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Zulu
...
Explosions, tirs.
...
-Rendez les armes !
...
-Elle est blessée mais vivante !
Il faut l'amener
d'urgence à l'hôpital !
-Rendez-vous,
c'est votre dernière chance !
-Ca va ?
Vous inquiétez pas, on va s'occuper de vous, venez.
...
-Je m'en souviens pas vraiment, mais je me suis réveillée
avec des sueurs froides. Monica était là,
à côté de moi et dormait paisiblement.
-Ca arrive souvent quand on interrompt la prise d'alprazolam.
-En tout cas, je préfère ça à mes crises d'angoisse.
-Si vous vous sentez chancelante, je peux vous en represcrire.
-Non, ça va.
Je me sens vraiment bien.
Bien sûr, ça me manque de pas être sur le terrain mais depuis que...
je me suis installée
dans les bureaux, ça va mieux. Même avec ma copine, Monica.
Ca a vraiment été dur pour elle,
quand on m'a fait revenir d'Afghanistan
avec mon putain de syndrome de stress post-traumatique.
Mais elle a toujours été là pour moi.
-Et pour revenir à votre rêve,
vous vous êtes réveillée juste avant ou après l'accident ?
Comment vous vous sentez par rapport à ce qui passe là-bas,
en ce moment ?
*-A plane has crashed
into the World Trade Center.
*-The United States military
has begun strikes
*against the Taliban regime,
*-Afghan women fear
*for their rights
since the Americans
*announced their intention
to leave the country.
*-The US signed an agreement
with the Taliban.
*The war is ending.
*-The embassies are closing.
*American personnel is being evacuated in emergency.
*-This is not just
about the Afghan people,
*it's about us, our security.
*-The Taliban have surrounded
*the capital and are threatening
to enter the city at any moment.
*-People are panicking
all around Kabul.
...
...
-Fazal ! Il y a une voiture
qui arrive.
-C'est des civils, on dirait.
Je vais les contrôler.
-Salam aleykoum, commandant. On vient de Mazar-e Charif.
Les routes principales sont saturées.
Je connaissais aussi ce chemin.
Je suis marchand. -Vous allez où ?
-J'ai travaillé pour les Allemands.
On va à leur ambassade pour leur demander de l'aide.
-La plupart des ambassades sont fermées.
-Allez directement à l'aéroport. Ils ont des missions diplomatiques.
-Vous devriez pas rester ici, les talibans arrivent.
Vous allez avoir du mal à les arrêter.
-Ils sont à quelle distance ?
-Ils sont sur la route de Koh Daman mais ils peuvent venir par ici.
-Bonne chance.
-Qu'Allah vous protège vous aussi.
-On se remet en position.
Ils encerclent Kaboul mais ça veut pas dire qu'ils vont attaquer.
-Mais si jamais ils le font ?
Tu leur fais vraiment confiance pour les affronter ?
-Je travaillais tout près d'Hérat,
je... Je fabriquais des tapis.
J'avais une boutique dans le bazar.
J'ai servi d'informateur pour l'armée italienne,
pendant deux ans, entre 2013 et 2015.
Mais ensuite, j'ai appris
que mon père était souffrant
et j'ai dû retourner auprès de ma famille dans la région de Kondoz.
-Quel genre d'informateur ?
-Je donnais des informations
sur les déplacements des gens,
sur les talibans qui venaient en ville,
toutes sortes d'informations.
-Vous avez une preuve de tout ça ?
Quelqu'un qui peut confirmer ce que vous me dites ?
Des documents écrits ? -Je n'ai pas de preuves de tout ça.
Si j'en avais eu, je les aurais détruites. Vous connaissez le sort
des traîtres ? Je demande juste un visa pour ma femme et mes enfants.
-Si vous n'avez pas de preuves, alors les talibans non plus.
-Vous vous rendez compte de ce qu'on a fait pour vous ?
Des risques qu'on a pris, des sacrifices qu'on a faits ?
Car on voulait plus avoir affaire aux talibans.
-On peut pas donner un visa
à tout le monde. -C'est pas mon problème.
-Je suis désolé.
-On n'aurait pas dû vous faire confiance.
Vous êtes venus ici et vous avez foutu la merde dans le pays.
