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IRLANDE TERRE DU ROMANESQUE
P�NINSULE DE DINGLE - COMT� DE KERRY VACANCES EN IRLANDE
�a ne peut pas �tre �a. Fais-moi voir cette carte.
- La route n'est m�me pas indiqu�e. - C'est le style irlandais.
Du moment qu'on ne quitte pas la c�te, on ne peut pas manquer Shannon.
C'est toi qui es press�, pas moi. �coute, Fitz. Du calme.
Tu ne seras pas tr�s utile � Augur si tu te casses le cou.
- C'est mon cou. - H�. J'aime bien aussi le mien.
�a va tenir.
Reste ici avec la voiture au cas o� quelqu'un passerait.
Je vais voir plus haut sur la route. �a doit mener quelque part.
Pas s�r. Les sentiers irlandais sont fantasques, tout comme les Irlandais.
H�.
Bonjour.
Mon ami et moi... nous sommes perdus. Vous pouvez m'indiquer la prochaine ville ?
Alors, vous ne me cherchiez pas.
Vous chercher ? Bien s�r que non.
- Je cherche o� louer une voiture. - Certes.
Quel serait votre nom ?
Votre nom.
- Fitzgerald. - Fitzgerald !
Peut-�tre qu'en sachant pourquoi vous avez besoin d'une voiture.
�coutez. Si �a ne vous ennuie pas, je suis terriblement press�.
Press�.
C'est un mot �trange, "press�." Pourquoi vous seriez press� ?
Un homme tr�s important m'attend � New York...
et ce n'est pas le genre qu'on peut faire attendre.
"Important." Voil� encore un de vos mots.
Il est clair que je vous rends impatient, Fitzgerald.
J'ai appr�ci� notre conversation. Je ne vous retiendrai pas plus longtemps.
- Merci beaucoup. - Vous ne voulez pas savoir le chemin.
Oui. C'est vrai.
L'eau de la montagne entre dans mon bassin en rugissant...
et en ressort en chuchotant.
Elle descend tranquillement la colline jusqu'� la mer.
Et l� se trouve un petit village appel� Ballynabun.
Vous Monsieur, vous pouvez faire de m�me.
Je vais aller chercher mon ami. Merci beaucoup.
Je vous en prie. Bonne journ�e, Monsieur.
Bonne journ�e.
Y a-t-il...
AUBERGE DE LA MOUETTE
- Voil� pour vous, Monsieur. - Merci.
Par ici, Monsieur...
C'est bon, Monsieur. Je peux la prendre.
Peut-�tre que la logeuse saurait comment partir.
Je commence � penser que tout �a est une conspiration.
Je n'aurais jamais d� �couter ce vieux fou � la cascade.
- Quelle cascade, Monsieur ? - � 2 km en amont du ruisseau.
Il s'appelle le Gentle Burn. Il n'y a pas de cascade.
Je suppose qu'on s'est mouill� les pieds dans un mirage.
Pardon Monsieur, mais j'ai arpent� le lit de ce ruisseau...
de nombreuses fois quand j'�tais jeune, et il n'y a pas de cascade.
- Ce vieillard doit �tre un ami � vous. - Quel vieillard ?
Le vieux cordonnier avec le manteau vert aux boutons de cuivre.
Un cordonnier avec un manteau vert aux boutons de cuivre.
C'est bien lui.
Tout le monde a perdu la t�te dans ce pays ?
- Tu as vu la cascade, n'est-ce pas ? - Non. Tu m'en as parl�.
Oui. C'est vrai. On �tait au ruisseau en aval.
Je me demander ce qu'a notre ami.
Il pense s�rement que tu as vu un lutin. C'est assez commun en Irlande.
Je serai content de revenir � New York, o� les choses ont un sens.
Car ton nouveau patron y a supprim� les absurdit�s agr�ables de la vie.
Je commence � penser que tu n'aimes pas M. Augur.
Non. Je n'aime pas son genre. Je ne l'aime pas personnellement.
Et surtout, je n'aime pas ce qu'il fait aux bons journalistes travaillant pour lui.
- Je vais prendre un bain. - Bien s�r. Dans une belle baignoire.
Mais ils ont oubli� de mettre les canalisations...
et il n'y a pas de plombier de ce c�t� de Limerick.
- D�tends-toi. J'aime les Irlandais. - Tu peux te les garder.
Tous, y compris moi-m�me.
J'aimerais pouvoir te garder, Fitz...
mais je ne peux pas offrir autant qu'Augur.
Entrez.
- Je vous ai apport� des serviettes. - Merci. Mettez-les sur le lit.
- Tr�s bien. - � quelle heure est le souper ?
Dans une heure environ... si mon fourneau ne se met pas � se disputer avec moi.
Il le fera, s'il est comme tout ici.
Il ne faut pas nous juger trop durement.
On n'a pas l'habitude d'avoir des h�tes si importants venant d'Am�rique.
Voulez-vous dire � la vieille dame que j'aimerais la voir, je vous prie ?
Il n'y a qu'une seule vieille dame ici.
Et vous la regardez.
Je vous demande pardon. Vous �tes...
Mme...
Il y a un moyen de transport pour partir d'ici ?
- Si vous pouvez attendre. - Je ne peux pas.
- L'ennui est que la mer nous entoure. - Il doit bien y avoir des bateaux.
Des barques. Mais elles ne sont pas tr�s utiles s'il la mer est agit�e...
ou si le vent est contraire.
Sean O'Fearna sera ravi de vous prendre sur son bateau quand il rentrera.
Ce sera vraisemblablement quand ?
- D'un jour � l'autre, maintenant. - D'un jour � l'autre.
Demain, peut-�tre.
Avant la fin de la semaine, certainement.
J'esp�re que vous serez install� confortablement, Monsieur.
C'�tait du bon rago�t, Fitz.
- �a allait, si on aime l'agneau. - Je l'aime.
Pourquoi ne pas vous verser un verre ?
Oh, non. Elle n'aimerait pas. Elle dit qu'un long verre d�note une vie courte.
Ce sont des sornettes, n'est-ce pas ?
Quand j'�tais jeune journaliste au Tennessee...
j'ai interview� un homme une fois pour son 110e anniversaire.
Il jurait que c'�tait parce qu'il buvait une pinte d'alcool de ma�s chaque matin...
avant de d�jeuner.
- Ce que vous dites est vrai ? - C'est la v�rit�.
Vous me feriez une grande faveur si vous lui en parliez.
- J'en serais ravi. N'importe quand. - 110 ans.
110.
Je prendrai un verre de whisky avec vous, vu que vous insistez...
et comme vous �tes les h�tes de la maison.
Asseyez-vous.
On veut vous demander quelque chose.
C'est pour cette cascade et le vieillard avec qui M. Fitzgerald a parl�.
Il n'y a pas de cascade sur le ruisseau Gentle Burn...
et ce n'�tait pas avec un mortel qu'il a parl�.
- Qui c'�tait, alors ? - Je sais bien qui c'�tait.
Eh bien, qui ? Ne le gardez pas pour vous.
C'�tait lui.
Le lutin du Gentle Burn. Personne d'autre.
Allons. Vous ne croyez pas � ces vieilles superstitions.
Je crois ce que mon p�re savait, et son p�re avant lui.
Vous avez eu une occasion formidable...
et que les saints vous pardonnent de ne pas en avoir profit�.
110 ans, vous dites.
Qu'est-ce que j'aurais d� faire ?
Le saisir et lui faire donner le pot d'or. Quoi d'autre ?
J'aimerais y avoir pens�.
Quelqu'un d'autre ici l'a d�j� fait ?
Le propre p�re de Mme Daly, M. William, et il en a maudit le jour.
- Pourquoi en maudire le jour ? - Il a oubli� de cracher sur l'or.
Il ne lui est rest� qu'une poign�e de galets...
et de la malchance pour le reste de ses jours.
C'est la r�gle, n'est-ce pas ? Il faut cracher sur l'or ?
N'importe quel petit b�b� vous le dirait.
Tu ferais bien de faire attention � qui tu parles, Fitz.
Il ferait bien, surtout quand vous entendrez la fin.
J'�tais ici un soir. Mlle Norah �tait � l'�cole.
J'�tais seul avec M. William, et la boisson rageait en lui.
Il s'est mis � maudire tous les lutins qui aient jamais r�par� une chaussure...
et il a pris la bouteille, et il l'a jet�e dans la chemin�e.
Et il s'est lev�, vacillant sur ses deux pieds.
"Taedy," il a dit...
"Je vais m'occuper de ces d�mons m�me si c'est la derni�re chose que je fais."
Et sur ces mots, il a pass� la porte...
avant que je puisse lever la main pour l'arr�ter.
Si vous permettez, Messieurs.
Allez. Quelle est la suite ?
Je suis all� � la porte, l'appelant.
Et alors...
Alors...
J'ai entendu la f�e.
C'�tait la premi�re fois que je l'entendais...
mais j'ai su que c'�tait la fin, et �a l'�tait.
Le lendemain matin, ils l'ont trouv� pr�s du Gentle Burn...
et il �tait mort foudroy�, et plus jamais...
