Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Les Studios Maxime Gorki de Moscou
En des années dont je n'ai plus mémoire,
mais ça ne date pas d'aujourd'hui en tout cas
régnait sur son royaume barbare
Iéréméï Longue barbe, grand chipoteur d'entre les rois.
Et comme un jour lui vint en tête,
tout ce qui est à l'envers, de le remettre à l'endroit,
il sort son livre de recettes
et décide de recenser, noter, ficher tout ce qu'il possède, de Z à A.
- Chandelles de suif ? - Cent quarante-deux !
- Culs de chandelles ? - Un quintal et trois livres !
- Fenêtres ? - Consigné.
La suite ! Écrivez !
- Nom de l'objet ! - De l'objet le nom !
- Trônes ! - Trones !
- Nombre de pièces ! - De pièces le nombre !
- Deux trônes ! - Deux trones !
Vois-moi ce lettré !
"Trône" s'écrit avec l'accent circonfesses.
Moi je dis que les fesses du roi c'est fondamental,
tandis que la reine honni soit qui y pense mal.
Donc, j'écris "trone de la reine" sans l'accent.
Discutable, mais logique. Tu m'as convaincu.
Écrivez : trône : un, et trone : deux !
Trône : un, trone : deux
Trônes, escabeaux, ustensiles, terminé pour le palais.
S'agit d'aller voir plus avant. À moi, mes gens !
- L'encre, on a pris l'encre ? - L'encre, on l'a prise ?
- On a chargé les plumes d'oie ? - Les plumes d'oie y sont ?
Les plumes iront à pied.
- Et les parchemins ? - Les parchemins ?
Itou, à pied.
Où c'est donc que tu vas, Iéromouchka ?
Il faut lui expliquer cent fois.
Recenser je m'en va mon royaume de Z à A.
Ce n'est pas occupation royale !
Plus de cheveux que de cervelle.
Tout ce qu'il y a de royale.
- Pas royale ! - Royale !
Pas royale...
- L'escalier, consigné ? - Consigné.
Combien de marches ?
- Les compter toutes ! - Toutes les compter !
Combien ?
Huit.
JOLIE BARBARA LONGUE NATTE (Varvara-krasa, dlinnaïa kosa)
Scénario : M. TCHOUPRINE avec la participation de A. ROU
Réalisateur : Alexandre ROU
Directeur de la photographie : D. SOURENSKI
Décors et costumes : A. KLOPOTSKI et A. IVACHTCHENKO
Musique de A. PHILIPPENKO Son : A. DIKANE
Sous-titres français : A. KARVOVSKI
Dans les rôles :
Iéréméï, roi : M. POUGOVKINE
Tchoudo-loudo, autre roi : G. MILLIAR
Afonia, sacristain : A. KOUBATSKI Praskovia, sa sacristine : L. KOROLIOVA
Andréï, fils de pêcheur : A. KATYCHEV Andréï, fils du roi : S. NIKOLAÏEV
Jolie Barbara : T. KLIOUÏÉVA Stépanide, la nounou : V. POPOVA
Les flibustiers vrais de vrais :
A. KHVYLIA, L. POTIOMKINE A. TSINMANN, I. LEONGAROV
Les épouseux autoproclamés : B. SITCHKINE, I. BAÏDA, R. YOURIEV
La pêcheuse : V. ANAGNINA Malania, la reine : V. PETROVA
La mémé drôle : V. ALTAÏSKAÏA Manman : E. KOUZYOURINA
Près d'un an Iéréméï compta et recompta ses biens,
se trouva fatigué, mais que dire des sacristains !
Tout y est passé, depuis les arbres et jusqu'aux champignons de la forêt,
jusqu'à la dernière tache de son au nez des petits enfançons.
Si bien que toute l'encre usée,
l'âme en paix s'en est retourné.
Mais le chemin est long, qui conduit à la maison
et Iéréméï décide illico de prendre du repos
Un plein tonneau d'encre en écritures !
Tant de troupeaux mis sur le parchemin !
- C'est des moutons que tu parles ? - Des moutons.
Et les plumes d'oie ! Des tombereaux à la poubelle !
À boire, j'ai soif !
Il faudra pourtant patienter, notre bon roi.
Ah, un verre d'eau qui fait pschitt !
Voyons, sire, de quoi parlez-vous !
Steppe, rien que steppe alentour...
Se perdre à l'horizon la route court...
Relâche-moi !
Et ma petite rançon ?
