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Zulu
...
-A qui est ce gamin ?
Giovanni.
-Haroon.
Gémissement.
Cri.
-Le réservoir a été touché.
On passera par la montagne.
-Daech prépare
des attaques massives.
-Tout le monde au sol !
Explosion.
Cris.
*-Le suspect numéro 2 est à l'abri. C'est notre taupe.
-La France donnerait l'asile
à un chef taliban ?
-Où on est ?
-Pas loin de l'aéroport.
Brouhaha.
Un bébé pleure au loin.
...
Quand Ashkan ramenait de l'argile rouge
pour la travailler,
les enfants du village se précipitaient
vers son atelier pour le regarder faire.
La grande roue de pierre
tournait et tournait
à un rythme régulier.
Il fabriquait
de magnifiques poteries.
Vrombissement d'un hélicoptère.
"Oncle Ashkan est magicien ! Oncle Ashkan est magicien !"
Ashkan avait aussi un âne.
Un âne magnifique, tout gris,
avec lequel il se rendait à Kaboul une fois par semaine
pour y vendre ses jolies poteries,
qui étaient devenues très réputées en Afghanistan,
mais aussi dans tout l'Orient.
Comment tu te sens ?
-J'ai de plus en plus mal à la tête.
-Bois un peu, juste une gorgée. On n'a plus que cette bouteille.
...
Viens, on va essayer de trouver un peu d'ombre.
Merci.
Viens, Nooria.
Vrombissement d'un avion.
Ma fille peut s'asseoir près de vous, s'il vous plaît ?
-Oui, bien sûr.
-On ne pourra pas rester ici indéfiniment.
Je dois appeler mon père, il nous aidera.
-Ne me laisse pas.
-Je ne serai pas longue. Reste à l'ombre et ne bouge pas d'ici.
-Tu promets que tu ne m'abandonneras pas ?
-Bien sûr que non. Tu ne bouges pas d'ici. Promis ?
Promis ? -Oui.
...
*-A plane has crashed
into the World Trade Center.
*-The United States military
*has begun strikes
*against the Taliban regime
in Afghanistan.
*-Afghan women
fear for their rights.
*-The US signed an agreement
with the Taliban.
*The war is ending
after two decades of conflict.
*-The embassies
in Kabul are closing.
*American personnel
is being evacuated.
*-This is not just about
the Afghan people,
*it's about us and our security.
*-The Taliban
*have surrounded the capital
and threaten to enter the city
*at any moment. People
are panicking all around Kabul.
...
-Il reste combien de combattants ? -Certains vont arriver
de Nangarhar.
Détonation.
-Allez, on entre ! Go !
-Des soldats ! -Vos armes !
-Laisse ça !
Va te mettre à l'abri !
-Les armes, vite !
-Restez derrière moi !
-Doucement !
-Reste derrière moi !
... -Allah Akbar !
... Allah Akbar !
...
-On avance !
-A l'abri !
On s'occupe de ces bâtards !
...
-Fonce ! Fonce !
... Repliez-vous !
-Allah Akbar !
-Entre là-dedans ! Vite !
... -Tuez-les tous ! Tuez-les tous !
...
-Là-haut ! Go ! Go ! Go !
Exclamation.
...
-Sauve-toi, Ainullah ! Vite !
Qu'est-ce que tu fous ? Barre-toi ! Qu'est-ce que t'attends ?!
-Cible à l'étage, on y va.
-Ils arrivent ! Sauve-toi !
-Bouge plus ! Montre tes mains !
On a la cible.
-C'est encore loin, général ? -Il y a un village,
de l'autre côté de la colline, à 1h de marche.
On y trouvera une voiture.
-Votre famille est en sécurité ?
-Rester ici était trop dangereux pour eux.
Ils sont partis en Angleterre il y a quelques mois.
Comment va votre mari ?
-Ca a été difficile, juste après mon retour.
Très difficile.
Je ne dormais presque pas.
Dès que je fermais les yeux,
je revoyais la scène.
-Il va falloir changer son bandage. -Je le ferai.
Vrombissement d'un hélicoptère.
Brouhaha.
... -Restez groupés !
Restez groupés !
Avancez doucement.
-Les papiers de tous ceux qui se sont présentés hier soir.
