All language subtitles for Ari Aster - Beau Is Afraid - English with German Subs (DirCut)

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Original subtitles

- Il s'est cogné la tête ? - On l'a rattrapé.

Il a touché le sol, j'ai vu.

- Vous l'avez lâché ! - Non, tout va bien.

Pourquoi il ne pleure pas ?

- Il devrait pleurer, non ? - Il va le faire.

Vous l'emmenez où ?

Il se passe quoi ?

Vous l'avez tué ?

- Vous avez tué mon bébé ? - Je l'ai vu respirer.

- Vous l'avez lâché ? - Non.

La sage-femme le tient.

Pourquoi vous le secouez ?

J'ai avalé du bain de bouche vendredi soir.

Ça ne donne pas le cancer ?

Pas en une fois.

J'en ai avalé il y a quelques semaines.

Ça devrait aller.

Je vais voir ma mère demain.

Je sais.

L'anniversaire de votre père.

Le jour de sa mort.

Ça vous fait quoi ?

Vous savez,

je ne l'ai pas connu.

Je parlais de votre retour à la maison.

J'ai encore fait ce rêve.

Ne nous éparpillons pas.

Que vous inspire ce voyage ?

C'est bon de rentrer.

Ça fait longtemps.

Vraiment ?

Plusieurs mois.

Vous culpabilisez ?

Quand vous allez là-bas,

avez-vous des projets en tête ?

Espérez-vous un certain résultat ?

Comme quoi ?

Pensez-vous que vos attentes sont réalistes ?

Si, quand vous aviez soif, l'eau du puits vous a rendu malade,

retournez-vous à ce puits en espérant que l'eau soit potable ?

Vous arrive-t-il de souhaiter sa mort ?

Pardon ?

Bien sûr que non.

Ça n'aurait rien d'étonnant.

On peut désirer des choses tout en ne les voulant pas.

Ces sentiments peuvent cohabiter.

Nous sommes ici pour exprimer ce type de pensées.

Et l'Hydropitnol, ça vous démange encore les yeux ?

Seulement si je ne les cligne pas.

Ça soulage votre anxiété ?

Attendez.

Je vais vous prescrire un nouveau médicament génial

qui, à mon avis,

sera plus doux en tout point.

Toujours avec de l'eau.

Toujours.

En cas d'effets indésirables,

appelez-moi vite, je suis sérieux.

Bonne chance.

Mon chou, c'est maman.

Je voulais te dire combien je me réjouis de te voir demain.

Tu es mon ange et je t'aime.

Je t'aime, au revoir mon chéri.

Je t'aime.

Ecoute ta mère quand elle te dit de ne pas t'éloigner !

Bonjour,

je peux voir celle-ci ?

Vous voulez que je le fasse ?

Excusez-moi, que fait cet homme ?

On essaye de le faire sauter.

Je vais le faire !

Eloigne-toi de moi !

Ne t’approche pas, je te dis !

Voilà vos nouilles.

Vous avez une tête à manger du minestrone.

C'est chaud !

On n'a presque plus de crackers.

Salut papa.

Toujours aucune trace

du "poignardeur d'anniversaire"

qui, en quelques semaines, a encore tué trois fois.

Il est connu pour rôder nu dans la rue

et poignarder les passants au cou et au ventre.

Selon les témoins, il s'agirait d'un homme blanc circoncis...

Il y a quelqu'un ?

Excusez-moi, ma valise et mes clés étaient là.

T'es baisé, mon gars.

Pourquoi vous dites ça ?

Allô ?

Bonjour Mme Wolski.

Ici Beau Wassermann, de l'appartement 303.

- Mes clés sont... - Pas de démarchage.

Non, je suis votre locataire.

Il me faut un serrurier, je suis en retard.

Bonjour, Martha. Désolé, maman est là ?

Mon petit cœur !

Oui, elle est à côté.

Beau ?

Salut maman.

Bonjour mon chou !

Tu es à l'aéroport ?

Non, pas encore.

Tu es en route ?

Dans un taxi ? Tu es loin ?

Maman, je ne veux pas t'inquiéter.

J'étais en route.

Il s'est passé un truc.

Je n’ai pas dormi, le voisin m'envoyait des mots sous la porte

alors que je ne faisais aucun bruit.

