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- Nolite Finance, Pierre-Yves Mercier, il a reçu une lettre.
- Des menaces? - Extorsion.
Genre, paie ou saute.
On organise une petite rencontre discrète.
Juste des victimes de l'artificier criminel
qui vous a extorqué.
- T'es ou, Brienne?
- C'est votre fille Brienne, M. Mercier.
(bip)
- Fuck me!
- Sam vient d'activer une charge-pression.
SAM!
NON!
- Tu sais, Sam, c'était un enfant de chienne.
C'est un dinosaure.
C'est un salaud.
Mais c'était mon salaud.
Il était sous ma responsabilité.
- Véro, faut que t'arrêtes de culpabiliser.
Je veux dire, c'est pas toi
qui l'as forcé à mettre le pied sur la piège.
- Non, non, je sais.
Il y a personne qui l'a forcé à être là.
Il était pas obligé.
Je veux dire, il était suspendu,
puis il a décidé de venir pareil,
mais ça aurait dû être moi.
C'est ma faute.
Je suis "jinxée".
- Non, non, Véro, là, j'aime pas ça quand tu parles comme ça.
Ca, ça te ressemble pas.
- Non, non, non, Sam avait raison, je suis "jinxée".
Guillaume, toi, Normand, j'aurais dû voir venir.
- Qu'est-ce que Guillaume et moi, on a à voir là-dedans?
- On m'a rappelé récemment
que j'avais fait passer la vie de 2 étrangers
avant celle de mon propre fils.
- C'est ça, notre job.
C'est ta job, Véro.
Je veux dire, te sauver 2 vies, 3 vies,
si on inclut celle de Guillaume.
Puis, Guillaume, il a sauté à l'eau, puis il est venu t'aider,
mais ça, c'était son choix.
Puis il s'en est quand même bien sorti,
malgré les conséquences de l'hypoxie.
Puis il est pas devenu policier, so fucking what?
Je veux dire, il a quand même une belle vie, il est heureux.
Puis moi, il y a personne qui m'a forcé à boire.
Je me suis mis dans la marde sans toi.
Tu pouvais pas savoir que c'était un piège
et que Matriochka allait frapper
2 fois la même ostie de place.
OK?
- J'ai pas de preuves, là, mais je le sens.
Il est là, puis il nous regarde.
C'est un ostique de crocodile en dessous de l'eau, et il attend.
Puis il tue.
Il va tous nous tuer, un par un.
(soupir)
- La salle des orchidées?
- Au bout du corridor, la dernière salle à gauche.
- Merci!
(sonnerie, vibrations de cellulaire)
- Bienvenue au Madrigal. - Merci!
Le... La salle des orchidées?
- Merci d'être ici.
Votre collaboration est très appréciée.
- C'est possible de faire ça vite?
J'ai un conseil d'administration à préparer.
- Oui, oui, allons-y. On va commencer tout de suite.
Bon, je voulais prendre le temps de vous remercier en personne.
Celui qui vous a rançonné
est devenu notre ennemi public numéro un.
Avec votre collaboration, on espère pouvoir confirmer
certaines informations qui vont nous permettre de l'arrêter.
- Oui, mais on prend un risque.
- A l'exception d'une poignée de personnes fiables,
personne sait qu'on se rencontre aujourd'hui.
- Est-ce que vous êtes là?
- Bien sûr que je suis là. Est-ce que tu m'entends?
- Oui, je vous entends.
- Commence par activer la radio.
(voix robotisée indistincte à la radio)
(bips)
(voix robotisée indistincte à la radio)
Mets-la et verrouille-la.
(soupir)
- Je veux parler à ma fille.
- OK, mais fais ça vite.
(voix robotisée indistincte à la radio)
- Allô?
- Brienne?
- Papa, j'ai peur.
- Mais c'est presque fini.
T'es courageuse, ma grande, hein?
Tu fais ce que le monsieur te demande?
- Oui.
- OK.
Je viens te chercher bientôt.
Brienne?
- Let's go.
- OK.
- Au travail.
- OK.
