All language subtitles for Empathie.S01E03.FRENCH.1080p.WEB.H264-TFA

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Original subtitles

- Sale petit con! T'es vraiment un imbécile, toi, hein!

Tu crois que tu peux enregistrer sur ma vidéo, comme ça?

Comment je vais faire pour écouter le match?

Comment je vais faire pour regarder le match,

maintenant que t'as enregistré par-dessus?

- Je... Je sais pas.

- "Je... Je... Je sais pas, je sais pas."

Tu connais que ce mot-là?

Oui ou merde?

Nom d'une pipe en bois!

Mais qui m'a foutu deux empotés pareil?

Tu sais combien ça vaut, ça? C'est du putain de cristal!

T'es folle ou quoi? Tu me cherches?

Tu veux que je me mette en rogne, c'est ça?

Tu sers à quoi, dans cette maison? Tu sers à quoi?

Vas-y, pars! T'as peur? T'as peur, hein?

Bien, continue d'avoir peur.

Tu mérites que...

Hein? Ouais, c'est ça! T'as peur, hein?

Tu sers à rien dans cette maison!

A rien du tout! T'aimes casser les choses, apparemment!

(La musique de l'émission enterre la dispute.)

- ♪ Capitaine Flam, tu n'es pas ♪

♪ De notre galaxie ♪

♪ Mais du fond de la nuit ♪

- ♪ Capitaine Flam ♪

♪ D'aussi loin que l'infini ♪

♪ Tu descends jusqu'ici ♪

♪ Pour sauver tous les hommes ♪

♪ Capitaine Flam, tu n'es pas ♪

♪ De notre Voie lactée ♪

♪ Mais tu l'as traversée ♪

- ♪ Capitaine Flam ♪

- ♪ Cent mille millions d'années ♪

(rires moqueurs) - Mortimerde!

Mortimerde!

Dégage!

- Ca va ou quoi? C'est quoi, ces écouteurs golmon, frère?

Oh là là! (propos indistincts)

(signal sonore électro)

(musique triste)

- C'est moi ou t'es soûl? Tu m'énerves et je suis fatiguée!

- Baisse d'un ton. - T'es soûl!

- Baisse d'un ton, je t'ai dit!

- Laisse-moi! Laisse-moi!

(La dispute continue.)

- ♪ Du fond de la nuit ♪

- ♪ Capitaine Flam ♪

- ♪ D'aussi loin que l'infini ♪

(musique triste)

- Bon, là, M. Vanier, faut faire quelque chose.

Ca n'a pas de bon sens. On est à bout de ressources.

C'est toujours le même problème qui revient tout le temps.

- Il doit bien y avoir un moyen d'aller l'empêcher

de se mettre des affaires dans les culottes, là.

C'est pas une vie, ça. - On sait pourquoi il fait ça?

- Si on le savait, on agirait.

Ca va de soi. - Ah.

- Faut pas laisser paraître que ce qu'il fait nous affecte.

OK? Parce que c'est ça qu'il cherche à faire.

Donc, si vous êtes dégoûtés ou fâchés

par ce qu'il fait, intervenez pas.

- OK, mais on fait ça comment?

Parce que ça fonctionne pas comme ça.

- Oui, c'est comme ça que ça fonctionne.

S'il veut des interactions avec nous,

on va lui apprendre que c'est pas comme ça qu'il va réussir.

- Ce serait bien que ça marche, parce que là,

c'est pas agréable pour lui.

Et c'est pas agréable pour nous autres non plus, là.

Hier matin.

Le gruau tout séché dans le poil de poche.

Essaie de décoller ça, toi, chose, là. C'est pas drôle, là.

- Non, non, c'est sûr que c'est pas le fun

du gruau collé dans les culottes.

- Pas juste dans les culottes. (rires)

Dans le poil de poche! - Oui.

Un gruau aux petits fruits, là,

Bien collé, en mottons séchés. - J'ai compris, Hélène.

- Dedans le poil, avec un petit peu de chocolat fondu.

Jusqu'à en dessous des schnolles.

Là, tire là-dessus, poigné dans le poil.

- (Emilien) On a compris. - Il criait au meurtre.

Il avait mal. - Oui. Oui, oui.

Euh, on va passer à Mme Moisan.

