All language subtitles for Geralds.Game.2017.2160p.4K.WEB.x265.10bit.AAC5.1-[YTS.MX]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian Download
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

NETFLIX PRÉSENTE

UN FILM ORIGINAL NETFLIX

JESSIE

Tu veux autre chose ?

Je n'ai pas de problème avec Sam. Je veux juste... profiter du paysage.

Ça va nous faire du bien, Jess. Beaucoup de bien.

La police enquête sur un vol avec effraction au cimetière du comté...

Gerald.

- Oui ? - Gerald !

Oh, merde.

...des dégâts à plusieurs...

Il meurt de faim.

...exhumé au moins un cercueil.

Ils devraient capturer ces chiens errants.

Je crois qu'il a un collier. Il appartient à quelqu'un.

Eh bien, plus pour longtemps, s'il reste au milieu de la route.

- Je n'irai pas le chercher. - Je sais.

- Pas question. - Je sais.

Encore ? Non...

- Juste deux minutes, bébé. OK ? - Ce n'est rien.

Oui ?

Oui. Non, je comprends.

Mais pour avancer, ils doivent accepter la clause de non-concurrence.

- On ne va pas mourir de faim ! - Oui. On tiendra tout le week-end.

Viens là, petit.

Tu as faim ?

Tu es là ?

Te voilà !

Regarde ce que j'ai pour toi.

Tout va bien.

Voilà pour toi, pauvre bougre.

- Qu'est-ce que tu fais ? - Je voulais juste...

Juste nourrir le chien.

C'est du faux-filet de Kobe. Ça vient vraiment de Kobe.

C'est... 200 dollars la portion.

Pardon. Il en y avait quatre dans le frigo, alors...

Tu es tellement gentille. C'est pour ça que je t'ai épousée.

Pour le meilleur et pour le pire.

Non, laisse ça là. Ce sera le meilleur repas de sa vie.

Viens, on va se mettre à l'aise.

D'accord.

La moitié, ça m'aurait suffi.

Il a l'air si affamé.

- Pardon, je ne savais pas. - Ce n'est rien.

Tu veux ouvrir une bouteille de champagne ou bien...

On pourrait...

C'est bon.

- Tu es prête ? - Je suis prête.

- Waouh, bébé. - Tu es superbe.

Merci.

Pardon. J'ai mis du gloss.

Je dois dire que je... Je m'attendais...

à des modèles fantaisie, avec du velours ou de la soie.

Oh non, je veux du solide.

Le tissu peut se déchirer si tu y vas trop fort.

- D'accord ? - Oui.

C'est bien, ça va te plaire.

Tout va bien ?

Oui.

Essaie de bouger.

J'adore ta nuisette.

Je l'ai achetée pour l'occasion.

Elle me plaira encore plus remontée sur tes épaules.

Eh bien...

Regardez ce que j'ai trouvé.

Quoi ?

Je suis sûr que tu veux que ton mari parte.

Et que tu te dis qu'il va revenir d'un moment à l'autre.

Mais quelque chose me dit que non.

Tu peux crier... si tu veux.

Il n'y a personne à des kilomètres à la ronde.

- Gerald. - Gerald ?

Désolé, chérie. Tu ne connaîtras pas mon nom.

Appelle à l'aide.

- Vraiment ? - Allez, essaie.

- À l'aide ! Au secours ! - Allez...

Tu as dit que tu essaierais d'être crédible.

Oui, c'est juste qu'appeler à l'aide, c'est...

- Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? - Essaie.

Pardon. C'est un peu bizarre.

Je croyais que je devais être sexy, alors...

- Attends, tu vas t'y habituer. - D'accord.

À l'aide ! Il y a quelqu'un ?

- Désolé, je suis juste... - Tu m'as fait mal.

- Mais tu aimes ça, non ? - Gerald.

Ça ne me plaît pas.

- Je suis sérieuse, arrête. - Oui, comme ça, c'est tellement vrai.

Arrête.

- Force-moi. - Arrête !

Tu peux te débattre, mais papa aura ce qu'il veut.

Arrête, merde !

Détache-moi.

T'es en train... Tu joues un rôle ?

Enlève ce bête sourire de ton visage.

Détache-moi et arrête de t'appeler "papa".

Bon sang...

Ce n'est pas pour ça qu'on est venus ?

Pour pimenter les choses et repousser nos limites ?

- J'ai dit que j'essaierais. - Oui.

- Tu as dit que tu essaierais. - J'ai essayé, ça ne fonctionne pas.

Il faut... Il faut vraiment en arriver là ?

Merde, Jess, je...

Désolé...

de vouloir rendre les choses plus excitantes.

Tu ne m'as pas touchée depuis des mois.

Ni même regardée.

Jusqu'à ce que j'accepte de jouer

à ce qui ressemble à un fantasme de viol que j'ignorais que tu avais.

S'il te plaît... enlève-moi ces menottes.

Ça ne nous sauvera pas, Ger. Ça n'aurait pas fonctionné.

Je me sens ridicule.

Super.

- Je suis ridicule. - Non.

Moi, je me sens ridicule. C'est ce que j'ai dit.

Merde, je ne fais jamais rien de bien !

- C'est faux. - Tu ne peux pas m'en vouloir.

Je ne suis plus excité, mais tu ne fais aucun effort.

D'accord. Détache-moi et on en parle.

Et si je refuse ?

Comment ça ?

Et si je refuse ?

Tu dois le faire.

Et si j'étais tendre ?

