All language subtitles for Gabriel.And.The.Mountain.2017.1080p.DTS.5.1.x264-BHDStudio2

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Original subtitles

Ŕ la mémoire de mon ami Gabriel Buchmann

- Nyove ! - Oui ?

Viens.

- Pourquoi ? - Viens !

- J'ai trouvé le Blanc. - Quoi, oů ?

Juste ici.

Vraiment ?

- Il est lŕ ? - Oui.

Il est mort, mon ami.

- Tu es sűr ? - Oui.

Il est vraiment mort.

Il y a toutes ses affaires.

Qu'est-ce qu'on fait ?

On va chercher du réseau pour téléphoner.

Appelons de l'aide.

Il n'a pas été tué, toutes ses affaires sont lŕ.

On laisse tout ici ?

Oui, dépęchons-nous.

On laisse tout.

Viens, on y va.

On va téléphoner et on verra.

Un avion l'a cherché partout et il était juste lŕ ?

Incroyable.

GABRIEL ET LA MONTAGNE

Chapitre un

KENYA

70 jours plus tôt

Mzungu !

Prions.

Seigneur, merci pour ce repas.

Bénissez ceux qui sont dans le besoin.

Au nom de Jésus, Amen.

C'est la premičre fois...

que nous recevons un invité blanc.

On ne reçoit jamais d'invités de...

- Mzungu. - Oui, un Mzungu comme toi !

Gabriel,

tu peux nous chanter une chanson de ton pays ?

- Maintenant ? - Oui.

Celle-lŕ, je l'aime beaucoup.

Les vętements mouillés et l'âme ensoleillée

Chaque artiste doit aller lŕ oů le peuple vit

Si c'est ainsi, ce sera ainsi

En chantant, je ne me fatigue jamais de vivre

Ni de chanter.

- C'est beau. - Merci.

Rachel ?

Tu nous chanterais une chanson de ton pays ?

Mais c'est en anglais.

Tu es plus grand que ne le disent les hommes, Seigneur

Tu es plus grand que ne le disent les hommes

Tu es plus grand que ne le disent les hommes, Seigneur

Tu es plus grand que ne le disent les hommes

Car Tu es excellent, merveilleux

Tu es plus grand que ne le disent les hommes

Ces chaussures sont trčs bien, pour toutes les saisons.

Tu peux les porter pendant la saison sčche ou la saison des pluies.

Tu peux męme te doucher avec.

Tous les Maasaďs de ce village ont porté ces chaussures

au moins une fois dans leur vie.

Comment tu te sens ?

Trčs bien.

- Parfait. - C'est confortable.

C'est pas trop serré ?

- Tu peux marcher avec ? - Bien sűr.

- Courir ? - Évidemment.

Montre-moi comment tu cours. Je garde ton sac.

Plus vite que le gros Ronaldo !

Oů il est ?

Je te présente mon frčre, Brian.

- Enchanté. - C'est un guerrier maasaď.

- Bonjour, je m'appelle Brian. - Gabriel.

- Tu viens d'oů ? - Du Brésil.

Bienvenue au Kenya, le pays des Maasaďs.

Merci beaucoup.

Brian est mon frčre aîné.

Il a deux femmes.

C'est normal chez les Maasaďs.

Et j'en veux une troisičme.

Plus...

Huit enfants.

Huit ?

Avoir des enfants chez les Massaďs est un investissement.

Ça montre ton niveau de richesse.

Plus tu as d'enfants, plus tu es riche.

Tu comprends ?

Au Brésil, c'est le contraire.

Il faut combien d'enfants au Brésil ?

Plus tu as d'enfants, plus tu dois dépenser d'argent.

Ici, c'est pas comme ça.

C'est notre voisine Namanu.

- Tamu sana. - "Tamu sana" ?

"Sucré" ?

- Trčs sucré. - "Trčs bon" ?

Ici, on cuisine tout au feu.

Tu vas dormir ici, cette nuit.

- Vraiment ? - Oui.

C'est génial !

Lŕ, il fait chaud ŕ cause du feu,

mais quand il sera éteint, il fera frais.

- Il y a une gazelle. - Je vois deux yeux.

Marchons doucement, elle court.

Lŕ, une autre.

C'est un bébé gazelle.

Arrętons-nous.

On s'arręte pour observer.

Tu vois quelque chose ?

Rien du tout.

C'est un lapin !

Il est vivant.

Prends l'épée, tu vas l'égorger.

- Moi ? - Tu es capable de le faire ?

Si tu le tues, je te donne l'épée.

Tu en es capable ?

Je te donnerai l'épée.

T'y es arrivé !

Tu vois, il meurt.

Voilŕ.

Tu le prends et tu l'offriras ŕ ta copine au Brésil.

Mets ça lŕ-bas.

Je cuisine trčs bien.

- Ah oui ? - Vraiment.

J'apporte le lapin ?

Non, détends-toi. Je m'occupe du feu.

Je peux l'apporter.

D'accord.

Alors ?

Je te regarde manger.

Quoi ?

- Je te regarde. - On mange pas de lapin.

- On partage ! - Non.

- Bien sűr que si ! - Non.

On l'a attrapé ensemble.

Les Maasaďs ne mangent pas de viande rouge.

C'est de la viande blanche.

On mange que de la viande rouge.

La viande blanche, c'est pour les chiens.

Désolé, bon appétit.

Vous devriez venir avec moi au Kilimandjaro.

- Au Kilimandjaro ? Non. - Pourquoi ?

On n'a pas de passeport pour passer la frontičre.

- On vous en trouve. - C'est pas facile.

- Tu veux pas aller au Hell's gate ? - Si, aussi.

Mais ensuite, on va au Kilimandjaro. Ce sera magnifique !

J'ai fini.

J'avais trčs faim.

On prend plus de viande ?

Je l'ai demandé comme ami et au bout de deux ans,

je me suis dit : "Pourquoi il n'accepte pas ?"

Je ne comprenais pas.

J'ai cherché parmi ses amis, et j'ai contacté Regina.

Elle ne m'a pas dit ce qui était arrivé.

J'ai été sur le site Internet et lŕ, "Mon Dieu..."

J'ai vu que des experts du Brésil et des États-Unis

sont allés au Malawi pour chercher son corps.

Tu es digne de devenir maasaď.

Il ne te manque qu'un nom maasaď.

Je vais t'en donner un.

Lemayan.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire "Béni entre tous".

Tu es une bénédiction.

Quand tu quitteras notre communauté,

je te bénirai aussi.

C'est une double bénédiction,

quand tu arrives, et quand tu repars.

Merci.

Merci, frčre.

La journée a été longue.

Il faut qu'on dorme.

J'aurais aimé que tu restes plus longtemps.

Moi aussi.

Tu vas me manquer, Gabriel.

Toi aussi.

Bonne nuit, frčre.

Ma chčre maman, mon amour et Joăo,

mes grands compagnons de ce fantastique voyage,

et ma chčre petite sśur, Nina.

Aprčs une semaine d'immersion totale au cśur de l'Afrique,

j'ai trouvé un cybercafé ŕ Jinja, en Ouganda, lŕ oů le Nil prend sa source.