Une rançon ? Et que demandes-tu ?
Ta royale parole
que tu me donnes ce qu'en ton royaume tu ne connais pas.
Ce qu'en mon royaume je ne connais pas ?
Tu as ma royale parole.
Petit-père le Roi,
N'oublie pas !
Tu as donné ta parole.
Mais, non, je n'ai pas d'inquiétude.
J'ai tout dans mon livre, compté, noté, jusqu'au moindre brin d'herbe.
En mon royaume je connais tout.
Bon retour ? Félicitations ! Un grand événement, ici !
Notre cœur est en liesse !
Le prince héritier !
Andréï Iéréméévitch !
Ciel ! La voilà la chose que
je ne connaissais pas en mon royaume.
Qu'est-ce qui le prend ?
Tombé dans les pommes !
- La raison ? - La liesse !
La liesse !
Les arbres, les brins d'herbe, tout recensé, tout calculé...
Pour finalement me tromper !
Il ne sied pas au roi de se ronger ainsi les foies.
- Personne ? - Personne !
N'est pas perdu qui a la guigne, est perdu qui trop se chagrine !
Et comment n'aurais-je chagrin,
si je dois livrer le Dauphin ?
Tiens, pourquoi dois-tu le livrer ?
Hein ? Tu veux que je viole ma royale parole ?
La parole, dans ta poche, Trompe-le et sois pas cloche.
Le tromper ? Moi ? Tromper Tchoudo-loudo Hors la loi ?
Allons, tu en as trompé d'autres.
- Personne ? - Personne !
Petit père roi, j'ai une idée, c'pas ?
Une combine qui me vient en tête.
Tu caches ton fils chez des particuliers
et tu livres à sa place un autre André
- Comment ça ? - Comme ça !
L'autre n'a qu'à vivre au palais aussi longtemps qu'il faut.
Le jour où Tchoudo-loudo réclame sa rançon,
hop-là ! À lui l'autre loupiot, et tu retrouves ton enfançon.
Une tête.
Agis !
<i>Do do, l'enfant do, P'tit pêcheur s'endort bientôt.</i>
<i>Do do, l'enfant do, si tu dors pas, pan-pan bobo.</i>
<i>Songe visite les chaumières</i>
<i>aux pêcheurs clôt les paupières,</i>
<i>do do, l'enfant do, dors vite mon petiot.</i>
<i>Le brochet vient à la nage,</i>
<i>épater notre village...</i>
À la maman du nouveau-né notre respect et notre estime.
- Tu l'appelles comment, le fils ? - Andréï.
Petit Andréï !
Un joli nom, ça.
- Et le papa s'appelle comment ? - Élisée.
Ce qui s'appelle une coïncidence ! Eliséïévitch, Eréméïévitch.
- Vous dites ? - Très joli nom !
- Ton homme est à la pêche ? - À la pêche.
Alors, écoute, ma brave. La chance visite ta demeure.
Va vite appeler ton mari
dis-lui que le roi veut goûter de son poisson frais pêché.
Mais je vais pas laisser mon petit ?
Ma femme le veillera.
Praskovie, arrive ! Reste un instant avec l'enfant.
Et toi, ma brave, dépêche.
Fais vite !
Jésus, qu'en sera-t-il ?
Parfait.
Le Bon dieu nous punira !
- Ça y est ? - Ne te fâche pas, Afonia chéri !
Vas-tu te taire, grosse bécasse !
Est-ce permis d'ôter son enfant à une mère ?
Tout est permis, suffit d'être prudent.
Amène celui du tsar. Et attention !
Enfin, qu'est-ce qui te prend ? Sors-le-moi de la corbeille !
- C'est que je... - Fais ce qu'on te dis !
Là, Andréï Eliséïévitch...
Par ici la corbeille.
Et Andréï Eréméïévitch - dans le petit berceau.
Et voilà, une bonne chose de faite.
Vous, les femmes, on peut rien vous confier !
Et maintenant, sacristain,
au palais, à fond de train !
Qu'attends-tu ! Filons !
Mazette, est-ce que je rêve, le jour déjà se lève
la reine dort sur ses deux oreilles et point d'enfant dans la corbeille ?
Les nourrices ont l'ordre impérieux de point quitter l'enfant des yeux.
Pourquoi ronflent-elles si fort qu'on les entendrait à Francfort ?
Parce qu'Afonia sacristain a versé sa drogue dans leur vin.
- Elle ne s'est pas réveillée ? - Elle dort !
