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- C'est à quel sujet ? - Tu as reçu des pastèques, il paraît ?
- Et alors, c'est un crime ? - Ça dépend.
Dis à ton père que je suis réglo.
C'est la mosquée qui m'envoie. Rien à voir avec mon père.
Le permis ?
- Périmé. - Je vais le renouveler.
Tu viendras le récupérer à la mosquée.
Désolé, on pouvait pas parler à la banque.
Tu peux payer combien, là ?
Là, rien.
Il me faut une petite avance.
Il n'y a pas à hésiter ! C'est tout bénef.
Ça reviendra moitié moins cher que les pénalités accumulées.
Et je peux reporter l'échéancier de deux mois.
Là, ce sera le nouvel an,
les affaires reprendront, tu vendras tes poissons,
tu rembourseras la banque et on n'en parlera plus.
C'est pas pour ma pomme, cet argent.
Il y a le directeur d'agence, son bras droit,
le directeur régional…
Chacun prend sa part.
D'accord. J'apporte ça demain.
Aujourd'hui ça aurait été mieux. Un jour d'agios en moins.
Change pas d'avis, sinon tu vas couler.
Reviens demain.
Il est vraiment nul dans toutes les matières.
Une fois, il a demandé à aller faire pipi.
Il avait de l'argent sur lui.
Il a eu une idée et il a fait ce qu'il voulait.
Le petit poisson dit : "Maman, je dois partir."
Sa maman demanda :
"Mais où vas-tu si tôt ?"
Ne te tracasse pas.
Tu es en bonne santé, Dieu merci.
L'argent, ça va, ça vient.
On peut toujours s'adapter.
Tu es jeune, tu vas travailler. Tu vas regagner ce que tu as perdu.
Fais ce qui te semble juste.
Sahand ! Le pick-up.
Le pick-up ?
Oui, pourquoi pas ?
Tiens, Reza.
Tu n'as besoin de rien ?
Non.
Au revoir.
C'est mon dernier prix.
Je veux l'argent tout de suite.
Il faut compter une semaine pour l'écouler…
Je t'ai donné le prix du marché.
Mais si tu baisses de 300 000, je te l'achète, là, en cash.
300 000 ?
J'ai besoin de fric.
Comme tout le monde. Je dois y gagner aussi, moi.
C'est une heure pour venir ? On ferme.
- On va dans la voiture. - Je n'en ai plus.
Comment ça ?
On ne peut pas parler ici.
On va dans la mienne.
Merci beaucoup.
C'est trop.
J'ai changé d'avis.
Je paie les pénalités.
Tu te fous de moi ?
J'en ai déjà parlé à la direction.
Désolé.
Je n'y arrive pas.
Je te croyais dans le besoin.
Je le suis. Mais je ne veux pas m'en sortir comme ça.
Tu veux pas t'en sortir du tout, on dirait.
Tu es dans la merde et tu chipotes pour un pourboire.
Tu as peut-être peur ?
De quoi ?
T'inquiète, personne n'en saura rien.
Je n'ai pas peur.
Je ne paie pas de pots-de-vin.
Si c'est comme ça…
Tiens, garde ça.
Allez ! Va payer tes pénalités avant qu'on ferme.
Je pars devant.
POSTE DE POLICE
Comment vous faites à l'école avec un élément perturbateur qui se bagarre ?
Vous le punissez.
On lui donne un avertissement.
On l'a fait. Ce n'est pas la première fois.
Mon mari est un homme calme. Ils ont dû le pousser à bout.
Il y a des lois dans ce pays.
On ne peut pas frapper les gens à mort impunément.
Il faudrait que les lois s'appliquent à tous.
C'est le cas.
Mais ce n'est pas si grave.
On le garde cette nuit. Il va voir un juge demain.
Asghari !
Emmène madame voir son mari.
5 minutes.
Une visite.
Tiens, une tenue de rechange.
Pourquoi tu t'en prends à Abbas ?
C'est un pauvre type.
Laisse-le tranquille.
On s'est battus. Ça arrive.
Les messes basses vont commencer à l'école.
Je paierai l'amende, on n'en parlera plus.
Le matin, avant de partir, vérifie l'eau du bassin.
Pour être sûre qu'ils ne l'ont pas coupée.
Et s'ils l'ont coupée, je fais quoi ?
C'est terminé !
Je viendrai au tribunal demain.
Attends.
Je préfère pas. Je me débrouillerai.
D'accord. Au revoir.
Rentre.
- Oui ? - J'ai besoin d'une lettre.
