All language subtitles for Bellefond - Saison 1 Épisode 2 - Mauvaise leçon

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Original subtitles

...

-Mais... Merde !

...

-Merci, maître. -J'ai fait ce que j'ai pu.

Au revoir. -Au revoir.

-Maître !

Faut que je vous parle. -Tout va bien, Camille ?

-Un ami a besoin de votre aide. C'était mon prof préféré.

Avant vous !

Au lycée. -Il a fait quoi, votre ami ?

-Il a été accusé de viol.

-Je veux bien le rencontrer.

Mais je vous promets rien. -Merci ! On prend votre voiture ?

-Je peux me changer ?

-Oui, bien sûr. -Merci.

...

-Voilà. Me Bellefond, voici Romain Delage.

-Merci d'accepter de me rencontrer.

-Vous avez donc été kidnappé ? -Oui, et roué de coups.

Pour le forcer à avouer le viol d'Elise Legrand,

l'une de ses élèves. -Mais c'est elle qui vous accuse.

-Oui. Je sais.

Je comprends pas pourquoi. Maintenant, pour tout le monde,

j'ai agressé cette pauvre gamine. Et voilà ! J'ai ça,

sur mon corps, maintenant.

-Ce matin, son proviseur l'a appelé pour le suspendre de ses fonctions.

-Je vois. La machine à rumeurs est déjà en marche.

Quelqu'un pourrait témoigner en votre faveur ?

Votre épouse ? -Non.

Ils se sont séparés. -J'allais avoir Lola

en garde alternée... Avec cette histoire de fous,

on va m'enlever ma fille. Alors que j'ai rien fait.

Je savais même pas qu'Elise avait été violée.

-Antoine ?

-Audrey !

-Commandante Audrey. Enfin, Passereau.

Que fais-tu là ?

T'es commis d'office ? -Tu es en charge

de cette affaire ? -Oui. J'enquête sur le viol

d'Elise Legrand.

M. Delage, Mlle Legrand vous accuse de l'avoir agressée dans un hôtel

la nuit de lundi à mardi.

Vous étiez où, ce soir-là ? -Je corrigeais des copies chez moi.

-Quelqu'un pourrait en attester ?

-Non, j'étais seul.

Aidez-moi, s'il vous plaît.

-Merci de me prendre en stage à la dernière minute.

-Asseyez-vous.

-Avec ce qui s'est passé l'année dernière,

j'ai loupé pas mal de cours... -Recevez mes condoléances

pour votre mère. -Merci.

Je me donnerai à fond.

-OK, Lucas, bienvenue.

Tu vas tout donner, mais là, y a plus urgent.

Je défendrai pas un prof

qui a violé une élève.

-C'est un super prof. Il est innocent.

-Viol sur mineur par personne ayant autorité, c'est 20 ans.

-"Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente

"jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie

"au cours d'un procès impartial."

-On peut pas défendre la victime ? -Delage a été lynché.

On lui a tatoué le mot "violeur" sur le torse et il est suspendu.

-C'est inadmissible. -C'est vrai que c'est abusé.

-Je fais ce métier pour éviter les erreurs judiciaires.

On prend cette affaire et vous retournez sur le terrain ?

"Chanmax", non ?

-Méga cool !

-C'est pas des rumeurs ?

Vous allez sur le terrain ? -Oui, c'est trop bien.

-Attention : si Delage est innocent,

y a un violeur dans la nature, et rien ne l'empêche de recommencer.

Commandante... -Me Bellefond.

Qu'est-ce que tu fous là ? -Je viens déposer plainte

au nom de mon client Romain Delage pour enlèvement,

séquestration et actes de barbarie. -Tu vas le défendre ?

Il est foutu. Il a même pas d'alibi.

-Et si, avant d'enterrer le dossier et mon client avec, on enquêtait ?

-Me fais pas dire ce que j'ai pas dit.

Une instruction a été ouverte. Evidemment que je vais enquêter.

Proc, t'étais déjà chiant,

alors avocat, j'imagine même pas ! -Toi aussi tu m'as manqué.

-Martin.

Me Bellefond vient porter plainte au nom de son client,

Romain Delage. -Maître.

-Vous défendez

ce malade ?

-Mme Legrand. Bonjour Elise.

-Vous savez le courage qu'il faut pour porter plainte pour viol ?

Raconter à des inconnus ce qu'on a subi ?

Elise voulait pas parler. J'ai dû insister. Et vous ?

Vous cherchez à l'intimider ? -Mademoiselle,

je suis profondément désolé de ce qui vous est arrivé. Jamais

je ne minimiserai les dommages causés par un crime sexuel.

-Mais vous défendez un violeur ? -(Vas-y.)

-Mesdames, suivez-moi. -Allez-y.

Je vous suis.

-Je ne fais que mon travail. -Et moi le mien.

Je t'envoie quelqu'un pour ta déposition.

Sache que je suis de ton côté, Elise.

C'est vrai qu'il faut du courage

pour venir porter plainte.

Je suis désolée de devoir te faire revivre tout ça,

mais plus tu m'en diras,

plus le dossier sera solide contre M. Delage. OK ?

-Je l'admirais tellement.

C'était le meilleur prof du lycée.

Avec lui, tout devient de la poésie. Il dit des trucs,

genre : "Les boutures, c'est le commencement de tout.

"C'est comme une nurserie. C'est là où tout prend vie.

"Où tout est possible." Et ça, moi, j'aimais beaucoup,

car je pense qu'on ne fait pas juste du jardinage.

On crée de la beauté.

Et lui, il le comprenait.

-Qu'est-ce qui a changé ? C'est lui qui t'a donné rendez-vous ?

-Il a commencé à m'envoyer des textos.

Moi, au début, j'étais grave contente.

J'ai halluciné.

Et il a écrit qu'il m'aimait.

-Vous n'avez communiqué que par textos ?

-Il m'a fait promettre de rien dire. Il disait que,

si ça se savait, il risquait gros.

Et que,

parmi toutes les filles du lycée, c'est moi qu'il aimait,

qu'il avait choisie.

-Pourquoi tu m'en as pas parlé ? -Ca a duré combien de temps,

ces échanges de messages ?

-Quelques semaines, peut-être...

Et après, on a décidé de...

Enfin vous voyez, quoi.

On devait se retrouver dans un hôtel, vers 21h.

J'attendais ce moment depuis si longtemps.

...

Mais pourquoi vous faites ça ? Je vous aime, moi !

Il a rien dit, j'étais sous le choc...

Et là, il m'a...

-T'as pas à avoir honte. Ce qui t'est arrivé, c'est pas ta faute.

J'ai besoin que tu me dises ce qu'il t'a fait.

-Il m'a violée.

-Mon petit coeur.

Pardon, je suis désolée.

C'est moi, j'ai rien vu. Si on avait pu en parler,

je t'aurais dit de jamais approcher ces types-là. C'est des monstres.

Je croyais que tu t'en foutais, des garçons.

-Oui. C'était 1a 1re fois, maman. J'ai jamais...

Pardon. -Non, non, non.

T'as pas à t'excuser. C'est pas ta faute, OK ?

Si tu commences à te dire ça, ça va te ronger.

-Est-ce que...

T'as pu identifier Romain Delage ? T'as vu son visage ?

-Non, il faisait nuit. C'est allé tellement vite.

Il était derrière moi. -T'as entendu sa voix ?

-Je sais que c'est lui. Personne d'autre était au courant.

-Canon,

ta nouvelle caisse.

-Elle se traîne un peu.

-Farima change de voiture comme moi de soutif.

-Bon, Lucas ? -Alors...

Les résultats de la visite médicale d'Elise confirment le viol.

