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[martèlement de la pluie]
[le tonnerre gronde]
[musique sombre]
[le tonnerre gronde]
[quelqu'un siffle]
[Max] Wendie !
[Max] Wendie !
Non !
[Wendie] Papa ! Papa !
Non ! Non !
[musique sombre]
Il vient de se réveiller. Il va pas tarder.
- Bonjour, M. le maire. - Bonjour.
- Comment allez-vous ? - Bien, merci.
- Vous avez vu pour le terrain ? - Ouais.
- Max, on attend combien de temps ? - Le temps qu'il faudra.
On a que dalle contre lui.
[Max] Aucun lien, pas de mobile.
- On a une vidéo floue de loin. - C'était lui.
- Nathan a parlé de la statuette. - Ça suffit pas.
Sans lien direct, il sera sorti en 24 heures.
On peut le faire craquer.
Si on y arrive pas ?
C'est notre seule piste.
[Max] Faut le forcer à bouger.
Le pousser à la faute.
[Lucie] Tu proposes quoi ?
[carillon]
Bonjour.
Hé, Thierry, ça va ?
- [homme] Major, ça va mieux ? - [Max] Ça va.
- Je peux prendre un café ? - Bien sûr.
Vous laissez pas atteindre, Max.
Les gens savent ce qu'ils vous doivent.
- Merci. - Voilà.
Il paraît que votre discours a été émouvant à la marche.
J'ai essayé d'être sincère,
d'apporter l'apaisement.
"Face à ce malheur qui s'abat sur nous,
"quelle que soit sa nature, on se laissera pas faire."
"Quelle que soit sa nature" ?
Les gens parlent.
L'enquête piétine, pas de réponse. Normal, les gens se tournent...
vers le surnaturel.
Vers le folklore, le complot.
On peut rien faire contre ça.
Pourquoi alimenter la rumeur ?
C'était pas l'idée.
Mais avouez qu'il y a des zones d'ombre.
Hm.
Vous connaissez l'affaire du col de Dyatlov ?
Du tout.
Dans les années 1950,
dix randonneurs ont mystérieusement disparu.
Dans le nord de l'Oural, en Union soviétique.
Après des semaines, on les a retrouvés à 1 km de leur camp.
Leur peau était orangée,
crânes fracassés, il leur manquait la langue, les yeux.
Et aucune trace de lutte.
Aucun indice.
L'enquête a conclu qu'aucun être vivant sur cette planète
n'était en mesure d'infliger de telles blessures.
Ils auraient été tués par une force
irrésistible,
inconnue.
Parfois,
un mystère reste un mystère.
On n'a pas toutes les réponses.
C'est pas mon genre.
[rires]
Mais la bonne nouvelle,
c'est qu'on va bientôt prouver que c'est ni Dieu
ni une légende qui m'a troué le bide et qui a attaqué les victimes.
Vous avez du nouveau ?
[musique intrigante]
Quelqu'un a pris une pièce à conviction aux Jondelles.
Les caméras étaient HS.
On sait pas qui c'est.
Mais on a trouvé des traces d'ADN.
C'est technique, mais on pourra remonter jusqu'à lui.
Bien.
Bien, bon boulot.
- Vous aurez les résultats quand ? - D'ici 24 heures.
Peut-être même avant.
Bravo.
[Max] Bonne journée.
[carillon]
[le tonnerre gronde]
Je comprends pas.
Au château d'eau, ça m'a submergée
et quand on en a eu besoin, c'était plus là.
Sans Mammig, c'était fini.
Mais cette chose,
elle...
Le Bugul Noz.
Enfin, la chose.
C'est comme ça que ton père l'a appelée.
C'est ce que représentent les statuettes.
Ça veut dire berger de la nuit en breton.
[Nathan] C'est une légende.
Y a quelqu'un qui cible des gens précis, met ces statuettes sur eux
et qui attire ce truc pour qu'il avale leur...
Leur vie, leur âme.
Mais pour quoi faire ?
Faut qu'on l'arrête.
Comment ? On est largués.
[Nathan] Imaginez que ça continue.
Qu'il y ait d'autres attaques ? Un nouveau capitaine ?
Un nouveau Clément,
une nouvelle Gwen.
Ou pire, l'un de nous.
Vous feriez comme si de rien n'était ?
[Nathan] Oui, je flippe.
