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1 CETTE HISTOIRE EST IMAGINAIRE. LES PERSONNAGES Y FIGURANT SONT FICTIFS.

Dans le système judiciaire,

les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.

À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.

Voici leurs histoires.

Je donnais une prune à un mec qui urinait en public

quand j'ai reçu un appel d'urgence.

Qui a alerté ?

Un collègue inquiet, apparemment : Sean Darringer.

-Homme ou femme ? -On ne sait pas.

Il ou elle a dit que Mme Travino n'était pas venue travailler.

Et a demandé d'aller voir.

À midi à peine, c'est tôt pour paniquer.

En fait, c'était trop tard.

-Je les ai trouvées là. -Les ? Il y en a d'autres ?

Gabriella Travino et sa fille Illaria.

Violées et torturées ensemble. Vous avez déjà vu un truc aussi horrible ?

Du ruban d'emballage ?

Bien serré, impossible de respirer. Il l'a regardée s'étouffer.

Mains liées, seins et sexes tailladés.

Les sadiques aiment la douleur et l'humiliation.

Bizarre qu'elles soient couvertes. Vous les avez trouvées comme ça ?

-Officier ? -Elles étaient nues.

C'était par respect. J'ai pris les draps dans le placard.

Elle n'a pas plus de dix ans.

Elle a un truc dans sa main.

Venez, inspecteur.

Inspecteur, mettez vos gants et venez.

Elle est déjà rigide.

Mortes depuis plus de 12 heures.

-On n'attend pas le légiste ? -Non.

Tiens son poignet.

Allez, ma grande.

Tu as quelque chose. Donne-le-moi.

C'est un crucifix.

Donc il est croyant ?

Elle ne l'a pas pris au tueur.

C'est à sa mère.

Elle voulait la toucher. Elle a dû s'y accrocher.

Ça l'a peut-être réconfortée.

Elle a prié pour avoir de l'aide. Personne n'est venu.

NEW YORK UNITÉ SPECIALE

Quoi de neuf, inspecteur ?

J'avais besoin d'air, ça va.

Non, quoi de neuf sur le double homicide ?

Pas de portier, l'immeuble est sécurisé. On a dû lui ouvrir.

Sauf s'il habite ici.

On attend la liste des locataires masculins.

Ou la mère a pu ouvrir cette porte.

Et il arrive derrière elle avec une arme.

Elle n'a pas pris de cours de self-defense.

Elle ne sait pas faire ça. Il la pousse à travers la porte.

Il aurait pu être vu par un voisin.

Sauf s'il s'est glissé derrière elle et l'a attaquée dans l'appart'.

-Quelles infos sur les victimes ? -Mère célibataire.

Discrète d'après les voisins. Pas de copain, pas de visites.

Réceptionniste pour des avocats.

-Défense pénale ? -Litiges commerciaux.

Mais regardez ça.

Beaucoup de verrous. Elle avait peur de quelqu'un.

Assez classique pour une mère célibataire à New York.

Ils sont anciens.

Mais utilisés. Pas de signe d'effraction.

Donc elle connaissait peut-être son agresseur.

Ou alors c'était la fillette.

Je ne peux pas croire que celui qui a fait ça ait pu être leur ami.

Qui était la cible ? La mère ou la fille ?

Le vagin de la fille est plus abîmé,

mais elle était prépubère.

Elles ont subi les mêmes horreurs.

Un ou plusieurs coupables ?

L'ADN pourrait le dire, mais pas de traces de sperme.

-Il les a lavées au chlore. -Il sait effacer les traces.

Ce n'est pas un débutant. Il doit déjà être connu.

L'adhésif est le même que celui utilisé

pour récolter les fibres et les empreintes.

S'il en a laissé, on les trouvera.

Tu sais, personne n'arrive à gérer sa première affaire avec un enfant.

-Je m'y ferai. -Si ça arrive, change de service.

Pas de répondeur. Une facture de téléphone.

-Impayée. -Pas étonnant.

Elle était modeste.

C'est une fiche de paie du cabinet Folsom, Young et Klein.

CABINET D'AVOCATS 18 SEPTEMBRE

C'est moi qui ai appelé. Gaby était tellement fiable.

Il y avait un problème.

-Quelqu'un la menaçait ? -Non.

La vie est courte, vous avez vu.

Alors dites-nous ce que vous cachez.

Sa fille, Illaria, a été hospitalisée pour de l'asthme, l'année dernière.

