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- J'ai quitté le Québec de mon plein gré parce qu'on m'a--
- C'est seulement une démo, c'est loin d'être parfait.
- Il faut que ses proches, ses amis, sa famille, ses collègues y croient.
- Avant de m'intéresser aux isotopes médicaux,
j'étais dans le domaine de l'énergie nucléaire.
Un jour, on m'a demandé de trafiquer des réacteurs
pour produire des armes nucléaires.
- Elle s'appelle Stéphanie, c'est une ostéopathe.
- Elle a accès à tout! - On n'a gardé
aucune trace du deepfake de sa mère.
Même si elle a fouillé, elle a rien pu trouver.
- Baiser pour du cash ou baiser pour de l'information, c'est la même affaire.
- Hé, c'est pas pour ça que j'ai couché avec toi.
- C'est de la porn.
- Ouais, ils font de la porn.
L'important, c'est qu'on peut,
je pense, éliminer la piste
d'Efek et des hypertrucages.
- Du porn? Dom puis Will? Tu me prends vraiment pour un cave.
- Non, ils te jouent dans le dos, Manu.
(cliquetis)
- Mon nom est Daji Saeed et je souhaite clarifier
la situation par rapport à mon départ du Canada.
J'ai quitté le Québec de mon plein gré
parce qu'on m'a proposé de travailler à un projet très emballant
dans mon pays natal. Je suis très heureux de cette opportunité de pouvoir...
- Petit projet sideline?
- Qu'est-ce que tu fais ici?
- Toi, qu'est-ce que tu fais ici, man?
- Euh... bien, c'est...
- C'est le gars qui s'est fait enlever, ça?
- Écoute, c'est mieux que Dom t'explique.
- Vous me jouez dans le dos puis vous détournez du stock de Efek?
Je peux-tu savoir ce qui se passe, là?
(respiration nerveuse)
- Bernard, l'ami de grand-papa, tu l'as rencontré?
- L'ancien policier?
- Oui, mais il était pas juste policier, justement.
OK, on a découvert que Dominique puis un autre gars,
pas Manu, là, bien, ils font du porn.
- Pardon?
- Ils utilisent le modèle
que Manu a programmé pour faire du porn.
Ils changent leur grosseur de seins,
de cul, de face.
Ça a aucun rapport avec les deepfakes indétectables.
Je me suis trompée.
- Je suis désolée, Steph.
- Je le sais que ma mère
était intoxiquée sur la vidéo,
mais elle les a quand même dites,
ces ostie de conneries-là. On dirait que...
je suis pas capable de la regarder en pleine face.
- Hé, mais attends, là.
Est-ce que Efek a encore ton avatar?
- Euh... oui. Manu, il l'a, mais je veux dire...
- Ah, mais réveille. Il va l'utiliser, c'est sûr,
ils font de la porn!
Là, tu vas retrouver ta face qui fait
semblant de jouir partout sur internet.
- Manu, il ferait jamais ça.
- Stéphanie, tu le connais
depuis une semaine,
ce gars-là.
(cris de bébé)
Ah, ma petite a faim, je pense.
OK, je te laisse, puis dépêche-toi de venir la voir. - Oui, promis.
(soupir)
(indicatif musical)
- T'es un ostie de malade, man!
- Manu, on n'avait plus une cenne. Zéro.
Fallait que je sauve la compagnie.
C'est deux millions US qu'ils m'offraient pour faire
le vidéo de la politicienne, j'avais pas le choix.
- Tu nous as pas sauvés, tu nous as détruits
puis tu t'es torché avec nos principes éthiques!
Ça, c'est quoi, hein?
T'es complice d'un meurtre, ostie?
C'est quoi qui s'est passé? Il est-tu mort, ce gars-là?
- Sûrement, sinon ils se donneraient pas la peine
de me donner dix millions pour faire sa vidéo.
- Dix millions? Bien oui.
- Regarde, anyway, le cash, je m'en câlisse.
Tout ce que je veux, c'est rester en vie.
C'est des ostie de malades, ces gars-là. Si on n'y arrive pas...
...ils vont nous tuer.
- Vous tuer?
Man, on est des associés dans la compagnie puis on est des chums.
T'aurais pu mettre tes culottes puis m'en parler.
- Daji Saeed, le scientifique qui s'est fait enlever,
il a laissé une sorte de témoignage vidéo à sa fille.
Je peux pas te parler du contenu,
c'est ultra confidentiel, mais ça l'a mise dans tous ses états.