(rires)

Excusez-moi.

(rires)

Non, mais je ris, mais c'est pas drôle du tout.

(rires)

- Je ris parce qu'elle rit. - Voyons!

- C'est un petit peu drôle. - Excusez!

- J'ai-tu manqué quelque chose? - Non! Je sais pas pourquoi...

- Non, mais c'est vrai que c'est un peu drôle.

(rire)

- Bien oui, mais là, on va-tu en revenir, là.

- (Emilien) C'est vraiment irrespectueux, là.

- Non! - Pardon, ça va.

(Suzanne rit intensément.)

- Je vais sortir. - Bien, oui.

- Je sors. Pardon.

(rires)

- Non, mais même si on rit...

(rire) - Putain, j'ai chaud.

(rires)

Ca fait longtemps que j'avais pas ri de même.

(rire)

- Ah là là...

(Leurs rires diminuent.)

(sanglots)

Hé...

(sanglots)

- Je m'excuse. - Non, mais ça va, ça va.

(sanglots)

(Il la réconforte.)

(respiration haletante)

- Je m'excuse.

- Non, mais t'excuse pas. Ca va, c'est pas grave.

- Je sais pas ce qui s'est passé.

- C'est pas grave.

Il t'en reste un peu.

- Merci. (reniflement)

- Allez. - OK.

(Elle se racle la gorge.)

Pardon pour ça. Euh...

Un fou rire, c'est... c'est dur à contrôler.

- Oui, bien, c'est dommage. On a perdu beaucoup de temps.

- Wow! C'est pas mieux tes numéros 2 qui durent 20 minutes.

- (Emilien) En plus, vous riez des patients.

- Non. On ne rit pas des patients.

On a ri de la situation. Hein!

Nos médecins sont ce qu'ils sont. Parfois, c'est drôle.

On n'est pas des robots. - D'accord.

- Alors, on va poursuivre avec Mme Moisan. Comment ça va?

- Bien, ça avance.

Elle s'est inscrite au...

le cours, là, de gestion de la colère.

- Oui.

- Pas de nouvelle crise depuis. - Bien, bien, bien.

- On dirait que ça va péter pareil, elle.

- On dirait?

Bien, on va pas très loin avec des "on dirait".

- Je le sens pas! J'ai le droit de le dire.

- Euh... Peux-tu élaborer, s'il te plaît?

- De un...

chaque fois que je suis de garde le soir

et que je passe devant sa chambre, elle dort pas.

Elle s'entraîne en malade et elle parle à je sais pas qui.

- (Claude) Elle a perdu du poids depuis qu'elle est arrivée.

On n'est pas sûrs qu'elle prenne ses médicaments.

On l'a entendue se faire vomir. - OK.

Mais, Hélène,

je comprends pas exactement qu'est-ce que tu veux dire.

- OK. Mettons mon chien, là.

- Ton chien? Non, mais je rêve.

- Hé! C'est pas à toi que je parle en ce moment.

- Mais ton chien. On parle d'une patiente.

- Hé! Je suis pas en train de comparer un humain à un chien.

C'est le comportement dont je parle.

- On t'écoute. - Merci.

- (Suzanne) Oui. - Des fois, on lui dit "couché".

Elle se couche. Elle est bien relax, grosse guidoune.

D'autres fois, on dit lui "couché",

elle se couche, mais elle reste comme raide.

Elle est comme sur le qui-vive et ça, là...

ça, ça veut dire qu'elle va sauter,

qu'elle va japper, qu'il se passe de quoi, là.

- OK.

Donc, il y a une raideur au niveau physique chez Mme Moisan,

une hypervigilance qui fait

que tu penses qu'elle va décompenser bientôt?

- C'est ça! C'est ça! C'est ça! C'est exactement ça!

Je vous le dis, ça va péter! - OK, bon.

Euh... Bien, je vais aller la voir.

On va éclaircir ça. - Ouais.

- Puis sinon, bien, merci.

Et bonne journée, tout le monde.

- OK. - Merci.

- Je m'excuse. Je m'excuse.

- Ne le fais pas. - Je voulais pas te frapper.

- Ne le refais pas. - Je suis désolée.

(discussion indistincte)

(rire)

- Oh!