Je ne me suis pas réveillé, en partant j’ai oublié un truc,

et quand je suis ressorti,

on avait volé mes clés sur la porte.

Donc tu m'appelles d'où, là ?

De mon appartement.

Quelle heure il est ?

Il est 16h30, non ?

Oui, je sais.

Mon chéri, ton vol est dans une heure.

Je sais mais maman,

on m'a volé mes clés sur la porte.

Maman ?

Ce n’est rien, chéri. Je comprends.

Comment ça ?

Ce n'est pas rien. Tu ne comprends pas ?

Oui, c'est très grave.

On t'a volé tes clés, c'est terrible.

On me les a vraiment volées.

Tu n'auras qu'à venir une autre fois.

Je peux venir, ça allégera un peu la corvée.

Ce n'est pas une corvée.

Ce n'est jamais une corvée.

Il n'est pas trop tard. Je viens, je suis en route.

Je fais quoi, alors ?

Je fais quoi ?

Fais ce qui est le mieux, mon cœur.

C'est quoi, le mieux ?

C'est quoi le mieux pour toi ?

J'appelle la police ?

J'ai peut-être encore un moyen de rentrer.

Est-ce prudent ?

Mon appartement est ouvert,

et quelqu'un a mes clés, ça ne me semble pas très prudent.

Ce n'est pas prudent, si ?

Beau...

Quoi ?

Beau.

Oui ?

Désolée pour tes clés, je dois filer.

Non, tu ne dois pas filer.

Tu les trouveras.

Attends, on va arranger ça.

Tiens, crève salope !

Toujours avec de l'eau.

Toujours.

Aidez-moi !

Refusé.

Quoi ?

Non, réessayez s'il vous plaît.

Pas bon.

Combien ?

Vous avez bu, vous devez 1 ,79.

1,79.

J'appelle la police.

Non, regardez, je paye !

Encore 30 cents.

Ce n’est pas vrai.

20 cents.

- 20. - Je sais !

Baissez d'un ton.

Je n'ai rien fait.

Encore 5.

J'appelle la police !

Mme Wolski ?

Eloigne-toi de moi !

Putain, c'est chaud !

Y a quelqu'un ?

Monsieur ?

Bonjour, c'est Mona.

Laissez un message si vous voulez encore me parler un jour.

Salut maman.

J'ai trouvé un vol ce soir, mais la carte ne passe pas.

Votre message n'a pas pu être enregistré.

Pardon, c'est qui ?

J'essaye de joindre ma mère.

C'est son numéro ?

Oui.

Qui êtes-vous ?

Un livreur UPS.

Je ne sais pas à qui est ce téléphone, la police est en route.

Pourquoi ?

Vous pourriez me décrire votre mère ?

Les yeux marrons,

les cheveux brun-roux.

Vous pourriez...

décrire son corps ?

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Pourquoi avoir appelé la police ?

Je ne comprends rien, j'ai un colis.

Je suis entré,

à cause de l'odeur et des chiens qui aboyaient,

et la porte était ouverte, mais...

il y a une dame parterre.

Enfin le corps d'une dame.

Il n'y a ni visage ni tête.

Je n’aurais pas dû répondre.

La police arrive.

Ce n’est pas mon téléphone, je l'ai trouvé.

Désolé, ça n'a aucun sens.

Comment ça, il n'y a ni visage ni tête ?

Il doit bien y en avoir.

Ça doit être là, partout.

Il y a un lustre...

qui est tombé dessus.

Il s'est décroché du plafond et il est tombé sur une femme.

Ça lui a écrasé la tête, qui a disparu.

C'est qui ?

Quoi ?

C'est qui ?

J'essaye d'avoir du tact.

Ce serait votre mère ?

Quoi ?

Je n'ai pas dit ça.

Pourquoi vous dites ça ?

C'est vous qui m'avez dit ça.

Vous avez demandé si votre mère était là.

Je ne sais pas qui c'est. J'ai décroché, vous avez dit ça.

Je n'ai rien fait !

Vous comprenez ?

Je vous le jure.

Ce n’est peut-être pas son numéro.

Vous avez composé ce numéro ?

Il est dans mon répertoire.

Il est enregistré ? Vous avez pu vous tromper.

Mon Dieu !

