez avec ça.
Ăa n'a aucun rapport. - Bien non, j'arrĂȘterai pas.
Le problÚme ici, c'est pas que je sois médecin.
Ni que je sois une femme. - Exactement.
Le problĂšme, c'est que je sois les deux.
Non, pas du tout.
Le problĂšme, c'est que vous arrĂȘtez pas d'agir
comme si vous étiez en position d'autorité sur moi.
En fait...
on a juste pas le mĂȘme mĂ©tier.
Hmm-mm.
Je veux dire, oui, c'est vous qui vous occupez
du plan de traitement, quand mĂȘme, mais...
Mais c'est ça.
C'est moi qui décide parce que le patient est
sous ma responsabilité.
S'il y a des erreurs, c'est moi qu'on pointe du doigt,
c'est moi qui suis imputable.
Puis on m'appelle Dre Bien-Aimé parce qu'il s'avÚre
que je suis docteure, de un,
et de deux, parce que j'ai besoin de ce statut-lĂ
auprĂšs des patients parce que c'est moi
qui leur fais accepter le traitement.
Est-ce que tu comprends ça?
Est-ce qu'on peut se parler de M. Dallaire?
Certainement.
Mais je t'avertis, Ămilien, si tu fais
d'autres commentaires sexistes, je vais aller voir la direction.
Je t'ai donné beaucoup de chances.
Je n'ai pas fait de commentaires sexistes, OK?
Je vous ai appelée par votre prénom.
De toute façon, la direction, elle fera rien.
Elle fait juste donner un billet verbal.
Bon, on laissera la direction juger de ça.
Maintenant, si tu veux qu'on soit amis, la réponse est oui.
HĂ©! C'est essoufflant de parler avec vous Ă la fin.
Je n'ai pas envie d'ĂȘtre votre putain d'ami. Merde!
Tu m'appelles Suzanne pour attirer mon attention.
En quelque part, t'es content d'avoir trouvé quelqu'un
d'aussi passionné que toi dans le travail,
puis tu cherches à faire une proximité,
mais tu sais pas comment t'y prendre.
Résultat, pour entrer en contact avec moi, tu me fais chier.
Non, vous, vous faites chier.
Ămilien.
La vie est trop courte
pour rester pris dans des comportements comme ça.
Hein? Décroche.
T'es trop intelligent. T'es trop une belle personne. Ăa se voit.
Bien oui, mais vous arrĂȘtez pas de dire que je fais chier.
Parce que tu fais chier.
Appelle-moi Suzanne dans le privé,
appelle-moi Gertrude si ça te tente,
mais change tes comportements.
Ăa vous va bien, quand mĂȘme, Gertrude.
Je t'ouvre une porte, lĂ .
Ăa serait dommage de la manquer. - Je vais y penser.
Ouais, bien, pense à ça rapidement.
M. Dallaire? - M. Dallaire.
Euh...
Donc, sa soeur...
Sa soeur m'a dit que...
quand M. Dallaire est arrivé chez eux,
hum... il était dans un drÎle d'état.
Il savait rien faire. Il savait pas parler.
Il savait pas lire, écrire.
C'est ça. Il savait rien faire.
Pour un enfant de 11 ans, c'est assez inhabituel, hein?
Oui, c'est bizarre.
Et en fait, la...
bien, la dame de l'orphelinat m'a dit
que c'était pas du tout dû à un déficit intellectuel,
mais Ă de la nĂ©gligence extrĂȘme.
Le pire cas qu'elle ait vu dans son métier.
M. Dallaire, il a jamais été battu,
abusé, violenté, rien de tout ça.
Il a été ignoré par sa famille biologique.
Elle me disait que, en fait,
quand les policiers sont arrivés chez eux
aprĂšs plusieurs signalements et tout,
ils ont trouvé M. Dallaire, anciennement...
- Jacques Ranger. - Oui, c'est ça, Jacques Ranger.
Attaché à un radiateur.
OK.
Il y avait des cordes partout dans la maison:
à l'intérieur, à l'extérieur.
Alors, en fait, ce qu'ils faisaient,
c'est qu'ils le laissaient attaché toute la journée.
Ils lui parlaient pas.
Ils l'éduquaient pas.
Ils l'ignoraient.
Pff... OK.
Ouais, c'est...
C'est pour ça que tout à l'heure, je disais
attention aux Ăąmes sensibles, parce que mĂȘme moi, j'ai...
Enfin, je... VoilĂ .
J'avais les yeux humides, un peu.
Puis toi, t'es... t'es tough.
Ah! HĂ©! Ăa va.
