All language subtitles for Metello.1970.ITALIAN.1080p.BluRay.H264.AAC-VXTFRENCE

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Original subtitles

C'�tait pas pour le mois prochain ? - Je n'ai pas pu le retenir.

Comment il s'appelle ? - Metello. - Metello ?

Pourquoi tu lui as donn� ce pr�nom ?

On �tait d'accord pour...

Libero ?

Ou Comunardo ?

Pour ne pas le marquer d�s sa naissance

et lui �viter la prison.

Tu sais les mettre au monde.

Mais on finit tous au cimeti�re.

Cette fois-ci, c'est un gar�on...

Apr�s les deux filles, j'aimerais bien qu'il reste.

C'est moi qui partirai avant lui.

Tu as mauvaise mine.

C'est � cause de moi, hein ?

Je te promets de ne plus retourner en prison !

Il faudrait br�ler les livres qui sont sous le lit. - Pas question !

Pas question !

On touche pas aux livres ! - Dispersez-vous !

Je vous ordonne de vous disperser !

Va-t-en !

Sauve-toi !

Sauve-toi !

Ne restez pas l� tous les deux ! Entrez sous ce porche !

Poldo !

Renzoni ! Toi aussi ? - Va-t'en ou c'est la taule !

Aller en taule pour avoir profess� ses id�es...

c'est pas une honte !

O� est le mal ?

Ils veulent une paye �gale � leur sueur !

C'est un crime, �a ?

C'est un crime, �a ?

Je te renvoie en taule ! - L�che-moi ou je te d�molis !

Ad�le, c'est moi, Poldo.

Tu aurais pu r�pondre.

J'ai pass� la nuit � marcher le long de l'Arno.

Par chance, Pestelli m'a donn� � manger et un peu d'eau.

Tu lui as donn� sa bouillie ?

Dis la v�rit�.

Tu croyais que j'�tais d�j� en prison, hein ?

Mais �coute-le.

Quelle voix !

Tu as entendu comme il pleurait, ce matin ?

Et s'il s'en tirait vraiment ?

Ad�le ?

Ad�le !

Combien je lui en ai fait voir...

Tu me connaissais bien.

On ne peut rien y faire.

On a �a dans le sang.

Mais lui...

Lui je le prot�gerai, tu verras.

Ad�le, je te le promets ! Je le prot�gerai !

Quitte � vider tout le sable de l'Arno !

Je le prot�gerai.

Un matin, fin 1883, L'Arno �tait en crue.

Mon p�re �tait seul sur une barque pleine de sable.

Le courant l'a entra�n�

puis l'a renvers� d'un coup...

et la barque l'a recouvert comme une dalle

pour toujours.

Jusqu'� 17 ans, j'ai v�cu � la campagne � Rincine.

un village en pleine Toscane.

Les temps �taient durs, pas de travail.

Papa et maman Tinai, mes parents adoptifs

ont d�cid� d'�migrer.

Metello !

On y va !

Reculez, s'il vous pla�t.

Metello, qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi cet air sombre ?

�migrer, c'est mourir.

La Belgique, c'est pas l'Am�rique. Avec le train

tu rentres quand tu veux.

Ton panier, Metello.

Allez, courage ! - Je reste.

Tu rigoles ? �a veut dire quoi ?

Que je ne viens pas. J'y arrive pas.

D�p�che-toi, on part ! - Non !

Monte !

Les miens sont n�s et morts � Florence

je vivrai et je travaillerai ici.

Ta famille, c'est nous. Viens !

Je sais. Je vous aime beaucoup, m�me si je vous laisse tomber.

Metello.

Alors ! Vous voulez bosser ?

A prendre ou � laisser !

Ah, c'est non ?

Toi ! Viens ici !

T'as envie de bosser ?

C'est 4 centimes de l'heure.

�a te va ?

Voyous ! Ces bouseux, ils nous piquent le boulot.

Rentre chez toi ! - Laissez-le !

Vous ne voyez pas que c'est un gamin ?

Allez, dis la v�rit�.

Tu es vraiment de Florence ?

Je viens d'ailleurs mais j'y suis n�.

Mon p�re est mort dans l'Arno.

C'�tait qui ?

Poldo Salani. - Poldo ?

Les gars ! C'est le fils de Poldo !

Vous le connaissiez ?

Si je le connaissais ! On se conna�t tous entre anarchistes.

Il �tait bien, Poldo. Il n'a jamais c�d�.

Dis-moi, qu'est-ce que tu fais ? O� tu habites ?

Un peu partout. Parfois, je dors � la gare.

�a te dit de venir chez moi ? - Merci.

Ne me remercie pas. On s'aide entre nous.

Maintenant, continue � d�charger.

N'oublie pas, on ne travaille pas � moins de 5 centimes de l'heure.

Vu ta fa�on de charger ce b�uf, c'est pas un boulot pour toi.

Trouve-t-en un autre.

J'aimerais �tre ma�on. - Fais-le !

Le travail ne manque pas. Et c'est 7 centimes de l'heure.

7 centimes ? Une fortune !

Une mis�re, plut�t, ignorant.

Allez ! On se d�p�che !

On en est o� ?

1 m�tre 50 sur 14.

Alors c'est bien. �a suffit.

Metello, on va sur les quais ?

Pour y faire quoi ? - Regarder les filles.

Non, mon Ma�tre m'attend. - Pour t'apprendre quoi ?

Tu sais �crire. Moi, signer, �a me suffit...

A te faire rouler par les patrons. Si tu venais avec moi ?

J'aimerais bien, mais ce soir, c'est ton tour.

Eh, les filles !

Elles se retournent m�me pas.

C'est plein de filles, ici. - Ah oui ?

La fanfare ! - Attendez !

Ne courez pas !

On va voir ?

Qu'est-ce que c'est ? - Ils r�p�tent pour l'arriv�e du roi Umberto.

Qui l'a fait roi ? - Pas moi ! - Umberto, bourreau !

On va bombarder le palais Pitti, Saint-Pierre !

Le Quirinal ! - Betto !

Mais tu es fou ! - Vive Cafiero !

Vive les anarchistes! - Betto ! - Metello !

On va faire la Commune !

Ma�tre !

Ma�tre, qu'est-ce qu'il y a ?

Laissez-moi ! - Taisez-vous ! - Umberto, bourreau !

Le Roi et le Pape semblent f�ch�s

mais ils sont cul et chemise !

Va-t-en, Renzoni !

Je m'en occupe.

La pens�e est anarchique

et l'histoire...

va vers l'anarchie

mais lentement.

Calme-toi, Betto.

Ah ! La libert� !

Tu as de la fi�vre. Tu es tout br�lant ! - L'anarchie...

