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Original subtitles

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1 Dans le système judiciaire,

les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.

À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.

Voici leurs histoires.

Il va vers le fleuve !

Il est là !

Attention !

-Il paraît que vous avez fait un marathon. -Oui, le criminel a gagné.

La scène de crime est sur John Street.

Examinez ces voitures.

-Quelles voitures ? -La Jaguar et la Chevrolet.

Notre type s'est caché entre les deux.

-Il ne portait pas de gants. -Je cherche des empreintes.

-Il était armé ? -Je ne sais pas, il était trop loin.

Et la victime ?

Elle est allée à l'hôpital toute seule.

Le kit de viol est fait. Ils vérifient qu'elle n'a rien d'autre.

Qu'est-ce qu'il lui a fait ?

Nikki ? Ce sont des inspecteurs de l'Unité spéciale pour les victimes.

On peut entrer ?

Je suis l'inspecteur Stabler, voici l'inspecteur Beck.

Pourquoi moi ? Pourquoi il m'a fait ça ?

On va prendre soin de vous.

Vous donner des vêtements.

NEW YORK UNITÉ SPECIALE

-Comment va Nikki ? -Bien.

Elle voudrait que je lui trouve un soda dans ce trou.

-Alors ? -Elle a dit B à P et P à V.

-B à P ? -Bouche à pénis. P à V.

J'ai compris.

Vous les attrapez, eux ?

Beaucoup de femmes violées connaissent leur agresseur.

Mais dans ce genre d'affaires,

c'est plus dur de trouver des preuves.

Et les violeurs en série ?

Il y en avait 11 à Manhattan l'an dernier. On en a eu 7, 2 par hasard.

On avait déjà leur ADN dans notre base de données.

-Prête ? -Prête ?

À interroger la victime.

J'ai arrêté des violeurs recherchés pour autre chose.

On peut vérifier

si quelqu'un a le même mode opératoire.

Bonne idée.

Et ensuite, Nikki ?

Il...

il m'a forcée à m'agenouiller et...

à lui faire une fellation.

Et il m'a dit d'enlever mon pantalon et...

et il m'a poussée contre le mur...

et m'a violée par-derrière.

Il a fait quelque chose après ?

Il...

il m'a essuyée avec des lingettes

avec de l'alcool dedans.

-Quelque chose sur la scène du crime ? - Rien.

Les techniciens n'ont trouvé ni poils, ni fibres, ni lingettes.

Comment il était ?

Il devait être plus vieux que moi, peut-être 40 ans.

Vous pourriez le décrire à un dessinateur ?

J'essayerai, mais il faisait sombre.

J'ai vu quelque chose sur sa main, par contre.

-Quoi donc ? -Une cicatrice.

On aurait dit un L majuscule,

mais avec la barre du bas dans le mauvais sens.

Le poste 1 a appelé. Aucune trace de lui.

Il a dû prendre le métro. Tu peux fermer la porte ?

-Tout va bien ? -À toi de me dire.

Comment elle s'en sort ?

Super. On est sur la même longueur d'onde.

Il paraît que c'est une pro.

Peut-être un peu trop.

Il paraît qu'elle a été virée.

-Pourquoi ? -Excès de zèle.

Le nombre moyen d'arrestations par mois aux Mandats, c'est huit.

Elle en arrêtait 12 ou 13.

Et donnait une mauvaise image aux autres.

J'appelle ça le talent.

Se tromper de porte

et brutaliser des innocents, ce n'est pas du talent.

C'est une rumeur, je n'ai pas le contexte,

mais en attendant, garde un œil sur elle.

-Pardon. Je dérange ? -Pas du tout.

-Tu as quelque chose ? -Oh oui.

J'ai parlé à O'Halloran. Les empreintes sur la Jaguar ont parlé.

Barry Cole, 32 ans, cinq ans à Fishkill pour cambriolage avec effraction.

Ça a fini en agression.

-Dernière adresse connue, Brooklyn. -Allez-y.

-C'est à deux rues d'ici. -C'est le poste qui paye ?

Non, c'est moi. Mais ça valait le coup.

J'ai mes contacts, mes mails, Internet, un GPS, tout. Tu devrais en prendre un.