Mais affronter tout ça me paraît plus facile que de rentrer chez moi.
Il a raison.
On fait quoi ?
On reprend où on s'est arrêtés.
Les Oghams.
Quand on lui a montré,
le capitaine a dit que c'était ses armoiries.
C'est peut-être le lien entre les victimes.
Ce qui compte, c'est pas eux,
mais leurs familles.
[musique douce]
Duir, le chêne.
[Wendie] Un nouvel Ogham.
Comme sur la maison de Clément.
On frappe et on lui demande cash ?
Il est dans le mal, alors nos questions...
J'avoue.
J'ai une idée.
[musique intrigante]
Je sais pas ce que tu fais, ça me plaît pas.
Nathan, c'est pour Gwen.
Je sais ce que je fais.
Tenez.
Merci.
- [Prigent] Tiens. - Merci.
Et... comment elle va ?
C'est compliqué.
Les médecins pensaient qu'être ici lui ferait du bien.
C'est moyen.
Hm.
Tenez.
[Léa] On l'a prise l'été dernier.
Ce serait cool qu'elle l'ait avec elle.
Ça lui fera plaisir.
Au dos, elle a tracé comme un symbole.
[musique sombre]
Ça vous dit quelque chose ?
Je pensais pas qu'elle se souviendrait de ce vieux truc.
[Prigent] C'est un symbole ancien.
Un porte-bonheur transmis dans la famille.
Et ça vient d'où ?
C'est plutôt ma femme qui savait.
C'est lié à Harz.
À son histoire.
Au repas de Noël, ils aimaient bien raconter
que c'était leur héritage,
preuve qu'ils descendaient des fondateurs du village.
J'ai jamais su si c'était vrai
ou juste des contes racontés au coin du feu.
[hurlement]
Excusez-moi.
[hurlement]
Ça va aller, ma chérie. Je suis là.
Tout va bien.
Voilà... Voilà. Voilà.
Tes amis sont venus.
Quoi ?
[musique intrigante]
C'est la 1re fois qu'elle fait ça.
Viens, s'il te plaît.
Viens.
Viens !
Ça va, Gwen ?
[elle hurle]
[Lucie] Après avoir déjeuné, il est revenu à son bureau.
Sur une échelle
de 1 à 10, tu situes où la réussite de ton mytho ?
Il a mordu. Sûr à 100 %.
60 %.
[téléphone]
- Allô ? - [femme] M. Sendac ?
- C'est moi. - Arrée funéraire.
Pour le cinéraire de votre femme.
Le cinéraire ?
Les cendres. Le délai pour les récupérer est presque écoulé.
Le crématorium voudrait s'en charger.
C'est-à-dire ?
Vous pourriez passer ?
Allô ? Euh... non.
Enfin, je...
je sais pas, pardon.
C'est pas le bon moment. Vous pouvez me joindre plus tard ?
À ce numéro. Pour pas tomber sur ma fille.
Avant de vous avoir, on a appelé chez vous.
On a laissé un message.
C'est pas grave.
Désolée. Au revoir.
Merci quand même.
J'ai pas eu le temps de m'en charger.
T'as pas à te justifier.
[Lucie] Jean-Guy va pas tarder.
Vas-y.
[claquement de porte]
Ah, t'es là.
Ça va ?
Pas trop, non.
J'ai vu Gwen.
J'ai entendu le message.
Je suis désolé.
T'es beaucoup désolé en ce moment.
T'as pas été les chercher ?
J'ai pas eu le temps.
T'as pas eu le temps ?
Tu passes devant tous les jours.
T'aurais pu m'en parler, j'y serais allée.
Je sais, j'ai merdé.
Je vais le faire.
Je vais y aller, fixer une date. On va les mettre au cimetière.
Au cimetière ?
Dans le caveau familial.
Avec ton arrière-grand-mère, papi.
Mammig pourra aller la voir.
C'est pas ce qu'elle voulait.
C'est provisoire.
- Je dois réfléchir... - Elle se foutait du caveau !
- On devait disperser ses cendres ! - Je sais !
[musique sombre]
[il gémit]
Elle est plus là pour décider, maintenant.
[elle crie]
[vibreur]
- [Jean-Guy] Max, t'en es où ? - On arrive.
- Tu l'as encore ? - Il a une voiture d'avance.
OK, je le vois. Je me mets derrière toi.