-C'était la merde dans ce pays,
bien avant qu'on arrive.
OK.
Attendez ici.
Je reviens.
Brouhaha.
...
Colonel.
-Monsieur ? -5 minutes.
Je reviens.
Vous avez une minute ?
-Bien sûr.
-Voilà ! Ca fait 15 mn que je suis avec ce gars
et il veut rien entendre. Il dit avoir été informateur pour l'armée,
mais il n'a aucune preuve.
-Tu as vérifié les registres ?
-Non, je n'y ai pas accès. -Appelle Rome
et demande un accès.
En cas de doute, interroge ta conscience.
Il a l'air de mentir ou il te semble honnête ?
-Je sais pas, justement. -Si tu sais vraiment pas,
le fais pas pour lui. Fais-le pour elle.
Il y a une chose que je peux te garantir :
l'histoire nous jugera
pour avoir bradé ce pays sur le dos des femmes.
Ca fait combien de temps que t'es ici ?
-Trois mois.
-Et t'as déjà mis un pied hors de l'ambassade ?
Je vois. T'es juste là pour tamponner
des visas, rien de plus.
Sauf que ça, t'aurais pu le faire depuis Rome.
-Personne suivante s'il vous plaît.
-Elle est toujours comme ça ?
-Elle a fait 3 ans en Syrie et 2 ans en Irak.
Ca répond à votre question ?
L'hôpital a trois générateurs de secours.
-Amina ?
Amina ?
Je viens de vérifier les dossiers et de voir que Nooria
est toujours là. Je peux savoir pourquoi ?
-Son état n'était pas stabilisé. -Sur quoi tu t'appuies ?
On a 3 patients sous dialyse qui dorment dans le couloir.
Alors pourquoi une fillette, greffée il y a 6 semaines,
en parfaite santé,
occupe toujours un lit aujourd'hui ?
-Elle supporte mal les médicaments
antirejet. Je préfère la garder en observation.
-Tu aimerais qu'on garde une patiente qui a des nausées
dans un service surpeuplé, c'est ça ?
Je veux qu'elle ait quitté l'hôpital
avant la fin de la semaine.
-Un vrai dragon ! -C'est toi qui as voulu travailler
dans son service.
-Si un jour je deviens comme elle...
tue-moi !
Comment tu te sens, ma puce ?
Pourquoi t'as rien mangé ?
-Parce que j'ai pas faim. -Nooria, écoute-moi.
Nooria ?
Il faut que tu manges.
Sinon tu pourras jamais reprendre des forces.
-Je veux pas reprendre de forces.
-Je sais que t'en as pas envie,
mais tu devras retourner à Kandahar quand même.
-Amina, toutes les autres filles à l'orphelinat
sont méchantes avec moi. -Non, je suis sûre que t'exagères.
Je vais te prendre ta tension maintenant, d'accord ?
-Je réclame pas leur condamnation parce qu'ils pensent que les femmes
n'ont pas le droit de sortir de leur maison,
sans être accompagnées de leur mari comme l'a déclaré
un des accusés, M. Mohammad. Je ne réclame pas
leur condamnation parce que leur volonté est de rétablir la charia,
et donc remplacer notre institution par des tribunaux islamiques.
Je demande leur condamnation parce qu'ils ont organisé
un attentat terroriste contre le lycée pour jeunes filles à Kaboul.
L'implication des 3 accusés dans ce projet d'attentat
vient d'être démontrée
par le ministère public.
C'est pourquoi je vous demande,
Votre Honneur,
de faire preuve de fermeté et de condamner ces hommes
à une peine de 15 ans
de prison ferme chacun
pour aide et complicité
dans un complot terroriste.
C'est moi !
C'est vraiment incroyable.
On demande une peine de 15 ans
et combien ils prennent ?
Un an seulement !
Baqir ? -On est tous là !
On t'attendait.
-Oh, désolée !
-BONSOIR. -J'ai oublié que vous veniez.
-Pas de souci. -Rassieds-toi.
-Merci.
-Désolée.
-Amina va se marier et t'oublies le jour où tu rencontres son fiancé.
-Lâche-la un peu.
Ravie de faire votre connaissance. -Moi aussi, je suis ravie.
Sois le bienvenu. Ghulam ! J'ai déjà tellement entendu
parler de toi.
