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(musique douce)
(babillement)
(musique douce)
- Dans une poubelle.
Non. La position de ma cliente n'a pas changé.
Ma cliente a largement contribué,
au détriment de sa propre carriÚre.
Alors, aucun motif ne justifie que ses années de travail...
Ah...
(bruit de l'enseigne)
(pleurs de bébé)
(pleurs de bébé)
- Avant d'aller plus loin dans des démarches d'adoption,
vous devez savoir que l'enfant est bien hypothéqué.
- Qu'est-ce que vous voulez dire?
- En ce moment, elle est en sevrage de plusieurs drogues,
assurément transmises par le lait maternel.
Une fracture au bras, la malnutrition,
c'est certain que ça va laisser des traces.
- Pauvre enfant.
- Votre intention est noble,
il n'y a pas de doute, mais...
je vous déconseille d'aller vers l'adoption.
- Pourquoi?
- Vous vous engagez sur une route incertaine
et honnĂȘtement, un paquet de problĂšmes.
Et en plus, vous n'ĂȘtes pas...
Vous n'ĂȘtes pas du mĂȘme monde.
- Mais dites-moi, docteure,
dans lequel de ces mondes
on abandonne un enfant dans le besoin?
- Comme vous voulez.
(sonnerie de bipeur) Excusez-moi.
(musique douce)
- Merci, mon amour. - Merci Ă toi.
(rires)
- (mĂšre, chuchotant) Oui, mon amour.
Mon bel amour...
(pleurs)
(musique douce)
- Vous avez du retard. Vous pensez ĂȘtre enceinte.
Indicateur de grossesse.
Le premier test de couleur fiable vous donnera
une réponse en quelques minutes.
La couleur ne change pas; non, vous n'ĂȘtes pas enceinte.
La couleur change; oui, vous ĂȘtes enceinte.
Indicateur de grossesse.
Un test de grossesse en couleur simple et fiable.
(respirations fortes)
- Ca va?
- Un deuxiĂšme?
On va pas y arriver.
Ca n'a pas de sens.
- Ce sera une drÎle d'expérience.
C'est la vie qui s'exprime.
On croit perdre le sens, mais finalement, on en gagne.
- Ah, Anderson, j'ai pas de patience
pour des phrases pas claires, aujourd'hui.
- On va y arriver. Tu peux compter sur moi.
(ricanement)
- Evidemment, vous comprendrez
que vous devez signer une convention...
- âȘ T'arrives comme un paquebot dans une piscine d'hĂŽtel âȘ
(pleurs)
âȘ Je t'attendais pas de sitĂŽt de ce cĂŽtĂ© du ciel âȘ
âȘ Ici les idĂ©aux s'immolent et se dĂ©chaĂźnent âȘ
- Dodo, maintenant.
- âȘ J'ai pas sauvĂ© ma peau, comment sauver la tienne? âȘ
âȘ Ah, ah, ah âȘ
âȘ Comment sauver la tienne? âȘ
âȘ Ah, ah, ah âȘ
âȘ Comment sauver la tienne? âȘ
âȘ Je suis ton bord de mer âȘ
âȘ Avant le tsunami âȘ
âȘ Et j'ai la peur au ventre âȘ
âȘ En mĂȘme temps que ta vie âȘ (pleurs du bĂ©bĂ©)
âȘ Je suis ton bord de mer âȘ
âȘ Avant le tsunami âȘ
âȘ Et j'ai la peur au ventre âȘ
âȘ En mĂȘme temps que ta vie âȘ
âȘ J'ai pas sauvĂ© ma peau, comment sauver la tienne? âȘ
âȘ J'ai pas sauvĂ© ma peau, comment sauver la tienne? âȘ
âȘ J'ai pas sauvĂ© ma peau, comment sauver la tienne? âȘ
(tic-tac d'une horloge)
(tic-tac)
(Bang!)
(musique douce)
(explications)
(explications)
(musique douce)
(musique douce)
(brouhaha des discussions)
(acclamations)
(musique douce)
- C'est un trĂšs, trĂšs beau jugement.
Hmm-mm.
Je te rappelle.
