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Original subtitles

Les Studios PROLINE FILM pr�sentent :

Grigori GLADY

L�onid MOZGOVOY

Alexei KORTNEV

Rimma SARKISSIAN

Laura PITSKHELAOURI

Alexei INGUELEVITCH

Serguei BARKOVSKI

Olga SAMOCHINA

dans un film de Constantin LOPOUCHANSKI

LES VILAINS PETITS CANARDS

Sc�nario : Viatcheslav RYBAKOV, Constantin LOPOUCHANSKI

D'apr�s le r�cit homonyme des fr�res STROUGATSKI

Directeur de la photographie : Vladislav GOURTCHINE

Chef-d�corateur : Constantin PAKHOTINE

Monsieur Banev. Excusez-moi. Monsieur Banev.

Ah, vous �tes l�.

Vous voulez savoir s'il y a moyen de changer de train ?

- C'est bien �a ? - Oui.

Je vous demande pardon, mais

je ne sais pas quoi vous dire.

Tous les horaires des trains sont perturb�s.

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Il y a une autoroute � 2 km d'ici...

Ne vous en faites pas, monsieur. Je parle le polonais.

Eh bien, c'est parfait.

Eh bien... Il y a une gare � 2 km d'ici.

Vous n'avez qu'� trouver une voiture ou prendre l'autobus.

D�sol� mais c'est pas notre faute.

Merci beaucoup.

De rien. Excusez-moi.

- Au revoir. - Au revoir.

Un film de Constantin LOPOUCHANSKI

Monsieur Pilman, j'ai une chose

importante � vous dire.

Je suis s�r que vous me voyez et entendez.

Je suis un �crivain russe. J'�cris en russe.

Ces derni�res ann�es je vis en Am�rique.

Demain je me rends en Russie, � Tachlinsk.

Personne ne sait que je suis ici.

Monsieur Pilman.

Il faut que je me pr�sente.

Je m'appelle Victor Banev.

Haut les mains !

Vous parlez russe ?

Oui. Plus haut les mains !

Je suis seul ici, monsieur Pilman. Vous n'avez rien � craindre.

Vous me connaissez ?

Oui, d'apr�s les photos.

Avant que vous ne m'expliquiez

comment vous m'avez trouv�, vous restez dans ma ligne de mire.

Mais si votre r�ponse ne me pla�t pas...

Je vous pr�viens que ma r�ponse vous para�tra bizarre...

Allez-y.

C'est que... Enfin...

Je suis membre de la commission de l'ONU pour Tachlinsk.

Quand on m'a montr� les documents...

Plus de rapports je lis, moins je comprends ce qui se passe.

Il n'y a pas que vous.

Vos rapports sont tr�s int�ressants.

Surtout quand il s'agit de ces...

soi-disant Aquatiques.

J'ai appris que vous aviez fui Tachlinsk.

On a essay� de vous tuer, mais malgr� tout vous...

Vous n'avez pas r�pondu comment vous m'avez trouv� ?

Monsieur Pilman, puis-je baisser les bras ?

Non ! Levez-les encore plus haut !

C'est du despotisme.

R�pondez-moi : Comment vous m'avez trouv� ?

J'ai fait un r�ve o� j'ai vu votre maison,

le nom de la rue et le num�ro.

C'est incroyable mais vrai.

A mon avis aussi c'est du d�lire.

Je dois vous avouer que

ces derniers jours je me sens bizarre.

Tr�s bizarre.

Bon, d'accord.

�a va.

Montez dans mon bureau.

Merci.

Je crois que dans ce monde je suis le seul

qui puisse vous croire, monsieur Banev.

Installez-vous.

Vous �tes venu en voiture ?

Non, j'ai pris un train.

C'est bizarre.

Bizarre.

Prenez de l'eau.

- Buvez. - Merci.

- Il fait chaud. - Oui.

Monsieur Banev.

Excusez-moi de poser cette question...

Qu'est-ce que vous cherchez � Tachlinsk ?

Je vous dis que je suis membre d'une commission internationale.

Oui, je comprends.

Que faites-vous dans cette commission, vous qui �tes �crivain ?

Apparemment c'est pas vos oignons.

C'est pour gagner de l'argent ?

Vous cherchez des sensations fortes ?

Mon Dieu, une dr�le d'�poque...

L'argent, l'argent...

Non, il ne s'agit pas d'argent ni de sensations fortes.

Pour moi c'�tait le seul moyen de venir � Tachlinsk.

Je n'en avais pas d'autre.

Et puis j'avais une raison d'ordre personnel.

Excusez-moi, je suis un peu... Puis-je boire de l'eau ?

- Buvez autant que vous voulez. - Merci.

�a va, je vous comprends...

Eh bien... Posez donc vos questions.

Premi�re question :

Qu'est-ce qui se passe en r�alit� � Tachlinsk ?

Que se passe-t-il l� ?

Que se passe-t-il l� ?

Tr�s bonne question.

Vous connaissez Zourzmansor ?

Pour lui tout cela n'�tait qu'un r�ve :

Des for�ts en flammes, un ciel noir de fum�e,

l'asphalte fondu dans les villes...

Notre malheureuse plan�te

n'a pu supporter ce monstre d�guis� en homme.

Docteur Pilman, je n'ai pas beaucoup de temps.

On peut commencer, si vous voulez.

Oui.

Tout va bien.

Gare ta voiture pr�s de la maison. Et n'oublie pas de laisser les cl�s.

Oui.

Non, je ne crois pas.

Une heure, une heure et demie, pas plus.

Tr�s bien, d'accord.

Pas maintenant.

On en reparlera apr�s.

- Je vous en prie. - Merci.

Mes archives vous ont aid� ?

Je ne le sais pas encore.

Vous en voulez une petite goutte ?

Un tout petit peu.

A votre sant�.

A la v�tre.

Et alors...

Qui sont ces Aquatiques ?

- Vous en avez une id�e ? - Oui.

Alors formulez la. Bri�vement.

Voil�, en bref.

Ils sont diff�rents de nous.

Ce sont des ennemis.

- Ennemis de qui ? - De notre civilisation.

Beaucoup d'analystes estiment

qu'une guerre a �t� d�clar�e � notre civilisation.

De quelle guerre vous parlez ? C'est insens�.

Combien sont-ils ? Dix, douze ?

Et les premiers chr�tiens, ils �taient combien ?

Mais ils ont fait face � tout l'Empire romain, � N�ron.

Et que reste-t-il de cet empire ?