Quel genre de lettre ?
Une lettre du Conseil disant que la Compagnie nous a coupé l'eau.
Le Conseil ne se mêle pas d'affaires privées.
L'eau du secteur, c'est privé ?
La Compagnie la distribue comme bon lui semble.
Bien sûr, l'eau, ce n'est pas une question d'ordre privé.
Mais le Conseil n'a pas mandaté votre mari pour la régler seul !
Vous n'allez pas le soutenir ?
Je viens de vous le dire,
on n'interfère pas dans des conflits privés.
Ce n'est pas privé ! Ils font leur loi.
Vous avez une solution ?
Vous pouvez écrire que leurs actes de vandalisme
nuisent à la distribution de l'eau.
Écoute,
on ne veut pas de problèmes avec ces gens-là.
Un bon conseil : retourne à ton école.
- Tu as fini, mon chéri ? - Presque.
Ton dîner est prêt.
Garde !
Qu'est-ce que t'as ?
- Pourquoi vous le libérez et pas moi ? - Ça te regarde ?
Tu as intérêt à la fermer.
Sinon, on te met dehors à poil, pour que tu te les gèles toute la nuit.
Tu dégages.
Debout.
Tes mains.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Asghari ! N'oublie pas le procès-verbal.
À vos ordres !
Les deux sont en liberté sous caution.
Une caution ? Je veux voir le juge.
Tu as déjà parlé et le juge a lu le P.V.
- Pourquoi tu veux le voir ? - Quel P.V. ?
Ils ont acheté les flics. On m'a menotté comme un meurtrier !
Il vaut mieux pour toi que le juge ne t'entende pas.
Il n'y a pas encore eu de jugement.
Appelle ta famille pour la caution.
Une fois libéré, tu pourras parler au juge, promis.
Il n'y a pas de jugement.
Je veux voir le juge, mais on me dit qu'il faut attendre.
Mais là, il faut payer une caution.
Je ne sais pas. Attends.
S'il vous plaît.
La fiche de paie de mon épouse, ça ira ? Elle est fonctionnaire.
Un acte de propriété d'une valeur supérieure à 50 millions,
avant la fermeture du bureau.
Ils veulent un acte de 50 millions.
Le nôtre, ça n'ira pas. Il y a l'hypothèque.
Je vais me débrouiller. Mais on n'a que 2 heures.
D'accord, à plus tard.
Mme Daraï est demandée au bureau.
J'ai une urgence, je dois partir.
Mais tu devais voir la mère d'une élève.
- Laquelle ? - Celle qui est renvoyée.
Appelle-la et arrange ça pour moi. Je verrai demain.
Entendu. À plus tard.
- Monsieur ! - C'est fermé !
- Mais il n'est pas 14 h 30 ! - C'est fermé.
Mais pourquoi ?
C'est 13 h 30.
- Mon mari est là-dedans, j'ai l'acte. - Demain !
Mon mari est là, je vous dis !
Il a dû être transféré à la prison.
La prison ? Il n'a rien fait ! Ouvrez-moi !
Je ne peux rien faire et il n'y a personne.
Revenez demain.
Je ne peux pas attendre 3 jours !
Il n'avait qu'à ne pas commettre de délit.
Qui vous dit qu'il en a commis ?
Je fais mon boulot. 3 jours d'enquête et 3 jours pour le rapport !
Pourquoi c'est si long ?
On ne peut pas accélérer un peu ?
Une semaine…
Une semaine ? Pour quoi faire ? Je veux voir votre supérieur.
Son bureau est au premier.
Hadis !
Attends !
Reza est coincé. Tu crois l'aider, comme ça ?
Donne-moi ça. Va m'attendre dans la voiture.
C'est réglé. Il traite le dossier en priorité.
On vient demain à 9 h 30 et après, on n'en parle plus.
Comment tu as fait ?
À ton avis ?
Te revoilà. C'est réglé ?
Non.
Il y reste encore cette nuit.
Mais pourquoi ?
Je ne sais pas, la paperasse.
Quoi de neuf, ici ?
La mère de l'élève est venue.
Laquelle ?
Celle que tu devais voir. La petite qui a été renvoyée.
Tu lui as parlé ?
Non, je préfère que ce soit toi.
Tu aurais pu le faire…
Pour lui dire quoi ?
Pauvre femme, elle était dans un état…
Elle savait ?
Pour pleurer comme ça, elle devait tout savoir.
En plus, elle est tellement sérieuse, sa fille…
J'ai mal pour cette mère. J'aurais vraiment aimé l'aider.
