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Original subtitles

(♪ My Baby Just Cares for Me ♪ de Nina Simone)

(rire)

- C'est super. C'est une super bonne nouvelle.

Mais c'est qu'on reporte tout le temps à chaque fois.

(Jean-Gilles): Tout va bien ici?

- Qu'est-ce que tu veux qu'il se passe mal, grand-papa? Hum?

(rires)

- Ton Champagne est divin, Jean-Gilles.

- Je suis content qu'il te plaise. À la bonne vôtre.

- Félicitations, 55 ans de mariage, c'est pas rien.

- J'y suis pour rien, moi.

C'est Jeanne qui me supporte.

- Oh! Tu racontes n'importe quoi.

(petit rire) - C'est pas n'importe quoi.

(cliquetis de verre)

Ah! Stéphanie?

On vient de recevoir la vidéo de ta mère.

Veux-tu la présenter?

- Hum... tu peux-tu demander à mon père?

(Jean-Gilles): Non. Ce serait mieux que ce soit toi.

- Tu le sais que j'aime pas ça parler en public.

- Oui, mais là, on n'est pas en public.

C'est la famille, les amis, hum? Allez!

(propos entremêlés)

- OK, bien on va être prêts.

(raclement de gorge)

(voix entremêlées)

Silence, tout le monde!

(voix entremêlées) - 54 ans cette année.

OK! Excusez-moi tout le monde! Excusez.

Stéphanie, elle aimera ça nous parler.

(Jean-Gilles): Oui, oui. - Chut, chut, chut! Silence.

- Oui, bien hum... Françoise aurait vraiment être là ce soir,

mais comme vous le savez, elle est en campagne électorale.

- On vote pour Françoise!

(propos indistincts)

- C'est bon! Continue, Steph, on t'écoute.

- Hum... mais elle a quand même pris la peine

de vous laisser un vidéo à vous,

grand-maman et grand-papa.

- Mes chers beaux-parents, Jean-Gilles, Jeanne,

bravo pour ces 55 ans de mariage.

Vous êtes tellement inspirants.

Votre amour est inspirant. Vous êtes un modèle pour nous tous.

J'aurais tellement aimé ça être avec vous ce soir,

mais ma directrice de campagne là,

elle a pas voulu me laisser partir.

(rires) Mais c'est pour une bonne raison

parce que je peux vous dire que sur le terrain,

ça se passe très, très, très bien.

- On va gagner!

- C'est sûr qu'on va gagner. Oui!

(Françoise): J'ai hâte de vous serrer dans mes bras.

Profitez de tout, bon anniversaire et je vous aime.

- Ah! Bien là, nous aussi, on vous aime.

(tous): Oui! (rire d'Élisabeth)

(Manon): Un baiser. (Normand): Oui, un baiser!

Un baiser! - Oh, là!

(tous): Un baiser! Un baiser!

- Come on, come on, come on!

(tous): Un Baiser! Un baiser!

(exclamations d'excitation)

(musique classique)

(Stéphanie): Puis c'est où que ça tire exactement?

- C'est toute là, puis ça va jusqu'en avant.

(gémissement de douleur) - Laisse-moi regarder, là.

- Pour vrai là, n'importe quand,

n'importe quand, n'importe quand. Dis-moi-le,

dis-moi-le! Dis-moi que t'as de la place, s'il te plaît.

(rire) - Hum... oui. Je suis vraiment pleine...

- Ah, shit.

...mais j'ai de la place mardi matin, à 7 h?

C'est-tu trop tôt? - Bien non, c'est parfait. Merci tellement.

Merci, merci, merci. Ton chum est pas venu?

- Hum oui, Pat, il voulait vraiment venir,

mais il y a une affectation dernière minute au journal.

- Toi, là...

T'es tellement, mais tellement mauvaise menteuse.

Ça pas d'allure. (petit rire)

- Come on, Patrice! Tu fais quoi? Tu suis ou tu te couches?

- Je te suis.

- Mauvaise idée. (exclamation de déception)

(sonnerie de cellulaire) Merci, merci.

- Ah.

C'est le journal.

- Un samedi soir?

- Allô?

Quoi?

- Pat, dans sa famille,

ils se voient deux fois par année.

- Ah! - Il peut pas comprendre notre dynamique.

Pour lui, on est comme des martiens.

(rire)

Ah! Parlant du loup...

- Allô? - Stéphanie,

il y a une vidéo de ta mère qui est sortie. L'as-tu vu?

- Ah oui! Elle a envoyé un message pour leur souhaiter

un joyeux anniversaire de mariage.

- Non. C'est pas de ça que je te parle. C'est...

assez catastrophique.

Hum... je t'envoie un lien. - Hein?

(Patrice): Rappelle-moi.

(ding!) - Ça va-tu?

- Hum... oui, c'est Pat.

Il... il veut que je regarde une vidéo.

Je sais pas.

(Françoise): Hum... par où tu passes?

(chauffeur): C'est le GPS, madame. C'est plus court.

- Bien là, me prends-tu pour une conne? C'est un détour.

(chauffeur): Je peux changer de route. Par où voulez-vous passer?

