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-Le gouvernement a fui le pays !
Nous sommes maintenant l'autorité suprême !
-Les talibans ont gagné.
-Le général est injoignable.
Il m'a sauvée.
Il faut l'exfiltrer.
-Vous êtes le représentant italien officiel en Afghanistan.
-Tu leur as dit de venir ?
-On ne peut pas rester ici.
-Ils vont ouvrir.
-Si on ouvre, la moitié de la ville sera à nos portes.
-On va dans le Panchir.
-Que faites-vous ici ?
On leur tire dessus.
Cris des talibans.
...
-Ils sont là ! Ne les lâche pas !
-Tiens bon. On va trouver
une solution !
-Arrêtez-vous tout de suite !
Fazal tente de redémarrer.
...
-Suliman. Il faut qu'on se tire.
-Sauve-toi. Pour moi, c'est fini.
-On va s'en sortir. -C'est foutu.
C'est foutu pour moi. Fous le camp.
-Je suis désolé, mon frère.
-Les voilà !
-Vite ! Vite !
-Allez ! Allez !
-Attrapez-le !
-Allez-y, dépêchez-vous !
-Allez !
-Attrapez-le, je vous dis !
Tirs.
-Vous allez voir !
...
Infidèle !
...
... Crevez-le comme un chien !
...
*Tonalité.
*-Martin Cutter.
Laissez un message.
*Bip.
-Oui, euh...
C'est Fazal.
Je suis tombé dans une embuscade sur la route du Panchir cette nuit.
J'ai besoin d'aide.
*-A plane has crashed into the World Trade Center this morning.
*-The United States military
has begun strikes
*against the Taliban regime
*in Afghanistan.
*-Afghan women fear
for their rights
*since the Americans announced
their intention
*to leave the country.
*-The US signed an agreement
with the Taliban.
*The war is ending
after two decades of conflict.
*-The embassies in Kabul
are closing.
*American personnel is being evacuated in emergency.
*-This is not just about
the Afghan people.
*It's about us and our security.
*-The Taliban have surrounded
the capital and are threatening
to enter the city
*at any moment. People
are panicking all around Kabul.
Respiration oppressée.
...
*-Préparation à l'atterrissage.
*Piste non sécurisée.
*Sans feux de signalisation.
Contact au sol dans deux minutes.
Vibrations de l'avion.
...
-Salut. -Salut.
-Hé ! Regarde qui est là.
-Oh... Salut !
Contente de te revoir. -Moi aussi.
-Salut. -Salut.
-Vous avez sécurisé l'itinéraire ? J'ai parlé à Omar.
Il nous file une bagnole.
Quoi ? -C'est annulé.
-Comment ça ?
-Les forces spéciales refusent de nous accompagner.
-Ils ont d'autres priorités.
-Qui commande ?
-Bierhof.
-C'est une blague.
-Les règles ont changé.
Quand on a voulu
sécuriser les pistes,
ça a été le chaos. Il y a eu des dizaines de morts.
Sans l'armée afghane,
je ne sais pas où on en serait. -Je demande seulement 5 hommes.
-Impossible. Il n'y a pas une seule armée, Bundeswehr comprise,
qui soit prête à engager des forces terrestres dans ce pays.
Alors, démerdez-vous ou rentrez à Cologne.
-Peut-on au moins bénéficier de la surveillance aérienne américaine ?
-Demandez-leur. Mais l'espace aérien est très encombré.
-Par nos avions qui repartent à vide.
-Changez de ton. Vous n'êtes ici que parce qu'on m'a donné l'ordre
de vous laisser entrer. Risquez votre vie si ça vous chante.
Pas celle de mes hommes.
-Le général Hassan est la cible
numéro 1 des talibans. -OK. Vous savez où il est ?
-Près de Bamiyan. -Et vous voulez fouiller
la région alors que les talibans le recherchent ?
-Il a été formé par le BND sous mon commandement.
Il nous a énormément aidés et a sauvé la vie de nombreux soldats,
y compris la mienne. Nous avons une dette...
-Berlin a été très clair : plus aucun personnel
militaire ou diplomatique
ne doit quitter l'aéroport.
Libre à vous d'honorer votre dette. Mais ce sera sans le soutien
des forces spéciales. -OK.
*Bip.
Omar ?
Oui, la nuit dernière. Il nous faut une bagnole.