Gabby ne pouvait pas payer, ils l'ont mise en recouvrement.

Les agences de recouvrement harcèlent, c'est tout.

Un cabinet aussi grand ne doit pas fournir une assurance maladie ?

Gabby travaillait 32 heures. C'était un temps partiel.

Une faille dans la loi l'a privée d'assurance.

J'avais honte, je la laissais prendre dans la caisse.

-Combien elle prenait ? -Environ 500 $ par mois.

Mais elle remboursait toujours avant qu'on fasse la comptabilité.

C'est aujourd'hui.

Il lui fallait l'argent ce week-end.

-Comment ? -Je ne sais pas.

Elle n'a jamais accepté, mais...

Gabby disait que son propriétaire lui proposait souvent d'offrir son loyer.

C'était une belle fille qui vivait au jour le jour.

J'ai voulu rendre service.

Un service, c'est aider quelqu'un sans rien demander en retour.

Un loyer gratuit contre du sexe ?

Dans ce pays, on appelle ça une contrepartie.

Pour nous, c'est du harcèlement sexuel.

Elle n'a jamais accepté, donc il n'y a pas de mal.

-Vous l'avez harcelée sexuellement ! -Ne me touchez pas, sale garce !

Et si on se calmait un peu ?

-Votre mec n'a jamais payé vos factures ? -Non.

-Vous avez été mariée ? -Assis.

Vous vous tapez un mec,

ensuite vous touchez la pension alimentaire ?

L'assassin de mon mari a pris perpète à Attica.

Vous voulez le rejoindre ?

Je vais le ranger.

Tarée !

Vous faisiez une remise pour coucher avec sa fille ?

Non, je ne suis pas un pervers.

Dites, Larry, vous avez les clés de tous les appartements de vos locataires ?

Gabriella a refusé mon offre

parce qu'elle s'est trouvé un mec plein aux as.

-Vraiment ? Qui est-ce ? -Je ne sais pas.

Je les ai vus sortir il y a deux semaines.

J'ai entendu : "En dehors du bureau, pas la peine de m'appeler M. Williams."

CLUB DE TENNIS DE MANHATTAN 18 SEPTEMBRE

Je ne sortais pas avec Gabriella.

Il veut dire que personne ne savait.

La politique du cabinet l'interdit.

Imagine le scandale vu la différence hiérarchique.

L'avocat et la réceptionniste ?

Je viens d'être associé.

Vu ma dette étudiante, elle était plus riche que moi.

Gabriella avait besoin d'argent. Elle vous a fait chanter ?

Elle ne m'a jamais demandé un centime.

C'est terrible, mais j'ai un match avec un nouveau client

-prévu depuis des semaines, donc... -Faites-vous excuser.

Vous devez venir avec nous.

Non, c'est faux.

J'ai fait des études de droit. Excusez-moi.

-Attends-le. -Je ne suis pas assez patiente.

-Désolé pour le retard. -Ça va ?

Et le tennis m'ennuie à mort.

Donc aucun risque de trouver votre sperme sur ses vêtements ?

C'était juste un flirt.

Une fois. C'est tout. On a couché ensemble dans mon bureau.

Un témoin vous a vu chez elle.

Il y a une semaine.

Pour rencontrer sa fille. On est allés pique-niquer.

Elle m'a dit qu'elle m'aimait. J'ai 28 ans, j'ai paniqué.

-Comment elle a pris la rupture ? -Je n'ai pas eu le temps.

Gabriella a vu un vieux bizarre faire un câlin à la petite.

-Sa fille, Illaria ? -Oui.

Elle donnait nos restes aux SDF avec une copine.

La copine disait d'être gentil avec lui.

Qu'il était leur ami.

Qu'est-ce que votre ami a dit ?

Il n'a pas parlé.

-Vous le voyiez souvent ? -Tous les jours.

-Pourquoi ? -Pour lui donner à manger.

-Pourquoi vous faisiez ça ? -Pour qu'il mange.

S'il ne parlait pas... qu'est-ce que vous faisiez avec lui ?

-Il vous a touchées ? Illaria ou toi ? -Non.

Lupe, tu sais que c'est faux.

Il l'a prise dans ses bras. Tu l'as vu faire.

C'était juste un câlin. Il dit merci comme ça.

Tu peux nous le présenter ?

INWOOD PARK 18 SEPTEMBRE

Ça aurait pu nous arriver.

Vous devriez enfermer tous les SDF.