(soupir de Françoise)

- Pourquoi pas par le chemin Roxham?

Ça doit être par là que t'es arrivé, je te gage?

- Oui, mais elle est complètement folle.

(Françoise): Un autre beau réfugié du fédéral qui profite du système.

(chauffeur): Je profite de personne, OK? Je travaille et je paie mes taxes.

(rire de Françoise) (Françoise): Bien oui.

As-tu des enfants? Hein?

Leur garderie, leur école, leur prison.

As-tu une idée de combien ça nous coûte, ça?

Certainement pas les pinottes que tu payes en taxes qui payent pour ça.

On l'a-tu l'affaire. On accueille une gang

de sous-scolarisés qui siphonnent l'état.

(chauffeur): C'est pas correct ce que vous dites, madame.

C'est vraiment pas correct! (Françoise): Regarde, regarde, regarde.

Ta gueule là, OK? Regarde, arrête!

(chauffeur): OK. Arrête ici! Je vais débarquer. OK?

(chauffeur): Sors de ma voiture. Sors, sors!

(Françoise): Bien oui, c'est ça, loser.

Un autre beau réfugié du fédéral...

(propos entremêlés de Françoise)

(sonneries de téléphone)

(propos entremêlés de Françoise)

(indicatif musical)

- Passe-moi Françoise.

Non, non, tu me la passes tout de suite.

- Ta mère va se faire crucifier.

(musique grave)

(voix entremêlées)

(journaliste): Allez-vous présenter vos excuses au chauffeur de taxi?

(déclics d'appareil photo) - On vient de porter à mon attention

une vidéo ignoble qui me met supposément en scène

et qui circule présentement sur les réseaux sociaux.

Évidemment que j'ai jamais tenu les propos odieux,

haineux et racistes qu'on me met dans la bouche.

C'est ce qu'on appelle un hyper trucage.

C'est vraiment bien fait, c'est épeurant. On dirait que c'est moi.

Mais c'est un deepfake politique

qui tente d'influencer le résultat d'une élection.

On a l'impression que c'est moi, mais c'est une image de moi

qui a été recréée de toutes pièces.

- Il me semblait aussi que ça se pouvait pas.

- Je veux d'abord m'adresser à toutes les Québécoises

et à tous les Québécois issus de l'immigration

pour vous dire que je suis tout aussi révoltée que vous

par les propos qui sont tenus dans cette vidéo-là.

Je savais que ça volait pas très haut du côté de mes adversaires politiques,

mais je pensais jamais qu'ils oseraient descendre aussi bas.

- Vous accusez M. Taschereau? - Non, j'accuse personne.

Mais on est en droit de se demander à qui profite le crime, hum?

Je suis en avance dans tous les sondages à une semaine du vote.

(journaliste): Avez-vous des preuves que Taschereau est impliqué?

(journaliste 2): Allez-vous poursuivre?

- Regardez, je prendrai pas de questions pour ce soir, là.

Je voulais simplement clarifier les choses.

Alors, je vous remercie beaucoup!

(journaliste 1): Madame Parent.. (journaliste 2): On a une question.

- Tabarnak de Taschereau!

Jamais vu un politicien aussi sale!

- C'est sûr qu'il y a des gens qui vont croire à ça!

- Mais comment est-ce qu'ils ont pu faire ça?

(soupir)

- C'est vraiment chien.

(sirène au loin)

(sifflement de vélo)

(musique pesante)

(Amin): Regarde les cheveux. (Patrice): Hum.

(Amin): Le mouvement est naturel. Il y a pas de glitch apparent.

- Non.

- Les lèvres sont super bien synchronisées. Hum...

Pour un hypertrucage,

il est vraiment d'une qualité exceptionnelle.

(Patrice): Fait que c'est pas un hypertrucage?

(Amin): Ah! Tu crois pas belle-maman?

(soupir)

Ça serait très surprenant qu'un deepfake

laisse aucune trace de manipulation numérique.

Il est un peu tard, mais hum...

Maxime Caldwell.

Il codirige un programme d'apprentissage automatique.

Lui, il va nous donner l'heure juste.

S'il veut pas m'arracher la tête parce que je l'appelle si tard.

Maxime? Salut, c'est Amin Taleb.

Écoute, hum... excuse-moi de t'appeler si tard, c'est une urgence.

As-tu vu passer ce soir le clip de la chef d'Option Québec?

D'après toi, c'est tu un hypertrucage ou...?

Oui, je sais, mais parce que...

OK. Oui.

- Allô.

- Tu travailles sur la campagne électorale de ma mère?

Il n'y a plus apparence de conflit d'intérêts?

(soupir) - Laisse ça là, je vais m'en occuper.

Je... je donne un coup de main, mais je signerai pas d'articles.

- Attendez, fait que vous pensez que c'est peut-être pas un deepfake?

- La question se pose, on fait des vérifications.

- OK! Fait qu'en plus d'être une raciste, ma mère serait une menteuse?

(soupir) Je sais que t'es pas le fan numéro un de Françoise, là,

mais imagines-tu deux secondes qu'elle serait capable de dire

des atrocités de même à un chauffeur de taxi?