Va dans la salle de bains et prends les clés.

Je serai tendre.

Gerald...

- Arrête ! - Ça va te plaire.

Merde.

C'est quoi, ton problème ?

Mon problème ?

Comment en est-on arrivés là ?

Jess, on était heureux avant.

Bien sûr.

- Non ? - Si.

- On n'était pas heureux ? - Si.

Quoi ?

Gerald ?

Chéri... Qu'est-ce qu'il y a ?

Ce n'est pas drôle.

Gerald ?

Qu'est-ce qui... Gerald ?

Hé ! Qu'est-ce que tu...

Oh mon Dieu.

Chéri ?

Allez !

Oh mon Dieu.

Je ne peux pas...

Gerald.

Bébé, regarde-moi.

Réveille-toi.

Gerald ?

Ger ?

Gerald.

Dis quelque chose !

Je t'en prie.

Mon Dieu...

Réveille-toi !

À l'aide !

J'ai l'air plus crédible, non ?

Tu veux réessayer ?

Remonte sur le lit. Tu pourras faire ce que tu veux.

Je suis sérieuse.

Tout ce que tu veux.

À l'aide ! Il y a quelqu'un ?

À l'aide.

À l'aide...

Réveille-toi.

S'il te plaît.

C'est l'heure de se réveiller, chéri.

C'est l'heure.

Il y a quelqu'un ?

À l'aide.

Il va faire noir.

Dans une heure... il va faire si noir.

Hé !

On est en haut. Il est blessé.

Nate ? Kelly, c'est toi ?

Merde.

Salut.

Alors, ce steak ?

Tu en as eu pour 200 dollars, tu sais.

J'imagine que tu n'es pas un chien de sauvetage.

C'est ce que je pensais.

Hé !

Éloigne-toi de lui.

Hé !

Ne l'approche pas.

Recule !

Méchant chien !

Hé !

Méchant chien, recule !

Tire-toi d'ici !

Éloigne-toi de lui !

Non.

- Bon sang ! - Gerald ?

Oh mon Dieu, Dieu merci. Je croyais que... que tu...

Mon bras !

- Je suis désolée. - C'est le chien, c'est ça ?

- Tu avais raison. J'avais tort. - Celui que tu as nourri.

Détache-moi et prends-moi dans tes bras. Je suis désolée...

Ce fichu chien.

Ce fichu chien que tu as nourri.

Il a senti le sang, comme tous les chiens.

Merde, j'espère que tu t'étoufferas !

Tu aurais dû tout lui donner, il serait rassasié.

Mais je suis plus frais.

Tu te rappelles la blague que j'ai racontée à Noël ?

Tu étais derrière moi.

J'avais déjà bu quelques verres.

J'étais soûl, mais ça allait encore.

C'est à Tom Reynolds que je parlais...

sur un ton bas, conspirateur, un ton qu'on utilise entre hommes

pour se dire : "Je sais que ça va te plaire, frangin."

Tu n'as entendu que la fin de la blague...

"Au fait, c'est quoi, une femme ?"

Et j'ai attendu.

Ce petit silence suffisant que j'aime garder avant la chute

et dont je suis très fier.

Tom m'a dit : "Quoi ?", comme s'il connaissait la réponse

et j'ai répondu...

"Un respirateur..."

Allez... "Au fait, c'est quoi, une femme ?"

- "Un respirateur pour une chatte." - Oui, c'était ça.

Tu n'as pas dit que tu l'avais entendue. Tu n'as jamais rien dit.

Tu as souri toute la soirée, tu m'as détesté, un peu,

- mais tu n'as jamais rien dit. - Parce que tu n'es pas comme ça.

- Tu ne dis pas ces choses-là. - Je me donnais en spectacle ?

Pour un client ?

Je me rabaissais à son niveau pour avoir ce que je voulais ?

Ou bien est-ce que je suis vraiment comme ça, tout au fond ?

Mieux vaut ne pas poser une question si on ne veut pas connaître la réponse.

Je suppose.

Un respirateur artificiel pour une stupide chatte, c'est ça.

Tu es enchaînée depuis combien de temps ?

Tu ne m'entends plus respirer et pourtant, tu connais ce bruit.

Tu l'entends toutes les nuits depuis onze ans.

Ce petit ronflement, au fond de ma gorge,

que je fais aussi, parfois, quand je suis plongé dans mes pensées.

Ce putain de petit ronron qui n'appartient qu'à Gerald.

Des heures que tu n'entends plus rien sinon le silence total, et tu le savais.

Cinq minutes après ma chute, tu as vu le sang, entendu le silence,

mais tu es restée plantée là, à perdre de précieuses heures de vie,

à m'appeler, à parler à un cadavre au sol.

Que se passe-t-il ?

Je crois que tu perds la tête.

Ça arrive quand on voit un chien manger son mari.

C'est une bonne excuse pour devenir fou.

C'est vrai.

Tu ne saignes plus.

Depuis un moment.

Et tu as fait ce que tu fais toujours quand ça se complique : tu as fui.

Ici dedans.

Tu es restée là, à m'appeler, encore et encore,

et tu as laissé passer un temps précieux,

- comme une stupide... - Arrête.

Tu aurais pu penser à un respirateur.

C'est peut-être pour ça que tu repenses à la blague.

Et pourquoi ?

- Le temps. - C'est ça.

Tu es un respirateur artificiel et on t'a débranchée.

Il a toujours du jus, mais plus pour longtemps.

Si tu ne te détaches pas, ça va descendre à zéro.

