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Original subtitles

S'il vous plaît, gardez bien vos jambes à l'intérieur, s'il vous plaît.

-Et pour monsieur? -Deux personnes, s'il vous plaît.

Et vous, monsieur? Allez, le 10!

Y a beaucoup d'eau, ici. Y a une inondation.

Il doit y avoir un problème. Excusez-nous, messieurs.

-Va voir ce que c'est, mon frère. -Imagine-toi, l'eau, elle a encore monté.

Tony! Tony!

Y en a partout!

T'avais raison, Tony. Toute cette flotte, là, c'est plus possible.

C'est par là, la sortie.

Par ici. C'est rien, vous serez remboursés. Allez-y.

On va essayer de s'occuper de ça au plus vite, et puis...

vous aurez une partie gratuite la prochaine fois.

Vas-y, là! Poussez, mes morts!

-Pousse! -Je fais que ça de pousser.

T'as des bras en mousse ou quoi, Cou de Cigogne? C'est comment?

En vérité, les gars, je voudrais même pas de vous comme commis.

Vas-y, viens pousser toi aussi, bon à rien, va!

Je peux pas, mon gros. Je suis pas en tenue d'ouvrier comme vous.

Ferme ta bouche, toi. Toi aussi, ferme ta bouche!

Un... deux... trois...

Bah voilà, c'était pas compliqué.

Putain!

Putain, désolé, mon gros.

En vérité, on dirait que tu t'es chié dessus.

Vas-y, ferme ta bouche, toi, putain!

-Une chiasse d'enfer. -Toi aussi, ferme ta bouche!

Hé, vous allez finir par vous noyer avec l'eau qui monte, là.

Elle a peur de salir ses souliers, la princesse Amaya.

T'inquiète pas, va, j'en ai plein. Ça, c'est que quand je viens chez les paysans.

Tu nous prends pour des crasseux? C'était pas comme ça hier.

Qué miséria!

Bah quoi? Vous avez pas les pieds dans l'eau chez les Amaya?

Qu'est-ce que tu fais, là?

Arrête, là!

C'est comme ça que tu parles à ton homme?

Mon homme, il aurait un pantalon propre.

Désolé, Léti.

Y a les schmitts.

Dicave. Y a les schmitts.

Par là!

À mon avis, le gadjo qui est avec,

il est pas venu nous annoncer qu'on a gagné au loto, hein.

Ouais, ça, c'est sûr.

Bonjour.

Maître Saget, huissier de justice.

Je cherche le propriétaire du terrain, M. Miguel Torres.

-Qu'est-ce que vous lui voulez? -J'ai un acte à lui remettre.

Il est pas là.

Dans ce cas, M. Torres devra venir personnellement le récupérer à mon étude.

Dites-lui de faire vite, car cet avis de passage vaut signification.

Il est en voyage. Je sais pas quand il va rentrer.

Je suis sa femme, je vais signer.

Signez ici.

Il se passe quoi?

Ils vont nous niquer cette fois, tu vois pas?

Voici.

Bonne journée.

Gadjo de ses morts.

Non, non, ouvre pas ça, ma sœur. Ouvre pas ça.

On va plutôt demander à Dieu.

Un petit verset.

Bah oui, ça veut dire quoi, là-dedans? Y a rien de bon, là-dedans.

"Puis, je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre.

"Car le premier ciel et la première terre avaient disparu.

"Et la mer avait disparu."

Laisse ça, Sara. Y a que du mal, là-dedans.

Madame? Le bureau 219, s'il vous plaît. Bureau 219.

-Au fond du couloir, à gauche. -Merci.

Donc, Mme Torres, vous venez me voir pour l'avis d'expulsion, c'est ça?

Alors, dites-moi, qu'est-ce que je peux faire pour vous?

Vous aviez dit un an, pas un mois.

Oui, alors c'est pas exactement ça, si vous voulez.

C'est un an, mais sous réserve de danger manifeste.

D'accord? Auquel cas, y a une procédure accélérée qui s'applique.

Et là, malheureusement, c'est le cas.

Je veux dire, avec l'augmentation du nombre de crues dans la région,

votre terrain à vous, il est tout le temps inondé.

On est en train de chercher un autre terrain.

Mais c'est cher, dans la région. Et en plus, vous avez fermé la fête.

Écoutez, il faut nous laisser un peu de temps.

Dès qu'on aura trouvé un autre terrain, on va partir.

Je te jure, je te donne ma parole.

Le problème, c'est que c'est trop tard.

