All language subtitles for La Piece rapportee 2020 VOF 1080p BluRay DTS-HDMA 5.1 x265-k7-French

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Original subtitles

Musique mystérieuse

...

Aboiements Musique martiale

... ...

-Lâchez les chiens !

Aboiements

...

-C'était il y a longtemps.

Adélaïde et Norbert Château-Têtard,

accompagnés de Raoul, leur domestique...

-Raoul !

-...s'engageaient dans une innocente promenade entre amis.

-Un sanglier avec ses petits !

Coups de feu assourdissants

...

-Huit Gilets jaunes, zéro sanglier.

Là, un faisan !

-J'en fais mon affaire.

Coups de feu

Cris

-Adélaïde Château-Têtard, qui détestait marcher,

passait du cheval au fauteuil roulant.

Retrouvons-la 20 ans plus tard.

Musique intrigante

...

-Ici Adélaïde Château-Têtard.

La petite pute est sortie.

Cette fois, je crois qu'on la tient.

-La scène que nous venons de voir ne saurait être comprise

sans connaître le début de cette histoire.

Faisons pour cela un petit saut dans le temps.

C'était au mois d'août dernier,

dans ce genre de quartier huppé.

Oui, c'est là que commence notre histoire.

Ce pourrait être dans cet hôtel particulier,

ou celui-ci, ou encore celui-là.

Peu importe,

des grilles opaques nous rendent ces demeures identiques.

Parfois, un livreur d'Amazon fait retentir la sonnette.

C'est la seule intrusion de ceux qui ne sont pas du sérail.

Enfin, peut-être pas la seule.

Ah, j'oubliais, nous sommes en pleine grève des taxis.

Voilà pour la surface.

Maintenant, descendons sous terre.

Prenons quelqu'un au hasard.

Nous pourrions nous attarder sur cette jeune femme.

Mais focalisons-nous plutôt

sur celle-ci.

Ava.

Bonjour, Ava.

-Bonjour.

-Allez, bonne chance, Ava.

Chanson entraînante

...

-Je travaille dans la maison, j'ai oublié mon justificatif.

-J'en parlerai à la reine d'Angleterre.

Vous réglez l'amende maintenant ?

-Vérifiez si vous voulez. J'ai mon bip.

-Espèces, carte bleue ? On a aussi le sans contact.

Voilà, c'est fait, merci.

-Bonjour.

-Désolé pour tout à l'heure, fallait insister.

Avec le sans contact, ça part directement à la centrale.

Le règlement, c'est le règlement.

Faut un titre de transport.

Sinon je fais un fichier pour le syndicat.

C'est bon enfant, c'est pour savoir à qui on a affaire.

Je peux marquer en face de ton prénom "naïve" ?

Musique enjouée

...

-Paul était un bon garçon.

Sans une once de méchanceté.

-Il y a pas de taxi !

-Il avait résisté à toutes les héritières

que sa mère lui avait présentées vingt années durant.

...

-S'il vous plaît ?

Le guichet, c'est...

Comment je fais pour prendre l'avion ? Je vais à Antibes.

-Antibes...

-Oui, maman est là-bas avec Raoul et le chien.

Mon avion décolle dans 40 minutes, comment je fais ?

-Prenez un taxi ou un Uber.

-Il y a grève, le périph est bloqué.

On est encore pris en otage.

Je voudrais un billet. Combien ça coûte ?

-Vous prenez pas souvent le métro.

-C'est la 1re fois, j'espère ne pas me faire agresser.

-Il y a un début à tout.

Je vous vends un ticket, mais vous aurez jamais votre avion.

Tenez, déjà un plan.

-Vous pouvez pas passer par la porte ?

-Il y a une caméra pour me virer si j'enfreins les consignes.

Tenez.

Oh, non !

- J'appelle maman. - Elle est serrurier ?

-Allô, maman, j'ai raté l'avion.

Il y a plus de taxis dans Paris.

Je sais même pas comment prendre le métro.

Bah demain.

Ou après-demain.

Puis-je vous inviter à m'accompagner ?

-Où ça ?

-Allons à Bagatelle, c'est juste à côté.

C'est pas très original, mais j'ai peu d'imagination.

-Cela faisait 8 jours qu'Ava travaillait ici.

Elle avait l'impression d'y avoir passé des années.

Ava, qui se voyait future chômeuse des transports parisiens,

opta pour le coup de folie et une vie pleine d'aventures.

Ava décida d'être libre.

Ainsi, Mme Château-Têtard, Raoul et la Rolls

attendirent en vain l'arrivée de Paul à la villa d'Antibes.

-Qu'est-ce qu'il fabrique ?

-Il a peut-être rencontré une fille du quartier.

-Pourquoi pas la reine d'Angleterre ?

Ne dites pas n'importe quoi, Conchita.

Raoul ! La Rolls !

On rentre à Paris.

-Allons déguster un sorbet.

Avec un bon pourboire, je lui confie ma valise.

-C'est trop pour une glace.

- Gardez la monnaie. - Non.

Vous les riches, je vous connais.

Vous allez me demander de garder votre valise pour 100 euros.

Demain, il faudra surveiller

le mioche à la balançoire.

Vos 100 euros,

je n'en veux pas.

-Rassurez-vous,

je ne vous demanderai rien.

Ce n'est pas un cadeau, c'est un don.

-Vous aimez le romantisme ?

L'orage gronde.

-J'avoue que je ne me suis jamais posé la question.

-Vous savez nager ?

Il pleut à verse.

-Que font vos parents ?

-J'ai pas de parents.

J'ai grandi à l'Assistance publique.

-Oui, bien sûr, je vois.

Cette aide sociale instaurée par l'État-providence.

L'orage gronde.

Venez vous sécher à la maison.

Mademoiselle.

Veuillez monter.

Laissez-vous guider.

Musique mystérieuse

...

Je reviens.

...

Un téléphone sonne.

...

...

-Vous ne décrochez pas ?

-Non, c'est maman.

Non, surtout pas !

C'est le fauteuil de maman.

-Vous vivez avec votre mère ?

-Oui, enfin...

Maman a besoin d'aide, elle est en chaise roulante.

D'où l'ascenseur.

Nous nous partageons l'hôtel particulier

depuis la mort de papa.

Le rez-de-chaussée est à maman,

moi, je suis à l'étage.

Nous avons en commun l'entrée et la salle à manger.

Ainsi, nous pouvons

discuter à table.

Le tonnerre retentit.

Je vous sers un drink ?

-Euh... oui, si vous voulez.

