All language subtitles for The Penguin Lessons 2025 1080p AMZN WEB-DL DDP 5.1 H.264-BYNDR-French-france

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

VIREZ KISSINGER D'ARGENTINE

Cette histoire est inspirée d'événements réels

LES MONTONEROS EN LUTTE CONTRE LES BÂTARDS FASCISTES

Buenos Aires, Argentine 1976

Le nouveau prof d'anglais.

M. Michell.

Laissez vos valises,

on va s'en occuper.

- Mitchell. - M. Buckle.

Bienvenue à St George.

Timothy Buckle, le directeur. On m'appelle Timbuk.

- C'est Michell. - Oui.

Le vol s'est bien passé ?

Oui. Sans incident.

Sans explosion.

Oui, j'ai entendu de mon bureau.

Une autre bombe, j'imagine.

- "Une autre" ? - L'Argentine est dans le chaos.

Un coup d'État est imminent.

Nous comptions vous installer dans l'aile Chaucer.

Suivez-moi.

Les innombrables factions révolutionnaires

ont mal supporté la répression militaire.

Les heurts dans la rue, l'économie en chute libre,

le gouvernement perd le contrôle.

C'est épouvantable.

"Ne laissez pas les bastardos vous écraser."

- Pardon ? - J'ai vu le graffiti

sur le mur dehors. Peu importe.

Nous essayons de nous tenir à l'écart de tout ça.

Ce n'est pas notre fort,

la politique, ici, à St George.

De riches familles nous envoient leurs fils.

- Vous voyez ? - Oui.

Excellent.

Merci d'être venu malgré le délai si bref.

Les professeurs d'anglais

se font rares ici, de nos jours.

Je n'ai pas eu l'occasion de parcourir votre CV.

Où étiez-vous ?

J'enseignais en Équateur,

et avant ça, au Venezuela et au Brésil,

et encore avant ça, à Chicago,

donc je vais de plus en plus bas.

Géographiquement.

Oui.

Vous êtes là, appartement 23.

Musique forte, cigarettes, animaux : interdits.

Fin du cours. "Bien parlé."

Nous avons une réunion en salle commune à 16h30.

Ne soyez pas en retard. J'ai horreur de ça.

Bienvenue.

Vous ne devriez pas vous faufiler comme ça.

J'ai dit "bonjour" plusieurs fois.

Faut le dire plus fort, pour que j'entende.

- Bien sûr, c'est ma faute. - Oui, la vôtre.

Là, vous m'avez entendu.

Votre mari doit obéir.

- Il est mort. - C'est vous qui l'avez tué ?

Non, le cancer.

D'accord. Navré de l'apprendre.

Bienvenue à St George.

Vous êtes Michell, c'est ça ? Je suis Tapio.

Prof de physique. Finlande.

C'est "bonjour" en finlandais. Avec plein de trémas.

- Nous sommes colocataires ? - Non.

Vous êtes entré comme ça.

Je me montrais amical.

Vous avez la terrasse.

On pourra faire la fête, ici.

Vous avez de la vodka ?

Il y a une bouteille de gin dans la cuisine.

Servez-vous.

Du gin.

Ça ira.

Les garçons, ici,

sont très privilégiés et gâtés.

M. Timbuk, le directeur, se prend pour Napoléon.

Il a été gentil avec moi.

Certaines personnes ont deux facettes.

Même Josef Mengele était un bon médecin pour certains.

Il vit par ici, d'ailleurs ?

Oui, beaucoup de nazis

ont émigré ici

après 39-45.

Pas très drôle.

Mais drôle aussi.

La pêche commerciale à la baleine,

la bombe à hydrogène,

la situation politique ici, en Argentine.

Quelles que soient vos opinions,

je vous invite à les garder pour vous

et à ne pas nous ennuyer avec.

- Bien parlé. - Bien parlé.

M. Tom Michell nous rejoint pour ce trimestre.

Bonjour.

Il enseignera l'anglais.

Je vous ai affecté à la Maison Woolsey,

où vous gérerez la classe de quatrième.

Je vous ai aussi nommé

entraîneur adjoint de l'équipe de rugby des moins de 14 ans.

Ce pourrait être problématique.

Pourquoi cela ?

Je ne connais rien au rugby.

Je dirais même que je n'aime pas ça.

Et pourquoi ?

J'aime les ballons ronds.

Excellent. Oui.

Bonjour.

Je suis M. Michell,

je viens vous enseigner l'anglais.

Donc dorénavant, nous ne parlerons qu'en anglais.

Asseyez-vous.

Nous parlerons anglais.

Commencez par me dire vos noms.

Toi.

Quel est ton nom ?

Dis-lui ton nom, petit con.

Ernesto Castillo.

Ernesto.

L'importance d'être Ernesto.

Oscar Wilde.

Bien.

Toi.

Ton nom ?

Fils à sa maman.

Silence.

- Diego. - Diego.

Qu'as-tu fait ce week-end, Diego ?

Tu es allé au parc ?

Dans les boutiques ?

Tu as joué à aller sur la Lune ?

Non.

Non quoi ?

Je suis pas allé sur la Lune.

C'était du sarcasme.

C'était…

SARCASME

Il y a différents sarcasmes.

Pour être sarcastique, il y a différents moyens.

Métaphore, calembour, parodie, hyperbole, litote, satire.

Écrivez une phrase sarcastique en anglais

en employant une de ces formes d'humour.

Je vais chercher du sarcasme

dans ce journal anglais

pour qu'on en discute.

Mots croisés

Formez une mêlée.

- Non ! - Pourquoi ?

Pourquoi une mêlée ?

- Passe en avant. - De qui ?

- Ernesto. - Quoi ?

- Pas du tout. - Non.

- Non. - Ah non ?

Non !

D'accord, j'ai cru.

Continuez de jouer

pendant 15 minutes,

puis en groupes de trois ou quatre,

nous discuterons de l'importance au rugby

d'utiliser un ballon ovale et non sphérique.

D'accord ?

Je vais vérifier les règles de l'en-avant.

- C'est tout. - Merci.

Livraison de poisson !

Sofía, je n'ai pas fini de te parler.

Tu dis toujours la même chose.

Les Montoneros ont besoin d'aide pour défendre les travailleurs

et les pauvres.

J'approuve pas la violence.

On doit se défendre contre les militaires.

Avec vos bombes et vos enlèvements,

vous valez pas mieux.

J'ai du travail.

Pardon, monsieur.