J'écris pour vous dire que je vais merveilleusement bien.

Aprčs quelques jours passés chez mon ami réfugié congolais,

dans un bidonville de Nairobi,

je ne sais pas comment j'ai atterri dans une tribu maasaď isolée,

oů j'ai couru aprčs des girafes, des zčbres et des antilopes.

En mode "roots".

Je m'habille avec des tissus colorés,

je porte un bâton et une épée en acier.

Depuis que je suis en Afrique, je n'ai vu aucun autre Mzungu.

Je voyage comme je l'ai toujours ręvé,

de maničre non touristique et durable.

Je dépense 2 ou 3 dollars par jour,

et je donne 80 % de mon budget quotidien

aux locaux qui me nourrissent et m'hébergent.

Ici, avec presque rien, on a un vrai impact sur la vie des gens.

Mon ami congolais, par exemple, avec 12 dollars,

j'ai payé son loyer.

Avec 40 dollars,

j'ai payé une année de scolarité ŕ un enfant ougandais.

Tous les jours, j'ai rencontré des personnes fascinantes

qui m'en ont fait rencontrer d'autres,

et de rencontre en rencontre, je pénčtre dans l'âme de l'Afrique.

Je pourrais écrire pendant des heures.

Je suis heureux, car tout dépasse mes attentes.

Mais j'écris surtout pour vous dire que je suis en vie.

Frčre, comment tu vas ?

Salut, frčre. Ça va ?

Moi, c'est Tonny, d'Arusha.

Lemayan, du Brésil.

Tu viens faire quoi ŕ Arusha ? Un safari ?

J'ai trčs faim.

Ah, t'as faim. Tu veux manger quoi ?

Tu manges oů, d'habitude ?

Alors, tu veux faire un safari ?

Kilimandjaro.

Rapide, pas cher.

Pas cher.

Le moins cher...

Je connais quelqu'un.

Il s'appelle John Goodluck.

Il peut t'emmener au Kilimandjaro.

Goodluck ?

Il a une bonne étoile, il emmčne beaucoup de gens au sommet.

On doit aller ŕ Moshi, demain,

tu pourras rencontrer Goodluck.

Merci.

Tu vas dormir oů ? Je connais des endroits pas chers.

Je peux dormir chez toi ?

Ah, tu veux dormir chez moi ? Pourquoi ?

Je ferai peut-ętre un safari quand ma copine sera lŕ,

je voudrais économiser.

D'accord, tu peux venir.

Si ça te va, tu peux venir.

Tu peux le payer.

C'est combien ?

Combien ?

300.

J'aime bien comme tu voyages, comme un local.

T'es pas comme les autres touristes.

C'est bon, la monnaie ?

- 200 ? - Oui.

Asante sana.

"Asante sana", ça veut dire "Merci beaucoup".

- Comment on dit "Asante" au Brésil ? - "Obrigado".

Je m'appelle Goodluck.

Tu t'appelles vraiment Goodluck !

C'était le nom de mon grand-pčre.

Mon grand-pčre montait le Kilimandjaro

avec les męmes sandales maasaďs que toi.

Ça met combien de jours par Marangu, sans porteur ni cuisinier ?

Par Marangu,

ça met quatre nuits et cinq jours.

On peut le faire en quatre jours ?

On peut, mais...

- Il faut payer cinq jours. - Pourquoi ?

Le gouvernement...

Pourquoi t'es si pressé ?

En montagne, il faut prendre le temps, profiter.

Pourquoi t'es si pressé ?

Parce que j'ai des trucs ŕ faire.

Des trucs ?

La semaine prochaine, je retrouve ma copine ŕ Dar es Salaam.

La semaine prochaine ?

Plus vite on arrive en haut, mieux c'est.

Tu l'as pas vue depuis quand ?

- Trois mois. - C'est long.

Quatre jours, c'est bien.

Merci.

Il est oů, le Kilimandjaro ?

Le Kilimandjaro est derričre, dans les nuages.

En avant, John Goodluck !

Tranquille, faut ralentir.

Tu connais l'expression "Pole pole" ?

- "Doucement, doucement". - Voilŕ, c'est ça.

Maintenant, on arrive dans la plaine.

Bonjour

Bonjour, tout le monde

Comment ça va ?

Trčs bien

Étrangers, vous ętes les bienvenus

Au Kilimandjaro, il n'y a aucun souci

Ŕ toi.

Tu vas dormir ici.

Tu vas dormir ici.

Et toi ?

Lŕ-bas, avec les autres porteurs.

Non, tu restes avec moi.

Je peux pas.

Mais si, je suis tout seul.

Tu restes avec moi.

Tu marches

trčs vite,

mais tu manges trop lentement.

Toi aussi, tu marches vite.

Aprčs-demain, on arrive en haut.

Ce sera l'anniversaire de mon pčre.

Ah oui ? C'est bien.

Mon pčre est mort il y a 4 ans.

C'est vrai ?

Je suis désolé.

Comment on dit "Santé", au Brésil ?

"Saúde".

Allez, saúde !

- Gabriel ? - Quoi ?

Tu dois mettre des lunettes.

- Non, ça ira. - T'en as pas ?

Non, j'en ai męme pas.

- Non, c'est bon. On y va. - Prends-les !

Le soleil est trop fort.

J'aime pas les lunettes.

J'ai besoin de rien.

Juste de mes yeux.

Prends le bâton.

Je prends cette boisson au pouvoir incroyable

Elle nous montre tout Lŕ, dans sa vérité

Je suis monté, monté

Je suis monté avec joie

Quand j'ai atteint les sommets

J'ai trouvé la Vierge Marie

Quand j'ai atteint les sommets

J'ai trouvé la Vierge Marie

Je suis monté, monté

Je suis monté avec amour

Jusqu'ŕ trouver le Pčre Éternel et le Christ Rédempteur

J'ai trouvé le Pčre Éternel et le Christ Rédempteur

Je suis monté, monté

Comme on me l'avait appris

J'ai trouvé...

Vive le Pčre Éternel et les ętres divins

Vive le Pčre Éternel et les ętres divins

Réveille-toi.

On y va.

En route, frčre.

Il est trop tôt.

N'importe quoi ! Tout le monde est parti.

Allons-y. Sois pas paresseux.

Fais-moi confiance, je suis ton guide.

Je me les pčle !

Faut que je bouge.

Ça va ?

On y est presque.

Attends, s'il te plaît.

On y est presque.

Sois fort, concentre-toi. D'accord ?

Allez, on y est presque.

Merci.

Merci, John.

Tu veux de l'eau ?

Encore un peu.

J'en peux plus. Je m'arręte ici.

S'il te plaît, on redescend.

On se repose un peu et on redescend.

Gabriel, s'il te plaît...

Je te l'ai promis, tu vas y arriver.

- Il reste ŕ peine une heure et demie. - C'est pas grave...

Allez, on essaye.

On a réussi.

Merci.

- Merci, John ! - Bravo, mon pote !

- Merci. - Bravo.

Désolé, pour tout ŕ l'heure.

Désolé de t'avoir brusqué.

Merci.

De rien.

On y est arrivés.

Viens.

Viens avec moi.

