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Zulu
-Vous avez lu
l'arrêté préfectoral ?
l'arrêté préfectoral ?
Les tirs de prélèvements sont interdits dans les réserves
et dans les parcs nationaux.
Si le loup vous y entraîne,
ne l'abattez pas. -Ou on le déplace.
ne l'abattez pas. -Ou on le déplace.
-Eric, je veux pas le savoir.
Ne vous faites pas choper.
Ce soir, je veux bouffer du loup !
Ce soir, je veux bouffer du loup !
Allez !
-OUAIS !
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Coup de feu.
...
...
...
...
-Messieurs, alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
-Messieurs, alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
-On est arrivés vers 10h et on s'est déployés dans la montagne.
-A quelle heure ça s'est passé ? -On ne sait pas.
-A quelle heure ça s'est passé ? -On ne sait pas.
-On a marché en direction de la détonation et on a vu le corps.
-Alors ? -Un militaire. Balle dans le coeur.
C'est pas un accident.
-"Adjudant-chef au 21e bataillon de chasseurs alpins." Ca promet !
-Pas d'autre blessure.
-Pas d'autre blessure.
*-Commissaire ? -On en est où ?
-On ratisse. Oui, Maleva.
*-J'ai trouvé un truc. -OK.
On arrive avec Roche.
On arrive avec Roche.
-C'est du lourd. De quoi envoyer bouler un sanglier qui charge.
-C'est du lourd. De quoi envoyer bouler un sanglier qui charge.
-Les chasseurs n'utilisent pas ces balles.
-Je confirme. Les chasseurs tirent avec du calibre 12.
Ca n'a rien à voir. -Ils sont hors de cause ?
Ca n'a rien à voir. -Ils sont hors de cause ?
-A quelle heure est-il mort ?
-11h05. Ils ont tous entendu la détonation.
-Le loup, on va pas le laisser faire.
-Le loup, on va pas le laisser faire.
C'est un coup de la Berthier.
-Emilie Berthier. J'entends ce nom depuis 30mn.
Ce serait une écolo pure et dure,
Ce serait une écolo pure et dure,
défenseuse des loups. Et les chasseurs,
ils la détestent. Elle s'est battue
avec la victime il y a 3 jours. -Tiens donc.
-Antoine Adrien Richeux.
43 ans, marié, 24 ans dans l'Armée de terre. Il a reçu
43 ans, marié, 24 ans dans l'Armée de terre. Il a reçu
la médaille militaire en présence du président de la République.
-Le 29e bataillon est une unité d'infanterie d'urgence
spécialisée dans les terrains difficiles. Donc ce n'était pas
spécialisée dans les terrains difficiles. Donc ce n'était pas
un amateur. -Et le tueur non plus.
Suivre un militaire entraîné
et le tuer à 150m...
et le tuer à 150m...
-Un militaire l'aurait tué ?
L'enquête va être compliquée.
-On a du nouveau
sur Emilie Berthier.
sur Emilie Berthier.
-Elle vit sur les hauteurs d'Annecy avec les altermondialistes
qui vivent en autarcie. -Le bureau du procureur a appelé.
qui vivent en autarcie. -Le bureau du procureur a appelé.
Elle vous attend. -J'arrive.
Interrogez
la petite écologiste.
-J'aurais préféré que vous soyez convaincus par la piste écologiste.
-Marchand et Maleva l'interrogent. -Je sais, elle a pas le profil.
-Marchand et Maleva l'interrogent. -Je sais, elle a pas le profil.
Les militaires voulaient que je confie
l'affaire à la gendarmerie. -Ils aiment pas qu'on mette le nez
l'affaire à la gendarmerie. -Ils aiment pas qu'on mette le nez
dans leurs affaires. -Si l'un d'eux était suspecté,
vous serez pas les bienvenus.
-On va nous coller un officier des forces armées ?
-On va nous coller un officier des forces armées ?
-On nous envoie quelqu'un.
J'ai son nom : commandant Luc Vasseur.
-Un commandant ! Dites donc...
-Un gendarme de Lyon. -Eh ben, ça promet.
-Un gendarme de Lyon. -Eh ben, ça promet.
-Bon, ben... tenez-moi au courant.
-Allons voir la veuve avant d'avoir
-Allons voir la veuve avant d'avoir
l'ange gardien
dans les pattes.
-Qu'est-ce qu'on sait d'elle ?
-Agnès Richeux, 37 ans,
instit reconvertie dans l'aide scolaire
à domicile. Voilà ce qu'on a pour l'instant.
-Je vous attendais. Commandant Vasseur,
SR de Lyon. -Ah...
Capitaine Roche.
Merci.
-Les missions à l'étranger, la guerre,
-Les missions à l'étranger, la guerre,
tous ces jours
sans avoir aucune nouvelle,
avoir peur d'écouter les infos à la radio.
avoir peur d'écouter les infos à la radio.
Je sais
que la mort fait partie de la vie des militaires.
Celle d'Antoine
Celle d'Antoine
faisait partie de la mienne, mais pas ici.
Pas comme ça.
-Vous n'avez noté aucun changement dans son comportement récemment ?
-Vous n'avez noté aucun changement dans son comportement récemment ?
-Non. Rien.
-Il n'avait pas de problème dans son bataillon ? Pas de désaccord,
-Il n'avait pas de problème dans son bataillon ? Pas de désaccord,
avec les collègues ? -Pour Antoine,
l'armée était
une seconde famille. -Et la chasse ?
-Il chassait depuis qu'il était petit.
Il était originaire de la région.
-Merci, commandant.
Je me charge des questions. Il était en poste à Brassini
Je me charge des questions. Il était en poste à Brassini
depuis combien de temps ? -6 ans.
-Emilie Berthier, vous connaissez ?
-Emilie Berthier, vous connaissez ?
-Pardon. Emilie comment ? -Berthier.
Une jeune femme écologiste
avec qui votre mari a eu
avec qui votre mari a eu
des différends ces derniers temps. -Euh, non, je vois pas.
-Hein ? Oh putain !
Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?
Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?
Putain ! -Hé !
-Je vais pas courir.
-Ah !
-Hop, hop !
On arrête là. Mademoiselle Berthier,
je suppose ?
Ca va, Nicky ? -Ca va.
Ca va, Nicky ? -Ca va.
-J'ai couru vite, hein ?
-Ca va. -Allez.
-Vos papiers, s'il vous plaît.
-Il est sympa, ce commandant. Il respire la joie de vivre.
-Il est sympa, ce commandant. Il respire la joie de vivre.
-C'est pas ce qu'on lui demande. -Oui.
D'ailleurs, qu'est-ce qu'on lui demande ?
D'ailleurs, qu'est-ce qu'on lui demande ?
-Officiellement, et il aurait besoin qu'on le lui rappelle,
il doit nous assister. -Ces policiers m'accompagnent.
-Assister
-Assister
ou surveiller ?
-Nous assister.
Sonnerie aux morts, au clairon, pour la levée des couleurs.
...
...
...
...
-Rompez !
Ils crient.
Ils crient.
-Combien d'hommes et de femmes
-Combien d'hommes et de femmes
sont sous vos ordres col Husson ? -1 102 répartis en 7 unités
dont 4 compagnies de combat composées chacune de 150 hommes.
dont 4 compagnies de combat composées chacune de 150 hommes.
Richeux avait l'expérience du terrain
et de l'autorité.
-C'est-à-dire ?
Il était redouté ? -Redouté, non.
Il était redouté ? -Redouté, non.
Respecté, oui.
-Sauf par son assassin.
-Si vous sous-entendez que ce crime a pu être commis par un militaire,
-Si vous sous-entendez que ce crime a pu être commis par un militaire,
vous vous trompez.
Richeux faisait l'admiration de tous.
Il a sauvé ses hommes, au Mali.
Il s'est attiré, jusque chez les ennemis, le surnom de "Loup gris".
Il s'est attiré, jusque chez les ennemis, le surnom de "Loup gris".
-Il n'avait pas d'ennemi ?
-Des ennemis...
Le commandant Vasseur est bien placé pour savoir
Le commandant Vasseur est bien placé pour savoir
que tout militaire dépositaire de l'autorité de la nation
est une cible. -Comme la police,
qui paie aussi un lourd tribut. -L'esprit chasseur alpin,
qui paie aussi un lourd tribut. -L'esprit chasseur alpin,
c'est avant tout l'esprit d'équipe, la solidarité et le dévouement.
L'assassin n'est pas ici.
L'assassin n'est pas ici.
-Vous avez une suggestion à nous faire ?
-Il y a ces défenseurs des loups.
Ils sont prêts à tout, l'une d'entre eux en particulier.
Ils sont prêts à tout, l'une d'entre eux en particulier.
-Qui donc ?
Emilie Berthier ?
-Une véritable fanatique. -Colonel, cette piste sera explorée
-Une véritable fanatique. -Colonel, cette piste sera explorée
comme les autres. Il me faut la liste
des membres de la compagnie du chef Richeux
et les dossiers de chacun et chacune.
-Lâche-moi !
-Lâche-le ! -Lâche-moi !
Ca te regarde pas !
Ne me touche pas !
-Lâche-la.
-Garde-à-vous ! -Barre-toi !
-Vous cinq, au rapport dans mon bureau !
-Vous cinq, au rapport dans mon bureau !
Vous devriez être
à l'entraînement, Deslande ? -Oui.
-Rompez !
Commandant.