Mes enfants m'ont aidé pour le numéro abrégé sur mon portable. Pas question.

Ça vient d'où, cet accent, d'Europe ?

Je suis Danoise. Je suis arrivée après mon mariage.

-Ton mari est danois ? -Non, d'ici.

Il était posté en Allemagne pendant l'armée,

j'étais étudiante là-bas.

Où est ton équipière ?

Olivia a été choisie pour une mission d'infiltration.

Équipiers depuis quand ?

Sept ans. Combien d'années aux Mandats ?

3 ans et demi.

Tu en as eu marre ?

C'est là, à gauche.

Sous la porte.

-Qui c'est, bon sang ? -Police !

Combien ?

Une minute ! Il faut que je m'habille.

-Ouvrez la porte tout de suite ! -D'accord !

-Vous voulez quoi ? - Barry Cole.

Il n'est pas là. Je ne l'ai pas vu.

Ça vous dérange si on vérifie ?

Faites vite, je travaille demain

et je dois dormir.

-Barry a fait quelque chose de mal ? -Qui dort ici ?

J'ai dormi devant la télé.

Stabler.

Encore chaud. Quelqu'un dormait ici.

Ophelia, vous mentez. Où est-il ?

-Il s'enfuit ! Prends l'entrée ! -OK !

Allez, debout.

-Barry Cole, je vous arrête pour viol. -Je n'ai violé personne.

-Matraque télescopique ? -Oui.

Tu devrais tomber la veste. Ça te ralentit.

Je ne vous dirai rien.

-Je devrais être à l'hôpital. -La ferme.

-Bravo pour les empreintes. -Merci.

-Vous avec une minute ? -Oui.

-Vas-y. -Je l'inculpe.

Allez, mon grand.

Elle vous a parlé de notre conversation d'hier ?

Juste des empreintes de Cole. Pourquoi ?

Je n'avais pas tout traité

à ce moment-là.

Ce n'est pas Barry ?

La Jaguar était une location.

Barry travaille à l'agence qui l'a louée.

-Il peut l'avoir empruntée. -Je crois pas.

Ils ont trouvé ses empreintes sur la vitre du passager.

Le coupable était côté conducteur.

Et votre coupable devait être dans cette position.

Appuyé contre la voiture comme ça.

-Vous avez trouvé ça ? -Dix empreintes parfaites.

-Dans le système ? -Non.

Il n'a pas de casier.

Mais il est dans la base de l'État. Martin Trenway.

Empreintes faites en 1977

quand il est devenu substitut du procureur.

Vous lui avez dit ?

Oui, je l'ai rappelée, mais Barry Cole avait un casier,

elle pensait que c'était le bon.

Je veux pas causer de problèmes.

Vous avez sauvé nos têtes.

Inspecteur Beck ?

-Un problème ? -Laisse-le partir.

-Pourquoi ? -Tu le sais très bien.

Barry a un casier. C'était la meilleure piste.

Mais pas la seule.

Si tu avais écouté O'Halloran,

on n'aurait pas perdu du temps

au lieu de le chercher.

Libère-le avant que le commissaire ne l'apprenne.

C'est qui ?

Un avocat. Un ancien substitut.

CABINET DE MARTIN TRENWAY 19 SEPTEMBRE

-Je peux vous aider ? -On vient pour la Jaguar de location.

Je ne me souviens pas avoir eu de contravention.

Elle correspond au signalement d'une voiture vue à Brooklyn.

Un de nos agents a vu la vôtre dans un parking

sous la voie rapide, il a fait un rapport.

Vous pensez que je suis un criminel ?

Vous savez comment c'est. On reçoit un rapport.

Vous devez vérifier. Bien sûr.

Eh bien, j'ai...

j'ai loué la voiture hier pour une déposition dans le New Jersey.

-Vous êtes revenu ici après ? -Vers 18h.

J'ai un reçu du péage si vous voulez.

Non, ça ira. On vous a assez dérangé.

Non, pas du tout. Ravi de rendre service.

Canal carpien.

Non, je me suis fait mal en jouant au basket.

Ça m'apprendra à défier mon fils de 17 ans.

Oui.

Un avocat typique. Il a réponse à tout.

On verra s'il a une cicatrice

sous son bandage.

