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Fais une passe ! Fais une passe !
Non, maman. Là !
Marion, allez !
Fais gaffe, fais gaffe. Non, à toi !
Tricheur !
Allez, Julien. Amène-toi.
Attendez, purée !
- Je remets. - Allez !
Allez, maman ! Frappe !
- Vite, vite ! - Dépêche-toi !
Mais tire !
- Ici, là ! - Elle est où, Marion ?
Tu abuses !
- Dans le but. Allez, Marion. - Moi, dans le but. Allez.
À moi, allez !
Allez, papa !
3 à 0.
Laisse-moi regarder. Tu vas abîmer ton vernis.
Julien, tu as fini ?
- Oui. - Oui.
Allez, je vais te laver.
Passe-moi le miroir, maman, s'il te plaît.
C'est une coiffure punk.
Tu comptes ?
D'accord.
1, 2, 3...
- Tu cherches quoi ? - Mes clopes.
Tiens.
- Alors, combien ? - 10.
- T'as même pas compté. - Si, j'ai compté.
- Pas du tout. - Si je te le dis.
- N'importe quoi ! - Puisque je te le dis !
Ça va pas ? Arrêtez.
Julien, tu arrêtes ! Julien !
Tu tiens moins longtemps que moi sous l'eau.
- Qu'est-ce que tu paries, gamin ? - Un billet de 10.
Tu sais compter jusqu'à combien ?
- 1 000. - C'est pas assez.
- On y va. - Tu mets le pyjama d'abord.
-1, 2, 3. - Non, Michel.
Michel, qu'est-ce que tu fais ? Michel, arrête.
Tu me fais noyer maman. On va noyer maman !
- Vous êtes ouf ! - On va noyer maman !
Arrêtez, arrêtez.
Julien, va-t'en, s'il te plaît. Laisse-nous.
Le soleil gagnera...
- Tu me passes le lait ? - Tiens.
Il est pile 7 h. Le journal, Lou Sarrasin.
Les étiquettes dans les rayons alimentaires des supermarchés...
Prends du boeuf ou un gros poulet.
Pendant les vacances, protégez-vous du soleil.
Bras de fer ?
Je suis trop fort.
Coupez cette tête de fleur en bouton, nommée capitule.
On mange le fond, soit le réceptacle,
et parfois la base de ces feuilles,
les bractées. - Peut-on les cultiver en jardin ?
- Ça va ? - Oui.
Il n'y avait pas assez pour un gros poulet.
D'accord.
Tiens. C'est arrivé ce matin.
- Elles sont belles, non ? - Oui, trop belles.
- Tu te vois ? - Oui.
Tu l'ouvres pas ? Tu l'ouvres pas maintenant ?
Pas ici.
Venez.
Tu veux que je prenne ton cartable ? Vas-y, donne.
- Je vais gagner. - Non, c'est moi.
Non, c'est moi. Attention.
J'ai gagné !
Julien, Marion, vous récupérez vos chaussures.
Donnez-moi les vôtres pendant que vous y êtes.
- Merci, monsieur. - De rien, madame.
Tu me donnes ta chemise ?
Je vais faire du blanc. Personne n'a du blanc ?
Merci.
Tiens, prends ça pour le chat.
Tu avais faim, hein ? Le chat ?
Il n'y avait plus que des normaux.
- Je t'en remets ou tu égalises ? - Remets.
- Autre chose ? Je fais du blanc. - Non.
Tu l'as pas ouvert ?
C'est joli.
C'est pour les vacances, pour cet été.
C'est joli.
Vas-y, essaie-le.
Essaie-le.
- Il te va bien, non ? - Non.
- Il est petit ? - Ça va.
Il est joli.
Il te va très bien. Éloigne-toi, que je te regarde.
Oui, c'est bien.
La couleur, c'était hier. Aujourd'hui, c'est le blanc.
Comment tu la trouves ?
Tu sais bien qu'elle mettra jamais un truc pareil.
Tiens, droguée.
Merci, papa.
Tiens, file-moi un coup de main. Passe-moi les bidons.
C'est lourd ?
Allez.
C'est bien. Ne me les fais pas tomber sur la tête, c'est toxique.
Je n'ai pas envie de devenir chauve tout de suite.