- Et chez toi ? - Tout est O.K.
Notre combine a marché.
Et si elle devine ?
Elle doit pas. Un môme, un autre, quelle différence ?
Il ressemblerait même.
À cet âge ils sont tous pareils.
Des fois que son cœur de mère parlerait ?
Sottises. Ça n'existe pas les cœurs de mère.
Leur invention, pour se donner de l'importance.
Et cesse de t'inquiéter comme ça.
Du vent !
On a kidnappé l'héritier du trône !
<i>Guili-guili-lère, Où a-t-on été ? Chez grand-mère !</i>
<i>Qu'y a-t-on mangé ? La semoule et qu'y a-t-on bu ? Le lait de poule !</i>
Ta maman a eu une de ces peurs ! Je regarde, personne dans le berceau !
C'est ton petit père le tsar qui en a eu gros cafard !
Du tsarévitch, notre futur petit père !
D'où vient cette tache de naissance ?
Voilà où son cœur de mère va parler.
Ce n'est qu'une écaille de poisson. Mon chéri-bibi.
- Il n'a pas parlé. - Pas parlé.
Petit père notre tsar !
Mais comme le temps passe vite !
Libre à vous de ne pas me croire,
mais du jour que le roi étancha sa soif à l'eau de ce puits,
Il s'est écoulé dix-huit grandes années.
Non, ce que tu es adroit, Andréï !
Ça mord ! Tire vite !
Cassé encore une fois !
Tu n'es pas très doué pour pêcher le poisson, petit père.
- Qui je suis ? - Tchoudo-loudo Hors la loi !
Prince lacustre tout-puissant.
Seigneur des marais croupissants.
- T'as d'autres titres ? - Et cætera et cætera.
Fallait commencer par ces téras.
- Mille pardons. - Et vous, c'est qui ?
<i>Nous sommes les flibustiers du roi,</i>
<i>Des gars, des gars, des gars comme ça ! Ho-ho !</i>
<i>Nous sommes des aigre, aigre, aigrefins,</i>
<i>méchants comme chiens, chiens, chiens, ho-ho !</i>
<i>Le voyageur déshabillons...</i>
<i>- et déchaussons... - avec lui un brin causons.</i>
<i>Ensuite le rechaussons,</i>
<i>et chantons une chanson !</i>
<i>Par trois rumbes, rumbes, rumbes à bâbord nous virerons</i>
<i>Devant l'île au Trésor peut-être amarres lancerons.</i>
<i>- Peut-être... - Peut-être...</i>
<i>Peut-être lancerons.</i>
Certes, vous savez chanter.
Mais est-ce beau ? Pas de beauté.
Et où est le tapis magique ?
Pas de tapis ni de magique.
Que vont dire les épouseux ? Le palais de Tchoudo-loudo ? Peuh !
Un machin lamentable triste comme une étable.
Vous pouvez aller !
- Où ça ? - Chez le bourreau !
Et défense de revenir la tête sur les épaules !
Regarde, tu passes le fil sur le doigt et de l'autre tu le retiens.
Et l'aiguille, dans la maille.
C'est ce que je veux faire, mais je n'y arrive pas.
Applique-toi.
Notre princesse, au secours !
Le roi ton papa de nouveau nous envoie au bourreau !
- Qu'est-ce donc qui l'a tant irrité ? - Le manque de beauté !
- Le voilà qui exige des épouseux... - le tapis merveilleux.
Nenni, j'ai d'autres chats à fouetter !
Bon. Cessez de pleurer ! Je vous bricole ça vite fait.
Super !
De toute beauté ! Démonte-le, on l'emporte.
Vite, chez Tchoudo-loudo !
Ça c'est bon !
Ils me fatiguent. Sans cesse à quémander prodige.
Moi, je voudrais tant apprendre à tricoter.
Tu en as bien besoin ! Puisque tu peux tout faire par magie ?
La magie c'est pas du tout ça.
Moi, je veux pour de vrai, comme tout le monde.
Ça, mon petit, il faut de la patience.
- Nounou. - Quoi encore, ma petite Barbara ?
Tu en as eu, des épouseux, toi ?
Un, oui...
Un enchanteur aussi ?
Garçon d'écurie.
Comme nous nous aimions ! Vassia...
Je le revois, nous suivons le sentier de la forêt,
large, le sentier, et nous, de plus en plus serrés,
comme si le sentier était étroit, pas ?
Des champignons tout autour, une mer, un océan.