Il y a donc une logique certaine. �a m'�tonnerait.

- Pourquoi ont-ils besoin d'enfants ? - Les enfants c'est l'avenir.

Qui g�re les enfants, g�re l'avenir.

Ils savent g�rer les enfants ?

Je ne sais pas.

Attention, s.v.p ! Les passagers � destination de Tachlinsk

sont pri�s d'enregistrer leurs bagages au comptoir num�ro 6.

Je r�p�te : Les passagers � destination de Tachlinsk sont pri�s

d'enregistrer leurs bagages au comptoir num�ro 6.

C'est ton ex-mari, et c'est la vie de ta fille qui est en question.

C'est lui.

Je t'ai fait attendre, excuse-moi. Notre vol a �t� retard�.

Non, non, nous venons d'arriver.

A propos, c'est mon mari.

- Igor, heureux de vous conna�tre. - Victor.

Pourquoi rester debout ? Allons nous asseoir.

Oui.

Tu es venu pour longtemps ?

Non, dans une heure je repars � Tachlinsk.

C'est comme toujours quoi. Les �trangers passent en priorit�.

Je vais te donner les cl�s

de l'appartement � Tachlinsk.

J'ai not� l'adresse � tout hasard.

Tu ne l'as pas oubli�e ?

Non.

Je te prie de passer voir si tout va bien.

Fuites d'eau, vitres cass�es... On sait jamais...

Autrefois c'�tait Irina qui venait jeter un coup d'�il.

D'accord, je vais tout v�rifier.

Et puis autre chose... Je me demande s'il faut te le dire.

Igor, va prendre un caf�. Je t'en prie.

L'autre fois quand on parlait de documents, le ton de ta voix

ne m'a pas plu du tout.

Je ne m'en souviens plus.

En aucun cas tu n'as pas le droit de me r�prouver.

Tu crois peut-�tre que je me suis d�barrass� de ma fille.

C'est toi qui voulais la caser dans ce pensionnat, non ?

Mais qu'est-ce que tu dis l� ?

Je te signale que c'est un �tablissement un peu sp�cial.

C'est un pensionnat pour enfants surdou�s.

J'ai pay� une somme rondelette pour caser Irina l�-bas !

Tu as eu de la chance !

Je te dis �a pour mettre tout au clair.

Rien que cela.

Rien que cela.

Ludmila, qu'est-ce que tu as ? Calme-toi.

Tu ne comprends m�me pas ce qui s'est pass�.

�a a commenc� au moment o� je suis venue chez Igor.

On n'a pu rien faire.

Tout est bloqu�, cern�. M�me pas moyen de t�l�phoner.

Pour toi c'est dur, je comprends.

Tu sais, un jour j'ai fait un r�ve o� Irina serait morte

d'une maladie contagieuse.

Et sur son corps des tas d'araign�es

qui la tiennent dans leurs pattes

sans l�cher prise.

Tous mouill�es et sans visages...

Les araign�es sans visages.

C'est normal.

C'est pas le moment pour blagues.

Tu ne m'as pas bien compris.

Igor, il est temps de s'en aller.

Appelle-moi s'il y a des nouvelles.

Par ici, s'il vous pla�t.

Merci.

Bonjour.

Je vous en prie.

O� est la photo de la r�tine ?

Il y a un signet dans le passeport.

Fixez la r�tine, s'il vous pla�t.

Analyse de sang ?

Tout y est.

- Avis du m�decin pulmonologiste ? - Tout y est.

Eh bien... �a va, vous pouvez passer.

Bienvenue � Tachlinsk, Monsieur Banev.

A l'entr�e principal le signal d'acc�s a chang�.

Il y a un nouveau code d'acc�s pour les p�niches des services de g�nie.

34-041-851-000-144.

Pour les vedettes de surveillance radar - 33-054-841-00-124.

Vous parlez comme un militaire.

- Monsieur Banev ? - Oui.

Je m'appelle A�zek Golemba.

Bonjour, monsieur le co-pr�sident de la commission...

Pour vous je serai Ike tout court.

- Guennadi ! - Oui, oui.

Co-pr�sident du c�t� des Russes.

Un scientifique de renom, docteur �s sciences.

- Bonjour. - Enchant�, Guennadi Komov.

Pr�sident de la commission du c�t� russe.

Nouveau membre de la commission Victor Banev.

Montez, on va appareiller. Je vais vous rejoindre.

Tr�s bien.

- Vous avez fait un bon voyage ? - Oui, merci.

- �a vous a pris combien de temps ? - Deux heures � peu pr�s.

�a fait 40 minutes de route, mais il y a un double cordon.

Un cordon �nerg�tique du c�t� des Aquatiques.

Le syst�me de contr�le est compliqu�.

Par ici. S'il vous pla�t.

Je vous comprends.

�a prend du temps.

Installez-vous, je reviens tout de suite. Je vais dire au revoir aux militaires.

Merci. Eh bien...

Alors, qu'est-ce que je dois faire ?

Rien du tout.

Comment cela ?

Vous ne devinez pas pourquoi on nous a rassembl�s ici ?

Il y a eu une r�union avec les militaires au GQG.

Et alors ?

C'est fini.

Votre commission sera dissoute d'un jour � l'autre.

Les militaires vont entamer des actions �nergiques.

Quel genre d'actions ? Contre qui ?

Contre cette anomalie climatique, je crois.

Ils vont proc�der � la pulv�risation massive des coagulants

anti-nuages � l'aide

de l'arm�e de l'air.

Des coagulants c'est de la chimie.

Ils peuvent intoxiquer la population.

La population sera �vacu�e.

Et en tout premier lieu les enfants. C'est bien �a qui vous int�resse ?

Pourquoi vous dites �a ?

�a suffit, Victor. Je connais par c�ur votre dossier.

Et quant � votre probl�me...

Je ne pourrai pas vous aider, mais je ne vous emp�cherai pas non plus.

Merci quand m�me.

- Alors les gens seront �vacu�s ? - Oui.

C'est bien.

Et ces Aquatiques ? Ils seront �vacu�s aussi ?

Non.

Alors c'est une guerre chimique contre les Aquatiques.

Mais pourquoi ne pas les �vacuer ?

Parce que, voyez-vous,

officiellement ils sont tous malades.

Pour �viter la propagation de l'�pid�mie

ils ne doivent pas quitter la ville.

Vous voyez bien que c'est une d�magogie fondamentale.

C'est �a qui m'inqui�te. �a veut dire qu'ils ont tout pr�vu.