On ne sait pas si c'est lui.

-Vous allez lui faire du mal ? -Non, on veut juste lui parler.

C'est en bas, on l'a suivi.

-Il dort là parfois. -Attendez là.

Il y a quelqu'un ?

Il faut un mandat pour un carton ?

Crois-moi ou pas, je crois que oui. Mais tant pis.

C'est plein de guenilles.

Monsieur, vous pouvez sortir ?

Dani, Dani. Regarde. Il ne correspond pas au profil.

Il est trop vieux, notre tueur est organisé.

C'est impossible.

Vous ne pouvez pas rester dans le parc la nuit.

Regarde ses mains.

Vous êtes blessé ?

Vous avez des armes sur vous ?

On va vous fouiller, c'est d'accord ?

Je crois que c'est un "oui".

Vous avez des aiguilles ou des objets pointus ?

Le carton est recouvert de coupures de presse.

Que des crimes sexuels.

Et beaucoup sur des enfants.

On y va.

Vous avez une sacrée collection.

"Un père échange sa fille contre du crack."

"Un homme avec un masque de George Bush agresse une fille,

le soir d'Halloween."

Elle pense que c'était un masque. On ne l'a jamais trouvé.

"Une prostituée appelle la police après avoir vu une vidéo

montrant le viol d'un enfant chez un client."

"L'inspecteur Elliot Stabler de l'unité spéciale de Manhattan a dit..."

La fouille de la résidence d'Edward Hasker

a révélé de nombreuses vidéos semblables.

Vous avez gardé cet article parce que vous êtes fan de mon équipier ?

Ou vous étiez client de ce pornographe ?

"Un homme injecte du sang infecté par le HIV lors d'une partie fine."

Lui, on l'a eu. Un vrai sadique.

Vous êtes allé à ce genre de soirées ? Ça vous plaît ? Le sadisme sexuel ?

Les tueurs sadiques sexuels ont des pulsions irrésistibles

et infligent des souffrances aux victimes, physiques et psychologiques.

Ce n'est pas le fait d'infliger des souffrances,

mais plutôt la douleur de ses victimes qui l'excite sexuellement.

-Pourquoi ces coupures ? -Il y a une raison.

Vous attendiez celle d'aujourd'hui ? Sur cette petite fille ?

Où vous allez ? Doucement, doucement.

Vous la reconnaissez ? La petite fille du parc ?

Vous ne vous en souvenez pas ?

Le petit ange qui vous donnait des sandwichs ?

Qui vous faisait des câlins ? Qui voulait vous aider ?

Ça ne vous fait pas de la peine, sa mort ? Regardez ça.

Contrairement aux tueurs en série qui agissent sous le coup de la colère

et qui commettent leurs crimes rapidement,

l'agresseur sadique savoure tout le processus du meurtre et de la torture,

et le fait souvent durer des heures.

Il est animé par ses fantasmes. Il doit entièrement dominer ses victimes.

Il rationnalise ses actions. Il ne ressent ni remords, ni culpabilité.

Et il n'a aucune compassion.

Il s'agit probablement d'un homme blanc de classe moyenne.

Il est malin et fourbe.

Il garde les articles sur ses crimes.

Aidez-nous. Vous avez des coupures sur les affaires de l'USV.

Toutes de Manhattan. Pour quoi faire ?

-Pourquoi vous avez ça ? -Répondez !

Je crois...

Je crois qu'elles me disent qui je suis.

Qui suis-je ?

Dites-nous. Un pédophile ?

Un violeur ? Un sadique ?

Je crois...

-que je suis censé être ici. -Pourquoi ?

-À cause d'Illaria ? -Oui.

Pourquoi ? Pourquoi elle ?

Les victimes ont été choisies à l'avance. Le crime a été soigneusement planifié.

Les victimes peuvent être mutilées pour de nombreuses raisons.

Coupées en morceaux pour se débarrasser du corps

ou brûlées pour garder leur identité secrète.

Mais dans le cas d'un sadique sexuel, l'autopsie montre que...

Les blessures sont pre-mortem.

Quarante entailles, et elles ont tout senti.

-Elles sont mortes asphyxiées ? -Par obstruction des voies.

L'adhésif était en rouleau.

Acrylique, cinq centimètres. Trop commun pour avoir une piste.

Il était cranté à chaque bout. Il a dû utiliser ça.

Il doit l'avoir dans sa trousse.