L'anarchie est une grande id�e.

Mais je ne suis plus d'accord avec personne !

Ils s'adressent tous au Syndicat.

Ferme la fen�tre !

Assez avec cette musique !

J'en ai assez.

Le syndicat est un troupeau, il lui faut un berger,

un chien...

et un b�ton.

Pas comme �a ! Pas comme �a !

Ce n'est pas pour �a que j'ai lutt�.

Une vie que j'attends

que tout change.

On est si peu... Mieux vaut en finir.

Partir comme ton p�re.

Se jeter dans l'Arno. T�t ou tard, je le ferai.

M. Lampredi est sorti ? - Cette nuit, � 2 h.

Saoul, il a d� tomber dans l'Arno.

S'il n'est pas noy�, il doit �tre � la prison des Murate.

C'est pas la premi�re fois. Ne vous inqui�tez pas.

Il a d� s'endormir dans un jardin public.

Betto. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Excusez-moi, je me suis tromp�.

Pardon, je cherche un ami, Betto Lampredi.

Par hasard...

Excusez-moi. - Tu cherches qui ? - Betto Lampredi. Il est ici ?

Suis-moi.

Vous m'emmenez o� ? - Entre.

J'ai rien fait ! - �a te fera du bien. - Laissez-moi partir !

Je cherche Lampredi !

J'ai rien fait ! - Moi, j'ai rien fait !

Bon sang !

Metello !

Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je me le demande.

Betto est sorti cette nuit, saoul, fi�vreux.

Je suis venu le chercher et ils m'ont enferm�.

Si Betto �tait ici, on l'entendrait.

T'inqui�te pas.

D�s le d�part du roi, ils nous lib�reront tous.

Pourquoi tu es l� ?

Je parlais de socialisme avec Bertini, le contrema�tre, tu le connais...

Je lui disais que les patrons

ne peuvent plus nous nuire.

Cet imb�cile s'est mis � rigoler. Et �a a mal fini.

Il faut apprendre � d�fendre ton travail.

Tu es jeune, viens donc avec nous.

Non, Betto en souffrirait beaucoup.

J'admire les anarchistes

mais le socialisme, c'est nouveau, plus r�aliste.

Au parti, maintenant, il y a des gens importants.

Ils ont �crit des bouquins �normes !

Marx, par exemple. Tu connais ?

Turati ? Costa ?

Marx ? Non. - C'est mal !

Ils sont socialistes, eux aussi ? - Non. On est des voleurs.

Encore un d�lit contre la propri�t�.

Je peux t'apprendre mon m�tier.

Au moins, on vient en taule pour une bonne raison.

Ton Ma�tre n'est pas ici.

S'il s'est noy�, on le rep�chera.

Sinon, nous le rep�cherons nous-m�mes.

La voie de Betto, de ton p�re, tu sais o� elle conduit ?

Ici. Tu as compris ?

Ils m'ont gard� deux jours.

J'ai �t� mieux trait�, �tant mineur, sans casier.

A ma sortie, on m'a fich� comme fils d'anarchiste.

disciple de Betto et ma�on.

Regarde qui est l�...

Bonjour.

Bonjour.

J'habite devant, dans cette maison.

On m'a dit que quelqu'un s'y conna�t en jardinage.

Il a �t� paysan, il s'y conna�t.

Tu viens demain soir ? - D'accord.

Un quart de lire de l'heure, �a te va ?

Oui.

Laissez. Je m'en occupe.

Ah, c'est toi. Porte le panier.

Tu regardes quoi ?

Imb�cile ! Il t'en a fallu du temps...

Viola !

Ma belle-m�re. Va-t-en et reviens plus tard.

Passe par les champs. Je laisserai le portail ouvert.

Attention au chien.

Viola, o� �tais-tu ? - J'arrive !

Tu as une fianc�e ? - Non.

Dommage. �a me plaisait de te voler � quelqu'un.

Ramasse.

Enl�ve tes chaussures, tu me fais mal.

Tiens.

Et si je me retrouve enceinte ?

Dans ce cas-l�, on se marie.

N'y pense m�me pas.

J'ai eu un mari. Le Seigneur l'a repris

pour me dire que le mariage n'est pas pour moi.

Tu aurais voulu que je te dise que je me serais sauv� ?

Prends.

Ach�te-toi un chapeau.

Reprends ces sous.

Reprends-les.

J'ai travaill� deux heures, j'ai droit a une demi-lire.

Le travail, c'est une chose, l'amour, une autre.

Moretti ! R�veille-toi !

Ne la fais pas trop attendre, la Violona.

Elle est nerveuse comme si elle je�nait depuis un mois.

Elle se ferait bien tout un r�giment.

Arr�tez !

Arr�te-toi, idiot !

Tu veux nous faire chasser ? - Laissez-moi ! - Arr�te !

Descends !

Je vais le tuer !

Tu es fou ?

Tu veux perdre ton boulot pour une plaisanterie, idiot ?

Qu'est-ce qui s'est pass� ?

Je me suis battu.

Pourquoi ?

Un mec disait du mal de toi.

Mais encore ?

Que tu te ferais bien tout un r�giment.

�a m'a mis hors de moi.

C'�tait par d�pit.

II travaillait ici et je l'ai renvoy�.

C'est pour �a que tu n'es plus venu ?

Tu as fait l'amour avec lui ?

Tu es dr�le...

Enl�ve ta veste. - Je ne te l'ai pas encore dit

mais je viens te dire au revoir.

Demain matin, je pars au service.

Metello !

Ch�re Viola, je t'�cris cette lettre

pour te parler de moi, de ma vie de soldat.

Comme tu vois sur les photos, j'ai grossi.

Pourtant, on sue beaucoup, mais le rata, �a nourrit,

m�me si on n'en a jamais assez.

La premi�re r�gle impos�e c'est de ne pas avoir d'opinion

de point de vue, d'initiative.

Comme �a, ton cerveau est en vacances.

En attendant, on compte les jours

comme les condamn�s.

Moins 100, moins 90...

1095 jours, sans penser � rien.

Les jours passent entre r�veil, soupe, rassemblement, marche...

On ne pense qu'� laver ses chaussettes, � la ba�onnette

au fusil type 91, aux gu�tres � cirer,

au serment � apprendre par c�ur, au garde-�-vous.

Encore 800 jours sans penser � rien, et c'est fini.

Comment sera Florence ? Et toi, comment seras-tu ?

Il y aura du travail ?

Peut-�tre tous auront chang�, m�me toi, m�me les amis.

Qu'y faire ?

Je n'ai rien d'autre � te dire.

J'ai servi ma patrie et je me suis fait des amis.

A un �ge si d�cisif,

on t'appelle pour que tu fasses ton service.

