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Original subtitles

- C'est quoi ton problème? - Quel problème?

- T'es sur mon dos, t'es pesante.

J'ai des nouvelles des RH.

Ils pourraient peut-être avoir une place

pour moi pour donner des formations.

On va vendre la maison.

- Pen, on a fouillé la maison 3 fois. Il n'y a plus de danger.

- Je ne me sentirais plus jamais en sécurité ici!

- Ce gars-là se retrouve sur 5 scènes d'explosion.

- Vous allez me le trouver, me l'emballer avec du papier doré

et me le mettre dans une cellule!

- Ta mère pense que le gars qui place des bombes

et qui a tué Norm, c'est elle qu'il vise.

- On pense avoir trouvé Matriochka.

C'est qui?

- On a reçu ça des crimes majeurs.

Apparemment, il était là à un moment ou à un autre

sur tous les sites ou Matriochka a frappé.

Ils veulent savoir si sa face nous dit quelque chose.

- Mais c'est flou. - Ouais.

Ca me dit rien.

- Je peux-tu en garder une pour montrer à Pénélope?

Ouais.

Et j'aimerais ça que tu fasses sortir les vidéos

de nos caméras corporelles.

On va les regarder.

On va peut-être voir sa face.

Sam, t'es en charge de la shop aujourd'hui.

Je vais être au QG toute la journée.

Et Jake, écoute, si tu veux être avec Pénélope et ton fils,

on comprendrait tout.

Ma place est ici.

- OK. Comme tu veux. Mais reste frosty.

- Je rencontre le ministre et le sous-ministre dans une heure.

Je veux avoir votre évaluation. Pas de bullshit.

Oui ou non, on va être capables d'arrêter Matriochka bientôt.

(soupir)

Baron, vous êtes vraiment positif que c'est lui, là?

- On a une confirmation de sa présence

sur 7 sites d'explosion.

- Oui, mais ça pourrait être n'importe qui.

Augustin, vous avez pas quelqu'un de votre équipe

qui est capable de compenser le flou?

- Oui, on travaille là-dessus, monsieur.

- Et on va passer les sites au peigne fin à nouveau,

essayer de trouver des nouvelles images,

puis on va raviver la mémoire des rares témoins, si on peut.

- On a plusieurs autres pistes à évaluer.

- Avant que je demande l'autorisation d'embarquer

les médias là-dedans, ce que j'ai de besoin,

c'est une forme de garantie.

- On travaille pas avec des garanties,

monsieur, on travaille avec des probabilités.

Je dirais à 70% que c'est lui.

60.

Je me prononcerai pas.

- Osti, donnez-moi de la patience!

Est-ce qu'il y a quelqu'un

qui est capable de me donner quelque chose de solide?

- On devrait demander ce qu'en pense la sergente Valiquette.

- Non, sa job, c'est les bombes, pas les enquêtes,

puis encore moins les photos.

5%.

- 10, si vous voulez vous garder une marge de manoeuvre.

Mais c'est pas lui.

A ce jour, toutes les actions de Matriochka

ont été méticuleuses, planifiées.

Je veux dire, il ferait rien d'aussi simpliste

que de se laisser capter par des caméras de sécurité

à plusieurs reprises, à moins que ça le serve.

Le gars est flou sur les photos

parce qu'il sait qu'il va l'être.

C'est calculé, mais c'est pas Matriochka.

- Les crottés finissent toujours par faire des erreurs,

c'est pour ça qu'on les pogne.

- Lui, à date, toutes les erreurs qu'il a faites,

c'est des erreurs qu'il a voulu faire.

Le gars sur les photos, c'est un complice, un livreur,

une marionnette.

Une diversion volontaire.

Il y a personne d'assez intelligent pour faire ça.

- Etes-vous prêt à parier votre vie là-dessus?

Sergente!

- Ca va? - Oui, monsieur.

- D'après vous, c'est quoi, le prochain move de Matriochka?

C'est difficile à dire.

Il a tué Normand Munger.

Il a essayé de tuer un de vos collègues et sa famille.

Il a essayé de vous tuer.

D'après vous, est-ce qu'il est

plus fort que vous et vos collègues?

- Oui, monsieur. - Bullshit.

Vous êtes plus forte que lui.

Trouvez-le, arrêtez-le.

On se comprend?

- Oui, monsieur. - OK.

Dites-moi donc, votre interrogatoire hors cour

pour la famille Munger, c'est aujourd'hui?

- Oui, c'est là que je m'en vais, là.

- Répondez franchement aux questions.

Faites-vous-en pas pour notre image.