Il n'a plus jamais boug�.
Messieurs, comme je disais...
la boisson est la mal�diction de la race humaine.
Comment �a va, Norah ?
C'est l'heure d'aller au lit, Messieurs. Je vous dis bonne nuit, les jeunes.
� vous tous.
- Taedy. - Je suis pr�t, qui que tu sois ! Viens !
M. Fitzgerald.
M. Fitz.
- Vous m'avez fait sursauter, Monsieur. - Que faites-vous avec ce whisky ?
Ils ont les oreilles aiguis�es...
et ils pourraient nous avoir entendus prononcer leurs noms.
C'est une bonne chose de laisser un petit quelque chose sur le seuil.
Je croyais que traditionnellement on laissait aux lutins un verre de lait.
Du lait ?
Bonne nuit, M. Fitzgerald.
Bonne nuit, Taedy.
L�chez-moi malotru, ou je vous dess�che les os par une fi�vre.
- Non, pas question. Je te tiens. - Ne me touchez pas !
Quand tu m'auras montr� ton pot d'or.
Que ferait un pauvre vieillard comme moi avec un pot d'or ?
Balivernes. Je connais tes mensonges. Bien s�r que tu as un pot d'or.
Aucun lutin d�cent ne serait pris sans pot d'or.
Qui vous a racont� de telles histoires ?
- Ton ami Taedy. - Taedy ?
- Il t'a jou� ce tour, hein ? - Le plus grand menteur de Clare.
C'est peut-�tre vrai, mais on va jouer selon les r�gles.
Allez. O� est l'or ? L'or.
- Pas si vite, mon ami. - L�chez-moi, esp�ce de brute.
- Allez. L'or. O� est-il ? - Je vous dis que je n'ai pas d'or !
O� est-il ? Je suis s�rieux.
- O� est-il, vous dites ? - Oui, o� est-il ?
Pourquoi ne pas aller jeter un petit coup d'oeil sous la cascade l�-bas ?
Non, pas question. Non, pas question.
On m'a pr�venu de tes tours. O� est-il ?
Je ne sais pas.
- O� est-il ? - Je ne sais pas.
N'est-ce pas de l'aub�pine ?
Juste sous votre nez.
C'est vrai. Il est toujours enterr�, n'est-ce pas ?
Creusez.
Allez. Creusez.
Allez. D�p�chez-vous.
Vous me faites faire une chose cruelle.
Vous l'avez bien enterr�.
Accessoires et tout.
Nom d'un chien.
Elles sont vraies.
Certes. Ce sont les �conomies d'une vie.
De plusieurs vies, vous pourriez dire.
Elles sont vraies.
Je ne sais pas qui vous �tes ni � quel jeu vous jouez.
Vous avez vol� �a ?
Je n'ai jamais rien vol� de ma vie, sauf ce qui m'appartenait.
C'est une chose qu'on a en commun.
Voil�. Reprenez �a.
Mais je ne comprends pas, Monsieur.
Vous ne pensiez pas que j'allais voler vos �conomies, ou quoi que ce soit.
Tenez.
Vous ne joueriez pas un tour � un pauvre vieillard, n'est-ce pas ?
Non. Je vous laisse les tours. Voil�.
Reprenez �a. Enterrez-le.
Allez. Enterrez-le.
Vous me le rendez ?
Vous me le rendez ? Fitzgerald, je ne vous oublierai jamais.
Vous avez gagn� mon �ternelle gratitude.
Voil�. Prenez ce petit souvenir pour vous rappeler notre rencontre.
- Non... - Si, si, si. Prenez. Prenez.
- Merci. - Inutile de me remercier.
C'est moi qui vous remercie du fond de mon coeur.
Je vous souhaite toutes les chances au monde.
M. Stephen Fitzgerald...
vous avez une fa�on de d�former les choses et de les rendre confuses.
C'est moi qui vous dis "Toutes les chances au monde."
Alors Monsieur, au revoir, et bonne chance.
Vous vous levez t�t, M. Fitzgerald.
Bonjour.
Je n'ai pas tr�s bien dormi.
J'esp�re que ce n'�tait pas le lit.
Non. Je crois que j'ai bu un verre de trop, hier soir.
- Je n'ai pas arr�t� de faire des r�ves. - De bons r�ves, j'esp�re.
Plut�t �tranges.
C'�taient peut-�tre les histoires de Taedy.
Ou le vieillard qui m'a conseill� � la cascade.
Quelle cascade ?
Celle en amont du ruisseau. Le Gentle Burn, n'est-ce pas ?
Mais il n'y a pas de cascade sur le Gentle Burn.
Venez.
Pour quoi faire, M. Fitzgerald ?
On va savoir une fois pour toutes s'il y a une cascade l�-haut.
�coutez.
Je suis s�r que c'�tait ici.
H� !
Qui vous appelez ?
C'est un ami assez particulier.
Mais vous devez le conna�tre. Il est de...
C'est facile d'imaginer des choses ici dans les bois.
Mais je n'ai pas pu imaginer la cascade. Je l'ai vue, et je l'ai entendue.
Mais c'est peut-�tre plus haut en amont.
Oui, ce doit �tre �a.
Je suppose que j'aurais pu oublier.
Oui.
Je venais ici ramasser les oeufs dans les nids quand j'�tais petite fille.
Il y a une vue splendide de la mer.
J'aimerais que ce bateau arrive.
C'est si important pour vous ?
C'est la chance que j'attendais.
Depuis la guerre, je tra�ne en Europe en �crivant des articles � la pige...
surtout pour Bill Clark.
Je suis pr�t � prendre un vrai travail.
- Vous ne devriez pas cesser d'�crire. - Je n'en ai pas l'intention.
La seule diff�rence, c'est que je vais �tre pay� pour le faire.
J'en ai assez de me creuser la t�te pour quatre sous.
Il viendra. Il ne faut pas vous inqui�ter, M. Fitzgerald.
Mes amis m'appellent Fitz.
Fitz ?
Je ne vous appellerai jamais comme �a.
On dirait une bouteille de soda.
Quelques...
Ma m�re m'appelait Stephen.
Stephen.
�a me pla�t davantage.
Tout le monde m'appelle Norah.
Norah. C'est tr�s joli.
�a a toujours �t� mon favori. Norah.
Si j'ai une fille, c'est comme �a que je l'appellerai. Norah Fitzgerald.
Norah Fitzgerald.
Vous n'�tes pas mari�, Stephen ?
Non, j'aime trop ma libert�.
Ne dites pas �a. Un homme doit se marier.
C'est une r�gle de la nature, et c'est une bonne chose.
Et vous ? Cette r�gle ne s'applique pas � vous ?
Et qui j'�pouserais, ici � Ballynabun ?
Michael le poissonnier ?
Ou Taedy, peut-�tre ?
Regardez. C'est un bateau.
C'est l'Aranar, le chalutier de Sean.
Votre voeu est exauc�, Stephen.
Si vous partez de suite, vous pourrez �tre � Shannon demain matin.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vous avez d�j� vu quelque chose comme �a ?
Bien s�r. C'est un doublon.
Espagnol, 16e si�cle, je pense.
- Comment j'aurais pu l'avoir ? - Tr�s facilement.
Il y en a beaucoup en Irlande depuis que l'armada a fait naufrage ici.
Les fermiers en apportent de temps � autre.
C'est un beau.
On ferait bien d'y aller.
Reste en contact. Je te ferai savoir si je peux sauver la voiture.
Tr�s bien. Viens me voir si tu passes un jour � New York.
Pas moi. Je suis du genre pauvre, mais honn�te. Bonne chance, Fitz.
Au revoir.
Au revoir, Norah.
Maintenant que je pars, j'ai � moiti� envie de rester.
Il ne faut pas regarder en arri�re, Stephen...
mais vers ce que vous voulez de la vie.
D�sol�e qu'il soit parti ?
C'est un homme merveilleux, M. Clark.
�a d�pend de ce qu'on appelle merveilleux.
C'est un gars bien, intelligent, et un �crivain de premi�re classe...
mais il est pr�t � tout sacrifier pour l'argent...
en se subordonnant � un �gocentrique...
et en devenant un jeune homme brillant de plus qui...
Vous dites �tre son ami...
et vous dites de telles choses sur lui d�s qu'il a le dos tourn�.
- Je le lui ai dit en face. - Il sait ce qui est le mieux pour lui.
Ne g�chez pas votre humeur irlandaise, ma ch�re. Il n'en vaut pas la peine.
- Comment allez-vous, M. Fitzgerald ? - Bonjour, Doc.
- Ruth. - M. Fitzgerald !
- Est-ce que M. Augur est l� ? - Je ne vous ai pas vu depuis longtemps.
- Il est l� ? - Oui.
M. Fitzgerald d�sire voir M. Augur.
Entrez donc.
- M. Fitzgerald ? - Oui.
Asseyez-vous. M. Augur a dit qu'il vous verrait dans quelques minutes.
Vous voulez dire qu'il a dit, "Qu'untel attende 10 minutes, puis qu'il entre."
Oui.
- Dites que je reviendrai dans deux ans. - M. Fitzgerald, s'il vous pla�t !