Enfin!
(Suzanne s'en va.)
(fermeture de porte)
(tic-tac d'horloge)
- Je peux pas croire qu'elle m'a fait ça.
- Elle a eu une urgence avec un patient, Suzanne.
- Bien, je serais venue toute seule.
- Non, ta soeur me l'a dit, ils font pas la chirurgie
si t'es pas accompagnée.
- C'est pas une chirurgie et je serai consciente tout le long.
- C'est une chirurgie quand mĂȘme.
- C'est un avortement, maman. - Moins fort, Suzanne.
- Les gens sont pas venus ici jouer au bingo, lĂ .
On est toutes lĂ pour la mĂȘme affaire.
- Pas obligé de le hurler sur tous les toits.
(profond soupir)
Je peux pas croire qu'elle t'a demandé de venir
sans me le dire.
- Qui tu voulais qu'elle appelle? Ton pĂšre?
Et c'est pas comme si t'avais beaucoup d'amis, ma fille.
Je te signale que j'ai pris congé
pour ĂȘtre ici avec toi, aujourd'hui.
- Merci d'ĂȘtre venue.
- Je serai toujours lĂ pour toi, tu le sais.
(GuylĂšne soupire.)
(Elle se met Ă fredonner.)
- Est-ce que tu fredonnes?
- Ah! C'est possible. Je m'en suis pas aperçue.
- C'est peut-ĂȘtre un drĂŽle de moment pour fredonner.
- Excuse-moi.
Tu serais due pour faire tes ongles.
Il y a Mélinda qui vient demain faire ma manucure.
Est-ce que t'aimerais que je lui demande pour toi?
- Non. - Regarde.
Elle fait de trĂšs jolis motifs. - Hmm-mm.
- Tu t'en fous. - Eperdument, oui.
- Tu penses que je suis superficielle,
hein, Suzanne, mais non.
Prendre soin de soi, c'est vital,
particuliĂšrement les mains, et c'est pas moi qui le dis,
c'est Brené Brown.
- OK.
(GuylĂšne se remet Ă fredonner.)
- Oh, mon Dieu... - Quoi?
- T'es contente. - Mais contente de quoi?
- Que je sois ici, que j'aie couché avec un homme,
que je sois normale. C'est ça qui se passe.
- Non. Ta vie amoureuse ne m'intéresse pas, ma fille.
Tu divagues. - Mensonge.
- Je suis ici avec toi pour t'accompagner
dans une journée difficile.
Pourquoi tu vois du mal partout, Suzanne?
- Je vois pas du mal partout, mais je sais reconnaĂźtre
une réaction de marde quand j'en vois une.
- OK. OK.
Bien, si tu veux tout savoir, lĂ ,
non, je suis pas contente que tu te fasses avorter.
Et c'est qui ça, Mortimer?
Tu l'amÚnes chez ta soeur, mais tu me le présentes pas?
- Ah!
- Suzanne Bien-Aimé, salle 4.
Suzanne Bien-Aimé, salle 4.
- Marche pas trop vite. - Non, chérie.
- Merci. - Tiens.
Bon, tu reviens Ă la maison.
AdÚle va te préparer de bons petits plats.
- Ah, non, non, maman. Il faut que j'aille Ă l'institut.
- Bien non, Suzanne.
J'applaudis ton zĂšle,
mais on va pas travailler aprĂšs une chirurgie.
- J'ai pas le choix. J'ai une patiente qui a décompensé.
Ils viennent de me texter.
- Je préférais que tu reviennes à la maison.
- Je préférais qu'on n'en parle plus.
(grondement de tonnerre)
- Suzanne, c'est pas une bonne idée.
T'es encore dans les vapes. - Pas du tout.
J'ai mĂȘme pas pris d'analgĂ©sique.
Je vais trĂšs bien. J'ai juste des petites crampes.
- Pas juste physiquement.
Ca pourrait te rappeler...
la perte.
Tout ce que je veux dire, c'est que tu dois
prendre le temps de vivre les choses.
- Je comprends ce que tu veux dire, mais je vais bien.
Si je dis que je vais bien, c'est que je vais bien.
