All language subtitles for Видео Les.ames.soeurs.2023.FRENCH.WiTH.AD.HDRip.x264 OK.RU

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Original subtitles

Musique mystérieuse Brouhaha

... ...

Des enfants jouent et tapent des mains.

... ...

Cris joyeux

... ...

...

*Radio

... *...

...

Explosion

...

*-Situation chaotique au Mali.

*Malgré les désertions parmi les rebelles,

*les djihadistes gagnent du terrain.

*Le sentiment anti-français s'est accru au sein d'une partie de la population,

*rendant l'avancée des troupes délicate.

*Comment voyez-vous les choses...

Aboiement

-Allez !

Elle siffle. Aboiement

Flambeau !

...

Bon, tu rentres ?

Aboiements

...

...

Ça va ?

-J'ai essayé de t'appeler.

-J'ai bossé toute la nuit, alors je dors dans la journée.

-C'est ce que je pensais.

C'est Rachel Friedman, notre mairesse.

-Bonjour.

Tu nous laisses ? -Mmh.

-Ça vous ennuie si on va marcher un peu ?

C'est votre frère, David, il a été rapatrié aux Invalides.

Son véhicule blindé a sauté sur un engin explosif.

Il est dans le coma.

Je suis désolée.

Va falloir être patient.

Je peux faire quelque chose pour vous ?

Jeanne ?

Respiration forte

...

Ralenti

...

Respiration forte

...

Musique mélancolique

...

-Marcel ?

-Je suis là !

Horloge

...

-Je dois partir un temps à Paris, je règle le loyer maintenant.

-Merci, Jeanne, pose ça sur le piano.

Je vais liquider le domaine.

Je suis désolé, mais je m'en sors pas.

On en parlera à ton retour.

Tu veux boire quelque chose ?

-Non, merci.

Faudrait taper un grand coup de ménage, non ?

-Pour quoi faire ? Tout est vendu.

À ta santé.

-Marcel, je te propose un marché.

Je te fais un bon nettoyage en rentrant, et tu gardes Flambeau.

-Tu vas foutre quoi ?

-Voir mon frère.

-Mettez du gel.

Les patients dans le coma sont sensibles aux germes.

N'oubliez pas le masque, la blouse et les chaussons.

Tenez. -Merci.

Bips

... Respirateur artificiel

... ...

-Soyons réalistes.

N'espérons pas une amélioration qui n'aura peut-être pas lieu.

Vous ne nous le pardonneriez pas, si ?

-Je vous en prie, soyez simple et directe.

-Allons dans mon bureau.

-C'est pas la peine. Dites-moi la vérité, c'est tout.

-Si son état reste stationnaire,

il faudra votre accord pour arrêter les soins.

-Il s'en sortira.

Musique mystérieuse Bips et respirateur artificiel

... ...

... Léger brouhaha

Cloche

... ...

... Bips et respirateur artificiel

... ...

...

... Léger brouhaha

... ...

... Bips

Respirateur artificiel

Bips

...

Gémissement

Il bouge !

Bips

David ?

-David ? Gémissement

Gardez votre masque, David. -David !

-Gardez-le.

David, vous êtes à l'hôpital, à Paris.

Vous êtes ici depuis une semaine. On vous a ramené du Mali.

Parlez-lui, il connaît votre voix.

Bips Râle

-David ?

... ...

David, c'est Jeanne !

Tu m'entends ?

-Appelez-le, je vais chercher le médecin.

-David ! Râle

David, tout va bien, je suis là.

Tu m'entends ?

... David ?

-C'est plus le même depuis votre visite.

Vous avez des superpouvoirs.

C'est à la mode, mes gosses pensent qu'à ça.

Rire Non, plus sérieusement,

on va dire que c'est le hasard. J'aime pas ce mot.

-Vous pensez pas que ça existe ?

-Ah, non. En tout cas, j'ai pas fait médecine pour ça.

-Je le connais, David, il veut pas mourir.

-Oui, mais ça va être un marathon pour le remettre sur pieds.

C'est mieux que vous rentriez chez vous.

-J'habite loin. Je reste, je le verrai tous les jours.

-C'est pas une bonne idée, il doit être complètement entre nos mains.

Ça demande beaucoup de discipline, de concentration.

Vous comprenez ?

Est-ce que je peux vous prendre en photo ?

-Pour quoi faire ?

Déclic

-Avec un sourire ?

...

-Détendez-vous.

-Ne vous crispez pas. C'est normal d'avoir mal.

-Avec la prémédication, ça devrait vous soulager.

-Respire.

-Détendez-vous. -On va faire doucement.

T'inquiète pas.

-C'est vrai, c'est un soin qui reste douloureux.

-David, j'ai découpé le pansement.

Je vais faire l'autre côté, avec Nathalie.

Il respire fort.

...

-Continue. -Voilà, on a bien avancé,

on a bientôt terminé.

-Voilà, ça y est, on a découpé.

Maintenant, je dois décoller le pansement.

T'inquiète pas, ça ira.

On y va. Il suffit que toi, tu respires, tu souffles.

Tu essaies de te détendre.

Il gémit. J'y vais, tout doucement.

... -Allez, c'est parti.

...

... -Respire. Je sais que ça fait mal.

... Respire.

...

Bips

...

Porte

On ouvre le rideau.

Bips

...

Gémissement

...

-Surtout, vous forcez pas.

Vous pouvez pas encore parler, c'est normal. Avoir mal aussi.

On va vous faire quelques misères, vous allez vous reposer.

Ensuite, on enlèvera les perfusions et je m'occuperai de vous.

Je suis le Dr Fanch-Tanguy.

Le chariot roule.

...

-David, je vous colle des électrodes, c'est pour renforcer les muscles.

Ça va vous envoyer des petits stimuli électriques.

Ça va bouger un petit peu, c'est normal.

C'est indolore.

Bip

...

-J'y vais tranquillement.

Souffle court

Je suis en train de vous masser, d'accord ?

...

Souvent, ça existe, il y a des adhérences.

Donc là,

je suis en train de lever les adhérences.

-Ah !

Vous reconnaissez le goût ?

C'est des carottes.

Vous connaissez votre prénom ?

C'est David, votre prénom.

Ah !

Vous savez, David, vos idées sont encore embrouillées,

mais c'est normal. Vous inquiétez pas, ça va revenir.