Y avait la possibilité de faire des recours.

Votre mari, il aurait pu faire des recours.

Mais il les a pas faits, donc ils sont tous prescrits, maintenant.

Vous comprenez, ça?

Non, et puis sincèrement, je vais vous dire:

si la préfecture prend ce genre de décision,

c'est pour votre bien, c'est pour votre sécurité à tous.

C'est pas vrai. Tout ce que vous voulez, c'est qu'on dégage, c'est tout.

Mais non, c'est pas ça, je vous assure.

Non, non, nous, on est très respectueux de votre...

de votre mode de vie.

D'ailleurs, la preuve, on en a plein, des aires de repos pour les gens du voyage.

On ira pas dans un parking!

La Camargue, c'est chez nous.

Vous pouvez pas nous dégager comme ça.

J'ai peut-être une solution.

Alors, écoutez-moi bien.

C'est des places en HLM. Dans la banlieue d'Arles.

Arles... C'est encore une peu la Camargue, non?

Parlez-en avec votre mari.

Je t'avais dit, ma mère.

Bon, tu vas m'écouter, maintenant?

Alors?

-C'est mort. -Quoi, c'est mort?

C'est mort, je te dis.

-Ils t'ont dit quoi? -Il m'a proposé d'aller en HLM.

-Des HLM? -Jamais de la vie!

C'est ce que je lui ai dit. Je vais retourner voir le gars de Gageron.

C'est un gadjo, mais il a l'air moins con que les autres.

Jamais de la vie. Y a pas un gadjo qui voudrait nous louer. Tu le sais bien.

Y a pas un seul gadjo qui nous donnerait un terrain.

Il faut quand même qu'ils nous trouvent un terrain, ma couille.

Moi, j'ai mon métier, j'ai mon travail, j'ai tout là.

Mes gosses, qui c'est qui va les nourrir? C'est le préfet, au moins?

Pour ça, faut les menacer. Y a que ça qui marche.

Moi, je vais y aller, voir le préfet. Et je vais lui dire :

"Tu me rouvres la fête, sinon je te crève les yeux!"

-Comme ça, ça sera clair. -Ça suffit, on a assez de problèmes.

Vous voulez vendre des tickets toute votre vie, c'est ça que vous voulez faire?

La fête, c'est fini, hein.

Si on en est là à l'heure actuelle, c'est parce qu'on a pas fait ce qui fallait.

Faut se mettre à la came. C'est soit ça,

soit ils nous font partir de notre terrain. C'est ce que vous voulez tous?

Faut trouver des lovés là où y en a, c'est tout.

-Arrête ça, mon fils. -Moi, je vais trouver une solution.

Ton père voudrait jamais ça!

Tu sais ce qu'il penserait, mon père? Il penserait la même chose que moi!

Jamais de la vie, mon neveu! Jamais il toucherait à la drogue, jamais!

Faut vivre avec son temps. C'est soit ça, soit on crève.

Vous avez vu ce qui se passe, là? Vous voulez crever tous?

Tu arrêtes! Je veux plus jamais que tu parles de ça. T'as compris?

Elle me pète les reins, ma mère.

Même mes oncles, ils me pètent les reins.

Je vais leur montrer qui je suis. Fini le braconnage, mon cousin.

-C'est la drogue qui paye. -Carrément, ma couille.

On est ensemble.

C'est qui, ces bouffons?

Ils veulent te parler.

Tu veux quoi, le gitan?

On m'a dit que tu pouvais avoir de la C. Il me faut un kilo.

Je pensais que c'était interdit, la drogue, chez les gitans.

-Tu vas la revendre loin de chez moi? -Chacun son territoire.

-C'est mort, chef, on est livrés... -Je t'ai dit de parler, toi?

Ferme ta gueule.

T'as l'oseille? T'as la thune?

Justement, on m'a dit que tu pouvais m'arranger. C'est pour faire un crédit.

En plus, t'es bien installé, là, avec tes potes, à ce que je vois.

Ouais, fais comme chez toi, si tu veux.

Vas-y, viens. Tu veux te baigner?

-Un crédit! -Alors, on fait comment?

J'ai une idée. Je vais te montrer un truc, tu vas kiffer, tu vas voir. Viens.

-Dicave, mon cousin. -Alors, tu veux te lancer dans le biz?

T'aimes les saucisses, toi.

Tiens, mate ça.

Hé, mon chien!

Petite saucisse!

Allez, tiens!

Allez... T'aimes ça, les petites saucisses, hein?

Allez... C'est un bon chien.