- Ah oui?
- Là, elle fait la femme forte,
mais dans le fond, c'est une petite fille.
Je sais même pas si elle a 20 ans.
Elle a peur, avec raison, je pense,
que l'Émirat du Golfe s'en prenne à elle.
Je me suis même demandé s'il fallait pas
que je la garde à dormir.
Steph, ton verre d'eau.
Ton verre d'eau est plein.
Steph, ton verre d'eau est plein.
(soupir)
Elle m'a laissé une copie du témoignage pour que...
que je m'en serve au cas où il y arriverait quelque chose, à elle.
- Faut vraiment que j'aille me coucher.
- Il est de bonne heure, là.
Euh... je vais aller prendre une couple de notes
puis je te rejoins. Toi, ta journée?
- Moyen.
- Ah.
Bien, ça va aller mieux demain.
(musique sinistre)
- Puis?
- Elle a passé la soirée à l'hôpital avec sa mère.
Elle vient de rentrer chez elle.
- Hum.
- Mais regarde.
Ça, c'est cet après-midi.
Elle est allée parler avec un gars chez Efek,
un associé principal.
- Ah, la petite crisse.
Ils ont parlé de quoi?
- J'ai pas pu entendre. Il avait pas l'air content de la voir.
Ça a duré... trois minutes max.
- Je peux pas me permettre qu'elle ait des contacts avec eux autres.
Va falloir réagir.
- Hé, regarde, j'ai eu une bulle au cerveau, là, t'as raison,
mais ce qui est fait est fait, je peux pas revenir en arrière.
Là, maintenant que tu le sais, j'ai besoin de toi, là.
Il faut que tu nous aides.
- Pas question, man. Je touche pas à ça, moi.
- Hé, on a juste quelques minutes de matériel source
qui vaut pas de la merde, là.
Il y a rien que toi qui peux le faire.
- Je ne veux plus rien savoir!
- Manu, s'il te plaît!
- Qu'est-ce qui se passe ici?
Il y a un party?
Qu'est-ce qu'il fait ici, lui?
- OK, je peux expliquer. - On s'était mis d'accord.
Personne d'autre devait être au courant, personne!
- Manu, il est là pour nous aider.
- Ah! Ça, mon homme, fallait m'avertir avant. (déclic)
- Si tu me tires, t'auras pas ce que tu veux, OK?
Il y a pas assez de données du scientifique,
puis Mélios, c'est mon bébé.
Il y a rien que moi qui peux réussir.
Si tu veux ton deepfake, ils ont besoin de moi.
- C'est vrai. On a absolument besoin de lui.
(musique de suspense)
- Envoye.
Toi, si tu rentres quelqu'un d'autre ici, ça ira pas bien.
J'ai-tu besoin de te faire un dessin?
J'ai des questions pour toi.
- Hein?
- Qu'est-ce que t'as dit à la fausse comptable?
- C'est réglé. On ne lui parle plus.
- Ton associé a pas l'air d'avoir eu le mémo.
- Elle m'a arrêté en sortant du bureau puis je lui ai dit que j'avais rien à lui dire.
- Qu'est-ce qu'elle voulait?
- Elle pense que Dom puis Will font du porn.
Elle voulait m'avertir.
- C'est tout?
- T'avais aimé ce voyage-là.
Ah, ça, c'est quand Stéphanie a eu deux ans.
- Ah! Elle est belle.
- Oui.
On en a fait une...
une belle grande fille, hein?
Hum...
...elle, tu la reconnais?
Ma mère. Jeanne?
- Je m'entends-tu bien avec elle?
- Oui.
Lui?
- Ah, mais c'est Jean-Gilles.
- Qu'est-ce que tu te souviens de lui?
- C'est ton père.
- Oui!
Rien d'autre?
- On travaille ensemble?
- Indirectement.
Il est influent pour le parti.
- Le parti...
Ah oui, j'étais cheffe
de parti. - Oui.
- Il y a eu des élections. J'ai... j'ai-tu été élue?
- Allô.
Je passais juste dire
un petit bonjour en allant au travail.
Comment se porte ma bru, ce matin, hum?
Salut, Bruno.
- Salut.
- Ça va.
Une chance que... qu'il est là.
- Oh, t'es entre de très bonnes mains.
- Bon, excuse-moi, p'pa, c'est l'heure de son scan.
Faut que j'aille la mener.
- Vous allez revenir?