De retour dans la vie, il faudra tout recommencer du d�but.

Del Buono est encore au second ? - Oui. - Merci.

Entrez !

Metello ! - Oui, c'est moi.

Quelle surprise ! Tu es arriv� quand ? - Aujourd'hui.

Je t'ai �crit une lettre et des cartes. Tu les as re�ues ?

Ils ont ouvert la lettre car elle venait de la Bourse de Travail.

�a m'a valu 20 jours d'isolement.

Pour chaque carte, 10 jours de prison.

Tu aurais d� m'avertir, j'aurais �vit�...

J'aurais d� m'en douter.

Non ? - J'aimais bien recevoir du courrier.

Qu'est-ce que tu comptes faire ?

Trouver du travail. Il n'y en a pas beaucoup.

Pour le travail, je m'en occupe. Va voir Pallesi de ma part.

Si on ne s'entraide pas. - II est toujours chez Badolati ? - Oui.

Pour le reste ? Tu t'es d�cid� ?

Pour le reste, je suis ici, avec vous, avec ma classe.

Mais pour le Parti, je ne me sens pas m�r.

Tu as dit un mot qui m'a plu

avec ma classe. "Je suis avec ma classe."

Bravo !

Je suis contente de te voir.

Je me suis mari�e.

Mon mari est parti � l'arm�e.

Alors... - Alors, quoi ?

Rien n'a chang�.

Tu me prends pour une folle ?

Quand je t'ai voulu, je te l'ai fait comprendre, non ?

Comme � ceux qui t'ont pr�c�d�.

Maintenant, les choses ont chang�.

Non ! Je ne veux pas.

Laisse-moi !

J'ai un fils.

O� est-il ? - A c�t�, chez les vieux.

Tu l'as eu quand ?

II y a deux ans et quatre mois.

Oui, il pourrait �tre de toi.

Ou d'un autre.

Mais il n'est rien qu'� moi,

M�me s'il porte le nom d'Alfredo, mon mari.

Il fallait qu'il ait un nom.

Finalement, les gens ont raison...

En d�pit de mon dipl�me d'institutrice

je ne pensais pas � ce qu'il endurerait sans un nom.

C'est pour �a que j'ai �pous� Alfredo.

Pas par peur...

ou parce que les vieux mena�aient de donner les vergers � l'�glise.

Pourquoi tu ne me regardes pas ?

C'est moi qui devrais me sentir coupable.

Si tu m'avais �crit, je ne serais pas venu.

Je t'aurais laiss�e tranquille.

On n'�crit pas certaines choses aux soldats.

Et puis, je te l'ai dit, �a m'a fait plaisir de te revoir.

Sinc�rement, je ne t'ai jamais comprise.

L� aussi, je ne te comprends pas.

C'est sans doute � cause de la diff�rence d'�ge.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu pleures ?

Pourquoi ?

Un gar�on de mon �ge

doit trouver une fille de son �ge.

Tu me l'as dit toi-m�me.

Tu as du travail ?

Je reprends chez Badolati. Pallesi m'a fait engager.

Renzoni ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

Ce soir, s'il ne pleut pas, on va draguer des filles ?

J'en ai une qui m'attend. Elle est culotti�re.

Elle a plein d'amies, tu viens ? - D'accord.

Salani ! L'ing�nieur t'attend. D�p�che-toi.

On fait d'abord les �chafaudages, puis les murs, jusqu'au toit.

Bien s�r, il faut un projet pr�cis, d�taill�.

Monsieur ? - Va, ma ch�rie.

�coute, Salani...

Si tu trouves du travail ailleurs, prends-le.

La semaine prochaine je dois r�duire le personnel. Je commence par les jeunes.

Tu comprends ?

Je suis seul, c'est vrai, mais je vis de mon travail, vous comprenez.

Que devrais-je faire ? Licencier ceux qui ont une famille � nourrir ?

Tu n'es pas le seul, j'en ai 10 � licencier.

C'est pourquoi je peux te garder encore une semaine, pas plus.

Je suis vraiment d�sol�.

Essaye de trouver autre chose.

Merci.

Metello. Tu en fais une t�te !

J'ai des soucis. Je ne viens pas. - Pourquoi ?

Je vais � la Bourse du Travail. Badolati menace de licencier.

Alors, bient�t ce sera mon tour.

T'inqui�te, Del Buono est d�put�, il a son mot � dire.

Les patrons aussi ont leurs d�put�s qui ont leur mot � dire.

Metello ! Qu'est-ce qu'il voulait ?

Il en licencie 10 ! Je suis le premier !

Ou tous ou personne ! Ing�nieur !

Assez avec vos manigances ! Assez !

�a ne marche plus ! Vous voulez faire quoi ? Affamer les jeunes ?

Nous exploiter encore plus ?

Si vous virez les gamins, �coutez-moi bien, on s�arr�te tous !

Moi le premier !

Attention ! �a ne tient pas !

Pallesi !

Calme-toi. Tout va s'arranger.

J'ai rat� un �chelon...

Il devait �tre pourri.

Je ne vous en veux pas.

Vous �tes patron, vous faites votre boulot.

J'aurais d� faire gaffe...

�a vous est arriv� aussi.

Mais on peut �tre ing�nieur sans jambes, non ?

Metello...

Cours chez moi.

Avertis ma famille qu'ils viennent � l'h�pital.

Tous ! Tu entends ?

M�me les enfants... Ersilia...

Et si... Si je meurs...

emmenez-moi avec les drapeaux mais sans pr�tres.

Messieurs ! Messieurs !

S'il vous pla�t, pas de drapeaux !

Vous pouvez suivre l'enterrement. - Manquerait plus que �a !

Retirez les drapeaux et pas de discours. C'est un ordre !

De qui ? - Du Pr�fet et du commandant des forces arm�es.

�a ne nous concerne pas. On n'est ni flics ni militaires.

�vitons les scandales. Je vous prie de faire respecter l'ordre.

C'est vous qui le troublez avec vos exigences.

On garde les drapeaux. - Dans ce cas vous en assumez la responsabilit�.

En place.

Je n'aime pas le tour que �a prend, on s'en va. - Oui, tu as raison.

On a fait acte de pr�sence...

Je sais ce que vous avez fait pour papa.

C'est moi, Ersilia. - Salani Metello.

Merci pour tout, M. Salani, et aussi pour la collecte.

L'ing�nieur aussi a �t� tr�s bon.

Il a donn� 100 lires de sa poche.

Arr�tez !

Pas de drapeaux dans le cort�ge. - Ne les �coutez pas !

II est mort sur le lieu de travail, il faut que �a se sache !

Retirez les drapeaux ! - On est dans notre droit !