Comment ?
Il paraît qu'il suffit d'une annonce dans le journal.
Une annonce de quoi ?
Pour renier leur religion.
Je suppose qu'elle ne veut pas.
Ce n'est pas grand-chose à faire,
pour sa fille…
Passe-moi le cahier d'appel.
Sans pot-de-vin, on pouvait toujours courir.
Et puis, il faut bien qu'ils gagnent leur vie.
Ils n'ont qu'un salaire de fonctionnaire.
Reza n'en aurait jamais payé.
Même si j'avais été en prison.
Il apprendra.
Quand ça ?
La vie s'en charge.
Certains apprennent vite, d'autres moins.
Certains apprennent trop, d'autres pas assez.
"Il se mettait en colère
"et…
"en colère"
en deux mots.
"et se mettait à hurler."
"Cela incitait les autres
"à l'éviter…"
Continue, j'arrive.
Bonjour, madame.
Désolée de vous déranger. Je suis la mère de Ziba, votre élève.
Bien sûr, je vous en prie.
Vous aviez demandé à me voir, mais vous étiez absente hier.
Votre assistante m'a dit que je devais vous parler.
Je suis très inquiète.
Je voudrais savoir ce qui se passe.
Le rectorat nous a écrit à son sujet.
Elle doit changer de lycée.
Pour aller où ?
Il n'y en a pas d'autres par ici.
Je sais. Mais je n'ai aucun pouvoir sur les ordres que je reçois.
Qui a le pouvoir ?
À qui dois-je m'adresser ?
À qui parler ?
Je vous l'ai dit. C'est un ordre du rectorat.
En tant que directrice, je suis tenue de l'exécuter.
Écoutez, madame, nous sommes vos voisins.
Avez-vous jamais eu à vous plaindre de nous ?
Qu'a-t-on à nous reprocher ?
Je ne vous connais pas.
Mais vous connaissez la situation.
Votre fille ne doit pas parler de ces choses à l'école.
Elle a dû en parler.
Qu'a-t-elle dit ?
Et mon mari ?
Il a été licencié au bout de 20 ans, sans la moindre indemnité.
Ma fille aînée n'a pas pu aller à la fac.
Mon fils n'a pas pu finir ses études.
Que dois-je faire ?
C'est comme ça, ici.
Vous devriez aller ailleurs,
où personne ne connaît votre religion.
Aller où ?
Vous savez d'où nous venons ?
On rentre, mon petit.
C'est fini.
Il sort dans quelques heures.
Je passerai le voir demain.
Je te dépose.
Ça ira. Repose-toi un peu.
Merci beaucoup.
Au revoir.
CENTRE PÉNITENTIAIRE DE RASHT
C'est pour Sahand.
Il te croit à Téhéran depuis 4 jours. Tu lui donneras ça.
Il est chez mon frère. Il le ramène ce soir.
Va prendre une douche.
Reza !
Viens !
Signe.
À quoi bon porter plainte ?
Tu n'arriveras à rien.
Ces gens-là ont le bras long.
Vends ta ferme et va-t'en.
Va voir ailleurs.
Sinon ils te couperont l'eau.
Et tu ne pourras rien faire.
Mieux vaut vendre aujourd'hui que demain.
T'aurais pas dû t'attaquer à eux.
T'es pas obligé de vendre.
Mais t'es pas obligé de te battre.
C'est Abbas qui a fait ça.
Abbas est le larbin de la Compagnie. Il ne prend pas d'initiative.
On l'a missionné pour contaminer l'eau.
Reza…
Ils veulent ce terrain et tu n'y peux rien.
Ne t'entête pas.
Je porterai plainte contre lui.
Je serai dédommagé.
Mets ta famille à l'abri, alors.
Si tu portes plainte, tu ne seras pas dédommagé avant un an.
Dans deux mois, tu dois rembourser le crédit.
Tu veux encore payer 36 % de pénalités en plus du prêt ?
J'obtiendrai mon dû.
Tu ne pourras même pas te défendre.
- Voilà le jugement. - Déjà ?
Il a eu le bras cassé, Abbas ?
Tu le tabasses et tu me demandes ?
Non. Et pourtant c'est un certificat de médecine légale.
Ils leur mangent dans la main : le juge, les flics, le médecin légiste…
Même le maire.
Tu as bradé la voiture pour rembourser la banque.
Tout devait être réglé pour le nouvel an.
Tu sors de prison, tu dois l'indemniser, nos poissons sont morts.
On a tout perdu.