- Écoute, je suis désolé pour ta mère. Mais...

- Mais faut tu fasses ta job.

C'est beau.

Vous perdez votre temps.

(soupir)

(♪♪)

(Julie): Oh, c'est vrai.

Bon anniversaire de mariage, Jean-Gilles.

- Oui, merci.

Mais pour le moment, j'ai d'autres chats à fouetter.

- Hum-hum.

(respiration profonde)

Françoise nous rejoint bientôt?

- Non, elle est chez elle. Je l'ai envoyée se reposer.

- Jean-Gilles, on peut pas être deux à gérer l'horaire de Françoise.

J'avais demandé qu'elle soit là. Il y a plein de décisions importantes à prendre.

- C'est plus important qu'elle dorme, on a besoin qu'elle soit en forme.

Puis pour les décisions, là, elle me fait confiance.

Qu'est-ce qu'on a à l'agenda demain matin?

- Journée média à Montréal, on n'a pas le choix.

- J'annule Sherbrooke. Je booke les entrevues.

- J'ai parlé à mes contacts à la sécurité publique.

Il faut déposer une plainte à la police.

Ça prend du temps ces affaires-là.

Les élections sont dans sept jours.

Faut trouver le moyen dès maintenant

d'accuser Taschereau sans l'accuser formellement.

Ah! Attendez là, c'est un jeu dangereux, ça là, là.

Est-ce qu'on est certain que c'est Taschereau qui a commandé le deepfake?

- Bien oui! Qui d'autre?

(musique de tension)

- Merci. - Bonsoir, Françoise.

(Françoise): Bonsoir. - Vous êtes assise ici en face de moi.

- Ah! Sur le hot seat? (petit rire)

- On est en ondes dans trois minutes.

(musique de tension)

Et hier soir, vous avez affirmé haut et fort

que la vidéo était un hypertrucage,

c'est-à-dire un montage généré par l'intelligence artificielle

pour faire croire à un événement qui est jamais arrivé.

- Oui! Exact.

Je sais que ce matin dans les médias,

il y a un soi-disant expert qui a commen-- - Attendez!

Permettez, Françoise Parent, qu'on regarde d'abord ensemble

un extrait d'une première entrevue que nous avons réalisée ce matin.

(Amin): Actuellement, c'est impossible de faire un hypertrucage

totalement indétectable. Un jour, ça va arriver,

mais la technologie est juste pas rendue là.

(Madeleine): Et dans le cas de la vidéo de Françoise Parent?

(Amin): Il y a aucune trace de manipulation numérique.

On peut même voir des reflets de l'extérieur du taxi

dans les pupilles de Mme Parent.

C'est le type de détail qui ment pas.

C'est pas un hypertrucage, c'est réellement Françoise Parent.

(soupir) - N'importe quoi.

- Comment est-ce que vous réagissez à sa conclusion?

(soupir)

- Je le répète. C'est pas moi dans la vidéo.

Cette vidéo-là circule depuis hier soir seulement,

alors quand les... les experts vont avoir pris le temps

de bien faire leur travail, de l'analyser comme il faut,

ils vont se rendre compte que c'est un trucage.

- Mais, sur le fond là, on n'est pas si loin de la position de votre parti.

Vous voulez abaisser les seuils d'immigration.

- Non, non, non! Non, non. J'ai dit: « Acceptons moins de gens. »

Mais je dis aussi: « Traitons les mieux. »

Hum? Je veux dire, ils...

Donnons-nous une chance d'avoir les bonnes ressources.

- Je propose maintenant qu'on écoute la conclusion

d'un autre expert, M. Thibault Rouclair,

que j'ai rencontré plus tôt.

- À chaque fois que notre coeur pompe, on envoie du sang dans nos vaisseaux sanguins

et ça provoque des microchangements de couleur sur notre visage.

C'est subtil, on voit pas ça à l'oeil nu.

Mais on a un outil qui permet de déceler les microvariations

de couleur dans les pixels. Vous voyez, là?

(Madeleine): Oui, oui! Ça change de couleur.

(Thibault): C'est pas un trucage. C'est pas une image fabriquée

par l'intelligence artificielle. C'est vivant.

C'est du tissu humain avec un coeur qui bat.

- Du tissu humain avec un coeur qui bat.

Françoise Parent, avez-vous quelque chose à ajouter?

(rire nerveux) - C'est simplement pas arrivé.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? J'ai jamais été dans ce taxi-là.

Moi, je pense que ça démontre seulement le désespoir de mes adversaires. Hum?

Peut-être que vous pourriez interviewer mon vis-à-vis, M. Taschereau, hein?

Concernant cette vidéo-là? - C'est votre réponse?

- Oui, c'est ma réponse.

(bip)

- Je m'appelle Daji Saeed, physicien,

spécialiste des isotopes médicaux et récipiendaire

du prix du scientifique de l'année au Canada.

Hum... je suis là pour envoyer un message à Françoise Parent.

Nous, les immigrants...

nous ne sommes pas des sous-scolarisés.

On innove, on construit.

Et son parti de racistes, on l'emmerde.

Non. Non, non, non. Je dirai pas ça!