Ça tuera les saloperies dans l'eau, quand j'aurai fini l'étanchéité.
Tu l'auras finie quand ?
Je sais pas.
Si tout va bien, vous pourrez piquer une tête aux vacances.
Si vous me laissez tranquille.
Tout à l'heure, j'ai vu une voiture sur l'autoroute.
Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est quelqu'un qui a dû se paumer.
- Quoi, comme voiture ? - Une voiture de chantier
avec des types autour.
- C'était où ? - Juste là-bas.
Derrière ma cabane.
Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt ?
J'ai oublié. Aïe ! Aïe !
Il raconte n'importe quoi.
Oui, tu racontes n'importe quoi. Hein, tu racontes des bobards ?
Va voir toi-même, si tu me crois pas !
- Menteur. - Avoue que tu mens.
- Pauvre mec. - Tu vas avouer.
- On va te faire parler. - Stop, pitié !
- Tu mens à ta famille. - Arrêtez ! Oui, j'avoue, j'ai menti.
Tu vois bien qu'il raconte n'importe quoi.
C'était par où ?
Par là, je crois.
- Tu es sûr ? - Sûr.
Pas tout à fait.
Allez, c'est toi qui conduis au retour.
Alors, vous les avez vues, les camionnettes ?
Oui. On s'est planqués quand ils sont arrivés.
- Ils sont passés chez toi ? - Regardez ce que j'ai trouvé.
Regardez !
C'est quoi ?
Fais voir ?
- Il est encore tout chaud. - Ça pue !
- Donne ! - Ça colle.
C'est grave, l'odeur.
Arrête.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ? C'est quoi, cette tête ?
Regarde, là et là.
- Et là. - Allez, pousse-toi.
Regarde ici, là.
Et ici, aussi.
T'es allé te fourrer dans le goudron.
- Ils sont passés à quelle heure ? - Je sais pas. L'après-midi.
- Tu les as vus ? - Oui, forcément.
- Et alors ? - "Alors" quoi ?
- Qu'est-ce qu'ils ont dit ? - Rien. Que veux-tu qu'ils disent ?
Ils ont dû dire quelque chose.
Ils ont viré tout ça dans le jardin ?
Oui. Ils n'ont rien demandé. Ça a été très vite.
Ça grésille car ils ont démonté la parabole ?
Ça n'a rien à voir.
C'est pas ici.
Regarde le gosse. Qui a fait ça ?
Je ne pouvais pas faire autrement. Il avait du goudron partout.
- Rien. - C'est ceux de l'autoroute.
Ils ont coupé tous les câbles.
Des câbles ? Trempe tes pieds, au lieu de dire des âneries.
Tu ne peux pas couper ça ?
On ne sait jamais. Ça peut revenir.
Julien, arrête de bouger, s'il te plaît.
C'est inutile. Ça ne partira pas.
J'irai chercher du pétrole demain.
Julien, lève le pied, s'il te plaît.
- Cette fois, ils arrivent. - Avec des voitures ?
Tu crois que ça restera une piste de roller toute ta vie ?
Lève les pieds, sinon, je ne peux pas te nettoyer.
Mais arrête, avec ses pieds !
Je t'ai dit que j'irai chercher du pétrole demain.
Pourquoi tu t'énerves ?
- T'as entendu ce que je t'ai dit ? - Oui. J'ai entendu, oui.
"Cette fois, ils arrivent."
Et alors ?
Depuis qu'on est installés là, ça doit ouvrir.
- Marthe... - Quoi ?
S'ils regoudronnent, c'est une affaire de jours.
Pas forcément.
Elle a déjà été goudronnée une fois et il s'est rien passé.
Ça fait 10 ans que c'est comme ça.
On ne va pas recommencer, non ?
- Je peux sortir de la cuvette ? - Oui.
Tiens.
On est bien, depuis qu'on est ici, non ?
Tu vas pas nous faire déménager. On irait où ? On ferait quoi ?
C'est chez nous, ici. On verra quand ça arrivera, non ?
Et le bruit, on a l'habitude.
Vous en mettez, du temps.
Tu nous fais chier, Marion !
Va faire comme tout le monde.
Tu vas voir, je vais te couler.
- Arrête ! - Attention...
Julien, Marion. Vous venez. Il y a école, demain.
