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Original subtitles

En mer, nous sommes tous à la même distance de Dieu, à une longueur de bras. Celui qui vous sauve. Un naufragé russe sauvé par un commandant ukrainien.

ça fait mal ?

Le fascisme est une souffrance, Todaro.

Soyez heureux.

Une fiole de ce produit, lorsque les douleurs deviennent fortes.

- Merci. - A vos ordres.

Sois heureuse.

Chatte, pervers, syphilitique.

La seule douleur qu'il connaisse...

est ce que sa femme lui fait ressentir.

Quand elle lui donne une fessée le soir.

Salvatore.

Ton handicap est une bénédiction.

Toi aussi avec ce mot infâme ?

J'aime bien les invalides.

Alors ?

Retraité.

Plus mort que vif.

Mais en vie...

C'est magnifique.

Prisonnier de moi et de mes soins.

Je t'emmène à Montenero.

Au milieu de la côte, on peut voir la mer.

Nous cultiverons la terre, nous éleverons des animaux.

Les abeilles aussi pour le miel.

L'enfant est fragile.

Il se développera avec de l'air pur,

loin de la guerre, et personne ne lui fera de mal.

Et nous aurons toujours à manger.

Parce que nous cultiverons notre nourriture.

L'hiver, je te préparerai une soupe chaude.

Et nous nous coucherons toujours tôt le soir

parce que nous serons fatigués.

Nous pouvons bien vivre, Salvatore.

Tranquilles.

Heureux.

Rina veut que j'accepte le minimum.

La pension de mutilé.

Que vois tu ?

Le bonheur, ma Rinuccia, je ne l'exige pas.

C'est une question de satisfaction.

Un sentiment de plénitude.

Un état immobile.

La Spezia Arsenal de la marine Italienne 29 septembre 1940.

Ce vent, je sais où il emmène tous ces gars.

Il les souffle jusqu'à ce qu'ils meurent.

Rassemblement !

On ne sait jamais.

On ne sait jamais.

On ne sait jamais.

Une mauviette, un fanfaron irréfléchi...

pense que les sous-mariniers ne se battent pas vraiment.

Foutaises !

Foutaise maximum ! Un maximum de conneries !

- Commandant. - Comment t'appelle tu ?

L'électricien Efisio Careddu, commandant.

A vos ordres.

Tu restes à terre.

Comme vous le voyez, nous sommes les derniers à partir.

Les Allemands attaquent en meute, pas nous.

Nous sommes italiens.

Et nous sommes seuls.

Le roi, avec toute sa majesté, n'est pas là.

Il n'y a pas de Duce pour vous diriger.

Il n'y a que moi.

Maman n'est pas là non plus.

Il y a Marcon.

Et si quelqu'un se met à pleurer, je le jetterai à la mer.

Mon Gigino est cuisinier. Et il va mourir comme une mère.

Il va mourir pour nourrir ses camarades.

J'ai encore son jus en moi, mais c'est pas une cochonnerie.

D'alilleurs j'ai pas vraiment pensé à me laver.

Ce bateau est très bon.

Regardez-le.

Touchez-le, écoutez-le.

Dans les moments de désespoir, il vous dira ce qu'il faut faire.

Notre tranchée n'est pas visible.

Et l'ennemi est loin,

protégé par des couches d'eau

et d'acier, par des milliers de millimètres d'artillerie,

par la technologie mortelle

que nos poètes ne peuvent qu'imaginer

derrière les bureaux marquetés.

Mais il est là...

quelque part, le cœur battant,

exalté par le courage de sa philosophie britannique

et plein de peur.

Tout comme nous.

Ne faites pas semblant de ne pas avoir peur.

Ne craignez pas la peur.

Aimez la.

- Dites lui merde ! - A vos ordres !

Prêt à partir.

Je l'ai suivi de loin.

Nunzia et Angelina étaient également là, mais nous ne nous sommes pas saluées.

Nous étions pris par nos propres pensées,

qu'ils étaient les mêmes, c'est certain, mais étaient les nôtres.

Et nous avons gardé le silence en pensant à eux,

avec le vent dans les cheveux.

On ne sait jamais.

Nos pensées ont caressé ces garçons pour la dernière fois.

Ces garçons partent à la guerre, nerveux et le sang en ébullition.

Je connais ces gars-là,

à la peau lisse et au sourire inconscient,

ils devraient pêcher des perles.

Au lieu de ça, ils partent à la guerre.

Je sais qu'ils ne reviendront pas.

Ils ont des mères, des sœurs, des petites amies.

Elles devraient rester ici, les regarder disparaître l'un après l'autre

dans le ventre de ce poisson de fer.

Elles devraient les voir rire et plaisanter pour la dernière fois.

Mais elles ne sont pas là.

Il n'y a que nous ici.

Il y a aussi les vertueux, ceux qui ne se laissent pas toucher,

mais ceux-là dorment déjà à cette heure-ci.

C'est pourquoi nous devons les accompagner et pleurer.

Pourquoi ?

Il n'est pas nécessaire d'être devin pour savoir qu'ils ne reviendront pas.

Et s'ils reviennent, ils ne reviendront pas la fois suivante.

Ou ils ne reviendront pas la fois suivante.

Il n'est pas nécessaire d'être devin pour savoir qu'à la fin de la guerre

quand on fera les comptes,

nous constaterons que les marins sont presque tous morts.

Ensuite, nous nous couvrirons la bouche avec nos mains.

Quel gâchis de vie dans ce cercueil.

Une embuscade ?

Et d'après toi, ils nous ont donné

un sous-marin pour aller faire un tour à la lagune ?

Nous arrivons dans la région, avec toute cette navigation

s'il y a un canon au-dessus du pont ou une sarbacane, nous le coulons.

L'Atlantique,

Préparez-vous, faites-vous chier !

Mais deviez-vous m'appeler pour cette mission ?