S'il vous pla�t, M. Fitzgerald. Je lui dirai. Je lui dirai.
M. Augur, M. Fitzgerald n'attendra pas.
- Il est sur le point de partir... - Faites-le entrer.
Veuillez entrer, M. Fitzgerald.
- H�, D.C. - Vous m'avez fait attendre 48 heures.
- �a fait plaisir de vous voir. - Ravi de vous voir.
- Installez-vous. Vous vous connaissez ? - Oui. Bonjour, Higgenbottom.
- Higgenbotham. - Vous avez fait refaire l'endroit ?
C'�tait l'id�e de ma fille. �a m'a co�t� une fortune.
Asseyez-vous. Je veux vous parler.
Je ne vous ai pas vu depuis des ann�es.
Vous savez...
Vous n'aviez pas quelque chose � faire cet apr�s-midi ?
- Si. - Faites-le.
Il est absolument inestimable, et il me rend fou.
Ne nous d�rangez pas.
Pourquoi pensez-vous que je vous ai fait venir ?
Je ne suis pas tr�s bon aux devinettes.
Accrochez-vous � votre chaise. Fitz...
je me pr�sente au S�nat.
Pourquoi ? Je croyais que le S�nateur Ransome vous devait son �lection.
Ransome est tr�s bien, mais ce n'est pas pareil que de tenir les r�nes soi-m�me.
Il arrive un moment o� un homme arrive en haut de l'�chelle dans sa branche.
Il n'a nulle part o� aller. J'en suis � ce point.
D'autres hommes �l�vent des pur-sang et collectionnent des tableaux.
Ce sont juste des jouets.
Vous connaissez la plus ancienne et la plus noble des occupations ?
- Je pense. - Je veux dire, la politique.
Vous admettrez qu'il y a des points similaires.
Ne soyez pas cynique. La politique dans une d�mocratie.
O� j'interviens ?
Vous allez me mettre au S�nat.
Oh, non. Je ne suis pas un politicien.
Exactement.
J'ai lu tous vos articles dans l'American Spectator...
non que j'appr�cie vos conclusions ou l'incitation � la violence du journal...
mais une chose en ressort.
Vous connaissez les gens. Vous comprenez les probl�mes.
Prenez l'article que vous avez �crit sur mon discours de Paris.
- Ils ont dit qu'il �tait d�bile. - Codinde.
Codinde. Quelle diff�rence �a fait ?
Mais vous aviez raison. Vous avez mis le doigt sur la faiblesse de mes arguments.
J'aurais pu y mettre le pied.
C'est exactement pourquoi je vous veux de mon c�t�.
- J'avais raison � 99 %. Vous en voulez ? - Non, merci.
Voil� ma proposition.
Travaillez pour moi.
�crivez mes discours, soyez mon bras droit.
Soyez mon cerveau, ma conscience.
Franchement, l'argent m'int�resse, mais il faut d'abord �claircir un point.
Vous n'aimerez peut-�tre pas ce que je vais �crire. On pourrait diff�rer.
Mais bien s�r qu'on diff�rera. Je d�teste les gens d'accord avec moi.
- March� conclu ? - Vendu.
Bon.
On va leur montrer qui est codinde, hein ?
- C'est ce que je crains. - Ces gars de l'�cole de journalisme.
Comment va Frances ?
- Frances ? - Frances.
Elle veut que vous l'appeliez. Merci de me l'avoir rappel�.
J'aurais d� le faire... Vous permettez que j'utilise celui-ci ?
Non, c'est une ligne priv�e. Celui-l�.
- Quel est mon num�ro personnel ? - Rhinelander 4-5813.
Rhinelander 4-5813.
Laissez tomber. Apportez les cl�s de M. Fitzgerald et son adresse.
- Oui, Monsieur. - All� ? Mlle Augur, s'il vous pla�t.
M. Fitzgerald. Je n'ai pas d'adresse.
Je vous ai trouv� un appartement. Vous savez comme c'est dur... m�me pour moi ?
All�, Frances ? Fitz !
Oui, il y a une heure.
Je suis avec lui.
Non, m�me le diable n'a pas assez d'argent pour l'acheter.
Quoi ? Souper ce soir ?
Tr�s bien. J'aimerais si je n'ai pas � travailler trop tard au bureau.
Vous ne commencez que demain matin.
Tr�s bien. Je lui dirai.
Tr�s bien. Je viendrai te chercher...
Bon. D'accord. Au revoir.
Elle dit que je ne dois pas travailler trop tard.
Elle tient de sa m�re.
Voil� vos cl�s.
- Voil� l'adresse, M. Fitzgerald. - Merci.
Voyez o� Mme Augur trouve les valets et engagez-en un pour lui.
- C'est l'Agence Acme. - Je ferais quoi d'un valet ?
Je n'ai jamais eu de valet.
Il ne faut pas vous distraire avec des v�tilles. Il vous faut garder ce cerveau au frais.
On va faire de grandes choses ensemble, mon gar�on.
Oui. De grandes choses.
De la cr�me ?
- Quel est son nom ? - Le nom de qui ?
De la raison de tes deux jours de retard.
- Norah. - Jolie, je suppose.
- Si on aime le style irlandais. - Je l'ai toujours aim�.
Je suis contente de ton retour, Fitz. Et que tu deviennes raisonnable.
- Raisonnable ? - Tu sais ce que je veux dire.
C'est une honte de g�cher ton talent sur le genre d'�crits que tu faisais.
Certains ne trouvaient pas qu'il �tait enti�rement g�ch�.
Mais il l'�tait, en ce qui te concerne.
Tu as peut-�tre raison. Je me suis juste mis � �tre raisonnable aujourd'hui...
et j'ai d�j� un gros salaire et un appartement.
- Tu vois ? - Oui, je vois.
Tu m'as manqu�, Fitz.
Tu m'as aussi manqu�.
Tu es un menteur. Tu n'as jamais pens� � moi de tout le temps que tu es parti.
Je suis m�me surprise que tu m'aies appel�e.
J'essayais juste d'�tre raisonnable. Apr�s tout, tu es la fille du patron.
C'�tait la seule raison ?
Comment peux-tu poser une telle question ?
Et �tre aussi jolie qu'une pouliche baie dans un champ de tr�fle.
Fitz, apr�s cinq jours en Irlande, c'est du p�dantisme de rang.
Salut, Fitz.
- Le voil�. Le petit agneau de Mary. - Bonjour, Charlie.
- Comment �a va, Higgenbottom ? - Higgenbotham.
D.C. aimerait votre opinion sur l'Acte de Gestion des Syndicats.
Mon id�e d'une d�claration correcte est la suivante...
Oh, ciel, Fitz. Regarde l'heure.
On a d�j� une demi-heure de retard pour le lever du rideau.
- Vite. Tu as pay� l'addition ? - Non, pas encore.
- Signez le nom de P�re, Charlie. - Prenez �a l�-dessus, Higgenbottom.
- Higgenbotham. - Oh, oui.
Attendez.
- On a �t� un peu grossiers, non ? - Oui, en effet...
mais je veux que P�re et tous ses larbins comprennent...
que leur juridiction ne s'�tend pas au-del� des heures de bureau.
Voil�, Monsieur. Merci.
- Merci. - Viens.
Tu n'as pas � sourire autant en donnant un pourboire aux filles des vestiaires.
- �a leur donne des id�es. - Elle m'en a donn� quelques-unes.
- Taxi, Monsieur ? - Oui, s'il vous pla�t.
- O� va-t-on ? - � la maison.
- Mais il est si t�t. - Je n'ai pas dormi dans cet avion.
Tu verrais le petit cauchemar moderniste que ton p�re m'a choisi.
- Que veux-tu dire, "cauchemar" ? - Attends de voir.
Il y avait un tableau au-dessus de la chemin�e.
Tu ne vas pas me dire que tu as quelque chose � voir...
Si, ch�ri. Mais �a ne fait rien. Ne t'excuse pas.
C'est rien d'avoir travaill� trois jours pour te pr�parer un endroit agr�able.
- Qu'as-tu fait du tableau ? - Il est dans le bain.
Le bain. Quoi d'autre ?
- J'ai juste r�arrang� des choses. - Oh, vraiment.
Il y avait une table pr�s du feu que j'ai mise de l'autre c�t�.
Et il y avait une dame et un gentleman...
On va y aller de suite et tout remettre en place.
- Table et chaise... 16 Beekman Place. - Je ne crois pas que ce soit utile.
- Je suis assez fatigu�. - Si, Fitz. Il le faut. Vraiment.
- Vous l'avez entendu, mon vieux. - Oui, Monsieur. J'ai entendu la dame.
Un peu plus � droite. C'est �a.
Voil�.
Voil�. C'est bien.
Vraiment Fitz, il ne te pla�t pas ?
C'est absolument � couper le souffle.
- C'est cens� �tre quoi ? - �a s'appelle Germinal, 1948.
C'est la gr�ve du charbon.
Vraiment ?
Je croyais que c'�tait V�nus sortant de l'onde.
Fitz, c'est par un jeune artiste tr�s prometteur.