Pas besoin.

La description faite par Nikki lui ressemble beaucoup.

Ça lui ressemble,

à lui et 10 000 autres hommes blancs de cette ville.

Les autres n'ont pas leurs empreintes sur la Jaguar.

Mais Trenway est l'un des plus gros avocats de la ville.

Si on veut l'inculper,

tout doit être en ordre.

Qu'est-ce qu'on sait sur lui, personnellement ?

54 ans. A grandi à Douglaston dans le Queens.

Lycée Cardozo. Université de Cornell, fac de droit de Duke.

Marié depuis 30 ans. Deux fils.

Habite le Connecticut.

Il a un pied-à-terre à une rue de la maison du maire.

Et il n'a jamais eu de problèmes avec la justice.

C'est un avocat. Il sait cacher des preuves, comme notre violeur.

Il a un mode opératoire soigné.

Les hommes de son âge ne deviennent pas violeurs tout à coup.

Il y a quelques cas rares.

Les cerveaux comme Trenway

ont parfois des problèmes psycho-sexuels,

comme une addiction au porno et à la violence

qu'ils ont réussi à cacher.

Faisons un tapissage avec Trenway.

Trop risqué. Le dessin est un coup de bol.

Nikki a dit qu'elle ne l'avait pas bien vu.

Elle a vu sa main.

-Vous êtes prête ? -Je crois.

Messieurs, serrez le poing et ne bougez pas.

Merci, messieurs.

Vous m'arrêtez à cause d'une cicatrice ?

Vous savez combien de gens en ont une similaire ?

D'où elle vient ?

D'une opération quand je me suis cassé le poignet.

Vous savez,

vous devriez avoir un avocat.

Je suis avocat, je connais mes droits. Je n'ai rien fait !

Où étiez-vous hier vers 23h ?

Au bureau, j'ai travaillé tard.

À quelle heure vous êtes parti ?

Vers minuit.

Vous pouvez vérifier le journal de sécurité.

C'est fait.

On a aussi demandé au gardien.

Il dit que vous êtes parti à 21h45,

vous lui avez dit de ne pas le noter.

-Oui, je suis sorti manger. -Vous n'êtes revenu que vers 23h.

Étrange que le viol et la course poursuite se soient passés au même moment.

Combien d'hommes sont dehors dans cette zone et à cette heure ?

Peu importe. On vous a.

Montre-lui les photos.

Un seul homme a laissé ses empreintes sur cette voiture.

-C'est vous. -Arrêtez !

J'ai fait tomber ma mallette.

Elle s'est ouverte, des papiers sont tombés.

J'ai dû toucher la voiture en les récupérant.

Non, pas comme ça.

Vous allez être accusé.

Il a des amis et pas d'antécédents. C'était couru d'avance.

Mais une caution de 25 000 $, c'est ridicule.

Et s'il commet un autre viol ?

-Où tu vas ? -Dites.

Vous voulez un sujet ? J'en ai un pour vous.

Le grand avocat Martin Trenway, juste là,

vient d'être accusé de viol.

-Tu filmes ? -Oui.

M. Trenway ?

-M. Trenway ! -Vous êtes accusé de viol ?

Oui, mais j'ai été accusé à tort.

-Comment avez-vous été identifié ? -Pourquoi la police dit que c'est vous ?

Bien vu pour le tapissage.

Mais Trenway a raison.

Plein de gens ont cette cicatrice.

Ce n'est pas à moi qu'il faut parler.

Voici celle qui l'a mis en première page.

Beck, voici Heather Stark. Elle veut te remercier.

J'ai vu la photo.

Ne me remerciez pas. J'ai fait mon boulot.

-Mais je me souviens de lui. -Je suis l'inspecteur Stabler.

Bonjour.

Vous le reconnaissez ?

Il y a cinq ans,

j'allais descendre dans une bouche de métro entre la 104e et Broadway

quand un homme m'a projetée contre une voiture garée.

Je suis tombée et j'ai reçu un coup sur la tête.

Et ensuite ?

Il a ouvert la portière et m'a poussée sur le siège arrière

et il m'a re-frappée.

-Vous vous souvenez de la voiture ? -Non.

OK.