-Gardez bien à l'esprit

que si Delage est notre client,

la victime est bel et bien Elise. -Y a des lésions,

mais pas d'ADN : Elise s'était douchée.

-Elle a été examinée 2 jours après les faits. Ca n'aurait rien donné.

-La chambre avait été faite, donc, rien de ce côté non plus.

-Les SMS de Romain ne proviennent pas de son numéro officiel.

-Il a utilisé un prépayé.

-Un hôtel en pleine zone industrielle,

sans personnel humain. -On peut pas faire plus anonyme.

-D'après mes renseignements,

l'agresseur a pris sa chambre via cette caisse.

On rentre son numéro de téléphone,

on paye, on reçoit le code d'entrée de l'hôtel, puis de la chambre.

-Y a pas de caméra à l'entrée : impossible de voir qui entre.

Y a juste celle-là. On y voit un type en capuche

qui prend une chambre et qui paie en liquide.

Il fait en sorte de jamais lever la tête vers la caméra.

Impossible de l'identifier.

-Ca pourrait être Delage ou n'importe qui.

Rien ne prouve que notre client soit impliqué.

La question,

c'est qui en veut à ce point à Elise pour lui faire du mal ?

-Un amoureux transi ? Un ex ?

-Peut-être.

On y va. -Vous allez rencontrer Monique.

-C'est qui, Monique ?

...

Qu'il est lent, Bellefond ! -Ouais.

-Quelle vue !

-C'est beau.

-Ca m'a manqué de pas voir ton petit cul sur ma plage privée !

-Une plage privée ? -Oui.

Réservée aux nudistes.

Non, je déconne !

Mais vous faites ce que vous voulez. Moi, après minuit,

je ne supporte aucun vêtement. -Farima, enchantée.

-Enchantée. Et ce beau gosse ?

C'est Lucas, c'est ça ? -Exactement.

-Camille a bon goût.

-Elle vous a parlé de moi ?

Elle a dit quoi ?

-Mes hommages.

-Monique, voici Me Antoine Bellefond.

-Vous, je vous aime déjà.

Je t'ai préparé ton ancienne chambre.

-T'as habité ici ? Après, on dit que c'est moi la bourge...

La vue... -Farima !

T'as entendu ?

J'ai une ouverture ? -Avec Monique ?

T'as pas lâché l'affaire avec Camille ?

-Non, mais je vais pas lui sauter dessus.

Je suis subtil. -Un peu trop :

Camille sait pas que tu la kiffes. Fonce !

T'es dans l'équipe, maintenant. -Non, j'attends le bon moment.

-OK. Viens pas te plaindre si je te la pique.

-Toi aussi tu la kiffes ? T'es pas sa meilleure amie ?

-C'est toi, sa meilleure amie. -Très drôle.

-Si d'ici une semaine

t'as rien tenté, j'attaque. -Tu déconnes ?

Mais oui, tu déconnes !

Farima, tu déconnes ?

-Là, c'était notre salle détente. On peut se poser ici.

-Il faut découvrir ce qui s'est passé

le soir du viol. Pour cela, vous allez intégrer l'environnement

de notre client et de la victime : le lycée horticole.

Personne ne doit savoir que vous travaillez à la défense de Delage.

-J'ai vérolé le système informatique du lycée

et proposé mes services pour réparer la panne.

Je commence demain.

-Et moi, je fais quoi ? -Vous restez avec moi.

-Quoi ? C'est pas juste.

-Je veux la place de personne ! Farima adore aller sur le terrain.

Je peux rester avec vous, professeur.

Je débarque à peine. -Justement.

Il vous faut plonger dans le bain au plus vite.

Et vous avez de la chance : vous allez revivre vos années lycée.

...

-Et j'ai pris une année sabbatique pour m'occuper de ma mère.

-C'est noble.

Asseyez-vous. Je vois que vous avez le BAFA.

Ca ne sera pas de trop pour contrôler 150 énergumènes.

-J'ai senti une effervescence dans les couloirs.

Il se passe quelque chose ? -M'en parlez pas.

Un des professeurs a violé une élève.

Le lycée va pâtir de ce scandale.

Mais rassurez-vous, j'ai relevé le professeur de ses fonctions.

La pauvre petite, elle, ne reprendra pas les cours

tout de suite. Forcément, tout le monde ne parle que de ça !

-J'imagine. Horrible.

-A la police de faire son travail. Bon, alors, Lucas ?

Quand commencez-vous ? -Quand vous voulez.

-Tout de suite ! -Super.

-Matéo, venez.

Voici Lucas, qui est surveillant, comme vous, désormais.

-Bonjour.

-Faites-lui visiter le lycée.

-Bien sûr. -Je compte sur vous, messieurs.

-La fille pour l'informatique est juste là.

-Entrez. -Bonjour.

-Bonjour.

-Donc, Mme Delage,

vous êtes prof de permaculture au même lycée que votre mari.

-Oui, mais là, je suis en arrêt. Je supporte pas ces commérages.

-Ca doit pas être facile.

-Merci de nous recevoir.

Parlez-nous de Romain.

Mieux le connaître nous aidera à mieux le défendre.

-Vous a-t-il déjà violentée, forcée à avoir des rapports sexuels ?

-Jamais. Romain est un homme doux et attentionné.

-Comment vous êtes-vous rencontrés ?

-Romain venait d'être muté au lycée.

J'avais 17 ans, il en avait 27.

Je le trouvais charismatique et attentionné,

très à l'écoute de ses élèves. -C'est lui qui vous a draguée ?

-Non, c'est moi.

Il refusait mes avances.

Mais à la fête des résultats du bac, on s'est embrassés.

C'était plus mon prof, j'étais majeure...

Et plus tard, on s'est mariés.

Ma famille était contre, mais ils étaient contre tout.

-Romain a été votre échappatoire. -Je lui dois ce que je suis.

Romain aime aider les gens. C'est son côté assistante sociale.

Je lui disais d'être moins proche

des élèves, mais il est comme ça... -Et le divorce ?

Que s'est-il passé ? -Rien d'original.

Il m'a trompée.

La confiance, c'est crucial. J'ai demandé le divorce.

-Il avait Lola en garde alternée ? -Bien sûr.

Ca se passait bien, mais là, je sais pas quoi dire à Lola.

-Que son père est peut-être innocent.

-Ma priorité est de protéger ma fille :

"peut-être", c'est pas assez pour moi.

-Du coup, ça, c'est... -C'est la grande serre.

C'est la saison des cyclamens. Les 2e année font leurs TP,

en ce moment, ici.

Y a quelques turbulents, mais ça va le faire, avec toi.

-T'inquiète.

-Bonjour.

-C'est dingue, cette histoire.

-Ouais. Il a bien caché son jeu, Delage.

Ce type me répugne. -N'importe quoi. Delage est super.

-Grave.

Elise l'a chauffé et assume pas. -Non, c'est pas son genre.

-Vraiment ?

-Elise, elle est coincée.

On dirait même que...

Les mecs, c'est pas son truc. -Ouais, elle a éconduit Driss.

-C'est qui, Driss ? -Il est au rempotage.

Il est à fond sur Elise, mais elle, c'est :

"Je préfère qu'on reste amis."

-Il aime les râteaux. Normal, pour un jardinier.

-Je vais y aller.

A plus tard.

-Nous aussi, on y va.

-Vous l'avez pas ? Râteau, jardinier...

-Non... -Pas grave.

Salut.

Moi, c'est Lucas. Je suis le nouveau pion.

Le proviseur veut savoir si ça va. Vous êtes amis avec la fille qui...

Bref, vous tenez le coup ?

-A ton avis ? Notre pote a été violée par un connard de prof.