Oui, toi et moi sommes en guerre contre tout le monde.

J'ai compris

Moi et toi en guerre.

Mais pour atteindre l'Atlantique il faut passer Gibraltar.

Gibraltar est un monstre.

Ce bateau a déjà été à Gibraltar.

En juin, dès notre entrée en guerre.

Avec le capitaine Cristiano Masi.

Pourquoi n'est-il pas venu à Betasom ? Hein ?

Pourquoi est-il revenu ?

Parce qu'il a été repoussé.

Voilà.

Oui, mais c'est notre chance.

Il a été repoussé par la flotte britannique,

il s'est réfugié à Ceuta.

Il a prétendu que le gouvernail était cassé.

Les Espagnols l'ont accueilli 9 jours au port,

et il a étudié les mouvements des britanniques.

Ce sera comme ça.

Mais je dis que le détroit de Gibraltar

est déjà un problème à cause des courants,

sans que les Britanniques n'aient à nous tirer dessus.

Tiens, regarde ça.

Hé.

Il est étroit...

mais l'espace est là.

C'est comme un cul de poule.

Et alors ?

On l'encule cette poule, ou nous sommes des idiots ?

Hein?

Dis-moi, sommes-nous des idiots ?

Avec le bateau le plus énervé de la flottille,

avec le marin le plus désespéré,

nous sommes des idiots ?

- Hein ? - Non.

Toi et moi sommes déjà morts une fois, Marcon.

Sommes-nous des idiots qui meurent deux fois ?

- Non. - Sommes-nous des idiots ?

- C'est pas le cas. - J'entends pas, sommes-nous des idiots ?

- Nous ne sommes pas... - J'entends rien ! Sommes-nous des idiots ?

- Nous ne sommes pas des idiots ! - Oh ! Mariani...

Il y a une question à régler ici.

Nous nous demandions : "Sommes-nous des idiots ?

ou ne sommes-nous pas des idiots ?"

Non, nous ne sommes pas des idiots !

- Nous ne sommes pas des idiots ! - Nous ne sommes pas des idiots !

Alors ! Ah !

- Lièvre de mer à l'ail et à l'huile aujourd'hui ? - Idiot !

- Qu'est-ce que tu écoutes ? - Hein ?

- Qu'entends tu? - Ici, écoute.

Oh, écoute ça. Radio Andorre.

Si le Duce nous entendait.

Il fait comme si, mais en réalité il aime aussi Radio Andorre.

Et comme l'art du marin est de mourir en mer,

nous y sommes, sur le sous-marin appelé Cappellini,

73 mètres de long et 7 mètres de large.

Armé de deux canons de 100 et deux mitrailleuses jumelles de 13 mm,

quatre tubes lance-torpilles 533 à l'avant et quatre à l'arrière

et une dotation

de 12 torpilles de 533, 300 obus par canon

et 3 000 balles de mitrailleuse.

Ils me considèrent comme le capitaine le plus fou et le plus exalté

de la marine royale italienne.

Un ascète, un fakir.

Peut-être même un devin.

Je sais que je suis tombé avec l'hydravion

et maintenant j'ai une armure de fer et de cordes.

L'esprit grec m'a parlé par l'intermédiaire de Betti, le tailleur.

Il protège et gouverne mon destin.

Ma victoire est la bataille.

Ah merde, ta putain de mère.

Oh, allez ! Oh, oh ! Où diable tu vas, hein ?

- Idiot, je suis le premier. - Quel premier ?

Nous sommes en ordre alphabétique !

Je m'appelle Bicienzo, avec un "B".

- Je suis juste derrière Alfredo. - Mais va au fond !

- Ta mère est une vraie truie ! - Oh, vous allez vous calmer ? Putain de merde !

Les gars ! La douche s'est cassée.

Non!

Tu regardes ma bite ?

- Bono, je suis un enfant de Dieu ! - Va te doucher.

Tu vas arrêter de faire chier mon chien ?

Qu'est ce que tu fais, des pates ou des patates ?

ça se voit pas ?

C'est quoi ce truc orange ?

Chut, c'est l'ingrédient secret ...

comme ça c'est un peu plus sucré.

Mais tu ne fais jamais de poulpe à la Luciana ?

Je les aime beaucoup.

Si tu plonges et que tu en pêches quelques un, je les cuisinerai.

Moi je ne plonge plus.

Je ne plonge plus.

- Tu ne plonges plus ? - Non.

Et ici ?

Tu es aussi immergé ici, c'est pas la même chose ?

C'est une question trop difficile, Giggi.

Raimondi ? Un peu de sel.

Oui.

Gigino, tu connais tous les plats de chez toi ?

Non, monsieur.

Je connais toutes les recettes de tous les plats de toutes les régions d'Italie.

Bien.

Il arrivera un moment où tu ne pourras plus cuisiner de bonnes choses.

Alors quand je te commanderai, tu diras les plats...

toujours, continuellement, comme une prière.

Oui, monsieur.

- Poursuivez. - A vos ordres.

Le changement de l'heure d'été

se poursuivra au-delà du 12 octobre.

Vas-y, Piras.

J'ai un message pour le commandant Todaro.

Vous êtes là ? Passez.

Un message pour vous, commandant.

Je suis là, passez.

Il s'agit d'un message personnel, Commandant,

De mon cousin, Careddu Efisio, que vous avez laissé à terre.

Trois jours après le départ, il a été admis à l'hôpital

et opéré d'urgence pour péritonite.

S'il était parti, il serait mort.

Careddu tient à vous exprimer sa gratitude

pour avoir réalisé qu'il n'allait pas bien,

et en lui sauvant la vie.

En même temps que la sienne, celle de toute sa famille,

y compris, avec l'autorisation, la mienne.

- Merci. - A vos ordres.

Commandant.

Les Marò m'appellent Mago Baku.