Lieutenant Stéphane Husson.
-Capitaine Roche.
-Vous étiez
le supérieur de la victime ?
-Oui.
-Que s'est-il passé ? -On est tendus
depuis la mort de Richeux.
Il devait repartir au Mali. -Ces militaires,
ils sont de sa compagnie ? -Oui.
ils sont de sa compagnie ? -Oui.
-La fille aussi ?
-Oui. -C'est marrant,
on nous a parlé
de cohésion, solidarité.
de cohésion, solidarité.
-Son nom ? -Sonia Deslande.
Sergent-chef.
-Elle était où ce matin ? -En permission.
-J'aimerais lui parler.
-J'aimerais lui parler.
-Maintenant ? -Maintenant.
-Suivez-moi. -Commandant, j'ai besoin de vous.
-Suivez-moi. -Commandant, j'ai besoin de vous.
Le capitaine Roche doit avoir accès aux dossiers du personnel.
(La fille en priorité).
-Suivez-moi, capitaine.
-Suivez-moi, capitaine.
-Le lieutenant a le même nom... -Que le colonel.
-Le lieutenant a le même nom... -Que le colonel.
C'est son père. -D'accord.
C'est courant, ça ? -Ca arrive, comme une procureur
dont le fils policier travaille dans la même juridiction qu'elle.
-Bravo.
-C'est ici. -Merci.
-Rien ne sort de la caserne. -Excusez-moi.
-Aucun document ne sort. Tout est à consulter sur place.
-Aucun document ne sort. Tout est à consulter sur place.
-C'est une plaisanterie ?
Tirs.
...
...
-Jolis coups.
-Mme la commissaire a des questions à vous poser, sergent.
-Mme la commissaire a des questions à vous poser, sergent.
-Sergent, je dois vous interroger à propos de la mort de Richeux
qui a été tué d'une balle au coeur.
qui a été tué d'une balle au coeur.
Vous étiez sous ses ordres ? -Oui.
-Comme ceux qui vous embêtaient ? -Oui, commissaire.
-Comme ceux qui vous embêtaient ? -Oui, commissaire.
-Pourquoi cette dispute ? -Pour des conneries.
-A propos
de sa mort ? -On est choqués.
-Vous avez crié :
-Vous avez crié :
"Ca te regarde pas."
Que voulaient-ils savoir ?
Là où vous étiez lors du meurtre ? -J'étais en permission
chez ma grand-mère. Vérifiez ma feuille de route,
destination et numéro des trains que j'ai pris pour revenir.
-Je vous la ferai parvenir
-Je vous la ferai parvenir
ainsi que celle des autres soldats, moi y compris. J'étais en réunion
à Chambéry.
-Excusez-moi. Oui, Maleva ?
Des trophées ?
De quels trophées vous parlez ?
-Donc vous tirez bien,
Mlle Berthier.
Mlle Berthier.
-Je suis une excellente tireuse.
Double championne
de France. L'arme n'a pas servi depuis des mois.
-Le labo vérifiera.
-D'après les témoignages recueillis,
vous auriez eu une altercation très violente
avec Richeux 3 jours avant sa mort. -Oui. On n'était pas très copains.
avec Richeux 3 jours avant sa mort. -Oui. On n'était pas très copains.
C'était vraiment un gros connard.
-Pourquoi cette dispute ?
-A cause des loups. Ces "tirs de prélèvement", c'est une aberration.
-A cause des loups. Ces "tirs de prélèvement", c'est une aberration.
-Vous avez déjà tenu
ce discours avec Richeux ?
-Oui. -Alors pourquoi cette fois-ci
vous vous êtes battus ? -Ca commençait à craindre.
vous vous êtes battus ? -Ca commençait à craindre.
J'ai reçu des tentatives d'intimidation des chasseurs,
et Richeux en tête.
Je lui ai dit ce que je pensais, mais il n'a pas aimé.
Je lui ai dit ce que je pensais, mais il n'a pas aimé.
-Et depuis ? -"Depuis" ?
Je ne l'ai pas revu.
-Pourquoi avoir fui à notre arrivée ?
-Pourquoi avoir fui à notre arrivée ?
-Un réflexe. J'ai pas réfléchi.
Peut-être parce que je suis la suspecte idéale, non ?
Je venais à peine d'apprendre sa mort que vous étiez déjà
Je venais à peine d'apprendre sa mort que vous étiez déjà
en bas de chez moi. -A cause de votre casier : "Coups
"et blessures, dégradation du véhicule d'un chasseur en Italie."
"et blessures, dégradation du véhicule d'un chasseur en Italie."
-Vous étiez où ce matin, entre 10h et midi ?
-Devant la préfecture.
Je rejoignais une manif contre la battue aux loups.
Je rejoignais une manif contre la battue aux loups.
-On va vérifier tout ça. Hmm..
...
...
...
-Mon commandant,
le colonel veut
vous voir.
-Maintenant ? -Oui. Il vous attend.
...
...
...
-Garde-à-vous !
-De toute façon,
tenir tes hommes, ça n'a jamais été ton fort.
tenir tes hommes, ça n'a jamais été ton fort.
Ton frère, lui,
c'était un vrai leader,
comme Richeux.
Bien sûr, ce n'est pas donné à tout le monde.
Bien sûr, ce n'est pas donné à tout le monde.
Mais évite de te donner en spectacle
devant la police.
C'est la moindre des choses. On frappe.
Entrez.
Entrez.
-Vous avez demandé à me voir ? -Oui.
Je m'entretenais avec le lieutenant de l'attitude exemplaire
Je m'entretenais avec le lieutenant de l'attitude exemplaire
que j'attends de mes hommes dans ces circonstances tragiques.
Il faut faire corps, montrer de la solidarité.
Commandant,
Commandant,
c'est de militaire à militaire que je vous parle.
-Je l'entends ainsi.
-Un de nos hommes est mort,
un ami... et même plus. Mais notre réputation ne doit pas
un ami... et même plus. Mais notre réputation ne doit pas
être affectée
par cette enquête. Ce serait s'en prendre à la mémoire de Richeux.
Et ça, je ne le veux pas.
Et ça, je ne le veux pas.
Le 29e BCA est la victime d'un crime.
Je compte sur vous pour que le commissaire ne le perde pas de vue,
pour que Cassandre et ses hommes restent à leur place.
pour que Cassandre et ses hommes restent à leur place.
Nous nous comprenons ?
-Parfaitement. -Merci.
-Il est rentré chez Emilie comme un dingue.
-Vous étiez là ? -Non.
J'étais au potager. En tout cas, ils s'engueulaient.
-Il y a eu la battue 3 jours plus tard.
-Vous avez pris position contre ? -Je pense bien.
-Vous avez pris position contre ? -Je pense bien.
Tracts,
manif.
-"Manif" ? -A la préfecture.
-Qui était présent ? -Nous tous
et d'autres militants régionaux. -Et Emilie.
et d'autres militants régionaux. -Et Emilie.
-Oui.
Elle était là. -Emilie Berthier nous a dit
qu'on tentait de l'intimider. -Oui. Elle a porté plainte
qu'on tentait de l'intimider. -Oui. Elle a porté plainte
plusieurs fois.
-Excusez-moi.
Oui, Roche. *-Je tiens quelque chose.
*Sonia Deslande a reçu un blâme. -Pour quel motif ?
-Elle s'en serait pris à Richeux, mais j'ai rien trouvé.
-Dites-moi qui a signé la sanction.
-Dites-moi qui a signé la sanction.
-Le lieutenant Husson. *-Ah... j'arrive.
*Il faut qu'on lui parle. -OK.
-Capitaine Roche.
-Capitaine Roche.
-Commandant.
-Je suis le garant de la bonne marche de l'enquête.
N'allez nulle part sans moi. -Tiens !
N'allez nulle part sans moi. -Tiens !
Ca pose des questions, un flic. Pourquoi personne ne m'en pose ?
-Je vous écoute. -J'ai bien connu le chef Richeux.
Sans lui, j'aurais pas perdu que mes jambes au Mali, mais ma vie.
Sans lui, j'aurais pas perdu que mes jambes au Mali, mais ma vie.
-Et Deslande,
elle était avec vous ? -Cette conne ? Et quoi encore ?
Elle pense qu'à sa promotion.
Elle pense qu'à sa promotion.
Elle veut être officier.
Elle serait prête à tout pour ça.
-Chapuis ! Allez à l'infirmerie.
-Laissez-le parler.
-Laissez-le parler.
-Obéissez, Chapuis.
Le Mali l'a traumatisé et on tente de régler ses problèmes d'alcool.
Le Mali l'a traumatisé et on tente de régler ses problèmes d'alcool.
Messieurs.
-Comment vous avez dit ? "Le garant de la bonne marche de l'enquête" ?
-Comment vous avez dit ? "Le garant de la bonne marche de l'enquête" ?
Vous laissez le colonel m'empêcher d'interroger un soldat.
-Le colonel a toute autorité sur ses hommes.
-Et le lieutenant Husson, il souffre aussi d'un traumatisme ?
La commissaire est en route et compte bien l'interroger.
-Deslande est isolée. -C'est un euphémisme.
Elle a l'air d'être détestée. -Ne tirez pas cette conclusion
après une simple dispute. C'est un très bon élément,
une recrue comme on en trouve de plus en plus.
Des femmes qui donnent du sens
Des femmes qui donnent du sens
à leur vie en s'engageant. -Que lui manque-t-il
pour devenir officier ?