On n'en peut plus ! - C'est pas juste !

On peut m�me pas enterrer nos morts comme on veut !

Retirez ces drapeaux !

Qu'est-qu'on fait de mal ?

Mon Dieu !

Papa !

Papa ! - Allez-vous-en ! Vite !

Vite ! Vite !

Non ! Laissez-moi ! Papa !

Ne bougez pas d'ici !

L�chez-moi !

C'est une honte ! Honte � vous !

L�chez-moi !

Descends ! Descends !

Emprisonn�s d'hier !

�coutez-moi !

On nous a permis de vous saluer un par un !

Vous ne devez pas nous r�pondre !

Sans quoi, on nous chassera par la force.

Je suis la femme de Monsani Federico !

Dites-le-lui s'il n'a pas entendu...

Je suis la femme Baldinotti Armando !

Baldinotti Armando !

Martini Pisacane !

Je suis sa femme, Lidia !

Dante Chellini, Je suis sa femme qui l'embrasse.

Giovanni Renzoni !

Sa s�ur est venue le saluer.

Ferdinando Lippi !

Une vieille femme est l� qui n'a pas assez de voix, sa m�re !

Lippi Ferdinando.

Il est ma�on !

Je suis la fille de Pantifafi Omero.

Et je le salue !

Salani Metello !

C'est moi, Ersilia !

Tais-toi ! - Ersilia, c'est Metello !

Laissez-moi ! Ersilia !

Salani Metello...

Ersilia Pallesi te remercie !

Quand je sors, je t'�pouse.

Au nom de sa majest�, le roi Umberto Ier, sont condamn�s :

Chellini Sante, 2 ans de r�clusion et 1 an de r�sidence forc�e

pour r�bellion et instigation � la r�volte.

Salani Metello, 1 an et 3 mois de r�clusion

pour r�bellion et instigation � la r�volte.

Renzoni Giovanni, 1 an de r�clusion et 3 mois de r�sidence forc�e

pour r�bellion aux forces de l'ordre et instigation � la r�volte.

Lippi Ferdinando, 1 an de r�clusion

pour r�bellion et instigation � la r�volte.

Pour tous les autres accus�s de ce proc�s,

6 mois de r�clusion

pour r�sistance aux forces de l'ordre. La s�ance est lev�e.

�cris-moi !

�cris-moi !

Allez ! Tr�s vite, on aura une remise de peine.

Cher monsieur Metello, Vous m'avez pri� de vous �crire,

ainsi je vous �cris, comme j'�crivais � mon p�re.

Car il lui arrivait parfois d'�tre �loign� de la maison.

Il ne faisait rien de mal, mais on le surveillait

� cause de son s�jour en France

et de sa participation aux �v�nements de 1879.

A l'�poque, je venais de na�tre.

Maintenant, j'ai 20 ans et je suis fleuriste.

Mais je vais changer. Le fausses fleurs ne se font plus.

Je trouverai bien quelque chose.

Courage... 15 mois, c'est beaucoup,

mais il y aura une remise de peine.

Cher monsieur Metello

Vous m'avez pri� de vous �crire, aussi je vous �cris...

A l'�poque des �v�nements de 79, mois aussi, je venais de na�tre.

C'�tait une incitation.

Je l'ai lu dans un livre du pauvre Lampredi.

�cris-moi souvent et tutoie-moi, Ersilia.

D�s ma sortie, je t'�pouse.

Tu me passes un bouquet ?

Tu as fini ?

Plie-le comme �a. Je te l'ai dit plein de fois.

Tu le tiens mal.

Attends avant de dire : "Je sors et je t'�pouse."

C'est peut-�tre un projet vain.

Je suis venue te saluer, pouss�e par l'instinct,

mais c'�tait peut-�tre de la piti�.

Je ne suis pas s�re de t'aimer vraiment.

En fait, je n'ai jamais rencontr� l'amour.

Existe-t-il ?

S'il existe, Ersilia...

J'aimerais que tu me voies et que tu lises dans mes pens�es.

Un an est d�j� pass�, il reste � peine 90 jours.

Je dis "� peine" pour ne pas me taper la t�te contre le mur.

Le monde est ainsi fait.

On est n�s d'un c�t� de la barricade, et on doit y rester.

Mais dor�navant...

D�s ma sortie, je t'�pouse.

Tu aurais pu m'avertir, non ?

Je serais arriv� avant ma lettre.

2 mois de remise de peine.

Tu es � Florence ? - Depuis 3 jours.

On ne m'a rel�ch� qu'hier soir.

Je suis pass� chez toi, je n'ai pas eu le courage de frapper.

J'ai cherch� une chambre pour dormir...

Mais je n'ai pas ferm� l��il.

J'avais h�te de te voir.

Je suis repass� chez toi

� l'heure o� les boulangers rentrent.

Ta m�re m'a dit que tu faisais le tour de nuit.

Elle a �t� gentille.

Donc...

Alors maintenant que je suis l�, devant toi, tu t'es d�cid�e ?

Tu as maigri.

Un muscat. - Une grappa.

La premi�re en 13 mois.

Viens ! Viens !

L�che-moi ! - J'habite tout pr�s. - L�che-moi !

Ne tire pas !

Si je n'�tais pas d'accord, tu n'y arriverais pas.

Je n'ai jamais �t� seule chez un homme.

Viens.

Si tu changes d'id�e demain, ne te fais pas de scrupules.

Mais si tu m'�pouses, fais attention � toi.

Voil�, c'est fait.

Non, Liberino, ne pleure pas.

Tu viens chez papa ? - Non, mon tr�sor...

Non, non, non. - Voil�, c'est fini.

Bonjour.

Bonjour.

Qui est-ce ? - Elle habitait devant le chantier.

Tu me reconnais ?

Olindo !

Comment vas-tu ? - Bien.

Je suis content de te revoir.

Voici ma femme et mon premier enfant.

C'est Olindo ! On a �t� �lev�s ensemble.

Viens ! Tu es arriv� quand ?

De Belgique ? Dimanche.

J'ai amen� les enfants � Rencine. - Et maman lsolina ?

Elle s'en sort. Mais �a s'est mal pass�,

je suis tomb� malade � la mine,

et j'ai d�cid� de rentrer.

Je monte avec le petit. - On vient, nous aussi.

Tu en as de la chance.

Le bonheur en famille, une maison...

J'ai des amis � la Bourse du Travail.

Je te trouverai un boulot.

Qui sait, peut-�tre m�me chez Badolati, o� je travaille.

Assieds-toi donc.

II dort ? - Oui. Il �tait bien fatigu�.

Tant que tu ne trouveras rien, tu restes chez nous.

On met un lit de camp.

On s'arrange.