Ben nous on ne les cueille pas.
- Pourquoi ? - Parce qu'on préfère aller l'amble.
Surtout que mon Vassia, il dit : "Stépanide ma toute belle..." il dit.
Tu sais, chez les hommes c'est mieux que chez nous, les sorciers.
La patronne, quand elle a su que nous nous aimons, furieuse !
Elle envoie mon Vassia aux armées, à la cave elle m'enferme à clé.
Eh bien ? Tu te changes en colombe et tu rejoins ton cher Vassia.
Non, les sorcelleries c'est chez vous, dans votre royaume mouillé.
Chez nous, c'est pire que voler.
Vrai ? Il ne faut pas ?
À la première bataille, mon Vassia a reçu un boulet de canon.
Il est mort ?
Et si grand chagrin j'en eus que j'ai couru à l'étang et je m'y suis jetée.
Tu vois, l'amour, ce que c'est.
- L'amour ? - L'amour.
Des quatre coins du royaume des marécages,
de toutes les grottes, de tous les grenouillages,
accourent chez Tchoudo-loudo
sur son trône installé
les épouseux autoproclamés.
Faites votre demande !
Ali Hussein ! L'homme-bassin !
Avale un baquet d'eau de mare,
Avec les vers et les têtards !
- Je n'en veux pas ! - De qui ? De quoi ?
- Ni eau de mare, ni têtards ! - Salutations.
- Les goujons ! - Ouille, petit père !
Suivant !
Voici un épouseux qui lit avec aisance
toutes vos pensées à distance.
Pas possible, mon ?
Ressuscité. Arrivé à bon port.
Ça alors !
Devine ce qu'elle pense !
Que lui arrive-t-il ?
Il a deviné juste.
Suivant !
L'épouseux fait dans la magie, un joli blond.
- Où t'as vu qu'il est blond ? - Soit, brun. Quelle différence ?
Mon bonjour le plus respectueux !
Et toi, mon brave, d'où sors-tu...
Pour l'origine, aborigène,
pour l'instruction, allogène.
Et cette instruction, c'est quoi ?
École de prestidigitation d'Outre-mer.
Que dois-je comprendre ?
Chez eux, on dit prestidigitation,
Chez nous, jeu de jambes
et hypnose.
Et combien dg temps tu y as étudié dans ton École d'Outre-mer ?
Deux ans un mois.
Deux ans pour apprendre à prononcer "prestidigitation",
et puis un mois entier l'hypnose.
Vas-y, montre.
À vous mon grand guten Morgue !
Merci.
Maintenant, je prononce la formule magique "ein, zwei, drei " !
Ce qui dans la traduction signifie "un, deux, trois, quatre", oui ?
Je regarde fixement la promise
c'en sera assez pour qu'elle dise
que je suis son promis. Oui.
Vitesse d'exécution et doigté font...
Âne bâté !
- Suivant ! - C'est tout !
- Comment, tout ? - Plus d'épouseux, le stock est épuisé !
Hors d'ici, ma fille indocile !
Hors d'ici, tous ! Hors de ma grotte du Trône !
Reviens, ma fille indocile !
Reviens, je te dis !
Respecte ton père.
Pour qui j'invite les épouseux ? Pour moi ?
Et pas n'importe qui ! Enchanteurs pur sang !
Les enchanteurs pur sang, j'en ai ma claque !
Enfin, qui voudrais-tu marier, toi ?
Quelqu'un d'ordinaire, comme sur la terre.
Hein ? Comme sur la terre ? J'entends mal.
Tu sais quel est mon rêve ? Nous suivons le sentier de la forêt...
- Qui c'est, nous ? - Moi et lui.
Le sentier est large, et nous on le trouve étroit-étroit.
Il y a tout plein de cèpes alentour, on ne les regarde même pas.
Et puis, il me dit : "Ma colombe toute belle..."
Regarde-moi ça, des cèpes.
- Et des russules, il y en avait ? - Sans doute.
Minute. Je connais un roi de là-haut qui est mon débiteur.
Tiens bon, petit père mon Tsar, je donne un coup de main à papa.
T'affole pas, je reviens à l'instant. Je t'apprendrai le métier de pêcheur.
- Andréï ! - J'arrive, papa !
Si tu savais qui est ton papa...
Toi, le sang de mon sang...
Ton dû !
Mon dû...