(déverrouillage)

(Il bave dans la tasse.)

- Ark... - M. Dallaire?

Ca va?

- J'arrête pas de cracher.

- Ouais. C'est pas agréable, l'hypersalivation, hein?

- Ouais. - Voulez-vous jaser 2 minutes?

On s'assoit? - Ouais.

Ca...

- Comment ça va, sinon?

- Euh...

Je sens... Je sens plus des choses dans ma tête.

Je fais des... des rêves...

(Il souffle.)

Tu sais? (Il souffle.)

- Ca veut dire quoi, ça? (souffle)

- Bien, des... des rêves avec du feu.

Plein, plein de feu.

Plein de feu.

Et le feu, il... il avance sur moi.

- Et ça vous trouble, ça?

- C'est que c'est...

On dirait que...

que ma tête, elle veut me dire quelque chose.

- Hmm-mm.

Moi, c'est quoi, mon nom, M. Dallaire?

- Euh... Dre Aimé.

- Dre Bien-Aimé, oui?

- Oui.

- Puis, on est ou, ici?

- A l'hôpital? - Ouais.

Puis pourquoi vous êtes à l'hôpital, vous?

(cri de corneille)

- Je voyais des...

je voyais des affaires que les autres voient pas.

Mais je suis en train de me guérir, là.

- Hmm-mm. Oui. - OK.

- Est-ce que vous vous rappelez de votre vie avant l'hôpital?

(chants d'oiseaux)

- Il y a rien qui me vient dans la tête.

Je sais pas...

d'ou j'arrive.

J'arrive d'ou, moi?

- C'est pas grave, M. Dallaire.

Avec votre nouvelle médication,

il y a plein de choses qui vont vous revenir.

On va y aller étape par étape.

- Etape par étape. - C'est ça.

- Ouais.

- Etape par étape.

Excusez.

- Voulez-vous me dire pourquoi vous êtes triste en ce moment?

(expiration)

- (voix étranglée) C'est ou, ma maison, moi?

- Votre maison, c'est l'Institut Mont-Royal, pour l'instant.

- Je suis-tu obligé d'être ici, là?

- Oui.

- Je suis pris ici, là.

- En ce moment-là, il faut vous soigner, oui.

- J'aimais mieux quand je voyais mes frères d'armes.

- Vos frères d'armes sont pas réels, M. Dallaire.

OK?

- Puis Saucisse aussi.

- Hmm-mm. - Saucisse.

(expiration)

- Vous, avez-vous de la famille?

- Oui, Louise.

Louise.

Je vais la voir tantôt.

C'est ma soeur, Louise. - C'est vrai.

C'est la journée des visites, aujourd'hui.

- Oui. - Vous avez raison.

- Est-ce que vous me permettez de parler de vous avec elle?

- Oui, oui. - Oui?

- Pourquoi que... que je rêve du feu?

- Pourquoi vous pensez?

- Le feu...

c'est fort.

- Bravo! - Oh!

- Bravo! Un champion.

Ca va? - Oui.

La salle des visites, c'est ou?

Au premier? - Yep!

(déverrouillage)

- Merci pour le lift. - De rien.

On n'est jamais trop prudent.

- Merci pour tantôt, surtout.

- J'ai rien fait tant que ça.

C'est juste que quand quelqu'un rit, ça me fait rire.

C'est comme ça. Je peux rien y faire.

- Ouais, mais t'as pas juste ri.

- Oh! Ha! Ha! J'ai tiré fort.

- Hé, hé! Je te dis que ça riait tantôt.

- Hmm-mm.

- C'est-tu un patient qui vous faisait rire de même?

- Oui, c'est comme un mélange de plein d'affaires.

Je m'excuse, Diane, j'ai comme vu quelque chose tantôt,

puis il faut que je te pose la question.

- Ah! Non, non, oui, je sais.

Plus le droit de boire ni de manger au-dessus de la console,

mais c'est dans un thermos fermé, là. Ca peut pas couler.

Regarde. Oh, mon Dieu! - Woup!

- C'est pas supposé, en tout cas.

- C'est pas grave. - Ah, câlique...

- C'est pas grave, Diane.

Euh, Diane?

- Ca, c'est mouillé, ça. - Diane, es-tu avec moi?

- Ah! Oui.