(voix robotisée indistincte à la radio)
- Ah! Ah!
- Je pensais qu'on était quatre à avoir accepté de collaborer.
Pierre-Yves Mercier s'est désisté?
- Je suis ici. Non! Non, s'il vous plaît.
Faites pas ça.
- Personne bouge, personne fait rien.
- Faites juste ce que je vais vous dire de faire.
- C'est lui qui vous a donné ça? C'est lui qui vous a donné ça.
Il y a quelque chose sur vous.
C'est quoi? - Ta gueule!
(soupir)
Faites juste ce que je vous demande.
Là, vous allez utiliser 2 doigts
pour sortir lentement votre arme.
Vous allez la faire glisser sur la table vers moi.
Vous, vous avez pas d'arme, je pense?
- Non.
- Ton arme!
Ici.
- OK, OK.
On reste cool, OK?
- Pierre-Yves, pourquoi tu fais ça?
- OK, vous allez sortir vos téléphones
puis les mettre sur la table.
Maintenant, vous allez aller vous asseoir par terre,
contre le mur.
Tout le monde, allez vous asseoir par terre contre le mur!
Là, vous allez utiliser ça
pour attacher un de vos pieds à celui de votre voisin.
Vous allez faire la même chose avec vos mains.
Maintenant! Je niaise pas!
Serrez ça solide.
- Si vous savez qui je suis,
vous savez que ça va juste mal finir.
Vous avez encore une chance.
Vous avez encore rien fait qui peut pas se corriger.
On va pouvoir vous... - Vous comprenez rien.
Puis je peux pas vous l'expliquer.
Là, vous allez appeler votre centre de coordination,
le... le CSO.
Vous allez leur dire exactement ce que je vais vous dire.
Vous allez leur dire "code marteau".
Vous allez leur dire que c'est pas un exercice.
- Comment vous savez ce code-là?
- Code marteau, c'est pas un exercice.
Ou on est? Combien d'otages?
Dis-leur qu'ils ont 10 minutes pour évacuer l'hôtel.
C'est tout.
Soyez convaincant.
Je suis prêt à tout faire exploser.
S'il vous plaît.
(ouverture de porte)
(sonneries de cellulaires, sonnerie de téléphone)
- Mais ils sont pas sérieux!
(soupir)
- Refuse le call, Véro. On n'est pas en état pour faire ça.
(sonnerie de téléphone)
- C'est la job.
C'est ça qu'on fait.
Il y a ceux qui tombent, puis il y a ceux qui se relèvent
puis qui continuent à faire la job.
Je le prends.
(sonnerie de téléphone)
- Oui, oui, oui, je fais attention aux fenêtres.
- Pierre-Yves, laissez les autres partir.
Votre meilleure garantie de sortir d'ici vivant, c'est moi.
Personne va faire de folie si votre seul otage,
c'est le DG de la police nationale.
- Chut! Maîtrisez-vous, s'il vous plaît.
- T'attends quoi?
(sonnerie de cellulaire)
(sirènes au loin)
- Puis, on fait quoi? - On attend.
Ils sont 7 gros egos au PCU
à faire le concours de celui qui a la tête la plus enflée.
- Mais c'est un code marteau, un SB, non?
- Oui. Ils savent que c'est un suicide bomber, un kamikaze.
Sauf que le SB, il y a pas juste Casgrain comme otage,
il y a aussi le DG.
- Quel DG?
- Notre DG? Le grand boss.
- Oui, ça complique un peu les choses.
- Ah non, ça change rien, là.
C'est un code marteau, ça veut dire
qu'on devrait être les primes là-dessus.
- La capitaine Augustin est au PCU.
Ses ordres, c'est d'attendre hors de vue.
- Ils sont en train d'essayer de placer les snipers.
- Mais non, mais c'est n'importe quoi!
Si le tireur d'élite n'atteint pas la tête,
s'il atteint la veste, ça peut sauter.
Et s'il y a un dead man switch, ça va sauter.
- C'est pas ma première cabane à sucre, Bachira. On attend.
