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Original subtitles

[brouhaha]

[clé dans une serrure]

[ouverture de porte]

[homme 1] Nom, prénom, date de naissance, s'il vous plaît.

Grégory Cerva, C-E-R-V-A, 4 septembre 76.

- De la famille ? - Aucune.

Donnez-moi votre main gauche.

Les quatre doigts.

Mettez-vous contre le mur.

[brouhaha]

[sirènes]

[Grégory] TN13, BAC 26, priorité.

On est à Corbière, derrière un scooter noir déplaqué

de marque Yamaha. L'individu non casqué refuse le contrôle.

Oh !

[femme 1] Continuez la chasse et annoncez votre progression.

Arrête-toi !

[Antoine] L'individu est dans la montée, il nous refuse toujours le contrôle.

- Accélère, Greg. - Je fais que ça.

[Antoine] Colle-le, colle-le. Accélère, putain !

[Grégory] Arrête-toi, là, oh !

- Range-toi, on discute. - L'individu refuse le contrôle.

Individu en fuite, je répète, individu en fuite.

[sirène]

[Antoine] Et merde…

Arrête-toi !

[vrombissement de moteur]

Oh !

Merde !

Comment j'ai pas rattrapé cette poubelle…

T'as pas cavalé assez vite.

Tu cours comme ma grand-mère. À ta place…

T'étais où, toi ?

Si j'étais passé devant toi, je l'aurais topé direct.

- Si t'étais passé… - Bah oui.

Je t'ai laissé faire.

Pourquoi tu rigoles ? Tu restes dans la voiture, ça va.

On va pas se taper deux heures de paperasse pour un scooter volé.

Il est même pas immatriculé, on va y passer la journée.

On va pas rester là-dessus ?

Quoi ?

- Oublie. - Quoi ? Oublie quoi ?

J'ai rien dit, là. Antoine, on fait un plan stup ?

- Voilà. - J'appelle.

[sonnerie]

- Ouais, c'est moi. - [femme 2] J'ai pas le temps, là.

Dis-moi, j'ai besoin d'une info.

Tu sais dans quel bloc est le charbonneur de ton quartier ?

[femme 2] Y a personne. Va à Felix Pyat, il est au bloc C.

- Allez. - Magnifique.

Vas-y, je vous suis.

Allez.

- On se rejoint derrière. - Ouais, ouais.

On approche du chouf.

[musique rap]

♪ C'est nous les numéros un à Marseille ♪

♪ Les plus écoutés ♪

♪ De ton tieks ♪

- On vient acheter à fumer. - Vas-y, entre.

♪ À jamais oublier d'où j'venais ♪

[Yass] On est dedans.

On approche du bloc.

Ouais, pas encore.

Charbonneur en visu.

- Vas-y, Greg, déclenche. - OK.

[crissement de pneus]

T'as un 20, s'te plaît ?

Police !

Lâche-moi !

[crissement de pneus]

[il siffle]

Lâche-le, sale fils de pute !

[hurlements]

- Lâche ou je te casse le bras. - Ah !

Allez, Greg, on arrache !

- [cris] - [coup de sifflet]

- Vas-y, fonce. - Lâche-moi, enculé.

J'ai rien.

- C'est quoi, ça ? - C'est pas à moi.

Arrêtez-les !

Merde, putain. Ça va taper, les gars.

Vas-y, vas-y.

["Baby Blue" - Action Bronson Featuring Chance The Rapper]

Tiens.

Y en a que cinq ?

Quoi, y en a que cinq ?

C'était le deal.

Ce charbonneur, c'était un bon coup ?

[il rit]

Ouais, et alors ?

Rajoutes-en, que je me fasse plus de caillasse.

Tu serres complet ou quoi ?

Ah…

Non, mais sérieux,

ils ont augmenté le prix des feuilles.

Ah ouais ?

- Ton gouvernement casse les couilles. - Fais-moi fumer.

Qui achète les feuilles ?

Fais voir, tourne.

[elle rit]

Tu t'es pris un taquet.

[ils rient]

Ouais, j'ai pris un taquet.

Tu t'es pris un taquet de maçon.

T'aurais vu l'autre, comment il a fini.

T'es un fatigué en plein.

[elle rit]

Amel…

Fais pas le beau, tu tombes dans l'eau.

C'est toi.

- Arrête. J'ai peur. - C'est risqué, là.

- On va manger ? Tu m'invites ? - Tiens, fume.

Tu m'invites.

Tu m'as donné cinq barrettes, tu dois m'inviter.

Range-les, là.

- Y a personne qui va me les voler. - Si quelqu'un passe…

Range. Range ça.

[sirène]

Ça va ou quoi ?

Blond, qu'est-ce que tu branles, là ?

T'as rien fait, hein ?

Ne m'emmerde pas !

Oh, ça va, toi ?

Ah, frère…

- C'est le zoo aujourd'hui ou quoi ? - Ferme ta gueule !

Merci, Laurence.

Bon…

À chaque fois que tu prends une bagnole, c'est la guerre.

Y a trop de dégâts.

Peut-être, mais y a 200 g et un dealer, c'est pas rien, ça ?

Un phare, un pare-chocs, une aile arrière, c'est 3 000 euros.

- C'est comme ça qu'on compte ? - Arrête.

Les gars de l'Intérieur me les brisent H24.

Ils me font chier sur tout.

Hein ?

Faut que t'arrêtes d'aller traîner dans ces cités de merde.

Faire des plans stup. Cent balles…

Faut bien le faire.

Fous-toi ça dans le teston,

un gros dealer ou un pickpocket, c'est pareil pour eux.

Tu comprends ? Ils veulent

du chiffre et de la qualité.

- De la qualité… - Répondre à des dépôts de plaintes.

C'est pas le cas avec les dealers. On a que des emmerdes.

Regarde.

Trafic de stup Felix Pyat, plus un.

Cigarette contrebande, plus un.

- Vol à l'arraché, plus un. - C'est ça, la qualité ?

C'est un putain de plus un.

[il soupire]

[femme 1] Je réitère, AVP au niveau du magasin

Grand Littoral, dans le parking niveau deux.

TV14, vous cessez

la patrouille. C'est un message bien reçu, bonne soirée.

[cris d'enfants]

On a fait l'échographie avec Nora.

- Alors ? - C'était en 3D, c'était chelou.

Le gosse, il faisait peur. Je te jure, on dirait un alien.

C'est-à-dire, en 3D ?

C'est en 3D, j'sais pas. Tu vois le bébé en 3D, c'est trop bizarre.

- Ils donnent des lunettes ? - Hein ?

- Avec des lunettes ? - Non, mais t'es trop con.

C'est l'image qui est en 3D. Ça reconstitue la tête du bébé.

C'est pas en 3D, ça veut dire.

C'est pas la 3D comme au cinéma.

- Pourquoi ils disent 3D au cinéma ? - Laisse tomber.

- Pas de lunettes ? - Non, pas de lunettes.

Voilà, c'est tout.

- Mais je te jure… - Et alors, il a ta tête ?

Je crois, il a mes yeux.

- Du moment qu'il a pas ta tête… - Ouais, c'est ça.

Putain…

Allez, Marlboro, Marlboro… Marlboro du bled.

Marlboro, les jeunes.

Marlboro, cigarettes, cigarettes.

- Ça va, chef ? - Ça va, et toi ?

Dis-moi, chef, ton collègue rouquin a pris mon cousin.