Tiens.

Tu vois ici, gitan, on fait plus de crédit. C'est terminé.

Y a eu trop de mauvais payeurs.

Tu m'as pris pour ta grand-mère? Le crédit, ici, ça finit comme ça.

Par contre, ce qui va se passer maintenant, c'est que tu vas prendre

tes petits potos rigolos et que tu vas te casser d'ici direct.

Sinon je te coupe la tête et je chie dans ton corps, t'as compris?

Baroncelli de ses morts!

Vas-y, passe la boule, mon cousin. Passe la boule, passe la boule!

Tiens, tiens, tiens. Vas-y, dépêche, dépêche!

Dépêche!

Enculé!

Wendy, Fidji, je vous avais pas dit de sortir, là?

Wendy! Je jure sur mes morts, y a 50 fois que je te le dis.

Allez, maintenant, tu sors, là. Allez, t'es la plus grande.

Dépêche-toi, ma fille.

Non, en vérité, depuis tout à l'heure "C'est le dernier."

-Mais maman, on a jamais le droit. -Allez!

Jo!

Jo!

Tu veux y aller, toi?

-Où ça? -Aux HLM.

Apparemment, là-bas, y a des douches pour tout le monde.

Mais ça sert à rien, les enfants, ils sont jamais dehors.

Du coup, ils sont jamais sales.

Mon père, il dit les HLM, c'est pour les chiens.

T'as prévenu Miguel?

Pas encore.

C'est la fin pour le clan.

Ça arrivera pas.

Je prie le Seigneur, ma sœur. On fera pour le mieux.

Et pour Jo?

On fait quoi pour Jo?

Tu parles de quoi, ma sœur?

Ça fait sept ans qu'il vous cause plus.

Il cause qu'à moi, Fred et les gamines.

-Et si on doit quand même partir? -C'est hors de question.

Tu m'entends?

Ça arrivera pas.

Je vais trouver une solution. Je vais trouver un terrain. On va rester ensemble.

Je sais.

T'inquiète pas. J'en parle à Miguel.

Ça y est, mon Miguel.

Elles veulent nous faire partir.

Pour de bon, cette fois.

Ils disent que c'est à cause de l'eau qui monte, mais bon, tu le connais.

Je sais pas comment je vais faire, cette fois.

Mais bon...

T'inquiète pas.

Je t'abandonnerai pas.

Je te laisserai pas ici tout seul.

Hein, mon Miguel.

Bonsoir, Mathilde.

Ça va, Sara?

-Qu'est-ce que vous faites là? -Je prends l'air.

Je reviens de l'abattoir.

J'ai encore une bête qui s'est noyée.

Et une autre qui s'est échappée.

J'ai essayé de faire une tranchée, mais... ça sert à rien.

Et Jo, ça va?

On m'a dit qu'il fallait que vous partiez.

-Ils vous ont pas expropriée, vous? -Non.

Enfin, pas encore.

Pourtant, je suis plus près de la flotte que vous, mais...

Je rentre. Je vous dépose?

Non, ça ira.

Vas-y, tire. Fais comme si que c'était les Baroncelli.

-Tu peux pas fermer ta gueule, un peu? -Vas-y, de toute façon, tu sais pas jouer!

Tony, faudrait penser à régler l'ardoise. La patronne est pas contente.

Vous avez quoi tous, aujourd'hui, à me casser les couilles?

C'est quoi, c'est ma journée? C'est comment?

-Va voir ta patronne, tu lui dis... - Tony, elle t'a rien fait.

Vous me cassez les couilles, tu vois pas comment.

On est en train de jouer, elle nous dérange, mon cousin.

Je sais pas, va dire à la patronne que j'arrive après, ma cousine.

Tu vois pas qu'on est en train de jouer aux boules, là?

Vas-y, Cou de Ci, joue là. Ça me casse les couilles.

On va pas attendre la Vierge là-dessus, je te le dis.

Pourquoi t'as deux boules, toi, mon gros?

Pourquoi j'ai que deux boules? Il a balancé la troisième dans la vitrine.

-C'est toi qui devrais avoir deux boules. -Mais moi aussi, mon cousin.

J'ai deux boules.

Et ça m'empêche pas de tirer.

Vas-y, tire!

-J'y vais, là. -Bah, vas-y.

Allonge, mon cousin. Tu tires, je sais pas.

J'y vais, là, hé!

Parce qu'il a un cou de cigogne, mais il a pas un œil de lynx.

Ferme ta gueule, toi aussi.