Au moins, l'hôtel est évacué et le périmètre est sécurisé.
C'est pas une raison de se pogner le cul en attendant.
(soupir)
(sonnerie de cellulaire)
- C'est le négociateur qui appelle.
Si vous me laissez parler, je peux m'arranger.
- OK, on se tait.
(sonnerie de cellulaire)
Oui, je sais.
Je sais, je sais, je sais, je sais, je sais.
- C'est ce que je pense?
(sonnerie de cellulaire)
Il est sur les amphétamines
ou il y a un Bluetooth bidirectionnel.
Dans les 2 cas, on est dans la marde.
(sonnerie de cellulaire)
Je suis l'inspecteur-chef Casgrain, matricule 77643.
Alerte code marteau. Je répète: marteau. C'est pas un exercice.
Je suis à l'Hôtel Madrigal, avec Firmament.
Le SB a attendu mon arrivée.
Il y a 3 autres otages avec nous, tous sous entraves.
Evacuez l'hôtel, mais aucune entrée dynamique.
Le SB savait pour marteau.
Sa veste a des fils qui... - Firmament?
- Le nom de code du DG sur les ondes.
- Ils vont brouiller les ondes?
- Si on brouille les ondes et qu'il a un radio,
il va savoir qu'on va donner l'assaut.
Si c'est Matriochka, la veste est griffée.
- Griffée, tu veux dire?
- Haut de gamme, c'est plein de back-up,
impossible à désamorcer.
S'il connaît nos mots de code,
c'est sûr qu'il connaît notre protocole
de neutralisation des bombes humaines.
Va falloir sortir du plan.
- S'il connaît nos mots de code,
ça veut dire que Matriochka, c'est... c'est un policier?
- Oui.
(soupir)
- C'est pas lui, le gars, qui...
- Oui, c'est celui qui avait
une bombe en dessous de son fauteuil,
le gars des finances, une couple de jours avant la mort de Norm.
- Merde!
- Le tactique attend l'équipement.
Ils veulent voir à travers du mur.
Ils ont des calibres 50.
Ils veulent placer des snipers là et là.
Ils veulent tirer au travers du mur,
mais c'est de la brique,
de l'isolant, du gypse puis du bois.
- Sans déviation du projectile. - Sûr 90%, qu'ils disent.
- Non, mais c'est pas un plan, ça.
C'est un pari, ça va péter.
- Je sais. Fait qu'on va se préparer à entrer.
Jake, tu me prépares un kit SB complet.
Moi, je vais mettre l'habit de la veuve,
puis on va penser comme si on était Matriochka.
- Oui, mais on n'a pas d'ordre d'intervenir.
Tu viens de dire qu'ils veulent tirer Mercier à travers le mur.
- Oui, mais penses-tu 2 secondes que quelqu'un va donner
un ordre qui pourrait tuer le DG
sans que ce soit approuvé par Québec?
Ca va prendre une heure avant que quelqu'un
mette ses culottes.
(bip)
Go pour Echo-1.
- Vous pouvez entrer et évaluer la menace.
Etes-vous tous en état de faire la job?
Sinon, l'équipe de relève est en route.
- Notre cour, nos cochons. - Avec le drame d'hier...
- PCU, Louis McLeod dirait:
"Hier, c'était hier, aujourd'hui, c'est aujourd'hui."
Out pour Echo-1.
OK, mettons, là, que je suis Matriochka.
Puis je veux nous baiser bien dur.
Qu'est-ce que je fais?
- J'aurais au moins une autre bombe de placée ailleurs.
- J'aurais des yeux, des oreilles partout.
- Puis la veste serait pas désamorçable.
Je le sais, ce qu'on va faire. Il s'attendra pas à ça.
Je suis dans la réception, rien d'anormal.
Pas de pièges visibles.
Les caméras de sécurité sont brouillées.
Il a fait ça comment?
Depuis quand?
- PCU à Echo-1. On vérifie puis on vous revient.
- Reçu et compris, PCU.
- OK, j'ai un engin piégé radiocommandé
au-dessus de la porte arrière.