C'est peut-être une erreur. Un gros malentendu.

Recommencez, peut-être que votre mère répondra.

Raccrochez et rappelez.

Je suis vraiment désolé.

Sincèrement désolé.

Je peux regarder dans son sac s'il y a une pièce d'identité ?

Puisque c'est sûrement votre mère.

Elle s'appelle...

Mona Wassermann ?

C'est votre mère ?

Mona Wassermann, c'est votre mère ?

Il y a quelqu'un ?

Ici le Dr Jeremy Friel.

Laissez un message, je vous rappellerai dès que possible.

Je suis vraiment désolé.

S'il vous plaît.

Je t'encule !

Police !

Au secours !

Un homme dans mon bain, un autre avec un couteau !

Pas un geste !

Lâche ton arme !

Lâche-la !

Ne bouge pas.

Ne bouge pas !

Je ne bouge pas.

Je t'ai dit de pas bouger !

Je ne bouge pas !

Ne m’oblige pas à faire ça.

Je t'en supplie.

J'arrive !

Roger, il est réveillé.

Vous avez appelé ?

Vous êtes réveillé ?

Comment vous sentez vous ?

Bizarre.

J'imagine. Vous avez dormi deux jours.

Quoi ?

J'ai été renversé ?

Il y a eu un accident, oui.

Je vous ai percuté.

C'est ça ?

C'est un coup de couteau.

Vous avez été agressé.

Quoi ?

Je sais !

Je suis mort ?

Non.

Vous cicatrisez vite.

Aucun organe n'a été touché et vous avez perdu peu de sang.

C'est quoi, cette chambre ?

C'est une chambre de notre maison.

Et c'est chez vous le temps qu'il faudra.

Je m'appelle Grace.

Et voici Roger.

C'est mon mari.

Salut mon gars.

T'es réveillé.

Quelle grasse matinée !

Roger est un chirurgien respecté.

C'est lui qui a soigné vos blessures.

Vous avez eu de la veine.

C'est quoi ça ?

Un bracelet de surveillance médicale.

Ça suit votre état de santé.

J'ai rêvé tout ça ?

C'était un rêve ?

L'agression ?

Non, ma mère.

Votre maman ?

Ma maman est morte ?

De quoi as-tu rêvé, chaton ?

Sa tête avait disparu.

Sa tête.

Non, c'était un rêve.

Non, sa tête a disparu.

Non, c'était un cauchemar.

Tout va bien.

Un vilain cauchemar.

Calme-toi.

Ce n'était qu'un rêve.

Amen ?

Amen.

Amen ?

Amen !

C'est Nate, notre fils.

Nathan.

Il fait l'armée ?

82e division aéroportée.

Caracas.

Tué en mission.

C'est où ?

Déjà l'heure du dessert ?

Tiens.

Deux pour le bonhomme.

Au fait, Beau.

Je sais qu'on est à table,

mais j'ai remarqué une chose quand tu es arrivé.

Tes testicules

sont particulièrement gonflés.

Ça m'a tout l'air d'une vilaine épididymite.

Laisse-le manger, Roger.

Il faut faire une échographie pour être sûrs.

Toni, viens voir !

Elle n'est pas morte, super.

Viens voir notre nouvel ami.

Beau, je te présente Toni.

Toni, voici Beau.

Bonjour.

T'aimes mon lit et mes affaires ?

Quoi ?

C'est ta chambre ?

Je ne savais pas.

Beau, t'inquiète.

Toni est ravie de te laisser sa chambre.

C'est vrai.

Ce n’est pas comme si on avait pas une chambre de libre.

C'est vrai, ce n'est pas le cas.

Tu le sais.

Je vais en cours.

Chérie, on est samedi.

Pas de mélange, Toni.

Petite conne.

Tu appuies sur 9, et c'est bon.

Tu connais le numéro ?

Maman me l'a fait retenir par cœur.

Salut Jeeves !

Jeeves et mon fils étaient à l'armée ensemble à Caracas.

Il l’a vu mourir.

Ilva y avoir du sang.

Ila eu ses médocs ?

Tu devais les lui donner.

Si tu as besoin de moi, crie.

Ne bouge pas, Jeeves.

Chaton, ne touche à rien.

Dr Cohen ?