Comment tu penses qu'on va ? -Ce gros porc...

-Vous, vous avez rien cramé ?

Elle vous en a jamais parlé ?

-Moi, j'ai bien vu qu'elle était pas comme d'hab.

Toujours sur son téléphone...

Un jour, je lui ai piqué, pour rigoler.

Et j'ai vu que Delage lui envoyait des sextos.

-T'as rien dit au dirlo ? -Elle m'a fait jurer.

Elle voulait rien dire. Moi, j'ai halluciné.

Je lui ai dit de plus répondre, mais elle le kiffait grave.

C'est une super meuf, Elise. Elle mérite pas ça.

-Aucune fille ne mérite ça.

-Bon, si vous avez besoin d'en parler,

hésitez pas.

-Ce serait bien aussi d'entendre la maîtresse de Delage.

-Je m'en charge. -J'ai une piste.

Driss, un élève du lycée.

Il kiffe Elise, mais elle le friendzone.

-Hein ? -Elle veut le garder comme ami.

-Ah ! Comme Camille et Lucas.

J'ai dit une bêtise ? -Non, c'est pas ça, c'est que...

J'ai jamais dit que... -L'amoureux frustré,

ça fait toujours un bon suspect pour un viol.

Mais tout frustré ne viole pas ! -Je confirme.

-J'espère, Lucas.

En tout cas, vous vous débrouillez bien.

Creusez du côté de ce Driss.

La pause déjeuner est finie ! -Oui, on va être à la bourre.

-Oui...

Camille, t'as jamais dit que quoi ?

-J'ai mis les pieds dans le plat ? -Non, vous avez été parfait !

-Tu sais, quand Bellefond a dit... -Quoi ?

-Il a dit : "Comme Camille et Lucas."

-Je vois pas de quoi tu parles. -Et t'as dit...

Hep !

Viens par là, Driss.

Les téléphones sont interdits.

Confisqué. -Quoi ?

Je sortais. -Fallait attendre.

Tu le récupèreras demain.

-Sérieux ? -Laisse tomber.

C'est le toutou d'Audouin.

-C'est abusé. -C'est la règle, les enfants.

-Viens.

-"Les enfants..."

-Grouille !

-2 secondes !

-Tout à l'heure, tu m'as pas répondu.

Farima a parlé de "friendzone",

Bellefond a dit : "Comme Camille et Lucas."

Toi, t'as... -Chut !

-Putain...

C'est Driss qu'a tabassé Delage.

Driss !

-Il veut quoi encore, lui ?

-Driss ! Klaxon.

-J'y crois pas.

-Un problème ? -Je m'occupe de vous après.

Driss Soumaré, Manon Leyrac ?

-C'est qui ? -La commandante Passereau.

-Super.

-Que se passe-t-il ? -Relevez votre manche.

Joli ! Vous l'avez fait vous-même ? -Oui. C'est un crime ?

-Non, mais tabasser son prof, oui. Adjudant, embarquez-les.

Vous deux, avec moi. -Oui, Mme la commandante.

-Que foutez-vous là ? -Avocat stagiaire, ça paie pas.

Je me suis trouvé un petit boulot à côté.

Je répare le système informatique du lycée.

-C'est ça. Moi, je me tape Brad Pitt.

-Y a du progrès, depuis Bellefond. -Pardon ?

On frise l'outrage à agent. C'est qui, lui ?

-Lucas Mori. Je suis pion ici. -En couverture pour Bellefond ?

Ecoutez-moi bien :

si vous foutez la merde dans mon enquête, je vous coffre.

-Pourquoi vous les embarquez ? -Manon tatoue ses copains.

J'ai pas la preuve qu'ils aient agressé Delage,

mais je vais les cuisiner, histoire que votre boss me lâche la grappe.

-Ceci vous aidera. Confisqué dans le cadre de mes fonctions.

-C'est à qui ? -A Driss.

On le voit tabasser Delage. -Vous comptiez m'en parler quand ?

Obstruction à la justice, vous connaissez ?

-Justement, on vous en parle !

-Je voulais qu'il avoue. On l'a filmé pour avoir des preuves.

-Il n'a jamais avoué ? -Non.

Ca nous a mis la rage, alors on l'a tatoué pour que tout le monde sache

que c'est un putain de violeur. -Vous êtes quoi ? Des justiciers ?

Toi, ta copine Manon

et son frère, car c'est sa camionnette, je le sais,

vous allez passer devant le juge. -C'est dégueulasse !

Delage viole notre pote, on lui pète la gueule,

et on va en taule pour ça ? C'est ça, la justice ?

-Oui. On ne peut pas se faire justice soi-même.

-Mais Delage, c'est un violeur.

Un pervers. Ca fait des semaines qu'il joue avec Elise.

-Je sais, j'ai vu les textos.

-Y avait pas que ça.

Ils se sont embrassés. -Quoi ?

-Ca a pas commencé avec les textos. Le gars avait tout prévu.

Il lui roule une pelle, après, il lui dit :

"Je suis ton prof, tu es mon élève, tu l'as mal interprété."

Puis il la chauffe par textos !

C'est pas un truc de pervers, ça ?

-Il fallait nous en parler !

-Ce baiser n'a aucune importance. Je m'en rappelais même plus !

-L'élève qui vous accuse de viol vous a embrassé et vous l'oubliez ?

-Bon, je vais vous expliquer.

A la fin d'un cours, j'ai demandé à Elise de rester.

Elle allait pas bien, je voulais savoir pourquoi.

On a discuté, et elle m'a avoué

qu'elle était amoureuse de quelqu'un,

et qu'elle savait pas si c'était réciproque.

Je sais, tout ça, ça me regarde pas.

Comme un con, je lui ai conseillé de se lancer. Et elle m'a embrassé.

Je savais pas qu'elle parlait de moi ! Donc, elle m'embrasse.

Moi, je la repousse, évidemment.

Je lui dis que je suis désolé si je l'avais induite en erreur,

et que nous deux, c'était pas possible.

Voilà, c'est pas bien méchant. C'est des choses qui arrivent.

Avec Camille aussi, à ce compte-là.

-Camille vous a embrassé ?

-Mais oui...

C'est connu ! Parfois, les élèves projettent sur leurs profs.

C'est comme avec les psys : ça veut rien dire.

-Sauf que ça conforte votre culpabilité

aux yeux de la commandante. Vous n'aviez pas besoin de ça.

-Maître.

-Commandante ! -M. Delage.

-Le baiser dont vous m'avez parlé, c'est un malentendu.

-M. Delage, vous êtes en garde à vue à compter de cet instant.

-Ecoute-le !

-Son téléphone borne à l'hôtel Nuit Express le soir du viol.

Alors ?

-Oui, j'étais à l'hôtel. Mais j'ai pas violé Elise.

Je devais retrouver une autre femme,

qui s'appelle Candice, que j'ai rencontrée sur une appli.

Elle est pas venue.

J'ai rien dit, car si on savait que j'étais là-bas, j'étais foutu.

-Et comme par hasard,

cette Candice donne rendez-vous à mon client dans le même hôtel

et ne vient pas. C'est bizarre, non ?

Les dires de mon client

peuvent être corroborés par les échanges qu'ils ont eus.

-Détendez-vous, on n'est pas au tribunal.

Ces messages ne prouvent rien.

Votre client a pu se les envoyer à lui-même.

-Ca ne tient pas debout. Pourquoi donnerait-il rendez-vous à Elise

pour la violer, sachant qu'elle l'accuserait ?

-Je crois ce que je vois :

votre client était sur le lieu du crime au moment des faits.

Car le viol est un crime.