Dis "Yeah man !"

Parfait, mec.

Bravo !

Viens.

J'arrive. Attends.

Sur le chemin du retour,

on a rencontré un vieux Chagga, de la région de Marangu,

comme moi.

Il m'a dit : "Cet homme est riche.

"Il ne faut pas se fier ŕ ses vętements de pauvre.

"Prends soin de lui parce que plus tard,

"cet homme changera ta vie."

Quand j'ai entendu ses paroles,

mon cśur était heureux.

Chapitre deux

TANZANIE

C'est quoi, cette tenue ?

T'en as mis du temps.

Tu m'as pas donné le nom de l'hôtel, et ils m'ont fait sortir en dernier.

Je t'ai envoyé 30 mails !

C'est quoi, ce déguisement ?

- C'est pas un déguisement. - Mais si !

Tu m'as manquée.

Il faut que j'enlčve ce sac.

Ta baguette magique est tombée.

C'est pas une baguette magique.

Saute !

Tout le monde nous regarde.

Attention !

Ça te plaît ?

L'avantage de marcher dans la rue avec cette épée,

c'est qu'on me trouve sympathique.

Comme si t'en avais besoin.

Quelle main ?

Les deux, ça a l'air grand.

C'est quoi ?

Ouvre.

Un paréo ?

C'est quoi ?

Un collier !

Tu sais, les Maasaďs,

pour leur passage ŕ l'âge adulte,

vers 13 ou 14 ans, ils vont dans la savane,

ŕ la recherche d'un lion.

Ensuite, ils encerclent le lion, et le Maasaď le plus fort

l'attrape par la queue,

et les autres le tuent avec leurs lances.

C'est pas vrai.

Si, mon ami Brian, le frčre de Lenny,

a attrapé un lion par la queue quand il avait 13 ans.

Ou 14...

Et t'y as cru ?

C'est vrai, chérie.

Quoi d'autre ? Raconte-moi.

J'ai envie de te voir...

habillée en Maasaď.

Tu vas devenir une Maasaď,

ma Mzunga Maasaď.

Laisse-moi te voir en vrai.

Laisse-moi voir. J'ai oublié.

Je me souviens plus.

Je n'ai été avec personne depuis qu'on s'est quittés en Inde...

Je t'aime.

Tu m'as beaucoup manqué.

J'ai rencontré Gabriel

ŕ une fęte que j'avais organisée avec trois copines.

Je l'ai vu de dos.

Il discutait avec un ami.

Mais j'ai compris

qu'ils étaient lancés dans une grande conversation.

Alors j'ai abandonné et je suis allée ŕ la cuisine.

Plus tard, Gabriel est entré dans la cuisine.

Arręte.

On s'est mis ŕ discuter.

Il ne savait pas comment s'y prendre.

Il a proposé d'aller dehors, j'ai répondu d'accord.

Il s'est mis...

ŕ déclamer un počme de Mario Quintana.

On est sortis ensemble,

ce jour-lŕ.

Un mois plus tard,

il partait faire le tour du monde pendant un an.

- On descend ? - Non, encore.

On fait vite.

Je sais déjŕ dire "asante sana",

"hakuna matata",

"pole pole",

"sawa sawa".

C'est quoi, déjŕ...

"tutu-nana"...

- Ça veut dire quoi ? - "Au revoir".

Ah, "kwaheri".

Qu'est-ce qu'il fait ?

Il se prend pour un Maasaď.

Il va nous chasser un zčbre.

Pour le dîner.

Il est vraiment trčs prčs.

Il est taré.

Rashidi, il peut y aller ?

Non, c'est dangereux.

Dis-lui de revenir.

Je ne peux pas, il est trop loin.

Va le chercher, Rashidi.

Il faut le ramener.

Reviens !

C'est interdit.

- Rashidi. - Oui ?

On pourra voir la migration des gnous ?

Tu sais, la migration...

Ça risque d'ętre trčs difficile d'y arriver,

parce qu'il faudrait plus de temps, au moins deux nuits,

pour arriver jusqu'au Serengeti.

Le safari est trčs cher.

J'ai payé pour voir la migration des gnous.

C'est quelque chose d'unique.

Et Tonny m'a promis que je verrais les gnous.

On veut tous les voir.

Tonny connaît rien ŕ la migration.

Comment ça ?

S'il t'avait dit que tu ne verrais pas les gnous,

tu n'aurais pas payé.

Regardez les lions !

C'est trčs intéressant, vraiment incroyable.

C'est bien plus intéressant que les gnous.

C'est incroyable.

Mais qu'est-ce qu'ils font ?

Ils bougent, ils viennent vers vous !

Ils veulent s'accoupler.

Ils vont faire l'amour.

Et vous ?

Je fais du bénévolat ici.

On fait ce safari ensemble parce que je dois rentrer au Danemark.

- J'adore le Danemark. - Ah oui ?

Oui, c'est comme mon deuxičme pays. J'adore.

- Donc tu y es allé ? - Tu es de quelle ville ?

Ĺrhus. T'étais oů, au Danemark ?

Vordingborg.

Et toi ?

Tu pars avec elle ?

J'aimerais beaucoup.

On a demandé un visa,

mais je l'ai pas eu.

Pourquoi ?

Certains documents n'allaient pas.

J'ai fait une nouvelle demande,

mais on m'a dit qu'il fallait attendre deux mois.

Ça craint.

On voulait partir ensemble, mais comme je l'ai pas eu...

On ne sait pas ce qui va se passer.

On ne sait pas.

Vous devriez rester ensemble.

Vous allez bien ensemble.

Merci, vous aussi.

J'espérais que vous diriez ça aussi.

Et vous, vous faites quoi ici ?

Gab va commencer un doctorat en politiques publiques et développement.

Un doctorat ? Dr Gab, c'est cool.

- Pas encore. - Bientôt.

Et moi, par hasard,

j'ai été invitée ŕ un congrčs en Afrique du Sud.

Par hasard, complčtement.

De tous les pays du monde,

L'Afrique du Sud, pile quand je suis en Afrique.

En portugais, on a un mot pour ça, "saudade".

Oui, c'est trčs beau.

C'est quand quelqu'un nous manque.

Je lui manquais aussi.

- Je mourais de son absence. - Je sais !

T'assois pas sur le toit !

- Pourquoi ? - Descends.

Rashidi est fâché.

Mais on est bien, ici.

Allez, viens, on descend.

Viens.

- C'est magnifique. - Faut fermer, on se les pčle.

D'accord, désolé.

- Fermez l'arričre. - Il fait trop froid.

Tout le monde dit que ça prend trop de temps.

Non, c'est Rashidi qui le dit.

Il ne veut pas y aller, parce qu'il est paresseux.

C'est lui, le guide, il sait mieux que nous.

Vous lui confieriez votre vie ?

Tu lui fais aussi confiance, t'es venu ici avec lui.

Non.

Je vous explique pourquoi je suis venu ici.

Je voulais voir la migration, bordel !

Avec vous, les gars !

Mais qui nous conduit ?

Ça va, mon ami ?

Voilŕ, c'est payé.

Je voulais te parler de la...

migration.

C'est beaucoup plus que prévu.

