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Que se passe-t-il ?
- Le vent souffle fort ! - C'est fou ! Ce n'est pas la saison.
Ce doit �tre l'esprit du vent.
Miyori, regarde les fleurs.
C'est la premi�re fois qu'elle voit un cerisier en fleur.
J'adore la campagne, on s'y sent bien.
Pourquoi ne viens-tu pas plus souvent ?
Parce que j'ai beaucoup trop de travail.
C'est tomb� dans ton verre.
Pourquoi est-on si occup� dans la publicit� ?
C'est difficile � expliquer.
On dit que �a porte chance �a, non ?
- O� y a-t-il un drugstore ? - Pr�s de la gare.
Va me chercher du vernis � ongles.
- C'est � une heure de marche ! - Prends la voiture.
Je ne peux pas, j'ai bu.
- Et alors ? - Voyons...
- Restons calmes. - Allons voir Miyori.
Miyori...
- O� est-elle ? - Miyori !
Elle ne peut pas �tre loin.
Kuro va la retrouver, ne vous en faites pas.
- Miyori ! - Miyori !
- Ne vous inqui�tez pas. - Kuro, cherche Miyori !
Miyori !
- Miyori ! - Miyori !
Cherche, Kuro !
- Kuro, o� est-elle all�e ? - Retrouve-la !
On dirait qu'il sait quelque chose.
Enfilez vos chaussures, ce sera plus pratique.
Kuro !
Kuro, retrouve Miyori, je t'en prie.
Arr�te, Bokuriko !
Pardon, Miyori.
Je t'attendais, Miyori.
Bonjour !
Cette for�t sera bient�t � toi.
LA FOR�T DE MIYORI
DIX ANS PLUS TARD
Ma m�re nous a quitt�s � la saison des pluies.
D�s lors, je suis all�e vivre chez les parents de mon p�re.
Tu nous as fait peur, ce jour-l�.
On te croyait perdue.
Comment imaginer qu'un b�b� �tait capable de grimper � un arbre ?
Ta m�re a trouv� �a surnaturel. Elle n'a plus voulu revenir.
Je ne me souviens pas.
Essaie d'�tre plus sociable.
Tu auras des probl�mes avec les gens dans la vie.
�a me fatigue de devoir les flatter.
Il ne s'agit pas de �a, mais de savoir �couter les autres.
Question de politesse.
Change de disque. Tu m'ennuies.
Ne fais pas l'enfant mal �lev�e.
Et qui est responsable de mon �ducation ?
- Regarde, dans le ciel ! - Les oiseaux ?
Je ne crois pas.
Nous arriverons dans quelques minutes.
- Papa. - Oui ?
Les enfants r�unissent les parents ?
Pardon ?
J'ai d� �tre punie d'avoir �chou� � vous faire rester ensemble.
Ne dis pas n'importe quoi.
J'aurais pr�f�r� aller � la mer,
mais je me suis vite sentie chez moi.
J'esp�re qu'ils ont aussi de gros cornets de glace ici.
Mais je n'ai vu aucun glacier dans ce village.
Il n'y a que du ma�s, partout !
Et des tonnes de haricots !
Papa ne semble pas tr�s heureux de revenir ici.
Pourquoi ne restes-tu pas plus longtemps ?
J'ai du travail � finir, d�sol�.
Tu pourrais passer la nuit ici.
Je te pr�parerai ton plat pr�f�r�, d'accord ?
Je ne peux pas, j'ai une r�union.
Tu aurais pu faire un effort.
Tu as h�te de me laisser. Exactement comme maman.
Miyori, �coute. J'essaierai de revenir cet �t�.
Tu n'as pas pris de vacances l'ann�e derni�re. Tu as d�j� oubli� ?
- Sois prudent. - Oui.
Lui aussi, il m'a abandonn�e.
Te voil� avec nous.
Il sera bient�t � la hauteur des trois c�dres.
Tu les vois ?
- Miyori. - Elle m'appelle d�j� Miyori.
Tu vas vivre avec nous, alors installe-toi � ton aise.
Tu peux aller faire un tour en attendant ton grand-p�re.
Qu'y a-t-il d'int�ressant � voir ?
Rien de particulier.
Laisse ton t�l�phone, tu n'en auras pas besoin.
Comment sait-elle que j'en ai un ?
� tout � l'heure !
La for�t est pleine d'animaux et d'�tres vivants.
Surtout, ne les effraie pas.
Des ours, par exemple ?
Tout est bizarre, ici.
Adieu, Tokyo.
C'est quoi ? Un lapin ?
Incroyable ! Ce n'est pas la saison !
C'est peut-�tre diff�rent, � la montagne.
J'ai un peu peur ici.
Est-ce que je suis seule au monde ?
Je vais �tre d�vor�e par un ours ?
Quelle sensation �trange !
Si j'avais le choix, je pr�f�rerais �tre tu�e par un lion
ou un tigre du Bengale.
Quoi ? Pourquoi un tigre ?
Il y a des tigres dans la for�t ?
Il a d� s'enfuir d'un cirque.
On dirait qu'il ronronne.
Je n'entends plus les battements de mon c�ur.
J'�prouve de curieuses sensations.
Je me sens en terrain connu.
C'est � cette heure-l� que tu rentres ?
- J'avais du travail. - Du travail ?
Je me demande ce que tu fabriques.
Tu tra�nes toute la journ�e. Tu ne sais pas ce que j'endure.
Qui m'a demand� d'arr�ter de travailler ?
Tu voulais arr�ter de toute fa�on. Ne me le reproche pas !
J'aurais eu une promotion bien avant toi.
C'est � cause de Miyori que j'ai arr�t� de travailler.
Je suis n�e pour rien. Je ne veux pas de parents !
Je ne suis l'enfant de personne !
- Attends-moi ! - Tiens, salut !
Viens, vite !
Mes chaussures, o� sont-elles ?
Vous me les avez prises, o� sont-elles ?
Rendez-les-moi !
Je n'aime pas qu'on me parle comme �a.
Ne nous regarde pas avec cet air.
Tu nous prends pour des imb�ciles.
Vous n'�tes pas d�brouillardes.
Tu trouves �a bien de tout faire toute seule ?
Qu'y a-t-il d'int�ressant � �tre seule ?
Taisez-vous !
Les amis ne m'int�ressent pas.
Je n'en ai pas besoin. �a ne sert � rien.
Je veux �tre seule. C'est tout.
Qui es-tu ?
Pourquoi pleures-tu ?