Tu m'écoutes jamais. C'est tellement irritant!
- Pardon, pardon.
Je voulais pas, je...
- Je vais trĂšs bien, lĂ . Tu le vois.
Je vais ĂȘtre capable de faire ma journĂ©e.
- D'accord.
- (voix qui casse) Se faire avorter, c'est pas...
c'est pas la fin du monde non plus, lĂ .
- C'est vrai.
- Bon.
Je vais attendre qu'il... qu'il arrĂȘte de mouiller.
- Suzanne... Suzanne....
- LĂąche.
(grondement de tonnerre)
(sanglots)
- Ah, ma fille... Je suis lĂ .
(sanglots)
(sonnerie de cellulaire)
(sonnerie)
- AllĂŽ?
- Bonjour, Dre Bien-Aimé! C'est Laima.
On se demandait si vous arriviez bientĂŽt.
Mme Moisan, là , ça va pas du tout.
- Ah...
Ah bien, tabarnak d'affaire, ostie.
(toux)
(marmonnements mécontents)
Tout le temps les mĂȘmes.
Regarde donc ça, tabarnak.
(musique au violon)
Shirley!
Shirley! - Bien lĂ , attends, lĂ .
- Viens ici, ma doudoune! - T'es allée trop vite, estie.
Triche pas, lĂ . - Je triche jamais.
- Shirley, mon bébé! Viens voir maman.
Elle est ou, Shirley?
- C'est pas un nom de chien, ça. C'est un nom de danseuse.
(rires)
- Vous ne l'avez pas laissée sortir?
- Qu'est-ce que tu dis, toi?
- Elle est ou, Shirley, sti? Elle est enceinte.
Je vous avais dit de fermer la clĂŽture.
- Voyons. Calme-toi. Elle doit ĂȘtre couchĂ©e dans la grange, lĂ .
Elle doit ĂȘtre tannĂ©e de t'entendre.
(rires)
- Tu me l'as piquée celle-là . Je l'avais tantÎt.
- Non, non. - Celle-lĂ , lĂ . Regarde.
Essaye de mettre ça quelque part, voir. Essaye.
Je le sais bien que ça marche pas.
(rires)
(jappements)
- Ah, ouais, mes bébés.
Maman s'en vient. Hein!
(jappements)
Bien oui, c'est Ă votre tour.
Oui, c'est Ă votre tour.
Roméo.
Ginny.
Jackie. Envoie, go. Go, bébé.
Oh, oui! Oh, oui!
Bien oui!
Moi aussi, je t'aime.
Moi aussi. Bien oui. Je t'aime.
Bien oui.
Tu me donnes-tu la patte? Oui, elle me donne une patte.
Tu me donnes-tu l'autre patte? Oui, elle me donne une patte.
(musique douce)
Tu l'as-tu vue, Shirley?
Sais-tu ou est-ce qu'elle est, ma Shirley?
(sifflement)
Shirley!
CĂąline!
Shirley!
Shirley!
Shirley!
(musique dramatique)
Shirley...
(sanglots)
Shirley... Mon petit bébé...
(sanglots) Oh...
(musique dramatique)
(sanglots)
- Tout qu'un matin!
- Bonne journée, Diane,
- Ca va? - Correct.
- Qu'est-ce que t'as? T'as mal aux jambes ou quoi?
- C'est pas ma meilleure journée.
- Elle est loin d'ĂȘtre finie, ta journĂ©e. C'est le bordel ici.
Je peux t'aider avant que la cavalerie arrive?
- Peux-tu aller me chercher des Tylenol?
- Yep, bien sûr.
Non, c'est rien. Ca va, ça va.
- J'aime ça... la camaraderie.
- C'est bien, ça, M. Dallaire. - Oui.
- On vient de recevoir les résultats de ses prises de sang.
Elle teste positive aux amphétamines.
- On a fait une fouille complĂšte,
une fouille de sa chambre, une fouille de l'unité,
mais on n'a trouvé que dalle.
Alors, on sait qu'elle est sous influence d'amphétamines,
mais on sait pas quoi exactement.
