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Original subtitles

RETOUR CLANDESTIN

Elle a un don rare et consid�rable.

Je me souviens de la premi�re fois o� j'ai entendu Robin jouer.

C'�tait vraiment prodigieux.

- D�sol�e, mon P�re. - Pas de souci.

Elle est pr�te pour le conservatoire.

Oui, bien s�r.

Demain, elle a un entretien.

Un entretien ?

- Ciao. - Ciao.

Oui.

Tr�s informel.

Une amie du service des admissions

- aimerait entendre Robin jouer. - Quand ?

Elle a un cr�neau de libre demain apr�s-midi.

Robin pourra quitter mon cours plus t�t.

C'est super.

La voil� !

Tu as �t� formidable !

Je ne trouve pas.

Non, c'�tait ta meilleure performance � ce jour.

Merci...

Je suis tr�s fier de toi, ma puce. Bravo.

- Bonjour, Robin ! - C'�tait merveilleux. Bien jou�.

- Marco a ador� �galement. - Merci.

Maman, j'ai faim...

F�licitations pour ce soir, Robin.

- On mange quand ? - D�sol�, je dois filer.

- Au revoir. - Au revoir, Giacomo.

On peut y aller !

Une petite pizza pour c�l�brer, �a vous dit ?

Une pizza ?

Mais Marco d�teste...

J'adore les pizzas !

Bravo ! T'aimes les pizzas !

Va pour une pizza, alors ! Allons-y...

Claire, tu peux volontiers

- te joindre � nous. - Non, je vais rentrer chez moi.

Merci.

D'accord.

Je dois r�viser pour un contr�le d'alg�bre.

Dois-je d�cliner ?

Elle a un test d'alg�bre.

Je devrais r�viser.

Je comprends, mais on rentrera t�t. Promis.

T'en penses quoi ?

Bien s�r, vas-y ! Et amuse-toi bien !

Je suis si fi�re de toi.

Merci.

Au revoir.

Tu as vu, Marco ? Elle est vraiment dou�e.

Elle a donn� un r�cital ce soir.

Renato, tu aurais ador� !

Qui ?

Ta petite-fille.

Elle joue divinement bien.

Laquelle ?

Robin !

Tu es mari�e ?

Tu avais remplac� mon p�re...

Tu te souviens ?

Tu �tais fou de joie.

Ah bon ?

Tu veux me tuer ? Tu veux me tuer, c'est �a ?

C'est empoisonn�. Je le sens !

Elle �tait l� ?

- Je refuse d'en manger ! - Qui ?

Je n'en veux pas !

Je m'en charge.

Accorde-toi un peu de r�pit.

Ne fais pas semblant pour lui. �a doit �tre �puisant.

Tu es l�. Son propre fils n'en fait pas autant.

Merci.

Quelle douce m�lodie, Claire !

Merci !

- Bonsoir. - Bonsoir.

Robin ?

Que fait ton v�lo dans le couloir ?

Je l'emm�ne � l'�cole demain pour me rendre � l'audition � v�lo.

L'audition ?

C'est ce que M. Sagravas t'a dit ?

Que ce serait une audition ?

Il n'a pas employ� ce terme pr�cis�ment.

Oui, il m'a dit que c'�tait informel.

Quand ils te proposent de venir jouer, �a signifie que c'est une audition.

Entrer au conservatoire, c'est une grande �tape !

Je suis pr�te.

Je sais, mais tout s'encha�ne tellement vite.

C'est juste une audition, maman. Je ne vais pas m'envoler d'ici.

- Bonjour, Mme Marino. - Bonjour, Maya.

J'ignore comment tu supportes �a. Ta m�re est une bonne prof,

mais je suffoquerais si ma m�re �tait partout o� j'allais.

�a m'est �gal. C'est aussi une bonne m�re...

Une pleureuse s'avan�ait avec les enfants

Je passai mon chemin

Comme un Prince pleure

Le Domaine dont il a �t� �vinc�

Plus �g�e, plus sage aujourd'hui,

Plus estomp�e aussi, comme l'est la Sagesse

Je recherche encore doucement

Mes Palais Fautifs

Pressentant, une Main

Passe sur mon Front de temps � autre

Que je recherche � l'oppos�

Le site du Royaume des Cieux

Magnifique.