Allez. De grands pas, mon Julien.
- Ça va ? - Ça va.
C'est pas trop collant ? Ça va ?
Bravo !
Dans ce secteur...
Voilà.
À dans 7 minutes pour le prochain point trafic.
C'est revenu.
Radio Autoroute, le trafic toutes les 7 minutes.
- 24 heures sur 24. - 7 jours sur 7.
L'information du jour, c'est bien sûr l'ouverture imminente
du nouveau tronçon de l'E57.
Il parle de nous.
...cette nuit. On l'attendait.
Casse-toi, Julien !
Papa, c'est pour cette nuit. Ils parlent de nous à la radio.
C'est la radio d'autoroute.
Je vous rappelle donc, cette nuit, l'ouverture imminente de l'E57.
Il y a une fanfare pour inaugurer le tronçon.
Doucement, doucement.
Allez, viens là.
Ils ont dit à quelle heure ça commençait ?
Non, je ne crois pas. Je ne sais pas.
Ils ont dit ce soir, "cette nuit".
De toute façon, on verra bien.
Stop.
L'E57, qu'on désespérait de voir ouvrir un jour.
- Salut. - Salut.
- À quelle heure ça ouvre ? - Ce soir, cette nuit.
Mon père a dit : "3 h du matin."
- Comment il le sait ? - Son patron lui a dit.
Et comment il le sait ?
- Bonsoir, monsieur. - Bonsoir.
- Tu fumes, toi ? - Non.
- Ciao. - Vous restez pas ?
On va se faire tuer. Ça va chier, quand ils ouvriront les vannes.
- Allez, ciao. - Salut.
Salut.
- Tu nous raconteras ? - Ouais.
J'ai presque fini.
Pourquoi tu retravailles pas ?
Pourquoi tu dis ça ?
- Vous manquez de rien, ici. - Je ne dis pas ça pour nous.
Je suis heureuse; avec vous.
Je pourrais pas, enfermée toute la journée.
Comment ça ? Je suis pas en prison.
Ça va ? T'as pas froid ?
Je parie que la première voiture,
elle va venir...
De là. Une verte.
Une rouge.
Même vert que nous. Tu paries ?
Une rouge.
- Verte. - Rouge.
- Une verte. - Une rouge.
Chut.
Tu entends ?
- C'est le bruit d'une verte, ça. - Non. C'est le bruit d'une rouge.
Ça n'a pas commencé.
C'est vrai. J'ai rien entendu.
- Ça n'a pas commencé ? - Non.
Vous avez vu les 1ers automobilistes s'engager sur l'E57 ?
Oui. J'ai même vu le tout premier emprunter l'autoroute,
un certain Georges Schwed.
Retenez son nom : Georges Schwed, qui s'est élancé à 7 h précises
dans sa Volkswagen rouge.
J'ai gagné ! La première voiture est rouge.
Il est quelle heure,
à la minute près ? - 7 h 22.
La voiture rouge de Georges Schwed est partie à 7 h de Favières sud.
Avec une vitesse moyenne de 120 km/h,
elle devrait passer ici maintenant.
Julien, tu restes assis et tu manges, s'il te plaît.
Absolument, Bruno.
- Comment tu le sais ? - Je calcule.
- Comment tu calcules ? - Dans ma tête.
La 1re voiture, le 1er homme à s'engager sur l'autoroute.
Je vous rappelle son nom : Georges Schwed, 42 ans,
employé à Louvigny.
1er engagé sur le tronçon Favières sud-Lissan, dans sa Volkswagen rouge.
Elle est bleue.
C'est formidable. C'est inespéré.
Il faut y aller. Mange.
C'est encore possible de traverser.
Ils sont pas prêts. Je m'en occuperai.
Sûre ?
Oui, ça ira.
- Dans 30 minutes, ça sera trop tard. - Non.
Vas-y, t'es en retard. Vas-y.
Julien, dépêche-toi.
Après la verte, d'accord ?
Qu'est-ce que t'as, maman ?
Après la grise, on y va.
Allez-y, je vais surveiller.
Allez-y. Vas-y, Marion.
Tu lui donnes la main.
Allez-y.
Dépêchez-vous.
Dépêchez-vous, le bus arrive.