Mon père est mort il y a 15 ans, c'était un inventeur.

-Il part en voyage ?

-Non, il pose avec son invention.

Il a inventé...

À votre avis, qu'est-ce qui peut faire déplacer un piano ?

Par exemple.

-De la musique.

-Eh non ! Non.

Non, des roulettes.

Mon père a inventé ça.

La valise à roulettes.

Avant d'être dans le mouvement horizontal,

nous avons gravi l'échelle sociale grâce aux ascenseurs.

Grand-papa a fait fortune dans les ascenseurs.

Les ascenseurs de la tour Eiffel sont des Château-Têtard.

Tout est là.

-Ah, oui, la tour Eiffel.

-Grand-papa était inventeur,

comme arrière-grand-papa qui a inventé les portes à tambour.

Grand-papa s'est enrichi pendant la guerre

en vendant ses ascenseurs

aux bonnes personnes.

Rien d'illégal à cela, eu égard aux lois alors en vigueur.

-Oh, le Chili !

-C'est ce que nous avons fait de mieux.

Une prouesse dont s'est occupé papa.

Quand le général Pinochet a été retenu en Angleterre

par un juge espagnol,

on nous a demandé d'équiper ses villas

et les palais présidentiels

avec des ascenseurs pour chaise roulante.

En 5 jours.

Et nous avons réussi !

Le coup de génie de papa

a été de proposer des équipements d'occasion

qui avaient l'air d'être là depuis 10 ans.

On a vendu du matériel d'occasion plus cher que du neuf

en toute connaissance de cause.

Rien d'illégal à cela.

Quand les inspecteurs du tribunal international sont allés chez lui,

les ascenseurs ont prouvé son état de santé.

Le général était bien le grabataire qu'il disait être.

Il ne pouvait pas être jugé.

Il est rentré au Chili dans son avion sur son fauteuil roulant.

Il les a bien roulés.

Ça nous a fait de la publicité.

Nous avons ensuite tout désinstallé.

L'ascenseur qui est en bas appartenait au général.

Rendez-vous compte.

-Mais, le général, c'était un dictateur ?

-Ce n'est pas ce que tout le monde dit.

Il y a dictateur et...

Ce genre de régime n'est jamais totalement mauvais pour le commerce.

Ces gens sont pour la liberté d'entreprendre.

Vous m'avez bien entendu.

La liberté.

L'orage gronde.

Vous n'avez pas chaud ?

Musique enjouée

...

-Au fait, je m'appelle Ava.

-Enchanté, je m'appelle Paul.

Je voudrais me marier avec vous.

-Ah, bonne idée !

-Tu ne veux pas que je sois heureux ?

-Tu crois que j'avais envie de me marier avec ton père ?

On doit se marier entre nous.

Ces rallyes n'ont servi à rien.

Ton abonnement à la piscine, 5000 euros par an.

Ça fait cher pour finir avec le métro.

J'aurais dû les filer à Conchita.

Façon de parler, Conchita.

-C'est pas compliqué à entendre.

Faire entrer le bonheur dans la maison.

-Quelqu'un en Rolls se marie avec quelqu'un du métro.

À ton avis, qui y gagne ?

-Tout le monde !

Le propriétaire de la Rolls obtient ce qu'il n'a jamais pu acheter.

L'amour !

Je veux Ava.

-Mon fils...

Je crois que tu as perdu la raison.

-Le mariage avait eu lieu.

À part Notre-Dame qui avait brûlé,

rien ne s'était opposé à la cérémonie.

Même le curé n'avait pas mis son veto,

de peur que Paul aille faire le denier du culte ailleurs.

Les jours heureux d'Ava commençaient avec ceux de Paul,

et l'ouverture d'un compte en banque, c'est-à-dire la liberté.

C'était le parfait amour.

Mais très vite,

Paul n'accompagna plus Ava dans ses sorties.

Puis, il ne l'attendit plus au retour des courses.

Gagnant en indépendance,

Ava eut la brillante idée de dépoussiérer

la demeure des Château-Têtard.

-Ma chère enfant,

si vous en aviez parlé à la bonne, vous sauriez qu'on ne déplace rien.

Vos frasques nous ont fait dépenser de l'argent.

Comprenez, mon enfant,

ici, le mobilier est immobile.

Conchita et moi n'aimons pas travailler pour rien.

Conchita fatigue vite.

N'oubliez pas de lui donner un pourboire, elle en a besoin.

-Je pensais...

-Vous pensiez mal.

-C'est beau, Paris.

-Ça dépend des quartiers, madame.

Sachez que, Adélaïde, votre belle-mère,

est prioritaire pour la Rolls.

-Oui, oui.

Musique enjouée

...

Pourquoi fermez-vous ?

...

-Non, Ava.

Le Pinochet ne vous est pas permis.

Vous n'êtes pas en fauteuil.

Donnez-moi ça. Donnez-moi ça !

Posez ça là-dessus.

Ça évitera de le renverser si vous trébuchez sur vos échasses.

Mettez-le en marche puisque ça vous amuse tant.

Voilà !

Le chien !

Raoul ! On y va. - Oui.

-Cela faisait 18 mois qu'Ava était devenue

Mme Château-Têtard,

et qu'elle partageait son existence entre son mari,

les sorties en Rolls, Raoul,

et celle qu'elle avait très vite appelée

la "Reine mère".

Ava voyait sa vie se transformer en routine.

Un soir, un événement extraordinaire arriva.

La Marche nuptiale (Felix Mendelssohn)

-Ils l'ont fait !

Rires

...

Plus besoin de biaiser, hein.

Nous allons appliquer la politique du président.

Faisons du ruissellement.

Nous dépenserons tout l'argent économisé sur les impôts.

Ava... - Bonjour.

-Je vous présente le "Smooth and Go".

La médaille d'argent du concours Lépine.

Assis.

Debout.

Assis. Aboiement

Debout.

Assis.

-Ça va, ça va.

-Marche. Aboiement

Le chien aboie.

Stop. Tourne.

Tourne.

-Pilote maman si tu veux.

-Certainement pas. Raoul, prends les commandes.

Plus vite, je suis pas grabataire.

-Attention.

Mais attention !

-Laissez-moi.

Je suis chauffeur professionnel !

-Ça va trop vite ! Ça va trop vite !

Cris affolés

À l'aide.

-L'événement extraordinaire de la veille

était sans importance dans la vie d'Ava.

Le ruissellement avait ses gouttières.

Elle espérait plus.