Beaucoup de choses ont �t� �crites sur la m�lancolie latente de ce po�me.

Selon vous, qu'est-ce qui rend Emily Dickinson si triste ?

- Elle a perdu quelque chose. - Oui.

� quoi fait-elle r�f�rence quand elle dit :

"Je cherche encore doucement mes palais fautifs" ?

Elle aspire � la vie qu'elle avait.

Oui, elle est � la recherche du myst�re,

et de l'enchantement d'un monde qui ne lui est plus accessible.

Tr�s bien. Vos po�mes sont � rendre vendredi.

Continuez de les peaufiner, savourez le processus cr�atif.

Si l'une de vous veut que je lise

votre po�me avant vendredi, donnez-le-moi.

Au revoir, Mme Marino.

Bonne chance.

Il est venu flanqu� de sa lolita ?

Bien entendu.

Elle te ressemble toujours ?

Bien s�r que oui. Quand j'�tais adolescente.

Certains hommes sont de vrais porcs !

Surtout les ex-maris. H� !

Attendez ! Attendez !

Donne-moi la main !

Claire !

Claire.

Non, non, non !

Vous ne pouvez pas entrer.

Mais ma fille est l�...

N'entrez pas !

Non, non, non...

- D�fibrillateur, 200 joules ! - Pr�t !

�cartez-vous !

Faites-la sortir ! Partez, madame !

Vous ne pouvez pas rester ici !

Piti�, Seigneur, ne me l'enlevez pas.

Claire...

Je suis venue aussi vite que possible.

Oh, mon Dieu.

Claire, je suis vraiment d�sol�e.

Aucun pouls. Massage. D�fibrillateur !

Son doigt a boug�.

Sa main a boug�.

Claire !

Il y a un pouls. Masque � oxyg�ne, vite.

Robin.

Elle a �t� cliniquement morte pendant 20 minutes.

Il se peut qu'il y ait des l�sions c�r�brales.

La question est de quelle ampleur ?

On ne le saura qu'� son r�veil.

Elle se r�veillera quand ?

Difficile � dire.

Bordel, il nous laisse dans le flou total !

Je sais que c'est dur, d�sol�. Mais il faut attendre.

Je vous laisse tranquilles.

Tu devrais...

Je les ram�ne � la maison, et je reviens, OK ?

Claire.

Je suis d�sol�, mais je...

Ne t'en fais pas.

D'accord, � plus tard.

Mon Dieu !

Tu t'es r�veill�e.

Bonjour, Mamma.

Ta voix.

Oui.

Tu peux parler.

Tu es revenue.

Oui, je suis de retour.

Regarde tout droit.

Ferme les yeux � nouveau.

Ouvre-les.

Tr�s bien.

Bien.

Viens, Robin.

Les yeux ferm�s. Lentement.

Lentement, voil�.

Tr�s bien.

Tr�s bien, Robin.

C'est vraiment peu commun.

Robin semble fonctionner normalement � tous niveaux.

Si on omet les cicatrices et les h�matomes,

elle semble s'en sortir indemne.

�tant donn� qu'elle parlait il y a dix ans,

je peux seulement pr�sumer que son traumatisme c�r�bral

l'a amen�e � oublier qu'elle ne voulait pas parler.

Elle va rentrer chez elle aujourd'hui,

mais elle doit y aller doucement.

Les s�quelles se manifestent parfois avec le temps.

OK...

Donne-les-moi, je vais les mettre dans la cuisine.

Je prends ton manteau ?

OK.

Tu veux boire un caf� ou...

Non, je vais...

Je vais y aller. Merci.

Merci beaucoup.

Je t'appelle demain, ma puce. OK ?

D'accord. Au revoir, Papa.

- Au revoir. - Ciao.

Sainte Marie, m�re de Dieu,

priez pour nous, pauvres p�cheurs, maintenant et � l'heure de notre mort.

Je vous salue, Marie, pleine de gr�ce...

