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[cigales]
[informations radio]
43 Ă Lille, 45 Ă Nantes, 46 Ă Marseille :
vous ne rĂȘvez pas, ce sont les tempĂ©ratures annoncĂ©es
pour les prochains jours.
Un dĂŽme de chaleur s'installe sur la France.
Il est déconseillé aux personnes ùgées et aux enfants de sortir.
Ăvitez toute activitĂ© physique et surveillez vos voisins.
Dans le cadre du plan canicule, un numéro vert a été mis en place.
[musique entraĂźnante]
Allez, arrĂȘte ton cinĂ©ma.
Hm ?
Ho, Denise.
- [coup] - Debout, j'ai faim.
Denise !
C'est pas vrai.
[bruit de pas]
[verre]
[elle crie]
Je t'avais dit de pas laisser les portes ouvertes.
Quel cinéma elle me fait...
[musique de suspense]
[raclement]
[rire gras de l'homme]
[télévision]
[elle hurle]
[télévision]
[musique espiĂšgle]
[l'homme gémit]
[gémissement étouffé]
[respiration sifflante]
[elle respire fort]
[elle souffle]
[télévision]
L'incendie fait rage.
Ces images montrent un spectacle de désolation.
[Nicole] Il était une fois...
l'histoire d'une femme sur son balcon et d'un homme trĂšs beau.
[elle soupire]
[cliquetis répétés]
[télévision]
[respiration forte]
[gémissement]
[grincements]
[la musique accélÚre]
- [claquement de porte] - [cri de peur]
Denise, j'ai eu peur !
Oh non, mon Dieu. C'est pas vrai, qu'est-ce qui...
- Viens t'asseoir. - J'ai la tĂȘte qui tourne.
Assois-toi, assois-toi.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Attends.
Bouge pas.
Brad, doucement.
Je vais te chercher un verre d'eau, d'accord ?
- Denise. - Hm ?
Tu veux que j'appelle la police ?
Je veux bien que t'appelles le SAMU.
Il a glissé sur le balcon.
Et avec l'eau,
il s'est pris...
la pelle.
Il respire plus.
(Oh non.)
[elle rit]
(J'ai peur de pas réussir à cacher ma joie.)
[Denise rit]
- Je les appelle. - (Merci.)
Tout de suite.
[musique douce]
Prends pas ça, c'est à Nicole.
- Ăa va. - Non !
- Tu viens Ă la plage ? - Faut que je travaille.
- Désolée. - Avec cette chaleur ?
(Chut. DĂ©pĂȘche-toi. Allez-y.)
(Les gars, deux secondes.)
(Je vous aime trop.)
(Vous me rappelez ?)
(File, dĂ©pĂȘche-toi.)
- (Bisous.) - (Bisous.)
[le chien aboie]
LĂ -bas.
[sifflement]
[interjections masculines]
Tu peux me mettre de la crĂšme dans le dos ?
Oui.
J'ai une nouvelle idée pour mon livre.
Raconte.
Une histoire d'amour.
- Hm ? - Entre une femme, bah...
un peu comme moi, quoi.
Et...
elle observe un homme en face.
Mais un homme...
[jazz languissant]
sublime.
Mystérieux.
Tous les jours, il est Ă sa fenĂȘtre.
Il se lĂšve Ă six heures du matin.
Il fait son sport.
Il se douche, il se rase.
Il se coupe les ongles.
Il saute le repas du midi et ensuite,
il va s'enfermer au fond de son appartement
et on le revoit pas jusqu'au soir.
Elle entend juste la musique qu'il écoute, du jazz.
Et...
Chaque chanson,
c'est comme s'il essayait d'entrer en communication avec elle.
Hm.
Ouais,
il observe aussi cette fille.
Cette fille au physique plutĂŽt banal, quoi. Elle est pas...
[Ruby] Mais écris, écris une nouvelle érotique !
- C'est bien, ça. - Non !
C'est un rapport intellectuel. Ils se parlent de balcon Ă balcon.
Ah...
- [sifflement] - Allez, ma belle !
Tu montres plus ?
Les voisins te regardent, tu veux pas mettre un t-shirt ?
S'ils sont pas contents, ils regardent ailleurs.
C'est des seins, les gars !
Whoohoo !
Vous ĂȘtes contents, vous les voyez bien, mes boobies ?
Vous avez mis de cÎté ce qu'on a esquissé
sur les principes narratifs.
La question, c'est de retendre le personnage...
Vous demandez sans cesse
pourquoi dire les choses, mais je me demande comment les dire.
Je suis désolée, mais ces mécanismes,
sauveur, sauvé, conflit,
je sais pas si c'est comme ça que j'ai envie de raconter.
Je me dis que réinventer...
Trouver d'autres dynamismes de romantisme, par exemple...
Et comment capter l'attention de vos lecteurs ?
Justement, l'idée que j'ai eue...
Avant de désapprendre, il faut apprendre.
Donc, de toute façon, on se revoit demain.
En groupe. Et n'oubliez pas le virement.
- Non. Bonne journée. - [klaxons]
Au revoir.
[moteur]
[Nicole] Qu'est-ce qui se passe ?
[bruit de surprise]
[un homme crie] Vous faites quoi, lĂ ?
Ma voiture !
Bouge.
- [interjections] - [klaxons]
Dégage de là !
Connasse.
[souffle court]
[musique curieuse]
[Nicole] Ălise ?
Attends, j'arrive.
(Je vais mourir.)
Qu'est-ce qui se passe ?
- J'arrive plus Ă respirer. - Quoi ?
J'arrive pas. Ăa va pas.
- LĂšve-toi. - J'ai la tĂȘte qui tourne.
Allez, viens.
- Respire. - [Ruby] Ălise ?
Qu'est-ce que tu fous lĂ ?
Ăa fait plaisir de te voir, la revenante.
[musique entraĂźnante]
[aboiements]
Brad !
- Viens, Ălise. - Brad.
Ruby, un verre d'eau. Ălise, tout va bien.
Non, je...
Mais si, tu peux respirer.
Respire, voilĂ . Respire.
Je vous jure, je respire pas.
- Faut respirer, en fait. - Ruby est lĂ ...
ArrĂȘte de dire "Respire", je peux pas !
[Nicole] T'as fait la route depuis Paris seule ?
Je sais pas ce qui m'a pris, j'ai senti un truc monter,
j'ai terminé le tournage, j'ai pas réussi à rentrer,
j'ai pris la voiture de Paul.
Et les clĂ©s sont oĂč ?
Elle a dĂ» les laisser sur le contact.
Ruby, t'as pas ton permis !
- [souffle court] - [porte]
- Je n'arrive plus. - Mais si.
- Attends, Ălise. - Je rigole pas.
Tu te tais. Tu bouges pas.
Respire avec moi.
[Nicole souffle]
Respire. Je t'écrase, c'est normal,
ça va te faire du bien, tu te connectes.
C'est comme une vague.
Tu l'accueilles, voilĂ , tu l'accueilles.