PCU, j'ai la même chose au-dessus de la réception.
Fait qu'on va oublier les entrées conventionnelles.
Le site est piégé.
Présomption forte d'observation hostile.
- Message reçu et compris.
- Echo-2. - A l'écoute, Echo-1.
- Mettez-vous tous les deux en préchauffe.
- On vient te rejoindre?
- Je viens de vous envoyer des images des engins secondaires.
Préparez un plan d'intervention.
- Affirmatif.
- PCU à Echo-1.
Le boîtier de contrôle
des équipements vidéo est au sous-sol.
D'après le gérant de l'hôtel, il y a eu un entretien
par un technicien externe il y a 3 jours.
- Donc, il a au moins 3 jours d'avance sur nous.
Reçu, compris, PCU.
Stand-by pour prise de contact.
- Dans le corridor?
OK.
Ca va commencer.
Je vous en supplie.
Faites pas de niaiseries.
(soupir)
- Je peux te demander pourquoi tu fais ça? Tu veux quoi?
- Taisez-vous.
(fermeture de porte)
- Sierra 4 à PCU.
Aucune cible en vue.
- PCU compris, Sierra-4. No joy.
- Tous les otages sont en vie.
Il y a pas d'évacuation rapide possible.
Ils sont attachés les uns aux autres.
- Qu'est-ce qu'elle fait?
- Son métier.
Restez calme.
Echo-2 et 3,
on va au plan B
parce qu'il n'y a pas d'engins secondaires apparents.
Je vais activer ma caméra corporelle puis je vais zoomer.
- Echo-1, faudrait que tu guides le SB dans kill zone.
- Je ne sais pas qui vous êtes,
mais débarquez de ma fréquence radio.
J'ai pas besoin de distraction.
Je compte 3 charges de pâte blanche triées à la taille du SB
et probablement autant dans le dos.
Total approximatif: 10 à 15 kilos.
Les charges sont derrière des surfaces plastifiées.
On dirait qu'elles sont recouvertes
par des billes d'acier.
- Echo-1, est-ce que je vois bien?
La pâte est striée de jaune.
- Affirmatif, 2.
- OK, c'est possiblement du BITN.
Je répète, Bravo, India, Tango, Novembre.
Onde de choc à 24 000 pieds seconde.
L'habit te protégera pas.
- Compris. Echo-3, tu me fais un estimé de propagation?
- Oui.
Le SB attend que je prenne contact.
Il est bien centré sur moi.
Confirmation, perroquet. Je répète: perroquet.
- Shit! Le SB reçoit ses directives par Bluetooth.
- Qu'est-ce que t'attends?
- Le SB tient un détonateur manuel
et un remote radiocommandé.
Je compte au moins 2 mécanismes de mise à feu
dans des boîtiers scellés.
La veste est cadenassée.
Puis je vois distinctement un contact
si on essaye de couper les cadenas
pour tirer la veste du SB.
- En as-tu déjà vu, des complexes comme ça?
- Non, jamais.
- OK, Echo-1, si je me fie
à la disposition des surfaces cimentées,
blast primaire total à 20 m,
secondaire mortel à 40 m,
potentiel d'effondrement partiel de l'étage supérieur.
- Reçu et compris.
Prenez note, il y a le double,
non, le triple de fils de connexion
entre les charges de 5 couleurs différentes,
puis des lumières d'arbres de Noel qui clignotent.
Bien des distractions pour rien.
Echo-2, je confirme.
On est dans un scénario de Formule 1.
- Reçu et compris.
- C'est quoi, ça, Formule 1?
- C'est un code maison.
Une simulation que Louis McLeod
avait testée sur nous avant ton temps.
Comme dans la Formule 1, 2 voitures par écurie,
on révèle jamais les secrets du moteur aux autres.
Ca veut dire qu'il y a une 2e bombe dans l'hôtel.
- Comment vous avez fait pour vous sortir de la simulation?
Ca a été quoi, le truc? - Il y a pas de truc.
Sur papier, on est tous morts.