Rob, que fais-tu ?

Je veux retourner � l'�cole demain.

Le docteur a dit de rester te reposer � la maison...

Tu peux arr�ter de faire �a ?

Je veux aller � l'�cole demain.

Robin. Robin.

Demain, demain, demain, demain...

D'accord, ma puce. Voyons comment tu te sens demain matin.

Merci.

Il est pass� � travers la fen�tre.

Son cou est probablement cass�.

Il est seulement sonn�.

Arr�te ! Tu le serres trop fort.

- Tu vas le tuer. - Je connais un secret.

La mort n'est pas la fin du chemin.

Que veux-tu dire ?

Je vais vous montrer.

Que se passe-t-il ?

Robin ? Que se passe-t-il ?

Mme Marino, faites qu'elle le rel�che.

Ma ch�rie, pose cet oiseau.

Ils sont porteurs de maladies.

Tu redoutes que j'attrape quelque chose ?

Et que je meurs ?

Robin, pose cet oiseau.

Il est mort.

Allez, les filles ! En cours, circulez.

Viens ici. Pardon. Robin ! Robin !

Claire ! Accompagne-moi.

- Viens. - Non.

S'il te pla�t.

J'ai parl� � Robin ce matin,

et elle semblait plus s�re d'elle qu'avant son accident.

Je lui ai dit que mon amie aux admissions

pouvait venir ici pour la voir jouer.

- Robin en a vraiment envie. - Non.

Elle n'est pas pr�te pour �a. Je... Je ne veux pas

- qu'elle soit sous pression. - Absolument pas. �coute.

Elle ne jouera que les morceaux qu'elle pourrait jouer les yeux ferm�s.

Ludovica est au courant

- ... de ce qu'elle a v�cu. - Hors de question !

R�fl�chis-y !

H� oh ! La Terre appelle Claire !

D�sol�e.

� quoi penses-tu ?

J'ai pass� une �trange matin�e avec Robin.

Elle a travers� une sacr�e �preuve. Toi aussi.

On dirait une personne diff�rente.

Les adolescentes sont paum�es, peu importe comment on le pr�sente.

D'une minute � l'autre, elles passent de petit ange � monstre.

Toutes ces hormones en �bullition ! C'est absolument normal.

T'as pas �t� �lev�e catholique.

Moi, si. Alors, �coute.

Le d�mon int�rieur d'une fille catholique finit toujours par ressortir.

J'�tais comme elle. Regarde-moi maintenant.

J'ai bien tourn�, OK ?

H� !

Donne-lui le temps de dig�rer tout �a.

Peut-�tre que tu essaies de trouver quelque chose qui cloche,

car �a te semble dur � croire qu'elle se porte bien ?

Ne fais pas �a.

Ne fais surtout pas �a.

Y a quelqu'un ?

Merde !

Ouah ! Je n'en reviens pas que tu aies pr�par� tout �a !

Bonjour !

Tu portes ton uniforme ?

Je voulais te pr�parer une jolie surprise.

C'est adorable.

Tiens.

Assieds-toi.

Merci, ma puce.

Tu �tais dans le cagibi la nuit derni�re ?

Quel cagibi ?

Celui au niveau de la terrasse, o� l'on range nos affaires...

La porte �tait ouverte quand j'ai amen� les draps � laver.

- C'�tait pas moi. - J'ai cru, comme tu �tais r�veill�e...

- Quand tu es venue dans ma chambre... - Je n'y �tais pas.

Tu ne te souviens pas ?

Tu as fait un cauchemar ?

Ma ch�rie ?

Et si tu t'asseyais pour m'en parler ?

On sera en retard � l'�cole.

On est samedi, il n'y a pas �cole aujourd'hui.

Parle, alors.

Tu as endur� tellement de choses r�cemment,

et maintenant qu'on peut se parler,

je me demandais comment tu l'avais v�cu.

V�cu quoi ?

On dit souvent que l'on voit une lumi�re blanche...

Je ne m'en souviens pas.

Ou qu'on peut se voir de l'ext�rieur, est-ce paisible ou...

