All language subtitles for Je.Suis.Timide.Mais.Je.Me.Soigne.1978.FRENCH.VOF.1080p.HDLight.AC3.2.0.H264

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Original subtitles

-En mai 1968,

poussé par le grand vent de liberté sexuelle qui soufflait sur la France,

je poursuivais de mes assiduités, Huguette M.

Brune, cultivée, ravissante

et de surcroît, locataire du 6e B.

*-Oui ?

-Je vous aime.

En mai, fais ce qu'il te plaît.

Musique entraînante

Je dois reconnaître que pendant les dix années qui suivirent,

mes relations avec Huguette n'atteignirent jamaïis

des sommets d'un érotisme torride.

*Oui ? -Je vous aime.

Musique entraînante

En mai 1978,

j'allais célébrer mes dix ans de vie commune avec Huguette.

“-Oui ? -Huguette, je vous aime.

*Montez.

-T-t-tout de suite ? *-Oui.

-Je peux repasser, parce que j'ai un…

*-Je vous attends. 6e B.

-Je vous en prie.

Je vous en prie.

Allez-y. -Merci.

-Je vous attends.

(-Oui.)

-6e B, je crois ? -Oui.

C'est lui qui vous aime, j'ai tout entendu.

Je l'ai vu, je l'ai vu, je l'ai vu. -Enfin…

C'est pas vrai ! -On peut se tromper.

Musique entraînante

La morale de mon aventure avec Huguette était limpide.

Je n'étais pas fait pour une vie amoureuse intense.

Eh bien, soit.

Puisque ma timidité m'interdisait de devenir un grand séducteur,

je deviendrai au moins

un grand caissier.

Oui.

Bien, tout de suite.

Je me résignais donc à l'idée de partager mon existence entre la TVA

et le service compris.

Musique douce

-Mademoiselle, s'il vous plaît.

-Le 17 décembre à 17h30, le destin malicieux

se jouait de mes bonnes résolutions.

Je comprenais à quelques signes anodins…

… Que je venais d'être victime d'un terrible coup de foudre.

Musique entraînante

-M. Renaud ? -Oui.

-À qui c'est, ça?

À vous,

dans 6 mois si vous le voulez.

Pas celle-là, c'est une de mes fiancées, mais une aussi belle.

Vous avez découpé notre annonce dans le journal sur la timidité ?

-Oui.

-Eh bien, je suis le représentant de la IPA,

l'Institut de psychologie avancée.

-Entrez.

-Asseyez-vous.

Depuis 1769... -Oh non, non…

- notre maison s'honore d'avoir guéri quelque 2 millions de clients.

Laissez-moi vous citer au hasard quelques cas de timidité vaincue.

Stendhal. Incapable de saluer sa logeuse,

six mois plus tard, écrit Le rouge et le…

-Le noir.

-Bravo.

Et pourtant, deux couleurs qui ne vont pas bien ensemble.

Robespierre, en 1788,

n'ose pas inviter sa cousine à danser les minouettes.

1790, il instaure la terreur,

il fait couper 120000 têtes. Bon score.

N'est-ce pas ?

Napoléon Bonaparte

est dominé par sa mère. On est tous passés par là.

Après quelques années,

laisse derrière lui l'Europe à feu et à sang.

Crac, crac, cric.

Plus près de nous… Monsieur,

s'il vous plaît, plus près de nous,

un petit peintre en bâtiment, n'ose pas demander

une augmentation à l'entrepreneur qui l'emploie.

Mais guéri, provoque le plus grand génocide de tous les temps

et passe

à la postérité sous le nom d'Adolf Hitler.

Plus près encore, Raoul Bay, ingénieur à Mont-de-Marsan

qui depuis des années souffrait d'un célibat forcé,

connaît les feux de la rampe en meneur de revue de l'Alcazar.

-Ingénieur.

-Je vous fais grâce de Cugnot, Fleming, Landru,

Paul VI et Eddy Merckx. -Non, non…

-Personnellement, je préfère Felice Gimondi.

Tous ces exemples sont des milliers de témoignages impartiaux,

que j'ai ici dans ma serviette,

pour vous prouver qu'il vous est possible, vous aussi,

d'accéder aux plus illustres des destins.

Le drame de la timidité, Monsieur Renaud,

voulez-vous que je vous le dise ?

C'est qu'elle ronge les ailes de l'ambition.

-C'est bien vrai, ça.

-Alors,

que redoutez-vous le plus ?

Tomber sur un cadavre, écraser un insecte rampant,

être invité dans un cocktail ?

Pour moi, c'est le cadavre.

-Non, non… C'est être invité dans un cocktail.

-Comme vous voulez.

Un rat crevé, un fantôme, un agent de police…

-Un agent de police. -On est d'accord.

Pam !

Stimuli émotionnel 9-18, intéressant.

Bien.

Tous les soirs, vous écoutez une demi-heure de relaxation psy,

dans la cassette numéro 1.

Les matins, prenez connaissance

du travail pratique de la journée dans la cassette numéro 2,

et que vous trouvez illustré dans le livre que je vous remets.

-Mais j'ai pas de magnétophone.

-Et voilà.

Je vous ai remonté cet article

que nous commercialisons sous notre marque,

et qui vous permettra de développer votre agressivité naissante.

Position d'agressivité !