<i>Guili-guili-lère, Où a-t-on été ? Chez grand-mère.</i>
<i>Qu'y a-t-on mangé ? Le brouet. Un plein gobelet.</i>
<i>Mangé petit-petit.</i>
<i>Une cuillère pour maman chérie.</i>
<i>Une grande pour papa !</i>
<i>Et au dodo après le repas !</i>
Eau de violette et lavande, Pour que ça sente la rose.
Le roi rentre de la pêche, il faut lui rincer ses royales mains.
Du balai !
Malheur ! C'est Tchoudo-loudo ! Il m'a menacé du doigt.
Arrière, Satan !
Tu es sûr de l'avoir vu ?
Après tant d'années, il attendrait encore ? Oui, j'ai dû me tromper.
Tu t'es trompé ! Calme-toi, rince tes mains royales.
Mon dû !
Ça devait arriver.
Que faire ?
Voyons, notre petite combine ne doit pas faire un flop.
L'heure est venue de livrer notre grand corniaud à Tchoudo-loudo.
Et si le corniaud n'est pas d'accord ?
J'ai une autre combine, tu vas voir, il y courra lui-même.
Vas-y, agis.
Oui, mais il me faut quatre livres de salé,
six harengs au vin aigre
et quantité de concombres salés.
Fais !
C'est à mourir de soif !
Quelle tête de linotte,
J'ai oublié d'emporter l'outre d'eau fraîche !
- Oublié ? - Oublié.
Attends un peu, petit père n'a plus longtemps à vivre, j'espère.
Voilà où je te rappellerai quelques petites choses, Afognka !
- Ne te fâches pas, tsarévitch ! - Je veux boire !
Je connais un puits pas loin d'ici.
- Où est-ce ! - Là-bas, tu vois ?
Qu'est-ce que je disais ? Tout seul, au pas de course.
Rusé, le sacristain ! On a été à bonne école !
- Où va-t-on ? - On le suit. Pousser à la roue.
Une tête !
De l'eau fraîche en veux-tu en voilà.
- Poussé à la roue ? - Poussé au cul.
Est-on sûr que ce soit bien ?
Prodige ! Sec. Pas une goutte d'eau !
Ce qu'il est gros !
Se moquer comme ça du rejeton royal !
Méchant, na !
Maman chérie !
À l'aide, mes nounous ! Sauvez-moi !
Tu as fini de crier comme ça ! Tu as fini de glapir !
- Toi ? Qui es-tu ? - Moi ? La petite vieille sous la souche.
M'en diras tant ! Tu te moques ?
Écoute d'abord ce qu'on te dit et ne fais pas tout ce bruit.
Accoutume-toi à ta nouvelle vie, au nouveau modus vivendi.
Comme toupie cesse de tourner, raconte ce qui s'est passé.
- Pourquoi je me retrouve la ? - À cause de la barbe à ton petit papa.
La barbe à petit papa ?
Nounou !
Tu n'en peux plus, polissonne ?
J'en peux plus, nounou, j'en peux plus !
Mais qu'as-tu, mon petit ?
Qui te fais des misères, ma petite étoile ?
Le méchant homme ! Gros comme ça !
Ma pauvre biquette broute-feuillette !
Voilà comment le roi Iéréméï fut forcé de payer sa dette
vieille de dix-huit ans, voilà comment il t'a expédié chez nous.
Ah non, ça se passera pas comme ça ! Je vais le dire à maman !
Pas de cris ! Et te voici mon conseil, illustre tsarévitch.
Tu te présentes à Tchoudo-loudo et tu lui fais le salut jusqu'à terre !
Et comment le trouver, ton Tchoudo-loudo ?
Tu vas tout droit, tu tombes dans la clairière sauvage.
Tu tapes trois fois du pied, deux fois de la main et tu siffles une fois.
- Comment ? - Comme ça.
Si tu n'y arrives pas, tu peux siffler moins fort.
Une bête comme jamais tu n'en vis à ton sifflet sortira du maquis.
Des oreilles de lièvre, des yeux je sais pas de qui,
une queue de lion, mais en moins long.
Elle te portera jusqu'à la rivière, là tu appelleras le passeur.
Mais après ?
Sur l'autre rive ils t'attendront.
- Qui ça ? - Une surprise.
Par où ?
Bon, quoi encore ?
Tiens, une carotte bien douce te voici.
Tu l'offriras à la bête inouïe.
Et un pot de miel, du meilleur.
Pour la peine des passeurs.
L'aurait pu dire merci. Bien nourri mais malpoli.