J'ai juste payé pour 5 ou 6 personnes.

- 5 personnes ? - Oui, pour 5.

Pourquoi ?

Je t'ai dit qu'on te rembourserait aprčs.

Sur la carte que je devais utiliser, il n'y avait pas assez d'argent.

T'as utilisé ma carte

sans mon autorisation, sans ma signature ?

Je sais pas, j'ai donné la carte au type,

et ça a marché comme ça.

Je devais ętre avec toi !

- Je savais pas. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Il m'a fait payer le triple, il a payé pour tout le monde.

C'est pas ce qu'il m'avait dit.

Il peut pas annuler ?

Tu vas annuler ça.

Annule ça !

Si, il faut annuler.

- Je peux pas. - Il a pas l'argent !

Si t'annules pas, je dirais que tu m'as arnaqué !

Le touche pas !

J'appelle la police !

La touche pas !

J'étais trčs triste quand j'ai appris la nouvelle.

Personne ne souhaite la mort d'un autre ętre humain,

męme si cette personne est votre ennemi.

Les gnous sont des animaux trčs bętes.

Ils n'ont pas une bonne mémoire.

Parfois, ils voient des prédateurs comme des lions ou des guépards,

puis ils oublient et se font tuer.

Ils sont vraiment trčs bętes.

Ils n'ont pas de mémoire.

- Quoi ? - T'as compris ?

Oui, je suis pas bęte.

C'est 1 000.

- Ça ? - 1 000.

Non, sérieux, ça, c'est 800.

1 000, c'est le prix mzungu !

C'est 1 000.

2 000 en tout, c'est bon.

Merci.

T'as eu le prix mzungu.

Ma Mzunga.

Comment s'est passée ta présentation en Afrique du Sud ?

J'ai cru que tu me demanderais jamais.

Enfin !

C'était bien.

J'avais oublié mon tailleur. Du coup, j'étais pas super ŕ l'aise.

Habillée comme une hippie.

Mais sinon, c'était bien.

C'était sur quoi exactement ?

Sur l'importance de l'investissement public pour le développement du Brésil.

C'est évident, non ?

Non, sinon il n'y aurait pas eu 100 personnes pour m'écouter.

C'est pas ce que je voulais dire...

Il faut investir dans les infrastructures,

la santé, la sécurité, l'éducation...

Tu minimises la question.

On n'est pas dans une logique d'efficacité directe.

Pas du tout !

Tu as présenté quoi, un modčle mathématique et analytique ?

Non, juste une perspective historique.

Alors t'as rien prouvé !

Depuis quand on a besoin d'économétrie pour valider un propos ?

Non, Gabriel.

Ma chérie, je ne dénigre pas ton travail.

Je pense que l'État doit avoir un rôle de régulation, pas de production.

C'est impossible de discuter avec toi,

parce que ton éducation t'a complčtement formaté.

J'ai étudié dans les meilleures écoles de Rio,

et peut-ętre męme du pays !

Mon Dieu, tu t'entends ?

Si l'hétérodoxie était si importante que tu le dis,

elle ne serait pas exclue des meilleures universités.

Dans les meilleures universités,

les gens ont différents points de vue.

Le problčme, c'est que l'élite politique mondiale

a une doxa basée sur l'individualisme et la rentabilité

au lieu de la redistribution, et c'est absolument surréaliste.

Ils n'agissent pas par mauvaise foi, mais par ignorance !

Non, merci.

Merci, ça ira, c'est bon.

Je ne comprends pas pourquoi tu t'énerves.

Tu expliques mal quand tu t'énerves.

Tu t'énerves, alors ce n'est pas clair...

Si, c'est trčs clair !

Ça ne l'est pas dans ton argumentation, ni dans ton discours.

Pour toi, c'est pas clair, parce que tu ne peux pas comprendre !

- Tu exploses... - Orthodoxe de merde !

Ta réputation de grande gueule...

- Quelle réputation ? - De radicale.

C'est tes amis réacs qui disent ça ?

Tu parles comme eux, c'est dingue.

Comme celui avec qui t'as couché ?

C'était avant l'Inde.

Commence pas avec ça.

Alors pourquoi tu me l'as dit ?

Si c'était avant...

Je voulais ętre honnęte.

Eh bien, ça m'a fait mal !

Je préférais que tu l'apprennes par moi !

Pas ŕ ton retour. Et merde.

C'était mon coloc au Brésil.

Comment je pourrai le regarder en face ? C'est trop gęnant.

T'es avec ton coloc, lŕ ? Non, c'est moi, alors arręte !

C'est ennuyeux, t'as couché avec mes potes...

Tais-toi !

Espčce de sainte-nitouche, va te trouver une jeune vierge,

qui corresponde ŕ l'image que tu te fais de toi.

Cette image de super homme, c'est pas possible.

Vraiment !

Par exemple...

T'as fait quoi aprčs avoir déçu tout le monde ?

T'as fui en Afrique, t'es parti te planquer !

C'est qui "tout le monde" que j'ai déçu ?

- J'ai fui en Afrique ? - T'es parti te planquer !

Hé Tonny !

C'était comment le safari ?

Je vais te raconter.

J'avais prévu ce voyage depuis toujours.

Je réalise enfin mon ręve.

- Je ne fuis personne. - Bien sűr que si.

Tu vois, c'est toi qui fuis.

Fais gaffe.

Raconte-moi.

Le safari était bien, mais Rashidi semblait un peu fâché.

Nerveux, on dirait au Brésil.

- Mais ça s'est arrangé ? - Oui.

Non, merci.

Vraiment, non !

Elle est bonne.

C'est de la bonne. Elle vient des Maasaďs.

Les femmes maasaďs la font pousser.

- La meilleure de Tanzanie. - L'herbe maasaď.

Ils disent qu'au Malawi aussi, elle est trčs bonne.

Ils l'appellent l'Or.

Ŕ cause de la couleur.

Attendez !

Attendez, mon copain n'est pas lŕ !

On y va.

On va acheter des bananes.

J'ai faim.

S'il vous plaît, attendez !

Dépęche-toi, on part !

Merci pour ton hospitalité.

On se voit bientôt. Attendez !

Pardon, désolé !

C'est marrant.

Tu me compares ŕ mes amis réacs,

mais eux me traitent de "pauvrologue".

Tu savais ça ? J'ai rien ŕ voir avec eux.

Si je voulais travailler dans la finance, je gagnerais autant qu'eux, voire plus.

Mais non !

Je veux travailler dans l'éducation, avec des programmes sociaux,

pour ceux qui en ont besoin et qui n'y ont pas accčs,

au lieu de me branler toute ma vie sur des modčles théoriques.

Mais je déteste la culture américaine

et Los Angeles, c'est le pire stéréotype.

Tu m'écoutes ?

C'est pas ridicule d'étudier la pauvreté et les politiques publiques

ŕ Beverly Hills ?

Ça n'a aucun sens, c'est absurde.

C'est comme parler de la misčre dans un hôtel cinq étoiles.

Tu dirais pas ça si t'étais pris ŕ Harvard.

Deux mois sur liste d'attente.

Les deux pires mois de mon voyage.