Il m'a assommée, parce que quand je me suis réveillée...

on était sur un terrain vague.

Il avait un couteau.

Il m'a forcée à lui faire une fellation...

et il m'a violée.

Et après ?

Il m'a fait sortir de la voiture.

Et il est parti.

Et j'ai réussi à atteindre une station-service.

Il m'avait emmenée à Long Island.

Et comment vous savez que M. Trenway est votre violeur ?

On était dans la voiture.

Il a essayé de me violer par-derrière.

Mais il était trop grand, donc il s'est mis sur moi.

Il m'a dit de fermer les yeux, mais je ne l'ai pas fait, donc...

Quand j'ai vu cette photo, je me suis mise à trembler.

Je sais que c'est lui.

Je n'oublierai jamais son visage.

Je peux appeler quelqu'un pour vous ?

Oui, mon amie Melissa.

Oh mon Dieu.

-C'est moi ? -John, voici Heather.

Elle doit passer un coup de fil.

OK.

Qu'est-ce que tu fais ?

Elle vient de revivre le pire moment de sa vie.

Elle n'a pas besoin de voir ça.

-Son dossier est juste là. -Comment tu l'as eu aussi vite ?

C'est un dossier du Queens.

Ils sont débordés, donc ils nous l'ont laissé.

On a regardé l'interrogatoire. Le mode opératoire est très similaire.

-Regardez les portraits-robots. -Ils ressemblent à Trenway.

Son interrogatoire d'il y a cinq ans est le même mot pour mot.

Elle est cohérente.

La défense dira que l'identification n'est pas valable.

Parce qu'elle l'a vu dans le journal, pas dans un tapissage.

On n'en a peut-être pas besoin.

Les vêtements et le kit de viol montrent la présence de fluides.

Ils n'ont pas pu faire les tests sans suspect.

Les preuves sont toutes au greffe du Queens.

On n'a que quatre jours avant la prescription.

Obtenez un mandat sur l'ADN de Trenway. Trouvez la preuve.

ARCHIVES DE LA POLICE 21 SEPTEMBRE

Le dossier devrait être là.

Il n'est pas là, où il est ?

N'importe où.

On a plein de fuites, on doit déplacer des trucs.

-Vous l'avez perdu ? -Pas perdu.

On met un peu de temps à trouver.

-Trouvez-le. -J'ai une vingtaine d'affaires avant vous.

-Ça va prendre du temps. -Impossible.

Si on ne le trouve pas, un violeur va être libéré.

Vous attendrez !

Je comprends pourquoi vous avez été muté ici.

Allez vous faire voir. Vous n'avez qu'à le trouver vous-même.

Il devrait se faire virer, cet idiot.

Tu sais comment réparer tes bêtises ?

Mes bêtises ?

C'est peut-être un loser, mais pas la peine de s'en prendre à lui.

Comment ça ?

Tu fonces dans le tas

comme si tu étais aux Mandats.

Mets-toi à la place des gens.

Tous les coupables sont pareils pour toi.

-Oui, c'est vrai. -Mais ce ne sont pas les mêmes.

Trenway est avocat.

On ne le met pas dans le box en lui rentrant dedans.

Et on ne tourne pas le dos aux victimes

comme tu l'as fait avec Heather Stark.

TRIBUNAL, SALLE 46 25 SEPTEMBRE

Heather, pouvez-vous décrire les blessures infligées par votre agresseur

en plus du viol ?

Il m'a fracturé le crâne, le nez et l'orbite de l'œil droit.

Mon visage était méconnaissable. J'ai fait de la chirurgie plastique.

-Vous savez qui vous a fait ça ? -Oui, Martin Trenway.

-Il est assis là-bas. -Merci.

Pas d'autre question.

Vous avez dit être sûre que M. Trenway

vous a violée

parce que vous l'avez reconnu dans le journal.

C'est ça.

Dans l'article écrit après son arrestation pour un autre viol.

Oui.

-Vous lisez souvent les journaux ? -Tous les jours.

-Un journal en particulier ? -Le Ledger.

Vous savez que M. Trenway est un avocat très connu.

Oui, je sais.

Donc il aurait pu être dans les journaux

-avant d'être accusé de viol. -Oui, en effet.