Si tu avais payé le banquier,
on n'en serait pas là.
Reza, il faut faire comme eux.
Chercher des pistons,
acheter les juges.
Sinon, ils te massacreront !
On vendra le terrain
pour rembourser la banque.
On indemnisera même Abbas.
Avec le reste, on partira.
On ira ailleurs.
On n'a que ce terrain et cette maison.
On ne peut pas les perdre.
On n'en est pas encore là.
On a d'autres solutions.
Laisse-moi faire.
Si j'échoue, on vendra à la Compagnie.
Si Abbas renonce à ses indemnités,
grâce à l'assurance, on sera à flot.
Je donnerai des cours particuliers,
tu reprendras ton élevage, on se relèvera.
Mets-toi là.
Bonjour.
Tu vas bien ?
Oui, madame.
Tu n'es pas en première ?
Si, madame.
Pourquoi tu es si petite ?
Mais tu es jolie.
Je lisais ton dossier.
On voit que tu es une bonne élève, très intelligente.
Ton père va bien ?
Oui, madame.
Son bras va mieux ?
Son bras n'avait rien, madame.
Il n'était pas cassé ?
Non, madame.
C'était pour de faux ?
Tu sais pourquoi tu es là ?
Non, madame.
Je veux que tu m'aides.
La fierté des hommes crée parfois des problèmes
que seule l'intelligence des femmes peut résoudre.
Tu sais que ton père et mon mari se sont disputés ?
Non, madame.
Ton père a porté plainte
contre mon mari pour un bras cassé.
La cour nous a condamnés à lui verser 13 millions.
Tu sais ce que ton père a fait ?
Non, madame.
Il a obtenu un faux certificat du médecin légiste.
Tu reconnais que ce n'est pas bien ?
Oui, madame.
Personne ne doit abuser de sa position.
Tout le monde peut être tenté de le faire.
Moi, par exemple…
Je pourrais te créer des problèmes, non ?
Je peux, je suis la directrice.
Je peux te renvoyer, te faire redoubler.
C'est vrai ou pas ?
Oui, madame.
Va dire à ton père qu'on ne peut pas payer cette somme.
Même si on pouvait, on ne céderait pas à l'intimidation.
Va lui parler et reviens avec de bonnes nouvelles.
Très bien.
Vas-y.
Alors, ça a été ?
Elle vient d'une famille aisée ?
Plutôt, oui.
Pourquoi elle est si chétive ?
Je voudrais te parler de quelque chose.
Je ne sais pas si je peux.
De quoi ?
Je t'en prie, ne te frotte pas à ces gens.
À qui ?
Au père de la petite, Abbas.
Et la famille Jafarabadi, en général.
Ton mari et toi n'êtes pas d'ici.
Vous ne les connaissez pas.
C'est une sale engeance.
Malheur à celui qui les cherche.
Cette fille, tu sais pourquoi elle est si petite ?
Elle a 3 ans de moins que ses papiers !
C'était ceux de sa sœur aînée.
Morte à 3 ans.
C'est son père qui l'a tuée, Abbas.
Dans une bagarre tribale, il l'a cognée par terre.
Ensuite, il est allé dire à la police que c'était les autres.
Et il a gagné le procès.
Le type est allé en prison et lui a été indemnisé.
Je ne sais pas quoi te dire.
Oubliez-les.
Reza…
Reza !
Paie-les, s'il le faut, qu'on en finisse.
Si tu n'oses pas, mon frère peut venir avec toi.
C'est bon.
J'étais absent pendant 4 jours. Je peux le prouver.
Je ne dis pas que c'est vous qui l'avez fait.
Regardez le contrat. C'est bien votre signature ?
Les exclusions de garantie sont là.
Effraction, différend de voisinage, contamination chimique.
"Les résultats d'analyse ont établi
"que la mort a été causée par une contamination extérieure."
C'est-à-dire, délibérée.
Donc, ce n'était pas un accident.
L'assurance ne couvre pas ces cas.
Et là, on ne peut rien faire.
Pour vous, ce n'est pas un accident.
Mais ma vie est foutue.
Monsieur.
Monsieur.
Asseyez-vous.
Il ne faut pas s'emporter. Vous avez subi un préjudice.
Il faut chercher celui qui a fait ça.
Je vous comprends.
Il est là, le chef ?
J'ai une demande urgente.
Je dois lui parler.
Je reviens.
Je sais que vous êtes un père de famille respectable.
Vous êtes dans la panade.
J'ai parlé à mon chef. J'ai trouvé une solution.
