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Original subtitles

Dans le système judiciaire, les citoyens sont représentés...

par deux organismes d'égale importance.

La Police, qui enquête sur les crimes...

et le Ministère Public, qui poursuit les contrevenants.

Voici leurs histoires.

DOMICILE DE TED & NANCY DRISCOLL 99, 77E RUE - JEUDI 28 JUIN

Je vous en prie, Madame, appelez un docteur.

- Cora, sa fièvre est descendue. - Elle ne va pas mieux.

La réveiller n'arrangera rien.

Un docteur, une ambulance, les Urgences, faites quelque chose.

- Vous perdez la tête. - Partez, avec vos affaires.

Mon mari vous enverra un chèque.

À l'aide ! S'il vous plaît ! À l'aide !

À l'aide ! À l'aide !

- S'il vous plaît ! Arrêtez-vous ! - Que se passe-t-il, ma jolie ?

- Mme Driscoll ? - Oui.

Je suis l'agent Burton, et voici l'agent Giordano.

Votre femme de ménage dit que vous avez une urgence.

Mme Amado a tendance à exagérer.

Vous permettez ? On peut juste entrer et jetez un oeil à votre fille ?

- C'est vraiment pas la peine. - On sera pas long.

Pardon, Madame.

Elle est un peu fiévreuse.

- Madame, cette gosse peut pas respirer ! - Central K, ici Charlie 27.

Je vous écoute, Charlie.

- Vous l'avez admise ? - La procédure est claire.

Moi seul pouvait l'admettre sans l'accord des parents.

La gosse va s'en sortir ?

Des streptocoques. Plus de 40 de fièvre.

Tous les parents savent qu'il y a danger de mort.

L'hôpital va porter plainte pour mauvais traitement à enfant ?

Oui, pour négligence.

Vous pouvez pas faire ça. Je veux ramener ma fille chez moi.

Mme Driscoll, voici le Dr Fisher, chef du service.

Elle n'autorise pas la trachéotomie.

Si je refuse de signer, vous pouvez pas la traiter.

Voici le sergent Carreta et l'inspecteur Logan.

- Encore des policiers ? - Vous nous laissez pas le choix.

Vous semblez être une femme raisonnable. Dîtes-nous quel est le problème.

- Votre mari était chez vous, ce soir ? - Il est en voyage d'affaires à Boston.

Vous comprenez que si l'hôpital porte plainte, vous risquez la prison.

Vous ne pouvez m'obliger à la faire opérer.

Vous êtes sérieuse ? Ces gens essayent de sauver la vie de votre fille.

C'est le salut de son âme qui me préoccupe.

Mme Driscoll, laissez-nous sauver Dinah...

Vous pouvez rien pour elle. Nous ne croyons pas en la médecine moderne.

- Vous n'y croyez pas ? - Notre religion l'interdit.

Code Bleu. Urgences pédiatriques. Code Bleu. Urgences pédiatriques.

Excusez-moi, Madame, reculez-vous.

Donnez-lui 1,8 millilitre de F.D.

Préparez une solution intraveineuse à 1/1000.

- Défaillance cardiaque. - Préparez les électrochocs.

Où est le pharmacien ?

Donnez-moi 18 watts par seconde.

Enlevez le masque à oxygène.

Prêt.

Toujours pas de pouls.

Prêt.

Prêt.

Elle n'était pas si malade !

Elle n'était pas si malade.

Alors ? Vous passez ça aux services sociaux ?

C'est vous qui décidez.

Tout ce qu'on aura contre elle, c'est mise en danger.

Non, non. On veut la coincer pour homicide involontaire.

Calme-toi là, Mike.

On a rien si on prouve pas qu'elle savait sa fille gravement malade.

La femme de ménage... Amado.

Elle savait, elle a été chercher deux agents.

Avec ça, on est sûr de l'avoir.

Elle a été virée. Elle dira n'importe quoi.

Et c'est pour ça qu'elle mentirait sur la gosse ? Tu y crois ?

Ce que je pense... Ce que tu penses, ou ce qu'il pense ne change rien !

Au tribunal, elle fera pas un témoin crédible.

- Crédible ? La gosse est morte ! - C'est quoi, ça ?

La fin de la lune de miel ?

Au lieu de débattre sur ses états d'âme, allez donc la voir.

Et renseignez-vous sur cette religion... "L'Église de tous le Saints".

Sublime enfant.

Ça faisait trois mois que vous travailliez pour les Driscoll ?

Ils adoraient la petite.

C'était comme une aura. Ils étaient rayonnants.

Personne pouvait plus aimer son enfant.

- Elle est tombée malade quand ? - Lundi matin.

Quand je suis arrivée, elle était déjà fiévreuse.

Mme Driscoll n'était pas inquiète. Elle disait prier pour elle.

Mais vous étiez inquiète ?

Mes gosses, s'ils sont malades, je prie pour leur âme.

Pour leurs corps, j'ai un médecin... Oberon Guzman.

Je lui ai dit que la fièvre ne cessait de monter.

Vous avez averti Mme Driscoll ?

Elle m'a dit que, parfois...

les enfants doivent souffrir pour que le Seigneur entende leurs prières.

Vous voudriez que je traite un enfant contre la volonté de ses parents ?

S'il est mourant, oui.

Mon assurance professionnelle est 20 fois supérieure à mon loyer.

Je n'interviens pas sur un enfant contre le gré des parents.