- Je ne vous d�range pas ? - Non.

On est en train de parler de la nature.

�a roule vite.

- C'est la ville inond�e. - Oui.

Victor, montez sur le pont. Il faut voir �a.

Je crois que �a va prendre du temps.

Pourquoi ?

Il y a eu un p�pin chez les militaires.

C'�tait annonc� � la radio. Il ne manquait plus que �a.

On a des probl�mes. Un homme dans la zone du PC.

Fin d'alerte.

Y'a longtemps qu'il est l� ?

On l'a vu d�j� mort ce matin.

Le coup �nerg�tique �tait effroyable.

Qui est cet homme ?

Personne ne le conna�t. Il a d� y arriver tout seul.

- Journaliste ? Maraudeur ? - On n'en sait rien.

Vous allez continuer ?

Oui puisqu'on n'a pas le choix.

Et s'il y a p�pin ?

C'est un nouveau quand m�me. S'il fait un faux pas ?

Dans ce cas...

Donnez-nous un signal.

Le 5, donnez un signal.

Un signal dans la zone de passage.

Ecoute-moi, Victor...

Calme-toi et ne pense plus � rien.

On n'a aucune id�e de leur fa�on d'agir au PC.

Pensez � quelque chose d'agr�able.

D'accord, je vais essayer.

Le signal est bien re�u. On vous envoie un autobus.

- On y va ? - Oui.

Quelles sont les indications sur le tableau de bord ?

Le niveau de barri�re �nerg�tique est � son point limite.

Il faut les faire rentrer.

Je vois un bus avec la commission.

Mais il n'y a pas d'Aquatiques.

R�p�tez le signal.

- Ils vont avoir des ennuis. - Attends.

Pas de panique. Il est l� derri�re le bus.

Victor, prenez place � ma gauche.

O� est l'�metteur ?

- Il a mis du temps � vous inspecter. - Il y a un nouveau chez nous.

Poste de contr�le ? Vous m'entendez ?

Vous pouvez r�cup�rer ce pauvre mec.

L'Aquatique a donn� son accord.

Je serai dans le bureau 16. Au cas o�, appelez-moi.

C'est notre nouveau collaborateur. Il va loger dans les archives.

Dans les archives ?

C'est le vieux b�timent.

Y a de tr�s bonnes chambres dans la nouvelle b�tisse.

Il logera dans les archives.

Il va y travailler �galement comme membre de la commission.

C'est comme vous voulez.

Voici les cl�s, et d�brouillez-vous sans moi.

Venez, Victor, je vous accompagne.

Rappelez-vous le saint suaire de Turin.

C'est le m�me cas de transformation d'un corps au niveau atomique.

Les Aquatiques repr�sentent le m�me ph�nom�ne.

Voici ce qu'il faut �tudier. Vous �tes d'accord, n'est-ce pas ?

�a concerne aussi les changements g�n�tiques chez les Aquatiques ?

Excusez-moi.

Monsieur Larsen, j'ai besoin de vous. Je vous attendrai.

Tr�s bien.

Je vous �coute.

Y'a-t-il toujours du monde ici ?

Rien qu'� la r�union de la commission.

Pourquoi toutes les commissions se r�unissent � la m�me heure ?

- Y a combien de commissions ? - Il en reste 4.

Y'en avait 13, figurez-vous.

J'aimerais porter votre attention sur le fait que...

en plus de cette maladie g�n�tique qui int�resse tant les biologistes,

y apparaissent des maladies infectieuses banales.

A mon avis elles sont caus�es par des pluies interminables

et une luminescence infrarouge dans le ciel, dont

les origines jusqu'� pr�sent nous sont inconnues.

C'est pourquoi je soutiens cette proposition de normaliser

les anomalies climatiques.

- Par quel moyen ? - Peu importe.

Une action chimique peut-�tre ?

- Pourquoi pas ? - Permettez-moi, s.v.p...

Vous vous rendez bien compte de la situation qui s'est cr��e,

mais vous pr�f�rez fermer les yeux.

Appelons les choses par leurs noms. Il s'agit d'une incursion !

C'est pas un Martien qui s'am�ne, mais un �tre en chair et en os.

Donc, je vous prie une fois de plus de voter l'autorisation

de soumettre ces Aquatiques et leurs pupilles

� l'examen de labo !

Parce que je dois savoir ce qui nous attend.

Je n'ai aucune envie de me sentir morveux !

Monsieur Soumak, mais pourquoi les pupilles ?

- Ce sont des enfants. - Toujours des enfants.

Ce ne sont plus des enfants ni des �tres humains non plus.

Mais pourquoi �tes-vous tellement stupides ?

Auriez-vous piti� d'eux ?

Ils sont s�rement des �tres adorables.

Vous devez comprendre qu'ils sont nos ennemis

pr�ts � d�truire notre monde et nous exterminer �galement.

Pour vous un enfant qui cite Kant et Hegel est super-g�nial !

Mais pour cet enfant nous sommes tous un tas de merde.

Cet enfant n'a pas piti� de vous parce que selon Kant et Hegel

vous �tes tous des ordures.

Pour eux l'�me humaine n'est qu'une poubelle !

Les lieux d'aisance pour les humains !

Vous devez comprendre qu'ils sont absolument diff�rents de nous !

Nous sommes de trop dans ce monde. C'est la lutte pour la survie !

Une lutte sans concession ni compromis.

Je vous appelle � voter l'autorisation de proc�der imm�diatement

� l'examen de ces mutants !

Calmez-vous ! Suivons l'ordre du jour.

Qu'est-ce qu'on vote ?

J'exige que cet homme soit arr�t�.

C'est une provocation !

On ne va pas voter �a.

Mais si ! Tant que c'est encore possible.

Pourquoi vous dites �a ? Qu'entendez-vous par l� ?

Je veux dire que personne n'en sortira vivant.

�a concerne les Aquatiques mutants.

Et vous le savez, monsieur Komov, mieux que les autres.

Si on ne fait pas cet examen maintenant,

on n'aura plus jamais cette possibilit�.

Pareil cerveau co�te de l'or.

Bref, il me faut un mandat pour examiner ces vilaines cr�atures.

Une autorisation officielle.

J'exige que

monsieur Soumak

soit rappel� de cette commission.

Moi ? Pour quel motif ?

C'est mon opinion personnelle.

Un peu de silence, messieurs ! Calmez-vous, je vous prie.

- C'est vous monsieur Banev ? - Oui.

- Quelqu'un vous demande. - Qui c'est ?