Il y a une clause d'exception.
Pour qu'elle s'applique, il vous faut deux lettres.
D'abord, vous devez vous procurer une lettre de la prison,
certifiant votre incarcération au moment des faits.
On sait que vous n'y étiez plus, mais on s'arrangera.
Ensuite, il faut aller voir la compagnie d'électricité.
Contre un pourboire, l'employé attestera
qu'il y a eu une coupure de courant de 10 heures dans la zone ce jour-là.
Avec tout ça, j'irai en commission
et j'obtiendrai une indemnisation partielle.
- Merci. - Je vous en prie.
Dieu a une solution pour tout.
Excusez-moi…
Combien je vous dois pour votre aide ?
Sortez, je vous prie. Ce n'est pas la peine.
Papa, tu sais que la Xbox peut nous voir ?
Par exemple, si je te frappe pour de faux,
la Xbox le montre. C'est cool, non ?
- C'est cher, mon chéri. - C'est cher ?
Oui, je me suis renseignée.
Où est-ce que tu as vu ça ?
Un jour, maman avait à faire, elle m'a laissé chez mon copain.
- Quand tu étais à Téhéran. - À Téhéran ?
Ah oui, à Téhéran.
Tu me l'achèteras, papa ?
On en reparlera, mon ange.
Je te l'achèterai bientôt.
Pas de promesses en l'air, s'il te plaît.
Je lui en achèterai une.
Non, madame, rien de grave.
Juste un échange informel.
C'est la directrice du lycée. Elle peut parler à votre fille.
- Ce n'est pas bien. - Quoi ?
Il ne la laisse pas venir.
- Aujourd'hui ? - Non, définitivement.
Passe-la-moi.
Allô ?
Elle a raccroché.
Et si elle portait plainte ?
Mais non.
Ils vont la marier, c'est tout.
Espèce de lâche !
Tu te caches dans les jupons de ta femme ?
Si elle rappelle, tu le regretteras toute ta vie.
C'est à quel sujet ?
Je veux vendre ma ferme.
- Cet acte est hypothéqué. - Oui.
J'ai pris un crédit, il y a deux ans.
Je lèverai l'hypothèque dès le premier versement.
Il n'y a pas de problème.
On fait une promesse de vente avec un premier paiement,
qui pourra vous aider.
Mais il nous faut une lettre de garantie.
Le solde ne sera payé qu'une fois l'hypothèque levée.
Abbas doit retirer sa plainte.
C'est une affaire privée. Rien à voir avec la Compagnie.
Vous avez utilisé tous les moyens pour avoir ma ferme.
Ça y est, je la vends. Votre cerbère doit retirer sa plainte.
Bonjour, comment ça va ?
Merci.
C'est au sujet de la propriété jouxtant le site…
J'ai eu le PDG.
Étant donné
votre situation économique et professionnelle,
la Compagnie préfère ne pas s'engager envers vous.
Vous n'êtes pas acheteur ?
Comme je vous l'ai dit, ce n'est pas le moment.
Mon client est très sensible à l'image de la Compagnie.
Il ne souhaite pas qu'on dise que vous étiez dans le besoin
et qu'il en a profité, en dévaluant votre bien.
C'est votre intention ?
Pas du tout. Mais les gens bavardent, vous savez.
S'il vous plaît.
Je vous ai blessé, je crois.
Je suis désolé. Je comprends votre situation.
Pour vous aider, je peux l'acheter moi-même.
Bien sûr, je n'ai pas les moyens de la Compagnie.
Je vous propose 50 % de leur offre de l'an dernier.
Voici ma carte.
Réfléchissez et prévenez-moi.
Au Conseil, on a besoin d'un gars solide,
qui ne se laisse pas corrompre.
Le maire est un des leurs.
Ils l'ont acheté.
Je ne peux pas. Je suis à bout.
Accepte et je m'occupe de tout.
Pour l'indemnité d'Abbas, déclare-toi insolvable.
Ton crédit, c'est de l'argent public.
Graisse la patte aux fonctionnaires et ils t'arrangent ça.
Dépose plainte pour tes poissons et fais-toi dédommager.
Il faut les emmerder.
Ne pas se laisser dépouiller.
Sinon, ils nous enlèvent nos terres.
Tu as éteint ton portable ?
Plus de batterie.
Tu pouvais pas me prévenir qu'Abbas était venu ici ce matin ?
Pour que tu viennes me protéger ?
Tout ce que tu fais nous retombe dessus.
Sahand s'est battu à l'école.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il a blessé le fils du chef de la police. Il est à l'hôpital.