Ma conversation avec le poissonnier vous a dérangé ?

Quelle conversation ?

- Michell ? - Oui.

- Vous êtes là ? - Entrez.

Que pensez-vous de cette journée folle mais sérieuse ?

Oui.

Je me suis réveillé

au son du Monty Python's Flying Circus

et voilà qu'il y a une fanfare.

Une musique martiale,

comme sur toutes les chaînes.

Y a eu un coup d'État.

Les garçons rentrent chez eux.

- L'école ferme une semaine. - Bonne nouvelle.

La situation est très grave.

Il y a eu des fusillades.

Les généraux ont pris le contrôle.

L'armée se bat contre les Montoneros.

Ils vont bientôt rassembler tous les gauchistes,

syndicalistes, militants et intellectuels.

On a une semaine de congé ?

Le temps que la situation soit plus claire.

Dites adieu à la liberté et à la démocratie.

Une semaine.

Dites bonjour à la peur, l'intimidation…

- Je vais aller en Uruguay. - La brutalité.

- En Uruguay ? - Quelques jours, oui.

Pourquoi l'Uruguay ?

Pour l'architecture, l'histoire.

- Vraiment ? - Oui.

C'est une bonne idée, en fait.

Il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire ici,

et l'Uruguay me fascine grandement.

Ils ont obtenu leur indépendance en 1811,

mais c'est une idée fausse.

Ce pays est devenu une nation indépendante,

car il a été aussitôt annexé par le Brésil jusqu'en 1825.

Je ne suis que partiellement intéressé

par l'histoire et l'architecture de l'Uruguay.

Je veux surtout m'éloigner d'ici,

aller danser, boire, rencontrer quelques dames.

C'est sûrement pas votre truc.

J'aimerais quand même venir.

C'est intéressant,

tous ces gens qui voyagent.

Chacun avec leur histoire.

Les situations personnelles des gens sont passionnantes.

Vous ne trouvez pas ?

Non.

Moi, si.

Et d'ailleurs,

j'aimerais aussi connaître votre histoire.

C'est intéressant,

la vie des gens.

Pourquoi on en est là.

Une porte se ferme, puis une autre.

Comment elle s'appelle ?

Qui ?

Celle dont vous voulez absolument parler.

Annie.

Petite amie ?

Épouse.

Elle m'a quitté. Pour Alexei.

Il est plus beau ?

Un peu, j'imagine.

Plus riche ?

Oui.

Plus marrant ?

Je ne sais pas. Peut-être.

Mieux membré ?

Ce n'est pas drôle.

J'ai perdu ma femme et mon meilleur ami.

Ils finiront par se séparer.

Vous pensez ?

Oui, mais après ?

Les gens se séparent pour un tas de raisons,

elle voudra se remettre avec vous,

vous refuserez à cause de ce qui s'est passé.

Et un jour, vous déciderez de réessayer,

mais elle aura tourné la page.

Bref…

Rien de tout ça n'a plus d'importance.

En gros.

- Je vous apprécie. - Ah oui ?

Moi pas.

Ça a mauvaise réputation, ici.

C'est un lieu sordide, de débauche.

Je sais.

Vous voulez quand même entrer ?

- Absolument. - Bien.

Annie dansait vraiment bien.

Dans une semaine,

ça fera huit ans, notre première danse.

Il y a deux femmes à ma droite.

On était si heureux, ensemble.

On adorait la randonnée.

Un jour, elle a dit qu'elle allait acheter du pain.

Je ne l'ai plus jamais revue.

Je me suis retrouvé seul.

- Et sans pain. - Oui.

J'étais affamé et triste.

Mais vous avez su lâcher prise.

À ma droite, il y a deux femmes.

- Elles ? - J'aurais pu les montrer.

Je voulais être subtil.

Elles viennent vers nous.

Louez ma façon de danser.

Vous dansez bien.

Oui, il bouge bien.

Allons. Mais merci.

Il est assez souple.

Je n'ai vu que trois erreurs.

- Carina. - Tom.

Endurance, discipline, mouvements de bassin.

Voici Tapio.

On est des enseignants en congés,

loin des explosions.

Bienvenue en Uruguay.

Ce lieu est rempli d'âmes perdues.

- Y compris nous ? - Peut-être.

Ceux qui viennent ici cherchent quelque chose.

Vous, que cherchez-vous ?

Je suis comme Ernest Hemingway,

mais sans argent et sans avoir écrit de livres.

On croit que les éléments du tableau périodique

ne peuvent pas changer,

ce qui est faux.

Ils peuvent changer durant la fission ou la fusion.

Mais ça n'intéresse personne.

Non. Je trouve ça intéressant.

Ah oui ?

Oui.

Merci.

Pourquoi ton ami est parti ?

Il a pris le premier ferry, car il a le cœur brisé.

- Mon amie l'aimait bien. - Il est barbant.

C'est tellement beau, à cette heure-ci.

Je viens à la plage pour ne penser à rien.

J'adorerais ne penser à rien.

Hé, Ernest Hemingway.

Le vieil homme et la mer.

Je ne suis pas si vieux.

Tu es d'âge moyen ?

Oui, l'homme d'âge moyen et la mer.

Tu sais ce que je ressens, chez toi ?

Tu détournes tout,

mais tu caches une certaine profondeur.

Non, je suis plutôt superficiel.

Merde.

- C'est quoi ? - Du pétrole, je crois.

Une marée noire.

Ce sont des pingouins.

Mince alors !

Mon Dieu, ce petit est encore en vie.

Le pauvre.

C'est…

C'est terriblement triste.

Mais on ne peut rien faire.

C'est frustrant, mais…

On ne peut pas interférer avec la nature.

J'arriverai jamais à enlever ça.

Quelle poisse.

- Ce n'est pas la nature. - Pardon ?

C'est nous qui tuons ces pingouins,

les êtres humains.

On doit faire quelque chose pour ce petit.

Navré de le dire, mais je pense qu'il est fichu.

Et on ne peut pas le ramener à l'hôtel.

- Allez, on va te laver. - D'accord.

- Le pommeau. - Toi, le savon.

- Lave-le. - Fais mousser.

- Ça devrait aller. - Je m'occupe de l'eau.

Gentil garçon.

Comment tu sais que c'est un mâle ? Non, oublie.

- Voilà. - De l'eau chaude ?

Non, froide.

- Ce n'est pas chaud ? - C'est tiède.

Rince bien les plumes.

