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LE CALICE D'ARGENT
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Entre J�rusalem et la ville grecque d'Antioche,
les caravanes sans fin cheminaient dans le d�sert.
Par mer, les bateaux ralliaient Rome
et Ath�nes � cette ville florissante.
De l�, les tr�sors de l'Orient et m�me de Chine
�taient achemin�s dans tout l'Empire romain.
� Antioche, peu auraient su de quoi il s'agissait
si on leur avait dit qu'une crucifixion, vieille de 20 ans,
allait changer le monde qu'ils connaissaient.
Ils laissaient la politique � Rome,
la religion aux dieux et l'Histoire aux historiens.
Car l'Histoire touche l'autre, jamais soi-m�me.
Pour les hommes du premier si�cle, comme pour nous,
les affaires allaient leur train.
Comme dans la rue des orf�vres � Antioche.
Theron.
O� est l'enfant ?
L�-bas.
Arr�tez �a. Arr�tez, je vous dis.
Filez.
Ils ont d�truit mon travail.
Pourquoi ?
Laisse faire.
Laisse.
Fils, voici mon ma�tre Ignatius.
Nous avons grandi ensemble. Difficile � croire, � nous voir.
Il m�rite plus qu'un bout de bois � graver.
Et des admirateurs pas des pers�cuteurs.
Oui, je suis riche mais je suis pauvre car je n'ai pas d'enfant.
Combien de fois ne t'ai-je offert ceci ?
Prends et demain, nous proc�derons � l'adoption.
Tu te lasseras de lui. Rien ne l'int�resse que la sculpture.
C'est un r�veur.
Pourquoi sous-estimer les r�veurs ?
Qu'obtient-on des hommes d'action ?
Guerre, tracas, imp�ts.
Mon fils a�n� te plairait.
Il n'est pas r�veur, mais a un don pour les chiffres.
Il serait � sa place chez un riche commer�ant.
Mon inclination va au plus jeune. Prends l'or.
Ma maison sera d�sol�e sans lui.
Ne t'afflige pas.
Quel p�re refuserait � son fils une vie ais�e et envi�e ?
Mon cher Theron, assieds-toi.
Kester.
- On est pr�ts. - Bien. Proc�dons.
Vous avez certes du temps � perdre, mais moi, Kester, non.
Je devrais �tre � mon armurerie
� forger des �p�es pour la l�gion romaine.
Le monde ne sera en paix que lorsque l'ennemi
sera au bout de la lance romaine.
S'il en va du bien du monde, ne retardons pas Kester.
Proc�dons.
Ma�tre Theron, en pr�sence de ces 5 t�moins, dont je suis,
donnez-vous votre fils � mon ma�tre Ignatius ?
Si vous �tes d'accord, dites oui � chaque coup.
Oui.
Mon gar�on, pr�sente tes respects � ton nouveau p�re.
Ignatius, accueille ton fils et ton h�ritier.
Mon fils,
ton nouveau nom sera Basil,
du nom de mon p�re.
C'est un honneur car mon p�re �tait un grand homme.
Que les dieux vous sourient.
Que les dieux b�nissent cette maison.
Du vin, mes amis.
Maladroite.
Marcos.
Oui, ma�tre.
Pourquoi l'ont-ils laiss� faire ?
Parce que je suis une esclave.
Marcos me fouette souvent.
Je suis contente que tu sois ici.
Moi aussi, je suis content.
Tu auras de belles choses � graver.
Du marbre, de l'argent et de l'or, � volont�.
J'ai toujours voulu un fils qui voie les choses comme moi.
Nous sommes grecs. Nous avons un h�ritage � transmettre.
Est-ce lui ?
Oui, ma�tre Linus.
Bienvenue, mon fr�re.
Fr�re.
Est-ce fraternel d'attendre que je sois � Rome
pour adopter ce fils de graveur ?
Il est mon fils maintenant.
Pourquoi lui avoir dit ? C'�tait � moi de le faire.
Pardon, ma�tre Ignatius.
Je l'ai accueilli, et quand il m'a demand� des nouvelles,
je ne pouvais me d�rober, n'est-ce pas ?
�a change quoi ? Tu redoutais ma r�action ?
C'est une affaire de famille, qui se passe de t�moins.
Inutile de nous quereller.
Ma d�cision m'a combl� de bonheur.
Il sera complet si tu fais de Basil ton ami.
Basil ?
Tu as os� lui donner le nom de notre p�re ?
Il en sera digne, crois-moi.
Tu n'as pas le droit d'amener un �tranger chez nous,
et de lui donner nom et richesse.
C'est mon droit, car c'est ma maison, ma richesse.
Et j'ai toujours voulu un fils.
Basil est mon h�ritier, mais tu restes mon fr�re.
Tu ne seras jamais n�glig�.
Alors sois ami avec mon fils, ton neveu.
Neveu.
Fais-moi plaisir, je t'en prie. Adoucis-toi.
C'est fini.
C'est ressemblant ?
Je te vois comme �a, comme une grande dame.
C'est ce que j'aimerais �tre. Pas une esclave.
Avec toi, je me sens libre.
Mais je hais la maison des esclaves.
Alors je vais m'enfuir. Ce soir.
Ils t'attraperont. Je ne pourrai pas les emp�cher de te fouetter.
Quand je serai le ma�tre, je te rendrai ta libert�.
Ce sera dans si longtemps.
- Pourrais-tu attendre ? - Non.
Je veux te voir libre.
Voici des pi�ces d'argent, tu en auras besoin.
J'ai fait �a pour toi.
Comme c'est beau.
C'est du bois.
J'aurais voulu le refaire en or.
Je ne m'en s�parerai jamais.
Mon bel ami.
Je te reverrai ?
Oui. Les dieux ne sauraient �tre � ce point cruels.
Helena.
Mon Basil.
Souviens-toi toujours
que tu as �t� mon premier amour.
Je ne l'oublierai jamais.
On pourrait le croire vivant.
Il y a de la magie dans tes mains.
Qu'elles n'aient plus � accomplir
une aussi triste t�che.
Voici votre homme.
Que signifie cet outrage ?
Quittez ma maison sur-le-champ.
Un esclave est-il le ma�tre de la maison qu'il sert ?
Esclave ?
�tes-vous fou.
C'est toi, le fou. Tu te fourvoies.
Lisez les papiers d'Ignatius. J'ai �t� l�galement adopt�.
Je les ai parcourus, et je n'ai rien trouv�.
Demandez-lui. Il �tait t�moin de mon adoption.
- Vous voulez la v�rit� ? - Bien s�r, parle.
Je parlerai donc.
Vous n'avez pas �t� adopt�, mais achet� par ma�tre Ignatius.
J'en ai �t� t�moin et j'ai �t� entendu par le magistrat.
Comment un magistrat romain peut-il le croire ?
C'est un insupportable flagorneur.
Regardez-le, qui attend sa r�compense de Linus.
Il y a toujours deux versions. Mais une seule est cr�dible.
Je crois cet homme, pas vous.
Il y avait d'autres t�moins, cinq au total.
Exact, mais trois sont morts, malheureusement.
Linus a essay� de retrouver celui qui s'appelle Kester,
mais il n'est pas � Antioche.
Personne ne sait o� il est. Il est peut-�tre mort.
Il y a eu assez de tumultes. Finissons-en.
Emmenez-le de force, si besoin, chez celui � qui il a �t� vendu.
Vendu ? Vous n'avez pas le droit.
Pourquoi ?
Un ma�tre a le droit de vendre ses biens.
Puis-je souhaiter longue vie et bonne sant�
au nouveau ma�tre de la maison.