Mme Amado vous a-t-elle décrit les symptômes ?

Gorge enflammée, forte fière, difficultés respiratoires.

Un étudiant de deuxième année...

aurait pu deviner qu'il s'agit de streptocoques dans la gorge.

C'est grave, selon vous ?

Si c'est pas traité ?

Ça entraîne des fièvres rhumatismales, des défaillances cardiaques, la mort.

Donc, un parent refusant de traiter ça...

Serait stupide, aveugle ou inconscient.

Ou très religieux.

ÉGLISE DE TOUS LES SAINTS 585 OUEST 80E RUE - MARDI 3 JUILLET Notre secte descend des Frères Suisses.

Comme les Amish ou les Hutterites.

Sauf que vous ne voulez pas de docteurs.

Nous existons depuis 300 ans...

bien avant la médecine moderne.

Attendez un peu. Vous avez l'électricité, le chauffage central.

Vous étiez là avant ça, aussi.

Dois-je vraiment défendre mes croyances devant la police ?

Vous allez arrêter Ted et Nancy ?

Ils appartiennent à votre confession depuis longtemps ?

De longues années.

Ils étaient avec nous lorsque nous étions dans le New Jersey.

Ils sont très pieux. La perte de leur fille est une chose terrible.

Mais c'est la volonté de Dieu.

La plupart des gens acceptent l'aide des antibiotiques.

Nous, non.

Vous avez parlé aux Driscoll pendant la maladie de Dinah ?

Ted et Nancy n'ont jamais cru que leur fille risquait de mourir.

Il suffit de leur parler pour voir ça.

- Des fanatiques. - C'est pas si simple.

C'est pas la secte Moon. Tu te confesses ? Tu communies ?

- Ils croient en ça comme toi. - Mon cul !

- Tu compares ces cinglés... - Ces cinglés ?

Beaucoup de non-catholiques pensent que c'est dingue...

d'avoir des prêtres célibataires.

Les non-fondamentalistes pensent que c'est dingue...

de suivre la Bible à la lettre.

Pour les Driscoll, que leur fille perde son âme est pire qu'elle perde la vie.

Mais on enquête sur la mort d'une petite fille, pas sur son âme.

Notre église ne fait pas d'exceptions.

Les règles viennent de Dieu, pas de nous.

Nous ne souillons pas nos corps. Nous ne fumons pas...

ne prenons pas de médicaments et n'allons pas chez le docteur.

Si vous faites une attaque, vous n'appelez pas l'ambulance ?

C'est si difficile à accepter ?

Pardonnez-moi, Mme Driscoll, je dois vous le demander.

Avez-vous pensé appeler un docteur ?

J'aurais dû prier plus fort.

- C'est peut-être notre faute. - C'est notre foi.

- Notre religion est ainsi. - Vous appelez ça de la religion ?

Laisser mourir un enfant ? Pour moi, c'est de l'irresponsabilité.

Mike.

Désolé.

- Nous avons l'habitude. Ce sera tout ? - Une dernière chose.

Vous n'étiez pas là mercredi et jeudi ?

Je n'avais pas le choix.

Nous nous parlions trois ou quatre fois par jour.

La fièvre de Dinah baissait, Nancy pensait qu'elle allait mieux.

Nos prières marchaient.

À aucun moment, durant ces six jours, vous avez demandé de l'aide pour Dinah ?

Bien sûr que si.

Sharon Barlow, c'est la praticienne de l'Église.

Vous avez fait des études médicales ?

De la chimie, de la biologie, l'administration de soins d'urgence ?

Une formation religieuse. La guérison par la prière.

Vous êtes quoi, une infirmière ?

Vous pensez que je vois pas ce qui se passe ?

Vous voulez faire le procès de notre église.

Si vous partagiez nos croyances, vous comprendriez.

Nous essayions de comprendre vos croyances. Aidez-nous un peu.

Nous traitons les malades par la prière.

Nous avons tout fait pour faire tomber la fièvre.

Nous avons prié, donné des bains froids, nous l'avons nourrie...

frottée avec de l'alcool. On en a même fait venir d'une pharmacie.

- Une pharmacie ? - Laquelle ?

Je dois avoir le reçu.

Déduction d'impôts ?

Ils ont fait quoi ?

- C'était de l'alcool à 90°, pas du speed. - Tu te souviens d'eux ou pas ?

Oui. Le type a ouvert, il tenait une gosse.

- Les deux femmes se disputaient. - Très bien.

- À quoi ressemblaient-elles ? - La vieille, elle disait à la mère...

de prier encore, que ça aiderait la petite.

Qu'il fallait croire en Dieu, ce genre de choses.

Recommence. Elles priaient ou se disputaient ?

Elles se disputaient. Elles se disputaient.

Le père leur dit de se calmer, donne la gosse à la vieille, et me paye.

- T'as continué à écouter ? - Bien obligé.

L'ascenseur marchait pas, j'ai pris les escaliers.

La porte de l'appartement était resté ouverte.

Et puis la femme, la jeune, est passée devant moi.

Ya 87 appartements. Vous pensez que je vois toutes les allées et venues ?

- Vous travaillez ici depuis quand ? - 31 ans.

Vous connaissez donc la vie intime de tout l'immeuble.

Jeudi, 10 h, Mme Driscoll.

Elle est passée en pleurant, le visage bouffi.