Quand est-on arrivés ?

Vers 13 h, je dirais.

Et combien de temps avant de monter ?

- Une heure, peut-être plus. - Disons 14 h, alors.

Et je suis tombé...

Après dix minutes, je crois.

Et le soleil se couche...

- Vers 19h15. - On y est presque.

Plus que 15 minutes, 20 maxi. Donc disons... que ça fait cinq heures.

Cinq heures perdues

à appeler des voisins qui sont à un kilomètre...

S'ils sont là !

Et si tu y réfléchis...

- Nate et Kelly ont dit... - Qu'ils ne viendraient pas avant juin.

Les bonnes sont venues hier.

Le lit est fait et la maison est propre.

Elles ont fini leur travail et le gazon...

- Vient d'être coupé. - Donc plus de jardinier.

Parce que je me suis arrangé pour que tout soit prêt pour nous.

Et je ne voulais pas qu'ils interrompent mon jeu,

donc je les ai sans doute libérés pour le week-end.

- Donc qui pourrait... - T'entendre crier ?

À part ton ami Cujo ?

- Tu as déjà essayé. - Je sais.

Tu peux te briser les poignets, mais tu ne pourras pas les enlever.

Je te l'avais dit.

Aussi facile que ça.

Mon bébé, tu perds vraiment la tête.

Ta main ne passera jamais et la tête de lit, c'est du solide.

- Bien essayé. - Ferme-la.

Ne l'écoute pas. C'est à cause de lui qu'on est là et regarde ce que ça a donné.

Je lui expose les faits, c'est tout.

Tu réagis comme d'habitude : tu rabaisses, tu es condescendant.

Le pénis n'est pas une bénédiction, mais une malédiction pour les hommes.

Et on va mourir ici à cause des 12 cm de Gerald.

Notre vie doit valoir plus que ça.

- Je suis coincée. - Et ces histoires aux infos,

où une mère soulève sa voiture pour sauver son gamin ?

Elle n'a pas d'enfant.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Pas d'instinct maternel.

- Ta carrière passait toujours avant. - C'est ce que tu disais.

Et tu as fini par le croire.

Pas si sûr que tu puisses encore me cacher des choses.

Tu perds un temps précieux.

Je suis coincée.

- Décoince-toi. - Je suis enchaînée à ce putain de lit.

Ne me récite pas des faits. Secoue-toi.

Dit la voix dans ta tête.

C'est toi... totalement toi.

Problème, panique, déni.

Tu espères, si tu regardes ailleurs, que ça va disparaître.

Si tu ne te bouges pas, tu vas mourir avec ces menottes.

On sait toutes les deux que tu es somnambule depuis tes 12 ans.

- Pas maintenant. - Alors, quand ?

Pas maintenant, quoi ?

Il t'a passé des menottes bien avant que Gerald le fasse.

C'est qui, "il" ?

Si j'attrape ce portable...

Il est sûrement plat. Je ne le charge jamais.

Tu ne fais jamais la lessive non plus.

Pas de bol !

OK, on oublie ça. Il pourrait tout aussi bien être sur Mars.

Si tu ne peux pas te lever...

il faudra survivre jusqu'à ce qu'on te trouve.

Qu'y a-t-il ?

J'ai mal à la tête.

Tu sais pourquoi ?

Respirateur.

Combien de temps vit-on sans eau ?

Trois jours ?

Au mieux ?

Oui, je crois que j'ai entendu parler de trois jours.

Ça doit être ça.

Et ça fait quoi ? Cinq...

six ou sept heures ?

Je voulais tellement te faire plaisir...

Quelle idée débile.

Tu te rappelles, quand j'ai commencé à en prendre ?

Je te l'ai caché.

Pendant quoi, six mois ?

J'ai trouvé l'ordonnance.

Mais tu n'as jamais rien dit.

Je l'ai su et je ne les ai plus cachées.

- On n'en a jamais parlé. - Sauf cette fois-là.

Cette fois-là.

Tard, un soir, tu as essayé sans pilule et ça n'a pas fonctionné.

- J'étais mou comme une chiffe. - Jusqu'à...

Jusqu'à...

Ce que tu me tiennes les poignets derrière la tête.

- Je ne l'avais jamais fait. - Si, tu l'avais fait.

- Mais cette fois-là... - Je t'ai prise à la gorge.

D'abord, doucement, puis j'ai serré un peu, non ?

Et Dieu que j'étais dur.

Ça faisait des années.

Tu es restée couchée...

pendant que je te baisais...

et tu as gémi...

comme une femme obéissante, sans rien dire.

Mais pour la première fois depuis tout ce temps, tu t'es demandé...

"Qui ai-je épousé, au juste ?"

On ne le sait jamais vraiment, si ?

Tout le monde a un coin sombre, quelque part.

Un bouton... On veut que quelqu'un le pousse, mais on ne le dit pas.

Année après année...

tu n'as eu qu'un aperçu du mien.

Mais une chose est sûre.

Tu es contente qu'il ait pris ces pilules.

Tu es contente.

Je ne comprenais pas...

ce qui te manquait chez moi.

Tu n'écoutes pas.

Prends-en une.

Et donne-lui.

Attends, je...

Donne-lui.

- Pourquoi est-ce que... - Donne-lui ce dont elle a besoin.

Bien.

Remercie le Seigneur pour ces pilules.

Ces petites pilules bleues qui assoiffaient Gerald.

D'accord...

Tu souris.

Quoi ?

Ça.