Elle est lĂ .
Elle passe.
[elles soufflent]
- Elle est passée. - Aïe !
[elles rient]
[Ălise rit]
VoilĂ .
Allez.
- Tu m'as fait mal au genou. - Mais non.
- [aboiement] - [rire]
- Tu peux l'éloigner ? J'ai peur. - Non,
fallait qu'il te sente, te caresse.
Faut qu'il s'habitue Ă toi.
Mais... Il est gros.
[Brad gémit]
On dirait mon ex Yann, tu trouves pas ?
Alors lui, c'est Brad.
Brad le Pit.
[elles rient]
On va le castrer, faut qu'il se calme.
Oh non...
Mais... Il a mĂȘme pas l'air Ă©nervĂ©.
Faut peut-ĂȘtre pas le castrer.
- [Ruby rit] - [sirĂšne]
Non, parce que...
C'est pas...
[elle rit]
Il va tomber amoureux d'elle, c'est sûr.
On tombe toujours amoureux des gens libres.
Jusqu'Ă ce qu'on les attrape.
Mon sac !
Ruby !
Ruby !
- Oui ? - Son sac.
- Son sac ! - Ah.
- Sa voiture... - C'est toi, Ruby ?
- Oh la la... - Ouais.
Tu le connais ?
Non. Il vient d'emménager, je le connais pas.
Enfin, je l'ai croisé à l'épicerie, je lui ai montré mon cul.
Tu dis n'importe quoi. ArrĂȘte !
[pet]
[rires]
Oh non ! Non, non, non.
J'ai ton sac.
[sonnerie de téléphone]
Qu'est-ce qu'il y a ?
[sonnerie de téléphone] Paul d'amour.
[jazz mélancolique]
Paul d'amour.
[Ruby] J'ai pris son numéro.
Ah ouais ?
Faut bien qu'on le rembourse, le pauvre.
Euh...
Méga beau gosse, là .
- Mouais, non. - Ah si.
- Il est méga beau gosse. - Il est pas non plus...
Il est normal.
Tu lui envoies un message ?
[Nicole pouffe]
- Bah... - N'importe quoi.
Encore...
Encore désolée pour ta voiture.
Quel est ton prix ?
- "Quel est ton prix ?" - Bah oui !
- Bah oui. - Quel est ton prix...
Les...
Les femmes au balcon.
[elles pouffent]
[notification]
Nouveau message de Paul d'amour.
[petit cri]
Allez, Ălise, chĂ©rie, arrĂȘte ton cinĂ©ma, t'es bĂȘte.
Tu réagis mal.
Enfin bon. J'entre en audience, lĂ .
J'ai envie de toi,
tu peux pas savoir comme j'ai envie de toi.
Je t'aime.
Hier ou aujourd'hui, ça montre le début dans plein de mouvements,
et c'est pas le moment de lĂącher...
[le reportage continue]
[gémissements féminins]
[un homme] Je bande toujours pas.
Tu me montres tes fesses ?
Mes petites fesses sur ton visage ?
[sanglots] Mais je les sens pas.
Mais si ! Ma petite chatte sur ta bouche.
[sanglots] Je veux passer ma vie avec toi.
Bon, euh..
Victor, qu'est-ce qui va pas ?
Je te sens pas, qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui t'arrive ? Parle-moi.
C'est juste que ma vie, c'est de la merde,
mon patron me déteste,
mes collĂšgues et ma famille aussi. J'en peux plus.
J'arrive plus Ă bander.
Mais c'est pas grave. Raconte-moi, c'est ton frĂšre ?
VoilĂ .
Tu vas ĂȘtre bien, lĂ .
[elle soupire]
Non, eh,
chérie. Tu me racontes ?
Parfois, j'ai envie...
- de sauter par la fenĂȘtre. - Ăa va pas ou quoi ?
Tout va bien, tu restes lĂ .
[sonnerie de téléphone] Paul d'amour.
Oh non, c'est Paul. Je sais pas quoi lui dire.
Tu lui dis que tu sais pas quoi lui dire, la vérité !
- Oui, Paul ? - Ălise ?
Enfin, t'es oĂč ? Tu m'expliques ?
Oui, euh... Je sais pas quoi te dire...
- Tu fuis ! - Non, j'ai pas voulu fuir.
- (Nicole est en dépression.) - Je m'en fous.
Elle voulait sauter par la fenĂȘtre.
Ruby m'a appelé, j'ai déboulé et...
Pourquoi tu fuis ? Tu supportes rien.
Je fuis pas, je te dis.
J'ai cru devenir fou, moi !
[Ruby gémit]
Et ta plaidoirie ?
- Elle a coupĂ© la tĂȘte de son mari. - CoupĂ© la tĂȘte ?
- Je le sens bien, lĂ . - Vas-y.
- Oh oui. - Ăa monte.
- Ăa monte ! - Oui !
[elle crie]
- C'est beau ! - C'est pas trop chaud ?
Non, vas-y.
- Hmmm. - [Ruby rit]
- C'est bon ? - C'est magnifique.
TrĂšs bon.
Y a pas de basilic dans la bouillabaisse ?
Si le paradis a une odeur, c'est celle du basilic.
Non, c'est celle de ma culotte. Beaucoup paient pour ça.
Moi, je paierais
pour que tu les laves, si je peux me permettre.
- Oh dis ! - [tape]
ArrĂȘte !
[rires]
Oh, il est lĂ ! Oh putain.
- Il est en caleçon ! - ArrĂȘte !
- Oulouloulou. - Il va te voir.
Il sait qu'on le mate.
[bruit de surprise]
Je suis tout excitée rien que d'imaginer sa petite courgette.
- Il est en slip ? - Il est en calebar.
- [notification] - Il m'a envoyé un message, merde !
"Ăa va vous coĂ»ter trĂšs..."
- Il est joueur, ce petit chou. - [rires]
Oh my God, oh my God.
Je suis excitée. T'es excitée, toi ?
ArrĂȘte, Ruby.
Tu l'aimes bien, avoue !
Mais Ruby !
- [cris] - [jazz doux]
T'es chiante ! C'est beaucoup trop !
Hola les girls !
Hola !
Ouais Enzo !
- [interjections] - C'est Marseille, bébé !
[bavardages]
[léger brouhaha]
[sirĂšne au loin]
[informations]
- Bradie... - La canicule donne des vertiges,
et dans les cas les plus graves,
le coup de chaleur peut dégénérer en coma...
C'est de pire en pire.
On va tous mourir dans quelques années. On sera plus là .
ArrĂȘte, c'est juste la Terre qui se venge.
Elle se défend. Elle a dépassé son quota de tolérance.
Ăa me dĂ©prime. Stop, tu nous dĂ©primes, lĂ !
Bah va changer la radio.
- Bah j'y vais. - ArrĂȘtez de vous engueuler.
- [musique rock] - Voilà , j'ai changé.
On a pas trinqué !
[ensemble] Santé.
Ă l'amour, Ă la vie...