Ah !

Encore ?

Vous êtes sûr ?

Vous savez, il faut reprendre des forces.

-Il faut s'exercer, même si c'est décourageant.

Voici Valérie, l'orthophoniste qui va s'occuper de vous.

-Bonjour, David.

David, vous présentez des difficultés d'articulation.

Alors, on va travailler les praxies,

c'est-à-dire les mouvements des lèvres.

On va essayer de dire "bonjour",

et pour cela, on va serrer les lèvres.

Faites comme moi.

Bonjour.

-"Bonyour". -C'est très bien.

On recommence.

Musique classique au piano

...

Moteur

-OK, les filles. On l'accompagne dans l'eau.

-Ouais. -Tranquillement.

On le mettra en décubitus dorsal.

On va travailler un peu la respiration.

-Ça va bien se passer. -On va tout dégager. Voilà.

-Reste bien avec moi. -Et voilà.

-OK ! Souffle court

On est bien. -Juste là.

-OK, les filles, vous pouvez... -Je te mets la tête là.

-OK, on est bons. -Voilà !

-Voilà. -Super.

-Accompagne aussi les jambes. -Ouais.

-OK, David, tout va bien.

-Détends-toi, super. -Respire.

Prends de grandes inspirations par le nez.

Tu expires.

Tu bloques un petit moment, et on recommence.

Pense à respirer par le nez, c'est important.

Respire.

On est bien. Continue, c'est très bien.

Ça va, les jambes ? -Détends un peu.

-OK. -Voilà.

Super. -Mmh.

Aspiration

...

...

...

-Vous connaissez cette odeur ?

Ça, c'est de l'orange.

Et celle-ci, est-ce que vous connaissez ?

Ça, c'est du jasmin.

-Bonjour, David. Soupir

Aujourd'hui, vous allez faire partie du monde des gens debout.

Allez !

-On pivote d'abord pour sortir les jambes du lit.

On va te sortir en tournant le tronc.

Hop !

-Voilà. -Voilà.

Donnez-nous les mains. -Attrapez les pouces.

Voilà.

Prenez appui sur vos deux jambes.

On se laisse pas aller, OK ?

Allez, on se laisse pas aller !

Parfait !

-Vous avez pas la tête qui tourne ?

-Allez, super !

-Je vais tomber.

-Super ! Vous pouvez parler, maintenant. Rire

-Onze.

Douze.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Soupir

Seize.

Dix-sept.

Il halète.

...

-Cette personne...

vous la reconnaissez ?

Non ?

C'est Jeanne.

C'est votre sœur.

Je vous enverrai la photo sur votre ordinateur.

Vous lui expliquez ? -Je m'en occupe.

-Pas de porno. C'est pas interdit, mais c'est trop tôt.

Et évitez les infos, parce que c'est trop déprimant.

-Vous allez voir, c'est simple.

Vous cliquez avec le pad, bien à gauche, et toutes les icônes apparaissent.

Internet, documents, photos. Vous avez vos mails.

Regardez.

Vous cliquez là, hop !

Et là, quand ça apparaît, vous slidez ici.

*Musique burlesque

*...

Rire

*... ...

Aboiements

...

Il sonne.

-Bonjour. Je suis en retard, je me suis perdu.

-Bonjour.

-Je suis le psy, on avait rendez-vous.

-C'était pas demain ? -Non, 17 h aujourd'hui.

-Désolée, je mélange tout. Entrez.

-Madame Faber, votre frère vous a désignée personne de confiance.

Son dossier médical m'a été transmis par le Dr Fanch-Tanguy.

Vous l'avez rencontré à Paris. -Oui.

-Le bilan somatique est normal.

L'IRM encéphalique, l'électroencéphalogramme,

le doppler cervical, l'artériographie... Aucune anomalie.

Tout est normal, tout est rassurant.

En revanche,

les tests neuropsychologiques sont très perturbés.

Il montre des troubles mnésiques.

-Des troubles mnésiques ?

-Des troubles de la mémoire.

Par exemple, il a du mal à citer des noms d'animaux.

Il ne souvient de rien de sa vie avant l'explosion de la mine.

On appelle ça une amnésie dissociative.

Ça survient chez environ 1 % des blessés psychiques de guerre.

On retrouve souvent des traumatismes infantiles chez ces patients.

-Une amnésie, mais...

Ça va durer longtemps ?

Il peut retrouver la mémoire ?

-Sa mémoire est pas effacée, elle est présente.

Mais il a perdu l'accès à la mémoire.

Quand il va le récupérer ? Je peux rien vous garantir.

Mais j'ai bon espoir.

Un soldat israélien a eu la même chose.

À deux mois du trauma, des bribes revenaient.

À six mois, il avait tout récupéré.

-Et... comment je dois me comporter avec lui ?

-Normalement.

Sollicitez des souvenirs.

Vous pouvez lui parler de sa famille.

L'idéal serait qu'il renoue progressivement avec le passé.

Mais ne forcez pas les choses.

L'amnésie, c'est une défense. Vous comprenez ?

Son psychisme le protège. C'est une longue patience.

Musique douce

...

-C'est vous.

...

*-T'as maigri, mais ça te va bien. Je te trouve beau.

*Je veux pas te forcer à parler.

*Faut que tu gardes le moral.

*Mmh ?

*Ils m'ont fait remplir le dossier d'invalidité à la mairie.

*C'était technique, mais ils m'ont expliqué.

*Je vais pas rentrer dans les détails, j'ai peur de t'ennuyer.

*C'est une super nouvelle, ça va te faire une pension.

*Ils m'ont aussi appris à soigner les brûlures.

*La mairie m'a trouvé un stage, une formation de haut niveau.

*Rire

*Je vais bien m'occuper de toi.

*Pour l'instant,

*c'est que des simulations sur des mannequins.

*Inspiration

*J'ai envie d'être près de toi. *Soupir

-Oui.

Oui.

Moi aussi.

Orage

...

Musique mystérieuse

...

... Léger brouhaha

... *Radio

... *...

... Chants d'oiseaux

... ...

-C'est notre vallée.

Tu reconnais ?

-Non.

Je reconnais rien.

...

-On arrive.

...

Frein à main

-C'est ici ?

-Donne.