Un gar�on.

Un gar�on ?

- O� est-il ? - L�-bas.

- O� �a ? - Le gar�on est l�.

C'est toi qui voulais me voir ?

C'est vous, monsieur Banev ?

Oui.

Je m'appelle Martre.

D'apr�s l'acte de naissance mon pr�nom est Boris.

Mais vous pouvez m'appeler Martre tout cour, d'accord ?

Boris Martre. Martre c'est le sobriquet.

D'accord.

C'est pas un sobriquet, c'est un point de d�part.

- Pardon ? - C'est trop long � expliquer.

C'est pas �a qui m'int�resse.

Nous aimerions bien vous rencontrer en tant qu'�crivain.

Qui c'est - nous ?

Des enfants. Des �coliers.

Les �l�ves de l'�cole o� va votre fille.

Tu connais ma fille ?

Oui, on est amis. Etes-vous d'accord ?

Oui, bien s�r. O� et quand cette rencontre ?

Demain � 9 heures je vous attendrai ici.

Ah, vous �tes l�.

Asseyez-vous. On a une pause cigarette.

- Merci. - Je vous en prie.

Je vous pr�sente Diane, ma collaboratrice.

- Enchant�. - Tr�s heureux, Victor.

Si un jour elle vous demande quelque chose,

ce sera toujours de ma part.

Je vous comprends.

J'ai command� un caf� pour vous.

Merci.

Vous avez eu de la visite ?

Les jeunes admirateurs de mon talent

m'invitent chez eux demain matin.

Je vois que les �crivains sont tous vaniteux !

Ce ne sont pas des admirateurs, mais des vivisecteurs.

Ils vont m'implanter des �lectrodes pour me faire bouillir la cervelle ?

C'est joli comme expression.

Qui vous en a parl� ?

Un �trange gar�on.

Il s'appelle Martre.

Sa fa�on de parler �tait...

D�crivez-moi �a ?

J'en ai eu l'impression d'un chat qui me riait au nez.

C'est amusant.

Ils vous ont senti tr�s vite.

Dois-je me pr�parer � cette rencontre ?

Dormez bien. Ecoutez la radio.

�a pourrait vous �tre utile.

Quelle radio ?

Ces enfants ont une radio � l'�cole.

Pas tr�s puissante mais elle �met 24 heures sur 24.

Pour les d�chets de la race humaine comme vous et moi.

Je vous conseille de l'�couter.

Service de s�curit�. Arr�tez-vous.

Qu'est-ce que vous faites l� ?

Tout est en r�gle, j'ai un ID. Voil�...

- Tr�s bien. - Tout est en ordre.

Qu'est-ce que tu fais l� ?

Tu te cachais ?

Non, je suis venue jeter un coup d'�il.

Tu as compris qu'il y avait quelqu'un.

Pourquoi tu es venu ?

Je suis venu te chercher.

Tu es dr�le.

Bon, on aura encore le temps de parler tous les deux.

Et maintenant va-t'en.

Tu entends bien ma voix ?

Allez, va.

J'aurais dit...

Les t�n�bres de l'existence telles des ombres cendr�es

couvrent tous les objets rang�s dans un ordre impeccable.

Des fant�mes invisibles et impersonnels

s'approchent de nous et passent � travers nos corps.

Ici dans l'apog�e de l'extr�me incertitude,

dans l'absence de toute garantie

de l'existence de la race humaine,

on ressent pour la premi�re fois une certaine lucidit�,

et le ciel nocturne s'�claircit.

Il y a une sensation terrifiante que notre existence

se trouve entre deux mondes diff�rents,

que cette existence est incertaine,

et cela nous pousse � une errance interminable et insens�e.

Si je t'ai bien compris,

on n'a pas encore trouv� la v�rit�.

On n'a r�ussi qu'� retourner � l'envers le t�gument de ma�a

pour voir les choses de l'autre c�t�,

en oubliant tout ce qui pourrait nous bercer et r�conforter.

Il faut voir �a du c�t� du N�ant

pour ressentir notre r�elle pr�sence

dans ce N�ant.

Oui, on peut le formuler comme �a.

Qu'est-ce que c'est que ce bruit �trange dans le corridor ?

C'est dans la salle au-dessus de nous.

L�-haut ils �tudient l'hyperespace.

Hyperespace ? C'est curieux.

- Elle est curieuse votre �cole. - �a vous pla�t ?

Ah oui, beaucoup !

- C'est l� ? - Oui, entrez.

Merci.

Bonjour.

Asseyez-vous.

Comment allez-vous, mes enfants ?

�a va bien ? Vos parents ne vous manquent pas trop ?

Alors, dites-moi, �a va bien chez vous ?

Oui, tout va bien.

Alors passons � la litt�rature.

Vous voulez peut-�tre savoir comment j'�cris mes �uvres ?

Non !

Dans ce cas...

Posez-moi vos questions.

Comment voulez-vous nous voir � l'avenir ?

C'est tr�s simple. Intelligents, honn�tes

et g�n�reux.

Je voudrais que vous aimiez votre travail

qui profite au bien-�tre des humains.

Qu'est-ce que veut dire � intelligent � ?

� Intelligent � ?

L� vous m'�tonnez !

Vous voulez peut-�tre me demander ce que c'est que l'homme ?

Ou bien le temps ?

On sait que cette question n'a pas de r�ponse.

Mais on aimerait avoir votre r�ponse quand m�me.

Je vais essayer de vous r�pondre.

Un homme intelligent c'est celui

qui se rend bien compte de l'imperfection

de ses connaissances et

qui tient toujours � se perfectionner.

Etes-vous d'accord ?

Non.

Pourquoi ?

Votre d�finition n'est pas fonctionnelle.

Ainsi tout imb�cile peut se faire passer pour un homme intelligent.

Alors un imb�cile heureux sera sans doute le plus intelligent.

Quelqu'un a dit que les imb�ciles

ne sont que des nihilistes.

Ou non-conformistes.

Je ne vous comprends pas.

Vous voulez que nous soyons tous intelligents.

Autrement dit, vous voulez que nous soyons comme vous.

Je n'ai rien trouv� dans vos livres, sauf la n�gation.

Pas d'id�es positives.

Ceci �tant donn�, selon vous tout individu intelligent

devrait �prouver de la r�pulsion envers le genre humain.

D'autre part, vous voulez que nous travaillions

pour le bien-�tre des ces types r�pugnants, dont sont pleins

vos livres et que vous r�prouvez

sur chaque page de vos �crits.