Et moi, je peux goûter ?
- Va voir là-bas si j'y suis ! - Quel égoïste !
Arrive, as pas peur, Mais il nous faut du miel et du meilleur.
En voici, tournez plus vite que ça !
Ouf ! Ça sent la fleur de tilleul.
- Il se laisse manger, au moins ? - J'en bave.
Hé, tu nous en laisses ?
- Ceinture ! - Ce qu'il peut être grossier !
Égoïste ! Pique-assiette !
L'a bouffé tout le miel !
Bienvenue sur notre rive !
- On n'en pouvait plus d'attendre ! - On s'ennuyait à mourir !
Qui c'est encore, ceux-là ?
- Marquis de la Minou ! - Duc de la Bœuf !
- Baron de la Groin ! - Vicomte de la Cleps !
Grassouillet, dodu, bien nourri.
Non ! Pas la chatouille !
Comme ceci, très bien assis.
Tu lui remets le sceptre et la mappemonde.
Pas comme ça ! La boule dans la gauche, le bâton dans la droite.
Voilà, je vais mourir,
tu gouverneras le royaume à ma place.
Petit père notre Tsar, et votre fils le tsarévitch qu'en avez-vous fait ?
Dis.
- Ce n'est pas le tsarévitch. - C'est le fils d'un pêcheur.
Et c'est lui que nous avons livré, à ta place, à Tchoudo-loudo.
À ma place ? Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?
Ceci ne te regarde pas.
Le tsar ne peut penser à tous ses gens. Le tsar pense à l'important.
Tu sais déjà siéger sur le trône, apprends maintenant à ordonner,
Donne un ordre.
Par ici, Afognka, tu selles un cheval et me l'amènes devant l'escalier.
Et que ça saute !
Attends ! Où vas-tu ?
Fiston, arrête ! Que fais-tu ?
- Malheur ! - Malheur !
Tiens, une carotte bien douce te voici Tu l'offriras à la bête inouïe.
Et un pot de miel, du meilleur. Pour la peine des passeurs.
Merci, mémé drôle, bien merci.
Nourri pas plus que ça, et poli...
Qui es-tu, toi ?
Je suis le tsarévitch Andréï, fils du roi Iéréméï !
Tourne-toi de ce côté !
De l'autre !
De dos !
- Mignon tout plein ! - Dodu à souhait !
- Nourri, et fort bien ! - Grassouillet !
Élevé au beurre fermier extra !
Pardi, c'est lui qui me canardait au lance-pierres !
- Tu sais faire des numéros de cirque ? - Le fils du tsar s'occupe pas de ça.
- Deviner les devinettes ? - Manquait plus que ça !
Enfin, sais-tu faire quelque chose ?
Je n'ai pas à le savoir, puisque je suis fils du tsar.
- Non. - Non ?
Qu'est-ce que tu me veux ?
Je voulais te marier avec ma fille.
Me marier ? Possible, mais il me faudra une solide dot.
Quelle magie inventer pour le faire renoncer ?
Mais qui refuserait de marier une jolie fille comme moi ?
Elle est belle, au moins, ta fille ?
- Mon portrait. - Ton portrait ?
- Que lui arrive-t-il ? - Le boulimique...
- Le névrotique. - L'anémique.
- Et ce sera quoi, la dot ? - Comme chez tous les tsars.
- C'est-à-dire ? - La moitié du royaume.
- Accepte ! - Pas bézef, non ?
J'ai trouvé ma devinette !
Ne la devinera qu'un cœur aimant.
- Comme ton cher Vassia. - Mon cher Vassia ?
Bonne nounou !
Ma bonne, ma chère nounou...
Goûte donc de ma carotte, bête inouïe.
- Eh bien, topé ? - Topé !
Bar-bar-bar, Barbara !
Quelle diablerie encore ?
Ah, la coquine, la polissonne !
Tu vois, c'est le gentil Andréï, fils du roi Iéréméï.
Devine laquelle est ta promise :
Si tu ne devines pas, ta tête, hop-là !
- Tu dis, ma tête ? - C'est la coutume.
Petite maman !
Laquelle des deux est ma fille ?
Première tentative !
- Goûtez donc de mon bon miel ! - Avec plaisir, merci !
Dis que c'est pas délicieux, Martin !
Laisses-en aux autres, Michka, sois pas cochon !
Mangez, mangez, grand bien vous fasse !
- Bonne route ! - Et bonne chance !
Deuxième tentative !
Pas deviné !