Il y aura pas de conséquences pour vous.

Je vous le promets.

Merci, monsieur.

Jake, comment va ta femme?

- Elle est chez sa mère avec le petit.

Choc nerveux, je pense.

On va vendre la maison.

Pensez-vous que "résidus d'explosifs",

c'est une déclaration obligatoire à l'acheteur?

- Garanti que tu vas avoir de la misère à vendre.

Mais si t'es sérieux, je suis peut-être intéressé.

Osti, franchement!

Quoi?

Je voulais te dire merci.

J'aurais pas réalisé à temps.

Moi ou Pen, on aurait fait le ménage,

on aurait marché sur la carpette,

ça aurait frotté, puis...

C'est la job.

- Elle dit ça, mais elle avait tellement la chienne

qu'on l'entendait "shaker" à la radio.

J'ai demandé un transfert.

- Quoi? - Votre question est biaisée.

Vous voulez faire dire à la sergente Valiquette

que le sergent Munger est exposé

à un risque disproportionné ce matin-là.

- Moi, je pense que son décès en est la preuve.

Allons au vif du sujet.

Etiez-vous en relation amoureuse avec le sergent Munger?

Sa famille le prétend.

- C'est pas dans le scope de la poursuite.

- Votre relation a distrait le sergent Munger.

Il était pas concentré ce matin-là à cause de vous.

Sergente Valiquette?

Mais j'attends la question.

- Oui ou non, c'est le sergent Munger

qui aurait dû porter la combinaison protectrice?

- J'ai un mauvais feeling. Je vais mettre l'habit.

Toi et tes feelings.

Laisse faire, je vais le mettre

au cas ou il faudrait que tu retournes voir le directeur.

C'est ce que la bande audio confirme.

- Vous dites ça comme si vous vous en souveniez pas?

C'est quoi, la question?

- Pourquoi le sergent Munger portait pas la combinaison?

- C'est chiant à mettre, c'est encore plus chiant à porter.

Je voulais me faire pardonner

pour une altercation qu'on avait eue.

Une niaiserie.

- Même avec la combinaison, il aurait pas survécu. Exact?

- Normand était de dos à la charge,

puis les habits de la veuve ont du kevlar renforcé à l'avant.

Dans le dos, la protection sert juste à nous protéger

si on est projetés contre une surface dure.

Pourquoi?

Parce qu'habituellement,

on est face à la bombe quand ça saute.

- Les habits de la veuve, ça vient d'ou ce surnom-là?

- Apparemment, ça a été inventé par une veuve de démineur

à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

- Sergente, est-ce que, selon votre opinion experte,

la mort du sergent Munger aurait pu être évitée?

Non.

Mais c'est moi qui aurais dû mourir à sa place.

Si j'avais pas insisté pour remettre l'habit,

c'est à lui que vous poseriez les questions aujourd'hui.

Tu vas partir?

C'était la goutte de trop.

Je l'avais promis à Pen, puis apparemment

qu'il y aurait un poste pour moi à la formation.

- OK, Jake, tu peux pas partir maintenant.

On a besoin de toi, là.

- Tu fais bien. Si je pouvais, je ferais pareil.

- Oui, dans ton cas, on ferait un osti de party.

- Hé, apprends à insulter le monde.

"Va chier, t'es laid, mange de la marde",

fais-toi une liste, sinon, tu survivras pas ici.

- Tu vaux même pas la peine que je me force, là, Jake.

OK, là, tu décides sur un coup de tête, là.

Pense à ton affaire.

Hé, tu me diras pas

ce que je dois faire ou pas faire pour ma famille, OK?

J'ai failli tout perdre.

Tout.

Je savais que je serais le premier à quitter.

C'est ça, la job, pour que d'autres ne meurent pas.

Mais là, j'ai failli perdre ma femme et mon fils.

Et ils m'auraient laissé derrière.

Tout seul.

Et ça...

je suis pas prêt à vivre ça.

- Valiquette est-elle au courant?

Non, pas encore.

- Ouh! Je veux être là quand tu vas lui dire.

- Un jour, elle va perdre patience

et tu vas manger une en sacrement, mon chum.

Si elle a pas le sens

de l'humour, elle est pas faite pour la job.

Sérieux, tu vas vendre ta maison?

Me fais-tu un prix?

Il y a des vices cachés.

(soupir)

- Avez-vous d'autres questions?

Juste une ou deux.

D'après votre dossier, vous avez reçu 2 croix de bravoure.

Oui.

- La deuxième, c'était pour l'explosion à la polyvalente.

Parce que vous avez survécu?

- Hé! Un peu de respect, quand même.