Je t'ai dit...

que je

ne m'en souvenais pas, putain.

Robin !

- Mme Marino ? - Oui ?

Peux-tu revenir � l'heure du d�jeuner pour qu'on en parle ?

Oui.

Ludovica ! Je suis vraiment d�sol� !

Elle ne s'est jamais comport�e ainsi.

Giacomo, que se passe-t-il ? Je t'ai dit qu'elle n'�tait pas pr�te.

Ludovica passait par l� pour me remettre des partitions,

donc je me suis dit qu'elle pourrait �couter Robin.

C'�tait une erreur. Je me suis trop pr�cipit�.

Oui, probablement.

- C'�tait un peu pr�matur�. - Oui.

Ludovica.

T'as une minute ?

Bon sang ! Que s'est-il pass� ?

Rien, une simple �raflure.

- �a va ? - Oui.

De quoi as-tu besoin ?

Elle n'�tait sans doute pas pr�te � revenir si vite.

Bien s�r qu'elle ne l'�tait pas, Viv.

Ce n'est pas le comportement normal d'une ado.

Je suis de ton c�t�, tu sais.

D�sol�e, je suis juste...

Ne t'en fais pas.

A�e ! Tu me fais mal !

Et voil�.

Tu n'as jamais aim� cette fille.

De quoi parles-tu ?

C'�tait une enfant difficile.

Pas celle que tu esp�rais...

N'est-ce pas ?

OK, il est temps d'�teindre la t�l� et d'aller au lit.

C'est l'heure de dormir, Renato.

Je l'emm�ne au lit.

Bonne nuit.

J'ai besoin de te le dire, car...

dans un premier temps, je ne voulais pas revenir...

Qu'est-ce qui vous a fait revenir ?

Une voix m'a dit que mon heure n'�tait pas encore venue.

Claire.

Il le pr�pare pour la nuit.

- Aide-moi � comprendre... - Bien entendu...

- Je suis l� pour �a. - Merci.

Le Dr Romano a �t� d'un grand r�confort pour elle et les autres r�sidents

ayant �t� confront�s � un traumatisme ou � la perte d'un �tre cher.

�a dure depuis plus d'une heure.

Je ne me suis jamais plainte au sujet du piano,

mais l�, c'est un boucan infernal !

Robin !

Robin !

Robin !

Robin ? Rob !

Rob, je vais entrer.

Robin ?

Ma puce. Mon Dieu, que fais-tu ?

C'est de l'eau bouillante, ch�rie. Tu dois sortir du bain.

Allez, il faut que tu sortes. Allez !

Sors tout de suite.

Oh, mon Dieu !

Pourquoi l'eau �tait-elle aussi chaude ?

- J'ai trop froid. - Que se passe-t-il ?

Robin.

T'as tellement besoin d'affection, c'est path�tique.

Silence !

Passez vos po�mes, puis ouvrez vos manuels � la section traitant de Whitman.

Mon Dieu !

Signora Marino.

- Tout va bien ? - Non.

CONNASSE

Pourquoi faire une telle...

L�CHE

Qu'y a-t-il ?

TU ES FAIBLE

MENTEUSE

Comment osez-vous ?

Je ne comprends pas.

Ce sont de simples po�mes.

Quoi ? Non, il y avait...

Non, elles avaient �crit de terribles...

Mme Marino !

Claire !

Mme Marino !

Robin !

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Dis-moi ce qui ne va pas.

- Je ne... - Ferme-la !

Robin !

Je ne suis pas Robin.

Tr�s bien, Robin.

Tr�s bien.

Il y a un souci chez elle.

- Elle va mieux de jour en jour. - Non, non. Peut-�tre...

... peut-�tre physiquement, mais son comportement est anormal.

Redevenir normal prendra du temps.

- On en a parl�. - Mais vous aviez dit...

que les s�quelles pourraient appara�tre plus tard. Et c'est le cas...

Vous vous inqui�tez � son sujet,

mais n'oubliez pas de prendre soin de vous.

Je vais vous prescrire des anxiolytiques.

�a te dit de passer chez Giolitti pour...

des glaces italiennes ?