Troisième tentative !
Maman !
Bourreau, arrive !
Tu lui coupes la tête !
- Attendez ! - Qui c'est ce plouc ?
- Il y a erreur, ne le décapitez pas ! - C'est bien ce que je dis.
- Voici la mienne, coupez ! - Juste ! Sa tête est mieux.
- Mais qui es-tu donc ? - Le tsarévitch Andréï !
- Fils du roi Iéréméï ! - Toi ? Quel fils ?
- Le fils aîné ? Le benjamin ? - Ni l'un ni l'autre.
- Qui alors ? - Son seul fils.
Et lui ?
Il est le fils d'un pêcheur.
Qu'est-ce qu'il radote ? C'est moi le tsarévitch !
Imposteur ! Moi aussi j'ai ma tête !
Te frappe pas, on t'enlève ça dans un instant.
Ne te presse pas, Tchoudo-loudo !
Il ignore qu'on nous a substitués.
- Comment, substitués ? - Qui, substitué ?
- Qu'est-ce qu'on a substitué ? - Où ? Quand, substitué ?
- Dans la tout petite enfance. - Mais pour quoi faire ?
Pour que je reste sur la terre et ne tombe pas dans tes serres.
Tu parles de filous !
Bourreau, fais ton boulot !
- Pourquoi ! Qu'a-t-il fait de mal ? - Mais si, mais si, à ma place.
Si c'est à ta place, qu'il devine lui aussi la devinette.
C'est juste. Je ne discute pas.
Si tu devines laquelle est ma fille...
Je ne vois pas ce qu'il y a à deviner.
Comment ? Allez, première tentative !
- C'est elle. - Deviné.
- À la première tentative ! - Ça c'est un parti !
Comment as-tu fais ? Nous étions six !
Je n'ai vu que toi. Tu es la seule au monde pour moi.
La seule ?
La seule. Ma colombe toute belle.
Ma colombe toute belle.
Et tu mugis longtemps comme ça, espèce de bouc décorné ?
- Qui ça ? - Laisse tomber, votre illégalité.
- Que dois-je faire, hein ? - Les marier et les renvoyer Là-haut,
- Jamais de la vie ! - Tu as donné ta parole, Judas !
Je l'ai donnée, je la reprends !
Sur la terre ? Chez les hommes ? Peuh !
Nounou, mon cœur le sent, ils veulent le tuer...
Nounou, ma bonne.
<i>À la fête de Tchoudo-loudo On pétrit glaise, on cuit gâteau</i>
<i>Clafouto, clafoutis, Les deux verres sont remplis !</i>
D'une pan, une fête, Un anniversaire, de l'autre.
Très estimés seniors, je vous chante quelque chose alors ?
- Chante, mon ange... - À pas le trac.
Sur quoi ?
Sur l'amour.
- Encore l'amour ? - Vas-y !
Mémé adorait sa biquette.
Mémé adorait...
- Hein ? - Elle adorait sa biquette !
Un, deux ! Un, deux ! Adorait sa biquette !
- Ça c'est un gâteau ! - T'es un p'tit vieux bien candide.
Confier pareille tâche à une personne qu'on connaît guère.
- Quelle tâche ? - Nouer les serviettes.
- Eh bien quoi ? - Le nœud, on pourrait le serrer un peu.
Dis, tsarévitch ! Tu penses à ce que tu dis ?
Pourquoi ? Ne crains pas celui qui parle sans avoir pensé,
crains celui qui pense sans parler.
Tu penses à qui ?
Allons, votre Illégalité, je ne voudrais pas jouer les moutons...
Et moi je t'ordonne de moutonner !
- Qu'ils se bouchent tous les oreilles ! - Bouchez tous les oreilles !
De la fille de ton illégalité je pense au promis désigné.
Que manigance-t-il ?
Il manigance de te soutirer tout ton royaume souterrain.
Et alors ?
- Il veut emmener Barbara là-haut. - Quoi ? Bar-bar-bar-bara ?
Jamais !
La guigne !
- Gentille Barbara ! - Ils veulent te tuer !
Ils sont là !
Tsarévitch illustrissime, sors une petite seconde.
- Juste te montrer ! - Fais-nous la bonté !
Accorder un entretien à nous, humbles pèlerins !
Gentil Andréï, mon ami !
- Où sont-ils donc passés ? - Chez la fiancée, faut croire.
En avant, marche !
Ma chérie Barbara, ma toute belle ! Mon chéri Andréï, mon aigle vaillant !