- Au revoir. - Au revoir.
Le tronçon de l'E57 Favières sud-Lissan est ouvert
depuis 7 h.
La personnalité du jour, c'est le 1er usager de cette partie de l'E57.
Il s'appelle Georges Schwed. Retenez bien son nom.
Il était avec Jean-Luc Pacard pour lui donner ses 1res impressions.
C'est extraordinaire. C'est formidable, c'est inespéré.
En plus, je suis le 1er.
Que va changer cette autoroute ?
Tout. Ça va tout changer.
Moi, j'ai un boulot.
De Favières à Louvigny, on met 1 heure 30 le matin, pareil le soir.
Ça fait 3 heures. C'est infernal, quoi.
On va pas continuer à s'emmerder sur la nationale avec les bouchons...
- Vous êtes fier ? - On n'y croyait plus.
Les travaux ont commencé il y a 10 ans. Tout a été reporté.
- Salut. - Salut.
Ça devait rouvrir. Ça va changer la vie de tous les habitants d'ici.
- Un changement total. - Vous allez travailler.
Ça y est, ça a commencé.
J'ai entendu, je suis pas sourde.
- Bonne route, alors. - Merci.
C'était le 1er conducteur...
- Vous avez foutu quoi, du transat ? - Ton père l'avait remis dehors.
...ce sera le gain de temps engendré par l'E57.
Non, non. Ils ont traversé sans problèmes.
Ça a augmenté toute la matinée,
mais là, ça stagne.
Oui. Tu veux que je te fasse écouter ?
Si, comme ça tu entendras par toi-même.
Attends, ne bouge pas.
Tu es toujours là ?
Tu as entendu ? Tu as entendu ?
Quoi ?
Attends, je... Attends. Ne quitte pas.
Tu rentres à quelle heure, ce soir ? Tu peux pas rentrer plus tôt ?
Ça m'aurait fait plaisir.
D'accord.
Je leur dirai. Ils t'attendront.
Restez là-bas. Attendez votre père.
Quoi ?
Vous restez là. Je vous ai préparé votre goûter.
Julien !
Lance !
- Lance ! - Vas-y !
Attends, donne. Je le fais.
Non, surtout pas. Reste couchée.
OK. Prends quand même un peu d'élan.
Allez, lance !
Lance, maman !
Ouais !
Bravo !
Ça ira ?
Vous pouvez le manger ?
Ne mange pas ce qui a touché le sol, que ce qui est emballé. D'accord ?
- Ça va, bonhomme ? - Oui.
Tu le connais, le passage là-bas ?
Je l'ai déjà au moins fait 100 fois.
Alors, en voiture. Allez.
- Alors ? - Venez, c'est bon.
Vas-y, Marion.
Ça ne risque rien. Allez, vas-y.
Il doit y avoir des bêtes.
On fait comme ça jusqu'aux vacances, après on verra.
- Ça va, Marion ? - Oui.
Tu viens, papa ?
Allez, hop !
Vous êtes plus de 5 000, 5 157 exactement,
c'est déjà très prometteur,
à avoir emprunté la nouvelle portion d'E57 en moins de 24 heures.
C'est déjà un très bon démarrage, autant dire un franc succès.
Mais, lâche !
Attendez, c'est la voiture de M. Georges Schwed.
Alors il est en retard, aujourd'hui.
Magnez-vous un peu, là.
Radio Autoroute, sur 106.8.
Tu fais quoi, là ?
Rien. Pourquoi ?
J'écoute la radio, c'est tout.
- Fais une aiguë ? - Le coton n'est pas mal.
Aiguë, aiguë.
- Encore. - Arrête.
Ce sont les miennes.
Non, attends. Julien...
Tais-toi. Tais-toi, Julien.
Vas-y. Parle, vas-y.
C'est génial, on n'entend rien.
Tu es vraiment con.
Tu disais rien ?
- Et avec 80 à la minute ? - "80" quoi ?
80 voitures. Là, on est à une moyenne entre 15 et 20.
- Ça chauffe, là-dedans. - Celles-là sont bien.
Essaie, toi, pour voir.
Vous n'avez pas peur du ridicule.
Allez, essaie.
T'es complètement folle !
Combien de voitures, depuis le début ?