Leur gosse est morte. Ils n'ont pas besoin qu'on les ennuie.

Vous savez où elle est allée ?

Au café, au coin de la rue.

1 m60 ? Brune ?

Laquelle des quatre millions voulez-vous ?

- Peut-être pleurait-elle. - Sûrement à cause de la bouffe.

Elaine, mardi soir, 10 h...

une petite brune qui pleurait ?

- Elle a fait quoi ? - Vous l'avez servie ?

J'ai tenté de proposer à manger, de la réconforter.

Rien à faire.

Juste trois tasses de café. Arrosées de bourbon.

La liberté de culte ? Ça donne le droit de tuer ?

Le code pénal tolère une seule forme de mise en péril...

du bien-être d'un enfant.

La guérison par la prière au sein d'une religion officielle.

C'est dans la loi ?

En 73, le Congrès a voté la loi sur la protection de l'enfance.

85 millions de dollars pour chaque état.

La loi dit que tout état refusant l'exception...

pour la guérison par la prière n'aurait pas l'argent.

C'est incroyable.

- À New York aussi ? - Et dans 43 états.

La loi parle de mise en péril. Ils ont laissé mourir la gosse.

Pour les avoir pour homicide volontaire... Deux étapes.

Convaincre le jury de ne pas appliquer l'exception pour homicide.

Les convaincre ? Le juge leur dira le contraire.

Tu connais les jurés. Ils feront ce qu'ils jugeront juste.

Ensuite, prouver que les parents doutaient des vertus de la prière.

Laissez tomber.

Peu importe ce qu'on pense de leur culte, c'est évident qu'ils y croient...

et qu'ils ne croyaient pas que leur fille pouvait mourir.

Si on peut prouver ça, on tient l'homicide involontaire.

On montre qu'ils sont responsables de la mort.

Prouver qu'ils croyaient pas aux prières...

et savaient que leur fille risquait la mort ?

La mère semble croire au bourbon plus qu'aux prières.

Je pensais qu'ils buvaient pas ?

Si ces gens cessent de croire que la prière peut les sauver...

qu'arrive-t-il ?

Ça doit pas être les seuls à être tombés sur le répondeur en appelant Dieu.

Si elle était assez troublée pour pécher en buvant...

peut-être doutait-elle de la guérison par la prière.

Et on prouve ça comment ? En saisissant son esprit ?

Elle a dû parler à d'autres membres de son église.

On peut demander un mandat pour ça... La liste des membres de l'église.

"Votre Honneur, oubliez le 1 er Amendement, donnez-nous un mandat".

Je parierais pas ma maison là-dessus.

Si on n'apprend rien sur ces gens...

sur leurs croyances, sur leur religion...

on n'obtiendra rien.

Que disait le pasteur ? Qu'ils venaient du New Jersey ?

D'Hanovre. Allons voir là-bas.

S'ils doutaient de l'efficacité de la prière, ils sont coupables.

Je sais, je sais... C'est facile pour toi, Robinette et Cragen.

- Ça veut dire quoi, ça ? - Vous n'avez pas de gosses.

Le monde des adultes est divisé en deux groupes.

Ceux qui ont des gosses et ceux qui n'en n'ont pas.

Tu peux pas savoir ce qu'un parent ressent. Et je t'assure d'une chose...

- Ils aimaient cette gosse. - Et alors ?

S'ils doutaient de l'efficacité de la prière et qu'on le prouve...

j'irai les boucler moi-même.

Moi, j'ai pas confiance en un type qui boit jamais.

Mais cette secte de "Tous les Saints"...

Ils étaient bien une cinquantaine. C'était des bon voisins.

Ils sont tous partis, non ?

Tout le monde savait qu'ils faisaient que passer.

Ils ont pas acheté de maison, ils louaient.

Leur église était une vieille ferme.

Ils travaillaient en ville, à Newark, à Princeton.

On savait qu'ils prendraient pas racine.

Le couple Driscoll... Ça vous dit rien ?

Non, mais je suis à la masse. C'est l'ennui.

Il y a un journal dans cette ville ?

"L'Union d'Hanovre", au coin de la rue.

Des flics de la ville ? Ça va être l'évènement du mois.

"Mabel Gardner, 96 ans, trouvée morte dans son salon".

Le cadavre ne fut découvert qu'après trois jours.

C'est le laitier.

Ça donne envie de déménager, non ?

Si ça continue, je vais finir à la masse.

"Un bébé meurt chez lui".

Daniel Driscoll. Il y a six ans. Il avait deux ans.

Les Driscoll voulaient une pierre tombale.

Notre cimetière est plus simple avec plaques au sol.

C'est plus propre, ça demande moins d'entretien.

Ils disent que le gosse est mort de la grippe.

- Personne n'a fait d'autopsie ? - C'était pas nécessaire.

Il est mort à la maison. Ils disent qu'il y avait une tante.

Eleanor Harding. Elle tient la papeterie de la ville.

Je pensais qu'ils avaient tous déménagé ?

Tous sauf Eleanor.

Jamais douter, jamais montrer sa peur.

Seule compte la volonté de Dieu. Si vous ne croyez pas ça, vous êtes un pécheur.

C'est une autre vie, c'est le passé.

Vous devez avoir des raisons de ne pas avoir suivi votre frère.

En voilà une.

Il y a sept ou huit ans, j'étais en avion avec Ted et Nancy...

pour une réunion religieuse à Albany.