-D'avoir participé à des opérations ?
-C'est indispensable. -Pourquoi
n'est-elle pas allée au Mali ? -C'était le choix de Richeux.
La composition de l'équipe faisait partie de ses prérogatives.
La composition de l'équipe faisait partie de ses prérogatives.
-Son blâme est tombé 15 jours avant l'opération
au Mali.
-Il y a un lien entre les 2 ? -Je ne sais pas.
-Elle est prévue pour l'opération future ?
-Elle est prévue pour l'opération future ?
-Elle n'était pas sur la liste. -Et à présent que Richeux est mort,
qui va composer l'équipe ?
-C'est moi. -Et fera-t-elle partie
-C'est moi. -Et fera-t-elle partie
du voyage ?
-Oui. Elle partira en opération.
A priori, rien ne s'y oppose.
-Je m'occupe de la paperasse, et après on pourra y aller.
-On a 2 suspectes : Sonia Deslande et Emilie Berthier.
D'un côté une jeune soldat dite très ambitieuse,
D'un côté une jeune soldat dite très ambitieuse,
prête à tout pour devenir officier. -Oui.
Et qui se dispute avec Richeux parce qu'il refuse qu'elle parte.
Et qui se dispute avec Richeux parce qu'il refuse qu'elle parte.
-Pas d'opération, pas de promo.
Elle veut partir en mission,
Richeux l'en empêche, ça devient un obstacle et fait un mobile.
Richeux l'en empêche, ça devient un obstacle et fait un mobile.
-La mort de Richeux l'arrange.
Elle était absente
de la caserne quand il a été tué.
-Voici la feuille de route de sa permission.
-Voici la feuille de route de sa permission.
-C'est à vérifier.
Et avec Emilie Berthier, on en est où ?
-La manif anti-battue aux loups a eu lieu.
-La manif anti-battue aux loups a eu lieu.
On attend des vidéosurveillances. -Ses amis militants nous ont dit
qu'elle avait manifesté avec eux.
qu'elle avait manifesté avec eux.
-Vérifiez cette histoire de plainte à la gendarmerie.
-Son arme n'a pas tiré sur Richeux. Le calibre ne correspond pas.
-Que fait-on d'elle ?
-Que fait-on d'elle ?
-On la garde cette nuit.
Lisez-lui ses droits. La priorité est
d'interroger Deslande. -Vasseur,
il va être content. -Je m'en occupe.
il va être content. -Je m'en occupe.
J'espère qu'elle parlera.
-C'est pas pour rien qu'on appelle l'armée "la grande Muette".
-Tu sors, chéri ? -T'as pas eu mon sms ?
-Non. J'ai pas regardé mes SMS, j'ai eu une grosse journée.
-Non. J'ai pas regardé mes SMS, j'ai eu une grosse journée.
-Le militaire ? -Quoi ?
C'est mon fils ou le journaliste qui m'interroge ?
Tu vas où ? -T'es de la police ?
Tu vas où ? -T'es de la police ?
-Oui. -Je sors avec des potes.
Je rentre pas tard. Bonsoir. -Bonsoir, chéri.
Et tu fais gaffe en scooter, parce qu'ils sont un peu...
Et tu fais gaffe en scooter, parce qu'ils sont un peu...
-A plus. -Oui. A plus.
Ah non, le bordel !
Oh !
Faites des gosses !
Faites des gosses !
Si je tenais celle qui l'a pondu, elle passerait un mauvais moment.
Mal élevé.
Oh...
Ah non, non.
Ah non, non, non, non, non.
Ah non, non.
Moteur du scooter.
...
...
...
...
-Pardon, je t'ai réveillée.
-Pardon, je t'ai réveillée.
-Il est tard. -Oui. Ca s'est un peu éternisé.
Désolé. -Je dormais mais j'avais soif.
Ca s'est bien passé ? -Ouais, sympa.
-Il y avait qui ? -Des collègues du journal.
Je vais me coucher, je suis nase. -Il y avait des filles ?
-Euh... oui, oui.
-Ta petite copine ? -J'ai pas de petite amie.
Surtout pas au journal. Moi, c'est le boulot. J'ai de qui tenir.
Surtout pas au journal. Moi, c'est le boulot. J'ai de qui tenir.
Bonne nuit.
-Bonne nuit, chéri.
-Hmm...
Eh bien, on va faire comme ça, Madame.
Eh bien, on va faire comme ça, Madame.
Voilà, au revoir.
C'est bon, y a pas écrit "SOS détresse amitié", non plus.
Bonjour.
Que puis-je faire
pour vous ? -J'ai rendez-vous
avec la commissaire. -Lieutenant Marchand.
avec la commissaire. -Lieutenant Marchand.
Je vous accompagne.
-C'est qui ? -Le gendarme de la commissaire.
-Pas mal.
-Canon, tu veux dire. Et pile dans les goûts de la patronne.
-Canon, tu veux dire. Et pile dans les goûts de la patronne.
-Dans l'équipe de Richeux, il y a des problèmes de discipline.
C'est le Lt Husson qui les a sanctionnés.
C'est le Lt Husson qui les a sanctionnés.
Le dernier en date, Maxime Dugain, a été dégradé.
-Qu'a-t-il fait pour mériter ça ?
-Je sais pas, mais... On frappe.
-Je sais pas, mais... On frappe.
-Madame la commissaire.
-Commandant, je vous attendais. Sonia Deslande n'est pas là ?
-Non.
-Vous pouvez nous laisser ?
-Vous pouvez nous laisser ?
Je n'ai pas invité Sonia Deslande
Je n'ai pas invité Sonia Deslande
à venir prendre le thé, donc donnez-moi une excuse acceptable.
-Elle fait un entraînement pour la prochaine opération au Mali.
-Comme par hasard ! -C'était prévu depuis longtemps.
-Comme par hasard ! -C'était prévu depuis longtemps.
Cet entraînement nécessite une logistique importante.
-Vous seriez pas en train de vous foutre de ma gueule ?
-Vous seriez pas en train de vous foutre de ma gueule ?
Elle n'était pas programmée pour cette opération.
-Les ordres ont changé. -"Les ordres ont changé" ?
-Les ordres ont changé. -"Les ordres ont changé" ?
"Les ordres
"ont changé" ?
Il s'agit d'une enquête criminelle. Deslande ne devrait pas être
à cet entraînement ! -Le colonel y tenait.
-Il y tenait ?
Roche, avec moi !
-J'espère pour lui qu'il est à l'épreuve des balles, le colonel.
-Vous ne pouvez pas m'interdire
-Vous ne pouvez pas m'interdire
d'interroger une suspecte. -"Suspecte", Deslande ?
Venant de l'ex-patron
du 36, je suis déçu. -Patronne !
du 36, je suis déçu. -Patronne !
-Je n'ai de comptes à rendre à personne.
Je veux interroger Sonia Deslande pour les besoins de mon enquête.
-Impossible. -Elle est en manoeuvre.
-Impossible. -Elle est en manoeuvre.
On le sait. -Vous ignorez
sans doute, capitaine, que dans le contexte international actuel,
les lieux d'entraînement doivent être gardés secrets.
les lieux d'entraînement doivent être gardés secrets.
-Je pense que nous nous sommes mal compris, monsieur.
Si je ne peux pas interroger Deslande, je vous fais interpeller
Si je ne peux pas interroger Deslande, je vous fais interpeller
pour entrave à l'action
de la police.
-ALLEZ, ALLEZ !
-Allez, allez !
-Tu crois t'en tirer comme ça ?
Hors de question que tu ailles au Mali.
Hors de question que tu ailles au Mali.
-Vous décidez pas.
-Tu te sens
en état d'y aller ? -Aïe !
-Ca se pourrait.
Sonia gémit.
...
...
-Sergent Deslande !
-Présente, lieutenant.
-Présente, lieutenant.
-Parlez-nous du blâme que vous avez reçu il y a 8 mois.
-Je m'en souviens pas. -Impossible. Ce blâme apparaît
-Je m'en souviens pas. -Impossible. Ce blâme apparaît
dans votre dossier. -Vous vous en seriez prise
verbalement très violemment à l'adjudant-chef Richeux.
Ca ne vous revient pas ?
2 semaines avant la dernière opération au Mali.
-Répondez, sergent.
-Oui. -Vous comptiez partir au Mali ?
-Comme tout le monde. Sur les 150 de la compagnie, 25 sont partis.
Richeux devait faire un choix. -Et vous l'avez accepté ?
-Vous avez été écartée de la mission,
mais ce n'est pas la raison de votre dispute ?
-Non. -Pourquoi, alors ?
-Je vous ai dit,
je m'en souviens pas.
Ca arrive, d'avoir des tensions. La discipline militaire,
Ca arrive, d'avoir des tensions. La discipline militaire,
c'est lourd à porter.
Antoine Richeux était un supérieur exigeant.
-Pourquoi n'étiez-vous pas prévue pour le prochain départ au Mali ?
-Pourquoi n'étiez-vous pas prévue pour le prochain départ au Mali ?
-Je sais pas.
-Quel était le problème avec Richeux ?
Il avait quelque chose contre vous ?
Il avait quelque chose contre vous ?
-Pas que je sache.
-Pourquoi faites-vous cet entraînement aujourd'hui ?
-Parce que je pars au Mali dans 3 semaines.
-Parce que je pars au Mali dans 3 semaines.