On m'a volé mon ordi,

je me suis ouvert le crâne dans le Mékong au Viętnam...

Tu t'en remettras de ne pas avoir été pris ŕ Harvard.

C'est tant pis pour eux. Arręte avec ça !

Ils m'ont pas refusé, j'étais sur liste d'attente.

L'université de Los Angeles est super.

- Tu trouves ? - Tout le monde le sait !

Tu veux vivre avec moi ŕ Los Angeles ?

Je suis sérieux.

J'ai pas eu de bourse, moi.

Tu trouveras du boulot.

J'ai rien ŕ faire ŕ Los Angeles.

- Comment ça ? - Ŕ part toi, j'ai rien lŕ-bas.

Je te suffis pas ?

Bien sűr que non.

- Bonjour, ça va ? - Trčs bien, et vous ?

Bien, merci.

Quelle beauté !

C'est un cadeau de mon amoureux.

Il doit vraiment beaucoup t'aimer.

Tu crois ?

Bien sűr.

T'as pris une douche ?

Non, il n'y avait pas d'eau.

Pas d'eau...

Merde !

T'as renversé le kérosčne !

C'est mouillé ?

Je sais pas.

Merde.

Ton cahier est mouillé ?

Oui, mais ça va.

C'est pas grave.

Je suis désolée.

- Il y a quoi dans ce cahier ? - Tout.

Comment ça, "tout" ?

Toutes mes notes de voyage. Tout.

Vous savez oů sont les bains perses ?

Les bains perses ? C'est par lŕ.

- Par lŕ ? - Oui, c'est ça.

Je connais. Venez, je vous y emmčne.

- Merci, ça ira. - On le suit !

Vraiment, mon ami, lŕ, c'est pas la route des bains.

Pour y aller, c'est par lŕ.

- Vous nous y emmenez ? - Oui, on y va ensemble.

Pas de problčme, l'ami, on y va ensemble.

Il y a beaucoup de choses ŕ voir, ŕ Zanzibar.

Lŕ, c'est connu, c'est une porte arabe.

Ça, c'était pour se protéger des éléphants,

c'est des pointes en bronze.

Ça, c'est le motif d'une chaîne.

C'est la signature des esclavagistes.

Ce bois a été apporté d'Inde.

C'est un bois trčs résistant.

C'est magnifique.

Venez, je vous emmčne aux bains.

Voici les bains de Zanzibar, oů les esclavagistes venaient.

Ils s'installaient ici.

Les gens du sultanat venaient lŕ pour se baigner.

Ils avaient de l'eau chaude.

Suivez-moi.

Merci de nous avoir amenés, mais on voudrait ętre seuls.

Pas de problčme. T'inquičte pas, Gabriel.

Il nous fait la visite.

Allons-y ensemble...

Tu vas le payer ?

Toi, tu connais pas.

- Donc tu le payeras aprčs. - Oui.

- Allons-y. - Oui, entrons.

J'ai le paludisme, mais je travaille quand męme...

- Je suis trčs malade. - Comment je peux t'aider ?

On pourrait aller ensemble dans une pharmacie ou un dispensaire.

Je suis malade, j'ai le paludisme...

Tu es sűr que c'est ça ?

Oui, c'est sűr.

Tu veux aller ŕ l'hôpital ?

On peut y aller, comme tu veux.

Ŕ Zanzibar, on vend surtout des épices.

Ici, par exemple, ou lŕ-bas.

Par lŕ.

Je vais vous montrer oů il y en a.

Je vais en prendre pour ma mčre.

Pour ma sśur aussi.

C'est comme l'île de Zanzibar.

J'aime pas la couleur.

Celui-lŕ n'est pas bien.

Il y est en vert.

- Ils sont pas bien, ici. - Le vert est joli.

Le rouge, lŕ.

Le rouge, il est joli.

- Ça, c'est bien pour toi. - J'ai perdu.

Je te prends en photo.

On peut prendre une photo ?

C'est lŕ.

Voilŕ, on y est.

Il me faudrait les médicaments contre le paludisme.

Combien ça coűte ?

Il a dit 25.

Laisse, je vais payer.

- T'es sűr ? - Oui, sűr.

C'était la chanson préférée de mon pčre.

Un toast ŕ ton pčre !

Ŕ la plus belle fille de l'île !

Ŕ notre premičre année ensemble !

Un toast ŕ...

Trois jours sans douche !

Je t'aime.

Je t'aime.

Bonsoir, excusez-moi.

Vous voulez commander ŕ manger ?

Merci, on va se contenter du vin, pour l'instant.

Désolée, mais les tables en terrasse sont pour dîner.

Si vous voulez juste boire, vous pouvez aller au bar.

Désolée.

On commande quelque chose ?

Non, juste l'addition.

Trčs bien, je vous l'apporte.

- Pourquoi ? - C'est honteux.

On aurait pu manger un petit truc.

Oui, mais...

J'aime pas me sentir comme...

Comme une proie. Je suis pas un touriste.

- Je déteste les attrape-touristes. - Mais c'est un resto touristique.

Alors pourquoi tu m'as amenée ici ?

- Pour toi. - Ah, pour moi...

On va ŕ la mer !

Je pense qu'il y a un serpent.

Non, c'est impossible ?

Des Maasaďs.

Salut, comment ça va ?

On vend des objets maasaďs.

Ta femme est trčs belle.

Merci, ça va aller.

Essaye ça. Je peux te montrer ?

De l'art maasaď, ça t'intéresse ?

Désolé, merci beaucoup, mais ça ira.

Tu as des beaux cheveux.

C'est bon, arręte. Merci.

C'est beau, c'est trčs beau !

- Arręte ! - Pourquoi pas ?

Il y a du monde.

On y va, j'ai froid !

- Quoi ? - J'ai perdu mon bâton maasaď !

Tu veux pas le laisser ŕ la déesse des eaux ?

Il fait froid !

Oublie-le !

Demain, alors...

On y va !

Chapitre trois

ZAMBIE

La seule personne du voyage qui a reconnu le maillot sacré

a crié : "Flamengo-Le Caire !"

"Flamengo !", au Caire.

J'avais mal lu.

"22 mai 2009"

Il a souffert.

Avec le kérosčne...

Mais ça reste lisible.

Depuis combien de temps on roule ?

- Vingt heures et quelques. - Des millions d'heures.

Il y a trop de soleil.

Mon Dieu, cette musique !

Męme Jésus détesterait cette musique.

C'est clair.

Męme Jésus n'aime pas cette musique !

Je suis en train de frire.

Je crois qu'on est morts.

Mais ils ont oublié de nous le dire.

On est au purgatoire.

Tu crois qu'ils ont prévenu ma mčre ?

Les mauvaises nouvelles vont vite.

Il n'y a que nous qui ne savons pas.

On est au purgatoire.

Arrętez le bus !

On descend.

On est au milieu de nulle part, en pleine cambrousse.

On descend, on verra bien.

Comment on demande de s'arręter ?

Bonjour.

- Comment ça va ? - Bien, et vous ?

- Je m'appelle George. - Cris, enchantée.

Bonjour.

Enchanté.

Désolé d'ętre entré comme ça.