Il y a eu un orage, la foudre a frappé.

L'avion est tombé de 3000 mètres. J'étais terrifiée.

Je pensais que nous allions mourir, et Ted dit...

"Nous sommes entre les mains de Dieu".

Vous êtes restée pour ça ?

J'avais plus confiance dans le pilote qu'en Dieu.

À la mort de Daniel, j'ai rejoint un groupe.

Nous voulons que l'exception pour la guérison par la prière soit annulée.

Ça a tendu les relations familiales.

- Saviez-vous que Dinah était malade ? - J'ai appelé Nancy.

Je l'ai conjurée d'appeler un docteur.

Mais vous n'avez pas appelé votre frère ?

Pendant que cet avion tremblait...

Nancy aussi était verte de trouille.

Vous dites que Daniel est mort de notre négligence ?

Voir deux de ses enfants mourir, c'est terrible.

- C'est aussi peu fréquent. - Dieu ne joue pas au dés !

Et cette dispute avec votre femme ?

Notre religion demande le progrès spirituel, pas la perfection.

Pourquoi vous disputiez-vous ?

Votre femme voulait-elle un médecin ?

J'ai pas à vous dire ce que ma femme voulait. C'est la Loi.

Et elle désigne les parents responsables du bien-être de leurs enfants.

J'en ai cinq.

Je pourrais pas supporter d'en regarder un mourir.

Si vous avez d'autres questions...

assignez-moi.

Ted et moi avons eu un petit désaccord.

À propos de Dinah ?

Avez-vous des enfants ?

Avoir un enfant malade, ça rend anxieux.

Suffisamment pour boire trois verres ?

Je pensais que vous ne pouviez pas boire ?

Je suis faillible.

Dieu ne l'est pas.

Vouliez-vous appeler un docteur ? Votre mari vous en a-t-il empêché ?

Allô.

Oui, ils sont là.

D'accord.

À plus tard.

Mon mari dit que si vous avez d'autres questions...

il faut que vous appeliez le révérend Henry Morley.

Pour un conseil spirituel ?

Non, légal.

Il vous donnera le nom de notre avocat.

Aller voir le procureur ?

Pour quoi ? On n'a toujours rien.

Elle a bu trois verres...

sa belle-soeur pensait qu'elle avait vraiment des doutes.

Trois verres ? Une belle-soeur qui pensait qu'elle avait des doutes ?

Ça, ça va convaincre un jury ? Mais si elle avait appelé un docteur ?

Et alors ?

Yen a pas plus de 5000 dans cette ville.

À ton avis, on commence par "A", ou par "Z" et on remonte l'alphabet ?

Ces gens-là n'ont pas de docteurs. Ils sauraient même pas qui appeler.

Et Police-secours ?

La traçabilité informatique pour chaque appel ?

Ils nous l'ont promise il y a deux ans, et l'an passé, et cette année.

Et maintenant, c'est pour l'an prochain.

- Nous écouterons les bandes. - Pourquoi, vous savez pas lire ?

Vous avez les transcriptions au commissariat.

Ya rien dedans.

2000 appels chaque nuit.

Au moins, ils sont pas long.

Grand-mère est tombée dans l'escalier.

Papa frappe Maman.

Accident de voiture.

Explosion de chauffe-eau.

Tu veux déménager dans un bled du New Jersey ?

Ya un chef de police sympa.

Nancy Driscoll ?

Ted.

Et le bon sens du jury ?

On peut pas l'inculper sans elle.

Même si la mère est moralement responsable, la loi est de son côté.

- Elle a vraiment foi en Dieu. - Je suis pas Saint Augustin...

Je peux pas faire des discours sur les anges et les têtes d'épingles.

Mais l'élément moral est dans la loi.

Si elle garde la foi, elle reste innocente aux yeux de la loi.

Et si elle n'avait pas gardé la foi ? Elle est partie boire.

Son doute aurait pu en provoquer un chez son mari.

S'il avait fini son appel, la petite pourrait être vivante.

"Pourrait" ? Ce qu'elle avait était traitable.

Difficile de les faire condamner.

Rabbins, prêtres, pasteurs...

Je discute théologie avec tous le clergé de la ville.

Dites-leur qu'il s'agit pas de théologie.

Ni de politique, d'ailleurs.

- Les Driscoll ont l'air bien. - Je les plains.

À cause de ça, on donne l'impression de juger leur religion.

L'exception pour les prières devrait pas être dans la loi.

C'est merveilleux. Soudain, nous sommes en Utopie.

Les lois ont toutes des composantes politiques.

Allez voir à Albany, ça rafraîchira votre mémoire.

Ça veut dire qu'on inculpe pas ?

Tu crois qu'on a le choix ? Et vous ?

La mère a bu, elle avait pas les idées claires.

Le père a commencé l'appel téléphonique...

Si on se rétracte, on admet presque avoir fait fausse piste.

Homicide par imprudence...

et mise en péril du bien-être d'un enfant.

Avec ça, ils seront jamais condamnés pour homicide.

Il vaut mieux une demie-victoire ou rien ?

C'est pas logique.

Si leurs actes ont vraiment provoqué la mort de l'enfant...

ils sont coupables d'homicide.

Dans l'Illinois, le Massachusetts, en Floride...

tous les procureurs en arriveraient à cette conclusion.

Garde les deux accusations et rends-nous service.