- [ensemble] Ă nous. - Et Ă Brad, surtout.
[rires]
J'ai remarqué
qu'on peut ĂȘtre vraiment nous-mĂȘmes qu'entre nous.
["Down in Mexico", de The Coasters]
[Ălise] J'adore celle-lĂ , moi aussi.
[Nicole] Ăa y est, elle va se mettre Ă danser.
ArrĂȘte, il est en train de regarder.
Vas-y !
[rires]
ArrĂȘtez !
Viens danser.
Allez, viens !
[rires et bavardages]
[Ălise] Il danse, regardez-le.
[rires]
[Ruby le siffle]
Allez, vas-y, encore !
Regarde ton téléphone !
- C'est pas vrai. - Il rigole.
(Il a envoyé un message !)
Alors, ce constat ?
[Ruby l'imite]
Il a cette voix-lĂ ?
- Ăa va pas avec son corps. - (Chut.)
Bonsoir, excusez-moi, c'est... Bah, c'est nous.
[rires]
- En fait, mon amie ne va pas bien... - Je veux bien
vous rembourser, mais je préfÚrerais en cash.
Elle a pris la voiture de son mari et veut pas qu'il sache.
Vas-y, raconte ma vie.
- Pardon, mais... - Mais t'as envoyé !
C'est pas trĂšs grave.
- Il écoute ! - Il va répondre, j'ai honte.
Venez boire un verre, et vous me rapportez mon argent.
[musique joyeuse]
- Non, je suis trop moche. - Si !
- ArrĂȘte avec ça, t'es chiante. - Je dois Ă©crire.
Il est hyper gentil, je l'ai rencontré.
- On fait rien toutes les 3. - J'écris mieux le soir.
J'ai beaucoup d'inspiration le soir.
Mais espĂšce de grosse mytho !
Je suis ridicule... Je peux pas.
Non, pour une fois que tu sors de ton balcon !
Tu viens, allez.
- Dehors, c'est dangereux. - On va de l'autre cÎté de la rue.
- [sonnerie de téléphone] - [bavardages]
Je suis super moche, je le connais pas.
Paul m'appelle, c'est pas possible.
C'est lĂ .
- J'ai pas une soirée tranquille. - Paul d'amour.
[elles pouffent]
[une femme ùgée] C'est qui ?
- 4e gauche. - C'est bon.
[elles chantent ensemble]
["Calor", de Concha Valesco]
Hello, y a quelqu'un ?
On est lĂ avec du vin et ton argent.
Les filles, faites comme chez vous. J'arrive.
Mettez-vous Ă l'aise.
Purée, il est riche.
- Putain, c'est canon ! - Merci, c'est gentil.
- Un peu froid, mais j'aime. - C'est des anciens bureaux.
Tu reviens de voyage ?
Non, je pars.
- OĂč ça ? - Aux Seychelles.
- Et quand ? - Demain.
Wow.
Il est super beau, ce tableau.
C'est Dorian Cohen, un artiste contemporain.
- C'est une tempĂȘte ? - PlutĂŽt des arbres qui dansent.
Tout est un peu faux.
Chacun est éclairé d'une façon peu naturelle
et y a un projecteur comme au théùtre.
Et... Ăa veut dire quoi ?
[il pouffe] C'est un interrogatoire ?
Un peu d'imagination.
- Tiens. - Merci.
Je t'en prie. Tiens.
On dirait du Helmut Newton.
- C'est trĂšs beau. - Ce sont vos photos ?
- Ouais. - C'est mon rĂȘve, de faire ça.
Elles sont magnifiques. Et les modÚles aussi, bien sûr.
Merci, c'est gentil.
J'essaie de capter le vrai chez la femme,
de choper l'énergie féminine, l'ùme...
[pet]
- Oh. - [il s'éclaircit la gorge]
TrĂšs impressionnant.
[Ruby] Si jamais t'as besoin d'un modĂšle,
- je suis dispo. - Attention, ça va facturer cher.
[Ruby rit]
Je peux te demander ce que t'as lĂ ?
Pardon.
C'est le Barba de Amarilla qui crache son venin.
Le Barba de Amarilla.
Vous vendez vos photos ?
Oui, Ă des magazines, des galeries d'art.
Et toi, tu fais quoi ?
Je suis camgirl.
Ah !
Ah oui, d'accord. [il rit]
Excuse-moi, c'est pas ce que je voulais dire.
- Y a pas de... - T'es mal Ă l'aise.
- Je suis pas mal à l'aise. - T'es choqué !
- Mais arrĂȘte. - Non, mais...
Je fais pas que ça pour l'argent, j'adore.
Ouais.
Je...
Je fais plaisir,
- je réconforte. - Tu réconfortes.
Bah oui !
C'est quoi, vos prénoms ?
Moi, tu le connais, non ?
- Ruby. - Ruby, voilĂ .
Elle, c'est Ălise.
Elle est muette ? Ălise ?
Pardon, j'ai la tĂȘte ailleurs.
Nous, on t'appelle le voisin d'en face.
Ăa me va. On garde ça.
Et lĂ , Nicole.
Toi aussi, t'es camgirl ?
Non, pas du tout.
Je peux avoir un peu de vin ?
Non, je suis vendeuse de savons de Marseille.
[Ruby rit] N'importe quoi !
Non, elle est... Dis-le, elle est écrivaine.
- Non... - Elle écrit son 1e roman.
C'est une putain d'écrivain.
Je suis juste pigiste.
C'est quoi, l'histoire ?
Bien joué, le savon.
Je vais te servir.
- C'est quoi, l'histoire ? - Bah...
Pour l'instant, y en a pas.
Mais ce qui est génial, c'est qu'elle s'inspire des gens.
Elle vole un peu leur vie. Elle les observe, les analyse...
Un toast.
[rires]
à l'inspiration et aux vies volées au nom de l'art.
Santé !
Et à l'amitié.
Toi, tu fais quoi ?
- Du savon ? - Elle est actrice.
- Actrice. - Actrice ?
Tu bosses sur quoi ?
Un téléfilm.
Que je viens de terminer.
Marilyn ?
Comment t'as deviné ?
Une inspiration, comme ça ?
Ta perruque, peut-ĂȘtre.
Ah, ma perruque ! Oh la la.
Oui, Marilyn et Yves Montand. Un téléfilm de merde,
c'était absolument terrible.
Bonjour.
Bonjour.
Et lĂ , je m'apprĂȘte Ă tourner normalement
dans un film,
mon premier film de cinéma,
ça se passe en 1850
et c'est l'histoire d'une femme, muse d'un grand peintre.
Le film sera bien. On arrĂȘte de parler de moi ?
- Ruby, ça va ? - J'ai vraiment envie d'y aller.
- OĂč ? - Au PĂ©rou.
Ăa fait 6 mois que t'en parles.
Venez, je vous présenterai la chamane.
Ăa va trop t'aider, Nicole,
- avec tes blocages, tout ça. - J'ai pas de blocage.
J'ai aucun blocage.