Je te laisse le lit, je prendrai le canapé.

Ça, c'est la salle de bains.

Soupir Ça te rappelle rien ?

-Non.

Il y a une odeur.

Tu fais jamais le ménage ?

-Pourquoi ? Tu trouves ça sale ?

-C'est bien, chez toi.

Soupir

-Mais oui, tout va bien, oui.

Aboiement Il a bouffé deux coussins.

Rire

Oui.

Sonnette Aboiements

...

-Flambeau !

...

Oui, oui, oui !

Merci, Marcel. Oui !

Oui ! Chut...

-Je suis content de te voir.

J'ai pris un coup de vieux.

-Euh, écoute, c'est mieux que tu nous laisses.

Je suis désolée, David a des problèmes de mémoire.

Il te reconnaît pas, ça le perturbe.

Petit cri Il frémit.

... ...

-C'est qui, lui ?

Ton amant ? -Marcel ?

Rire

Soupir

Grillons

...

T'as pas faim ? Tu veux quelque chose ?

-Non, ça va.

...

-C'est normal que tu dormes pas. Le docteur m'en a parlé.

...

-J'ai peur de pas me réveiller quand je m'endors.

Puis ça me gratte tout le temps.

J'ai envie de m'arracher la peau.

...

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Tu vois bien.

Tu laisses tout partir en couilles.

-C'est pas grave, une porte qui se ferme pas.

-Si, c'est grave.

On vit ensemble, Jeanne.

Faut que tout soit nickel.

Soupir

T'as fait des courses ? -Ouais.

-Des fruits et des légumes, ce serait plus sain.

-T'as réussi à faire ta toilette ?

-Ouais.

Ça m'a pris une heure.

D'ailleurs, viens voir.

Le savon, il reste que ça.

T'en as racheté ?

-Bah, je... je... -Bah, non.

Et les ampoules, y en a combien ?

-Deux.

-Combien qui marchent ?

Une.

Soupir

Faudrait peut-être en racheter.

C'est comme Flambeau.

Tu trouves ça bien qu'il vive avec nous ?

C'est un sac de puces et de microbes, ce chien.

Je fais gaffe, je peux pas tomber malade.

En plus, il a une niche dehors.

Il sera très bien dehors.

D'ailleurs, j'aimerais que t'arrêtes de dormir dans le canapé.

On a assez de place, on peut dormir ensemble.

-Je sais pas si j'y arriverais.

-Pourquoi tu y arriverais pas ? -Je sais pas.

-T'as peur de moi ?

Rire -Non.

-Bah, alors ?

En tout cas, moi, si je te sens près de moi...

je suis sûr de dormir mieux.

-Tu me dis si je te fais mal.

Il gémit.

...

J'y vais ? -Ouais.

...

...

Ça me fait chier que tu fasses l'infirmière.

-C'est normal.

Je veux prendre soin de toi.

-Tu te débrouilles bien. Rire

-J'y vais.

Gémissement

Soupir

...

Ça va ? -Ouais.

-J'y retourne.

Musique mystérieuse Moteur

... ...

... *...

... Propos indistincts

... Moteur

... *...

...

*-Hello, Jane.

*Rire *Ici, Tarzan.

*Il imite Tarzan.

*J'espère que ça roule.

*Super journée. On s'est ensablés. Les mécanos ont assuré,

on y serait encore. Plus on s'approche de Kidal,

plus on cuit. On a qu'une douche par jour.

Mais ça va, je garde le moral.

Je t'envoie ça dès que j'ai du réseau. Ici, la 5G, ils connaissent pas.

Flambeau, il va bien ? J'espère. Je t'embrasse.

Voici ta grimace préférée.

-David !

Il faut stimuler ta mémoire. -Ça marche pas, putain !

Arrête avec tes exercices à la con !

Je me souviens de rien de tout ça.

Tu vois pas que ça me fait flipper ?

Putain !

-David !

Tu vas où ?

Tu vas où ? -Faire un tour.

-C'est bien de pas te décourager.

Ça va revenir, ça prend du temps.

Hein ? -Des conneries !

Ça reviendra pas.

Faut que j'apprenne à vivre comme ça.

Quand je vois ces images de l'armée...

C'était ça, ma vie d'avant ?

Ce que je dois regretter ?

Non, Jeanne, je t'assure.

Au contraire.

Je préfère être ici.

Avec toi.

Chants d'oiseaux

...

Pourquoi t'as accepté ? -Elle veut te rencontrer.

J'allais pas lui dire non.

Pour elle, t'es un héros.

-Un héros, tu parles.

-Rachel est désolée.

Elle aura un peu de retard.

-"Dans un blindé, il y a 9 mois,

"le lieutenant Faber sautait sur une mine au Mali."

Tiens, tu dois t'entraîner à lire.

-"Après quelques mois éprouvants à l'hôpital des Invalides,

"c'est dans son Ariège natal qu'il passe sa convalescence."

-Ça va ? T'as bonne mine pour un revenant.

Tu sais, on était très amis.

-Comment tu t'appelles ? -Nadja.

-Enchanté. -Mmh.

-Je peux vous envoyer un infirmier.

-Non, ça va, je me débrouille bien. Hein ?

-Moi, je veux pas quelqu'un d'autre.

-Ce qui m'effraie, c'est l'isolement.

Entre votre sœur et votre voisin Marcel...

C'est pas la compagnie idéale. -On le voit peu.

-Bah, justement. Vous voyez personne.

Ça m'inquiète. -On est pas tout seuls.

On est avec la nature. Rire

Hein, Jeanne ?

-C'est bien joli, la nature, mais ça remplace pas la société.

Je peux dire "tu" ? C'est plus simple. -Mmh.

-Je vais essayer de te faire participer à la vie de la commune.

C'est malsain de rester emprisonné là-bas.

-Je me sens pas emprisonné.

-David, on est en retard !

-Mais dis donc, tu t'es fait beau !

-T'as vu ça ? Rire

-Tu te fais pas chier au conseil municipal ?

-Je regarde.

J'écoute.

J'ai pas de passé, ça me fait un présent.

*Musique classique -Le but est simple.

Racheter la bâtisse de Marcel

pour la rénover et en faire un parc écoresponsable.

Le premier parc de la région.