- Euh, c'est pas à propos de ton thermos.

- Ah.

- C'est à propos de M. Villeneuve.

- OK.

- C'est un patient, hein! Faut être prudent avec lui.

- Bien, je sais. - OK.

- Ecoutez, Dre Bien-Aimé. Moi, là...

Moi, je peux vous dire une affaire, là.

J'en ai vu du malade passer ici.

Ca fait 20 ans que je suis aux consoles.

J'ai fait 19 ans sur l'aile A.

Et je peux vous dire une affaire: M. Villeneuve, là,

c'est un homme malade, comme tous les autres.

- Mais qu'est-ce qui te dit qu'il est malade?

S'il est ici en évaluation, c'est qu'on tente

de savoir s'il est malade ou pas, justement.

- Bon, c'est vous, le boss, hein!

Qu'est-ce que j'en sais, moi?

- Tantôt, j'ai cru voir un échange

de papiers entre lui et toi.

J'ai-tu rêvé ça ou...? - Ah! Non, non, pas pantoute.

Non, non, non. Il m'a demandé du papier.

Moi, j'ai vérifié dans son dossier.

Il n'y avait pas de contre-indication

Donc, j'en ai donné.

- C'est tout?

- Oui.

- S'il y a quelque chose, faut que tu me le dises maintenant.

- J'avais pas le droit de lui donner du papier, quoi.

- Non, non, du papier, c'est correct.

OK!

(déverrouillage)

(raclement de gorge)

Louise Dallaire? - Ouais.

- Bonjour! Je suis le Dre Bien-Aimé.

Je suis la nouvelle psychiatre de votre frère.

- Ah! Bon.

- Est-ce que je peux vous parler quelques minutes?

- Ouais, ouais. - Merci.

- Moi, je suis pas responsable de ce qu'il a fait, hein!

Je viens le voir et c'est tout.

- Bien, c'est déjà beaucoup.

- De quoi ça? - De venir le voir.

- Ah, bien, ça...

Ma famille, elle sait même pas que je viens le voir.

- OK.

- Des fois, je me demande si c'est correct de venir ici

d'après tout de ce qu'il a fait.

- Pas que j'excuse ses gestes, au contraire,

mais... votre frère est très malade.

C'est votre frère, vous avez le droit de l'aimer

et d'être là pour lui, peu importe ce qu'il a fait.

Ca regarde juste vous, ça.

Puis de ce que j'en comprends, il a eu une vie très difficile.

- A ce que je sache, j'ai eu la même vie que lui.

J'ai pas brûlé du monde pour autant, moi, ostie.

- Est-ce qu'il vous en parle, de ça, des fois?

- Il ne se souvient plus de rien.

Il ne se souvient même plus de nous autres.

- C'est de ça que je voulais vous parler, justement.

- Bien, parle, ostie. - OK, oui, d'accord.

Hum, votre frère,

j'ai l'impression que sa mémoire est en train de revenir, OK?

Avec le changement de médication,

on le sent émerger, être plus présent.

J'ai l'impression que ça va être un bon choc pour lui.

Il va avoir besoin de beaucoup de soutien de sa famille.

- Donc, tout, tout va lui revenir, là?

- Ca, je peux pas vous dire, mais ç'a déjà commencé.

Il me demande pourquoi il est à l'hôpital.

Il parle du feu aussi beaucoup.

Donc, de un, je voulais vous prévenir.

Puis de deux, je voulais vous dire

que si vous remarquez des comportements anormaux,

de pas hésiter à en parler à la travailleuse sociale.

- Il a juste ça, des comportements pas normaux, lui.

(rire)

- C'a commencé quand, son rapport trouble avec le feu?

- Je sais pas. C'a toujours été là, de ce que je me rappelle.

- OK.

Bien, merci beaucoup. Bonne journée.

- Vous aussi.

- Rebonjour, M. Dallaire!

(exclamation joyeuse)

(musique douce)

(cris d'une fillette)

(cris et pleurs)

- Hé, arrête de crier comme une perdue, là!

- Non, non, non, s'il vous plaît!

S'il vous plaît! - OK, là, là, tire.

- S'il vous plaît, papa!

- Envoie, tire un bon coup.

- Je suis pas capable. Elle arrête pas de grouiller!