-Qui c'est
qui n'a pris qu'un an ? -Des terroristes talibans.
-Personne n'ose les envoyer en prison. Ils savent qu'à la seconde
où les Américains seront partis, ils reprendront le pouvoir.
-On se battra. -Toi et tes hommes peut-être,
mais l'armée afghane bougera pas.
Ils sont trop corrompus. -Parlons d'autre chose.
Quand rencontre-t-on tes parents ?
-Ils auraient aimé venir aujourd'hui, mais c'était difficile
à cause des combats. Ils vous demandent de les excuser.
-Ton père pense quoi des talibans ? -Fazal !
-Mon père est un homme très pieux, c'est vrai mais...
c'est pas pour autant qu'il soutient les talibans.
-A moins de fuir le pays,
on vivra sous leur joug. -On ne compte pas quitter le pays.
-Moi non plus.
-Tu penses qu'ils te laisseront travailler ?
-On en a déjà discuté une bonne dizaine de fois.
-Les talibans...
ne sont pas les mêmes que ceux de 96.
Ce pays a besoin de médecins et même eux, ils le savent bien.
-Ghulam, tu es trop jeune pour savoir de quoi tu parles.
Les talibans ne changent pas
et ils ne changeront jamais. A la seconde où ils auront pris Kaboul,
ils transformeront ce pays en enfer.
-Je vais aller préparer le repas.
Amina ? Tu viens m'aider ?
Comment s'est passée ta 1re transplantation, au fait ?
-C'était impressionnant.
A un moment donné, j'ai tenu le rein dans ma main
et il pulsait encore.
Tu te rends compte ? C'était dingue.
-Comment va ta jeune patiente ?
-L'opération l'a épuisée, mais elle est tirée d'affaire.
Elle s'en remettra.
-Tu dois vraiment être très fière de toi.
Moi, en tout cas, je suis vraiment très fière de toi.
Miaulements.
-Mais qui voilà ?
Mais qui voilà ?
Où t'étais passée, petite fripouille ?
Les talibans, les Américains,
la liste des gens à abattre,
les juges...
Toi, au moins, tu te soucies pas de tout ça.
Vrombissement des hélicoptères.
...
*-Veuillez laisser un message.
-Salut, c'est papa.
Je voulais te dire que je serai bientôt de retour en France
et que ça me ferait plaisir de te voir.
Rappelle-moi si t'en as envie.
Allez les gars, on accélère !
-Dépêchez-vous.
-Gilles ?
On fait quoi avec les ordinateurs ?
-On n'a pas reçu d'ordre, mais vaut mieux les détruire.
-Ca fait 2 jours qu'on brûle les documents,
y en a toujours autant. -Allez plus vite, on laisse rien.
-Compris.
-Irène ? Qu'est-ce que tu fais ?
-Oui !
On va leur imprimer des visas, mais c'est pas parce qu'on est
la dernière ambassade ouverte qu'on doit prendre en charge tous ceux
que les autres pays européens ont laissés derrière eux.
Je ne peux pas faire de miracle. Je vous rappelle.
-J'ai reçu des infos troublantes.
Les talibans ont pris Jalalabad et la prison de Pul-e Charkhi.
Ils libèrent tout le monde : les talibans, les criminels
et les membres de Daech.
-Mais pourquoi ils font ça ? -Ils parlent d'amnistie générale,
mais ils cherchent à ce que Daech commence à semer le chaos ici.
Les talibans vont attendre le 31 août pour entrer dans la ville.
-C'était pourtant le deal. -Ca l'était.
-Alors vous pensez qu'on devrait fermer l'ambassade ?
-Ouais. Plus personne n'est en sécurité ici.
-OK, je vais en parler avec Paris, je vous tiens au courant.
-J'ai entendu ce qui s'est passé à Pul-e Charkhi.
Les talibans sont arrivés, ils sont entrés dans la prison
et ils ont ouvert les portes pour libérer tous les prisonniers.
Il faut que vous partiez.
C'est trop dangereux.
-Ca l'est tout autant pour toi.
-Zahara.
Toi, tu es une femme,
et tu as fait condamner ces terroristes.
Tu es tout en haut de leur liste des gens à abattre.