On conserve entièrement la bâtisse,

mais elle sera recouverte de végétation pour plus de charme.

On va ajouter, un peu partout, des éléments modernes.

Un restaurant sera mis à disposition sur une magnifique terrasse

sur pilotis sur le lac.

Un chef étoilé local travaillera des produits du terroir.

De quoi détendre les clients. Je précise,

tous les matériaux sont écoresponsables et recyclés.

On respecte la nature et l'environnement.

Ces bungalows sont intéressants, on a une chambre entièrement vitrée

et une petite terrasse avec vue sur le lac.

De quoi détendre les familles stressées.

Le projet a été construit pour garder le charme à l'ancienne

de la bâtisse de Marcel et pour plaire à nos locaux.

Et faire un glamping : un confort pour les parents,

de l'aventure pour les enfants.

-C'est écologique, Rachel. Je peux vendre

ce qui m'appartient. -Je t'empêche de rien.

Je te rappelle que tu vends à une société, pas un particulier,

il faut l'accord de la commune.

-Faisons vite, j'aime pas les discussions. Je décide seul.

-Ça te réussit pas.

-Désolé, Marcel, mais je m'y oppose.

-Non, le tourisme, ça participe au développement de la commune.

Il faut l'accompagner. -Quel développement ?

C'est une fuite en avant.

Comme d'habitude. Ça concerne pas notre population,

nos chômeurs.

-Un parc va entraîner de la création d'emplois.

Pour les espaces verts, les services....

-Une précision, il faut le savoir en amont.

On garde la liberté sur le recrutement de nos équipes.

-Et voilà.

-En privilégiant les locaux ? -C'est sur les compétences.

S'ils sont compétents, volontiers. -Des néoruraux,

au rabais, les natifs l'ont dans le baba.

-C'est pas possible. Si vous engagez pas les habitants,

on va pas s'entendre. -J'en ai rien à foutre de tout ça !

Je vends à qui je veux, je suis libre, je veux partir de ce bled pourri.

-Tu restes parmi nous,

c'est ta place !

Tu vas aller où ? Dans un EHPAD ?

-J'en peux plus. Je me barre.

-Excusez-moi, on met le projet en instance.

On en reparle, d'accord ?

Chants d'oiseaux

...

Respiration forte

... ...

Chants d'oiseaux

...

-Marcel !

Marcel !

Marcel, arrête !

Arrête !

Arrête !

Marcel, viens ! Viens ! Arrête !

Viens, Marcel.

Viens.

Viens.

Souffle court

...

Voilà.

...

Il est sec, ton manteau ?

Ah, oui !

Soupir

...

-Dis donc, David, t'as jamais été bavard,

je vois que ça s'est pas arrangé.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Cloches d'un troupeau Pourquoi t'aimes tant cet endroit ?

-C'est là que maman travaillait.

-C'est pour ça qu'on vient souvent ?

-C'était un hôtel trois étoiles avant.

Maman bossait à la réception.

Le matin, elle se levait tôt,

elle prenait la voiture, elle montait au col du Chioula.

Le soir, elle rentrait tard.

Même l'hiver, la nuit, avec la neige et tout.

Nous, on était déjà couchés.

-Tu faisais la bouffe ? -Forcément.

Un jour, ça a fermé.

C'est devenu ça. Rire triste

-Et après l'hôtel, elle a fait quoi, comme boulot ?

-Rien.

Elle a cherché, pourtant, mais elle a pas trouvé.

Alors, elle a fini

par s'occuper de l'entretien chez Marcel.

Il nous a loué une partie de sa maison.

Voilà.

-Marcel, il s'habille souvent en femme ?

-Des fois.

Des fois en homme, des fois en femme. Ça dépend.

Petit rire

Moteur de moto

...

-Je vais économiser sur ma pension.

Je voudrais m'acheter une moto.

-T'en avais une. -Ah bon ?

-Ouais. -C'est vrai ?

-T'en faisais tout le temps.

-C'est vrai ? -Ouais.

-C'est la 1re fois qu'un truc que je faisais avant

me fait plaisir.

Rire

Le reste, l'armée, tout ça...

Ça me gonfle. C'est mieux de pas en parler.

-On peut pas faire comme si t'avais pas existé avant.

-Puisque j'ai tout oublié,

ça revient au même, non ?

-Allez, cherche !

Cherche, Flambeau, allez !

Non, tu poses ! Vas-y, cherche !

Allez !

Cherche, Flambeau !

Cherche !

Allez, cherche ! Allez, Flambeau, cherche !

Cherche !

Flambeau, au pied ! Cherche ! Jappement

Cherche, Flambeau ! En avant, allez !

Flambeau, cherche ! Allez ! ...

...

Coups de marteau

...

Frottement de la scie

...

-T'as des doigts de fée, maintenant.

Rire

-Arrête.

Te fous pas de moi.

-Non, sérieux.

Je commence à réagir.

-Je veux pas le savoir. -C'est normal, c'est la vie.

-Tu vas souvent en forêt.

-Je m'y sens bien.

Je me sens chez moi.

Tu m'as vu ? -Je me demandais ce que tu foutais

dans cette grotte.

-Je te montrerai quand j'aurai fini. Soupir

-T'as toujours aimé la nature. Tu séchais l'école.

Maman disait : "On va faire quoi de ce gosse ?"

-Jeanne, parle pas de mon passé. Chaque fois, c'est pareil.

Ça me ruine le moral. -Désolée.

-Sois pas désolée.

On est là, maintenant.

On est heureux, non ?

Ouais ?

Crissement

Aide-moi.

Oh. -Alors ?

-Super. -Ça vous a plu ?

-Dur de freiner dans les virages. -Les plaquettes sont neuves.

Ça doit se roder un peu. -D'accord.

J'ai retrouvé mes réflexes. -Tu fais des progrès.

-Monte !

Me fais pas tomber. Je suis plus si costaud.

-J'ai pris du poids, ça compense.

-On roulait souvent ensemble ? -Tout le temps.

Même quand il neigeait, t'avais pas peur.

-Et toi ?

-Quand je suis avec toi, j'ai pas peur.

-Je ferai gaffe. Accroche-toi à ma taille, pas mon torse.

Musique mélancolique

...

Soupir

Il renifle. Aboiements

...

Putain, ce chien !

... Moi, je passe par devant.