Bon, bien,
c'est sûr que son obsession du feu est liée à ça, là .
Y a des bonnes chances, oui.
Oui, parce qu'en fait, il avait dĂ©jĂ
un comportement obsessif en lien avec le feu en arrivant,
en fait, Ă l'orphelinat.
La dame, elle me disait qu'il arrĂȘtait pas
de mettre le feu aux rideaux.
C'est terrible d'ĂȘtre ignorĂ© par les gens
qui sont supposés nous aimer.
Ăa laisse des blessures immenses.
Oui, ça doit.
- HĂ©... - HĂ©! Salut, Ămilien!
- HĂ©! - HĂ©!
Oh...
M'man! M'man!
Le cadeau. - Ah! Cibole.
Heille! Viens donc.
Tant qu'Ă attendre dans le parking, lĂ .
- Non, je vais pas lĂ , moi. - Envoye donc!
C'est la fĂȘte Ă ton "mononcle", lĂ .
Il est fou, ton frĂšre. Tout le monde te le dit, lĂ .
Je sais pas pourquoi tu t'entĂȘtes.
Je vais t'attendre ici. - Correct.
Mme Dallaire! Je peux vous parler une petite minute?
Heille, toi, Columbo, lĂ , c'est pas le temps, hein!
- Une autre fois! - C'est ça.
- AllĂŽ! - HĂ©!
Bonne fĂȘte, Jacques! - Ah, bien oui...
Bien oui, toi. Ha! Ha!
J'ai su ça que... c'Ă©tait ma fĂȘte, aujourd'hui.
Ouais! Tiens.
- Pour moi? - Non, pour le gardien.
Ha! Ha! Ha! Bien oui, c'est pour toi. C'est ta fĂȘte.
Ah...
OK.
Euh... - Donne-moi ça, là .
Regarde. De mĂȘme. De mĂȘme.
- Ah, oui. - Tiens.
OK. Oui.
Ah...
C'est un vieux modÚle, ça. - Ouais.
T'aimes ça, toi, les vieux chars, hein?
Oui. Bien oui.
Bien, c'est ça. Bonne fĂȘte! Ha! Ha! Ha!
C'est un Cadillac Eldorado.
Eh que les ailes sont "beaux"
aprÚs ça... hein?
T'es capable d'en rĂ©parer des chars de mĂȘme, toi.
Tu t'en rappelles-tu?
OK.
Tu pensais tes aprÚs-midi à réparer
des vieux chars dans la cour Ă scrap.
Hein?
Avec Paul aussi, tu en as réparé.
Paul.
Bien oui, Paul.
Tu t'en rappelles-tu de Paul? - Oui, oui, oui, oui.
Oui, Paul.
- Ah oui? - Oui.
C'est qui, Paul?
Euh... bien, c'est Paul.
Il a quel Ăąge?
Paul, ça?
Bien...
10 ans.
Non, 22.
- Ah, bien non. - Bien oui.
- Heille! - Bien oui.
Ăa fait un petit bout que t'es ici, Jacques.
Je vis ici de moi.
- Ouais, on peut dire ça, ouais. - Ouais.
J'aime pas bien bien ça.
C'est drabe sur un moyen temps.
La bouffe, elle est pas bonne.
Ăa doit pas, non.
Je suis qui, moi, Jacques?
Louise.
Puis je suis qui, moi...
...par rapport Ă toi?
T'es ma soeur, Louise.
Non, c'est pas exactement ça.
Ah non?
Je suis pas ta soeur.
Si t'es pas ma soeur Louise, t'es qui, d'abord, toi?
Laisse faire. C'est pas grave.
Tiens! Ha! Ha! Ha!
Ăa sert Ă rien ce que vous faites, M. Villeneuve.
Vous ne voulez plus parler d'accord, mais plus boire
ni manger, c'est dangereux pour vous: vous ĂȘtes diabĂ©tique.
Est-ce que vous attendez qu'on intervienne?
Selon l'article 11 du Code civil,
"nul ne peut ĂȘtre soumis Ă des soins sans son consentement."
Article 13: "En cas d'urgence,
"le consentement aux soins n'est pas nécessaire
si la vie de la personne est en danger."
C'est pour ça que je dis que ça sert à rien ce que vous faites.
Si ça devient trop dangereux pour vous,
on va prendre les mesures nécessaires pour vous alimenter.
Je veux partir d'ici.
OK?
J'étais ici sur une base volontaire.
LĂ , tout le monde est contre moi.
Vous m'avez piégé parce que j'ai refusé vos avances.
Des avances?
Expliquez-moi ce qui s'est passé.