- C'est juste pour choquer un peu là. Fais-moi confiance.

(Daji): Non, non. Tu sais très bien que j'aime pas la politique.

- OK. Mais faut changer les préjugés de la vieille raciste.

Les immigrants, ils payent plus d'impôts qu'ils reçoivent de services.

Faut que quelqu'un lui dise!

T'es une sommité dans ton domaine, papa.

T'es l'exemple parfait d'une immigration qui enrichit le Québec.

- Je comprends, mais je suis mal à l'aise de faire la morale aux Québécois.

J'ai peut-être eu de la chance, mais j'ai été bien accueilli ici, moi.

Pourquoi j'irais dire aux gens: « Il faut faire comme-ci, faut pas faire comme ça. »

C'est pas mon rôle. - Hé! C'est tellement débile sur tellement de niveaux,

ce que tu viens de dire. Je sais même pas par où commencer.

- Et puis... et puis quel modèle tu veux que je sois?

Tu veux que je leur donne un exemple de comment ça se passe chez nous?

- C'est ici, chez nous.

- Pourquoi tu la fais pas toi, cette vidéo?

Qu'est-ce qui t'en empêche? - Bien parce que c'est pas moi, la grande scientifique.

Tout le monde s'en câlisse de moi. - Safia!

(soupir) Ma fille.

Bon, écoute...

T'es libre ce soir? Tu veux faire quelque chose?

Tu veux qu'on aille au cinéma? Qu'on se change les idées?

- Papa, les élections sont dans cinq jours.

J'ai 1000 choses à faire, dont trouver des role models

qui ont plus de couilles que toi puis qui sont game de parler.

- Des modèles qui ont le courage de parler.

C'est plus joli en français, non?

- Regarde, papa...

Fais juste une prise, là, pour moi.

(soupir)

- J'appuie ici?

Pas de vulgarités.

- OK.

- Tu me le dis, hein, si je mets trop de pression?

- Oui.

Pour vrai, je pense que de rester assise

des journées de temps, ça m'aide pas.

- T'es pas en congé? - C'est à partir de lundi.

J'ai tellement hâte.

Ce n'est plus endurable au bureau avec les combats de coqs

entre ton père puis grand-papa.

Pour vrai, je comprends pas

pourquoi qu'il prend pas sa retraite?

(petit rire)

Puis comment qu'elle va ma tante?

- Moyen.

T'as vu les sondages?

- Oui. C'est catastrophique, hein?

En tout cas, tu... tu y diras que je la crois, moi.

Surtout qu'ils l'ont pas retrouvé son chauffeur de taxi.

Je veux dire si le chauffeur existe pas,

ça se pourrait que ce soit vrai son affaire de deepfake, là.

- Non, mais c'est vrai son affaire de deepfake.

- Oui, je sais.

C'est pas ça... c'est pas ça que je voulais dire.

- Je pense que ça va être beau pour aujourd'hui.

T'sais, oui, là! J'ai déjà entendu Françoise

dire des niaiseries quand elle était soûle, mais c'était...

c'était jamais des affaires qui étaient racistes.

- Bien non, mais ça lui arrive presque jamais de boire.

- Oui, oui! Je le sais, Steph. Mais c'est...

Dans le taxi, elle avait l'air clairement soûle. T'as pas l'impression?

- Prends-tu un autre rendez-vous? - Ah, oui.

- Bien, non. Garde ton argent là.

Tu m'aides déjà en t'occupant de mes rapports TPS/TVQ.

- Puis ça? Ça a aucun lien.

Ton rapport TPS, ça me prend cinq minutes. C'est simple comme bonjour.

- Simple pour toi, là. Mais pour moi, les petits chiffres puis la comptabilité,

je comprends rien. - Ah! C'est tellement drôle ton blocage

avec les chiffres, toi, avec la famille qu'on a.

Mais bon, ça fait pas mal mon affaire.

Qui qui me traiterait aussi bien si t'étais comptable, toi avec?

Merci, Steph. - De rien.

- Puis tu diras à Françoise que je vais quand même voter pour son parti.

- Bye.

- Tu devrais pas aller sur les réseaux sociaux.

(soupir)

- Je le sais.

Tout le monde me traite de vidange.

- Chut.

(respiration profonde)

- Le parti t'a demandé de te cacher?

- Non. Ça a l'air que c'est ici que je cause le moins de dommage.

(soupir)

Toi? Toi, t'as fini tôt?

- Je travaille mieux ici qu'au bureau.

- Françoise!

- Hé, ça te tentait pas de sonner avant d'entrer, toi?

- Faut que tu viennes.

On a droit à une autre crise.

(soupir)

- Je donne une conférence de presse dans deux heures.

(soupir) - Célestin!

Tu vas pas nous abandonner à quatre jours des élections, là?

- Non, Françoise.

J'ai pensé à quitter le parti, mais c'est pas la bonne solution.

C'est toi qui dois partir.

- Pas question.

J'ai absolument rien fait de mal.

- Personne n'y croit à ton histoire d'hypertrucage.

(soupir) Le parti va disparaître

de la carte aux élections si tu restes.