Il n'y a plus de fleurs. O� sont-elles ?
Elles �taient si jolies...
�tait-ce un r�ve au c�ur de la r�alit� ?
Que fais-tu l� ? Tu es perdue ?
- D'o� viens-tu ? - J'arrive de Tokyo. J'habite l�-bas.
Alors, tu dois �tre Miyori.
- Oui. - Que tu as grandi !
Tu te souviens de Kuro ?
Tu ne te souviens pas de nous ? Kuro et grand-p�re...
Kuro...
Je suis d�j� venue ici, pas vrai ?
- Oui, quand tu �tais toute petite. - Je vois.
- Ce n'est pas la premi�re fois. - Bien s�r que non.
Allez, rentrons.
- Tu as pris ton bain ? - Oui.
Tu vois, c'est de la banane plantain.
Je la m�lange avec de la r�glisse, c'est excellent pour la toux.
Notre voisin n'arr�te pas de tousser.
Alors, tu es m�decin ?
Non. Les voisins me prennent pour un m�decin.
Elle soigne tous les maux. On raconte que c'est une sorci�re.
- Une gentille sorci�re. - Les gens disent n'importe quoi.
Il y a beaucoup d'esp�ces d'herbes. On peut soigner bien des maladies.
Tu es une petite-fille de sorci�re.
Miyori, mets tes v�tements dans la bassine. Je vais les laver.
- Merci. - Et je vais te brosser les cheveux.
Je sais le faire moi-m�me.
- Tu es all�e loin dans le bois ? - Jusqu'au grand cerisier.
- C'est un arbre divin. - Un arbre divin ?
Une divinit� y habite.
On ne dirait pas un cerisier.
Quel dommage. Il a �t� frapp� par la foudre l'an dernier.
Il donnait des fleurs magnifiques, si tu les avais vues !
Je me suis endormie sous l'arbre.
Toi, tu as rencontr� Moguri.
Tu devais faire un cauchemar.
Moguri d�vore les cauchemars. Il ne reviendra plus, celui-l�.
Grand-m�re, tout le monde peut le voir, ce Moguri ?
Non. Il n'appara�t que tr�s rarement.
En g�n�ral, on le sent, mais on ne le voit pas.
Mais toi, tu l'as vu, pas vrai ?
Ne t'en fais pas. Il n'est pas m�chant du tout.
Il y a bien d'autres cr�atures comme lui dans la for�t.
Pourquoi tu n'as pas aboy� ?
C'�tait un ami qui te rendait visite ?
Quelle douce brise !
On va faire un tour ?
Kuro !
Kuro !
Kuro !
Grand-m�re a raison. La foudre l'a frapp�.
Cet arbre semble mort d�sormais.
Je ne suis pas de cet avis.
Qui est l� ?
- Tu nous as d�j� oubli�s ? - Non. Mais qui diable es-tu ?
Tu n'es pas tr�s polie, tu pourrais faire un effort.
On s'est vus il y a dix ans.
J'�tais encore toute petite.
Oui. Et tu ne te souviens pas ?
Je sais ! C'est un r�ve. Je suis en train de r�ver �veill�e.
Oui, c'est un r�ve ! Absolument, c'en est un !
Ce n'est pas un r�ve.
�a faisait longtemps, Miyori.
J'ai l'impression qu'elle a oubli�.
Quelle dr�le de gamine.
Je m'appelle Bokuriko, gardien de la for�t.
Et lui, c'est Nego, le sage.
Qu'est-ce qui se passe ? Quel dr�le de r�ve.
Ce doit �tre � cause du stress.
Ce n'est pas un r�ve ! Comment faut-il le dire ?
Une hallucination, alors ?
Elle ne comprend rien du tout.
Non, n'aie pas peur, tout va bien.
Tu as perdu �a, non ?
Reprends-le, je n'en veux pas.
Je l'ai jet� expr�s dans la rivi�re.
- Il ne faut pas faire �a. - Vous n'�tes qu'une hallucination ?
Je vais vous faire dispara�tre.
Moguri ?
Approche, viens.
Miyori !
Que fais-tu l�-haut ?
Ne bouge pas !
C'est bien toi, Kuro ? Tu es devenu tout blanc !
Miyori, ne bouge pas !
Attention ! C'est tr�s glissant !
Il n'a jamais �t� dou� pour l'escalade.
On dirait qu'elle est un peu chez elle dans ce cerisier.
Attention ! D�sol�, papa.
- Bravo ! - Nous l'avons retrouv�e.
Tu n'avais pas peur de nous � l'�poque.
Non. Je ne vous connais pas !
Je ne vous ai jamais vus de la vie !
Dites, c'est elle, notre divinit� protectrice ?
Ne parle pas comme �a, Kanoko.
Kanoko a raison. Elle n'a pas l'air d'une divinit�.
- Elle ne comprend rien. - Elle est tr�s maigre.
Elle n'a pas l'air tr�s forte.
Je la croyais plus raisonnable.
Saura-t-elle prot�ger la for�t ?
Renvoyons-la vite � Tokyo.
- C'est �a ! - Je suis d'accord.
�a suffit !
Notre chef l'a choisie. Elle ne peut pas se tromper.
- Tu as d�j� fini ? - Je ne mange pas le matin.
- C'est mauvais pour la sant�. - D�sol�e.
- Je boirais bien une limonade. - Miyori, suis-moi.
Oui.
C'est dur pour mes jambes.
Enfin. On y est.
L'�cole commence dans une semaine.
Il te faudra une chambre � toi.
Ce sera ici. Et tu auras ton bureau.
J'ai l'impression d'�tre Heidi.
Tu veux que je te montre l'autre �tage ?
Oui.
�a, c'est un vrai grenier !
Il te pla�t ? Tu sais, souvent, ils viennent se reposer ici.
Qui �a ? De qui parles-tu ?
Des esprits qui parlent.
Des animaux, par exemple ?
Je pense que tu seras tr�s bien ici.
Qu'est-ce que c'est ?
�a sert � attraper l'esprit du vent.
�a marche comme �a.
Qu'est-ce qui te fait rire ? C'est vrai.
Et �a, c'est quoi ?
Un tambour de Sib�rie pour convoquer les divinit�s.
La baguette doit �tre quelque part.
Rendez-nous vite
ce que nous avons perdu !
- � qui parles-tu ? - Ils finiront bien par revenir.
- C'est toi qui rassembles ces objets ? - Certains m'ont �t� offerts.
J'ai mis des ann�es � trouver ces tr�sors.
C'est fabuleux !