- OK. Bien, merci, Emil...
Merci, toi.
Mais là , avec la médication qu'elle prend,
c'est certain qu'elle va tester positif aux amphétamines.
Ca prouve rien.
- Peut-ĂȘtre, mais on est certains qu'elle a consommĂ©.
- Oui, mais légalement, on n'a pas de preuves
et on sait pas plus ce qu'elle prend.
- J'ai donné un PRN par la bouche et ç'a rien donné.
Donc, injection Halopéridol, Lorazépam,
puis rien changĂ©, mĂȘme chose.
Je sais pas ce qu'elle a pris, mais c'est fort en petit pépÚre.
- Elle est ou, lĂ ?
- La sécurité l'a amenée en isolement, puis là ,
elle se pĂ©tait la tĂȘte dans la vitre,
donc ils l'ont attachée en attendant qu'elle se calme,
puis elle s'est toujours pas calmée.
LĂ , y a du sang partout. C'est vraiment pas beau Ă voir.
- OK, bon, bien, on va aller voir ça.
HélÚne? - Oui?
- Quand t'auras deux minutes, M. Vanier vient de se vider
un tube de dentifrice dans les culottes.
Je suis désolée. - Maudite journée, pareil.
(cris de douleur)
(respiration haletante) - Mme Moisan?
Qu'est-ce qui vous arrive?
Vous ĂȘtes ou, lĂ , ici?
- C'est pas... C'est pas ma chambre, ici.
- Vous avez raison. Ici, c'est la chambre d'isolement.
Qu'est-ce qui vous arrive? - J'ai mal Ă mon bord.
- OK, là , pour votre sécurité, j'ai besoin de savoir
qu'est-ce que vous avez pris.
Qu'est-ce que vous avez consommé comme drogue?
C'est dangereux pour vous, lĂ .
- Mon bord! Mon bord!
- Votre bord?
- J'ai mal Ă mon bord!
- Votre bras, vous voulez dire? - Ouais! Mon bras!
Ca pique mon bras! Détache... Détachez mon bras!
- Ca pique ou ça élance?
Ca pique? (gémissement)
- J'ai mal!
Ca va pas. - OK. Inquiétez-vous pas.
- Pour vrai, là . - Inquiétez-vous pas.
Je vais revenir. On va vous aider. OK?
Claude, on va prendre les signes vitaux
de Mme Moisan et on va appeler le médecin.
- Y en a pas aujourd'hui. - Comment ça, pas de médecin?
- Le docteur est juste lĂ le mardi et le jeudi.
- OK, puis on fait quoi si une patiente est sur le bord
de faire un infarctus le vendredi?
Mortimer, lance le code. - OK.
- On va rentrer les patients dans les chambres, svp.
Ca va prendre un défibrillateur.
HélÚne, trouve-moi une planche
qu'on va mettre en dessous de la patiente.
Elle est sur le bord de coder. Diane, appelle le 9-1-1.
Tu dis qu'il y a une patiente en psychose toxique
sur le bord de faire un infarctus.
- C'est pas un exercice, puis je suis pas au courant, ça, là ?
- Non, c'est trÚs réel. - Ah! OK!
- On en est ou? - Euh... le pouls dégringole.
- Défibrillateur. - Parfait.
- OK. Qui a son RCR Ă jour ici?
J'ai besoin d'une réponse maintenant.
- Ca fait dix ans. - Ca fait un bail.
- J'ai pas vu ça depuis l'école.
Ca arrive jamais que quelqu'un code ici.
- J'ai pas mon RCR, mais dans mes cours de survivaliste...
- Merci. Tu peux retourner Ă la console pour les ambulanciers.
- Fuck! J'ai pu de pouls, lĂ .
- On va prendre la planche.
- Je m'en viens! Je m'en viens! J'ai juste trouvé ça, là .
- Ca va ĂȘtre ça. On la glisse sous la patiente.
- OK. - On va commencer le massage.
Mortimer, tu vas y aller en premier. OK.
Tu peux te positionner. - C'est la bonne position, lĂ ?
- Oui, c'est parfait. Tu peux commencer. Un...