Mais l'avantage qu'on a,
c'est qu'il y a pas de caméra dans la salle.
Ca veut dire que Matriochka peut parler au SB,
mais il voit pas ce que Véronique fait.
- Echo-2, priorité à la recherche de la 2e charge.
- C'est ça, Véro. Cherche.
Cherche.
- PCU à Sierra-4. Toujours no joy?
- Aucune cible en vue.
Le tango reste hors de portée.
Hold one.
- Ah! Fait chaud en dedans de ça.
Bonjour, M. Mercier!
Ca faisait un bout de temps qu'on s'était pas vus, hein?
- Pourquoi fallait que ce soit vous?
- La job.
Ce serait le fun si on sortait tous vivants de ça
aujourd'hui, d'accord avec moi?
- Vous pouvez pas m'aider!
- Hé, c'est... c'est bizarre, hein?
C'est toujours quand j'ai ça sur la tête
que j'ai les cheveux ou j'ai le nez qui piquent
ou que j'ai envie d'éternuer.
Ca vous fait pas ça, vous?
Bon, si on laissait les messieurs et la madame sortir,
on pourrait rester ici, vous puis moi,
puis on pourrait peut-être
essayer de vous sortir de votre veste?
Pierre-Yves...
Pierre-Yves, regardez-moi.
Hé, hé, hé!
Regarde-moi. Regarde ici.
Tout va bien aller.
- Elle essaie de te distraire.
Deux de ses collègues viennent d'entrer dans le centre.
Si tu veux sauver ta fille, tu sais ce que t'as à faire.
(grognement)
Vos 2 collègues qui viennent d'entrer,
back up, sinon, je fais tout sauter.
- Echo-2, Echo-3. Hold.
- Holding.
Jake!
- Il y a quelque chose qui marche pas.
Les caméras de sécurité, elles sont pas en panne.
C'est le signal qui est piraté.
Echo-1, le signal des caméras est piraté.
On passe en protocole Luciole.
- Luciole? Je connais pas ça.
Hum!
- Echo-2, Echo-3, fall back.
Ils m'entendent mal.
Ca te dérange-tu si je touche à un bouton
de mon panneau de contrôle, juste ici?
Pas de surprise, promis.
(bip)
Ah, là, ils m'entendent.
Sortez.
Là, Pierre-Yves, on va prendre une grande respiration, OK?
Je te joue pas dans le dos, OK?
Il y a personne qui va rentrer dans la salle.
Je voulais juste m'assurer qu'il y avait pas une autre bombe
qui avait été mise ici par celui qui t'a forcé à venir faire ça.
- Shit!
- Une microcaméra cachée.
Echo-1, luciole confirmée. Je répète, Luciole confirmée.
- Je peux t'aider, Pierre-Yves.
Je peux t'aider à désamorcer ça si tu me laisses faire.
t'as juste besoin de faire 2 choses:
laisser les otages sortir,
coopérer, et rester bien calme.
On a déjà travaillé ensemble une fois,
et ça s'est super bien passé.
Pourquoi ça serait pas la même chose, cette fois-ci?
- Vous comprenez pas.
- Bien, explique-moi.
Parce que je demande juste ça, comprendre.
- Vous comprendriez pas.
- PCU.
Changement de fréquence.
Allez sur la N4.
- PCU à Sierra-4. Fréquence N4 confirmée.
OK. C'est quoi?
- Message gestuel de Echo-1.
Fréquence radio compromise.
Elle demande un hold avec le chiffre 2.
Elle a signé les lettres T-A-P.
- Teste-moi.
- (chuchotant): Je contrôle rien.
Je suis juste une marionnette.
- Personne est obligé de mourir.
Si c'est juste une question de rançon, on peut vous aider.
- Mêle-toi pas de ça.
- Je suis aussi à risque que toi.
- On se tait. On laisse la sergente faire.
- C'est juste une sergente?
- Oui, puis la sergente,
elle vous dit d'écouter le gazon pousser puis de vous taire.
Arrête de penser comme ça, Pierre-Yves.