C'est pourquoi, ce jour-là, elle partit à l'aventure.

Musique intrigante

...

Ava aimait la fin de l'été.

Elle profitait des journées ensoleillées

et déjà fraîches de septembre

pour passer le temps.

Parfois, un homme croisait le regard d'Ava.

Et ce dernier se trouvait nié sur-le-champ.

Elle voulait profiter du soleil,

ne rien faire et se sentir vivre.

-C'est joli, ces fleurs.

Voulez-vous des fleurs avec votre salade ?

Rires

Ava, connaissez-vous le jeu des cadavres exquis ?

-Non.

-C'est très simple.

Quelqu'un commence une phrase et un autre la finit.

Écoutez.

"Conchita n'avait pas fait la poussière donc..." Paul ?

-Mais si, madame.

-C'est un jeu, Conchita.

"Conchita n'avait pas fait la poussière donc..."

-"Donc...

"nous avons éternué toute la journée."

-Ça donne parfois des phrases tout à fait cocasses.

Allez, commençons.

"Comme le repas était servi et que je voulais..."

À vous, Ava.

- "...que nous allions..." - Non !

"...que nous allassions..." Imparfait du subjonctif !

Exemple : "Après chaque repas, il désirait

"que vous pliassiez votre serviette."

Vous avez perdu, Ava.

Faites-vous tout ce qu'il faut pour avoir un enfant ?

Faites-vous tout ce qu'il faut pour avoir un enfant ?

-C'est le jeu qui reprend ?

-Non, ne faites pas l'enfant.

Ou si, quand allez-vous le faire, cet enfant ?

-Maman, ce ne sont pas des choses qui se demandent à table.

-On ne peut plus discuter. Chaque fois, ça dégénère.

Maman, l'incident est clos.

-Il fait beau.

-Quelle phrase étrange.

-Apparemment, mes sujets provoquent des incidents.

Donc je parle de la pluie et du beau temps.

Il fait beau.

Ava,

qu'avez-vous fait aujourd'hui, par ce beau temps ?

-Oh, pas grand-chose.

Rires

-Depuis quand on rit à table ?

Musique intrigante

...

Elle fait claquer sa langue.

...

...

Ta femme avait le regard bien pétillant

quand je lui ai demandé ce qu'elle avait fait.

Qu'avez-vous fait aujourd'hui ?

Pas grand-chose.

Non. Pas grand-chose.

Ou plutôt...

Pas grand-chose.

-J'ai pas du tout remarqué ce ton.

-J'ai remarqué qu'aujourd'hui

elle est partie au-delà du boulevard Flandrin.

À en croire ses achats.

Et ça fait plusieurs fois.

Je me demande ce qu'elle trouve à aller ailleurs ?

-Cette belle-fille, vous l'avez tant désirée.

-La Reine mère déployait ses capacités de nuisance.

Elle parlait de la mettre sous curatelle ou pire.

Elle était décidée à lui nuire.

-Il faut la faire interner, docteur.

Sur l'intégralité du spectre médical.

-De toute façon, c'est personne.

-Comment ça ?

-Elle n'a pas de famille.

Il faudra un test ADN.

-Un test ADN ? Pour quoi faire ?

-Imaginez...

si elle a les gènes de la pauvreté.

-Oui...

Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

-Si les pauvres ne s'en sortent pas sur plusieurs générations,

c'est pas pour rien.

Nous, nous sommes riches de père en fils,

ça veut dire quelque chose.

Examinez-la, et vous me dites.

-Et le secret médical ?

-Ava était loin de penser à toutes les embûches qui se préparaient.

D'ailleurs, elle ne pensait pas,

elle profitait de l'instant présent.

C'est ce qu'elle aimait, dans cette nouvelle vie,

un présent plein de surprises.

Musique romantique

...

-Salut.

Tu sais, c'était le règlement.

Tu vois ce que je veux dire ?

Le règlement, c'est le règlement.

J'étais obligé, c'était le règlement.

Une porte se ferme.

-La voilà qui revient.

Paul, tu es vraiment heureux

avec cette Ava ?

-Je me suis jamais posé la question.

Je suis pas malheureux.

Bonne promenade ? - Très bonne.

Toussotements

-Il est 8 heures moins 2, madame.

-Parfait, nous allons passer à table.

Dans 2 minutes.

Ava, mon enfant, dites-moi...

Lorsque vous montez,

vous n'utilisez pas le Pinochet au moins ?

-Le Pinochet ?

-L'ascenseur.

-Non, vous m'avez demandé de pas le faire.

-C'est ça, amuse-toi bien, ma petite.

Musique intrigante

...

-Vous voulez quoi ?

Vous voulez quoi ?

-Monsieur ?

Oui, vous.

Approchez.

Bonjour, je m'appelle Ava. Et vous ?

-Jérô...

-Jérôme.

-Jérôme, voulez-vous une glace ?

On peut se dire tu.

Bon ?

Mon mari est si bien élevé que je m'ennuie avec lui.

Les journées se ressemblent.

Il me dit souvent :

"La routine donne l'impression de vivre plus longtemps."

Qu'en pensez-vous ? Enfin, tu ?

Dans la vie, je ne fais rien, je me promène.

Toi, que fais-tu ?

-Des choses et d'autres.

J'ai terminé mes études.

Et là, je cherche du travail.

-J'ai connu ça, il y a quelques années.

Tu manges pas ta glace ?

(En anglais)

...

-You're welcome.

-Stupid froggies...

-Sacrés Anglais !

- Ils conduisent à l'envers. - La navigation, c'est pas leur truc.

...

...

Cris

...

Cris

Rires

...

-Bye-bye ! ...

-On s'embrasse ?

-Comme ça, là ?

-Oui.

Musique enjouée

...

...

-C'est eux.

...

-Ils sont partis.

-On les a bien eus, hein ?

Nageons.

Les vêtements doivent être secs.

Avec cette chaleur, on sera vite secs, nous aussi.

-On pourrait se revoir ?

-C'est vraiment une bonne idée, ça ?

-Oui.

Demain, au Lutetia, par exemple.

-À l'hôtel ?

-Ah oui, l'hôtel...

Ah oui, bien sûr.

Je pensais plutôt au restaurant, mais...

-Ce léger flirt avait suffi à désennuyer Ava.

D'ailleurs, elle n'avait pas songé plus loin

que cette amourette sans conséquence.

Mais cet horizon contenu dans l'exclamation

"à l'hôtel"

lui mit une vilaine puce à l'oreille

qui ouvrait un horizon inenvisagé.