Pourquoi j'ai pas de lecture sur le défibrillateur?
- Il n'y a plus de batterie. - On va chercher une batterie.
On continue le massage. - Fuck! L'épi est passé date.
- Tabar... OK, c'est pas grave.
On continue le massage. Stéphane, prépare-toi.
Tu vas le remplacer quand il va se fatiguer.
- Les ambulanciers arrivent!
- C'est ici! Ici!
- On la détache, on enlÚve les contentions.
- Ici!
- La civiĂšre rentre pas dans la chambre.
- OK, on arrĂȘte le massage, on va la dĂ©placer.
Au compte de go.
Un, deux... - C'est bon.
Allez, attention. - C'est parfait ça aussi.
- J'ai sa tĂȘte. - Je l'ai.
- Vous allez ĂȘtre correcte, Mme Moisan.
- Bravo, tout le monde.
- Tout ça aurait vraiment pu ĂȘtre Ă©vitĂ©.
- Ta yeule, Emilien.
- Non. Je vais prévenir la direction.
On n'avait pas Ă accepter cette patiente-lĂ .
C'est tout le département qui en souffre.
Il y a des tĂȘtes qui vont tomber.
- OK, toi, je vais te demander de t'en aller.
- Aller ou? Je travaille ici.
- Je sais pas. Va faire quelque chose ailleurs un petit moment.
C'est beaucoup ce qu'on vient de vivre.
On a tous besoin de redescendre. - OK.
Je m'en vais.
Mais c'est parce que j'allais m'en aller.
- Parfait! - Non, mais juste...
- J'ai jamais,
mais jamais connu quelqu'un d'aussi désagréable.
- Je peux pas croire que t'as...
- Quoi?
- On a déjà couché ensemble.
- A un party de bureau que je qualifierais
de complĂštement Punta Cana.
- Puis? - C'est pas gagné.
Mais bon, son pouls est reparti. - Ils l'amĂšnent ou?
- A l'hĂŽpital Notre-Dame. - OK.
C'est bon, ça. Parfait.
- C'a pas l'air d'aller mieux, toi.
- Non, ça va. Ca va.
(déverrouillage)
(musique douce)
Ca va, toi?
- Ouais.
(sonnerie de cellulaire)
- Dre Bien-Aimé.
Oui, Diane.
Non. Pas d'amis non plus.
Non, elle a coupé les ponts avec tout le monde.
Oui. Bonne soirée.
Bonne soirée.
- Qu'est-ce qui se passe, encore?
- L'hÎpital a appelé.
Il paraĂźt que Mme Moisan ne passera pas la nuit.
Diane voulait savoir s'il y avait...
quelqu'un Ă contacter pour elle, mais non, il n'y a personne.
- Elle va mourir toute seule?
(musique de style comédie musicale)
Excuse, excuse. - Ca va.
(cri)
(cri)
(reniflement)
(reniflement)
- Tabarnak.
Heille! Va-t'en, tabarnak!
Décùlisse, ostie!
(reniflement)
Décùlisse!
J'ai dit non!
(exclamation indistincte)
Ah...
Je lui avais dit, tabarnak d'ostie!
Pas toi! Pas toi!
Heille, là ! Crisse, décùlisse!
Ostie de cĂąlisse!
(reniflement)
- (une des femmes) Crisse de folle! Crisse de folle!
Heille, heille, heille! (rire)
Viens ici, viens ici, viens ici.
Crisse de folle. Estie que t'es laide.
- Ta yeule, ostie! - Crisse de folle.
Ton chien... Ton ostie de chien, il est mort.
(imitation de grognements de chien)
- ArrĂȘte.
- Ostie de chien laid! Tes chiens sont laids.
Il est mort! Ton ostie de chien, il est mort.
On l'a tué, ton cristi de chien. Il est mort. Il est mort.
C'est pas un nom de chien. C'est un nom de danseuse.
Ostie que t'es laide. Ostie de peureuse.
Viens te battre si t'es capable. - Viens-t'en. Viens te battre.
(insultes indistinctes)
- CĂąlisse de chien.
Je vais te les faire manger, tes ostie de chiens!