J'organise une exposition pour lui.
- Tu es tr�s occup�e, n'est-ce pas ? - Que veux-tu dire ?
Tu organises des expositions, tu d�cores des appartements...
tu persuades ton p�re qu'il a besoin d'un n�gre.
- Je n'ai jamais dit �a. - Non. Je sais.
Mais je l'ai suspect� d�s que j'ai eu son c�ble.
- Que vas-tu faire ? D�missionner ? - Non.
Non, je vais faire le boulot pour lequel j'ai �t� engag�.
Mais j'aimerais savoir ce que �a va me co�ter.
Rien du tout, ch�ri.
C'�tait par pur altruisme de ma part.
- Altruisme ? Soudain tu es altruiste. - Tu ne penses pas...
- Je pense que j'ai besoin d'un verre. - Je dois te dire pourquoi je te hais ?
- Non, je... - Car tout le temps que tu es parti...
tu n'arr�tais pas d'�tre entre moi et ce que je faisais.
Parce que je voyais ton visage dans la foule dans la rue...
dans mon miroir quand j'�tais seule dans ma chambre...
parce que je mangeais, r�vais, dormais, vivais de toi...
de toi et de ta magie noire.
Je hais chaque centim�tre en toi. Je hais ta sup�riorit�...
tes yeux noirs d'Irlandais et ton nez arrogant.
Qu'est-ce que c'�tait ?
�a doit �tre la porte.
- Oui ? - Je suis de l'Agence Acme, Monsieur.
- Entrez. - Oui, Monsieur.
La cuisine est l�, si vous voulez bien attendre une minute ou deux.
En voil� une heure pour faire venir les gens.
Tu as dit que tu le voulais ce soir ?
Non. Ce doit �tre ton p�re...
�a explique tout. La c�l�bre efficacit� des Augur.
Fitz, qu'y a-t-il ?
Fitz.
Je ne vous ai pas d�j� vu quelque part ?
Je ne saurais le dire, Monsieur. �a d�pend o� vous �tiez.
Je suis all� � beaucoup d'endroits, y compris l'Irlande.
Vraiment, Monsieur ?
- D'o� vous venez ? - De l'Agence Acme, Monsieur.
- Avant �a. - De ma derni�re place, Monsieur.
- O� c'�tait ? - Il n'y a pas eu de plaintes, Monsieur.
Pas du tout. Je suis tr�s fier de mon travail et de mes services.
- Qu'y a-t-il donc ? - Cet homme.
J'ai le sentiment de l'avoir d�j� vu ailleurs.
Il travaillait s�rement pour un de tes amis ou autre.
Ces serviteurs circulent.
Oui, je suppose.
- Je vais prendre ce verre. - Bon.
- J'ai achet� ton scotch favori. - O� l'as-tu cach� ?
Je vais te le donner. Il est juste l�.
- Le voil�. - Tu penses � tout, n'est-ce pas ?
- Aussi du bourbon ? - Deux caisses dans la cuisine.
- Quoi d'autre ? - �a.
Je peux vous aider, Monsieur ?
Oui.
- Pr�parez-nous un verre. - Oui, Monsieur. Tout de suite.
Oublie le verre, Fitz. Je m'en vais.
- Il y a trop de monde ici. - C'est un peu surpeupl�.
- Je te raccompagne � la maison ? - Non, je prendrai un taxi.
D�sol� pour mon valet.
Tout le monde a des probl�mes de domestiques de nos jours.
Tu m'emm�nes d�ner demain ?
- Je passerai � ton bureau. - Tr�s bien. Bonne nuit.
- Vous pouvez jeter celui-ci. - Oui, Monsieur.
Le jeter, Monsieur ?
Vous ne pourriez pas le boire, Monsieur ?
Quel dommage. On ne devrait pas g�cher de la bonne nourriture.
- Ce n'est qu'un verre. - Il sauverait un homme de la mort...
s'il mourait de froid ou de fatigue.
Tr�s bien. Buvez-le vous-m�me.
Si vous insistez, Monsieur.
- � votre sant�, Monsieur. - Asseyez-vous.
Oui, Monsieur.
Asseyez-vous.
- L'agence vous a envoy�. - Oui, Monsieur.
- Que savez-vous faire ? - Tout ce que vous pouvez avoir en t�te.
Je sais cuisiner, nettoyer, prendre soin de vos v�tements. Absolument tout.
Comment vous appelle-t-on ?
Vous pourriez m'appeler Horace. J'en toujours eu envie.
Horace.
- Horace donc, si c'est votre nom. - Merci, Monsieur.
Et pour votre salaire ?
On s'en est occup�, Monsieur.
Par le bureau de M. Augur.
Horace, vous l'avez fait trop fort.
D�sol�, Monsieur. Soyez patient jusqu'� ce que je connaisse vos go�ts.
Et autre chose. Je n'aime pas �tre d�rang� quand j'ai des visiteurs.
- Frappez toujours avant d'entrer. - Oui, Monsieur. Je garderai �a en t�te.
Je crois que c'est tout. Vous pouvez finir votre verre et aller vous coucher.
Merci, Monsieur.
C'est trop fort pour vous, hum ?
Je vais le jeter.
Et que puis-je faire pour vous ?
Je suis de l'Agence Acme.
On m'a dit qu'il y a une place pour le gentleman d'un gentleman.
Vous arrivez trop tard. La place a �t� prise.
Je demande � voir le ma�tre.
Et que lui direz-vous ?
Qu'on vous a vir� de votre derni�re place pour avoir siffl� le porto ?
Sans mentionner pincer la bonne jusqu'� ce que la pauvre ait des bleus.
Filez, esp�ce de coquin, ou vous allez sentir le dos de ma main.
- Bonjour, Monsieur. - Bonjour, Horace.
- Qui c'�tait ? - Personne, absolument personne.
Mettez-vous � l'aise.
J'apporte le d�jeuner avant que vous ne puissiez dire Michael McGillicuddy.
- Horace, le journal est arriv� ? - Je vais le chercher, Monsieur.
- Horace. - Monsieur ?
Que faisons-nous de tout ce lait ?
- Quel lait, Monsieur ? - Le lait.
J'ai pens� que vous pourriez avoir un chat.
Allons, Horace...
- Je vais chercher le journal, Monsieur. - �coutez, Horace.
J'y vais et...
Je vais ouvrir.
D�sol� de vous d�ranger, M. Fitzgerald.
- Votre lait a �t� livr� ce matin ? - Oui.
Deux homog�n�is�s, une cr�me pour le caf�, et une livre de beurre ?
Oui. Je suppose. Pourquoi vous demandez ?
- Personne n'a eu sa livraison. - Je ne comprends pas.
J'ai tout laiss� sur le seuil en accord avec l'horaire.
- Merci, M. Fitzgerald. - Tous les jours, je laisse le lait sur...
AGENCE POUR L'EMPLOI ACME
All�, l'Agence Acme ?
Ici M. Fitzgerald... Stephen Fitzgerald.
Oui, j'aimerais m'enqu�rir au sujet d'un valet que vous m'avez envoy�.
C'est �a. Que savez-vous de lui ?
Il nous �t� hautement recommand�, M. Fitzgerald.
On lui a fourni plusieurs postes.
Du vol ?
Non, Monsieur.
Vous pouvez consulter ses r�f�rences.
Je pourrais vous donner les noms, si vous voulez.
Non, non. Peu importe. Ce ne sera pas n�cessaire.
Merci.
Vous avez vol� ce lait, n'est-ce pas ?
Pourquoi je ferais une chose pareille, Monsieur ?
Je vois une explication...
mais �a voudrait dire que je perds l'esprit.
Vous avez d�j� vu �a ?
- Je suis un homme pauvre, Monsieur. - R�pondez par oui ou par non.
Je n'ai jamais vu �a de ma vie, Monsieur.
Une chose est certaine. Vous ne pouvez pas rester ici. Vous me d�rangez trop.
Je vous donnerai un mois de salaire, mais vous devez partir.
- Partir, Monsieur ? - Oui. � l'instant.
Allons, allons. Arr�tez.
J'ai d'arr�ter, Horace !
Je ne peux pas m'en emp�cher, Monsieur.
Je vous ai m�content�, et je voulais tant vous servir.
Pour l'amour du ciel, cessez de pleurer.
Le meilleur ma�tre que j'aie eu de ma vie, et j'ai tout g�ch�.
- Je suis un rat�. - Tr�s bien, tr�s bien. Je le retire.
Vous pouvez rester. Mais cessez de brailler !
Je savais que vous n'�tiez pas s�rieux. Vous ne regretterez pas votre d�cision.
Tout d'abord, on va rendre tout ce lait. Chaque bouteille !
Chaque bouteille, Monsieur.
Ici l'Agence Acme. C'est M. Fitzgerald ?
C'est moi.
Sans blague.
Eh bien, j'ai chang� d'avis. Vous pouvez consid�rer l'affaire close.
Vous n'auriez pas d� prendre ce pont, Horace. Je suis d�j� en retard.
- On a tout le temps, Monsieur. - J'ai des horaires serr�s, aujourd'hui.