- C'est stupide. - Non.

Ne le lâche pas.

- Je n'arrive pas... - Dépose-le.

- Où ça ? - Là où tu l'as pris.

- Tu sais que tu peux l'atteindre. - D'accord.

Doucement...

Va-t'en.

- Dégage d'ici ! - Regarde-moi.

Le chien fait ce qu'il doit faire pour survivre.

Et tu dois faire la même chose.

- Concentre-toi. - Je n'y arrive pas.

C'est ça. Abandonne.

Reviens demain, Gerald et toi serez à nouveau ensemble.

Dans ce putain de chien.

On peut se remettre au travail ?

J'adore ta nuisette.

J'adore ta nuisette.

Je l'ai achetée pour l'occasion.

Elle est toute neuve.

Ne bois pas tout.

Pourquoi mes yeux se ferment ?

Le stress a fait exploser ton taux d'adrénaline et de cortisol

et là, ça redescend.

C'est ça, laisse-toi aller.

Et tout ira bien.

- Je sais... que je ne devrais pas. - Peut-être que tu devrais.

Si quelqu'un te trouve, ce ne sera pas avant demain matin.

- J'aurai besoin d'énergie. - Certainement.

J'en suis sûre.

Demain.

Où es-tu, petit merdeux ?

Il y a quelqu'un ?

Qui êtes-vous ?

J'ai... J'ai besoin d'aide.

Vous...

n'êtes pas...

réel.

Pas réel.

Pas réel.

Peut-être.

Ou alors, tu es peut-être en danger.

On est à l'abri des démons, des fantômes...

et des morts-vivants en plein jour.

Et on est habituellement à l'abri la nuit...

quand on est à plusieurs.

Mais une personne, seule... dans le noir...

Une femme, seule, dans le noir, c'est une porte ouverte, Jessie.

Si elle appelle à l'aide, qui sait qui va répondre ?

Qui sait ce que voient les gens lorsqu'ils meurent, seuls ?

Est-ce si dur de croire que certains sont morts de peur...

peu importe ce que dit le certificat de décès ?

Morts de peur...

parce qu'ils ont vu, à leur chevet...

l'Homme du Clair de Lune.

Peut-être est-ce l'apparence de la Mort.

Pas... réel.

Alors, pourquoi le chien est parti ?

Peut-être s'est-il caché...

sous le lit.

Il peut se lever à tout moment et t'attraper par la hanche.

Et s'il veut mettre sa main sale et glacée...

sur ta chair douce et chaude,

tu ne peux pas y faire grand-chose, petite souris.

- Comment m'as-tu appelée ? - Ferme les yeux.

S'il y a un monstre sous ton lit, il ne t'ennuiera pas si tu dors.

Tout le monde sait ça, petite souris.

Ne m'appelle pas comme ça.

Rêve tes rêves.

Rêve profondément.

Aide ton père, s'il te plaît.

Ça va, Jessie ?

- C'est plus petit que dans mes souvenirs. - Parce que tu as grandi.

- Viens, petite souris. - Attends.

Je vais dans l'eau.

- Non... - Non. Et ne courez pas, s'il vous plaît.

Merci.

Pour la première fois en 26 ans,

on va pouvoir observer une éclipse solaire totale aux États-Unis.

Les chanceux des quelques villes qui la verront

ont décidé d'installer des zones d'observation

et procèdent aux préparatifs

pour assurer la sécurité et le confort de leurs hôtes.

Pour ceux qui n'ont jamais observé d'éclipse solaire,

c'est une occasion unique de...

Papa !

...le plus beau phénomène naturel. L'éclipse est suivie...

- Oh, vous l'avez fait ! - On a enfin terminé.

Et j'ai fait ça aussi.

Super ! Allez, tous au bateau.

- À vos ordres. - Soyez prudents.

- D'accord. - OK, papa.

Il est rare d'en voir plus d'une dans la même ville.

En moyenne, une éclipse a lieu tous les 375 ans au même endroit.

Notre région se trouve sur le chemin de l'éclipse

et nous devrions vivre deux minutes et 20 secondes d'obscurité,

à partir de 16h17 aujourd'hui.

Tu veux préparer des sandwichs ?

Je ne veux pas aller sur le bateau aujourd'hui. J'ai peur du lac.

Des gens se sont noyés ici.

Si elle a peur de l'eau, je ne l'obligerai pas à partir avec nous.

On est venus en famille, pour naviguer sur le lac.

Ça ne la tuera pas de passer un peu de temps avec nous.

Tu la gâtes beaucoup trop.

- C'est normal, non ? - Arrête.

Quoi ?

Tu sais, tu n'as pas voulu venir skier avec nous, à Noël.

Et on ne t'a pas forcé la main, si ?

Non, on t'a laissée te détendre au chalet.

Tu veux rester avec elle ?

Reste avec elle. D'accord. C'est un boulet, de toute façon.

Elle se bat avec son frère et lève les yeux au ciel.

- Elle a 12 ans. - C'est ça. Et tout sourire avec papa.

C'est normal à son âge, non ?

Bien sûr.

C'est juste que...

D'accord, c'est bon.

Attends, je ne veux pas...

Nous rappelons à nos auditeurs de ne pas regarder l'éclipse sans protection.

Ça devrait commencer à...

Voilà qui est mieux.

Sauf si tu ne veux pas écouter la vieille musique de papa.

Non, ça me plaît.

Quelle jolie robe.

- Elle est neuve ? - Oui. Maman dit qu'elle est trop courte.

