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1 Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York,
les inspecteurs spécialisés enquêtant sur ces crimes vicieux
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité Spéciale pour les Victimes.
Ces histoires sont les leurs.
Deuxième mois consécutif de nuits.
Ma femme va me quitter, c'est sûr.
Prends-lui des piles neuves, mec. Elle tiendra le coup.
Des piles ?
Oui, pour le petit appareil sous son oreiller.
Plus grand et meilleur que toi.
C'est bon, Kurtz, je te charrie.
Hé, attends.
Regarde.
- Police ! - Ne bouge pas !
- Que fais-tu ici ? - Rien d'illégal.
Tu creuses dans un terrain vague en pleine nuit.
Il nous faut une pièce d'identité et une bonne explication
ou on t'embarque.
- Vous m'accusez de quoi ? - Tu connais le refrain.
Prends la pose !
Tu as quelque chose sur toi ?
J'ai pas trop mal.
Ça va venir.
Merci d'être venue.
Je savais pas qui d'autre appeler.
Et Fin ?
Mon père n'est pas une option.
Tu es accusé d'ivresse et de comportement perturbateur,
résistance à l'arrestation, et agression d'un agent de police.
- C'est un délit, Ken ! - Ils mentent.
Ils mentent ? Ils disent que tu les as agressés avec une pelle.
Un flic m'a plaqué contre une clôture.
Il a perdu l'équilibre et est tombé. Son collègue a cru que je l'avais poussé.
Ensuite, ils m'ont frappé avec…
une lampe torche et je…
Je n'étais pas ivre.
J'avais juste bu deux verres.
Tu avais une pelle ?
Oui.
Pourquoi ?
Ken, que faisais-tu sur ce terrain vague en pleine nuit avec une pelle ?
Je ne pourrai pas t'aider si tu ne me le dis pas.
OK. Gardien.
Je cherchais quelque chose.
Quoi ?
Un corps.
NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE
On essaie de faire annuler l'inculpation. Elliot et Olivia parlent à Ken.
Tu ne peux rien faire.
- Laisse-moi passer. - Vous n'entrez pas.
C'est mon fils, Inspecteur. Pourquoi vous ne m'avez pas appelé ?
Parce qu'il ne voulait pas. Il a plus de 18 ans et il a beaucoup d'ennuis.
Vous avez l'intention d'aggraver les choses ?
Je veux lui demander ce qu'il faisait à chercher un corps.
Tu devrais lui demander pourquoi il a appelé Olivia plutôt que toi.
C'est un autre sujet, et je vais m'en occuper.
Avec ta diplomatie habituelle, bien sûr.
Ce qui se passe entre mon fils et moi ne vous regarde pas.
Mais ça me regarde.
Et là, je veux juste savoir, à qui est ce corps,
où il est, et qui l'a mis là.
Ça vous embête si j'écoute ?
Il a quelques bleus. Il aura mal, mais il survivra.
Les agents qui l'ont arrêté sont observés,
- alors, pas de bêtises. - Reprenons, Ken.
Reprends au début.
Je prenais un verre avec mon cousin, Darius,
dans un bar, vers 21 h
et j'ai entendu un type
raconter qu'il avait tué une femme quelques années plus tôt
et qu'il s'en était tiré.
Il a dit… l'avoir violée avec un couteau et enterrée dans le terrain vague.
Quel bar ?
Le Deuce.
Entre la 129ème rue et le Lenox.
Tu connaissais ce type ?
- Non. - Ken, tu es un gars intelligent.
Alors, explique-nous…
pourquoi tu irais chercher un corps en pleine nuit
après les propos d'un inconnu dans un bar. Je veux dire…
- Ça ne colle pas. - Sa manière de parler,
ça m'a semblé réel.
Il a dit que le terrain vague était près du parc.
Je me souviens qu'il était à moitié clos.
- Il fallait que je sache. - Pourquoi tu n'es pas allé à la police ?
Je pensais qu'on ne me croirait pas. Et c'est vrai.
Peux-tu décrire ce type ?
Noir. Environ 25 ans.
Presque 1 mètre 80. Carrure moyenne.
Gros blouson. Jeans, T-shirt blanc.
Avait-il des marques distinctives,
comme des tatouages, des cicatrices ?
- Non. - Tu as son nom ?
As-tu demandé dans le bar si quelqu'un le connaissait ?
A-t-il appelé l'un de ses amis par son prénom ?
- Je ne m'en souviens pas. - Donc, même si tu avais trouvé un corps,
tu n'aurais pas pu nous aider à retrouver son assassin.
C'est ça, Ken ?
C'est quoi votre problème ? J'essaie de coopérer.
Je ne sais même pas si ce qu'il a dit était vrai.
Tu as traité mon fils comme un délinquant quelconque.
Pourquoi tu ne le crois pas ?
Son langage corporel le trahit.
Il essaie de protéger quelqu'un ?
Ou lui-même.
Cette histoire était trop légère. Il n'a pas bien réfléchi.
S'il avait enterré un corps, Elliot, pourquoi essaierait-il de le déterrer ?
Il y a de nouvelles constructions dans toute la ville.
Il voulait peut-être le déplacer avant qu'un maître d'œuvre ne le trouve.
Sans victime, ce n'est qu'une hypothèse.
Fouillez ce terrain vague. Voyons s'il y a quelque chose.
Je ne peux pas l'autoriser sans savoir qui on recherche.
Vérifiez dans les dossiers s'il y a de possibles victimes selon sa déclaration.
Non seulement vous traitez mon fils de menteur,
mais aussi d'assassin.