Je ne suis pas médecin, je suis avocat.

J'appelle à propos de maman.

C'est vrai ?

Quoi ?

Qu'on l'a trouvée sans tête dans le salon ?

Que t'étais le premier informé

et que t'as mis 3 jours à donner signe de vie ?

Oui, Beau.

C'est vrai.

Comment c'est possible ?

Je venais de lui parler.

J'allais venir la voir.

Que s'est-il passé ?

Je suis le premier à qui tu le demandes ?

Un lustre lui a écrasé la tête !

Je dois faire quoi ?

J'appelle...

ceux qui enterrent les gens ?

Pour quoi faire ?

Est-ce que je dois...

Tout le monde a été contacté le jour où on l'a trouvée.

L'enterrement a été honteusement repoussé.

Alors...

ce sera quand ?

Un corps, ça s'enterre immédiatement, Beau.

"Son corps ne passera point la nuit."

Ça ne te dit rien ?

Tu comprends donc rien ?

Je viens de me réveiller.

J'ai eu un accident et on m'a poignardé.

Ta mère a hélas fait le souhait

de ne pas être enterrée sans ta présence.

Donc nous t'attendons.

Et chaque minute passée à attendre

ne fait qu'aggraver l'humiliation.

Le corps de ta mère est surveillé en permanence.

Elle ne connaît pas le repos.

Et il n'y a aucun repos pour ceux qui l'aiment.

Il faut que tu sois là, Beau.

Avec un costume,

et un éloge funèbre.

Tu dois mettre fin à l'humiliation.

C'est tout ce que l'on te demande.

On guettera le carrosse de Sa Majesté.

Tout va bien ?

Je dois rentrer chez moi.

Il faut que je rentre.

Pauvre chéri.

Je dois rentrer.

On demande le Dr Roger ?

Le Dr Roger arrive.

Tiens, champion.

Un petit cocktail.

Sous la langue, allez.

Bravo mon garçon.

Comment va notre patient ?

Il doit partir.

Il y a un vol ce soir, cet après-midi, ou maintenant ?

Chaton, c'est déjà l'après-midi.

On peut réserver ?

Oh là, mon grand.

On se détend.

Pas d'avion dans cet état.

J'allais le dire.

Que se passe-t-il, mon vieux ?

Il faut l'enterrer, ils m'attendent.

Elle est humiliée.

Terriblement humiliée.

Ecoute-moi.

Il n'y a rien de pire que de perdre un parent.

J'ai perdu ma mère à 11 ans.

Je ne m'en suis jamais remis.

Mais je te promets

qu'on t'emmènera là-bas.

Wasserton est à 6 h de route d'ici.

On peut y aller ?

Cela dit,

il te faut d'abord du repos, frangin.

Et de l'aide.

Je me sens bien.

Vous m'emmenez quand ?

Dans quelques jours.

Ensuite, après le spectacle,

on rentrera ici ensemble,

en famille.

S'il vous plaît.

Je dois rentrer maintenant.

Si tu dois rentrer au plus vite,

on trouvera un moyen de t'emmener demain.

Demain ?

Pourquoi pas aujourd'hui ?

Et aujourd'hui ?

Pas dans ton état.

Une autre rouge et bleue.

Trouvée.

Allez !

C'est l'heure du dodo pour Roger.

Avec ma petite femme.

Désolé.

J'allais aux toilettes.

Tu veux échanger ?

Ça ne me dérange pas.

Ferme ma porte et va dans mon lit.

Ça ne me dérange vraiment pas.

J'aime les canapés.

Je pars demain, de toute façon.

Bon,

si tu changes d'avis,

je veux bien échanger avec plaisir.

Désolé.

Merci.

Désolé.

Putain, c'est où ?

Pourquoi il touche aux affaires des autres ?

Ila déplacé ma brosse à dents.

Ila utilisé ma brosse à dents ?

C'est le grand jour.

Ça fait quoi ?

Il m’aime bien ?

Sans doute.

Il est à cran, il a vécu des choses dures.

Comme toi.

C'est un héros.

Allez champion, à nous deux.

Grace ne peut malheureusement pas venir.

Elle a une réunion d'actionnaires.

Tu es triste de rentrer, Beau ?

Ça doit te faire bizarre.