Maman a tort.

Tu es superbe.

Une vraie jeune fille.

- Tiens, pour te protéger les yeux. - Merci. Où sont les tiennes ?

Euh, tu sais quoi ? Je n'en sais rien.

Je crois que ta mère les a prises.

- Viens plus près, on va partager. - OK.

Ça commence.

Quoi ?

Je ne sais pas.

Ça me rappelle quelque chose.

Toi et moi, assis ici, tous les deux.

Quand tu étais petite, tu t'asseyais sur mes genoux.

Tu me montrais les étoiles et tu me demandais si elles étaient loin.

C'est gênant.

Non.

C'est mignon.

On en a passé de chouettes soirées ici, toi et moi.

Moi et petite souris.

Non, c'est stupide.

Quoi ?

J'allais dire que...

Quoi ?

Qu'en dis-tu ?

En souvenir du passé ?

Non, c'est bête. Une bête idée de ton vieux père.

Je pensais juste...

comme cette époque était heureuse, c'est tout.

Je sais que tu es une grande fille, maintenant.

Tu es trop grande pour t'asseoir sur les genoux de ton père.

Ma petite fille me manque, parfois.

Je ne suis pas trop grande.

Tu en es sûre ?

Tout à fait.

Petite souris...

- Je t'aime. - Je t'aime aussi, papa.

Super. C'est vraiment génial.

Papa, tu vas la rater.

Continue de regarder.

Papa ?

Continue de regarder.

- Papa... - Continue... de regarder.

Bon sang !

Tu as été suspendue toute la nuit. Le sang ne circule plus.

Ça brûle !

Des crampes. Ça va...

passer.

Les crampes vont passer.

Continue de pédaler, fais circuler le sang.

Oh mon Dieu...

Mon Dieu, ça fait mal.

De mauvais rêves ?

Tu ne m'as jamais dit...

pour l'éclipse.

Je ne l'ai jamais dit à personne.

C'est ça, un mariage, non ?

- Se raconter ses difficultés ? - Pas celle-là, non.

Pas étonnant que ça n'ait pas marché.

Ça ne nous concernait pas.

Vraiment ?

Tu as épousé un homme plus âgé.

Ton père était avocat. Gerald était avocat.

Ton père te rabaissait, te traitait comme un objet.

Sans oublier mon problème de boisson.

Si tu avais un problème de boisson, c'est résolu.

En fait, Jessie...

Avec ton mariage, tu as reproduit le seul modèle que tu connais.

Tu étais une fille, il était un homme et...

Tu ne t'es jamais éloignée de ça.

Tu as prolongé cet après-midi.

Ça ne suffit pas... que je sois ici ?

Je dois aussi être là-bas ? À nouveau ?

À toi de me le dire.

Tu avais eu tes premières règles le mois précédent, non ?

C'est peut-être ce qui l'a excité. Il a senti le sang, comme les chiens.

Notre ami, dans le couloir, est comme tous les hommes que tu as connus.

Il a eu du bœuf de Kobe...

- Ça vient vraiment de Kobe. - ...puis il a senti Gerald.

Ton père avait ta mère jusqu'à ce que tu sois mûre.

- Ce n'était pas comme ça. - Et Gerald...

Les retours tardifs, les appels mystérieux...

les voyages le week-end... Que faisait-il vraiment ?

Tu l'as ignoré, mais...

Tu savais qu'il ne voulait plus de toi et un chien doit manger.

Je gérais ça.

Bien sûr.

Comme tu as géré les dernières minutes sur les genoux de papa ?

Il ne m'a pas violée.

Il ne m'a même pas touchée.

Il se touchait lui-même.

Et s'il faut absolument en vouloir à quelqu'un...

je pourrais en vouloir...

à ma mère ou au bateau.

Cette robe était trop courte.

Ce qu'il m'a fait sur ce banc...

ce n'est pas la pire chose qui soit.

Non. Ça, c'est ce qu'il t'a fait après, dans la chambre.

Qu'est-ce qu'il a fait ?

Rien.

Il m'a juste parlé.

Rien ?

Rien sur le banc.

Et rien dans la chambre. Tu as peut-être fait un cauchemar.

J'ai fait un rêve...

ce soir-là, au lac.

Il y avait une femme...

debout devant un puits profond, qui observait l'obscurité.

Moi, je suis dans le puits et je la regarde.

Le ciel était si noir, derrière elle...

et l'éclipse brûlait dans le ciel.

L'odeur... L'odeur, dans ce puits...

Ça sentait d'abord les pièces de monnaie, puis les huîtres.

Elle était là, dans sa robe rouge...

en train de me regarder.

Qu'y avait-il, dans le puits ?

Des secrets.

Tellement de secrets.

Tu as cru pouvoir y laisser les tiens.

Simplement... les jeter dans le puits, loin, dans l'obscurité.

Qui était cette dame ?

Je me rappelle avoir pensé que c'était peut-être moi.

Elle ne l'aurait jamais dit. Je le savais, rien qu'en la voyant.

Elle serait morte avant de l'avoir dit.

J'ai pensé : "Je peux le faire."

Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé ça.

C'était juste un rêve.

Comme l'homme, dans le coin.

C'était certainement... un mauvais rêve.

Je ne sais pas, princesse.

Tu peux le croire, si ça t'aide.

C'était un tour de mon esprit.

Comme toi, Gerald. Comme vous deux.

Alors, pourquoi avoir peur de regarder ? Tu as peur de voir quelque chose ?