Ils l'ont aussi dessiné sur le kiosque.

Je n'éprouve pas de ressentiment, au contraire, j'apprécie.

Mais je vois vraiment les choses.

Détroit de Gibraltar 5 octobre 1940.

Je vois l'ennemi quand il arrive

et on me trouvera avec le canon pointé.

Une autre chose que je vois c'est que je mourrai à la guerre.

Mais dans le sommeil, quand je suis éveillé, ils ne m'auront jamais.

Les charges de profondeur des destroyers britanniques.

Nous avons un passage de 20 mètres et 70 mètres de profondeur.

Rentrez le périscope et descendez à 80.

Cinq degrés en moins.

C'est un cul de poule !

Nous devons les laisser exploser au dessus.

Nous avons été touchés ?

Non, c'est l'onde de choc.

Elle a explosé au dessus. ça nous pousse vers le bas, nous stabilise.

Si nous descendons, nous restons en bas.

Le système électrique est endommagé. Le dioxyde de carbone augmente.

- Barre à tribord. - Barre à tribord !

- Gouvernails pour grimper. - Gouvernails pour grimper !

- Les gouvernails sont bloqués vers le bas. - Machines arrière à demi.

- Videz les ballasts. - Vidage des ballasts presque terminée.

Nous passons les 100 mètres.

- L'acide sulfurique des batteries ! - Masques.

- Tampon ! Tampon ! - Un coussin. Isoler le défaut.

On passe les 120.

Nous devons monter avant d'imploser.

Rina chérie, pour ceux qui sont à la maison et se plaignent du mauvais beurre

mets leur le doigt dans l'œil, parce qu'ils méritent une existence minable.

Ces types ont plus de terreur dans leur corps que de sang,

mais ils ne se plaignent pas.

Ils transforment la faiblesse en une force dévastatrice.

Tendus comme ils le sont, dans l'attente de quelque chose,

ils pourraient percer la coque d'un destroyer avec un ongle.

Ils sont prêts.

Et impuissants.

Fusibles remplacés.

De l'air dans la coque, c'est tout ce qu'il reste.

- Gouvernails relevés. - Gouvernails relevés.

Il bouge. Cent dix.

Minniti, qu'avons-nous au-dessus ?

ça semble libre.

Cent.

Câbles d'ancrage de mines.

Nous sommes coincés.

- N'y pensez même pas. - Préparez la guérite.

N'y pensez même pas.

C'est mon affaire.

Avec l'A.R.O. à 20 mètres,

la vie est un éclair.

Un coup de pied au cul, un flash.

Excusez moi, Commandant !

Second, que faites-vous ?

Où allez vous ?

peut-être avez-vous vu une fois une araignée de mer et l'avez pris pour un vagin.

À une profondeur de 20 mètres c'est Vincenzo Stumpo qui y va,

corailleur de Torre del Greco.

Passe-moi la pince.

Prends la torche.

Je suis prêt.

Inondez la guérite.

Vous voulez finir comme un rat ?

Inondez la guérite.

Quand ils sont petits, comme ils sont mignons.

Le plancton est le sperme de la mer

Je dois admettre qu'il fait bon ici.

C'est vraiment beau.

Non, autant en profiter.

C'est juste moi, j'aimerais faire quelque chose.

J'ai 20 ans et je voudrais me merrier,

Je pourrais tomber amoureux d'une belle sirène.

Je lui rendrai visite tous les soirs, mais si un enfant naît, que faire ?

Qu'est-ce que ça peut me faire ?

Sainte Marie vierge et mère Etoile de mer,

affûte cette lame qui ne coupe pas.

St Vincezo Roman, protecteur des travailleurs du corail,

tu m'as donné ton nom, maintenant donne-moi la force.

Jésus, ne pleure plus il n'y a plus de raison de pleurer.

Il faut simplement couper.

- Que fait-il ? Il réussit ? - Il réussit, il réussit.

Père éternel, et le sang du Père éternel !

Pas du tout. Avec les mains, avec les ongles, avec les dents, avec la rage,

avec quoi que ce soit, ce câble doit être coupé !

Papa, que fais-tu ici ?

Je suis en train de mourir ...

Va te faire foutre, la mort devra attendre !

J'ai dit d'attendre une minute !

Si je meurs maintenant, pour quel chose aurais je vécu ?

- Profondeur ? - Vingt-cinq mètres.

Machine en avant lente.

Honneur et mémoire éternelle

pour le marin Vincenzo Stumpo.

Le navire est maintenant libéré.

Il remonte lentement à la surface.

Je vais rester encore un peu ici...

Peut-être qu'une sirène va arriver.

Allez-vous en, allez-y.

Moi je suis mort.

Commandant, le canon de poupe est hors service.

- Procédez à la réparation ! - A vos ordres !

Mulargia, tu n'aimes pas l'air pur ?

L'air pur, ça pue.

Comment s'appelle cette technique de fumage ?

A feu dedans.

"Feu dedans?"

"Avec le feu à l'intérieur". Pour que l'ennemi ne vous voie pas.

Mettez de la musique.

- Dites au cuisinier de faire des gnocchis ! - A vos ordres !

Gnocchis.

Avec de la semoule ou avec de l'eau et de la farine ?

Peu importe.

Les batteries sont réparées, pas de fuites.

Les boulons ont sauté et les batteriess ne se rechargent pas.

- Combien de temps ? - Une heure.

Nous n'avons pas une heure, Stiepovich.

- Postes de combat ! - Allez, allez ! Bougez, bougez !

- Mulargia, abats-le ! - Munitions, Chierichi, vite !

- Prêt ! Feu ! - Prends ça !

Là ! Là, tête de noeud, là !

ça te plait ?

Allez, Mulargia !

Je n'ai pas le pouvoir de décerner une médaille

au vaillant artilleur Mulargia, mais...