-Et qui a pris la décision ?
-Le lieutenant Husson. -Pourquoi lui ?
-Parce que le chef Richeux...
-Parce que le chef Richeux...
-...a été assassiné.
-Oui, Marchand ?
-Oui, Marchand ?
*Vous voulez boire quelque chose ? *-Non.
-Mlle Berthier, j'ai un problème avec vous.
On a vérifié vos dires quant aux agressions dont vous dites
On a vérifié vos dires quant aux agressions dont vous dites
avoir été victime.
En fait, vous avez déposé plusieurs plaintes.
Une 1re plainte il y a 9 mois, confirmée
par des voisins.
Vous auriez signalé des coups de feu tirés près de votre maison.
Vous auriez signalé des coups de feu tirés près de votre maison.
Une 2e plainte il y a 3 mois, votre chien aurait été empoisonné.
Le vétérinaire confirme qu'il a ingéré de l'arsenic.
Le vétérinaire confirme qu'il a ingéré de l'arsenic.
-Ca va. Je sais ce qu'il y a
sur ce document. -Sur la 3e plainte ?
Celle d'il y a 5 jours, donc.
Soit 4 jours avant l'assassinat d'Antoine Richeux.
Soit 4 jours avant l'assassinat d'Antoine Richeux.
Pourquoi avoir caché
qu'il vous avait agressée sexuellement ?
qu'il vous avait agressée sexuellement ?
*Trop dur d'en parler ?
*-Non. C'est faux.
*-Qu'est-ce qui est faux ?
*-Qu'est-ce qui est faux ?
-La plainte est bidon.
-C'est votre nom et votre signature ?
-Oui. J'ai déposé cette plainte, mais c'est pas vrai.
-Oui. J'ai déposé cette plainte, mais c'est pas vrai.
Le harcèlement, tout ça...
Richeux ne m'a jamais touchée.
-Ce que je lis est précis.
-Ce que je lis est précis.
*Vous donnez la date, le détail des gestes de Richeux,
*ses goûts et ses exigences sexuelles.
*Tout ça est inventé ?
*-Je voulais briser ce connard, alors j'ai tout inventé.
Les gendarmes m'avaient interrogée, il était fou de rage
et il est venu chez moi.
et il est venu chez moi.
-Pourquoi cette plainte ? -Aujourd'hui,
personne ne la laisserait passer. On aurait peur du scandale.
Mes plaintes précédentes ont été enterrées.
Mes plaintes précédentes ont été enterrées.
Personne ne me croyait, alors...
-Là, vous décrivez
des traces de dépigmentation.
Je vous cite : "Taches blanches sur l'aine et sur la verge."
Je vous cite : "Taches blanches sur l'aine et sur la verge."
Ca, c'est inventé ?
On a téléphoné à la morgue et le légiste confirme
On a téléphoné à la morgue et le légiste confirme
qu'il y a une dépigmentation sur le sexe et l'aine de Richeux,
parce qu'il souffrait d'un vitiligo.
Alors expliquez-moi.
*Comment pouvez-vous connaître
*les détails de l'anatomie de ce monsieur
*sans avoir eu de rapports sexuels ?
*sans avoir eu de rapports sexuels ?
*Vous réalisez
*que c'est difficile de vous croire ?
-J'ai droit à un avocat ?
-Oui. Vous en aurez besoin,
car on n'a pas de trace de votre présence
à la manif anti-battue
aux loups qui s'est déroulée à l'heure où Richeux a été tué.
aux loups qui s'est déroulée à l'heure où Richeux a été tué.
-J'y étais.
-Vous avez le nom d'un avocat à me communiquer ?
-Non. -Je vais vous en trouver un
-Non. -Je vais vous en trouver un
commis d'office.
Je prolonge votre garde à vue de 24 heures.
-Ca va, Nicky ? -Oui, très bien. Pourquoi ?
-Ca va, Nicky ? -Oui, très bien. Pourquoi ?
-Qu'est-ce qu'elle a ?
-Elle est sortie en pleine audition d'Emilie Berthier.
-Ca ne lui ressemble pas.
-Ca ne lui ressemble pas.
Elle regarde toujours la patronne cuisiner un suspect.
-Vous pourriez lui parler. Ce serait peut-être plus facile.
Ben... moi, je ne m'imagine pas lui demander si...
Ben... moi, je ne m'imagine pas lui demander si...
Enfin, ce serait plus facile entre femmes.
-Vous croyez que l'agression sexuelle d'Emilie Berthier
-Vous croyez que l'agression sexuelle d'Emilie Berthier
lui rappelle de mauvais souvenirs ?
-D'accord. Merci.
-Elle a un mobile. -Et pas un petit.
-Elle a un mobile. -Et pas un petit.
-Elle est impulsive.
Qu'elle s'attaque à une bagnole, oui, c'est possible,
même qu'elle en vienne aux mains pour une dispute,
même qu'elle en vienne aux mains pour une dispute,
mais là, c'est un crime préparé par quelqu'un qui a traqué sa victime,
un militaire super entraîné, sans se faire repérer
pour l'abattre d'un tir de précision ! C'est pas rien.
pour l'abattre d'un tir de précision ! C'est pas rien.
-C'est du travail de pro, beaucoup plus dans les cordes de Deslande.
-Elle a un alibi plus fragile : la permission chez sa grand-mère.
-Elle a un alibi plus fragile : la permission chez sa grand-mère.
-Moi, je vous suis. Mais l'armée, elle, ne vous suivra pas.
Tout accable Berthier et Vasseur va nous fermer la porte de la caserne.
Tout accable Berthier et Vasseur va nous fermer la porte de la caserne.
-Mais on a un joker.
-"On a un joker."
-"On a un joker."
-Les choses sont claires.
Cette femme est une excellente tireuse
et elle a un mobile. -Deslande aussi.
-Mais fragile comparé à une accusation de viol.
-Enfin...
Agression qui reste à prouver et que la suspecte nie.
-Après avoir déposé plainte. Vous-même,
-Après avoir déposé plainte. Vous-même,
vous ne la croyez pas.
Elle nie car cette plainte
la rend suspecte. -Oui, mais on ne peut pas arrêter
la rend suspecte. -Oui, mais on ne peut pas arrêter
l'investigation sur Deslande. -Non.
Votre enquête au sein du 29e BCA est close.
-Enfin...
-Je ne peux pas vous donner tort.
-Je ne peux pas vous donner tort.
Sans nouvel élément concernant Deslande,
la commissaire et son équipe n'interviendront plus
au bataillon
au bataillon
ni dans toute autre base. -Merci.
-En revanche,
ils peuvent vérifier l'emploi du temps du sergent-chef
pendant sa permission chez sa grand-mère.
pendant sa permission chez sa grand-mère.
Elle n'a aucun lien
avec l'armée. -Rien ne peut s'y opposer.
Effectivement.
-C'est mon mari et moi
qui l'avons élevée. Père inconnu, et sa mère, notre fille,
qui l'avons élevée. Père inconnu, et sa mère, notre fille,
elle est partie d'un cancer quand la petite avait 2 ans.
Moi, j'étais assistante maternelle.
Mon mari était soldat. Il avait 10 ans de moins que moi.
Mon mari était soldat. Il avait 10 ans de moins que moi.
Il était adjudant et voulait finir sa carrière comme officier.
Sonia l'adorait. Il était son modèle.
Et il est mort en manoeuvre, un bête accident de voiture.
-Quel âge avait votre petite-fille ?
-12 ans. Elle lui a promis sur sa tombe
-12 ans. Elle lui a promis sur sa tombe
qu'elle serait officier à sa place. Et elle le sera. Sonia,
elle tient toujours ses promesses.
-Elle vous rend souvent visite ? -Oui. Elle était là il y a 2 jours.
-Elle vous rend souvent visite ? -Oui. Elle était là il y a 2 jours.
-Et elle est repartie hier matin ? -Oui, par le premier train.
-Le 1er ?
-Le 1er ?
-Oui. Elle a quitté la maison
à 5h30.
Ca ne m'a pas gênée, je suis toujours debout avant le soleil.
-Merci, madame.
-Pas à moi. Ca crève les yeux que tu nous caches quelque chose.
-Pas à moi. Ca crève les yeux que tu nous caches quelque chose.
C'est normal qu'on s'inquiète pour toi.
-Y a rien, Sissi, rien du tout.
-Y a rien, Sissi, rien du tout.
C'est cette fille, là. -Emilie Berthier ?
C'est son agression sexuelle ?
Tu as été...
Je comprends si tu veux pas en parler.
Mais tu sais aussi bien que moi qu'il faut pas garder ça pour soi.
Mais tu sais aussi bien que moi qu'il faut pas garder ça pour soi.
-T'inquiète pas, j'ai jamais été victime de ce genre de truc.
-C'est quoi ? -Et l'avocat de Berthier ?
-C'est quoi ? -Et l'avocat de Berthier ?
-Aucun n'est dispo sur le secteur.
J'en cherche un plus loin.
-Super, Marchand.
Deslande a quitté la maison
Deslande a quitté la maison
de sa grand-mère à l'aube. -Donc elle a menti.
On peut enquêter chez les bidasses. -Donc vous y foncez fissa !
Je veux l'heure de l'arrivée.
Et il me faut une preuve. -C'est comme si c'était fait.
Avancez.
Encore. Avancez encore un peu.
Encore. Avancez encore un peu.
-Que faites-vous là ? -Mon métier.