-Commandante, ça vient d'arriver. C'est le téléphone qui a servi

à envoyer les textos à Elise. Il était dans le casier de M. Delage.

-N'importe quoi. C'est pas mon téléphone, ça.

-Vous l'avez fait analyser ? Ca dit quoi ?

-Pas grand-chose. Y a ni empreintes ni ADN.

-Il a été mis là pour le faire accuser.

-Ou votre client l'a bien nettoyé. -Ou il a simplement été piégé.

-Ton client me facilite la tâche.

-Tu n'as aucune preuve contre lui. Que du circonstanciel.

-Sinon, que font Camille et ta nouvelle recrue au lycée ?

-Ils font des petits boulots à côté, car les temps sont durs.

C'est la crise. -Te fous pas de ma gueule.

On n'est plus dans la même équipe. Je suis gendarme, t'es pénaliste.

Au boulot, on n'est pas copains. Fais gaffe : que tu te grilles toi,

ça te regarde. Mais grille pas tes stagiaires.

Et ça peut pénaliser tes clients.

-Très drôle, le jeu de mots.

"Pénaliser"... -Je déconne pas.

-"Pénaliste, pénaliser"...

-Passereau avait l'air vénère. -C'est ton impertinence

qui l'a énervée. -Elle ne peut rien contre vous.

On a une nouvelle priorité :

la fameuse Candice.

Ca sent le coup monté. Delage l'a jamais rencontrée :

ils communiquaient via une application.

-Ce genre d'applis donne rarement accès à ses données.

-Ca va, Farima ?

Vous êtes bien silencieuse...

-J'ai eu la meuf avec qui Delage a trompé sa femme.

Une de ses anciennes élèves... -Encore ?

-C'était son élève y a 15 ans, croisée sur un site de rencontres.

Elle a voulu se taper son prof de l'époque. Mais c'est glauque.

-Carrément. -Ce mec,

je le sens pas. Sa femme et sa maîtresse ont été ses élèves.

Il est accusé de viol par une élève qui l'a embrassé... Une de plus.

Hein, Camille ?

-Quoi ?

De quoi tu parles ? -C'est ma vie privée, là !

-Non,

car vous m'avez demandé de défendre Delage.

Puis-je vraiment me fier à votre jugement

le concernant ?

-C'est pas parce qu'il me plaît que je le crois innocent !

-C'est faux. Farima a raison de vouloir comprendre qui est Romain,

savoir quel prof il est, comment il est perçu par sa hiérarchie...

C'est en comprenant qui il est qu'on trouvera qui veut le piéger.

C'est lié à un truc qu'il a fait. -Lui ou Elise.

-Ou les deux. -Exactement.

Comme on n'a pas accès à Elise, on se concentre sur Delage.

Camille, on ne peut pas garder que le meilleur de chacun.

Un bon avocat doit avoir une vue d'ensemble, appréhender l'individu

dans sa globalité, avec ses qualités et ses défauts.

Ensuite, on peut le défendre.

...

-Ca va ? -Oui.

Je réfléchis. -Dis plutôt que tu fais la gueule.

-Je fais pas la gueule.

T'aurais pu amener ça autrement.

-Tu embrasses ton prof, accusé de viol,

et nous, on apprend ça comme ça. -J'étais pas la même, à l'époque.

-C'est sûr.

Je t'imagine pas dans un lycée horticole.

-Quand j'étais ado, j'avais du mal à me faire des potes.

Je me faisais emmerder.

Du coup, je séchais les cours et je traînais sur mon ordi.

-Une geek, quoi. -Si tu veux.

-Delage trouvait dommage que je n'utilise pas mes capacités.

Il m'a prise sous son aile.

-Et t'as trébuché dans sa bouche. -T'es lourde.

-C'est ce qui s'est passé.

Ton truc, c'est les vieux ? -J'étais jeune et paumée.

Et Delage m'a mis un stop direct.

C'est pour ça que je sais qu'il est innocent. Il en a pas profité.

Il m'a conseillé de devenir avocate pour défendre les gens.

-Il a eu raison : master de droit, stagiaire de Bellefond...

-Mais si je m'étais trompée ?

Sur ma carrière, sur Delage... T'as raison, Farima :

j'étais sous son charme. Comme sa femme, comme Elise,

comme toutes ses élèves... Ca fait quoi de moi ? Je suis qui ?

-T'es pas sérieuse ?

Tu vas pas tout plaquer comme ça ? -J'en sais rien.

-Camille...

-J'ai besoin d'être seule. Ca ira mieux demain.

-On est mieux notés si on dort pas ?

-Non : si vous trouvez le coupable.

-J'ai pu avoir le numéro du profil de Candice, rien d'autre.

-C'est déjà super. Je l'envoie à Audrey.

Elle remontera peut-être jusqu'à son utilisateur. Bravo, Camille.

-Merci. On y va ?

-Bellefond aussi te trouve super, tu vois ? Y a pas que moi.

-J'y suis, dimanche, à la voile. Si ça te chauffe,

peut-être qu'on se croisera.

T'es là depuis combien de temps ? -3 ans, à peu près.

-OK. Ca se passe bien ?

-Elise n'est pas du genre aguicheuse.

Delage a pété les plombs.

-Lui qui défendait les élèves...

-Et nous donnait des leçons de pédagogie.

-Faut se méfier des donneurs de leçons.

-Je t'ai fait un café.

-Non, merci.

-Et t'es prof de quoi ?

-De français. -OK.

-Et toi ? -Excuse-moi, je dois y aller.

La pauvre.

Ca doit pas être facile pour elle.

Faut avoir du cran pour revenir ici après ce qu'a fait son mari.

-Ex-mari.

Ils sont en instance de divorce.

Tout le monde la regarde de travers alors qu'elle a rien fait.

C'est dur. Surtout pour la petite Lola.

-C'est qui, Lola ?

-Leur fille. Elle est chou.

Tu la verrais... -T'as l'air de bien la connaître.

-J'ai fait du baby-sitting.

Mais si j'avais su... -Si t'avais su quoi ?

-Ce soir-là. Claire se faisait son 1er ciné depuis des mois,

je gardais la gamine,

et pendant ce temps, Delage violait Elise.

-Tu pouvais pas faire grand-chose.

-C'est sûr.

-Sinon, comment faire copain avec le dirlo ? Il me prend la tête.

-Si tu veux te le mettre dans la poche, parle-lui de films.

C'est son kif. Il se fait un ciné tous les lundis.

-Merci pour le tuyau.

Tu fais quoi ?

-Le tuyau.

-OK... J'y vais. -Ouais.

On frappe.

-Mlle Moreau. Vous vouliez me voir. -Oui, j'ai identifié le problème.

Je vais vous montrer.

-Montrez-moi ça.

-Vous voyez ces lignes ? Tout le système est vérolé.

-Si vous le dites, mon petit. -Le problème,

c'est que ça prendra du temps de tout nettoyer et sécuriser.

-C'est pas un problème, restez le temps que vous voulez.

-D'accord.

-Vous vouliez me dire autre chose ? -J'ai été l'élève de M. Delage.

Je comprends pas comment il a pu changer à ce point.

Cette histoire de viol, c'est incompréhensible.

-Il a un problème, ce type.

Complexe de supériorité, je suppose.

A toujours vouloir se mêler de tout...

J'aurais dû le renvoyer

après l'affaire Crotoy. -Comment ça ?

-L'année dernière, une de ses élèves, Magali Crotoy,

avait des marques de coups. Delage l'a vu et ne m'a rien dit.

Il a fait avouer à la gamine que sa mère maltraitait ses enfants.

Delage a fait un signalement à l'ASE.

Il a pas lâché l'affaire jusqu'à ce que Magali et ses frères

soient retirés à leur mère et placés.