(voix indistinctes)
- C'est moi qui l'ai. - Non!
(rires)
ArrĂȘte de niaiser. Ah!
(sons lointains)
Heille, heille, heille, heille,
heille, heille, heille...
Non, non, non, non, non...
NON!
- Ca regarde pas bien, hein?
- Votre coeur a de la misĂšre. - Hmm.
Je vais te le dire,
ça fait un bout qu'il a de la misÚre, mon coeur.
Ca m'énerve ça.
Je vais mourir bientĂŽt?
- Les médecins sont inquiets.
- Combien?
- Il y a de bonnes chances que vous fassiez un autre infarctus.
Si vous en faites un autre, il risque d'ĂȘtre fatal.
- Bien correct de mĂȘme.
J'ai pas peur de la mort.
- Vous ĂȘtes trĂšs courageuse.
- On vient au monde tout seul.
Et on finit tout seul.
- Vous n'ĂȘtes pas toute seule.
- C'est vrai, ça. MĂȘme la tour Eiffel, elle est lĂ .
(rires)
- Il dort.
C'est pas rien.
- Donc, ça va finir de mĂȘme.
J'ai tellement souffert.
J'ai tellement fait souffrir.
- Il y a une partie de cette souffrance-lĂ
dont vous ĂȘtes responsable.
Puis il y a une partie qui est due Ă la maladie
et aux conditions dans lesquelles vous avez vécu.
- J'ai jamais été bien nulle part.
MĂȘme pas dans ma tĂȘte.
- J'aurais aimé ça pouvoir vous aider avec ça.
- Moi aussi.
ConnaĂźtre c'est quoi d'avoir la tĂȘte claire.
- Nommez-moi quelque chose que vous avez aimé dans votre vie.
- Mes chiens.
J'ai tellement aimé mes chiens.
Eux autres, ils me comprenaient.
Et avec eux autres, j'étais bonne.
J'en ai sauvé, du caniche. (rires)
Ouais.
J'aurai fait ça de bon.
(mélange de rire et de pleurs)
- Il y a-tu quelqu'un que je peux appeler?
Que vous aimeriez voir? - Qu'ils aillent tous chier.
- OK. OK.
- Je veux pas voir personne. - C'est bon.
- Donc, ça va finir de mĂȘme.
Tu pleures-tu, toi?
- Bien non.
Les psychiatres, ça pleure pas.
(rire)
- Au moins, il y a quelqu'un qui va avoir pleuré pour moi.
- Oui.
- Je suis fatiguée.
- C'est correct, Mme Moisan. Fermez vos yeux.
- Pouvez-vous attendre que je meure avant de partir?
- On bouge pas.
Fermez vos beaux yeux.
- Putain de vie.
- Putain de vie.
("Requiem en ré mineur, K626" de Mozart)
("Requiem en ré mineur, K626" de Mozart)
J'ai besoin d'un verre.
- Il est 3 h du mat'.
- Tu travailles demain, toi? - Non.
- Moi non plus.
- Plus de bars d'ouverts Ă cette heure-ci.
- Ah merde, c'est vrai.
Je t'aurais invité chez nous,
mais j'ai jeté toutes les bouteilles.
- Pourquoi?
- J'ai un petit problÚme avec ça.
- C'est peut-ĂȘtre mieux qu'on picole pas.
Qu'est-ce que t'as depuis ce matin?
- Techniquement, on est demain, lĂ .
- Ouais. Qu'est-ce que t'as depuis hier?
- Je me suis fait avorter hier matin.
- Tu te fous de moi? - Non.
- Pourquoi tu m'as rien dit?
- Bien, je voulais, mais j'ai comme pas eu le temps.
- Et lĂ , t'as mal?
On est Ă l'hĂŽpital. Je peux t'accompagner, si tu veux.
- Non, non, c'est bon.
C'était juste beaucoup.
- J'ai de la téquila à la maison.
- La téquila, c'est bien. - Allez.
(Il gémit.)
- Ouh... - Ah...
Il y a quand mĂȘme quelque chose qui m'Ă©chappe.
- Ah, je le savais. - Attends.