Un homme intelligent, peut-il faire du bien � ce qu'il trouve d�go�tant ?

Voyez-vous...

A mon avis, faire du bien, c'est savoir transformer

les m�prisables en respectables.

C'est assez banal.

Il ne s'agit pas d'instruments de ces transformations.

Il s'agit du fait que les personnages que vous d�crivez

n'ont aucune envie, comme vous dites,

de se faire transformer en individus respectables.

Vous croyez peut-�tre qu'il n'y a que des crapules dans mes livres ?

Excusez-moi...

Je suis un peu d�rout� parce que

vous parlez comme des adultes.

Cependant vous �tes des enfants.

A cause de votre �ge il vous est difficile de comprendre

que cet individu sale, mal ras�,

toujours so�l et hyst�rique

puisse �tre un homme remarquable,

que c'est un homme respect� de tous

devant lequel il faut s'agenouiller et consid�rer comme un honneur

l'occasion de lui serrer la main

parce qu'il est pass� par

un enfer inimaginable, mais

il a su garder sa dignit� humaine.

Excusez-moi de vous interrompre...

Monsieur Banev, vous avez trouv� un tr�s bon symbole.

L'humanit� n'est qu'un vieillard so�l pass� par l'enfer.

Par l'enfer, figurez-vous,

car malheureusement il ne m�rite pas mieux.

Vous le savez parfaitement, mais cela ne vous emp�che pas d'affirmer

que le titre d'homme m�rite un grand respect.

A cause du manque d'amour, de biens et de bonheur terrestres

il n'h�site pas � humilier

et pi�tiner les autres.

Faisons le point.

Vous refusez de croire que vous �tes tous des cadavres.

Vous aviez cr�� un monde qui

ne vous a servi que de pierre tombale, rien de plus.

En disant � vous �, je ne parle pas de vous personnellement.

- J'esp�re que vous me comprenez. - Oui, tout � fait.

J'ai tout compris.

Et je vais vous dire ceci...

L'id�e de d�truire le vieux monde n'est pas neuve.

D'ailleurs, on n'a jamais obtenu ce qu'on voulait.

Il vous est difficile de comprendre que vous �tes tous cruels.

Cruels parce que vous �tes pouss�s par les meilleurs motifs,

mais la cruaut�...

c'est toujours la cruaut�.

Et la cruaut� n'engendre que '

vilenies, mensonges et malheurs...

- Excusez-moi d'�tre en retard. - C'est pas grave.

Je r�vais de faire votre connaissance.

- Appelez-moi Zinovi. - D'accord.

Continuez, s.v.p.

Donc, qu'est-ce qu'on disait l� ?

Que le monde a besoin d'une profonde r�organisation

spirituelle et morale.

Si vous voulez mon avis, je suis tout � fait d'accord l�-dessus.

Je crois que l'humanit� doit faire son choix :

Soit une totale d�gradation intellectuelle,

soit un brusque rebondissement de la mentalit�.

Vous �tes tous d'accord ?

- Qu'en penses-tu ? - �a m'a plu.

Tu es pr�t � l'�preuve ?

- Au revoir, monsieur Banev. - Au revoir, les enfants.

Merci d'�tre venu. Je croyais que tu avais la trouille.

Pourquoi ?

Je te l'expliquerai apr�s.

Je ne pourrai pas te raccompagner. Boris le fera � ma place.

- Oui. - Pourquoi Boris ?

Tu sais, je suis venu te parler.

C'est tr�s important, crois-moi.

Ah oui ? Dans ce cas tu n'as qu'� m'attendre.

- J'ai des cours � donner. - Je t'attendrai.

- J'ai tout mon temps. - O.K.

- Tiens �a. - Merci.

- C'est pour vous. - Merci.

Je veux que tu d�m�nages dans mon h�tel tout de suite.

- Pourquoi ? - Ce sera plus facile de partir d'ici.

Il faut partir, peu importe le pr�texte.

Moi comme membre de la commission, et toi comme ma fille.

C'est pour �a que je suis venu ici.

Pour �a c'est quoi ?

Pour te sortir d'ici.

Pour aller o� ?

Quelle diff�rence ? N'importe o�.

Tu vois ce qui se passe ici ? Des militaires partout.

Une guerre chimique peut �clater dans quelques jours.

Et l�-bas il n'y a pas de militaires ?

N'exag�re pas, je t'en prie.

Tu sais bien ce que je veux dire.

J'ai beaucoup de relations qui peuvent me servir.

Votre �cole est une tr�s bonne �cole.

Oui mais il y en a des meilleures, crois-moi.

Non.

Pourquoi non ? Pourquoi ?

Parce que tu mens tout le temps.

Tu mens en parlant de tes relations, de l'�cole et du d�part.

Ecoute-moi, je t'en prie.

Je suis un mauvais p�re, d'accord.

Mais j'ai le droit de te sortir d'ici, tu comprends ?

Non, tu n'as aucun droit.

Allez, va.

Voici l'h�tel.

Va.

Victor, ouvrez-moi. Je sais que vous �tes l�.

Entrez, c'est ouvert.

Une porte ferm�e, �a ne sert � rien !

Vous recevez des h�tes � bras ouverts. Bravo !

Oui, j'ai pr�par� � manger.

- Vous avez bien fait. - Vous mangez avec moi ?

C'est un vrai palais chez vous.

- On peut jetez un coup d'�il ? - Oui.

Victor !

Il y a beaucoup d'espace ici !

�a oui. Y'en a m�me trop.

On se fait soigner ? �a fait du bien.

- Vous prenez quelque chose ? - Oui, avec plaisir.

Cette ville me ruinera.

J'en suis certain.

A vos souhaits ! Asseyez-vous.

Merci. Servez-vous.

- C'est bien. - Merci.

Allez, � votre sant�.

A la v�tre.

Comment c'�tait le premier contact ?

Mais quel premier contact ?

Allez, Victor, racontez.

Je sais bien que vous �tiez invit� chez les enfants � l'�cole.

Tiens, tiens.

C'est un �v�nement.

Pourquoi un �v�nement ?

Parce que d'une fa�on ou d'une autre on est tous pass�s par l�.

Seulement, comme disait ma vieille amie :

Les uns l'oublient, les autres pas !

C'est un �v�nement parce que

ce jeunot super dou� a prononc� son verdict : Vous gracier.

Et quant � nous, c'est ex�cuter !

Un verdict ?

Quel verdict ?