Oui.

- La première, c'était dans quelles circonstances?

Un accident de la route.

Une voiture qui était tombée dans l'eau.

Dans une rivière, en fait.

Et je suis venue en aide à une mère et sa fille.

Vous étiez là parce que...?

Par hasard.

Vous étiez seule?

- C'est quoi le lien avec la mort de Normand Munger?

- Je veux établir s'il y a un lien comportemental.

J'étais avec mon fils.

- Ca, c'était il y a... quatre... non, 5 ans.

Hum?

Exact.

Votre fils venait tout juste

d'être admis à l'école de police, c'est ça?

Exact.

- Vous avez sauvé une mère et sa fille.

Sauver, c'est un grand mot.

Oui ou non?

Oui.

- Au même moment ou votre propre fils était aussi en danger?

Il était tombé par mégarde

dans la rivière en voulant vous assister.

Oui.

Vous avez sauvé 2 étrangers.

C'est seulement par la suite

que vous êtes venue en aide à votre fils?

- Oui. - Votre fils s'est presque noyé.

Un arrêt cardiaque un peu trop long.

Est-ce qu'il a été difficile à réanimer?

Il a gardé des séquelles?

Oui.

Si c'était à refaire?

Réponds pas à ça.

- Qui feriez-vous passer en premier?

Les étrangers ou votre fils,

sachant ce que vous savez maintenant?

Mon fils.

Question 31.

(raclement de gorge)

Un papier détecteur PDF1 passe du jaune à l'orangé.

Ca veut dire quoi?

- Présence d'un agent neurotoxique.

OK. C'est quoi, les symptômes?

- Troubles de vision, paralysie des muscles moteurs,

paralysie pulmonaire, mort en moins de 30 secondes

à part si on injecte de l'atropine.

Hé, tes meetings?

- C'est quoi, la différence entre un avocat et son client?

L'avocat, lui, dort la nuit. Le client, lui, il dort pas.

Je vais aller me changer.

Mais qu'est-ce que vous faites, vous autres?

- On teste les connaissances de Bachira sur le CBRN?

- Veux-tu t'essayer? - Envoye donc.

Question 35.

Vous êtes en assistance à un raid sur un labo clandestin

de production de méthamphétamines.

Quelle méthode de fabrication?

Disons au phosphore rouge.

Quels sont les risques à gérer?

- Dangereux quand tu passes les 2 parties par million.

Dangers associés: oxydants, toxines, vapeur corrosive,

production de gaz phosphine.

Chapeau!

(sirène au loin)

Qu'est-ce qu'il y a, là?

(fermeture de porte)

C'est quoi, ton problème, aujourd'hui?

T'es insulté parce que je t'ai fait un compliment?

Osti! Tu commences sérieusement à me pomper de l'air, Sam.

Et ton attitude affecte toute l'équipe.

- Mais parles-en, au reste de l'équipe.

S'ils sont honnêtes, ils vont te le dire: c'est toi le problème.

D'après moi, t'es PTSD, sur les pilules bien raide,

t'es addict à l'adrénaline.

Et pire que tout, t'es fucking "jinxée".

- As-tu fini?

Parce que je vais te le dire, Sam, toi, avec, t'es addict.

T'es addict au son de ta voix et à ton ego, et à ton sexisme.

- J'ai pas de problème à recevoir des ordres d'une femme,

juste pas capable de les prendre de toi.

- C'est pas que je sois ta boss qui te tue.

C'est que je sois meilleure que toi.

Tu l'es pas. Et fuck you!

- Redis-moi donc ça, 2 secondes?

Fuck you, sergent.

Et tiens, tes ostis de dossiers! Crisse de perte de temps.

- T'es suspendu avec solde jusqu'à nouvel ordre.

- T'as pas le pouvoir de me suspendre.

- Ah oui? Regarde-moi bien aller.

Ramasse tes cossins et fais de l'air.

(ouverture de porte)

(démarrage de moteur, fermeture de porte)

(crissement de pneus)

- Qu'est-ce qui se passe?

C'était lui ou c'était moi.

Y a-t-il quelqu'un d'autre

qui veut diriger l'équipe à ma place?

(tonalités de composition)

(sonnerie de téléphone)

Capitaine, c'est Valiquette.

Juste que vous soyez au courant,

je viens de suspendre Samuel Marchal.

Pour quels motifs?

- Insubordination, langage injurieux

envers un supérieur hiérarchique,

entrave à la cohésion de l'équipe

et ostique, mauvaise haleine, air bête

et idiotie héréditaire, un coup parti.

Faites votre choix.