Dans la vie, il faut se défendre. Et paf, vous voyez?

-Ça a l'air bien.

-Avec ça, dans 6 mois,

je vous garantis une amélioration sensible de votre timidité.

-Dans 6 mois. Mais dites, ça fait long, ça.

Il chantonne.

-J'ai pensé que pendant que vous serez là, à ramer sans rien faire,

vous pourrez

donner à votre peau ce mordoré qui vous amènera

une confiance nouvelle dans votre physique ingrat.

Et voilà.

Monsieur Renaud, merci.

-Au revoir, merci.

-Pour mettre tous les atouts de votre côté,

et si vous avez 20 francs,

je vous cède une patte de lapin que je tiens de ma grand-mère

et qui m'a tiré de bien des embarras.

-Ça a l'air bien.

Il chantonne.

-Vous ne seriez pas intéressé par un Break Citroën en très bon état?

-J'ai pas mon permis.

-Dommage. C'est une affaire.

J'aurais aimé vous en faire profiter. Hé…

-Hé…

*-Je suis la voix, je suis ton ami.

Désormais, tu n'es plus seul dans ce monde qui te fait si peur.

Maintenant, tu vas me faire confiance.

698.

699.

700.

J'ai dit 700.

-Il m'énerve.

“Et maintenant, 2 minutes de récréation.

Et on enchaîne. *Musique relaxante

Tu vas t'imaginer que tu es au centre de l'Univers,

que tout tourne autour de toi.

Les planêtes tournent autour de toi.

Les éfoiles tournent autour de toi.

Tout tourne autour de toi.

Les planètes…

-Stendhal s'était guéri.

Napoléon s'était guéri.

Et moi-même, je me sentais déjà mieux.

Paf !

Et repaf.

Musique douce

-Mademoiselle, contente de votre séjour à Vichy ?

-Ravie. -Et maintenant,

le Negresco à Nice.

C'est une ville très agréable. -Au revoir, mademoiselle.

* Scouic.

Stop. Je vais à Nice.

J'ai dit stop.

Stop. Je vais à Nice.

J'ai dit stop.

Je… Je vais à Nice.

Je suis pas arrivé à Nice, moi.

*Musique rythmée

*.--

(Merci.)

*.--

-Oh, le poupoune.

Kid.

*.--

Kid.

Chut.

C'est gentil, ça. Il est gentil. Il est gentil.

Oh, poupoune.

Vous inquiétez pas.

Il fait peur mais il est tout petit. C'est un bébé.

Chut.

-Un morceau ?

-Non, merci. J'ai pas faim.

-Pardon.

*.--

-Oh, qu'il est gentil. -Voilà.

-Tu dis merci ?

*.--

Oh.….

C'était mignon, ça. -Écoute ta maman.

-Arrête, Kid.

-Il m'a encore pris un petit bout.

Il m'a encore pris… -Kid.

C'est fini, ça ?

C'est fini. Il n'y en a plus.

Arrête. Kid, tu es fou, arrête.

C'est de la tendresse. Ça, c'est de la tendresse.

Alors, on fait du stop ?

-Oui, madame.

-Alors, on cherche l'aventure.

C'est que ça doit faire des ravages avec des yeux comme ça.

-Ouh, chien chien. -Fais pas ta mijaurée.

Je connais la vie, va.

Je sais bien ce que vous cherchez, vous autres.

Tous les mêmes.

-Non, madame, je vais à Nice.

-Ben on est pas arrivés.

*.--

*-Merci, Celtine. Le yaourt qui rend la taille fine.

-Moi, je connais un truc qui la rend encore plus fine.

Allez hop. C'est l'heure de la sieste.

-Je suis pas fatigué.

-Tu le seras tout à l'heure. Allez, monte.

-C'est pas la peine. -T'entends, Kid ?

Monsieur veut pas. Kid, tu m'aides.

Aide-moi. Allez, pousse-le. Pousse, Kid.

Non. Pas là-dessus !

Non. Lâchez-moi. Je dois descendre !

Merde !

Oh, nom de Dieu !

Mes voitures, mes voitures !

-Oh, Agnès.

Et dire que le trajet qui me mêne vers toi

est déja jalonné d'un horrible forfait.

Comment aurais-je pu faire comprendre ä cette femme au sourire si tendre

que je ne pouvais lui abandonner mon corps l'espace d'une nuit

puisque mon cœur, lui, soupirait ailleurs ?

Musique entraînante

Juché sur le camion qui me menait vers elle,

je me préparais à retrouver Agnéès.

Je ne doutais pas que l'intensité de mon amour

suppléait au négligé de ma tenue.

Musique romantique

-Par ici.

-Voilà.

-Vous allez où ?

-Dans ma suite.

-Pardon ?

-Qu'est-ce que je…

Le directeur, s'il vous plaît.

-Caissier ? Vous plaisantez ?

Plongeur, si vous voulez. -Plongeur ? Vous plaisantez.

Cette route si droite qui me menait à Agnès

venait de faire un virage inattendu.

Et pourquoi, Napoléon,

avant de mettre l'Europe à feu et à sang,

n'aurait-il pas traîné un peu dans les cuisines ?

-Oh, le Blanc. C'est le rythme qui compte.

Regarde un peu.

