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Zulu
...
-Précédemment dans "Cimetière indien".
-T'es pas venu à la marche pour l'imam.
Y avait du monde.
-La façon dont il s'est fait tuer...
ça s'improvise pas. - C'est un rite.
Celui qui a fait ça va recommencer.
-C'était dans sa gorge.
-La devise du GIA.
-Aziz Meraoui va être interpellé.
-Aucun rapport avec l'imam.
-Voici Jean, un ancien collègue. Il a fait l'Algérie.
-Ce soir, on fait une virée avec les collègues.
Comme ça, on laisse courir les ratons ?
- Un petit bisou ? - Me touche pas !
Arrête !
Tu me reconnais ?
Musique intrigante
...
Musique intrigante
...
...
...
...
-Lieutenant ?
Soeur Marie.
- Bonjour, ma soeur. - Bonjour.
-Asseyez-vous.
Merci d'être venue.
-C'est pas tous les jours que j'ai l'occasion de sortir.
-Est-ce que ce médaillon vous est familier ?
-Oui, c'est notre médaillon des petites soeurs de la charité.
-Bien. Je cherche à savoir si cet homme
est un ancien pensionnaire à vous.
Il vit comme un vagabond depuis des années.
Pas de carte de crédit, pas d'adresse.
Nous le pensons dangereux.
-Il ressemble à Nicolas.
Mais il était pas dangereux, Nicolas.
-Il se fait appeler Willy Crusher.
-Oui, c'est ça. C'est vrai. C'est lui.
Au début, il voulait qu'on l'appelle Willy.
Et... Nicolas. Nicolas Henri.
Saint Nicolas est le saint patron de notre orphelinat.
Henri, c'est le nom de l'abbé qui l'a fondé.
-Vous l'avez recueilli quand, cet enfant ?
-2001, 2002.
Il devait avoir 11, 12 ans, je crois.
C'est le dentiste des services sociaux qui l'a dit.
-Il a parlé de son enfance ? Ses parents ?
-Il a pas parlé de ça.
Il a pas parlé tout court pendant longtemps.
Il disait qu'il avait grandi dans la forêt, tout seul.
Mais il changeait d'histoire tout le temps.
Il a mis du temps
à devenir un peu comme les autres. Et...
Jamais tout à fait.
On frappe.
-Lieutenant, on a trouvé un autre corps dans l'étang.
-J'arrive.
-Il disait toujours... "Vous êtes ma famille."
C'était difficile pour lui.
Mais il était touchant, cet enfant.
-Comment vous l'avez recueilli ?
-On l'a trouvé devant la grille.
-Comment il est venu là ? Pas tout seul.
-C'est entre lui et le Seigneur.
-Ici, y a pas de Seigneur. C'est entre vous et moi.
-C'est un gendarme qui l'a déposé.
Jean, il s'appelait.
-Benefro ?
-Oui.
Un homme bien.
-Vous le connaissez ?
-Un peu. Vous savez, à l'époque,
les gendarmes, on les voyait souvent. Nos pensionnaires...
ils en faisaient, des bêtises.
Musique douce
-Karen.
Y a des flics au bord de l'étang. Et...
Ils ont trouvé quelqu'un.
Je sais pas, ils ont dit qu'il était mort.
Ils ont dit que c'était un vieux.
Vas-y, t'inquiète. Je gère. Allez !
Musique intrigante
...
-J'ai eu comme une vision.
Il était dans l'eau, tout blanc.
Les ongles noirs.
Avec la bouche ouverte, la vase autour.
Papi ?
...
Cris
Non ! C'est mon grand-père ! - Karen.
- Calmez-vous. - C'est mon grand-père !
C'est mon grand-père. - Laissez-la. C'est pas lui.
C'est pas votre grand-père.
C'est pas lui.
...
- Ca m'a fait plaisir de te voir. - Attends.
Pour le couteau.
-Le corps est resté 48 h dans l'eau.
On a eu de la chance, il s'est fait poser une couronne.
On a appelé tous les prothésistes. - Et donc ?
-Armand Germain. 82 ans, ancien militaire.
Long service en Algérie, puis gendarme, ici à Péranne.