- Tu lui as donné une suspension de combien de temps?

Jusqu'à nouvel ordre.

- Tu veux que je te "backe"? - Oui.

- Bon, on ne peut plus rien changer maintenant.

J'aurais aimé ça que tu m'en parles avant.

Là, organise-toi pour que sa suspension

dure une semaine, pas plus.

L'avocat du service vient de m'appeler.

Tu nous as pas aidés en avouant ta relation avec Normand.

En disant que c'est lui qui aurait dû

porter l'habit de la veuve, pas toi.

Dans notre job, il y a des affaires qui se font pas.

Et quand elles se font, on dit rien.

Et si quelqu'un parle, on nie tout.

Là, tu viens de te mettre une belle grosse cible dans le dos.

Les boss vont t'en vouloir.

- Oui, mais le DG vient de me dire, pas plus tard qu'à matin,

de pas me censurer.

Tu t'attendais à quoi?

A ce qu'il te dise le contraire pour qu'il te donne

une poignée sur lui pour l'incriminer?

On n'est pas dans un beau commercial de vente de piscines,

Véronique, avec la belle eau bleue

et des gars en maillot de bain trop serré

qui flottent sur l'eau en buvant leur drink.

Non, là, on est dans la vraie vie.

On achète le chlore au gallon parce qu'il y a des gens

qui pissent dans l'eau quand on regarde pas.

- Me comprends-tu? - Oui, mon capitaine.

- Une semaine top de suspension pour Sam, Véronique.

Puis après ça, vous faites la paix,

et je veux plus jamais entendre parler de vos petites chicanes.

- Sauf votre respect, ça prend vraiment juste une officier

pour qualifier de chicane du harcèlement sexuel aggravé.

- Qu'est-ce que tu penses, Véronique, hein?

Que t'es la seule à avoir subi ça dans le service?

Que t'es la dernière

à avoir trouvé le courage de porter plainte?

Grow up! C'est de l'histoire ancienne.

Sam a payé pour.

Et commence à éplucher les demandes d'embauche

pour ceux qui ambitionnent de travailler au PTE

parce que Jacob Marcelin vient de demander son transfert.

Jake?

- T'as vraiment été roffe avec Sam?

- Il m'a cherchée, il m'a trouvée.

Ecoute, Véro...

Non, non, Véro,

c'est en dehors des heures et en dehors de la job.

Ici-dedans et downrange, c'est sergente Valiquette.

C'est fini de mélanger les genres.

On est tes amis.

- Non, non. Sam, c'est tout sauf un ami.

ET toi, je sais que tu veux partir de l'équipe.

Toi, quand est-ce que t'étais

pour me dire que t'avais beaucoup d'argent?

De quoi tu parles?

- Bien, les 50 000$ que t'as transférés à ton père?

- C'est l'argent de mon indemnité de départ des Forces.

C'est pour de l'équipement de cuisine pour son resto.

Et il me semble que c'est pas des affaires du service.

C'est ça que vous appelez m'apprendre

tout ce que vous savez, sergente?

Bravo, sergente.

Vous devriez donner un cours sur comment se faire des amis.

- Il va falloir que je me trouve des nouveaux PTE.

Aussi bien m'habituer à ne plus en avoir, des amis.

(fermeture de porte)

T'as couru après.

- J'ai couru après rien pantoute.

- Hé, je sais que t'aimes ça, peser sur ses boutons.

Toi, t'aurais fait ça du temps que j'étais ton sergent, là,

ça aurait été 6 mois de suspension

et mon poing dans le face en dehors des heures.

- Ouais, et moi, je t'aurais couché sur le dos.

Ah ouais? Ha!

Fait que là, je fais quoi?

C'est bien toi, ça.

Tu te mets dans la marde

et après, tu te demandes comment tu vas t'en sortir.

Qu'est-ce que tu penses?

T'attends.

Jake s'est fait transférer, tu dis?

Ouais.

Bon.

Les boss voudront pas contredire Véro officiellement,

mais ils vont lui mettre de la pression.

Si Jake s'en va et que toi t'es suspendu, ils vont...

Non, elles vont être juste deux, là.

Les boss voudront jamais demander l'aide de la GRC

ni de la Police de Montréal.

Ils sont bien trop orgueilleux pour ça.

Et on va se faire dire de te réintégrer

fait que prends ton mal en patience.

Elle va te dire de revenir, ce sera pas long.

Tu feras semblant que t'as appris ta leçon

et apprends à fermer ta grande gueule

avant de te mettre un pied dedans.

- Je pensais que c'était ta petite protégée.

Pourquoi tu joues au coach avec moi?