Passe un marché.

Homicide involontaire, mise à l'épreuve...

pas de prison.

Affaire numéro 6432.

Les Citoyens contre Theodore Driscoll et Nancy Driscoll.

Vous êtes accusés d'homicide par imprudence...

et mise en péril du bien-être d'un enfant.

- Que plaident les accusés ? - Non coupables.

Je vous le dis tout de suite, M. Robinette, y'aura pas de caution élevée.

Il s'agit d'une affaire d'homicide.

Oui, je connais la gravité du crime.

Il y a aussi d'autres facteurs. M. Carpenter ?

Nous demandons que les accusés soient libérés sans caution.

Maître... Je peux pas faire ça non plus.

La caution est fixée à 25 000 $ par accusé.

Les croyances de leur église vis-à-vis des docteurs sont bien connues.

Les Driscoll en sont membres depuis des années.

Pourquoi ont-ils appelé Police-secours ?

Un moment de faiblesse.

Vous êtes catholique, vous ne péchez jamais ?

Assez de sophismes, Lucius. Je suis pas catholique. Je suis juriste.

Vous poursuivez Ted Driscoll pour un appel téléphonique.

Je poursuis M. et Mme Driscoll...

pour avoir provoqué la mort de leur enfant...

après avoir enfreint aux règles de leur église.

Une enfant née dans cette religion.

Vouloir être des martyrs ne leur donne pas...

le droit de martyriser leur fille.

Les condamner pour homicide ne ramènera pas Dinah.

Je veux que les enfants malades puissent être soignés.

Je m'attendrais à de telles poursuites...

en Arizona, en Californie...

Pas dans l'état le plus tolérant du pays.

J'essaierais pas le coup de la tolérance au procès à votre place.

Juste une fois, pour rigoler, donne-moi une affaire facile.

Pas besoin de psychiatre pour les affaires faciles, Susan.

Quel genre de jury voulons-nous ?

Nous voulons 12 personnes ayant des enfants...

tous ayant eu des streptocoques.

Le psy de Carpenter... Seymour Golden.

- C'est qui Seymour Golden ? - Il touche 2 000 $ la journée.

À côté de lui, je suis une bonne affaire.

COUR SUPRÊME - SÉLECTION DU JURY MERCREDI 5 SEPTEMBRE

Avez-vous lu des articles sur cette affaire, M. Madison ?

- J'ai pas fait attention. - Rien à la télévision ?

Je ne l'ai pas suivie.

Avez-vous de fortes croyances religieuses ?

Je suis baptiste. Je crois en Dieu.

Merci.

Un baptiste.

Vous pensez qu'il se ralliera aux fondamentalistes ?

- Il m'inquiète. - Moi aussi.

Il saura faire la différence entre l'État et l'Église.

Gardez-le.

Faites-moi confiance, les gars.

- Témoin accepté. - Témoin accepté.

J'ai deux filles, de six et 10 ans.

Les parents devraient-ils pouvoir s'occuper de leurs enfants selon leurs coutumes ?

Je le crois.

Avec ce que vous savez de cette affaire, pensez-vous pouvoir être impartiale ?

J'aime tellement mes enfants. Pour moi, tous les parents sont comme ça.

Je suis enceinte de notre troisième enfant.

Merci.

Elle a pratiquement dit qu'elle s'identifiait à Mme Driscoll.

Je sais.

Elle aimera pas les voir laisser monter la fièvre de la petite.

Une femme enceinte, elle risque d'avoir beaucoup de poids dans les délibérations.

D'après mes recherches...

elle ira plus volontiers vers l'enfant que vers la mère.

- Témoin accepté. - Témoin accepté.

Le gouvernement devrait pas s'occuper des affaires des autres.

M. Nicolas, si elles allaient contre vos convictions...

accepteriez-vous les directives que donnera le juge ?

Je comprends la différence entre mon point de vue et la loi.

Je serai juste.

Merci.

Il a quatre gosses.

Il déteste l'autorité. C'est mauvais pour nous.

Contestation sans appel, votre Honneur.

Quatre gosses ? Quel est votre problème ?

C'est sans appel. Pas besoin de raison.

COUR SUPRÊME - SESSION 43 LUNDI 10 SEPTEMBRE

La tragédie de cette affaire est la mort, à l'âge de cinq ans, de Dinah Driscoll.

Une tragédie plus grande encore car elle aurait pu être évitée.

L'accusation prouvera...

que Dinah Driscoll avait besoin de soins médicaux.

Nous prouverons également que les accusés lui ont refusé ces soins...

en sachant que sa mort pourrait en résulter.

Durant ce procès, il sera souvent question de religion.

Ceci n'est le procès d'aucune croyance religieuse.

C'est le procès de la mort de Dinah Driscoll.

Les parents ont-ils respecté leurs devoirs parentaux ?

Leur conduite a-t-elle provoqué la mort de Dinah Driscoll ?

Dr Stanback, dites à la cour votre profession et vos courantes attributions.

Je suis médecin oncologiste. Un spécialiste du cancer.

Je suis président du Comité d'Éthique Médicale de New York.

Vous avez écrit des livres sur l'histoire de la médicine ?

J'ai écrit deux livres à ce sujet.

"L'Art du Guérisseur" et "La Vie avant la Mort".

Quelle est la place de la prière dans la médecine ?

Avant le 20e siècle...

les gens étaient désemparés devant la douleur.