- Oui, mais, Françoise, normalement, tu me tutoies.
- Ah, oui, c'est vrai.
- Tu diras à Nathalie
que je vais être en retard à la réunion.
- Euh... tu vas rester avec moi, hein, pour le... le scan?
- Oui, oui.
(croassements)
- Vous avez une sale tête, mon ami.
- Je suis au courant, oui.
- Vous voulez mon café?
Vous semblez en avoir besoin.
- Non merci.
- Alors,
y a un troisième larron dans l'équipe?
- Comme mon message le disait, Manu,
c'est le cerveau derrière la technologie d'Efek.
L'autre, Will, c'est juste un assistant.
- C'est quand même une personne de plus dans le secret des dieux.
- C'est pas l'idéal, mais ça devrait les aider à accoucher.
- Je l'espère.
Vous voulez un peu de brioche?
- Sans façon.
- Et la pseudo-comptable?
Vous vous en êtes occupé?
- Oui, oui.
- C'est bien. - J'ai eu la confirmation
qu'elle ne soupçonne plus Efek d'avoir fait un hypertrucage de sa mère.
Elle croit toujours dur comme fer
qu'ils font du porno. C'est réglé.
- Vous l'avez laissée en vie?
- Je voulais pas attirer l'attention en la faisant disparaître.
Elle a été vue chez Efek.
- Je peux m'en occuper, si vous voulez.
- Hé, je vous défends d'y toucher. Ça, ça vous regarde pas!
- On me paie très cher pour régler le problème que vous avez créé.
Alors, oui, ça me regarde.
(musique dramatique)
- Madame l'ambassadrice. - Madame l'ambassadrice,
un commentaire sur la décision du comité international des Jeux
d'annuler votre statut de pays hôte pour la prochaine édition?
- Nous contestons vivement cette décision hâtive et regrettable
basée sur une campagne de désinformation malhonnête.
- Le New York Times a révélé que le Prince lui-même
pourrait avoir commandé l'enlèvement de Daji Saeed.
- Calomnie! Le Prince nie formellement toute implication
dans une quelconque forme d'enlèvement de M. Saeed.
- Madame l'ambassadrice! - Madame l'ambassadrice, un commentaire--
- Ah, excuse-moi, je... je vais mettre mes écouteurs.
- Ah, non, non, c'est bon. Je me lève.
(notifications)
- C'est qui?
Manu, câlisse, on est déjà trop dans la merde. C'est en masse.
(musique dramatique)
(musique triste)
(notification)
(musique triste)
- Bye.
- Bonne journée.
(soupir)
(musique triste)
- Si les agents de l'Émirat du Golfe arrivent à m'exfiltrer,
ils vont certainement
communiquer avec toi pour te forcer à venir me rejoindre là-bas.
N'accepte sous aucun prétexte, ma fille, sous aucun prétexte,
peu importe les promesses qu'ils te font,
même si c'est moi qui te le demande,
même si je te supplie, d'accord?
Ne viens pas.
Peu importe le temps que ça prendra,
je réussirai à leur échapper.
Je te le promets, ma fille.
Je te le promets.
- Pourquoi t'as pas arrêté l'entraînement?
T'as des centaines d'heures en overfitting!
- C'était notre meilleur score, OK?
Je pensais que ça pourrait finir par fonctionner.
- Qu'est-ce que tu comprends pas?
Regarde la courbe, ton modèle apprend rien.
C'est une erreur de junior, ça.
- Hé, fuck you! Tu fais chier, man!
- Hé! C'est pas le temps de vous pogner.
- Anyway, je suis crevé. Je m'en vais me coucher.
- Voyons, t'es-tu débile, ostie?
T'iras dormir quand t'auras un deepfake indétectable.
- Fuck, Dominique! Vous avez juste pas assez de matériel! Ça se peut juste pas!
- Bien, si on veut pas tous crever, va falloir trouver une façon que ça fonctionne.
- Ah oui? Je vais faire ça comment?
C'est toi qui es débile. T'as un ostie de problème,
man, si tu comprends pas que...
- Wô, wô, wô! - Tabarnak.
Pourquoi tu m'as embarqué dans tes conneries, hein?
- C'est toi qui t'es embarqué là-dedans!
- Vos gueules! Vos gueules! Vos gueules!
(soupir)
Faut aller voir la police.
- La police?
- Manu a raison, là, on n'y arrivera pas.
- Va donc te crisser en bas d'un pont, tant qu'à y être!
Tu réalises pas, là.