Là, on peut encore sauver les meubles.

On n'est pas un parti raciste,

c'est toi, Françoise Parent, qui es raciste.

- Hé! Oh! Non. Je t'interdis de dire ça, OK?

- Doucement. (soupir)

Célestin, Françoise nous a donné sa parole.

- Et moi, comme six millions d'électeurs,

j'ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.

Si tu annonces que tu me laisses la place comme chef,

le parti a encore une chance de faire un score honorable.

- Ah, c'est ça que tu veux?

Hein?

Tu veux être chef à ma place.

Non. Si je démissionne, ce serait comme admettre

que cette vidéo-là est réelle, et ça, je ferai jamais ça.

- Dans deux heures, je vais officiellement demander ton départ.

Et je serai pas seul. Maheux, Dussault, Lupien

vont être à mes côtés. Réfléchis bien, Françoise.

Nous, c'est décidé.

- Va chier.

- Bon après-midi.

(musique de tension)

- Tu vas pas les laisser faire, là?

- Pour le parti, c'est pas une mauvaise stratégie.

(soupir de Françoise)

- Fuck!

(gémissement de douleur)

- Ça va?

(soupir)

(Safia): Papa, papa! Tu peux-tu croire?

La vidéo a déjà été vue 50 000 fois!

- Vraiment? (Safia): T'es un hit là!

Je suis sûre que ça va convaincre du monde

de pas voter pour Françoise Parent.

(rire de Safia)

- Je suis content que ça te fasse plaisir, ma chérie.

(respiration haletante)

Mais honnêtement, je voudrais pas

que mes collègues au labo tombent là-dessus.

(Jibril): Daji? (rire)

- Je te rappelle.

(raclement de gorge)

(en arabe)

- Jibril? - Dr Jibril.

(en français): J'ai complété ma médecine à la Sorbonne.

- C'est vrai? - Oui! - Incroyable!

(rire) Le petit lionceau qui est devenu docteur.

- Hé, oui! (rire)

Ah! - Je t'aurais jamais reconnu.

Comment vont tes parents? (en arabe)

(en français): Très très bien.

- Tu t'es installé à Montréal, toi aussi?

- Moi, tu es fou?

(en arabe)

(en français): Viens!

Viens là, viens!

(rire de Jibril)

C'est un hôpital ultramoderne.

On fait de la recherche clinique et fondamentale.

- Donc tu n'as pas de subvention à quêter pour tes recherches.

Tu es chanceux. Je suis très heureux pour toi.

(en arabe)

(en français): Tu nous aiderais à faire des pas

de géant en imagerie médicale.

(petit rire) Et tu te ferais tellement d'argent!

Cinq fois plus que tu fais en ce moment.

- Ma vie est ici.

Je suis bien. Ma fille est bien.

- Oui.

Je me rappelle de Safia quand elle était bébé.

(petit rire)

À ce qu'il paraît, l'air occidental ne lui réussit pas?

- Non, non, au contraire. Elle est très bien.

Elle est très heureuse. Qui t'a parlé de Safia?

- Ah! C'est... des rumeurs.

(en arabe)

(en français): Sans vouloir te manquer de respect, ça te regarde pas.

On est installés au Québec maintenant.

(en arabe)

(en français): Réfléchis.

(en arabe)

(en français): Je suis pas intéressé.

- Regarde, je suis encore là pour quelques jours.

(en arabe)

(en français): Allez.

- Allô, papa!

- Ah! Je suis content que t'aies pu te libérer.

- Elle s'est-tu fait très mal?

- Elle s'est pas manquée.

- Allô!

- Veux-tu un verre de vin?

- Hum... non merci.

- Je ne suis plus du tout capable de me tourner.

- C'est arrivé comment?

- Juste après que le petit crisse

m'ait planté un couteau dans le dos.

- Célestin?

(soupir)

- On vire fou.

Même mon équipe doute de moi.

Ouch! Ouch, Stéphanie. Tu me fais mal.

(gémissement de douleur) - Oui, mais là, c'est parce que

c'est pas juste ton cou. C'est...

Oui, c'est tout le côté gauche.

(expiration profonde)

Peux-tu te tourner légèrement?

- Je t'ai dit que j'étais pas capable de me tourner!

Toi?

- Moi, quoi?

- Me crois-tu?

- Oui.

- Oui pour me faire plaisir ou oui, tu me crois?

- J'ai dit oui.

(soupir)

- Non, tu me crois pas.

Je le vois dans tes yeux, tu me crois pas.

(soupir)

Tu dis oui pour faire de l'évitement

parce que c'est juste ça que t'es capable de faire, toi, de l'évitement.

- OK! T'as pas besoin d'être méchante.

- Bien! Sois honnête!

- La vérité, c'est que je le sais pas!

- Ah! - Comment tu veux que je le sache?

Tu les as entendus autant que moi, les experts.

C'est dur de pas en tenir compte. - Ah! Bien oui.

Bien oui! C'est bien mieux de croire les experts

puis les petits amis de ton chum que ta propre mère. C'est ça?

Tu penses vraiment que je serais capable de faire ça?

Voyons, Stéphanie! Réveille-toi!