Il a quitté la mairie à 22h, direction Pleyben.
[klaxons]
Il s'est paumé ?
[klaxons]
Qu'est-ce qu'il fout ?
- Il nous a repérés ! - Le lâche pas !
[crissement des pneus]
[musique de suspense]
Surveille la sortie.
Je le sens pas.
Sans blague.
[moteur]
Max...
Max !
Max !
[crissement de pneus]
Jean-Guy, on bloque tout.
On perquisitionne la maison, la mairie.
OK, OK.
Faut le choper, ce salopard.
[hennissement]
[musique de suspense]
Retournez tout. Fouillez tout.
On laisse rien au hasard.
[tonalité]
[Max] Bonjour,
messagerie de Maximilien Sendac...
[sonnerie]
[Nathan] Wendie ?
C'est ouf pour le maire, non ?
- Quoi ? - Ils ont débarqué chez lui.
On parlait que de ça aux Jondelles.
Tu crois que c'est lui ?
Je sais pas.
Quoi ?
Ton père t'a pas dit ?
On s'y habitue.
[Nathan] Waouh !
Y a un truc qui va pas.
C'est le sourire.
Déjà, pour ta gouverne, si je souris, c'est que j'ai trouvé quelque chose.
Je me suis renseignée sur la création de Harz.
Sur Internet, j'ai trouvé qu'un vieux livre
auto-édité avec des critiques immondes.
Vous devinez jamais qui l'a écrit.
En quoi ça vous intéresse ?
On adore notre village. Depuis tout petits.
[Nathan] On est fans de Harz.
On mange Harz, on boit Harz,
on respire Harz.
Vous respirez Harz?
Grave, c'est la mif.
[Nathan] Le S.
Enfin, le sang, quoi.
Vous pouvez pas savoir à quel point ça me fait plaisir de voir
des jeunes s'intéresser au patrimoine local.
À l'époque,
tout le monde a refusé mon manuscrit.
J'ai écrit ce bouquin pour pousser les historiens
et les archéologues à s'intéresser enfin à notre région.
La mayonnaise n'a pas pris.
Baissez les stores.
[musique mystérieuse]
Pour ce qui vous intéresse,
d'après les fouilles
réalisées après-guerre dans les monts et les forêts,
la création du village date de la 2de partie de la protohistoire.
Vers l'an zéro avant notre ère.
- Les Gaulois. - [prof] Exactement.
En plein âge de Fer.
À l'époque,
Harz ne ressemblait pas à ça.
C'était un oppidum,
un village fortifié gaulois
construit par les druides.
Ils se seraient installés là
pour profiter des gisements de plomb argentifère.
Les mines.
Et ça, c'est quoi ?
La Grotte du Diable.
Un lieu fascinant
où se trouve un rare vestige d'art gaulois encore en bon état.
Un chef-d'œuvre
à l'effigie d'une divinité païenne.
Le berger de la nuit.
Exact, oui. Comment vous le savez ?
Euh, je crèche en maison de retraite. C'est ma came, les vieux trucs.
Hm.
En tout cas, oui, il pourrait s'agir de cela
ou d'une autre divinité psychopompe assimilée.
À l'instar de Charon chez les Grecs,
le berger de la nuit accompagne les âmes des défunts en Anaon.
[tous] Anaon ?
L'immense royaume des âmes en peine, l'au-delà.
Le peuple des morts chez les Celtes.
C'est pour se prémunir d'Anaon que les druides ont fondé ce village.
Pour maintenir la porte fermée entre les deux mondes.
La frontière,
"harz" en breton.
[musique intrigante]
Et euh...
elle est où, cette grotte ?
On peut la voir ?
On a perquisitionné la mairie, rien.
Peut-être les ordinateurs, mais il a été prudent.
[homme] Max ! Viens voir.
J'ai peut-être quelque chose.
Un contrat de loc' pour un garde-meuble à Pont-Keryau.
Pont-Keryau ? Là où il a tourné quand il nous a repérés ?
[Nathan] Vous aviez pas cours ?
Non. Enfin, si.
Avec les Secondes B. Ils sont en avance sur le programme.
Vous avez séché.
Non, je n'ai pas séché.
J'accompagne des élèves en sortie pédagogique.
- La vie scolaire est au courant ? - Nathan Legrand,
- vous allez où avec vos questions ? - Nulle part.