Écoute, je n'en sais rien,
mais tu es le premier à admettre que tu ne le connais pas bien.
Comme si tu connaissais ta fille.
Elle conduit toujours bourrée,
ou elle est passée à un truc plus fort ?
- C'est bon, calme-toi. - Et après,
- elle va se balancer à un poteau. - Hé ! Elliot !
Recule, tout de suite !
Stop. Concentre-toi sur ton fils. L'entretien est terminé. Ramène-le.
Et parle à son cousin, Darius. Vérifie s'il a entendu la même histoire.
Inspecteur ?
Vous pensez vraiment que Ken est impliqué dans un meurtre ?
Je crois qu'il ment.
Je veux savoir pourquoi.
APPARTEMENT DE TERESA RANDALL 8 MARS
Oh, mon Dieu. Que t'est-il arrivé ?
C'est pas grave, maman.
Si, c'est grave. Il s'est fait arrêter pour un délit de classe C
- et deux délits mineurs. - Pour quoi ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Pourquoi tu lui demandes ?
- Je peux gérer ça tout seul. - Ouais.
On voit bien que tu gères.
Je vais me coucher.
Ce regard ne marche plus sur moi.
Notre fils a été battu et arrêté et tu n'as pas pu m'appeler ?
Je viens de l'apprendre. Je cherche Darius.
- Tu sais où je peux le trouver ? - Qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans ?
Je devrais le savoir ?
Darius est toxique et le sera toujours.
Tu n'étais pas beaucoup là et ça n'a pas changé.
Tu n'as toujours pas compris.
Quand je travaillais à couvert, je t'ai prévenue de mes absences fréquentes.
Ce n'était pas fréquent. Tu étais juste absent.
Je devais un peu être là quand même,
- ou Ken n'est pas mon fils ? - Tes lèvres bougent
mais tu ne m'as toujours pas dit pourquoi il était en prison.
Demande-lui, il n'y aurait pas eu de souci s'il avait utilisé mon nom de famille.
Tu n'es pas au courant ? Les donneurs de sperme n'ont pas de droits parentaux.
Cool. Dis-moi juste où est Darius et je m'en vais.
Garage Al's Auto Body, place Frederick Douglass.
Voilà le neveu de Terry.
Ça fait un bail, Fin.
Inspecteur Munch. Darius Parker.
Jolie sculpture.
Oui, je bricole un peu.
Mais vous n'êtes pas ici pour parler d'art.
Fin n'aime pas le bavardage.
Étais-tu avec Ken hier soir ?
Oui, on pris quelques verres au Deuce.
On est partis vers minuit.
Il t'a dit où il allait ?
Je pensais qu'il rentrait, comme moi.
- Il y a un problème ? - Il avait l'air contrarié ?
Il se prend toujours la tête avec quelque chose.
Ses notes, ses problèmes avec toi.
Son homosexualité.
- Il est comme ça. - Tu as entendu parler d'un meurtre ?
Non. Pourquoi ?
Ton cousin nous l'a dit.
Il cherchait un corps quand les flics l'ont arrêté.
Quoi ?
C'est dingue.
Il n'a pas parlé avec toi d'une chasse au trésor ?
Je ne l'aurais pas laissé faire s'il m'en avait parlé.
En plus, le Deuce est un bar de délinquants.
Je ne serais pas surpris d'y trouver des assassins.
Il y a plein de bars pour boire un verre, pourquoi là-bas ?
Écoute Fin, je suis clean.
Je ne suis plus comme avant.
Quoi qu'en dise Terry.
Tu as un casier ?
Cambriolage, agression, trafic de drogue.
Mais c'est de l'histoire ancienne.
Il y a une accusation de cambriolage. Mais ce n'est pas moi, je n'aurais pas pu.
Pourquoi ça ?
Je volais quelqu'un d'autre.
Je blague, les gars. Détendez-vous.
Je ne joue plus.
La taule t'a redressé ?
Cette communauté fermée ne fait pas de réhabilitation.
Je l'ai fait tout seul.
Si je ne prends pas soin de moi… personne ne le fera.
Tu pourrais peut-être parler à Ken
et lui expliquer tout ça, moi je n'arrive pas à le comprendre.
Tu as été dur avec Fin.
J'ai dit ce que j'ai vu.
Tu savais que Ken Randall avait un dossier au service des mineurs ?
Non.
Je savais qu'il y avait un problème avec ce gamin.
On me l'a confirmé.
Soit Fin le protège, soit il ne le sait pas.
- Quelles sont les accusations ? - Confidentiel. J'ai fait une requête.
Ken nous a menti, Olivia.
- On le sait tous les deux. - Les gamins mentent.
Même les tiens, que tu vives avec eux à plein temps ou non.
Vous avancez sur les potentielles victimes de meurtre ?
On a deux possibilités.
Une femme de 27 ans disparue de son lieu de travail il y a deux ans.
Une voiture a été abandonnée.
Il y avait du sang chez elle ou dans la voiture ?
Si ce type l'a violée avec un couteau il devrait y avoir beaucoup de sang.
Ce qui nous mène à Nina Stansfield. Une femme de 30 ans et son fils en bas-âge.
Disparue de chez elle il y a trois ans.
Ça colle pas non plus avec la déclaration de Ken. Pas parlé d'un bébé.
On a retrouvé presque quatre litres de sang
appartenant à la victime sur les lieux du crime,
avec un couteau de 10 centimètres à la poignée gravée, tâché de sang.
Et le labo a trouvé des cellules vaginales sur la lame.