Pendant des milliers d'années, les gens ont prié, naturellement.

Selon votre opinion d'expert, la prière guérit-elle des maladies ?

Objection. Il n'est pas expert en prière.

Il est expert en maladies.

Rejetée. Le témoin peut répondre.

Un virus ne peut entendre une prière, comme il ne réagit pas aux sangsues.

Pendant des milliers d'années, virus et bactéries ont fait des ravages.

Puis, nous avons inventé les sulfamides et les antibiotiques.

Et les gens ont survécu.

Merci.

L'infection datait au moins d'une semaine.

Qu'avez-vous dit à l'accusée, Nancy Driscoll ?

Que si on dégageait pas les poumons de Dinah...

et si on faisait pas tomber la fièvre, elle mourrait.

Quelle fut la réponse de Mme Driscoll ?

Elle a refusé que nous soignions sa fille.

Merci.

Dr Baumann, vous êtes médecin depuis longtemps ?

Trois ans.

Vous avez traité de nombreux cas de streptocoques ?

Ils finissent rarement aux urgences.

- La plupart des... - Êtes-vous expert en streptocoques ?

- Je suis médecin. - Vraiment ?

Un médecin pouvant jurer que Dinah était infectée depuis une semaine ?

Rien n'est jamais sûr, mais...

Merci. Pas d'autres questions.

Qu'a dit Mme Driscoll quand vous lui avez suggéré d'appeler le docteur ?

Que Dinah était entre les mains de Dieu.

Dites à la cour pourquoi vous avez quitté L'Église de tous les Saints.

Objection. Pertinence.

Son expérience des doctrines de l'église est pertinente.

Rejetée. J'autorise la question. Le témoin peut répondre.

J'ai quitté l'église parce que des enfants sont morts.

Merci. Pas d'autres questions.

Vous avez grandi dans l'Église de tous les Saints, n'est-ce pas ?

Oui.

Avant de quitter l'église, vous croyiez en ses doctrines ?

N'avez-vous pas, quatre ans avant votre départ...

pris des antibiotiques pour vous soigner...

car vous pensiez qu'ils vous sauveraient la vie ?

C'est vrai, oui. Les prières, à l'évidence, ne marchaient pas.

La vraie raison de votre départ...

est donc que vous n'acceptiez pas les préceptes de l'église pour vous-même.

N'est-ce pas ?

Plus de questions.

Nous pouvons gagner.

Écoute, Carpenter est prêt à négocier.

Accepte un compromis tant qu'il est temps.

S'ils renoncent à ce genre de guérison pour un enfant.

À quoi bon ? Ils n'ont plus d'enfant.

Je ne veux pas les voir convaincre d'autres parents de laisser mourir leur gosse.

D'accord, mais oubliez l'homicide involontaire.

Acceptez la mise en péril.

Vous leurs demandez d'abjurer leur foi.

Nous leurs offrons d'éviter une condamnation pour homicide.

Aux dépens de leurs croyances.

Mise en péril de la vie d'un enfant.

Mais vous vous engagez à ne plus jamais participer...

à une séance de guérison par la prière auprès d'un enfant.

Vous pouvez emprisonner mon corps, mais pas mon âme.

Quand j'étais enfant, mes parents me parlaient...

de la séparation de l'Église et de l'État.

De leur fierté pour leur pays.

Vivez-vous dans le même pays que moi ?

Je vous en prie, reconsidérez.

Ils ont pris leur décision.

Et moi la mienne. Rendez-vous au tribunal.

COUR SUPRÊME - SESSION 43 VENDREDI 14 SEPTEMBRE

Je guéris par la prière.

- Ça n'a pas sauvé Dinah... - Sa fièvre a baissé.

Et elle est morte. Vous n'allez jamais chez le médecin ?

- Non. - Vous portez bien des lunettes.

J'ai vu un optométriste.

Les lunettes ne traitent pas une maladie. Elles facilitent la vie.

Alors, avoir la vue basse n'est pas la volonté de Dieu...

mais vous laissez mourir une fillette d'un mal qu'on peut guérir !

Je désire l'ajournement du procès.

Ces questions sur la religion sont intolérables.

Approchez.

Votre Honneur, nous sommes dans les bornes.

Peut-être.

Je veux vite régler cette affaire.

Apportez-moi vos conclusions à 10 h, demain matin.

Nous en discuterons à 13 h.

Et ne soyez pas trop verbeux.

Je serais vraiment furieux d'avoir 100 pages à lire.

L'audience est levée.

- J'ai mal lu ou quoi ? - Si t'as mal lu, moi aussi.

Affaire Ballard. La cour suprême dit...

que l'authenticité de leur foi ne peut être soumise au jury.

J'ai pas questionné l'authenticité des croyances de Sharon Barlow.

Mais tu les as dénigrées par ton attitude.

Mon attitude n'est pas dans le procès verbal.

Messieurs.

Ça se passe bien ?

Carpenter a peur. Il sait où vous voulez en venir.

Si on y arrive.

- On risque de perdre pour Nancy. - Ça pourrait être le contraire.

Ils pourraient avoir pitié du père.

La mère, religion ou pas, a dit aux médecins de ne pas opérer.

Il y a aussi ces verres qu'elle a bus.

À propos, le juge Kurland... se prend pour William O. Douglas.

Rends-lui des conclusions simples, ou il ne les comprendra pas.