-ET JE PRENDS L'ASSIETTE

JE LAVE L'ASSIETTE JE LANCE L'ASSIETTE

JE RATTRAPE L'ASSIETTE J'ÉGOUTTE L'ASSIETTE

J'ESSUIE L'ASSIETTE JE REPOSE L'ASSIETTE

ET JE PRENDS L'ASSIETTE

JE LAVE L'ASSIETTE JE LANCE L'ASSIETTE

JE RATTRAPE L'ASSIETTE J'ÉGOUTTE L'ASSIETTE

J'ESSUIE L'ASSIETTE JE REPOSE L'ASSIETTE

-Allez, viens.

Toi, tu te mets ici.

-Trois, quatre…

-ET JE PRENDS L'ASSIETTE

JE LAVE L'ASSIETTE JE LANCE L'ASSIETTE

JE RATTRAPE L'ASSIETTE J'ESSUIE L'ASSIETTE

J'ÉGOUTTE L'ASSIETTE J'ESSUIE L'ASSIETTE

JE REPOSE L'ASSIETTE

Il continue à chanter seul.

-Paf !

Je la trouve pas, l'assiette

Il reprend la chanson.

Et…

Je prends l'assiette.

Je lave l'assiette.

J'égoutte l'assiette. Je pose l'assiette.

-Ce jeu-là, vous connaissez ?

"Je lave la porte.

J'essuie la porte.

Je prends la porte."

(-Moi ?)

Musique douce

Dès mon arrivée,

je trouvai le moyen idéal d'observer Agnès à la dérobée

pendant mes heures de pause.

Certes,

de la voir si belle et, de plus, solitaire,

conmfortait mon amour,

mais risquait, à la longue, de nuire à ma santé.

*-Maintenant que tu as acquis par la relaxation

une certaine confiance en toi,

nous pouvons aborder le 1er exercice pratique.

Je suis sûr que tu éprouves de l'angoisse

à demander certains articles dans les magasins.

Cherche bien celui qui te pose le plus de problèmes.

Maintenant que tu as trouvé, répète d'abord avec moi.

Je me sens bien, calme et rafraichi.

-JE ME SENS BIEN,

CALME ET RAFRAÎCHI.

*Musique relaxante

-D.…..

Deux slips.

-Je ne suis pas de la maison.

Madame Irène !

-Non, non, pas la peine. -Oui ? Monsieur ?

Vous désirez quelque chose ?

-Deux chemises, s'il vous plaît.

-Laissez, ne vous dérangez pas.

Beaux, n'est-ce pas ? -Oui, oui.

-Attendez, ce n'est pas votre taille. -Si, si.

C'est ma taille, c'est du 42.

-Non, c'est du 44. -Ça me va aussi.

C'est mieux même.

-Bon, passez-le vite, je vais vous faire le bas.

Là.

Musique entraînante

Ça va ?

-Oui.

-Oh !

-Ça va.

-Vous vous êtes pas fait mal ? -Non, non, ça va, ça va.

Il va très, très bien.

-Non, monsieur, passez le 42.

-Non, non, je les porte comme ça même. Vous voyez, c'est…

-Ah bon ? Bon.….

Je les mets avec les chemises.

-Non, non, je le garde sur moi.

Je voudrais deux slips. Non, en chemises, j'ai ce qu'il faut.

Non, ce que j'aimerais, c'est deux slips. Et vite. Deux slips. Oui.

"Bonjour, taille 42 ?"

Bonjour, madame.

Deux slips, vite.

-Pardon ?

-On est entre hommes. On a

son franc-parler, non ?

J'ai dit deux.

-Deux quoi ?

-42 quoi ?

-42.…

(SIi. Slips.) -42 slips ?

-42 ou 44, mais deux.

-Françoise ! Monsieur veut des slips !

(-Non, non, chut. Un ou deux, c'est tout.)

-Avec ou sans poche ?

-Oui, oui.

-Bikini ou droit ?

-Oui, aussi.

-Coton ou synthétique ? -Les deux.

-Quelle taille ?

-Du deux.

-Du deux ? Ça m'a l'air petit. Ce serait plutôt du quatre.

-Du deux ou du quatre.

-Ilda ! -Oui ?

-Pour monsieur, en slip, c'est du deux ou du quatre ?

-Du deux.

Il est comme Jean-Jacques.

-Oh non, penses-tu ?

Autant Jean-Jacques a la taille mince, autant monsieur est fort du bassin.

-Il est pas fort du bassin, il a les épaules étroites.

-Il a pas les épaules étroites !

Et puis tu compares à Jean-Jacques qui est foutu comme un dieu.

-Tu vas pas te mettre ça, tu as l'air ridicule.

-Vous désirez autre chose ?

-Non !

-Monsieur ! Monsieur !

Vous avez oublié vos slips !

-Après cette première victoire remportée sur moi-même

et sur ces commerçants hostiles, je révais de rencontrer Agnès, là,

tout de suite.

Je me sentais capable de l'aborder à la hussarde

et de conquérir d'un seul assaut cette citadelle imprenable.

-Monsieur ?

-Deux Alexandra, vite.

-Deux ?

-Deux... ou quatre.

-Oui, monsieur.

Musique martiale

-Encore heureux que je n'aie pas perdu toute dignité en sortant de ce bar.

À l'évidence,

une seule leçon ne me suffisait pas pour l'aborder.