C'est terrible. Du pétrole.

C'est agréable, pas vrai, M. Pingouin ?

- Il a l'air plus content. - Oui.

Bon sang !

C'est pas vrai !

Le salaud !

Ce serait plus gentil de le noyer.

Il essaie peut-être de montrer son affection.

C'est ce que je fais.

Et voilà.

Oui.

T'as de la ressource.

Tout beau, tout propre.

Voilà.

C'est bien.

Tu es un pingouin heureux.

Regarde ces jolies plumes blanches.

Magnifique.

Ça te plaît, pas vrai ?

Je pense qu'on peut détacher son bec.

Oui ?

Il a le mot de passe ?

Ça va, il me fait confiance.

Tu vois ?

Il faut juste lui donner un peu d'affection.

- Ah oui ? - Oui.

Désolée.

Je dois y aller.

Tu rigoles ? Pourquoi ?

Je suis mariée.

Tu es mariée, d'accord.

Enfin…

Je suis pragmatique pour ces choses.

Je suis sortie pour m'amuser,

et je pensais pouvoir le faire.

Mais non.

J'espère que tu comprends.

- Je suis désolée. - Faut pas.

Au revoir.

Et le pingouin, alors ?

Allez, file.

Merci pour le souvenir.

Va rejoindre tes amis pingouins.

Allez.

Sois libre dans l'océan.

Va-t'en.

Excusez-moi.

D'où il sort ? Il est à vous ?

Qui ça ?

Le pingouin.

Un pingouin ?

Celui-ci.

C'est le vôtre ?

Non, j'ignore d'où il sort.

Si, vous étiez avec lui au bord de l'eau.

Vraiment ?

Ça ne fait même pas un jour que je le connais.

Il y a eu une marée noire.

Et vous l'avez sauvé ?

- Oui. - Il l'a sauvé.

Il croit qu'on est amis,

mais pas du tout.

Vous ne pouvez pas le laisser là.

Ce n'est pas le mien. Je n'aime pas les pingouins.

Alors, pourquoi l'avoir sauvé ?

J'essayais d'épater une femme

avec qui je voulais coucher.

Je me retrouve sans sexe et avec un pingouin.

Navré de vous interrompre, mais je suis pressé.

Je dois partir.

J'ai appelé pour la note.

Glacial.

Oui, bien, merci. J'aimerais payer.

Mon portefeuille est en haut.

Pas besoin de ça.

Le voilà.

J'ai pensé que c'était illégal de posséder un pingouin,

donc je l'ai laissé là.

Vous devez l'emmener avec vous.

Non, je ne dois pas l'emmener.

Si vous ne l'emmenez pas, je vous arrête.

Pour quel motif ?

Pas besoin de motif.

Bien sûr que je l'emmène.

Rien à déclarer ?

Non.

Arrêtez, monsieur !

C'était quoi ?

Qu'avez-vous là ?

J'allais en parler à quelqu'un.

Pour faire court, je veux demander l'asile pour lui.

L'asile ?

Oui, dans un zoo.

Emmenez-le.

Mais il y a une taxe d'importation.

En dollars.

- En dollars ? - Oui. 50 $.

Je n'ai pas 50 $.

Combien avez-vous ?

Je n'ai rien.

Alors, on le garde.

Vraiment ?

C'est…

J'ai fait de mon mieux.

Si je ne peux pas l'emmener, alors…

C'est tellement triste.

Bien.

Désolé, petit.

Je dois te dire adiós.

Dites, comment s'appelle-t-il ?

Peter.

- Peter le pingouin ? - Oui.

- Emmenez-le. - C'est bon.

Vous faites votre boulot.

Emmenez Peter.

Je ne veux pas d'ennuis, ça va.

- Emmenez Peter. - C'est rien.

Prenez ce foutu pingouin.

Je n'en veux pas.

Je vais vous arrêter.

Pour quel moti… Bon sang !

Viens, Peter.

Michell !

- Je voulais vous voir. - J'espérais…

Je suis bien conscient

que nous n'avons pas encore parlé des objectifs.

Vous savez quel niveau nous attendons des garçons.

- Oui. - Tout va bien ?

Oui, pardon, j'ai vu un oiseau de proie.

J'ignore si c'est un cerf-volant ou un aigle.

Je ne vois rien.

Bien, c'est très simple.

Votre travail est de les pousser au niveau optimal.

D'après ce que je vois, ce n'est pas le cas.

Nos amis à plumes semblent vous passionner.

Je m'y intéresse, oui.

Oui. Bien, nos garçons

doivent se retrousser les manches.

Et franchement, Michell, vous aussi.

Reçu cinq sur cinq.

Bien. Vous pouvez y aller.

Merci.

Peu importe où je l'ai eu,

le fait est que je l'ai, mais il serait mieux avec vous.

Il doit aller dans un zoo. Vous êtes un zoo.

Je ne peux pas m'en occuper,

vous devez le récupérer.

Je ne peux pas vous dire d'où j'appelle,

c'est très délicat.

Bien, alors transmettez un message à votre supérieur.

Dites-lui que j'ai le pingouin,

et que s'il ne le prend pas,

je tuerai le pingouin.

Dites-lui que je suis l'homme au pingouin.

Encore une chose.

Quel genre de poissons mangent-ils ?

SARDINES ARGENTINES

Tiens. Sens-moi ça.

Sens-moi ça.

Donc, c'est non.

Dors ici.

Quoi ?

Tu pues.

Bonne nuit.

Voilà.

Eh bien… Et voilà.

C'est ta zone, pour le moment.

Salle de bain la nuit, terrasse le jour.

Oui.

Non ?

Ceux qui font des manières

finissent par être mangés

par ceux qui en font moins.

Alors, mange ici et chie là.

POÈTE ? IDIOT ?

"Être ou ne pas être, telle est la question."

En d'autres termes, devrais-je être là ou pas ?

"Y a-t-il pour l'âme plus de noblesse à endurer

"les coups et les revers d'une injurieuse fortune…"

Dis-moi où ils sont, gros lard.

"… ou à s'armer contre elle pour mettre frein

"à une marée de douleurs ?"

Une marée de douleurs.

Rat socialiste !

Un exemple de marée de douleurs ?

Parle ou on va te torturer.

López, Domínguez, que se passe-t-il ?

Rien, monsieur.

Que faites-vous à Diego ?

C'est juste un jeu.

On est des soldats, et lui un Montonero.

Mon père dit qu'on est en guerre contre les porcs socialistes.