Si tu parles à la police,
on se fait passer tous les trois.
Puis toi, tu penses que la police, elle va te protéger?
Qu'elle va protéger ta famille?
- OK, mais on fait quoi, hein?
On se pousse en Argentine? En Malaisie?
- Non, on arrête de penser en losers puis on le règle, le problème.
On a le meilleur modèle sur la planète!
Parce que vous êtes les meilleurs.
OK, regarde, moi, je...
j'essaie d'aller trouver d'autres vidéos du bonhomme,
à l'université ou ailleurs.
Puis vous autres, c'est le temps de sortir un miracle de votre chapeau
puis de leur faire, leur ostie de deepfake indétectable.
- Si, un jour, ma petite abeille, t'as la certitude absolue que je suis mort,
je veux que tu donnes cette vidéo aux autorités,
parce que je vais expliquer maintenant en détail
le procédé qu'on avait mis en place pour enrichir de l'uranium
au nez et à la barbe des inspecteurs de l'Agence de l'énergie atomique.
Ça pourrait être
des renseignements très utiles pour eux.
Mais j'insiste: ne fais ça
que si tu as la certitude que je suis mort,
que si t'as vu mon corps de tes propres yeux.
Parce que si le régime soupçonne que je les ai trahis,
je suis un homme mort.
(toc-toc!)
(soupir de soulagement)
- Allô.
- T'es seul?
- Oui, oui, rentre.
J'étais justement en train de réécouter le témoignage de ton père.
- Si j'obéis à mon père puis que je l'attends sagement,
ça veut dire que je laisse un autre pays avoir la bombe nucléaire.
Israël l'a déjà, l'Iran aussi.
Une troisième puissance nucléaire dans la région, ça va péter,
ça peut pas faire autrement.
- Oui. - Mais si je désobéis à mon père
puis que je vais bavasser tout ce que je sais au gouvernement canadien,
mon père va se faire exécuter puis...
peut-être que moi aussi.
Faut que je prenne la bonne décision, puis...
t'es la seule personne à qui je peux en parler.
- Donne-moi ton manteau.
- Salut. - Hé, salut, Steph.
Puis comment ça va?
- Ah, bien... ça fait encore mal,
mais je devrais être correcte pour traiter mes clients.
- Ah, tant mieux, parce que ton horaire se remplit très, très vite.
- C'est parfait, ça va me remettre dans le bain.
(musique douce)
- Bonjour, mademoiselle.
J'ai rendez-vous avec Stéphanie Parent-Sirois.
- Oui. Installez-vous dans la salle d'attente, ce sera pas très long.
- Merci.
(♪♪)
(expiration profonde)
- Je veux rien faire qui risque de faire du mal à mon père.
Est-ce que tu penses que c'est vrai que je suis surveillée?
- Possible.
- On dirait que je suis pas capable de réfléchir, là. Je sais...
- Une arme nucléaire, ça se fait pas instantanément.
T'es pas obligée de prendre une décision maintenant.
À ta place, j'irais voir les autorités,
mais ça changera rien que tu tu y ailles aujourd'hui
ou dans quelques jours.
Tu peux attendre d'avoir des nouvelles de ton père.
- Ça peut prendre du temps.
- Ça me surprendrait.
Sa disparition a créé une grave crise diplomatique
pour l'Émirat du Golfe.
Ils vont le contraindre à donner des nouvelles
assez rapidement, c'est leur seule porte de sortie.
- Mais pourquoi ils l'ont pas déjà fait?
(expiration profonde) - Je sais pas.
- Est-ce que tu penses qu'il est mort?
- Non. Pourquoi ils tueraient leur expert en nucléaire?
(ouverture de porte) - Hé, c'est moi.
J'ai pensé à quelque chose.
- Halte. (rire nerveux)
Je suis en entrevue. Confidentielle. Dégage.
- Je me sauve.
Euh... mais vite, vite comme ça, je me demandais,
tu peux pas m'arranger un petit rancard avec belle-maman?
- Quoi? - Personne a réussi
à avoir d'entrevue avec Françoise Parent
depuis qu'elle a repris conscience.
Je me disais qu'en passant par Stéphanie,
tu pourrais peut-être m'arranger quelque chose.
- Non, non, c'est trop tôt, là.
- Au contraire. Si elle attend trop longtemps
pour parler à un journaliste,
les rumeurs vont partir dans toutes les directions.
C'est rare que je te demande un service.