Il me fallait pour l'instant poursuivre mon traitement

avec patience et humilité.

*-Tu vas apprendre

à t'adresser à des gens qui t'impressionnent.

-Qui ?

Monsieur, s'il vous plaît. -Quoi ?

-Je sais que votre temps est précieux mais je voudrais…

-Vous voudriez quoi ?

-Oh moi, je ne veux rien. Vous savez, je suis très très content d'être ici

au milieu de vous tous et de vous-même, Monsieur Henri.

-Et alors ?

-Voilà.

C'est au sujet d'une réorganisation totale du travail de la cuisine.

J'ai quelques idées personnelles à vous soumettre.

-C'est une blague ?

-Non… -Pensez plutôt à votre travail à vous.

-Monsieur Henri, s'il vous plaît.

-Quoi encore ?

-C'est au sujet de mon travail.

-Qu'est-ce qu'il a, votre travail ?

-J'étais sûr que ça vous intéresserait.

Voilà. Pardon.

Compte tenu que je prends les assiettes sales sur ma droite.

Vous me suivez ?

Compte tenu que ma poubelle se trouve située sur ma gauche.

J'opère un survol dangereux de mes eaux de vaisselle

que je risque de polluer au passage.

Tut ! Comme ça.

Sans compter le déplacement dans l'espace, d'où perte de temps,

perte de rentabilité, perte de profitabilité pour l'hôtel.

-Et alors ? -Alors que

si ma poubelle était située sur ma droite,

avec ma petite raclette… pouf ! Et le tour est joué.

-C'est très intéressant.

-C'est une idée à moi.

-Mes compliments.

-Cette fois, ça y était. J'étais guéri.

Je pouvais traiter d'égal à égal avec les grands de ce monde.

Je pouvais imposer ma personnalité ä qui bon me semblait.

-Fais attention…

C'est vous, M. Renaud ?

-M. Ferrari.

-Il est con, celui-là…

Regarde ce que t'as fait. Tu n'as pas vu que je freinais ?

-Ça va pas ?

-Cara mia. Je t'aime, je pense à toi.

Mais non, j'ai un petit retard.

Mais non, pas une femme.

(Un client de 600000.)

Sympathique,

tu sais. Il a peut-être encore besoin de moi.

Oui, à ce soir.

Oui, je fais attention à la casquette.

C'est son cadeau. Une très belle femme. Mais une tigresse.

C'est pour elle que je suis à Nice. Je ne dis pas plus.

Musique douce

-Je pouvais faire

partager à quelqu'un l'intense passion qui m'animait.

Vous allez voir, elle est merveilleuse.

-Oui, mais elle est loin.

-Non, mais elle est juste là, derrière la pointe, là-bas.

Ça va, Monsieur Ferrari ? -Quoi ?

J'ai perdu ma casquette !

On coule !

On coule !

Ave, Ave

Ave Maria

Ave, Ave

Ave Mari…

Ne me quittez pas !

Ave

-Ça va mieux, Monsieur Ferrari ?

-Tu peux me tutoyer, maintenant.

-Ah !

Où est ta casquette ?

-Perdue, maman.

Raz de marée…

-Je prends l'assiette

Je lave l'assiette Je lance l'assiette

Je rattrape l'assiette J'égoutte l'assiette

J'essuie l'assiette Je repose l'assiette

Paf ! -Bravo !

C'est bien, ton truc. Tu veux que je le fasse, moi ?

-Ouais.

-Attends…

-ET

-Je prends l'assiette

Je lave l'assiette Je lance l'assiette

Je casse l'assiette.

Non, ne t'inquiète pas, elle est sourde.

-C'est vrai que c'est une très belle femme mais une tigresse.

Musique douce

Pendant tout ce temps, je continuais bien sûr à épier Agnès.

Les stratagèmes et les camouflages dont j'usais

étaient dignes d'un indien cherokee ou d'un tireur d'élite japonais.

Indien, japonais, plongeur, même combat.

La ruse a toujours été l'arme des minorités opprimées.

-Mademoiselle, s'il vous plaît.

À vous, maintenant.

Tenez, vous vous rapprochez un petit peu de la balle.

Les mains.

Très bien.

-Oh, écoutez, mettez-vous derrière.

Je vais taper ma balle, allez.

-Oh là là.

C'est elle ? -Oui.

-Elle est superbe. -Je te l'avais dit.

-Laisse tomber.

Avec un faon comme ça, même moi, je n'attaque pas.

-Oui, mais toi, t'as ta maman, toi.

-Oh là là là.

Oh là là là.

-Vous êtes prêts, les enfants ? -Oui, mamma.

-Allez.

-Un, deux, un, deux, trois.

Bouge bien. Un, deux…

-Un, deux, trois.

-Détends-toi, un, deux.

Je te sens crispé.

C'est pas enfin que tu la tiens que tu dois faire une tête pareille.

-C'est toi que je tiens, ça change tout.

-Un… -DEUX, UN, DEUX, TROIS.

-Ça va, mamma ? -Très bien !

-Pourquoi tu t'habilles macabre

alors que t'as une veste à carreaux très élégante ?

Tu sais, ici, il faut de la classe.

Hmm, super.

Un petit coup.

À toi.

Et tâche de réussir.

Je serai pas là tous les soirs.