Il y a des traces d'ADN étranger sur le tapis.
Elles n'appartiennent pas à son mari, Steven, mais c'est le principal suspect.
Je parie qu'il a un historique de violence conjugale.
Trois appels au centre de violence conjugale avant sa disparition.
Demandez à Munch de voir le mari et de vérifier s'il fréquente le Deuce.
APPARTEMENT DE STEVEN STRANSFIELD 8 MARS
Je n'ai pas tué ma femme.
Je sais que vous ne me croyez pas. Personne ne me croit.
Mais je ne l'ai pas tuée.
D'après vos voisins, M. Stansfield,
ça n'allait pas avec votre femme.
Oui, on avait beaucoup de problèmes. Et oui, on se disputait.
Mais je ne la détestais pas.
Ni mon fils non plus. Alors pourquoi vous me croyez encore coupable ?
Je n'aurais jamais fait de mal à ma femme et à mon fils.
Qui d'autre aurait pu le faire ?
Je ne sais pas.
Je n'avais jamais vu autant de… sang.
Et même s'il n'y avait pas de corps, ils me disent que Nina est morte.
Qu'elle n'a pas pu survivre. Mais où est mon fils ?
La police ne me dit rien.
Mais ils ont bien parlé à mes beaux-parents,
à mon patron, à mes amis, et m'ont qualifié d'assassin.
- Vous avez eu des problèmes ? - Rien de grave.
Des disputes avec les baby-sitters.
Au sujet de leur petit ami, pour trop parler au téléphone.
Au début, je n'avais pas les moyens de payer des baby-sitters,
mais il fallait qu'elle sorte.
- Elle sortait où ? - Dans les bars.
Des dîners, avec ses amis.
Je n'en sais rien. Revivre ses jours de gloire de célibataire.
Elle vous trompait ?
D'après la police, c'est pour ça que je l'ai tuée.
Comment est-ce que je pourrais être au courant
si je travaillais tout le temps pour qu'elle reste à la maison avec le bébé ?
Est-ce que vous fréquentez un bar qui s'appelle le Deuce ?
Non, je ne suis pas le bienvenu dans ce quartier.
Donc, je dois boire chez moi.
D'ailleurs, ça ne vous dérange pas ?
J'ai envie de commencer.
Le mari est une loque, Inspecteur.
On va ressortir le registre des meurtres et revoir tout ça.
Pas besoin.
Ken Randall est désormais un suspect potentiel dans l'homicide de Stansfield.
J'ai déjà ouvert un dossier et autorisé une fouille
sur le terrain vague demain.
Saviez-vous que votre fils était accusé de l'agression sexuelle
d'une fille du quartier quand il avait 16 ans ?
Non.
Les charges ont été abandonnées quand la fille s'est rétractée.
Avez-vous envisagé qu'elle ait pu changer son histoire
parce qu'elle a menti à la police ?
J'ai l'intention de le découvrir.
Dois-je vous rappeler de ne pas intervenir dans cette enquête ?
Non, Monsieur.
Une accusation annulée il y a cinq ans est à prendre, Inspecteur,
Quel est le mobile ?
Quel est le lien entre le fils de Fin et la victime ?
La proximité.
Ken Randall et sa mère habitaient dans le bâtiment
en face du lieu du crime.
Mais comme votre compagne le sait déjà, je suppose que le mensonge est de famille.
Mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi cacher une chose pareille ?
- J'essaie de protéger mon fils. - De quoi ?
Tu crois qu'il a fait ça ?
Je pense que si vous faites un procès contre lui,
peu importe qu'il l'ait fait ou non.
Dans mon service, pas de concessions ni de conclusions faciles.
C'est votre opinion, Inspecteur.
Et dans l'intérêt de votre fils,
vous feriez mieux d'être reconnaissant c'est tout ce qui compte.
Morceau de corps !
Ils sont combien là-dedans ?
On en a trouvé trois pour le moment, avec d'autres morceaux de corps
que je ne peux pas comptabiliser. On va creuser pendant un moment.
- vous pensez à un tueur en série ? - Ça n'y ressemble pas.
À ma connaissance, ce sont tous des hommes de différentes origines.
Pas d'enfants, et pour le moment, pas de femmes.
J'en saurai plus quand je les aurai ramenés à la morgue.
C'est un terrain de choix pour faire disparaître quelqu'un.
Ce n'est pas la première fois
qu'on découvre un cimetière improvisé dans cette ville.
Un parfait dépotoir pour les suspects habituels. Flics douteux,
- trafiquants de drogue, petits malins. - C'est possible.
Mais je ne peux pas vous le dire avant de mettre des noms sur les dépouilles.
Ils mettaient des chaussures en béton aux gens
et les jetaient dans la rivière. Combien de temps ça va prendre ?
Je vais comparer ce que j'ai à l'ADN de la victime.
Mais mon bureau va sans doute travailler pendant des semaines,
voire des mois, pour tenter de découvrir qui sont ces personnes.
Je n'en recherche qu'une.
Si je trouve une victime femme, je m'en occuperai moi-même.
INSPECTEUR D. CRAGEN
Je suis la première ?
Munch a appelé. Il a du retard.
L'accusation d'agression sexuelle contre Ken Randall était fausse.
Apparemment, c'était une amie.
Elle a essayé de coucher avec lui pour prouver qu'il n'était pas gay.
Ça marche toujours.
Oui, Ken l'a repoussée et elle a eu des bleus.
Lorsque son père l'a interrogée, elle a menti.
Quelle amie !