-Vas-y, tire ma couille. T'attends quoi? -Arrête, tu me fais bouillir!

-Bah, moi, j'attends! -M'énerve pas, putain! Tu fais chier!

-T'attends quoi? -Tu me saoules! Putain, j'y vais!

T'as qu'à tirer!

Putain, viens là. Je vais tirer. Tiens, là, je tire!

-Carreau! -Sur place!

-Vous voulez un café? -Ah ouais, je veux bien.

Si on trouve pas de terrain, on sera obligés de retourner dans le Nord.

Même que ça me fait mal dans le bide. Mes deux dernières sont nées là.

Qu'est-ce que tu veux? Au moins là-bas, y a de la famille.

Y a de la place pour mettre la fête. Et pis, y aura de la place aussi pour toi.

Quand Miguel verra ce que j'ai fait du clan, il me pardonnera pas.

-C'est pas de ta faute. -Non.

-Le Seigneur nous met à l'épreuve. -T'y es pour rien, toi.

De toute façon, les gadjos de ses morts,

ils attendaient que ça pour nous faire partir.

Mais quand ton fils sera marié avec la petite Amaya,

ils pourront nous rejoindre après.

Tu sais très bien que les filles suivent les hommes chez nous.

Et puis, je crois pas que Juan, il va laisser sa petite partir en HLM.

Sara, on doit partir.

Je partirai pas d'ici.

Le clan, c'est ici, ma sœur.

T'inquiète pas.

Je vais trouver une solution.

Tu imagines la tête qu'elle a fait quand son lustre a disparu.

La gadji, elle doit être contente.

Parce qu'elle a plus à le nettoyer.

Et le pognon, c'est pour qui?

Pour nous!

À qui tu fais signe?

À qui tu fais signe?

-Le bon Dieu, il t'a donné des yeux. -Ouais, c'est vrai.

-Eh bah, tu te retournes. -Ça m'intéresse pas du tout.

Il est pas commode, ce canasson.

T'inquiète, il suffit d'être patient, mon oncle.

Tu vas voir, je vais t'étonner.

Bonjour, Juan.

Bonjour, Sara. Qu'est-ce qui t'amène?

Je voudrais te parler, c'est important.

Bon, Sandro!

T'iras voir Carlos après. Il va te montrer le camion pour ce soir. On se reparle.

Qu'est-ce qu'elle fait là, la Torres?

Elle a du culot de revenir ici. Chez nous, en plus.

Merci, Inès.

L'eau est encore montée.

Mais la préfecture nous laisse qu'un mois.

C'est trop juste pour réunir l'argent.

Donc je pensais qu'on pourrait s'installer chez vous juste le temps de...

On en a déjà parlé, Sara.

Mais ils nous laissent une indemnité, tu sais.

80 000 euros.

On est prêts à vous les laisser.

C'est généreux. Mais je m'en voudrais.

Vaut mieux que tu gardes ton argent, c'est plus raisonnable.

Réfléchis, Juan.

On pourrait partager les revenus de la fête.

Et tu pourrais blanchir l'argent de tes antiquités.

Faut qu'on s'entraide. Tout ce qu'ils veulent, c'est nous voir partir.

On a pas de problème avec la préfecture, nous, tu sais.

Chez les Amaya, on est propres, discrets.

T'as pas de problème, mais t'en auras, crois-moi.

Si c'est pas l'eau qui monte, ils trouveront autre chose.

Il veulent pas de nous ici. Yenish, ou Andalous, c'est pareil pour eux.

On est tous des gitans, ils font pas la différence.

On est peut-être tous gitans, mais y a quelque chose qui nous sépare.

La langue. Vous causez trop facilement des morts.

Les morts par-ci, les morts par-là.

Dans ce cas, on va aller en HLM.

Ils nous ont gardé des places.

Sur le continent.

J'espère qu'ils trouveront un bel appartement pour Léti et Tony.

Moi aussi, j'aurais voulu mieux pour eux, mais bon...

Merci pour le café.

-Juan... -Te mêle pas de ça.

Léti, elle reste ici. Jamais elle ira en HLM.

Tu vas accueillir Tony sur ton terrain?

Tu l'as dit toi-même, Juan.

On sépare pas un couple marié.

Je sais que tu voulais pas de cet union, mais c'est comme ça, ils s'aiment.

Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse?

À moins que je parle à Tony.

Je pourrais peut-être le convaincre de renoncer à ce mariage.

Ça fait 10 ans qu'il tourne autour de ma fille.