Merde.

*Musique rythmée

*.--

Salut.

*.--

-Elle est là.

Elle est là. -Et alors ?

Viens.

*.--

Il danse bien, ce mec.

*.--

Ça va ?

*.--

Vas-y. Tu souris et tu lui dis bonjour.

*.--

Tu fais quoi ?

-Je dis bonjour.

-Dis pas bonjour à tout le monde.

-Je dis pas bonjour, je marque le rythme.

-Si tu marques le rythme, elle peut pas comprendre que tu lui dis bonjour.

Arrête de bouger la tête, t'es ridicule.

Regarde-la franchement dans les yeux.

*.--

C'est pas difficile de regarder dans les yeux.

Alors ! Regarde-moi.

*.--

-Tu fais quoi ?

-Ta gueule, je marque le rythme.

On y va.

-Alors, on s'en va déjà ?

-Ne te retourne pas surtout.

T'as vu la puissance d'un regard ? C'est ça qui te fait encore défaut.

Allez, vite.

Cours, cours.

Et surtout, dans les yeux. T'as compris ?

-Oui.

-Non, pas là, dans les yeux.

C'est la dernière chose que je fais pour toi. Vas-y.

Hé. Où tu vas ?

(-Là.)

-Elle y est.

-400000, celle-là.

-Cette boule, au printemps, elle aura des bourgeons.

-On l'appelle Trinita. -Voilà ton homme.

Au travail, mon garçon, hein ?

(Dans les yeux, vas-y.)

(Vas-y.)

-ll recommence

le cinéma.

-C'est pas vrai.

-Ça y est ?

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Qu'est-ce qu'il te prend ?

-Il me regarde !

-Qu'est-ce que ça peut foutre ? Tout le monde te regarde.

-D'habitude, il aime bien ça.

-Il me regarde dans les yeux.

-Où tu veux qu'il te regarde ?

-Soyez gentil,

ne le regardez pas.

-Ça va, je veux bien qu'il me regarde. Mais qu'il me regarde globalement.

-Voilà, regardez-le globalement.

Il va nous faire une "nervouse

breakdown". Il y a 400000 en jeu, là.

-Je peux pas ! Il me casse le bras.

-Monsieur, allez. Mettez-vous derrière lui.

Autrement, on s'en sort plus. Mettez-vous là.

Ne le regardez plus. Il est derrière.

-Je suis sûr qu'il me regarde.

-Non, il te regarde pas.

-Personne ne vous regarde, M. Trinita.

-Toi, ta gueule ! [l va pas m'emmerder, celui-là.

-Et si tu t'occupais de tes boules et un peu moins des autres ?

-Vous voyez bien qu'il me regarde. Je vous l'avais dit !

-Qu'est-ce que ça peut foutre ? Il est dans ton dos.

-Et même dans mon dos, ça m'emmerde.

-Vous vous mettez là-bas au fond, autrement avec lui, on s'en sort plus.

Il la tirera jamais, cette boule !

-Qu'est-ce que vous avez à le regarder ?

-On le regarde pour voir s'il te regarde.

-Et alors ? Il me regarde ?

-Non, il te regarde pas.

-Alors, pourquoi vous le regardez ?

-On regarde où, alors ?

Tu veux pas qu'on vous regarde, alors, qu'est-ce qu'on regarde ?

-Les boules, vous regardez ! On est là pour jouer aux boules.

-Tu nous dis ça que ça fait une heure qu'on attend que tu la tires.

-Oh, merde !

-On l'appelle plus Trinita.

-Toi, je vais te…

Laissez-le-moi, celui-là.

Laissez-le-moi.

Les deux, là ! Les deux !

-Pierre ! Pierre !

Vas-y !

-Aldo ! Aldo !

-Pierre !

-Quel dommage

que ma bien-aimée ne joue pas à la pétanque.

Il m'eût été désormais facile, avec un minimum de moyens,

de lui faire percevoir l'intensité de mes sentiments.

Remarque… Toi, t'en as laissé un bout.

-Hé, surtout, on le dit pas à mamma. -Non.

C'est que…

Je n'ai jamais autant rigolé. -Oui ?

-On se marre.

-Hé, hé. -Chut.

Hé, hé. -Chut.

-Oh, oh !

Doucement, hein ?

-Je n'ai pas besoin de demander…

qui a lavé ce verre.

Sale.

Montrez-moi

comment vous faites.

-Pardon.

-Bon, j'ai compris.

Donnez-moi ça.

Pour commencer, regardez bien où je prends le verre.

En bas, pas en haut.

Pas là,

c'est le verre qu'il faut regarder. (-Oui.)

-Si je laisse l'eau couler normalement, il ne se passe rien.

Tout est à refaire.

Soyez un peu attentif.

Sinon, pas la peine de vous expliquer quelque chose.

Pour obtenir une pression suffisante, je serre doucement le bout du tuyau.

Vous voyez ?

Bon.

Regardez bien où je mets mon doigt.

Et observez le travail…

le travail de l'eau au fond du verre.

Intéressant, non ? -Oui.

-Bon voilà, à vous, maintenant.

Sale…

et maladroit.

-Viens.

*-Hôtel Negresco, bonjour.

-Bonjour. *-Hôtel Negresco, j'écoute.

-Oui ? *-Qui demandez-vous ?