Petits boulots, aides sociales, petite retraite.
Sa famille ne le voyait plus.
Il connaissait Benefro, ils ont travaillé ensemble.
Soupir -Les circonstances ?
-Scalpation identique à celle de Minassian.
A part l'âge, aucun lien. - Pas de témoins ? D'indices ?
-Non.
Mais on avance sur l'identification de Willy Crusher.
Nicolas Henri. Le nom qu'on lui a donné à l'orphelinat
où Jean Benefro l'a déposé.
Une bonne soeur a témoigné.
Le chien de Nicolas a été retrouvé mort dans la camionnette
que conduisait Jean le soir de sa disparition.
Y a un lien.
Une complicité entre les deux qu'il faut qu'on comprenne.
-Benefro reste votre suspect ?
- Oui, même si son profil cloche. - Pas de mobile ?
- Non. - Et aucune trace de lui.
Je veux une interpellation. Maintenant.
On va diffuser la photo. - Il risque de disparaître
à nouveau. A mon avis... - Non.
On diffuse la photo.
Musique intrigante
...
-Minassian. Qu'est-ce qu'il foutait là ?
C'est tout ce que vous avez trouvé ? - Oui.
Désolé, mais je vais devoir y aller.
- Merci beaucoup. - Merci.
On parle de vous pour la préfecture de Paris ?
-Y a beaucoup de candidats.
Mais le cas échéant, je ne vous oublierai pas.
Merci. - Merci.
Musique intrigante
...
-Aziz Meraoui ? Approchez.
Votre carte d'identité.
Vos lacets.
-Pourquoi relâcher Aziz Meraoui ?
-Ici, c'est moi qui pose les questions.
Qu'avez-vous à me dire sur Mehdi Meraoui ?
-Rien, je l'ai rencontré deux ou trois fois.
-Ah. Vous vous êtes raconté quoi la dernière fois ?
Des témoins parlent d'une dispute.
-Vous insinuez quoi ?
-Ca arrive de s'enticher d'un criminel.
Asseyez-vous.
A 6 h 50 ce matin, Aziz Meraoui a déclaré en garde-à-vue
avoir accompagné son frère à la mosquée.
Le jour où l'imam a été assassiné.
Environ 15 minutes avant l'heure estimée de son décès.
Voilà pourquoi j'ai suspendu la garde-à-vue.
-Et donc selon vous, Mehdi s'en serait chargé ?
Il aurait tué et scalpé un imam pour régler les affaires d'Aziz ?
C'est ça, votre théorie ?
-Vous savez, Aziz, j'ai pas fait
que lui courir après sur les toits. Je lui ai parlé.
Derrière la carrure, y a pas grand-chose.
Alors je me dis que...
Mehdi connaît les affaires de son frère.
Il peut faire partie
du gang. On a pu passer à côté.
Tout ça, c'est qu'une histoire de famille.
Mehdi a voulu régler les histoires de son frère.
Calme,
casier vide, boxeur.
Mehdi sait ce que c'est d'aller au bout.
-Ca correspond pas à sa personnalité.
-Ah ?
-Et le message du GIA, vous en faites quoi ?
-C'est vrai.
Votre fameuse piste politique.
On a analysé la graphologie.
L'écriture n'est pas celle d'un arabophone.
Mehdi parle arabe, mais ne sait pas l'écrire.
C'est pas le GIA, c'est une mise en scène.
Votre ami Benefro n'y croit pas non plus.
Il vient de poser tous ses congés.
Je vais vous dire comment arrêter un coupable. 5 types en garde-à-vue.
Le seul qui réussit à dormir est coupable.
On va attraper Mehdi. On va lui parler.
Lui faire passer une nuit en garde-à-vue.
Après, on saura.
Musique intrigante
...
-J'ai pris deux pantalons, il a tout perdu dans l'incendie.
Il a juste sauvé ses photos d'Afghanistan.
-Il va être bien à Nantes. Il a un cousin là-bas
qui va l'aider.
Ca puait l'essence dans la MJC.
Tu sais, c'est toujours pareil.
La mosquée, la MJC.