Verdict,

c'est le mot du jargon local

qui signifie l'avis des enfants concernant le sort

que m�ritent les adultes.

Il faut se servir du mouchoir.

Oui, bien s�r.

C'est pourtant clair, n'est-ce pas ?

Zinovi, le chef des Aquatiques a remerci� Golemba

de son excellente id�e d'inclure dans cette commission un �crivain.

Ah oui ?

Quant � moi, il me semble

qu'ils m'ont d�sapprouv�.

Je crois que ces enfants prodiges...

Mais pourquoi les enfants prodiges ?

Ils n'y sont pour rien alors que leurs professeurs...

Quels professeurs ?

Ce sont des Aquatiques ! Oui !

J'en ai marre de vos Aquatiques.

Personne ne peut me l'expliquer.

- Qu'est-ce que c'est ? - Je vais vous l'expliquer.

Alors faites-le puisque je ne comprends pas ces allusions.

Ecoutez-moi...

On dit qu'il s'agit l� d'une maladie g�n�tique.

�a a commenc� 15 jours apr�s la pluie en f�vrier.

Les cheveux tombent.

La peau devient jaune et dure comme une pierre.

Bref, il s'agit d'une m�tamorphose au niveau cellulaire.

Une nouvelle esp�ce. Voil� pourquoi il cachent le visage.

A pr�sent on sait que ce n'est pas contagieux alors qu'autrefois...

On prenait �a pour une �pid�mie.

Et puis commencent tous ces trucs-l�.

De vrais miracles. Ensuite des commissions.

Vous en �tes au courant.

On dit qu'ils poss�dent tous un g�ne de trop,

ou bien c'est le contraire, ils en manquent un.

Il se peut qu'ils ne soient pas des �tres humains.

Alors qui sont-ils ?

J'en sais rien moi.

Des mirages, fant�mes...

Dites-moi,

Avez-vous vu quelque part des �tres pareils ?

M�fiez-vous de leurs apparences inoffensives.

Leur barri�re �nerg�tique en dit long.

Cependant chez eux l'usage de la force est interdit.

Interdit pour l'instant.

Bon, je dois m'en aller.

J'avais encore quelque chose � vous dire, Victor...

Non... Mais si...

Vous devez nous dire de quel c�t� vous �tes.

Avec nous ou avec eux ?

De quel c�t� �tes-vous, M. L'auteur ?

Cela importe tant ?

Bien s�r.

Parce que si vous �tes avec eux, excusez-moi cette emphase,

vous seriez un tra�tre � l'humanit�.

Ni plus ni moins.

Et l'humanit� n'aime pas les tra�tres.

Eh bien... Bonne nuit.

Je m'en vais.

Ah, j'oubliais...

Diane, la petite Chinoise, assistante de Golemba vous cherchait.

C'�tait sans doute pour une affaire urgente.

Mais cela ne me concerne pas. Bonne nuit.

- All�, oui ? - Victor ? C'est Diane.

J'ai besoin de votre aide. Pouvez-vous descendre ?

- Vous m'entendez ? - Oui, j'arrive.

Merci.

Je vois une inscription. Par o� maintenant ?

- Je suis sur place. Je vous rappelle. - Par ici ?

Oui.

- Il est vivant ? - Je ne sais pas encore.

- Il faut le sortir de l�. - Comment ?

Je dis qu'il ne faut pas le laisser ici.

Diane, la porte, vite !

Doucement.

Oh�, qu'est-ce qui se passe chez vous l� ?

Mon copain a trop bu. Il faut bien l'a�rer un peu.

Aidez-moi.

Monsieur Zakrevski, pouvez-vous venir un instant ?

Il y a un transport suspect...

Chauffeur, venez ici.

Une seconde. �a va, j'arrive.

- Mais venez vite ! - J'arrive.

Je ne vais pas r�p�ter ! Halte !

Arr�te ! Ou je tire !

On est-ce qu'on va ?

A la vieille gare. Vous connaissez ?

Oui. �a va ? Il est vivant ?

Il est mort. Y'a aucun doute.

Qu'est-ce qu'ils voulaient de lui ?

La toute-puissance, peut-�tre.

Des secrets de la science. De nouvelles armes pour tuer.

Ou bien de l'argent, sinon de la puissance �ternelle.

Les besoins ne changent pas.

Diane, ouvrez la porte.

Mettez-le ici.

Reposez-vous.

Une fois parti, oubliez la porte, la gare, oubliez tout.

D'accord.

- O� est-il ? - Il est mort.

Vous n'�tes pas seule ? C'est uniquement pour les adeptes.

Je vais vous expliquer.

Cet homme est notre ami, il est membre de la commission.

Victor, attendez-moi en bas.

�a date du d�luge universel.

�a s'appelle � L'arche de No� �.

Alors ?

Je me plais bien ici.

Moi aussi.

Voici un exemple, Victor. La survie est plus forte que tout.

Basic instinct !

- Vous avez vu ce film. - Oui.

Selon vous, si les anomalies

climatiques ne sont pas fortuites, alors les Aquatiques en font partie.

Donc c'est leur fa�on de d�fendre la Terre contre nous.

Oui, probablement.

C'est ouvert depuis quand ?

Il y a deux jours. Il faut gagner la vie.

On peut se mettre � c�t�. C'est sec et il y a un po�le.

�a va, on se pla�t bien ici.

C'est comme vous voulez. Je vais vous apporter des sandwichs.

Merci.

Ike.

Vous savez ce que c'est ?

Qui vous a donn� �a ?

On me l'a apport� � l'h�tel de la part de ma fille.

- Vous l'avez �cout� ? - Oui.

C'est des vers ou essais. J'ai pas bien compris.

- C'est s�rement pas des vers. - Alors c'est quoi ?

C'est pas facile � dire.

Parfois les Aquatiques proposent aux enfants de faire...

quelques moules de conscience.

- Des images de leur mentalit�. - Des images de mentalit� ?

Oui.

A votre avis, pourquoi elle m'a remis �a ?

Elle veut peut-�tre que vous la compreniez ?

Ou bien elle cherche votre compr�hension.

A ce qu'il para�t, il y a un conflit entre vous, n'est-ce pas ?

Ike.

Dites-moi, mais franchement.

- Vous me cachez quelque chose ? - C'est-�-dire ?

C'est une maladie g�n�tique ou autre chose ?

C'est autre chose.

Y'a-t-il un risque de contagion ?

Oui et non.

Vous vous moquez de moi ?

Non, Victor. Ici le principe est diff�rent.