Il l'a dépouillé, il l'a frappé. Ça se fait pas.

Non, ça se fait pas. C'est des connards.

Dis-lui.

T'as pas des infos à me donner ?

Je te jure, je viens de commencer le travail.

Pourquoi tu jures ?

- Pour que tu me croies. - Y a rien ?

Pour l'instant, y a rien. Sinon, je t'appelle, tu sais.

On vend nos cigarettes, regardez.

- On vend juste les cigarettes. - File-moi une cartouche.

Tenez.

Allez, bonne journée.

[Grégory] Y a rien.

Y a rien, y a rien.

Ah ?

Ça fait plaisir !

Comment ça va, chef ?

- Trois kebabs, comme d'habitude ? - Allez.

Beaucoup d'harissa, salade,

tomates, oignons.

[musique orientale]

Oh là là là.

- Choufe-le, celui-là. - Qui ?

- Lui, dans les fruits. - T'es gentil, les fruits…

[Antoine] Celui-là, qui a la capuche.

[Yass] Ouais.

Vingt euros qu'il tape le portefeuille.

[Yass] Non, il est détendu. Il a les mains dans les poches.

Non.

- Vas-y, 20 balles. - Vas-y.

[Antoine] Vas-y, mon grand. Monte-lui dessus, à cette vieille.

- T'en meurs d'envie, vas-y. - C'est toi qui en meurs d'envie.

- Il fait quoi ? - Il prend un melon.

Il le sent. Allez, au revoir, madame.

- Ça me fatigue. - Fais péter l'oseille.

T'auras zéro, toi.

T'es un crevard, toi. Tout ce qui coûte te dégoûte.

T'as mis tout ton argent dans ta coupe.

Y a plus de paie. Oh, ma viande !

Tiens, ça, c'est pour toi. Chargé en viande.

Toi, avec la sauce samouraï, que je t'ai pas oublié.

Bon appétit, les frères.

Les vendeurs de tortues sont dehors. On se les fait ?

- Ils sont combien ? - Deux.

On fait le chiffre du jour.

- Hein ? - Moi, je fais pas les tortues.

Ça veut dire quoi ?

Je fais pas les tortues, t'as envie de le faire ?

Pourquoi tu ferais pas les tortues ?

Nous, on les fait, et pas toi ?

- Je fais pas les tortues. - Tu vas les faire.

- Il faut qu'on rentre avec un truc. - Pense aux animaux.

Dans ma sauce ?

- N'importe quoi, toi. - Pas les tortues.

Pense aux animaux.

- Bonjour. - Bonjour, messieurs.

- Bonjour, monsieur. - Hiiii…

Elles sont à qui, les tortues ?

- C'est pas à nous, chef. - Ah ouais ?

C'est interdit de vendre ça.

Vous avez pas le droit, c'est une espèce protégée.

Interdit, mais c'est pas à nous.

Arrêtez vos salades.

C'est pas à nous.

Vos poches.

- Quoi ? - Videz vos poches.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Vide tes poches.

J'ai rien.

Qu'est-ce tu mets des gifles ? Qu'est-ce tu mets des gifles ?

T'as un problème ?

- Vide tes poches. - C'est pas à toi, ça ?

Je pète les plombs, il me met des gifles.

- Ramasse tes tortues. - Elle va partir, ramasse-la.

- T'es de quel quartier ? - Quinzième.

- T'es d'ici, en fait. - Oui, t'es chez moi.

C'est mes collègues, ça.

- Ils ont pris des tortues ? - Allez, salut.

Momo, je te dois quelque chose ? Elle, c'est pour moi aussi.

Popopo, cette prise !

- Ta gueule, occupe-toi d'eux. - Arrête de faire le beau.

[homme 2] À tous, vol avec violence d'un véhicule

de marque Audi de couleur noire dans le 15e.

TN13. BAC 26, on prend.

Dégagez, là.

[sirène]

[crissement de pneus]

[le chouf crie]

Putain de merde… Fait chier.

[femme 2] BAC 26 de TN13, cessez la chasse,

n'entrez pas dans la cité. Cessez la chasse immédiatement.

- Ils sont excités, ceux-là. - Allez, on y va.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que vous faites là ?

T'as pas vu une voiture volée passer ?

À part vous, j'ai vu personne.

- Rien, t'as rien vu ? - Whalou.

[femme 2] BAC 26,

répondez-moi.

Il a pas chaud, lui ?

Et toi ?

Non.

[femme 2] N'entrez pas dans la cité, cessez la chasse.

On vous appelle, vous devriez y aller.

C'est toi qui fais la loi ?

[il rit]

Je fais pas la loi. Moi, je suis dans la diplomatie.

C'est pour ton bien. Après, si tu veux y aller, vas-y.

- Tu sais quoi ? - Allez, viens.

Ça leur fera plaisir. Ils ont pas vu les condés

depuis longtemps.

Allez, allez.

Vous les invitez, ils veulent pas entrer.

Venez, venez, venez.

[femme 2] Sortez immédiatement. Je répète,

sortez immédiatement.

Je répète, sortez immédiatement.

[cris]

- Fils de pute. - Tranquille.

Tranquille, les gars. Y a rien.

Ils ont juste un peu chaud.

Ils vont pas nous faire chier longtemps. Pas vrai ?

Tu vas pas me faire chier !

Ferme ta gueule et casse-toi de là ! T'as compris, petite pute ?

[brouhaha]

Tu serais qui sans tes clébards derrière ? Tu ferais quoi ? Rien.

Tu serais qui sans ton insigne ? Tu serais quoi ? Tu serais rien.

Vaut mieux que tu partes.

Sinon, vas-y.

- Viens. - Tu vas manger.

Tu viens ou tu vas te faire enculer ailleurs.

Tout ce speech pour ça ?

Pour partir la queue entre les jambes ?

Vous êtes pas sérieux, les gars. Revenez à plusieurs.

[rires]

Bande de trompettes !

- Va te faire enculer. - Cassez-vous.

Va baiser ta sœur, fils de pute !

Nique ta mère, nique ta tante

et nique tes morts.

Cassez-vous !

Va te faire enculer, Griezmann !

Grizou !

[sirène]

Je vous ai ramené des bêtes de cadeaux.

Allez, Mamadou. Oh, t'as tes papiers au moins ?

[Jérôme] Greg ?

Jérôme, c'est pas le moment, viens pas me faire chier.

On est pas entrés dans la cité, on a rien cassé.

J'ai baissé mon pantalon, comme tu voulais.

Je suis pas venu t'engueuler.

T'es venu pour quoi, alors ?

Je sais que ça rend fou.

Je suis passé par là, je connais.

Non, tu sais pas.

Pourquoi tu crois que je suis dans un bureau depuis dix piges ?

- Car t'es intelligent, moi pas. - Arrête, t'es con.

Parce que le terrain, c'est des frustrations.

Je te sens, en ce moment, t'es… T'es comme ça, tu étouffes.

Hein ?

On sert à rien, on sert plus à rien.

C'est fini. Plus je fais ce métier, moins je le fais.

Je comprends pas comment on en est arrivés là.

Bientôt, il sera trop tard. Il est peut-être déjà trop tard.

Les habitants des quartiers ont plus l'espoir qu'on les aide.

On les laisse dans la merde, on fait rien pour eux.

On peut plus aller dans les cités sans se faire agresser, insulter…

Tous les jours, on me traite de "fils de pute".

Mais faut pas faire de vagues.

Faut pas casser le matériel.