�teins la lumi�re.
Tu as rencontr� beaucoup de monde dans la for�t, non ?
Ce n'�tait pas un r�ve.
Tu ne te souviens peut-�tre pas.
Tu as �t� �lue divinit� protectrice de la for�t quand tu �tais petite.
Divinit� protectrice ?
Cette for�t m'appartient, je la prot�ge.
Mais un jour, elle sera � toi et tu en seras responsable.
La vie de la for�t d�pend de l'�tre humain.
Elle a besoin de quelqu'un qui sache entendre sa voix.
- Alors, je m'en chargerai ? - Exactement.
La for�t de Miyori !
C'est ma for�t ?
- Je peux y aller toute seule. - Tu es s�re ?
C'est vrai que tu es grande, maintenant.
C'est toujours tout droit. Bonne journ�e !
Grand-p�re ramasse du bois pour la chemin�e.
Grand-m�re me regarde partir pour l'�cole.
L'�cole commence aujourd'hui ?
- Bokuriko... - Tu te rappelles de mon nom ?
�a ne va pas ?
� l'aide !
Des immeubles en bois !
BIENVENUE MIYORI
Qu'est-ce que c'est ?
Miyori...
Bienvenue...
Elle a fait pipi dans sa culotte.
Elle �tait tellement nerveuse qu'elle n'en a pas dormi.
Ne t'en fais pas. Tout va bien. Ne pleure plus.
Tu en as fait du chemin, o� vivais-tu � Tokyo ? Raconte.
- C'est un cadeau pour toi. Tiens. - Miyori...
- C'est ta couleur naturelle ? - Tu as vu des gens c�l�bres ?
- Tu as un ordinateur ? - Eh bien...
Allons-y. Si nous montrions la classe � Miyori ?
Oui !
Il y a des pervers dans les trains de Tokyo ?
Tu es all�e � Disneyland ?
- Pourquoi tu as d�m�nag� ? - �a ne nous regarde pas.
Je la trouve mignonne, la nouvelle.
- Tu veux jouer avec moi ? - Tu as un portable ?
Tu as d�j� vu Mickey ?
Tu peux nous poser des questions aussi.
D�s que je t'ai vue, j'ai su que nous serions amies.
Tu es notre nouvelle amie.
Pourquoi tu as d�m�nag� ?
Miyori ! Tiens !
Stop ! � quoi tu joues ?
Tu vis chez la sorci�re ?
Ce n'est pas n'importe qui. C'est une vraie sorci�re.
Arr�te de dire des b�tises.
Miyori va finir par se moquer de toi.
Taisez-vous !
Arr�tez de me poser des questions !
- Tu es m�chante ! - Quoi ?
Dis donc...
Miyori ! Tiens !
Quel idiot ! Je t'ai dit d'arr�ter !
Elle saigne.
D�sol�. Est-ce que �a va, Miyori ?
Ne recommence pas.
Tu vas voir !
Je suis descendante de sorci�re, une divinit� protectrice.
Si vous continuez, je vous jetterai un sort.
Je d�teste l'�cole ! Dire qu'il va falloir que j'y aille tous les jours !
- Tu n'es pas bien ici ? - Encore vous !
- Tu veux retourner � Tokyo ? - Je ne supporte plus cet endroit.
Ce n'est pas chez moi. Les gens ne me plaisent pas.
Ils finiront par te plaire.
Je ne suis pas oblig�e de vivre cette situation !
C'est la faute de mes parents. C'est eux qui m'ont envoy�e ici.
Je veux rentrer � Tokyo. Maintenant.
Ne pars pas, Miyori.
Laisse-moi tranquille ! Ne m'adresse plus la parole !
- Qu'elle est d�sagr�able ! - �a suffit !
Miyori ! Pas par l� !
Tu te trompes de chemin.
Arr�te, arr�te !
Tu te trompes !
Il y a des racines partout.
Comme c'est joli !
J'adore cet endroit.
Je me demande si je peux en boire.
Bien s�r, tu peux en boire.
- Tu as tr�s soif, n'est-ce pas ? - Un peu.
On dirait qu'on t'a suivie.
Bois autant que tu veux.
C'est bon.
- Ce n'est pourtant que de l'eau. - Elle est tr�s pure.
Mais cet endroit va bient�t dispara�tre.
- Il va �tre englouti par un barrage. - On va construire un barrage ?
Oui, et ces terres seront immerg�es. Tu veux que je te montre ?
�a te fait de la peine ?
Ces paysages sont condamn�s � dispara�tre ?
Je me demande pourquoi les humains s'obstinent � d�truire la nature.
Ce sont de stupides cr�atures.
Le village est par l�.
Reviens me voir quand tu veux, nous parlerons.
- D'accord. - Mais n'am�ne personne avec toi.
Elle va pieds nus.
Quelle dame �trange...
Miyori ! Tout va bien ? Elle te n'a pas fait de mal ?
Tu as bien vu une femme ?
De qui parlez-vous ?
C'est une de vos amies ? Une divinit� ou je ne sais quoi ?
Ce n'est pas notre amie.
Tu as vu un rocher avec des marques blanches au bord de l'�tang ?
Oui, c'est vrai.
C'est le rocher des pendus.
Elle �tait mari�e avec un homme qui l'a quitt�e, et elle s'est pendue.
Alors, cette femme est...
Oui, elle est morte.
Est-ce qu'elle est humaine ?
�videmment.
On dirait qu'elle n'aime pas les humains.
Elle n'est l'amie de personne. �a ne l'int�resse pas.
�a alors...
Elle chasse ceux qui essaient de s'approcher de la fontaine.
L�-bas, c'�tait la maison de Kanoko autrefois.
Et elle a essay� de me noyer.
- Elle t'a chass� ? - C'�tait chez moi.
La fontaine est � moi. C'est inacceptable !
Tu pourrais faire quelque chose ?
Elle n'a pas l'air si terrible.
Parce que tu es une fille.
Avec les gar�ons, elle est sans piti�.
�coute. Si tu essayais d'aller discuter avec elle.
- De quoi ? - Dis-lui de nous rendre la fontaine
et de laisser tranquilles les habitants de la for�t.
Hein ? Pourquoi devrais-je le faire ?
Parce que nous ne comptons pas pour elle.
Ce n'est pas une raison pour que je m'occupe de �a.
C'est votre probl�me, pas le mien.
Nous sommes morts de peur en la voyant. Tu n'imagines pas.
�a m'est �gal.
Je vois, oui.
Je ne m'en m�lerai pas.