D�ner avec Mlle Augur � 1 h. � 2 h, on va au QG de la campagne.
Ensuite conf�rence de presse au bureau � 3 h. Puis les Femmes pour Augur.
Quelles femmes, Monsieur ?
Les Femmes pour Augur, un groupe de citoyennes � l'esprit civique.
Qu'y a-t-il ?
Une l�g�re indisposition de la machine, Monsieur. Rien de plus.
Vous !
Vous allez passer la fin de semaine ici ? Vous n'avez pas entendu le sifflet ?
Qu'est-ce que vous fabriquez ?
Je me suis arr�t� pour admirer la vue. Quoi d'autre ?
- Ne r�pondez pas ou je vous �pingle. - Il en faudrait dix comme vous.
Vraiment ?
Allez ! Enlevez cette voiture de l� !
- Quel serait votre nom ? - Mon nom me regarde.
- Vous me dites �a ! - Je viens de le dire.
Dites, vous avez la langue bien pendue pour un homme du Kerry.
- En v�rit�, je suis du comt� de Clare. - Du comt� de Clare, vraiment ?
Mais j'ai des parents qui vivent pr�s des lacs de Killarney.
- Vraiment ? - Certes.
�a fait 30 ans que j'ai quitt� le vieux pays.
- Sans blague. - Je connais peut-�tre votre famille.
Non... Ce sont des gens humbles, simples.
Allez, Horace ! Faites quelque chose !
Circulez, vous tous !
Je ne peux plus attendre, Horace. Je vais prendre un taxi.
Puis-je sugg�rer que vous preniez le m�tro, Monsieur ?
Ce que vous perdrez en dignit�, vous le gagnerez en temps.
Tr�s bien. Rafistolez cette chose et prenez-moi au restaurant � 2 h tapant.
Oui, Monsieur. Faites un bon d�ner, Monsieur.
ENTR�E
- Je vous pousse jusqu'au trottoir. - Ce ne sera pas n�cessaire, merci.
Beaucoup de place pour tout le monde. Avancez. Allez. Soyez vifs.
Soyez vifs. Vite, s'il vous pla�t. Avancez.
Oui, encore un. Allez. Avancez. C'est �a. Par ici.
Les portes se ferment.
Terriblement d�sol�. Vous savez comment c'est � l'heure de pointe.
C'est affreux...
comme la voiture a pris ce virage.
- C'est bon. - Et vous savez...
- Pardon. Je vais le brosser. - C'est bon. Je m'en occupe.
- Terriblement d�sol�. - C'est bon.
- Et un si beau chapeau. - Merci beaucoup.
Il est vraiment beau.
Excusez-moi. Pardon.
Reculez. Laissez sortir les gens !
Laissez-les entrer, Monsieur.
Plein de place au fond. Allez au fond.
Plein de place au fond !
SORTIE
Norah !
Vous ici ! C'est impossible.
- Je ne m'attendais pas � vous voir. - Vous � New York... C'est un miracle !
Gu�re. Il y a une explication tout � fait raisonnable.
C'est quand m�me un miracle. Une succession de miracles.
Voyez, ma voiture est tomb�e en panne et j'avais un d�ner tr�s important.
Mon chauffeur m'a conseill� de prendre le m�tro.
C'est la premi�re fois que je le prends depuis mon retour � New York.
Mais si je n'�tais pas mont� dans cette voiture, je ne vous aurais pas trouv�e.
Avan�ons. O� vous r�sidez ? Depuis quand vous �tes l� ?
Je ne peux pas r�pondre � tout en m�me temps. Je suis l� depuis une semaine.
- Et vous ne m'avez pas appel�. - Mais je ne savais pas o� vous �tiez.
Je vais chez Mme Crimmins, la cousine de Bridget, la tante de Taedy, dans la rue.
- Ce n'est pas vrai. - Oh, si !
Je veux dire, que vous soyez ici � New York.
- Laissez-moi prendre ces paquets. - Merci, Stephen.
J'esp�re qu'il n'y a rien de cassant. Combien de temps vous restez ici ?
Aussi longtemps que demanderont mes affaires.
Prenez mon bras. Je ne veux pas risquer de vous perdre � nouveau.
On dirait que c'est surnaturel et merveilleux que je sois ici.
- C'est merveilleux, quoi qu'il en soit. - Oh, attendez, attendez.
J'ai promis des friandises au petit Dennis. Combien �a fait ?
Cinquante cents.
Un demi-dollar.
Quatre sous.
Je n'ai pas la monnaie. Je viens d'envoyer le gar�on en faire.
- �a vous ennuierait ? - Oui. Attendez.
C'est dr�le. J'aurais jur� avoir...
Mon valet a d� me laisser partir ce matin sans mon portefeuille.
- Vous ne changeriez pas un doublon ? - Non, pas votre pi�ce porte-bonheur.
Je vais attendre ma monnaie.
Je pensais aller d�ner.
Cornelius, le gendre du cousin de Mme Crimmins, a un restaurant au coin.
- Vous vous joindriez � moi ? - Oh, j'aimerais, Norah.
Sauf que j'ai un d�ner tr�s important...
et ensuite trois ou quatre conf�rences. Comme d'habitude, vous savez.
Bien s�r. Je ne vous forcerai pas.
Bien que je d�teste manger seule.
Ciel, j'aimerais pouvoir, Norah.
Vous ne refusez pas par fiert�, n'est-ce pas Stephen ?
Par fiert� ? Je ne comprends...
- Ciel, merci ! - Voil�, Madame.
Merci.
Pardonnez-moi de parler de vos affaires. Je m'en couperais la langue.
- �a vous ennuie si je change d'avis ? - Vous voulez bien, Stephen ?
Je n'ai jamais �t� homme � contrarier les miracles.
- C'est bon, hein ? - Excellent.
- Plus pour moi, merci. - Stephen, vous n'aviez rien pris.
C'est le rago�t irlandais de ma femme, il n'indisposerait pas un canari.
Eh bien, juste un tout petit peu.
Un petit peu.
- Vous prendrez une bi�re avec. - Plus de bi�re, merci.
- Juste une petite. Et vous, Mlle Norah ? - Non, mon th� suffira.
Vous attendez beaucoup de gens ?
Eh bien, si tous les invit�s de ma femme viennent...
on va d�border dans l'avenue.
La fille de Cornelius se marie vendredi.
- Eh bien, f�licitations. - Merci, Monsieur.
- Si vous voulez y assister... - J'aimerais, mais je n'ai pas le temps.
Si vous changez d'avis, vous �tes le bienvenu. Plus on est, plus on rit.
- Merci. - Cornelius, je prendrai l'addition.
Mangez donc.
Oh, oui.
- Dites-moi donc pourquoi vous �tes l�. - C'est tr�s simple.
Peter, l'oncle de Teady est mort � New York en lui laissant un peu d'argent.
- C'est M. Crimmins ? - Non. Son oncle Driscoll de Galway.
Qui a �pous� l'a�n�e des Brady dont le p�re avait la ferme � c�t� des Sweeney.
- Oh, lui. - Oui. M. Driscoll avait quatre soeurs.
L'a�n�e �tait mari�e avec Francis Corrigan...
qui avait un pub � Limerick avec son fr�re Seamus.
Eh bien, �a a fait faillite, car ils buvaient avec les clients...
alors mon p�re a pris le jeune Taedy pour aider avec les chevaux.
- Puis il est venu en Am�rique. - Corrigan.
Non. Non, Oncle Driscoll, je vous dis.
Voyez, sa soeur favorite �tait Kathleen... c'est la m�re de Taedy.
Et quand le jeune Paddy est parti en mer en 1920...
il a chang� son testament, laissant tout � Taedy.
Il ne se souciait ni de Rory, ni de la petite sorci�re Ryan qu'il avait �pous�e.
- Les O'Sheas �taient furieux, bien s�r. - Bien s�r.
Ils pensaient que leur m�re avait droit � une part, �tant l'a�n�e.
Mais Martin O'Shea avait fait un bon mariage...
avec les O'Dooleys de Knocknasheega...
et c'�tait un tout petit h�ritage, quelques shillings par mois...
alors il a �t� facile de les persuader de ne pas faire de complications.
�a rendait tout tr�s simple.
Eh bien, �a l'aurait �t�...
si Oncle Driscoll n'avait pas �t� un peu dans le coton...
et n'avait pas imagin� que Taedy �tait une fille.
Alors, il a laiss� son argent � sa ni�ce ador�e. Vous imaginez ?
Je ne comprends pas ce qui l'a embrouill�.
Quelqu'un devait venir arranger les choses, et Taedy ne voulait pas.
Il se m�fie de la mer et refuse tout net de mettre le pied sur l'Atlantique.
Il a dit, "Je pr�f�re mourir pauvre, mais au sec."
Voil� pourquoi je suis l�.
Je suis ravi que vous ayez tout clarifi�.
Et je suis ravi que vous soyez l�.
Stephen, je ne pensais jamais vous revoir.
Quand j'ai su que je venais, j'ai �crit au brave M. Clark pour votre adresse.
- Mais il n'a pas r�pondu. - Il est s�rement sur le Continent.