On devient malade quand on le veut. Voil� le principe.

On a besoin de spleen.

Le spleen pour �veiller une forte envie de changer de routine,

de voir une autre vie dans d'autres mondes.

Il y a longtemps j'avais cette envie. C'est fini.

Je suis en retard.

Et vous...

Je ne sais pas.

Vos enfants y tiennent puisqu'ils sont avec eux, pas avec nous.

Le spleen c'est juste le mot.

Il faut du spleen.

Je le comprends moi.

Deux fois morts, ayant surv�cu � Dieu,

nous cherchons notre identit� dans ce monde endormi

plein de fausses apparences, le monde de chiffres et de fant�mes

o� les mots ont perdu leur sens.

On vit l'�poque des profanes.

Une �poque d'existence insipide.

Le r�gne de la banalit� qui est tout fier de sa futilit�.

L'esprit a d�finitivement quitt� notre monde.

Le temps se comprime.

Le temps n'existe plus.

L'espace n'existe plus.

C'est l'agonie du n�ant.

L'esprit de la st�rilit� guette la Terre d�laiss�e,

vou�e � la derni�re des solitudes.

La peur envahit l'�me.

Tout est ramen� � l'extr�me. Tous les secrets sont r�v�l�s.

Le vent soufflant du vide br�le nos visages.

Qui a dit �a ?

Je vous demande : Qui a dit �a ?

R�pondez-moi !

Tous en bas avec valises !

Les bus d�marrent dans 20 minutes ! Evacuation urgente !

Y a quelqu'un ?

Y a quelqu'un ? Evacuation.

Evacuation urgente.

Allez, vas-y � gauche.

Les femmes dans l'ambulance, Les hommes dans la benne.

Victor ! Victor !

Ike, o� sont les enfants ?

Ils ont d� �tre �vacu�s les premiers, directement de l'�cole.

Montez, on ira ensemble.

Montez vite !

On y va.

- O� est le centre d'information ? - L�-bas.

- Je veux savoir o� sont les enfants ? - Demandez � l'officier.

Les enfants ont �t� �vacu�s ?

Il n'y a pas eu d'enfants.

- 25 sur le deuxi�me, note �a. - C'est not�.

Ne vous inqui�tez pas. Trois canots sont partis.

Enfin, il doivent �tre partis.

On m'a dit qu'il n'y en avait pas.

Pas 70, mais 72 la DLC. La dose limite de concentration.

Et la liaison avec les a�roports ?

Vous l'avez ou pas ?

Je ne peux pas stopper l'op�ration.

Mille avions sont d�j� dans l'air !

Mais qu'est-ce qu'il foutent l�, ces pauvres cons ?

Il y a bien quelqu'un ou pas ?

C'est un massacre !

Passez-moi le centre de coordination. Vous m'entendez bien ?

- Vous me l'avez bien promis. - Merde alors !

- Pas de communication ?! - Je n'y peux rien.

- O� sont les enfants ? - Ils ont disparu.

Diane doit �tre avec eux. Il se peut qu'ils soient rest�s en ville.

- Est-ce que Diane est joignable ? - Non.

Guennadi. Dis-moi ce qu'on peut faire ?

Je n'en sais rien. Allez � l'�tat-major, et moi je reste.

- Allons-y ensemble. - Non...

Non, non. Je dois rester seul. Allez-y sans moi.

Guennadi !

Victor, o� allez-vous ?

Victor, qu'est-ce que vous mijotez ?

Allez � l'�tat-major, Ike.

- O� allez-vous ? - Chez eux.

Vous ne savez m�me pas o� ils sont. Vous �tes fou !

Donnez-moi la liaison sp�ciale parce que tout est bloqu�e.

L'information change tout le temps.

- Bouton rouge l�-haut. - Je sais.

Victor, vous savez o� se trouve la vielle gare ?

Oui.

Je crois qu'ils peuvent �tre l�-bas.

- J'ai tout compris, partez. - Je suis s�r qu'ils sont l� !

Le car 365, arr�tez-vous devant la barri�re oscillante !

Appelez-le tout le temps, sans rel�che.

Diane, r�pondez-moi. Je ne vous entends pas.

Voil�.

- Qu'est-ce que c'est ? - La formule du r�actif.

Il est tr�s dangereux, atrocement dangereux !

Il ne laisse apr�s lui qu'un d�sert. Un d�sert contamin�.

Je savais bien que tout �a allait mal tourner !

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Ike, dis-moi ?

Ike, je t'�coute.

All�, Victor ? Attendez, je n'entends rien !

Y a personne dans la vieille gare !

Oui, je t'entends.

Ils sont tous � l'�cole ! Diane vient de m'appeler...

Continuez, Ike ! Je vous �coute.

Les enfants renoncent � quitter la ville.

Diane a d�cid� de rester avec eux.

Comment �a, ils renoncent, Ike ?

Le r�actif...

Les enfants voient bien que l'on tue les Aquatiques.

Il se peut qu'ils esp�rent ainsi saboter l'op�ration.

Ike, je vous rappellerai. J'ai combien de temps pour agir ?

Ne quittez pas ! Y a pas une minute � perdre.

La chute du r�actif peut commencer dans 20 minutes.

J'ai les derni�res donn�es biom�triques, vous comprenez ?

N'essayez pas de quitter la ville. Cherchez vite au abri.

Cachez-vous dans l'�cole.

Et fermez bien tous les trous de ventilation.

Il faudra assurer l'�tanch�it� impeccable partout !

J'ai tout compris, Ike. Si j'en sors vivant, je vous appellerai.

Termin�.

Qu'est-ce que vous attendez ? Que l'op�ration sera annul�e ?

Non, Zinovi, elle ne sera pas annul�e, et je le sais bien.

Et apr�s ?

Vous �tes pr�ts � la mort, mais pourquoi tuer les enfants ?

Pourquoi les enfants ? Parce que les enfants vont p�rir !

Vous vous croyez intelligents, beaux esprits,

mais vous ne comprenez pas les choses si simples.

Pourquoi les enfants doivent-ils p�rir ?

- C'est leur choix. - Non !

Et vous le savez tr�s bien.

Vous leur dites un mot, et ils iront tous � l'abri,

et ils seront sauv�s.

Ils vous font pleine confiance.

Que voulez-vous en plus ? Un sacrifice ? Dans ce cas...

Prenez ma vie.

Je reste ici avec vous.

Mais il faut sauver les enfants.

Les enfants doivent rester en vie ! Ils doivent vivre !