- OK, là, t'arrêtes de grouiller, Loulou.

Elle est morte ta dent et on est tannés de t'entendre chigner.

La prochaine fois, t'auras juste à te les brosser, les dents.

- Je les lave à tous les jours, mes dents!

- Hé! - Hé! On répond pas à sa mère!

Là, là, j'ai pas toute la journée, moi, là, là.

(pleurs) - Ouvre la bouche!

(cri) - Fernand!

Y a le feu dans la guérite à l'entrée!

- Qu'est-ce que tu dis là? - Y a le feu dans la guérite!

Tabarnak! Envoie!

(musique douce)

- Tenez.

- Ouais.

OK. Euh...

A qui faut que j'aille donner ça, là?

- M. Costco.

Au bout du corridor.

Vous savez c'est qui? - Hein? Oui. Oui, oui.

Mais euh... pourquoi je fais ça, là?

- Pour te faire un ami.

- OK.

- (patient) Je suis fâché.

- Vous avez le droit d'être fâché. Ca, c'est certain.

Mais pas de l'exprimer comme ça.

Puis pourquoi vous êtes fâché?

- Je peux pas le dire. - Vous pouvez pas me le dire?

- Non, je peux pas.

- Un instant, M. Vanier.

(musique douce)

(musique douce)

- Ca vous le dit pas, hein? - Non.

- Non, je sais. Une petite demie.

- Vous dites toujours ça. - Mais ça marche.

Une demie.

C'est bon, hein?

Ouais.

(crachat)

(rire)

- Va dans ta... Allez. Va dans ta chambre.

- Ah, ah, ah! - Va dans ta chambre.

- C'est pas ma faute. J'hypersalive.

- Ouais, c'est pas ta faute! - Hé! Mais là!

- Diane?

(chanson en anglais)

(respirations fortes)

- Mme Moisan?

Mme Moisan?

Mme Moisan? - Ahh!

- Pardon, je ne voulais pas vous faire faire un saut.

Excusez-moi. Venez-vous, on va se jaser deux minutes?

- Euh... J'aimerais mieux pas.

- Venez vous asseoir. Ca sera pas long. Promis.

Venez.

Comment ça va? Comment ça se passe?

- Ca va bien.

Ouais.

- Je suis venue vous avertir que le personnel infirmier va

vous demander de prendre la médication devant lui.

Parce que ça fait partie du traitement

de prendre la médication.

- Je le sais.

- La prenez-vous, la médication qu'on vous donne?

- Ouais.

Pas mon ostie de problème, moi,

si vous me faites pas confiance.

- Je vous avertis, c'est tout.

Vous bougez beaucoup, en ce moment.

Qu'est-ce qui se passe?

- Bien, ça va bien. Je pète le feu!

- Ya! - Ya!

(Les cris patients crient aussi.)

- Ya, ya, ya! Allez, assis. Assis.

- Toi, câlisse-moi patience, la tour Eiffel!

Tu me toucheras pas. C'est-tu clair?

- Je vous ai pas touchée. Et je vous toucherai pas.

Je vous demande juste de vous asseoir.

- Assoyez-vous, Mme Moisan.

- OK, OK. Oui.

- Je vous regarde et je trouve pas que vous allez bien.

Vous êtes très agitée, en ce moment.

- Qu'est-ce que tu me veux, toi, coudonc?

Je vais les prendre devant vous autres, vos ostie de pilules.

Je m'en fous, moi, ostie.

- Je suis très contente d'entendre ça.

Je vais aussi vous demander de faire un test de dépistage.

- Pas question que je te donne ma pisse. Ma pisse est à moi.

- Vous avez le droit de refuser, mais ça, ça équivaut

à un test positif, et ça, ça nous donne le droit

de vous fouiller, vous, et votre chambre.

- Bien, là, là, tabarnak, vous êtes fous, ostie!

Je prends rien, je te dis! Je peux même pas sortir d'ici.

Comment je ferais pour avoir de la drogue?

- Mme Moisan, est-ce que vous acceptez, oui ou non,

de faire un test de dépistage?

- Toi, fais-en un, test?

- Je vais prendre ça comme un non.

Bien, je vous souhaite une bonne journée.

- Pas moi! - Bon.