Il ne veut pas m'en parler.
Il faut que tu ailles à l'école demain.
Il devient ta copie conforme.
Votre épouse est directrice du lycée pour filles.
Nous sommes donc collègues.
Et vous, je vous connais.
Vous vous souvenez peut-être, quand vous êtes arrivé de Téhéran,
nous étions à la fac ensemble.
J'étais de la promo précédant la vôtre.
Et puis, j'ai entendu parler de vos problèmes récents.
C'est petit, ici, tout se sait.
Tout ça pour vous dire
que je parle en connaissance de cause.
Je vous écoute.
Ne le prenez pas mal.
Mais votre fils me semble manquer d'éducation.
Il est rebelle.
Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?
Je vous avais prévenu.
J'ai quand même dix ans d'expérience.
J'ai été enseignant, surveillant
et proviseur depuis peu.
À force, je suis devenu pédopsychologue.
C'est la première fois qu'il a ce genre de problèmes.
Espérons que ce soit la dernière.
Mais il a salement amoché un de ses camarades.
Neuf points de suture, quand même.
Sahand ?
Votre fils.
Je lui ai parlé.
Il dit s'être plaint au surveillant
de choses dites par ce garçon.
Rien n'a été fait.
Il ne cherchait pas la bagarre.
Il s'en allait quand ce garçon lui a barré le chemin.
Sahand a voulu passer.
L'autre est tombé.
C'était un accident.
C'est ce qu'il vous a raconté.
Sahand ne ment jamais.
Asghari, CM1.
Asghari, bureau du proviseur.
Notre problème, c'est que tous les parents croient
que leurs enfants sont parfaits.
Et ils oublient
que leurs premiers modèles, c'est eux.
Je devrais lui apprendre à tendre l'autre joue ?
Tu n'as pas changé.
Le même qu'à la fac.
Tu te prends pour un héros.
Je dirais même que tu paies encore tes conneries de l'époque.
Tu t'es fait virer.
Et aujourd'hui, tu te débats dans la merde de poisson.
Tu viens ici la queue entre les jambes.
Je me dois de te le dire :
n'oblige pas ce gosse à devenir comme toi.
Je peux ?
Entre, Asghari.
Raconte comment Sahand s'en est pris à son camarade.
En rentrant le soir,
j'ai vu Sahand qui frappait Ali.
J'ai voulu aller vers lui pour l'en empêcher.
Il a pris un caillou
et il a frappé Ali avec.
Si tu n'arrives pas à t'excuser, je le fais pour toi.
Mais je ne veux pas m'excuser.
Tant que son père n'appellera pas, ton problème ne sera pas réglé.
Excuse-toi, qu'on en finisse.
Tu veux être renvoyé ?
J'ai assez d'ennuis comme ça. N'en rajoute pas.
On va au commissariat. Tu demandes pardon à son père.
Il appelle le directeur et on n'en parle plus.
Allez, viens.
- Je veux voir le chef. - C'est pourquoi ?
C'est personnel.
Il n'est pas là. Il est parti en mission.
- Où ça ? - Au cimetière.
On ne peut pas passer.
- Je voudrais voir votre chef. - Il est occupé.
- Ce sera long ? - Je n'en sais rien.
Je peux l'attendre ici ?
Si vous voulez. Mais je crois qu'il en a pour un moment.
Asghari !
Merci.
C'est l'horreur depuis ce matin.
Que s'est-il passé ?
Une non-musulmane est morte.
On est là pour les empêcher de l'enterrer ici.
Elle s'est suicidée.
Une lycéenne.
Ils l'ont renvoyée et elle s'est tuée.
Pourquoi on l'enterrerait pas ici ?
Une non-musulmane ne peut pas être enterrée dans un cimetière musulman.
Vous craignez qu'on la pistonne pour aller au paradis ?
Attention à ce que tu dis. Tu es musulman, non ?
Reculez !
Le corps retourne à la morgue.
- Jusqu'à quand ? - On vous préviendra.
Reste là. Tu rentreras quand ça se sera tassé.
Oui, chef.
- Bonjour. - Qu'est-ce que tu fais là ?
Je suis venu avec mon fils. Pour vous présenter des excuses.
Il faut le recadrer, ce gamin. Amène-le au poste.
Allez !
Les aisselles.
Le torse.
Le cou.
Sous le menton, lave bien.
Les oreilles.
L'intérieur aussi.
Bien, le visage maintenant.
Plus fort que ça.
Et tes épaules.
L'autre.