Regarde, va-t'en. Va-t'en, sors d'ici.

- Maman, franchement là. - Non! Tu me crois pas, bien je m'en fous.

OK! Je m'en fous. Je m'en fous. Va-t'en!

(pas dans l'escalier)

(musique dramatique)

(sirène)

(vibration ce cellulaire)

- Allô?

Maman est où?

- En salle d'opération. Ils essaient de la stabiliser.

- Qu'est-ce qui est arrivé?

- Hum...

Elle a raté une courbe.

Son char est rentré dans un lampadaire.

Elle avait bu.

- Mais si elle avait bu, pourquoi elle a pris l'auto?

Elle s'en allait où? - Je le sais pas, Stéphanie.

Regarde, on s'est engueulé.

Je lui ai dit qu'elle était pas en état puis elle est partie pareil.

- Mais... elle va-tu être correcte?

(musique dramatique)

(reniflement)

(Animateur radio): Triste nouvelle, ce matin.

Françoise Parent, la cheffe d'Option Québec,

récemment éclaboussée par une vidéo raciste,

a été impliquée en début de nuit

dans un grave accident automobile.

Elle est hospitalisée aux soins intensifs

dans un état stable, mais critique.

Elle n'aurait toujours pas repris conscience.

Un bulletin de santé devrait être émis

au cours de la matinée.

Évidemment, on vous tient au courant.

(musique dramatique)

- Ça sert à rien de t'en vouloir.

- Je m'en veux pas.

Regarde, je m'en veux, mais c'est pas ça le point.

- C'est quoi le point? Qu'est-ce tu cherches?

- Tu t'es trompé! OK?

Tous les médias puis les experts se sont trompés.

Ma mère a été victime d'un deepfake indétectable puis personne l'a aidée.

(soupir) - On pouvait pas l'aider, Stéphanie.

- Bien moi je vais l'aider. Je le sais

qu'elle dit la vérité. Je la connais, ma mère.

C'est où l'audio de tes entrevues?

(petit rire) - Tu veux de l'audio de mes entrevues?

- Oui. Puis tout ce que tu as ramassé sur le dossier de ma mère.

Patrice, j'ai besoin de comprendre.

- Oui! Oui.

Tiens. Je sais pas ce que tu cherches, mais il y a rien à cacher.

Je vais tout te transférer ça.

Mais je t'avertis Steph, il y en a pour des heures et des heures.

(musique intrigante)

(♪♪)

(fermeture de porte)

- Efek!

La compagnie Efek. Pourquoi vous en avez pas parlé?

- Efek? - Je le sais que c'est pour du cinéma,

mais c'est quand même des deepfakes qu'ils font!

Ils auraient été capables d'en faire un avec ma mère.

Pourquoi vous l'avez pas écrit? - J'ai enquêté.

C'est une balloune, Efek, là. Ils ont ramassé 80 millions,

mais c'est un feu de paille, leur affaire.

- T'as vérifié? - J'ai vérifié et contre-vérifié.

- Bien, es-tu allé les voir?

- Oui, j'ai parlé à leur PDG.

Il m'a dit la même chose que les autres,

ils font pas de deepfakes indétectables.

La technologie est juste pas encore là.

- 102 milliards de dollars.

102 milliards! Ça c'est la valeur estimée

de l'industrie du film en 2024.

Et s'il y a une industrie qui est appelée

à vivre une disruption totale, c'est bien celle-là.

Main-d'oeuvre coûteuse, capricieuse,

procédé de fabrication d'une inefficacité totale.

Avec l'intelligence artificielle, on peut changer tout ça.

Pourquoi utiliser des acteurs, des décors,

des caméras, quand tout ça peut être fait à l'intérieur...

d'un ordinateur?

Chez Efek, on offre un produit 100 % numérique.

Ouvrez grand vos yeux.

C'est une révolution qu'on propose.

(musique rythmée)

(coups de fusil)

Ce que vous voyez, ça a pas été filmé.

Tout ça vient directement de Mélios 3.0,

le modèle d'intelligence artificielle qu'on a entraîné.

Avec Mélios, on est les premiers au monde

capables de créer une séquence vidéo avec la même qualité

que si l'image avait été filmée par un studio hollywoodien.

(musique intrigante)

(musique de suspense)

(sirène)

(cri de rapace)

(♪♪)

(anglais)

Et, c'est pas tout.

Comme Mélios est avant tout un modèle de langage,

il suffit de taper quelques mots

pour obtenir une variation.

(japonais)

(rire)

(ukrainien)

Avec Mélios, on peut créer des acteurs de tous les âges,

de tous les types physiques. - Et si j'investis

les cinq millions, vous allez en faire quoi?

- Hum...

- OK.

La moitié s'en va à payer des dettes?

- Hum, oui! On a une petite dette de 20 millions

qui sert à payer les frais de nuage pour entraîner le modèle.

Avec les intérêts, ça peut donner un montant un peu...

- Ça rajoute pas de valeur ça.

J'ai pas de raisons... (toc-toc!)

- Dominique, faut qu'on se parle.