-Les talibans n'entreront pas dans Kaboul
tant que les Américains n'auront pas plié bagage,
et au pire, mon mari et moi avons obtenu des visas français.
-Vous devriez à cette minute être déjà dans un avion pour la France.
-Oui, et toi, tu vas faire quoi ? Il rit.
-Je suis bien trop vieux pour partir.
-Tu es peut-être trop vieux pour partir mais bien trop jeune
pour être exécuté, non ?
-Ne t'inquiète pas pour moi.
Je vais prendre ma retraite et ils me laisseront tranquille.
-Tu feras quoi
de tes journées ? -Je prierai matin et soir
pour que le jour où les talibans seront à nouveau chassés d'ici,
je sois toujours en vie
et que le jour où ils reviendront encore,
cette fois, je sois déjà mort.
-Des véhicules en approche !
Les talibans ! En position !
...
-Qu'est-ce qu'on fait ? -Préparez-vous à combattre.
-Ils sont trop nombreux.
-Reprenez immédiatement votre position !
Restez à vos postes !
-Fazal, c'est du suicide !
On n'est pas assez nombreux.
On sera impuissants face à eux, on ferait mieux de se tirer.
-On n'abandonne pas son poste. -Tu veux faire quoi ?
On les combat à deux ?
-ALLAH AKBAR !
Tirs.
-Hola, mes frères !
Déposez vos armes !
La guerre est finie
et par la grâce d'Allah,
vous êtes tous pardonnés !
Rentrez chez vous pour célébrer la victoire du peuple
sur l'envahisseur !
-OUAIS !
-OUAIS ! -VICTOIRE !
-ALLAH AKBAR !
-Kaboul est à nous !
-ALLAH AKBAR !
-La guerre est finie !
Cris de victoire.
...
-Merci.
-Il y a 450 calories là-dedans ?
Ils doivent y ajouter du glutamate ou un truc du genre.
-Ils feraient mieux d'y ajouter un peu de goût.
Merci.
-Waouh ! 0,03 gramme de sel seulement.
-Quand tu perdras ta jambe sur une mine antipersonnel,
tu seras content de savoir que ton artère fémorale était pas bouchée.
-Les talibans sont entrés dans Kaboul !
D'après les Américains, le palais présidentiel
va tomber entre leurs mains et ils vont arriver à l'aéroport.
On passe donc en alerte rouge. Préparez vos affaires, on évacue.
Un avion avec toute la délégation diplomatique italienne
quittera l'Afghanistan dans 3 heures !
-On n'a pas le temps, les gars !
Agitation, brouhaha.
...
-Bien !
Ca nous laisse
combien de temps ? OK. Mon chef de la sécurité est arrivé.
Rappelez-moi.
Ils se dirigent vers la Green Zone.
J'ai eu le général Mazuy au téléphone.
Ils se coordonnent avec les Américains pour envoyer 2 Chinooks.
Je vais immédiatement détruire les données cryptées
et les derniers documents sensibles.
Dans une heure, plus aucune trace de la présence française
en Afghanistan.
-Je prépare l'évacuation ?
-Ouais.
*-Le Président de l'Afghanistan,
Ashraf Ghani,
*a annoncé avoir quitté le pays. Les talibans
*parlent d'un transfert
pacifique du pouvoir à Kaboul,
*alors que leurs combattants
ont pris d'assaut
*le palais présidentiel.
-Quel salopard !
Il nous abandonne dans un tel moment.
-Ca te surprend ?
Il se tire les poches pleines de fric et son gouvernement aussi.
-Qu'aurait-il pu faire ?
Les talibans ont pris le palais présidentiel.
S'il s'était pas enfui, imaginez ce qu'il aurait subi !
-Je pense que quand on gouverne un pays
et qu'on a le sens de l'honneur...
on n'abandonne pas le navire.
-ALLAH AKBAR !
-ALLAH AKBAR !
-Ca ne sonne même pas. -Je suis sûr que tout va bien.
Il n'y a pas eu de combats entre l'armée et les talibans.
Baqir est à la maison ? J'espère qu'il aura eu le temps
de préparer vos valises. -Elles sont déjà prêtes.
-Je vais te ramener chez toi, c'est plus sûr.
-C'est une blague ? Ils m'avaient parlé de 2 Chinooks, on se retrouve
avec ça ? -Merde !