Pas de problčme. Je m'appelle George.

Gabriel.

- De quel pays ? - Brésil.

Quelle est ta mission ?

Pourquoi es-tu venu en Zambie ?

Délicate question.

Je suis chercheur en éducation.

Mais je voyage aussi pour connaître de nouveaux endroits.

Et toi, tu enseignes ici ?

Je suis enseignant.

En quelle matičre ?

J'enseigne l'anglais aux débutants.

Lŕ, par exemple, c'est quoi ?

- Mathématiques. - J'adore.

Pour les classes de 3e.

C'est ce que je me disais.

Au fait, est-ce ta femme ?

C'est ma copine, oui.

Tu veux dire quoi par "copine" ?

Ma copine.

Comment peux-tu venir avec ta copine brésilienne en Zambie ?

Dans notre tradition, ce n'est pas permis.

C'est une offense.

- Vraiment ? - Oui.

D'abord, tu dois payer au pčre de la fille.

Et ils te l'offrent officiellement.

Je dois l'acheter.

C'est ŕ peu prčs ça.

Pour nous, tu es un voleur. Tu l'as volée.

Je l'ai volée ?

Ça me plaît, ça. Je l'ai volée.

Pourquoi ?

Parce que je l'aime.

Et elle, elle a volé mon cśur.

Vous allez oů ?

Ce n'est plus l'école, ici. Aprčs, il n'y a plus de maisons.

Je peux vous aider ?

On était chez George et on se promenait.

C'est ma fiancée, on va bientôt se marier.

Quand vous buvez, vous devez remuer d'abord.

Si vous ne remuez pas, vous ne gardez que l'eau.

Donc en buvant, il faut remuer.

Merci beaucoup.

C'est trčs sucré, trčs bon.

Vous ętes mariée ?

Oui.

Votre mari est ici ?

Non, il n'est pas lŕ.

Il étudie ŕ l'université de Zambie.

Je voudrais vous demander...

Vous vous ętes mariée par choix ?

Parce que j'aimais Dennis, trčs fort.

On partageait beaucoup de choses.

On se connaît depuis le collčge.

Ce n'était pas forcé, je me suis mariée par amour.

C'est bon ŕ savoir.

- Vous avez des enfants ? - Oui.

Trois enfants.

Si tu frappes comme ça, les grains vont tomber.

Alors tu dois frapper trčs fort, avec beaucoup d'énergie.

Comme ça.

- Ça te fait peur ? - Non, ça va.

J'ai été touché, mais ça va.

Tu dois frapper trčs fort.

D'accord.

Trčs fort.

C'est pas assez fort ?

Tu as mangé du nshima, vas-y.

Faut que je m'énerve contre le maďs ?

J'ai compris le truc !

Si Gabriel était encore vivant,

j'aurais aimé rencontrer sa famille,

j'aurais aimé qu'il se marie avec Cristina.

S'il n'était pas mort, ils seraient ensemble car ils s'aimaient.

Passe-moi l'appareil photo.

T'en prends une de moi ?

Prends la pose.

Regarde.

- T'as réussi ŕ me rendre beau. - Tu es beau !

Ma mčre pense pareil.

Tu es magnifique depuis que tu m'as récité du Mario Quintana.

Chez Milla ?

Mes amis, ne regardez pas vos montres

Lorsque, un jour, je quitterai vos vies

Vies perdues dans tant de futiles problčmes

Qu'elles ressemblent ŕ des nécrologies

Car le temps Est une invention de la mort

Il ne connaît pas la vie La vraie vie

Car un seul moment de poésie

Suffit ŕ nous offrir l'éternité tout entičre

Entičre, oui

Car cette vie éternelle

Ne se divise que par elle-męme

Elle ne peut ętre fractionnée

Et les anges

Échangent des regards étonnés

Lorsqu'un homme Revenant ŕ lui dans l'au-delŕ

Leur demande par hasard

Quelle heure est-il ?

Merci, chutes Victoria !

Nina,

ton état d'esprit et tes émotions ne dépendent que de toi.

Tu es une personne forte

et tu dois trouver cette force en toi.

Le bonheur, la beauté,

la vérité, l'amour...

On les trouve partout.

Il suffit de bien les voir

puis de choisir le bonheur.

Quand tu décideras vraiment

de le chercher en toi,

tu le trouveras, parce qu'il est déjŕ lŕ.

On y va ?

Une minute.

C'est l'anniversaire de ma sśur.

C'est mon dernier jour, j'ai envie de monter sur un éléphant.

Je sauvegarde les photos, je ne peux pas les perdre.

- C'est tout ce qui compte pour moi. - Oui, comme le bâton maasaď...

"S'il te plaît, pense vraiment ŕ tout ça,

"et ressens bien tout ça."

Je peux te le lire ?

Je ręve de monter sur un éléphant depuis l'Inde.

Sois sympa, viens.

Je peux pas te le lire ?

"Un énorme baiser

"de ton frérot

"qui t'aime

"tout plein, tout plein."

Tu pouvais pas monter un éléphant en Inde.

- En Zambie, on peut. - "Gabiruba."

- Ça va ? - Bien.

- Salut. - Ça va bien ?

Suivez-moi.

On voudrait monter sur les éléphants. C'est possible ?

- Non, désolé, c'est impossible. - Pourquoi ?

C'est la fin de leur journée.

On doit les laisser se reposer.

Il fallait venir plus tôt.

Désolé.

Prends une photo de moi.

On prend le bus, pour le saut ŕ l'élastique ?

On y va en taxi.

Non, prends-moi ici.

Faut y aller.

- Salut. - Ça va ?

- Trčs bien et toi ? - Bien.

- Moi, c'est Gabriel, et toi ? - Hosiah.

Je suis le prochain, tu peux m'inscrire.

- Non. - Quoi ?

Je ferme aprčs lui, aujourd'hui.

Je serai le dernier.

Non, c'est pas possible, on ferme. Je peux rien faire.

Attends. Il saute et...

- Désolé, on ferme. - S'il te plaît !

C'est ma derničre chance de sauter !

Attends, Cris !

Écoute-moi, mec !

Bon, tu fais ce saut et on se parle !

Tu te tiens bien droit.

Cinq, quatre, trois, deux...

Bonne chance !

S'il te plaît, regarde-moi dans les yeux.

La journée est finie !

Excuse-moi.

J'aurais pas cru qu'il ferait si froid en Afrique.

Mon équipe, c'est les Corinthians.

Mais le maillot du Flamengo te va trčs bien.

Non, j'ai mes rčgles.

Ça t'a jamais arrętée.

Comme on s'était beaucoup disputés pendant le voyage,

il m'a demandé si c'était

parce que...

je pensais que ce serait plus facile de se dire au revoir

si on se disputait.

Je lui ai répondu peut-ętre,

je crois que c'est ça.

On s'est embrassés et il m'a demandé...

"Tu viendras avec moi ŕ Los Angeles ?"

J'ai répondu :

"Je sais pas. On verra.

"On verra quand tu reviendras ŕ Rio."

On s'est regardés, et je me souviens

que je pouvais voir ses pieds ŕ travers...

Et je sais pas, mais...

Je sentais

que c'était comme un adieu.