Pourquoi tu l'écoutes encore ?

- C'est sans doute le chien. - C'est plus gros que ça.

Regarde encore.

On dirait une trace de pas.

- Et si c'est le cas... - Ferme-la.

...c'est la Mort que tu as vue.

Il reviendra ce soir, Jessie.

Quand tu seras morte, il prendra ton alliance...

et la gardera avec ses trouvailles.

Ses souvenirs.

- Je vais fermer les yeux. - Non.

- Et compter jusqu'à dix. - Reste éveillée.

Et quand je les rouvrirai...

vous serez tous les deux partis.

- Dix, neuf, huit... - Tu m'entends ?

- Reste éveillée. - Je suis éveillée.

Sept, six, cinq...

quatre, trois...

deux...

un.

Ça va, petite souris ?

Je suis désolé.

Désolé que tu aies été là quand...

Je ne t'ai pas touchée, Jessie.

Mais quand même...

On devrait peut-être le dire à maman.

On devrait lui dire, non ?

Mais ça m'ennuierait...

parce que c'est un peu tendu entre vous ces derniers temps.

C'est un peu tendu entre nous aussi...

avec le bébé et tout.

Mais ça...

ça aggraverait vraiment la situation.

Elle ne dira pas que c'est ta faute.

J'en suis sûr.

Presque sûr. Enfin, peut-être que si.

Mais nous, on sait... que ce n'est pas ta faute.

C'est mieux de ne rien lui dire.

Je dois lui dire.

On doit lui dire.

Pourquoi ?

Parce que...

On ne peut pas le lui cacher.

On ne peut pas le lui cacher.

Si elle doit l'apprendre un jour...

c'est mieux pour nous que ce soit aujourd'hui.

Pas dans une semaine, dans un an... ou même dans dix ans.

S'il te plaît...

Je ne dirai rien.

Tu sais...

si on n'en parle pas à maman aujourd'hui...

on ne peut jamais rien dire à personne.

Je ne dirai rien. Jamais.

Jamais.

- Jamais. - Pas juste à ta mère.

À personne.

C'est une grande responsabilité pour une petite fille.

Pardon.

Une jeune femme.

Tu voudras peut-être le dire.

À des amis...

S'ils te racontent un secret, tu voudras peut-être leur dire.

- Jamais. - Ou à ton frère.

Ou à ta sœur.

À un moment donné, tu voudras peut-être...

Non.

Non. Promis, juré.

Je ne sais pas, Jess.

Ce serait mieux pour nous si on le disait tout de suite.

On l'a mérité.

Elle ne va pas nous tuer.

S'il te plaît...

Je t'en prie, ne lui dis pas.

Je ne le dirai à personne. Jamais.

S'il te plaît.

Je n'ai jamais rien pu te refuser que tu voulais vraiment, n'est-ce pas ?

D'accord, Jess.

On va essayer à ta façon.

Merci, papa.

Donc marché conclu.

Je ne dis rien...

tu ne dis rien, à personne. On n'en parle même pas entre nous.

On sort de cette chambre...

et il ne s'est jamais rien passé.

D'accord.

J'ai fait une chose honteuse.

Tu as détourné le regard, en disant ça.

Avant, tu étais capable de me regarder en face et de me mentir.

Mais la vérité t'a fait détourner les yeux.

Je ne sais pas ce qui m'a pris.

C'était peut-être l'éclipse.

Dieu merci, on n'en verra plus jamais.

Il ne s'est rien passé.

Il ne s'est jamais rien passé.

Allez, on va allumer le barbecue. Ils vont bientôt rentrer.

Il va réessayer.

Tu es plus fraîche.

Tu peux encore bouger, mais tu vas bientôt perdre tes forces et il le sent.

C'est l'après-midi.

Le soleil commence à descendre.

Personne n'est venu ce matin.

Ou bien, tu dormais.

Quelqu'un finira par te trouver, Jess. Mais ça peut prendre du temps.

Les gens penseront d'abord qu'on s'est échappés en amoureux.

Pourquoi pas ?

Personne d'autre ne sait

que je n'arrive à bander qu'en t'attachant au lit.

Pour le reste du monde, notre couple est parfait.

Mais tôt ou tard, on va s'inquiéter pour moi.

Il y a quelques femmes que tu appelles tes amies, mais...

Tu ne les as jamais laissées entrer dans ta vie, si ?

Aucune d'elles ne s'inquiétera si tu disparais une semaine ou...

dix jours.

Moi, j'ai des rendez-vous.

Et si je ne suis pas là vendredi, ils vont se poser des questions.

Ça commencera comme ça.

Je crois que c'est le concierge qui va découvrir les corps.

Il appellera la police quand il te verra par la fenêtre ou...

quand il nous sentira.

Il tournera la tête quand il te couvrira avec la couverture qui est dans l'armoire,

parce qu'il ne voudra pas voir tes mains dans les menottes.

Tes doigts droits comme des crayons, blancs comme des bougies.

Mais surtout...

il ne voudra pas voir l'expression d'horreur sur ton visage.

Pourquoi fais-tu cela ?

La police scientifique va débarquer avec le légiste.

Quand ils enlèveront la couverture...

ils feront la grimace et se diront que la femme sur le lit a dû souffrir.

Mais ils ne connaîtront pas toute l'histoire.

Ils ne sauront pas...

qu'en réalité, si tes yeux sont grand ouverts...

et si ta bouche crie...

c'est à cause de ce que tu as vu à la fin...

sorti de l'obscurité.