C'est les Arabes qui trinquent.
Et la police, qu'est-ce qu'elle fait ?
Elle fait rien.
-Je reviens.
Ca va ?
T'en penses quoi, toi, de la MJC ?
-Tiens.
-C'est lié au meurtre de l'imam ?
-Non, non, rien à voir.
-Dis-moi, tu retournerais pas à la gendarmerie ?
Parler de tout ça avec tes collègues ?
- Ils se débrouillent sans moi. - N'importe quoi.
Jean ?
-Ah !
Il souffle.
Bips
Tu bosses encore, là ?
-Il y a eu un autre meurtre à Péranne.
-Et alors ?
-J'ai trouvé un lien entre la victime et Minassian.
Une association d'anciens d'Algérie.
Je suis sûre que Jean les connaissait.
-Je crois que t'as pas bien compris.
Tu veux que je traduise ce qu'a dit Christian ?
Il t'a botté le cul.
Maintenant, oublie Péranne et l'association.
Concentre-toi sur Paris.
Je t'attends dehors.
Musique intrigante
...
-Vous avez des nouvelles de Mehdi ?
-Non, pourquoi ?
-Pour savoir.
-Tenez.
-Vous auriez du feu ?
Musique intrigante
...
-Bonne chance.
-Merci.
...
Vibreur
...
-Mme Achour. Comme on dit chez nous : "Ben vengue".
- Bonjour. - Ca veut dire "bienvenue".
C'est la Provence, ici.
Venez, regardez.
Vous allez découvrir un petit paradis.
Ca n'a pas bougé depuis 20 ans.
Entrez.
Alors, on a 110 mètres carrés loi Carrez.
Et la désignation, c'est local commercial.
Y a une cuisine aussi, qui doit encore marcher, je pense.
-Ce sont les propriétaires ?
-Euh... oui, oui.
C'était un bar d'habitués, tranquille.
Bon, là, évidemment...
Enfin, avec un coup de peinture...
C'est pour quoi ? Un restaurant ? - Je peux finir la visite seule ?
-Euh... oui, bien sûr.
-Merci.
Musique intrigante
...
-Tout va bien, Mme Achour ?
Alors, ça vous plaît ? - Oui. J'arrive.
Merci, François. Je te revaudrai ça.
Sonnerie
J'ai pas beaucoup de temps.
-Vous avez vu les infos ? La mort de Germain ?
-Oui, j'ai vu passer ça.
-C'est aussi un scalp. Avec Benefro, ils se connaissaient.
Il connaissait Germain. Ca vous dit quelque chose ?
-Non.
-Vous pensez... -J'ai un emploi du temps chargé.
Je ne pourrai pas revenir de sitôt.
Je vous rappelle dès que je peux.
...
-Qu'est-ce que vous faites là ?
- Pourquoi vous avez disparu ? - J'étais fatigué.
L'enquête ?
-Cavalier l'a déjà bouclée.
Ce serait du banditisme. Il a le coupable idéal, Mehdi Meraoui.
-Je connais pas.
Affaire classée. Vous allez pouvoir rentrer.
Qu'est-ce que vous voulez de plus ?
-La vérité.
-La vérité ?
Vous allez en faire quoi ?
Quand j'étais petit...
j'habitais dans une ferme.
On avait un chien. Son truc, c'était
courir après les voitures.
Il les rattrapait jamais. Mais il essayait.
Un jour, il en a rattrapé une.
Vous savez ce qui s'est passé ?
-Je sais pas.
-Rien.
Il s'est arrêté, il est resté seul, comme un con.
Au milieu de la route.
Comme vous,
quand vous aurez attrapé la vérité.
-Ah ! Enfin une belle prise !
Vous restez dîner avec nous.
- Non, je voudrais pas déranger. - Si, si, si.
Vous me suivez ?
Venez, entrez.
Il passe sa journée à l'étang pour trois muges.
Je vais vous cuisiner ça. Installez-vous.
Faites comme chez vous.
-Vous y croyez, vous ?
A un règlement de comptes entre bandes rivales ?
Soupir
-Vous buvez quoi ?
- Comme vous. - Bon.