Et un cutter, aussi. Il a dû les taillader avec ça.

-De l'adhésif, un cutter, un déménageur ? -En tout cas, il mord.

Il a fait des entailles en forme de X,

mais il y a des blessures en forme de croissant dessous.

Il les a mordues et entaillées pour couvrir les traces.

Je suis en train de reconstituer les marques.

On va trouver une bouche qui va avec.

Cherchez un type avec des griffures.

La mère s'est débattue. Elle a deux ongles cassés.

Ça a dû faire mal.

Il faut nettoyer, sinon ça va s'infecter.

Ça vient d'où ?

-Je ne sais pas. -Comme par hasard.

Ne mettez pas vos doigts. Je vais juste nettoyer.

Je vous préviens, ça va piquer.

Ça ne le dérange peut-être pas. Ça vous plaît ?

Ces vêtements sentent très mauvais. Je vous ai apporté une chemise propre.

-On peut les jeter ? -OK.

Changez le pansement demain. Ne le mouillez pas sous la douche.

Même si ça me semble peu probable.

On envoie ça au labo.

Qu'est-ce qu'il a ? Pourquoi il ne parle pas ?

Il a probablement Alzheimer.

S'il n'est pas dément, c'est un sacré acteur.

Dani part dans tous les sens dans l'affaire Travino.

Elle a un suspect SDF à l'hôpital

et le proprio de la victime en celulle.

Son alibi n'a pas été vérifié ?

Elle le garde pour harcèlement et coercicion.

Je suis retenu illégalement par une tarée qui s'appelle Dani.

Je lui passerai le bonjour.

Elle est bonne, mais elle va récolter un gros procès.

Envoie-le aux mœurs. Ce n'est pas notre domaine.

La compagnie de téléphone a envoyé les relevés

et un CD des messages téléphoniques de Travino. Ecoutez.

Lundi, 9h52.

Bonjour, j'appelle pour l'annonce du marché Meyer

pour un vélo rose pour fille.

J'aimerais passer le voir.

Elle avait besoin d'argent. Elle vendait le vélo de sa fille.

Un vélo rose pour fille. Ça indique qu'elle a une petite fille.

Peut-être qu'il l'a appelée dimanche pour le voir.

Elle est prudente, mais elle lui ouvre,

déverrouille la porte et le laisse entrer.

Il découvre une belle femme et sa fille, toute seules, et passe à l'attaque.

Il n'y a que deux appels le dimanche.

Un venant d'une cabine, on ne peut pas savoir qui c'est.

Et les empreintes ?

Il a nettoyé les corps, donc ses empreintes aussi.

Il ne peut pas avoir nettoyé l'annonce.

MARCHÉ MEYER 19 SEPTEMBRE

Viagra naturel. Chat perdu. Voiture à vendre.

Là. Sur le papier de bricolage rose.

"À vendre, vélo rose de princesse pour fille."

Avec le numéro de Gabriella.

Il en manque deux.

La femme du message en a un.

Espérons que le coupable ait l'autre.

Vous pouvez l'examiner ?

La recherche a donné un résultat.

"Brent Allen Banks. Condamné pour agression sexuelle."

Pour viol et kidnapping quand il avait 17 ans, il y a 13 ans.

Ses parents étaient absents

et Brent a attiré une fille de 15 ans dans son appartement.

Attachée, violée et torturée pendant 10 heures.

Elle s'est échappée nue et couverte de traces de morsure.

-Pourquoi il est sorti ? -Première condamnation.

Il a pris 14 ans mais n'en a purgé que sep.

Je vais le chercher avec Stabler.

Eh, la tarée ! Qu'est-ce que je dois faire pour sortir ?

-Qui t'a enfermé ? -Elle. Elle est cinglée !

Il me faut les clés. Ouvre-lui.

-Tu le connais ? -Oui, on est potes.

Pas lui.

Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu fais à New York ?

Pourquoi tu es là ?

-Il n'a pas l'air de te connaître. -Qui c'est ?

Il s'appelle Andrew Munch. Tu as enfermé mon oncle.

C'est génial.

Je pensais que vous étiez une maison de retraite haut de gamme.

Comment il est arrivé là ?

-Oncle Andrew, reviens. -Attention.

-Désolé. -Il pue, ce type.

Voici Brent Allen Banks.

Mets-lui un badge pour ne pas le confondre avec Andrew.

On me confond avec quelqu'un.

-Je viens dissiper les doutes. -Assieds-toi là, Andrew.