Tu peux venir à l'aéroport ?
Parfait.
Dans une heure ou deux ?
OK. Tiens-moi au courant. Merci. -Alors ?
-On va devoir se débrouiller sans eux.
-Je te l'avais dit.
-Je sais.
Ca va bien se passer. OK ?
-En l'absence de nouvelles instructions,
on va effectuer les rotations habituelles.
Qu'en est-il du dernier patient greffé ?
-On va le réopérer.
-On a besoin de place,
dégagez le couloir !
Allez, au travail ! Dépêchez-vous !
-Qu'est-ce que vous faites ?
On a des patients à soigner !
-Qu'est-ce qu'ils font ?
-Ils construisent un mur séparant les hommes des femmes.
-C'est inhumain. -Ca suffit !
Retournez au travail. Séparez-vous.
On ne veut plus voir d'hommes et de femmes travailler ensemble.
-Mes patients sont tous là-bas !
Ce n'est pas possible ! -Arrêtez !
Lâchez-le ! C'est un médecin. Laissez-le !
-Allez, reculez.
Va chercher du ciment. Je ne veux voir aucune femme dans ce couloir.
Renvoyez les femmes non voilées chez elles. Allez !
-Donne-moi ça tout de suite !
Tu ne peux pas le garder !
Donne ! La musique est haram !
-Non !
-Interdite ! Donne ! -Qu'est-ce que vous faites ?
Laissez-la tranquille ! Nooria !
-La musique est haram ! -Que faites-vous ? Nooria !
-Recule !
Nooria pleure.
... Et fais-la taire !
...
... -Chut... Chut... Chut...
...
... Chut... Je suis là.
... Je suis là, ma puce. Tout va bien.
... Je suis là.
-Maman, c'est juste reporté de quelques jours.
Hélicoptère.
La situation est tendue, mais on est sous protection militaire.
... Il ne peut rien nous arriver.
Non. De toute façon, je ne quitte pas le bureau.
Ecoute, il faut que je raccroche. Je te rappelle dès que possible.
Moi aussi. Ciao.
-On a fait un premier tri, monsieur le consul.
-Je vais avoir du mal à m'habituer à ce titre.
-Il a une résonance bien romaine. Vous vous y ferez très vite.
Les personnes munies de visas attendent près du tarmac
l'arrivée de nos avions pour embarquer.
Reste à passer en revue le reste des candidats.
-Amenez-les-moi. -Non. Je dois suivre le protocole.
Personne d'autre que nous
ne peut entrer ici.
Mais j'ai ça pour vous.
Vous devriez le mettre.
-OK.
Survol d'un avion.
...
-Je suis là. Tout se passera bien.
-Oui.
Bien sûr.
Merci, colonel. -Pas de quoi. Appelez-moi Marco.
Juste pendant les prochains jours.
On reviendra au protocole
une fois de retour en Italie.
-Dans ce cas... appelez-moi Giovanni.
-On y va,
Giovanni ?
-Oui.
Vrombissement d'un avion.
Cacophonie.
... -Laissez-nous passer !
... -Pas de panique !
Pas de panique ! Je vous promets d'examiner chaque cas.
...
-Arrêtez de pousser.
-Ouvrez la porte.
Voix des réfugiés.
-Prêt ? J'ouvre.
...
-Merci.
-Reculez !
-S'il vous plaît, regardez !
Brouhaha.
...
-S'il vous plaît, dégagez !
-Les enfants attendent.
-Hé !
Salut, Omar.
-Salut. -Difficile d'arriver jusqu'ici ?
-Non. Non. Ecoute, je ne vais pas pouvoir venir avec vous.
J'ai obtenu un visa des Américains.
Ma famille et moi, on sera évacués demain.
-Pourquoi les Américains ? -Les Allemands ont fermé
leur ambassade cette nuit
sans même nous contacter.
Et ensuite, il n'y avait pas moyen de les joindre. Tiens.
Garde ma voiture. Elle est à 50m, de l'autre côté de la barrière.
-Merci beaucoup.
-Venez.
Bonne chance. -A vous aussi.
-Viens, avance.
-Nous avons renforcé
la sécurité tout autour du bâtiment pour ralentir les talibans.
Mais s'ils lancent un assaut à grande échelle,
on est foutus.