-L'hôtel Negresco…

*-Mais c'est l'hôtel Negresco, monsieur.

-Euh… Bonjour. *-Oui, bonjour.

Qui demandez-vous, monsieur ?

-Je… Oh là là, ça part mal. -Ça s'arrange pas.

Et alors, t'as pas vu la force de ton regard ?

Il est temps que tu lui parles. T'as compris ?

Si tu veux pas passer ta vie à la regarder de loin.

Vas-y. Vas-y.

Tu fais quoi ? -Pour pas qu'ils me reconnaissent.

*-Hôtel Negresco, bonjour.

-C'est pas moi qui ai téléphoné tout à l'heure.

-S'il vous plaît, passez-moi le restaurant.

Réservez une table pour Monsieur Pierre Renaud.

Pour 12h30. Merci.

Je fais ton menu.

Pamplemousse, une sole grillée, un petit morceau de roquefort.

Et je crois que ça fait 100 francs. Pas plus, basta.

Pas de café, ça fait mal.

-Je vais manger tout ça ? -Oui, allez.

Ah, Pierre.

Vai.

Vai, vai.

*Musique douce au piano

*.--

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-J'ai réservé, Monsieur Henri. -Réservé quoi ?

-Une table, Monsieur Henri. C'est mon jour de congé.

*.--

-Conduisez-le au 12.

*.--

-Entre la colonne et Monsieur Henri,

je risquais d'avoir du mal ä ficher mon regard

dans celui d'Agnès.

-Si monsieur veut bien consulter notre carte.

-Un grapefruit cocktail et une sole meunière.

-Hélas, monsieur, trois fois hélas,

la sole nous fait aujourd'hui cruellement défaut.

Puisque vous aimez le poisson,

puis-je suggérer à monsieur notre homard à l'armoricaine,

qui est fort bien ?

Ily a une certaine différence de prix avec la sole.

C'est à monsieur de décider.

-Ah, oui, tiens, ça fait toujours plaisir, un petit homard.

-Et pour continuer, puis-je recommander à monsieur

nos petites cailles au raisin, façon maître d'hôtel ?

-Oui, oui, ce serait très bien.

-Pour conclure, nous prévoyons déjà

une petite omelette norvégienne ?

-Une petite alors, oui.

*Musique douce au piano

*.--

-Ah !

À nous deux, maintenant.

*.--

-S'il vous plaît, s'il vous plaît.

Alors, j'ai commencé par lui mettre un homard selon grosseur.

Et croyez-moi, la grosseur, elle va être selon.

-14000 et sans le service ! -Boum !

-J'ai suivi par des cailles au raisin.

-6800 ! -Boum !

-Et je le finis à l'omelette norvégienne.

-5400 ! -Boum !

*.--

-La petite addition de monsieur.

*.--

-Maître d'hôtel ? -Monsieur ?

-Un cognac.

*.--

-Un problème ?

-Une cloche qui ne peut pas payer son addition.

-Ah!

Oh là là là.

*Musique douce au piano

*.--

La voiture de monsieur est avancée.

(-Avancez-moi plutôt 300 francs.)

-Ils sont là, faccia de con.

*.--

-Maître d'hôtel ?

*.--

Vous me ferez porter un cigare, s'il vous plaît.

-Tout de suite, monsieur.

-Oh.….

Deux cigares, un pour mon chauffeur.

-Monsieur est trop bon.

Alors, elle t'a vu ?

-Il y avait une colonne. Mais dis donc,

j'ai bien bouffé. C'est cher, mais c'est bon.

-Oui. 400 francs, et elle t'a même pas vu.

-Tu sais, 400 francs pour le homard avec du vin,

moi, je trouve pas ça hors de prix. -Ah non.

Merci pour la veste et merci pour la casquette.

Ah, comme ça, tu trouves pas ça cher, hein ? 400 francs !

Alors que tiens, je la vois sans payer un rond. Tu vois ?

-Qu'est-ce qu'elle fait ? -Elle s'en va.

-Décidément, Agnès ne tenait pas en place.

Qu'est-ce qu'elle croyait ?

Que j'allais me lancer à sa poursuite et abandonner Aldo ?

Eh oui, j'abandonnais Aldo. Et j'avais le cœur serré.

Hop, devine !

Aldo.

-Mais t'es con. C'est pas vrai, putain.

Pourquoi je t'ai rencontré ?

Mais t'es con, franchement.

-Je lui ai dit.

Musique rythmée

-Tu sais, je serais pas toujours avec toi.

J'ai du travail, moi.

J'ai une petite amie, moi.

-Ah oui. La signorina à la casquette, là.

Une tigresse, là !

-Eh, il n'y a pas de héros indestructible.

Leçon numéro 12.

-Garçon !

-Garçon !

-T'as vu le héros ?

Attention, hein ! C'est une voiture qui n'a jamais couché dehors.

-Oui.

3400 francs. -Oh, non.

J'ai payé ça 9000 francs il y a même pas 8 ans.

-3400. -Mais jamais de la vie.

-3300.

-OK.

-On peut la louer, celle-là ?

I n'y avait pas lieu de regretter la vente de la voiture d'Aldo.

Cela me permettait de faire un bond dans l'échelle sociale.

Ayant quitté Nice plongeur, je faisais mon entrée à Deauville

en prince du pétrole.