- OK, OK, OK, je vais y penser, là. Décâlisse.
- Merci! Je te redevrai ça. - OK.
Euh... c'est un collègue, là, je...
- Tu jures que tu feras rien avec la vidéo de mon père, là?
Personne doit savoir.
- Je t'ai promis. Je ferai rien sans ton accord.
- Puis qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui?
- Euh... un souci dont j'aimerais bien me débarrasser.
- Un souci dans le sens... d'une douleur?
- Oui, ici, au bas du dos.
- OK. On va regarder ça.
Est-ce que c'est une douleur pour laquelle vous avez déjà été traité?
- Euh... non. Non, non, c'est apparu ce matin,
c'est tout nouveau.
Sans doute un faux mouvement.
- OK.
Puis... quel genre de travail vous faites?
Est-ce que c'est très physique?
- Euh... assez, oui.
Je fais dans l'intervention...
après sinistre.
On m'appelle toujours pour des situations catastrophiques.
Quand je repars,
sans me vanter, en général...
tout est nickel.
C'est bien, le Québec. C'est paisible.
Moi, j'ai longtemps vécu aux States et les États-Uniens ont déteint sur moi.
Ça me prend une arme à feu chez moi.
Pas vous?
- Non.
- Quand même, si un intrus arrivait chez vous, comme ça,
vous feriez comment pour vous défendre?
- Inquiétez-vous pas pour moi.
- Vous êtes certaine? Parce que, sans arme à feu, c'est...
- C'est contre-intuitif, mais les études sont claires.
On est plus à risque d'être victime de violence si on garde une arme à domicile.
- Comme vous dites.
C'est contre-intuitif.
Mais vous avez raison, hein?
Une arme à feu, c'est pas nécessaire.
- Pouvez-vous vous asseoir?
- Hum-hum.
(soupir)
C'est joli,
la couleur de votre casque.
C'est voyant.
- Oui, c'est le but.
À vélo, on veut être visible.
- Comme ça, on peut pas vous rater.
- C'était un cadeau
de la propriétaire de la clinique.
- Ah. C'est gentil, elle tient à vous.
- Ouais.
Pouvez-vous mettre vos mains par-dessus vos épaules?
- Hum-hum.
Moi aussi, j'en ai eu, des vélos,
mais je me les fais toujours voler.
- Ça m'est jamais arrivé.
- Hum. Vous avez de la chance.
Mais quand même, dans le quartier,
il doit bien y avoir des voleurs, non?
- On n'a pas eu de problème.
On a un rack à l'arrière.
C'est caché puis, en plus, on a une caméra de surveillance.
- Ah, mais c'est parfait.
(musique douce)
C'est parfait.
- Alors, comment ça s'est passé?
- Bien, bien.
Tellement bien que j'aimerais prendre un rendez-vous
pour mon fils avec Stéphanie.
- Euh... pour aujourd'hui?
- Oui.
- Hum. Non, désolée, c'est pas possible.
- Vous êtes certaine?
- Oui. Bien, c'est complet jusqu'à 16 h.
- Évidemment, elle termine à 16 h.
- Voilà.
- Ah, bien, c'est la faute à pas de chance.
Allez, au revoir, madame.
Bonne journée. - Merci.
- Ils veulent vendre puis ils sont prêts à négocier.
Ils ont beaucoup de clients dans le monde des arts,
c'est une clientèle qu'on n'a pas.
Je sais que vous êtes pas chaud pour une nouvelle
fusion-acquisition, mais c'est le bon moment pour eux.
- Toi, t'en penses quoi?
- Moi?
- Hum. - Ça change quoi?
T'as le droit de veto.
(soupir)
- Faites ce qu'il y a de mieux.
Bruno, on peut se parler?
- Ouais. Je vous laisse.
- Je crois qu'on devrait montrer la vidéo à Françoise
avant qu'elle tombe dessus.
N'importe qui peut lui en parler--
- Non.
Elle est trop vulnérable
en ce moment, laisse-la tranquille avec ça.
- Mais, justement,
comme elle est vulnérable--
- Non!
Là-dessus, c'est moi qui ai le droit de veto. Je suis son mari.
- Être son mari, là, ça t'empêche pas de réfléchir--
- P'pa!
Je prends ma retraite.
- Toi?
- Ouais.
Je vais l'annoncer au conseil.
Françoise a besoin de moi puis je veux être là pour elle.
- Prends un congé.
- Non. On va peut-être partir.