- Elle a fini par dire la vérité. - Inspecteur.
Espérons que Ken suivra son exemple.
Je suis l'Inspecteur Cragen,
et voici l'assistante du procureur, Novak.
- Bonjour. - Teresa Randall.
Je peux attendre quelque part ?
Il y a un salon à l'étage, ou vous pouvez utiliser mon bureau.
- Merci. - On va commencer.
Sans avocat pour la défense ?
Kathleen Sawyers, je suis votre avocate.
Et je n'ai qu'une règle.
Vous ne parlez pas, à moins que je vous le demande.
Oui.
Dès que vous êtes prêts.
Suivez-moi, s'il vous plaît.
Il faut qu'on parle.
- Parler ou crier ? - Ça dépend de toi.
Veux-tu revoir ta déclaration, Ken ?
- Vous pouvez répondre à ça. - Non.
Tu creusais, cherchant un corps après une histoire entendue dans un bar.
Tu ne nous as pas parlé du bébé. Tu as omis cette partie.
Quel bébé ? Je n'ai pas entendu parler de bébé.
Connaissais-tu Nina Stansfield ?
- Ne répondez pas. - C'est anodin, Maître.
Ou il connaissait la victime, ou non.
C'est à vous de le prouver, Mlle Novak.
Mon client ne va pas faire votre travail pour vous.
Es-tu déjà entré chez les Stansfield ?
Il ne va pas répondre non plus.
Il a reconnu devant la police qu'il cherchait un corps.
Grâce à sa piste, on a identifié une victime.
Il ne restait d'elle que 4 litres de sang,
et des cellules vaginales sur l'arme du crime.
On l'a violée avec un couteau.
Comme l'a dit Ken.
Et ce jeune homme avait connaissance du crime
et il habitait juste en face.
Ce qui est purement suggestif. Pas substantiel.
Autre chose ?
Ken.
Faites un don d'échantillon d'ADN et reprenez votre vie en main.
Vous ne pourrez pas l'obtenir sans une décision de justice.
Et sur la base de cette conversation, aucun juge ne le signera.
Tu ne rends pas service à notre fils en lui trouvant un avocat.
C'est le seul suspect dans ce qui semble être un double homicide.
- Je le protège. - De quoi ?
Fin, il n'a pas fait ça, alors fais-le coopérer.
Tu sais que les prisons sont remplies d'innocents,
et on connait tous les deux leur couleur.
Tu n'as pas confiance en tes collègues ?
Je n'ai pas confiance en le système.
Pas entièrement.
Ce que tu fais n'est pas la solution. Il a besoin de direction.
Je ne peux pas lui apprendre seule à être un homme, Fin.
Que veux-tu que je fasse ?
Sois son père, pas son ami.
Il en sait plus sur la situation qu'il n'en dit,
et il ment comme il respire.
Un homme ne ferait pas ça. Du moins, pas un homme bien comme toi.
Tu cherches quelque chose ?
Les photos et croquis du lieu de crime de Stansfield.
- Tu n'avais qu'à demander. - Tu n'avais qu'à répondre au téléphone.
Tu as quelque chose à dire ?
Oui, tu as dépassé les bornes.
Quand mon fils t'a contactée, tu aurais dû m'appeler.
Tu penses savoir mieux que moi ce qui est bien pour mon fils, mais c'est faux.
Ça ne peut pas se reproduire.
Viens.
Il m'a demandé de l'aide. Tu voulais que je lui refuse ?
Ce n'est pas à toi de prendre des décisions pour ma famille, Olivia.
Si tu continues à interférer entre mon fils et moi,
on va avoir un problème.
Ce n'était pas mon intention.
Je comprends. Tu essaies juste d'aider.
Mais mon fils et moi avons beaucoup de choses à régler
et on n'ira nulle part si tu nous barres la route.
Tu as raison. Et je suis désolée.
Mais je pense que la vraie raison
de ta colère est que tu as été mis de côté.
Alors, que vas-tu faire ?
- Je n'ai rien à faire. - Ah non ?
Je sais que Warner a terminé ses conclusions préliminaires.
La victime n'est pas parmi les corps retrouvés sur le terrain vague.
- Ça me dit que Ken ne l'a pas fait. - Non, qu'on ne peut pas le prouver.
On n'a pas assez de preuves pour obtenir un mandat pour son ADN.
Tu veux vraiment que ce nuage
pèse sur ton fils toute sa vie ?
Ou tu veux savoir ?
Des flics que je connais depuis des années me regardent.
Le même regard qu'on jette à ces pauvres types.
Même si je dois rester sur la touche pendant cette période,
je ne vais plus jamais sacrifier mon fils pour ce travail.
L'ADN est le seul moyen de l'innocenter.
- Et sinon ? Je suis son père. - Tu es aussi flic.
Et malgré tous tes efforts…
c'est impossible de dissocier les deux.
Mon avocat m'a dit de ne pas donner d'ADN sans mandat de comparution.
Et je te demande d'aller au labo avec Munch déposer un prélèvement volontaire.
C'est un problème de continuité de preuves,
sinon, ton père t'emmènera lui-même.
Tes potes flics ont besoin d'une preuve que je ne suis pas un tueur ou c'est toi ?
Ce n'est pas eux.
Tu es mon fils. Je t'aime
Mais une femme est morte, son fils a disparu et son mari est détruit.
Ça doit signifier quelque chose pour toi.
Il faut que tu décides tout de suite quel genre d'homme tu veux être.
- J'ai les résultats de ton fils du labo. - Ça correspond ?