Continuez. -Je croyais avoir été clair.
-Vous l'avez été.
-Vous l'avez été.
Sans élément nouveau, l'enquête est close.
Mais il y a du nouveau.
Elle a eu le temps de tuer Richeux entre son départ en train
Elle a eu le temps de tuer Richeux entre son départ en train
et son arrivée ici. -La voilà.
-Stop.
13h43.
13h43.
Reculez un peu.
Encore. Top.
Vous zoomez.
Elle a affirmé qu'elle avait pris la navette militaire à la gare.
Pas un taxi. -Donc elle ne revenait pas
Pas un taxi. -Donc elle ne revenait pas
de chez sa grand-mère. -Elle nous ment.
Faites-moi une copie de tout ça.
Bruit de pas et murmures.
...
...
-Elle se tire !
T'as aucune chance de nous échapper.
-Richeux non plus, tu lui as pas laissé
la moindre chance.
-Elle est là.
On y va !
-Ah ! Putain !
Salope !
Salope !
-Ah !
Ah ! Ah !
Sonia hurle violemment.
Sonia hurle violemment.
-Et la rouquine ravissante que tu aimais bien, qui me ressemblait ?
Tu ne la vois plus ? -Margaux ?
-Oui. -Maman, on était en CM2.
-Oui. -Maman, on était en CM2.
-Ah bon ?
-Quel est ton problème ?
"Est-ce que tu as pas une copine ?" Tu as envie d'être grand-mère ?
"Est-ce que tu as pas une copine ?" Tu as envie d'être grand-mère ?
-Jules, je ne vais pas tourner autour du pot.
Tu as mis une fille enceinte ?
-D'où tu sors ça ? -De ta tablette.
L'autre soir,
L'autre soir,
ta tablette était sur un site de grossesse.
Je suis tombée dessus.
-Ah... mais non. C'est Alexia, une collègue
-Ah... mais non. C'est Alexia, une collègue
du journal qui est bizarre, en ce moment,
irritable, fatiguée, et surtout...
Enormes ! -J'ai compris.
-J'ai fait mes recherches et c'est sûr,
elle est enceinte. -De toi ?
elle est enceinte. -De toi ?
-Mais c'est une vieille de 30 ans. -C'est pas vieux.
-T'es pas déçue au moins ?
-Non. Ni pressée d'être grand-mère.
-Non. Ni pressée d'être grand-mère.
-Et toi ?
-Moi quoi ? -Les mecs. Quand t'étais au 36,
tu vivais pas, mais maintenant ? -Tu penses
tu vivais pas, mais maintenant ? -Tu penses
qu'à Annecy je me promène,
que je bronze ? -J'ai pas dit ça.
Je sais que t'as sacrifié ta carrière
pour moi, mais je suis plus un gosse.
pour moi, mais je suis plus un gosse.
Si tu veux vivre ta vie... -Je te remercie.
Et si j'avais pas envie d'un mec... -Il paraîtrait
que tu bosses avec un beau gendarme.
-Ah bon ? "Il paraîtrait" ? On ne fait pas des vies avec ça.
Revois tes sources, car le charme de l'uniforme,
Revois tes sources, car le charme de l'uniforme,
j'ai donné avec papa. Son téléphone vibre.
Commandant Vasseur.
-Ah... -Oui, commandant.
"Agressée" ? J'arrive.
Tu débarrasses.
-On nous l'a amenée ici
comme ça.
comme ça.
-Que s'est-il passé ?
-Elle n'a rien dit.
-Elle est transportable ?
-Oui. Non ! Elle est sous l'autorité
-Oui. Non ! Elle est sous l'autorité
de l'armée. -Laissez-la.
Visiblement, le sergent-chef sera
plus en sécurité au commissariat qu'ici.
J'en prends la responsabilité.
J'en prends la responsabilité.
-Tenez-vous à moi.
Doucement.
-Capitaine Roche. *-C'est Mme Richeux.
-Madame Richeux ?
*-Je viens de me rendre compte que j'ai été cambriolée.
*-Je viens de me rendre compte que j'ai été cambriolée.
*Pouvez-vous passer ?
-Oui. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Agnès Richeux s'est fait cambrioler ce matin.
-Agnès Richeux s'est fait cambrioler ce matin.
2 jours après la mort de son mari, j'achète pas.
-Foncez.
On y va, commandant ?
Venez.
-Cette nuit, je n'ai pas dormi ici.
Je suis allée voir le major à l'infirmerie
Je suis allée voir le major à l'infirmerie
pour qu'il me donne un somnifère et il a préféré me garder,
car ma tension était mauvaise. Ce matin, en rentrant,
j'ai vu que la porte avait été fracturée. Voilà le bordel.
j'ai vu que la porte avait été fracturée. Voilà le bordel.
2mn après, quelqu'un a déboulé vers la sortie.
-Un homme, une femme ? -Je ne sais pas. J'ai pas pu voir.
-Un homme, une femme ? -Je ne sais pas. J'ai pas pu voir.
-Et donc rien n'a disparu ?
-Rien. Enfin... j'ai vérifié.
-Vous avez un coffre où vous mettez vos objets précieux ?
-Vous avez un coffre où vous mettez vos objets précieux ?
-Non.
-Capitaine, venez voir. -Excusez-moi.
-J'ai trouvé quelque chose.
-J'ai trouvé quelque chose.
-C'était où ? -Sous le placard.
-C'était où ? -Sous le placard.
-Un MAC 50. -L'armée ne l'utilise plus
depuis 20 ans. -Et il y avait
une balle avec. Elle a été tirée. Il y a du sang séché dessus.
-Le cambrioleur cherchait ça.
-Ce n'est pas l'arme qui a tué Richeux.
-Une arme qu'il cachait chez lui. C'est maigre.
-Commissaire.
Le médecin vous autorise à parler à Sonia Deslande.
Le médecin vous autorise à parler à Sonia Deslande.
-Pour l'arme,
dites au labo que...
-C'est urgent.
Je sais, commissaire. -Voilà.
Je sais, commissaire. -Voilà.
Ca fait 2 fois qu'on s'en prend à vous
en moins de 3 jours.
en moins de 3 jours.
-Allez.
Je répète ma question : qui vous a fait ça ?
Hmm ? -Il faisait nuit, je n'ai pas vu
Hmm ? -Il faisait nuit, je n'ai pas vu
leur visage. -Commissaire.
Vos agresseurs sont ceux qui vous ont agressée
le jour de la mort de Richeux ?
le jour de la mort de Richeux ?
Alexandre Pennetier, Maxime Dugain, Pierre Favreau, Karim Meunier ?
Ils vous accusent d'avoir tué Richeux ? Ils veulent le venger ?
Ils vous accusent d'avoir tué Richeux ? Ils veulent le venger ?
Répondez, sergent. -J'ai tué personne.
-On aimerait vous croire, mais alors dites-nous
ce que vous faisiez le jour de sa mort entre 5h et 13h43.
ce que vous faisiez le jour de sa mort entre 5h et 13h43.
C'est simple, comme question, non ?
-Votre grand-mère dit que vous êtes partie 4h avant l'heure
-Votre grand-mère dit que vous êtes partie 4h avant l'heure
du train indiqué sur votre feuille de route.
-Elle se trompe.
Elle n'a plus toute sa tête.
-Mlle Deslande,
-Mlle Deslande,
pourquoi être venue à la caserne en taxi ?
-Je vous rappelle
que vous avez déclaré avoir pris la navette de la caserne.
que vous avez déclaré avoir pris la navette de la caserne.
Pourquoi vous avez menti ? Vous veniez d'où ?
-C'est bon.
Elle nous ment, c'est évident.
-Quelque chose m'échappe chez cette fille.
Je ne la cerne pas.
-Elle s'est fait agresser. Il y a un problème.
-Et à mon avis, ça date pas d'hier. -Bien, mon colonel.
Je retourne au 29e.
Le colonel veut me voir.
Le colonel veut me voir.
-D'accord.
-On fait quoi avec Deslande ?
On la cuisine ? -Non.
On la cuisine ? -Non.
On n'obtiendra rien d'elle. Je vais aller voir sa grand-mère.
Je vais me laver les dents. -D'accord.
-Elle ne vous a pas parlé
de l'adjudant-chef Richeux ?
-Elle me parle peu de la caserne,
ou alors pour me dire que tout va bien.
ou alors pour me dire que tout va bien.
Je suis pas folle. Mon mari était militaire. L'armée, je connais.
Nous, les femmes, on doit toujours en faire 2 fois plus que les hommes
Nous, les femmes, on doit toujours en faire 2 fois plus que les hommes
pour trouver notre place. -Commissaire !
Regardez.
Regardez.
Rien que des trophées de tir.
-Sonia faisait des compétitions quand elle était ado.
-Emilie Berthier, vous connaissez ? -"Emilie" ?
-Emilie Berthier, vous connaissez ? -"Emilie" ?
Je l'ai gardée pendant des années quand elle était petite.
Elles ont été élevées ensemble.
Inséparables, comme des soeurs.
Sirène de police.
-Asseyez-vous.
-Je ne fais pas les présentations.
Florence enclenche la caméra.
Florence enclenche la caméra.
Apparemment, vous vous connaissez depuis toujours.
D'après votre grand-mère, Mlle Deslande,
vous êtes comme 2 soeurs.