Tu sais très bien que j'ai tout essayé.

Toi. Mais pas moi.

Réfléchis, Juan. Tu pourrais marier ta fille à qui tu veux.

Et Tony, tu le gardes ici. Tu l'as à l'œil.

Et s'il change d'avis une fois que vous êtes ici? S'il l'enlève?

Il fera pas ça. Je te le promets.

Et Miguel? Qu'est-ce qui me garantit qu'il va pas se repointer?

Je veux pas de lui sur mon terrain.

Miguel, il sait très bien que les gens ici l'attendent avec un fusil.

Il va jamais mettre sa famille en danger. Il est en Espagne maintenant.

Il reviendra jamais. Il sait que tes deux cousins sont en taule à cause de lui.

Miguel, c'est le passé. Mais pas Tony.

Si tu veux garder ta fille avec toi,

fais-moi confiance.

Il m'obéira. Sur mes morts, il m'obéira.

Il te le pardonnera jamais.

Ça, c'est mon problème.

C'est ton idée, Sara. Pas la mienne.

Il faudrait 20 000 mètres carrés.

Et aussi un accès à la route. Le terrain à l'ouest est trop petit.

Ce qui nous faudrait, c'est celui au nord.

On fera un accès pour le parking le long de la route départementale.

Je vais quand même pas vous laisser les meilleures parcelles.

La friche ouest est assez grande.

C'est notre banquet annuel demain.

Viens donc fêter ça avec nous. Ça me fera plaisir.

Profites-en pour m'apporter les 80 000 en liquide, évidemment.

Ravitaillement!

Laissez passer!

Celle-là, elle glisse

dans la gorge comme la gorgée du matin sous les feuilles.

Comme le petit matin.

-Vous l'avez pas descendue beaucoup. -On va doucement.

Voilà l'ancien!

Vous croyez que c'est la fête?

Tiens, prends un siège.

C'est plutôt la fête pour les Amaya.

-Santé. -On a le terrain.

Donc ce soir, on fait la fête. Hein? On est partis pour ça.

-Allez! -Allez, cousins.

-Ça va, mon Fred? -Ouais, et toi?

Sara, ta sœur, elle s'inquiète pour les gamines.

Tu sais, les Amaya, comment qu'ils sont. Les Andalous, c'est pas comme nous.

Y en a ici, des Andalous.

-Miguel, c'est un Andalou. -C'est pas pareil.

Miguel, c'est la famille.

Je vais lui parler.

-Je compte sur toi. Parle à ta sœur. -T'inquiète pas.

Merci.

Ça, c'est pour nous, ça.

J'avais mis

Ma robe blanche

Un matin

Du mois de mai

C'est beau, hein?

Tous les jours

C'est des dimanches

Avec lui à mes côtés

Je croyais

Bien le connaître

Mais il a

Tellement changé

Saura-t'il

Un jour renaître

Vas-y, Nina.

Ce garçon que j'ai aimé

Peu à peu

La solitude

Fait sa place à mes côtés

Je croyais bien le connaître

Faut que je te parle, mon fils.

Tu veux me parler maintenant? Je croyais que je devais fermer ma bouche.

Tu me rejoins?

Tiens, mon gros.

Qu'est-ce qui se passe ici?

C'est l'autre, là. Le Juan.

Il est d'accord pour qu'on s'installe sur son terrain.

On reste en Camargue, mon cousin.

C'est quoi, ça, ma mère? C'est quoi?

-Écoute-moi, y a pas d'autre solution. - Quoi, qu'abandonner Léti?

Bien sûr qu'il y a d'autres solutions.

Mais t'es trop scotchée à tes principes pour le dicave, ça.

On touche pas à la drogue!

Et les gitans de cité, tu crois qu'ils se gênent eux, peut-être?

Les gitans de HLM. C'est ça que tu veux devenir?

Plutôt crever que de changer, c'est ça que t'es en train de me dire?

-Tu proposes quoi? On a 29 jours. -Qu'on fasse affaire avec les Baroncelli.

C'est eux qui gèrent le plus gros four du coin.

Et ils me connaissent, moi, ils me respectent en plus.

Et avec quelle mise de départ?

On a qu'à faire les bijouteries d'Arles en pleine journée, c'est facile.

On a pas besoin de Fred pour ça.

Y a que de la camelote dans ces bijouteries. Que de la merde.

Et après, tu vends à qui?

À Salins, chez les Rouges.

Ils ont besoin de lovés, leur boîte est en train de couler.