53 800, avec une marge d'erreur comprise entre 10 et 15 %.
T'es sûre ?
- Et des camions ? - 4 700.
Avec la même marge d'erreur.
Et 214 motos.
Je compte 1 heure par jour, toujours aux mêmes heures.
C'est important, ça.
- Et des voitures vertes ? - T'es con !
Va me chercher le brin d'herbe près des voitures.
CO2, gaz toxique.
Pour l'instant, je vois rien d'anormal.
Juste une petite tache, là, qu'il faudra surveiller de près.
Je te l'entoure.
Sûrement du saturnisme.
C'est le mot pour l'intoxication au plomb.
Bon. À moi.
- Alors ? - Il y a quelques boutons.
Ils sont comment ?
Petits, un peu rouges. D'autres un peu blancs.
Combien ?
- Les rouges ou les blancs ? - Les deux.
C'est à cause de l'autoroute ?
À ton avis ?
Les particules des échappements vont partout.
Et alors ? Qu'est-ce que ça fait ?
Constipation,
pâleur, vomissements,
troubles anorexiques,
diminution psychomotrice,
risque de stérilité,
irritabilité,
troubles du sommeil...
J'ai tout vérifié.
Sans compter que nous, on n'a pas fini notre croissance.
Et si ça empire
et qu'on est tous malades ?
On restera encore longtemps ici ?
On partira jamais.
Il n'y a qu'ici que maman se sent bien.
- Qu'est-ce que c'est ? - Des réserves pour les vacances.
T'es fou ? Comment on va faire ?
C'est bon. On peut y aller.
Pose, pose. Doucement.
- Allez. Vite, vite. - Les courses.
Tiens.
Attends. Hop.
Allez, c'est bon, on y va !
Allez. Tout droit, allez.
- Attention en face. OK ? - Stop.
- Stop. - Allez, vite.
- 1... - Attends.
1, 2, 3.
On pose.
Julien, viens ici ! Tu es fou !
Allez.
- Allez, on y va. Vite, vite. - Attendez.
- C'est bon ? - Oui.
Allez, on pose.
- Stop. Attendez. - Quoi ?
Je crois avoir vu quelque chose.
Vite, vite. On recule.
Alors, quoi ?
Attendez, elle arrive.
Mais il n'y a rien !
Elle arrive.
Elle arrive.
Et alors ?
Tu me fais quoi ?
Rien.
Dors.
Allez, sauve-toi.
Allô ?
Vous êtes où ?
Remontez l'autoroute en la laissant sur votre gauche.
Non, sur votre gauche. Remontez vers le nord.
Une boîte aux lettres ?
C'est chez nous. Continuez.
Je vous vois.
Continuez. Stop, stop.
Ne bougez plus. Vous y êtes.
- Soirée pizza pour les vacances. - Ouais !
Vous entendrez beaucoup moins l'autoroute.
Julien !
C'est difficile, maman. C'est lourd.
Vous serez mieux ici. On verra après les vacances.
Michel, tu viens nous aider ?
- Où on le met, celui-là ? Tiens, là. - On le met...
- Julien... - Attention, je tombe.
- Moi, je dors là. - Non, non.
- Si, si. - C'est mon lit.
Non, c'est mon lit.
I believe I can fly...
Tu sais pas ce que ça veut dire.
Oh, baby. Oh, baby.
- Je dors avec papa. - Non.
- Avec papa. - Avec maman.
- Coucou. - Judith !
- Tous de l'autre côté ! - Vous me faites une place ?
- Michel, le matelas. - Pousse-toi.
- Non. - Attention.
- Tous à terre ! - Julien !
Attention.
Ça va ? T'es bien, là ?
Oui. Je suis bien.
- Couchez-vous. - Ce sera plus calme.
Oui.
Viens là. Viens, mon petit garçon.
Mon petit garçon que j'aime.
Allez, dodo. Dodo, les filles.
Chut.
- Bing. - Tais-toi.
Tais-toi, j'ai dit. Tu dors.
Arrête.
Mais...
Il fait chaud.
Arrête.
- Julien... - Julien, tu dors.
Bon. Ça suffit ! Sinon, vous repartez côté autoroute.
Je ne suis pas en vacances, moi. Je bosse, demain !
Elles sont où, les boules Quies ?