Pastis, alors.
Pourquoi tu l'as invitée ?
(-Elle connaît personne ici.)
Elle a l'air finaude, cette petite.
Je sais pas, peut-être qu'elle pourrait aider, non ?
-Elle est pas là pour aider, mais pour observer.
-Tu lui as parlé des Patria Nostra ?
-Y a rien à dire sur les Patria Nostra.
-Tu lui as dit que tu les soupçonnes pour l'imam ?
-Y a rien à dire sur les Patria Nostra.
-Qu'est-ce que tu fabriques avec eux, Jean ?
Jean.
Ils sont périmés, mais ils sont bons.
C'est des invendus des supermarchés. Goûtez.
Avant, on récupérait plein de trucs.
On pouvait discuter avec les directeurs.
Et ils ont reçu des consignes.
Plus rien, ils mettent de la Javel dans les poubelles.
-Faut pas lui en vouloir, elle est syndicaliste,
elle vote Laguiller et elle vole des gâteaux périmés.
-Et toi, tu votes quoi ? Hein ?
-Moi, je vote plus, moi.
-Allez, santé.
(Pip Millett - Hard Life)
...
-Allez ! Allez, allez !
Les gars, on part en pompes.
Allez, un. Deux.
Trois. Quatre.
Cinq... six.
Sept, huit...
Neuf !
Musique intrigante
...
-Oui ?
- Je viens voir M. Ravachol. - C'est ouvert. Au 5e.
Mais l'ascenseur marche pas.
Musique intrigante
...
Elle frappe. Oui, entrez !
- Bonjour. - Bonjour.
Il va être content, Ravachol, d'avoir de la visite.
L'infirmière passe qu'une fois par semaine.
La mairie, les aides ménagères...
Elles veulent plus venir ici.
Je lui fais un peu de ménage. On s'aide.
Vous trouvez pas ? - Vous le connaissez bien ?
-Non, mais... il parle pas trop, M. Ravachol.
Je... Venez, il est au salon.
M. Ravachol ?
Y a quelqu'un pour vous.
Il faut ouvrir les volets, M. Ravachol.
Faut aérer un peu la pièce. OK ?
Je lui dis, il entend ce qu'il veut.
Merci, Samia. Merci pour le ménage.
Je fais des monologues avec lui.
Des fois, je lui parle un peu en arabe, il aime bien.
Je vous laisse ? Bonne journée.
-Merci.
La porte se referme.
Sifflement de sa respiration
Vous vous souvenez des Patria Nostra ?
Qu'est-ce que c'était ?
Jean Benefro, ça vous rappelle quelque chose ?
Que faisiez-vous avec lui ?
Là, c'est vous ?
Ici, c'est Armand Germain. C'est qui, les autres ?
Armand Germain est mort.
Comme l'ancien maire, Minassian. Tous les deux scalpés.
C'est peut-être vous, le prochain.
Si vous m'aidez, je peux vous protéger.
Alors essayez de vous souvenir. Qui sont les autres ?
-Lui, il est...
mort.
Martinez.
Rémi.
Musique intrigante
...
-Joggers, riverains, ornithologue...
Personne n'a rien vu ni entendu.
-Qu'est-ce que Germain faisait ici ?
-Un peu plus loin, il y a la plage des maisonnettes.
-Des maisonnettes ?
Y a quoi dans ces maisonnettes ?
-Ben...
-Quoi ?
-Des filles.
C'est ici.
- Les filles, y a les flics. - Bonjour.
- Je peux vous aider ? - Bonjour.
On vient vous poser des questions. - Concernant ?
Merci.
-Vous le connaissez ?
-Non.
-Et lui ?
-Vous allez m'en faire combien ?
-Répondez, s'il vous plaît. Oui ou non ?
-J'y gagne quoi, moi ?
- On pourrait... - Rien. Répondez à la question.
-Venez.
C'est lui qu'on a trouvé dans l'étang ?
-Oui.
-Parfois, il venait accompagné.
D'un autre vieux.
En fauteuil roulant. Rémi, il me semble.
Il galérait à l'emmener jusqu'ici.
- Il était comment, ce Rémi ? - Bizarre.