Elle m'a dit
[musique douce]
que le monde allait devenir plus harmonieux,
plus juste.
Une prophétie a commencé.
GrĂące au Puma, au Condor, et au Serpent.
Ălise,
t'es le Puma.
La sagesse,
l'intelligence, la force, Kay Paicha.
Le monde des vivants.
Nicole, toi, t'es le Condor.
[musique sombre]
T'es le grand oiseau sacré.
Il rétablit la vérité,
il est capable
de communiquer
avec le monde
des dieux
et le monde des
morts.
[musique électro]
Tu veux pas venir danser ?
Nicole, viens !
[le voisin] Tu fais quoi ? Elle était bien.
[Nicole] Pardon, j'ai pas fait exprĂšs.
- Pardon. - Pas grave.
[Ălise rit]
Ălise !
Allez, Ălise.
Il faut lui lever les jambes en l'air.
[rires]
On va rentrer.
Ălise.
Je vous fais des belles photos.
- Donne-lui l'argent. Ah non. - [déclencheur]
[le voisin] Ăa va,
un peu de légÚreté, ça va.
Moi, j'ai envie.
HĂ©, mes babys love d'amour !
Ăa va ?
Vous ĂȘtes connectĂ©s, y a qui ?
Guigui du 13, Géraldine... C'est juste pour vous dire un truc.
Je vais faire un shooting pro pour la 1re fois.
Je sais pas pourquoi j'y avais pas pensé.
C'est avec un photographe... Je suis un peu bourrée.
Un photographe de malade qui a shooté pour les grands.
Je vous aime.
Laissez-moi. C'est quoi, lĂ -haut ?
Un autre studio photo.
Les filles, restez !
- [brouhaha] - [Ălise] Je me sens pas bien.
Restez, les filles !
Ruby, Ălise !
- Ălise ! - [chute]
[déclencheur]
[un homme] Nicole ?
[musique oppressante]
Nicole ?
Nicole ?
- Bonsoir. - Robert ?
Je cherche ma femme, elle est pas lĂ .
Ah bon ?
Bah, je... Je sais pas du tout oĂč elle est, je...
[petit cri]
[souffle court]
(Qu'est-ce que c'est que ça ?)
(Je deviens folle.)
[musique douce]
[Brad gémit]
Oui, Jeanne, ça va ?
Désolée, j'ai dû partir... C'était le dernier jour, je sais,
mais j'avais des problÚmes à régler...
Oui, j'enverrai un petit mail pour m'excuser.
Oui, le nouveau scénario, je l'ai lu, il est...
C'est génial, j'ai hùte, vraiment hùte...
de le rencontrer...
Perdre 4, 5 kilos ? Oui, je peux...
Perdre vite ? Oui.
Si j'ai un coach, c'est sûr, c'est...
Excuse-moi, je savais pas que t'étais occupée !
Je t'embrasse.
[elle se frappe, elle souffle]
Les filles ? Le petit-dĂ©jeuner est prĂȘt.
Qu'est-ce qu'il fait chaud...
J'ai fait du thé, du café...
I'm the Queen of England and I will destroy you!
- [Ălise parle au loin] - [vibreur]
Nicole, Ruby, debout !
Ruby, t'es lĂ ?
[on entre]
[Ălise crie] Ruby !
- Assieds-toi. - Adresse et nom ?
10 rue Monplaisir, Marseille 7e. Elle s'appelle Ruby Oviedo.
- Elle est consciente ? - Oui.
Elle a du sang sur elle, mais on sait pas d'oĂč ça vient.
- Son Ăąge ? - 29 ans.
Je vous transfÚre à un médecin.
Ruby...
SAMU, votre appel va ĂȘtre pris en charge.
- Quel est le problÚme ? - On vous a expliqué,
elle est dans un état bizarre, elle se maquille...
Comment ça, elle se maquille ? C'est une blague ?
Non, pardon. Je vous explique.
Hier soir, on était chez un homme...
Avec la canicule, on a beaucoup d'appels.
[ensemble] Ruby !
Ruby.
- Attends. - Ruby !
[sirĂšne au loin]
Attends !
Pardon.
[elles sont essoufflées]
[porte]
C'est ouvert !
[Ruby crie]
[coups et cris de Ruby]
[musique inquiétante]
[Nicole gémit]
[coups]
[Nicole et Ruby crient]
[Ruby grogne]
ArrĂȘte !
ArrĂȘte !
[Ălise crie]
[musique dramatique]
Il est mort.
Non.
- Ăa se trouve, il est pas mort. - Si.
Il est pas vraiment mort. On est pas médecin.
Il est mort, tu m'entends ? Il est mort !
Il est mort !
- Il est mort, Nicole ! - Pourquoi tu t'énerves contre moi ?
[Ălise a le souffle court]
Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
(Qu'est-ce qui s'est passé ? Ruby...)
[sirĂšne au loin]
(C'est pour nous.)
- Pour nous. - Il faut appeler Paul.
- Non. - Si. Il connaĂźt des gens.
Tu peux pas, elle va aller en prison !
Si on appelle pas la police, c'est pire !
On va pas rester lĂ ! Tu veux faire quoi ?
On se calme. Il t'a violée, c'est ça ?
- C'est de la légitime défense. - Non.
Ruby, c'est pas grave. Ruby.
On te croit.
C'est pas de ta faute.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - J'appelle la police.
- Je vais leur expliquer. - (On aurait pas dĂ» te laisser.)
[sanglots] Je les appelle.
Ils vont te croire, nous aider.
- T'appelles pas ! Non ! - J'appelle !
- J'appelle la police ! - Non !
Laisse-moi... appeler la police.
ArrĂȘtez.
ArrĂȘte. C'est pas grave. ArrĂȘtez.
Non !
Ăa suffit, vous ĂȘtes complĂštement folles.
[sanglots] C'est elle qui m'a frappée.
Ăa va pas ?
- [Ălise pleure] - Tu fais quoi ?
Tu fais quoi, Ruby ?
[Ruby fouille]
Il est tombé tout seul.
Faut faire attention aux empreintes.
Ălise,
allume la télé.
Va allumer la télé pour couvrir nos bruits.
C'est du désinfectant... Ruby !
Prends des gants pour les empreintes.
(S'il te plaĂźt.)
Désinfectant multi-usage, 99 %.
- [musique entraßnante] - [télévision]
Je me trouve actuellement prĂšs de la corniche de Marseille
oĂč a Ă©tĂ© dĂ©couvert le bras d'un homme dĂ©coupĂ© flottant sur l'eau.
Les témoins ont appelé la police et les pompiers,
qui ont dĂ©pĂȘchĂ© une Ă©quipe scientifique...
[sonnerie de téléphone]
Paul d'amour.
Paul d'amour.
Paul d'amour.
Nickel.
Et maintenant ?
Vous le laissez lĂ ?
Ălise,
soit tu nous aides, soit tu dis rien, soit tu t'en vas.
On est plus en 90, hein.
On trace tout, ils vont remonter jusqu'Ă vous.