- PAS MOI!

- T'avais raison, Hélène.

Il y a quelque chose qui cloche avec Mme Moisan.

Elle avait les pupilles ultra dilatées,

puis elle a refusé de faire un test de dépistage.

- Elle est sur quelque chose? - Certain, certain.

- Elle a sûrement fait passer des substances

pendant son transfert. Ca arrive souvent.

- Sauf que là, c'est dangereux. Elle a des problèmes de coeur.

Il va falloir la fouiller, puis fouiller sa chambre.

- Parfait! J'organise ça avec la sécurité.

- Bravo d'avoir levé le flag. C'est du très bon travail.

Tu me tiens au courant? - Oui.

- Je l'ai vu tout de suite qu'il y avait quelque chose.

- Hmm-mm.

(respirations fortes)

- Bonjour, M. Villeneuve! - Bonjour, Dre Bien-Aimé!

- Est-ce que je peux entrer? (Il rit.)

- Bien oui! Faites comme chez vous. C'est votre bureau.

- Effectivement, c'est mon bureau.

Comment ça va?

- Ca pourrait aller mieux, mais ça va.

- Mon collègue Emilien m'a fait part

que vous refusiez de lui parler.

Je me demandais qu'est-ce qui se passait de ce côté-là.

- Ecoutez, j'ai aucune envie

de discuter du décès de ma femme avec cet homme-là.

Pour moi, il manque clairement de compassion.

Je suis désolé, mais ça sera pas possible.

Je le vois dans ses yeux, là. Il...

Il est là, il...

- Il quoi?

- Il me méprise.

- OK. Comment ça?

- Bien, il me croit pas. Alors...

- Croire quoi, exactement?

- Regardez, il m'évalue,

mais c'est comme s'il m'évaluait négativement.

J'ai besoin de me sentir bien

avec quelqu'un pour parler de ça.

Je suis encore très troublé par rapport à ça.

- Regardez. Moi, je suis ici pour vous évaluer,

mais je suis aussi votre médecin traitant.

Mon rôle, c'est de vous aider, vous soigner.

Il y a personne qui est contre vous, là.

Ni Emilien ni moi.

- J'aimerais mieux me confier à vous, si c'est possible.

- C'est très possible. Je suis là pour ça.

Est-ce que je peux vous demander de quoi est décédée votre femme?

- Excusez. C'était un...

un accident de kayak.

Elle se serait noyée.

Ils n'ont jamais retrouvé la dépouille.

- Mes sympathies. - Je vous remercie.

Donc, c'est ça.

Après le décès de Judith, j'ai un petit peu perdu la carte.

- OK.

- Même ma fille ne me reconnaissait plus.

Je suis devenu très amer envers mes associés,

qui n'ont pas compris ma détresse.

Ils m'ont carrément fait du chantage pour que je revienne

au travail seulement quelques jours après l'accident

de ma femme, alors qu'on la cherchait encore.

- Quand même.

- Ils disaient que j'étais pas remplaçable.

Alors là, je me suis mis à imaginer des choses

qui faisaient aucun sens.

Je sais que c'est fou, mais dans mes fabulations,

c'est mes associés qui avaient tué ma femme.

Ils avaient tué ma femme, puis ils volaient mon héritage.

Alors, moi, je devais transférer le plus de fonds possible

à ma fille, vous comprenez?

- Puis ces fonds-là, justement,

étiez-vous conscient que c'était pas l'argent de vos associés?

Que c'était l'argent des contribuables?

C'est des fonds de pension, des économies.

Vous avez arnaqué des gens qui avaient rien à voir là-dedans?

- Je sais, mais à ce moment-là,

je m'en rendais pas compte.

Ecoutez, docteure. J'ai 45 ans, je suis père de famille.

Ca fait 15 ans que je suis comptable et associé

chez Avenir Placements.

J'ai jamais volé ne serait-ce qu'une piasse dans ma vie.

Je vous le jure. Je sais pas ce qui m'a pris.

D'ailleurs, c'est tellement flou

dans ma tête quand je repense à ces moments-là.

C'est... J'étais...

Bon, je ne mangeais plus. Je ne dormais plus.

J'étais comme très, très, très nerveux,

mais zombie en même temps.