Faut laisser faire. Bon, c'est comme ça.

OK, c'est comme ça.

On va où, là ? Je comprends pas. C'est quoi, le projet ?

Explique-moi, c'est quoi ? À quoi on sert ?

Police secours, j'écoute.

- À Saint Julien. - Nous allons contacter le procureur.

- Police secours, j'écoute. - [homme 3] Le pickpocket est revenu

à Grand Littoral.

- Où ça ? - [homme 3] À Mirabeau.

Il a un sweat rouge.

Je vais avoir besoin de votre identité.

- [tonalité] - Allô ?

[sonnerie]

- Ouais, c'est moi. - [Yass] Ouais, bébé.

Tu te rappelles le gitan qui faisait les portefeuilles ?

Je viens d'avoir un signalement, il est à Mirabeau, sweat rouge.

[Yass] OK, merci, bébé.

Magnez-vous, je l'ai pas fait remonter au centre.

[Grégory] Merde !

Ouvre !

- Non, Antoine, putain. - Viens ici.

Viens ici.

C'est quoi, ça ? Oh ! Ça vient d'où ?

[pickpoket] Ta gueule !

Ma parole, on aurait dû le prendre, ce fric.

T'es con ou quoi, toi ?

Le rouquin, il se gêne pas pour se servir.

Toi, Navarro, tu dis rien ?

Arrête, bébé.

Quoi ? Il est con, il est con, c'est comme ça.

- Quoi, je suis con ? - Bah, t'es con.

Allez-y, faites les gangsters.

- Arrête. - C'est vrai.

Je veux la vie de tata Escobar. Je suis en Yass-Merguez.

Je veux des jet-skis, je veux des langoustes

dans la bouche, rouler en BM, comme Grace Kelly.

Tu t'achèteras un petit fer à lisser.

[Gregory rit]

Et toi, des vraies clopes.

Ça y est, les clopes du bled.

Elles sont aussi bonnes que les officielles.

Les Affranchis, mettez la table.

- Allez. - Oh eh.

- Oh là là là là. - On est invités ou pas ?

Il veut faire un braquage, il peut aller chercher deux fourchettes ?

[Antoine] Mis à l'amende.

Vivement qu'elle accouche.

Braquage, j'ai pas dit braquage.

- Ça, c'est bon ? - Parfait.

C'est ton assiette, ça ?

- Antoine, du poulet ? - Non, je vais prendre merguez.

Elles sont toutes claquées tes merguez, Yass. Oh là là.

Elles sont cuites, frère.

- C'est des bouts de bois. - Greg ?

- Non. - Une fois.

- Goûte une fois pour voir. - Lâche-moi avec tes tomates.

- Yass, c'est immangeable. - C'est hyper bon.

- Immangeable. - Hyper bon.

C'est croustillant.

C'est pas croustillant, c'est trop cuit.

[ils rient]

Ça croustille.

Ça y est ?

- C'est ton taboulé ? - Oui.

- Très bon. - Lèche-cul.

Goûte aussi ça.

- Merci. - Y a de la menthe.

"Il est trop bon, ton taboulé."

- Vraiment, c'est trop bon. - Qui te fait à manger ?

Moi. Je me fais, moi.

- Tout seul ? - Je fais pas ça.

Toujours aussi casse-couilles, ton voisin ?

- Non, ça s'est calmé. - Ouais ?

Je lui ai mis une tarte.

- Tu rigoles ou quoi ? - Non.

- Il a 60 piges. - Bah, faut se faire respecter.

Arrête de mettre des torgnoles comme ça, qu'est-ce qui t'arrive ?

Depuis, y a plus de problèmes.

[il rit]

[elle gémit]

- Qu'est-ce qui se passe ? - Yass, c'est quoi, ça ?

Putain, la honte…

- Réveille-toi, papa. Faut y aller. - Je fais quoi ?

Tu fais quoi…

- Ça va, chérie ? - Yass, allez, vite.

- C'est bon. - Vite.

Prends bien les belles affaires.

[sirène]

["The World (Is Going Up In Flames)" Charles Bradley]

Vas-y.

À mon frérot, à mon frérot qui est papa.

Encore, Mando. Encore, encore.

Hé, tournée ! C'est ma tournée générale.

[cris de joie]

[choc]

[il rit]

Appelle le 17.

[la musique continue]

Avance, avance, fils de pute.

[il pleure]

Arrête de pleurer, je t'ai dit. Donne-moi ta main.

Filme-le, filme-le.

Arrête de pleurer.

Tu dépouilles les clients, fils de pute.

Les clients, écoutez-moi bien.

Vous pouvez venir acheter en toute tranquillité.

Ici, c'est nous la police. T'as compris ?

C'est un carton, trois millions de vues.

Le préfet doit être content.

Je te le fais pas dire. Il est ravi.

Il veut une réponse de l'État, avec la une de La Provence.

Faut mettre les bouchées doubles, qu'on marque le coup.

- On sait où c'est, ça ? - C'est la grande au bord de l'eau.

OK.

Hé, quoi ?

Tu voulais t'attaquer aux réseaux de came. C'est ton passeport.

On pouvait plus aller dans les cités.

Maintenant, il faut, c'est comme ça.

C'est pour faire plaisir au préfet ?

Greg. Cette affaire, elle est pour toi.

Tu la gères, tu prends tes équipes, tu fais comme tu veux.

[enfant] Bagarre !

Mais c'est pas comme ça qu'on fait la bagarre.

Tu sais comment on la fait, la bagarre ?

Il m'énerve, cet arbitre. Il est chauve. il a toujours été chauve.

La tête qu'il a. Regarde-le.

[il rit]

Allez, vas-y, note, note.

Il m'énerve, cet entraîneur. Toujours la tête dans son carnet.

Il note la façon dont on joue. Ça fait 20 minutes, on a rien fait.

Tu notes quoi ?

Au fait…

- Quoi ? - C'est bon, tu peux compter sur moi.

[sonnerie du réveil]

[musique douce]

[Antoine] T'as compris ou pas ?

C'est pas un charbonneur que je te demande.

On a envie de niquer le réseau. Tu dois me donner une vraie info.

Une nourrice, tu vois ce que je veux dire ?

T'es un fils de pute de me demander ça.

T'as un cousin, là-bas.

- Il va faire quoi, mon cousin ? - Tu peux.

Il viendra me déterrer, mon cousin ?

Ça fait longtemps

que tu es pas allé dans ce quartier. C'est devenu Bagdad, là-bas.

Les gérants, ils sont défoncés du soir au matin.

Pour garder leur quartier, ils sont prêts à tuer.

La loi, maintenant, c'est eux.

Y a plus de flics, y a plus de politiques.

Pour les fêtes de l'Aïd, ils sortent les petits.

Ils leur donnent des sous.

Les mecs sont tendus.

Ils se font la guerre pour avoir le contrôle du trafic.

Si un charbonneur se met une barrette à gauche,

ça rafale.

[tirs]

Y a plus aucune règle.

C'est la jungle. C'est un quartier de fous, je te dis.

[coups]

Amel.

deux kilos, je te donne, sur la prise.

Je les prends pas, tes deux kilos de là-bas.

- Pourquoi ? - Sens.

Vas-y, sens.

Cette odeur-là,

eux seuls savent la faire et savent ce qu'ils mettent dedans.

Il se reconnaît, ce shit.

Tu comprends pourquoi je te dis je veux rien de là-bas ?

Cinq kilos.