[elle souffle]
Il est parti en voyage.
Ouais.
Il est parti en voyage.
Pas de corps, pas de crime.
Mais oui.
[sonnerie de téléphone] Paul d'amour.
Paul d'amour.
[Ălise crie]
[gémissements d'effort]
Penche.
Penche vers moi.
[clapotis]
Ruby ?
Tu saignes du nez. Tu saignes.
[Nicole crie]
[hurlements]
[on toque]
- [sonnette] - M. Magnani ?
- [on toque] - M. Magnani !
[sonnette]
C'est Mme Jasmin, la voisine !
[Ălise simule un orgasme]
[grognements]
[musique d'action]
[elles sont essoufflées]
[musique douce]
C'est de ma faute.
- On aurait pas dĂ» la laisser. - ArrĂȘte, c'est pas de ta faute.
(Si, c'est de ma faute.)
(On va aller en prison.)
[vibreur]
[ensemble] (C'est qui ?)
(Je sais pas qui c'est.)
(C'est Paul !)
(Merde !)
- AllĂŽ ? - Oui, Paul ?
- C'est Ălise. - Ălise ?
- Tout va bien, pardon. - J'ai eu peur...
J'ai fait tomber... J'ai cassé mon portable.
Tout va bien ? Nicole, ça va ?
- Oui, elle dort. Elle va bien. - OK.
J'ai un jour off au cabinet, je suis sur la route.
Je serai à Marseille dans quelques heures, j'ai trouvé un hÎtel sympa.
Tu m'y retrouves ?
OK, oui.
- Oui, d'accord. - Ă demain. Je t'aime.
(Pourquoi j'ai dit oui ?)
Faut pas qu'il vienne ici, c'est trĂšs bien.
- C'est un enfer ! - Ălise...
[détonation]
[l'homme sifflote]
Oh wow !
J'ai eu un coup de chaud.
- Oh wow. - T'es qui, toi ?
- Oh... - T'es qui ?
Wow.
- Je suis oĂč ? - Fais voir, attends.
(Wow.)
T'as les yeux trĂšs...
TrĂšs yeux, toi.
C'est bien aussi comme ça.
Tu veux ?
- Je dois rejoindre quelqu'un... - T'as un numéro ?
Allez, donne. Sinon, je pars avec toi.
- 06.39.98.24.12. - [il répÚte]
- Moi, c'est Dams. Et toi ? - Ălise.
Ciao, Ălise.
[musique de manĂšge]
Salut Dominique. Fait chaud, hein ?
Bonjour.
- It doesn't works. - Attends, attends.
- T'as 2 minutes ? - Un moment.
- No, no, Dubian. - Ah, Dubian, ouais, bien sûr.
Je vous ouvre.
[musique inquiétante]
Pourquoi t'as tout gùché ?
[sonnette]
[paroles au loin]
[on toque]
- [on entre] - [paroles]
- [voisin] AllĂŽ, y a quelqu'un ? - [voisine] Criez plus fort.
[ensemble] M. Magnani.
Criez plus fort.
Je vous dis, j'ai une amie,
elle a un voisin qui a fait un gros, gros malaise.
Avec cette chaleur, c'est trĂšs dangereux.
- Elle a crevé ? - Non, il est à l'hÎpital.
M. Magnani, vous ĂȘtes lĂ ? Mme Jasmin s'inquiĂšte pour vous.
[voisine] Il reçoit que des petites connes anorexiques.
Vous avez vu, Diego ? J'ai rien touché.
On y va.
Allez, Mme Jasmin, s'il vous plaĂźt.
Qu'est-ce qui vous amĂšne ?
J'ai fait un malaise dans la rue. Je suis tombée face contre terre.
Comme ça m'a fait trÚs mal au ventre,
quelqu'un a appelé les pompiers pour m'amener à l'hÎpital.
On m'a fait la prise de sang, mais je comprends pas pourquoi.
On va regarder ça.
- Date des derniĂšres rĂšgles ? - 2 juillet.
Non, le 3.
Le 3.
Vous ĂȘtes sĂ»re ?
Je sais plus.
Allez vous déshabiller.
C'est bon.
Détendez-vous, ça va bien se passer.
Tout est en place.
On voit bien la poche dans l'utérus.
[clavier]
Six semaines.
[musique oppressante]
Félicitations.
[Nicole] Je suis pas contente du tout.
Mais bon, je peux pas te laisser comme ça.
(Tout ça à cause de ça.)
(Désolée, mais c'est la seule idée que j'ai eue.)
(Qu'est-ce que j'allais faire de ça ?)
(Je voulais écrire une comédie romantique.)
(Je voulais écrire une histoire d'amour.)
Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?
[musique onirique]
La femme qui a coupĂ© la tĂȘte de son mari a pris combien ?
Hein ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je te regarde.
T'es belle.
- Elle a pris combien ? - Vingt ans.
Pourquoi ?
Je rentre, j'ai...
J'ai chaud, lĂ , oula.
Elle était folle ?
On peut dire ça,
mais médicalement parlant, non.
Ăa devait ĂȘtre un sacrĂ© connard
pour qu'elle fasse ça, mais bon.
(C'est pas ma cliente.)
(Je suis fatiguée.)
- Ah bon ? - Je suis fatiguée, faut que je...
Que je m'allonge.
- T'as chaud ? - Ouais.
Faut que tu prennes du temps pour toi, mon cĆur.
T'arrĂȘtes pas, tu te laisses happer par tes rĂŽles, tes amies...
T'as besoin de temps pour toi, c'est nécessaire.
Oui.
Pour nous.
T'as pas tort, mais je pense que
ça me fait du bien de voir mes amies, ça m'avait manqué.
Et les rÎles, c'est marrant, je réfléchissais à ça
et je crois que...
En fait, d'avoir un texte,
d'avoir des actions,
c'est...
Je sors un peu de moi, ça me...
J'imagine.
- Ăa me repose, quoi. - (Bouge pas.)
- Ăa me dĂ©tend. - Hm.
Parfois, la vie est plus...
Plus fatigante, quoi.
Ăa me structure un peu, ça me...
[il gémit]
(Putain.)
(Tu me rends fou, j'ai envie de toi.)
(J'ai envie de toi, pas toi ?)
Si...
- Si, mais lĂ tout de suite... - Tu sens bon.
Tu sens bon.
Donne ta langue.
Je me sens pas trĂšs...
Donne.
[elle rit légÚrement]
[il gémit]
[elle essaie de parler]
... tout de suite. Je suis un peu fébrile.
Je te touche, et t'as envie.
[il gémit]
C'est bon, non ?
- Paul. - Ăa te plaĂźt ?
Pas tout de suite.
Pas tout de suite, jamais.
"Je suis fatiguée, je peux pas." Putain, c'est chiant.
J'ai l'impression que t'es pas lĂ , t'es jamais lĂ .
T'as jamais envie, c'est toujours moi qui viens. Tu te rends compte ?
C'est pas une équipe, là .
Je suis tout seul. C'est pas un couple, c'est rien.