Un antidote à sa neurasthénie de jeune femme riche

qui n'avait rien dans sa vie.

-Je vais chercher les vêtements.

On nous a chipé nos affaires !

- T'es sûr ? - Ouais, c'est bon.

-Aïe ! Ouille !

Jérôme...

Qu'est-ce que tu fabriques ?

J'ai trouvé nos voleurs de vêtements, je vais les chercher.

-Ça avance plus ?

-T'inquiète, j'ai fait du karaté.

C'est à moi.

...

Coups et cris

-Ah bah, voilà.

Jean-Denis !

On l'a retrouvée.

Cris et coups

-S'il vous plaît ?

Vous savez où est l'orchestre ?

-Ils sont à un concert privé.

-Vous n'êtes pas le violoniste ?

-Ah non, je suis l'altiste.

Ça n'a rien à voir,

c'est bien plus difficile que le violon.

J'attends le chanteur.

Je l'ai jamais vu, j'espère qu'il saura me reconnaître.

C'est pas vous, par hasard ?

- Chère Adélaïde. - Chère Éloïse.

-La vie est belle ?

-Non, elle est moche, et encore plus quand il fait beau.

Rires

-Et cette belle-fille ?

Votre profiteuse sociale...

Toujours pas d'héritier ?

-Mon Dieu, je lui mène la vie dure.

C'est amusant, ça lui apprendra à ne pas tomber enceinte.

Rires

Où est passé ce chanteur ?

-Qui êtes-vous ?

-C'est moi.

- Où sommes-nous ? - Trop long.

-Que faites-vous là ?

-Qui êtes-vous ?

-Je suis le chanteur.

-C'est vous ! On vous a cherché partout.

Merci, mes amis, merci.

Nous avons retrouvé notre retardataire dans les étages.

Nous ouvrirons notre concert

par un extrait de La Vie parisienne de Jacques Offenbach.

Le fameux air du French cancan.

Déception du public

C'était une plaisanterie.

Rires

Nous allons vous interpréter

du Mendelssohn Bartholdy.

Romances sans paroles,

à laquelle nous ajouterons un chant.

Applaudissements

Romances sans paroles (Felix Mendelssohn)

...

On toque à l'intérieur de l'étui.

...

-Au moins, on a quelque chose de sérieux.

-Et d'intelligent.

Cris et fracas

Brouhaha

...

-Je suis là !

Je suis là.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Regardez, dans l'instrument !

Une femme nue !

Vous l'avez vue comme moi ?

Ma belle-fille, Ava, était toute nue !

Je ne suis pas folle, je l'ai vue. Elle était toute nue.

Et le piano me fonce dessus, vous le croyez ?

-Oui, madame.

-Enfermée sous le couvercle.

C'est pas ça, le plus estomaquant.

Ava ?

Qu'avez-vous fait aujourd'hui ?

-Je me suis promenée.

-Ah oui ? Et où ça ?

On vous aurait vue au concert.

N'est-ce pas, Conchita ? - Oui, madame.

-Enfin, maman, Ava était en promenade.

N'est-ce pas, ma chérie ?

-Je l'ai vue sortir nue de l'étui d'une contrebasse.

Rires

-Je te croyais dans un piano ?

Maman, tu nous fais une blague ?

Rires

C'est normal d'avoir une hallucination

après avoir pris un piano

en pleine poire.

-Ce n'est pas une hallucination, je l'ai vue !

- Je te ramène. - Inutile.

Raoul s'en chargera. Raoul !

-C'est inquiétant, je me fais du souci pour sa tête.

-On la fait interner pour voir si elle s'arrange ?

On peut faire venir le docteur Anigo.

-C'est peut-être une manière de réclamer de l'attention, non ?

-Moi aussi, j'ai besoin d'attention.

-C'est une drôle de soirée qui s'annonce !

Heureusement que les domestiques sont couchés.

-Mon dos...

Ça s'arrange pas.

Musique de jeu vidéo

...

Aboiements

...

-Raoul !

À qui sont ces chiens noirs ?

-Un de nos invités les a amenés en promenade.

-Ava ?

Qu'avez-vous fait aujourd'hui ?

Coup de feu

Elle crie. - Madame...

-Merci, Conchita.

Vous m'avez tirée d'un cauchemar.

-Mettez ça sur la chambre, je viens vous régler.

-Tu ressors, ce soir ?

-Non, on ne sort jamais dans cette maison.

Paul joue sur son portable, la Reine mère détricote des pulls

et Raoul fait des réussites.

D'ailleurs, il ne fait pas que jouer aux cartes.

Surtout avec madame, mais je te raconterai une autre fois.

-Et demain, tu fais quoi ?

-On se revoit ? Je ne tiens plus à m'ennuyer.

Jérôme, j'ai encore envie.

Une horloge sonne.

-Il faut que j'aille chez Dalac, à l'agence.

-À l'agence ?

-Oui, l'agence...

L'agence Pôle emploi.

-Si pour Ava la chose était simple,

elle avait un amant,

pour Jérôme, c'était un problème complexe.

Jérôme s'était demandé dans quel pétrin il se mettait.

Après tout, il inventerait un mensonge.

C'est très pratique comme porte de sortie.

Mais cette porte ne donne pas toujours sur la sortie.

Alors, on crée une autre porte.

Et ces portes de sortie nous enferment dans le mensonge.

Tout avait commencé quand il avait vu cette femme,

dans le bureau de l'inspecteur Dalac.

-Un paquet de pognon.

-Dalac était ce genre de détective privé

qui adorait faire des citations.

Il aimait brandir son revolver et les grands auteurs.

Qu'est-ce qui avait motivé Mme Château-Têtard

à aller chez Dalac ?

-La petite pute.

-L'ancienneté de la maison et le sérieux qui s'en dégageait.

-Voilà.

Quand je vous disais qu'il arrivait.

Voici... Euh...

- Jérôme. - Jérôme, voilà.

Approchez, Jérôme. Je vous présente Mme Château-Têtard,

des ascenseurs du même nom.

Vous pouvez lui dire bonjour, aucune facturation là-dessus.

Non ?

C'est Jérôme qui va traiter votre petit problème.

-N'est-il pas un peu jeune ?

-Non, au contraire, dans les filatures,

plus c'est jeune moins il y a de soupçons.

Et comme disait Racine,

"Aux âmes bien nées,

"la valeur n'attend point."

-Corneille.

- C'est ce que j'ai dit. - Non.

- Enfin, c'est pareil. - Non.