Trouve-moi cinq kilos ailleurs et je te trouve une info.

[Jérôme] C'est impossible.

Non. C'est hors de question, voilà.

Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Cette came va être détruite.

On saisit pas la came dans la rue pour la refoutre dans la rue.

OK. C'est un problème de morale, en fait ?

Pour prendre dans les scellés, faut trafiquer les PV. C'est enregistré.

On peut pas payer l'indic d'Antoine avec la prise.

Avec le shit de la cité, c'est mort.

On fait comment, nous ?

Arrangez-vous, je veux pas savoir.

Ça veut dire quoi ?

Du shit, ça peut se trouver ailleurs.

On prend les risques et tu attends dans ton bureau ?

- Yass, oh. - Ce sont les ordres du préfet.

Ils veulent une réponse policière, mon boulot, c'est de leur donner.

Faut nous ouvrir les scellés.

Je risque ma carrière alors qu'on nous aide pas ?

Les cités, tout le monde s'en branle.

Le préfet veut faire la une pour faire le beau.

[Jérôme] C'est pas faux, t'as pas tort.

Y a quoi pour nous, dedans ?

Des échelons.

Combien ?

Je sais pas, un sûr, peut-être deux.

T'es sérieux, là ? On va faire ça pour 50, 100 balles max par mois ?

On va risquer un blâme pour ça ?

Tu as peur qu'un blâme t'empêche

de devenir officier ?

- Et alors ? - Alors ?

Tu veux devenir officier ? Fais cette opération.

[Grégory] OK, d'accord.

Ouais.

On se démerde, en fait.

C'est ça.

["Les princes des villes" - Michel Berger]

- Bonsoir, mademoiselle. - Bonsoir.

♪ Briller comme une étoile filante ♪

♪ C'est l'aventure qui les tente ♪

♪ Et puis cet étrange pouvoir ♪

♪ Qui s'est glissé dans leur regard ♪

On le tope, lui ?

Oh…

Garez-vous là, monsieur.

Bonsoir, police. Que faites-vous là ?

- Je suis venu voir un ami. - C'est simple.

On va au commissariat

ou vous montrez les stupéfiants que vous avez achetés.

Allez, tu vides tes poches.

Montre ce que t'as.

- Il est sympa, votre ami. - C'est tout ?

- C'est tout ce que j'ai. - OK.

- Allez, ça va. - Allez, file.

♪ Et les princes des villes N'ont pas besoin d'armure ♪

Il s'est cagué dessus.

Il s'est chié dessus.

[ils rient]

T'as vu ça ?

Il m'a fait de la peine, carrément.

Tu vas faire la gueule toute la soirée ?

Ça va, le prochain, c'est pour moi, c'est bon ?

Ça va ?

Oh… Oh !

Lâche-moi ! Je nique tes morts.

Parfait, un flag.

Tu veux pas l'aider ? Il va se faire défoncer.

Oh, putain, il est chaud, aujourd'hui.

- Un gigot, frère. - Tu lui fais la fessée ?

Amène-le-moi.

Nique tes morts ! Nique ta mère la pute !

Ferme ta gueule, toi, avec ton chignon !

- Reste tranquille. - Fils de pute.

Me touche pas, je nique la BAC, je vous encule.

Ferme ta gueule.

Je vous baise tous, bande de fils de pute !

Vas-y, toi, espèce de pute devant !

- Ferme ta gueule. - Oh !

- Tu vas faire quoi ? - Comment tu parles, toi ?

Dépêche-toi, qu'on le jette à L'Évêché.

- Je suis mineur. - On a compris, ferme ta gueule.

Niquez vos mères, bande de putes.

Je vous nique vos mères, vos sœurs.

Il a un problème avec sa bite ? Hé, ça va.

Yass, mets-moi un truc, j'en peux plus.

Vite, qu'on s'en débarrasse.

Il est en train de me faire serrer. Ferme ta gueule !

["La Bandite" - Jul]

Monte le son, monte le son.

Monte le son.

Ouais !

♪ Je vais leur casser la tête, fils Y a rien qui m'arrête ♪

♪ La moulah dans la cigarette Vénère au démarrage comme Sterling ♪

♪ Ou Mahrez Moi c'est Jul j'envoie la rafle ♪

♪ Tu l'ouvres trop, je vais t'éjecter ♪

Quoi ? Je vais te niquer ta mère

la pute !

[sirène]

Vas-y, chef.

♪ Y en assez de ressasser ♪

Ouais, chauffeur, à fond !

♪ Génération la débrouille J'ai pas sucé pour percer ♪

Il a raison, vas-y.

Hé !

♪ En boîte Je pourrais faire danser Rick Ross ♪

Salope, rigole, hein ! Ta grand-mère !

♪ J'arrive en crabe Pour eux, c'est atroce ♪

♪ Le bout du calibre touche les couilles ♪

♪ Quand tu l'mets dans le caleçon ♪

♪ Le mec tout bidon Que des contrefaçons ♪

♪ On aime pas ♪

♪ Les putos, les moutons, les matons Je les fume comme le pet' du matin ♪

♪ Ce que j'entends, je m'en tape ♪

♪ Bon qu'à faire des braquages Les putos, les moutons ♪

♪ Les matons Je les fume comme le pet' du matin ♪

♪ Bon qu'à faire des braquages vocales La mentale ♪

♪ Tu connais, tu connais ♪

Oh, les condés !

Ah, putain.

Bonsoir, monsieur, police.

Vous me donnez ce que vous avez récupéré.

C'est juste ma conso.

Commence pas à bégayer, on t'a vu.

- J'ai que ça. - T'as que ça ?

J'ai que ça.

- Je jure. - Ça va pour cette fois, file.

[Gregory] Putain, qu'est-ce que j'aimerais y aller…

- Où ? - Dans l'espace.

- T'as envie d'aller dans l'espace ? - Ouais. C'est mon rêve.

Ils commencent à envoyer des touristes.

- Mais c'est pour les blindés. - Ouais, c'est sûr.

N'empêche, t'imagines, tu vois…

Tu vois la planète toute petite. Tu vois ou pas ?

- C'est fou, non ? - Ça doit être dingue.

- Déjà, tu la vois ronde. - Bah oui.

Normalement, tu la vois jamais ronde.

[rires]

- Qu'il est con… - Mais qu'est-ce qu'il est con…

Je voudrais aller dans l'espace pour plus voir vos gueules.

Ah ouais, putain.

Oh oh oh oh.

Où il va, lui ?

Putain…

Vous faites quoi ?

- Vous faites quoi ? - De quoi tu parles ?

Con de tous tes morts, tu arrêtes tous mes clients.

- On fait rien, ici. - Comment ça ?

Je t'ai vu, pourquoi vous arrêtez mes clients ?

Qu'est-ce qui t'arrive ? D'où tu sors ?

Tu te permets de venir chez moi, me niquer tous mes clients ?

On savait pas que c'était chez vous.

C'est bien chez quelqu'un ?

Toi, t'es là pour niquer les gens.

Hein, fils de pute ?

De tous tes morts.

- Faut pas parler comme ça. - C'est ça.

Tu m'encules et je dis rien ?

Chut.

Me dis pas "chut" ! Me dis pas "chut" !

Vous remontez

dans votre voiture et nous, on remonte dans la nôtre.

Tu veux quoi ?

- Qu'est-ce que tu fais, là ? - Tu crois que tu me fais peur ?

Baisse ton arme.

- Baisse ton arme. - Pas question.