En ce qui me concerne, si ta femme est d'accord...

Metello sait ce qu'il fait.

Mme Salani !

Mme Salani !

�coutez.

Mon mari m'a pri�e de vous inviter

au caf� de la place Piattellina.

On inaugure l'�lectricit�.

"Invite-les", m'a-t-il dit. "Ils accepteront."

D�sol�e, Ida, on a un parent.

Et puis, il y a le petit. - Dommage.

Une autre fois.

D�sol�e, vraiment, mais ce soir, c'est impossible. Au revoir.

Si c'est � cause de moi...

Ne vous inqui�tez pas, ce n'est pas pour �a. - On y va ?

Tu as pris de l'argent ? - Je n'aime pas sortir sans.

On ne sait jamais. Les pauvres, on les am�ne � l'h�pital.

Je ne supporte pas ces idiots !

D�sormais, c'est une amie... � sa fa�on.

Tu sais quoi ? Il leur faudrait une bonne racl�e !

Tu as vite fait de distribuer des gifles.

Et � qui ?

Aide-moi.

Olindo !

Rendez-vous ce soir � la Bourse du Travail.

Avertis Metello.

Quoi ?

La r�union est pour ce soir.

Mes enfants !

Ne vous laissez pas emporter par cette d�mocratie.

Ne vous montez pas la t�te. J'�tais comme vous.

Et je me suis fait tout seul.

Si j'ai un peu d'argent et une entreprise

je ne le dois pas au syndicat mais � mon cerveau.

Il s'agit de pain et de travail.

Les tarifs sont mis�rables, on doit les faire respecter.

Mais moi, je les respecte !

Non, m�me vous, vous ne les respectez pas !

Tinai, par exemple, il a 3 centimes de moins.

Pourquoi ? - Pourquoi ? Parce que j'ai voulu l'aider.

Je n'avais pas besoin de lui.

C'est lui qui vous aide � vous enrichir !

Mes enfants, c'est pour votre bien...

Calmez les choses, ne risquez pas le tout pour le tout !

N'�coutez pas Del Buono, �a ne vous convient pas.

Allez, que feriez-vous tout seuls ?

Vous ne pourriez m�me pas retirer un doigt de votre... derri�re !

Dites plut�t "cul" vous savez le dire !

Lorsqu'il vous semble qu'on ne sue pas assez

ou que le froid ne nous casse pas les mains,

vous parlez autrement! - Je vous paye pour votre sueur !

Je ne veux pas me m�ler de �a ! - �a suffit !

Rentrez chez vous !

Ton petit papa

est si distingu� qu'on ne dirait m�me pas qu'il est ma�on...

Ne lui dites jamais �a ! Il tient tant � son m�tier.

C'est vrai que M. Metello a eu des ennuis avec la justice ?

Excusez mon indiscr�tion.

C'est vrai. Pour des raisons politiques.

J'en sais quelque chose.

Un de mes oncles a tant fait pleurer ma m�re...

Certaines id�es selon lesquelles les hommes sont tous �gaux,

qu'on a tous droit au travail sans �tre exploit�s...

Quand on les a dans le sang...

Du reste, c'est �crit dans l��vangile.

Si Metello n'�tait pas comme �a, ce ne serait plus lui.

Moi, si j'�tais sa femme,

je ferais tout pour l'�loigner de la politique.

Bonsoir.

Bonsoir.

On parlait justement de vous. En bien, naturellement.

Le repas est pr�t ? - Mon mari a des billets pour l'op�ra.

Vous n'allez pas encore refuser ?

Aujourd'hui, je suis devenue majeure.

J'ai vingt et un ans !

Remerciez votre mari, mais ce soir, impossible.

Une autre fois. - Comme vous voulez...

Je vais dire � mon mari d'en prendre pour demain.

Il y a le ballet Excelsior. - Merci, Ida. - Bonsoir.

Ce soir, on a une r�union importante.

On va d�cider la gr�ve, on est tous d'accord.

Renzoni et moi avons �t� �lus responsables du chantier.

T'inqui�te pas.

Je t'y am�nerai, au th��tre.

Si c'est la gr�ve...

Tu sais quoi ?

Je laisse le petit chez maman pendant quelques jours.

On fera des �conomies et je serai libre.

Mme ldina m'a donn� une id�e. Les fausses fleurs sont de nouveau � la mode.

Je pourrais gagner un peu d'argent.

Une id�e d'ldina ?

Tu ne l'aimes pas ? Elle est si jolie !

Tu ne la trouves pas jolie ? - Si. - Alors elle te pla�t ?

J'ai r�pondu � ta question. - II fallait dire que tu ne la regardes pas.

J'ai des yeux pour quoi ?

Attention !

Venez, c'est par l�.

Ersilia, regarde comme elle est belle.

Non, merci.

Venez, Ida. Votre mari br�le de vous avoir � c�t� de lui.

Non...

Mais pourquoi changer d'habitude ?

Changer a du bon, parfois. - Moi, je reste l�.

Sans compter que c'est moi qui pourrais �tre jaloux.

Dans ce cas, moi aussi. Je reste � ma place.

Le lendemain, la gr�ve a �t� d�cid�e.

A l'�poque, on �tait en 1902,

cette gr�ve a �t� l�gendaire.

C'�tait � Florence de prouver sa force et sa solidarit�.

Les machines � faire de l'argent avaient r�veill� tout le monde.

Leur bruit avait atteint les �chafaudages.

Ces gens ont ouvert les yeux.

Il faut qu'ils les referment et vite !

Ils n'auront pas le courage.

Qu'est-ce qui se passe ? - La gr�ve !

Arr�tez le travail !

C'est la gr�ve !

Descendez ! - Tout le monde descend !

Olindo ! Descends !

Tu as compris ? Tu as vot� la gr�ve, toi aussi.

Si tu veux pas bosser, va-t-en, et fous la paix aux autres !

Nardini, tu cherches quoi ? Un incident ?

C'est un ordre du patron ?

Tu as oubli� quand tu faisais la gr�ve ?

Non ! Mais �a me regarde.

Le pass�, c'est le pass� ! Maintenant, je dois faire respecter l'ordre.

Compris ? - Non.

Moi, je n'ai pas compris.

Ordure !

Mes enfants, attention !

Celui qui quitte le travail ne remettra plus les pieds ici !

Vous le savez, je ne plaisante pas. Attention � vous !

Salani ! On t'a mont� la t�te !

Ne r�vez pas ! �a ira mal pour vous,

Je serai plus dur que les autres ! Vous me supplierez � genoux !

C'est ce qu'on verra ! Mais l�, on fait gr�ve.

Pour des tarifs corrects ! On n'y arrive plus avec vos tarif de mis�re.