Je sais que non.
Oui et non.
L'ADN de l'assassin retrouvé sur le lieu du crime
et le prélèvement de ton fils ont la même mitochondrie.
Un lien de parenté ?
Darius. Le cousin de Ken.
- Ils sont proches ? - Très.
C'est pour ça que Ken essayait de le protéger.
L'assassin ne peut pas être le cousin de ton fils. Ce doit être son frère.
C'est impossible. Mon ex-femme n'a jamais eu d'autres enfants.
L'ADN ne ment pas, Inspecteur.
La moitié de ces marqueurs comportent les mêmes gènes
portant le même code dans la même séquence.
L'assassin et votre fils ont la même mère.
Comment as-tu su ?
Personne ne sait que Darius est mon fils. Même pas Ken.
On a comparé l'ADN de Ken avec ce qu'il y avait sur le lieu du crime.
- Tu aurais dû me le dire. - C'était juste avant notre rencontre.
- Pourquoi l'as-tu abandonné ? - Il fallait qu'il aille quelque part.
Il ne pouvait pas rester avec moi. J'avais 16 ans et son père était un salaud.
Tu ne sais pas ce qu'il m'a fait. Darius lui ressemble.
Il commence aussi à se comporter comme lui.
Pourquoi tu ne l'as pas fait adopter au lieu de le faire élever par ta mère ?
Je ne lui ai rien donné ! Elle a pris. Tu la connaissais.
Elle ne laissait pas sortir le sang de la famille.
Où est le père maintenant ?
Je ne sais pas. Mort, j'espère.
- Que t'est-il arrivé, Terry ? - Je ne…
Je ne veux pas en parler. Pas à toi.
- Ni à personne. - C'est peut-être le problème.
Tu ne sais pas ce que c'est de devoir regarder quelqu'un
qui a le visage de quelqu'un que tu détestes !
À chaque fois qu'il venait voir Ken, ou qu'il venait aux fêtes de famille,
ça me rendait malade.
Je ne supporte pas de voir Darius.
Aujourd'hui encore.
Darius sait que tu es sa mère ?
Je ne vois pas comment.
Ma mère est morte depuis trois ans
et personne d'autre dans la famille ne lui dirait.
Dynamique familiale intéressante.
Foutu cirque.
On est dans un de ces bouquins avec le reste des barjos.
Il est encore tôt. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Allez chercher Darius, mettez-le dans une cellule.
Vu ses antécédents, il vaut mieux avoir des munitions.
Vous croyez qu'il nous faut un aveu ?
Ce qu'il a dit à quelqu'un d'autre est un mensonge et c'est irrecevable.
- Peux pas mettre le couteau dans sa main. - Attendez.
Le bébé est essentiel.
Darius a avoué à ton fils avoir violé une femme avec un couteau.
Il a avoué l'avoir enterrée.
Pourquoi ne pas évoquer la deuxième victime ?
Ça le dérange.
Vu son histoire maternelle, je crois qu'il s'est identifié à l'enfant.
Abandonné par une mère qui ne voulait pas de lui.
- Mais pourquoi tuer le bébé ? - Dégoût de soi.
Il a été rejeté.
Un paria que même sa mère ne peut aimer.
Darius pensait peut-être sauver l'enfant
de la souffrance de la vie.
Oui, c'est logique s'il a découvert que Terry était sa mère.
Mais comment l'aurait-il su ?
Votre ex est catégorique sur le fait que ce n'est pas arrivé.
Elle voit ce qu'elle veut voir.
Sa mère est morte d'un cancer il y a trois ans.
Elle l'a peut-être avoué à son petit-fils sur son lit de mort.
C'est à cette période que la victime et son bébé ont disparu.
Manquait-il des affaires de bébé dans l'appartement ?
Ce n'est pas noté.
Le suspect avait une relation avec la victime.
L'enlèvement du corps était un acte de dissimulation.
Un inconnu ne fait pas ça.
Il faut qu'on découvre comment Darius la connaissait.
Il passait beaucoup de temps avec Ken dans le quartier à l'époque.
S'il venait de découvrir qui était sa mère,
le moindre conflit avec la victime aurait pu le faire exploser.
Surtout si Nina Stansfield était une mauvaise mère.
Un substitut pour toute la rage qu'il ressentait pour ton ex-femme.
Parlez au mari. Voyez s'il peut l'identifier.
M. Stansfield, on a trouvé un suspect potentiel
- pour le meurtre de votre femme. - On veut vous montrer des photos.
Reconnaissez-vous quelqu'un, M. Stansfield ?
Dites-moi qui c'est, je signerai.
Ça ne marche pas comme ça.
Je vous en prie !
Vous avez dit à la police que des objets ont été pris de chez vous.
Y avait-il des affaires de votre fils ?
Un hochet.
Une antiquité, de la famille de ma femme.
En argent ? Gravé ? Des marques distinctives ?
Il était en bois.
Fait à la main, par l'un de ses ancêtres.
La famille voulait le récupérer, je ne l'ai pas retrouvé.
J'ai pensé qu'il était perdu.
Il va nous falloir une description détaillée.
Une photo de mon fils qui le tient vous ira ?
APPARTEMENT DE DARIUS PARKER VENDREDI 10 MARS
Messieurs, essayez de ne pas trop mettre le bazar.
Il a du talent.
Quel gâchis !
- Des affaires de bébé ? - Pas encore.
Ce n'est pas si grand, Judy.
Des mains supplémentaires sont bienvenues.
Fin.
La bonne nouvelle : on a trouvé le hochet caché dans une des sculptures de Darius.