J'ai l'intention de le décorer d'une manière ou d'une autre.

À partir de ce moment

il peut me tutoyer.

Tu peux t'adresser à moi...

en disant "tu".

Commandants.

- Oh, vous voyez ? C'est bien. - Des gnocchis !

- Allez-y ! - Où sont les assiettes ?

- Super, Gigino ! - C'est parti.

- Tiens. - Merci.

- Y a-t-il du parmesan ? - Très peu.

- Mangeons ! - Passez, allez.

Tiens.

-Voilà. - Passez les plats.

- Les assiettes, les gars. - Allez.

Les assiettes. Merci.

Passez... tout va bien ici.

- Premier plat. - Nous y sommes.

- Allez. - Oh!

Combien en as-tu fait, Gigino ?

Alors... bon appétit !

Bon appétit !

Il y a le chien à truffes et le chien à gnocchis.

Rina, ma chère, peut-être que le grec voulait dire

qu'il ne suffit pas de se cacher pour ne pas être vu.

Il ne s'est rien passé depuis une semaine.

Le jour, nous naviguons en immersion, la nuit, nous émergeons,

très loin de l'objectif de cette mission,

qui s'appelle Embuscade.

L'eau potable est rare.

L'entretien.

Les gnocchis sont un rêve lointain.

La génoise.

Les macarons.

Le massepain.

Les langues de chat.

Le gâteau de Mantoue. Le gâteau ricciolina.

Le gâteau à sept pots.

Gâteau aux noix, au riz, à la ricotta.

La tarte au potiron.

Le casatiello et le tortano.

Le gateau de Capri.

Le gâteau milanais.

Et le gâteau aux amandes et chocolat.

Le krapfen, le strudel, le roccocò.

Des biscuits de toutes les façons, la pastiera, la cassata sicilienne,

la cassatina di Pozzuoli, la pinolata, la meringata.

C'est une Italie unie, Rina.

Ici, un Livournais et un Sicilien sont plus que des étrangers.

Ils habitent deux planètes différentes

et éloignées par la langue, la culture, le tempérament.

Pourtant, c'est précisément le creuset de tous les dialectes.

Petits objets et grandes œuvres de génie,

des croyances païennes obtuses,

la révolution égalitaire du christianisme

et les anciens vestiges ont fusionné.

Océan Atlantique 15 Octobre 1940.

C'est notre trésor.

- Hé, Poma ? - Oui, oui.

Que fais tu ? Tu pries ?

- Tu es très religieux ? - Oui.

Moi aussi.

Je voulais te montrer quelque chose, viens.

Regarde le crucifix que je me suis fait.

Tu peux l'embrasser.

- Oh, qu'est-ce que tu fais ? - Oh !

- Qu'est-ce que tu es, un imbécile ? - Tu es infâme, Leandri.

Tu es une merde.

Pas de blasphème ! Je ne te le permets pas !

Ne bouge plus !

Rien n'est permis dans ce sous-marin !

Je plaisantais.

- ça ne se fait pas fait ! - Il a raison.

Mais comment puis-je savoir qu'il est fanatique ? Vous dites aussi des choses, en italien.

Dis-moi "je suis un bigot fanatique", et je vais te le montrer.

Du calme!

Tu jettes ce truc maintenant, compris ?

Je lance quoi ? C'est de l'argent. Tout le monde se calme.

- Allez, enlève-le. Allez. - Oh.

Je l'enlève, mais je ne le jette pas !

Mon Dieu ! Mon Dieu, tu dois nous pardonner !

Quelle connerie !

Tu dois nous pardonner, tu dois...

Aïe, ma main est cassée.

Ce même bordel, merveilleux et putride...

c'est l'Italie.

Rina chérie, sois fière de notre combat

et transmets cette fierté à notre fils.

Et sois patiente si je ne peux pas transmettre de messages.

Nous n'allumons la radio que dans des cas extrêmes.

J'ai mal au dos, mais je ne touche pas à la morphine, même si j'en ai envie.

J'aimerais bien.

Je pratique le yoga quand je suis triste

parce que je pense avec nostalgie à Sottomarina, à Don Voltolina

qui ne mange pas pour faire manger quelqu'un qui a plus faim que lui.

Alors je soigne le mal du pays par un mal plus fort.

J'appelle Marcon et lui demande de me parler en dialecte.

Le miel de la langue natale me berce.

Je ne me sens plus loin, mais exactement là.

Reste ici ...

et réveille moi dans une petite heure.

Une heure c'est trop peu, Salvatore ...

Je t'ai dis une heure ...

C'est un ordre.

A 11 heures, commandant. Le voyez-vous ?

Un navire marchand de huit, dix mille tonnes.

Bravo, Morandi.

Il est feux éteints.

Un canon à la proue.

- Écoutez. - On ne le voit pas.

- On ne peut pas dire de quel drapeau il s'agit. - Non, commandant.

Il a un canon.

Il navigue feux éteints dans une zone de guerre. Je le coule.

- En plongée ? - Non. Postes de combat.

- Postes de combat ! - Dix degrés à babord !

- Moteurs à pleine puissance. - Moteurs à pleine puissance !

- Descendez le lest ! - Tenez la proue !

Tirez dessus!

- Ouvrez ! - Déverrouillez !

- Prêt ? - Il est armé !

Tore, pourquoi ne pas plonger et le couler avec des torpilles ?

Ces suppositoires ne trouvent jamais leur cul, Vittorio. Restons en surface.

La main de Poma est cassée, il ne peut pas tirer.

- Baissez la mire, 1 000 mètres ! - Allez !

- Feu ! - Feu !

Plus près !

Poma ! Hé !

Poma!

Bouges toi !

- Allez ! - Allons-y !

Babord deux degrés !

Allez, babord deux degrés !

Un degré de plus !

Feu!

Mille mètres ! Continuez le tir !

- Terminé ! - Armé !