Je ne parle même pas du cas
où Daech déciderait
d'attaquer l'ambassade.
-Combien de personnes à l'intérieur ?
*-81.
*Dont des enfants. -Des urgences médicales ?
*-A l'intérieur, non. Dehors, je ne sais pas.
-Ceux qui sont à l'extérieur sont sous l'autorité
de l'émirat islamique d'Afghanistan
qui revendique l'autorité politique et militaire.
-C'est plus compliqué.
*Les personnes munies de passeports français sont de facto
*sous la protection de la France. -Laissons
ces subtilités de côté. La priorité est d'évacuer l'ambassade.
*-Impossible de déployer des forces terrestres dans Kaboul.
Il ne reste que la voie aérienne. Avec le soutien
de l'US Air Force.
-J'ai parlé au général Ferguson. On vous enverra
*des hélicoptères
dans la journée.
En espérant que les talibans n'interviennent pas.
-On a pris contact avec les émissaires de Haqqani
pour faciliter l'évacuation.
-Et les Afghans postés devant l'ambassade ?
-Pour l'instant, nous ne pouvons rien faire pour eux.
On ne peut pas les faire entrer sans être sûrs de pouvoir
*les évacuer après.
*-Bonne chance, messieurs.
Colonel.
*-OK. On se reparle plus tard.
-Bon, les gars.
C'est tout pour l'instant.
-Pose doucement ton sac. Je vais le fouiller.
-C'est des vêtements. -Pose-le.
-Grand-mère.
Je vais vous aider.
-Vous allez où ?
-Chez moi.
-Quoi ?
-Je rentre chez moi.
-Ouvrez la portière. Qu'est-ce que vous cachez ?
-Rien du tout.
-Toi, viens ici. Où tu vas comme ça ?
Où tu vas ?
On a besoin d'hommes. -Ma femme et mes enfants
m'attendent. -Où ils sont, tes enfants ?
-A Qala-e-Fatullah, chez mon beau-père.
-Bonne journée. -Vas-y.
Va les retrouver, mon frère. Réfléchis-y.
Tu pourrais nous aider à reconstruire ce pays.
-Inch'Allah.
Contrôlez les véhicules.
Aucune voiture ne doit passer
sans avoir été contrôlée.
-Merci.
-On devrait essayer
d'atteindre l'aéroport.
J'ai bien peur qu'ici,
rien ne bouge.
-Ils vont peut-être ouvrir le portail.
Hélicoptère.
-Qu'est-ce que c'est ?
... Léger brouhaha.
... -Ils viennent nous chercher ?
...
-Je crois qu'ils vont évacuer l'ambassade.
-Sortez. Dépêchez-vous.
-Venez ! Avancez.
OK, écoutez.
Dès que l'hélicoptère atterrit, rejoignez la piste. OK ? En ligne.
Sortez ! Sortez !
Sortez tous ! Mettez-vous en ligne. En ligne !
-Les talibans.
-J'ai ce qu'il vous faut. Regardez.
-Dispersez-vous !
Les talibans tirent.
Rentrez chez vous !
-On avance. On avance !
-Ils arrivent !
Cris de panique. -Dispersez-moi tous ces gens.
Qu'ils rentrent chez eux ! Rentrez chez vous ! Partez !
Rentrez !
Cris.
-Mohammad !
C'est Mohammad. -Suis-moi.
-Rentrez chez vous !
-Reste collée à moi.
Tirs.
-On avance. On avance.
-Ils arrivent.
Tirs. Cris.
...
... -Retournez à l'intérieur !
... -Rentrez vite !
-Grouillez-vous ! Vite, rentrez ! Où est-ce qu'ils sont planqués ?
-J'en sais rien ! Je vois rien !
-Ne traînez pas.
-Grouillez !
Tirs. Cris.
-Ouvrez ! Par pitié !
Par pitié !
-Foutez le camp !
-Ne me lâche pas. Passe devant.
Cris, supplications.
... -Laissez-nous entrer !
-Tenez-vous prêts
au cas où on ouvre le portail.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-D'où venaient les coups de feu ? -Des talibans dans la rue.
-Ils vont tous se faire broyer.
-Les gens escaladent le mur. Je donne l'ordre de tirer ?
Je fais quoi,
nom de Dieu ?
-Ouvrez le portail. -Sécurité, au portail.
-Ouvrez !