Et la mauvaise ?
On l'a fait analyser, mais au bout de trois ans,
les chercheurs du labo ne pensent pas pouvoir trouver de l'ADN du bébé.
Allez le chercher quand même.
Il va dire qu'il l'a trouvé ou que la victime lui a donné.
Vous avez une meilleure idée ?
Darius a avoué à mon fils.
Je pense qu'il est prêt à lâcher le morceau si on y va en douceur.
Quelle est votre idée ?
On dirait que tu as parlé à ta mère.
Je ne vais pas t'aider à mettre mon frère en prison.
Je suis là pour soutenir Darius.
Aucun d'entre vous ne l'a fait pour lui.
- C'était dur pour Terry. - Hé, ne la défends pas.
Darius est son fils et elle l'a jeté.
Tu as pris de gros risques en le protégeant. Tu aurais dû m'en parler.
Je n'avais pas confiance en toi.
Je n'ai que lui depuis bien longtemps.
Pas d'exigences, pas de jugements.
Surtout quand j'ai fait mon coming out. Tu n'étais pas là.
Si tu veux le soutenir, très bien.
Mais n'oublie pas qu'il a tué une femme et enlevé un enfant.
Et il faut que je sache où est ce bébé maintenant.
- C'est toi qui as fait ça ? - Et ça, c'est toi ?
Qu'est-ce que tu me veux, mec ?
Je veux juste la vérité.
Depuis quand sais-tu que Terry est ta mère ?
Trop longtemps.
Ma grand-mère me l'a dit.
Quand elle était sous morphine.
Elle me suppliait de la pardonner.
Elle aurait mieux fait d'emmener ce secret dans sa tombe.
Darius, ce n'est pas de ta faute.
Dis-moi, mec !
Pourquoi toi, et pas moi, hein ?
Qu'est-ce qui te rend si spécial ?
Rien.
Alors ce n'est pas de ta faute non plus.
Ken ne croit pas que tu avais l'intention de la tuer.
- Je savais que tu pourrais pas la fermer. - Je l'ai dit à personne !
T'inquiète.
C'est sans doute pour ça que je te l'ai dit.
Je suis devenu sobre.
J'ai changé.
Je ne pouvais plus vivre un jour de plus avec cette culpabilité.
Je veux te croire. Tu es très important pour mon fils,
mais je ne pourrai t'aider que si tu dis la vérité.
Que veux-tu savoir ?
Je dois t'emmener au poste. Je ne peux pas prendre tes aveux.
Pourquoi ?
Car tu es de ma famille.
Vous comprenez vos droits tels qu'ils vous ont été lus ?
- Pas comme si c'était nouveau pour moi. - Répondez à la question, Darius.
Je les ai compris quand je me suis fait serrer pour une fausse accusation de vol,
et je les comprends maintenant.
J'ai rendez-vous au tribunal la semaine prochaine, mais peu importe, non ?
Vous êtes prêt ?
Allons-y.
Comment connaissiez-vous la victime, Nina Stansfield ?
Je sortais avec une fille qui gardait son enfant.
Quel est son nom ?
Je ne veux pas la mêler à ça.
Nous devons corroborer votre histoire.
Les corps devraient suffire.
Je vais vous y emmener.
Vous reconnaissez avoir tué Nina Stansfield et son fils.
Écoutez, je suis coupable de meurtre,
donc je ne vais pas présenter mes excuses, d'accord ?
Je l'ai poignardée avec mon couteau.
- Puis j'ai tué son bébé. - Pourquoi ?
Il n'avait que 14 mois, il ne pouvait pas vous identifier.
Ce que je peux vous dire ne changera pas le fait
qu'il est mort.
Alors, laissez-moi aller jusqu'au bout.
J'ai sorti leurs corps de l'appartement.
Je les ai mis dans une voiture, les ai emmenés sur un terrain vague.
J'ai creusé un trou et les ai enterrés.
Et ça fait trois ans qu'ils y sont.
Il faut que je l'écrive ?
C'est quelque part par là. Mais je n'en suis pas sûr.
Pourquoi Ken est allé à l'autre terrain ?
Quand je lui ai dit ce que j'avais fait, il m'a posé plein de questions.
- Je n'étais pas prêt à répondre. - Donc, tu as menti.
J'ai déjà des menottes. Vous voulez les serrer encore plus ?
J'ai quelque chose. À un mètre, ou moins.
Donc faites attention.
Tu as fait ce qu'il fallait, Darius.
Oui.
Je vais passer le reste de ma vie en prison.
Tu as parlé de toi-même,
tu as avoué tes crimes et tu nous as menés aux corps.
Je pense que l'assistante du procureur en tiendra compte.
Je ne fais pas ça pour gagner du temps, alors ne parle pas pour moi.
Même si mon frère te supplie.
Attendez.
Femme adulte, âgée de 30 ans, présentant de nombreuses coupures
et coups de couteau.
L'état de décomposition est avancé mais j'en ai compté au moins 15
sur les tissus restants.
Principalement des coupures de défense sur les mains.
Il y a aussi des traces de coups sur le radius, la cage thoracique et le bassin,
correspondant à l'arme du crime.
Cela indique que ces coups ont dû être très forts…
Sans organes intacts, pour déterminer la cause du décès, c'est l'exsanguination.
- Et le bébé ? - Asphyxie par étouffement.
Malgré la décomposition,
J'ai trouvé des pétéchies dans le fluide vitreux et de la terre dans les poumons.
Ce salaud a enterré le bébé vivant.