On peut pas mettre plus de 10 personnes là-dedans.
-On va d'abord évacuer les diplomates. Vous, moi
et la police, on attendra le prochain.
S'ils savent qu'un ambassadeur... -Pas question !
On évacue les diplomates, vous en premier.
-Je suis le capitaine de ce navire, je n'abandonne pas mon équipe.
-Vous n'abandonnez personne. Les talibans envahissent la Green Zone.
S'ils apprennent que l'ambassadeur de France est là, on est en danger,
alors allez-y, mettez ça.
Mettez ça. -OK.
-Vous allez monter dans ce putain d'hélico, c'est ma responsabilité.
Vous serez plus utile
à l'aéroport pour trouver un moyen de nous récupérer.
-D'abord le personnel de l'ambassade !
-On se retrouve à l'aéroport avant la tombée de la nuit.
-Le personnel de l'ambassade !
Avancez, avancez ! Plus vite !
Allez ! -Allez !
-Ils enverront d'autres hélicos ? -J'en sais rien.
-Mourad ? François ?
Je veux que l'ambassade soit totalement sécurisée.
Je veux une rotation au portail et que les Afghans soient à l'abri.
-J'ai besoin d'un inventaire de notre stock de nourriture.
Hélico.
Effervescence de la ville.
...
Tirs.
Klaxon.
-Vas-y, cours ! Ne m'attends pas.
Fonce, y a pas de temps à perdre !
...
Téléphone.
-Amina ? Comment tu vas ?
*-Ca va.
Et vous ?
*-On part pour l'ambassade
de France, rejoins-nous et dis à Ghulam de venir aussi.
C'est de la folie de vouloir rester ici sauf tu tiens à mourir !
*-T'as des nouvelles de Fazal ?
*-Oui, il va bien. Ta mère aussi. Je t'en prie,
viens avec nous à l'ambassade, il n'y a pas de temps à perdre.
*-Je peux pas partir,
*j'ai pas de visa.
-On trouvera une solution.
Viens en France avec nous.
-Calme-toi, allez-y maman et toi, je vous rappelle plus tard.
-Pourquoi t'as menti pour Fazal ?
-Je voulais pas qu'elle s'inquiète pour son frère.
-Restez pas dans la rue !
-Il faut vous dépêcher.
Ils ont pris le contrôle du quartier.
Faites vite !
Ils se dirigent par ici.
-C'est toi qu'ils recherchent.
-Dépêchez-vous, sortez par la sortie de secours.
-Viens avec nous !
-Non, pas question. -Rafi, ne sois pas ridicule.
On va à l'ambassade de France, viens avec nous.
-Je te l'ai déjà dit, je suis trop vieux pour partir.
Beaucoup trop vieux et trop faible.
Je vais essayer de le retenir un peu. Allez-y !
Je te remercie pour toutes ces années passées à tes côtés.
Ce fut un honneur de travailler avec toi.
Vraiment ?
Bonne chance pour l'avenir.
Qu'Allah te garde en vie et te protège.
Partez maintenant !
-ALLAH AKBAR !
-Faut la coincer ! -T'inquiète pas,
elle nous échappera pas.
Fracas.
-Où elle est ? -Où elle est ?
-Où est la procureure ?
-J'en ai aucune idée.
-Attrape-le.
-Me prends pas pour un con !
-T'es qui d'abord ? Son mari ?
Réponds !
Occupe-toi de lui.
-Infidèle ! -Ah !
Ah !
Pourquoi vous me frappez ?
-Où est-elle ? On va régler ça dehors.
Dis-nous où elle est.
-Vous voyez que je ne suis qu'un vieil homme.
Je ne sais rien,
je ne sais pas où elle et son mari sont en ce moment.
-Voici ce que les lois de la charia
nous ordonnent de faire subir aux infidèles.
"La récompense de ceux
qui font la guerre
"contre Allah et son messager
"et qui s'efforcent de semer
la corruption sur la Terre
"est qu'ils soient tués ou crucifiés ou que leurs mains
"et leurs jambes opposées
soient coupées,
"ou encore qu'ils soient expulsés du pays.
"Ce sera pour eux l'ignominie
d'ici-bas.
"Et dans l'au-delà,
"un énorme châtiment les attendra."