Ah, ça me...
(C'est chiant.)
(C'est chiant, j'en ai marre.)
[il souffle]
J'arrĂȘte, moi.
Paul.
Quoi, "Paul" ? Quoi ?
Tu te doutes bien que j'ai plus envie.
Pas "Paul". Paul rien du tout.
ArrĂȘte, j'ai plus envie, lĂ .
(Juste un cĂąlin.)
[il soupire]
[il respire profondément]
C'est chiant, j'aime pas quand tu fais ça.
J'arrive.
(Retourne-toi.)
[il respire fort]
[elle gémit]
Attends.
Le préservatif.
Attends.
Juste un peu, je me retire aprĂšs, promis.
- (Le préservatif...) - Juste un peu.
- (Détends-toi.) - Mon tournage...
- (Mon tournage.) - Attends, Ălise, arrĂȘte.
Ils doivent comprendre.
T'as pas envie d'un bébé ?
(C'est bon.)
Je vais venir, mon cĆur. Je vais jouir...
si fort...
[il gémit]
[il crie]
[Paul] Ălise !
[musique oppressante]
Allez, Ălise, reviens !
Viens !
[respiration hachée]
Ălise !
[elle murmure]
[homme] Vous avez du feu ?
[elle crie]
[notification]
Bonjour, c'est Xavier.
Vous avez encore raté le cours de ce matin. Je suis déçu.
Une absence de plus, et votre stage ne sera pas validé.
Donc Ă demain, j'espĂšre.
[petit cri]
Qu'est-ce que tu fais ici ?
C'est Nicole, ton prénom.
Ăa me revient.
[sonnerie de téléphone]
Je me suis réveillé,
je sentais plus mon corps.
Tu veux pas répondre ?
Réponds !
- AllĂŽ ? - AllĂŽ, c'est Xavier.
C'est une erreur.
Tu fais quoi ?
ArrĂȘte.
- ArrĂȘte. - T'es mort, t'es mort...
- T'approche pas. - Qu'est-ce que tu racontes ?
- T'es mort... - Calme-toi.
Attends.
(Qu'est-ce que...)
[il crie]
[il grogne]
Attends.
[respiration]
[musique de cartoon]
Merci.
[orage]
Vous entendez l'orage ?
T'entends, Brad ?
(Les filles, j'ai peur.)
- [musique angoissante] - [respiration]
[voisin] Ruby...
[musique discordante]
[tonnerre]
- [musique inquiétante] - [respiration hachée]
Je voulais juste une belle photo.
Il m'a fait monter sur la mezzanine.
Y avait un sofa blanc.
Il s'est approché de moi
pour bouger mon corps pour trouver la pose.
Il m'a demandé d'enlever mon haut.
J'ai pas dit non, ça me dérange pas,
vous me connaissez. [elle rit]
Je suis pas quelqu'un
de trĂšs pudique,
donc c'était OK.
La photo va ĂȘtre jolie.
Ăa va ĂȘtre moi.
J'essayais...
J'essayais d'ĂȘtre Ă l'aise.
Mais...
J'étais pas trÚs à l'aise,
il me frĂŽlait avec son sexe Ă chaque fois qu'il s'approchait.
[elle renifle]
Il m'a dit de fermer les yeux.
Il a introduit son doigt dans ma bouche
[tonnerre]
et j'étais surprise.
Il m'a demandé de l'ouvrir plus grande,
je l'ai repoussé.
Il s'est énervé.
[grésillements]
J'ai essayé de partir, je courais.
Il pensait que je jouais
et il a bloqué l'escalier, je pouvais plus bouger.
Il m'a attrapé par les mains
et il a dit
"Maintenant, on baise."
[tonnerre]
[sanglots]
(On est lĂ .)
[Ruby renifle]
(Chut.)
[elles halĂštent]
Nicole ?
[musique douce]
Y a quoi dans la poubelle ?
- Un énorme cadavre. - Quoi ?
Mais non. [Nicole rit]
Elle rigole, c'est ses affaires, elle déménage.
OK.
[une sirĂšne approche]
(On fonce.)
[musique entraĂźnante]
- Bonjour. - Bonjour.
Excusez-moi, bonjour,
ça vous dérangerait pas de nous aider ? C'est lourd.
[ensemble] Merci.
Le 4e.
[sonnette]
[on toque]
Police !
Madame Fernandez !
[sonnette]
[on toque]
Police, ouvrez !
C'est n'importe quoi.
Les flics sont en bas, ils ont arrĂȘtĂ© Denise.
Ruby.
On va le garder combien de temps ?
[le ton monte]
- Personne ne m'écoute. - On a pas le choix.
Combien de temps ?
J'en sais rien !
[elles hurlent]
- Les flics vont venir ici ! - Personne sait !
Ils étaient là !
Personne sait, personne n'entre ici. OK ?
Et maintenant, on fait quoi ?
[musique reggae]
Un...
Deux...
Trois...
- Quatre... - Tu comptes les nuages ?
Combien j'ai eu d'hommes dans ma vie.
Cinq...
- Huit... - Le 1e, j'avais 13 ans.
Maintenant, je dois ĂȘtre
Ă quatre-vingts...
Quatre-vingts.
Ah ouais ?
[bruit de surprise]
- Quoi ? - Les fleurs.
- Quoi ? - Elles sont mortes.
- Oui, je sais. - [Ălise rit]
On l'a dit, c'est la sécheresse.
[Ruby rit]
[musique tendre]
(Elles sont mortes.)
C'est tout sec.
(C'est tout sec.)
[respirations et gémissements]
C'est agréable.
- Oui, c'est agréable. - C'est...
- C'est frais, lĂ ! - Ah, c'est frais.
- C'est frais ! - C'est trop frais, j'adore.
C'est tes...
C'est tes mains.
Ăa, c'est mes seins.
Ăa, c'est mon ventre.
C'est ton petit ventre.
Fais voir ton petit ventre...
C'est ton petit ventre.
Et ça, c'est tes mains.
Et ça, c'est tes ongles.
- C'est pas vraiment mes ongles. - Et ton nez.
Et ça...
C'est ton beau visage.
[elles rient]
- Et toi, ça te fait mal ? - Quoi ?
Tes bobos.
Oui.
[gémissement]
Plus vous avancez, moins c'est précis, Nicole.
Le personnage doit rester focus.
LĂ , on comprend pas ses motivations.
Oui, pardon, je fais pas bien. Je sais pas.
Vaut mieux avoir tort avec son idée que raison avec celle des autres.
[Xavier] Merci de citer Stendhal,
mais arrĂȘtez de vous cacher derriĂšre les auteurs morts
et écrivez en suivant mes conseils.
[Nicole] Je sais pas ce qui est mieux.
[femme] Je me suis dit tout du long "Qu'est-ce qu'elle veut ?"
Et c'est pas intéressant ?
[homme] Et comment elle peut ĂȘtre amoureuse sans le connaĂźtre ?