Le chien gémit.

-Flambeau ! Oui, mon beau !

Allez !

...

Murmures

...

(Faut souffler les bougies.)

-Ah.

Il souffle.

...

Rire

Applaudissements -Bravo !

... Bravo, David !

...

-Un discours !

-UN DISCOURS ! UN DISCOURS !

UN DISCOURS ! UN DISCOURS ! -Allez, allez !

-Un discours ? Je sais pas.

Ça fait un an que je suis sorti du coma.

Vous auriez pu mettre une seule bougie. Rires

On se connaît pas mais j'espère que vous serez dans ma nouvelle vie.

Merci à vous d'être là ce soir, c'est gentil.

Applaudissements

... -Bon, je te présente mon mari, Bruno.

Il a une surprise pour toi.

-J'ai fait répéter les filles toute la journée.

Sur...

-SUR LA JUNGLE ET LE DÉSERT

SUR LES NIDS, SUR LES GENÊTS

SUR LES CÔTES DE MON ENFANCE

J'ÉCRIS TON NOM

SUR LA SANTÉ REVENUE

SUR LE RISQUE DISPARU

SUR L'ESPOIR SANS SOUVENIRS

J'ÉCRIS TON NOM !

LIBERTÉ

-Tu reprends quand ?

-J'en ai marre de la sécurité.

Passer mes nuits à surveiller les entrepôts,

les supermarchés...

Je voudrais faire du sauvetage. -Bonne idée.

Bruno est guide de haute montagne.

-Le sauvetage demande une complicité avec les chiens.

-Pas de problème.

-Tu connais des équipes cynophiles.

Tu pourrais l'aider, tu travailles avec eux.

-Ah, ma chérie.

Ça se fait pas comme ça. Faut des compétences.

-Quelles compétences ?

-300 h de formation. Pistage, décombres, surface.

-Tu t'endors. -Dodo ?

-C'est dodo, là. -On y va.

-On y va. -Merci, Rachel.

-Avec plaisir. La salle des fêtes sert à ça.

Ton frère fait le plus beau des métiers.

Il défend nos valeurs et il est prêt à mourir pour ça.

*Musique pop Brouhaha

*... ...

-Ce serait bien que tu passes me voir au CMP. On discutera.

Passe même sans rendez-vous.

-J'ai pas besoin d'un psy.

-Tu sais, un ancien des forces spéciales vient me voir régulièrement.

Il y a aucune honte à ça.

On est toute une équipe. Tu trouveras quelqu'un qui te convient.

*...

*... ...

-Santé. -Ouh, t'as un peu bu.

-Mmh, beaucoup.

C'est la première fois.

Enfin, de ma nouvelle vie.

-Et ça te plaît ?

-Ça fait mal au cœur, mal à la tête, mais...

C'est normal, je pense.

-T'as pas chaud, près du feu ?

-Touche mon front.

Non, excuse-moi, on s'embrasse pas.

-Tu sais, on a déjà eu une aventure,

comme on dit. -Toi et moi ?

-Mmh.

-Désolé, j'en aime une autre.

Et je suis pas en état.

Je suis désolé.

Ça tourne !

*... ...

*...

Aboiement plaintif

...

...

-Ça va ?

...

Tu t'es pas fait saigner ?

-Non, ça va, j'ai juste dansé.

J'allais pas faire le légume pour mon anniversaire.

T'as vu comme il neige ?

-T'as pas encore la force pour picoler et t'agiter.

-Comment je peux savoir, moi ?

Faut bien que j'essaie, je fais des tests.

Des tests d'effort, comme à l'hôpital.

Des exercices pour m'endurcir.

Soupir

C'est comme ça que j'avance.

Sinon, je sais pas où j'en suis.

Fracas Aboiement plaintif

C'est quoi, ce bruit ?

-C'est Flambeau, il meurt de froid.

-Fais-le rentrer, je prends le risque.

-Quel risque ? Faut pas charrier, les microbes t'obsèdent.

-Fais-le rentrer, je t'ai dit.

On s'engueule pas pour un clébard.

Soupir

-Tu montes pas sur le lit. T'aboies pas.

-Marcel !

Marcel !

Marcel !

T'es pas venu à mon anniversaire. -Je veux voir personne.

-Reste pas dans le noir.

-Il fait froid, monte, c'est ouvert.

Claquement

...

Ta sœur avait promis de ranger, elle a oublié.

-Elle veut plus faire le ménage.

Elle s'occupe de moi, maintenant.

C'est un boulot à plein temps. Volet

...

Dis donc, tu vis dans un palais.

-Un palais décati.

J'en peux plus de ces vieilleries.

J'aimerais être comme toi.

Sans souvenirs.

-Tu me fais visiter ?

-Vas-y, vas-y.

-Dis, Marcel, dans le débarras, il y a des trucs qui m'intéressent.

Je peux les prendre ?

-Prends ce que tu veux. -C'est gentil.

-Alors, t'as vu des fantômes ?

-Non.

Entrechoquement

C'est quoi, ça ?

-C'est pour m'empêcher de boire.

-Ça a pas l'air efficace.

Et ça, là-bas ?

Je sais plus comment ça marche.

Je peux ?

Qu'est-ce que tu fais ? -Je tire sur un ange.

Coup de feu

Chargeur

Mais tu t'es déjà servi d'une arme, t'as appris ça.

-Marcel ?

Tu veux mourir ?

À la tête, au cœur, comme tu préfères.

Quand t'es décidé, tu m'appelles.

Je te rends service, mais faut savoir ce que tu veux.

*Musique pop

*... Aboiements

*...

*... ...

*...

-Marcel !

*...

*... ...

... Marcel !

Marcel !

Porte

Je m'inquiète. Ça fait une semaine que je t'ai pas vu.

-Bah voilà, regarde.

La mort veut pas de moi, j'en suis pas digne.

-Oh, arrête ta comédie.

C'est pas possible.

Soupir

Grincement

Tu manges un peu, au moins ?

-J'ai pas faim.

Elle tape des mains. Debout ! Secoue-toi, tu m'énerves !

-J'ai rien à faire de mes journées, Jeanne, tu comprends ?

J'ai pas cultivé mon jardin.

Pourtant, j'étais un héritier, avec des terres, des arbres.