Oui, je sais qu'il n'avait pas d'aide à domicile ou d'infirmière.

Il vivait dans un appartement indépendant,

en parfaite santé physique et mentale.

Qu'est-ce que vous lui avez fait ?

Oncle Andrew, ils disent que tu as dit à ton voisin

que tu allais venir me voir en juin ?

Tu es là depuis quatre mois ? Dans la rue ?

Je ne sais pas.

Tu ne te souviens pas de moi ? Je suis ton neveu, John.

Qui ?

-Profil ? -Il pourrait parler des heures.

-Il peut avouer ? -Pas délibérément.

Il se croit trop malin pour se livrer.

Il nous croit assez bêtes pour lui dire ce qu'on sait.

Ayez l'air sûrs de vous, restez calmes.

Réprimez ce que vous ressentez au sujet du crime.

Il ne croira pas qu'on veuille être ses amis.

Alors n'essayez pas. Sinon il risque de ne plus vous respecter.

Il aime être la star, soyez patients. Ne le laissez pas vous provoquer.

Vous avez fait quoi à mon oncle ?

Il était couvert de sang. Il connaissait la victime.

Et tu as sorti ta matraque

-et tu l'as frappé ? -John...

Ça ne s'est pas passé comme ça. On en reparle plus tard.

On a un interrogatoire.

Le médecin dit qu'il a Alzheimer.

C'est un nul.

Il était lucide la dernière fois.

-C'était quand ? -Le 22 juin, à son anniversaire.

Et il avait des coupures de presse sur des crimes ?

-Apparemment. -C'est bon signe.

-De quoi ? -D'un cerveau actif.

Il se souvient que vous êtes policier.

Votre oncle conservait des coupures sur des crimes sexuels

pour retrouver la mémoire.

-Vous pouvez aller le voir ? -Je suis juste un médecin nul.

Je dois regarder le début, mais je viendrai.

Où travaillez-vous, M. Banks ?

Je suis entrepreneur pour une marque de soda.

Vous remplissez des distributeurs.

Et je commence tôt, donc...

On sait que vous êtes occupé, on ne veut pas vous retenir.

Merci.

Si vous pouviez nous dire si vous avez déjà vu cette annonce.

-Non. -Vraiment ?

Je n'ai pas d'enfant.

-Vous voulez des enfants, M. Banks ? -Pas pour l'instant.

Je vais aller droit au but. Il y a votre empreinte sur cette annonce.

-Comment ça se fait ? -Je ne sais pas.

Elle était au marché Meyer, peut-être ?

Effectivement.

J'y étais ce week-end.

Je n'ai pas vu cette annonce, mais j'en ai regardé une pour un tapis de course.

Peut-être que j'ai touché l'annonce du vélo en lisant l'autre.

Andrew, qu'est-ce que c'est ?

Je ne sais pas.

Essayez de deviner. Comment ça s'appelle, à votre avis ?

-Un stylo ? -Bien.

Andrew, je vais vous lire une liste de mots,

et je veux que vous m'écoutiez bien.

-Vous êtes prêt ? -Je ne sais pas.

Ce n'est pas grave. Contentez-vous d'écouter.

Fleur. Chemise. Camion.

Âne.

Vous vous souvenez d'un de ces mots ?

Désolé, je ne me souviens pas de l'annonce du vélo.

Quelle est votre méthode de torture préférée ?

Pardon ?

Beaucoup de gens aiment le sado-maso.

-Vous aimez quoi ? -Pas le sado-maso.

On sait tous que c'est faux.

Maryellen Seaver peut le prouver.

Vous vous souvenez d'elle ?

Vous l'avez torturée il y a 13 ans.

M. Banks a payé pour ça.

-Sept ans de prison, hein ? -J'ai été accusé à tort.

C'était consenti.

-Consenti ? -Oui, c'est ça.

Elle avait tant de traces de morsure

que les médecins n'ont pas pu tout compter.

Une morsure pour les uns, un suçon pour les autres.

-Votre oncle a été mal diagnostiqué. -Je le savais. Idiots.

Les urgentistes doivent les soigner,

mais seul un psychiatre confirmé aurait pu distinguer ce qu'il a

-de l'Alzheimer. -Qu'est-ce qu'il a ?

Il a passé le mini-examen d'état mental.

Avec l'Alzheimer, les réponses peuvent être paraphasiques.

Comme "silo" au lieu de "stylo", "monde" au lieu de "montre".