Merci, mon petit Jules. Vous pouvez disposer.

Une chambre pour 2 nuits et vite, s'il vous plaît.

-Le 518 pour monsieur, vite.

-Je vous en prie. -Hein ?

-Je vous en prie.

-Après vous.

-Mais je vous en prie. -Après vous, monsieur.

Le numéro de la chambre, faccia de con.

-Le numéro de la chambre.

-518. -518.

C'est le 518. -Merci. Quand même.

Musique entraînante

-Mademoiselle Agnès ?

Hop ! T'as vu ? La classe.

-La classe. Du calme, hein ?

À ce prix-là.

-Oui ?

Alors ?

Grande classe.

Une seconde.

T'as 20 balles ?

Le champagne, donner des pourboires… Arrête de trinquer !

J'ai pas vendu ma voiture pour ça.

On est là pour des choses très importantes.

Et maintenant, les travaux d'approche, terminés.

-Oui ?

-C'est la manucure.

-Psst, psst !

La chambre 518, s'il vous plaît.

-Je vous débarrasse ?

-Merci. Je ne m'en sépare jamais.

-Monsieur ? -White Horse, comme mon cheval.

Et au trot !

(-Vas-y.)

(-Oui.….)

-Dites, monsieur,

un engin comme ça, ça doit être très difficile

à manier sur un cheval.

Il faut être très habile, n'est-ce pas, monsieur ?

-C'est une question

de souplesse du poignet et de l'épaule. Hop !

-Ah oui. -Hop ! Hop !

Tagada, tagada, allez, yah, yah !

-Qu'il est con.

Qu'il est con…

-Mettez tout sur la chambre 518.

Musique entraînante

Hop là !

C'est la bille qui…

-Tu crochètes bien avec tes doigts, comme ça, très fort.

-Ah ouais.

-Strike. -Ouais.

-Allez, viens. Vas-y.

Attends, attends.

Chut. S'il vous plaît.

-J'y vais ? -Mais oui.

Vas-y.

Vas-y. -Oui.

-Strike !

-Hop, hop, hop !

Salut !

-Vous savez vous en servir ?

-Oui, je monte à cheval.

Allez.

Musique entraînante

-Le voilà.

Oh, oh ! Youpi !

-Oh !

-1 minute 36. Bravo.

C'est mon ami.

-Oh oh !

-Oh oh !

Hé !

Mademoiselle, c'est toujours lui, mon ami.

C'est super.

Si vous voulez, je l'arrête.

Je l'arrête… si vous voulez.

-Hé, c'est toujours moi !

-Ah ! Ah!

Vas-y, bravo, bravo !

-Ouille !

-Il m'a même pas vu.

C'est un des plus doués de sa génération.

Hé, vous aimeriez en savoir plus ?

-Oh ! Oh !

Pouss…

Poussez-vous !

Hé !

Je peux pas freiner, c'est le…

Salut, bonjour.

Hé, psst.

Couché.

-Gaston, la marée monte !

-Eh beh…

-Des garçons comme votre ami, ça ne m'intéresse pas du tout.

Cette faune de palaces, depuis un mois, j'en ai soupé.

-Les palaces, c'est là que nous vivons tous.

Vous comme nous. C'est le drame de la fortune.

-Moi, ce n'est pas le drame de la fortune.

-Pourquoi vous êtes là ?

-Parce que j'ai su calculer en spaghetti

la distance de la Terre à la Lune.

-En spaghetti ?

-La gagnante du grand concours "Un mois de rêve"

grâce aux pâtes Rivoire et Carret…

Mademoiselle Agnès Jensen !

On l'applaudit !

Très fort, encore plus fort !

Mademoiselle Jensen,

pouvez-vous nous dire comment vous avez fait

pour trouver la bonne réponse ?

-J'ai mesuré.

-Elle a mesuré. Vous entendez, mesdames ?

Elle a mesuré la distance de la Terre à la Lune.

On peut dire qu'elle a bien mérité ce séjour…

merveilleux dans les plus grands palaces, de Vichy à Doville.

Dans les milieux les plus raffinés.

Dans les clubs

les plus fermés.

Mais sérieusement, vous avez mesuré ?

-Monsieur Ferrari a téléphoné, il vous attend au casino.

-Au casino ?

-Et il a insisté pour que je vous dise

d'être surtout bien naturel.

-Bien naturel ?

-Bien naturel.

-Bien… bien naturel.

-Messieurs, faites vos jeux.

Les jeux sont faits. -RIEN NE VA PLUS.

-Poussez le jeton devant elle.

Souriez, mademoiselle.

Vous êtes riche.

Merci, vous avez dix minutes.

-Alors vous, vous avez bien joué.

-Je ne joue pas. Je paie mon voyage.

-Mademoiselle,

je vous dis que Pierre est plongeur.

-Vous en connaissez beaucoup des plongeurs qui jouent du polo ?

-Attendez, tout va s'expliquer.

Le voilà.

-Personnel.

-C'est ça, votre plongeur ?

-C'est un affreux malentendu.

-Non, non. Laissez-le faire.

-Ça va, mon petit Marcel ?

Quai d'Orsay ?

-Psst.

-Qu'est-ce qui sort ce soir ? -Le 18.

-Le 15.

-Rien ne va plus.