T'oublies que le patron de ces boîtes, il a découpé son associé en morceaux.

C'est avec ces gens-là que tu veux travailler?

Écoute-moi bien, mon fils. Personne veut de la drogue dans le camp.

Personne va te suivre là-dessus.

Si on s'éparpille, y aura plus de clan, plus rien.

Devenir chef de rien, c'est ça que tu veux?

T'as beaucoup de choses à apprendre, mon fils.

Ton heure viendra, mais pour le moment, tu dois me faire confiance.

Ça veut dire quoi? On doit se laisser bouffer par les Juan, là? Sans rien dire?

Juan, c'est exactement ça qu'il veut. Qu'on se divise, qu'on se déchire.

Mais il faut pas que ça arrive.

Il faut qu'on le bouffe de l'intérieur.

C'est ça qu'il faut qu'on fasse, mon fils.

Et qu'après, tu deviennes chef des deux familles, avec Léti.

Je sais que ce que je te demande, c'est difficile. Je sais que tu l'aimes.

Si je te le demande, c'est parce que j'ai confiance en toi.

Je sais que tu peux le faire.

On a traversé tellement d'épreuves tous les deux. Regarde-moi, mon fils.

Si on rate ça, on va tout gâcher, ça aura servi à rien.

Tu comprends?

Putain!

Je peux pas...

Vous avez vu Carmencita comme elle s'est fait tout refaire?

-C'est choquant. -Non, c'est beau.

Franchement, ses nichons, ils sont pas beaux.

Ça va, t'es jalouse, c'est tout!

Ça, c'est l'entrée principale.

Ici, y a une cour pour charger le matos, les meubles, tout ce qui va se vendre.

Nous, on va se garer là.

Jente, toi, tu vas monter sur le toit, tu vas passer par la fenêtre qui est là.

-Tu vas couper l'alarme... -Je débranche l'alarme, comme d'habitude.

Miguel, Sandro,

vous allez rejoindre Jente et charger les meubles.

Moi, je vais rester sur le camion.

-Tout ce qu'il y a, on charge tout? -Oui, on charge.

Ça vaut combien, ça?

Putain, tu en as pour toute ta vie.

J'aurais été jeune, je l'aurais fait.

Des nouveaux seins, c'est beau.

-Tu aurais tout fait? -Pour avoir des beaux mecs avec moi!

"Des beaux mecs!"

C'est on rentre, on casse, on ramasse, on s'en va, c'est fini.

Ah, mon amoureux!

Pardonne-moi, Léti.

Mais tu fais quoi, mon gros? T'es un malade dans ta tête, non!

Tu veux tirer?

Nous, on tire avec des carabines à plomb, nous. On tire pas avec des pushkas.

C'est du bon.

Tu fais quoi, mon neveu, en vérité?

Tu me tires partout. Je vais faire comment pour travailler, moi?

-Sara! -Je vais m'en occuper, t'inquiète pas.

Oh, Jo!

Viens.

Viens tirer, Jo.

Allez, viens, mon frère. Qu'est-ce qu'il y a?

Viens.

Viens.

-Tu veux tirer? -Laisse-moi, Tony.

Viens mettre une petite bastos, Jo.

Une petite bastos.

Tu veux pas tirer?

Mon frère.

Mais laisse tomber, Tony.

-Mon frère! -Laisse-le.

T'emmerde pas avec ce guignol, là. On en a rien à foutre.

T'as dit quoi? C'est un guignol mon frère?

Oh, tu fous quoi, là?

C'est un guignol, hein?

Qu'est-ce qui y a?

Mais t'es un fou! Tu frappes pas sur ton cousin, mon gros.

C'est la famille, mon gros.

La vache!

¿Bailamos, guapa? Tu viens?

Viens avec nous.

Juan!

Viens voir. On a quelque chose à te montrer.

Juan, regarde.

Elle va le payer, ça.

Sers-moi un whisky, mon fils.

Qu'est-ce que tu veux, Amaya?

Elle était à Arles, dans les entrepôts de ventes aux enchères. Tu m'expliques.

-Je comprends pas. -Je vais te dire ce que je comprends.

Cette Sainte Sara, elle a toujours été vissée au camping-car de Miguel.

Alors, s'il était en Espagne, elle y serait aussi.

Alors, où il est, je m'en fous. Je veux rien savoir.

En tout cas, ça pue encore vos magouilles et je veux rien avoir à faire avec ça.

Donc, vous allez où vous voulez, en HLM, en Espagne, je m'en fous.

Accord annulé.

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