- Heshy, que puis-je faire pour vous ? - Je représente Darius Parker.
Je n'ai qu'une chose à dire. Il n'y aura pas de marché.
- Je n'en ai pas demandé. - Que voulez-vous, alors ?
Une petite conversation agréable ne ferait pas de mal.
Bien, que pensez-vous de ça ?
Votre client a sauvagement poignardé une jeune mère.
Puis il a sorti son corps et son bébé de 14 mois qui respirait
de l'appartement et a enterré le bébé vivant.
Il mérite la peine de mort, mais la perpétuité sans conditionnelle suffira.
Quel discours poignant !
Dommage, personne ne pourra l'entendre.
Audience omnibus, Casey.
In limine, motion de suppression, motion de rejet ?
CABINET DU JUGE LOIS PRESTON MARDI 14 MARS
Mesdames et Messieurs les avocats, vous avez deux minutes.
Les droits du cinquième et du sixième amendement de mon client ont été bafoués.
La police l'a interrogé sans avocat.
En a-t-il demandé un ?
Non, Darius Parker a été informé de ses droits et a signé une fiche Miranda.
- Cela me paraît assez clair. - Il a dit avoir une affaire en cours.
Je suis l'avocat du dossier. Ils ont négligé de m'appeler.
Personne n'avait à le faire. Affaire Texas contre Cobb, Votre Honneur.
La Cour suprême a statué que les suspects pouvaient être interrogés
sur d'autres accusations, représentés ou non.
Dans l'affaire Cobb, l'accusé a admis avoir cambriolé le domicile de la victime.
Pas de liaison, pas d'affaire.
Suivez-moi.
Darius Parker n'a jamais demandé d'avocat.
Stipulerez-vous qu'il a informé la police
d'une accusation de cambriolage en cours et une date de procès ?
- Oui. - Mon client n'avait donc pas à demander.
Le droit était implicite.
la police aurait dû stopper l'interrogatoire et attendre.
Cela ne leur aurait coûté que du temps.
Je reconnais mon accord avec M. Horowitz là-dessus.
- Mais, Votre Honneur… - Ils savaient qu'il avait un avocat
et ils l'ont ignoré.
C'est beaucoup arrivé ces derniers temps
et cela me dérange.
Les aveux sont rejetés. Et tout ce qui en résulte.
La juge a rejeté les aveux. Et mon affaire.
Comment peut-on être libre après l'aveu d'un double meurtre ?
Les corps des victimes sont devenus irrecevables.
Et comme on ne peut pas les remettre en terre
et recommencer, et ne pourrai jamais prouver
que ce bébé est mort ni comment il est arrivé là.
Darius savait ce qu'il faisait.
L'aveu, les remords, le fait de nous emmener où il les a enterrés.
- Tu crois que c'était un coup monté ? - J'en suis sûr.
Il pouvait faire l'objet de cinq accusations pour deux meurtres.
Il a dit qu'il était accusé pour ne pas passer un jour en prison.
Son avocat lui aurait dit quoi dire ?
Personne ne conseillerait à son client de prendre ce genre de risque.
Beaucoup d'anciens détenus connaissent la loi
aussi bien que moi.
Il y a beaucoup de livres juridiques en prison.
Je peux prouver l'assassinat de Nina Stansfield sans le corps,
avec tout le sang retrouvé sur le lieu du crime.
Mais sans les aveux, on revient à la case départ.
Comme ça vient d'arriver. Donc il faut sonder les voisins,
parler à la famille, fouiller dans la vie de la victime.
Et sa copine ? Elle faisait du baby-sitting chez les Stansfield.
On ne peut rien utiliser de ce que le suspect a dit dans ses aveux.
Alors on trouvera une autre source d'informations.
Vous pensez à votre fils, c'est ça ?
Rien ne nous empêche de revenir à la première source.
Ils ont toujours été proches.
Ken pourra nous dire avec qui Darius sortait.
CAFETÉRIA DE L'UNIVERSITÉ DE HUDSON MARDI 14 MARS
Je peux pas faire ça.
Il doit aller en prison, Ken.
On n'en pas fait assez pour lui ? Je dois aussi enfoncer les clous de son cercueil ?
Tu ne comprends pas, Il t'a vendu un mensonge.
Il n'a plus qu'une accusation de meurtre maintenant.
Il ne paiera jamais pour avoir enterré ce bébé.
Pourquoi ?
Les juges disent qu'on a obtenu ses aveux et les corps illégalement.
On ne peut donc pas s'en servir au procès.
On doit dire que le fils de la victime a disparu
en même temps qu'elle.
On doit prétendre qu'on ignorait sa mort car son corps ne sert pas de preuve.
- Ce n'est pas juste. - Mais c'est la loi.
Tu sais pourquoi il l'a tuée ?
Je sais que tu veux rejeter la faute sur ta mère,
et elle a beaucoup de comptes à rendre.
Mais elle n'a ni poignardé cette femme ni mis son bébé dans une tombe improvisée.
C'est Darius qui a fait ça.
Tu veux savoir quoi ?
- Tu as rencontré les copines de Darius ? - Oui.
Voici une liste des baby-sitters des Stansfield.
Tu reconnais des noms ?
Angela Boden.
Elle était folle de Darius, lui faisait des cadeaux, lui donnait de l'argent.
Il n'était pas vraiment amoureux d'elle mais il aimait sa manière de le traiter.
Quel malheur que ce soit arrivé. Le petit Stevie était mignon.
- Un gentil bébé, il pleurait très peu. - Combien de temps l'avez-vous gardé ?