Mon petit Jérôme,

je vous explique.

Déjà, il faut pas bayer aux corneilles.

Vous connaissez Corneille ? Madame aime beaucoup.

Madame a un fils qui a une épouse,

et c'est cette épouse qu'on vous charge de filer, OK ?

-Je vous laisse discuter avec votre stagiaire.

-Il n'est plus stagiaire depuis avant-hier.

-C'est ça. Coupez votre compteur.

-Qu'est-ce que je dois faire ?

-Trouvez l'amant.

Voici l'adresse des Château-Têtard.

Filature, amant, rapport, honoraires.

Trouvez l'amant.

Et voilà l'épouse, Ava.

Oh, la vache...

Waouh !

Joli morceau.

Première chose, épluchez son compte en banque.

Regardez s'il y a du louche dans ses dépenses.

-Comment allez-vous avoir ses relevés ?

-J'ai mes entrées.

N'oubliez pas que je suis détective.

-La suite, vous la connaissez.

Le 1er jour, Jérôme s'était fait griller par Ava.

Au 2e jour,

il avait glissé Ava nue dans une contrebasse.

Et le 3e, ils se glissaient nus, tous les deux, dans un lit.

Jérôme en était à trouver sa porte de sortie.

-Tenez, lisez ça.

-Les relevés bancaires de la petite Château-Têtard ?

Non, c'est un dossier médical.

-C'est ce que le banquier m'a balancé.

-Il y a un test ADN, c'est vachement personnel.

Ça se revend, les données personnelles. Vous saviez pas ?

C'est ce que demandent les banquiers pour les prêts.

Si on dit tout aux banquiers,

ça se retrouve dans les mains de n'importe qui.

-Le nombre de petits copains avant le mariage !

-Les gens modestes

n'osent pas envoyer chier leur banquier.

C'est comme ça, les pauvres.

Ça obéit à son banquier, voilà.

-Des fois, ils refusent d'obéir.

-Mais alors, là, ça devient une révolution.

-Les bourgeois aussi obéissent.

-Eux, quand ils désobéissent,

ça donne un coup d'État.

Comme au Chili, par exemple.

Ah, au fait,

votre filature, ça a donné quoi ?

-Rien à signaler.

-Comment ça, rien à signaler ?

Vous vous êtes pas fait repérer ?

-Non...

Elle est allée au musée.

-Quel musée ?

Paris, c'est la ville des musées.

Je sais pas ? Beaubourg ? Orsay ?

-Oui, Orsay.

-Qu'est-ce qu'elle a fait ?

-Elle a visité, mangé une glace ?

-C'est ça, elle a mangé une glace après avoir vu les peintures.

-Quel genre de peintures ?

-Les peintures se ressemblent un peu toutes.

Du coup, je l'ai suivie,

et rien à signaler.

Téléphone

*-Bonjour, c'est moi.

-Bonjour, Mme Château-Têtard.

*-C'est incroyable...

-Comment ?

Nue dans une contrebasse ?

*-Petite pute.

-Excellent !

*- Je suis pas folle !

-Elle est allée au musée, elle a vu des peintures.

Vous savez, les peintures, elles se ressemblent toutes.

Et elle a mangé une glace...

Rien à signaler. Voilà...

*-Au musée ? Mais je ne comprends pas...

-Décidément,

l'enquête piétinait.

-C'est l'art qui vous donne cette mine ?

-De quoi ?

-De quoi tu parles ? L'art n'intéresse pas Ava.

-Vous ne vouliez pas aller au musée ?

-Au musée ?

Pour quoi faire ? Non.

-Tu dérailles de plus en plus.

-Qu'avez-vous fait, cet après-midi ?

-J'ai vu ma filleule à Épinay.

Mon amie Noémie que vous aviez vue, mais elle vous avait pas plu.

-Celle qu'est noire.

-Je vais voir ma filleule puisqu'elle ne peut pas venir ici.

-Mme Château-Têtard était soufflée par un tel mensonge.

Elle faillit cracher le morceau qu'elle la faisait suivre,

et qu'elle savait pour le musée.

Mais elle se tint.

Elle se promit de lui faire avaler ses mensonges,

à cette sale petite pute.

Elle éclaircirait cette sombre affaire

de musée et de filleule.

-Bizarre,

je croyais que vous n'aviez rien à faire de votre filleule.

-J'ai pas pu dire ça, c'est ma seule famille.

-Non, il y a nous.

-Nous, on compte pour du beurre ?

-J'adore le rôti.

-Je déteste la viande, le soir. Passons au café.

-Ava ne prend jamais de café le soir.

-C'est vrai, j'avais oublié.

Donc elle a terminé son repas.

Conchita, double ration de dessert, je meurs de faim.

Oh, puis si, je prends du rôti.

Vous servirez Paul.

Paul,

demain, tu as le CA de Château-Têtard & Fils.

-Le quoi ?

Le conseil d'administration.

Tu es le président.

-Oui...

À chaque fois, je m'ennuie.

Je veux pas y aller.

-C'est important.

Tu dois faire acte de présence, mon chéri.

*-On a un problème.

*La petite prétend avoir été chez sa filleule et non au musée.

*Découvrez pourquoi elle ment à sa belle-mère.

*Je peux vous mettre sur un autre coup.

-Surtout pas, on change rien.

Je connais bien l'animal.

*-Soyez discret.

-À cause d'un rempart de moralité

édifié par ses parents,

Jérôme était mal à l'aise de coucher avec Ava

en étant rémunéré au tarif syndical.

Sans compter les heures sup.

Il savait qu'en avouant tout, il perdrait tout.

-Ava, faut que je te dise un truc.

Par rapport à mon boulot.

-Tiens, puisque t'es au chômage.

-Je suis pas un gigolo.

-Non, c'est du ruissellement.

C'est Paul qui m'a expliqué.

Me dis pas que t'as du travail, on pourra plus se voir.

Si tu savais comme c'est ennuyeux à la maison.

-Sexuellement ?

-T'es fou ? On n'en parle jamais.

L'horloge sonne.

-Zut, faut que j'y aille.

J'y vais pas, je veux pas m'ennuyer avec les hommes gris du CA.

Musique enjouée

...

Le téléphone sonne.

...

Maman, tu décroches ?

Maman, décroche !

Allô ?

Paul Château-Têtard, lui-même.

Rires

-Vive les escaliers !

Au diable le Pinochet !

Je vois où tu veux en venir, coquin.

-Maman ! Maman !

Maman !

Maman !

Je suis viré.