Coup de feu.
-Markus ?
-Si t'es venue m'engueuler pour Kaboul, c'est pas ma faute.
Ca fait des semaines que je demande à Berlin d'évacuer tout le monde.
Personne m'écoute. -Envoie-moi là-bas.
Au cas où t'aurais pas suivi les dernières infos,
on fait sortir nos équipes du pays.
-Le général Hassan est injoignable.
Il est le diable incarné aux yeux des talibans.
Il faut le faire sortir du pays. -Véra, tu seras plus utile ici.
-Il m'a sauvé la vie.
Markus.
Il m'a sauvé la vie.
Il n'a pas sauvé que la mienne.
Regarde ce qu'il a accompli à Kapissa.
Il a reconstruit des hôpitaux,
il a ouvert des écoles pour les filles.
-Je sais tout ça. -Il est l'avenir de l'Afghanistan.
Je connais bien le terrain.
Tu as dit toi-même que l'Allemagne ne faisait pas ce qu'il faut.
Laisse-moi sauver notre honneur.
-En admettant que l'honneur de l'Allemagne soit entre tes mains,
la dernière fois que j'ai vérifié, t'étais pas prête pour ça.
-Lis le rapport de mon psy si t'as le moindre doute.
Je ne suis plus sous médocs. Je vais beaucoup mieux.
Je veux y retourner.
Laisse-moi retrouver Hassan.
...
-Tu crois qu'on va réussir à atteindre la vallée du Panchir ?
-C'est notre seul espoir et celui de notre pays.
-Qui est-ce que tu vas appeler ?
-Un Américain. Il peut peut-être nous aider à aller jusque là-bas.
-Quel Américain ?
-Un type avec qui j'ai fait une mission.
-Quelle mission ?
-Aucune importance.
Il répond pas. -Perds pas ton temps.
Les Américains nous ont abandonnés.
-Je vais appeler mon père.
Allô ?
Allô, papa ? Je suis content de t'entendre.
J'arrivais pas à te joindre.
*-Mon fils, c'est toi ?
*Où tu es ? Tout va bien ?
Rejoins-nous à l'ambassade de France.
*-Comment va Amina ?
-Elle est en sécurité
*à l'hôpital.
-Je vais aller à Bagram.
On a réussi à contourner les barrages.
Ils sont arrivés tellement vite, j'ai rien pu faire.
*-Tu t'es battu pour ton pays.
*Tu as fait le maximum, t'as pas à avoir honte de quoi que ce soit.
*Mais maintenant, tu es autant en danger que nous.
*Tu peux pas rester
*en Afghanistan.
-Je peux pas abandonner mon pays.
-Les talibans ont gagné. On ne peut plus rien faire
*pour sauver ce pays.
-On va dans le Panchir.
*-Mais c'est de la folie !
Ni la plus grande armée du monde, ni la coalition internationale
n'ont réussi à vaincre les talibans.
Tu crois qu'il va se passer quoi dans le Panchir ? C'est du suicide.
Tirs.
*-Prends bien soin de maman.
Elle est en grand danger.
*-Les talibans déferlent sur Kaboul,
*aucune route n'est sûre.
Comment tu espères rejoindre le Panchir ?
Tu m'entends ?
Viens nous rejoindre à l'ambassade de France.
Profitons qu'elle soit ouverte.
*-Je t'aime, papa.
-Passe-le-moi. -Ta mère veut te parler.
-Non, pas maintenant.
Je vous rappellerai bientôt.
Soyez prudents, promis ?
Allons-y.
-Maman, on fait juste
une escale à Doha.
Mais normalement, je devrais être à Rome après-demain.
Maman, on est à l'aéroport là.
On est en sécurité ici, aucun risque.
On sait pas vraiment. Apparemment, ils sont entrés dans la ville,
mais l'armée américaine est partout, il n'y a pas de danger.
OK ? Je suis désolé, mais je dois y aller.
Je te rappelle quand on sera à Doha.
Oui, je sais, maman.
Je sais, oui.
Ouais, je t'aime moi aussi.
Ciao !
-Rome me demande
de rentrer immédiatement.
On a perdu un ambassadeur au Congo.
Ils ne veulent prendre aucun risque, ce qui est normal,
mais on doit garder une présence diplomatique.