Il a raison.

Il a r�p�t� mes paroles.

Cet homme a raison. Et tu dois l'�couter.

Si tu veux, je peux aller leur parler.

- Ou bien c'est Arson. - Non.

Je vais y aller moi.

Vous vous souvenez de moi ?

Je vous ai accueilli � l'entr�e quand vous �tiez venu � l'�cole.

Ah oui.

Dommage qu'on ait pas le temps de parler.

Je voulais vous poser un tas de questions.

Maintenant c'est trop tard.

Nous n'avons pas eu assez de temps pour �tre bien compris.

Je suis s�r que nous aurions pu �tre compris,

si le monde avait �t� un peu plus gentil.

Vous voyez ? Les enfants ont tout compris.

Vous voulez savoir la v�rit� ? Quant � vos enfants...

Vous les avez perdus. Ils ne voudront plus

rester tels qu'ils �taient auparavant.

Celui qui aura vu le ciel,

deviendra diff�rent.

Immanquablement.

Allez, plus vite !

Grouillez-vous � la fin !

- Y a une autre porte ? - Oui mais elle est ouverte !

Laissez-moi faire. Occupez-vous des enfants.

Allez, plus vite !

Voil�, enfin.

Victor, qu'est-ce que c'est ?

Vous en faites pas...

�a arrive.

C'est � cause des batteries. Elles sont presqu'� plat.

Si on pompait un peu d'air � travers les filtres ?

Non.

Taisez-vous.

Respirez plus lentement.

Papa, lis-moi quelque chose.

Un peu plus loin

Au fond de la for�t,

Mon avenir m'attend

Plus pr�cieux qu'un gage.

Il ne sera plus jamais

Objet de discussion.

Il est ouvert tout grand

De long en large

Cet avenir...

Il est ouvert tout grand

De long en large

Cet avenir...

Merci.

Bonjour.

Un instant, monsieur Banev, on va vous accompagner.

On a de la visite. Un fonctionnaire de l'ONU.

Oui, tout est en ordre. Envoyez quelqu'un.

- Veuillez remplir cette fiche. - Ici, oui ?

- C'est votre premi�re visite ? - Oui.

Le num�ro, la date, l'heure de rendez-vous et votre signature.

Qu'est-ce que c'est ?

Fruits et chocolat.

D�sol� mais c'est pas autoris�. Laissez �a ici pour r�cup�rer apr�s.

Avancez.

Bien. Bonjour.

Attendez ici.

Avance.

Avance. Assieds-toi sur la chaise.

Ma ch�rie...

Comment vas-tu ?

Tu �tais malade ?

Irina.

Tu ne me reconnais pas ?

Je suis ton papa.

Tu nous as r�cit� des vers. Je m'en souviens.

Des vers ?

Mais quels vers ?

Nous �tions dans le sous-sol, et tu nous r�citais des vers.

Qu'avez-vous fait avec elle ? Qu'est-ce qui se passe ?

Raconte-moi, ma ch�rie, comment vous vivez ici,

qu'avez-vous vu � la t�l� hier.

On a regard� un show o� il fallait

deviner qui �tait le plus moche.

Et pourquoi l'avez-vous regard� ?

Parce qu'il faut aimer tout ce qui pla�t � tout le monde.

Il faut �tre comme tout le monde.

Il faut s'y faire.

Bravo !

Vous voyez ? Elle est en voie de convalescence.

Irina, ch�rie, chante-moi la chanson que vous avez apprise.

Tu dois en conna�tre une, non ?

Donne-moi ta main.

C'est quoi comme injections ?

Faut demander au m�decin. Ils me font tout ce qu'il faut faire.

Je vais leur demander !

Je vais leur demander �a ! Je vais demander !

Monsieur Banev !

J'en ai le droit, c'est urgent !

Il nous r�citait des vers.

Qui est l� ? Qui est l� ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Mais qui �tes-vous ?

Qu'est-ce que vous faites l� ?

Mon nom est Victor Banev.

Je suis membre de la commission internationale.

J'exige qu'on me rende mon enfant imm�diatement !

Ah oui. Je vois.

Et votre traitement fera objet

d'une enqu�te en haut lieu. Je vous le promets.

C'est tout ? Et maintenant vous allez quitter notre centre.

Je n'ai pas d'ordres � recevoir de vous !

Qu'est-ce qui se passe ? Faites venir les gardes � la fin !

C'est scandaleux !

Ecarte les jambes ! Bougez pas !

L�chez-le.

L�chez-le, je vous dis.

Je voudrais savoir pourquoi

on me refuse le droit de reprendre ma fille ?

- Vous voulez la reprendre ? - Oui, figurez-vous.

Veuillez accompagner monsieur Banev au bloc 5.

- Mais pourquoi ? - Faites ce que je vous dis.

Il menace d'ouvrir une enqu�te internationale.

Veuillez passer, monsieur Banev.

Remplissez tous les papiers.

Venez ici. Ici on peut parler tranquillement.

Surtout ne pensez pas que...

Pour eux on fait tout notre possible.

Nos meilleurs m�decins analysent en d�tail toute l'information.

Mais la question n'est pas l�.

Il y a un verbe...

� d�p�rir �.

Si vous arrachez une fleur pour la replanter dans un autre sol,

inutile d'arroser, elle va d�p�rir.

Elle ne pourra pas s'acclimater.

M�me chose avec ces enfants.

Ce monde leur est insupportable.

Notre vie pour eux...

n'est qu'une souffrance sans fin.

Je crois qu'il leur faudra du temps

pour r�apprendre � vivre parmi nous.

Et je sais que c'est possible.

Enfin, esp�rons-le.

Avec :

Grigori GLADY

L�onid MOZGOVO�

Alexei KORTNEV

Rimma SARKISSIAN

Laura PITSKHELAOURI

Serguei BARKOVSKI

Dima ISPOLATOV

Olga SAMOCHINA

Alexei INGUELEVITCH

Victor MIKHA�LOV

et d'autres.

Sc�nario :

Constantin LOPOUCHANSKI Viatcheslav RYBAKOV

d'apr�s le r�cit homonyme des fr�res STROUGATSKI

R�alisation : Constantin LOPOUCHANSKI

Directeur de la photographie : Vladislav GOURTCHINE

Chef-d�corateur : Constantin PAKHOTINE

Musique : Andrei SIGL�

Producteur g�n�ral : Andrei SIGL�

Sous-titres fran�ais : Serguei Kouzmitchev

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