Derrière le cou.
Les cheveux. Frotte bien.
Viens sous l'eau.
Frotte bien.
Rince la mousse dans tes oreilles.
Ça va, mon fils ?
Hadis !
Je ne suis pas venu me battre.
Mais pour demander pardon.
T'es qu'une lavette.
Surveille d'abord ta femme qui traîne chez les gens.
Tu viendras ensuite.
Casse-toi !
Reza !
Ça va ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Abbas raconte des choses sur toi.
Qu'est-ce qu'il dit ?
Où est-ce que tu es allée traîner ?
De quoi tu parles ?
On peut savoir ce que tu fous ?
Ne me parle pas comme ça.
Réponds-moi ! Où est-ce qu'il t'a vue ?
Je suis allée chez Samavat au sujet de l'école.
Je t'interdis d'aller chez ce salopard !
C'était pour l'école, je te dis.
Samavat est haut placé, influent, riche !
Il est notre dernier recours…
Qu'il se mêle pas de ma vie, ce connard !
Tu nous as foutu dans la merde et tu te plains ?
Pourquoi refuser une aide ?
Pourquoi tu es si têtu ?
T'as tout foutu en l'air. Ça suffit !
Reza ! Je ne savais pas qu'Abbas travaillait pour Samavat.
Ni même que Samavat était de la Compagnie.
Le toit de l'école fuyait. Je n'avais pas de budget.
Il m'a proposé de l'aide.
Je suis allée chercher le chèque et lui demander conseil.
Reza !
Écoute-moi !
Tu sais quoi ?
Tu te défoules sur moi. T'arrives pas à faire face.
C'est toujours pareil, tu crées les problèmes et tu te barres.
Si tu n'as pas les épaules pour les régler, laisse-moi faire.
L'indemnité, il faut la payer.
Il y a le certificat légal. On n'y peut rien.
C'est un certificat bidon.
Il n'a jamais eu le bras cassé. J'ai un témoin.
Le prouver vous coûtera plus que l'indemnité.
Quant à votre plainte concernant les poissons,
je ne vois aucune preuve solide.
C'est une rancune personnelle. Je peux le prouver.
Ce que vous devez prouver, c'est qu'il a tué vos poissons.
Vous avez un témoin oculaire ?
Une caméra de surveillance ?
Il a laissé des traces ?
Alors, vous ne pouvez rien prouver.
À votre place, je ferais la paix avec mon voisin.
J'économiserais mon temps, mon argent et mon énergie.
- Qui est là ? - Bonjour, je suis Reza.
Un ami d'Omid.
Il n'habite plus là.
Oui ?
Pardonnez-moi. Vous auriez son adresse ?
Non.
J'ai pourtant dit à Omid de travailler son intelligence sociale.
Le Quotient Émotionnel, QE.
Sans un sou, avec un salaire de prof
et une famille, qu'est-ce qui lui a pris ?
Qu'est-ce qu'il voulait changer ?
Qu'est-ce qu'il a pu changer ?
Faire la morale à ses élèves, pour se retrouver en taule,
en laissant une famille sur le carreau.
De nos jours, le mieux qu'on puisse faire,
c'est de raser les murs.
Tu gardes un œil sur le dollar.
Et tu restes synchrone.
- Quelle boisson ? - Une noire.
- Bonjour, où est Sara ? - Dans la voiture.
Sara !
Dépêche-toi.
Bonjour.
Bonjour.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Ils sont venus l'emmener en pleine nuit.
Le proprio ne voulait pas d'emmerdes.
Il nous a virés.
Mes traductions ne me font pas vivre.
T'aurais dû me prévenir.
Pour que tu fasses quoi ?
Tous ses amis l'ont laissé tomber.
Ils avaient tous une excuse.
J'ai pensé que tu savais, que tu finirais par venir.
Je ne savais rien.
J'étais très pris dernièrement.
On a tous nos problèmes.
De quoi ils l'ont accusé ?
D'après toi ?
Atteinte à la sécurité nationale.
Propagande contre le régime.
Ça va chercher dans les 6 ans.
6 ans ?
Et il ne pourra plus enseigner.
Tu te souviens à l'usine, Omid et toi,
vous vous êtes fait arrêter pour avoir protesté contre la qualité des repas.
Tu te souviens de ce que tu m'as dit, une fois libéré ?
Que dans ce pays, on est forcément soit oppresseur, soit oppressé.
Il n'y avait pas d'autres options.
Mais tu en as trouvé une autre.
Tu es parti dans le Nord.