Et quand ils ne savent pas, ils inventent une réponse.

Il n'a rien dit ?

Ça a été long, mais ses réponses étaient bonnes.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Je crois qu'il souffre de pseudodémence dépressive.

Il est si dépressif qu'il est dément ?

Sa dépression est si sévère que ses neurotransmetteurs ont grillé.

Il est presque catatonique.

Mon père s'est suicidé quand j'avais 13 ans.

Andrew est son frère. Regardez-le.

Donc un jour,

-ça va me tomber dessus. -Pas forcément.

La pseudodémence dépressive peut être soignée.

-Avec quoi ? -S'il prend des antidépresseurs,

il peut redevenir normal en une semaine.

Qu'est-ce que tu as fait ? Il faut garder ton pansement.

La dermatillomanie est très fréquente chez les dépressifs.

-Derma quoi ? -Le grattage compulsif.

Comment il s'est blessé ?

Ça arrive souvent aux SDF.

Quand il fait froid, ils dorment sur des bouches d'air chaud.

Et ils se brûlent.

Je ne crois pas avoir de plaies.

-Vous acceptez de vous faire examiner ? -Pas de problème.

Vous voulez qu'elle sorte ?

Non, je n'ai rien à cacher.

Vous pouvez vous approcher.

Pour ne rien louper.

Regardez mon dos.

Prenez votre temps. Profitez.

-Jolies poignées d'amour. -C'est ça.

Vous devez voir des trucs. Des griffures par exemple ?

Vous en voyez ?

Remettez votre chemise, M. Banks.

-Autre chose ? -Quelques questions, si ça vous va.

Si je peux aider.

-Il n'avait aucune griffure. -Elle n'a peut-être pas touché sa peau.

Mais lui, il a laissé trois belles empreintes sur le chewing-gum.

-Canine, prémolaire et molaire. -J'avais peur qu'il le garde.

Heureusement qu'il ne l'a pas avalé.

Les traces les plus profondes sont sur les seins de Gabriella.

J'ai recréé la marque avant qu'elle ne soit tailladée.

Ça correspond.

Assez pour demander une ordonnance pour faire un moulage.

Je crois que vous le tenez.

Inspecteur Stabler, comment vous allez ?

-M. Munch. -Appelez-moi Andrew.

Je viens déjeuner avec mon neveu.

Je vais le chercher.

Vous pouvez l'attendre à son bureau.

Je voudrais saluer votre charmante équipière.

Dani, tu as un visiteur.

-Bonjour. -Waouh !

-J'ai failli ne pas vous reconnaître. -Antidépresseurs.

Je les prends depuis dix jours et je me sens revivre.

-On dirait bien. -Merci.

-Écoutez, je voudrais m'excuser. -Non, ce n'est pas la peine.

Je ne suis plus le même homme qu'avant.

Vous devriez apprendre à me connaître.

Peut-être lors d'un dîner ? À Paris, par exemple ?

Quand j'irai à Paris, je vous tiendrai au courant.

-OK. -Excusez-moi.

Je voudrais parler de Brent Allen Banks.

Bien sûr.

-Excusez-moi. -Je vous en prie.

Asseyez-vous.

-Je peux vous aider ? -Je suis Maryellen Seaver.

Je vous reconnais. Vous êtes la première victime de Banks.

J'ai vu que son procès approchait. Je voudrais témoigner.

Ce serait très utile. Mais je ne pense pas que le juge acceptera.

Si, il le faut.

J'étais censée l'affronter au tribunal, il y a 13 ans, je n'ai pas pu.

Ils ont passé un accord avec lui pour que je n'aie pas à venir.

Vous aviez 15 ans.

Si j'avais témoigné, il serait peut-être encore en prison.

Et cette femme et sa fille seraient encore vivantes.

Vous ne pouvez pas témoigner.

Mais vous pouvez parler à l'audience sur la peine quand il aura été condamné.

Il pourrait être condamné à perpétuité.

J'aimerais que la peine de mort existe encore à New York.

Si c'était le cas, je lui enfoncerais l'aiguille moi-même.

PALAIS DE JUSTICE DE NEW YORK 2 OCTOBRE

On aurait dû partir plus tôt. Ça a déjà commencé.

Du calme, c'est une audience préliminaire.

Oui, mais je dois y être.

Il n'y a pas de jury, rien. C'est barbant.

Je n'y vais pas pour m'amuser.