-Le chef vous demande d'ouvrir.
-Go, go, go.
-Akim, viens avec moi.
Emmenez-les dans la cour.
Je ne veux voir personne à l'intérieur du bâtiment !
Cris de panique. Tirs.
... -Dégagez !
...
-Ouvrez le portail ! Ouvrez-leur.
Cacophonie.
...
-Laissez-moi entrer !
-Hé, toi.
-Ouvrez les portes.
-Pourquoi tu veux fuir ? Virez-le-moi.
... -Avancez.
-Faites voir.
-OK. C'est bon.
-Montrez-moi vos papiers.
Vous pouvez y aller.
-Une personne à la fois.
-OK, allez-y.
OK.
-Allez ! Ne traînez pas.
-Rentrez chez vous !
Tirs.
-Fermez le portail !
Fermez le portail !
-Grouillez-vous. Désolé.
Cris des réfugiés.
... -Fouillez les sacs. Allez !
Ouvrez-les.
-Fouillez-les. Il peut
y avoir des membres de Daech.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Un taliban a pris l'iPod de Nooria.
-Ta jeune patiente ? -Oui. Je n'ai pas pu l'en empêcher.
-Qu'est-ce qui t'a pris de te rebeller ?
-Il faut que tu leur parles. Nooria n'a plus rien.
C'était la seule chose qu'elle possédait.
-Je vais ranger mon sac.
-Tu veux que je demande ça à un taliban ? Tu les as vus ?
-Quoi ?
-Amina, ils viennent juste de prendre le pouvoir.
Ils n'ont plus aucune limite. On doit faire profil bas.
Les choses se calmeront bientôt. -Qu'est-ce que tu racontes ?
Rien ne se calmera jamais avec eux.
...
-Tiens. Tu veux en fumer une ?
-Je ne fume pas. Merci, c'est gentil.
-Ils vont bientôt bannir les cigarettes.
Alors, autant terminer le paquet avant.
Ca me manquera, je suis sûre.
Je me rappelle la première fois que je t'ai vue.
-Quand je me suis évanouie pendant le cours d'anatomie ?
-A chaque cours, tu t'évanouissais.
-C'est vrai. -Et pourtant, tu revenais
toutes les semaines. Et chaque fois tu t'évanouissais
encore et encore !
Elles rient.
...
-Je crois que c'est de ma mère que j'ai hérité ça.
Quoi qu'il arrive, je n'abandonne jamais.
Mais là, j'ai vraiment la trouille.
J'ai la trouille de continuer à vivre ici.
Et j'ai la trouille de partir.
-Tu sais ce que je ressens, là, maintenant ?
C'est une immense colère. Envers tout le monde.
Envers les talibans parce qu'ils sont...
rétrogrades et liberticides.
Envers le gouvernement qui est totalement corrompu.
Envers les Américains qui n'ont pas fait ce qu'il fallait
pour que ce pays change.
Et envers les Européens pour avoir soutenu les Américains.
Mais je sais que cette grande colère que je ressens
n'apportera rien à ce pays et ne changera absolument rien.
Nous sommes totalement impuissants.
-Vous disiez qu'il fallait... -Peu importe ce que j'ai dit.
Il n'y a plus aucun espoir ici, Amina.
Absolument plus aucun espoir, crois-moi.
Survol d'un avion.
...
-Voilà pour vous. -Merci.
-Bonjour, madame. -Bonjour, monsieur.
-Monsieur le consul.
-Oui ? -On a un gros problème.
-Je suis occupé.
-Je crois que ça ne peut pas attendre.
-C'est pour vous. -Monsieur.
S'il vous plaît.
-OK. Attendez-moi une minute.
Prenez ça.
Allons-y.
Qu'est-ce qui se passe ? Hein ?
Oh... Des mouches bourdonnent.
... -On cherche des seaux.
Mais on ne tiendra pas longtemps comme ça.
Ca va devenir irrespirable avec cette chaleur.
Et ces pauvres femmes ne peuvent pas sortir.
Pas ici, en tout cas.
-OK. Eloignez ces gens d'ici et organisez un passage
vers nos toilettes pour les femmes et les enfants.
-Ils n'ont pas le droit d'entrer dans nos baraquements.
-Il y a un problème ? -Un gros problème, oui.
...