Je t'encule, je te nique tes morts.

- Range. - Recule.

T'es chez moi, ici. Toi, rentre chez toi.

Baisse ton arme.

T'es sûr de toi, hein ? Ta tête me disait quelque chose.

- Fils de pute, on se connaît, non ? - Non, on se connaît pas.

Va niquer ta mère au commissariat.

Fils de pute. C'est des condés, viens, on se taille.

Voleurs… Grosses salopes.

Bande de ripoux de fils de pute.

Travaille pour 1 000 euros, va ! Espèce d'esclave !

Monte dans ta Cayenne, enculé.

Je te reconnais, toi. À bientôt.

Tu fais le fou.

Connard.

Il se passe quoi s'ils tirent ?

Oh, redescends, redescends.

- Il se passe quoi, putain ? - Redescends.

Quoi ? Ça aurait pu partir en couilles.

C'est pas le cas.

- Redescends. - Redescends de quoi, putain ?

J'ai une vie de famille, là.

Vous faites les voyous.

- Toi et tes plans foireux… - Monte dans la voiture.

[Yass] Ouais, c'est maintenant que tu réfléchis ?

[portière]

- Heureusement, je l'ai… - Ta gueule, toi !

On se barre, monte dans la voiture.

Monte dans la bagnole, putain !

Y en a qu'un seul qui a des couilles. Bande de baltringues.

[vibreur]

Allô ?

Attends, calme-toi. Quoi ?

OK, t'es où, là ?

Qu'est-ce que tu as ?

[Amel] Il vous arrive quoi dans vos têtes ?

Vous avez braqué des clients au Square des Oliviers ?

Qui t'a dit ça ?

Cherche pas qui m'a dit ça. Vous l'avez fait, oui ou non ?

T'as entendu ça où ?

Dans mon quartier, ça parle, tu comprends ?

Vous êtes des fous dans votre tête ou quoi ?

- C'est pas ton problème. - Arrête de dire ça.

C'est pas ton problème. T'as vu des trucs ? Non.

Des gens nous regardent. Je suis pas bien.

J'ai l'impression qu'ils savent.

Les gens nous poursuivent.

- Comment ça ? - Je me sens suivie.

M. Antoine, je me sens suivie quand je sors de chez moi.

- Par qui ? - Les gens de mon quartier.

Ils savent pour nous ? Personne me connaît chez toi.

Arrête de dire ça, tu es de la BAC, oui ou non ?

- Tu fais partie de la BAC ? - Oui.

Tu es BAC Sud ou BAC Nord ? BAC Nord ?

- Oui, et alors ? - On est dans les quartiers nord ?

Chez toi, personne me connaît.

Chez moi et toi, c'est à deux minutes, arrête un peu.

- T'es déjà venu dans mon quartier. - T'as de la weed sur toi ?

T'es en train de vriller complet.

[Amel] Arrête de faire des conneries.

J'ai pas envie de rigoler avec toi.

Ça, c'est ce dont t'as besoin.

Toi, tu gardes ça.

Tu te calmes sur le bédo, tu deviens parano.

- Je dis n'importe quoi ? - T'as fumé avant de venir ?

Non.

- T'as fumé ? - Non.

T'as fumé ou pas ? Qu'est-ce que tu me racontes ?

Fada que tu es.

Oh…

Ce qui s'est passé aux Oliviers, c'est rien. On s'en fout.

Ça change rien.

Tu rentres chez toi, tu restes tranquille, tu me laisses gérer.

- Mais… - T'as compris ou pas ?

Tu risques rien.

T'as ma parole.

Me touche pas l'épaule comme ça, j'aime pas.

- Ici, tu préfères ? - Non, arrête.

- Ici ? - Arrête.

[Grégory] Vous allez vous faire la gueule longtemps ?

Arrêtez d'être des gamins, faites la paix.

Ça suffit, quoi, merde.

[il rit]

T'es sérieux quand tu dis "faites la paix" ?

C'est quoi, cette expression de merde ?

"Faites la paix", en mode

philosophe de la BAC.

Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

"Faites la paix."

- Ça te fait marrer du coup ? - C'est ta tête.

[homme 4] TN13, priorité. Demande de renforts immédiats.

On est encerclés par des individus.

[femme 2] TN13, confirmez votre position.

[homme 4] Square des Oliviers.

Envoyez du monde, vite.

[femme 2] TN13

à tous les équipages disponibles sur le secteur nord, effectif

en difficulté au Square des Oliviers. Annoncez-vous.

Éteins la radio.

- Non, non, non. - Éteins.

Oh là là.

- Qu'est-ce que t'as foutu ? - On pouvait pas venir.

Ah ouais ? T'avais mieux à faire ?

Quel genre de flic t'es devenu

pour laisser tes collègues se faire dérouiller ?

- Tu vas pas me faire la leçon. - T'as un truc à me dire ?

Vas-y.

Jacques.

Écoute, je suis désolé, d'accord ?

Je m'en branle que tu sois désolé. Je me fous de tes excuses.

- On a failli se faire défoncer. - Redescends.

Je t'encule, fils de pute.

Quoi ? Quoi ?

Je vais t'expliquer, d'accord ?

[Gregory] Ça fait trois semaines qu'on fait les nuits.

On a récolté à peu près deux kg.

[Jérôme] Maintenant, vous êtes cramés dans les quartiers nord.

Vous me faites le reste ensemble, dans le centre-ville.

Et je veux plus d'embrouilles.

OK.

[musique d'action]

Dis-le que tu l'as volé, le sac.

[ils crient]

Espèce d'enculé !

C'est quoi, cette merde ?

Créateur tunisien.

[elle rit]

Coco cannelle.

Vide tes poches, vide tes poches.

[musique d'action]

[Grégory] Tu fais les couches et tout ?

Je regarde sur Internet. Au début, j'avais du mal.

Comment ça ?

Comment mettre des couches, mec.

- Y a des tutos ? - Ouais.

Et t'aimes bien ?

Non, ça pue la merde.

Ça pue réellement la merde.

- Ah ouais ? - Ouais.

Enfin, mettre des couches. Sinon, j'aime bien.

J'aime bien le voir.

Tu fais un beau tonton, en tout cas.

Il est trop beau.

Il a tout pris de sa mère, je vais pas te mentir.

Dans trois jours, une grosse cargaison arrive dans la cité.

À l'appartement nourrice.

Y aura tous les boss du réseau.

Mais une journée seulement. Et après…

- Dans trois jours ? - Ouais.

- Il est où, l'appartement nourrice ? - Je sais pas.

Quel bloc ? Tu sais pas ça ?

Je peux te garantir qu'ils sont tellement tarés avec leur shit,

qu'ils laisseront pas la sacoche au charbonneur.

En cas d'embrouille,

y a un mec exprès à côté pour ramasser la sacoche.

Et la ramener à la nourrice.

Normalement, si tu suis la sacoche,

elle t'amènera à l'appartement nourrice.

T'as entendu ?

Ouais, j'ai entendu.

[musique de tension]

Véhicule jaune en approche.

Un véhicule jaune se dirige vers la cité.

C'est bon, je l'ai.

Deux individus cagoulés procèdent à la fouille.

[il siffle]

Le véhicule repart vers le bloc M.

[Yass] Charbonneur en visu. Foulard sur le visage, casquette noire.

Il a un dessin sur sa sacoche.

Je répète, charbonneur en visu bloc M.

Transaction terminée.

Le charbonneur reste devant le bloc M.