Très mignonnes. Vous êtes
championnes de tir, vous vous êtes toutes les 2 disputées avec Richeux
championnes de tir, vous vous êtes toutes les 2 disputées avec Richeux
et vous avez un alibi
pour l'heure de sa mort,
alibi que je qualifierais de douteux.
-Côté mobile,
Richeux s'avère être un obstacle à votre ascension dans l'armée.
Mlle Deslande,
Mlle Deslande,
des soldats vous décrivent comme "une femme prête
"à tout pour devenir officier."
Vous l'avez promis à votre grand-père.
Vous l'avez promis à votre grand-père.
Quant à vous, Mlle Berthier, il y a quelques jours,
vous avez porté plainte contre la victime
pour agression sexuelle. C'est pas rien
comme accusation, sans parler de la lutte qui vous opposait
sur la protection des loups dans la région.
sur la protection des loups dans la région.
-Ces informations nous obligent à penser
que vous êtes complices du meurtre.
-Donc la question est :
-Donc la question est :
laquelle des 2 tenait le fusil ?
Hein ?
-Elles n'avoueront jamais. Elles se sont mises d'accord.
-C'est bien plus que ça.
-C'est bien plus que ça.
Elles sont amies.
De vraies amies.
-Si Richeux était un prédateur sexuel,
-Si Richeux était un prédateur sexuel,
il n'y a aucune raison qu'il s'en soit pris qu'à Emilie Berthier.
-Il aurait agressé Sonia ?
-Il faut retourner à la caserne. -Vasseur n'acceptera jamais.
-Il faut retourner à la caserne. -Vasseur n'acceptera jamais.
-Ca dépend comment on lui demande.
-On la met en garde à vue ? -Non.
Elle est braquée. Sauf si elle veut partir, mais dans son état,
Elle est braquée. Sauf si elle veut partir, mais dans son état,
ça m'étonnerait.
On y va. On cible les femmes.
Mesdemoiselles, écoutez.
...
-Non.
...
...
-Rien.
-Non. -Merci, mademoiselle.
-Négatif.
-Négatif.
-Merci.
-Alors ? -Que dalle.
A les entendre ou pas, Richeux et Deslande étaient d'excellents amis.
A les entendre ou pas, Richeux et Deslande étaient d'excellents amis.
-Replongeons-nous dans les fichiers du personnel des années passées.
Il y a bien une femme qui a travaillé avec Richeux et Deslande,
Il y a bien une femme qui a travaillé avec Richeux et Deslande,
qui ne serait plus au 29e BCA et qui serait prête à parler.
-Du neuf ? -Non.
Les femmes sont verrouillées. Je dois parler au Lt Husson.
Les femmes sont verrouillées. Je dois parler au Lt Husson.
Ce matin, il nous a permis de sortir Deslande de l'infirmerie,
il n'avait pas l'air bien. Il sait quelque chose.
il n'avait pas l'air bien. Il sait quelque chose.
-Il est introuvable. -Ah... c'est parfait, ça.
Commandant, vous pensez que dans la famille Husson,
je vais pouvoir parler au père ? -Oui, commissaire.
je vais pouvoir parler au père ? -Oui, commissaire.
Ca va être faisable. -Formidable.
Pourquoi Deslande
n'est-elle pas partie au Mali il y a 8 mois ?
n'est-elle pas partie au Mali il y a 8 mois ?
-Antoine Richeux avait pour critère dans ses choix
l'efficacité et la sécurité. -J'en conclus donc
l'efficacité et la sécurité. -J'en conclus donc
que Deslande, tireuse remarquable, aurait pu nuire
à l'efficacité
de cette opération ? -Richeux connaissait ses soldats
de cette opération ? -Richeux connaissait ses soldats
comme personne. -Pourtant,
aucune femme n'est partie au Mali il y a 7 mois. Nulle n'était prévue
sur la prochaine opération. -Pas de soldate à l'étranger ?
sur la prochaine opération. -Pas de soldate à l'étranger ?
Avez-vous peur
qu'elles aient leurs règles ?
-Absolument pas.
-Alors c'est Richeux qui avait un problème avec les femmes ?
-Alors c'est Richeux qui avait un problème avec les femmes ?
Peut-être avait-il
quelque chose contre Deslande. -Ecoutez, commissaire,
je ne suis pas un adepte du politiquement correct.
Beaucoup de femmes font d'excellents militaires,
mais leur présence ne nous facilite pas la vie.
mais leur présence ne nous facilite pas la vie.
-Au moins, ça a le mérite d'être clair.
-Ca n'engage
que le colonel.
-Vous avez raison de le préciser, commandant.
-Vous avez raison de le préciser, commandant.
Je ne sais pas ce qu'il en est de la gendarmerie.
Je parle de l'armée et la guerre.
Et à la guerre, la parité apparaît comme une notion bien futile.
Et à la guerre, la parité apparaît comme une notion bien futile.
Vous êtes là pour quoi ?
Pour faire une étude sociologique sur la place des femmes ici
Pour faire une étude sociologique sur la place des femmes ici
ou pour enquêter sur l'assassinat ? -Pour découvrir la vérité.
Et il est probable que celle-ci soit liée
au traitement que Richeux réservait à Deslande.
au traitement que Richeux réservait à Deslande.
-Pourquoi pensez-vous
à cette chose saugrenue ? -Le silence.
Le silence des femmes de votre régiment, leur peur de parler
Le silence des femmes de votre régiment, leur peur de parler
lorsqu'on parle de Richeux. -C'est ridicule.
Antoine traitait Sonia Deslande à l'égal des autres soldats.
Antoine traitait Sonia Deslande à l'égal des autres soldats.
Il ne prenait de gants avec personne, ni hommes ni femmes.
Bien sûr, il y a dans l'armée des traditions,
des blagues potaches.
des blagues potaches.
-"Des blagues potaches" ?
-Oui. -Comme celles qui ont envoyé
Deslande à l'infirmerie ?
-Ne transformez pas mes paroles ! Ce qu'elle a subi est inadmissible.
-Ne transformez pas mes paroles ! Ce qu'elle a subi est inadmissible.
J'ai diligenté une enquête interne.
Les coupables seront sanctionnés. -Je l'espère,
Les coupables seront sanctionnés. -Je l'espère,
car la parole de la femme s'est libérée.
Personne n'a le droit de se taire.
Alors "la grande Muette",
Alors "la grande Muette",
c'est de la préhistoire.
-Oui, Jean-Paul. Attends, je te mets sur haut-parleur.
*-J'ai eu le labo. Le sang trouvé
*-J'ai eu le labo. Le sang trouvé
sur la balle est celui de Yann Vigneux, un militaire
*tué au Mali. -Pendant l'opération
*du 29e BCA ? -Oui. Il y a une enquête.
*du 29e BCA ? -Oui. Il y a une enquête.
-Merci, Marchand.
Désolée, mais on a eu une info.
Richeux cachait chez lui l'arme qui a tué le militaire
au Mali. -On doit consulter le dossier
de l'opération.
-Impossible. -Pardon ?
-Impossible. -Pardon ?
-C'est une enquête interne. Seul un militaire peut y avoir accès.
-Il peut y avoir un lien entre la mort de Richeux et l'opération.
-Il peut y avoir un lien entre la mort de Richeux et l'opération.
-Je vais demander à consulter
le dossier de l'opération au Mali. -Vous n'avez pas tout saisi, là.
On est des policiers assermentés.
On est des policiers assermentés.
-Moi aussi, je suis assermenté. -Ben voyons.
-Vous mettez en doute mon intégrité dans cette affaire ?
-Vous êtes un militaire.
-Vous êtes un militaire.
-Ca suffit. Capitaine, on y va.
Qu'est-ce qui vous a pris ? -Il se fout de nous.
Il est de mèche avec le colonel. -Il a un rôle de médiateur.
Sa réaction est normale. -N'importe quoi.
Sa réaction est normale. -N'importe quoi.
Comme les autres, il veut que rien ne sorte d'ici.
Il fait semblant de nous aider,
mais je suis sûr qu'il ne lâchera rien sur le Mali.
mais je suis sûr qu'il ne lâchera rien sur le Mali.
-Non. J'avais un a priori négatif sur lui,
mais je n'ai rien à lui reprocher. -C'est ça.
-C'est quoi cette insinuation ? -Rien du tout.
-C'est quoi cette insinuation ? -Rien du tout.
J'ai des yeux pour voir.
-Pardon ?
-J'ai des yeux pour voir.
-J'ai des yeux pour voir.
-Pascal, c'est pas la 1re fois que vous franchissez la ligne rouge.
Je suis là pour bosser. Je ne veux pas 2 chaperons sur cette affaire !
Regardez-moi !
Regardez-moi !
-C'est pas celle-là, votre voiture. -Je sais !
-J'aime bien quand tu es sur une enquête difficile
et que tu te confies à ta vieille mère.
C'est rare qu'on puisse boire un verre ensemble.
C'est rare qu'on puisse boire un verre ensemble.
-C'est vrai. -Réserve spéciale.
-Tchin !
-Alors, c'est quoi le problème ?
-Vasseur. -Ah... j'avais compris.
Je te connais bien, tu sais, comme si je t'avais fait.
-Je ne sais pas, je...
Je ne le sens pas, ce type,
Je ne le sens pas, ce type,
et en même temps... -Je viens d'avoir Cassandre.
Elle et Maleva ont rendez-vous avec une ancienne du 29e qui va parler.
Elle et Maleva ont rendez-vous avec une ancienne du 29e qui va parler.