Je suis votre serviteur, seigneur Linus.
C'est vrai. Ce parjure n'est qu'un insupportable flagorneur.
Nos �uvres en argent sont r�put�es.
Leur prix est justifi�.
On les voit dans les plus riches demeures, de Damas � Rome.
C'est bien ce qui m'am�ne.
On m'a dit que tout �a est l'�uvre de votre esclave.
Puis-je le voir ?
Pourquoi ?
Pour qu'il reproduise ce m�daillon
� l'identique.
O� est-il ?
Ne vous d�rangez pas, je lui montrerai.
Je dois lui expliquer comment faire.
J'y tiens.
Est-ce l'atelier ?
Voyez ceci.
La dame en veut une copie.
Non.
J'en ai assez.
Je veux �tre libre.
Il faut l'emp�cher de s'�chapper.
Laissez-moi ou je casse tout.
Vous m'entendez ?
Je vous aurai pr�venus.
Je veux ma libert�.
Tu veux qu'il tue ta femme ? Appelle le garde.
Garde.
Helena.
C'est vraiment toi ?
Mon pauvre Basil.
Je n'y croyais pas,
quand j'ai su que tu �tais un esclave.
Je suis content que la vie t'ait souri.
Elle n'a plus de myst�res pour moi.
J'ai beaucoup � te dire.
Hier soir, j'ai rencontr� Linus.
O� ?
Il buvait en compagnie d'officiers romains. Des amis.
Il veut te faire tuer.
Il a peur que je puisse r�clamer ma fortune ?
Oui.
M�fie-toi des inconnus, ils sont peut-�tre envoy�s par lui.
Reculez.
Vous voyez, notre esclave s'est enfui.
Je perds mon temps avec vos fausses alarmes.
Ouvrez.
Il est tard, mais si vous souhaitez acheter...
Oui.
Votre esclave s'appelle Basil.
Vous vouliez acheter quelque chose.
- Oui, votre esclave. - Il n'est pas � vendre.
M�me pour 50 pi�ces d'or ?
Le double du prix que vous l'avez pay�.
Comment le savez-vous ?
J'en sais tr�s long.
S'il a de la valeur pour vous, il en a autant pour nous.
Attendez.
Les ann�es te ramollissent le cerveau.
Prenons l'or de cet homme.
Que fera Linus quand il saura qu'on l'a vendu ?
Demain matin, on ira voir les autorit�s
et on leur dira qu'il s'est enfui.
On se placera sous leur protection.
On aura l'argent et on r�cup�rera l'esclave.
Et l'acte de vente ?
Signe-le. Nous dirons que c'est un faux.
Quel r�confort d'avoir une �pouse aussi avis�e.
Un homme veut te voir.
- Qui est-ce ? - Un inconnu.
Que veut-il ?
Un esclave ne pose pas de questions.
Je ne veux pas qu'on m'approche.
Montez.
Prenez �a
pour briser ses cha�nes.
Qui es-tu ?
Luc.
Qui t'envoie ?
Linus ?
Non.
Tiens.
Je suis venu te lib�rer.
Pourquoi ?
Tu es encha�n�, mais ta r�putation
en tant qu'orf�vre a atteint J�rusalem.
- Je dois t'y emmener. - Pour quoi faire ?
J'ai fait le v�u de me taire,
mais je peux te dire ceci.
Une relique chr�tienne doit �tre d�cor�e
en argent massif pour �tre donn�e au monde.
Personne n'a jamais eu charge aussi sacr�e.
Tu vis � J�rusalem ?
Non, mais j'y vais souvent.
Je suis grec, comme toi.
Je suis m�decin.
Et aussi un chr�tien.
Ce ne sont pas les vraies raisons de ta venue.
Les chr�tiens ne s'adonnent pas � l'art.
Ils s'en d�tournent.
Je les ai vus.
Les chr�tiens peuvent changer d'avis sur tout, sauf sur Dieu.
Un chr�tien a d� changer d'avis pour devenir chr�tien.
Tu parles bien...
mais tu es ici pour me tuer.
Je n'ai pas �t� envoy� ici pour �a.
D'autres oui, et � moins de me tromper, ils sont l�.
J'esp�rais te faire partir avant.
- Tu savais qu'ils venaient ? - Une vague information
et une intuition du danger que tout chr�tien doit avoir.
Pardonner l'ennemi ne suffit pas.
Il faut savoir anticiper ses plans.
Ouvrez.
Pourquoi m'avoir fait attendre ?
Nous dormions, seigneur Linus.
O� est l'esclave ?
O� est-il ?
Il a d� s'�chapper.
Il a si souvent essay�.
Sans personne pour briser ses cha�nes ?
Des amis ont pu l'aider en secret.
J'ai vu un �tranger qui r�dait ce soir.
Il n'y a pas de doute.
Ils sont partis par l�, par les toits.
C'est malheureux de ne pas pouvoir �tre en s�curit�
m�me chez soi.
L'arm�e romaine va s'en occuper.
Comme il est un esclave en fuite,
ils vont le mettre � mort.
Salut, Cesnos.
Simon le magicien a d�j� commenc�.
Ils t'attendent.
Une femme doit savoir se faire attendre des officiers.
Riez quand on vous taquine.
- �a ne lui pla�t pas. - Il n'aime pas �a.
- On recommence. - C'est mieux.
Helena.
- Madame. - Baissez vos �p�es, mes h�ros.
C'est pour rire.
Baissez vos �p�es, je vous dis.
Je m'appelle Mijamin.
Je viens voir Simon le Magicien.
C'est tr�s urgent.
Pourquoi voulez-vous le voir ?
Dites-le-moi. Nous sommes ensemble depuis longtemps.
Je suis pr�t � payer ses services.
Mon esclave va vous conduire chez nous.
Attendez-nous l�-bas.
- J'emprunte votre casque. - Avec plaisir.
Comme vous le voyez, il est vide.
Qu'avons-nous l� ?
Le vin sera meilleur si notre belle Helena nous le sert.
Donne au vin la magie qui est la tienne.
Vous ai-je d�j� d��u, mon h�ros ?
Lucius Niger,
ma belle t�te boucl�e.
Il n'y en a pas deux comme toi.
Et tu as gard� ton vin pour moi.
N'en sois pas si s�r.
Quel est ce parfum ent�tant ?
Ne l'impr�gnez pas de vin,
vous me trouveriez d�go�tante.
Jamais.
Ta cruche est vide � nouveau.
Est-ce que je n�gligerais un soldat aussi valeureux ?
Que je perde des batailles,
mais pas toi, Helena.
Il m'en reste pour vous.
Un nouveau.
Il est joli comme un c�ur.
Mon puceau en armure.
Quelles seront vos mani�res, pass�e la pubert� ?
Une plus petite.
Encore plus petite.
Et encore.
Simon. Par ici.
� Bacchus, qui nous a donn� le vin.
� Mars, qui nous a donn� des guerriers.
� Venus, qui nous a donn� Helena.
Humbles Romains,
Helena vous a fait perdre la t�te,
c'est � son tour de perdre la sienne.
Elle ne sentira rien.
Elle ferme les yeux, pas comme quelqu'un qui dort,
mais comme quelqu'un qui est aux enfers.
Tu m'entends, Helena ?
Oui, ta voix me parvient, Simon.
Bien.
� peine rencontr�e et d�j� perdue.
N'aie pas peur, mon aiglon romain,
la magie de Simon me fera retrouver mon apparence.
L'onguent est-il magique aussi ?
Mon esclave en a apport� le secret de sa tribu de Nubie.