-Stop ! Tu arrêtes de radoter, tu arrêtes !

Pourquoi tu vois personne ?

-Personne veut me voir.

Soupir -Faut changer tes draps. Ça pue.

Ils sont où, les propres ?

-Là.

À côté.

-Laisse, je vais faire. Je fais, je te dis !

Hop !

Tu fais quoi pour le Nouvel An ?

Hein ? -Rien. J'aime pas les réveillons.

*Musique d'opéra

-Tu te débrouilles comme un chef.

Passe la troisième.

*...

-C'est quoi, la musique ? -Un cadeau

de Rachel. J'avais peur que t'aimes pas.

-Si, ça me plaît. -Le classique, ça te plaît, maintenant ?

Avant, tu trouvais ça chiant et prétentieux.

-Peut-être que j'étais un con, avant. Rire

-T'étais... un sale gosse.

Tu passais ton temps à sortir.

Tu faisais des virées...

Conduite en état d'ivresse, retrait de permis presque définitif.

Une vraie tête brûlée. -Tu me plombes avec tes histoires.

-Je te plombe ? Tu t'amusais comme un fou.

Serre à droite.

*...

Tu veux que je t'aide ? -Ouais.

Soupir -Il y a presque plus rien.

Ça gratte encore ? -La nuit, surtout.

-C'est parce que c'est bientôt fini.

Tu pourrais le faire toi-même.

-J'aime bien que tu me touches.

Petit rire

-Allez, demain, je te laisserai faire.

Mmh, bonne nuit.

-Bonne nuit.

-Délicieux, ton gâteau de riz. Plus original qu'une bûche.

Rire

-C'est le gâteau préféré de David. C'est lui qui l'a fait.

-Mais Jeanne m'a appris.

Elle m'apprend tout, maintenant.

Il y a du boulot. C'est une bonne prof.

-Une prof clocharde qui sait pas où elle habitera le 31 mars.

-Tu vas nous virer ?

-J'ai vendu à la commune. Je paierai pas d'impôts là-dessus.

Rachel fera ce qu'elle voudra.

*Musique classique

Mmh.

Et maintenant, les enfants...

Hé, ho, dites-moi comment vous me trouvez.

Soyez sincères, surtout.

*...

-Les boucles et le collier, ça fait bourgeoise.

Rires Sinon, j'aime bien.

-Te fringue pas comme ça pour rester chez toi.

-Où veux-tu que j'aille ? -Partout.

T'as peur de quoi ? Du regard des autres ?

Si ça leur plaît pas, tant pis.

-Je fais pas ça pour les autres, mais pour moi.

Pour m'évader. Carillon

-Ah. -Minuit, vite.

-Bonne année, Marcel. -Bonne année, Jeanne.

-Bonne année, Marcel. -Bonne année, David.

Rire -Bonne année, David.

-Tu vois, c'est joli, ici, quand c'est propre.

-C'est grâce à vous. Vous êtes mes anges gardiens. Merci.

Rire -Des anges gardiens.

...

-Brigadier Dwaga.

Vous êtes Jeanne Faber ?

-Avec ça, vous pouviez pas vous tromper.

Je suis contente de vous rencontrer. -Moi aussi.

Vous ressemblez pas à votre frère. -Ah.

On a pas le même père.

-Faber, c'est le nom de qui ?

-De ma mère. Elle s'est pas mariée.

-J'essaie d'appeler David, il répond pas.

-Il a jeté son portable.

-J'ai dû passer par la mairie.

-Vous avez bien fait.

-Il serait content de me voir ? -Je sais pas.

Musique mystérieuse

On m'avait parlé d'effets secondaires. Angoisse, repli sur soi...

Il a échappé à tout ça.

Finalement, on a de la chance.

Vous étiez très amis, tous les deux ?

-On s'est engagés ensemble. Au début, on était paumés.

Puis on est vite devenus proches.

...

S'il me reconnaît pas, j'irai pas le voir.

Je veux pas lui faire de mal.

...

*-Padre, padre, mira, hay toros!

*Père, père, regardez, il y a des taureaux.

-Vous venez souvent ici ?

-Non, c'est pour les touristes. Il y en a peu, d'ailleurs.

-Le jour où l'accident est arrivé,

j'étais sur le blindé, juste derrière David.

Je filmais le convoi avec le téléphone.

Depuis, je...

je sais pas quoi faire de ces images.

Si je dois les garder, les effacer,

les montrer...

...

Peut-être que... vous voudriez les voir ?

...

-Oui.

...

... Moteur

... ...

... *...

Porte -Jeanne !

Y a une panne.

-Quoi ? -Je me sens pas bien.

...

Je respire plus.

Je vais crever.

...

Elle ouvre un pot.

...

-Tiens, avale ça. -Je vais mourir.

-Non, tu vas pas mourir. -Si.

...

Soupir

...

... ...

On est enfermés ici comme des cons.

Il y a pas d'électricité, il y a pas de réseau.

Ça te fait rien ? -C'est comme chaque hiver.

Il sanglote.

... ...

Ça va passer, David. ...

Portière Pardon de te déranger.

Je sais qu'ils ont pas déneigé. Je devais te voir.

-Tu dois être gelée, sans gants.

On va se réchauffer dedans. -Non, ça va.

Ça va, merci.

C'est David qui va pas.

Il a besoin de quelqu'un.

Moi, changer ses pansements, je sais faire,

mais il a eu une nuit agitée, j'ai pas de formation pour ça.

Je lui ai filé du Tranxène, mais c'est pas la solution.

Il faut le montrer à un psychiatre. -Tu sais que David refuse de le voir.

-Tu peux pas lui parler ?

-Moi ?

Je saurais pas m'y prendre avec lui, pas plus que toi.

Allez, viens.

Jeanne !

-Je veux l'aider, mais je crois que je l'étouffe.

Que je l'empêche... Que je le protège trop.

-Jeanne, tu l'aides.

T'es sa grande sœur, c'est normal d'être maternelle.

Non ?

Respiration forte

Jeanne...

...

-Ça prendra combien de temps pour qu'il se souvienne ?

-On peut pas savoir.

Tu sais, le cerveau, c'est une boîte noire.

C'est un mystère, quoi qu'en disent les neurosciences.

Sans doute le réseau le plus complexe de l'univers.