[femme] Ăa, j'ai bien aimĂ©. Ăa m'intrigue.
[homme] Mais elle manque de mystÚre, elle est agaçante.
- Ta gueule. - Pardon ?
Non, pardon, je parle Ă mon chien.
Non, mais le mystĂšre...
Le mystĂšre d'une femme, c'est pas un choix.
C'est une punition.
Le point commun de tout ça, c'est le manque d'implication.
Va falloir faire preuve de plus d'imagination, Nicole.
[musique angoissante]
[cri]
- C'est... - Je ne comprends pas, lĂ .
... mignon, chez toi.
- (Tais-toi.) - Un peu bordélique.
- Va-t'en ! - Pardon ?
Les cours du soir sont éreintants. C'est pas possible...
Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je m'ennuyais. - Va falloir s'endurcir, Nicole !
Nicole ?
Y a plein de types comme moi, chez moi.
- Tu viens ? - Ah non.
Non, non, non, non.
Non, non, non, non.
Si tu me vois, c'est que tu crois en moi.
Allez, viens.
J'ai faim.
Oh merde.
Oh merde.
[lapement]
Oh merde.
Brad, non ! Tu lĂąches !
- [Brad grogne] - Il a pris le doigt !
Brad !
Tu viens.
[Brad aboie]
Brad !
[des hommes discutent]
On était en haut.
C'est d'ici qu'elle m'a poussé.
- Nicole ? - Oh, Robert.
Nicole, qu'est-ce que tu fais lĂ ?
T'es morte aussi ?
Non.
- Y a une meuf dans l'appart. - Quoi ?
- Elle est morte ? - Bonsoir.
T'es qui ?
C'est Nicole, elle habite en face.
C'est la seule qui nous voit.
[homme] Comment on sort de ce merdier ?
Pourquoi on est mort ? J'ai rien Ă faire lĂ .
- J'ai rien Ă faire lĂ ! - Moi non plus.
[Robert] Je dois parler à Denise, fais l'intermédiaire.
- [le voisin soupire] - Il faut que je lui parle.
Tu veux dire qu'on doit parler aux victimes ?
- C'est nous, les victimes ! - C'est nous !
J'ai agressé personne !
Si vous ĂȘtes lĂ , c'est que vous avez fait souffrir quelqu'un.
Souffrir, comment ça ?
Moi, j'ai souffert. Les filles se moquent de moi depuis tout petit.
Il faut les hanter jusqu'Ă la fin de leurs jours !
Et nous, c'est comme ça qu'on va rendre justice !
[les hommes ensemble] Justice !
- Justice ! - [brouhaha]
Si moi, je suis mort, elle aussi !
[ensemble] âȘ Justice, justice, justice ! âȘ
Ho !
Vous m'écoutez, on se calme !
Qui ici
a frappé, agressé
ou violé quelqu'un ?
- J'ai jamais fait ça. - Je suis policier.
Je connais personne qui a fait ça. Personne dans mon entourage.
Elle a pas dit non ?
Si, mais au début.
- Au début du viol ? - C'était pas un viol !
C'était pas un viol.
Elle cherche, ta copine.
Elle l'a dit.
Elle est venue chez moi, elle s'est foutue Ă poil.
Elle m'a allumé toute la soirée, déjà depuis son balcon !
C'est une fille qui cherche,
elle le dit !
Je sais pas pourquoi j'essaie de te convaincre.
Nous, on est lĂ pour se venger. Hein ?
C'est elle le monstre !
[docteur] On va s'évaporer, si ça continue.
[pet]
Comme vous m'avez rien dit la derniĂšre fois, je pensais que...
Enfin, vous ĂȘtes sĂ»re ? Vous n'allez pas le regretter ?
J'ai toujours été sûre, finalement.
- Ăa va ? Vous avez pas l'air bien. - C'est la merde.
Enfin, je veux dire...
La gueule de bois, Paul...
Le cadavre dans le placard. [elle rit]
Vous en avez, des diplĂŽmes.
Oui. Mais ma plus belle réussite, ce sont mes enfants.
Oui.
Vous signez ici en bas,
et vous prenez ça devant moi.
Il se passera rien avant la 2e pilule.
Ă prendre dans 48 heures pour l'expulsion.
AprÚs ça, évidemment,
plus aucune pénétration d'aucun ordre
pendant au moins 15 jours.
Y compris les tampons, y compris l'eau.
Bref, vous restez au calme.
[sonnerie de téléphone]
- Mais non, elle voit personne. - [Paul] Ăcoute, Ruby,
je dois reprendre la route.
Je sais pas si je pars avec ou sans elle, je comprends pas.
Elle est avec toi, Ălise ? Passe-la-moi.
Passe-la-moi !
- Ăcoute... - Elle est oĂč ?
Je sais pas oĂč elle est... Elle dort.
Elle est pas bien. Je vais lui dire que t'as rappelé.
Elle va pas bien ?
Avec les hormones, elle est chamboulée...
(T'es con, il sait pas.)
Quelles hormones ?
- (Quoi ?) - (Il sait pas.)
Regarde.
Ăa, ça coupe bien.
Rien, pardon, elle a ses rĂšgles.
CB ou espĂšces ?
- Carte bancaire, je paie. - Non, c'est moi.
J'ai plus d'argent.
C'est moi qui l'ai... Donc c'est mon tour.
Non, mais...
En cash, faut qu'on paie en cash.
Ah bah oui.
Ăa vous dĂ©range pas
- si on paie en cash ? - Ăa change rien.
235,76.
- La prochaine fois, c'est moi. - Je vous connais.
OĂč est-ce que je vous ai vue ?
Ah oui, je sais.
[il rit]
Ah, les meufs d'aujourd'hui.
C'est quoi, ta came, toi ?
Comment ça ?
Bah, les mecs, les meufs...
T'as craqué ? Les mecs... meufs.
- Ah, t'as dit les mecs ! - J'ai dit les meufs.
C'est pas grave, un mec peut t'envoyer au 7e ciel.
Bon, on part sur les meufs.
Tu sais comment faire jouir une meuf ?
Tu sais comment t'occuper d'elle ?
Ăvidemment, je sais. Mais toi, espĂšce de petite pute...
[il crie]
Tu devrais commencer par regarder le sexe.
Observe-le.
Et rends-toi compte que le sexe d'un homme est à l'extérieur,
et celui d'une femme ?
à l'intérieur, voilà .
Comme un temple sacré, comme une grotte.
J'aime bien l'image d'une maison.
Une femme bien dans sa maison veut pas qu'on débarque en courant,
Ă l'improviste.
Elle veut pas qu'on rentre avec des bottes pleines de boue,
ou avec violence. Le sexe d'une femme,
c'est un accueil, pas juste une pénétration.
On sonne quand on rentre chez quelqu'un.
On demande si on peut rentrer, on propose.
Une fois que t'as compris ça,
tu peux commencer avec les coussinets de tes doigts,
Ă caresser autour du clitoris, mais attention,
il est sensible, tu sais combien il a de terminaisons ?