Vous avez pu dormir un peu ?
-Je devais finir ça.
Le prochain avion est à quelle heure ?
-A 15h. On en aura deux autres dans la soirée.
Le dernier partira demain.
-Déjà le dernier ?
Demain ?
-Oui.
Ils nous laissent sortir à Abbey Gate
pour chercher les parents du petit
une toute dernière fois.
Vrombissement d'un avion
au-dehors.
...
On frappe à la porte.
Vrombissement d'un hélicoptère au-dehors.
...
-Erwan.
Erwan.
C'est moi. -Fais chier.
-Café.
-Quelle heure il est ?
-T'inquiète pas, t'as rien raté.
Comment t'arrives à dormir avec tout ce boucan ?
J'ai pas dormi de la nuit.
-J'ai eu une longue journée hier, c'est peut-être pour ça.
-Un bus est parti récupérer les autres à l'ambassade.
-Il est arrivé à destination ?
-Pas encore de nouvelles.
Je vais superviser le convoi
avec Benoît.
-On peut se doucher ici ?
-Va chez les Allemands, ils ont encore de l'eau chaude.
Vrombissement d'un avion.
Pales d'un hélicoptère.
-Mon chef de la sécurité n'a pas eu le choix.
Il a pris cette décision en toute conscience,
avec mon autorisation.
C'est facile pour vous de dire ça.
On était confrontés à des choix impossibles.
Je vous ai déjà dit qu'on a pas eu le temps de le faire !
Super, oui, rappelez-moi quand vous voulez.
Les Affaires étrangères craignent que les Américains entendent parler
de votre taliban.
-Mais la DGSE l'a exfiltré.
-Oui, il est déjà à Doha.
On aura un sacré débriefing à Paris mais on a un autre problème :
une centaine de personnes
ayant la double nationalité
et revenant du nord ou de Kandahar
ont rejoint l'ambassade cette nuit.
Ils n'ont pu rejoindre l'aéroport, les talibans ont renforcé
leur check-point après l'attentat manqué.
-Des citoyens français ? -Des Franco-Afghans venus voir
leur famille en août, qui se sont retrouvés piégés.
-Quel mauvais timing.
-Ils ont des passeports français, ils sont sous notre responsabilité.
-Je devrais retourner là-bas... -Pas question !
Personne ne quitte cet aéroport, sous aucun prétexte.
-OK.
-On doit solliciter les Américains pour sécuriser le convoi.
On aura assez de bus ?
-Il n'en reste qu'un. Il faudra au moins deux convois.
-OK. Alors concentrons-nous déjà sur le premier.
Ca donne quoi ? -On a rétabli le contact.
-On a un gros problème. Une centaine de personnes...
Propos inaudibles.
Et on n'a plus qu'un seul bus.
...
-Comment trouver une voiture ici ? -On va demander.
...
-Que voulez-vous ? Foutez le camp. On ne veut pas d'ennuis.
-Il nous faut une voiture pour rejoindre Kaboul.
-Foutez le camp !
-A qui on peut acheter une voiture ?
-On vous connaît, général,
et vous n'êtes plus le bienvenu. Ici, les gens veulent les talibans.
Ils ne veulent plus de vous,
ni des Américains ! -On n'est pas américains.
-C'est pareil ! Dégagez !
-Partons avant qu'ils préviennent les talibans.
-Vous faites quoi ici ? Barrez-vous.
-Infidèles. -Barrez-vous.
-Vous n'avez rien à faire ici. -Barrez-vous !
On veut plus de vous ici.
-Mon frère a combattu sous vos ordres, général Hassan.
Venez,
mon cousin vous conduira. Personne ne doit nous voir.
Venez, vite.
Vrombissement d'hélicoptère.
...
-Restez bien en ligne, s'il vous plaît.
Restez groupés !
-Je peux utiliser votre téléphone juste une minute ?
Je dois nous sortir de là, ma fille et moi.
-Désolée,
les portables sont devenus plus précieux que l'eau.
...
-On en est où ?
-Deux avions bondés ont décollé. Le prochain partira dans 2h.
-Tu commandes ? Je te rejoins. -Bien sûr.
-Comment ça va ?
Vous avez pu vous reposer ?
-On est sans nouvelles de nos enfants.