Je répète, le charbonneur reste devant le bloc M.

À toutes les équipes, on va y aller.

On ne procède à aucune interpellation.

On suit la sacoche pour identifier la nourrice. On trouve le stock.

OK, c'est pris en direct.

[Grégory] Antoine, tu me reçois ?

- Ouais. - OK, c'est à toi mon pote.

- Le charbonneur est devant le bloc M. - [Antoine] OK.

[mobylettes]

- Je veux toucher. - Devant les poubelles, là-bas.

[il siffle]

[musique rap]

À toutes les équipes, on se met en route. Allez.

[annonces radio indistinctes]

[il hurle]

- [cris] - [coups de sifflet]

Allez, allez, allez, on y va.

[crissement de pneus]

Allez, allez.

[cris]

[il halète]

Casse-toi !

Recule, recule.

Recule, je te dis.

Recule !

Tu vas faire quoi ?

[cris]

Recule.

T-shirt bleu, cagoule noire.

OK.

T-shirt bleu, cagoule noire.

Recule !

[Yass] C'est bon, je l'ai.

En visu, en visu.

Je suis la sacoche.

Bloc K16.

Bloc K16.

Je rentre dedans.

[cris]

Go, go, go, go !

Nourrice localisée, cinquième étage.

[cris]

Ouvre, fils de pute !

Ouvre !

[cris étouffés]

Ouvrez.

[ils crient]

[il frappe]

[cris]

Ouvrez.

Recule !

[cris]

Demande de renforts immédiats.

Collègue bloqué bloc K16.

Ouvrez !

Ouvrez !

- Dégage. - Qu'est-ce que vous faites ?

- Monsieur. - Bouge.

Rentrez.

Chut, chut.

Bouge-toi de là.

Il est là !

- Taisez-vous, oh ! - [cris de panique]

Bouge, assieds-toi.

Le bloc 15 communique

par les toits.

On y va.

- Tous les deux ? - Ouais.

[choc]

Oh !

[cris et insultes]

Yass, Yass.

Greg et Antoine arrivent. Bouge pas.

Je suis au sixième. Appartement 630.

Monsieur…

[on frappe]

[on frappe]

Yass, on arrive.

Appartement 630, sixième étage.

Je répète, 630, sixième étage.

[il crie]

[la femme crie]

- Ça va, frère ? - Ça va.

- Oh ? - Ça va.

Allez, on y va, allez.

[cris et insultes]

Recule.

Vas-y, tire. Allez.

Vas-y, tire.

[il rit]

[brouhaha]

[il chuchote] À droite.

C'est celle-là ?

[cris de lutte]

OK.

Yass, tu couvres.

[cris de lutte]

Ça va ?

Jacques, on est dans un autre appartement.

On évolue toujours au cinquième étage. Faites vite.

[cris et insultes]

On est chez nous.

[brouhaha]

Allez, les gars.

Bouge, recule !

["La Jalousie" - Alonzo ]

[musique et voix entremêlées]

Bougez-vous, les gars. Bougez-vous.

Allez !

Tiens, tiens, tiens.

Bouge.

Vite.

Envoie tout. Envoie tout.

Allez !

Bouge-toi, bouge-toi, bouge-toi.

Allez, bouge.

[il chuchote] La came est dans le local à poubelles.

Bougez-vous.

[choc]

Ces fils de pute, ils nous gazent.

Couchez-vous.

Allez, on bouge.

[les dealers toussent]

[cris]

Fils de pute !

[cris]

On bouge, on bouge !

[cris]

Traverse !

[tirs]

Allez.

Allez, recule, recule.

[tirs]

[il recharge]

[tirs]

[tirs]

[tirs]

Il est vide !

Bouge pas ! Bouge pas !

[cris]

Bouge pas !

Allez !

Ils sont là !

Donne ta main, donne ta main.

Bouge pas, bouge pas.

[brouhaha]

- [tirs] - Casse-toi !

Barre-toi !

[brouhaha]

Casse- toi. Casse-toi.

- Barre-toi ! - Bouge ! Bouge ! Bouge !

Recule ! Recule !

[cris]

Dégage ! Dégage, toi !

Dégage ! Dégage !

[cris]

Tirez-vous ! Casse-toi !

[la voiture démarre]

Casse-toi ou je t'allume ! Casse-toi ou je t'allume !

Casse-toi ! Casse-toi !

[brouhaha]

Vas-y, casse-toi ou je tire !

[accélérateur]

[cris]

Kalach, kalach !

[tirs]

Ça va ? Ça va ?

[Yassine] Ouais, ouais.

[musique douce]

[cris]

[clameurs]

[Jérôme] C'est pour ça qu'on est la meilleure BAC de France.

[clameurs]

Vous avez tous été des héros, bien sûr, chacun

à votre façon, mais…

Y en a un, là-bas, qui y est allé avec des couilles comme ça. Yass,

recommence pas, tu m'as fait peur.

[applaudissements]

Mangez, buvez, mais vous droguez pas trop non plus.

[clameurs]

Merci, Greg.

Sans toi, je l'aurais pas fait.

Allez, on va s'amuser. Yes!

[les policiers scandent : "BAC Nord."]

Allez.

Je suis fatigué.

Je suis heureux, hein.

Ça va ?

Bon, je suis là.

Bon…

C'est bon ?

Je te le mets dans le coffre ?

Bon, voilà…

Tu vas faire quoi ?

Je crois que je vais tout fumer moi-même.

[ils rient]

En vrai, je ferais pareil.

C'est la dernière ?

Ouais, c'est la dernière.

T'es débarrassée de moi, ça y est.

Allez…

Tu fais attention à toi,

hein ?

Salut, Amel.

Hé, Antoine ?

Quoi ?

- Non, rien, c'est bon. - Quoi ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Casse-toi.

[ils rient]

Arrête de faire le beau,

tu vas tomber dans l'eau.

[elle démarre]

[elle rit]

Allez, casse-toi de là.

[il soupire]

[babillements]

On est pas des bonhommes, nous ?

Pas des bonhommes ?

[voitures]

- Brigadier-chef Cerva ? - Oui.

Inspecteur Vidal.

[aboiements]

[chocs]

[aboiements]

[aboiements]

Il se passe quoi ?

Yass ?

Il est où, le petit ?

À l'intérieur. Je t'appelle quand j'ai fini.

C'est quoi, ce bordel ? Vous êtes pas obligés de faire ça !

- Il est où, mon fils ? - Baisse d'un ton.

Ça va, il est dans la chambre.

Regarde sous la télé.

Putain…

Ça va, mon amour ?

- Il va bien. - Ça va, mon cœur ?

C'est bon, sortez.

Ça va, mon amour ? Hein ?

Le placard.

Oui, c'est rien, mon amour.

[portières]

[sirène]

[Yvon] Je vous informe que cet entretien sera filmé pour les besoins de l'enquête.

Je me présente, je suis l'inspecteur Yvon, IGPN.

Qu'est-ce que je fous là ? Je peux savoir.

Alors, les chefs d'accusation…

Racket.

Et trafic de drogue en bande organisée.

C'est une blague ? C'est une blague ?

Non, je crois que c'est pas une blague.

Alors, ce cannabis, vous l'avez volé à qui ?

- On l'a pas volé. - Vous l'avez pas volé ?

Non, on a fait une collecte.

Une collecte ?

C'est joli comme terme.

J'aime bien. "Collecte…"

Pièce à conviction numéro quatre.