Permets que je te donnes un baiser.
Non, je ne permets pas. Il nous faut d'abord nous marier.
- Ils arrêtent pas de caqueter ! - Comme poules au poulailler !
- Voyons, rien que sur la joue ! - Quand serons mariés, mon chou !
À l'abordage !
Où sont-ils ?
C'est ma fille, la malicieuse, qui nous a couillonnés.
Elle a filé avec le drôle et nous a laissé les paroles.
Vous attendrez longtemps ? Qu'on les rattrape incontinent !
Sellez mes chevaux les meilleurs, les plus vite, les plus forts,
les plus racés, les plus pointus, ceux qu'ont le feu au cul !
Taïaut !
À moi !
Disparus, happés par le précipice...
Quel précipice ? On y est déjà, sous terre.
Vous n'avez vu personne sur votre chemin ?
Si. Deux lapins violets qui broutaient le serpolet.
- Violets ? - Violets.
Caboche violette, déplumée ! C'est eux !
Marche arrière ! Saisir les lapins violets !
En avant ! Marche arrière ! Saisir les lapins violets !
- Vite, le bac ! - Courons !
Halte !
On n'approche pas ! Martin, en avant, toute !
Compris, en avant toute !
Rendez-vous ! Marche arrière ! Obéissez ou il vous en cuira !
Tu décampes d'ici, toi ?
Ou je t'expédie dans les nuages, faire des galipettes !
Et à l'atterrissage, une galette !
- Reviens ! - Adieu, père !
Fille rebelle...
À vous, nobles seniors, plongez !
Ouf, fatigué.
- Merci, mon bon Martin ! - Merci !
- Goujon ! - Fretin !
- Sardine ! - Requin !
Hareng saur !
Rattrapez-les !
- Qu'as-tu ? - Le pied, j'ai mal.
- Essayez donc d'approcher ! - Nul ne peut plus nous aider.
Et moi ?
Te voilà bien triste, bouc décorné.
Bien sûr, c'est mon anniversaire,
Ton anniversaire ? On danse alors !
Trou la la, trou la la, Nous dansons avec le chat...
La tête me tourne, je tombe...
Finissez votre bazar, scaramouches, et saluez la Vieille sous la souche !
Il ne sied pas à fils de roi de se mettre à genoux !
- À genoux mets-toi ! - À genoux je me mets pas !
Bouge pas tout le temps !
Je bougerai !
Oh, zut ! Bouge autant que tu veux !
Parfaitement, je bougerai !
On aura tout vu !
- Où vas-tu, Praskovie ? - Plonger dans le puits !
- À quoi bon ? - Le remords me ronge !
- Laisse tomber ! - Si. J'en sortirai au moins un !
- Comment tu t'y prendras ? - Je m'en vais trouver Tchoudo-loudo !
Faire la lumière surtout ce que tu ne connais pas !
Qu'est-ce que je ne connais pas ?
Praskovie, n'y va pas ! Attends, petite mère !
Vous entendez ? La lumière complète !
Pitié de moi, pauv' orphelin...
Ce qu'il peut être collant, le vilain !
Pardonne-le.
Allons, pardonne.
Quoi encore ?
Qui l'a battu ? Savez-vous que c'est le fils du petit père le tsar ?
Andréï Eréméïévitch, héritier du trône.
Une hallucination ?
Mais oui, Andréï !
Sauf qu'il n'est pas de sang royal, mais de simple origine.
Le rejeton du tsar, le voici !
Cet Andréï, fils de pêcheur, Celui-là, de grand seigneur !
Dis, ça va pas ?
Salue et point n'en doute. Que je te conte l'histoire, toute !
Bonnes gens, pardonnez-moi ! Grand est mon péché !
- L'enfançon est devenu bien pâle ! - Et comme il a maigri !
<i>À la fête de notre Andréï, on a cuit un pain vermeil !</i>
<i>Un pain haut comme ça !</i>
<i>Et puis large comme ça !</i>
<i>Et puis long comme ça !</i>
<i>Pain de seigle, pain de lait, tu choisis qui te plaît !</i>
Je vous aime tous, je l'avoue,
Mais c'est Andréï, mon doudou, que moi j'aime par-dessus tout !
Le beau rêve que j'ai rêvé s'est enfin réalisé.
Ah ! J'oubliais encore ceci :
Vous dire au revoir, et puis merci !
Et que là-dessus, le conte prend...
FIN
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.