La question se pose.
Comment c'est possible? - Ah...
(rires)
C'est que...
depuis que...
Anna est décédée...
Anna, c'était le nom de ma femme,
depuis, je n'arrive plus Ă ...
Ă faire l'amour.
C'est super gĂȘnant. Je me mets Ă pleurer.
- C'est pas grave. Y a rien qui presse.
- Non, mais je sais, mais c'est...
c'est moi qui avais envie
d'ĂȘtre avec quelqu'un.
Ca me manquait de... d'ĂȘtre touchĂ©e.
Comme... j'y arrivais pas avec une femme,
je me suis dit que j'allais le faire avec un homme.
- Evidemment. (rires)
- Ouais. - Et alors, c'était comment?
- Ecoute, c'est que quand j'ai eu l'opportunité,
ça m'a tellement stressée, je me suis saoulée.
Résultat, je ne me rappelle plus... vraiment.
Je... Je pense que c'était correct.
Et toi, t'as personne dans ta vie?
- A moi, c'est pas simple avec ma mĂšre.
- Ah ouais? Pourquoi?
- Bien, disons qu'elle a...
des petits problĂšmes dans sa tĂȘte.
Elle peut pas habiter toute seule.
- C'est quoi son diagnostic?
- T'es en train de me faire une consultation, lĂ , ou quoi?
- Je m'excuse. Pardon. Pardon. (rire)
- T'inquiĂšte.
- Et t'es... t'es pas en relation Ă cause de ta mĂšre.
- Disons que je suis pas le profil idéal.
Le mec qui vit encore avec sa mĂšre.
- Ah, elle habite ici? - Hmm.
Dans le demi-sous-sol, oui.
- Bien non, au contraire.
C'est trÚs "sédusant"... c'est trÚs séduisant
quelqu'un qui... qui s'occupe de sa mĂšre, non?
En tout cas, je trouve. - Oui, peut-ĂȘtre, c'est vrai.
Mais c'est pas que ça. C'est pas que ça.
- C'est que quoi? - Bien... les femmes...
La game de la séduction, les applications, tout ça, là ,
je suis pas habile avec ça.
C'est pas mon truc.
- C'est une époque trÚs difficile pour les romantiques.
- Je suis pas romantique, moi.
(rires) Ah non.
- OK. - Moi, je peux te dire que non.
- Bon. - Je suis un homme, moi.
- OK. - Oui, un vrai, je peux te dire.
Regarde ça. (Il émet des grognements.)
Ouais. - Ark!
(rire)
- Ca va mieux, ton ventre? - Ouais, merci.
- Allez, on finit celui-lĂ et on s'en prend un petit dernier?
- Carrément! - Allez!
- ArrĂȘte de bouger. - Je ne bouge plus.
- âȘ Tu me demandes qui je suis âȘ
âȘ Je suis de n'importe ou âȘ
âȘ Tu veux trop savoir tout sur moi âȘ
âȘ Si tu veux tout avoir ce que je n'ai mĂȘme pas âȘ
âȘ Alors va-t'en, va-t'en âȘ
- âȘ Tu ne demandais qu'une Ă©paule âȘ
âȘ Pour t'appuyer dans mon lit, dans tes bleus.
âȘ Moi c'Ă©tait facile dans ma tĂȘte âȘ
âȘ Je pouvais dormir et peut-ĂȘtre rĂȘver mieux âȘ
âȘ RĂȘver mieux âȘ
- âȘ Tu me demandes comment je vais âȘ
âȘ Je vais dans une vieille auto âȘ
âȘ Plus chaud qu'en hiver, loin du polaire âȘ
âȘ Avec en mon coeur des ĂȘtres chers âȘ
âȘ Mais tu me fais parler, arrĂȘte âȘ
(craquement du plancher)
(musique sombre)
(gémissements d'étouffement)
- On a reçu une plainte contre vous,
que vous vous moquez des patients,
que vous arrivez souvent en retard
et que vous sentez l'alcool.
D'ailleurs, je suis obligé de l'admettre,
en ce moment mĂȘme, vous sentez l'alcool.
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