Mais il m'a dit une chose avant de partir...
que quoi qu'il arrive, il serait content de vous avoir avec lui � nouveau.
Il a dit �a ?
Si c'est une question d'argent pour le voyage, je suis s�re qu'il l'avancerait.
- Encore un peu de bon rago�t ! - Oh, non. Je ne pourrais pas.
Mais vous en avez � peine mang�.
Allez. Une goutte vous rendra fort comme un cheval.
Tr�s bien, Cornelius. Faites votre devoir.
- Et une autre pomme de terre. - Une autre pomme de terre.
Une autre pomme de terre.
M. Augur, une question personnelle.
C'est comment d'�tre contre le mur plut�t que dans le peloton d'ex�cution ?
C'est affreux. Mais je sais que vous me laisserez ma chance.
- Y aura-t-il une autre guerre ? - J'ai r�pondu il y a quelques minutes.
- Non, pas du tout. - Mais personne non plus.
Vous �tes en faveur de la proposition Crawford pour l'Allemagne.
Absolument. C'est une obligation, en ce qui me concerne.
J'aimerais vous lire un commentaire sur cette proposition.
Je cite, "La proposition Crawford est une fraude pour le peuple allemand...
une condamnation � mort de la d�mocratie et une trahison des id�aux am�ricains."
�a a paru dans l'American Spectator sous le nom de Stephen Fitzgerald...
le m�me Stephen Fitzgerald qui dirige aujourd'hui votre �quipe intellectuelle.
Des commentaires ? Ou peut-�tre que M. Fitzgerald aimerait en discuter.
- Eh bien, les gars... - La r�ponse est tr�s simple.
Quand Fitz a �crit �a, c'�tait pour un autre. Maintenant il travaille pour moi.
Laissez-moi me changer. Je n'ai pas su� autant depuis que je portais une hotte.
Vous avez une photo o� vous portiez une hotte ?
D�sol�. Je ne savais pas que j'allais faire de la politique.
- � bient�t, Fitz. - Bob.
- � plus tard, Fitz. - Au revoir.
�a fait plaisir de te voir, Fitz. Pourquoi ne pas passer un jour au club ?
Ils me gardent bien occup�.
Oui, on doit tous gagner notre vie.
- Passe-moi un coup de fil. - D'accord.
- Au revoir, Monsieur. Merci. - Au revoir.
- Merci beaucoup, M. Augur. - Pas du tout.
Vous avez mani� �a parfaitement, D.C. J'ai craint une minute que...
- Autre chose, M. Augur ? - Non, merci.
- Vous auriez d� me dire pour l'article. - Vous l'avez lu, n'est-ce pas ?
Oui, je l'ai lu, mais je n'avais pas le souvenir qu'il �tait si fort.
Ce serait embarrassant si l'opposition en faisait un probl�me.
- Vous saviez mes vues en m'engageant. - Eh bien, c'est la politique, Fitz.
- O� vous avez mis cette bouteille ? - Laissez-moi faire, D.C.
C'est la politique. Il faut toujours les devancer.
Tout de suite, D.C. !
Pas vous.
Je sais. Faites un article pour New Era. On n'imprime que demain soir.
La politique �trang�re... � la r�flexion, vous avez pu �tudier la situation.
Vous savez, la proposition Crawford n'est pas aussi nocive que vous pensiez.
C'est une bonne chose, � long terme.
Mon accord avec vous demande le parjure, mais pas sous mon propre nom.
Que ce soit sur mon bureau demain � midi.
Voil�, D.C.
LA PROPOSITION CRAWFORD � LA R�FLEXION
Que faites-vous ici ?
Je vous ai laiss� partir ce matin sans un mouchoir propre, Monsieur.
Vous me pardonnez, j'esp�re. J'y ai pens� tout en �poussetant.
Je me disais, "Pauvre M. Fitzgerald �crivant tous ces discours politiques...
sans un mouchoir pour porter � son nez."
C'est tr�s gentil, Horace. Si vous permettez, j'ai du travail.
Et si vous oubliez autre chose, inutile de venir me pourchasser.
On peut prendre son travail trop s�rieusement.
- Pas quand on a le coeur � l'ouvrage. - Ce n'est qu'un travail, Horace.
Non, Monsieur. C'est plus que �a.
C'est une vie.
Quand un homme se met au service personnel d'un autre homme...
il doit �tre pr�t � se donner � sa vocation.
C'est le ma�tre qui importe, pas l'homme.
Et bient�t, si l'homme se donne � son travail...
les souhaits du ma�tre vont devenir ses souhaits...
les pens�es du ma�tre, ses pens�es...
l'�me du ma�tre, son �me.
Quand le ma�tre est bless�, l'homme crie.
Quand le nez du ma�tre le d�mange, c'est l'homme qui �ternue.
Il vit pour son ma�tre, pas pour lui-m�me.
Vous trouverez peut-�tre �a difficile � comprendre, Monsieur, parce que vous...
vous �tes du genre � ne porter le collier d'aucun homme.
Vous �tes un homme libre, fier.
C'est pour cette raison que je suis fier de vous servir.
Ce sera tout, Monsieur ?
Oui. Oui, Horace, ce sera tout.
Merci, Monsieur.
- O� est M. Augur ? - Il est sorti, Monsieur.
- Quand sera-t-il de retour ? - Je ne l'attends pas cet apr�s-midi.
- O� je peux le joindre ? - Je ne sais pas.
Mais si c'est important, il va souper chez lui ce soir. Il attend des invit�s.
- Un peu plus de bifteck, S�nateur. - J'ai perdu l'app�tit il y a 20 ans.
- Vous verrez. - J'ai d�j� vu.
Je paierai pour �a demain matin.
- Qu'y a-t-il, Jenkins ? - Un M. Fitzgerald d�sire vous voir.
Il dit que c'est important.
- Faites-le entrer. - Oui, Monsieur.
Entrez donc, Fitz.
Entrez. �a fait plaisir de vous voir.
Je crois que vous connaissez tout le monde ici.
- D�sol�. J'ai cru que vous auriez fini. - Ce n'est pas grave.
S�nateur Ransome, voici M. Fitzgerald, mon bras droit.
- J'ai entendu parler de ce jeune homme. - S�nateur.
- Soupez donc avec nous, Fitz. - Permettez-moi de vous voir en priv�.
- Asseyez-vous. On aura fini... - Je pr�f�re attendre dans votre bureau.
- Bien s�r. Versez-vous un verre. - Merci. Excusez-moi.
Je vais m'occuper de lui. Voulez-vous m'excuser ?
Combien vous voulez pour M. Fitzgerald, D.C. ?
- Il n'est pas � vendre. - Vraiment ? Je croyais le contraire.
Il semble que P�re a manqu� de d�licatesse comme d'habitude
- Pas de verre. Je ne suis pas d'humeur. - Allons, vraiment, Fitz...
Comme tu as beaucoup contribu� pour m'avoir ce travail...
peut-�tre que tu aimerais �tre la premi�re � lire ma d�mission.
J'esp�re que tu sais de quoi tu d�missionnes.
Ton p�re a rendu �a tr�s clair cet apr�s-midi.
Je ne devrais pas te dire �a, car c'est cens� �tre encore un secret...
mais je sais ce qu'il a en t�te pour toi.
Il ne m'a pas encore r�v�l� ce secret.
S'il est �lu, il lui faudra quelqu'un pour diriger la maison d'�dition.
Naturellement, il pr�f�rerait promouvoir quelqu'un de son organisation...
quelqu'un comprenant la fa�on de faire des Augur.
- Continue. - Quelqu'un de confiance.
Ou qu'il peut diriger. Et Higgenbottom ?
Oh non, Fitz. Ce n'est pas le travail d'un l�che-bottes.
C'est pour un homme qui a l'intelligence de voir sa grande chance...
la patience de l'attendre, et la r�solution de la saisir.
P�re est un peu idiot de se lancer dans la politique.
Il a plus de pouvoir pour l'instant qu'une douzaine de s�nateurs.
L'homme assis dans son bureau h�ritera de ce pouvoir.
Pas s'il dirige encore les choses � distance.
- Il ne le fera pas. J'y veillerai. - Toi ? Comment ?
Laisse-moi faire.
D.C. Augur sera parfaitement heureux de faire des discours � Washington...
alors que Stephen Fitzgerald �crira l'histoire ici � New York.
C'est une perspective tr�s s�duisante, mais...
Tu utiliseras ce pouvoir pour le bien, Fitz, mais l'important est de l'avoir.
C'est tr�s bien d'avoir des id�aux...
mais � quoi servent-ils si tu ne peux pas atteindre les gens ?
- Je ne suis pas s�r de vouloir �a. - C'est ce que je veux.
- Mais tu l'as maintenant. - Je cajole, sans �tre une partenaire.
Tu fais partie du boulot ?
Si tu veux de moi, Fitz.
J'ai des cigares ici...
Excusez-moi.
Les voil�, S�nateur.
- Vous n'auriez pas d� m'attendre. - Vous auriez pu vouloir quelque chose.
- J'aimerais un verre. - Oui, Monsieur. Tout de suite.