On dirait qu'elle danse.
Tu parles. Ça fait des nuits qu'elle dort pas.
Elle est épuisée.
J'ai compté. Il y a moins de voitures chez nous.
Julien, tu arrêtes.
Problèmes de...
Mais arrête !
- Change. - Tu m'emmerdes !
Vous avez fini de faire du bruit ? Vous allez me rendre folle !
Occupez-vous, faites quelque chose.
Bon. J'y vais.
- Alors, ça fait combien de temps ? - 1 heure 38.
À ce stade-là, c'est du suicide.
- N'y va pas, c'est de la folie ! - Laisse-le vivre !
C'est moi qui y vais.
Je remets ou t'égalises ?
- Quoi ? - Je remets ou t'égalises ?
J'égalise.
L'E57 a été envahie.
C'est une situation d'urgence. Attention !
Vas-y, Joe !
Il fait chaud, là-dessous.
Ça va pas, non ? Sors de là tout de suite !
T'es complètement malade !
Elle est dégueulasse, cette flotte.
C'est de la merde, ces particules fines. Tourne-toi.
Ça bouche les pores, ça va partout.
Pieds.
Mains.
J'ai compté les voitures. Ça a décuplé.
À ce rythme-là, on passe pas l'été.
On va tous crever avant. Tous.
Mais arrête ! Tu veux crever à petit feu ?
Arrêter de grandir, rester nain toute ta vie ?
C'est pour ton bien que je fais ça. C'est pour toi.
Parce que je t'aime.
Ta gueule.
Ta gueule. Ta gueule.
Julien !
Julien !
Il est fou !
Julien !
Je peux te poser une question ? Comment tu peux rester là, comme ça ?
Je m'en fous, c'est tout.
De toute façon, j'ai un taux élevé d'anticorps dans le sang,
une immunité hyperpuissante.
Un truc de naissance.
T'as de la chance.
Moi, c'est l'inverse.
Tiens, j'en ai d'autres.
Ouvre, maman !
S'il te plaît, maman !
Maman...
Ouvre, maman.
C'est Julien, maman.
C'est Julien, maman.
Maman !
Maman, ouvre !
Les capteurs installés sur chacune des 4 roues
mesurent la vitesse de rotation de la roue.
Au freinage, le système a réduit le freinage...
Maman ! Maman, ouvre !
Qu'est-ce que tu fous là-haut ?
J'ai une tache de plomb.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Une tache d'intoxication.
Juste là, dans le dos.
Mais non, c'est une piqûre de moustique. Allez.
Viens.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce qui va pas ?
Tu regardes tes merdes, toi ?
Non. Pourquoi ?
C'est Marion.
Elle dit que ça change de couleur à cause du plomb.
C'est faux. Elle dit n'importe quoi. Il faut pas l'écouter.
Je me suis pissé dessus.
C'est rien, ça.
Tu vas pouvoir dormir un peu, maintenant.
Demain, je suis en congé. On finira la piscine.
D'accord ?
Allez.
Suite à un accident, l'E57 est fortement paralysée.
Patience, patience. Armez-vous de courage.
Ça va.
Plusieurs heures pour rétablir...
Marion, Julien. On s'en va.
Va dire à ta soeur qu'elle s'habille. On s'en va.
On part. Maman demande si tu viens.
- Quoi ? - Tu viens ?
Non, non. Je reste là.
Elle reste.
Vous les regardez pas, hein.
Bon. Vous venez ?
Plus à gauche.
Plus en bas.
À droite.
Non, l'autre droite.
Qu'est-ce qu'ils disent, à la radio ?
Merde, fait chier !
Ça m'agace. Fait chier.
Marion, tu m'aides.
Pourquoi on reste pas ?
On est au milieu d'un pré. On peut pas vivre là.
Ça ferait du bien.
Allez, c'est fini. On s'en va.
Allez !
T'es là, toi ?
Dis donc...
T'es revenu ? T'es vraiment trop con.
T'es vraiment trop con.
Vous étiez où ?
Judith n'est pas avec vous ?
Quoi ?
Judith, elle est restée là ?
Mais elle est où, alors ?
Bon. Qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce que tu veux faire ?
Les gendarmes diront qu'elle est majeure.