Environ six mois. Je ne supportais pas sa mère.
- Pourquoi ? - Nina trompait son mari,
mais me reprochait toujours d'être sur mon téléphone,
et contrôlait ce que je mangeais et qui je laissais entrer chez elle. Salope.
Je ne devrais pas mal parler des morts.
On comprend qu'elle avait un problème avec votre copain.
Ce n'est pas comme si elle avait entièrement tort.
Darius avait un sale caractère.
- J'ai été virée à cause de lui. - Comment ?
Je lui disais comment elle se comportait.
À toujours sortir et ne pas passer de temps avec le bébé.
Il l'a vue dans la rue une fois, et l'a traitée de mauvaise mère.
Après ça, il n'avait plus le droit de venir.
- Mais il venait quand même. - C'était mon copain.
- Je voulais le voir. - Elle vous a pris ?
Non. Elle a trouvé son couteau entre les coussins du canapé.
Elle m'a virée direct. A dit que Darius n'allait pas le récupérer.
Il avait un couteau sur lui ?
Ce n'était pas comme vous le faites paraître.
C'est un artiste.
Je le lui avais offert pour sculpter. Ça m'a coûté une blinde.
Vous savez combien de temps j'ai dû travailler pour économiser ça ?
Comment Darius a-t-il réagi en apprenant qu'il n'aurait plus son couteau ?
À votre avis ?
Il est allé le récupérer, mais il a dû arriver trop tard.
C'est un peu ironique. Si elle n'avait pas gardé ce qui lui appartenait,
son mari ne s'en serait pas servi pour la tuer.
On a une déclaration signée de la copine.
Une histoire de conflit entre la victime et le suspect
et propriété de l'arme du crime.
Avec son ADN sur le lieu du crime, on le tient.
Pourquoi les flics n'ont pas interrogé ce témoin plus en détail ?
Le mari dans ce rôle leur allait, ils n'ont pas voulu aller plus loin.
Ça arrive, Casey.
Vous avez ce qu'il faut pour l'inculper, mais peut-on l'avoir pour le bébé ?
Seulement s'il admet l'avoir fait en présence de son avocat.
Et pour ça, il faudrait lui proposer un marché.
Il faudrait un gain de temps considérable pour qu'il accepte.
Je ne me sens pas à l'aise pour faire ça.
Même si ça signifie que la mort du bébé n'est pas reconnue ?
Et pas avouée ?
Avec les preuves physiques irréfutables,
le témoignage du témoin, le bébé Stansfield,
votre client va en prison pour très longtemps.
N'ayez pas l'air si heureuse. L'orgueil n'est pas séduisant.
Surtout chez les femmes de votre âge.
- Darius, laissez-moi gérer. - Gérer quoi ?
Elle peut pas mentionner le bébé.
C'est un fruit de l'arbre empoisonné.
Ce n'est pas nécessaire.
Il suffit que les jurés entendent qu'un enfant a disparu
quand sa mère a été assassinée. Ils feront le lien.
Peu importe.
Vous ne pouvez pas m'accuser pour l'enfant.
- C'est dur, non ? - Pas autant que vous l'aimeriez.
Vous prendrez le maximum pour les trois accusations contre vous.
Je pense à la perpétuité pour le meurtre.
30 ans de plus pour la tentative et l'agression…
- Ça sent le trafic de chevaux. - Je suis réticente,
mais j'accepte de proposer 30 ans en tout
si votre client raconte tout lors de son procès.
Vous ne pouvez pas prouver la tentative.
Donnez-nous 25 ans avec possibilité de libération conditionnelle
et on pourra discuter.
- Non. - C'est ma dernière offre.
Il nous faut la salle.
Personne ne va nulle part. Je ne passe aucun marché.
Je veux passer devant le tribunal.
Écoute ton porte-parole et accepte cette foutue offre.
Va te faire foutre !
Baise mon cul et pendant que tu y es, profite parce que tu vas te faire mettre !
- C'est à propos de la famille. - Oui, putain, la famille.
Vous devrez tous être dans cette salle d'audience.
Vous allez devoir témoigner.
Vos vies exposées au grand jour pour que tout le monde puisse les juger.
Comme vous avez tous fait pour moi depuis le début.
Ils vont comprendre quel genre de flic tu es,
et quel genre de mari et de père tu n'as pas été.
Ils sauront tout sur les pratiques sexuelles de mon frère
et sa complicité.
Et je te garantis que quand ça va sortir,
tout le monde se demandera pourquoi il n'est pas accusé aussi.
Ils vont penser que son père flic a des amis dans votre bureau, Mlle Novak.
Et j'espère que vous aurez une putain de bonne explication.
Car une affaire étouffée fait un beau titre.
Même si une mauvaise mère est morte.
Et que son pauvre bébé a disparu.
Même si c'est mieux pour lui.
Donc, oui, j'irai en prison.
Mais pas aussi longtemps que vous le pensez.
Car dès que Teresa Randall comparaîtra…
et devra dire la vérité…
cette salope fétide va devoir me reconnaître
pour la première fois dans sa vie de merde.
On verra comment elle me serre après ça.
Alors, vous voulez m'enterrer ?
Allez-y.
Je vais vous entraîner tout au fond avec moi quand vous le ferez.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je suis venue voir ce que je pouvais faire.
Darius…
CETTE HISTOIRE EST FICTIVE. PERSONNE, NI AUCUN ÉVÉNEMENT RÉELS N'Y SONT DÉPEINTS.
Sous-titres : Julia Skorupska
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