-Je suis bloquée, débloque.

C'est pire.

-J'essaie de débloquer.

-Maman, je me suis fait virer !

Le CA m'a viré !

-Ils ont osé ?

Je vais leur régler leur compte.

Le chien, au pied.

On va leur faire peur.

Le chien.

Au pied.

Couché, le chien !

Hurlements

-Adélaïde !

-Maman !

-Elle bouge encore.

Elle est morte !

-Vous êtes bien gentille, Ava.

J'aime être réveillée par le parfum d'une fleur.

Vous aussi, vous sentez bon.

Vous êtes quelqu'un de bien.

Mon fils a eu le courage de ne pas faire un mariage d'argent.

J'ai trop souffert de l'union arrangée pour l'imposer à Paul.

Ava, je vous aime beaucoup.

-Moi aussi, je vous aime beaucoup.

Je vous ai préparé un café.

-Comme c'est gentil, mon enfant.

M'accompagnerez-vous en Rolls, cet après-midi ?

Je voudrais vous présenter à ma meilleure amie.

Et nous pourrions inviter votre filleule.

Qui est si joliment noire.

-Oui, avec plaisir.

Ne vous inquiétez pas.

Avec Paul, on fait tout pour avoir un enfant.

Si c'est une fille, nous l'appellerons comme vous.

Le Pinochet montre des signes de fatigue.

Il sera réparé la semaine prochaine.

Que pensez-vous d'aller aux Seychelles,

ou en cure à Vichy, le temps de la réparation ?

-C'est une bonne idée !

Regardez.

Je me lève.

Je marche.

C'est un miracle.

Fracas

Merci, Conchita.

Vous m'avez sortie d'un cauchemar épouvantable.

Toujours ce rêve récurrent avec Ava.

C'était traumatisant.

-Bichon, j'ai ton petit-déjeuner.

-Non, je veux dormir.

J'ai pas le moral, j'ai la grippe.

-Le chien.

-Quelque chose ne va pas ?

-Paul m'a refilé sa grippe. J'ai tout vomi ce matin.

-On vomit pas pour une grippe.

-Une grippe intestinale.

Et si c'est un empoisonnement ?

-Quel musée, aujourd'hui ?

-Aucun, le mardi, les musées sont fermés.

-Alors... Au zoo de Vincennes ?

Avec ce temps pourri ? Elle est folle ?

Je suis désolé pour vous. Une filature par ce temps...

Ça a dû être horrible.

-C'était pas top.

-Vous êtes sûr qu'il y a pas un homme là-dessous ?

-Non...

-J'ai trouvé.

Vous voyez pas ?

-Non.

-Réfléchissez.

Aucune idée ?

C'est pourtant assez évident.

Et si...

c'était une femme ?

-S'il y a un amant c'est un homme.

Et il n'y en a pas, j'en sais quelque chose.

-C'est ennuyeux, ça.

-Il y aurait pas au sein de la famille un homme qui...

-Raoul. Il a des relations avec notre Château-Têtard.

-C'est maintenant que vous le dites ?

-Je parle de Mme Château-Têtard mère.

Votre cliente.

-Comment vous savez ça ?

-Je suis détective.

-Dalac

poussa un grand soupir et décrocha le téléphone.

-Mme Château-Têtard ? Ici Dalac.

*-Au zoo de Vincennes, sous la pluie ? C'est impensable.

-C'est pourtant

la vérité.

-J'ai lu chez le coiffeur que le sucré donne plutôt des filles

et le salé, des garçons.

À condition d'être enceinte, évidemment.

Au lieu du pamplemousse, j'ai demandé des champignons.

Enfin, des bouchées à la reine.

Les champignons vous dégoûtent ?

Vous craignez qu'ils soient vénéneux ?

Vous avez une petite mine, Ava.

Vous avez eu le courage de sortir par ce temps ?

-Oui.

Où êtes-vous allée ?

-J'ai visité le Louvre.

-Le Louvre... Vous êtes sûre ?

-Oui, je viens de vous le dire, le Louvre.

-Le Louvre, un mardi ?

Il y avait pas trop de monde, au moins ?

-Si, c'était plein.

On pouvait à peine avancer.

J'ai rien pu voir.

Rires

-Ça, je n'en doute pas.

D'autant que le musée est fermé le mardi.

-Ah...

C'est étrange, j'ai rien remarqué.

Maintenant que vous le dites,

il y avait des salles totalement vides.

-Mais alors, comment avez-vous fait pour entrer ?

-Je suis restée à l'extérieur,

j'ai regardé le musée par les fenêtres.

Et j'ai visité le jardin.

Le fameux jardin zoologique du Louvre.

Et c'est là que vous êtes allée au zoo.

-Bah non.

Puisqu'il y en a pas.

-Tu as entendu ?

-Entendu quoi ?

-Elle ment comme elle respire.

Ça ne te fait pas bondir ? Mais réfléchis !

-J'ai noté les contradictions.

Ça me fatigue d'enquêter.

-C'est pas ton métier.

Pour l'honneur de la famille, j'ai engagé un détective privé.

-Ah ?

Et le verdict, alors ?

-Le verdict ?

Ta femme visite

le zoo sous la pluie,

et elle dit être allée au Louvre.

-Elle ment sans gravité.

Si elle préfère les singes à La Joconde, il y a pas de mal.

-Et quand elle va effectivement au musée,

elle dit être allée voir sa filleule.

La seule explication à ce genre de comportement,

c'est qu'elle est folle !

Une mythomane !

Paul...

Il va falloir régler ça.

Et il y a pas 36 solutions.

Tu veux

faire interner Ava ?

-Le docteur Anigo vient demain pour mon dos.

Je vais faire ausculter les méninges de ta femme.

-Dr Anigo ?

-Raoul !

-T'as confiance ?

Musique mystérieuse

...

Mon petit, il faut que nous parlions.

-Je dors, je me lève tôt pour le musée, demain.

-Je te dirai demain.

-C'est tout ?

Dis-moi puisque tu m'as réveillée.

-Écoute... Maman,

guidée par l'affection qu'elle a pour toi...

J'en suis sûr.

Tu n'as pas remarqué que tu avais un garde du corps, un ange gardien ?

Tu vois ce que je veux dire ?

-Je ne comprends rien à ton charabia.

-Tu n'as pas remarqué que quelqu'un te suit

comme un détective ?

-Et alors ?

-Alors, rien. Enfin, si...

Un petit problème.

-Je peux t'expliquer. Paul, comme je t'aime !