-C'est une bonne chose, non ?

-Il a agi dans mon dos. J'ai tout découvert

le jour où un jeune homme est venu coller une droite à Delage.

C'était Bastien Crotoy, le grand frère de Magali.

-T'as trouvé le propriétaire

du numéro que Camille a trouvé ? -Candice,

le soi-disant rancard de Delage ? C'est un prépayé.

Celle qui l'a vendu n'a pas reconnu Delage, mais elle se souvient

qu'y avait pas un portable, mais 2. -L'un a servi

à parler avec Elise en se faisant passer pour Romain,

l'autre à parler avec Romain en se faisant passer pour Candice.

-Voilà : Delage a été piégé.

-T'es en boucle, Antoine. SMS.

-Une info ? -C'est pour une autre affaire.

-Je t'ai à l'oeil. -Vous aimez ce que vous voyez ?

-On a une autre affaire ?

-Camille a une autre piste. Venez.

...

Bastien Crotoy ? -Oui. Vous vouliez me voir ?

-Me Bellefond, Farima Al Thani.

Nous représentons M. Delage,

victime d'un passage à tabac, cette semaine.

Vous l'avez agressé y a quelques mois.

-J'ai rien fait. -Où étiez-vous,

lundi soir ? -Je bossais.

Demandez à mon patron. J'ai rien fait, même si j'aurais adoré...

Votre client est un connard.

-Pour avoir fait placer vos frères et soeurs ?

-Il savait que je voulais récupérer leur garde.

Je savais ce qu'ils subissaient, j'ai vécu la même chose avant eux.

Mais je voulais pas qu'ils aillent en foyer.

-Mais Delage a fait un signalement. -Ca sera dur de les récupérer.

Le chien grogne.

-Je suis désolé de vous dire ça,

mais en travaillant la nuit, aucun juge ne vous les aurait confiés.

Delage n'a pas eu tort. -C'était pas à lui de décider !

Il voulait avoir le beau rôle !

Il a gâché la vie de 3 mômes, et la mienne avec !

Putain !

-On a vérifié. Bastien Crotoy bossait le soir du viol.

-Y avait des rôdeurs sur le chantier,

les gendarmes se sont déplacés. -Tout repose sur la relation

entre Delage et Elise. -Faudrait avoir sa version à elle.

-J'ai une idée, mais il faudra coller à mes instructions.

-Ca marche. -Tant qu'elle colle pas Camille.

-Tu m'as parlé ?

-Non.

-Elise ? Bonjour, je m'appelle Farima.

Je suis journaliste, je voulais savoir si...

-Bonjour.

-Vous êtes qui, vous ? -Je m'appelle Farima.

Je tiens un blog sur les violences faites aux femmes. Je me demandais

si Elise accepterait de témoigner. -Non. On les connaît, vos trucs

de féministes à la con. Ca se retourne contre les victimes.

Les gens se lâchent : "Elle l'a bien cherché, elle l'a provoqué."

-Votre peur est légitime. Mais y a qu'en témoignant

qu'on fera changer les mentalités. -Je vous ai dit non.

C'est clair ?

Ma fille a assez souffert comme ça. Soit vous prenez la porte,

soit Médée vous fout dehors.

Aboiements.

...

-OK. Euh...

Désolée de vous avoir dérangées.

Gentil, Médée.

Gentil... -Putain...

J'y crois pas !

-Attends.

Farima, c'est ça ? -Oui.

...

-J'avais trop honte.

Je voulais que personne le sache.

Je voulais même plus aller à l'école.

J'ai dit à ma mère que j'étais malade.

J'aurais pas eu le courage de voir Delage

et de faire comme si de rien n'était.

-Tu devais être terrifiée.

-Après les cours, Driss est passé.

Il a vu que j'allais pas bien et a cru que c'était à cause de lui.

-Comment ça ?

-La veille, avant que j'aille à l'hôtel,

il est venu me voir. Il a dit qu'il était amoureux de moi,

qu'il voulait qu'on sorte ensemble. J'ai dit que c'était juste un ami,

c'est tout. -Il a pas dû apprécier.

-C'est sûr, il a dû être triste.

Voilà, il est venu me voir, il a vu les bleus sur mes bras.

Il a voulu savoir qui m'avait fait ça.

Et moi, j'ai craqué. Je lui ai tout raconté,

alors que je voulais que personne le sache.

Et là, il a pété un câble.

Je pensais pas qu'il tabasserait Delage comme ça.

-Driss savait que t'avais rendez-vous avec Delage à l'hôtel ?

-Non, personne le savait. J'allais surtout pas lui dire.

J'arrivais pas à m'en débarrasser,

et moi, je voulais voir Delage à l'hôtel, et j'étais en retard.

-A quelle heure t'es arrivée à l'hôtel ?

-J'avais rendez-vous à 21h,

mais à cause de Driss, j'étais en retard de 30mn, peut-être ?

C'est un peu flou dans ma tête.

-Normal. Pour la victime, le traumatisme est si violent

que tout devient flou.

Les faits se mélangent, le temps passe différemment...

-J'arrête pas de me dire que si j'étais restée avec Driss,

que j'avais pris le temps de lui parler,

Delage en aurait eu marre de m'attendre et serait parti.

Et rien de tout ça ne serait arrivé.

-T'es floue.

-Très bien. Merci, Mme la juge.

Claire a demandé et obtenu une ordonnance de protection.

Romain n'a plus le droit de voir sa fille jusqu'à nouvel ordre.

-Non... Il va être anéanti.

-Farima,

Elise maintient sa version des faits ?

-Justement, y a un truc pas clair.

Camille, t'as le bornage des téléphones d'Elise et de Delage

le soir du viol ? -Oui.

Tiens. -Merci.

Ah oui...

-T'as trouvé quelque chose ? -Oui, peut-être.

Ca vous dit d'aller faire un tour en voiture ?

Le moteur vrombit. Conduite sportive.

...

-Ca va ? -Je vais gerber.

-T'es tarée !

-Vous êtes des petites natures. -Que donne le chrono ?

-16 minutes 05.

-Je viens de prouver que Romain Delage n'a pas pu

violer Elise Legrand. -Quoi ?

-Il faut 16mn pour aller

de l'hôtel au domicile de Delage. -En faisant des excès de vitesse.

-Et en risquant la vie des gens. -Or, le téléphone de Delage

a activé la borne près de chez lui à 21h50.

Ca signifie qu'il a quitté l'hôtel au plus tard à 21h34.

-Et s'il roule comme un dingo. -Exactement. Elise a déclaré

être arrivée à l'hôtel à 21h30. C'est faux. Elle y est arrivée

à 21h46. -Le bornage le prouve.

Il s'écoule 12mn entre le départ de Delage

et l'arrivée d'Elise. Il n'a donc pas pu la violer.

-Ouais, meuf ! -Meuf, tu gères de ouf !

-Attendez... Driss et Elise se sont disputés ce soir-là ?

-Peu importe.

On se réjouit : on va sortir notre client de garde à vue !

-Putain...

C'est pas possible !

-Ils rigolent pas, ici. -On va nettoyer ça.

-Pour le tatouage aussi ? Un coup de lessive ?

-On va publier des démentis dans la presse.

Votre nom sera lavé.

-Salaud ! -Il est relâché ?

-J'y crois pas ! -Rentrez vite !

-C'est toi qui as violé ma fille ! -Rentrez !

-Avoue ! Avoue !

-J'ai rien fait !

Je vous jure que c'est pas moi.

-Calmez-vous ! Mon client a été innocenté !

-Espèce de taré !

Je te reconnais, toi ! T'es la journaliste, c'est ça ?