Avec ces blessures, comment ne pas ha�r les Romains ?
Il faut �tre courageux pour oser le dire.
Ou d�sesp�r�. D�termin�, en tout cas.
- Et riche ? - Suffisamment.
Pour qui, vous ou moi ?
Toi.
Pour ce que je veux, je paie bien.
Si �a te va, puis-je t'entretenir de mon projet ?
C'est moi que je trahirais en n'�coutant pas.
Depuis des ann�es, J�rusalem subit l'humiliation du vaincu.
Les Romains sont des brutes.
Leur justice est aveugle.
Leurs percepteurs d'imp�ts pillent sans cl�mence.
Et par d�sespoir, la plupart s'en remettent � Dieu.
Mais pas tous.
Il existe une confr�rie qui est pr�te � r�sister.
Je suis leur chef. Nous sommes les Sicariens.
Vous avez entendu parler de nous ?
Les Sicariens ?
Nous avons fait le v�u de chasser le tyran romain.
Connaissant les Romains, je ne parierais pas sur vous.
Pas si tu nous aides.
Simon n'est pas un soldat.
Nous pr�f�rons avoir les Romains pour amis.
Nous ne paierons pas pour qu'il porte une �p�e.
Ou qu'il meure par elle.
Mais tu peux nous aider � ta fa�on � rallier les hommes.
C'est ce qu'il faut, des hommes, des combattants.
Vous n'avez pas d'arm�e ?
J�rusalem ne manque pas d'hommes.
Quand ils ne suivent pas la loi de Mo�se, ils suivent J�sus.
Je n'aime ni les uns ni les autres.
Moi non plus. Ni aucune religion.
Ils n'aiment pas mes m�thodes, je n'aime pas leurs sermons
sur la cl�mence.
On ne se bat pas contre Rome sans armes.
C'est � cause de ce J�sus qui leur a sap� leur virilit�
et les a illusionn�s.
Ne minimisez pas ses miracles. Certains �taient tr�s bons.
Je sais de quoi je parle.
C'est pour cela que je viens te voir.
Il me faut de la vraie magie.
Je ne g�che pas mes pouvoirs sur ces outres de l�gionnaires.
Ils sont tout � leur rivalit� pour avoir Helena.
Ils croient que ses sourires sont destin�s � chacun.
Les imb�ciles.
Quelle est l'�tendue de tes pouvoirs ?
Peut-on s'en �merveiller ?
Peux-tu faire des miracles jusque-l� ignor�s ?
Plus spectaculaires que jamais ?
Si vous faites allusion � J�sus de Galil�e,
je suis s�r de pouvoir faire aussi bien.
Parfois mieux.
Viens � J�rusalem.
Par tes miracles, d�tourne le peuple de la mi�vrerie de J�sus
et rends-nous des hommes.
Des hommes qui ont envie de se battre au lieu de prier.
Quitter Antioche ?
S�journer � J�rusalem vous d�plairait ?
Elle n'est attach�e � aucune ville.
Elle a deux amours :
Simon...
et l'or.
Sers-nous � boire, ma jolie, et parlons miracles.
Et argent.
Que la paix soit avec vous.
Paix sur vous.
- O� va cette caravane ? - � J�rusalem.
Ce sont les chameaux de Joseph d'Arimathie, un riche marchand.
J�rusalem.
Une ville sainte pour nous.
Et pour nous chr�tiens aussi.
Regardez.
C'est le Temple de Salomon.
Et pr�s de l�, la maison de mon ma�tre.
Les voil�, grand-p�re.
Qui sont-ils pour exciter autant ma fille ?
Mon bon ami Luc, l'as-tu vu ?
Oui, grand-p�re.
Il est avec un jeune homme ?
Qui est ce myst�rieux jeune homme ?
Je vois. �a a un rapport avec la nouvelle religion.
Si tu pouvais comprendre pourquoi je me suis convertie.
�a m'apporte tant de paix et de bonheur.
C'est ton fait. Tu as toujours voulu attirer ma fille � toi.
C'est faux.
Au lieu d'�tre ici, elle partait avec toi dans tes p�riples,
visitait des pays aux m�urs �trang�res.
Elle t'a entendu pr�cher dans leurs langues barbares.
Est-ce mal de conna�tre le monde en dehors de cette maison ?
Pourquoi, p�re ?
Parce que tu m�connais celui qui t'a vue na�tre.
Tu connais mieux les autres peuples
et m�me les autres langues.
Elle est une �trang�re sur sa propre terre.
Si je lui ai consacr� trop de temps, ne lui en fais pas grief.
J'ai voulu partager son amour avec toi, Aaron, mon fils.
Mais pour ceci, je ne m'excuserai pas.
Si j'essaie de convaincre des �trangers de suivre J�sus,
pourquoi �carterais-je celle que j'aime le plus au monde ?
Entendez-moi, fr�res.
Notre combat pour renverser les Romains n'est plus suivi.
Les Juifs nous d�savouent ainsi que les chr�tiens.
Nous avons besoin d'un nouvel alli�, et je vous l'am�ne.
Veuillez accueillir Simon le Magicien.
Par ses miracles,
il �loignera l'homme vaillant des pr�cheurs
qui lui ont vol� sa virilit� avec des sermons de paix.
Vous �tes valeureux.
Mais vous n'�tes pas sages.
Pourquoi ?
Car le mot qui vous d�signe, Sicariens, rel�ve du m�pris.
En romain, cela signifie "assassins".
Nous nous en r�jouissons.
Voil� votre folie. "Assassins" est un mot terrible.
Faites poindre dans votre cause de la grandeur, pas le crime.
Soyez les "Lib�rateurs", les "Amis de la Justice",
les "R�dempteurs de Libert�".
Tous les gens d'armes n�gligent le pouvoir sup�rieur des mots.
Nous t'avons fait venir pour tes miracles.
Pour enr�ler des hommes, pas pour pr�cher.
Vous aurez vos miracles, mais ce n'est qu'une �tape.
Un miracle n'est qu'un bon tour.
S'il r�git une nouvelle croyance ou religion,
il devient sacr� et fait des adeptes.
L'homme est fait pour croire avant d'agir.
Qu'il croie � la r�volution.
Pourquoi avoir peur de la religion ?
Elle peut mener � tout.
Il s'agit de recruter pour r�pandre le sang romain.
Et toi, que veux-tu ? Devenir le nouveau messie ?
Endormir davantage le peuple ?
J'ai une t�te � pr�cher cela ?
Quoi alors ? Quelle est ta religion ?
Va pour "religion".
Ma religion sera plus facile � suivre
que celle des Juifs ou des chr�tiens.
Il n'est pas naturel d'aimer ses ennemis.
Ni de se d�tourner des plaisirs terrestres
au nom d'une �ternit� fade berc�e par des anges.
Les hommes sont mus par l'envie, la haine et le sang
s'ils n'y voient pas de p�ch�s
et si Dieu ne les tient pas pour coupables.
Je veux exalter la vraie nature de l'homme
et la d�clarer bonne.
Si les nouvelles recrues ne sont pas converties � cela,
c'est que le capitaine n'est pas bon.
Conduis-nous et nous te suivrons.
Il faut oublier les miracles de J�sus et accepter les miens.
Et tous les symboles de sa victoire doivent �tre d�truits.
Il y en aurait un � J�rusalem.
Une coupe qu'il aurait utilis�e.
Trouvez-la...
et apportez-la-moi. Ensemble nous la d�truirons.
Voyons ces poignards.
Je vais vous dire pourquoi vous �tes ici.
Je vous �coute.