Puis ils t'emmèneront à la morgue.

Le légiste t'ouvrira, examinera tes tripes.

Il cherchera des traces de ton dernier repas,

t'enlèvera un morceau de cerveau pour l'analyser au microscope.

Mais à la fin...

À la fin, il dira juste : "Mort par accident."

- Ils jouaient à un jeu inoffensif. - Inoffensif.

Le monsieur a eu une crise cardiaque au mauvais moment...

et la femme en a été réduite à...

Mieux vaut ne pas entrer dans les détails.

Elle a connu une mort atroce.

Il suffit de la regarder pour le savoir.

Et quelqu'un verra peut-être que ton alliance a disparu.

Mais ils ne la chercheront pas longtemps. S'ils la cherchent.

Ils ne verront pas non plus que l'un de tes os...

pas un os important, juste la troisième phalange de ton pied droit...

a disparu aussi.

Mais nous, on saura, n'est-ce pas, Jess ?

On saura qui l'aura prise.

Ce sera la Mort.

Et tu l'as vue...

comme tous les gens qui meurent seuls dans des lieux isolés.

C'était la Mort.

Et ce soir, quand le soleil sera couché, elle reviendra te voir.

Chut, petit bébé, ne dis rien

Maman va t'acheter...

- Je vais mourir. - Toute chose meurt.

Tout a un but, ici-bas.

Et si tu n'entends plus l'oiseau chanter

- Je vais mourir. - Oui, ma chérie.

Une bague, papa va t'acheter

Ce sera rapide.

Et si ta bague s'abîme

Si tu meurs vite, tu ne verras pas l'Homme du Clair de Lune.

- Je vais... - Dormir.

Tu vas dormir.

Papa va t'acheter un miroir

Je suis désolée.

Je ne veux pas que tu sois désolée.

Alors, que veux-tu ?

Que tu te souviennes.

Tu crois que j'ai oublié ?

Je me rappelle chaque instant.

Chaque regard rempli de honte qu'il me lançait, je me rappelle maman...

- qui ne voyait rien. - Je ne parle pas de ça.

Si elle l'avait vu ?

Ça aurait voulu dire que ma petite sœur était aussi condamnée

à se faire voler son enfance par cet enfoiré

et maman aurait préféré mourir plutôt que de le confronter.

Donc c'était à moi de protéger Maddie.

Même si ça voulait dire que je ne ferais plus jamais partie de la famille.

Et ce n'était pas mon rôle. Si ? Mon rôle, c'était d'être une enfant.

Soudain, je n'avais plus le choix.

Tu as toujours eu ce qu'il fallait pour survivre, depuis le début.

Tu dois juste te rappeler.

Pas le soleil, pas l'éclipse.

Après.

On s'est amusés sur le bateau. On en achète un ?

- Oui. - Oui ?

J'espère que c'était aussi beau vu d'ici.

- C'était génial. - C'était marrant.

C'était marrant.

C'était magnifique ici aussi. Hein, petite souris ? On s'est amusés.

Tu as passé un bon moment avec papa, Jess ?

Bon sang ! Jess, ça va ?

Je...

Je suis désolée. C'était un accident.

Juste... Viens, on va nettoyer ça.

Ce n'est pas si grave.

Tu survivras.

- Ça fait mal ? - Ça va.

Juste...

Sois prudente.

Je ne voudrais pas...

te conduire à l'hôpital pour qu'on te recouse les doigts.

Ça va faire mal.

- Mais le sang... - Mais le sang...

...avant de sécher, ça glisse comme de l'huile.

Ça ne fonctionnera pas.

Peut-être que non.

Mais les poignets comptent moins de nerfs que les autres parties du corps.

C'est pour ça que se couper les poignets, c'est bien pour...

Comment sais-tu ça ?

Si tu vas trop loin, tu te videras de ton sang.

Si je ne fais rien, je mourrai de crises, de déshydratation ou à cause du chien.

Ou quand mon visiteur au sac d'os me rendra visite.

Le soleil se couche, il sera bientôt là.

Alors, le temps presse.

Plus de force, hein ?

- Il m'en faut peu. - Tu ne tiendras pas sur tes jambes.

Ça fait un jour et demi que tu n'as pas marché.

Si mes mains réussissent, mes jambes ont intérêt à tenir.

D'accord.

Visualise la scène, alors. La totale.

Oui.

D'accord...

Une fois que tu commences, ne t'arrête pas.

Tu devras être rapide, parce que tu es déshydratée.

Et, Jessie...

tu sais, si quelque chose foire...

Ça n'aura pas d'importance.

Au revoir.

D'accord.

Ne bouge pas, le chien.

Un, deux...

D'accord...

Trois.

Bien.

Allez.

Merde.

Bien...

Lâche-moi !

Tu n'es fait que de clair de lune.

Tu m'entends ?

De clair de lune.

Mon Dieu.

Par pitié, encore un petit peu.

Encore... un petit peu...

Oh, non.

Petite souris.

Bonjour.

J'écris cette lettre de la main droite,

bien au chaud dans son gant anti-frottements.

Après trois greffes de peau, ce n'est toujours pas guéri

et ça fait encore mal d'écrire.

Mais tant mieux.

Cette lettre doit me faire souffrir.

Les médecins, les policiers et même les journalistes

m'ont crue quand j'ai dit que j'étais amnésique.

Pourquoi pas ?

Les gens qui vivent un traumatisme perdent souvent la mémoire.

Les flics le savent mieux que les avocats.