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Robin.

Peux-tu m'aider � comprendre ce qui se passe ?

Depuis l'accident...

Pourquoi ne pas m'avoir demand� si je l'avais vue ?

Elle semblait normale quand j'�tais avec elle.

Tu ne m'�coutes pas.

Elle a chang�. Il y a quelque chose...

de diff�rent depuis l'accident.

- Eh bien, elle... - Et elle l'a �voqu�e aujourd'hui.

C'est tout � fait logique.

Apr�s ce qui s'est pass�, bien entendu qu'elle penserait � elle.

Les docteurs disent qu'elle n'en a aucun souvenir.

J'arrive tout de suite.

Et si Adriana et moi prenions Robin pendant une semaine ?

- Pour que tu souffles un peu. - Je n'en ai pas besoin.

Je veux que ma fille revienne.

Je dois filer, d�sol�.

Je te rappelle plus tard, OK ?

- Je dois filer. Ciao. - Ciao.

Tout va bien, Mamma ?

Oui, tout va bien.

Que se passe-t-il ici ?

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Qu'est-il arriv� ?

Que s'est-il pass� ?

Elle m'a �trangl�e.

Robin...

Je lui montrais simplement que la mort n'est pas la fin du chemin.

Robin.

Ce que Robin a endur�,

cela a d� tr�s difficile pour vous deux.

Mais, Claire, m�me-toi tu reconna�tras

que son comportement d�passe le cadre d'un simple r�ajustement.

Quelque chose cloche chez elle.

- Ce n'est pas ce que j'insinue. - Moi, si.

Il y a un s�rieux probl�me avec ma fille.

Je te recommande donc...

que Robin se fasse aider afin de rectifier son comportement.

D'ici l�, Claire, il est pr�f�rable

qu'elle ne vienne plus � l'�cole.

Vous la renvoyez.

C'est une interpr�tation exag�r�e.

Nous autres, �tres humains, sommes coupables.

Coupables de mauvaises pens�es, d'actes �go�stes.

Tant de gens...

vivent dans la peur que leurs p�ch�s pass�s soient d�couverts.

Il y a une ombre obscure qui nous suit...

quand on essaie d'�chapper � notre culpabilit�.

Mais comprenez bien...

si nous fermons les yeux sans vouloir affronter notre culpabilit�...

Elle se chargera de nous.

Allons-y.

Allons-y, ma ch�rie.

Non.

- Mon P�re, pouvez-vous l'aider ? - Cara, quel est le probl�me ?

- C'est terrible ! - Oh, mon Dieu !

Ma S�ur, venez !

Claire, comprenez-vous la gravit� de vos propos ?

Oui, je le comprends.

- Vous en avez parl� � Luca ? - Il ne m'�coute pas.

Ni Luca ni les docteurs ne peuvent l'aider. Seul Dieu le peut.

Et l'�glise. D'o� ma pr�sence.

Voil� pourquoi je suis venue vous voir. Vous ne comprenez pas.

- Je ne peux pas la perdre. Piti�. - OK, ne vous en faites pas.

Allez la rejoindre � l'int�rieur.

Je vais essayer de trouver quelqu'un.

Luca ?

Mon P�re !

- Claire ! - C'est son p�re apr�s tout.

Il me semblait n�cessaire qu'on l'inclue dans cette conversation.

Pratiquer un exorcisme ? Vraiment ?

Allez, ma puce.

- Rentrons � la maison. - Luca, arr�te.

Tu ignores ce qui se passe. Laisse le P�re Sergio lui venir en aide.

Je ne peux pas l'aider. Pas de la mani�re � laquelle vous pensez.

Vous n'allez m�me pas essayer ? Vous allez ignorer le probl�me,

lui dire d'aller au lit, en esp�rant qu'elle aille mieux demain ?

�a n'arrivera pas.

Ma fille a un s�rieux probl�me et �a s'empire.

Claire, on a tous v�cu une p�riode tr�s difficile.

- Je comprends. - Non.

Tu ne comprends pas. Tu ne comprends absolument pas.

Notre fille n'est pas elle-m�me. Elle ne va pas bien.