C'est un malentendu.

-Calme-toi, tu n'as rien à te reprocher.

Ça n'a aucune importance, seulement...

Arrête de mentir, mon chou.

Quand tu vas au zoo, comme cet après-midi, dis-le-nous.

Si tu visites un musée, tu nous le dis.

Pourquoi racontes-tu toutes ces salades ?

-Il n'a rien dit d'autre, ce détective ?

-Que veux-tu qu'il dise ? Il n'y a rien.

C'est entendu ?

Plus de vilains mensonges ?

La vie n'est pas toujours drôle avec maman.

-Non, on ne sort jamais.

-Écoute, si tu aimes tant les musées,

demain, je t'accompagne quelque part.

Musique intrigante

...

-Ce bas-relief a perdu tous ses reliefs.

Une vierge du XVe siècle sur un bois polychrome

dont les couleurs ont disparu.

-Quel objet vilain !

Quand je pense à Jérôme...

...

-Ça va pas ?

Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je sais pas, un peu d'anémie, peut-être.

-Vous avez écourté ?

-Ava s'est sentie mal.

-Heureusement que le Dr Anigo est encore là.

À vous de jouer, docteur.

*- Je lui dis :

* "Wesh, tu fais quoi ?"

-Qu'est-ce que vous voyez ?

-Rien.

-Et là ?

-Toujours rien.

-Vous êtes sûre ?

Même pas une tête de mort ou un vagin ?

*-Et là, je désamorce la bombe.

*-Vous savez comment faire ?

-Vous avez des vomissements ?

-Oui, ça vient de la nourriture ?

-Oui, une gastro ou une appendicite.

*- Je suis dans le wagon, je vois un visage un peu suspect...

-Alors ?

-Je suis soumis au secret professionnel.

Votre belle-fille a toute sa tête.

Pour le reste, je la laisse vous le dire.

*-Vas-y, je me lève.

*Je vais le voir, et là, je comprends.

-Et toi, maman, tout va bien ?

Tu n'as plus d'hallucinations ?

-Non, je n'ai jamais eu d'hallucinations !

Je l'ai vue nue !

*- Je désamorce la bombe tranquille.

*-Vous savez vraiment comment faire ?

*-Bien sûr, tu crois quoi ?

-Ava, où vas-tu ?

-Je retourne au musée de Cluny à cause de la visite écourtée d'hier.

-Ça ne te dérange pas d'y aller seule ?

-Non, t'inquiète pas, mon bichon.

-Ça va mieux, tes nausées ?

-Oui, oui, oui.

Ne t'inquiète pas, mon bichon.

-Ava, vous allez encore au musée ?

Je vous ai dit de ne pas utiliser le Pinochet !

-Je ne l'utilise pas.

-Je prends la Rolls.

-Je ne l'utilise pas.

-Je vais au conseil d'administration.

Musique intrigante

...

-Nous y sommes.

Vous vous souvenez de cette scène.

Nous avons fait quelques détours,

mais cela méritait quelques explications.

-Inspecteur Dalac ?

Adélaïde Château-Têtard. La petite pute est sortie.

Cette fois, on la tient.

-Vous avez recollé les morceaux ?

Alors, passons à la suite.

Musique enjouée

...

-Jérôme !

...

Jérôme !

-Que se passe-t-il ?

-Tu t'es trompé d'escalier, fais le tour par en haut.

...

-Je suis suivie.

Je me suis changée pour tromper la filature.

Un privé me suit.

- Un privé de quoi ? - Un flic, quoi !

La vieille Château-Têtard me fait suivre.

On a un détective sur les talons.

Il est crétin, il doit suivre quelqu'un d'autre.

Ou c'est un planqué qui combine ses rapports chez lui.

J'ai une autre nouvelle.

Je suis enceinte.

Bah, c'est tout l'effet que ça te fait ?

-T'es sûre ?

-Que je suis enceinte ?

-Non, que tu es suivie ?

-Paul me l'a dit.

"Maman t'aime tellement qu'elle t'a collé un privé.

"Tu n'as rien à me dire ?"

Il me dit que j'étais au zoo, alors que j'étais à l'hôtel avec toi.

Et moi, j'avais dit être au Louvre. Tu vois l'embrouille ?

C'est fou qu'on ait jamais repéré ce type.

Je me demande à quoi il ressemble.

-Le bébé ?

-Non, le détective !

-Je me sens mal, j'ai dû attraper ta grippe.

Ça marche pas, le vaccin.

-C'était pas la grippe, ni un poison,

je suis enceinte.

Je vais quitter Paul et la Reine mère.

C'est ton enfant.

Installons-nous ensemble, avec le bébé.

-Attends, je réfléchis.

J'ai un salaire de 1200 euros.

Je paie 800 euros de loyer plus les impôts.

Plus 400 euros de bouffe.

Plus un bébé, une nounou, des couches.

Mon avenir est derrière moi...

Ma vie est foutue.

-Où va-t-il ?

Où vas-tu ?

-Un rendez-vous, j'avais oublié ! C'est pour du boulot.

-Jérôme !

-Vous savez ce que vous avez fait ?

Geoffroy, la clause.

Maître Crépin va vous lire une clause qui vous concerne.

-C'est une note en bas de page du règlement administratif.

Article 5 C,

alinéa 4.2...

"Si le président est licencié lors d'un CA,

"si le vote a lieu en son absence,

"Mme Château-Têtard mère

"le remplacerait jusqu'à la désignation

"d'un nouveau président.

"En l'absence de ce nouveau président,

"les votants

"devront être fiscalement domiciliés

"en France."

-Mesdames et messieurs, je suis votre présidente.

-Inspecteur ?

Inspecteur ?

Il y a quelqu'un ?

Gros plein de soupe ?

Tête de lard !

-Retourne-toi, salopard.

Rires

Faut apprendre à dégainer plus vite

si tu veux durer dans le métier.

-Faut une arme pour nos enquêtes ?

-De toute façon, que faites-vous au bureau

alors que vous devez bosser ?

- J'ai fini l'enquête. - Quoi ?

-J'ai terminé l'enquête Château-Têtard.

Ava Château-Têtard est la maîtresse de Raoul.

Le chauffeur.

-C'est pas possible !

Oh, le coquin !

Il se fait la mère et la belle-fille.

Nous allons voter pour désigner notre nouveau président.

À moins que vous ne vouliez être fiscalisés en France ?

Puisqu'on est d'accord,

qui vote pour désigner Paul Château-Têtard, mon fils,

comme président de Château-Têtard & Fils ?