Vieux réflexe.

J'ai rien de mieux à faire, faut croire.

(petit rire)

- Est-ce qu'on peut se parler?

Tout est dit.

- J'aimerais juste ça, t'expliquer mes raisons.

- T'as demandé ton transfert dans mon dos.

Tu sais quoi? Je les comprends, tes raisons.

Je pensais juste qu'on était assez proches

pour que tu puisses me dire ce genre d'affaires là.

Mais dans le fond, le capitaine a raison.

Je suis ta sergente, je suis pas ton amie.

Fait que d'ici à ce que tu partes,

je vais te demander d'être juste assez honnête

pour me dire si t'es pas assez concentré pour faire la job.

Et à partir de maintenant,

tu ne porteras plus l'habit de la veuve. OK?

Je voudrais pas que tu vives ta dernière seconde

avant de commencer une nouvelle job.

Je me le pardonnerai pas.

- Ecoute, Véro, prends-le pas comme ça.

Ce sera tout.

T'as une job, fais-la.

- Voilà. Donc, la prochaine conférence de presse

sera seulement quand on aura plus d'éléments à vous amener.

Pour l'instant, c'est tout ce qu'on a.

(paroles entremêlées)

Merci!

(soupir)

Pas évident.

- J'ai pas besoin de votre compréhension, Casgrain,

j'ai besoin de résultats.

Donnez-moi-z-en avant la fin de la semaine,

sinon, je vais trouver un autre inspecteur

pour prendre l'enquête de Matriochka.

(soupir)

- Donc les médias sont au courant.

- Ouais, tu vas voir, dans 10 minutes,

ça va être Matriochka qui a lancé

la bombe atomique sur Hiroshima.

En 15 minutes, la course au profil psychologique,

et dans 20 minutes, les complots.

Le 911 va être enseveli

de signalements et de fausses alertes.

- Oui. Mais c'est ça que tu voulais.

C'est le prêt à payer pour avoir

la collaboration du grand public.

Mais ce qui est positif, c'est que ça va motiver

ceux qui ont plié et payé Matriochka

à participer à ton meeting.

- C'est quand, ça, d'ailleurs? - Dans 3 jours.

C'est comme essayer de dresser une meute de hyènes,

tous avec des agendas, bien de l'argent, bien du pouvoir,

qui disent "fuck you" sans mettre de gants blancs.

Je vais aller voir dans le champ de Matriochka à soir

d'un coup que les PTE auraient manqué quelque chose.

Ca te tente?

- Ah, non, je peux pas. C'est la fête de mon ex.

Mais si je suis pas rentré lundi matin,

va excaver le fond de la cour, les plates-bandes,

je suis sûr que c'est là qu'elle va enterrer mon corps.

(soupir)

- Est-elle défâchée?

- Je suggère d'attendre encore un peu.

(sirène au loin)

Tu vas trouver la vie plate.

- J'ai fait passer la police avant Pénélope pendant 7 ans.

Il est temps que je fasse ma part, OK?

C'est pas ce que tu penses.

J'ai rien dit.

Tu l'as dit avec tes yeux.

Bon, qu'est-ce qu'on fait pour Sam et Véro?

Ca va mal finir, cette affaire-là, non?

On se tient loin.

Véro, c'est une bonne sergente, peu importe ce que Sam dit,

mais elle ne voit plus clair.

OK. T'as raison.

On va laisser la capitaine gérer ça.

(stridulations, pépiements des oiseaux)

Il est ou, le piquet?

(croassement d'une corneille)

7-7-6-4-3 à CSO.

- CSO à l'écoute, 7-7-6-4-3.

Je suis au site sécurisé 21.

Tout est désert, pas de patrouilleur de faction.

- Un instant, monsieur, je vérifie.

Monsieur, le patrouilleur de garde

a dû être dépêché ailleurs sur un appel priorité 2.

Il devrait être revenu en poste d'ici quelques heures.

Ah, bien, c'est super, ça!

OK, merci! Out.

Shit...

Je t'avais dit

que ça prendrait juste 3, 4 minutes à cuire.

- Oui, mais je voulais être sûr que les crevettes

étaient vraiment bien cuites.

- Ah bien, il y a "cuites" et "en caoutchouc".

(rires)

- Un refill? - Non merci.

- Ta soeur est pas venue? - Ca fait suer.

Elle devait apporter le dessert.

- Oui, mais elle va arriver quand elle va arriver.

Ca fait longtemps que j'ai appris

qu'elle et la gestion du temps, c'est deux.

Mais les cadeaux qui sont là, c'est pour moi, ça?