-Ils sont peut-être à l'ambassade. -On espère que notre fille y est.
-Moi aussi. Mais vous devez aller sur le tarmac.
Un avion part dans 2h.
-On peut prendre le suivant ?
-La situation n'est pas sous contrôle.
Vu les risques, il faut faire vite. Si votre fille rejoint l'aéroport,
on la fera entrer.
Ayez confiance.
-Merci beaucoup.
-Si besoin, venez me voir. Je suis chargé de l'évacuation.
-Merci.
Viens, allons-y.
-Excusez-moi.
Je pourrais emprunter votre téléphone ?
-Non, je suis désolé.
-Excusez-moi, je peux emprunter votre téléphone...
-Impossible, il me reste 3% de batterie.
-Je comprends. Merci.
-Non, pour l'instant, on les fait monter dans l'avion. OK.
On voit ça plus tard, OK.
-Avancez.
-Où tu vas ?
Zahara, où vas-tu ?
Zahara !
...
Brouhaha.
Un bébé pleure, au loin.
...
-Je pourrais emprunter votre téléphone une minute ?
-Vous avez de l'eau ?
-Très peu. -Je n'ai pas bu depuis 24 heures.
Si vous me donnez de l'eau, je vous le prête.
Un portable sonne.
...
-Allô ? *-Allô, papa ?
*-Amina ? Je suis heureux de t'entendre !
*Tu es où ?
-Juste devant l'aéroport.
*-Où ça exactement ?
-Il y a un grand container rouge devant moi.
*Pas loin de la porte.
-Quelle porte ?
-Je ne sais pas. Pardon, c'est quelle porte ici ?
-On est à Abbey Gate. -Je suis devant Abbey Gate.
*Abbey Gate, papa. -Bouge pas, je viens te chercher.
Je peux te rappeler à ce numéro ? *-Non, j'ai emprunté ce téléphone.
*J'ai plus de batterie.
*-OK.
*Abbey Gate, container rouge.
J'arrive, ne bouge surtout pas.
-D'accord.
*Je t'attends.
-J'arrive.
Je fais au plus vite.
Pardon.
Zahara, viens !
Amina a réussi à venir ici. Elle est devant une des portes.
-Dieu soit loué. -Elle doit passer la sécurité.
-Il paraît que c'est la folie là-bas.
Comment tu espères la retrouver ? -Amina m'a indiqué l'endroit
où je pourrai la retrouver, un endroit très précis.
-Non, je viens la chercher avec toi.
-Monte dans cet avion. Amina et moi, on prendra le prochain.
-Je ne peux pas vous abandonner. -Tu es en danger.
Les talibans peuvent prendre d'assaut l'aéroport.
Tu dois être à l'abri. Monte dans l'avion.
-Baqir. -Fais ce que je te dis
pour une fois !
Je veillerai à ce que notre fille soit en sécurité aussi. Promis.
Tout se passera bien. -Comment je vais faire sans toi ?
Je ne saurai pas comment me débrouiller.
-Tu te débrouilles très bien. Allez, va.
-Je ne veux pas partir sans toi. -On reste en contact.
Allez, va !
Tu me téléphones à ton arrivée. -Baqir !
-Une seconde.
-Excusez-moi, madame.
...
-Vous savez où est Erwan ?
-Que faites-vous encore ici ?
Il fallait monter dans l'avion. -J'ai besoin d'aide.
Ma fille m'a appelé.
*-Vous avez prévu une intervention terrestre au cas où ?
-Non, on a un bon timing. Les talibans ont changé leur position.
Le trajet a été validé par l'US Air Force.
Le 1er check-point est à 8km de l'ambassade.
Ils seront vite à l'aéroport.
-On a prévu un deuxième itinéraire en cas de problème. Et on a
l'appui aérien des Américains. *-Vous êtes en contact ?
-Oui, on a un émetteur dans le bus. -Gilles, je dois vous parler.
-OK. Je vous laisse la direction des opérations.
-Vous voulez qu'on passe en revue
les détails de l'itinéraire bis ?
-Que se passe-t-il ?
-Un fils de pute de l'AFP a posté un tweet
-Comment il l'a su ? -Un service étranger ?
Un Afghan ? Un diplomate ? Quelle importance ?