Donc on joue, c'est tout.

On est les soldats, et lui le Montonero.

Pas vrai ?

Dis-nous où ils sont, ou on te tue.

Détachez-le.

Arrêtons de compter sur la conjugaison au présent.

C'est paresseux.

Ramiro, "je suis un porc socialiste".

Conjugue cette phrase

en deux temps passés.

J'étais…

Et j'ai été un porc socialiste.

Bien.

Maintenant,

dans le cadre de cet exercice,

du point de vue d'un porc socialiste, bien sûr,

le père de Ramiro serait, sans vouloir t'offenser,

une brute fasciste.

Disons cela.

Diego, comme tu es le porc socialiste,

peux-tu ajouter à ça un futur antérieur ?

Le père de Ramiro était, a été

et aura été une brute fasciste.

Excellent.

Voilà le résultat quand vous vous appliquez.

Quatre cent cinquante…

Cinq cent mille.

Votre premier mois de salaire.

Deux millions et demi de pesos.

Tout le monde est millionnaire, en Argentine.

Vous devez tout dépenser rapidement.

C'est important d'acheter plein de choses,

puis vous viendrez me les montrer.

Je chercherai bien.

Comptez sur moi.

Bonjour. C'est vous qui livrez le poisson à St George.

Bonjour, comment allez-vous ?

Bien. Et vous ?

- Bien. Que vous faut-il ? - Un kilo de sprats.

Vous faites des achats.

Oui, quelques bricoles.

Pensez à négocier fermement.

Dans cette vie, personne n'a ce qu'il mérite.

Seulement ce qu'il négocie.

Alors, combien ?

C'est la maison qui offre.

Le pingouin est encore en vie.

Oui, c'est l'homme au pingouin.

Non, je n'ai pas l'intention de lui faire du mal.

Mais si je ne peux pas parler à votre supérieur,

sa sécurité n'est pas garantie.

Samedi ? Oui, je pourrai venir.

Merci.

Des cartes à jouer.

Une cible et trois fléchettes,

ils n'avaient que ça, mais ça suffit,

et un long chausse-pied que je recommande.

Un chausse-pied ?

Oui. Si vous avez plus de 50 ans,

ça change la vie.

Plus besoin de se baisser.

Pour vos chaussures.

- C'est tout ? - Oui.

Et ça ?

C'est une paire de chaussures et des sprats.

Des sprats ?

Oui. J'aime ça.

Mais vous devez tout dépenser.

J'en garde une partie

pour quelque chose

que je veux vraiment.

Vous ne m'écoutez pas.

D'ici lundi, cet argent

aura perdu la moitié de sa valeur.

Vraiment ?

Retournez faire des achats.

- D'accord. - Je vous l'échange

contre une paire de chaussettes.

Quoi donc ?

Le chausse-pied.

Deux paires de chaussettes. De couleur orange.

Dernière offre.

Regarde.

Bonjour !

Éloigne-le et ferme-la.

Enfin, pour toi, c'est pareil.

Un instant !

- Bonjour. - Bonjour.

Ma petite-fille, Sofía.

Petite-fille ? Ça alors.

On s'est rencontrés brièvement

quand je n'entendais pas ce qu'elle disait.

Pas besoin de ménage, aujourd'hui.

Vous voulez qu'on perde notre emploi ?

Bon, alors, un petit coup dans la cuisine.

Ouvrez les rideaux. Il fait sombre, c'est déprimant.

Non. Je n'aime pas le soleil.

- C'est à vous ? - Oui, pourquoi ?

Elles font très démodées.

Certaines personnes confondent la mode avec le style,

- qui est intemporel. - C'est quoi ?

Des garçons qui jouent.

Et ça ?

Ça en fait, des questions.

Ça, c'est…

- De la merde. - De qui ?

Pas de moi.

J'irais consulter, si c'était moi.

Une merde d'oiseau.

Il doit être gros, cet oiseau.

Oui, il est gros.

C'est un pingouin.

C'est sa merde.

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Je l'ai trouvé à Punta del Este, couvert de pétrole.

Je l'ai nettoyé et l'ai ramené.

- Pourquoi ? - Pour l'emmener au zoo.

J'ai voulu le remettre à l'eau,

mais il ne partait pas.

Il a un nom ?

J'ai pensé à Peter,

mais je préfère juste Le Pingouin.

Non, il lui faut un nom.

Je sais.

On peut l'appeler Juan Salvador Gaviota.

Il me rappelle le personnage du livre,

une mouette qui apprend à voler.

Salvador, ça veut dire sauveur. Joli nom.

Va pour Juan Salvador Gaviota.

Juste Juan Salvador. Ça suffit.

Si j'arrive à le garder en vie et à l'emmener au zoo,

ce sera une réussite.

- En vie ? - Oui.

Il n'a rien mangé

depuis que je l'ai trouvé.

J'ai essayé, ça.

Laisse-moi essayer.

Pourquoi vouloir l'enfermer dans un zoo ?

C'est pas comme si j'avais le choix.

Je veux juste

qu'on prenne soin de lui,

donc le zoo me semble tout indiqué.

- Je suis les règles. - Toujours ?

C'est moi qui l'ai sauvé.

Et de ce fait, vous en êtes responsable.

C'est bien votre petite-fille.

Parfois, dans la vie, Sofía, les choses ne vont pas

comme on le voudrait,

et il faut prendre des mesures qui ne sont pas idéales.

Vous devriez être porte-parole pour l'armée.

Que ce soit clair,

je suis pas du tout fan du fascisme.

Ah bon ? Je ne vous ai pas vu protester.

Je suis professeur, et ce n'est pas mon pays.

Mais vous acceptez cet emploi et notre argent…

J'ai appris à pas fourrer mon nez partout

et à la fermer. Ça m'a bien servi.

Je suis femme de ménage et moi, je l'ouvre

pour dire quand ça pue la merde.

Les gens méchants, j'attends rien d'eux.

Mais quand les gens bien ne font rien,

je veux leur mettre mon poing dans la gueule.

Non, attendez, s'il vous plaît.

Restez. Restez déjeuner.

Pourquoi ?

Eh bien…

Je n'ai pas eu de bonne dispute depuis longtemps,

et ça me manque.

Restez. Saucisse-purée et sauce aux oignons.

Un bon repas d'impérialiste britannique

imposé sans pitié aux colonies.

Mais il mange !

Comment avez-vous fait ?

Là, il ne mourra pas.