Vous savez combien de fois sa photo est apparue dans le Ledger

dans les cinq années suivant votre viol ?

Non, monsieur.

Vingt-deux. Vingt-deux fois.

Si vous lisez le Ledger chaque jour,

vous avez vu son visage avant.

Objection. Spéculation.

Je retire ma question.

Mlle Stark, est-il possible que vous ayez reconnu mon client

parce que vous l'aviez déjà vu dans le journal ?

Pas parce qu'il vous a agressée ?

Je l'ai regardé pendant toute la durée de mon viol.

Je sais que c'est lui.

Pourquoi n'avez-vous pas appelé la police lors des 22 fois

où vous avez vu sa photo ?

Je ne... je...

Je ne sais pas.

Pas d'autre question.

Le témoignage oculaire est la moins fiable des preuves.

En tant qu'experte dans ce domaine,

vous pouvez citer des études qui le confirment.

Des dizaines.

Mais la meilleure preuve vient du monde réel.

Dans le premier groupe de meurtriers et de violeurs

dont les condamnations ont été cassées grâce à l'ADN,

plus de 80 % avaient été accusés à cause d'un témoignage oculaire erroné.

Comment est-ce possible, docteur ?

La plupart des jurés pensent que la mémoire fonctionne comme une bande vidéo.

Que notre esprit repasse un événement tel qu'il a été enregistré.

Donc quand Mlle Stark dit, cinq ans après son viol,

qu'elle est certaine

que M. Trenway l'a agressée, elle ment ?

Absolument pas. Elle dit la vérité. Telle qu'elle pense s'en souvenir.

Mais son souvenir de cet événement peut être modifié par des suggestions,

qu'elles soient intentionnelles ou non.

Comme une suggestion dans un article

disant que mon client est accusé d'un autre viol ?

Oui.

Pas d'autre question.

Pièce à conviction n°7.

C'est un portrait-robot basé sur la description d'Heather Stark

le soir de son agression, il y a cinq ans.

Vous trouvez que ça ressemble à Martin Trenway ?

Ça peut être lui,

mais le fait qu'il soit dans la même pièce est très suggestif.

Oui, mais des témoignages disent que dans les 7 heures

suivant l'agression, elle a été hospitalisée,

examinée, photographiée, suturée, nettoyée et interrogée par la police.

Et malgré tout ça,

malgré toutes les suggestions qui auraient pu l'influencer,

elle a fait une description de son agresseur qui,

vous l'avez dit, ressemble à l'accusé.

Dr Polk, en prenant en compte son traumatisme

et vu sa précision à l'époque et sa certitude d'aujourd'hui,

n'est-il pas possible que Mlle Stark ait correctement identifié M. Trenway

comme étant son agresseur ?

Si.

Merci, docteur.

Nous reprendrons cet après-midi.

Dites-moi que vous l'avez trouvé.

La légiste est en train de l'examiner.

Il me faut les résultats.

Il y a peut-être un problème.

Les preuves ont été mouillés.

Il y a de la moisissure sur le matériel biologique.

-Donc on n'a rien. -On a de la chance.

J'ai trouvé deux marqueurs acceptables pour une comparaison.

D'accord, et... ?

J'ai une preuve formelle.

-On le tient. -J'aimerais bien.

Ces résultats n'ont rien à voir.

Martin Trenway ne peut pas avoir violé Heather Stark.

Je l'ai regardé tout le long

pour me souvenir de son visage.

C'est faux. C'est forcément faux.

L'ADN ne ment pas, Heather.

-Mlle Stark, écoutez, je... -Ne me touchez pas !

Inspecteurs. Maître.

Comment je peux en être aussi sûre et avoir tort ?

Ça doit être une erreur, non ?

Heather, désolé, c'est un autre homme qui vous a fait ça.

On va entrer l'ADN dans la base de données.

S'il a été arrêté pour quelque chose, on l'aura.

C'est trop tard maintenant.

Je suis désolée.

Elle a raison. Même si on trouve son violeur,

il y a prescription.

-Elle n'obtiendra pas justice. -J'espère que Nikki West l'obtiendra.

-On a Trenway. -Si c'est bien lui, son violeur.