-Si la route n'est pas bloquée, on sera à Bamiyan dans 3h.
-J'ai parlé à Mustafa. Il nous attend là-bas.
-Il a des nouvelles de Hassan ? -Il sait juste
qu'il a déployé son bataillon pour défendre la ville.
Téléphone. -C'est Hassan !
J'ai essayé de vous joindre des centaines de fois !
*-Désolé. On était dans la montagne.
*On a pu échapper aux talibans. On essaie de rejoindre Kaboul.
-Vous m'entendez ? Hassan ?
Plus de signal. Tu peux t'arrêter ? -Oui.
-Merci.
Hassan ?
Vous m'entendez ?
Vous êtes où ?
*-Euh... Pas très loin de... Akakhel.
*On n'est plus très nombreux et on est épuisés.
-On vient vous chercher.
*-Je suis vraiment content
*de vous voir.
-Moi aussi.
*-Vous êtes revenue d'Allemagne ?
-Je viens d'arriver. Hans et Bastian étaient restés
à Kaboul. Ils sont avec moi.
*-L'Allemagne
*nous a abandonnés. C'est terrible. A Bagram et Bamiyan, les talibans
*ont arrêté beaucoup de gens.
-Je sais.
*-On essaie de se battre
jusqu'au bout.
-Ils trouveront une base abandonnée à Surobi à 1h de marche.
-Je vous envoie les coordonnées d'une ancienne base.
De là-bas, on vous emmènera à l'aéroport.
*-J'attends de recevoir les coordonnées.
-A tout à l'heure.
Hans redémarre.
-Ils ont plein de toilettes ici.
...
Bonjour. Excusez-moi. Je suis le consul italien
chargé de l'évacuation des Afghans de Kaboul.
Plusieurs centaines de personnes
n'ont pas de WC. J'ai pensé... -Nos toilettes mobiles
sont la propriété de l'armée américaine.
-Personne ne les utilise. -Qui vous dit ça ?
-Je vous en demande seulement une. Le temps de trouver...
-Votre pays doit en faire la demande à ma hiérarchie.
-Je vous le demande au nom de l'OTAN !
-Je n'ai reçu aucun ordre à ce sujet.
Revenez avec un accord signé de mon commandement.
-On se tire.
On y va.
-N'importe qui peut être de Daech. -Je sais.
-Tu peux zoomer sur lui ?
Qu'est-ce qu'il cherche dans son sac ?
Un gamin. Merde !
Juste une putain de barre chocolatée.
Qu'est-ce qu'ils font ? Ils vérifient où sont les caméras ?
Merde !
Ils font un repérage des lieux.
Où est Gilles ?
-Aucune idée. -Viens avec moi.
Alex, viens avec nous !
Bougez-vous !
Au sol ! Au sol ! A genoux !
J'ai dit au sol ! Tes papiers !
-Je suis artiste. J'ai exposé à Marseille.
-Tes papiers !
-Lui fait de la vidéo. Il ne parle qu'anglais.
-OK. I show you
my papers. Wait.
Here.
-Vous photographiez nos caméras ? -On fait un reportage
sur notre périple.
On peut tout vous donner. On n'est pas des talibans.
On veut juste se barrer.
-OK. -Qu'est-ce qui se passe ?
-Ils prennent des photos de vacances en pleine zone de guerre !
-Ca va ? -It's OK.
-Désolé. Reprenez-le.
Il y a de l'eau là-bas, si vous voulez. Ca va ?
Tout va bien ? -Oui, ça va.
-Nickel. -Excusez-moi.
Est-ce que vous savez quand on pourra partir d'ici ?
-On fait de notre mieux. -Je suis inquiet
pour ma femme. Elle est en danger.
Elle est procureure et un des talibans
qu'elle a fait condamner est devant l'ambassade.
-On négocie pour que l'armée nous envoie des hélicoptères.
-Pourquoi pas des bus scolaires ? On en a un grand nombre ici.
Et aussi beaucoup de chauffeurs. -On cherche une solution
pour vous mettre tous en lieu sûr. -OK. Merci beaucoup.
Toujours pas de réseau ? -Non.
-Ils ont dû installer des brouilleurs par sécurité.
-Je m'inquiète pour Fazal.
-Notre Fazal est un lion. Il s'en sortira.
...
Son téléphone vibre.
...