Et je le savais mieux que quiconque.

La société de Gerald n'a pas communiqué les détails.

C'était gentil.

Le légiste a confirmé qu'il s'agissait d'une crise cardiaque.

L'assurance a payé, le tumulte s'est calmé et...

la vie a continué.

Une vie normale.

Enfin, pas si normale.

Plus jamais normale.

Chaque soir, juste avant que je ferme les yeux...

Si ce n'était pas lui ni son visage qui m'empêchait de dormir...

c'était la question.

Malgré tous les policiers qui ont fouillé la maison...

ils n'ont jamais trouvé mon alliance.

Ce qui m'a aidée à tenir, c'est toi.

C'est de penser à toi.

Et à la raison qui t'a menée à moi ce jour-là.

Toi, dans ton monde dépourvu de soleil, toujours sur ce banc.

Tu voulais me faire comprendre...

que ses menottes étaient le silence

et les siennes, le confort.

Ma vie s'est améliorée.

Avec l'argent de l'assurance,

j'ai créé une fondation pour les filles et les garçons comme nous.

J'avais passé tant d'années sans rien dire que je voulais raconter mon histoire.

Je raconte mon histoire tous les jours à tous les enfants que je peux aider.

Quand j'avais 12 ans, je suis allée avec ma famille près d'un lac.

Et, alors que j'occupais mes journées, j'étais toujours seule la nuit...

à attendre son visage pâle dans le clair de lune...

venir chercher sa fiancée qui s'était enfuie.

Six mois après les menottes, six mois à être veuve...

six mois à vivre la mort.

Et puis, la photo de Raymond Andrew Joubert

est apparue pour la première fois dans les journaux.

"Le fou des cryptes" capturé à Fairhope, Alabama

Il y a deux ans, des faits de vandalisme dans des cimetières

dans l'arrière-pays de l'Alabama étaient rapportés,

mais je n'avais rien entendu à La Nouvelle-Orléans.

C'étaient de petits faits divers.

Cimetière vandalisé

Quelqu'un entrait dans les cryptes et les mausolées

de petits cimetières locaux avec perceuse, coupe-boulons et scie à métaux

et volait les bijoux des morts.

MAUSOLÉE ENDOMMAGÉ

Au fil des mois, l'histoire a pris de l'ampleur.

Il y a eu des incidents en Louisiane.

MAUSOLÉE LOCAL CAMBRIOLÉ

Il retirait les yeux, coupait les gorges.

UN VOLEUR VOLE DES PARTIES DE CORPS

En février, deux cadavres ont été retrouvés sans nez.

CORPS MUTILÉS : UNE SECTE ?

Puis sans mains. Et sans oreilles.

J'avais toujours cru que c'était le chien.

Quand il s'est mis à couper les parties génitales après avoir violé le cadavre...

Le fou des cryptes viole les cadavres

...il s'en est tenu aux hommes.

J'avais été extrêmement chanceuse.

Je ne l'ai remarqué que quand il a fait la une.

On aurait dit qu'il revenait d'entre les morts.

Une nuit, un homme s'est réveillé avec Raymond Joubert dans sa chambre,

nu, essayant de lui couper l'oreille.

Joubert souffre d'acromégalie,

un agrandissement progressif des mains, des pieds et du visage

car l'hypophyse ne fonctionne plus correctement.

Ça cause aussi un gonflement du front

et des bras anormalement longs qui pendent jusqu'aux genoux.

Ils sont allés à sa seule adresse connue, une ferme sur Kingston Road.

Ils ne l'ont pas trouvé,

mais ils ont trouvé sa sœur et son mari,

qu'il appelait "maman" et "papa".

Il les avait scalpés et avait presque mangé papa.

Ils ont trouvé 50 cloches avec des oreilles,

des lèvres et des doigts.

Ils le soupçonnent d'avoir tué près de 12 personnes ces cinq dernières années.

Mais je ne sais pas pourquoi, il m'a épargnée.

"Le fou des cryptes" capturé à Fairhope

Ce monstre était réel, bien réel.

Aussi réel que les menottes et le chien.

Aussi réel que l'éclipse.

Je devais t'écrire tout ça, petite souris...

car tu es la seule qui comprendra

et la seule qui compte vraiment.

"Il comparaîtra demain. Et je vais le voir.

Parce que ceux qui devaient te protéger des monstres...

sont eux-mêmes devenus des monstres...

et ça t'a presque tuée."

Il faut que le soleil revienne.

Après tout ce temps...

je crois qu'on mérite le soleil.

On nous annonçait ce matin que les caméras ne seraient pas autorisées,

une décision inhabituelle dans une affaire pleine de surprises.

Mais il n'y a rien de plus inhabituel que...

Selon des sources proches de la police de l'État d'Alabama,

Raymond Andrew Joubert n'aurait dit aucun mot depuis son arrestation,

pas même à son avocat.

Seize chefs d'accusation pour effraction et vandalisme.

Dix-huit chefs pour profanation.

Huit chefs pour meurtre avec préméditation.

Vingt et un chefs pour mutilation.

Vingt-huit chefs pour profanation de cadavres.

Seize chefs pour effraction.

Quatre chefs pour coups et blessures.

Madame ?

"Tu n'es pas réel.

Tu n'es pas réel."

Agent !

"Tu n'es fait que de clair de lune."

Tu es bien plus petit que dans mes souvenirs.

ADAPTÉ DU ROMAN DE STEPHEN KING

Sous-titres : Céline Van der Cam

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.