- Allez, allez, allez ! - Feu!

A vos ordres !

- Commandant ! - Laissez-moi, laissez-moi !

Canon hors d'usage !

Appelez trois gars, qu'ils le fassent descendre.

Non!

J'ai vu la jambe, commandant. Laissez-moi ici.

Je veux voir l'ennemi couler.

Lesen, cap 0-9-0 et lancez la torpille 533.

Cap 0-9-0 et lancer la torpille 533.

Vous aviez raison, commandant.

Ce bateau est très bon.

C'est une belle machine !

Il s'agit d'une guerre de machines.

Et la paix, sera une paix faite de machines.

Un jour, les machines penseront aussi.

Et elles raisonneront.

Elles seront meilleures que les hommes.

Un, deux, trois, quatre,

cinq, six, sept.

Cible manquée. Tir long !

- Dois-je répéter avec une élévation de 30 degrés ? - Non.

- Mulargia ? - Oui !

- Poursuite de la manœuvre. - Manœuvre d'accostage.

- Coulez-le. - A vos ordres !

Ce sont des Belges, commandant.

Oui, et ils doivent être neutres.

Encore une fois, Commandant.

Alerte maximale pour d'éventuelles menaces aériennes.

Deux hommes à la mer ! En approche à bâbord, commandant !

Trois de plus à l'avant !

Que faisons-nous, commandant ?

Tore, les nazis les abandonnent en mer.

Que faisons-nous ?

On les remonte.

Mancini, lance la ligne !

- Nucifero, la ligne ! - A vos ordres.

Je parle italien.

Identifiez-vous.

Troisième officier Jacques Reclercq.

- Et le navire marchand, quel était son nom ? - Kabalo, pavillon belge.

- Neutre dans la guerre. - Et pourquoi avez-vous tiré ?

Vous parlez aussi l'italien ?

Le flamand.

Combien de canots avez-vous mis à la mer ?

Deux.

Vous savez que je ne peux pas vous embarquer ?

Donnez-leur du réconfort.

Apportez de l'eau, de la nourriture et des couvertures, bougez !

Avez-vous un compas et des boussoles ?

- Oui. - Je vous laisse de l'eau et de la nourriture.

Nous sommes à 31 degrés 80 nord, 31 et 30 ouest.

Où voulez-vous arriver ?

Madère.

Restez sur ce cap.

Remettez-les à bord du canot.

Allons-y ! En avant !

Aidez le !

Jacques!

Faites le descendre.

Mollare!

Tous les vivants doivent venir par ici, à côté de Marcel.

Pour les sous-mariniers, il n'y a pas de pierre tombale dédiée

ou de croix.

Au sous-marinier Danilo Stiepovich...

lieutenant de vaisseau, italien, mort en héros,

nous offrons notre cri intérieur...

et une croix de corail.

Le même corail qu'un autre héros aimait pêcher,

le motoriste Vincenzo Stumpo,

corailler de Torre del Greco...

à qui nous adressons également nos sincères salutations.

Attention !

A Charleroi, quand j'étais petit,

il y avait le laitier qui avait une fille avec deux seins énormes, gros comme ça !

Mon cousin m'avait dit que c'était elle qui produisait le lait que son père vendait.

Et je l'avais cru !

C'est inutile de raconter des histoires.

c'est certain.

C'est fini, Jacques.

C'est fini.

Branle toi pour la dernière fois en pensant à la fille du laitier

et puis repose en paix.

Lieutenant Reclercq, traduisez pour vos compatriotes.

Les naufragés du second canot ont été sauvés

par un bateau à vapeur battant pavillon panaméen.

il n'y a pas d'autres bateaux dans le coin !

Fixez le canot aux cordes.

Nous vous remorquerons dans la région de Santa Maria aux Açores.

Tenez bon et tout ira bien !

Merci .

Les Anglais ont disparu.

Au port, avant de prendre la mer, j'ai entendu

que nous étions sur le point d'entrer en guerre de leur côté.

Je l'espère, sinon pour quel autre motif

étions nous en train de transporter leur matériel de guerre ?

Pourtant, en une seconde, ils ont décidé que nous ne sommes rien pour eux.

Ce ne sont pas les Britanniques qui nous ont coulés, ce sont les fascistes.

Porcs de fascistes !

C'est la même chose de toute façon.

Écoutez bien.

Je sais que beaucoup d'entre vous ne sont pas préparés à ça.

Il est possible de canonner en surface,

en risquant nos vies contre l'ennemi.

Nous nous sommes engagés avec cette idée de sacrifice.

Mais en nous exposant aux avions,

pour sauver des étrangers...

qui sous le couvert de la neutralité

transportaient certainement des armes Britanniques.

Pourquoi ?

Il ne s'agit pas seulement de les sauver,

c'est une question de sacrifice

et de nous pousser à la limite de l'endurance humaine

pour les ramener à terre.

Lieutenant Reclercq, traduisez.

Tout le monde doit en être conscient.

Nous sommes à 300 miles de Santa Maria aux Açores

qui est le port sûr le plus proche pour débarquer les naufragés.

Nous sommes surchargés...

nous ne pourrons pas maintenir une vitesse supérieure à six ou sept nœuds.

Nous devrons donc vivre cette situation pendant environ 48 heures.

Je tiens à être très clair.

Ayant embarqué les naufragés du Kabalo,

c'est enfreindre les règles qui m'ont été données.

J'en suis conscient et j'en assume la responsabilité.

Si, en retour, mes décisions ne sont pas approuvées

alors qu'on me retire le commandement.

Mais ici, maintenant, ma décision est prise et elle est inébranlable.

Nous coulons le fer de l'ennemi, sans pitié, sans peur.

Mais nous sauvons l'homme.

Si tu peux démêler parmi tous ces corps, Gigino,

distribue du cognac aux personnes dans le besoin.