-Je peux m'en charger. -Il y a des centaines de personnes
à évacuer, ce n'est pas à vous de choisir qui le sera ou pas.
-Je peux rester avec Massini. -Personne ne peut prédire ce qui
va se passer. Rome ne laissera pas
une femme dans un tel climat. -C'est une précaution absurde.
Il y a des soldats partout et ce serait une façon symbolique
de faire valoir nos principes. -Votre courage vous honore,
mais pas question que vous restiez. -Que fait-on alors ?
-Giovanni va rester. -Quoi ?
-Je suis pas sûr d'avoir compris. -Vous êtes parfait pour ce poste.
-Mais je crois vraiment pas...
-Tout ce que vous avez à faire,
c'est de rester ici et examiner
les candidatures. Le colonel Massini vous les apportera
et vous serez bien protégé. -Je suis pas d'accord avec ça.
C'est absurde de confier un tel poste
à un jeune diplomate qui n'a jamais quitté son bureau.
C'est pas par manque de respect que je dis ça.
-Si vous avez besoin de quoi que ce soit, on sera à vos côtés.
-Vous êtes le représentant italien officiel en Afghanistan.
Croyez-moi, ça va booster votre carrière.
*-On arrive.
*Tout est OK.
-Même l'Otan peut pas nous garantir qu'on pourra survoler Kaboul.
Merci.
Oui. Balard est en train de négocier avec les Américains
pour qu'ils nous envoient des forces spéciales.
Je vais essayer de parler directement avec eux,
vous allez devoir tenir bon.
*On fait tout pour vous sortir de là.
-Je comprends.
-Alors ?
Les Américains aussi ont été pris de court.
Ils ont des milliers
de personnes à évacuer.
Ils vont pas pouvoir nous aider tout de suite.
-Et pour ce qui est des forces spéciales ?
-Il y travaille.
-On peut pas garantir la sécurité ici.
Il faut qu'on bouge.
-Cette décision n'a pas été prise.
-Et si une centaine de talibans débarquent, on fait quoi ?
-Ils ont d'autres priorités pour l'instant.
-Qu'en sais-tu ? -Tous les Afghans sont à l'abri
dans le jardin. -Parfait.
Allô ? Oui, si vous avez un visa,
venez à l'ambassade.
Les portes sont toujours ouvertes.
Soyez prudents. -T'as perdu la tête ?
On est plus de 40 ici.
On sait pas comment on va être évacués et tu dis à d'autres
de venir. Plus personne n'est en sécurité ici.
-Leur vie est en danger et on est responsables
de leur sécurité. -Pas au détriment de la nôtre.
-C'est moi le chef de la sécurité de l'ambassade. Que ce soit clair :
j'ai pas à justifier chaque décision que je prends.
-On y va.
Vibreur.
-Salut, Monica.
J'y vais seulement une semaine.
Non, j'ai pas le droit de te dire où, tu le sais bien.
Je te promets.
OK.
Moi aussi je t'aime. A plus !
-La presse est au courant. -Elle va pas tarder à l'apprendre.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Nos avions reviennent presque vides.
Dans le dernier, il n'y avait que 7 Afghans.
-Votre voiture est là. -Ah ! Super.
-Giovanni !
Ma dernière clope à Kaboul.
C'est marrant, je trouve.
Tu avais peur de mettre un pied à l'extérieur de ton bureau,
et là, c'est l'extérieur qui est venu à toi.
Tiens !
Prends-les. Tu en auras plus besoin que moi.
Je voulais juste rester et aller au bout de ma mission.
C'est pas parce que je te fais pas confiance.
-Vous me dites ça pour pas que je m'effondre.
-Si les choses tournent mal,
tu peux toujours te planquer.
Il y a un trou derrière nos containers, il est protégé
par une trappe.
Il te suffit de te glisser dedans en rampant.
Je plaisante.
Il n'y a pas de trou, pas de planque.
Mais notre armée est là.
Hé ?
Tout va bien se passer. -Ouais.
-Salut.
*-Dernier appel
pour l'embarquement.
-Par la grâce d'Allah,
nous avons libéré le pays
de l'oppresseur américain.
Le gouvernement a fui le pays
et c'est nous qui sommes l'autorité suprême.