Bien.

- Il suffit d'être son ami. - Bien sûr.

- D'accord. - Tenez.

Je vais essayer.

Juan Salvador !

J'étais jeune et idéaliste comme vous, Sofía.

Mais la vie vous change.

J'ai hâte d'être vieille et cynique.

JEUNE IDÉALISTE Sea Fever de John Masefield

La fusion, c'est quand deux atomes se percutent

pour en créer un encore plus lourd.

"Je dois reprendre les mers Retourner

"Vers la mer solitaire Et le ciel

"Je veux juste un grand navire Et une étoile pour le diriger."

Que veut dire John Masefield ?

Igor.

Monsieur, il y a un pingüino sur votre bureau.

En anglais. c'est un pingouin, il s'appelle Juan Salvador.

Pourquoi vous avez un pingouin ?

Pour capter votre attention. Ça a fonctionné.

Oui, Walter.

Vous l'avez eu où, monsieur ?

Je l'ai trouvé.

Que ça reste entre vous et moi pour le moment.

Si ça se sait, on me le confisquera.

Voici un marché.

Aidez-moi à comprendre

ce que signifie ce poème d'ici la fin du cours,

et vous pourrez le nourrir au déjeuner.

Marché conclu ?

Allez-y, acquiescez.

Juan Salvador ?

Oui, il est d'accord.

Maintenant, on se concentre, je vous prie.

Bien.

"Le choc du gouvernail Et la chanson du vent

"Et la secousse De la voile blanche

"Et une brume grise Sur le visage de la mer

"Et une aube grise qui point."

Sea Fever, de John Masefield.

Un de mes préférés.

De quoi parle-t-il ?

Je vous donne un indice. Igor.

On le met dans une boîte ?

- Non. - On peut l'emmener à vélo ?

- Non. - Dans la piscine ?

Oui, s'il vous plaît !

Le pingouin vient de la mer.

Comme le poème.

Il aimerait peut-être nager.

Oui, s'il vous plaît.

Non, pas de piscine.

Pourquoi ?

C'est contre les règles.

Oui.

Ramiro a raison.

Bon, le poème. Un indice.

Il ne s'agit pas que de bateaux et de la mer.

Des idées ?

On se concentre.

Pensez à Juan Salvador, au vaste océan devant lui,

qui l'emmène là où il veut.

- Diego. - C'est une métaphore ?

Très bien. Une métaphore. Qui porte sur quoi ?

La liberté.

Oui. Très bien. La liberté.

Liberté !

Libre de quoi ?

Que veut-on dire par là ?

Libéré des idiots ?

De l'école ?

De la tyrannie ?

De nous-mêmes ?

Prenez les sprats.

Un à la fois.

Non.

C'est Diego qui s'occupe de nourrir Juan Salvador.

Oui.

Pourquoi vous le choisissez ?

Car je suis un dictateur.

Donne-lui ce seau.

Juan Salvador… Il a faim, on dirait.

Des lampes torches.

Bonjour.

L'intendant raffole des lampes torches.

Oui, en effet.

Il raffole aussi des chausse-pieds,

puisqu'on commère à son sujet.

- Il est étrange. - Je sais.

Il aimerait qu'on soit au Moyen-Âge,

que tout se troque.

C'est quelque chose que je devrais chercher ?

Des figues fraîches.

Les préférées de ma grand-mère. Servez-vous.

Merci.

Comment va Juan Salvador ?

Très bien.

Maintenant qu'il mange, il en redemande.

Je me disais que je pourrais m'en occuper.

Il n'aurait pas à aller au zoo.

Je serai sa mère.

C'est très gentil,

mais je crois qu'il sera mieux dans un zoo.

- Vous y réfléchirez ? - D'accord.

Sachez que je vous ai admirée l'autre jour pour avoir défendu

votre point de vue.

Vous avez fait preuve de courage.

Ma grand-mère dit que ça va m'attirer des ennuis.

Écoutez-la, c'est une femme sensée.

Quelle vie difficile, perdre sa fille et son mari.

Mon grand-père ? Il vit à Córdoba.

Elle m'a dit qu'il était mort.

Elle dit ça, car il l'a quittée pour une grosse.

Je dois retourner travailler.

Vous venez ?

Je dois acheter des sprats chez le poissonnier. Désolé.

Tom !

À l'aide !

Tom !

Ils l'ont enlevée dans la rue ?

Oui.

Elle a crié ?

Oui.

Je n'étais pas là pour l'aider.

Mais qu'a dit ma sœur ?

Elle appelait à l'aide, je crois.

Je voulais fendre la foule pour l'aider, mais…

Ils étaient trop nombreux…

Et c'est arrivé si vite.

Je suis désolé.

Bon, et maintenant, M. Timbuk ?

Vous allez écrire aux autorités ?

Elle travaille pour l'école, après tout.

Oui, c'est une employée.

Une sous-traitante, en vérité.

Mais les pères des garçons

ont des contacts au gouvernement qui peuvent aider.

Bien sûr.

Mais la situation est rendue plus compliquée

par une nouvelle que j'ai apprise ce matin.

Une mauvaise nouvelle.

Les Montoneros ont kidnappé le père de Mateo Simeone,

un élève de terminale.

Ils rendent la pareille

après les arrestations récentes.

Comme celle de Sofía ?

Non, ça n'a rien à voir.

Les Montoneros frappent rarement.

Mais le gouvernement enlève les gens par milliers.

En tout cas, señor Simeone est un représentant des parents

au CA de l'école.

Il nous faut être prudents.

Car il importe plus que Sofía ?

Pas du tout, María.

Mais les Montoneros

demandent une rançon,

et les négociations sont en cours.

C'est une sale affaire.

Vous vous en rendez compte.

Je ne me rends compte de rien.

Allez.

Allons-y.

Je ne m'implique pas.

Je n'ai rien fait, car je ne fais jamais rien.

Ça ne servirait à rien.

Je ne peux rien empêcher.

Si l'on m'avait arrêté aussi, ça aurait aidé ?

Et j'avais peur, oui.

J'avais peur.

Michell ?

Vous êtes là ?

- Bonjour. - Bonjour.

Vous avez un pingouin ?

Comment ça ?

- Un pingouin. - Un pingouin ?

Un pingouin.

Oui.

Comment le saviez-vous ?

J'ai visité la Patagonie.

Je vous sentais, M. le pingouin.

Vous savez, si M. Timbuk l'apprend,

vous allez avoir de gros ennuis.