-Martin ? Martin, j'ai réussi à entrer dans Kaboul.
Je ne sais pas si je pourrai aller plus loin.
Les talibans sont partout.
OK. Je t'envoie les coordonnées.
OK. J'espère juste que je pourrai rester ici.
Une porte claque.
Bruits de pas.
...
Porte.
-Hé ! Stop ! Stop ! Qu'est-ce que vous faites ?
-Une réquisition au nom de l'OTAN. -Vous avez un ordre écrit ?
-Du ministre italien des Affaires étrangères.
-Je peux voir ?
-Oui.
C'est en italien.
"A la demande de l'OTAN, le ministre italien
"des Affaires étrangères, conformément à..."
tel accord, blablabla directive,
"autorise les représentants consulaires et militaires italiens
"à réquisitionner des installations sanitaires
"pour des raisons relatives à l'hygiène publique."
Je continue ou ça vous suffit ?
-Vous vous croyez malin ?
-Vous allez faire quoi ? M'arrêter ?
Créer un incident diplomatique ?
Vous êtes pas obligé de respecter ces procédures à la con.
Appelez votre commandement, ou même la Maison-Blanche si vous voulez.
Mais je prends ces cabines.
Allez-y. Continuez.
-Je vous laisse. Je dois y aller.
D'accord.
*-Les talibans nient avoir ouvert le feu.
*-Qui alors ?
Des moines franciscains en manque d'action ?
-Les Américains ont fermé
l'espace aérien au-dessus de Kaboul. Donc on ne peut pas
*évacuer par hélicoptère et on n'a pas le feu vert
*pour l'intervention de nos forces spéciales.
-On fait quoi ? On a 100 personnes ici qui craignent pour leur vie !
-On n'a aucune idée de ce qui va se passer.
-Messieurs.
-Les talibans peuvent très bien décider de prendre l'ambassade.
On a seulement...
11 hommes. Et pas assez de munitions pour tenir 1h face à eux.
*-Il y a peut-être une solution.
Mais c'est risqué.
Evacuer l'ambassade par bus.
-Comment ça par bus ?
-Eh bien, par bus. Vous avez une meilleure idée ?
-Il faut demander
des bus blindés aux Américains. *-Ca ferait de nous des cibles
et je ne veux pas revivre ce qui s'est passé
*avec l'hélicoptère.
-Que suggérez-vous ?
*-Il y a des tas de compagnies de transport à Kaboul.
*On a juste besoin d'une douzaine de bus.
Et de convaincre les talibans de nous laisser rejoindre l'aéroport.
-On ne peut pas faire ça sans l'aval du Président.
-Et sans vidéosurveillance américaine.
*-Je contacte l'Elysée. On refait le point dans 30 mn. Merci à tous.
*-OK.
-Tu es sûr de ton coup ?
-Je ne suis sûr de rien.
Il faut s'assurer que les talibans nous laisseront passer.
-Je peux en avoir aussi ?
-Bien sûr. Combien ?
-On est deux.
Merci beaucoup.
-Comment vous vous sentez ?
-Très fatiguée.
-N'hésitez pas
à nous solliciter. -Tiens. Il faut que tu manges.
-J'ai besoin de votre aide. -D'accord.
-OK. Merci.
Il nous faut des bus pour évacuer l'ambassade.
-J'espère qu'il va tenir parole. Sinon je ne m'en sortirai pas.
*Les talibans sont partout.
Je ne peux pas fuir.
-Il a dit qu'il venait, il viendra.
-Oui, mais je me méfie. *-Je sais.
Porte.
-Et toi, de ton côté ? *-Je ne sais pas trop quoi faire.
J'ai Ghulam, mes patients.
*-Il faut que tu partes.
*Autrement, c'est eux
qui te forceront à le faire.
Amina.
*Rejoins papa et maman
à l'ambassade.
*-Je n'ai aucune envie de devenir femme de ménage en Europe.
-Tu reprendras tes études.
-Je ne les voyais pas reprendre le pouvoir aussi vite.
-Il faut que j'y aille.
-Tout va bien ?
-Oui, tout va bien. Je te rappelle plus tard.
...
-C'est bien lui. -Viens avec nous.
-Fazal Nazany.
Content de te revoir.
-Martin.
Une portière claque.
Le fourgon démarre.
Où on va ?
A l'aéroport ?