Les moudjahidines commandent ici.
Vous pouvez continuer à travailler et à prendre soin des patients.
On va vous aider et édicter des règles
de conduite mais en attendant,
occupez-vous de vos patients.
-Je préfère mourir que d'être sous vos ordres.
-Tais-toi ! -Laissez-la.
-Retournez travailler.
Tout le monde retourne travailler !
Retournez au travail !
Allez !
Dispersez-vous !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Les talibans sont là ? J'ai entendu qu'ils allaient venir.
-Oui, mais ils ne te feront aucun mal.
-Tu vas m'abandonner ? -Il n'en est pas question.
-Les infirmières vont partir.
-Je suis docteur et je compte pas quitter mes patients. D'accord ?
C'est quoi ta chanson préférée déjà ?
-"Rashaa Janana" d'Aryana Sayeed.
-Parfait.
Fracas et cris.
-Allez-vous-en !
*... ...
-Je reviens dans une minute.
*... ...
*...
-Ca va, tu tiens le coup ?
Pas trop crevé ?
-Il faut qu'on roule le plus loin possible, cette nuit.
Ce sera plus compliqué de passer inaperçus demain.
En plein jour, je veux dire.
Il respire fort.
...
-Voilà l'ambassade.
On y est arrivés.
Je vais voir ce qui se passe. Attends-moi ici.
Excusez-moi.
Brouhaha.
...
Excusez-moi.
Les Français sont partis ? -Non, ils ont fermé le portail.
-On nous a dit que c'était ouvert. -Les talibans ne sont plus loin.
-Ma femme et moi, on a des visas. -On en a aussi. Que croyez-vous ?
Il tape à la porte.
...
...
-Comment on a pu en arriver là ?
-Oui, bonne question !
-Ils ont dû se passer le mot.
C'est le seul endroit pour se réfugier.
-Dispersons la foule, on ignore ce que les talibans peuvent faire.
-Laissez-les entrer.
-Si les talibans prennent l'ambassade,
ça pourrait se transformer en prise d'otages.
Gilles, le portail doit rester fermé,
sinon on aura la moitié de la ville à nos portes.
-OK.
-Le portail reste fermé.
Je répète, le portail reste fermé.
-Pas encore couché ?
-Non.
J'avais soif et pas de bouteille d'eau sous la main.
-Et ? Vous avez trouvé de l'eau ? -Hm hm.
Où sont les talibans maintenant ?
-Ils ont pris toute la ville, monsieur le consul.
-"Monsieur le consul" !
-Oui.
-Vraiment ?
-Oui. Et c'est d'un consul
qu'on a besoin.
Allez vous reposer.
On va avoir une nouvelle vague de réfugiés demain matin.
-Tu sais, quand j'avais 12 ans,
j'étais le meilleur élève de ma classe.
Mes professeurs auraient voulu que j'aille à Kaboul pour le lycée.
Ils étaient même persuadés, qu'ensuite,
je pourrais faire des études supérieures
dans une prestigieuse école américaine.
A l'université de Yale
ou bien de Harvard.
Mes parents étaient pauvres, alors mon père a refusé.
-Je me demande ce que ce pays aurait pu devenir si S. Rassouli
avait été à Yale ou à Harvard.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Regarde là-bas.
-Qu'est-ce que tu as vu ? -Mohammad.
-Le taliban que tu as fait condamner ?
-Si jamais il repasse ici,
il va me reconnaître.
Baqir, qu'est-ce qu'on va faire ?
On peut pas rester ici, devant une porte fermée.
-On n'a pas le choix, ils vont finir par ouvrir.
-C'est quoi ça ?
-Des Américains ?
-Des Américains, ici ?
-Qu'est-ce que vous venez faire par ici ?
-On est des fermiers.
On veut aller au marché de Kaboul,
mais on a décidé de rentrer chez nous plutôt.
-Qu'est-ce qu'il y a dans votre coffre ?
-(Les armes.)
-Vérifiez le coffre.
Il tape sur le coffre.
-Il est fermé ! Ouvrez-le.
-Qu'est-ce que vous foutez ?
-Arrêtez-vous tout de suite !
-Arrêtez-vous !
-Tirez sur les pneus !
Tirs.
-Suliman !
-Allez, dépêche-toi !
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