- Hum...

c'est parce que je suis avec M. Bérubé

de chez Capital Finance Montréal.

- C'est urgent.

- Hum... je suis désolé. Je vais... je reviens tout de suite.

- Bon! comment ça fonctionne?

- Toi, écoute-moi bien! - Non, toi, tu vas m'écouter!

Tu m'as juré qu'on aurait nos payes aujourd'hui.

- Tu me niaises-tu? T'interromps mon pitch

pour une histoire de payes? T'es-tu débile?

- Ça fait trois mois qu'on n'a pas reçu une cenne!

- Il y a cinq millions qui vont rentrer là là!

- Dominique, on l'a déjà vu ce film-là!

- On est payés ce matin, oui ou non?

- On l'a appelé Mélios en l'honneur de Georges Méliès,

l'inventeur des effets spéciaux au cinéma.

(Dominique): OK, regarde. Ma Tesla. Vendez-là.

Séparez-vous le cash. Je m'en câlisse, go! Elle est à vous autres!

- T'es un malade! On perd notre temps là. Oubliez ça.

- Non, non, non, non, non.

Non, partez pas là! Voyons!

OK, regarde. Je vais doubler votre participation

au programme d'achats d'actions.

(raclement de gorge) (Bérubé): Je dois y aller moi.

- Hé, vous avez oublié votre copie.

- Oh, ça sera pas nécessaire.

Voyons! Vous allez pas passer à côté de votre chance d'être millionnaires?

Écoutez, M. Bérubé. C'est...

la tension, mais ça se règle tout le temps.

- Regarde, bonne chance.

- Fuck!

- Je veux que tu les appelles.

- Qui ça?

- Efek. J'ai une liste de questions.

- Non, je vais pas les appeler.

J'ai déjà fait mon enquête. Il y a rien qui justifie que les rappelle.

- Bien, si tu le fais pas, je vais le faire moi-même.

(petit rire)

- Gâte-toi!

(nouvelles indistinctes)

- Tu vas te couper l'appétit, ma fille.

- On a déjà trois nouveaux role models qui ont dit oui.

Je vais les filmer demain.

- Pourquoi tu continues ta campagne?

Elle n'est plus dans la course, Françoise Parent.

- Bien elle est pas morte, Parent,

puis sa vidéo est immortelle.

- Chakchouka? - Oui, s'il te plaît. Ça sent bon.

- Tu devrais faire la prochaine avec moi pour apprendre.

(ding-dong!)

Attends!

(musique intrigante)

(ding-dong!)

(Safia): C'est qui? - Chut! Chut! Chut!

C'est Jibril, le fils d'un de mes anciens collègues.

- Pourquoi tu lui ouvres pas?

(toc-toc!) - Il fait de la recherche dans un hôpital

et il voudrait que je rentre au pays travailler avec lui.

- Hé, j'espère que tu y penses même pas?

- Non. J'ai décliné, évidemment.

- Puis il vient te relancer jusqu'ici? Envoie-le chier.

- Safia! (ding-dong!)

Je pense qu'il a été envoyé par des gens qui aiment pas qu'on leur dise non.

- Ça peut être dangereux? - Non, non. T'inquiète pas.

On est au Canada.

Il suffit d'attendre quelques jours et il va se lasser.

(ding-dong!) - Bien, il a pas l'air d'être pressé.

- Non.

(petit rire) C'est pas grave.

On va dîner. Doucement. (petit rire de Safia)

(musique intrigante)

- Hum... excusez-moi! Je...

Je suis journaliste. Juliette Tourigny.

Je voulais parler à Dominique Arcand.

J'ai essayé d'appeler mais la boîte est pleine. Est-ce qu'il est ici?

- Aucune idée. Je viens juste chercher mes affaires.

- Mais pouvez-vous vous informer s'il vous plaît?

(soupir)

(musique pesante)

(en arabe)

(en français): Quoi? De quoi tu veux parler?

- Je vais t'expliquer. Rentre.

Allez, viens! Juste monte.

(musique angoissante)

(sifflement)

(crissement de pneus)

- Avez-vous besoin d'aide?

(essoufflement)

(bip)

(respiration haletante)

- Ma fille...

Si tu vois ces images,

c'est qu'il m'est arrivé quelque chose, probablement un kidnapping.

Écoute, je dois te mettre au courant

de certains aspects de ma vie dont je ne t'ai jamais parlé.

(musique intrigante)

- Dominique fait dire qu'il a pas le temps.

- Hum... ça sera vraiment pas long.

- Arrangez-vous avec lui. Moi, je suis out.

(♪♪)

- Excusez-moi! Il y avait personne à la réception.

Ah! Vous êtes commis-comptable. Vous venez pour l'entrevue.

Hum... Fuck! Fuck! Fuck! Fuck! Fuck! Fuck!

Hum... oui. Venez avec moi.

Par ici.

Donc, vous êtes commis-comptable?

C'est pas facile de recruter dans votre domaine.

Hum... où c'est que j'ai mis le CV?

Hum... tant puis! Vous vous appelez?

- Juliette Tourigny.

- Parlez-moi de votre parcours, Juliette.