Quelques barrettes

de cannabis retrouvées à votre domicile. Vous vous droguez.

Je fume du cannabis, oui.

C'est votre consommation personnelle ?

Je viens de le dire. Vous avez pas entendu ?

Comment vous expliquez

la présence de cette balance ?

Vous connaissez de simples consommateurs

qui pèsent leur shit, vous ? Moi, j'en connais pas.

Y a que les dealers qui le font.

On a jamais vendu de drogue. Jamais.

Ça sert de monnaie d'échange. Drogue contre informations.

- C'est pas ce qui se dit, pourtant. - Ah bon ?

Qu'est-ce qui se dit, alors ?

Que vous volez de la drogue

pour en faire commerce.

La drogue a servi à payer l'informateur

qui nous a renseignés sur l'appartement nourrice.

Un informateur dont vous ne connaissez pas l'identité.

Seul Antoine le connaît, il a voulu rester anonyme.

- C'est le propre des informateurs. - Bien sûr.

Je vous dirai que dalle. Whalou.

Pourquoi refusez-vous ?

T'es con ? Si je file son nom, il court de gros risques.

- Je lui ai promis l'anonymat. - Oui, bien sûr.

Vous tenez votre parole, vous n'êtes pas une balance.

C'est ça.

C'est un truc de voyou, ça.

Va te faire enculer.

J'ai pas bien entendu le nom de l'informateur.

Je te dirai rien. C'est mon éthique de flic.

T'as pas trop l'air d'en avoir une, toi. Hein ?

Vouloir faire plonger les collègues.

- Vous avez un enfant ? - Oui.

Je comprends, quand on a un gosse,

1 800 euros par mois à risquer sa vie…

T'es en train de me dire quoi ?

Je pense

que tu as vendu la drogue car tu as besoin d'arrondir tes fins de mois.

Arrête, tu dis de la merde.

Tu parles de mon fils avec ton ton condescendant.

T'as besoin d'arrondir tes fins de mois, c'est compréhensible.

Tu te crois supérieur avec ta petite chemise ?

- Tu me prends pour un ripou ? - Non, non.

Mais pour que je pense le contraire, faut me donner à manger.

Arrête de me regarder comme ça, d'accord ?

T'arrêtes de me regarder comme ça.

Ça fait 20 ans que je fais ce métier, OK ?

Tu te crois du bon côté du bureau ?

Tu crois que tu sais tout ? Tu sais rien !

Tu sais pas ce qu'on a vécu là-bas. Tu sais rien des quartiers nord.

T'y as jamais foutu les pieds. T'es qu'un connard derrière ton bureau !

On a failli crever, là-bas.

- Faudrait vous calmer. - Tu l'as vu, la misère ?

Descends avec moi. Me parle pas sur ce ton-là.

- Pauvre type, va. - Calmez-vous !

- Ta gueule ! - Calmez-vous.

Je parle pas avec toi.

- C'est fini ! - Avec qui tu vas parler ?

Tu veux me foutre en taule pour faire ton chiffre.

Petit flicard de merde. Je la connais, l'histoire.

Je la connais par cœur. Tu veux faire ton chiffre.

Je parle plus avec toi, ça m'intéresse pas.

Ça sert à rien, t'es qu'un con.

Va te faire enculer. Je veux parler avec mon officier.

Je veux parler avec Jérôme.

Tu vas parler avec personne ! Ton officier, on l'a déjà interrogé.

Et il est au courant de rien, ton officier, ton pote, là…

Mais pauvre con ! Mon officier, c'est mon ami.

La mission, on l'a fait ensemble. C'est lui qui m'a donné l'ordre.

Tu l'as dans ton cul !

Tu devrais faire gaffe à tes amis.

Je veux une confrontation

avec Jérôme, maintenant.

Je parle plus avec toi ! Va te faire enculer !

Fais gaffe à ce que tu fais !

Tu devrais avoir honte !

Tu sais qui je suis, moi ?

T'es plus rien, maintenant.

[la juge] Veuillez vous installer.

Bonjour, Mme la juge.

Donc, nous sommes ici à la demande de l'accusé, M. Grégory Cerva.

Il a demandé à être entendu

avec vous, M. Jérôme Bodin,

officier de la Brigade Anti-Criminalité du secteur nord.

M. Bodin, dans l'activité de vos fonctions d'officier,

étiez-vous au courant d'une opération

effectuée de nuit par cette équipe afin de procéder

à une collecte de résine de cannabis ?

Non, j'étais pas au courant.

Je vous rappelle que vous êtes sous serment.

- Vous confirmez ? - Je confirme.

- Qu'est-ce que tu fais, là ? - M. Cerva…

- Oh ! - M. Cerva !

Je vous donnerai la parole. Je vous rappelle que vous êtes

sous serment.

- Vous confirmez ? - Je confirme.

Vous n'avez jamais entendu parler de cette collecte de drogue ?

Jamais.

Est-il possible que, sans que vous le sachiez,

cette collecte ait eu pour but de payer un informateur

pour une opération qui visait à démanteler

un réseau de stupéfiants ?

C'est possible.

Mais je n'en ai pas eu connaissance.

M. Cerva, vous dites que votre hiérarchie était au courant.

Oui, absolument.

Vous affirmez que votre officier, ici présent,

aurait cautionné votre démarche.

Oui.

C'est une accusation directe.

Oui.

Avez-vous des preuves à me soumettre ?

Non.

Non.

Je vous remercie, messieurs.

M. Bodin, vous pouvez sortir.

Oui.

Vous serez à l'isolement pendant votre détention provisoire.

Jusqu'à la fin de l'enquête.

Vous pourrez appeler vos proches dans un mois.

Pas avant. Aucun contact avec les autres détenus.

C'est pour votre sécurité. Vous avez pas beaucoup d'amis, ici.

[brouhaha]

- Avance. - Policier véreux !

- Fils de pute ! - Nique ta mère !

Oh, corrompu !

On t'aura ! On aura ta peau !

[maton] On rentre en cellule, s'il vous plaît.

Arrête-toi là.

On aura ta peau, enculé !

Corrompu !

Vous ne communiquerez qu'avec le surveillant.

Le seul moyen de l'appeler, c'est là.

[brouhaha]

Ouais, c'est pour…

[gardien] Tu veux quoi ?

- Il faudrait que je vous voie. - Pas maintenant. On verra demain.

Il faut que je parle à mon officier.

Ah…

[télévision] De le reprendre à notre compte…

- Plus la peine de me parler. - C'est sa feuille de route.

[jingle du JT]

Bonsoir. Dans l'actualité, ce soir, un scandale

dans la police à Marseille. Trois fonctionnaires de la BAC

sont soupçonnés de corruption. Ils auraient vendu la drogue saisie

auprès de voyous.

[journaliste] Les enquêteurs avaient placé des micros dans leur véhicule.

Les conversations

enregistrées ne laissent que peu de place au doute selon le procureur.

[procureur] La récupération de drogue sur des dealers,

la récupération de cigarettes…

Je serai, comme je l'ai déjà fait sur d'autres situations,

extrêmement sévère pour ces hommes.

Il n'y a pas de place pour ceux qui salissent la police

et la République.

Chacun doit savoir que nous agirons…

- Surveillant ! - Avec la plus grande sévérité.

[journaliste] "Chaque fois que la BAC Nord apparaîtra dans des procédures,

"il y aura un doute", indiquent des avocats du Barreau de Marseille.