Il restait dans un coin. A mater.
J'aimais pas comment il matait.
C'est bon, là ?
-On va interroger vos collègues.
-Inutile, elles parleront pas. C'est moi qui parle ici.
-Merci.
-Merci.
Musique rap
-Karen !
-T'es sorti de gardav ?
On m'a pas dit.
-C'est parce que j'ai...
La petite, ça va ?
-Elle est à la crèche.
-Hé ! T'sais, je vais trouver un taf, là !
J'ai commencé à chercher et tout, là.
Et... ton papi, t'as des nouvelles ?
Je me disais, on pourrait... s'installer chez lui.
- Vas-y, Rudy... - Sérieux !
Ecoute-moi, on garde la maison au cas où il arrive. On sera là.
Et je m'occupe de la petite.
On dormira pas ensemble.
-Rudy, je peux plus. Tes promesses, je peux plus.
-Tu sais comme je suis con, Karen. Mais écoute-moi...
Y a que toi.
Y a que toi, y a jamais eu que toi et y aura toujours que toi.
Je vais arrêter les conneries.
Je vais faire... les choses bien.
Je te le répète à chaque fois, mais là, c'est vrai.
Je vais arrêter de faire le con.
Musique mélancolique
...
-Il m'a fait la cour pendant des mois.
Tous les jours, il venait sonner à ma porte.
Je viens d'une famille d'ouvriers fiers,
mon père disait : "Jamais tu n'épouseras un militaire."
-Merci.
Vous avez dit oui au final.
-Mais non, j'ai dit non.
Vous avez vu l'animal ?
Il m'a jeté un sort.
Ici, les garçons, à la fin de l'hiver,
ils vont cueillir des violettes.
Ils les mélangent avec du romarin. - Non.
De la lavande.
On mélange la violette avec la lavande. On les glisse
sous les oreillers des filles. Ca les ensorcèle.
Ca marche, hein !
C'est comme ça que ma mère est tombée enceinte à 18 ans.
Et c'est comme ça que j'ai séduit la femme de ma vie.
-Bon, et...
et votre enquête ? Ca avance ?
-En tout cas, ils ont un suspect.
-Un Arabe, je suppose ?
-Mehdi.
-Eh ouais. Pas facile d'être arabe, ici.
Que ce soit à l'usine,
dans la rue, partout.
Surtout avec les flics. Je suis désolée, mais c'est vrai.
Y en a, ils sont dressés
à la haine des Arabes. - Bon, ça suffit.
Ils ont un suspect. Fin de l'histoire.
-Non, c'est pas la fin de l'histoire.
C'est peut-être pas politique, mais c'est pas du banditisme.
Ca tient pas la route.
On n'a pas pensé au crime raciste.
-Allez-y.
...
Elle tousse. - Ca vous plaît ?
De l'armagnac, des châtaignes, du sucre.
Du temps.
Vous parliez de crime raciste.
Je sais ce que c'est, moi.
J'ai été un bon soldat en Algérie.
-Qu'est-ce que vous avez fait ?
Soupir
-Racontez-moi plutôt pourquoi vous êtes devenue flic.
-Pour mon père.
Il a toujours eu très peur des flics.
Quand j'étais petite, il s'était fait voler sa mobylette.
Il préférait aller au boulot à pied que de porter plainte.
Alors je voulais qu'il puisse se sentir... protégé.
Si j'entrais dans la police,
il serait plus obligé de baisser la tête.
Et je crois que je suis bonne à ça.
-Oui, ça, oui.
-Et vous, pourquoi vous êtes devenu gendarme ?
-En rentrant d'Algérie, j'avais honte.
De ce que j'avais vu.
De ce que j'avais fait.
C'était un bon moyen de me rendre utile.
-Pourquoi vous lâchez cette enquête, alors ?
-Parce que je viens d'être grand-père.
Ma fille est fragile. Elle a besoin de moi.
Faut plus compter sur moi, Lidia.
-Vous direz merci à Lila pour moi.
-Attendez.
L'autre jour, vous m'avez expliqué ce qu'est un rite.
Vous vous souvenez ?