Mais pour ce que vous allez voir,
faites v�u de silence
car certains seraient pr�ts � remuer ciel et terre
pour d�truire ce que j'ai gard�
pendant tant d'ann�es.
C'est tr�s g�n�reux de faire confiance � un �tranger.
Vous n'�tes pas un �tranger. Vous me plaisez.
Luc garantit vos talents.
Je vais m'appuyer sur votre courage.
Il s'agit bien de courage,
car une part de danger vous attend.
Il y a dans cette bo�te
la coupe dans laquelle J�sus a bu pour la derni�re fois
en disant � ses ap�tres :
"Buvez chacun � cette coupe,
car ceci est mon sang
qui sera r�pandu
pour la r�mission des p�ch�s."
Cette coupe doit traverser les �ges.
Je vous demande d'orner
un calice d'argent,
de le ciseler, pour la mettre dedans.
J'en arrive au plus d�licat.
Oui ?
Sur le calice, vous sculpterez
J�sus et ses disciples les plus proches,
pour que ceux qui nous suivront
sachent � quoi ils ressemblaient.
- Ils poseront pour moi ? - Certains.
D'autres vous seront d�crits.
Il y aura Jacques et Jean,
Pierre, Philippe...
Et toi, Joseph.
J'en suis indigne.
Si celui qui a descendu J�sus de la croix
et qui l'a enseveli en est indigne,
qui peut l'�tre ?
Deborah a raison.
Je sais que cette t�che vous tient � c�ur.
J'y mettrai les talents dont m'ont dot� mes dieux.
J'esp�re que �a plaira au v�tre.
J'en suis s�r.
Viens. Je vais te montrer ton atelier.
Je suis contente que tu sois ici.
- Deborah ? - Oui.
Cette coupe, elle a suscit� votre adoration.
Pourquoi ?
Elle est tr�s ordinaire.
Elle n'a pas de beaut� particuli�re.
Tu n'as pas vu la lumi�re qui l'entourait ?
La lumi�re ?
Non, je ne l'ai pas vue.
Simon.
De l'or.
De notre ami, Mijamin.
Combien de miracles as-tu promis en �change ?
�a d�pendra de mon inspiration.
Ton inspiration ? Tu n'as que ce mot � la bouche.
C'est l'argent qui t'a toujours men�.
Prends l'or. Fais tes tours et lave-toi les mains de ces...
Sicari machin chose.
�a ne me suffit plus d'�tre un amuseur.
Je veux �tre plus que �a.
Quoi ?
Un agitateur, allant � des r�unions secr�tes ?
Et finir criminel ou sur une croix ?
J'allais dire : "Un autre Messie" ?
Tu n'es pas cher pay� pour effacer la m�moire d'un Christ.
Il n'y a pas que l'or.
Il y a la gloire de la revanche.
Je ne te l'ai jamais dit car j'avais honte.
Il y a longtemps, en Samarie...
j'ai demand� � l'ap�tre Pierre de m'enseigner ses pouvoirs.
Je l'ai m�me autoris� � me baptiser.
Il a jet� l'argent que je lui offrais
en disant : "Que ton or p�risse avec toi."
Je ne lui ai jamais pardonn�.
� quoi bon une revanche ?
On dit que ce Pierre est � Rome.
Les nouvelles vont vite.
Moi aussi, un jour. Jusqu'� Rome.
L�, devant ses yeux,
le monde m'acclamera en voyant mes pouvoirs.
Simon, regarde-moi.
Des miracles ont fabriqu� un Christ
et tu crois que �a peut remarcher ?
Je ne crois rien.
Mais on voit de tout.
Je commence par modeler les t�tes dans la cire.
Ensuite pour chacune, je grave une boule d'argent.
Quand elles seront toutes finies,
je les fixerai autour du calice.
J'ai r�ussi avec celles-l�...
Andr�, Jacques, Philippe, Matthieu, Thomas...
mais avec J�sus, j'ai �chou�.
Ton grand-p�re me l'a d�crit bien des fois pourtant.
Si je pouvais t'aider � le voir comme je le vois.
Il n'�tait pas comme les autres.
Il �tait tr�s brun de peau.
Il n'avait pas les cheveux longs comme on le croit souvent.
Sa bouche �tait belle et douce.
Mais elle n'avait de mollesse. Non.
Elle �tait ferme et forte.
Il avait de grands sourcils.
Et ses yeux...
Je les reverrai toujours dans ma t�te.
Si gentils et si compatissants.
Et tellement sages.
C'est l'image que grand-p�re a inscrit dans mon c�ur.
Comment un artiste peut-il cr�er cette image ?
Il faudrait qu'il ait ton amour pour Lui.
Tu devrais �tre pr�tresse. Une sainte femme.
Je ne le suis pas.
Je ne suis pas toujours une bonne chr�tienne.
Comment �tre meilleure ?
Je devrais penser aux joies de l'Au-del�.
Mais mon esprit est concentr� sur le monde ici-bas.
Un homme demande � vous voir.
Qui sait que je suis ici ?
Il dit d�tenir un message important.
Qu'il attende.
Si c'est important, tu devrais le voir. Viens.
Je m'appelle Benjamin Ben Aliata.
Dit Benjie le Rapporteur. C'est une mine d'informations.
Plus que cela, madame.
Je suis aussi un propagateur,
je travaille en souterrain, je mange � tous les r�teliers.
Je suis le confident des chefs
et membre de confr�ries inf�mes.
D'aucuns parlent de religion, d'autres de r�volution.
Et je peux dire sans me vanter :
peu de portes me sont ferm�es.
Quel est ton message ?
Et quel en est le prix ?
Vous �tes aussi directe que votre grand-p�re.
Il s'agit d'un certain Kester.
Est-il � J�rusalem ? Je dois le voir.
Quel est votre prix ?
Je n'ai pas d'argent.
Vous en aurez ce que �a vaut. Continuez.
Kester a �t� t�moin de votre adoption.
- Il vit � J�rusalem. - O� ?
Il y �tait. Il est parti � Rome
pour vendre des armes aux l�gions de C�sar.
Dites-moi,
qui vous a dit qu'il m'est pr�cieux ?
- Quelqu'un d'Antioche. - Et il s'appelle ?
Il ne s'appelle pas.
- C'est une dame. - Une dame ?
En peu de mots, une belle dame.
Une tr�s belle dame.
Je ne connais pas de...
Est-elle � J�rusalem ?
Je l'ai vue de fa�on furtive avant de quitter Antioche.
On dirait qu'elle en a gard� une impression tr�s vive.
Attendez.
J'ai d�livr� mon message, donnez-m'en le prix.
- O� puis-je la voir ? - Ce soir.
Elle se montrera avec Simon le Magicien.
- Il est merveilleux, non ? - Absolument.
Moi.
Par ici.
� moi.
Lancez-le-moi.
Si vous le trouvez bon, pensez � moi.
Ayez faim de fruits encore plus doux.
Simple illusion.
� la port�e de n'importe qui.
Mais vous jugerez mieux ce qui va suivre.
Ce que je vais accomplir...
ne d�pend pas de la rapidit� de la main.
�coutez-moi, habitants de J�rusalem.
Il existe une magie v�ritable,
une magie de l'esprit qui m'a �t� accord�e par droit divin.
On dit qu'� une occasion,
J�sus a fait appara�tre des langues de feu
au-dessus de la t�te de ses disciples.
Voulez-vous que moi, Simon,
je d�montre mes pouvoirs en refaisant ce miracle ?
Oui.
Vas-y. Montre-nous.
Je vais m'ex�cuter.
Mais trois d'entre vous doivent m'assister.