1 500 grammes et des milliards de neurones.

Des millions de milliards de connexions.

Quant aux souvenirs, on les stocke pas.

On les réinvente, tout le temps.

Musique mélancolique

...

Rapport qualité-prix, il y a pas mieux.

Ça appartient à des Belges qui viennent jamais.

Il y a pas beaucoup de réseau, je vais mettre le wifi.

Dedans, vous allez voir, c'est propre.

Viens.

-T'étais au courant ?

-Ouais.

-Tout a été refait à neuf. On monte voir l'étage ?

Tu veux pas monter ?

-Ça m'intéresse pas, Rachel.

-Mais... Jeanne ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

-Ça y est, vous avez décidé de mon avenir ?

Ça te gêne pas que je vive ici avec David ?

Hein ? Ça te choque pas ?

Il est guéri, m'installer avec lui, c'est normal ?

Femme au foyer à la dévotion de son frère.

-Qu'est-ce qui te prend ? C'est méchant.

-Je veux pas être gentille. Je veux plus.

C'est fini, la gentille.

Moteur

...

-Jeanne.

Jeanne, pourquoi tu fais ça ?

Soupir

-J'avais besoin de marcher.

-Ben, on va marcher.

Puis si cette maison te plaît pas,

on en trouvera une autre.

-Cette forêt est immense.

Comment tu te repères ? Moi, j'ai du mal.

-Je la connais comme ma poche.

C'est chez moi, ici.

Égouttement

...

C'est une vraie planque, non ?

...

Assieds-toi.

...

T'as froid ?

-Un peu. -Tiens, j'ai tout prévu.

Éclaire-moi.

Respiration forte

...

...

...

Il souffle.

...

T'as les mains gelées.

-Arrête. Arrête. Arrête !

Respiration forte

-Je vais pas te faire de mal. J'aime que toi. Il y a pas de mal.

-On a déjà fait ça. T'as oublié, moi non.

Faut pas que ça recommence.

C'est ça que tu dois comprendre.

On l'a déjà fait.

...

-On l'a déjà fait ?

...

On a déjà fait...

...

-David !

Souffle court

David !

...

David !

Soupir

Arrête !

...

Souffle court

...

-Avant, on allait plus loin, non ?

-Avant, c'était avant.

-Je t'ai forcée ?

Soupir -Non.

Non, j'avais envie, moi aussi.

-Et maintenant ?

-Maintenant, c'est non.

...

Tu vas où ?

-Faire un tour.

Cri d'oiseau

...

...

Il siffle.

Cri du hibou

...

Il siffle.

Cri du hibou

...

Il siffle.

Cri du hibou

Musique mystérieuse

...

Cri de coucou

...

...

Chants d'oiseaux

...

Il secoue la grille.

Jeanne ?

Jeanne ?

*-Bonjour, c'est Jeanne. Je suis pas là, laissez un message.

*Bip

-Oui, allô, Jeanne ? C'est David. T'es pas là.

T'as dû aller acheter du pain et du café, il y en a plus.

Écoute, rappelle-moi.

Je t'embrasse.

Il halète.

...

Pleurs de bébé au loin

Porte

-Merci, docteur.

-À la semaine prochaine.

-Faut que je te voie.

-Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

-Tu sais ce qui s'est passé entre Jeanne et moi ?

-C'est-à-dire ?

-Il y a longtemps.

Elle et moi.

T'es au courant de quelque chose ?

-Je sais pas de quoi tu parles.

-Quelque chose de sexuel.

-Tu veux pas t'asseoir ?

-C'est une faute, l'amour entre frère et sœur ?

Soupir

-Du point de vue de la loi ?

En France, si c'est consenti, c'est pas un crime.

Sauf si l'un n'est pas majeur. Sauf s'ils choisissent de se marier.

En Allemagne, en Angleterre, au Danemark, en Suisse,

on peut aller en prison.

C'est considéré comme une infraction contre la famille.

Et en France,

ça reste un interdit.

Un tabou, tu comprends ?

-Toi, t'en penses quoi ?

Sois sincère, Rachel.

-Je suis pas là pour juger ou condamner.

-Et tu te défiles.

-J'ai vu trop de gens détruits par les relations incestueuses.

Donc, oui... Pour moi, ce genre de passage à l'acte,

ça me choque.

Pour moi, c'est un crime.

Moteur puissant

...

Crissement des pneus

Moteur

...

Accélération

...

Fracas

Chants d'oiseaux

...

Musique mélancolique

...

...

-Que calor!

Tous les étés, ça va être comme ça. Même à la montagne.

-T'es courageux de te montrer comme ça.

-C'est grâce à toi.

-Oh, tu parles. -Si, si, je t'assure.

J'ai ton ordinateur.

-Oh, c'est gentil, merci.

-Et toi, surtout... comment tu te sens ?

-Moi, ça va.

Ils m'ont fait plein de scanners. Rien de cassé.

Juste quelques cicatrices.

Elles sont plutôt jolies, non ?

Je sais pas pourquoi ils me gardent. -C'est normal.

T'as failli te tuer. -Mais j'ai pas réussi.

Comme toi.

Rires

Jeanne répond pas aux appels. T'as des nouvelles ?

-Elle veut se donner du temps.

-C'est des conneries.

-Elle sait que t'as retrouvé la mémoire.

-Pas complètement.

J'arrive à me souvenir, mais pas de tout.

En partie, quoi.

Ma naissance, je me la rappelle pas.

La petite enfance, c'est pareil.

Comme si j'avais des lacunes dans ma vie.

-Mais on a tous des lacunes, voyons.

-Pourquoi vous en avez parlé ?

-Elle t'a fait une vidéo.

-Une vidéo ?

Comme quand j'étais aux Invalides.

*-Pendant ces années où tu étais à la caserne et en mission,

*tu me manquais, mais je redoutais de te voir.

*Je me sentais morte. Mais toi, t'es vivant, David.

*Et moi, j'aimerais bien le devenir.

*Avant, il y avait...

*Y avait rien. Y avait toi.

*Maintenant, il y a moi.

*Je veux pas t'aimer comme une mère.

*Ou comme une amoureuse.

*Je veux plus me perdre.

Fracas

-Où sont mes affaires ? -Nadja s'est occupée de tout.

Porte

Voilà.