- Pr�parez-en un pour vous aussi. - Merci beaucoup, Monsieur.
J'aimerais boire � ma sant�, Horace.
- Je vais me marier. - Oui, certes, Monsieur ?
Ce serait la grande dame, Monsieur ?
Mlle Augur. Oui.
Vous �tes un homme fortun�.
Ce sera une bonne m�re pour vos enfants.
Le mariage, c'est plus que d'avoir des enfants, vous savez Horace.
Certes, Monsieur.
Richesse et pauvret�, maladie et sant�...
aimer, honorer, et ob�ir.
Elle fera une bonne �pouse, Monsieur.
C'est une d�cision tr�s importante, s�rement la plus importante d'une vie.
Certes, Monsieur.
Puis-je vous demander ce qui vous a pouss� � la prendre ?
On ne s'arr�te pas pour analyser son comportement quand on est amoureux.
Non Monsieur, mais la grande dame doit avoir quelque chose...
qui vous a pouss� � la s�lectionner comme partenaire � vie.
- Eh bien, d�j�, elle est belle. - Certes, Monsieur.
- Le cerveau et le courage d'un homme. - Oui.
Il y a un probl�me avec le courage et le cerveau d'une femme ?
On n'en discutera pas davantage.
Non, Monsieur.
- Vous avez quelque chose contre elle ? - Moi, Monsieur ?
Non, Monsieur, rien du tout.
Personne ne vous force � rester ici et � travailler pour moi.
Non, Monsieur. Apr�s le mariage je chercherai une autre place.
Vous n'avez pas � prendre votre d�cision maintenant, Horace.
Vous n'aurez plus besoin de moi apr�s �a, Monsieur.
Ce sera tout, Monsieur ?
- Oui, ce sera tout. - Oui, Monsieur.
- Bonne nuit, Horace. - Bonne nuit � vous, Monsieur.
Que les saints me pardonnent, Monsieur.
- J'ai oubli�, j'ai cir� le plancher. - Oui, Horace.
C'�tait tr�s pr�venant de votre part, Horace.
C'est tr�s bien, Fitz ! C'est formidable !
J'aime la fin ad libitum. C'est parfait pour le Club des Journalistes.
Genre d'un journaliste � un autre.
Ce serait comment avec les mains dans les poches ? Simple, naturel.
Je ne serais pas trop naturel. Vous risquez de vous vendre.
Oui. Il ne faut pas trop en faire.
Mais ce discours pourrait �tre un des plus importants de la campagne.
- Vous avez absolument raison, D.C. - Bien s�r que j'ai raison.
Vous n'avez rien � faire cet apr�s-midi ?
Non. J'ai fini pour la journ�e.
Fini pour la journ�e.
Eh bien, c'est notre chance de reconqu�rir la presse.
Si vous n'avez pas d'autres suggestions ou critiques...
je vais voir si je peux faire polycopier ce document immortel.
J'ai demand� que vous soyez ce soir � la table de l'orateur.
- Je n'avais pas pr�vu d'y assister. - Eh bien, changez de plan.
Mon accord avec vous n'inclut pas comment je passe mes soir�es.
En l'occurrence, �a l'inclut.
Du calme, Fitz.
D'ordinaire je ne dirais rien, mais vous �tes membre du Club des Journalistes.
Que diront vos amis si vous ne venez pas ?
- En supposant qu'il m'en reste. - Vous �tes trop susceptible.
Il n'y a pas 50 journalistes en ville totalement d'accord avec leurs journaux.
- Notre relation est un peu diff�rente. - Bien s�r, mais c'est de la politique.
- La politique cr�e... - Des tandems bizarres. Je sais.
Je ne dors pas tr�s bien, derni�rement.
Si je ne me plains pas, pourquoi vous le feriez ?
Imaginez ce que Lincoln a d� supporter. Voil�, prenez �a.
Merci.
Un gentleman voudrait vous voir, Monsieur.
- Eh bien, Bill, mon vieux ! - Bonjour, Fitz !
Comment �a ? �a fait plaisir de te voir !
- Assieds-toi. Je t'offre un verre ? - Non. C'est un peu t�t.
Une cigarette ? J'oublie. Tu as arr�t�. Qu'est-ce qui t'am�ne � New York ?
Le Spectator rappelle tous ses chefs de bureau � l'�tranger.
Tu sais, pour des entretiens. Tu vis ici, Fitz ?
- Oui. - Je vois.
Je ne suis pas responsable de la d�coration. Une amie a fait �a.
- Mais je d�m�nage bient�t. - Bien s�r, bien s�r. Je comprends.
Assez co�teux d'avoir un valet, eh ?
Je ne le paie pas.
Non, non. Augur. Augur le paie.
Augur. Tu travailles toujours pour Augur.
Bien s�r.
�coute mon gars, inutile de tricher avec moi.
Qu'est-ce que tu as fait ? Tu lui as dit vers o� se diriger ?
- S�r. Il l'a fait circuler. Je sais. - Tu as bu ?
J'ai r�serv� pour mon retour lundi. J'ai aussi r�serv� pour toi.
Tu vas en Italie pour nous.
C'est une chance pour moi, quoi qu'il arrive.
Le c�ble de Norah est arriv� quand je partais pour l'a�roport de Londres.
- Le c�ble de Norah ? - Bien s�r. Une fille parmi un million.
- Qu'est-ce qu'elle disait ? - Je l'ai l�.
J'ai t�l�graphi� � Bronson, et j'ai obtenu son accord pour t'engager.
- Je n'avais pas id�e qu'elle ferait �a. - Faire quoi ?
Elle s'est mise en t�te que j'�tais pauvre.
- J'aurais d� lui dire la v�rit�. - La v�rit� ?
Oui, je travaille toujours pour Augur, Bill.
- Tu... - Oui, bien s�r.
J'aurais d� savoir que c'�tait trop beau pour �tre vrai.
Tu vas expliquer �a � Norah ?
- J'aurais d�, mais j'�tais occup�. - Tu ferais bien de lui dire.
J'y vais.
- Voyons-nous avant que tu repartes. - Je te verrai ce soir.
- Je vais �couter ton patron. - Ne perds pas ton temps.
Pourquoi ? On dit qu'il fait de bons discours. Voil�, c'est � toi.
- Oh, o� je peux te joindre, Bill ? - Au Nelson.
- � bient�t, Fitz. - Au revoir.
Excusez-moi, Monsieur.
La grande dame a appel�. Elle veut que vous l'emmeniez � la r�ception Jennison.
Elle a dit qu'elle rappellerait, Monsieur.
La grande dame, Monsieur !
Oui. Parlez-lui, Horace. Dites que je suis retenu. Que ce soit bien.
Oui, Monsieur.
Stephen !
- Stephen ! Vous �tes venu ! - Oui. Bill Clark est venu me voir.
- Il est ici ? - Norah.
- Alors, vous dites que Bill est l� ? - Oui, Bill est ici.
Il est venu me voir � mon appartement, et il m'a offert du travail.
- Je suis contente. Vous revenez quand ? - Eh bien, �coutez Norah, je...
Qu'est-ce que tu as ? C'est la deuxi�me fois. Pourquoi tu...
Stephen Fitzgerald, voici Terence Flaherty...
de Hook & Ladder Company 38, la fiert� des pompiers de New York.
- M. Flaherty, comment allez-vous ? - Comment allez-vous ?
Qu'y a-t-il ?
- Vous ne sentez pas la fum�e ? - La fum�e ?
Oui. La salle de derri�re, peut-�tre.
- La salle de derri�re ? - Oui. Je sens de la fum�e quelque part.
�a pourrait �tre derri�re. J'irais voir, si j'�tais vous.
- Essayons de recommencer. - Parlez-moi du travail de Bill.
- Que lui disiez-vous dans votre c�ble ? - Alors, il l'a eu !
- Oui, il l'a eu. - Vous me pardonnerez.
Je n'avais pas le droit d'intervenir dans vos affaires.
�a me serrait le coeur de vous voir ainsi. J'esp�re ne pas vous offenser.
Vous ne pourriez pas m'offenser m�me en essayant.
Bienvenue � la f�te, Monsieur ! Ravi que vous ayez pu venir.
Voil�. Envoyez �a derri�re les amygdales.
Norah, j'ai une confession � faire. J'ai du travail.
- Vraiment ? - Du tr�s bon travail m�me.
- Je vais devenir un homme tr�s riche. - Vous m'avez menti.
- Non, je ne vous ai pas menti. - Si.
C'�tait la v�rit�, les automobiles, chauffeurs, et rendez-vous importants ?
Oui. Si c'�tait la v�rit�, comment j'ai pu vous mentir ?
N'essayez pas de vous d�filer.
Allez donc dire � Terence Flaherty que je suis libre.
Vous n'�tes pas furieuse, n'est-ce pas Norah ?
Bien s�r que je ne suis pas furieuse de m'�tre fait passer pour une idiote.
- J'ai essay� de vous dire que... - Pas du tout !
Il n'y a pas de fum�e l�-bas.
Eh bien, vous devriez aller voir � l'�tage.