Ils n'excluent pas de déposer des demandes de remise en liberté

pour leurs clients interpellés

par ces policiers de la BAC Nord qui sont aujourd'hui incarcérés.

[homme politique] Aujourd'hui, je ressens

dans la population un profond désarroi.

Avez-vous, M. le ministre, un projet

pour placer ce type d'unité

sous un encadrement plus strict

et plus efficace ? En découdre directement avec les voyous

nécessite plus de retenue et de sens des valeurs républicaines.

[journaliste] Et un policier qui ne respecte pas la loi

et la déontologie de la police salit l'uniforme et n'a pas sa place…

Répondez-moi !

Oh ! Répondez-moi !

Répondez-moi !

Répondez-moi, putain !

[il hurle]

[journaliste] On est dans une forme de corruption.

Ces fonctionnaires d'État ont perdu des repères moraux.

[journaliste 2] La justice parle d'une enquête criminelle de vaste ampleur

qui n'en est qu'à ses débuts. Si les faits sont avérés,

les policiers risquent jusqu'à 20 ans de réclusion.

- Ça va ? - Oui.

- Vous avez assez pour le cantinage ? - Oui, c'est bon.

Je suis votre avocat, mais je peux pas faire de miracle.

Notre défense est fragile.

Et puis votre problème, c'est que tout le monde s'en est mêlé.

Le préfet, le maire, les journalistes.

Et puis le ministre, aussi.

Vous l'avez entendu, le ministre ?

Pour avoir une chance de vous faire sortir d'ici,

j'ai besoin du nom de cet indic.

Non, ça, je peux pas faire.

Réfléchissez.

Je peux pas faire ça.

- Tu veux quoi ? - J'ai très mal à la main.

Je voudrais retourner à l'infirmerie.

Pas maintenant. Tu y as été déjà ce matin.

OK, et tu…

Tu sais si mon avocat a vu mon officier ? Ils devaient se voir.

Ça va, t'es pas tout seul, ici.

Tu sais,

j'ai rien à foutre là. Ils ont dû t'expliquer, tes collègues.

- Arrête-toi de me parler. - Faut que t'appelles mon officier.

- Tu peux pas l'appeler ? - Repose-toi et dors.

- J'ai pas le temps de parler. - Je sais.

Mais arrête !

[cris de lutte]

T'as compris ça ?

Je veux voir mon officier.

Je veux voir mon officier.

Je veux voir mon officier.

Je veux parler à mon officier.

Tire.

Faut que je parle !

Faut que je parle !

Oh, vous faites quoi ? Surveillant !

[Grégory] Faut que je lui parle !

Pourquoi ?

Faut que je parle à mon officier !

Faut que je lui parle, putain !

[Gregory crie]

Faut que je lui parle, putain !

Faut que je lui parle ! Faut que je lui parle !

[tonalité]

[Nora] Bonjour, vous êtes bien chez Yass et Nora.

Laissez-nous un message.

Ma chérie, c'était moi.

J'espère que… ça va.

Je pouvais t'appeler, alors…

Heu…

Et Malik…

Tiens, on a mis ce qu'on a pu.

Ça me touche, mais j'en veux pas. Je veux de l'aide.

Bien sûr, dis-nous.

Vous aussi, vous l'avez faite, la collecte.

Faut le dire à l'IGPN, c'est le seul moyen pour changer un truc.

- Ça donnera du poids à leur version. - Ça changera rien.

À part finir au trou avec eux…

Que veux-tu qu'on fasse ?

Ils vous ont pas balancés, eux. Ils ont tout pris sur eux.

Ils vont nous mettre en prison, ça changera rien.

Si vous dites à l'IGPN que vous étiez là, que Jérôme le savait,

si vous racontez ce qui s'est passé…

Jérôme a sauvé la brigade.

Le Ministère va sauver son cul et la réputation de la police.

Greg, Antoine et Yass représentent rien pour eux. Nous, c'est pareil.

Mais je te parle de cinq à dix ans, là.

Il me l'a dit, l'avocat, Jacques, il me l'a dit.

Je t'en supplie.

Je lui dis quoi ? Je dis quoi à Malik ?

Si j'aurais pu faire quelque chose, je l'aurais fait.

Moi aussi, j'ai une fille.

Ton fils, ça pourrait être le mien.

Tu peux pas me demander de faire ça.

[Jacques] Désolé, Nora.

Tu te sens comment ?

Ça va. C'est un peu chiant, ils ont pété le jacuzzi, mais ça va.

[elle rit]

C'est dur, ici.

T'es seul avec toi-même.

Comment va le petit ?

Bien. Bien, il rigole tout le temps, je lui parle.

On m'a dit que c'était important. Je lui raconte des histoires.

Tu lui dis quoi ?

Que tu vas revenir.

Bien sûr, je vais revenir.

T'as parlé aux autres ?

Kevin, Jacques…

Tu leur as parlé ?

Dis-moi.

Ils parleront pas…

Non.

- Oh… - Pardon.

Non, y a rien.

Moi aussi, ça m'arrive.

Moi et Malik, on est là. Même s'il faut attendre 112 hivers.

Moi aussi, je suis là. Je bouge pas.

[ils rient]

Je t'aime, putain.

T'es ma vie.

T'es ma vie.

- Allez, faut y aller. - Ouais, c'est bon, chef.

[elle frappe]

[musique tragique]

Je voudrais un cachet.

On t'en file des tonnes, des cachets, c'est pas possible.

Allez, viens.

Viens, essaye de te lever.

Viens. Allez.

Oh, frérot !

Oh !

- Oh ! - Par ici !

Greg !

Ta cellule, ta gueule ! Tu m'emmerdes à la fin. Allez !

- C'est moi, putain ! - Avance.

- Vous lui avez fait quoi ? - Avance !

- C'est bon. - C'est bon, arrête.

[clé dans la serrure]

Je veux me faire couper les cheveux.

Y a que les détenus qui coupent les cheveux des autres détenus.

Je sais.

Je peux pas te laisser entre les mains de n'importe qui.

Oui, je sais.

Tu crois que je te vois pas venir ?

Je veux juste me faire couper les cheveux.

Vous pouvez pas refuser, c'est mon droit.

- Je veux pas vous entendre. - Ça va, chef.

[tondeuse]

Chef,

si vous aviez un ami qui était en train de péter les plombs,

vous le sauveriez, vous.

- On a dit pas un mot. - C'est à vous que je parle.

Pas à lui. Alors, vous feriez quoi ?

Ferme-la.

- Vous feriez quoi ? - Ferme ta gueule.

Vous le sauveriez ou vous le laisseriez crever comme un chien ?

J'ai vu Greg, il est en train de craquer !

Réveille-toi, réveille-toi, fais ce qu'il y a à faire !

Fais ce qu'il y a à faire, putain, il est en train de crever !

Réveille-toi ! Réveille-toi !

[musique sombre]

[homme 5] C'est elle ?

J'avais pas le choix.

[la musique continue]

[la juge] Après qu'il ait pris connaissance de la réelle existence

de cette informatrice, le procureur abandonne les charges

de trafic de drogue en bande organisée.

Je mets donc fin à votre détention provisoire.

Vous allez pouvoir sortir.

Il y a toujours des charges retenues contre vous,

notamment les agissements illégaux dans le cadre de vos fonctions.

Vous serez donc soumis à certaines conditions de remise en liberté.

C'est clair ?

Il est où, mon chien ?

["The House of the Rising Sun" The Animals]

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