L'idée m'a effleuré.

Vous pensez qu'il nous écoute ?

Non, c'est un animal.

Il veut à manger et un endroit où dormir.

Non.

Les pingouins sont très sensibles.

On pense, à tort, qu'ils n'ont pas d'empathie.

Mais je pense que, d'une certaine façon,

il sait qu'il vous doit la vie.

Ce n'est pas un œuf, gros bêta.

C'est un savon.

Nous pensons

que l'autorité ne peut marcher

que quand elle s'appuie sur la liberté…

Juan Salvador ?

… ces mauvaises pensées de mon esprit.

Je ne leur souhaite pas de mal.

Annie et Alexei sont gentils.

Mais en fait…

Je leur souhaite du mal.

Parfois, j'aimerais qu'Alexei ait un accident mortel

et qu'Annie, désemparée, revienne vers moi.

Ça fait de moi un être mauvais ?

Je ne crois pas…

J'arrivais pas à dormir.

Il fallait que j'allège mon esprit.

Vous n'auriez pas dû lui dire.

Il garde mal les secrets.

Encore une blague ?

Non, il ne parle pas.

María.

Vous travaillez aujourd'hui ?

Je préfère m'occuper.

Bonjour.

- Vous voulez du café ? - Volontiers.

Viens.

Sofía vit avec moi depuis ses cinq ans.

Sa mère est tombée malade, du sein.

Pas de remède, elle est morte.

Les gens ne comprennent pas cette souffrance.

Non.

C'est vrai.

- Asseyez-vous. - Merci.

Pour mes amis et voisins,

elle n'existe plus.

Ils ne me parlent pas parce qu'ils ont peur

d'avoir le moindre lien avec elle.

L'armée vous enlève si vous pensez différemment.

Pas besoin d'une raison.

J'ai toutes ces pensées.

A-t-elle peur ? Froid ?

Faim ?

Aujourd'hui, c'est son jour préféré.

Elle va au foot, elle va danser.

Mais pas derrière les barreaux.

- On est samedi. - Samedi.

Je dois emmener Juan Salvador au zoo.

Ils ont accepté de me recevoir, je me dépêche.

Vous l'emmenez au zoo ?

Il y sera très bien, croyez-moi.

Vous sentez l'odeur de l'appartement.

Et le tapis, ce n'est pas sa couleur.

Il a chié partout, je l'emmène.

Je vous accompagne.

Lui dire au revoir.

Vraiment ?

Ce n'est pas une bonne idée.

J'ai menti pour mon mari, il n'est pas mort d'un cancer.

Je sais.

Sofía m'a dit, il vous a quittée pour une grosse.

Elle était grosse.

Je vais écrire pour demander comment va Sofía.

Ils sauront que je ne lâcherai pas.

C'est une bonne idée. Faites donc.

Vous pouvez m'aider.

- Je ne sais pas. - Vous maniez les mots.

- Je ne crois pas. - Ce sera un vrai poème.

Je doute que la dictature militaire

se laisse convaincre à coup de poésie.

Ils doivent trouver ça barbant.

D'accord, j'écrirai.

Je veux bien aider.

Vous !

Il y a quoi dans le sac ?

Ouvrez.

Ce pingouin n'est pas communiste.

C'est vous, l'homme au pingouin.

Oui, vous pouvez m'appeler Tom.

Voici le pingouin.

Vous ne l'avez pas tué.

- C'était une blague. - Par ici.

- D'accord. - Non.

Je ne veux pas qu'il y aille.

Je vous laisse lui dire au revoir,

mais je reviens le chercher. Il doit y aller.

Votre pingouin sera en quarantaine

avant d'être présenté aux autres.

Les cellules sont assez petites.

Il y restera combien de temps ?

Pendant six semaines.

Bonne nouvelle, on a une cellule pour lui.

Oui.

Six semaines.

Il s'y habituera.

On s'habitue à tout.

Venez signer la décharge.

Oui.

Bon,

ils n'ont pas de place pour lui

pour l'instant.

Le temps qu'ils trouvent, ils ont dit :

"Ramenez-le chez vous."

Chez vous ?

Attendez…

- Ça va ? - Non, un poquito d'eau.

Bon…

Je vous ramène.

Elle a fait un malaise. Ça va mieux.

D'accord.

C'était un peu dur.

C'est la femme de mon petit-fils, Teresa.

Et mes petits, Jorgito et Claudia.

Voici señor Tom, qui enseigne à l'école.

Vous restez manger ?

- Merci, mais… - Restez, ne soyez pas impoli.

Eh bien voilà, je reste, a priori.

Viens.

Dis bonjour.

Bonjour.

Allez.

C'est Juan Salvador.

Il a faim.

Il veut manger.

C'est quoi comme viande ?

De la langue.

- Je vois. - C'est un El Bajo.

"En bas", c'est ça ?

Oui, en bas. Près de l'eau.

Nous sommes les gens d'en bas,

nous ne possédons rien.

Mon arrière-grand-père a bâti cette maison

avec des matériaux volés.

Les briques, le bois…

Mais ce n'est pas un voleur, il est el bajo.

Sans maison,

sa famille dormait dehors.

Votre arrière-grand-père ?

- Oui. - Vous vivez tous ici ?

Oui.

Je sais déjà que mes enfants y vivront aussi.

Nous sommes comme les riches.

Notre maison est transmise de génération en génération.

Vous avez des enfants, señor Tom ?

Oui.

Une fille.

Elle est décédée.

C'est intéressant…

Les gens ne mangent pas la langue,

car elle vient de la bouche de l'animal,

mais ils mangent l'œuf,

qui vient du…

- Ah oui. - De la poule.

- C'est drôle. - Oui.

"À qui de droit,

"concernant les désagréments récents dans ce pays,

"je vous demande respectueusement de…

"trouver une autre approche

"pour satisfaire toutes les parties concernées…

"En évitant, s'il est toutefois possible,

"de torturer et d'assassiner une innocente de 19 ans.

"Pardonnez ce dérangement.

"Avec mes salutations distinguées.

"PS : Pourquoi toutes ces moustaches ?"

Tu en penses quoi ?

Catherine.

Ma fille.

Renversée par un chauffard ivre

à l'âge de 13 ans.

Ce n'est pas une blague.

Je veux que Juan Salvador soit le plus grand dans la pièce.

Les pingouins ne voient que les jambes des gens,

ils doivent tendre l'oreille. Faisons de même.