Probablement à l'étranger.
Elle a besoin de calme.
- T'es trop jeune pour prendre ta retraite.
C'est pas à toi à quitter le bureau, c'est à mon tour.
Je me suis accroché comme un ivrogne à sa bouteille.
Il est juste temps que je te cède ma place.
(rire)
- Tu sais-tu combien de fois
tu m'as annoncé ton départ depuis dix ans?
- Oui, mais, cette fois-ci, c'est vrai.
C'était pratique pour moi d'avoir les ressources du bureau à mon service,
ça me donnait plus d'influence sur le parti, mais...
le parti sans Françoise, c'est...
...c'est d'aucun intérêt.
C'est fini pour moi, je n'ai plus envie.
Je vais te laisser ma place puis toi,
tu vas prendre les rênes du bureau.
- Non.
Fais ce que tu veux,
je prends ma retraite.
(musique dramatique)
(claquement de porte)
(musique sinistre)
- Qu'est-ce que tu fous, man?
- C'est ridicule de continuer de se fendre le crâne là-dessus, là.
On va jamais y arriver.
- Peut-être que oui, ça dépend de ce que Dom trouve.
- Le bonhomme nous a donné toutes les images qui existaient sur Daji Saeed.
Dom trouvera rien.
- Tu fais quoi, là?
- Je vais aller prendre une marche pour me réveiller.
- Will!
Fais donc ce que tu veux.
(musique sinistre)
(crescendo musical)
- À dans deux semaines. Prenez soin de vous.
- Merci.
(sonnerie musicale)
- Allô?
- Allô, c'est moi.
- Je sais.
- Hé... écoute, j'ai eu une drôle de demande d'Amin.
Je m'essaie à tout hasard.
Il aimerait ça, s'entretenir avec ta mère
quelques minutes.
- Attends, tu me niaises, là?
T'es vraiment en train de me demander ça?
- Je posais la question, c'est tout.
- Je tendrais un piège à ma mère en lui envoyant un journaliste?
T'as pas d'allure!
- Tu dis non, c'est correct. Je suis journaliste,
c'est ma job de m'essayer. - OK, tu peux t'essayer
tant que tu veux, mais pas avec moi.
J'ai pas envie d'être mêlée à ta job
ni que tu te serves de moi.
- OK. Non, Steph... excuse-moi.
Oublie ça. À quelle heure tu rentres?
- Faut que j'y aille, là. Je suis occupée.
(bips)
(soupir)
(musique de suspense)
(étouffement)
(musique sinistre)
- Ah!
Merde!
(gémissements d'effort)
- Panique pas, là, ça dit que tu peux en prendre même si t'allaites.
Mais t'es quand même mieux d'appeler ton pharmacien la prochaine fois.
Oui, c'est une bonne idée de mettre de la glace.
(rire) Éli, tu m'as pas retardée, là.
C'est pas quelques secondes de plus ou de moins
qui vont changer de quoi à ma vie.
(fermeture à glissière)
(musique dramatique)
- Merde! (coup de poing)
(respiration difficile)
(♪♪)
- Shit.
- Je suis au téléphone avec Richard, de BPV,
aux îles Caïmans.
- Oui, je lui ai parlé...
il y a une couple de jours pour un détail.
C'est toi qui l'as appelé? - Oui. Mais là,
il me pose toutes sortes de questions bizarres
à votre sujet.
- Quelles questions?
- Sur votre santé mentale.
- Ma santé mentale?
- Hum.
Parlez-lui. Ligne un.
(musique dramatique)
(respiration rapide)
- Excusez-moi, monsieur.
Sergent Roberge. Je peux vous aider?
- Oui. Hum...
...j'ai besoin de protection,
puis pas juste moi.
- Mauvaise nouvelle.
J'ai rien trouvé à l'université.
Il filmait pas ses cours,
puis les photos, c'est la même affaire qu'on avait déjà.
Il est où, Will?
- Parti prendre une marche. - Tu l'as laissé faire?
- Tu voulais que je fasse quoi? Que je l'attache?
- Que tu te serves de ta tête! Tabarnak!
(musique dramatique)
- Merci.
Vous barrez de jour, maintenant?
- Nouvelle directive de Dom.
- Euh... est-ce que Manu est ici?
- Nope.
Est-ce que je peux t'aider?
- Il revient-tu bientôt?
- Je sais pas. Il est avec Dom,
ils se sont pas pointés de la journée. - Avec Dom?