� qui en revient la faute ?

Elle est avec toi jour et nuit.

Allez, ma ch�rie. Viens.

Vous avez toutes les deux besoin...

d'un peu d'espace.

�a va au-del� de toute exp�rience humaine.

Je me suis senti libre, et j'ai ressenti beaucoup de qui�tude.

Et l'amour !

L'amour y �tait une entit�.

Pas un simple sentiment, ou une simple �motion...

mais quelque chose de tangible.

Je l'ai vue.

Elle �tait r�elle.

J'ai entendu d'autres personnes dire la m�me chose.

Que l'amour existait dans l'au-del� en tant que pr�sence.

Que non seulement on la ressentait, mais qu'on la voyait.

Ce n'est pas ce que ma fille a vu.

L� o� elle est all�e...

Ce n'�tait pas ce que vous d�crivez tous.

Elle est revenue d'un endroit tr�s obscur.

Non, ce n'est pas obscur. Ce n'est pas un endroit mal�fique.

C'est Dieu lui-m�me.

Je n'en suis pas s�re.

J'y �tais par choix.

Quelques comprim�s de Circadin

et je pensais que mes soucis s'�teindraient avec moi.

Puis, je l'ai vu.

Mon d�funt mari.

Je ne m'y attendais pas.

Il semblait bloqu� dans cet endroit � cause de moi.

Il m'a dit que je devais laisser tomber.

Que je ne trouverais pas ce que je recherchais ici...

Que je devais retourner dans le monde des vivants pour le trouver.

L'avez-vous trouv� ?

Je cherche toujours.

"MIRACLE APR�S UNE NOYADE DANS DES EAUX GLACIALES"

- Claire, c'est bien �a ? - Oui.

Je n'ai pas mang� de la journ�e. Je vais au resto d'en face pour des p�tes.

Joignez-vous � moi.

J'ai �t� vraiment �mue par l'homme �voquant l'au-del�,

comme �tant lib�rateur et...

- et paisible. - Omar.

� Livigno, il y a un an de �a,

il randonnait � Lago Vago avec ses petits-fils

et a trouv� un faon coinc� sur le lac gel�.

Il a voulu le ramener sur la rive.

Mais la glace s'est bris�e.

Ses petits-enfants ont appel� le 112, mais les secours

ont mis 45 minutes avant d'arriver et de le sortir de l�.

En route vers l'h�pital, les secours ont pratiqu� un massage cardiaque,

et ont r�ussi � le r�animer.

Comment est-ce possible ?

Quand on se noie dans des eaux glaciales,

on peut sembler cliniquement mort,

mais dans de rares cas, on peut �tre r�anim�

sans presque aucune s�quelle neurologique.

Le corps essaie de d�jouer le froid

et de maintenir le flux sanguin vers le cerveau et le c�ur.

Les docteurs ont pu le r�chauffer lentement

et le r�animer une fois � l'h�pital.

C'est incroyable.

Un des myst�res fascinants du corps humain.

Vous avez dit que l'exp�rience de votre fille dans l'au-del� fut rude.

Oui.

J'ai entendu maintes histoires de mort imminente.

Et dans celles moins paisibles, ce qui revient encore et encore,

si quelqu'un meurt avec des probl�mes non r�solus,

c'est que le voyage devient...

- plus �prouvant. - Et ce voyage...

De quoi s'agit-il ? O� vont-ils ?

Il y a un monde apr�s le n�tre.

Du moins, d'apr�s ceux qui en sont revenus.

Y a-t-il quelque chose

que votre fille a subi et qu'elle a peut-�tre int�rioris� ?

C'est souvent un traumatisme �motionnel qui a �t� r�prim�.

Une perte.

Une intrusion.

Un �pisode difficile � aborder.

Claire ?

Pouvez-vous m'en dire plus...

sur cet endroit ?

L� o� ils vont, � quoi �a ressemble ?

- Il n'existe pas de r�ponse simple. - Est-ce...

empli d'amour et paisible ?

Pour certaines personnes.

Que recherchez-vous, Claire ?

O� vas-tu ? Arr�te !