Pour �viter d'�tre accus� de connivence,
que seulement ceux dont la r�putation est infaillible
participent.
Soyez certains que je ne vous trompe pas.
Ne pensez plus � rien.
Soyez r�ceptifs au pouvoir que je vous envoie.
Et soudain, un son roula dans les cieux comme un vent puissant
et il emplit la maison o� ils se tenaient.
Alors apparurent au-dessus d'eux des langues de feu
qui se plac�rent sur chacun d'eux.
C'est ce qui est �crit.
C'est ce qui sera.
Un.
Deux.
Trois.
Un miracle.
Mes yeux ont vu un miracle.
Blasph�me.
Honte. C'est un tour.
Qui est-ce ?
Ne l'�coutez pas. Elle est folle, poss�d�e par le d�mon.
L�chez-moi.
Aidez-moi � d�noncer ce sacril�ge.
Du calme. Tu ne vois pas ? Cet homme est saint.
Habitants de J�rusalem,
dites � cette femme que nous croyons en Simon.
Nous croyons en Simon.
Disons-lui.
Arr�tez.
Certains d'entre vous me connaissent
et beaucoup connaissent mon grand-p�re.
�coutez-moi.
Ne vous tournez pas vers ce faux proph�te,
qui veut vous faire croire que J�sus �tait un magicien
et les miracles des tours d'illusionniste.
Disons � cette incr�dule de partir.
S'il y en a un parmi vous qui doute de mes pouvoirs,
qu'il avance d'un pas.
Je le transformerai en pilier de pierre
et plus un souffle ne sortira de sa bouche.
Laisse-moi passer, je n'ai pas peur.
N'y va pas, je t'en prie.
Il peut te transformer en pierre. Il en a le pouvoir.
Non, Basil.
Seul Dieu est tout puissant.
Punissez l'incr�dule.
Elle se rit de la saintet�. Punissez-la.
Luc.
Il est venu avec moi.
C'est elle qui a fait �a. Celle en rouge.
Il y a des chr�tiens dans la vall�e.
Ma jambe.
Dieu merci, Basil.
Dieu merci.
Pourquoi je fais toutes ces b�tises ?
S'il t'�tait arriv� malheur...
Je n'oublierai jamais ton courage et ta force
et ta gentillesse.
Ils ont abandonn� les recherches.
Ce bandage ne convient pas.
De l'autre c�t� de la vall�e, il y a la maison de Miriam.
C'est ma nourrice, elle m'accueillera.
Elle a l'habitude de me soigner.
M�me enfant, Basil, je...
J'�tais remuante.
Buvez cette infusion.
Elle est apaisante.
Aaron.
Dis-moi vite, mon fils, as-tu vu le gouverneur ?
A-t-il accept� de prendre l'or, d'arr�ter ses recherches,
et de la laisser revenir � la maison ?
Parle, Aaron. Ne me torture pas.
Tu m'as assez tortur�
en donnant � ma fille des id�es qui font d'elle une criminelle.
Je veux Deborah.
S'il n'y a pas assez d'or, prends ce qu'ils exigent.
Si vous aimez votre p�re, faites ce qu'il dit.
Soyez cl�ment.
J'ai �t� un bon fils,
mais toi et tes amis m'avez vol� mon p�re et ma fille.
Je te connais bien, Aaron. Tu as de bonnes nouvelles,
mais tu essaies de me punir en m'infligeant
cette agonie de suspense.
Ils ont accept� l'or. Oui. Je le sais.
Tu crois que c'est facile de se mettre � plat ventre,
de se faire cracher dessus,
de leur donner de l'or qui est autant � moi qu'� toi ?
Elle sera l� demain.
Vous avez eu votre meilleur rem�de.
Maintenant, reposez-vous.
J'aurai l'�ternit� pour cela.
Voici le calice.
C'est une splendeur, mon fils.
Il y a ceux que vous m'avez d�crits et ceux rencontr�s.
- � l'exception de J�sus. - Exactement ce que je voulais.
Et maintenant je vais pouvoir les sceller.
Il en manque un : Pierre. Il est vieux.
Il est � Rome. Tu iras.
Maintenant ?
Tu ne veux pas quitter J�rusalem ?
J'avoue que J�rusalem exerce une attraction insoup�onn�e.
Mais si c'est n�cessaire...
j'irai � Rome finir ma t�che.
Aaron m'a dit d'aller chercher Deborah o� je l'avais laiss�e.
Ma b�n�diction est sur toi pour l'avoir sauv�e.
Je suis tr�s attach� � elle.
J'ai �t� aveugle.
Cette attraction dont il parle,
qui peut-elle bien �tre, sinon Deborah ?
Basil aime Deborah.
Oui. Il a �t� aussi clair qu'il pouvait l'�tre.
Je souhaite qu'elle se marie.
Si elle avait un mari, il serait son gardien.
Et l'argent pour notre �glise serait hors de port�e d'Aaron.
Mais Deborah aime-t-elle Basil ?
Profond�ment, j'en suis s�r. Je l'ai observ�e.
Elle sera heureuse d'apprendre que Basil l'aime.
Ce sera un beau cadeau pour f�ter son retour.
Jour apr�s jour, j'attends cette heure avec impatience.
Et nuit apr�s nuit,
je ne peux me r�soudre � dormir sans t'avoir vu.
Helena, je t'aime. Quitte Simon et viens � Rome avec moi.
Pourquoi partir ? Nous sommes bien ici.
Je suis envoy� � Rome. Et je n'irai pas sans toi.
Je t'aime comme aucun autre.
Mais si Simon apprenait que je songeais � le quitter.
Il n'est pas magicien pour rien.
Si tu as peur...
Peur ? Non, je n'ai pas peur.
Je suis prudente.
Il est doux comme un agneau quand il en est un.
Je fais en sorte qu'il le reste.
Ne t'en fais pas, mon Basil,
car Simon voit de moins en moins la femme en moi
et de plus en plus une Madeleine qui le sert.
Vois le nouveau sauveur.
Envoyez-moi vos fils bien portants
pour qu'ils servent ma cause.
Faites cela.
Croyez en moi...
et vous ne serez plus d�munis.
Allez et ayez confiance.
Simon ne m'int�resse pas.
Tu as tort
car c'est par lui que je vais pouvoir te rejoindre � Rome.
Il n'y a qu'un moyen.
- Viens avec moi. - Il y a un meilleur moyen.
Je dois le persuader de monter sur une plus grande sc�ne
et devant un public plus noble que ces pouilleux � ses pieds.
Rome, le centre du monde.
Et N�ron, le ma�tre du monde.
Si tu m'aimes, pourquoi rester avec Simon ?
Il pourrait avoir les faveurs de N�ron
et cela signifie la richesse pour lui, pour moi
et pour toi.
Un artiste a aussi le droit d'�tre riche.
Je ne veux pas de l'argent de Simon.
Tu parles comme un homme.
Je ne voudrais pas de toi autrement.
Ne pars pas en �tant f�ch�.
Il n'y a que lorsque tu viens � moi et que tu pars
en me laissant le go�t de tes baisers, que la vie m'est douce.
Nous nous retrouverons � Rome. Je te le promets.
Tu connais un certain Joseph d'Arimathie ?
De nom, oui.
Combien de temps croit-on pouvoir me duper ?
Qui aurait cette audace ?
Mais que pourrait-il y avoir,
pour nous, dans cette maison ?
La coupe de J�sus.
Joseph l'a.
Je vais donner l'ordre � Mijamin de fouiller la maison.
Ce serait un bon troph�e pour ceux qui h�sitent.