- Euh... - Eh bah, 10 000.
Il est sensible, donc tu fais attention. Tu restes à l'écoute.
[musique inquiétante]
[Brad aboie]
[elles gémissent]
- [Brad aboie] - Non, Brad !
Au panier !
Brad, viens ici.
Brad, va lĂ !
On le met oĂč ?
Dans la baignoire.
- La scie. - La scie électrique !
[musique mélancolique]
[Ălise hurle]
Encore.
Je peux avoir de l'eau ?
De l'eau ? Oui.
Allez, encore.
- J'arrive. - Allez.
[un homme hurle]
[verre brisé]
C'est quoi, ce bruit ?
C'est une femme qui avorte. Sors d'ici.
[musique oppressante]
Nicole ?
- Ăa va ? - Paul ?
T'es vivant ? T'es mort ?
Je suis pas mort, pourquoi ?
C'est elle qui t'a dit ça ?
Mais je suis à moitié mort sans elle, je suis tellement mal.
- Bonjour, Paul. - Salut, Ruby.
Ălise !
Ăa va, ma chĂ©rie ?
Tu vas bien ?
- Vous allez oĂč ? Je t'aide ? - Non, je fais moi.
OK.
Ăa va ?
Je t'ai appelé, tu m'as pas répondu. Pardon.
Ălise, tu peux me regarder ?
Paul,
j'ai avorté.
- Quoi ? - J'étais enceinte.
- Voilà . - Pourquoi t'as fait ça ?
[il pleure]
Pourquoi t'as fait ça, putain ?
Mais c'est un cauchemar.
Je fais 1 000 km et tu me dis ça comme si j'étais une grosse merde ?
[les hommes] Eh, Nicole.
- Nicole. - Oh non.
Oh putain !
[musique espiĂšgle]
[interjections]
Dégage !
Ăa va pas ?
- Tu l'as vu ? - Bah oui.
Courez !
- Pourquoi ? - Je t'expliquerai !
Ălise !
Ălise !
Tu fais quoi ?
C'est bon, on les a semés.
Jessica ?
C'est quoi, ce bateau ?
C'est le bateau d'un client, il me le prĂȘte quand je veux.
C'est le nom de sa fille, elle s'est suicidée.
- Ălise ! - [cris]
Oh non !
Ălise !
- Ălise... - Oh non.
Attends-moi.
- Va-t'en ! - Non !
Attends, Ruby ! Tiens.
Aide-moi. Attention, tombe pas.
Attention, tombe pas.
Attends, je vais t'aider. ArrĂȘte de fuir, Ălise, putain !
Viens lĂ , arrĂȘte de fuir !
J'en ai marre de te chercher partout, de te courir aprĂšs !
T'en fais qu'Ă ta tĂȘte, c'est quoi ces gamineries !
T'es devenue folle ou c'est moi ? Je suis perdu,
- J'aime pas insister... - J'en fais qu'Ă ma tĂȘte ?
Je pensais que je savais pas ce que je voulais.
Ăcoute-moi bien, je vais te le dire qu'une fois.
T'es bĂȘte de penser que tu m'as car on est mariĂ©s,
qu'avoir un enfant me rendrait heureuse.
T'es bĂȘte, t'es bĂȘte
de penser que je jouis Ă chaque fois
alors que j'attends que tu jouisses et que tu me laisses tranquille !
Combien de fois je t'ai insulté sans que tu m'entendes ?
Parce que j'ai peur que tu boudes, que tu te mettes en colĂšre !
Pourquoi j'ai jamais envie ? Pourquoi, d'aprĂšs toi ?
Tu me laisses jamais le temps d'avoir envie !
- [pet] - [petit rire]
Tu vois,
je stresse tellement que tu me fais péter !
Je comprends plus rien.
Eh frérot !
- Je vais crever. - Pourquoi tu fais le forceur ?
Je fais pas le forceur, c'est ma femme.
Je comprends rien, elle dit que je la fais péter...
Elle se barre sur un bateau !
- Suis-la, alors. - Ruby !
Mon cĆur, pars pas.
- Je t'aime. - Laisse-moi tranquille.
- Ălise ! - Saute.
- Je peux pas, j'ai peur. - Lance-toi.
Lance-toi !
Ălise !
[musique triomphante]
Ălise !
Ălise !
[musique espiĂšgle]
[plouf]
[musique dramatique]
[Ruby] Il y avait quelque chose dans l'air, ce soir-lĂ .
- [tonnerre] - [une femme chantonne]
Nous n'étions pas les seules.
Enfin, l'orage a éclaté.
La pluie était chaude.
Elle avait peur qu'il continue Ă les hanter.
Nicole ?
Nicole, tu viens ?
Nicole.
- Va-t'en. - T'Ă©tais oĂč, Nicole ?
- T'Ă©tais oĂč ? - Laisse-nous tranquilles.
Tu voulais te débarrasser de moi ?
Je pensais que tu serais plus lĂ .
Pourquoi ?
Pourquoi
tu m'aimes plus ?
[Nicole rit légÚrement] Mais non, je...
J'ai Ă©tĂ© tellement bĂȘte.
Je sais mĂȘme pas pourquoi j'Ă©tais amoureuse de toi sans te connaĂźtre.
T'imaginer au loin, ça me suffisait.
[musique douce]
T'as détruit mon amie.
C'est nous, les monstres ?
Toi, tu t'es pas empĂȘchĂ©
pour ton plaisir.
Nous, on a pas eu le choix, toi, t'avais le choix.
Alors maintenant, je vais écrire
toute la vérité sur toi et tes copains.
- Sur mon balcon, je vais écrire. - Tu vas écrire quoi ?
Tu vas écrire quoi ? Ton livre de merde de femme ?
Ăcris-le, tout le monde s'en branle.
Je vais partir, Nicole, parce que j'en ai marre.
Vous ĂȘtes nulles Ă hanter.
J'ai mĂȘme plus envie d'ĂȘtre lĂ .
OK.
Alors, c'est maintenant.
Dis-le.
- Je veux juste que tu le dises. - Là , tout de suite, comme ça ?
Oui.
Je veux voir ça de mes propres yeux, maintenant.
J'ai peur.
Je comprends.
Ăa fait peur.
[petit rire]
[il soupire]
C'est vrai.
J'ai violé ta copine.
Juste avant de disparaßtre, il a dit la vérité.
"J'ai violé ta copine."
Excuse-moi,
j'ai lu.
Pardon.
C'est vachement bien.
C'est vachement bien, ce que t'as écrit.
Surtout la fin, avec les adieux.
(C'est beau.)
[musique tendre]
[Ruby] Elles ont marché longtemps, cette nuit-là .
Le vent s'était levé.
Elles respiraient.
Personne ne peut dire qui a souri en premier,
mais toutes sentaient qu'il y avait quelque chose en plus
qui traversait leurs cĆurs.
Comme un nouvel espoir,
celui de s'imaginer libres.
[musique douce]
[musique dramatique]
Sous-titrage : Capucine Griot
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