Il a tué la fille qui a voulu m'aider quand j'étais malade.

-Tu t'en souviens. -Je sais, viens.

Et j'ai vu la victime qui a survécu. Il a détruit sa vie.

J'ai fait le serment d'être au tribunal tous les jours pour elles.

Peut-on être sûr à 100 % que les traces de morsure correspondent à mon client ?

À 100 % ? Non.

-Pourquoi pas ? -Le corps humain n'est pas plat.

Ce n'est pas une bonne surface pour faire des empreintes.

Et si la victime se débat, ça peut déformer la trace.

Dans le cas présent, les traces étaient tailladées.

Comment les avez-vous attribuées à mon client ?

J'ai placé un calque des traces de morsure

sur un moulage des dents de l'accusé.

Excusez-moi, je croyais que les traces avaient été détruites.

J'ai pris des photos, je les ai améliorées sur un logiciel...

Améliorées ? Vous voulez dire que vous les avez modifiées.

La défense conteste l'utilisation

d'une technique reconnue.

Je ne déforme pas les preuves.

L'experte a admis qu'elle n'avait pas réuni de preuves,

mais qu'elle les a créées.

Puis-je prendre la parole ?

-Andrew, assieds-toi. -Qui est-ce ?

Cette soi-disant avocate profère des mensonges éhontés.

-Vous voyez bien ? -Vous devez vous taire.

Désolé, il est malade.

J'espère que vous n'êtes pas assez stupide pour y croire.

Elle essaye de vous avoir.

-Sécurité. -Qu'est-ce qui vous prend ?

Pourquoi vous voulez relâcher ce monstre ?

-Faites-le sortir. -Andrew, viens.

Ta punition arrive.

Je connais un inspecteur qui a de grands projets pour toi.

Dehors avant que je ne l'envoie en cellule.

Vous ne pouvez pas m'empêcher d'être là.

Vous vous rendez compte de ce qu'il a fait ?

Il devrait être piqué comme un chien enragé.

-Silence ! -Si vous ne l'euthanasiez pas,

vous êtes corrompu...

-Dehors ! -...ou idiot !

Tu as dit à mon oncle que tu allais tuer Banks ?

-Non. -Il dit le contraire.

-Pourquoi il dit ça ? -Je te pose la question.

Je n'ai pas vu ton oncle depuis la semaine dernière.

De quoi aviez-vous parlé?

-Qu'on devrait aller à Paris. -Mais rien de délirant.

-Rien de criminel. -Il ne va pas si bien que ça.

-Mais je veux que Banks meure. -Je le savais.

-Tu l'as dit à mon oncle ! -Non !

Je l'ai dit à sa première victime. Il doit m'avoir entendue.

Tu l'as interrogée en public ?

Tu débarques ou quoi ?

Je sympathisais avec une victime.

C'est dur quand la peine de mort n'est pas possible.

Brent Allen Banks est libre.

-Sous caution ? -Libre de retuer.

Ne dites pas que c'est à cause de la crise de mon oncle hier.

Non, mais c'était intense. On revient de l'audience de suppression.

La preuve a été rejetée.

-Faites-la revenir. -Le juge a pris sa décision.

Comme l'affaire reposait sur la preuve, il a annulé l'inculpation.

-Vous avez laissé faire ? -Je suis nulle, on dirait.

La défense avait des experts prêts à dire n'importe quoi pour de l'argent.

-Le juge s'est fait avoir. -C'est fini ?

Je peux représenter l'affaire si on trouve d'autres preuves.

Il faut enfermer Banks pendant ce temps.

Pas sans raison valable. Il est intouchable.

Ouvre.

-Comment tu savais que je serais là ? -Je le savais.

-Je ne suis pas en service. -Moi non plus.

Il faut qu'on passe de nuit.

Avant ou après minuit ?

Peu importe. Je n'ai pas d'impératifs.

-Et toi ? -Peu importe.

Tu vis ici ?

Quand j'étais aux Mandats, c'était un peu ça.

-Tu la rénoves ? -Non. C'était son bébé.

Il l'a retapée pendant deux ans.

Il n'a pas pu la terminer.

-Elle était à ton mari. -Oui.

Il ne voulait pas qu'on la touche.

-Donc tu l'as eue dans cet état ? -Oui.

Désolé.

Allô, qui est-ce ?

Andrew ? Comment... comment vous avez eu...

Doucement. Je ne vous comprends pas.

-C'est l'oncle de Munch. -Et ?