Vous avez essayé de m'embrasser et j'ai refusé.
Depuis ce temps-lĂ , vous ĂȘtes contre moi.
D'accord. Puis quand est-ce que j'aurais fait ça?
Dre Bien-Aimé a jamais été seule avec vous, M. Villeneuve.
J'ai toujours été là et j'ai jamais assisté.
Elle a fait ça pendant que vous dormiez.
Vous dormez souvent quand je parle.
Je dors pas.
Je laisse juste mes yeux se reposer.
Mensonge.
Donc là , il y a eu France au pénitencier,
des histoires de lettres, moi qui essaie de vous embrasser...
C'est beaucoup.
Je me mĂ©lange peut-ĂȘtre, effectivement.
C'est peut-ĂȘtre pas vous.
C'est tellement confus dans ma tĂȘte encore.
Ah...
Voyons.
Elle...
Diane. C'est ça. Diane. L'autre docteure, là . Diane.
Dre Diane. C'est elle qui a essayé de m'embrasser.
Il faut que je parte d'ici.
M. Villeneuve, c'est impossible
qu'on soit capables d'organiser votre transfert
d'ici votre procÚs, je suis désolée.
C'est quoi, je suis prisonnier ici?
Si vous aviez pas accepté de venir ici,
vous seriez au pénitencier en attendant votre procÚs.
La liberté conditionnelle a jamais été une option pour vous.
Bon, je vais vous laisser vous calmer.
Puis je vous laisse un plateau au cas oĂč.
Dommage que vous mangez pas.
C'est de la lasagne, aujourd'hui.
Elle est bonne, la lasagne.
Il est furax, le Villeneuve.
Pendant un moment, j'ai pensé qu'il allait me sauter dessus.
Je ne l'aurais jamais laissé faire.
Docteur!
- Oui, M. Kostkov. - M. Costco!
Psst! Psst!
C'est Ă propos de Jacques.
Habituellement, on partage une soupe Ă cette heure-ci.
- D'accord. - Il est pas lĂ .
Bien, là , ça se peut que ça lui tentait pas aujourd'hui.
Ăa arrive. Faut pas vous inquiĂ©ter avec ça.
C'est pas normal.
Voulez-vous qu'on aille le voir ensemble?
Bien sûr que non.
Vous savez trĂšs bien que je dois
rester dans mes appartements.
On pourrait faire une petite promenade.
C'est pas loin. C'est juste lĂ .
On n'est pas dans un parc, Dre Bien-Aimé.
C'est dangereux ici.
M. Dallaire, on peut entrer?
Qu'est-ce qui se passe?
Voulez-vous nous dire pourquoi vous ĂȘtes triste?
Pourquoi?
Pourquoi quoi?
Pourquoi que...
ma soeur Louise, ce n'est plus ma soeur?
Comment ça que vous pensez ça?
Bien, c'est ma soeur Louise qui me l'a dit.
Elle me l'a dit, mais ce ne l'est plus.
OK. Attends une minute.
Répétez-moi ça parce que je suis pas sûre de comprendre.
C'est qui, ma soeur Louise?
Elle vient vous voir chaque semaine.
Elle était encore avec vous tout à l'heure, votre soeur.
Non, c'est ça.
Elle me l'a dit que ce n'est plus ma soeur, finalement.
Ah oui, elle vous a dit ça, hein?
Oui.
Je comprends pas dans ma tĂȘte.
Je comprends pas. - Vous ĂȘtes pas le seul.
Regardez, la prochaine fois qu'elle vient, lĂ ,
on va faire une rencontre avec elle,
puis elle va tout vous réexpliquer ça.
Et d'aprĂšs moi, vous allez comprendre.
Ăa vaut pas la peine de s'inquiĂ©ter avec ça. OK?
On s'inquiĂšte pas en attendant.
OK. Bien oui.
M. Costco veut prendre une soupe avec vous.
Ăa vous dit?
Une soupe?
Oui.
Mais avant, on va un peu réajuster les chaussures.
Regarde. J'ai... réussi mes boucles.
Les boucles, c'est super.
Mais vous avez mis vos chaussures Ă l'envers.
Hein?
- Bien oui. - Ah! Bien oui, toi!
C'est des choses qui arrivent. C'est pas grave.
On va s'occuper de ça rapidement.
- Excuse-moi. - Non, faut pas vous excuser.
Hop! - Merci.
- Allez, hop. - Merci bien.
- Hop! - J'ai tué quelqu'un, moi.
On va choisir des moments appropriés pour parler de ça,
hein, M. Dallaire?