C'est lui. Pas d'alibi, la cicatrice, les empreintes sur la voiture.

Si on lui fait un procès, on en fait un martyr.

Il a déjà l'image du type accusé à tort.

Alors quoi d'autre ?

Faute d'aveux, une autre victime qui viendrait témoigner contre Trenway.

On est remontés sur cinq ans, on n'a rien trouvé.

Mac veut qu'on continue,

pour trouver quelqu'un qui pourra témoigner

que Trenway l'a violée, pour montrer qu'il l'a déjà fait.

Je ne sais pas pourquoi il y a encore prescription pour le viol

maintenant qu'on a l'ADN.

Pour empêcher les témoins comme Heather d'accuser à tort.

-Elle est déjà là ? -Elle n'est pas partie.

Le café devrait lui être interdit.

-Dani, qu'est-ce qui se passe ? -Trenway. Je le tiens.

Comment ?

Il y a 14 agressions et viols non résolus à Ithaca

entre 1970 et 1974.

Quand Trenway était à la fac.

Les flics disent que les attaques ont cessé exactement quand Trenway est parti

à la fac de droit de Duke.

J'imagine que la police sur place a enquêté sur une série de viols

qui a commencé au même moment ?

Onze victimes. D'août 74 à mai 77. Aucune enquête résolue.

Mais je pense qu'on en apprendra plus sur ses crimes près d'ici.

Comment ça ?

Trenway a loué une Jaguar pour aller voir un client dans le New Jersey, pas vrai ?

Du Connecticut...

Il viole dans les trois États depuis des années.

On l'ignorait, parce que les juridictions ne passent pas les infos.

C'est ça. Trenway a grandi à Douglaston, dans le Queens.

J'ai regardé les affaires non résolues entre 1967 et 1970,

quand il était ado.

Rien avec ce mode opératoire,

mais il y a eu deux agressions dans son quartier.

L'une où la victime était un homme, on peut mettre ça de côté.

L'autre était une femme agressée dans sa maison.

Lorraine Delmas, 32 ans. Nez, pommette et mâchoire cassés.

-J'ai déjà entendu ça. -Ou déjà vu ça.

Ces photos pourraient être des copies de celles de Nikki West.

Cette femme doit avoir 70 ans, si elle est encore vivante.

Je crois qu'elle l'est.

-Pourquoi tu dis ça ? -Je l'ai vue.

DOMICILE DE LORRAINE DELMAS

28 SEPTEMBRE

-Mme Delmas ? -Mlle Delmas.

Inspecteur Stabler, voici mon équipière, l'inspecteur Beck.

Je vous ai vue au tribunal, il y a deux jours. Dans la salle.

Entrez.

Vous êtes venus me parler de Martin.

-Depuis quand vous le connaissez ? -Depuis qu'il est petit.

J'étais la meilleure amie de sa mère.

Vous avez dû être choquée en apprenant ces accusations.

C'était gentil de venir le soutenir.

Je voulais voir ce qui allait arriver.

Vous êtes ravie que les charges soient annulées ?

Oui.

Comment vous avez rencontré sa mère ?

Marie et moi, nous avons grandi dans la même ville.

-En France. -Saint-Rémy-de-Provence.

Elle a rencontré et épousé son mari, là-bas, James.

Et le frère de James est tombé amoureux de moi, donc j'ai déménagé ici.

Mais ça n'a pas marché.

On s'est séparés

après la mort de Marie.

Vous avez revu Marty ?

Elle m'a fait promettre de m'occuper de lui sur son lit de mort.

Et son père ?

Après la mort de sa mère, Marty est devenu très difficile.

Il n'arrivait pas à communiquer avec son père,

donc il passait beaucoup de temps ici, avec moi.

-Vous étiez proches ? -Oui.

-Mlle Delmas... -Appelez-moi Lorraine.

Lorraine.

Pourquoi étiez-vous si loin au tribunal ?

-Ça fait 40 ans qu'on ne s'est pas parlé. -Il s'est passé quelque chose ?

Marty est parti à la fac. On a perdu le contact.

Vous vous souvenez si c'était avant ou après votre agression ?

Je ne veux pas en parler.

Je sais que ça fait remonter des souvenirs difficiles.

Lorraine, j'ai lu les rapports de police.