Je pourrais la d�truire sous leurs yeux.
Pourquoi abandonner
pareil troph�e � ces barbares gorg�s de soleil ?
As-tu d�j� oubli� ton d�sir de revanche sur Pierre ?
Emporte-la � Rome.
Qu'est-ce qui pourrait l'an�antir plus
que de la voir entre tes mains ?
Tu as raison.
Pierre doit voir la coupe.
Je veux bien aller � Rome rien que pour la lui montrer
avant de resserrer mes doigts dessus
et de la faire dispara�tre.
J'ai du mal � y croire.
Quand tu m'as r�veill�e ce matin chez Miriam,
j'ai cru que je r�vais.
�a t'a plut�t mis en col�re.
C'est parce que �a interrompait un beau r�ve.
Je viens de parler � grand-p�re et � Luc.
Ils m'ont parl� de ce que tu leur as dit.
Que tu ne voulais pas aller � Rome,
qu'� J�rusalem, autre chose de plus attractif te retenait.
C'est vrai ?
Oui, c'est vrai.
Alors je peux t'exposer mon probl�me.
Grand-p�re a d�pos� une grande somme d'or � Antioche
que je dois utiliser au profit des �vang�listes.
Tu es toute d�sign�e pour cela.
Ce n'est pas si simple.
Selon la loi, avant d'�tre mari�e, mon p�re est mon tuteur
et l'argent sera plac� sous sa garde.
La loi est claire.
En mati�re de propri�t�,
une femme doit avoir un tuteur,
un p�re
ou un �poux.
Comment puis-je le dire ?
Je ne trouve pas les mots.
Dis-les pour moi, je t'en prie.
�a ne peut pas �tre une surprise pour toi.
Grand-p�re et Luc auraient-ils mal interpr�t� tes pens�es ?
Dieu cl�ment.
Je vais mourir de honte.
Tu sais combien je vous aime, toi, Joseph et Luc.
C'est la belle dame ?
Je suis contente pour toi.
Tu as quelqu'un � qui tu peux dire ces mots.
Je te souhaite un beau mariage.
Il n'est pas question de mariage avec elle.
Tu l'aimes ?
Oui ?
Oui, je ne te mentirai pas.
Mais je vais t'aider.
Je ferai tout ce que je peux.
Tout.
M�me m'�pouser ?
Oui, ainsi nous appara�trons comme mari et femme � Antioche
et tu auras l'or pour ton �glise.
Que Dieu vous b�nisse
et vous garde.
Que le Seigneur rayonne sur vous
dans toute Sa gr�ce.
Que le Seigneur l�ve Son regard sur vous
et vous donne la paix.
Amen.
Doucement. Mon ma�tre est malade.
Nous avons � r�gler certaines choses avec lui, malade ou pas.
Aaron Ben Joseph,
nous cherchons la coupe de J�sus. Elle est ici.
O� est-elle ?
Si vous ne dites rien, nous la trouverons � notre fa�on.
Je ne sais rien au sujet de cette coupe.
Je ne sais rien de tout ce qui concerne J�sus.
O� est la chambre forte ?
La chambre forte ?
O� est la coupe ?
Il n'y a pas de coupe ici. Que de l'or.
V�rifie qu'il dit la v�rit�.
N'entrez pas. Mon p�re est � l'agonie.
Soyez cl�ments. Par piti�, laissez-le en paix.
R�veille-toi. Donne-nous la coupe de J�sus.
Il est mort.
Il devait y avoir un mariage.
Il y en a eu un.
Ma ma�tresse Deborah et l'artiste Basil.
Joseph ne se s�parerait pas de cette coupe, m�me mort.
Regardez.
�a aurait d� �tre une nuit de f�te, pas de d�faite.
Il revient les mains vides.
La coupe que j'attendais est emport�e � Antioche.
Comment le sais-tu ?
En fouillant la maison, Mijamin a trouv� ceci.
Joseph a donn� ordre � son banquier
de donner de l'or � sa petite-fille pour son mariage.
Il vient d'�tre c�l�br�
et elle est en route pour Antioche.
- Mari�e � qui ? - Un Grec, Basil.
Quelle importance ?
Poursuivez-les
et apportez-moi la coupe � Rome.
Ta t�che n'est pas finie ici.
Je t'ai d�j� rabattu quelques recrues.
Et quand les chr�tiens sauront que leur symbole est d�truit,
devant Pierre en personne,
ils oublieront leur foi.
Les jeunes hommes rejoindront vos rangs.
Vous r�gnerez bient�t sur J�rusalem.
Tu auras la coupe. J'en fais le serment.
- Que la paix soit avec vous. - Paix sur vous.
Voici Deborah, la petite-fille de Joseph d'Arimathie,
et son �poux.
Je vous en prie.
Tu es s�r que c'est elle ?
O� est son mari ?
Fouillons avant son retour.
La coupe a �t� vol�e.
Je les ai reconnus. Ils sont de la confr�rie des Sicariens.
Il fallait crier si votre mari ne pouvait pas vous prot�ger.
Nous dormions tous les deux.
Ils ont ma�tris� Basil...
alors qu'il dormait � mes c�t�s.
On est loin de J�rusalem. On les rattrapera, c'est s�r.
Ils ne sont pas partis vers J�rusalem mais vers Antioche.
Luc et toi devez rester avec Adam.
Tu ne connais pas le d�sert. Tu peux te perdre et mourir.
Ne vous inqui�tez pas, Deborah.
Je pars avec votre �poux et le prot�gerai.
Je n'aurai de repos qu'en te revoyant sain et sauf.
Le vent a tourn�. Pr�ts � parer.
Un voyageur quittant Antioche doit faire
un sacrifice aux dieux pour le bien-�tre de son �pouse.
L'as-tu fait ?
Je ne voulais pas te voir d�pendante d'un dieu pa�en.
J'ai demand� � des chr�tiens de monter la garde.
Ils seront deux en permanence.
Pour garder la coupe ?
Mais je l'ai cach�e.
Pour te garder, toi.
Je ne pourrais rester � Rome si je te savais en danger.
Attendez. Je serai bient�t pr�te � rentrer.
Quand tu verras Pierre � Rome
pour ajouter son visage � ton calice,
demande-lui de me b�nir
et de te b�nir aussi.
Verras-tu Helena une fois � Rome ?
Comment sais-tu qu'elle y est ?
Benjie le Rapporteur.
C'�tait inutile. Je te l'aurai dit si tu me l'avais demand�.
Pardonne-moi d'�tre tellement femme.
Va la voir, je t'en conjure.
Je ne peux pas passer un test entre toi et Helena,
comme si �a se pesait sur les plateaux d'une balance.
L'amour n'est pas aussi simple que cela.
Il aurait �t� tr�s facile, dans le d�sert,
de c�der � la tentation d'�tre ton �poux.
Une femme se laisse facilement berner sur ce sujet.
M�me une femme plus avertie que toi.
Mais vous chr�tiens comptez tellement avec la conscience
que j'ai voulu me montrer consciencieux.
J'avoue que je voulais profiter
de ma derni�re heure seule avec toi
pour t'�loigner d'Helena.
Je n'aurais peut-�tre pas d�.
Tu vois, j'ai...
J'ai moi aussi acquis un degr� de conscience chr�tienne.
Gr�ce � un pa�en.
Que Dieu en d�cide.
Ma ch�re �pouse.
Pour ton plaisir, C�sar.
Pour ton plaisir, C�sar.
Paon r�ti d'�gypte.
Sanglier sauvage des r�serves de Dalmatie.
Loir au jus de chiot.