Il y a personne qui va mourir aujourd'hui
si j'ai mon mot à dire.
- Echo-2 et 3, fréquence urgence N4.
- A l'écoute sur N4.
- Signal gestuel de Véronique. Onde radio compromise.
On fait comme si on est sur écoute,
même sur les fréquences cryptées.
Elle demande un hold sur une 2e entrée.
Jake, elle a signé les lettres T-A-P. Ca te dit quelque chose?
- TAP? Elle veut qu'on tape sur quoi?
- Tapis. Tapis.
- Ca va être compliqué en chien,
mais PCU, je m'en viens vous expliquer,
on va avoir besoin de bras.
- Je vais te dire ce que je pense.
Je pense que t'as le contrôle de 2 bombes,
parce qu'il y en a deux, hein?
Je pense que tu sais que tant ta veste
que l'autre bombe sont radiocommandées,
puis que si c'est pas toi qui la fais sauter,
c'est lui qui va le faire.
Je pense qu'il y a quelqu'un
qui te parle dans l'oreille puis qui nous observe.
Puis je pense qu'il y a un otage aussi.
Ta fille. Je me trompe?
- Calvaire...
- On va faire 2 choses, toi et moi, OK?
On va travailler ensemble, et on va se faire confiance.
- J'ai peur.
- Moi aussi, j'ai peur.
- Le gars qui me force...
vous savez pas de quoi il est capable.
- Non, je sais. Pas idée à quel point je sais.
OK. OK, là, Pierre-Yves, je vais m'approcher de toi, OK?
Et je vais te demander de rester parfaitement immobile.
- Il me demande de vous dire...
d'essayer de désamorcer la veste pour voir.
Il veut voir si vous êtes aussi bonne qu'on le dit.
Ou si vous êtes juste chanceuse.
- On va voir. On peut laisser les otages sortir?
- Pas si vous voulez que je vous laisse toucher la veste.
- Il en aura pas de facile, hein?
OK, euh... sais-tu danser, toi?
Le tango, le cha-cha, ces affaires-là?
- Non.
- OK, parce que là...
je vais prendre le lead.
(soupir)
OK.
Le bouton pression dans ta main droite, c'est pour la veste.
Hein, c'est ça?
Puis le remote dans ton autre main, c'est pour l'autre bombe,
hein, celle dans la salle de bain, c'est ça?
- Comment vous savez ça?
Euh, le boîtier dans le haut de ton dos
est radiocommandé avec le remote que tu as dans la main.
La portée du signal radio est à peu près 5 m.
C'est là que je l'aurais placé.
(reniflement)
OK, Pierre-Yves.
Là, je vais m'approcher de toi,
et on va enlever tout le fla-fla de distractions.
Non, non, non, tu fais ça comme un champion.
Pareil comme la première fois.
Tu te souviens? Continue de pas bouger.
Je te dirais bien: on va juste enlever la veste,
mais la façon dont c'est "wiré",
si je coupe les attaches, ça saute.
- Mais là, vous savez qu'il nous entend.
Et qu'il nous regarde.
Il demande pourquoi vous "jammez" pas tous les signaux.
- Parce que je devine qu'il y a un back-up
en cas de perte de signal
et que ça me sauterait en pleine face.
- Dis-lui qu'elle a raison.
Dis-lui que je sais...
... que vous préparez quelque chose.
- Ce gars-là, il parle trop.
Je m'approche.
(soupir)
Sur le côté droit.
Non, non, non, non, non.
(gémissement)
Bouge pas.
Hé, hé, hé, hé!
Pierre-Yves, Pierre-Yves!
Ca, ça sert à rien.
On peut les arracher, il y en a pas de problème, OK? OK?
Reste avec moi. Reste avec moi.
Je vais toutes les enlever d'un coup, OK?
- Hé, vas-y mollo, t'as pas le droit à l'erreur.
- Si ça saute, Casgrain, je vais le voir
de pas mal plus vite et de pas mal plus proche que toi.
OK.
Là, on va passer aux choses sérieuses, OK?