Qu'est-ce qu'elle fout là ? -Du calme.

-Elle travaille pour vous ?

-Sale pointeur !

-Dégueulasse !

-Vous me dégoûtez.

-Non, t'as pas le droit.

-Enfoiré ! -C'est incroyable.

-Non, restez loin des fenêtres.

Passereau pourrait...

-J'essaye de l'appeler.

-S'il vous plaît.

-Vous aussi vous êtes de son côté ? -C'est pas lui qui a violé Elise.

Il a été innocenté. -A quoi bon porter plainte alors ?

C'est bien joli, vos histoires

de libération de la parole, mais ça sert à rien.

Ce taré est libre, et ma fille va passer sa vie terrée dans un coin.

Lui, il va retourner au lycée comme si de rien n'était,

et il va recommencer. Vous trouvez ça logique ?

Il l'a bousillée.

Comment pourrait-elle se sentir en sécurité face à son violeur ?

Elle a peur. Moi, j'ai peur !

Vous savez ce que c'est, avoir peur pour son enfant ?

-Je sais, oui. Moi aussi, je suis une maman. Je vous comprends.

Je trouverai celui qui a agressé votre fille, mais c'est pas Delage.

-Elle l'a reconnu ! Ma fille ment pas !

-On a des preuves. Il a rien fait. Faut le laisser tranquille.

La colère mène à rien. Driss a un casier !

-Je veux juste qu'on rende justice à ma fille. C'est pas compliqué.

Elle doit se reconstruire.

-Elle y arrivera quand on aura trouvé et puni le vrai coupable.

-OK. Si c'est pas ce taré qui l'a violée,

promettez-moi de trouver celui qui a fait ça.

-Je vous le promets.

Je vais le trouver.

-Vous devriez partir quelques jours.

-Se comporter comme un coupable ? Pas question.

Je veux voir ma fille,

c'est pas compliqué. -Bon, j'ai une mauvaise nouvelle.

Claire a demandé et obtenu une demande de protection.

-Quoi ? Protection de quoi ? Ca veut dire quoi ?

Attendez...

Elle sait que j'ai été innocenté : pourquoi m'enlever ma fille ?

Et ma fille, elle va penser quoi, si elle voit pas son père ?

Elle va les croire eux !

Elle croira que son père est un violeur !

Non, je dois voir ma fille et lui dire que je suis pas un violeur.

Qu'elle sache que c'est faux ! -Je vous comprends.

Demain, on rentre à Marseille.

J'irai voir la juge.

Elle changera d'avis et l'ordonnance sera levée.

Ca prendra un peu de temps, mais surtout,

restez patient et ne cherchez pas à voir Lola. OK ?

Tout va s'arranger.

-Lola ?

Lola !

-Papa ! -Viens là, ma chérie !

Tu m'as tellement manqué.

-Ca fait mal ? C'est pour ça que t'étais à l'hôpital ?

-Ca ? C'est un bobo de rien du tout.

Et quand je te vois, j'ai plus mal du tout.

-Tu veux un bisou magique ? -Oui !

Disparu ! -Lola, tu viens ?

C'est l'heure du bain. -Allez !

Qu'est-ce qui t'a pris ?

Comment t'as pu me faire ça ? -Quoi ? On t'accusait de...

Je voulais juste protéger Lola. -La protéger ? De moi ?

-C'est pas le moment. Tu devrais y aller.

-Papa, qu'est-ce qui se passe ? -Tu vois ?

Tu lui fais peur.

-Elle a pas peur ! Tu crois que je pourrais vous faire du mal ?

-C'est bon, on se calme. Pose-la.

M'oblige pas à appeler les flics.

Regarde dans quel état tu l'as mise.

-Je te laisserai pas me prendre ma fille.

Tout va bien, ma chérie.

Papa va bientôt partir, OK ? Mais je reviens.

D'accord ? Je reviens très bientôt.

Je t'aime, mon coeur.

-Les jeunes, c'est l'heure de la pause.

C'est leur rituel, quand on a gagné une affaire.

Vous inquiétez pas, ça sera bref. -Je m'inquiète pas !

J'adore ça !

...

-Venez, professeur. -Si je viens, je twerke.

-Non ! Je veux pas voir ça !

...

-C'est pas ça, twerker. Ca, c'est le "Gangnam Style".

Essayez de twerker du dos. -Non, je vais me déboîter un os.

-Moi, si je fais ça, votre patron va tomber amoureux.

-Essayez, au moins.

-J'essaierai, mais dans ma chambre, et seul.

Amusez-vous, vous l'avez mérité.

-Merci, bonne soirée.

...

-Regardez.

-Ouais !

-Eh ouais, ma gueule !

...

Farima met un slow.

...

-Tu sais, j'ai la réponse à ta question : qui tu es ?

Ben, t'es Camille. Celle qui est toujours là pour ses potes,

qui m'a filé ses cours pendant que je m'occupais de ma mère...

Et quand elle est décédée,

t'as été là à chaque fois que j'étais en bad.

Un seul de tes sourires, et...

...

-Pardon.

Je suis désolée.

C'est trop le bordel dans ma tête, je peux pas.

...

-Ca veut dire quoi, TIG ? -Travail d'intérêt général.

-On va nettoyer des forêts. -Ton frère aussi ?

-Non, il s'est chopé du sursis, il est majeur.

Nos parents sont vénère ! -Désolée, c'est à cause de moi.

-Non, t'y es pour rien. -C'est cool que tu sois là.

Tu restes pas enfermée chez toi.

C'est cool.

-Eh, c'est Delage !

Qu'est-ce qu'il fout là, ce pervers ?

-Gros porc ! -Arrête !

-Casse-toi ! -Arrête !

-Il arrive.

-Manon,

tu pouvais pas la fermer ?

-Vous êtes contents ?

Vous êtes fiers de vous ?

Ma vie est foutue. -La nôtre aussi.

A cause de vous, on a un casier.

-Et la vie d'Elise ? -J'ai rien fait !

C'est pas moi qui ai fait ça ! Je te jure, c'est pas moi.

-Ferme ta gueule ! La regarde pas ! -Tu fais le bonhomme,

mais ça se trouve, c'est toi qu'as fait ça ! T'es amoureux d'elle !

-Stop ! Arrêtez ! -Arrêtez !

-Stop ! -Arrêtez !

-Arrête !

-Elise,

c'est pas moi. -Regarde !

Elle te croit pas ! -Ce serait mieux que vous partiez.

-Barrez-vous !

-Elise...

Tu sais que jamais je pourrais te faire un truc pareil. Hein ?

Tu sais quoi ? Je te le prouverai. -Driss !

Tu vas où ?

Ca va, Elise ? -Ca va.

-Ca va aller.

-Je sais que c'est toi qui as violé Elise.

Téléphone.

...

-C'est Delage.

Oui, Romain ?

Audrey, tu m'expliques ?

-On a retrouvé le corps de Driss Soumaré.

-Quoi ? -Que s'est-il passé ?

-Votre client se bat avec lui hier soir.

Ce matin, on le retrouve le crâne fracassé.

-J'ai tué personne.

-Vous inquiétez pas.

On va vous sortir de là. Comptez sur nous.

-J'ai tué personne.

-Votre future ex-femme vous a appelé hier soir ?

Vous êtes allé voir votre fille. Vous n'en avez pas le droit.

Vous vous battez avec Driss et lui fracassez le crâne ?

-Je ne l'ai pas tué !

Je suis pas débile ! J'ai été innocenté !

-Le problème,

c'est que vos empreintes sont sur l'arme et sur le lieu du crime.

-Mais... -C'est évident !