Hu�tres aux prunes lie-de-vin saupoudr�es
de cumin et de racine de benjoin.
Saucisses au tr�fle et au faisan.
Fricass�e de sauterelles au miel.
�ufs de perles concass�es et dor�es,
fourr�s de jaunes o� sont nich�s
de petits ortolans charnus et grill�s � point.
Je t'ai envoy� mon esclave pour mon aphrodisiaque,
mais elle est revenue les mains vides.
Je ne verse plus dans ce domaine.
Que vais-je faire alors ?
Faites confiance � votre beaut�.
Mais sans exc�s.
Tout Rome est � notre porte.
Ils veulent des formules et des potions et ils ont de l'or.
Je ne suis pas venu ici pour jouer le farceur.
L'apog�e de ma grandeur est proche.
Personne ne songe � cela ici � part N�ron.
Il est dieu, pas toi.
Et N�ron est un dieu jaloux.
Simon.
Oui, C�sar.
Qu'as-tu de nouveau � nous montrer ?
J'ai des mots en bouche, plut�t que des tours.
Miraculeux pour ton oreille avertie.
Pendant ce temps, mes mains
n'oublient pas leur commerce.
Tu me plais, Simon.
Tu peux me dire ce que tu voulais que j'entende.
"Des mots miraculeux", dis-tu.
Je d�sire lancer un d�fi pour tester mes pouvoirs.
Fais-moi compara�tre contre le chef des chr�tiens
et tu pourras constater lequel accomplit des miracles.
Un combat contre les chr�tiens ?
Qu'en dis-tu, Tigalinus ?
�a peut te divertir. Simon contre les chr�tiens.
�a changerait des lions.
Leur chef reconnu est � Rome.
Il s'appelle Pierre.
On dit que partout o� s'�tend son ombre,
le malade recouvre la sant� et l'estropi� marche.
Qu'il fasse la preuve de ses pouvoirs devant toi,
et je ferai de m�me.
Tu as mon accord.
Ces chr�tiens sont trop nombreux.
Ils se cachent parmi nous.
Qu'on les fasse sortir de leur trou.
Trouvez ce Pierre et amenez-le-moi.
Lou� soit C�sar.
- Du vin. - Oui, ma�tre.
Salut C�sar. Salut Simon.
Madame.
Je sais o� demeure l'homme d'Antioche.
O�, Idbash ? O� ?
� l'auberge du Rocher. Sous la porte Colonna.
- Il y est seul ? - Oui.
Il passe chaque jour chez Kester, l'armurier,
pour attendre son retour de la guerre.
Chaque matin, il s'y rend et y reste jusqu'au soir.
- Depuis quand est-il ici ? - Plus d'un mois.
Je me charge de te l'amener, belle et gracieuse dame.
Il regrettera sa n�gligence.
Non, je m'occuperai de lui � ma fa�on.
Voil� deux heures que l'aube s'est lev�e. Tu as dormi tard.
J'ai � peine dormi.
Puis-je t'apporter du pain et du lait ?
Je n'ai pas faim.
Des nouvelles de Pierre ?
Continue � �tre patient, mon jeune ami.
Pourquoi me refuse-t-il une rencontre ?
La lettre d'introduction de Luc ne suffit pas ?
Pierre se montrera � toi quand il sera pr�t,
je peux te le certifier.
Puis-je vous �tre utile ? Je suis le gardien.
Les amants ne se rencontrent pas ainsi.
Les amants ne s'embrassent pas ainsi.
Pourquoi ?
Ta femme t'aurait-elle jet� une sorte de sort chr�tien ?
Portes-tu une amulette qui agit contre moi ?
Ce n'est pas une sorci�re.
Mais elle a fait quelque chose.
Elle t'a donc ensorcel�.
Ou bien l'aimes-tu ?
Dis-moi de partir.
Dis-moi que tu ne veux plus me revoir.
Ta part de sorcellerie op�re aussi.
Je cherche un certain Basil d'Antioche.
C'est moi.
- Fils d'Ignatius ? - Oui.
Je suis Kester.
Kester. Enfin.
Je vous ai cherch�, d'Antioche � J�rusalem et Rome.
Je reviens de la guerre.
Apprenez que Linus m'a vendu comme esclave.
Toi, esclave ? C'est un outrage � la loi.
Pourquoi ne m'a-t-on rien dit ?
Vous t�moignerez en ma faveur ?
Bien s�r.
Regarde, j'ai la m�daille en argent aux cinq poin�ons
qu'Ignatius nous a donn�e en souvenir de ton adoption.
Il y a son nom et le tien inscrits au dos.
Preuve convaincante pour un magistrat.
Nous irons au-del� des magistrats.
Mes hommes de loi r�digeront un m�morandum.
Nous en aurons une copie,
ainsi que le gouverneur d'Antioche et le S�nat de Rome.
M�thode forte, comme � l'arm�e.
Te voil� riche. Tu dois t'installer ici.
Il n'y a pas mieux que Rome, et j'ai voyag�.
Sans doute, mais avec cette preuve, je dois aller chez moi.
Oui, � Antioche.
Un homme peut aussi tr�s bien r�ussir � Antioche.
Je me souviens autrefois avoir...
Une autre fois. Je t'invite � d�ner ?
Un chapon juteux
farci aux graines de lotus et aux langues de colibris,
un plat que N�ron envierait.
La belle jeune femme qui �tait l� vient de partir.
C'est ta ch�rie ?
Tu ne t'es pas morfondu en m'attendant.
L�ve-toi et marche.
L�ve-toi et marche.
Pierre ?
Tu me connais maintenant.
Est-ce � cause de ce que tu as vu ?
Je le soup�onnais depuis le d�but.
Regardez.
J'ai sculpt� votre t�te la nuit,
dans l'attente que vous vous fassiez conna�tre.
Tous ces visages qui m'�taient si chers.
Andr�.
Jacques.
Matthieu.
Jean.
Mais o� est le visage de notre Seigneur ?
Croyez-moi, j'ai essay� de voir le visage de J�sus.
J'ai essay� d�sesp�r�ment.
Je t'aiderai.
Ce sera inutile, j'ai tout essay�.
O� est le ma�tre des lieux ?
Au nom de C�sar, y a-t-il quelqu'un ?
Ils viennent m'arr�ter. Je m'y suis pr�par�.
Je prierai pour que t'apparaisse le visage de J�sus.
O� est le ma�tre des lieux ?
Vous �tes sourd, ou le nom de C�sar ne veut rien dire ?
Que puis-je pour vous ?
O� est Basil le Grec ?
Que voulez-vous ?
Tu es cit� � compara�tre.
Ordre de C�sar.
Courage, mon fils. Je garderai ta chambre
et tes affaires jusqu'� ton retour.
Gardez vos largesses, il ne reviendra pas de sit�t.
Salut.
Garde. Salut, l'artiste.
Pourquoi suis-je v�tu de la sorte ?
Tu vas �tre assis dans la sph�re de magnificence de C�sar
pour sculpter sa t�te et ses �paules divines.
Suis-moi.
La fortune t'a souri, Basil.
Si ton travail pla�t � C�sar,
tu pourras appara�tre en son auguste pr�sence.
Et si �a ne lui pla�t pas ?
C�sar y verra une insulte fatale
� sa perfection.
Mais �a n'arrivera pas car tu es dou�.
Si je plais � C�sar,
je pourrai rentrer chez moi.
� Antioche ? Non.
Plais � C�sar et ton avenir est assur�, � vie.
Tu seras sculpteur de la Cour.
Quel est celui qui me fait l'honneur
de cette occasion d'avoir une r�putation immortelle ?