- Ouais Je sais pas qu'est-ce qu'ils ont à faire en ce moment,
mais visiblement, c'est plus important que travailler.
- OK, puis Will?
- Bien, Will est encore malade.
- Merci, Bashir.
- Euh... Juliette?
Est-ce que tu sais quelque chose qu'on devrait savoir?
Je veux dire, comme, pourquoi t'as démissionné?
Puis c'est quoi, Efek, ils sont-tu dans le trou?
Comme... ils ont-tu l'argent pour nous payer?
- Inquiète-toi pas, OK?
- Non.
OK, mais il vous a pas appelé?
Non, non, on s'est pas chicanés.
Merci, Johanne.
- Johanne?
- Oui, c'est le prénom de sa mère.
- T'appelles la mère de Will par son prénom?
- Bien oui.
- Toi puis Will?
- Quoi? Moi puis Will? - Vous êtes ensemble?
- Hé, ostie, lâche-moi le potinage, là. Code.
- Vous êtes forts, man. J'ai rien vu aller.
Depuis combien de temps?
- Conversation inutile, là!
C'est pas normal qu'il soit parti aussi longtemps.
Euh... Will est parti marcher.
- Je penserais pas, non.
Will, on l'a attrapé devant le poste de police.
- Quoi?
- Vous avez pas de tête, hein?
Vous avez pas compris qui vous engage?
- Il est où, là?
- Attends.
J'ai un petit quelque chose pour toi.
(musique sinistre)
J'espère que vous allez être capables de finir la job à deux,
parce que le petit rouquin, il vous sera d'aucune aide.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait?
- Chut, chut, chut, chut, chut.
Il est encore récupérable, mais pas pour longtemps.
Grouille. - Pas question qu'on fasse quoi que ce soit
tant qu'il est pas revenu. - Toi, tu fermes ta gueule.
Vous aurez votre ami quand vous aurez fini la job.
Notre commanditaire est à bout de patience.
(musique dramatique)
(sanglots)
- Hé, Dom.
(sanglots)
(démarrage)
(sonnerie en ligne)
(sonnerie musicale)
- Tu réponds pas?
- Non, c'est le travail.
Je suis content que tu sois dans ma vie.
(baiser)
- Ça va, toi?
- Ouais!
(musique sinistre)
- Qu'est-ce que tu fais là, toi? Hé, wô, wô, wô!
- Je veux que tu supprimes
mon avatar devant moi, tout de suite.
- Non, non, mais... oui, oui, ton... je vais le détruire, mais va-t'en, OK?
- Pourquoi Bernard était ici?
- Quoi? - Bernard.
Je sais c'est qui, c'est--
- Ta gueule. Tu parles pas à ce gars-là.
- C'est dangereux. T'aurais pas dû venir ici. Pars, s'il te plaît.
(musique dramatique)
- C'est vous qui avez fait le deepfake de ma mère!
Ostie, vous êtes tellement des crosseurs!
Vous avez détruit la vie de ma mère!
- J'ai rien à voir là-dedans, moi.
- Tu vas pourrir en prison. Je m'en vais voir la police.
- Non, non, non, non, non. Toi, tu restes ici.
- Tu me fais pas peur.
Pourquoi t'as fait ça?
- Pour l'argent.
Il a eu deux millions.
- De la part de qui?
- Je te le dirai pas.
- De la part de qui? Dis-moi!
- Hé, hé, hé, hé, hé!
(musique dramatique)
Fuck!
(fracas)
(musique dramatique)
Oui, c'est moi qui ai fait le deepfake de ta mère.
Mais là, ouvre grand
tes oreilles.
Tu fermes ta gueule avec ça, il y a des vies
qui sont en jeu.
- Ils ont Will.
Ils l'ont battu presque à mort.
- Si on fait pas ce qu'ils veulent,
ils vont nous passer...
puis ils vont passer Will.
- C'est qui, « ils »?
C'est quoi? Vous faites un autre deepfake avec Daji Saeed, c'est ça?
Bernard, il a rapport là-dedans?
- Il faut que tu partes, Juliette, OK? Stéphanie... - Non!
- Pars, s'il te plaît. Je veux juste...
- Je pars pas tant que vous avez pas répondu à mes questions!
(soupir)
(musique dramatique)
(toc-toc!)
- J'attends toujours notre commande, hein?
- J'ai mis de la pression.
Je vous le ferai savoir quand ça sera prêt.
C'est-tu vraiment nécessaire de se rencontrer aussi souvent?