Combien de fois te l'ai-je dit ?

Claire, je t'en prie...

Claire, arr�te !

Claire !

- O� vas-tu ? - J'ai tout fait

pour que cette famille existe. Tu nous m�rites pas.

Claire !

Vive le vent, vive le vent !

Vive le vent d'hiver !

Qui s'en va sifflant, soufflant...

Dans les grands sapins verts !

"Une pleureuse s'avan�ait avec les enfants"

Ouvre les yeux !

Regarde la petite main ! Ici, regarde.

La voil�, � l'int�rieur !

Regarde-la ! Tu la vois ?

La voil�, regarde maman !

- O� ? - La voil�.

- O� ? - � l'int�rieur.

Regarde-la ! � l'int�rieur, tu la vois ?

- L� ? - Oui, l� !

- Regarde, c'est magnifique ! - Un bracelet !

Attends, deux secondes.

Voil�, comme �a...

Sublime ! Donne-moi ton poignet. Alors, tu l'aimes bien ?

Laisse-moi voir !

Dis bonjour � maman !

Bonjour, maman.

Bon sang, Claire !

Tu te noyais � 15 centim�tres du rebord de la piscine !

Qu'est-ce qui se passe ?

Elle essayait de me tuer.

Qui ?

Il n'y a personne, Claire.

Absolument personne.

Tu dois en parler � quelqu'un.

Je ne trouve pas mes cl�s.

Tu comptes d�crocher ?

Luca, c'est Viv. Oui, Claire est avec moi. Mais...

Quoi ?

- Depuis quand ? - Quoi ?

Robin a disparu.

Luca ?

Laisse-moi conduire. Tu ne devrais pas y aller seule.

Claire, attends !

T'aurais d� t'en soucier et apprendre la langue des signes.

�coute, je fais de mon mieux, OK ?

Elle faisait peur � Marco. Je l'ai stopp�e et elle s'est enfuie.

Mais tu as raison.

- Elle n'est pas elle-m�me. - Non, loin de l�.

J'ignore qui elle est.

L'enfer existe, c'est un lieu� bien r�el !

Luca. Luca !

Luca ?

Le temps du salut est venu !

Il n'y a pas de salut en enfer !

Il attend tous ceux qui ne se sont pas rachet�s !

Maman, on va aller en enfer ?

Je ne sais plus ce qui se passe.

Vous croyez � l'enfer ?

Je ne suis pas religieux.

Je ne pense pas en termes de paradis ou d'enfer.

Mais je crois fermement qu'on fait des choix dans la vie...

qui nous suivent.

Vous avez parl� de probl�mes non r�solus.

Et...

si l'amour peut devenir tangible dans l'au-del�,

est-ce aussi possible pour d'autres �motions ?

Je ne vous suis pas.

Je me demande si c'est possible pour des �motions comme la culpabilit�.

Parce que...

La culpabilit� peut-elle...

Vos p�ch�s pass�s peuvent-ils devenir des d�mons ?

Je ne crois ni aux p�ch�s ni aux d�mons. Mais...

Mais la culpabilit�, je l'ai vue prendre...

une existence propre.

Ma fille a ramen� quelqu'un...

avec elle.

De l'au-del�.

Je crois savoir qui c'est.

Ma jolie Robin !

Moi, je suis Rose !

Rose ! Oh, mon Dieu ! Je me suis tromp� !

Ce cadeau est pour Robin !

Les rouges-gorges pour Robin !

Et les roses pour Rose !

Papa !

Elles furent con�ues in vitro.

Apr�s sept ann�es de fausses couches et de faux d�parts.

On a englouti toutes nos �conomies et...

on a fini par retourner dans la maison d'enfance de Luca,

pour s'occuper de son p�re en Italie.

Luca ne voulait pas...

de grossesses � r�p�tition, mais moi si, j'en avais besoin...

Je voulais ces filles, j'avais besoin de �a.

Notre mariage en avait besoin.

J'ai vraiment esp�r� que...

�a r�glerait tous nos probl�mes.

O� vas-tu au beau milieu de la nuit avec les filles ?