M. l'ing�nieur !

Comment �a va finir ? - De notre temps ces choses-l� n'arrivaient pas.

Alors, et chez vous ? - Et qu'en penses-tu ?

Le patron a �t� une ordure. - Tu t'attendais � quoi ?

Si tu touches � leur portefeuille, c'est des chiens.

Quelle belle journ�e, on dirait le printemps.

Ce serait chouette de rester sans rien faire.

En ce qui me concerne, je ne crois pas que le travail soit un devoir.

Tu as raison. C'est de l'esclavage, voil� ce que c'est.

Regarde qui est l�, hein ?

Bonsoir.

Voil� ton papa.

Ersilia avait raison en me disant que je vous trouverais ici.

Ma surprise ne semble pas vous faire plaisir.

Je suis un mal �lev�. Mais parfois, c'est comme avec les patrons...

On se d�fend pour ne pas se laisser tenter.

Je n'y connais rien en patrons, je n'en ai jamais eus.

Et les tentations, c'est l'affaire du diable. - C'est faux.

Les saints aussi ont des tentations.

Et si on c�de, on finit o� ?

En enfer, sans doute, ou au paradis. Qui sait ?

Vous me faites blasph�mer.

Peu importe ! C'est le bon mois pour y aller !

D'accord ! On va � la mer. J'ai pris une cabine.

Ferme la fen�tre !

Je ne les supporte pas. - On a un peu d'air, au moins.

Ils vont finir par se taire.

En attendant, ils vont � la mer.

Alors que moi, je suis toujours oblig� de vous demander

l'hospitalit�.

Tu parles comme un �tranger !

Comme si tu nous pesais. - C'est pas �a.

J'ai h�te d'avoir Cosetta et les enfants avec moi.

Et tu voudrais bosser alors qu'on est en gr�ve ! Dis la v�rit� !

Je ne serai ni le premier...

ni m�me le dernier.

Je dois t'ob�ir pour le couvert et le lit ?

Si c'est �a, dis-le et je pars !

Que tu restes ou pas, c'est pareil !

Mais si �a finit mal, ce sera de ta faute ! - Ne criez pas !

Les gens n'attendent que �a, que vous vous disputiez !

Si c'est comme �a, je pars.

Dor�navant, c'est moi qui d�ciderai.

Ne fais pas �a. Metello t'aime beaucoup.

Si tu pars, il va souffrir. Et il ne m�rite pas �a.

Idina !

Rentre, les gens te voient !

Laisse-moi respirer encore un peu. Et puis, personne ne me voit.

Avec cette chaleur, j'ai la poitrine toute tremp�e.

A quoi penses-tu ?

On sort. J'ai quelques sous en plus.

Ce qu'il faut pour deux verres.

On prendra l'air. On �touffe, ici.

Oui, sortons.

Bonsoir. - Bonsoir.

Sonne ! Amuse-toi ! Maintenant, c'est � nous.

Les avoir par la faim, tu parles !

Ils ont plus de souffle que nous. - Et pourtant...

Je ne suis s�r qu'ils ne sont plus d'accord,

qu'ils vont traiter.

Deux semaines sans paye, c'est pas rien. - N'importe quoi !

Qui t'a racont� ces histoires ?

Ils font une collecte partout � Florence !

Ils s'aident entre eux.

On y va.

Le voila ! Il vient discuter.

On a peut-�tre gagn�.

Attention. S'il veut parler, laissez-le faire.

Je rote de sati�t�.

Il le fait expr�s pour nous exasp�rer. - M. l'ing�nieur !

Tais-toi ou je te casse la gueule !

Qui m'a appel� ? - Moi !

Et alors ?

Allez, parle !

Vous vous disputiez ? - Personne ne se dispute.

Je vous ai vus !

Renzoni voulait me parler.

Et vous lui avez saut� dessus !

Qui sait combien il y en a qui veulent me parler !

Je n'ai rien � dire.

On veut vous parler, mais ce ne sont pas des pri�res

Je vais tout vous dire.

C'est pas Renzoni qui a appel�, c'est Tinai.

Voyou ! Espion ! - Salaud ! Ordure !

Arr�tez ! Arr�tez !

Ce ne sont pas des assassins !

On n'est pas arm�s, on est gr�vistes.

En fait, notre force vous fait peur.

Si Nardini porte une arme, c'est qu'on l'a autoris� !

Certainement pas moi.

Si c'est ce que tu veux dire ! Reprenez le travail.

Le plus t�t sera le mieux.

C'est clair ? - Si clair qu'il commence a faire sombre.

Acceptez nos conditions et on reprend. - Vos conditions ?

Oui, nos conditions !

C'est � vous d'accepter les miennes

si vous voulez que les autres entrepreneurs oublient tout !

Nardini...

La ferme.

On y va.

LUTTE DE CLASSE

12 JOURS APR�S, LA GR�VE DES MA�ONS NE FAIBLIT PAS.

M. Metello.

Excusez-moi de vous d�ranger.

J'ai si chaud.

J'ai bu un demi-litre d'orangeade et j'ai encore plus soif.

Il n'y a que le vin qui coupe la soif.

Vous ne le savez pas ? - J'en ai.

Je peux m�me apporter de l'orangeade pour Ersilia.

Non, merci. Elle est all�e livrer des fleurs. Elle va rentre tard.

Que je suis b�te ! Je le savais.

Moi aussi, je suis seule.

Si vous voulez...

Je viens chez nous. - Venez, je vous attends.

Entre.

Je te veux encore.

On doit r�fl�chir.

Pourquoi ? Moi, je n'ai peur de rien.

Moi non plus, je n'ai peur de rien.

Si tu veux que ce soit la premi�re et la derni�re fois

�a ne d�pend que de toi.

Je m'�tais allong�e, puis endormie avec cette chaleur.

Je peux passer pour un conseil ? - Non, attendez !

Je passe une robe et j'arrive.

Oui, Ersilia ?

Pourriez-vous m'aider � harmoniser mes bouquets ?

Vous avez bon go�t.

La premi�re commande a bien march�, gr�ce � vous.

J'en suis ravie.

La gr�ve continue ? - Oui.

Je vais vous faire de la peine. Il vous manque une boucle.

Le fermoir a d� se casser pendant que je dormais.

J'arrive.

Viola !

Salut, Lippi.

Comment vas-tu? - Pas mal et toi ?

Je me faisais du souci, je voulais en savoir plus.

On m'a dit qu'on a arr�t� des gr�vistes. J'ai pens� a toi.

Je suis contente que tu n'y sois pour rien.

J'y suis pour quelque chose, mais je suis en libert�.

Tu n'as besoin de rien ?

Non. Merci d'y avoir pens�.