Tu as créé ta ferme, fondé une famille.
Tu ne t'occupes pas des autres.
J'ai un rêve,
c'est de pouvoir traduire un livre pour le plaisir, sans angoisse.
Tu l'as vu quand, la dernière fois ?
La semaine dernière. Ils m'ont laissé quelques minutes.
Il a commencé un roman.
J'envie la force d'Omid.
Coupe le moteur.
Tu ne veux pas qu'on aille parler ?
Je te demande pardon.
Ça ne suffit pas.
Il faut qu'on se parle. Notre vie s'écroule.
Arrête-toi !
Je te demande pardon. Quel mal j'ai fait ?
Qu'est-ce que tu as ?
Coupe le moteur.
J'ai décidé de tout régler.
En hurlant, comme ça ?
Il me faut 500 000.
Pour quoi faire ?
Il me les faut.
Je ne les ai pas.
- Il me les faut ! - Je ne les ai pas !
- On en reparlera ce soir. - Il me les faut maintenant !
Où veux-tu que je les trouve ?
Dans ce grand lycée, il n'y a pas cette somme ?
Qu'est-ce que tu trafiques ?
Il me faut cet argent.
Je te le rendrai.
C'est mon tour.
Trop fort ! Deux – zéro !
Tu triches. Tu joues des deux mains.
C'était qui ?
Le fils d'Abbas.
Il voulait quoi ?
Abbas a été arrêté, une affaire de drogue.
Ça ne nous regarde pas, si ?
Prends Sahand et va chez ton frère.
Mais pourquoi ?
Reza ?
Ces gens-là sont dangereux.
Même pour leurs propres enfants.
Tu voulais que je me batte ?
Je me bats.
Va prendre des affaires.
Depuis l'arrestation d'Abbas, on ne parle que de toi.
Tu dois faire vite.
Il sortira dans quelques jours.
Il sera fou de rage.
Va dire à Samavat
que tu sais qu'Abbas lui livre son opium.
Que tu ne veux pas lui attirer d'ennuis,
mais que si la Compagnie continue de soutenir Abbas,
ils seront tous impliqués dans le trafic de drogue.
Menace-le.
Il sera obligé de virer Abbas.
Que vient faire Samavat là-dedans ?
Samavat, c'est la Compagnie à lui tout seul.
C'est le vrai patron.
Au revoir.
Ouvre.
CENTRE PÉNITENTIAIRE DE RASHT
Tu te souviens de moi ?
J'étais là quelques jours.
Tu as dit que je pouvais venir te voir.
Il y en avait combien ?
Trois grammes.
Donc, 2 millions d'amende, 70 coups de fouet et 5 ans de prison.
Mais il peut y échapper.
Si c'est sa première fois.
C'est le cas.
Si tu paies, il sort dans une semaine.
Une semaine ?
Tu es son associé ?
Tu as peur qu'il te balance ?
Je t'ai dit, c'est mon ami.
Je te présenterai un gars demain au tribunal.
Il t'arrangera ça.
Il y a autre chose.
Il est dans un sale état. Ça fait 40 ans qu'il fume.
Sans ça, il ne tiendra pas.
Dis-lui que Samavat le salue.
Qu'il s'occupe de tout.
Tu veux de la sauce ?
Bonsoir.
Va avec ton oncle.
- Tu entres ? - Non, je te remercie.
Alors, à bientôt.
Laisse-moi rentrer. J'ai besoin de vêtements.
Il faudra attendre quelques jours.
Prends soin de toi.
Si tu mouftes, je te fous dans la merde.
Je te balancerai.
Et je dirai que tu as été payé.
Alors, ne me cherche pas. Mêle-toi de tes affaires.
Si tu te tiens à carreau, je te revaudrai ça.
Merci d'être venu.
Mes condoléances.
Mes condoléances.
Tu as bien fait de venir.
On ne te soupçonnera pas.
Je ferai de toi le maire.
Merci de nous avoir débarrassés de lui. Mais ouvre grand les yeux.
Celui qui a tué tes poissons pour te monter contre Abbas
est dans les parages, fais gaffe.
Tu as du feu ?
Quel monde étrange.
On ne sait pas ce qui nous attend.
Samavat a une nouvelle offre. Les choses ont changé.
On cherche à remplacer Abbas.
Au lieu d'acheter ta ferme,
on te propose de représenter la Compagnie dans la région.
Réfléchis à ma proposition.
UN HOMME INTÈGRE
Adaptation : Massoumeh Lahidji
Sous-titrage : HIVENTY
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