Elles avaient 5 ans quand c'est arriv�.

Les filles.

Et la jumelle de Robin ?

Rose.

Elle est morte.

Les docteurs nous ont dit que Robin...

surmontait le traumatisme d'avoir perdu sa s�ur jumelle

� sa fa�on. Et parler ou ne pas parler est...

une fa�on de contr�ler quelque chose.

On a donc d�m�nag� en ville, � Rome.

On a enfoui absolument tout � propos de notre vie pass�e.

Robin a trouv� sa voix avec le piano.

J'ai trouv�...

absolument rien.

Tout le monde me r�p�tait : "Il faut aller de l'avant."

Mais je n'y arrivais pas. Comment aller de l'avant ?

Donc, j'ai commenc� � pr�tendre.

Car �a rend tout le monde plus � l'aise.

J'ai juste...

J'ai pris sur moi pour que les gens ne se sentent pas mal � l'aise...

lors de soir�es cocktail.

Voil� ce que je fais. Je pr�tends.

On n'aborde pas le sujet de Rose. Absolument jamais.

Absolument jamais.

Un marin est all� en mer, mer, mer

- Pour voir ce qu'il pouvait voir... - Voir voir.

Mais tout ce qu'il pouvait Voir, voir, voir

C'�tait le fond de la mer bleue, bleue, bleue

Je t'en prie, Rose, arr�te !

S'il te pla�t, arr�te !

Je veux Papa ! Et pas toi !

Je dois d�tacher ta ceinture.

Robin, tends-moi la main.

On y est presque. Allez.

- Viens dans mes bras ! - Mamma !

Allez, Rosie. Il faut d�tacher ta ceinture.

Rosie, arr�te, s'il te pla�t !

Je vais te d�tacher !

Je t'en supplie, Rose ! Arr�te ! Oh, mon Dieu !

Allez, Rosie !

Rosie ! Je t'en supplie ! Rose !

Tends-moi les bras, ma ch�rie !

Tends-moi les mains ! Tends-les-moi !

Tends-les-moi, je t'en supplie !

Je n'ai pas pu la sauver.

Je suis vraiment d�sol�.

Je ne l'ai jamais dit � Luca.

Je lui ai dit ne pas me souvenir pas des d�tails.

Mais je me souviens de tout, bien entendu.

Je vis avec en permanence.

Les derniers mots que j'ai dit...

� ma fille...

J'ai fait tant de mal � mes filles.

ILS ONT ROBIN ET L'EMM�NENT � L'HOSTO

Claire...

Elle est en hypothermie. Dans l'ambulance ! R�chauffons-la !

Sa tension est tr�s basse.

Son corps se d�compose.

Mais son c�ur continue de battre. On ignore pourquoi.

Aucune activit� c�r�brale.

Elle n'est plus l�.

Vous avez une d�cision difficile � prendre. Je suis d�sol�.

Les urgences, j'�coute.

J'appelle pour signaler une overdose...

Votre adresse ?

Rue Maria Ragazzi, num�ro cinq.

Vous �tes encore l� ?

Restez en ligne...

Un marin est all� en mer, mer, mer

Pour voir ce qu'il pouvait Voir, voir, voir

Mais tout ce qu'il pouvait Voir, voir, voir

C'�tait le fond de la mer Bleue, bleue, bleue

Bonjour, c'est Claire. Laissez-moi un message.

Je te d�teste ! Je te d�teste !

Je te d�teste ! Je te d�teste !

Arr�te, Rose !

Viens, vite !

- Sors-la de la baignoire. - OK.

Pr�t ? 2, 3 !

Soul�ve-la !

Il n'y a aucun pouls.

150 joules.

Vas-y !

Claire.

Claire !

Essaie encore !

Vas-y !

Claire ! R�veillez-vous.

J'entends son c�ur battre !

Elle se bat !

V�rifie la saturation. Respirez profond�ment, madame.

Claire, vous m'entendez ?

Sa tension augmente !

Comment est-ce possible ?

Docteur !

Pr�te !

Tu es sublime !

OK.

Sous-titres : Jos� Landeau

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