Je ne sais pas trop.

Je vois.

Donc...

t'es pas vraiment triste ?

Si, bien sûr,

mais...

il faudrait que je sois là-bas pour...

C'est normal.

Parfaitement normal.

Lui-même.

C'est arrivé quand ?

Du ski nautique ?

Si, bien sûr.

Dites-leur de l'amener.

Quelle tuile.

Une chirurgie en urgence.

Carl Oberst a le crâne ouvert.

Un très vieux patient.

Je dois travailler, ils ont besoin de moi.

C'est affreux.

Pauvre Carl.

Ce sera un peu long.

Aujourd'hui, ça va être compliqué.

D'accord.

Et donc ?

J'aimerais te dire ce soir,

mais j'ai décalé les opérations de ce matin à demain.

Cela dit,

si je les reprogramme

cet après-midi,

on peut tailler la route demain matin.

Je dois partir aujourd'hui.

Sinon ma mère...

Tu vois ?

Tu n'es pas rétabli, mon grand.

Sans parler de...

Il y a bien une solution.

Si vous êtes occupé, je peux prendre l'avion.

Je vous rembourserai le billet.

Ce n’est pas un problème d'argent.

C'est tes blessures,

la pression atmosphérique les rouvrira.

Je peux prendre le car.

Je prendrai le train,

ou un taxi.

On est responsables de toi.

Te conduire chez toi, c'est la moindre des choses.

Merci.

Désolé,

mais je dois partir aujourd'hui.

Je ne veux pas m'imposer.

Partir demain, ça n'impose rien.

Ça me fait plaisir.

D'accord ?

C'est vous qui m'avez amené ici.

Tu crois, Beau ?

Ne dis pas ça.

C'est ton choix.

Merci, t'es un chef.

Navré pour le faux espoir.

Vous ne deviez pas me recoudre ?

Pas la peine.

Vas-y mollo sur les galipettes.

En attendant, mon vieux,

tu es ici chez toi.

Je dois filer aussi, chaton.

Il y a une caméra.

Jeeves a pris ses médicaments. S'il hurle, c'est qu'il dort.

Pense à t'hydrater.

Quoi ?

Bois beaucoup d'eau.

On te ramène demain !

Au revoir, chaton.

Demain !

Quoi ?

Ça veut dire quoi ?

Attendez, ça veut dire quoi ?

Vous êtes bien au cabinet d'Harold Cohen.

Laissez un message détaillé.

Je reviendrai vers vous.

Bonjour Dr Cohen.

C'est Beau.

Je suis en route.

Boîte vocale pleine, message refusé.

Notre correspondant Brian Galloway est avec nous.

Brian, que savons-nous ?

Mona Wassermann a été retrouvée morte

dans le salon de sa somptueuse demeure

avec un lustre à la place de la tête.

Pour diverses raisons, elle n'a pas pu être enterrée,

mais elle doit l'être.

Elle avait 70 ans.

C'est vous qui avez trouvé le corps ?

Je ne voulais pas entrer, mais...

les chiens aboyaient, ça sentait et la porte était ouverte.

Sinon je serais resté dehors.

Aussi respectée que crainte,

Mona Wassermann, star de l'économie locale,

était une sommité dans son milieu.

Je n'arrive pas à y croire.

Mona Wassermann a été...

Putain !

Désolé.

J'étais sur l'ordinateur, j'ai vomi.

Je vais nettoyer.

Ce sera mieux qu'avant.

On s'en va.

Quoi ?

Je te ramène chez toi.

Et Roger ?

Qui me l'a demandé, à ton avis ?

Voilà mon nouveau frère.

Je suis un ami de Grace et Roger.

Bonjour.

Regarde ça.

Je m'en fous, il a gerbé sur mon ordi.

Merci.

Merci de m'emmener.

L'emmener où ?

T'es pas un peu vieux pour être adopté ?

Je ne suis pas adopté.

Si, tu l'es.

Pour lui.

Non merci.

Papa a dit que tu devais fumer ça.

Quoi ?

C'est pour guérir.

Tu dois te détendre.

Ça va aller, merci.

J'ai pris des médicaments.

Non.

Ça ne va pas aller, merci.

Ton papa dit qu'en plus, tu dois fumer ça avec ta sœur.