Echo-2, on va avoir au maximum 15 secondes.
Tiens-toi prêt.
Echo-3? - En position, Echo-1.
Là, je vais m'attaquer aux unités de contrôle.
Gang, si c'est ma dernière seconde,
ç'a été un honneur et un privilège
de travailler avec vous autres.
Je vais enlever mon casque, hein?
Il commence à faire chaud vraiment en dedans de ça.
OK.
Ca achève!
OK.
Là, je vais y aller doucement.
(soupir)
C'est bon. Juste une petite affaire.
On en a une de faite. - Ah!
- C'est bon, on en a une de faite. Bouge pas.
OK.
(petit rire)
- Tu t'attendais pas à ça, hein?
La mort en direct.
Ta-dam!
(bip)
Une minuterie 60 moins, switch au mercure.
Hé! Tu sais quoi?
J'ai une bonne nouvelle pour toi.
Euh... ta fille, ce n'est plus un otage.
On vient de me dire qu'ils ont fait
un raid tantôt pour la libérer.
J'ai pas les détails, mais...
- Ah!
(bips)
C'est fini?
(petit rire)
Vous avez pouvoir désamorcer la veste?
- Je suis désolée. Je suis désolée, Pierre-Yves.
Je suis tellement désolée.
Mais j'aurai pas le temps de te sauver.
Je m'excuse.
- Oh, shit!
Jake, Bachira, maintenant!
(paroles entremêlées, rires)
- Merci!
Les boss voulaient lui parler
et je pense qu'elle voulait prendre genre...
3 douches pour tout faire partir.
- Ca prend longtemps à sortir du nez, l'odeur du sang.
Ouais, elle aura aucune chance, cette bouteille-là.
- Pas si j'ai mon mot à dire. A Sam.
- A Sam.
- Quand j'étais dans les Forces armées,
on avait notre toast aussi.
Je peux?
- Vas-y.
Ah!
T'as raison, je vais ralentir.
Fait que tu vas vraiment partir?
- Ouais.
Notre job, c'est comme un 200 mètres style libre
dans une piscine d'eau sale avec la main attachée dans le dos.
La peur, c'est une ancre d'une tonne attachée à mon cou.
Je vais couler si je sors pas à temps de l'eau.
Et je peux pas me permettre de couler.
Je l'ai promis à Pénélope.
- Oui.
Ca va mal aller pour moi.
Le syndicat a donné un mot d'ordre aux membres.
Tant que Véro est en poste,
personne peut postuler pour devenir PTE.
Ca fait qu'on va faire une super équipe, elle et moi.
Elle brûle ses 9 vies trois à la fois depuis qu'elle est revenue.
- En tout cas...
une chance que c'est pas toi qui "calles" les shots.
- J'aurais "callé" quelque chose d'autre de brillant,
et toi, t'aurais fait ce que je te dis de faire.
- Ah ouais, tu penses ça, toi?
- Ouais, parce que j'ai toujours raison.
Toi, t'as toujours tort, c'est simple.
- Ah!
- Osti que la bosse est faite forte, hein!
Elle avait tout deviné.
Les bombes dans le lobby pour empêcher d'utiliser le SWAT,
la bombe dans la toilette comme plan B de Matriochka
si jamais le SB était neutralisé,
même l'écoute de nos ondes radio, man!
♪ ♪ ♪
- Hé, j'étais sûr que j'allais crever là.
- Bien, je dois te dire qu'au PCU,
on donnait pas cher de votre peau.
- Est-ce que c'était son plan depuis le début
de le faire tirer par le sniper?
- J'ai pas encore eu le temps de la débreffer.
Tu comprendras que j'ai pas demandé à elle
ou à ses collègues de me faire un rapport ce soir.
- As-tu eu le temps de parler avec le boss après?
- Le DG? Pas vraiment eu le temps.
Disons qu'il est plutôt en mode gestion de crise.
Les 3 big shots sont pas de bonne humeur.
- Ah, j'imagine.
- Là, on se retrouve avec un gros problème collectif.
- Je sais.