Et ma fontaine ?
Vas-y, Naoko !
Allez, tire fort. Essaie encore.
Non, je n'y arrive pas.
- Tu y �tais presque. - Elle n'est pas assez forte.
Naoko a fait de gros efforts. C'est au tour des grands.
Voyons ce que font Miyori et Daisuke.
C'est un jeu d'enfant.
Descends, Hideji.
Daisuke va commencer. Viens, approche, Miyori.
Pourquoi c'est moi qui commence ?
Les enfants, alignez-vous l� au cas o� Daisuke tomberait mal.
Et pourquoi je tomberais mal ?
� toi, Miyori. �carte-toi, Daisuke.
- �a fait mal. - Parce que tu es mal retomb�.
Tu es pr�te Miyori ?
Elle a r�ussi !
Elle est tr�s forte.
Elle descend d'une sorci�re.
�a suffit. Vous avez fait du bon travail.
Le cours est termin�.
Ne marchez pas sur le tapis.
- Quelle note elle a ? - Un dix. C'�tait parfait.
- Super. Et Daisuke ? - Six sur dix.
Ils font bien la paire.
Les deux vont sans manches.
Daisuke aura du mal � le dig�rer.
- Daisuke ! - �a va ?
Tu vas me le payer.
Tu prends des risques.
Si tu veux te venger, aie le courage de l'affronter.
- Tiens. Mets-le au d�fi. - Merci.
Daisuke, n'en fais pas un plat.
- Tu cherches la bagarre ? - Tu veux te battre ? D'accord.
L�che-moi !
Tu n'aimes pas cet endroit ? Tu n'es pas bien ici ?
Non, je le d�teste. Et alors ?
Alors, va-t'en.
Je voudrais bien !
Il n'y a pas de magasins, pas de salles de jeux...
Rien � faire !
C'est si important les magasins ? Je ne vois pas
ce que tu leur trouves !
Tout est vieux.
Mais ce village va �tre englouti par un barrage.
Qu'est-ce que tu as dit ?
- Tu n'es pas au courant ? - C'est quoi, cette histoire ?
Tout va �tre englouti :
l'�cole, la for�t, le village, vos maisons.
Vous croyez que c'est pour la vie ?
Vous allez bient�t �tre chass�s d'ici !
Non, tu mens !
Vous connaissez la fontaine de la for�t ?
Allez-y, vous verrez bien.
On verra quoi ?
Ce qui va arriver. Vous voulez conna�tre la v�rit� ?
- Oui. - Alors, allez-y.
Vous refusez de croire ce que je dis,
alors vous pr�f�rez penser que je mens.
Bien, j'irai v�rifier.
- J'irai � la fontaine. - Daisuke...
Je verrai bien si elle ment.
Si c'est le cas, tu peux repartir.
�a suffit, Daisuke.
Tu vas vraiment y aller ? C'est dangereux.
C'est entre elle et moi. Ne t'en m�le pas.
On t'a d�j� parl� de la fontaine ?
Il para�t qu'elle est hant�e. Tout le monde le sait.
Arr�te tes b�tises !
- Il y a un fant�me. - C'est juste une rumeur.
Quand elle voit un gar�on, elle lui jette un sort.
Et il meurt dans d'atroces souffrances.
- Si on allait manger en sortant ? - Tu sais bien qu'on doit rentrer.
Daisuke est toujours en train de jouer ?
Je voudrais que vous appreniez...
- �a fait longtemps qu'il est parti. - Il lui est arriv� quelque chose ?
Il faudrait aller voir si �a va.
- Kotaro, vas-y. - Non, j'ai trop peur.
- Asseyez-vous. - Oui.
Le fant�me harc�le tous les gar�ons qui vont � la fontaine.
Elle est cruelle avec ceux qui s'aventurent sur son territoire.
- Qu'es-tu venu faire ici ? - Ce que je suis venu faire ?
- Comment t'appelles-tu ? - Daisuke.
- Daisuke. - Oui.
Tu as os� t'approcher de ma fontaine.
Je ne te le pardonnerai jamais.
La r�colte de riz est meilleure apr�s les chutes de neige.
La neige tue les bact�ries et les parasites.
O� vas-tu ?
Daisuke !
Arr�te ! Ne lui fais pas de mal.
Miyori !
Qu'est-ce que tu veux ?
Je t'ai dit d'arr�ter. C'est un enfant, il ne t'a rien fait.
C'est un gar�on quoi qu'il en soit.
C'est � cause d'un homme que tu es morte !
C'est ce que tu as entendu dire ?
On t'a rejet�e, et tu as d�cid� de mourir.
Qu'est-ce que tu en sais ?
Ne rends pas les autres responsables de tes malheurs. Je connais �a.
Ce gar�on est � moi, je vais le noyer dans la fontaine.
Jamais !
- Tu vas voir. - Ma m�re m'a abandonn�e.
Mon p�re aussi.
C'est pour te venger de cet homme que tu t'es tu�e. Mais c'est l�che !
- Bravo, Miyori ! - Tu es tr�s forte !
- Dis-lui ses quatre v�rit�s ! - Continue !
Taisez-vous !
Tu es comme moi. Tu en veux au monde entier.
- J'ai raison ou pas ? - Non !
Miyori !
Je n'aime personne. Tout le monde m'ennuie.
Je ne serai jamais comme toi.
C'est tellement facile d'en vouloir aux autres, non ?
Je veux continuer � me venger. Je n'ai aucune envie d'�tre forte.
J'aurais pr�f�r� d'autres parents.
�a suffit.
Disparais !
Merci beaucoup, petite Miyori.
Qu'elle repose en paix.
Elle s'est r�incarn�e !
Pourquoi m'as-tu remerci�e ?
Tu vas vivre tranquillement ici.
- C'est une bonne chose de faite. - Je savais que tu r�ussirais.
- Tu es tr�s forte. - Bravo � notre divinit� !
Mais je n'ai rien fait.
Si. Tu nous as sauv�s.
Daisuke, r�veille-toi. Tout va bien.
- Ne le secoue pas comme �a. - D'accord.
C'est vrai que la fontaine va dispara�tre ?
- Qui t'a racont� �a ? - C'est vrai ?
Ce n'est pas encore s�r.
Et lorsque ce sera s�r, qu'avez-vous l'intention de faire ?
J'esp�re qu'on pourra rester.
Les humains nous aident � prot�ger la for�t.
Ce sont vos ennemis ! Ils vont construire un barrage !
Ce ne sont pas nos ennemis.