Le petit va bien ? - Oui.

Et toi ? - Bien, merci.

Eh bien...

Salut !

Encore debout ?

Si j'avais su...

J'invitais des amis � boire un coup.

Nous, on a de la chance, on a de quoi manger

gr�ce � toi. - Toi ou moi, c'est pas pareil ?

Tu te l�ves � quelle heure ? - 5 h.

On doit �tre au chantier � l'aube.

Tu vas te coucher ? - Tu ne viens pas ?

Je dois finir. Je dois taper fort, tu ne pourras pas dormir.

Quand je dors, rien ne me r�veille.

Mais tu vas g�ner les voisins.

30 jours qu'on rentrait sans paye et il y avait du travail.

Les murs ne demandaient qu'� �tre prolong�s.

Les esprits �taient forts, mais les estomacs � jeun.

Allions-nous r�sister longtemps ?

La gr�ve c'est un si�ge. il s'agit de durer.

DERNIER AVIS

Les ouvriers de retour demain auront du travail toute la saison.

Les autres sont licenci�s L'embauche se fera au cas par cas.

Excusez-moi, je suis en retard. Je dois rejoindre ma s�ur.

Faites voir comme vous �tes �l�gante. - Je suis trop press�e. Je dois y aller.

A ton retour de la mer on prendra une d�cision.

Je ne veux pas partir.

Je reviens avec le premier train, je te le jure!

Tu ne veux donc pas comprendre ?

Dans un mois peut-�tre, cette folie

va nous passer, � tous les deux.

Certainement pas � moi.

J'ai l'impression d'exister depuis qu'on est ensemble.

Pas moi.

En fait...

J'ai l'impression d'�tre un voleur.

On y va.

Tu ne me donnes m�me pas un autre baiser ?

Viens ici...

Allez, d�p�che-toi. Que va dire ton mari ?

II n'est pas � Florence, il rentre tard.

M�me s'il �tait � la maison, ce serait pareil.

Il gobe tout ce que je lui dis.

Avoue plut�t que c'est toi qui es inquiet.

Pas pour ce que tu penses. Je dois �tre � la Bourse � 7 h.

Tu sais quoi, Metello ?

L'avantage de cette gr�ve, c'est qu'on se voit tous les jours.

Consid�re que c'est fini. La gr�ve et le reste ! - Mais je plaisantais.

Tu plaisantes parce que ton mari est riche.

Et je ne suis pas fleuriste.

Un ma�on et une fleuriste, �a va bien ensemble.

O� es-tu, Del Buono ? L'argent est arriv� ?

Ne te cache pas, comme les patrons.

Il est arriv� ce fric, oui ou non ?

On en a marre d'attendre ! Qui va payer nos dettes ?

Ne te cache pas, Del Buono !

Montre-toi ! - Vous voulez quoi ?

Attirer les gendarmes et les soldats ?

Vous le savez, l'argent va arriver, c'est s�r !

Mais quand ? - Dans 2 ou 3 jours. Pas plus !

Demain, on retourne au chantier. Vous nous menez en bateau !

Vous �tes notre ruine ! - Tinai s�me toujours la zizanie !

Il m�rite une le�on ! - 40 jours qu'on attend !

Pour les patrons aussi, �a fait 40 jours.

Mais vous, vous n��tes pas seuls.

Les m�caniciens, les vitriers, les cheminots,

les m�tallos, les cigari�res sont avec vous !

Toute l'Italie est solidaire.

Dans toutes les villes, on collecte des fonds.

Des mots ! Rien que des mots ! Demain, on reprend.

Tu veux notre ruine ! Tu ferais mieux de te taire !

Je ne me tais pas. Les patrons ont le beau jeu !

Salaud !

J'ai faim et j'ai une famille ! - L'argent arrivera, je vous le jure !

Se rendre maintenant serait un suicide !

�coutez-moi. - Demain, j'y retourne.

Que ceux qui sont d'accord me suivent.

Arr�tez ! - O� vas-tu ?

Les forces de l'ordre auront une raison d'intervenir, ce qu'ils veulent !

Sale tra�tre !

Tirons-nous ! Ils nous ont vus !

Del Buono ! - Ils vont t'arr�ter !

Renzoni, viens ! Il y a les carabiniers !

Tire-toi, Metello !

O� tu �tais ?

O� tu �tais, malheureux ? Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Dis-le-moi !

Ils ont pris Del Buono � cause de Tinai !

Toi seul pouvais l'arr�ter ! Allons !

Venez chez moi un instant, ldina.

Je n'en peux plus. Si vous saviez combien j'ai march�...

Vous n'�tiez pas chez votre s�ur ?

Oui, puis je me suis promen�e sur les quais.

Ah oui ? Entrez donc un instant.

Rien qu'un instant, alors.

J'ai pris tant de soleil que j'en suis �tourdie.

Mais vous n'avez pas beaucoup avanc� dans votre travail.

Ouais !

Sale pute ! O� tu l'as amen� ? - Quoi ? Qui ?

Putain ! Tu l'as amen� o� ? Oublie-le !

Oublie-le ! Compris ? Oublie-le !

Et maintenant fous le camp !

Oui, c'est vrai. Je te l'ai pris et j'en fais ce que je veux !

Fous le camp !

On a arr�t� Del Buono.

A cause d'Olindo. - Tu veux d�ner ?

S'il y a quelque chose de pr�t.

Je dois ressortir.

On a une r�union � la Caisse de Secours Mutuel.

On doit se d�brouiller tout seuls.

II faut organiser les piquets.

Il faut �tre au chantier � l'aube.

Qu'est-ce que tu as ?

Rien.

Comment �a, rien ?

Je ne t'ai jamais vue comme �a.

R�ponds, au moins !

Alors ?

Tu sais bien ce que j'ai � te dire, donc...

Comment �a ?

Tu le sais. Je te l'ai d�j� dit, rien !

Dis plut�t que tu en as marre de jouer l'�pouse

qui bosse toute la nuit pour son mari gr�viste !

Comme disent les bourgeois : "Un gr�viste, c'est un fain�ant !"

Tu le penses aussi ? Allez ! Dis-le !

Il vaut mieux que je m'en aille.

Ce soir, je ne supporte pas une femme si parfaite.

H�, mon gar�on.

Regarde.

Il y a les soldats. Il fallait s'y attendre.

C'est pas tout. Il y a pire.

Ils sont tous l�.

Tinai, Costanzo, Piero...

l'Allemand. Tous, les salauds !

Ils sont venus quand ? - Ils ont dormi ici.

Tout �tait pr�vu. Les tra�tres !

La bagarre d'hier aussi �tait combin�e.

Ils voulaient l'arrestation de Del Buono.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Des fusils entre leurs mains, �a non...