- Hé, Louis, tu sais qu'à notre mariage,

Véro a brassé tous les cadeaux pour essayer de deviner

ce qu'il y avait à l'intérieur?

- T'exagères! - Oui, oui!

OK, mais qu'est-ce qui est arrivé aux coupes en cristal?

- C'était mal emballé! - Cassées!

(rire)

Non, elles étaient pas mal emballées.

Fuck...

(bip)

- Bonne fête. - Merci!

Tiens, une petite carte!

Hum!

(rire)

- Je peux le brasser? - Un peu, oui.

(rires)

Bon!

Regarde, tu la vois, là?

Non, je devine pas.

Il est de qui, celui-là?

- Je sais pas, il y a pas de carte.

Freeze!

Touche à rien.

Hé!

Qu'est-ce que tu veux?

Fais-moi face, osti de lâche!

(halètement)

Shit...

AU SECOURS!

AU SECOURS!

Shit...

(pépiements des oiseaux)

AU SECOURS!

AU SECOURS!

- Sors-le dehors! - Véro, on sort tous.

Appelle le CSO.

- OK. - Coach, va avertir les voisins.

- C'est petit comme paquet, ça, c'est quoi? 100 m?

- Ouvre la porte pour orienter le blast.

- Let's go, on fait comme elle dit.

Eric...

Non, c'est correct, OK?

- C'est soit un timer, soit une switch au mercure.

- Véro... - DEHORS!

Véro...

- Viens-t'en.

Ca va aller, OK?

(fermeture de porte)

- Allô? - Julie? Recule!

- Voyons, qu'est-ce qui se passe?

Mais... Mais c'est mon cadeau!

Hein?

- On pensait que c'était un colis piégé.

Hein?

Mais là, je l'ai laissé ici

cet après-midi en venant porter le vin.

- Une petite carte, ça t'aurait pas tenté?

Mais à quoi t'as pensé?

Je m'excuse, Véro.

J'avais pas de carte.

Je pensais être ici à temps.

J'ai eu un accrochage

avec l'auto en partant de la pâtisserie.

- Tu m'as fait prendre 3 ans d'un coup.

Ah, je m'excuse!

AU SECOURS!

Je veux pas mourir ici, osti!

AU SECOURS!

IL Y A QUELQU'UN?

AU SECOURS!

- (Homme): Allô?

Je suis ici, le cave! Au sol!

(bip)

Oh!

Envoye!

Icit!

- Qu'est-ce que vous faites là?

A peu près temps, cibole!

Appelle le CSO, demande à parler au PTE de garde.

- Le quoi? - Le technicien en explosif.

T'étais ou? T'étais pas là quand je suis arrivé.

- Il a fallu que je réponde à un call.

Une fausse alerte, 2 fois en soirs.

Que faites-vous dans la terre?

- Je me suis fait droguer et enterrer,

et je pense que j'ai une bombe au cou.

Appelle calvince!

- Je pogne pas de signal. Il faut que je retourne au char.

Fuck!

- Mom, mom, calme-toi, ça va bien aller, tout va bien aller.

Papa est pas en danger.

Attends. Mom, 2 secondes, j'ai un autre appel.

Techniciens en explosifs. Al-Sayid.

- Tout ce qui me traversait l'esprit, là...

c'était que je vous perdais tout d'un coup.

(soupir)

S'il arrivait quelque chose à Guillaume, là...

- Ah, non, non, moi non plus je peux juste pas aller là.

Hum, hum.

Pendant 5 secondes, j'ai perdu tous mes moyens.

Je ne savais plus, j'étais pas capable de penser.

- T'es sérieuse? Pour vrai, ça paraissait pas du tout.

- Mais oui, ça paraissait. - Non.

Moi, je le savais.

J'étais au-dessus de moi, et je me voyais...

C'est comme si mon corps ne m'appartenait plus.

Hé, ça va.

Je suis usée, Eric.

Je n'ai plus rien à donner.

Tu sais quoi?

T'es pas un robot, ma belle.

C'est quand, la dernière fois que t'as pleuré?

Peut-être que ça te ferait du bien.

- Je pleure à tous les matins avant d'aller à la job.

"Ma belle", la dernière fois que tu m'as appelée de même,

c'est la dernière fois qu'on a...

Ah ouais?

- Hum, hum. - Hum.

- Tu penses qu'ils vont finir au lit?

- Mais non, Guigui. - Bien quoi?

Je connais mon père.

Je les comprendrai jamais.

Il y a rien à comprendre.

On s'aime ou on s'aime pas.

- Depuis quand faut aimer pour baiser?