C'est très limite, M. Carpenter.

M. Stone a franchi cette limite.

Discuter la guérison par la prière...

ne vous donne pas le droit de mettre sa foi en pièces.

Votre approche est intéressante, Maître.

Vous voulez obtenir l'acquittement grâce à leur croyance...

au pouvoir guérisseur de la prière...

sans que l'on parle à l'audience de ce pouvoir guérisseur ?

Il peut lui demander si elle croit à la puissance de Dieu...

pas insinuer que ces croyances sont stupides.

Ils ne sont pas jugés pour leurs croyances, mais leurs actions.

- Leurs croyances sont des actions. - Maître...

c'est n'importe quoi, et vous le savez.

La loi autorise un témoignage sur le bien fondé d'une croyance.

Le jury n'a pas été prié de juger de l'authenticité de leurs croyances.

Demande d'ajournement rejetée. Nous reprenons à 14 h.

La nuit qui a précédé celle de la mort de leur fille...

les Driscoll se sont-ils disputés sur son traitement ?

Nancy a dit que Dieu lui avait déjà pris un enfant.

Elle pensait ne pas pouvoir supporter qu'il en prenne un autre.

Comment M. Driscoll a-t-il répondu ?

Je suis pas sûre. Ils m'avaient demandé de sortir de la chambre.

Elle... Mme Driscoll était fâchée.

Après quelques minutes, elle est sortie et il l'a suivie.

- Que s'est-il passé alors ? - Ils criaient.

Là, le livreur de la pharmacie a sonné. Nancy a quitté l'appartement.

M. Driscoll est retourné auprès de l'enfant ?

Pas tout de suite. Il est allé dans la cuisine.

- Pendant longtemps ? - Je me souviens pas.

Nous présentons à la cour la pièce à conviction n° 14...

l'enregistrement d'un appel à Police-secours...

le mardi soir en question...

ainsi qu'une attestation prouvant...

qu'il s'agit bien d'une copie de la bande originale.

Nous demandons l'autorisation de passer la bande.

- Accordée. - Oui, merci.

- Oui, allô ? - Police-secours, j'écoute.

- C'est ma fille. - Quelque chose ne va pas ?

- Elle... S'il vous plaît ! - Quel est le problème ?

- Elle est très malade. - Allô, monsieur ?

- Elle est bouillante de fièvre. - La fièvre baisse-t-elle ?

- Non, elle ne baisse pas ! - Voici ce qu'il faut faire.

- Pas besoin de ça... - Monsieur, restez en ligne.

Vous êtes là ?

Reconnaissez-vous la voix sur l'enregistrement ?

On dirait Ted Driscoll.

Merci.

Mlle Barlow, on entend d'autres voix...

et beaucoup d'interférences sur cette cassette.

Êtes-vous sûre que c'est la voix de Ted Driscoll ?

Non. J'ai dit, "On dirait Ted Driscoll".

Si Mme Driscoll était là quand il a appelé...

Ça renforce le dossier contre les deux. Deux parents, une seule décision.

La femme de ménage n'est jamais venue au tribunal ?

Et n'a pas parlé à la presse.

Va la voir ce soir.

Mes amis... veulent que je fasse des ennuis aux Driscoll.

Mme Driscoll était là quand M. Driscoll a appelé ?

Je ne les hais pas.

Mais vous n'avez pas tout dit ?

Ils souffrent déjà tellement.

C'est Dinah. Elle voulait un docteur.

Le fillette a demandé un médecin ?

Le soir quand l'autre dame est venue, j'étais dans la chambre de Dinah.

Dinah dit qu'elle se sent mal...

que la maman de Susie appelle le docteur quand elle est malade...

qu'elle voudrait aussi un docteur.

Mme Driscoll répond, "On croit pas aux docteurs".

CABINET DU JUGE NELSON KURLAND MERCREDI 19 SEPTEMBRE

C'est un témoin litigieux.

C'est extrêmement préjudiciable, en plus, c'est des ouï -dires.

- Deux exceptions, votre Honneur. - S'il dit...

"Dernière déclaration d'une victime d'un homicide..."

Calmez-vous, Maître. Il n'a encore rien dit.

C'est l'opinion d'un témoin sans expertise sur l'état émotionnel de Dinah Driscoll.

L'état émotionnel ? Vous voulez qu'elle dise ce que l'enfant a dit.

Ça constitue quand même un ouï -dire.

Conséquences d'un acte verbal sur les parents.

Mais vous voulez que le jury pense que c'est la vérité ?

Ne criez pas dans mon cabinet.

J'aime pas ça, Ben. Manifestement, l'enfant ne peut témoigner.

Et, reconnaissez-le, c'est préjudiciable. Le témoin n'est pas digne de confiance.

Pas dans ma salle d'audience. Désolé.

- Ce témoignage nous aurait aidés. - C'était à double tranchant.

- Il dit ne pas croire aux docteurs. - Mais ils ont appelé ensemble.

Je sais pas. Ce sera difficile d'obtenir une condamnation.

Au cours de son histoire...

l'attitude de votre église vis à vis...

de la guérison par la prière a-t-elle changé ?

Nous prenons les injonctions de la Bible à la lettre.

Avez-vous déjà vu des séances de guérison par la prière couronnées de succès ?

- Elles le sont toutes. - Même si quelqu'un meurt ?

La vie, la mort...

c'est la volonté de Dieu.