Elle s'est peut-être fait écraser. Elle est peut-être morte.
Pourquoi tu dis ça ? C'est idiot.
Elle les a tellement montrés, ses nichons,
qu'il y en a bien un qui a fini par s'arrêter.
Julien ?
Tu dors ?
Julien, tu dors ?
Réveille-toi.
Chut, chut.
Maman, j'ai plus envie.
Quoi ?
Je n'ai plus envie.
Je suis fatigué. Je veux dormir.
Allez, encore.
Profites-en, c'est l'heure la plus calme.
Ça te fera du bien.
Maman...
Dépêche-toi.
Maman, s'il te plaît...
Vous foutez quoi, là ?
On s'est bien amusés. Hein, Julien ?
- Tu l'as réveillé pour du roller ? - Lâche-moi, tu me fais mal.
On a attendu Judith.
Julien, va réveiller ta soeur et fais ta valise. On part.
Allez !
Marion, réveille-toi. On part.
- Marion ! - Habille-toi.
Dépêche-toi. On reste pas ici.
Toi, va chercher tes affaires. Dépêche-toi.
Qu'est-ce que tu fais ?
Prends tes affaires, j'ai dit. Fais ta valise.
- Dépêche-toi ou je pars sans toi. - Où est maman ?
- Et Judith ? - Judith ne reviendra jamais.
Pars avec les enfants, si tu veux. Moi, je peux pas, j'y arriverai pas.
J'y arriverai pas.
Tout recommencer, je peux pas.
J'y arriverai pas.
Je ferais quoi, moi ?
Que veux-tu que je fasse ?
C'est peut-être dur, ici, mais c'est chez nous.
Mais vas-y, toi. Vas-y.
- Arrête. - Emmène-les !
- Arrête ! - Fiche-moi la paix ! Arrête !
- Tu viens avec nous. - Non. Je veux pas partir !
- Tu viens ! - Non ! Fous-moi la paix !
Tu me fous la... Non, non !
Arrête !
Non ! Arrête, arrête !
Non, non !
Tu viens avec nous !
Arrête ! Lâche-moi, lâche-moi !
Lâche-moi.
Arrête. Michel, arrête !
Non ! Aïe !
Lâche-moi, Michel. Lâche-moi.
Mais partez, vous !
Emmène-les ! Emmène-les !
Non, lâche-moi !
Lâche-moi ! Arrête.
Lâche-moi !
Ouvre ! Ouvre !
C'est tout.
C'est tout.
Tiens.
Tiens.
On aurait pu faire ça plus tôt.
Vas-y.
Ça fait du bien, non ?
Ça pique.
- Non, ça va. C'est bon. - Tiens.
- Tu ne bouches pas tout ? - Il faut une aération.
Tu parles d'une "aération" !
Chut.
Je crois que ça passe encore par là.
Par là aussi.
Il faudrait peut-être en remettre une couche.
Vous pouvez pas mettre sur 1 ?
Sur 3, c'est trop.
Ça me gêne pour lire.
Et sur 2 ?
Non, c'est toujours trop.
Désolée, je descendrai pas plus bas. On étouffe, ici.
Je fais du blanc.
Tu n'as pas d'autre linge à laver ?
Tiens.
Tiens.
Ben quoi ? Je sais, je ne suis pas foutue comme Judith.
Tu me trouves comment, toi ?
Il y a encore du bruit.
Elle dort.
Bien sûr, qu'elle dort. Elle n'est pas morte.
- Elle fait peut-être semblant. - Tu parles !
Elle n'est plus capable de rien.
Réveille-toi. Réveille-toi.
Maman, réveille-toi.
Réveille-toi, maman.
Julien, tu fais quoi ? Arrête.
Arrête !
C'est la contaminée. Tu veux essayer ?
Attends. Il faut que tu dormes un peu.
Tiens.
Prends le verre d'eau, là.
Prends un demi.
Tu m'embrasses pas ?
Comment on va faire pour respirer ?
T'as dit qu'il fallait une aération.
Tu dors pas, toi ?
Attends.
Tiens. Prends ça, si ça peut t'aider.
Non. Je vais essayer sans.
Va pas en bas.
C'est le bazar.
Tu m'attends là.
Adaptation : Solène Bénard pour Eclair Group
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