Quant à Vasseur, elle doute qu'il soit capable de s'opposer
à l'armée en ce qui concerne le dossier Mali.
-Elle est gonflée. Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit.
-Elle est gonflée. Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit.
-Elle avait ses raisons, non ? -J'imagine.
Tu en penses quoi, toi, en vrai, de ce Vasseur ?
Tu en penses quoi, toi, en vrai, de ce Vasseur ?
-"En vrai" ?
En vrai, je pense que s'il était vieux, petit et gros,
ça me poserait moins de problème. -Tu me fais penser à ton père.
ça me poserait moins de problème. -Tu me fais penser à ton père.
-Ah bon ? Il était jaloux ?
-Oh là là... -A ce point-là ?
On va dire que les chiens ne font pas des chats.
-C'est Chrystelle Tardieu. Elle a changé de bataillon il y a 1 an.
Elle est en perme.
J'ai galéré pour qu'elle accepte de parler de son passé.
J'ai galéré pour qu'elle accepte de parler de son passé.
-Mme Tardieu, on a besoin de savoir pourquoi
-Mme Tardieu, on a besoin de savoir pourquoi
vous avez demandé une mutation. -A cause de Richeux et de sa bande.
-Quelle bande ?
-A la caserne, on les appelait les Gaulois. Des connards.
-A la caserne, on les appelait les Gaulois. Des connards.
-Un groupe d'hommes a régulièrement été sanctionné
ces derniers mois. Ca vous dit quelque chose ?
Alex Pennetier, Maxime Dugain... -Karim Meunier, Pierre Favreau.
Alex Pennetier, Maxime Dugain... -Karim Meunier, Pierre Favreau.
Oui, c'est eux.
La garde rapprochée de Richeux.
Pour eux, les femmes sont bonnes
Pour eux, les femmes sont bonnes
qu'à faire des mômes.
Ils nous appelaient les Grosses, car il faut nous engrosser.
-Ils s'en sont pris à vous ? -Ils utilisent le sexe
-Ils s'en sont pris à vous ? -Ils utilisent le sexe
comme arme pour nous faire craquer et quitter l'armée.
Ils m'ont harcelée pendant des semaines.
Ils m'ont harcelée pendant des semaines.
Je me suis plainte, mais c'est la loi du silence là-bas.
Richeux a essayé de me violer. -Richeux a essayé de vous violer ?
Et Sonia Deslande aussi ? -Oui. Sonia a du cran.
Et Sonia Deslande aussi ? -Oui. Sonia a du cran.
Elle tient bon, c'est une guerrière.
-Bon, merci pour votre témoignage.
-Bon, merci pour votre témoignage.
Bon courage.
-L'armée, c'est le reflet de la société.
-L'armée, c'est le reflet de la société.
Y a des gens bien et des cons,
des salauds qui abusent des femmes. Les Gaulois, c'est des exceptions.
Je m'éclate dans mon nouveau régiment.
Je m'éclate dans mon nouveau régiment.
On m'emmerde pas.
-Merci.
-Et les Gaulois ?
Les Gaulois, ça ne vous évoque rien non plus ?
Ces soldats qui vous ont agressée le jour de la mort de Richeux,
vous savez ce que je pense ?
Emilie a raison. Elle ne s'est pas fait agresser
Emilie a raison. Elle ne s'est pas fait agresser
par Richeux.
Ces gars ne sont pas seulement des harceleurs et des violeurs.
Non. Ils ont un but. Un but :
Non. Ils ont un but. Un but :
écarter les femmes de l'armée.
C'est vous qui avez été harcelée
et agressée sexuellement par ces hommes
et agressée sexuellement par ces hommes
qui voulaient vous empêcher de devenir officier.
Pire. Ils voulaient que vous quittiez l'armée de vous-même.
Alors... vous avez voulu vous en débarrasser.
Vous l'avez tué. -Si vous pensez que vous taire
vous protège, vous faites une grave erreur.
vous protège, vous faites une grave erreur.
Le silence ne fait qu'aggraver les choses... toujours.
-Lieutenant,
mettez le sergent-chef Deslande en garde à vue.
-Richeux et ses hommes
s'attaquent aux femmes du 29e. -Aucune raison
de s'en prendre à Berthier.
de s'en prendre à Berthier.
-Sa plainte est bidon, mais elle sait ce qui s'est passé pour Sonia.
C'est sa meilleure amie. -Elle parlera pas pour la soutenir.
C'est sa meilleure amie. -Elle parlera pas pour la soutenir.
-Je peux vous parler ? -Oui, Marchand.
-C'est Maleva. On dirait qu'elle a un truc avec Emilie Berthier.
Comme si elle la comprenait.
Comme si elle la comprenait.
Avec Sissi, on sait pas ce qui se passe.
Peut-être qu'elle la fera parler.
-Je vais vous raconter une histoire, Emilie.
Au collège,
je n'avais qu'une amie. J'étais la seule Noire de la région
je n'avais qu'une amie. J'étais la seule Noire de la région
et j'avais été adoptée. Vous imaginez ?
Mais avec elle, c'était...
On était inséparables.
On était inséparables.
Elle s'appelait Marie Parowski.
Et un jour,
Marie m'a confié un terrible secret.
Son oncle avait abusé d'elle.
Son oncle avait abusé d'elle.
On était en 4e et ça avait commencé
*quand elle était en 6e. Elle m'a fait jurer
*de ne rien dire à personne, à cause de la famille.
*de ne rien dire à personne, à cause de la famille.
Alors j'ai juré.
Ca serait notre secret.
Mais j'ai pas pu me taire.
Imaginer que ce connard pouvait baiser
mon amie, c'était pas possible.
Alors un jour,
Alors un jour,
j'ai tout balancé.
Et ce qu'elle avait prédit est arrivé.
Sa famille a explosé.
-Et votre amie ?
-Elle a disparu, mais je sais que j'ai eu raison.
-Elle a disparu, mais je sais que j'ai eu raison.
Si je m'étais tue comme la plupart des femmes violées le font,
ça aurait continué. Il aurait continué.
ça aurait continué. Il aurait continué.
Et ça l'aurait complètement détruite.
Et peut-être d'autres femmes aussi.
-Elle pouvait pas parler, Sonia,
*à cause de sa carrière. *-Et à cause
*de la loi du silence du 29e ?
*de la loi du silence du 29e ?
*-Alors c'est moi qui ai porté plainte à sa place,
dans le civil. C'était mon idée pour faire tomber Richeux.
Devant un tribunal,
Devant un tribunal,
il ne serait plus protégé.
Sonia m'a donné les détails pour crédibiliser ma plainte.
Quand j'ai appris sa mort, je vous jure, c'était dingue.
Quand j'ai appris sa mort, je vous jure, c'était dingue.
Je ne l'ai pas tué. Je n'ai jamais voulu le tuer,
Je ne l'ai pas tué. Je n'ai jamais voulu le tuer,
ce connard. Et Sonia n'a pas pu le tuer.
-Pourquoi ?
-Je lui ai juré de ne pas le dire.
-Je lui ai juré de ne pas le dire.
-Emilie, pourquoi elle n'a pas pu le tuer ?
-Parce que quand Richeux se faisait buter
-Parce que quand Richeux se faisait buter
elle était à Aix-les-Bains, à la clinique Govain.
-Entrez, mademoiselle.
Merci, capitaine.
Asseyez-vous.
Pourquoi vous ne m'avez pas dit que, quand Richeux se faisait tuer,
Pourquoi vous ne m'avez pas dit que, quand Richeux se faisait tuer,
vous étiez en train d'avorter à Aix-les-Bains ?
Pourquoi vous nous avez laissés
vous soupçonner ?
Vous aviez un alibi, Sonia.
Cette grossesse,
Cette grossesse,
c'est un viol ?
Sonia, regardez-moi.
Antoine Richeux vous a violée ?
-Oui.
Oui, il m'a violée.
-Et le lieutenant Stéphane Husson était au courant ?
-Et le lieutenant Stéphane Husson était au courant ?
C'est pour ça qu'il n'arrêtait pas de sanctionner ses hommes.
-Ils s'en foutaient, les autres.
Le colonel les protégeait.
Richeux, c'était comme un fils pour lui.
Et il avait peur du scandale.
Et il avait peur du scandale.
Ca aurait été la fin de sa carrière.
La fin du bataillon.
Il préférait fermer les yeux.
Il préférait fermer les yeux.
Mais...
C'est devenu pire après le Mali,
quand le chef est revenu en héros.
quand le chef est revenu en héros.
Il fallait que je tienne bon.
Que je leur montre que j'étais plus forte qu'eux.
Que je leur montre que j'étais plus forte qu'eux.
Je ne suis pas une victime, moi. Je ne le serai jamais.
Une victime, ça ne peut pas être officier.
Une victime, ça ne peut pas être officier.
-C'est pour ça que vous avez accepté
que votre amie porte plainte à votre place dans le civil ?
-J'ai compris que j'étais enceinte.
J'étais enceinte de ce porc.
J'étais enceinte de ce porc.
Mais qu'il ait été tué le jour où...
Mais qu'il ait été tué le jour où...
Je sais pas, c'était...
C'était comme un signe.
Quelqu'un l'avait abattu.
Ou quelque chose.
Quelque chose de plus grand.
-Merci.
Merci.
-Et si on la lui retrouvait, son amie d'enfance ?