Nous sommes proches d'eux, et non diff�rents.
Que veux-tu dire par l� ?
- Il va falloir que tu nous aides. - Comment ?
Daisuke !
�a va ? Tiens, prends �a.
D�sol�e de t'avoir envoy� ici. Tu as d� avoir peur.
Tu es trop forte.
J'ai eu peur aussi.
Mais je d�teste qu'on me parle comme �a.
Tu peux �tre m�chante quand tu veux.
Daisuke !
- Daisuke ! - Tu es vivant !
Le fant�me ne t'a rien fait ?
Tu l'as vu ?
Miyori et moi nous en sommes d�barrass�s.
- C'est vrai, non ? - En quelque sorte.
Elle est forte. Je vous conseille de ne pas la provoquer.
- C'est toi qui l'as provoqu�e. - Et toi, �a va ?
- Vous avez vu ce qu'il a fait ? - Il a fait vite !
- �a sent bon le bois. - �a sent la nature.
- Quelqu'un pourrait m'aider ? - J'arrive.
Tiens-le bien droit.
C'est fini. Qu'en pensez-vous ?
- C'est magnifique ! - C'est une r�ussite.
- Monsieur... - Non. Appelle-moi grand-p�re.
- Grand-p�re. - Qu'y a-t-il, Miyori ?
Comment allons-nous le monter au grenier ?
Saperlipopette ! Tu as raison.
- J'aurais d� l'assembler l�-haut. - On ne peut pas penser � tout.
- Elle est bonne, cette past�que. - Tu manges trop.
Elle est d�licieuse.
Tes amis de Tokyo viendront te voir ?
Non, je n'ai aucun ami.
Parce que tu es m�chante.
Tais-toi, insolent.
Regarde ce que tu as fait. Tu es folle.
- Miyori ! - Mauvaise nouvelle !
- Les gens du barrage sont arriv�s. - Quoi ?
La m�re de Naoko tient une auberge. C'est l� qu'ils sont.
- Ils viennent d'arriver. - Ils demandent o� est la for�t.
C'est s�r, ils viennent en reconnaissance.
Il faut y aller.
O� allez-vous comme �a ?
- C'est leur voiture. - Tu en es s�re ?
Oui.
Ils ont d� s'enfoncer dans la for�t.
- Miyori ! - Fais attention.
Attends !
Miyori !
- O� cours-tu comme �a ? - Les gens du barrage sont arriv�s.
O� sont-ils ? Je ne les vois pas.
Dans la for�t. Va pr�venir les autres.
J'y vais.
C'�tait donc vrai. Que va devenir ma for�t ?
- Ce sont eux ? - Ils ne m'inspirent pas confiance.
- Miyori... - Quant aux mar�cages...
- Dis, toi... - Tu vis par ici ?
Bonjour. Vous travaillez au projet du barrage ?
Nous sommes venus faire quelques �tudes.
Pour voir si nous pouvons construire un barrage ici.
Tu nous regardes bizarrement.
� quoi vous servent ces fusils ?
C'est au cas o�.
S'il nous arrivait de croiser un ours...
Attention aux tigres.
C'est dangereux de se promener seule. Ne t'aventure plus ainsi.
Et dis � tes amis d'en faire autant.
C'�tait donc vrai ?
- Quand commenceront-ils ? - Nos maisons vont dispara�tre ?
Calmez-vous, la d�cision n'est pas encore prise. Mes parents disent
qu'ils sont l� pour examiner le terrain
et faire des recherches.
Oui, mais ils finiront par construire ce barrage.
Et nos maisons seront englouties.
Il va falloir habiter chez des gens de la famille.
Je n'ai pas envie de d�m�nager.
Il faut se d�barrasser d'eux.
Comme on l'a fait avec le fant�me.
- Mais... - Il n'y a pas de "mais".
Regardez.
Un aigle dor� ?
Vous connaissez les esp�ces en voie d'extinction ?
Certains animaux
et certains oiseaux sont sur le point de dispara�tre.
- C'est le cas des aigles dor�s ? - Il n'en reste que 500 au Japon.
Dans ce livre, ils disent que cet animal vit dans notre vall�e.
Et alors ?
On n'exploite pas une vall�e qui a des oiseaux en voie d'extinction.
Cherchons ces aigles dor�s et mettons fin au projet du barrage !
Oui. Si nous en trouvons, il n'y aura pas de barrage.
- Il faut qu'on en trouve. - Bonne id�e. Allons-y !
- Oui, au travail ! - Nous serons des explorateurs !
Oui !
RECHERCHONS AIGLES DOR�S
Bokuriko !
Nego !
Kanoko ! O� �tes-vous ?
J'ai � vous parler.
O� sont-ils ?
Qu'est-ce que vous faites ?
Regarde.
- C'est une espionne ? - Bien s�r.
Ceux du barrage ont envoy� quelqu'un pour savoir ce qu'on fait.
Bonjour, maman. Quelle surprise.
�a fait longtemps.
Tu es bronz�e.
Et sans taches de rousseur...
Qu'est-ce qui t'am�ne ?
- Je voulais savoir si �a allait. - Tu es seule et tu t'ennuies ?
Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas retourner avec papa ?
- �a grouille d'insectes. - Je t'ai pos� une question.
On dirait qu'il n'existe plus d'hommes forts.
Tu n'as pas r�ussi � en trouver un autre ?
Ce n'est pas une fa�on de parler � sa m�re.
Ce n'est pas une fa�on d'abandonner une fille.
Miyori.
Je te demande pardon. Je n'ai plus que toi au monde.
- Ne dis pas n'importe quoi. - Comprends-moi.
N'essaie pas de m'attendrir.
Miyori. Enfin...
Attends, Miyori.
- C'est la maman de Miyori ? - Ce n'est pas une espionne.
Non, personne de ma g�n�ration
n'a aper�u l'aigle dor�.
- Ton p�re, en a-t-il vu ? - En tout cas
il n'en a jamais parl�.
C'est quoi, cette viande ?
- Du sanglier. - C'est excellent, hein ?
Je ne trouve pas.
Elle ne trouve pas.
- �a ira pour moi. - Vous avez termin� ?
Oui, j'ai assez mang�.
Il fait frais ici. Vous n'avez pas besoin de climatisation.
�coute, Miyori. Si nous vivions ensemble ?
Nous nous ressemblons. On risque de se disputer, mais...
- On ne se ressemble pas. - Mais si.
Nous sommes fi�res, ent�t�es, nous savons ce que nous voulons.