Stephen Fitzgerald, vous �tes un homme malhonn�te et cruel.
Et moi qui vous remplissais de rago�t irlandais.
- C'�tait un rago�t merveilleux. - Non. Elle y met trop de farine.
Mais je suis contente que vous ayez ce que vous vouliez de la vie.
La lune p�le se levait
Sur les montagnes vertes
Le soleil se couchait
Sur la mer bleue
Alors que j'allais avec mon amour
� la pure fontaine de cristal
Qui coule
Au magnifique val
De Tralee
Elle �tait belle
Et pure
Comme une rose d'�t�
Pourtant ce n'�tait pas sa beaut�
C'est une chanson ravissante.
Vous ne repartez pas bient�t ?
J'ai mon passage sur le paquebot de demain.
- Vous n'�tes l� que depuis une semaine. - Mais mes affaires sont termin�es.
Je n'ai aucune raison de rester.
Mais il y a tant de choses dont je voulais vous parler.
�a m'a fait aimer Mary
- Vous sentez la fum�e, M. Fitzgerald ? - Allons, Terence Flaherty !
Certainement. Pas vous ?
Allons, Stephen-Arr�tez !
- �coutez... - Laisse-le, tr�sor !
Allons Stephen, ne vous battez plus.
Stephen, �a va bien ?
C'est terrible. Je suis vraiment d�sol�e.
Parlez-moi. Ouvrez les yeux.
Que quelqu'un l'emm�ne tout de suite.
Mary
La rose
De Tralee
C'�tait de ma faute.
Dieu soit lou�, vous �tes vivant.
Oh, ch�ri.
Vous avez de dr�les d'amis.
Ne dites pas du mal d'eux.
Il ne faut pas bouger. Votre pauvre t�te.
Non, �a va bien. Je dois y aller.
- Mais vous devriez vous reposer un peu. - Je suis d�j� en retard.
Je vous raccompagne.
- Bonne nuit, Cornelius. - Bonne nuit, mon enfant.
Que Dieu vous accompagne.
J'habite ici, Stephen.
Au revoir, Norah.
Au revoir ? J'esp�rais que vous m'accompagniez au bateau demain.
J'aimerais, mais je...
Je vais � la campagne pour la fin de semaine... avec ma fianc�e.
Je me marie dans un mois.
Je vous souhaite d'�tre heureux, Stephen.
Au revoir.
Bonsoir, Monsieur.
Peut-�tre que vous pourrez m'expliquer �a.
C'est un galet, Monsieur.
Il y a une heure, c'�tait une pi�ce de votre pot d'or.
- Qu'est-ce que vous racontez ? - Vous le savez tr�s bien.
Puis-je vous demander ce que vous avez en t�te, Monsieur ?
- La v�rit�, Horace. Je veux la v�rit�. - Gardez votre distance, Fitzgerald !
Le voil� parti !
Maintenant, je te tiens.
- Avoue. - Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Non ?
Et cette chaussure ?
Ne me touchez pas, Fitzgerald.
Je serai heureux de vous donner les informations que vous voulez.
Vous �tes le lutin, n'est-ce pas ?
Et je suis fou.
Je suis fou depuis cette premi�re nuit en Irlande.
Je r�pondrai � vos questions dans l'ordre.
Je suis... ce que vous dites que je suis.
Le terme n'est peut-�tre pas le meilleur.
Quant � votre condition mentale...
c'est vrai vous �tes un peu faible d'esprit...
mais vous �tes aussi sain d'esprit que vous ne le serez jamais.
Vous n'�tes pas un peu grand pour un lutin ?
Si vous voulez bien, ne parlons pas de cette page de l'histoire de ma famille.
Je suis dess�ch� avec l'exercice que vous m'avez fait faire.
Vous permettez que je prenne un verre ?
Vous permettez, Monsieur ?
Vous avez fait venir Norah ici, n'est-ce pas ?
Non. Vous l'avez fait venir vous-m�me, Fitzgerald...
il y a longtemps, dans votre esprit.
Sa pr�sence physique ne change rien.
Vous essayez de ruiner ma vie ?
Discutons-en calmement, Fitzgerald.
Vous permettez ?
Il faut me croire quand je dis que j'ai �t� pouss� par le plus noble des motifs...
la simple gratitude, et mon affection pour vous.
C'est pour �a que j'ai laiss� ma cascade natale pour venir habiter dans votre...
dans votre ville froide et inhospitali�re.
Et �a ne m'ennuie pas de vous dire...
que j'ai un peu le mal du pays.
Mon nez cherche avec impatience l'odeur de la tourbe...
et mes yeux se languissent de la vue d'un prunellier en fleur.
C'est triste de n'avoir pu compl�ter ma mission...
et de devoir vous laisser � cet �chec.
Mais je ne vous ai pas demand� de venir.
C'est s�r.
Mais on n'attend pas toujours une invitation...
pour suivre la musique hardie d'un tambour distant.
Voyez, j'ai appris � vous appr�cier.
Mais je suppose que je dois �tre philosophe.
Il y aura d'autres si�cles � venir.
Et d'autres jeunes hommes qui flairent un tr�sor.
Je vous ai offert de l'or.
Ce n'est pas de ma faute si vous pr�f�rez un galet.
J'ai essay� de vous donner, aussi sinc�rement que j'ai pu...
mes vues sur les difficult�s de la campagne.
Je n'esp�re pas que vous soyez tous d'accord avec moi.
Franchement, je serais un peu inquiet du contraire...
si un bon d�saccord bien sain est l'essence d'une presse libre.
Ne soyez pas trop durs sur moi. J'�tais moi-m�me un honn�te journaliste.
Entre nous, j'aimerais toujours l'�tre.
Eh bien, j'aimerais faire une petite d�claration.
Si j'ai la chance d'�tre �lu...
j'ai l'intention de d�missionner des �ditions Augur.
J'ai beaucoup r�fl�chi...
� la s�lection de l'homme qui prendra ma place.
Je n'ai pas eu � chercher loin.
Depuis deux mois, j'ai eu l'honneur...
de travailler avec un des meilleurs journalistes de notre temps.
Vous savez tous que c'est un journaliste de premi�re classe...
et un gars sensationnel.
Steve Fitzgerald !
Venez ici !
Allez, dites quelque chose, Fitz.
Eh bien, je suis tr�s reconnaissant � M. Augur de son... offre tr�s flatteuse.
Mais je ne peux pas accepter.
En premier lieu, je ne suis pas fait pour ce travail.
Et deuxi�mement...
M. Augur doit avoir quelqu'un en charge de ses publications...
qui soit d'accord avec lui sur les divers probl�mes.
C'est officiel, Fitz ? On peut vous citer ?
- Eh bien, je... - Quels sont vos plans, Fitz ?
Je n'en ai pas.
Je n'en ai aucun sauf...
m'asseoir sous une cascade avec un vieil ami.
Fitz, revenez. Fitz !
Dites-en plus, voulez-vous Fitz ?
- Un moment ! - On est tous l� ! Une d�claration ?
M. Augur, vous avez des...
- Vous partez pour de bon ? - Vous pouvez nous en dire plus !
Allons les gars, attendez une minute.
J'en ai assez dit. Vous avez tout entendu.
- Une chance de changer d'avis ? - Je d�missionne pour de bon.
Et les fian�ailles ? �a tient toujours ?
Je crains que ce soit � Mlle Augur d'en d�cider.
Qu'en dites-vous, Mlle Augur ? Vous allez partager cette cascade ?
Je ne crois pas �tre invit�e.
M�me si je l'�tais, M. Fitzgerald dirait que je ne suis pas faite pour ce boulot.
Au revoir, Fitz.
Au revoir, Frances.
C'est bien �crit, Fitz.
- Mais je n'en crois pas un mot. - Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Quelqu'un qui conna�t l'Italie... - J'y �tais. Tu y �tais ?
- J'aurais d� y aller moi-m�me, je sais. - Tr�s bien, tr�s bien.
�a ne te pla�t pas, je le donnerai � D.C. Augur...
maintenant qu'il est sagement revenu � l'�dition.
Qui a dit que �a ne me plaisait pas ?
On en fera une s�rie. Le tarif habituel.
Vous allez argumenter toute la nuit ?
C'est votre ent�t� de mari, Norah.
- Aucun respect pour mes cheveux blancs. - Il a un complexe � la Augur.
- Un dernier verre, Bill ? - Non. Je vais coucher.
- Bonne nuit, Taedy. - Bonne nuit, M. Fitz.
Viens, tr�sor. Taedy, laissez cette bouteille sur la table.
Je n'avais pas l'intention de la toucher. Je peux vous l'assurer.
Toi d'abord.
- Bonne nuit, Bill. - Bonne nuit, Bill.
- Bonne nuit. - Si tu veux quelque chose, l�che un cri.
- Merci. Je veux une femme comme Norah. - Il n'y en a pas.
S'il exag�re trop, je m'en souviendrai.
Quelle est l'id�e ?
- C'est toi. - Que fais-tu avec cette bouteille ?
C'est pour un vieil ami, au cas o� il en aurait besoin pour r�sister au froid.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
LA FIN
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