-Et si on la lui retrouvait, son amie d'enfance ?
-Euh...
-Même si elle est sur liste rouge, ça ne va pas vous arrêter.
La liste rouge, non, mais la loi... -On vous demande pas
de craquer les codes nucléaires. -Cette femme a choisi de fuir.
Libre à elle de recontacter Maleva. La déontologie, major.
Vous en faites quoi ? -Vous voulez que je vous le dise ?
Vous en faites quoi ? -Vous voulez que je vous le dise ?
-Non. Je ne préfère pas.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je me suis procuré le dossier Mali et j'ai appelé
le régiment du militaire qui a été tué.
La mort a eu lieu
après l'embuscade durant laquelle Richeux a sauvé ses hommes.
La balle a été envoyée en France mais n'est pas arrivée.
-Si. On l'a trouvée chez Richeux, planquée sous un placard.
-Si. On l'a trouvée chez Richeux, planquée sous un placard.
-D'accord.
Pour le pistolet, la dernière fois qu'il a été enregistré,
c'est au nom de Marc Husson. -C'est qui celui-là, maintenant ?
c'est au nom de Marc Husson. -C'est qui celui-là, maintenant ?
-Le fils aîné du colonel Husson,
mort il y a 5 ans.
-Comment son flingue s'est retrouvé
-Comment son flingue s'est retrouvé
au Mali il y a 7 mois ? -Stéphane, le petit frère.
-Il dirigeait l'opération. -Stéphane a tué un soldat au Mali.
-Il dirigeait l'opération. -Stéphane a tué un soldat au Mali.
-Une bavure.
-Richeux le faisait chanter.
-J'ai vérifié son alibi. -Il était à l'extérieur.
-A Chambéry, en réunion avec un fournisseur. Sauf que la réunion
-A Chambéry, en réunion avec un fournisseur. Sauf que la réunion
a fini plus tôt qu'indiqué sur sa feuille de route. Stéphane Husson
a eu le temps d'abattre le chef Richeux.
a eu le temps d'abattre le chef Richeux.
-Il est où ? -Personne ne l'a vu depuis hier.
-Je suis désolée,
le colonel est parti il y a 45mn. Il n'a pas dit où il allait.
-Vous pouvez l'appeler ? -Je peux essayer.
-Vous pouvez l'appeler ? -Je peux essayer.
-S'il vous plaît.
Vous ignorez où il peut être ? -Oui.
-Commissaire. -N'entrez pas dans le bureau !
-Commissaire. -N'entrez pas dans le bureau !
-C'est pas Marc Husson ?
-C'est où ? -Vous voyez le monument, là ?
C'est le mémorial du Maquis. J'allais m'y balader avec mon père.
C'est le mémorial du Maquis. J'allais m'y balader avec mon père.
-Husson pourrait s'y cacher ? -Allons voir.
-On y va.
-Merci, caporal-chef.
...
...
...
-Je savais que tu viendrais, papa.
-C'est toi qui as tué Antoine ?
Je t'écoute.
-Richeux était le seul à savoir pour ma bavure, au Mali.
-Richeux était le seul à savoir pour ma bavure, au Mali.
Il faisait nuit, je revenais de cette embuscade, j'étais épuisé,
à cran.
Bourré d'adrénaline.
Bourré d'adrénaline.
Je réalisais pas encore que j'étais de retour à la base,
en sécurité.
J'ai vu une ombre.
J'ai vu une ombre.
J'ai cru que c'était un rebelle. J'ai eu peur.
J'ai eu peur, papa.
Je ne suis pas Marc, tu sais. J'ai jamais été comme mon frère.
Pourtant, j'ai essayé, mais je n'ai pas réussi.
J'ai eu peur, j'ai tiré.
-Avec l'arme de ton frère.
-C'était trop pour moi. Le pistolet de grand-père,
-C'était trop pour moi. Le pistolet de grand-père,
l'arme fétiche de Marc. T'aurais dû la léguer à Richeux.
C'est lui qui aurait dû être ton fils.
Cette nuit-là,
il a pris les choses en main pour étouffer l'affaire.
Je lui ai donné le MAC 50
pour qu'il le fasse disparaître. Sauf qu'il ne l'a pas fait.
pour qu'il le fasse disparaître. Sauf qu'il ne l'a pas fait.
-Pourquoi tu as mis Max Dugain aux arrêts ? Pourquoi tu l'as dégradé ?
-Tu le sais très bien. Ca ne peut plus durer.
-Tu t'acharnes sur mes hommes.
-Tu t'acharnes sur mes hommes.
-Le comportement de tes hommes est indigne.
J'ai compris, maintenant.
Que se passe-t-il avec Sonia Deslande ? Elle aussi ?
Que se passe-t-il avec Sonia Deslande ? Elle aussi ?
Je vais faire un rapport
que j'enverrai à l'état-major.
-Non.
-Tu pourras pas m'empêcher. -Si. Si tu fais ce rapport,
-Tu pourras pas m'empêcher. -Si. Si tu fais ce rapport,
je ressors le flingue et la balle.
Tu croyais vraiment que je m'en étais débarrassé ?
Tu croyais vraiment que je m'en étais débarrassé ?
Si tu me dénonces, je me ferai un plaisir de les remettre au colonel.
Ce sera la cour martiale, la prison et le déshonneur
Ce sera la cour martiale, la prison et le déshonneur
pour toi
et pour ton père.
-Je te redoutais davantage, toi, mon père, que la prison.
-Je te redoutais davantage, toi, mon père, que la prison.
J'avais peur de te décevoir,
de ne pas être à la hauteur, une fois de plus.
de ne pas être à la hauteur, une fois de plus.
Je n'ai plus ma place, ici.
Ni à l'armée ni dans ta vie.
Je vais partir,
disparaître.
T'as prévenu les flics. -Pour qui tu me prends ?
T'as prévenu les flics. -Pour qui tu me prends ?
-Husson !
Arrête-toi !
...
...
...
...
-Ah !
Stéphane gémit.
...
...
...
-Je sais que vous êtes là.
C'est terminé, rendez-vous.
-Ne bougez plus !
Bougez plus ou je tire. -Lieutenant !
Arrêtez. Vous ne méritez pas ça.
Baissez votre arme.
Baissez votre arme.
-J'ai tué Antoine car je suis un lâche.
-Stéphane !
Tu n'es pas un lâche.
Tu n'es pas un lâche.
Tu as essayé de les arrêter. Tu as fait ton devoir.
C'est ma faute. Je ne savais pas pour les viols,
C'est ma faute. Je ne savais pas pour les viols,
parce que je ne voulais pas savoir.
Tout est ma faute.
Baisse ton arme. Je t'en prie.
Baisse ton arme. Je t'en prie.
Je peux pas te perdre.
Je veux pas perdre un second fils.
Je suis fier de toi, Stéphane.
...
...
...
...
...
...
Bruit de pas.
Bruit de pas.
-Baissez votre arme.
...
...
...
...
...
...
-Le tribunal des forces armées
va les radier. La justice civile va s'occuper d'eux.
Et je peux vous dire qu'ils vont rester longtemps à l'ombre.
Et je peux vous dire qu'ils vont rester longtemps à l'ombre.
-C'est fini. Tu as gagné.
-On a gagné.
-Alors, elle a réagi comment,
Marie Parowski ?
-Je l'ai sentie distante, mais elle va réfléchir.
-Qui a demandé à Marie
de me téléphoner ?
Elle veut qu'on se revoie.
Elle veut qu'on se revoie.
Ce n'est pas du hasard. Alors ?
-C'est moi. -C'est moi qui l'ai poussé.
-Je voulais juste...
-Merci.
-Merci.
Merci.
-Bonjour.
-Je vous dérange pas ? -Non.
Je vous en prie, entrez.
Asseyez-vous. -Non. J'ai un train.
Asseyez-vous. -Non. J'ai un train.
Je suis muté dans ma région.
Les Hauts-de-France. J'attends ça depuis 10 ans.
-Très bien. Félicitations.
-Très bien. Félicitations.
-On s'est un peu marché
sur les pieds, tous les deux. -Oui. Je tenais à...
-Non. C'est moi.
J'ai tout fait pour que ça se passe mal.
-Oh ben... -Si. Je l'ai fait volontairement.
Je voulais résister.
Je voulais résister.
-"Résister" ?
-Résister à ce que j'ai ressenti la première fois
que je vous ai rencontré.
Quand j'ai vu comment vous regardiez la commissaire Cassandre,
Quand j'ai vu comment vous regardiez la commissaire Cassandre,
j'ai compris
que je n'avais aucune chance.
-"Aucune chance" ?
-"Aucune chance" ?
-Sans ça, je l'aurais bien refusée, cette mutation.
Ou alors je vous aurais proposé
de m'accompagner.
-Je...
-Au revoir, Pascal.
-Commandant...
-Commandant...
...
...
-Ca va, Pascal ?
-Oui, super.
C'est sympa, le commandant est passé me dire au revoir.
-Oui.
-Oui.
Vous me prenez pour une idiote.
-Pardon ?
-J'ai compris depuis longtemps. Ca se voyait.
-Ah, que le commandant...
-Ah, que le commandant...
-Oui, "que le commandant..." Mais vous êtes très fort.
Vous séduisez des hommes qui pourraient me plaire.
-Non, pas du tout. Non. -Si, si, si.
-Non, pas du tout. Non. -Si, si, si.
Si, si. Chut.
Je plaisante.
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