"Il y a dix-sept ans, tes mots

"Ressemblaient à un au revoir

"Et tout le monde te croit mort

"Mais pas moi

"Et moi, me raidissant Par cette froidure

"Je dis aussi au revoir À toutes ces choses

"Et tous peuvent voir Que je suis vieille

"Mais pas toi

"Et un beau jour Sur un chemin ensoleillé

"Un garçon et une fille S'embrasseront en jurant

"Qu'on n'aimera plus Jamais comme eux

"Et là-bas

"Tu auras souri

"Et j'aurai remis Tes cheveux en place"

Très bon cours.

- Au revoir. - Merci.

Au revoir, monsieur.

Au revoir.

S'il vous plaît ? Où est le poissonnier ?

Ils sont venus le prendre avant-hier soir.

"Et ces mots deviendront

"Comme le destin tonitruant De l'Oppression

"Retentissant En tout cœur et cervelle

"Encore, encore et encore

"Debout ! Tels des Lions qui s'éveillent

"En nombre invincible

"Que vos chaînes tombent Comme la rosée

"Qui dans votre sommeil S'est posée sur vous

"Vous êtes foule Et eux peu nombreux"

Ce ne sont pas que de belles paroles.

Shelley exprimait quelque chose de vrai.

Ici, Shelley veut dire qu'ils sont si nombreux

qu'on ne pourra pas les battre.

Il emploie l'adjectif "invincible"

pour insister sur le fait qu'on ne peut les vaincre.

"Vous êtes foule",

et…

Vous les savez nombreux.

Walter, qui est ce "vous" ? À qui Shelley

demande-t-il de se lever comme des lions éveillés ?

Tout le monde ?

Oui, tout le monde. Nous tous.

Shelley s'adresse au plus grand nombre.

Il a écrit ça pendant

des révoltes en Angleterre,

à cause de la famine.

L'argent servait à combattre,

pas à se nourrir.

Et donc, Ramiro, qui est "peu nombreux" ?

Les chefs.

Oui.

Shelley dit

que si nous nous soulevons tels des lions,

si nous nous unissons tous,

nous sommes…

invincibles.

Les guerriers de Shelley sont comme des lions.

Se soulevant, ils brisent leurs chaînes,

qui se sont posées sur eux.

- Anna. - Pardonnez-moi.

M. Buckle veut vous voir. Tout de suite.

D'accord. Tout de suite ?

S'il vous plaît.

Bien.

Ce ne sont pas seulement les mauvais résultats récents,

mais le contenu de vos cours devient,

disons,

de plus en plus douteux.

"Hamlet est un sot.

"Dickens est surcoté.

"Byron est une catin ?"

Mes opinions. C'est un pays libre.

Ah, j'oubliais que non.

Vous voulez que les garçons se soulèvent.

Je vois ici que vous comptez enseigner

Wilfred Owens plus tard ce trimestre.

Oui, Dulce et decorum est, un titre fort ironique.

Vous semblez volontairement

choisir des poèmes hostiles.

Écoutez, Michell,

je vous imaginais plus discret,

menant une vie tranquille.

Que vous est-il arrivé ?

Un pingouin.

Quoi ?

J'aurais dû vous le dire.

Grands dieux.

Et…

Il vit avec moi.

Quoi ?

Vous ne pouvez pas garder un pingouin à l'école.

Je ne crois pas avoir jamais lu ça.

Michell, faites-vous une dépression nerveuse ?

Je ne crois pas.

C'est de la folie.

Sans parler des problèmes d'hygiène.

Je lui ai acheté une bassine, il me suit en cours.

Les garçons l'apprécient.

Non.

Vous dépassez les bornes.

Soit vous partez, soit le pingouin part.

Donc si je pars, le pingouin peut rester ?

Je veux dire que le pingouin…

Soit vous…

Vous et le pingouin devez tous les deux partir.

"Entendez ma voix.

"Je suis vieille,

"il me reste peu de temps.

"Ma vie est derrière moi.

"J'ai aimé ma famille, ainsi que mon pays.

"Vous avez pris ma petite-fille, Sofía Alvarez.

"Ma belle petite-fille.

"Vous refusez que je la voie. J'ignore où elle est.

"Je vous en supplie, prenez-moi à sa place.

"Laissez-la vivre sa vie,

"et je la remplacerai en prison,

"où je pourrai mourir."

Pourquoi venez-vous, señor Tom ?

Pour vous souhaiter bonne chance.

DISPARUE SOFÍA ALVAREZ

Ma lettre ?

Vous l'avez modifiée ? Pour l'améliorer ?

Je n'ai rien modifié.

Votre lettre surpasse

ce que j'aurais pu écrire.

Ça ne changera rien.

Peut-être pas,

mais au moins vos mots seront lus.

Vous avez entendu ?

Le père de Mateo a été relâché.

Son entreprise a payé la rançon.

Même s'ils demandent pour Sofía,

on n'a pas d'argent.

María.

Elle a crié mon nom le jour où on l'a arrêtée.

Et je n'y suis pas allé.

Vous pouviez pas l'atteindre ?

J'aurais pu.

Ils vous auraient arrêté.

Mais je n'ai pas essayé.

Je n'ai rien fait, je le regrette.

Vous devriez y aller.

Dites-nous où ils sont.

Dites-nous où ils sont.

Papa, un pingouin !

Señor, j'adore votre pingouin. Son nom ?

Merci, il s'appelle Juan Salvador.

- Je peux le caresser ? - Bien sûr.

Il est à vous ?

Non, je m'en occupe pour une amie.

Elle allait l'adopter,

mais elle ne peut pas s'en occuper, là.

Dommage. Pourquoi ?

On ne sait pas où elle est.

Vous êtes anglais ?

Oui, j'enseigne l'anglais à St George.

On s'est rencontrés ?

Cette femme…

Une jeune femme charmante d'une bonne famille argentine.

Ils paient leurs impôts,

élèvent leurs enfants, leur famille.

Ce marché, c'est le dernier endroit où je l'ai vue.

Elle achetait des figues pour sa mamie,

quand…

Je pense que vous la connaissez.

Elle s'appelle Sofía Alvarez.

Bien sûr que vous la connaissez.

Vos hommes et vous l'avez enlevée

et fourrée dans le coffre d'une voiture,

n'est-ce pas ?

Je vous demande,

s'il vous plaît,

de la libérer.

Intéressant.

Pourquoi me parler de cette fille ?