(sonnerie de cellulaire)

Ah! Hum... faut que je le prenne.

Allô?

Non! Non, non, non, non, non, non, non.

Tu parles de ça à personne.

Non. OK.

Fuck! Non, c'est beau, je m'en occupe. OK.

Hum... là, j'ai comme un feu à éteindre là.

Est-ce qu'on peut remettre l'entrevue à demain?

- Ah! Bien, oui, oui, sans problème.

- OK. Hum... mais vous allez revenir là?

- Oui. - Hum... j'ai comme un doute là.

Est-ce que vous avez un problème avec la vibe, ici ou...?

- Ah! Hum... non, non.

- Parce que c'est pas comme ça d'habitude. On a un petit mouvement de personnel.

On est un peu désorganisés. Mais vous allez voir, on...

on va se restructurer et on offre un environnement de travail très stimulant.

- J'en doute pas.

- OK. Hum... vous savez quoi? Je...

Mon associé va finir l'entrevue avec vous. Juste une minute.

Manu! Tu peux-tu finir l'entrevue avec la comptable?

- Je connais fuck all en comptabilité!

- Ah, là, man, on s'en câlisse! Je trouve personne.

Assure-toi que c'est pas une tueuse en série. (Manu): On va la payer comment?

(Dominique): L'argent va rentrer aujourd'hui ou demain. Je te l'ai dit.

Hum... il y a Manu qui va finir l'entrevue avec vous.

Hum...

- Bonjour! Manu.

- Hum... Juliette Tourigny.

- Alors, Juliette Tourigny,

avez-vous un CV?

Ah! Je l'ai pas avec moi. Je l'ai déjà envoyé.

- Ah, c'est pas grave. De toute façon, je connais rien en comptabilité.

Vous êtes bonne? Je veux dire, vous... vous êtes capable de faire la job?

- Ah, oui, oui. J'ai... quatre ans d'expérience.

- Parfait. Vous pouvez commencer quand?

- Demain?

- Super. Pour le salaire, hum...

je sais pas comment ça vaut, mais on va vous payer

ce qui est offert sur le marché. - Ah! Bien avant parler de salaire hum...

j'aimerais ça en connaître un peu plus sur l'entreprise.

- Oui? - Bien, c'est parce que c'est important pour moi

de travailler pour une compagnie qui...

qui a des valeurs compatibles avec les miennes.

- Les valeurs avant l'argent. C'est bien ça.

Qu'est-ce que vous voulez savoir?

Bien...

C'est quoi le but de la compagnie?

Comme vous cherchez à faire quoi? - Il y a deux réponses à ça.

Avec notre technologie, dans cinq, sept ans,

un kid dans son sous-sol va être capable de faire une production

aussi impressionnante que n'importe quel film des Avengers.

On va démocratiser la création.

- C'est super. - Hum.

Mais, on est aussi là pour faire des sous

puis pour en faire faire à nos actionnaires.

(soupir)

Une startup, c'est du gros capitalisme.

- Puis si je comprends bien, vous êtes capables

de créer des images à partir de rien?

- À partir de Mélios.

C'est une intelligence artificielle à qui on a fait bouffer des tonnes de données,

ce qui coûte très cher, d'où les investisseurs et le capitalisme.

- Hum, puis avec Mélios, est-ce que vous pourriez faire...

des deepfakes?

- Deepfake, c'est le mal ça.

Ah non, jamais.

Non, c'est l'affaire qui pourrait tuer notre business, ça.

À chaque fois qu'il y a un cave qui fait une connerie,

soit un revenge porn ou bien de la fraude,

notre bon gouvernement, il se dit qu'il faut qu'il se mette le nez là-dedans.

Sauf que la tech puis le gouvernement, ça marche pas ensemble.

(petit rire)

- Vous allez trouver vraiment ça bizarre, mais hum...

le deepfake de Françoise Parent d'Option Québec,

vous en pensez quoi?

- La politicienne? - Oui.

- Bien, c'est pas un deepfake. Je l'ai vu.

- Hum. Vous êtes sûr?

- Certain.

Les seuls sur la planète qui seraient capables

de générer une vidéo comme ça, c'est nous autres.

Puis hum... on toucherait pas à ça

même avec une pôle de 20 pieds.

Puis? J'ai-tu réussi mon entrevue?

- Le politicien sur la photo, c'est Célestin Michel?

Il travaille avec vous? - Non pas en tant que tel,

mais il nous donne un bon coup de main côté financement.

C'est un vieux chum à Dominique. Sur la photo, c'est...

c'est quand on a closé notre première ronde de financement.

20 millions. On était bien fiers.

Fait qu'on se voit demain, Juliette?

- Sans faute. (petit rire)

(musique rythmée)

- T'as pas travaillé chez Technova.

- Non. - T'es certaine que...

- C'est quoi, ton nom de famille?

- Tourigny.

- Puis tu te tiens-tu au café Millie?

- Hé, ça va être beau, l'interrogatoire.

Lâche-la avec tes questions. - Mais je suis sûr

que je l'ai déjà vue. - Juliette?

Bienvenue chez Efek.

On va passer dans mon bureau.

Sous-titrage: difuze

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