Ce sont ses outils ! C'est son lieu de travail ! Le contraire

aurait été étonnant. -Vous aviez les clés de la serre ?

-Oui.

-Donc, vous aviez accès au lieu du crime,

vos empreintes sont sur l'arme du crime,

et Driss vous a molesté, ce qui constitue un mobile.

Chez nous, on appelle ça "tiercé gagnant".

-C'est un cauchemar.

Ca y est, vous m'avez jugé. C'est plié, je suis coupable.

-Ne vous inquiétez pas. On vous a innocenté une fois, on le refera.

Vous êtes contente, commandante ?

Vous avez le coupable idéal.

Pour moi, le meurtrier n'est autre que le violeur.

-Alors ? -C'est pas bon du tout.

Delage jure que c'est pas lui, et je le crois.

Pour moi, celui qui a violé Elise a tué Driss.

On trouve le violeur, on a le meurtrier.

-Audouin. -Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

-C'est lui qui nous a envoyés vers Bastien.

-Pour brouiller les pistes ? -Audouin a lui aussi accès

à la serre et aux outils. Il veut redorer l'image du lycée,

il reçoit des journalistes...

-En piste.

-Je reviens de chez les parents de Driss. Ils sont dévastés.

-Une tragédie de plus

pour votre établissement, après le viol d'Elise Legrand.

-M'en parlez pas. Mon téléphone sonne sans arrêt.

Certains parents

changent leur enfant d'école... C'est quoi, votre journal, déjà ?

-"La Provence du Nord".

Si vous voulez redorer l'image de votre lycée, c'est important

que vous soyez au-dessus de tout soupçon.

Où étiez-vous le soir du viol d'Elise Legrand ?

-Rassurez-vous, je suis innocent.

Comme tous les lundis, j'étais au cinéma.

Mme Delage peut en témoigner.

-Vous étiez au cinéma avec la future ex-femme du mis en cause ?

-J'ai pas dit ça : je l'ai vue, on s'est même salués.

Mais moi, j'ai vu tout le film. -Pas elle ?

-Elle est partie 15mn après le début. J'étais près de la sortie :

je l'ai reconnue.

-C'est fermé.

Un chien gémit. -Salut, toi.

Tu dois être Médée. -Vous êtes pas le bienvenu.

-Je sais.

Mais j'en ai le droit. Mon client a été innocenté

du crime qu'a subi Elise. Je peux donc demander à lui parler.

-Vous manquez pas de culot.

-Ma fille a été violée et vient de perdre son meilleur ami.

Déjà qu'elle culpabilise... Non, elle va pas parler avec vous.

De toute façon, c'est toujours notre faute.

-Vous aussi ? Vous avez subi la même chose qu'Elise, n'est-ce pas ?

-J'ai mis des années à pouvoir revivre normalement.

J'arrivais pas à faire confiance aux hommes.

J'ai eu beaucoup de chance de rencontrer mon mari.

-Ca a dû être terrible pour vous quand il est mort.

-Il souffrait tellement

que ça a été presque un soulagement.

Vous savez ce que c'était, sa plus grande peur ?

C'était de laisser Elise sans père. Et moi, je lui ai promis

que je pourrai m'occuper d'elle seule, que tout irait bien.

Et je...

-Vous n'y êtes pour rien, Christelle.

On peut pas protéger son enfant de la vie.

-Si. Je l'ai pas assez prévenue.

Si je lui avais raconté mon histoire, on n'en serait pas là.

-Christelle, c'est pas Delage qui a fait du mal à votre fille.

Pas plus qu'il a tué Driss.

-Vous savez,

ce gosse, je le connais depuis qu'il est tout petit.

Ils sont à l'école ensemble, avec Elise, depuis le CP.

S'il a choisi horticulture, c'est que pour être avec elle.

J'arrive pas à me dire que je le reverrai plus.

Que je le verrai plus se faufiler derrière le bar

pour faire des câlins à Médée.

Que je les verrai plus s'éclater de rire tous les deux,

parce qu'il faisait le pitre...

J'ose même pas aller voir ses parents.

J'ai peur d'affronter leur douleur.

-Y a trop de souffrance, faut que ça s'arrête.

C'est la même personne qui s'en est prise à Elise et à Driss.

Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?

-Hier soir. Là. Il venait juste de se battre avec Delage.

Il était hors de lui parce que ce con l'a accusé d'être le violeur.

Il voulait retrouver le coupable lui-même, c'est sûr.

-Il l'a retrouvé. Et cet homme l'a tué.

-C'est ma faute.

Si, c'est de ma faute.

Pourquoi je l'ai pas gardé ici avec moi ?

Je l'ai même pas vu repartir.

Pourquoi je l'ai pas gardé là ?

Hein ?

-Aidez-moi à retrouver le coupable. Pour Driss.

Et pour Elise.

-OK. Suivez-moi.

Mon coeur.

Ca va ?

M. Bellefond aimerait te parler. -Bonjour.

-Je vous en prie. Viens.

Il pense que c'est le même homme qui s'en est pris à toi et à Driss.

-Ca veut dire que Driss m'a pas...

-Les gendarmes en ont la preuve. Pendant que tu étais à l'hôtel,

Driss a été flashé sur son scooter. -Du coup, il est mort

en pensant que je le soupçonnais. Il a dû m'en vouloir tellement !

-Non, c'est à celui qui t'a fait du mal qu'il en voulait.

-Il t'a appelée,

après la bagarre ? -Non.

-Tu n'as rien remarqué de bizarre dans ton entourage ? Un changement

de comportement ? -Non, je crois pas.

-T'es sûre ?

-Ah si...

Hier, j'ai eu l'impression que quelqu'un était entré ici,

dans la chambre. -Ici ?

-On a volé un truc ?

-Non. Je voulais écrire dans mon journal intime, et...

J'avais l'impression que ma chaise était pas comme je l'avais laissée,

ma souris non plus...

C'est juste une impression. Peut-être que je deviens folle.

-Pendant que je bosse,

vous bronzez ?

-On lit le journal intime d'Elise. -Je trouve ça intrusif.

-Je pense que Driss

a fouillé l'ordi d'Elise. Et c'est ainsi qu'il a retrouvé le violeur.

-C'est pas Audouin : ce soir-là, il était au ciné.

Et qui il a croisé ? Claire Delage.

-On savait qu'elle était pas chez elle : elle a pris un baby-sitter.

-Sauf qu'elle est partie

au début du film, après avoir salué Audouin, comme pour avoir un alibi.

-"Il est gentil, mais bizarre. Il m'a proposé d'aller boire un verre,

"mais j'ai refusé. La prochaine fois, je dirai oui."

Un autre jour : "Il m'a encore dit

"que j'étais super jolie. Ca m'a fait grave plaisir,

"même si j'aurais préféré que ce soit M. Delage qui me le dise."

-Elle parle de Driss ?

-"Il m'a encore complimentée.

"La différence d'âge me gêne avec lui, pas avec M. Delage."

-Audouin ?

-"Il m'a proposé d'aller boire un café. Je lui ai dit

"que j'étais amoureuse d'un autre. Il n'a pas insisté.

"Maintenant, je suis juste une élève,

"et lui, juste un pion." -Matéo !

-Il draguait Elise, et elle l'a envoyé balader.

-Vous avez vu les dates ?

3 jours après qu'elle l'ait jeté, les textos de Delage commencent.

-Farima, suivez-moi.

Bonjour madame. -Bonjour.

-Des gendarmes

sont venus vous voir à propos de 2 téléphones

achetés chez vous. -Oui.

-Reconnaissez-vous ce jeune homme ? -Non.

Jamais vu. Par contre, j'ai repensé à tout ça depuis la dernière fois.