Ca m'a fait comprendre qu'on cherchait pas une personne,
mais un groupe.
Alors si votre intuition d'un crime raciste est juste,
vous risquez d'avoir affaire à des gens
extrêmement dangereux.
Vous êtes une femme.
Vous êtes arabe.
Vous êtes seule.
Rentrez à Paris.
Oubliez cette histoire.
-Je peux pas lâcher.
Je peux pas.
Musique intrigante
...
Soupir
Sonnette
Sonnette Aboiements
Aboiements
-Oui ?
-Bonjour, Lidia Achour. J'aimerais vous parler.
-Me parler pourquoi ? - Des Patria Nostra.
J'ai juste quelques questions.
C'est Louis Ravachol qui m'a donné votre adresse.
Bip
Musique intrigante
...
Aboiements
Elle frappe.
Cliquetis du verrou
Aboiements
-Fermez bien la porte derrière vous.
La porte claque.
Musique intrigante
...
Patria Nostra.
C'est étrange d'entendre ces mots.
Comme des fantômes.
Tu sais ce que c'est ?
-J'ai une petite idée de qui vous êtes.
Et en quoi vous croyez.
-C'est une idée justement, les Patria Nostra.
-Germain est mort. Ce n'est pas une idée, ça.
-Oui.
-Il a été scalpé.
Son corps, abandonné dans l'étang.
-Qu'est-ce que tu es venue faire ici ?
-Quelqu'un en a après vous.
Et je peux vous protéger.
Mais j'ai besoin de réponses.
Je sais que vous connaissez Jean Benefro. Il a disparu.
Je cherche à comprendre le lien.
-Jean aussi s'est intéressé à nous y a longtemps.
Lui aussi cherchait un lien.
Il t'a pas raconté ? - Raconté quoi ?
-Ce qui s'est passé en 1995.
Ce qu'il a fait.
Incendier une MJC d'Arabes.
Ca non plus, c'est pas une idée.
1995...
Je vais te faire une confidence...
Ca me fait bander d'y penser.
- Tenez. - Merci, lieutenant.
-Vous pensez quoi de notre enquête ?
-C'est-à-dire ?
-Le rôle de Benefro par exemple.
-Il a plus le profil d'une victime que d'un coupable.
Bips
-Oui ? -On a un homme handicapé, Rémi.
Martinez. Il habite pas loin de l'étang. On envoie l'adresse.
-Très bien. On y va.
-J'en ai vu des filles comme toi, en Algérie. Ouais...
Françaises.
Arabes. On sait plus qui elles étaient.
Et toi ? Tu sais qui t'es ?
Non, hein ? Pars pas.
Je vais te dire qui tu es. Une pute.
T'es une pute.
Tu sentiras toujours le bled. - Tu la fermes.
C'est clair ? - Oh ! Elle est fâchée. Hein ?
T'es en colère ?
-Je vais jeter un oeil.
-Sors ton flingue.
Non. Pour aller au bout, faut être comme nous, ma petite.
Faut avoir la rage. Comme nous.
Le goût du sang.
Oui. Tu sais de qui je parle, pas vrai ?
-L'imam, c'était vous.
-Ton ami Jean, il sait tout depuis le début.
Et il t'a rien dit.
Aboiements Cliquetis métallique
C'est quoi ? Fracas
C'est lui. C'est lui !
Cliquetis de l'arme Vas-y !
C'est lui, je te dis ! - Taisez-vous.
Musique inquiétante
Aboiements
-Il est là ! Il est là !
Hurlements
-Lieutenant ? Adrien ?
Adrien !
...
Situation dangereuse. Cris suspects.
Rémi Martinez, chemin du Bouquet. Demande de renfort.
Musique inquiétante
...
Bris de verre
...
Police, arrête-toi !
Fracas
Cri de douleur
...
- Restez au sol. C'est bon. - Ca va ?
-Allez-y.
Ca va aller.
Musique palpitante
...
Ca va aller.
Vous inquiétez pas.
...
-Arrête !
Arrête-toi !
Arrête !
Musique mélancolique
...
Musque dynamique
...
Sous-titrage TITRAFILM
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