C'est un vote à main levée.

Parfait, vous avez fait le bon choix.

Vibreur de téléphone

*-Inspecteur Dalac. Mme Château-Têtard, des ascenseurs ?

-Je suis en plein CA. Qu'y a-t-il ?

*- J'ai le nom de l'amant.

*Venez en taxi.

-Allons-y.

Le chien.

Raoul !

Merci.

Je continuerai en taxi.

-Un taxi ? Adélaïde, il y a un problème ?

-Tout va très bien.

On se voit ce soir.

Passez prendre du champagne.

- Taxi ! - Taxi !

Taxi !

On a coincé la petite pute ?

La journée est prolifique.

-Je sens que vous allez déguster la nouvelle.

Venez, venez !

-Raoul ?

-Mme Château-Têtard ?

Mme Château-Têtard ?

Ouh, ouh !

Mme Château-Têtard ?

Réveillez-vous, Mme Château-Têtard !

Mme Château-Têtard, réveillez-vous !

Réveillez-vous, Mme Château-Têtard !

Un coup de feu retentit.

Allez.

Elle gémit.

...

-Raoul !

Pourquoi tu m'as trompée avec la petite pute ?

-Adélaïde, qu'est-ce que tu racontes ?

Adélaïde, jamais j'aurais fait ça !

-Salaud !

-C'est pas du tout mon genre.

Adélaïde, s'il te plaît !

J'aime pas les jeunes.

S'il te plaît, calme-toi.

-Tu vas me le payer !

-Adélaïde, mais c'est pas vrai !

S'il te plaît, Adélaïde, calme-toi.

Calme-toi.

-Je vais te virer. Tu reviendras plus dans cette maison.

Ouvre cette porte !

-Je t'en prie, calme-toi !

Réfléchis une seconde.

Je t'ai pas trompée.

Tu te trompes sur mon côté masculin.

Adélaïde ! Adélaïde, s'il te plaît !

Réfléchis une seconde. Calme-toi.

Ne jette pas tout à la poubelle.

Fracas

-Il est où ?

Paul !

Paul !

-Maman !

Je vais être papa.

Je vais être papa, maman !

Ava...

T'es tellement fière de moi.

Non, je suis tellement fier de toi !

Raoul !

Raoul, tu connais la nouvelle ?

Raoul !

Papa et président le même jour !

Quelle journée virile !

Raoul ?

Raoul !

Raoul ?

-Ma casquette...

Ma cas...

-Il va nous manquer, Raoul.

Ça va faire bizarre.

Un grand vide, non ?

Conchita, vous m'amenez une cigarette et du feu.

-Je regrette, madame.

M. Paul ne veut pas qu'on fume en présence de madame,

qui est enceinte.

-Tu as gagné, ma petite.

Tu es plus forte que je l'imaginais.

Mais c'est encore à Raoul que j'en veux le plus.

Raoul, comme tu vas me manquer.

Au moins, tu seras loin d'elle.

Loin de la petite pute.

-Jérôme m'a plaquée, je suis enceinte.

Le père ne veut pas du bébé, mais j'ai un époux qui veut être père.

Les choses ont disposé comme il fallait.

Quoi de plus naturel ?

Jérôme...

-Attention à ton petit ventre, mon trésor.

Non, ne pleure pas.

Enfin, si, pleure. Ne t'inquiète pas, c'est les hormones.

Tu veux une liqueur pour te remonter ?

Oui ?

-Jérôme, je vais m'ennuyer sans toi.

Quand le bébé va naître, je jouerai avec lui.

Oui, mais jusqu'à la naissance ?

Je vais m'occuper de sa chambre,

ses petits vêtements...

Le bébé me désennuiera.

Klaxon

-Paul !

Il te faut un chauffeur.

-Oh la la !

Ne porte pas ça. C'est d'une vulgarité !

-C'est la loi !

-Je t'ordonne

de désobéir !

-Maman, c'est mal me connaître.

-Dites-moi, Jérôme,

regardez ça.

J'y comprends rien du tout.

-C'est un relevé de compte.

Dans le rouge. J'aimerais pas être à leur place.

-Vous allez bientôt plus l'être.

C'est les relevés de compte de l'agence.

-Je suis viré ?

-Que voulez-vous, hein ?

C'est la faute aux socialistes

qui sont au pouvoir.

- Quels socialistes ? - Bof, tout ça...

-Désolé, vous êtes beaucoup trop étriqué.

Bonne journée.

Vous. Merci, messieurs.

Bonjour, monsieur.

Me Geoffroy Crépin, avocat.

Vous venez pour l'annonce ? - Oui.

Ma lettre de motivation.

- Vous avez des défauts ? - Des défauts ?

-Avarice, gourmandise, colère, paresse,

solidarité ?

-Euh...

-Des qualités ?

Vous êtes intégré à la société ?

-Avec ce job, ce travail,

j'imagine pouvoir monter dans l'échelle sociale.

-Montez pas trop haut.

C'est pas avec moi que vous travaillerez.

Je viens juste vous sélectionner, émettre un jugement.

-Vous n'êtes pas avocat ? Vous jugez aussi ?

-N'importe quel idiot peut juger.

Il suffit de regarder la tête de la personne,

son élocution, sa tenue,

et c'est jugé.

Vous savez conduire ?

Vous savez conduire ?

- Vous savez conduire ? - Oui.

-Bonjour. Paul Château-Têtard.

Vous êtes engagé, vous serez notre chauffeur.

L'engagement prend effet demain.

Nous partons pour Antibes.

Attention, ma femme attend un bébé.

Vous savez conduire une Rolls ?

-Maman ?

Notre nouveau Raoul est arrivé.

-Comme si on pouvait remplacer Raoul...

Musique intrigante

...

C'est Raoul, hein, le père ?

...

Pourquoi le docteur Anigo est là ?

Il est encore là pour Ava ?

...

-J'avais dit de faire attention !

-Et moi, alors ?

Et moi ?

-Ça va, ma colombe ?

-Je vais pas descendre seule. Venez m'aider !

C'est insensé !

Qui sont ces gens ? C'est qui ?

Que faites-vous ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Docteur, qu'est-ce qu'il se passe ?

Je l'ai vue sortir nue d'une contrebasse !

Je ne suis pas folle ! Je ne suis pas folle !

-Moi non plus, madame.

-Dr Anigo !

Musique triomphale

...

-En avant, Raoul.

...

Que penses-tu de notre nouveau Raoul ?

...

Musique enjouée

...

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