Pas question.
Tu as bien chang�.
Ce n'est pas grave, nous nous arrangerons.
Retournons vivre � Tokyo.
- Je pr�f�re vivre ici. - Pas pour longtemps.
Tu �prouves de la curiosit� pour l'instant, c'est normal.
Mais tu finiras par t'ennuyer.
Miyori.
R�fl�chis � ma proposition.
�a ne marchera plus jamais avec papa ?
C'est la premi�re fois que tu me demandes �a.
Alors, c'est bel et bien fini...
J'ai retrouv� ce qui manquait.
Pas comme �a.
Ils n'entendront rien dans la for�t.
Comme �a ?
�a ne sert � rien de taper fort. On dirait que tu n'es pas au courant.
Qui es-tu ?
Qui �a ?
Moi, je m'appelle Washirashi. �a fait 300 ans que je vis par ici.
O� sont pass�s Bokuriko et les autres ?
Ils sont partis dans une autre for�t ?
Non, ils se sont cach�s.
Ils ne veulent pas qu'on les trouve.
Les gens du barrage...
Il faut vous rassembler, je dois vous parler.
Qu'est-ce que tu vas faire avec ce tambour ?
Mets �a autour de ta taille. C'est un v�tement de c�r�monie.
Merci. Je te fais confiance.
- C'est haut ! - Vas-y, frappe.
Tr�s bien, continue.
Que se passe-t-il ? Vous avez vu l'heure ?
Moguri.
Miyori !
Bokuriko.
- Pourquoi nous r�veilles-tu ? - Nego !
- Qu'est-ce que tu veux ? - �coutez, c'est important.
- Tout le monde est l� ? - Oui, tous !
Cette for�t va �tre engloutie sous les eaux d'un barrage.
On est au courant.
Nous avons le moyen d'emp�cher �a en trouvant des aigles dor�s.
- Des aigles dor�s ? - Oui, �a arr�tera la construction.
Les aigles dor�s, tu connais ?
- Des aigles dor�s ? - Je n'en vois plus depuis longtemps.
Une �quipe de chercheurs r�alise des �tudes ici.
Trouvez les aigles avant qu'ils n'aient fini et pr�venez-moi.
Compris ?
- Pas tout � fait. - �coutez...
- On demande � Fukurin ? - Qui �a ?
Fukurin Nagizari est un esprit du vent.
Concentre-toi, d'accord ?
Et si tu sens quelque chose, tire d'un coup sec.
- Si je sens quelque chose ? - Tu verras.
- Pardon ! - Plus doucement.
Comment �a, doucement ?
J'ai la t�te qui tourne.
Regarde le vent, pas la corde. Essaie de sentir le vent.
Le vent ?
Tu n'arriveras pas � l'attraper.
Il est capricieux et il court vite.
Je dois sentir le vent...
C'est cette gamine qui m'a attrap� ? Je devrais �tre mort de honte.
- C'est toi, l'esprit du vent ? - Oui.
Fukurin, l'esprit du vent, effectivement.
S'il te pla�t, Fukurin. Il faut trouver des aigles dor�s.
Pour quoi faire ?
On m'a dit qu'ils aimaient faire leurs nids dans cette vall�e.
Cherche-les et ram�ne-les-nous.
Comment parles-tu, effront�e ?
Puisque c'est comme �a...
tu viens avec moi.
J'ai la t�te qui tourne ! Je vais �tre malade !
Ouvre grand tes yeux.
Fais-moi descendre ! Je veux descendre !
Rappelle-moi qui tu es. Une divinit� protectrice, c'est �a ?
Oui. En quelque sorte.
Alors, tu vas visiter la vall�e !
Tu exag�res.
Je n'ai pas l'habitude.
C'est la premi�re fois que je vole dans les airs.
Je vais demander aux aigles dor�s de nous rejoindre.
- C'est possible ? - Oui.
Mais c'est � eux de d�cider s'ils resteront vivre ici ou non.
- Tu vas aller les voir ? - Sois patiente, attends.
Souviens-toi. Nous avons peu de temps !
Tu as vu ? Il est capricieux.
Ne mange pas tant, tu vas grossir.
- Et toi, tu ne manges pas ? - Je n'ai pas faim.
Encore du riz.
Le voil�.
D�s que ce sera r�gl�, je t'appellerai.
Je ne rentrerai que si tu retournes avec papa.
Sinon, non.
Miyori, malgr� ce que j'ai fait,
je veux que tu saches que tu comptes pour moi.
Toi aussi pour moi, tu es ma maman, je ne te d�teste pas.
Pourquoi ne pas rester ici toutes les deux ?
Ce n'est pas un endroit pour moi.
Mais �a me fait r�fl�chir.
Je parlerai avec papa.
� l'�poque, je pensais qu'il fallait divorcer.
Je ne lui ai pas parl� depuis des ann�es.
Je ne sais pas ce qu'il ressent.
- Demande-le-lui. - Tu as raison.
Tu peux lui dire aussi ce que tu ressens.
Tu as une dr�le de fa�on de me parler.
N'oublie pas que tu es ma fille.
Et que tu es ma petite-fille.
Grand-m�re...
Est-ce que je peux rester avec toi ?
Aussi longtemps que tu voudras.
Nous n'avons trouv� aucun aigle.
� croire qu'ils ont disparu, qu'en pensez-vous ?
- � Okinawa ? - Ils sont morts ?
Non, ils sont toujours vivants.
Mais je crois qu'ils ont d� �migrer loin d'ici,
dans le Sud.
Il est trop t�t pour renoncer.
- Ils sont toujours l�. - Ils s'obstinent.
On dirait qu'ils ne sont plus l�.
Tant mieux, ils nous causeraient des probl�mes.
Ouais...
Non, mais...
- C'est pas vrai, encore vous ! - Rentrez chez vous.
Ne venez plus nous d�ranger.
Faites attention aux aigles dor�s.
- Qu'est-ce que tu as dit ? - Les aigles dor�s ?
- Il y en a par ici ? - Oui...
- Au fond de la for�t, vers l'Est. - Tu veux bien nous emmener ?
Vous �tes s�rs qu'il sait o� ?
Je crois qu'il nous l'aurait dit.
- Alors, il ment ? - Il est b�te.
Nous d�rangeons ces messieurs. Allons-nous-en.
Oui, c'est �a, nous les d�rangeons.
- Laissons-les faire leur travail. - Attendez une minute.
Vous ne nous d�rangez pas. Vous voulez bien nous emmener ?