Qu'est-ce qu'on va faire ? Pourquoi ils l'ont libéré ?

Vous devez faire quelque chose. Faire ce que vous avez dit.

Vous devez le tuer avant qu'il ne recommence.

Vous devez les sauver. Vous allez le faire ?

Dites-le. Dites que vous allez le tuer.

-Je n'ai jamais dit ça. -Si, vous avez promis.

-Rappelez-vous. -Où êtes-vous ?

Il est mauvais. Il n'est pas humain.

-Vous avez le droit de le tuer. -Non, écoutez.

J'appelle Munch.

APPARTEMENT DE JOHN MUNCH 3 OCTOBRE

Les médecins ont transformé mon oncle en fou furieux.

Il a l'air maniaque.

Les antidépresseurs peuvent provoquer ça.

Oncle Andrew !

Ce n'était pas comme ça ce matin. Mon oncle n'est pas dans son état normal.

-Il a eu un épisode maniaque. -Vous croyez ?

-Il cherchait un truc. -Mon répertoire.

-Pour le numéro de Dani. -Il est allé la voir ?

Je viens de le noter. Il ne connaît personne.

-Il a dû aller au poste. -John.

Il y a une arme ici ?

-Il peut se suicider ? -Peut-être.

Elle est dans une malette sécurisée.

Mais en pleine crise maniaque, avec l'adrénaline...

Elle est là.

-Vous rapportez des dossiers du boulot ? -Oui.

Il y en a un sur Banks ?

-Une fille approche. -J'espère qu'elle n'habite pas là.

On devrait mettre un panneau sur sa porte.

-L'enfoiré. -Quoi ?

Elle vient le voir.

Il l'a fait venir ?

-Elle entre. -Nous aussi.

-Viens. -Non, non, attends. Calme-toi.

Elle le connaît.

Elle ne sait pas qui c'est ? Il a fait la une.

-Il prend un sac. -Il faut qu'on entre.

Non, on n'a aucune raison d'entrer. Calme-toi.

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Elliot, Dani, je savais que je pouvais compter sur vous.

Vous vous êtes occupés de lui ? C'est quoi, le plan ?

Vous faire partir d'ici.

Non, on doit faire quelque chose.

Je ne peux pas rester sans rien faire,

sans savoir ce qu'il va faire ensuite. Ça me rend fou.

John, John.

Andrew est devant chez Banks.

Tu dois venir le chercher tout de suite.

Dani, Dani.

Restez ici. Votre neveu arrive.

-Restez ici. -Où allez-vous ?

Écoutez. Vous pouvez surveiller son appartement pour nous ?

-Je peux. -Merci.

-Banlieue ou centre ? -Centre.

Au milieu du quai.

Ce sac doit être son kit de viol.

-On y va... -On n'a pas de motif valable.

Son cadavre sera un motif valable, mais je ne veux pas attendre.

Dani, écoute. Tu dois être patiente.

Sois patiente. Prends le côté nord. On se sépare.

Non !

Non !

Non ! Non ! Non !

-Non ! Non ! Non ! -Andrew, qu'est-ce que vous avez fait ?

On a réussi, on a bien fait. On a réussi, Dani, on a bien fait.

CENTRE PSYCHIATRIQUE DE ROCKLAND 9 OCTOBRE

-Désolé du retard. Munch est là ? -À l'intérieur.

Il a l'air revenu au point de départ.

-Prête ? -Je ne peux pas.

-Tu ne peux pas quoi ? -Entrer.

Pourquoi ?

Dani, Munch nous a appelés. Viens.

Merci d'être venu. Tu vas peut-être le raisonner.

Oncle Andrew, tu as de la visite.

-Vous vous souvenez de moi ? -Tu te souviens du plan ?

Dis-lui qu'il n'est pas responsable.

Vous avez eu une crise psychotique.

Tu dois aller à ton procès.

Tu seras déclaré non-coupable pour cause de démence.

Tu vas être soigné.

-Prenez vos médicaments. -Non.

Des médicaments qui te correspondent.

Pas de médicaments. J'ai dit non. Je connais mes droits.

Mais dans deux semaines, vous irez mieux.

Et les médecins devront vous laisser partir.

Mais je suis responsable.

Tu veux te punir ?

Passer le reste de ta vie prisonnier de ta maladie ?

Mais je dois payer pour ce que j'ai fait.

Je veux juste te dire adieu.

Adieu, John.

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