Etre conseiller financier, que ce soit en solo

ou en équipe - de toute façon, on est toujours un peu

en équipe - on a une marge de manoeuvre.

Je veux dire, on est encadré par des lois.

(brides de son discours interminable)

(Les propos de l'homme sont lointains.)

- J'ai l'impression de m'être fait sucer mon âme.

Il m'a soûlé. Il aurait pu résumer un brin, en plus.

- Je me demande si c'est pas une stratégie de communication.

De submerger son interlocuteur de détails.

- Dans quel but?

- Dérouter la personne, la fatiguer.

La convaincre par l'épuisement.

La preuve, t'as dormi pendant.

- Désolé, je pensais pas que t'avais vu.

- T'arrives à dormir debout?

- Hmm. C'est mon super pouvoir.

- Impressionnant.

Qui utilise le mot dépouille pour parler de sa femme décédée?

C'est...

- C'est vrai, il est bizarre.

Tu penses qu'il joue la comédie? - Je suis pas certaine encore.

S'il nous manipule, c'est de la grande performance.

- Non. Il chialait et tout.

On voit qu'il aimait sa femme.

- Ca pourrait être un antisocial,

un narcissique, un psychopathe même.

Ce ne sont pas des gens qui n'ont pas d'émotion.

Ce sont des gens qui n'ont pas d'émotion pour les autres.

Ils n'ont pas la faculté d'empathie.

Ils ressentent beaucoup moins la peur, le stress, les regrets.

Ca fait pas de très beaux humains.

T'es certain que ça te dérange pas

d'aller me porter chez ma soeur?

- Certain. Donc M. Villeneuve serait pas un fou.

Ce serait un vilain. Il agirait par pure méchanceté.

- Je suis pas certaine encore.

Y a quelque chose qui cloche avec lui.

- Wow.

- En même temps, je crois pas à la pure méchanceté

pour autant.

- On en parlera dans quelques mois

quand t'auras côtoyé des gens qui tuent leurs enfants,

violent à répétition.

Ils font des trucs tellement horribles

que même ton cerveau serait pas capable de les imaginer.

Y a des gens malades,

mais y a des gens qui ont aucune putain de pitié, crois-moi.

(démarrage du moteur)

("A Little Bit Of Laughter" de Jeff Meegan )

(rire) (crissement des pneus)

Wow!

Une belle petite maison en toute humilité.

- Comme ta conduite.

(rire)

Hum...

Merci vraiment encore pour tantôt.

T'as été super gentil. C'est super apprécié.

- Mais tu me l'as déjà dit tout à l'heure, en fait.

- Wow! Tu prends bien les compliments, toi.

- Bon, allez. Sors de ma caisse, vieille sorcière.

- Bye. (rire)

Bon week-end. - C'est ça.

Bon week-end à tous!

- Mortimer. - Oui. C'est mon prénom, oui.

- Veux-tu venir?

- A la fête?

- Non, mais je vais connaître personne. Ca va.

- Ca te dérange?

- Non, mais j'ai besoin de prendre une douche,

de toute façon. Je... Je vais me détendre avant.

Après! Après une journée de boulot, j'aime bien...

- Pas obligé, là. - Non, oui, je sais.

Mais j'aime bien prendre... J'ai mes habitudes, quoi.

Ma petite douche, me détendre. - OK.

A tantôt, peut-être.

- Si je ressors, je te fais signe. Mais là, je...

- OK. - Petite douche, me reposer.

On a des bonnes journées, quand même. Il faut souffler.

(musique festive)

- Mon Dieu!

- Chouette!

- Il a l'air gentil, Mortimer. - Oui.

- C'est bien, ça.

- J'ai un ami, maintenant. - Ami?

- Oui.

- Attention, Suzanne.

- Attention à quoi?

C'est même toi qui m'as dit de m'investir

dans mes relations amicales.

- Il te regarde pas avec des yeux d'ami.

- Bien non. - Bien oui.

- Je comprends ce que tu veux dire, mais non.

Je pense que c'est quelqu'un de très très seul.

Puis il est content que j'arrive dans sa vie.

- OK, peut-être.

- Mais aussi, je suis très seule.

C'est comme un coup de foudre.

Un coup de foudre d'ami. - Si tu le dis.