On peut ne pas en parler à soir?
(coups à la porte, ouverture de porte)
- Bon travail aujourd'hui, Augustin.
- Merci, monsieur.
- Je veux être présent au débriefing.
Je veux rencontrer le tireur d'élite
et aussi naturellement sergente Valiquette.
- Oui, monsieur.
- Mais là, on a 2 gros problèmes urgents.
Le premier, c'est clair que Matriochka
a accès à du renseignement et à de l'équipement policier.
Trouvez-moi ou ça coule, Casgrain.
Vous et moi, on aurait pu y rester aujourd'hui.
- Oui, boss.
- Deuxième gros problème, Matriochka vient d'envoyer
une demande de rançon au ministre.
20 M$, ou sinon, il fait sauter un hôpital.
- Lequel?
- On va le savoir si on paye la rançon.
- La date butoir, c'est quand? - Demain.
- Dure journée à la job?
- Une des plus dures depuis que je fais ça.
- Bien là. Je te regarde, là...
t'es toujours vivante, hum?
T'as pas perdu de staff.
T'es pas plus poquée que quand t'es levée ce matin?
Puis de ce que j'ai entendu aux nouvelles,
tous les otages sont vivants.
Hé, j'appelle ça une belle journée, moi.
- C'est vraiment pas une soirée ou ton humour de salon funéraire
va me faire du bien coach.
Aujourd'hui, j'ai fait tuer un homme.
J'ai pris un homme innocent par la main,
puis je l'ai emmené à sa mort.
- Véronique, mais pas le poids du monde sur tes épaules,
elles sont pas assez larges.
On appelle ça le syndrome du héros.
(petit rire)
- Fuck que je suis pas une héroine!
- Regarde, là, tu vas aller chez vous, tu vas prendre un scotch,
6 pilules, puis tu vas dormir 12 heures.
Tu vas voir, demain, ça va aller mieux.
- Louis, je peux changer de sujet, une seconde?
- Non, mais là, c'est toi qui as "callé" le meeting.
C'est toi qui choisis les sujets.
- Qu'est-ce qui peut rendre un homme assez tordu
pour s'en prendre à une petite fille?
- Je suis pas sûr de te suivre.
- Non. Ha! Laisse faire, ç'a pas rapport. Je déparle.
- Patricia? Euh...
(soupir)
- Tu sais qu'on a perdu Sam hier?
- Ouais.
C'était sa dernière seconde, Véro.
- Ca va s'arrêter quand, ça, Louis?
- Ca arrêtera jamais.
Ca va ralentir, ça va changer, ça va évoluer.
C'est le grind de la job.
Ca va être comme ça jusqu'à ta retraite.
Mais explique-moi donc, la radio parle du gars de l'hôtel,
ton SB.
C'est quoi, l'affaire de sa fille?
- C'était un otage, pas à l'hôtel, mais ailleurs.
C'est ça qui a forcé son père à mettre la veste piégée.
- C'est encore votre Matriochka? - Ouais.
Après ça, sa fille a été libérée.
Je sais pas pourquoi, elle a été déposée devant un hôpital.
J'imagine qu'elle était en choc nerveux.
- Est-ce qu'elle le sait pour son père?
- Je sais pas. C'est là que je m'en vais, là.
- Voyons, pourquoi tu ferais ça? C'est pas ta job.
- C'est moi qui ai pas été assez bonne
pour sauver la vie de son père.
Elle est en droit de savoir comment et pourquoi il est mort.
- Ah mais là, si tu veux te flageller pour quelque chose
qui est nettement au-dessus de ton niveau salarial,
t'as bien en bel, mais moi, je toucherais pas à ça,
même pas avec une pole de 20 pieds.
- Coach?
- Yeah?
- Comment tu sais que c'était sa fille?
- Quoi?
- On est juste une poignée
à savoir que c'est la fille de Mercier.
Comment tu peux savoir ça?
Show time.
Echo-2, Echo-3, si c'est ma dernière seconde, vous sortez.
L'hôpital va devenir radioactif.
Sous-titrage: MELS
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