- Est-il conscient? - Mais oui. Il est là.

Il vous attend.

- Inspecteur-chef. - Enfin!

T'es toute seule?

Elle est ou, ta boss? Ils sont ou, les autres?

On se tait 2 minutes.

- Pourquoi t'as pas voulu qu'on me déterre?

Enlève-moi cette saloperie-là du cou!

- C'est une bombe, c'est ça? - On se tait.

Bull, cherche.

Cherche.

Good job.

Vous vous rappelez de quoi?

Je suis venu ici pour essayer

de trouver quelque chose à quoi j'ai pas pensé.

J'ai senti comme une piqûre,

je me suis réveillé avec ça autour du cou, bien enterré.

- OK. On va être ici pour un petit bout.

Je vais avoir besoin de mes outils,

ils sont dans la voiture.

- Dis-moi que c'est une fausse bombe.

Je vous mentirais. Je reviens.

Appelle ta boss!

Elle arriverait pas à temps.

Viens.

Tu reviens, hein?

Je te parle, réponds-moi!

- Pour vrai, ça avance super bien.

Je veux dire, on a les photos, tes évaluations

des témoins qu'on va réunir.

On est dans la bonne direction.

Oui.

Matante Julie fait dire bye.

Ah oui, elle est déjà partie?

- Je pense qu'elle était mal à l'aise.

- Moi, je vais aller me coucher. - OK.

- Bonne nuit! - Bonne nuit!

(stridulations)

Ouais, euh...

Viens.

C'est un droitier.

Il a une personnalité organisée.

Il a des connaissances en chimie et en physique.

Il est solitaire.

Il est orienté vers l'atteinte d'objectifs.

Il se perçoit comme supérieur.

Il est innovateur aussi.

Il fabrique lui-même ses propres explosifs.

Il utilise un intermédiaire pour placer certaines de ses bombes.

Il se fait payer en crypto qu'il blanchit après, comme tu dis,

pour être capable de disparaître de même, quand il veux.

- OK, mais ça, c'est toutes des infos

qui étaient déjà dans le profil de suspect que t'as fait.

- Et parlons-en de mon profil, Eric.

Je me suis fourrée depuis le début.

Moi, je pensais que Matriochka essayait de brouiller les pistes

en utilisant jamais les mêmes explosifs,

jamais les mêmes pièces, jamais les mêmes mécanismes.

Je pensais que c'était ça, sa signature, mais...

je me suis trompée.

Je pense qu'ils sont deux.

Un droitier, un gaucher.

Un qui conçoit, un qui fabrique, un qui pense,

un qui agit, un qui est motivé par la vengeance,

puis un qui est motivé par l'ego.

- On est chanceux qu'il pleuve pas.

Pardon?

On s'en crisse, s'il pleut ou pas, qu'est-ce que tu fais?

- Une radiographie de vos plombages.

Votre rançon pour Matriochka, vous l'avez payée comment,

avec de l'argent de Monopoly?

- J'ai pas été rançonné, je suis tombé dans un piège.

C'était une blague.

Est-ce que vous sentez vos pieds?

Oui.

- Est-ce que vous sentez quelque chose en dessous de vos pieds,

comme une surface dure?

(stridulations)

OK, vous venez de me donner ma réponse.

On n'a pas une horloge, on en a peut-être deux.

Et j'ai pas mon habit de la veuve. Yé...

Je m'ennuie du Kurdistan.

Tu penses qu'ils sont deux,

OK, mais qu'est-ce qui te fait dire ça, concrètement?

Viens ici. Checke ça ici.

La soudure part de la gauche vers la droite.

Mais il y a certaines composantes des bombes

qui suivent un pattern d'assemblage

qui va de la droite vers la gauche.

Et le choix des explosifs, tout le temps deux.

Il y a des composés des bombes dont plus personne ne se sert

parce qu'il y a vraiment plus performant sur le marché.

Et t'as les ultra high-tech qui font triper les amateurs.

Plus gros boum, plus spectaculaire.

C'est pour ça que je pense qu'il y a un dominant

et il y a un dominé.

Et je pense que vous avez raison.

Il y en a au moins un des deux qui est PDE.

Hum...

Au moins un des deux.

Merde...

- Ouais. C'est ça qui me fait peur, Eric, là.

Je veux dire, je peux essayer de penser comme lui,

je peux essayer d'anticiper son prochain move,

son prochain piège,

je peux essayer d'être plus forte que lui,

mais comment je fais s'ils sont deux?

Comment je fais pour protéger mon équipe, moi, rendue là?

J'ai peur, Eric.