Les 2 téléphones, c'est une femme qui les a achetés.

-Vous êtes sûre ? -Oui.

Les gendarmes cherchaient un homme. Ca m'est revenu après.

-Bon, merci. -Attendez.

Cette femme, ce ne serait pas elle ?

-Si.

C'est elle.

-Candice, c'est vous.

Une femme qui connaît parfaitement Romain

et lui écrivait ce qu'il voulait lire.

Vous saviez comment le séduire.

-J'ai réussi à l'attirer à l'hôtel.

Mais ce qui s'est passé ensuite, c'était pas prévu.

Je voulais juste obtenir la garde de ma fille.

Qu'il souffre comme moi j'ai souffert.

-Vous avez cherché à vous venger.

-Oui, mais jamais il a été question qu'Elise soit violée.

J'avais surpris le baiser d'Elise et Romain.

Je les ai poussés à se retrouver à l'hôtel.

Matéo devait les photographier.

En installant le doute dans la tête de la juge,

j'aurais eu la garde de Lola.

Le lendemain, pas de nouvelles de Matéo, pas de photos...

Puis j'ai appris que Romain avait été tabassé

pour avoir violé Elise.

C'est là que j'ai compris que Matéo avait commis l'irréparable.

-Et vous vous êtes retrouvée prise à votre propre piège.

-Je m'en veux tellement.

Je me déteste pour ce qui est arrivé à Elise.

Je pouvais rien dire. Je me serais rendue complice de Matéo,

et j'aurais perdu ma fille à jamais. C'était pas possible.

J'avais déjà perdu Romain. Si je perdais ma fille en plus...

Autant mourir.

Alors, j'ai rien dit.

-Comment avez-vous réussi à embarquer Matéo là-dedans ?

-Delage, c'est un pédophile.

Il touche sa fille de 6 ans. Quel homme fait ça ?

-Claire vous a dit ça ?

-Ouais. Elle voulait pas porter plainte.

Elle voulait pas infliger ça à Lola. Raconter à la police,

les analyses, le procès... Je la comprends.

La pauvre Lola, ça l'aurait suivie toute sa vie.

Claire faisait ça pour la protéger. -OK.

Elle vous a manipulé. Elle vous a exposé son plan, et vous...

Vous avez été partant. -Oui. Sur le coup, oui.

-Mais Claire vous a jamais demandé de violer Elise ?

-J'ai pété un plomb. Elise est arrivée en retard à l'hôtel...

Romain venait de partir, je pouvais pas le laisser s'en sortir ainsi.

Je sais pas pourquoi j'ai fait ça, mais je me suis dit que j'allais

le faire accuser d'agression si je m'en prenais à Elise.

Je voulais juste lui faire peur. -Juste lui faire peur ?

Vous lui avez pas seulement fait peur... Vous l'avez violée !

-Je voulais pas. Je voulais pas...

Elle non plus, elle a jamais voulu.

Elise, elle a jamais pris ne serait-ce qu'un verre avec moi.

Moi, j'étais fou amoureux d'elle.

Je l'ai frappée, elle a cru que j'étais Delage, le plan marchait.

Elle m'a dit : "Pourquoi tu fais ça ?"

Et elle a dit une phrase qui m'a fait vriller.

-Elle a dit quoi ?

-"Je vous aime, moi."

C'était lui qu'elle aimait. Pas moi.

Alors que j'avais été patient !

J'avais tout fait bien ! J'avais pas été lourd, rien !

Et elle aimait ce gros porc qui violait sa fille.

-Et Driss ? -Quoi ?

-Il avait découvert que c'était vous le violeur d'Elise ?

C'est pour ça que vous l'avez tué ?

-J'ai pas eu le choix.

-C'est toi qui as violé Elise.

-N'importe quoi ! -Ah ouais ?

T'as jamais été à fond sur elle ?

T'as jamais voulu sortir avec elle ? Hein ?

Mais c'est Delage qu'elle kiffait. -Et même si c'était vrai,

ça changerait quoi ?

-Tu sais comment ils appellent ça, les flics ? Un mobile.

-Tu sais pas de quoi tu parles. Rentre chez toi.

-Tu sais quoi ? Si t'as rien à te reprocher,

on va chez les flics. Tu vas tout leur raconter, hein ?

Moi, je vais y aller.

-Driss... T'iras nulle part !

-Comment Claire a pu en arriver là ?

On a été mariés dix ans.

Dix ans, c'est pas rien.

Elle me hait au point d'avoir fait croire à Matéo

que j'avais violé ma fille.

Je comprends pas. -Pour Claire,

vous étiez tout.

Vous l'avez modelée pour qu'elle devienne la femme que vouliez,

puis vous vous détournez d'elle.

Ca a été dévastateur. Et vous ne vous en êtes même pas rendu compte.

Vous aviez le sentiment de mission accomplie.

Vous avez cherché d'autres projets, d'autres élèves à sauver.

-Attendez, mes élèves sont pas des projets.

Vous me reprochez de les aider ? Vous l'excusez ? C'est incroyable !

-Comprendre, c'est pas excuser.

...

Camille, vous avez fait un excellent travail

sur cette affaire. -Vraiment ?

-Oui. Vous êtes appliquée, travailleuse et pleine d'empathie.

Ce sera votre meilleure arme. -C'est facile à dire pour vous,

vous êtes fait pour ce métier. -Peut-être.

Etre procureur n'aura été qu'une étape pour m'amener jusqu'ici.

J'ai toute ma carrière d'avocat à construire,

mais je sais pourquoi je le fais. -Eviter les erreurs judiciaires.

-Je pourrais pas le faire sans vous 3. Vous me secouez,

vous m'apportez la contradiction... -Ca, c'est surtout Farima.

-Je suis votre professeur, mais vous m'apprenez tout autant.

Tant pis si on ne rentre pas dans les cases,

tant qu'on devient qui on doit être.

Vous aussi, vous y arriverez.

Je dis au revoir à Monique.

-Y a Delage qui est là.

-Je vais lui dire au revoir.

-Merci.

Merci vraiment.

T'y es pour beaucoup dans tout ça.

Je t'avais dit que tu ferais

une super avocate ! -Oui...

C'est encore un long processus.

Je voulais vous dire... De vous revoir, de revenir ici,

ça a un peu bouleversé mes certitudes.

J'ai toujours cru que c'était grâce à vous que j'en étais là,

mais non, c'est grâce à moi. -Bien sûr.

Tout ça, ça tient qu'à toi.

Moi, je t'ai juste orientée. -Oui, mais non.

C'est pas ce que vous faites.

-Elle le kiffe encore ?

-C'est pour ça qu'elle t'a jeté après t'avoir embrassé ?

-J'embrasse super bien ! T'es jalouse.

-Jalouse d'un mec qui se prend des vents ?

-Tu pensais que j'y arriverais pas.

-Des fois, je doute de ton intelligence.

Je veux pas me faire Camille ! J'ai fait ça pour que tu te bouges.

-En bossant avec Bellefond,

j'ai compris ça : il nous guide,

il agit pas à notre place.

Vous, vous créez une dépendance, une ambiguïté. C'est pas sain.

-Si c'est ce que t'as ressenti, désolé, c'était pas mon intention.

-Je sais.

Je tenais à vous le dire, car vous pouvez pas continuer comme ça.

Pensez à vos élèves, à Lola...

-Ma chérie !

Ca va ?

Tu vas jouer au ballon ?

OK.

Je ferai attention, j'y veillerai.

Tu peux être fière de la femme que t'es devenue. Vraiment.

-Merci.

...

-Je suis trop forte. -Ils sont trop mignons !

-C'est une bonne idée, ça ?

-On verra bien, professeur.

...

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