Merci, bon voyage.

- Excusez-moi, monsieur... - Je sais.

Ŕ bientôt.

Je t'aime.

Moi aussi.

Le ciel se dégage.

- Merci. - De rien.

Bonjour, ma Mzungu ŕ moi,

j'espčre que tu es bien rentrée.

Hier, je me suis levé tard et je suis allé au musée,

c'était rustique mais sympa.

J'ai flâné dans un marché et je suis retourné ŕ la gare.

J'ai passé 4 heures ŕ lire le guide

et j'ai décidé d'aller directement au Malawi.

Je pensais rester en Zambie, mais ça m'a fait comme en Inde :

j'arrive pas ŕ rester seul dans un pays oů on a été ensemble.

Tu me manques beaucoup, mon amour.

J'achčterai bientôt mon billet retour.

Je t'embrasse. Ŕ trčs bientôt.

Vous avez sauté la frontičre ?

Il n'y a pas de tampon de sortie.

Mon tampon de sortie de Zambie est dans mon passeport brésilien.

Dans le passeport brésilien !

75 dollars, pour celui-lŕ.

Le visa est gratuit pour l'autre.

Je veux entrer avec celui-lŕ, parce que je suis aussi français.

Oui, mais il n'a pas de tampon de sortie.

Celui qui est tamponné, c'est 75 dollars.

Mais je n'ai pas 75 dollars.

Comment voyagez-vous sans argent ?

C'est la fin de mon voyage.

Bonjour !

Vous revoilŕ !

C'était rapide.

J'ai pris un visa de transit ŕ la frontičre zambienne.

Ça m'a coűté 50 dollars, donc j'ai économisé 25.

C'est bien.

Il n'y a pas de tampon ?

- Voilŕ. - Merci.

- Il est bien valable 30 jours ? - Oui, 30 jours.

Le camion, c'est celui-lŕ ?

Salut !

Salut. Ça va ?

- Bien et toi ? - Trčs bien.

Tu peux prendre ce Mzungu en stop ?

- Tu vas oů ? - Lilongwe.

Il faut payer.

- En fait, j'ai pas d'argent. - Pas d'argent ?

Mais je pourrai en retirer ŕ Lilongwe.

C'est sűr ? OK, viens.

Pourquoi tu vas vers le nord si tu veux aller au sud, au Mulanje ?

Je veux prendre le ferry ŕ Chitimba, puis redescendre vers le sud.

Demain, je vais charger du bois ŕ Mzuzu.

Attends...

Je peux venir ?

Aucun problčme, on y va ensemble.

Zikomo kwambiri.

"Merci beaucoup".

T'es déjŕ allé au Mulanje, Luke ?

Non, jamais. Mais j'aimerais bien, un jour.

Alors viens avec moi.

Oui ?

Aucun problčme, on y va ensemble.

Il paraît que le Mulanje est l'un des plus beaux endroits du monde.

Oui, c'est un bel endroit.

On dit qu'il y a des esprits, lŕ-bas.

Tu n'y crois pas ?

Non, j'y crois pas.

- Pourquoi ? - C'est comme ça.

On dit que ce lieu a inspiré Tolkien pour Le Seigneur des anneaux.

Il paraît, mais j'y crois pas non plus.

C'est que des rumeurs.

Il paraît qu'on y trouve parfois de la nourriture.

Mange, n'en parle ŕ personne et va-t'en.

Tu vois, ce genre d'histoires.

Quand as-tu quitté le Brésil ?

Il y a presque un an.

Et tu fais que voyager ?

C'est cool, t'as vu du pays !

Tu rentres quand au Brésil ?

Dans deux semaines.

C'est cool.

Mangeons du nsima.

Demain, on part trčs tôt ŕ Mzuzu.

Merci.

On part ŕ quelle heure ?

Ŕ cinq heures du matin.

C'est pas trop tôt ? T'as pas besoin de te reposer ?

Non, je peux passer trois jours sans dormir.

Comment tu fais ?

Quand je conduis,

je ne bois que de l'eau froide.

De l'eau froide

et parfois męme de la bičre.

- De la bičre ? - Oui.

C'est bon.

Moi, la bičre me fait dormir.

Il faut pas en boire trop, pas plus de 2 bouteilles,

juste pour rester réveillé.

Merci.

Combien tu gagnes ŕ chaque trajet ?

Je suis payé presque 40 dollars par mois.

Par mois ?

Mais ça fait presque 5 mois que j'ai pas été payé.

Pourquoi...

tu te mobilises pas pour faire une grčve ?

Merde.

Tu sais, au Malawi, il y a trop de chômage.

Si je me mets en grčve, ils me virent.

Et je perds mon boulot.

- C'est bon, maintenant. - Merci.

Qu'est-ce que t'as ŕ cette main ?

- Celle-lŕ ? - Oui.

Je sais pas, en fait. Personne ne sait.

C'est arrivé... comme ça.

D'accord.

Quand j'avais 15 ans.

- Je suis pas né comme ça. - Je comprends.

Celle-lŕ va bien, maintenant.

Ça va aller.

Gabriel Buchmann.

Il a fait la une des journaux.

Les journaux annonçaient

qu'un homme blanc s'était perdu...

qu'il avait disparu au mont Mulanje.

On doit y aller.

J'ai dit ŕ mes amis que je le connaissais.

Ils ne m'ont pas cru, alors je leur ai montré sa carte.

C'est lŕ qu'ils ont compris que j'avais connu Gabriel.

C'est magnifique d'ętre venus ici.

C'est comme si Gabriel revenait me voir.

Ça fait pas beaucoup.

- Il faut que j'en garde un peu. - Merci.

Je te donne ma carte, pour qu'on reste en contact.

Merci beaucoup.

Merci, Luke.

Pourquoi tu les gardes pas ? En cadeau.

- Merci beaucoup. - J'en ai plus besoin.

- Fais un bon voyage, mon ami. - Toi aussi.

- Bonne route. - Merci.

Pas trop de bičres, hein ?

- On se reverra ! - D'accord !

Au revoir, Luke.

Chčres Cris et maman.

Aprčs avoir traversé le Malawi en stop jusqu'ŕ l'extręme nord,

en dormant chez un camionneur qui est devenu un grand ami,

j'ai pris un ferry qui traverse le lac Malawi du nord au sud en 3 jours,

et qui s'arręte dans 13 villages le long de la côte.

C'est génial.

Je dors ŕ la belle étoile sur le pont,

je suis le seul Mzungu ŕ bord.

Je viens d'arriver ŕ l'endroit le plus connu, Nkhata Bay,

et comme je n'ai que 3 heures pour en profiter...

Gros bisous.

Chapitre quatre

MALAWI

Salut, mon ami.

Bonjour.

- Ça va ? - Trčs bien et toi ?

- Comment tu t'appelles ? - Gabriel.

- Lewis. - Et moi Namukova.

Je suis guide pour le Mulanje.

Tu m'y emmčnes ?

D'abord, on doit aller ŕ l'office des foręts.

Ils vont t'expliquer.

Allons-y, pas de temps ŕ perdre.

Combien de jours tu veux passer dans la montagne ?