- Ah bien, c'est important de savoir comment vont ses amis.
Personnellement, j'ai eu une journée plutôt moyenne.
Je me console en me disant que, pour d'autres, elle était
franchement exécrable.
Et vous, mon ami?
- J'ai-tu l'air de quelqu'un qui est en train de s'amuser, là?
- Moi, j'ai voulu faire un peu de ménage.
Mais je m'aperçois que...
je vieillis. Il y a des détails qui m'échappent.
Je me demande si je vais pas faire appel à un service professionnel.
C'est dommage,
parce que je détestais pas ça,
faire le nettoyage moi-même.
- Vous commencez à me tomber sur les nerfs, mon ami.
- Rassurez-vous...
Notre relation tire à sa fin.
On a jusqu'à 20 h demain.
- Je fonctionne pas aux ultimatums.
Faut attendre que le résultat soit parfait.
- Mais plus personne n'y croira.
Les délais sont trop longs.
Après 20 h demain, s'il n'y a pas
de résultat,
cette opération ne devrait jamais avoir existé.
Aucune trace, rien. Pouf.
- Vous vous prenez pour qui?
- Pour un homme qui espère ne pas avoir accepté le contrat de trop.
Comme vous, mon ami.
(musique dramatique)
(cliquetis)
- Salut.
- Allô.
- Je suis désolée pour ma réaction de tantôt quand tu m'as appelée.
- Tu me fais sentir comme si j'étais un monstre.
- Non, je sais... j'ai pas d'allure.
J'ai la mèche courte de ce temps-ci.
Mais je vais demander à ma mère pour l'entrevue avec Amin.
- Ah... t'es pas obligée.
- Non, non, mais je vais faire comme toi.
Je vais m'essayer.
(petit rire)
(baiser)
Je t'aime.
Tu travailles sur quoi?
- C'est un dossier à moyen terme. C'est sur le nucléaire.
Les ogives nucléaires opérationnelles sur la planète
augmentent d'année en année.
- Ah oui?
- L'année passée, les neuf États qui possèdent l'arme nucléaire
ont dépensé ensemble autour de cent milliards de dollars là-dessus.
- Cent milliards?
- Puis ça, c'est juste le chiffre officiel. Il y a...
il y a sûrement des pays qui développent le nucléaire en secret.
Quand ton voisin possède un arsenal nucléaire,
c'est dur pour un État de se dire que lui, il peut s'en passer.
- C'est vraiment complexe.
J'aime ça quand tu me parles de ton travail.
- Hum. C'est sûr que c'est autre chose que de traiter des maux de dos.
(petit rire)
- Puis c'est quoi que tu me racontais hier soir?
La fille du scientifique
qui t'a laissé un témoignage de son père?
- Ouais. Ça, faut pas en parler. C'est ultra confidentiel.
- T'as des images?
- Ouais. Il s'est filmé.
Il parle à sa fille pendant à peu près une heure et demie.
D'ailleurs, elle est venue ici aujourd'hui
pour qu'on en parle ensemble. Je te dis ça pour pas que tu penses que je te cache
quelque chose. - Non, non, je pense rien.
Puis c'est une bonne chose qu'elle t'ait demandé conseil.
Est-ce qu'il nous reste une bouteille de vin?
- Je pense pas.
Tu... tu voulais boire du vin!
- Bien, juste si ça te tente.
Je trouverais ça le fun qu'on se parle un peu plus.
Tu pourrais peut-être aller nous acheter une bonne bouteille
de rouge puis je nous décongèle de la lasagne?
- Vendu.
(petit rire)
- Est-ce que je pourrais... lire ton article sur le nucléaire
pendant que t'es parti?
- Ça t'intéresse tant que ça?
C'est juste un draft, là.
- Non, c'est pas grave.
- OK!
S'il y a des bouts que tu comprends pas,
tu me le diras. Comme ça,
je pourrai l'améliorer.
C'est un article qui s'adresse à M. et Mme Tout-le-Monde.
OK, bien, à tout de suite.
(musique dramatique)
- Il y a une heure et demie de vidéo de Daji Saeed là-dessus.
- Ça vient d'où? - Ça a aucune importance.
Personne peut jamais savoir que vous avez ça.
Non.
Avant, vous me dites c'est qui qui a commandé le deepfake de ma mère.
C'est qui?
(musique dramatique)
- T'aimeras pas le nom que je vais te donner.
Sous-titrage: difuze
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