Le problème, c'est de savoir comment les Américains réagiront.
-Fait chier.
-Je ne peux pas quitter l'aéroport avec vous.
Dès que vous serez à proximité, appelez-moi, je vous ferai entrer.
Bonjour, commandant Dussault, police française.
Laissez sortir cet homme.
-On ne laisse plus sortir personne.
-Il nous a aidés. Sa fille est à Abbey Gate,
il doit la ramener ici. -Allez à Abbey Gate.
-En sortant ici, il a plus de chances de la rejoindre.
-Donnez-moi vos papiers.
-C'est une blague ? -Donnez aussi les vôtres.
-Quoi ?
-Pourquoi vous avez fait entrer
un chef taliban ici ? -Ca vous regarde pas.
-J'ai perdu 3 potes en combattant ces fils de pute !
-C'est ton pays qui négocie avec les talibans.
-Me touche pas, Français de merde !
-Ho ! Les gars !
-Connard !
Lâche-moi !
Va te faire foutre !
-Pauvre type !
-Casse-toi !
Connard de Français.
-On va essayer à Abbey Gate.
-Quoi encore ?
-Il faut trouver les parents
du gamin qu'on a fait entrer. -Plus personne n'entre.
La situation est tendue. -Qu'est-ce qui se passe ?
-Je suis désolé, je ne peux rien faire.
Si ça se calme,
je vous le dirai. Partez. -Compris.
-OK, c'est bon.
-Madame.
Bonjour. Je suis le consul italien.
-Bonjour. On est de la ZDF.
-On pourrait jeter un oeil à vos images ?
-On va t'emmener à l'aéroport, te faire sortir d'ici.
Merci pour tout ce que t'as fait. -Ainullah t'a donné des infos ?
-Pas encore.
-C'est un émir, il est au courant des attentats prévus.
Laisse-moi l'interroger, je sais qu'il me parlera à moi.
-Ca m'étonnerait.
Et je ne suis pas habilité à t'enfermer avec lui.
-Mais t'étais habilité à me renvoyer
auprès de lui. T'as perdu le contrôle.
Ca aurait pu dégénérer. -Ca n'a pas été le cas.
-Martin, c'est fini. Vous n'avez plus les cartes en main.
Le monde a changé et vous avez perdu la guerre.
-Il nous reste un coup à jouer.
...
-Je viens avec toi.
-Non.
Attends.
Fazal, reviens ici.
-On a réussi à accéder à ses messages cryptés.
-C'était 1h
avant notre intervention.
Ils revendiquent un attentat à l'aéroport.
-Il faut absolument qu'on lui parle.
*-Allah Akbar !
*-ALLAH AKBAR !
-Dégagez d'ici ! On doit
sécuriser cet endroit !
Allez, bougez-vous ! Allez plus loin !
-Vous avez vu la petite fille
qui était avec moi ?
-Non, il y a eu beaucoup d'agitation avec les talibans.
-Je veux juste récupérer mon sac.
-On se dépêche ! Allez !
-Dépêchez-vous !
-Foutez le camp !
-Allez, plus vite ! Plus vite !
-Bougez-vous ! Allez !
Brouhaha.
Agitation.
-Nooria !
Nooria !
Je cherche la petite fille qui était avec moi.
Aidez-moi à la retrouver.
-Les terroristes vont attaquer l'aéroport.
Je dois partir. -Non !
-Faites-en autant.
-Nooria !
-On se dépêche ! Allez !
-Nooria !
-Foutez le camp !
-Nooria ! Nooria !
-Bougez-vous ! Allez plus loin !
-Nooria !
Nooria !
*-On est bloqués ici depuis des heures.
*On ignore si on pourra partir.
-Tu vois tes parents ?
Papa ? Maman ?
-Je peux vous parler ? -Oui.
Essayez de savoir ce que ses parents portaient.
-Les Américains ont lancé l'état d'alerte.
Des djihadistes se dirigent vers l'aéroport.
-Ce serait un massacre. -Toutes les portes seront fermées.
On doit continuer l'évacuation et sécuriser nos avions en partance.
-Je crois qu'il a reconnu sa mère.
-Vous savez où c'est ?
-C'est à North Gate. -Il faut aller la chercher.
-Les Américains refuseront de... -Il faut le ramener à sa mère.