C'est chez toi.

Regarde, il y a tous tes cartons.

-C'est lequel, les vêtements ?

Et mon gilet compressif ? Je dois me changer.

-Je sais pas. Lis, regarde, c'est écrit.

"Vêtements", "pharmacie". Ça doit être là.

Tu veux que je t'aide ?

-Ça va aller. -Sûr ?

-Ouais.

Merci pour tout, hein !

Effort Je te raccompagne pas, tu connais.

Allez.

-Mais David, ça me gêne de te laisser tout seul.

-Rachel, je suis soldat.

Maintenant, je m'en souviens. -Justement.

Tu vas revivre des scènes que t'as vécues là-bas, la violence.

-Je pense pas du tout à ça.

-Mmh.

Bref, si t'as besoin de moi, je suis là.

-J'ai pas besoin d'aide, vas-y.

Téléphone

-C'est Jeanne.

...

Allô ?

Allô ?

Attends, je capte mal. Allô ?

Oui, ça y est, je t'entends.

(Je sors.)

Allô ?

Oui ?

Justement, je suis avec lui.

Il s'installe.

Évidemment, je te le passe. -Non, non, non.

Non.

-En fait, il vient de monter.

OK, je lui dis. Oui, il te rappelle.

Je t'embrasse.

Tu l'appelais tout le temps et tu veux plus lui parler ?

-Laisse-moi, Rachel, s'il te plaît.

-Tu sais, ça fait du bien de pleurer.

-Je pleure pas.

-Et maintenant, je vous invite à échanger vos alliances.

Et au nom de la loi, nous vous déclarons

unis par les liens du mariage.

Applaudissements Acclamations

... ...

Une petite signature. -Oui.

Merci. -Le mariage

est l'engagement le plus long que l'on prend,

et cette cérémonie est des plus courtes.

Je vous souhaite de vivre la plus belle et la plus longue des aventures.

Et de continuer, surtout, à être aussi heureux que vous semblez l'être.

-MERCI.

Applaudissements

Acclamations -Vive les mariés !

...

-Pourquoi je suis venu ?

-Un peu de patience !

Je vous interromps un instant.

Je te présente à la mariée. David Faber.

-Bonjour. -Vous avez gagné

des concours de ski ensemble. -Ah oui.

Bonjour. -Bonjour.

-BONJOUR. -Tu viens ?

-Allez, David, viens avec nous.

Bah, alors, on laisse pas tomber ce petit !

Je suis pas sur la photo ? -Mais si !

-Attention au parapluie, Magalie.

-Vallée. -VALLÉE !

-Super. Rires joyeux

-On n'a pas fait cheese !

À l'église !

Cloches de l'église

...

-Tu vas habiter où ?

-Ah, je sais pas.

Il me restera pas grand-chose quand j'aurai remboursé.

En attendant, je prends des vacances, pour une fois. À Perpignan.

Je dirai bonjour à ta sœur.

-Vous parlez souvent ? -Ça nous arrive.

Tu vas lui faire la gueule longtemps ? -Je fais pas la gueule.

Elle me fait peur, c'est tout.

Elle est plus forte que moi.

-Cherche ! Aboie ! Aboiements

...

Ordres pour les chiens

...

Aboiements -Allez !

-Au pied !

-Viens là. Sifflement

Ordres pour les chiens Aboiements

-Allez, allez, monte ! Dessus !

Cherche ! Aboie ! Cherche ! Aboie !

... ...

Cherche ! Cherche ! Cherche !

... ...

Hé, dessus ! Cherche !

Cherche ! Aboie !

Cherche ! Aboie !

Flambeau ! Hop ! Aboiement

Ordres pour les chiens -Calme-toi. Cherche !

Sifflements -Flambeau !

Allez ! Ordres pour les chiens

Cherche, aboie ! Cherche, aboie ! Bien !

C'est bien.

Allez, cherche ! Cherche !

Cherche, aboie !

... Aboiements

Allez, dessus !

... ...

Cherche !

... ...

Aboiements

... C'est bien, Flambeau !

...

C'est bien. C'est bien.

Allez ! Voilà, c'est bien. C'est bien.

...

C'est bien.

...

-Flambeau a trouvé, bien. C'est bien.

... Voilà.

...

... Cris

Aboiements

-Merci.

...

...

...

...

Qu'est-ce que tu fais là ?

-Rien.

Rien de spécial.

-Ça fait longtemps que t'es là ?

T'es venu comment ?

-En train.

Je peux prendre le train, j'ai pas dix ans.

J'ai 24 ans, Jeanne.

Et maintenant, j'ai toute ma tête.

-Tant mieux pour toi.

-T'aurais pu me dire au revoir.

-Je t'ai envoyé une vidéo. -C'est du baratin, ça.

T'es lâche. Et méprisante, par-dessus le marché.

-T'es venu pour qu'on se dispute ?

-Non.

Je l'ai fait pour qu'on se retrouve.

Excuse-moi, mais c'est toujours toi qui commandais.

Chasseur alpin, c'était ton idée.

-T'étais en échec scolaire.

-Maman était pas d'accord.

Tu faisais la raisonneuse. Rire

Vous discutiez, ça n'en finissait pas.

-On rigolait beaucoup. Heureusement parce que toi, tu disais rien.

Tu faisais la fête, mais tu disais rien.

-Je faisais n'importe quoi.

-C'est normal. Tu te sentais protégé.

On était trop faibles avec toi.

T'étais notre petit homme, Dav...

Tu détestais qu'elle t'appelle Dav.

-Tu crois qu'elle savait ?

-Je me demande.

-En tout cas, t'avais pas peur.

-Bien sûr que si, j'avais peur.

Qu'est-ce que tu crois ?

Ça t'empêchait pas de venir dans mon lit

et te serrer contre moi.

-Toi aussi, tu me rejoignais.

-C'est bizarre, on pouvait pas s'en empêcher.

-Je veux plus de ça.

Je veux un frère, pas un amant.

Tu comprends, ça ?

-Bien sûr, je comprends.

T'as eu raison de partir.

-Tu viens ?

-Je sais pas nager.

-Mais si, tu sais !

Il prend son souffle.

Respiration forte

...

Musique rythmée

... ...

...

...

Musique calme

...

Sous-titres : Hiventy by TransPerfect

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