Et la peur, c'est contagieux.

- Non, ta drive, ton courage, ça, c'est contagieux.

- A quelque part là-dedans, il y a un indice.

Il y a une erreur.

Il y a un moment d'inattention d'un des deux,

mais je sais pas lequel.

C'est quand, la dernière fois

que t'as dormi une nuit complète, toi?

Je sais pas.

- Pourquoi c'est pas ta boss qui est icit?

- Je te l'ai dit tantôt, si je l'avais appelée,

elle m'aurait dit d'attendre.

Elle serait en train d'arriver maintenant,

et rien de tout ce que j'ai fait aurait été fait.

Est-ce que vous me faites confiance?

(vrombissement d'outil)

Non.

Mais c'est super.

Une chance qu'ils nous enseignent

à être sympathiques avec les victimes.

OK, là, arrêtez de vous tortiller,

vous allez me faire faire un faux mouvement.

Faudrait pas perdre la tête.

Elle est drôle, hein?

(vrombissement d'outil)

(bips réguliers de la bombe)

- Comment tu sais qu'elle est coupée?

C'est le blanc.

- Coupe-le, le blanc.

(long bip de la machine)

- Qu'est-ce que tu fais?

- Faut que je me "grounde" avant.

Vous avez des beaux yeux.

(bip)

(soupir)

(bip de la bombe)

Ca, c'est normal. J'espère.

(stridulations)

(soupir)

C'est quoi, ton message?

- Il est là. On y est presque.

- Dépêche, je pense que je vais me pisser dessus.

Tant que c'est pas sur moi.

Je pense que j'ai mis assez de terre,

mais... mais je suis pas sûre.

Je vais embarquer sur la plaque avec vous

et je vais vous demander de lever un pied,

de le mettre dans mes mains.

Je vais vous soulever, et vous pousser vers le haut,

puis vers l'arrière, OK?

Une fois que vous êtes à l'extérieur du trou,

vous roulez vers l'arrière.

La façon dont j'ai creusé, si ça saute,

ça... ça devrait être vers moi, OK?

Si une de vos jambes est sectionnée,

vous vous faites un garrot.

- OK? - Merci!

Si vous voulez me remercier,

vous dites à personne que je suis morte... morte de peur.

Inch'Allah.

Un, deux, trois...

(effort)

Passez-moi les autres sacs!

- Ta théorie qu'ils sont deux, moi, je suis pas sûr.

Bien, moi, je pense savoir

qui est le moins expérimenté des deux.

OK.

- Bachira Al-Sayid.

J'ai repassé tous les événements dans ma tête,

j'ai regardé tous les éléments qu'on avait au dossier.

Elle fitte le profil, elle fitte le savoir,

elle fitte les opportunités.

- Tu réalises ce que ça veut dire, ça, si c'est vrai?

Les conséquences pour toi, pour le service, pour la profession?

Oui, je sais.

C'est quoi, ça?

- J'ai eu à retourner au champ hier soir avec Bull.

On a trouvé ça.

Un collier explosif?

- Hum-hum.

Ingénieux.

T'as trouvé ça ou, exactement, dans le champ?

- Autour du cou d'un inspecteur-chef.

Quoi?

C'est pas important.

(petit rire)

- Tu m'expliqueras quand tu m'expliqueras.

Je peux t'aider?

- Ouais. Mets des gants, on cherche des empreintes.

- Je me demande pourquoi elle m'en voudrait tant que ça.

- Mais es-tu sûre que c'est à toi qu'elle en veut?

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Que des fois, ça a l'air d'être personnel,

mais que ça l'est pas.

On sait jamais ce qu'il y a dans le coeur des gens.

- Encore moins quand le coeur est tordu.

Tu fais quoi, là?

Bien, je vais la surveiller.

Je vais essayer de chercher c'est qui, son coach à elle.

- Tu vas mettre ton ex dans le coup?

- Non, non, pas tout de suite. Mais bientôt.

Checke.

(fermeture de porte)

Sarge!

C'est quoi, ça?

Du nouveau stock trouvé

dans le champ de pratique de Matriochka.

Jake a trouvé une empreinte.

- Vous me demandez si j'étais en plein contrôle de la situation

ou si mes collègues du bomb squad vont me blâmer?

Vous êtes vraiment en train de chercher

quelqu'un à pousser devant l'autobus, c'est ça, là?

On n'a même pas fini de ramasser les morceaux de son corps!

Sergente.

- Vous, là, quand vous aurez mis l'habit de la veuve sur une job,

vous pourrez me dire de me calmer, pas avant.

Sous-titrage: MELS

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