-Mettons ces sacs de sable
en place.
Il faut faire vite. Entassez-les.
Préparez-vous tous à retourner à la base.
-On a repéré les parents du petit.
Je doute que vous les retrouviez. -Pourquoi pas ?
-Cette porte est fermée, je ne peux rien pour vous.
Allez, on s'active !
-On doit s'occuper de nos vols. -Oui.
Bon. Il va falloir que tu restes encore un peu avec nous.
Tu comprends pas ce que je te dis.
Viens, on y va.
-On a fouillé ton téléphone.
Les hommes qui se dirigent vers Abbey Gate, donne-moi leurs noms.
-Comment vous avez réussi à retourner Fazal ?
Avec du fric ?
*-On ne l'a jamais retourné.
Il travaille pour nous
*depuis la 1re fois où vous vous êtes rencontrés.
*-J'en crois pas un mot.
*-Tu me croirais encore moins si je te disais qu'il vous haïssait,
*toi et tes hommes. Toi en particulier.
*Ca devenait presque un problème pour nous.
*-Je connais vos techniques.
Fazal était...
-Un ami proche, je suis au courant. Il savait tout de toi.
Tes états d'âme, le nom de tes enfants.
-Apostat !
-Tu as deux femmes, waouh !
Deux femmes !
Khadi... Khadija
et Hadia. Non, Hasna. Désolé.
Hasna, ouais. Khadija t'a donné deux fils.
Et Hasna, c'est ta préférée.
Je te comprends, elle est très jolie.
-Ferme-la, sale bâtard.
-C'était malin de les envoyer vivre
au Pakistan. Très malin, même.
Laisse-moi vérifier...
Est-ce que tu reconnais...
cette maison ?
Il y a une autre famille
qui vit là.
On ne l'a pas encore identifiée.
Ah non, au temps pour moi. D'après tes messages,
c'est ta soeur qui vit aussi là-bas,
avec ses enfants.
L'image d'un drone Predator, c'est pas du 4K.
On préfère miser d'abord sur la balistique. Ca te parle,
les missiles Hellfire ? -Vous ne frapperez pas le Pakistan.
Vous savez ce que ça entraînerait. -T'es sûr de ça ?
Peu importe.
Qui est cette petite fille ?
C'est ta nièce ? Non, c'est pas plutôt
ta fille ?
-Ferme-la ! Ferme-la !
-Tu m'aides à mettre la main sur les djihadistes qui vont attaquer
ou je n'hésiterai pas à larguer des missiles sur ta famille.
-Va te faire foutre, sale chien !
-Tu me mets au défi ?
-Sale fils de pute, tu ferais jamais ça.
-Général O'Connor, ici Martin Cutter, cellule afghane de la CIA.
Exactement, oui.
Procédez au largage.
Oui, on suit l'opération par retour vidéo.
*-Début du compte à rebours.
-Ecoute,
tu sais ce que tu dois faire
pour que j'arrête ça.
*-30 secondes avant lancement.
*20 secondes avant lancement. -Je vais vous dire où ils sont !
Une planque dans le nord de Kaboul. Stoppez ça tout de suite !
*-10 secondes avant lancement.
-Stoppez ça !
-Général O'Connor, suspendez le tir.
*-En attente.
Respiration haletante.
...
-Votre cousin arrive quand ? -Il est en route.
Ne vous inquiétez pas.
Gémissements.
-Ca va ?
-Pourquoi ? Pourquoi vous allez à Kaboul avec eux ?
Pourquoi vous rejoignez pas l'Alliance du Nord ?
Je vous y emmène.
Il faut bien
qu'on résiste, non ?
-Oui, il faut qu'on résiste, mais ma génération a échoué.
-Mais on a besoin de vous ici, maintenant plus que jamais.
Qui va nous protéger des talibans ?
-L'opium soulagera votre ami. Il doit tout boire.
-Ils n'ont pas besoin de vous
à Paris ou à Londres.
Notre peuple a besoin de vous ici.
-Un jour,
vous, le peuple afghan, vous leur reprendrez le pouvoir.
Il ne peut pas en être autrement.
-Il a de la fièvre.
Il faut qu'on parte vite.
-Je sais. Et les Américains ? Oui ?