Porte-le à Néron, celui avec le visage brûlé. Allez, allez.

Les trois blessés resteront dans la salle des officiers, où ils se trouvent.

Trois d'entre nous les assisteront.

Je partagerai ma cabine avec le commandant Vogels.

Le capitaine Fraternale fera de même avec le lieutenant Reclercq.

Certains peuvent être très inconfortables

dans notre cale.

Trois, encore plus, dans les latrines.

Cinq dans la cuisine, debout.

Mais les autres qui restent...

devronta rester dans le kiosque,

parce qu'il n'y a pas d'autre endroit.

L'endroit est atroce, il se remplit d'eau ...

même en naviguant en surface, mais on ne peut pas faire autrement.

Avec l'aide du commandant Vogels,

des quarts de trois heures seront organisés

pour répartir équitablement le sacrifice.

Il est clair qu'en cas d'attaque ennemie,

le bateau devra plonger, pour protéger l'équipage.

Si tel est le cas,

dans le kiosque, il n'y aura pas de possibilité de salut.

Les mots avec lesquels...

Je souhaite clore cette communication

ne sont pas les miens, mais ceux de l'empereur japonais Mutsuhito.

Il les a prononcées au début de la guerre russo-japonaise de 1904.

"Laissez la vie se poursuivre normalement.

Que chacun fasse ce qu'il a à faire".

C'est tout.

Les Japonais ont gagné cette guerre.

Vous avez entendu le commandant ? Il y a du pain sur la planche !

Tu as deux gondoles comme pieds.

Selvaggio, lave-toi !

J'espère que vous n'êtes pas vexé.

Et surtout, qu'ils soient à leur place.

J'ai remarqué, quand vous êtes monté, que vous n'en aviez pas.

- Merci, mais ce ne sont pas les vôtres ? - J'en ai d'autres.

- Merci beaucoup, commandant. - Il n'y a pas de quoi.

Parlez-vous d'autres langues que l'italien ?

Portugais...

Anglais, français,

Latin et grec ancien.

- Cigarette ? - Non, merci. Je ne fume pas.

Vos parents doivent être fiers de vous.

Tout à fait.

- Ils n'aiment pas ce que je fais. - Et vous ?

- Moi si. - C'est ce qui compte.

Oui, commandant.

Vous parlez d'autres langues ?

Le Français...

et allemand par nécessité.

Porcs fascistes maudits par Dieu.

Des dégénérés mous !

Que faisons nous ?

Viens

Viens, Marcel.

Là.

Oh! Oh, oh!

Qu'est-ce que tu fais, putain ? Espèce de salaud !

Espèce de merde, qu'est-ce que tu fais ?

Qu'y a-t-il, commandant ?

Je n'ai pas peur des canons.

Lorsque l'électricité tombe en panne, c'est effrayant.

Aux armes, commandant ! Aux armes !

Qu'ont-ils fait de grave ?

Ils ont arraché tous les câbles.

Dois-je lui couper la gorge ou ou le jetter à la mer, Commandant ?

Fasciste.

Qu'as tu dit ? "Fasciste ?"

Je suis un homme de mer !

Chacun d'entre vous, Italien ou Belge,

giflera ces hommes honteux

qui ont mis nos vies en danger.

Nous ne les tuerons pas et nous ne les jeterons pas à la mer.

Nous les giflerons.

Vous commencez.

Par deux fois, ces hommes sont venus nous sauver.

Deux fois !

Deux fois !

Deux fois !

Rina chérie...

Je me suis adouci et j'ai eu pitié.

Après Stumpo et Stiepovich,

Je n'avais aucune envie de laisser d'autres corps dans la mer.

Je leur ai donné le châtiment des pères.

Tant de gifles que, s'ils survivent,

par comparaison le souvenir du naufrage sera doux.

Tu n'as pas tout écrit.

Fais le bien et oublies-le.

Il fait jour, Tore.

Nous devrions plonger.

Si nous plongeons, ceux qui sont dans le kiosque se noieront comme des rats.

Et si nous ne plongeons pas, les Britanniques ...

nous coulerons.

Je ne te reconnais pas.

Nous sommes en guerre.

Mais je suis encore humain.

Là-bas. Les britanniques.

Nous devons plonger.

- Réduisez à trois nœuds. - Pour l'amour de Dieu, plonge !

Non, nous attendons. Maintenez le cap.

Qu'est-ce que nous attendons ?

Que nous soyons à portée ?

Que les Britanniques nous mettent une bombe dans le ventre ?

Débarrassons-nous de ces gens, Tore.

Ils ont cherché à saboter le bateau.

Nous les avons sauvés et ils voulaient nous tuer !

Non. Ils nous laisseront passer.

Ils nous tirent dessus !

Ils nous tirent dessus parce qu'ils ne savent pas.

- Maintenant, ils sauront. - Tu es fou !

Dans cinq minutes, nous serons à portée ! Dans cinq minutes, nous serons coulés !

Ils nous laisseront passer.

Mais que dis tu ?

Ils nous tirent dessus, tu n'entends pas ? Nous sommes en guerre, Tore !

Nous sommes en mer.

Donnez-le-moi.

Commandant Salvatore Todaro du sous-marin Cappellini.

Marine royale italienne.

Que fais tu, tu leur parles en italien?

Laisse-le parler, au moins il parle anglais.

Ils comprennent très bien.

On ne sait jamais.

Nous transportons les 26 naufragés du bateau à vapeur Kabalo

que nous avons coulé il y a trois jours

en position 31 degrés 80 nord, 31 et 36 ouest.

Nous demandons le passage afin qu'ils puissent être débarqués dans un port sûr.

Il dit qu'ils ne peuvent pas plonger...

parce qu'il y a des naufragés dans le kiosque.

Il demande un cessez le feu immédiat et douze heures

pour débarquer les naufragés dans le port neutre de l'île de Sainte Marie,

puis reprendre la mer.