-Dans un endroit où on est en sécurité.
-Merde. Tenez-vous prêts.
(OK.)
...
*Bips.
*Tonalité.
*... Sonnerie lointaine.
Sonnerie proche.
...
... -Ne tirez pas !
... -A terre ! Dehors !
Jette ton arme !
Sonnerie.
-Pitié, ne tirez pas.
...
... Je suis un des hommes d'Hassan.
-Lâche ce téléphone.
...
... C'est celui d'Hassan.
-Je vous en prie.
-OK. Debout !
-(OK...)
OK. -Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Les talibans ont débarqué quand on est arrivés.
Ils étaient nombreux. Je me suis planqué.
-Et le général ? -Ils l'ont embarqué.
-Où l'ont-ils emmené ?
-Aucune idée.
Je vous jure.
-Tu peux baisser les bras. -Ne restons pas ici.
Ils peuvent revenir d'une minute à l'autre.
-Monte dans la voiture.
-Celui-là, là-bas.
-Va lui chercher à manger.
Je reviens dans une minute.
...
-Tiens.
-Comment tu te sens ? -Fatigué.
-Il faut que tu te reposes et que tu te changes.
On a appelé l'ambassade
pour tes papiers.
-Hmm.
-Mais j'ai besoin que tu me rendes un service.
Les talibans ont libéré tous
les prisonniers de Pul-e Charkhi,
y compris Ainullah Bakash.
D'après nos informations,
Daech prépare des attaques pendant l'évacuation.
On a perdu notre source à l'intérieur. On est dans le noir.
-Non. Je ne peux pas faire ça. -Ainullah
n'a jamais su que tu bossais pour nous.
On veut juste que tu le joignes et que tu voies ce qui se passe.
-Je ne peux pas. -On est dans la merde, Fazal.
Tu es le seul à pouvoir nous aider.
Pense à tes parents.
A ta soeur.
Ils ont déjà quitté Kaboul ?
Martin soupire.
-On a l'accord du Président. Reste à obtenir celui des talibans.
-De notre côté, tout est prêt.
-On en trouvera ailleurs.
-Alors ? -On continue à chercher.
C'est loin d'être évident. Mais on va trouver.
-Je compte sur vous. -D'accord.
Soit on fait appel
à 2 sociétés...
-On a deux snipers sur le toit et un sur le mur de gauche.
Il aura un angle de tir optimal.
L'équipe ira te récupérer si ça se passe mal.
Mais je vais pas te mentir :
on fera pas le poids face à eux. -Ils ne prendront pas de risque.
-Inch'Allah.
On y va dans 20 mn !
*Appel du muezzin au loin.
*...
*...
*-Pour écouter le message,
appuyez sur 1.
*-Ma chérie, on est à l'ambassade.
*Je ne sais pas où tu es, si tu es toujours à l'hôpital.
Tout le monde ici cherche un moyen de nous évacuer vers l'aéroport.
Rejoins-nous le plus vite possible. Fais-le, s'il te plaît.
Tu n'as plus le moindre avenir
dans ce pays.
Je sais que c'est extrêmement
difficile à entendre.
Tu sais à quel point
j'ai toujours été persuadée
qu'on arriverait à s'en sortir.
Qu'on serait toujours capables
de trouver notre place ici.
Mais malheureusement, tout ce que je vois aujourd'hui,
c'est le retour
de la même violence,
de la même brutalité qu'avant.
Je ne me fais pas d'illusions,
notre vie sera difficile
en France.
Mais au moins, là-bas, nous aurons notre destin entre nos mains.
J'ai toujours cru dur comme fer qu'on parviendrait à reconstruire
un Afghanistan où on serait libres.
J'ai toujours cru dur comme fer
qu'on avait un avenir...
Il compose un numéro.
...ici, dans ce pays.
*Tonalité.
*...
Mais je me suis complètement trompée.
Elle pleure en silence.
...
Il arme le fusil.
...
Léger brouhaha.
...
-Reculez !
-Monsieur !
-Monsieur, s'il vous plaît.
-Tirez pas, tirez pas !
Laissez-le venir.
Amène-le-moi.
Qu'est-ce que vous voulez ?
-Je suis l'officier de sécurité de l'ambassade. Je veux parler
à votre chef.
-C'est moi, le chef.
Qu'est-ce que vous voulez ?
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