Je vous rappelle, d'accord ?
-On a perdu la connexion avec le drone.
Le convoi a été arrêté au check-point.
Je vais parler aux talibans. Le drone est une vengeance
à cause de Mohammad ? -Oubliez le drone.
-Attendez.
Oui. Pourquoi vous...
Votre officier a déserté. Aucun taliban n'est parti avec nous.
Tous ces gens ont des passeports, vous devez les laisser passer.
Je suis très calme.
Repassez-moi le chauffeur, s'il vous plaît.
Que tout le monde continue à pied,
je viens à leur rencontre. -Quoi ?
Que faites-vous ?
Vous ne pouvez pas
quitter l'aéroport.
-J'ai pas le choix. -C'est un ordre !
Gilles !
-Restez groupés ! Restez groupés !
-Qui est chargé de la sécurité ici ?
-Moi. -Ici.
-C'est le tour de garde des Grecs. -Que voulez-vous ?
-Il doit sortir. -Vous ne pouvez pas sortir.
-Laissez-moi passer, monsieur. -Je ne peux pas. Reculez.
-Mon enfant est de l'autre côté. -Reculez.
-Laissez-moi réessayer.
-Que fais-tu ici ? -Le convoi a été arrêté. J'y vais.
-Tu rigoles ?
-Laissez-moi sortir. -Pas question.
-Ouvrez cette putain de porte ou je vous crève les yeux.
-Yorgos, ouvre-lui la porte. -Je viens avec vous.
-Attends-moi ici, on reste en contact par téléphone.
Brouhaha.
Agitation.
...
-Elle est tout près d'ici.
Aidez-moi à descendre. -Vous êtes sûr ?
-Oui.
...
Ca va, c'est bon. C'est bon.
...
-Ca va ?
-Oui, je sais où la rejoindre.
-Faites attention à vous.
-Oui.
...
Pardon. Excusez-moi.
...
-Je suis à 400 mètres de la porte.
Allez jusqu'où vous pouvez, je vous rejoins au plus vite.
-Excusez-moi. Je voudrais passer, s'il vous plaît.
Pardon.
Excusez-moi.
Excusez-moi.
-Amina ! Amina !
Amina !
-Nooria !
Nooria !
-Je ne vous vois pas.
OK, je continue à avancer.
-Pardon.
(Excusez-moi, monsieur.)
...
Vous n'auriez pas vu cette jeune femme ? C'est ma fille.
-Non, désolée.
-Monsieur, vous auriez vu cette jeune femme par hasard ?
-Nooria !
Nooria !
-Vous avez vu cette jeune femme ? -Non, désolé.
-Je peux utiliser votre téléphone ? -Non, désolé.
-Amina !
Amina !
Amina !
Amina ! -Nooria !
Enfin ! Elle rit.
Je t'ai retrouvée. Viens, ma puce ! -C'est ma maman.
-Vous êtes sa mère ? -Oui.
-C'est ta maman ? -Oui.
-Où t'étais passée, Nooria ?
Tu vas bien ?
-Oui.
-T'es sûre ? -Oui.
-Où t'étais passée ?
-Oh.
-Monsieur ! Monsieur !
Monsieur.
Monsieur. -Content de vous voir.
Il n'y a que vous ?
-Non, on est une bonne trentaine. Les autres ne sont pas encore là.
-On les attend ici,
puis on rejoindra l'aéroport tous ensemble.
-Merci pour tout ce que tu as fait pour nous, mon ami.
-Je vous conduis à l'aéroport.
-C'est trop dangereux.
Il est recherché.
-On ne peut pas accepter. -Vous achèterez une voiture avec.
-L'hospitalité est un devoir sacré. Ce serait une insulte d'accepter.
-Je ne paie pas votre hospitalité, mais la voiture.
-Merci.
Merci.
Vous conduisez, on dira que vous êtes notre guide.
-Je peux conduire !
-Laisse tomber.
-Si, je peux conduire. -Bien sûr, oui.
-On peut pas arracher cet enfant à sa famille.
-Je sais.
Mais on va devoir partir. C'est à vous de voir.
-On ne peut pas le laisser seul ici.
Et l'emmener avec nous en Italie s'apparente à un kidnapping.
-C'est pas nous les preneurs d'otages ici.