Il n'y a pas eu d'effraction.

Vous connaissiez cet homme ?

Ça s'est passé il y a si longtemps.

À l'époque, les gens n'avaient pas peur d'ouvrir leur porte.

Vous pouvez me ramener chez moi ?

Vous voulez manger quelque chose ?

Non merci.

Pourquoi elle le protège ?

Elle tient la promesse faite à sa mère.

Non, je ne pense pas.

Elle est allée au tribunal pour le voir payer.

Si c'est le cas, pourquoi elle ne parle pas ?

Parce qu'elle a honte.

Elle ne parlera pas à un homme.

-J'ai fait une promesse à sa mère. -Et vous avez tenu votre promesse.

Vous l'avez aidé.

Marty vous a agressée ?

Vous pouvez le dire. Vous n'avez plus à le protéger.

Oui, c'était Marty.

Je ne voulais pas le dire.

C'était Marty.

AUDIENCE D'EXAMEN DES PREUVES 2 OCTOBRE

Il était bouleversé quand il est venu ce soir-là.

Il ne voulait pas me dire pourquoi.

Il m'a demandé un soda, et je suis allée en chercher un dans la cuisine.

J'avais la tête dans le réfrigérateur

quand j'ai été frappée par-derrière.

Je suis tombée par terre. C'était Marty !

Il m'a frappée, encore et encore.

Tu mens ! Pourquoi tu mens ?

-Tu sais que c'est vrai, Martin ! -Tu avais juré de te taire !

Tu as pris le couteau de cuisine sur le plan de travail,

tu m'as fait baisser mon pantalon et tu m'as violée !

Mlle Delmas, M. Trenway.

Pourquoi n'avoir pas dit à la police que vous aviez été violée ?

Parce que j'étais...

Parce que j'étais célibataire. J'étais fiancée.

J'étais tellement gênée, j'avais honte.

Je ne savais pas ce que mon fiancé ferait s'il l'apprenait.

Et Marty, c'était... ma famille.

Nous souhaitons que le témoignage de Mlle Delmas

bénéficie de l'exemple Molineux

et soit présenté au jury comme preuve que Martin Trenway a déjà commis un viol.

Mlle Delmas, je suis vraiment désolée

de l'expérience horrible que vous avez vécue.

Et je suis désolée de ne pas pouvoir juger Martin Trenway pour ce qu'il vous a fait.

Mais c'est une audience d'examen des preuves, pas un procès.

Et comme ça s'est passé il y a très longtemps

et qu'il n'y a pas de preuve qui étaye votre témoignage,

je ne peux pas autoriser la jurisprudence Molineux,

car cela serait injustement préjudiciable à l'accusé.

Votre Honneur ?

Je l'ai enterrée.

Mlle Delmas ?

Je l'ai enterrée, tout comme j'ai enterré mes souvenirs.

Après le départ de Martin, ce soir-là,

J'ai mis tous les vêtements que je portais dans une boîte.

Il y a un recoin dans ma cave, entre les poutres.

J'y ai caché la boîte...

pour ne plus jamais la voir.

Et je ne l'ai plus vue, pendant 40 ans.

Jusqu'à ce que je lise dans les journaux que Marty...

avait violé cette fille.

Je savais que c'était vrai.

L'ADN sur les vêtements de Lorraine correspond.

Martin Trenway a violé Nikki West.

Je m'en suis voulu.

Marty n'avait que 15 ans. Il avait toute la vie devant lui.

Donc je me suis forcée à oublier ce qu'il avait fait.

Peut-être que si j'avais parlé, il aurait pu être aidé.

Et peut-être qu'il n'aurait pas fait de mal à cette jeune femme.

Je suis vraiment désolée.

Trenway plaide coupable pour Nikki.

Il cite toutes les autres victimes.

Et en échange, je demande la peine maximale.

Pas la perpétuité. Il est d'accord ?

Il se rend. Il sait que c'est fini.

Et ça veut dire ?

Ça veut dire que s'il sort de prison, il sera trop vieux pour violer quelqu'un.

Mlle Delmas, comment je peux vous remercier ?

Passez à autre chose. Vivez votre vie.

Ne vous enfermez pas comme moi.

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