Seule l'âme est éternelle.

Merci, Monsieur. Pas d'autres questions.

Révérend Morley, la doctrine de votre église...

autorise-t-elle à appeler un médecin ?

Seulement dans des situations extrêmes.

C'était pas le cas pour Dinah Driscoll ?

Si la vie d'une mère est menacée en couches...

on peut appeler un médecin ou une sage-femme.

- Dans aucune autre situation ? - Non.

Donc, si je vous comprends bien...

quand la vie d'une mère est en danger, on peut appeler un docteur...

mais un enfant en danger a le droit de mourir ?

- Objection. - Question retirée.

Révérend, croyez-vous que les rituels religieux...

doivent être protégés par la Loi ?

Objection. Pertinence.

Rejetée. J'autorise la question.

Je pense que le gouvernement devrait suivre la Constitution...

et nous accorder la liberté de culte.

Et si la doctrine d'une église était de battre des enfants...

ou de les laisser jouer avec des serpent venimeux ?

Et si un rituel religieux était de laisser des enfants nus dans la neige ?

- Objection ! - M. Stone.

Votre Honneur, j'en ai fini avec ce témoin.

Vous sentez-vous responsable de la mort de votre fille ?

J'ai fait ce que je devais faire.

Si j'avais mieux compris Dieu...

Dinah serait peut-être en vie.

Voulez-vous avoir d'autres enfants ?

Oui.

Si votre troisième enfant tombait malade...

appelleriez-vous un médecin ?

Si la prière ne marchait pas...

Uniquement en dernier recours.

Merci.

Pas d'autres questions.

Mme Driscoll, nous avons appris...

que la nuit précédent la mort de votre fille...

vous et votre mari vous êtes disputés sur la façon de la soigner.

- Est-ce vrai ? - Nous n'étions pas d'accord.

- Vous ne criiez pas ? - Nous parlions fort.

Sur quoi était votre désaccord ?

Appeler un docteur.

Dinah voulait-elle un docteur ?

Elle voulait savoir pourquoi ses amies avaient des docteurs.

Avez-vous voulu appeler un médecin ?

Aucune foi n'est parfaite.

Ted m'a aidée à retrouver la foi dans la volonté de Dieu.

Répondez à la question, Mme Driscoll.

J'essaye, votre Honneur.

J'avais peur...

- J'en ai parlé à Ted. - De quoi avez-vous parlé ?

- M. Carpenter ? - Pas d'objection, votre Honneur.

La loi vous autorise à ne pas répondre...

à une question concernant votre mari, Mme Driscoll.

Vous pouvez répondre ou pas.

Ted ne voulait pas me voir si bouleversée.

Il a dit que nous allions appeler un docteur.

Il a commencé l'appel.

Et je lui ai dit non.

Il mettait son âme en danger pour sauver Dinah...

à cause de ma souffrance !

À cause de moi.

Pour condamner les accusés...

d'homicide par imprudence...

le jury devra trouver qu'ils ont...

par des actes inconsidérés, causé la mort de Dinah Driscoll.

Pour la mise en péril du bien-être d'un enfant...

je vous rappelle que l'Église de tous les Saints...

est officiellement reconnue...

et que vous ne devez pas considérer le bien-fondé des guérisons par la prière.

Ce que vous devez considérer...

c'est si les accusés, quand l'état de leur fille s'est aggravé...

croyaient sincèrement...

en la légitimité de leur religion...

pour soigner la maladie sans aide médicale moderne.

Il a brouillé les différences. Ils croiront que la guérison par la prière...

est une défense contre l'homicide involontaire.

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Neuf juges sur dix auraient donné les mêmes directives.

Ça garantit pratiquement leur acquittement...

pour la mise en péril et l'homicide.

Il doivent acquitter pour la mise en péril. C'est la Loi.

- Et l'homicide ? - Sauront-ils faire la différence ?

C'est pas ce qui m'inquiète.

Techniquement ils sont coupables d'homicide involontaire...

mais le jury voudra-t-il faire cette distinction ?

COUR SUPRÊME - SESSION 43 MARDI 25 SEPTEMBRE Pour Theodore Driscoll...

considérez-vous l'accusé coupable de mise en péril...

du bien-être d'un enfant ?

Nous déclarons l'accusé non coupable.

Pour Nancy Driscoll...

considérez-vous l'accusée coupable de mise en péril...

- du bien-être d'un enfant ? - Nous la déclarons non coupable.

Pour Theodore Driscoll, considérez-vous l'accusé...

coupable d'homicide par imprudence ?

Nous déclarons l'accusé...

coupable.

Pour Nancy Driscoll considérez-vous l'accusée...

coupable d'homicide par imprudence ?

Nous déclarons l'accusée coupable.

Ils cesseront jamais de m'étonner.

Les jurés ?

Ils avancent dans un champ de mines juridique...

ont de mauvaises directives du juge...

et ils donnent quand même un bon verdict.

À quoi le Judge Kurland les condamnera-t-ils ?

Ils devraient pas passer une nuit en prison.

Pourquoi tout ça, alors ?

C'est dans les textes, la presse en a parlé.

Peut-être que dans une semaine, un mois, ou dans trois ans...

un parent appellera un médecin en se rappelant de cette condamnation.

Et un enfant sera sauvé. Voilà pourquoi.

Cette histoire et fictive et ne dépeint aucune affaire réelle.

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