Les trois ouvriers ci-dessous doivent quitter le chantier :

Salani, Lippi, Benzoni.

Aucun des trois n'est l� ?

J'ai pos� une question !

Arr�tez ! - Laissez, M. le d�l�gu�.

S'il vous pla�t.

Qu'est-ce que je fais ? Je lance la sir�ne ?

Ne nous provoquez pas ! Ne lancez pas la sir�ne !

Nos mains tremblent de d�sespoir.

Nardini...

Lance la sir�ne ! Ici, il faut travailler !

Olindo ! Vous autres ! Attendez !

Ne vous mettez pas contre nous, juste au moment o� les sous vont arriver !

Salani, �a m'�tonne de toi, j'ai toujours �t� ton ami.

Quand je t'ai engag�, tu �tais en culottes courtes.

Ne serait-il pas plus digne de reprendre le travail ? - Vous voyez,

quand mon p�re �tait jeune, des entrepreneurs comme vous les engageaient

et eux, il faisaient la queue comme des putains !

Il y en avait toujours qui s'offraient � moins !

Nous sommes d'une autre g�n�ration.

Je l'ai compris en apprenant � �crire.

Et pas vous, qui avez tant �tudi� ? - C'est la raison

pour laquelle je vous conseille de reprendre le travail !

De toute fa�on, du Sud du pays o� il n'y a pas de travail

des centaines de travailleurs sont pr�ts � venir ici !

Sans discuter les tarifs ! Le travail leur suffit !

Metello ! L'ing�nieur veut te parler. Viens !

On n'a pas de secrets. On parle devant tout le monde !

La faim, la syphilis, �a, c'est des secrets !

Depuis le d�but, on discute. Les discours, �a nourrit pas !

D�clenche la sir�ne !

La gr�ve est finie ! - Non, elle n'est pas finie !

Ne bougez plus !

Venez, monsieur.

Olindo !

Laisse-moi-le, Lippi.

Renzoni est bless�.

Je m'en tirerai... Va-t-en !

Ils vont dire que c'est de ta faute. - Non, non !

Je reste avec toi. Je ne te laisse pas seul avec ces chiens !

Va-t-en, Metello !

Ils vont t'accuser. - Ils m'attraperont quand m�me.

C'est pas juste...

On nous tue pour trois centimes.

Arr�tez !

Arr�tez ! Ils ont lib�r� Del Buono !

Vos repr�sentants n�gocient. Les entrepreneurs ont c�d�.

On se met d�accord, mes enfants !

Metello ! On a gagn� !

Tu as entendu ? C'est la premi�re fois

que l'un d'entre nous se met � n�gocier avec les patrons.

D�clenchez la sir�ne, si vous voulez.

On a gagn�.

Pour toi aussi, Olindo Tinai.

Tout doit nous co�ter cher.

J'ai 25 ans, et pourtant, tu sais...

j'ai l'impression d'avoir atteint l'�ge de raison aujourd'hui.

Del Buono veut d�noncer le sous-officier.

Mais ils sont tous d'accord...

pour nous accuser.

Seulement sous pr�texte

qu'on les a provoqu�s

en lan�ant des cailloux.

Le brigadier aurait tir� en �tat de l�gitime d�fense.

Lui avec son fusil, et nous, les mains nues.

On ne doit jamais se repentir d'offrir ses poignets aux menottes.

Comme disait mon p�re, il faut lutter. Et il avait raison.

Qui sait, un jour il n'y aura plus d'exploit�s et d'exploiteurs.

Cesare !

R�veille-toi, on va �tre en retard.

Ils partent � la mer.

Ils font leurs valises.

Ils avaient dit qu'ils partiraient dans une semaine.

Elle a chang� d'id�e.

Tu avais tout compris, n'est-ce pas ?

C'est moi qui ai commenc�.

Ce n'est pas de sa faute.

C'est arriv� comme �a. - J'imagine.

Non, tu ne peux pas imaginer.

Et comment. On apprend mille choses l'espace d'un instant.

Mais mon c�ur est rest� en dehors de tout �a.

J'esp�re bien, sans quoi je ne serais pas ici a en parler.

Salani Metello, ouvre !

C'est eux...

Ouvre, on sait que tu es l� !

Suis-nous. Tu es accus� d'instigation � la r�volte.

Salani Metello !

Parloir !

Comment vas-tu ? - Bien. Le petit aussi. Et toi ?

II fait froid...

Mais pour le reste, je ne me plains pas.

Je me suis install�e chez maman pour �conomiser le loyer.

Dis la v�rit�, tu n'as plus de boulot avec les fleurs ?

Je cherche ailleurs.

On m'a licenci�e parce que mon mari est un subversif.

Les fleurs sont toujours � la mode.

Ce qui compte, c'est que tu rentres vite.

Que de souvenirs

que d'�v�nements

combien de temps est pass�...

Je r�alise que je n'ai pas tenu la promesse

faite en sortant du caf� de la Place Piattellina

que je ne ferais plus de politique.

Mais plus tu fais marche arri�re

plus tu finis par te retrouver en premi�re ligne.

D�sormais, je te jure...

Je sais, tu ne veux pas que je jure...

j'aimerais vivre tranquille.

Toi, Libero et moi

et pourquoi pas un autre enfant.

Mais je sais qu'on ne peut pas changer certaines choses.

Enfin, ch�re Ersilia, je sais ce qu'est un ma�on,

ce qu'est un socialiste.

"Dommage que tu n'aies pas �tudi�", m'a dit le juge.

J'ai �tudi� sur les �chafaudages.

J'ai repens� � ce qu'on a en commun.

Par exemple, le destin de nos p�res.

Pour nous aussi, peut-�tre, ce sera pareil.

Mais j'esp�re que ce sera un peu mieux.

Ouvre grand les yeux.

�coute-moi.

Demain on te lib�re.

Une autre chose de pass�e...

Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Pour te laisser tranquille.

Je vais trouver du boulot. Avec les dettes qu'on a...

N'y pense pas. Tu dois te reposer.

Me reposer ? Mais de quoi ?

On est riches.

On peut payer les dettes et vivre un peu sans soucis.

Un gamin a d�pos� une enveloppe avec de l'argent.

Il s'est sauv� d�s que j'ai ouvert.

Je me suis pench�e � la fen�tre et j'ai aper�u une femme �l�gante.

C'est sans doute le geste d'une f�e.

Si c'est une fille, on pourrait l'appeler Viola. Qu'en penses-tu ?

Mais je te promets...

que je ne mettrai plus un pied l�-bas.

Je te le jure.

Peu m'importe, ne jure pas. M�me mon p�re n'y est jamais parvenu.

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