Parce que, et c'est la vérité,

j'ai perdu ma fille il y a quelques années.

Dix-sept ans, pour être précis.

Un chauffard ivre.

On s'en fiche.

C'était une mort inutile.

Ma vie et celle de sa mère ont été gâchées,

et Sofía m'a fait penser à elle.

C'est pour ça que…

Je voudrais l'aider.

Et le pingouin ?

C'est un animal

de compagnie insolite.

Vous pensiez…

qu'en me racontant votre histoire triste,

avec votre pingouin…

j'allais tout arranger ?

Vous devriez vous éloigner.

Tout de suite.

Vous gâchez une vie.

Partez.

- D'accord. - Maintenant.

J'oubliais mon pingouin.

Merde.

Vous pouvez vous assurer

qu'il retourne à St George ?

- M. Thomas Michell. - Oui.

- On vous arrête. - Je vous suis.

Vous voilà ressuscité.

Que vous ont-ils fait ?

Vous verriez l'autre gars…

Vous l'avez tapé ?

Non, c'est une expression.

Il va bien.

Je pense qu'il s'est fait mal au poing en me frappant,

ça m'a fait plaisir.

Juan Salvador va bien ?

Il est rentré à l'école.

Et M. Timbuk sait qu'on vous a arrêté.

Il va aussi me tabasser ?

Asseyez-vous.

- De la glace ? - Là…

Vous avez de la chance

qu'on vous libère en 24 h.

Ce pays s'entredéchire

et on s'attend à ce que je règle tout.

Je prends des décisions difficiles.

C'est le travail.

Mais,

Michell vient d'arriver

et tout le monde l'adore.

En partie grâce à toi, bien sûr.

Mais tu vois,

la salle commune m'est hostile.

Chaque fois que j'y parais, on se tait.

J'essaie de donner le change.

"Comment allez-vous, mon vieux ?"

J'essaie de les faire rire.

"Vous connaissez ma femme, Timbuk Two ?"

Rien.

Je ne devrais pas me plaindre.

Il y a pire.

Bonjour.

Michell !

Qu'est-ce qui vous a pris, bon sang ?

Que vous est-il arrivé ?

Est-ce que ça va ?

Honnêtement,

je ne m'étais pas senti aussi bien depuis longtemps.

J'ai demandé au CA

d'évoquer la question

Sofía Alvarez auprès des autorités.

C'est pas vraiment une employée, comme je l'ai déjà dit,

mais j'ai avancé

qu'elle relève de la juridiction de l'école,

et que l'on pouvait faire une petite entorse.

Personnellement, je n'ai pas grand espoir,

mais ils ont accepté d'essayer.

C'est bien.

Pour ce qui est de renvoyer quelqu'un,

vous ou qui que ce soit,

tout bien réfléchi,

je pense qu'un changement serait…

perturbant pour les garçons.

Donc, tout bien considéré…

Eh bien…

C'est peut-être mieux que vous restiez.

Et le pingouin aussi.

Juan Salvador ?

Avec lui comme assistant, vous avez progressé.

Les résultats des garçons se sont améliorés.

Ils sont passés de désastreux à juste sous la moyenne.

Mais la courbe est ascendante.

J'en ai les larmes aux yeux.

Restez parmi nous, Michell.

Bien parlé.

Vous voyez ?

J'incline.

Pingouin !

Tandis qu'une autre année touche à sa fin,

saluons ceux qui se sont démarqués en 1976.

Commençons par le prix…

Première place, Jorge Calando.

Deuxième place, Álvaro Díaz.

Troisième place, Walter Jiménez,

de la classe de quatrième.

Ramiro López de la classe de quatrième

arrive en troisième place.

Le Prix annuel William Wordsworth

pour l'Excellence en Anglais, revient cette année à…

Diego Camelia !

Ça s'est plutôt bien passé.

On t'a demandé, tu manquais à tous.

On n'est pas derniers.

Ça fait longtemps

que la classe de quatrième n'était pas dernière.

On m'a aussi félicité.

Et c'est notamment grâce à toi.

Donc…

Tu mérites des sprats.

Tu as retrouvé l'appétit ?

Non.

Non.

Pourquoi tu as fait ça ?

Vous voulez de l'aide ?

Non.

Je veux le faire seul.

Les pingouins sont monogames.

Quand leur partenaire meurt, ils n'en prennent pas d'autre.

Ils s'isolent des autres pingouins

et meurent.

Si vous n'aviez pas ramené

Juan Salvador avec vous,

il serait mort de toute façon.

Le temps qu'il a passé avec nous,

il ne l'aurait pas vécu.

Merci.

Que peut-on dire de Juan Salvador ?

Il n'était pas grand,

60 cm environ.

Il ne parlait pas.

Il sentait assez mauvais.

Il chiait partout.

Mais l'amitié, la vraie,

consiste à voir

au-delà de ces choses triviales.

Car c'était mon ami.

Ça a dû être dur

pour Juan Salvador d'arriver ici.

Il a dû se dire : "Qui sont ces gens ?

"Ils ne me ressemblent pas, que fais-je ici ?

"Je veux rester seul.

"Je me fous de cette école

"avec ses airs supérieurs."

Mais il a dû finir par se dire :

"Ces gens ne sont pas si mal.

"Ils sont gentils.

"Je vais rester et voir si je peux me rendre utile.

"Je pourrai changer les choses.

"Surtout si j'ai accès à la piscine."

Et… C'est ça, le truc.

Parfois, dans la vie…

il faut mettre le pingouin dans la piscine.

Pas littéralement, bien sûr.

C'est une… Quelqu'un ?

Une métaphore, monsieur.

Exact.

Pas fameuse.

Il ne s'est peut-être pas dit tout cela.

La seule chose dont je suis sûr,

c'est que Juan Salvador est parti

et que je suis triste.

Mais heureux d'être triste.

Tom Michell a enseigné à St George

deux années de plus.

Des années après sa retraite,

en Cornouailles, sur la côte anglaise,

il a retrouvé une pellicule de film dans son grenier.

Il a écrit ses mémoires, "The Penguin Lessons",

après avoir redécouvert

ces images oubliées de Juan Salvador

nageant dans la piscine de St George.

Après le coup d'État de 1976,

la dictature militaire a duré sept ans.

30 000 personnes "disparues"

n'ont pas été retrouvées.

Les Mères de la place de Mai demeurent actives à ce jour.

Sous-titres traduits par : Maxime Le Guillou

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.