- De toute façon, il pense que je suis lesbienne.

- T'es lesbienne, ma chérie. - Effectivement.

- C'est qui, la D.J.?

Je pense qu'elle est dans ton équipe.

Je m'essaierais si j'étais toi.

(rire) T'es belle!

(musique festive)

- Est-ce que je peux parler à Astrid Bien-Aimé, svp?

- C'est moi.

- Bonsoir, je suis le sergent détective Patrice Viau.

Peut-être que Suzanne vous a déjà parlé de moi.

On cherche à la rejoindre.

- Euh... d'accord.

Je crois pas qu'elle travaille aujourd'hui.

Elle doit être chez elle.

- Je me trouve à sa résidence en ce moment,

puis elle n'est pas là.

On la cherche. - Qu'est-ce qui se passe, là?

Bonsoir!

- Patrice. - Astrid.

Suivez-moi. C'est par ici.

(musique dramatique)

(musique festive)

(cri de joie)

- Wow!

C'est horrible comment tu danses.

- Ha! Ha! Ha! Ah oui? - Vraiment.

- Pourtant, je donne tout ce que j'ai.

- Ca fait pitié à voir. C'est catastrophique.

- T'aimes nager?

- Hein? - T'aimes nager?

- Je connais. C'est une vieille danse des années 70.

- Non, pas la danse. Nager!

(musique festive)

- Ta famille a de la thune, hein?

Ils font quoi comme boulot?

- Hum... Ma soeur est psy.

Ma mère était avocate, mais elle est encore associée

avec un grand cabinet d'avocats.

Puis mon père, c'est un auteur.

- Ah ouais? - Hmm-mm.

- C'est qui?

- Anderson Bien-Aimé.

- Tu te fous de ma gueule? - Non.

Putain! Je l'adore ce type, en plus.

Un super écrivain.

- Tu sais lire, toi?

Ha! Ha! Ha! - Vieille sorcière!

Et ils t'ont adoptée ou t'es albinos?

- Ma mère m'a trouvée dans une poubelle.

- Ha! Ha! Ha!

Mais tu déconnes ou pas, là?

- Ca fait toujours son effet quand je le dis.

- T'as vraiment été trouvée dans une poubelle?

- Hmm-mm.

- C'est ça, l'odeur.

(rire)

- Ah, j'étais sûre. J'étais sûre.

Et toi, t'arrives d'ou?

- Ah, moi, c'est pas une histoire légère.

- Essaie quand même.

- Je fais partie des gens endommagés

qui ont été endommagés par des personnes endommagées.

Surtout ma mère.

C'est pour ça qu'on a quitté la France et mon père

pour venir s'installer ici il y a quelques années.

- Je suis désolée que t'aies vécu ça.

- Putain de vie.

- Est-ce que t'as réussi à te refaire un cercle d'amis?

- Ouais. Ah, ouais.

Ca se bouscule aux portes.

- Ha! Ha! Ha! - Ah, j'ai des copains!

Et des sacrés bons copains!

- Ha! Ha! Ha! - Ah, j'ai tellement de copains!

Une armée de copains.

- Moi, j'ai pas d'amis vraiment, non plus.

En fait, j'en ai pas du tout.

- Tu m'as, moi, maintenant.

- Ouais.

Oui.

(musique calme)

(inaudible)

(musique calme)

(bruit des coups)

- Arrête, p'pa. Ah!

- Morti... Morti...

Mortimer. - Arrête!

- Tu fais un cauchemar, là, je pense.

- Oh...

- Ca va?

- Ouais, ça va. Ca va.

- Tu peux te recoucher.

- Ouais.

Ah, putain...

(pet)

(rire)

Pardon.

- Ah non! Ha! Ha! Ha!

- Je suis désolé. Pardon. C'est...

C'est une fuite. - Ouache!

- Non, je suis désolé. (rire)

(rires) Pardon.

(musique calme)

- Tout ça aurait vraiment pu être évité.

- OK, toi, je vais te demander de t'en aller.

- Je travaille ici.

- Va faire quelque chose ailleurs un petit moment.

C'est beaucoup, ce qu'on vient de vivre.

- Je m'en vais.

Parce que j'allais m'en aller. - Parfait!

Sous-titrage: SETTE inc.

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