15, noir, impair et manque.

-C'est moi…

-Faites vos jeux.

Il chante.

-Personnel, merci. -Merci, monsieur.

-Vous savez, au fond, c'est un grand timide.

D'ailleurs, il se soigne.

-Je vois.

Le traitement a l'air d'agir. -C'est moi.

-Faites vos jeux, messieurs.

-10000 ou banco.

-Banco.

-Il ne sait même pas ce que ça veut dire.

-Ça y est, on est riche. -C'est une vendeuse.

-Quoi ? -Elle a gagné un concours.

Elle aime que les pauvres, je te dis.

-On est pauvres. -Avec ce que tu as dans les bras ?

-Qu'est-ce qu'on va faire ?

-Montre-lui ta carte de sécurité sociale.

-Je l'ai pas. -Ca fait rien.

On va lui expliquer. -24, noir, impaire et passe.

-Monsieur, vous avez gagné.

-Encore ?

J'allais pas venir, je l'avais mis là.

Psst. Aldo, viens voir.

-Quoi ? -Je l'avais posé là et…

-Oh, fais attention où tu poses ton argent.

Il faut être toujours derrière toi.

-Qu'est-ce qu'on va lui dire ? -Je ne sais plus.

Ça devient dur.

Mademoiselle, ne partez pas.

J'ai dû vendre ma voiture pour qu'il puisse jouer ce soir.

-Comme ça, il va pouvoir vous offrir une Rolls, votre prolétaire.

-Au moins, il nous reste l'argent.

-Ça y est, c'est arrangé. J'ai tout perdu.

Elle aime pas les riches. -En plus, on est pauvre.

-Comment lui faire croire qu'on est vraiment pauvre ?

-Comment faire croire à l'hôtel qu'on est riche ?

Pierre, demain matin, on se tire.

-Sans Agnès ? -Oublie-la.

C'est pas une femme pour nous. Elle est trop pauvre.

-C'est pas une différence de classe sociale qui va m'arrêter.

Dans quelques secondes, j'allais redescendre,

ma bien-aimée dans les bras,

tel Steve McQueen dans La Tour infernale.

Le courageux pompier saurait bien lui faire oublier l'odieux millionnaire

et jaurais eu le temps de la convaincre

de la profondeur de mes sentiments.

Go !

Musique entraînante

-Quoi ?

-Au feu !

-Mais où ?

-Je vais l'éteindre. On recommence.

-Fausse alarme.

-Au secours, sauvez-moi ! -Je suis pris !

Au feu ! Cette fois, c'est l'heure ! -Oh oh !

Y a pas de feu. Pas plus que de plongeur ou de pompier.

Vous trouvez pas que cette plaisanterie a assez duré ?

-Ouvrez, s'il vous plaît.

Madame, ouvrez ! -J'ouvre.

Filons en douce.

Hé, hé ! Dépêche-toi !

Alors, ça a marché ? -Non.

-Hein ? -Non.

-Ah.

Lâche ça !

Tu vas nous faire repérer ! -C'est tout ce qu'il me reste d'elle !

-Cours, cours ! -Agnès !

-Un tailleur Georges Rech.

-Alors, un tailleur et un… Alors, pas de tache,

pas d'accroc, pas de brûlure.

Oh, vite.

-Un manteau de daim. -Alors, un manteau de daim,

pas de tache, pas d'accroc, pas de brûlure.

Remue-toi.

Alors, un sac Sauvagnat, modèle sport,

un modèle ville,

la mallette et le vanity case.

Bon, ben… Ensuite…

-Pardon.

Désolé, c'est une cloche. On s'y est laissé prendre.

Il avait loué une voiture.

[l avait même pas de quoi payer sa chambre. Je vous en prie.

Quant au coup du feu, alors ça, on sait pas ce qui lui a pris.

-Salut.

-Pardon.

Bah montez devant. -Non, merci.

-Nous étions le 15 décembre.

Le degré hygrométrique dans le ciel et dans mon cœur,

était élevé.

Dans ma course foile, j'avais tout perdu.

Mon emploi de caissier principal, 6 millions en une seule nuift.

J'avais même perdu Agnès.

Oh, et j'oubliais.

Deux slips de taille 42.

Qui, il faut le reconnaître, me serraient horriblement.

-Alors, pas trop triste que ça soit fini ?

Vous reprenez votre travail demain ?

-Oui.

Dites-moi, Gilles,

qu'est-ce que c'est pour vous qu'un type qui met le feu à un hôtel ?

-Un incendiaire.

-Et un type qui met le feu par amour ?

-Oh, ben c'est un con.

Musique douce

-Décidément, j'aime bien les cons.

-J'ose pas. Vas-y, toi.

-T'oses pas, hein ?

Quand c'était pour vendre ma voiture, t'oses bien.

Et pourtant, c'est pas difficile de faire du stop.

Tu sais, Pierre, tu m'auras pas toujours avec toi.

Tu vois ?

C'est pas sorcier. Tout est dans le regard.

-C'est une camionnette. On va pas monter dans une camionnette, non ?

-Ah oui.

-Il s'accroche. -Oui.

N'insiste pas, on vient pas !

-On l'a échappé belle, hein ? -Oui.

Musique douce

Allez, viens, on y va. -On y va, allez.

Musique entraînante

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