-Alors quoi ?
On lui trouve une famille d'accueil
ou bien un orphelinat, Marco ?
-Monsieur le consul.
-Oui ? -Une femme demande à vous parler.
Elle a reconnu la famille du gamin
sur les photos
que vous avez données.
C'est elle. -Merci.
Bonjour, madame.
Vous connaissez ce gamin ? -Non.
Mais j'ai reconnu sa mère sur les photos.
C'est la famille Mamoor, de Badam.
Un bidonville près de l'aéroport.
Le père du petit vend toutes sortes de souvenirs.
-OK.
Merci beaucoup, madame.
Bon.
On l'emmène, on décidera de la suite à Doha.
Et on cherche ses parents sur les réseaux sociaux.
-Je vais prévenir Rome.
-"Tout ce qui restait
de la 'ville des jardins'...
-Je sais à quoi vous pensez, Hassan.
-"...était en passe de devenir une épave fumante.
"La ruine et la vengeance
avaient déraciné..."
-Quelle que soit la cause pour laquelle on se bat,
devenir un martyr...
-"Les espaces ouverts étaient jonchés de cadavres..."
-Ne vaut pas la peine.
-"Les jardins étaient devenus
le repaire des charognards..."
-Peut-être que si.
-"Les mendiants
"se débattaient dans la poussière.
"Si de nombreuses troupes
étaient heureuses
"de rentrer chez elles, la procession qui quitta la cité
"offrait néanmoins un spectacle affligeant
"car accompagnant les Britanniques venait un éventail de groupes
"dont les vies avaient été ruinées.
"Les longues files
de soldats estropiés
"qui avaient été
abandonnés à leur sort,
"les survivants
"de la dynastie Sadozaï,
"qui à nouveau se préparaient
à un avenir incertain
"dans un pays étranger,
"les Afghans qui s'étaient rangés du côté des Britanniques
"et qui n'avaient guère
d'autre choix maintenant
"que de plier bagage et de suivre leurs alliés battant en retraite."
-Vous allez bien ?
Vous parlez français ? -Oui.
-Votre famille est ici avec vous,
à Doha ?
Elle est en sécurité ?
-"Les gants et chaussettes, les peignes à cheveux des soldats,
"la porcelaine cassée,
"tout nous rappelait la misère et l'humiliation de nos troupes."
-C'est ma fille, vous l'avez vue ?
-Oui, elle est là. -Où ça ?
-Là-bas.
-Amina !
Amina ! -Amina. Amina.
-Amina !
Amina ! Elle sanglote.
Ma fille.
...
Ma chérie.
Mon trésor, je suis là.
Mon trésor, je suis là maintenant.
-Amina.
-On doit y aller, on nous attend.
On n'a pas de temps à perdre. Prends ton sac, dépêche-toi.
-"Les 500 familles hindoues
"sans ressources que la destruction de leur quartier à Kaboul
"avait laissées totalement ruinées et sans foyer."
-Alors, c'est toujours le même bordel ici.
Et si j'ai bien tout compris,
tout le monde fuit plus ou moins dans le même état que nous.
...
-Hello ! Hello !
Ici !
-Là.
C'est eux.
Enfin. Les autres sont là-bas. -Bonsoir.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-On vous attendait.
-Content d'être arrivé.
-Et les autres ? -Ils vont bientôt arriver.
Ils vont venir, c'est sûr. -OK.
Tonalité.
Vibreur.
-Je vous attends toujours.
-Shekeb a autorisé une intervention terrestre ou aérienne.
-Shekeb ? Ce psychopathe
du contre-espionnage taliban ?
-On t'a sauvé
la peau grâce à lui. Il soupire.
-(Snipers en position.)
...
-(Bouge pas d'ici.)
*-OK, on entre.
*RAS.
*-RAS.
*-RAS.
-Ils étaient bien ici.
-(Et merde !)
Merde !
Merde ! Merde !
*Merde !
Fermez toutes les portes de l'aéroport ! Maintenant !
-Arrêtez tout ! Tout le monde se replie !
Tous à l'abri !
Dépêchez-vous ! Rentrez vite !
Allez ! Allez !
Tous à l'abri !
Agitation.
Grouillez-vous !
... Fermez la porte !
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