� quoi est-ce que tu joues ?
Tais-toi. J'essaie de gagner du temps.
Arr�te de soupirer.
Les enfants, c'est encore loin ?
Attendez. C'est par l�.
- Je vois. - Alors, c'est ici. C'est tr�s joli.
Mais les aigles dor�s ne feraient pas leurs nids ici.
Oui. Je me souviens. C'est par ici.
- Alors, est-ce que tu en vois ? - Non, pas encore.
- �a va aller. Merci. - Mais...
- Attendez... - C'est risqu�. Rentrez chez vous.
Qu'est-ce qu'on va faire s'ils d�couvrent la v�rit� ?
Je vais les emmener plus loin vers l'Ouest.
�a les fera marcher.
- Qu'est-ce que tu vois ? - Rien du tout.
Rien qui ressemble � un nid d'aigle.
Il n'y a rien ici. Partez.
- C'est �a. - Fichez le camp !
Faisons demi-tour.
Un aigle dor� !
Ils vivent ici.
Miyori !
Bokuriko ?
Qu'est-ce que... ?
Alors ? De quoi j'ai l'air ?
Ils vont te d�masquer. Va-t'en vite !
Il ne sait pas voler ?
N'en demande pas trop. Non, je ne vole pas.
Il a l'air bizarre.
Il reste pr�s de nous, il ne s'enfuit pas.
- Peut-�tre qu'il est bless�. - C'est tr�s bon pour nous.
Regarde. Qu'est-ce qu'ils font ?
Je ne sais pas voler.
Cours, vite !
- Rat� ! - Ne le laissez pas partir !
Non ! Ne tirez pas !
Arr�te, Miyori, tu vas te faire tuer.
Bokuriko...
Il est bless�. Il n'ira pas bien loin.
Nous convoquerons des dizaines de chasseurs pour le retrouver.
Nous le tuerons demain.
S'il reste par ici, il n'y aura pas de barrage.
Qu'est-ce qu'ils vont faire ?
Ce ne sont pas des chercheurs.
Ce sont les gens qui construisent le barrage.
Ils cherchent les aigles dor�s pour les tuer et construire le barrage.
O� vas-tu ?
Miyori...
J'ai mal, Miyori.
Bokuriko...
Tu ne peux pas redevenir toi-m�me ?
J'aimerais bien, mais c'est impossible.
Il est trop faible.
- Transforme-toi en tigre. - �a m'aiderait � gu�rir ?
�a vaudrait mieux pour toi. Ils recommenceront � tirer.
- �a fait trop mal ! - �a ne va pas ?
J'ai une id�e. Si tu venais te cacher dans ma chambre ?
Grand-m�re te donnerait des herbes pour gu�rir.
Non. Je veux rester ici.
Oui. Je sais ce que tu ressens.
Moi aussi, j'ai besoin de la for�t.
Je n'aimais pas cet endroit.
Maintenant, vous me manqueriez si je devais partir.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Mon Dieu, j'aimerais tant pouvoir t'aider.
C'est la d�esse du cerisier ! Notre reine !
- Miyori... - Oui ?
Tu ne t'en sortiras pas toute seule.
Que ferais-tu seule ?
Il faut que tu demandes de l'aide et que tu te joignes aux autres.
Tu n'as jamais �t� seule.
Tu n'as jamais �t� seule. Tu peux me croire.
O� suis-je ?
Au c�ur de la Terre.
Tu es devenue eau, tu prends ta source dans la terre.
- Eau ? - C'est un long voyage.
Tu vas bient�t atteindre la surface.
Que de lumi�re !
Tu portes tous les �l�ments nutritifs et tu jaillis.
Je coule dans la rivi�re.
J'irrigue la terre pour des mois et des ann�es.
J'�tanche la soif des gens sous la chaleur.
Grand-p�re et grand-m�re ne sont plus l�.
Je ne connais plus personne dans ce monde.
Je suis devenue Oc�an. �a fait des si�cles que je suis l�.
Je glisse entre les animaux marins.
Tant de temps est pass� d�j�.
Je me suis transform�e en vapeur et je suis devenue nuage.
Je suis devenue pluie. Je tombe sur le village, la for�t, les gens.
Est-ce que tu comprends ?
Tu irrigues les terres et tu �tanches la soif.
Tu permets aux �tres de grandir.
L'eau fait tout cela.
Te voil� revenue.
Tu as parcouru le cycle de l'eau.
Et tu es partie de la for�t.
Sans eau, personne ne peut vivre.
Tu ne peux pas vivre.
Nous non plus.
Acceptes-tu la mission de prot�ger cette for�t ?
- Qu'en dis-tu ? - Oui !
J'accepte la mission !
Je compte sur toi, Miyori.
J'adore ce tambour, il est �patant.
Vous �tes donc si nombreux dans cette for�t ?
Ils n'habitent pas tous ici. Certains sont venus d'autres vall�es.
Je crois que tout le monde veut nous aider.
�coutez ! Des hommes sont venus d�truire notre for�t.
Il faut les chasser !
Les chasser, mais comment ?
Nous utiliserons la force !
- Nous les perdrons dans la for�t. - Nous allons bien nous amuser.
Nous leur ficherons la frousse de leur vie.
Comme �a, ils ne reviendront jamais. Je vous le promets.
- Comment leur faire peur ? - Il suffit de te regarder.
- D'o� est-ce que tu viens, toi ? - D'Akita.
- Tu es la s�ur de Kanoko ? - Non, son fr�re.
Vous acceptez de vous joindre � moi ?
- Les voil�. - Ils ont amen� des renforts.
- Combien sont-ils ? - Je n'en sais rien.
Miyori...
Que vas-tu faire ?
Tu sais ? Je ne suis qu'une petite-fille de sorci�re.
Pourquoi ne pas dire comment tu vas t'y prendre ?
Ne vous occupez pas de moi. Vous vous d�brouillez tr�s bien.
�videmment, on se d�brouille !
- Il est bless� ? - Oui, nous lui avons tir� dessus.
Il n'a pas pu aller loin.
Nous l'aurons attrap� avant le d�jeuner.
Aucun doute. Nous boirons une bonne bi�re apr�s.
C'est bizarre. On n'entend rien.
Tu trouves ?
Dragon, souffle pour faire de la fum�e.
- Du brouillard ! - �a ne va pas nous aider.
- Un dragon nous pourchasse. - C'est ridicule.
- Le brouillard nous pourchasse. - Arr�tez.
Esprits de la for�t ! Apparaissez aux yeux de ces hommes !