Mais si vous voulez remonter la note de mon dernier DM...
Euh...
[Max] Bonjour, messagerie de Maximilien Sendac...
- Ton père ? - On s'est pris la tête.
On doit aller chercher les cendres de ma mère.
On est pas d'accord.
Toi, tu veux faire quoi ?
Les disperser dans un endroit joli.
Je sais pas.
Un lieu qu'elle aurait aimé, quoi.
Il soûle avec son histoire de caveau.
Peut-être qu'il a juste peur.
De quoi ?
De la laisser partir.
Quand mon frère s'est installé avec sa meuf,
au déménagement, il nous a rendus ouf.
Il prétextait des faux trucs, il trouvait plus ses maillots de foot,
fallait faire de la place dans le camion pour la confiture de ma mère.
On a revérifié 10 fois, il avait rien oublié.
C'était pas ça, le problème.
Il avait juste besoin de temps.
Parfois, c'est les trucs dont t'as le plus besoin
qui te font le plus peur.
[Nathan] Les filles !
On y est.
Venez !
[musique intrigante]
[prof] Oh, là. Attention.
Soyez prudents, ça glisse.
Cette cavité fut découverte par un partisan de la Révolution
qui fuyait ses ennemis.
Arrivé en bas, crac, pas de bol, cul-de-sac.
Il crut que sa fin était proche.
Oh, là. Attention.
Alors que les adversaires entraient,
ils furent pris de panique par "l'ombre du Diable",
et s'enfuirent en criant : "Au Diable !"
D'où le nom de Grotte du Diable.
Ici, point de sataneries. Juste le témoignage inestimable de nos ancêtres.
Non...
Non, c'est pas possible...
Elle a été profanée.
C'était sa prison.
Quelqu'un l'a libéré.
[prof] Non !
Non, ne touchez à rien !
Faut prévenir l'Inrap, le service régional d'archéologie.
Faut des outils spéciaux, là !
[musique mystérieuse]
[prof] Oh, ben oui.
Foulez au pied 2 000 ans d'Histoire, hein.
Ne vous gênez pas.
[il tousse]
[Wendie] Les Oghams de chaque famille.
Le rituel d'Anaon.
Quatre druidesses, chargées de garder la porte fermée
pour nous protéger du royaume des morts.
C'est sublime.
Et elle ?
Pourquoi elle est pas comme les autres ?
Difficile à dire.
[prof] Il pourrait s'agir d'une wati.
Une druidesse chargée des cultes, des rituels et des sacrifices.
À chaque Ogham,
y a eu une attaque.
Va y avoir une autre victime.
[prof] Une quoi ?
[sirène]
On y va tous les trois.
- Erwan ! - [Erwan] Oui ?
[musique de suspense]
Erwan, où en est la Scientifique ?
[Erwan] Je les rappelle.
Max...
[Lucie] Max !
[cliquetis]
[bris de verre]
Papa ?
[musique inquiétante]
[téléphone]
[grincement]
[sirène]
[Max] Wendie !
[elle halète]
[Max] Wendie !
Y avait quelqu'un. Je crois que c'était le maire.
- Je sais pas ce qu'il voulait. - [fracas]
Papa !
Papa !
[il gémit]
[gémissements]
[Lucie] Pose ton arme !
Pose-la !
[Lucie] Non !
["Unforgettable" - Halla]
Bol préféré.
Cuillère préférée.
Tu me dis stop.
Stop.
Bon appétit.
Merci.
Je suis pas sûr qu'il soit pas périmé.
[il rit]
[il tousse]
[il soupire]
Ça va.
Pour maman.
Je veux bien qu'on fasse ce que t'as dit.
La déposer au caveau.
T'es sûre ?
Elle y sera bien.
En attendant qu'on soit prêts.
[musique douce]
Prends ton temps.
[Wendie] Je sais pas si tu m'entends.
Je sais pas si c'est comme ça qu'on fait.
Mais tu me manques...
horriblement.
Depuis que t'es partie, tout s'est déréglé dans ma vie.
Je sais pas ce qui m'arrive.
Je sais pas ce qu'on attend de moi.
Mais là, maintenant, j'aurais aimé que tu sois là.
Que tu me parles, que tu me dises quoi faire.
[musique triste]
[Léa] Pour chaque Ogham, y a eu une attaque.
[musique sombre]
Sous-titrage TITRAFILM
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