Je m'en occupe, commandant.

- Qu'est-ce que tu fais, Mulargia ? - Je vous comprends, je veux juste vous aider !

Je les pointe bien, pour qu'au moins nous puissions vivre.

- Vous qui avez des familles, vous pouvez vivre. - Mulargia !

Je t'ai décoré. Tu ne dois me dire "vous", mais "tu".

Cessez le feu .

Rina chérie, aujourd'hui est un jour béni,

parce qu'il y a un héroïsme barbare

et il y en a un autre devant laquelle l'âme se met à pleurer.

Le marin qui gagne n'est jamais si grand

que lorsqu'il s'incline devant le marin vaincu.

Aujourd'hui, nous et nos ennemis, ensemble...

nous nous sommes sauvés nous-mêmes.

- Vous n'en avez jamais mangé, hein ? - Non.

C'est très simple, il suffit de mettre un peu d'huile dans la poêle.

- L'ail. Oui, vous mettez des câpres, des olives... - Gigino ?

- Il ne reste presque plus rien ? - Très peu, commandant.

Reclercq, que mange-t-on de bon en Belgique ?

Les frites.

Que mangez-vous ? Quel est le plat national ?

Notre plat national sont les frites.

Mais frites comment ?

Frites.

Frites. Dans la poêle.

- Tu as entendu ? - Oui, monsieur.

- Tu connaissais ? - Non.

Tu es sûr ?

Je connais les patates rôties, cuites au four, à l'étouffée, dans les cendres,

à la lyonnaise, mais frites...

Je jure sur ma mère que j'en ai jamais entendu parler.

Elles sont bonnes ?

Bonnes ? Elles sont fantastiques.

- Et où avez-vous appris cela ? - On les a inventé.

-ça te semble-t-il possible ? - ça me semble étrange.

De quoi?

C'est étrange qu'on y ait pas pensé, nous, les Napolitains, qui faisons tout frire.

Reste-t-il du saindoux pour la friture ?

- Oui, monsieur. - Voyons voir.

- C'est du lard ! - Montre.

Oui, Raimondi...

- Voilà. - On a celui-ci ici. D'accord ?

D'accord. C'est de la graisse de porc, on les fait frire dans de la graisse de boeuf.

Ah, désolé.

- Mais c'est pas grave. - C'est bon ?

Ensuite, vous enseignerez à notre cuisinier

à faire des pommes de terre sautées à la belge.

Oui, c'est facile. Je vais vous montrer. Tu me donnes un couteau et une pomme de terre.

Hé, Raimondi. Une pomme de terre et un couteau pour le monsieur.

- Pardon. - Merci.

Mais il ne coupe pas.

Je peux ?

- Oui, coupez, coupez. Allez-y. - Merci.

Il coupe.

Il coupe.

Commandant, mais jusqu'ici... eh.

C'est lui qui sait le mieux.

- Il montre comment il coupe. - Oui.

- Frite. - Frite.

Voici...

- C'est bon. - Les frites.

- Tu t'es surpassé. - C'est bon.

- Très bon cependant. - Très bon.

- Comme elles sont bonnes. - Bonnes.

- Bravo, Gigino. - Je m'y attendais pas.

- Bravo, Gigino.

- Bravo. - Hé !

Bravo. Bravo.

Raimondi.

Apporte-les à ces pauvres gens dans le kiosque, vas-y.

Gigi', tu nous joues une chanson ?

- Une chanson ! - Commandant.

- Puis-je ? - Je t'en prie.

Vas-y, Giggi.

Bravo, Gigino!

Gigino, Gigino, Gigino!

Bravo!

Bravo, Giggi!

Tore.

Je me repose un peu.

Tore, il y a quelque chose que je dois te dire ...

- Dans une heure, allez... - Il est arrivé un message de ta femme.

Ce sera une fille, Vittorio.

Je l'appellerai Marina.

Je ne la verrai pas.

Et tu prendras soin d'elle.

- Avez-vous des enfants, Reclercq ? - Non, je n'ai pas d'enfants.

Faites-les alors. Faites-en beaucoup.

Je ne sais comment vous remercier.

- Il n'y a qu'un seul moyen. - Dites.

Que dit le texte ?

- Savez-vous de quel texte il s'agit ? - Non.

C'est peut-être l'Iliade.

Qu'est-ce que cela dit ?

Il s'agit d'une généalogie, il y en a beaucoup dans l'Iliade.

Pourriez-vous me la traduire ?

Cela dit : "Il y eut Sisyphe, le plus rusé des hommes.

Sisyphe, fils d'Éole, qui eut pour fils Glaucus...

qui engendra à son tour Bellérophon.

Parfait, sans défaut".

Et c'est tout ?

C'est tout.

Vila Do Porto Sainte Marie des Açores 19 octobre 1940.

Nous transportions des avions britanniques.

Bien sûr.

Continuez.

Savez vous qu'à votre place je vous aurais laissé en mer ?

C'est la guerre.

Pourquoi nous avez-vous sauvés ?

Parce que nous sommes italiens.

J'ai quatre enfants. Dites-moi votre nom

pour que les enfants prient pour celui qui a sauvé leur père.

Dites-lui de prier pour l'oncle Salvatore.

Salvatore. Merci.

Nous sommes prêts à prendre la mer, Rina chérie.

Je suis à nouveau prêt

à frapper et couler tous les ennemis que je rencontre sur mon chemin...

et à devenir

invincible...

invulnérable,

quand je leur sauve la vie.

Amen.

C'est ainsi que les choses se sont toujours passées en mer.

Il en sera toujours ainsi.

Et ceux qui ne le feront pas

seront maudits.

7 jours après le coulage du Kabalo, la Belsique abandonnera le statut de neutralité et entrera en guerre avec l'Angleterre.