Ou un �chec mortel ? Ou plut�t qui est-elle ?
Ton charme seul m'aurait peut-�tre retenu � Rome.
Mais maintenant...
Dis-moi, Simon.
O� en est-on de ce d�fi aux chr�tiens ?
Je suis pr�t.
Mais il a �t� impossible de trouver Pierre.
Mais avec ta permission,
j'accomplirai un miracle hors de port�e de leur J�sus.
Quel est-il ?
Je vais voler.
Idiot.
Aucun homme n'a jamais vol�. M�me les dieux.
M�me pour moi, c'est difficile.
C'est gr�ce � l'inspiration de ta pr�sence divine
et la puissance de ta volont� que je peux le faire.
Dans ce cas, j'encouragerai sa r�alisation.
Il faudra faire construire une tour,
la plus haute de Rome,
par les chr�tiens qui infestent la capitale du ma�tre du monde.
Quand ils me verront voler sans ailes,
ils verront en Pierre un faux guide
et en J�sus un faux dieu.
Fais construire ta tour, ici, dans mes jardins.
Fais vite. N'�pargne aucun esclave ni aucun chr�tien
jusqu'� ce que �a soit fini.
Lou� soit C�sar.
Quelle magie pourrait bien le faire voler ?
Et les chr�tiens vont souffrir.
Ne sois ni esclave ni chr�tien,
mais artiste.
Et mon aim�.
Et la hauteur totale
sera de 200 coud�es.
De l�, je m'�lancerai,
du plus haut qu'il ait jamais �t�.
�a ne me para�t pas s�r.
Une illusion n'est pas faite pour cela.
Voil� � quoi ressemblera le toit de la tour.
Ici, la roue que tu actionneras, Idbash.
Je m'attacherai � cette tige. C'est du bronze.
Elle est si fine qu'elle sera invisible depuis le sol,
mais pourtant assez solide.
Et voici Simon.
Sous cette cape, il y aura un harnais
auquel sera fix�e la tige.
Plus je m'�carterai de la tour en volant,
et plus la tige s'allongera.
Tu es le plus g�nial des magiciens.
Il faudra apporter la roue et la tige la veille du vol
et les installer sur le toit.
Tu y arriveras ?
Apr�s, personne ne devra �tre autoris� dans la tour.
Il l'interdirait m�me � N�ron si je le lui demandais.
C'est parfait.
Allez, au travail. C�sar ne tol�rera aucun retard.
Le chef des cuisines imp�riales me r�gale.
Pourquoi ?
Le travail ou la croix. Si vous l'aimez tant,
go�tez-y vous-m�mes.
Que gagnent-ils � sacrifier leur vie ?
Si les chr�tiens ne la finissent pas, ce sera les esclaves.
Je les croyais faibles et effac�s.
Je les d�couvre obstin�s et fiers.
Ils sont obstin�s dans leur foi,
et fiers de mourir pour elle.
Moi aussi, je suis un chr�tien.
Je peux te faire confiance, Pierre me l'a dit. Il m'envoie.
Ta femme est � ses c�t�s.
- Deborah est ici ? - Depuis hier.
- Je dois la voir. - Non, attends.
Non. Si tu sors du palais, tu vas �tre suivi.
Tu les conduiras � Pierre et � Deborah.
Demain est le grand jour de Simon. Il y aura foule.
Je peux me m�ler � elle et filer.
Mais sois tr�s prudent.
N�ron aimerait vous crucifier, Pierre, Deborah et toi.
Comme nos chers fr�res, l� dehors.
J�sus, guide ma main.
Je n'ai jamais vu notre Seigneur,
mais je sais que c'est Lui,
comme seul peut Le voir celui qui L'aime.
J�sus, ma�tre,
Tu as donn� � Ton serviteur cet immense privil�ge.
J'ai regard� dans Tes yeux.
Je T'ai vu.
Il est temps pour toi de partir.
Je le remettrai � Pierre en mains propres.
- Tout est en place ? - Oui, ma tr�s ch�re dame.
Vous avez entendu la foule ?
"Salut, Simon", criaient-ils.
Ils sentent ma grandeur, et sont pr�ts � l'accepter.
Partage ta grandeur avec C�sar et donne-lui la part du lion.
Je n'ai besoin ni de c�ble ni de harnais.
Je n'ai pas besoin qu'on tourne une roue.
Je volerai par ma seule volont�.
Le monde s'�merveillera.
M'adorera.
Es-tu fou ?
Veille � ce qu'il soit attach�.
�coute-moi, Simon.
�coute-moi. Arr�te.
Plus vite, Idbash.
Mets la cape et vis.
�coute-moi, Simon.
Arr�te.
Mets la cape. Tu te pi�ges toi-m�me.
Ne t'inqui�te pas, mon Helena. Je suis un surhomme.
Je ne suis plus un homme.
Je suis Dieu.
Plus vite, Idbash. Plus vite.
D�p�che-toi.
Vole, Simon.
Vole, au nom de C�sar,
et de sa gloire �ternelle.
Vole, Simon, vole !
Simon est devenu fou. Seul C�sar peut l'arr�ter.
Pourquoi ? Il vient de lui dire de voler.
Il n'a pas vol�.
Les gens de Rome ont �t� dup�s.
Ce n'est pas bien pour eux.
Ni pour moi.
Je suis un libre citoyen de Rome.
Simon n'a pas r�ussi � voler.
Peut-�tre que seul un chr�tien est capable de voler.
Pierre accomplira peut-�tre ce miracle.
- Je les disperse ? - Non.
�a ne serait pas bien venu.
La population ne doit pas rester sur sa faim.
Il leur faut quelque chose � regarder, qu'ils aimeront.
Helena.
Romains.
Simon a �t� la victime d'une supercherie chr�tienne.
Sa femme, ici, a conspir� avec Pierre
pour faire �chouer Simon,
sachant que son succ�s
an�antirait leur religion blasph�matoire.
C'est faux, C�sar.
C'est faux.
Emmenez-la et jetez-la du sommet de la tour.
Si elle vole, sa vie sera �pargn�e.
Je ne suis pas bless�e.
Deborah.
Aime-moi.
Pardonne-moi et aime-moi.
Car je t'aime de tout mon c�ur.
Il a vol� la coupe de J�sus.
Deborah me l'a apport�e d'Antioche.
Je l'avais mise dans le calice d'argent.
Nous n'avons rien entendu.
La coupe sainte a �t� vol�e
et le calice avec.
N'y va pas, Basil. Je t'en prie.
La maison de Simon est vide.
Il y en a d'autres.
Il faut qu'ils montent � bord sinon on va rater la mar�e.
Ils sont pr�ts, mon bon Maximus.
Soyez heureux dans l'amour que vous partagez
et dans votre amour pour Dieu.
Je vous souhaite bon vent jusqu'� Antioche,
et longue vie ensemble.
Je regrette de ne pas avoir retrouv� la coupe.
Elle sera retrouv�e.
Mais pendant des ann�es,
et des si�cles,
elle restera invisible.
O�, je ne sais pas.
Quand elle r�appara�tra...
il y aura de grandes villes
et de grands ponts,
et des tours plus hautes que la tour de Babel.
Ce sera le r�gne du mal
et de longues guerres sanguinaires.
Dans un monde comme celui-l�,
la petite coupe para�tra bien seule.
Mais il se peut alors,
qu'� cette �poque-l�,
quand l'homme aura le pouvoir de destruction
et celui de voler comme en r�vait Simon le Magicien...
elle soit plus utile qu'elle ne le serait aujourd'hui.
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