Montrez-vous !
Allez ! Montre-nous combien tu peux �tre effrayant !
- Tu veux voir ? - Tu ne ferais peur � personne.
Je t'assure que si, et � toi la premi�re.
Regarde !
- Ils seront aussi visibles pour eux ? - Oui, si nous nous transformons,
ils pourront nous voir aussi.
C'est pas g�nial ?
Qui est le plus craquant ?
- Craquant ? - Craquant, mignon, quoi.
Lequel est le plus joli gar�on ? Mais Kanoko n'est pas un gar�on.
Bien s�r que non ! Je suis un homme.
- Lequel de ces mondes est r�el ? - Les deux.
Allez, mettons-nous au travail. En avant !
- Quelle humidit� ! - C'est fou.
- Je transpire. - C'est dangereux.
On pourrait se tirer dessus sans le vouloir.
- Que fait-on ? - Partons dans cette direction.
Vous aviez dit qu'on aurait termin� avant midi.
De l'eau fra�che.
Un d�lice !
�a rafra�chit.
Ma gourde est tomb�e.
Ce n'est pas grave.
Regardez, pourquoi flotte-t-elle ?
Je peux la garder ?
Mais qui �tes-vous ? Rendez-la-moi !
- Qu'est-ce que c'est ?
- Il vient de parler.
Tu entends des voix.
Oui, je parle !
- Et maintenant ? - Il a disparu sous l'eau.
Pas dans la bouche !
� l'aide !
Au secours !
Si on l'emmenait ?
D�barrassez-moi de lui !
Ils sont partout !
Il faut sortir de l�.
R�veille-toi. Ils vont te d�vorer.
Recule, sale b�te !
Je sais ce que vous voulez faire.
Ceux qui veulent le barrage vous ont envoy�s ici.
C'est une jeune fille.
Ne tirez pas !
Fukurin !
- Elle vole ! - C'est une sorci�re.
Vous avez mis en col�re les esprits de la for�t !
Disparaissez si vous tenez encore � votre vie !
Ne tirez pas.
Ramassez les armes, vite !
On est au complet ? Tous les hommes sont l� ?
Je n'en sais rien.
Qui va l� ?
Allez, finissons-en vite et allons-nous-en.
On finira par aller la boire, cette bi�re ?
Ne t'approche pas, reste o� tu es !
Allez, tirez !
- Il a �t� d�vor� par un tigre ? - Non, il ne serait pas l�.
- Attention ! - Mon fusil !
Et maintenant ?
Qu'est-ce que c'est ?
C'est une hallucination.
- C'est l'eau que nous avons bue. - Moi, je n'en ai pas bu.
- N'approchez pas ! - Ne poussez pas.
Les aigles dor�s, je les aurai.
Tu n'as rien compris !
Vous ne pouvez pas nous arr�ter.
Nous irons jusqu'au bout, que vous le vouliez ou non !
Nos vies en d�pendent, ce n'est pas un jeu !
Pour nous non plus.
�a suffit !
Non, stop ! � l'aide !
- Les voil� ! - Il y en a trois qui sont tomb�s !
Tenez-vous fort, restez bien group�s.
- Que faites-vous l� ? - Ne restez pas l�.
Satan�s gamins !
- Poussez-vous ! - Je vais mordre !
Allez-vous-en, les monstres vont attaquer. Vous n'avez pas peur ?
Qu'est-ce qu'il a ? Il a crois� un ours ?
J'ai peur que ce ne soit pas �a.
Les gens de la ville sont des mauviettes.
- Vite. D�p�chons-nous ! - Nous y sommes presque.
Qu'est-ce que vous fabriquez ?
Nous sommes g�ologues, nous menons des recherches.
- Ce sont des imposteurs ! - Menteurs !
Les enfants ne vous croient pas, qui �tes-vous ?
Des g�ologues porteraient-ils un fusil ?
La saison de la chasse n'est pas ouverte. Expliquez-vous.
- Je n'ai rien � dire. - De vrais gamins.
Pourquoi faites-vous les enfants but�s ?
- Regardez ! - C'est la sorci�re !
Aucun �tre humain n'est capable de faire �a.
Mon Dieu !
C'est peut-�tre un ours.
Venez, vous allez me dire la v�rit�.
L'ours pourrait revenir vous d�vorer.
Ce n'est pas un ours, c'est une sorci�re.
Quelqu'un peut-il rester pour les surveiller ?
- D'accord. - Venez, il n'y a pas de voleurs ici.
- Ouais ! - On a gagn� !
On les a bien eus !
Venez, je vous rappelle qu'il y a �cole.
- J'ai pas envie ! - Moi non plus !
Vous aussi, les gar�ons.
Attendez, il me semble entendre quelque chose.
Oui. Vous n'avez pas entendu ?
Miyori ! O� es-tu ?
- Miyori ! - O� es-tu ?
On dirait qu'ils t'appellent.
J'entends, je vais y aller.
- Fukurin. - C'est parti !
UN MOIS PLUS TARD
- O� est Miyori ? - Elle est all�e se promener.
Se promener, si t�t ?
Kuro !
Quelles sont les nouvelles ?
Elles sont bonnes !
LA CONSTRUCTION DU BARRAGE EST ABANDONN�E
LES AIGLES DOR�S SERONT PR�SERV�S.
Ils ont renonc� � construire le barrage !
Nego ! Bokuriko !
- Ce n'est pas la peine de courir. - Que se passe-t-il ?
Le projet de barrage est abandonn�.
Nous avons r�ussi !
La for�t est sauv�e, il n'y a plus de danger.
Miyori a accompli sa mission.
Oui, gr�ce � vous. La d�esse avait raison.
D'autres hommes peuvent revenir.
Dans 10 ans, 50 ou 100 ans.
Bokuriko vous aidera
jusqu'� ce qu'on trouve les aigles dor�s.
- Pourquoi moi ? - Ne te fais pas tirer dessus.
C'est facile � dire !
Ne vous en faites pas, nous les repousserons toujours.
Tu vas rester vivre ici ?
Oui, j'ai d�couvert cette for�t en automne,
en hiver
et au printemps.
Je veux aussi voir l'�t�.
Le cerisier refleurira l'ann�e prochaine.
Toutes les saisons sont jolies ici.
Regarde.
Elles sont magnifiques, ces feuilles.
Ce n'est pas si mal d'�tre Divinit� Protectrice.
Vais-je savoir pr�server la for�t ?
J'y arriverai avec l'aide de tous. J'en suis s�re.
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