Salvatore Todato mourra 2 ans après, le 14 décembre 1942. Tué d'une rafalle de mitrailleuse d'un spitfire anglais, au large de La Galite, en Tunisie. Dans son sommeil, comme il l'avait prédit.

Tout l'équipage du Kabalo a survécu à la guerre.

En temps de paix, Vogel, Reclercq et leurs compagnons se rendront à Livourne, pour y rencontrer son épouse Rina et sa fille Graziella Marina, que le commandant n'a jamais eu la joie de connaître.

De la flotte de 112 sous marins de la flotte Italienne, seulement 19 ont survécu à la guerre.

Tous les autres reposent au fond de la mer, couverts de croix de coraux.

Le foie à la vénitienne, le baccalà mantecato,

le sarde in saor, les bigoli avec les anchois.

Le crabe bouillie, le brodetto, le riz et bisi,

le canard farci, la castradina, la polenta aux schie.

Bouillon de légumes, de poulet, de volaille,

de chapon, de viande.

Le ragoût bouilli, le ragoût bouilli à la française, le battu,

tripes ficelées avec des œufs, foie à la militaire,

mouton à la financière, ris de veau à la bouteille.

La coratella, la jambe beurrée, la langue en salmì.

Le flan de semoule, le flan de riz rigaglie,

la casserole de riz, de pommes de terre et de moules, le sartù de riz,

tomates avec du riz, riz arancine, supplì,

les pâtes farcies, le pain de viande, le pain de viande à la morue.

Œufs durs à la mode de Cilento, pigeon farci.

Timbale de pigeon, fricassée de poulet.

Poulet au Marsala, à la mode du pays,

à la sauce aux œufs, désossé,

le stracotto, le peposo, le paciugo, le fricandò,

les boudins noirs, la polenta avec des saucisses.

L'omelette au macaroni, le scammaro,

l'omelette de toutes les façons.

Risotto aux grenouilles et aux moules,

risotto aux tellines, aux champignons, aux petits pois, à la milanaise.

Sous titres: Picard 60.

Nouilles au ragoût de jambon.

Pâtes et haricots, pâtes et pois chiches, pâtes et pommes de terre.

Pâtes et pommes de terre au provolone, pâtes à l'amatriciana,

pâtes à l'ail, pâtes à l'ail et à l'huile.

Les galettes, les moules au poivre.

le cacciucco, la soupe de poisson, la soupe au bouillon de mulet.

Soupe au pain et aux œufs, Regina, espagnole,

farcie, de lentilles, soupe de grenouille, soupe d'escargot.

La soupe de cardon, la soupe de soffrito,

le pancotto, la farinata, la pappa aux tomates.

Ribollita au chou noir, minestrone dans tous les sens.

Couscous à l'israélite, la soupe au lait,

la soupe de mille fantassins, la soupe maritata,

soupe de chicorée et scarorella,à la ricotta.

La soupe de semoule, la chapelure, la bagnacauda.

Rifreddo de veau, vitel tonné,

le chapon en vessie,

courgettes alla scapece, courgettes farcies.

fèves et chicorée, friarielli, haricots verts à la béchamel.

Haricots bouillis, "all'uccelletto".

Cardons cuits au four, oignons aigre-doux, céleri farci.

Artichauts a funghetto, champignons avec sauce.

Champignons à l'huile, des champignons dans tous les sens.

Pommes de terre de toutes les façons, épinards, asperges,

rapini, brocoli, chou.

Salade russe, poisson pané, bolognaise,

morue à la palermitaine.

roussette frite, sole au vin, rouget au jambon, marinara.

Mulet au gratin.

Le mulet à la Livournaise. Thon de toutes les façons.

Anchois marinés, anchois frits,

anchois arrangées, sardines farcies.

Salade de pieuvre et de pommes de terre, poulpe à la Luciana.

Murène à la caprese,

anguille en ragoût, l'anguille sous toutes ses formes.

L'anguille rôtie, la pezzogna all'acquapazza.

La moule de morue.

Coronello et stocco, le lieu avec des olives,

le faux poisson.

Rôti de bœuf à l'anglaise.

Bœuf à la génoise.

Pizza à la buffala ébouillantée.

lapin à l'ischitana, rognons à la parisienne.

Arista fiorentine, foie de porc à la toscane.

La piñata aux choux, les scaglizzi.

la pizza frite, et la focaccia dans tous les sens.

Les beignets, la donzelle, la crescentine.

Castagnole, babas au rhum.

Les sfogliatelle, les struffoli, zeppole, scauratielli.

Les Choux à la crème, les Choux à la crème de St-Antoine,

Choux à la crème de St Joseph.

Cartellate avec du miel,

cartellate avec du moût, le krapfen, le strudel.

Rococo, des biscuits dans tous les sens.

gâteau caprese, gâteau milanais.

Le gâteau aux amandes et au chocolat, le Mont bianc, les puddings...

dans tous les domaines.

Le pudding.

Figues fraîches cuites au four, crème fouettée.

Lait à l'ancienne ou à la portugaise,

brûlée au lait, brûlée au vin, soupe de griottes.

La compote de cerises acides, d'abricots, de poires,

de coings, confiture de figues sèches,

les gelées.

La poivronade, la parmigiana d'aubergine.

Les aubergines dans tous leurs états.

Crêpes au pain, pommes, riz, polenta.

Spaghetti aux palourdes, aux moules,

avec du colin, avec des anchois, avec des seiches, en salade

pappardelle au lièvre.

Les gnocchis de pommes de terre, de polenta, à la semoule.

Le zite alla sangiovanniello.

cavatelli avec puleggio, fusilli avec veluozzi.

Macaronis à la sauce tomate, tarte aux macaronis.

Macaronis cuits à l'étouffée, avec une sauce à la viande, à la sicilienne, à la bolognese,

à la française, des macaronis dans tous les sens.

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