- Un seul jour. - Un jour ?

Un jour ?

Ce n'est pas possible.

Le Sapitwa est difficile, c'est trop tard.

J'aime les défis.

- Je peux laisser mon sac ? - Sans problčme, vous le récupérerez.

- Mais on ferme ŕ 17 h. - Je serai lŕ.

- Vous serez lŕ ? - Je ne pense pas.

On n'a pas beaucoup de temps.

Oui, désolé.

Tu as de la chance.

Tu vas découvrir plein de choses sur le plateau.

- T'es un homme riche. - Merci.

Tu dois changer de chaussures.

Tu peux utiliser ma deuxičme paire.

Non, je garde mes sandales.

Non, prends ces chaussures, les touristes ont toujours...

Merci, mais je veux garder mes sandales.

C'est du pneu.

C'est du pneu, c'est résistant.

Je fais tout avec elles.

S'il te plaît, dépęche-toi, prépare-toi.

S'il te plaît, je connais la montagne, c'est trčs difficile.

Merci, mais non.

Je te paierai comme on a dit.

Mais dépęchons-nous, on a pas beaucoup de temps.

- Attends un peu. - Quoi ?

- Tu peux attendre ? - Qu'est-ce qu'il y a ?

Lŕ, c'est le chemin le plus court pour le pic du Sapitwa.

Et la cascade ?

La cascade est par lŕ, vers Chapaluka.

On peut aller ŕ la cascade, puis rejoindre le chemin du Sapitwa ?

Il y a un raccourci.

- La cascade est loin ? - Ŕ peine 50 minutes.

On peut le faire en 30.

Allez, en route.

- Tu vas nager ? - Oui, j'adore les cascades !

Moi aussi, mais je ne vais pas nager.

Tu peux sauter ?

Pousse-toi de lŕ !

- Je plonge oů ? - De lŕ-haut.

- Oů ? - Lŕ-haut, je te montre.

Tu restes lŕ, tu prends des photos.

Pas de problčme.

C'est oů ?

Monte.

Je peux plonger de lŕ ?

Oui, c'est bon ! C'est trčs profond.

Et il n'y a pas de bętes dans l'eau.

Tu l'as déjŕ fait ?

Oui, plein de fois !

Alors je saute !

Tiens-toi pręt !

Pas de problčme. Pręt ?

Alors on y va !

Bravo !

- Fais voir. - Regarde.

- Je recommence ? - Pas de problčme.

Parce qu'elle est ratée, celle-lŕ !

- T'es pręt ? - Oui !

- Alors je saute ! - Vas-y !

- Fais un test ! - Saute, s'il te plaît !

Un, deux...

Trois.

Tu sais ce que Sapitwa veut dire ?

- "N'y allez pas". - Oui, zone interdite.

Parce que le Sapitwa

est le domaine des esprits.

C'est ce qu'on raconte de cet endroit,

mais les gens y vont quand męme.

Tu fais quoi ?

Juste une petite pause.

Pas de pause, s'il te plaît, on est en retard !

Si on est en retard, on peut rester dans un refuge.

Comme ça demain, on va au Sapitwa puis on redescend dans la journée.

Le truc,

c'est que mon visa du Malawi expire ce soir.

Donc je dois sortir du Malawi et arriver au Mozambique ce soir.

Je ne savais pas, alors, tu n'as pas assez de temps.

Allons juste au refuge,

faire quelques photos et on redescend.

Frčre, je vais au Sapitwa.

Tu viens avec moi ?

On s'est dit au revoir vers 14 h 20,

sur le plateau Chambe.

Je ne l'ai pas autorisé ŕ y aller :

"Je suis responsable de toi, on redescend."

Il était... Il parlait de plus en plus fort.

"T'inquičte pas pour moi, je suis un montagnard.

"T'inquičte pas, je te retrouve chez toi,

"et ce soir, je récupčre mon sac et je te dis au revoir,

"je pars au Mozambique."

"Je soussigné, Gabriel Buchmann, autorise

"Lewis..."

- C'est quoi, ton nom ? - Gadson.

"Lewis Gadson...

"ŕ récupérer mes affaires."

Et la date.

Tu veux vraiment y aller tout seul ?

Merci pour ton aide, ça m'a été trčs utile.

Tu ne me payes pas ?

Bien sűr !

Pour t'avoir guidé jusqu'ici, il faut me payer.

Tu as parfaitement raison. Pardon d'avoir oublié.

Ce jour-lŕ, il ne m'a pas payé assez.

Il ne m'a donné que 400, ŕ peine la moitié.

J'ai compris qu'il n'avait pas beaucoup d'argent.

Oů est mon portefeuille ?

Le voilŕ.

Alors...

Tu veux la monnaie ?

C'est bon, tu peux la garder.

Merci.

Mon ami, tu devrais pas faire ça.

On devrait rester ensemble.

Réfléchis.

Il faut pas t'inquiéter.

On va se revoir bientôt et on en rigolera.

Merci.

Je pense encore ŕ lui.

C'était un de mes clients

qui a gravi la montagne et qui est mort.

Je pense ŕ lui chaque jour,

quand je me réveille, quand je dors.

Je prie pour le repos de son âme.

Bonjour !

Salut.

Salut.

Oů est ton guide ?

Je l'ai renvoyé, il était trop lent.

T'es monté jusqu'en haut ?

Oui, je viens de redescendre.

C'est beau lŕ-haut ?

C'est magnifique. On voit jusqu'au Mozambique.

Combien de temps pour y arriver ?

Deux ou trois heures, en fonction de ton rythme.

Tu vas oů comme ça ?

Au Sapitwa.

Pas question, la nuit va bientôt tomber.

C'est pour ça que je me dépęche.

C'est malin !

Pas de guide, pas d'équipement, des sandales...

J'ai fait beaucoup de montagnes.

Arręte, celle-lŕ est trompeuse.

Si tu pars tout seul maintenant,

tu mets ta vie en danger

et celle des gens qui iront te chercher cette nuit.

Tu viendras me secourir en pleine nuit ?

Dans tes ręves.

Je dormirai ici, et toi aussi.

Tu sais...

le choix est difficile.

Je les mets dedans ?

C'est chaud.

C'est brűlant !

T'as besoin d'aide, comme pour les oignons ?

On peut les manger comme ça.

T'y vas ?

Oui.

Tu prends pas ton sac ?

Celui-lŕ me suffit.

Tu devrais le prendre,

au cas oů tu descendes par un autre chemin.

Je vais jusqu'au sommet, je redescends

et je te rattrape dans la descente.

Avant que j'oublie, de l'énergie pour me rattraper.

T'es sűre de pas vouloir venir ?

On se retrouve sur la descente.

Tu gardes mon thé, alors.

Profite de la montagne.

Ŕ l'aide !

Tu es meilleur que ne le disent les hommes

Tu es meilleur que ne le disent les hommes

Tu es meilleur que ne le disent les hommes, Seigneur

... meilleur que ne le disent les hommes

Merveilleux...

Excellent...

Gabriel Buchmann a disparu le 17 juillet 2009.

Son corps a été retrouvé 19 jours aprčs par Luka Waiti et Benard Nyove.

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