Ouais, OK. Pas de trouble.
- Bien oui. - Hmm.
C'est quand mĂȘme des sujets un peu sensibles, vous savez.
Et ça peut faire peur à des gens
d'en parler un petit peu n'importe quand.
C'est vrai, ça. OK. Excusez.
Bien non, faut pas vous excuser.
VoilĂ . On est bons. Hein? - Ouais.
On va se prendre une petite soupe?
- Oui. - Allez, c'est parti.
OK.
OK. Hop!
- De la soupe Ă quoi? - Ăa, c'est la surprise.
- Hein? - Je vous le dis pas.
J'aime pas ça, les surprises.
Enlevez-moi ça.
Enlevez-moi ça! Sont trop serrés!
J'ai mal! J'ai mal!
Ils ont le droit de manger dans les corridors?
Pas vraiment.
Mais dans le but de faire des avancées avec ces deux patients,
on laisse aller.
Quel genre d'avancée on peut faire en mangeant de la soupe?
Ici?
Ici, c'est une petite victoire, ça.
C'est petit Ă petit.
Et souvent, il faut mĂȘme tout recommencer
quand les patients décompensent, ou consomment.
Mais des fois, quand on est patients,
il y a des petits miracles.
Des petits miracles qui sont mĂȘme
des putain de gros miracles.
M. Costco, il est ici depuis plus de 16 ans.
16 ans!
Il Ă©tait jamais sorti de sa chambre par lui-mĂȘme.
Aujourd'hui, il commence Ă le faire
pour aller manger de la soupe.
Ăa prend des gens pour y croire,
des gens qui voient au-delĂ de la maladie.
C'est pas juste une histoire de soupe.
Tu comprends?
Tu vois ce que je veux dire ou...?
Bien sûr.
Oui, allĂŽ?
Ăa coule dans la moustache et ça entre pas dans la bouche.
Elle est arrivée en observation.
C'est... un combat de tous les instants
de ne pas se faire aspirer par la noirceur,
le cÎté sombre de l'existence.
Ă certains moments,
ça me coupe le souffle tellement c'est pesant.
Et il fait tellement noir.
Puis je cherche la lumiĂšre
de toutes mes forces, partout.
Des fois, j'ai vraiment peur de pas la retrouver.
De me perdre en chemin.
Puis...
OK, Ăvelyne, je comprends pas ce que tu fais en ce moment.
Bien, je t'éclaire.
D'accord. Pour?
Pour pas que tu te perdes en chemin.
Me semble que c'est clair. - Wow!
La belle métaphore!
Ăvelyne a raison.
OK, tout le monde, on sort nos cells.
Pour aider Suzanne Ă retrouver la lumiĂšre.
Ah! Non, non, c'est beau.
Let's go, tout le monde. On éclaire Suzanne. Envoye!
- Amen! - OK. C'est... J'ai compris.
Allez-y, tout le monde. Amenez-en des amen!
- Amen! - Amen!
Je suis pas croyante. C'est bon. c'est...
Amen! Amen! Amen! Amen!
Amen! Amen! Amen!
Amen! Amen!
Amen, estie!
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen, amen âȘ
- âȘ Everybody say - Amen âȘ
- âȘ In the morning say - Amen âȘ
- âȘ In the afternoon say - Amen âȘ
- âȘ Amen - Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
âȘ A little higher say - Amen âȘ
- âȘ Every day say - Amen âȘ
- âȘ Clap your hands and say - Amen âȘ
âȘ Everybody say - Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
- âȘ I wanna say amen - Amen âȘ
âȘ Amen, amen âȘ
âȘ Amen âȘ
C'était bien?
Hmm-mm.
T'es pas venue, hein?
Non, mais c'est pas grave.
Tu déconnes? Si, c'est grave.
Bien non.
Faire l'amour, c'est pas juste avoir un orgasme.
Moi, c'est encore nouveau, tout ça.
Te sentir, te toucher, tout ça est le fun.
- T'es certaine? - Hmm-mm.
TrĂšs certaine.
Non.
Pour vrai, Mortimer, c'est vraiment pas...
Amen, ostie.
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen âȘ
âȘ Amen, amen âȘ
- âȘ A little higher say - Amen âȘ
- âȘ Clap your hands and say - Amen âȘ
- âȘ Everybody say - Amen âȘ
âȘ Amen, amen âȘ
Depuis qu'Anna et ta fille nous ont quittés,
tu déverses tout sur moi.
Ta douleur, ta haine,
c'est sur moi que tu la craches.
Mais fais attention de pas nous avaler toutes les deux.
Sous-titrage: SETTE inc.
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