Je ne peux pas faire ça.

J'ai un souci, je dois rentrer.

Ecoute.

Tu fumes, on te ramène.

Tu ne fumes pas, tu restes. Point.

J'attendrai que Roger me ramène.

Tu peux ouvrir ?

Si tu ne fumes pas,

je lui dis qu'elle m'arrache les cheveux.

Et elle dira que c'est toi.

Je le ferai.

Je me souviens, je t'ai vu faire.

T'as profité de nous.

Y a quoi dedans ?

Trois choses.

Voilà, merci.

Fais-le pour de vrai.

S'il te plaît, ça suffit.

Tire plus fort.

Continue.

Ne t'arrête pas.

Ne tousse pas.

Quelle horreur.

Je reprends ça.

C'est quoi, ce truc ?

Ton frère est défoncé.

Ouvre la fenêtre, s'il te plaît.

Vas-y, fume.

Ce n’est pas vrai.

Y a quoi, là-dedans ?

T'as vu le post de Sarah ?

Quelle sale mytho.

Elle ne l’a jamais vu, ce gars.

On peut en mourir ?

Je ne sais pas.

Je ne veux pas mourir.

C'est la cinquième fois.

Non, la deuxième.

Je m'en fous !

Franchement, un D+ ?

Il aurait pu mettre un C-.

Il fantasme sur toi.

Il devrait être viré pour ça.

Il en crèverait, il a au moins mille ans.

Allez, on le tue en le faisant virer.

La voiture rétrécit.

Attendez, c'est la maison !

On a dépassé ta maison.

Martha te manque, Beau ?

Bien sûr. J'adore Martha.

Tu adores Martha ?

C'est mon amie.

Je l'aime bien.

Tu as vu, Beau ?

Tu n'es pas le seul enfant ici.

Il y a un mort dans la piscine !

T'es là avec ta mère ?

Pas tout le temps.

Là, je suis tout seul.

Moi, c'est Elaine.

Et moi, Beau.

Et moi, Elaine.

Tu es venue avec ta mère ?

Oui.

Mon père est avec la voisine super riche.

Il doit la baiser sur un lit de thune au soleil.

Tiens,

prends-moi en photo avec Gene.

C'est ton style de fille ?

Non.

J'ai vu que tu regardais

un certain style de filles.

Ce n'est pas grave.

Tu n'as pas à être gêné.

Je ne le suis pas.

Elle est jolie.

Très naturelle.

Tu peux me demander conseil.

Seules les femmes connaissent les femmes.

C'est la vérité.

Les hommes sont aveugles.

C'est ce qui fait leur charme.

Ne sois pas sur la défensive.

Je suis fière de l'homme que tu es.

Une fille comme ça,

sûre d'elle,

pleine d'aplomb,

il faut être à la hauteur.

Toi, tu pourrais.

Elle aurait de la chance.

N'importe quelle femme en aurait.

Il suffit de t'impliquer entièrement.

Rien n'est plus important

que de choisir la bonne personne.

Salut mon pote.

Ça faisait longtemps.

- ça a été ? - Comment tu te sens ?

Super, t'es déjà en pyjama !

On va faire pareil.

Je pense me coucher tôt.

D'accord.

J'hésite encore.

Sauf si...

tu veux que je reste.

On pourrait se promener sur le pont.

Regarder les étoiles.

Je vais me coucher.

Et les éclairs ?

Ils cachent des rasoirs dedans.

Et le gâteau arc-en-ciel ?

Les colorants donnent le cancer.

Et...

la chiasse liquide ?

Ta mère est une conne ?

Comment ça ?

T'inquiète, ma mère est une sale conne.

T'es vierge ?

Ça ne fait rien.

Moi aussi.

On s'en fout, non ?

Je n’ai pas le choix.

C'est dangereux pour moi.

C'est génétique.

Mon père en est mort.

Suce ça.

Quoi ?

On a le droit de s'embrasser.

Qui ça ?

Dans les 10 secondes.

Comment ça ?

10, 9, 8, 7,

6, 5, 4, 3, 2, 1,

1 et demi, 1 trois quarts...

Désolé.

Merde, je dois y aller.

Désolé.

Demain ?

Tout de suite !

... dans mon lit !

T'enfreins tes règles !

Hypocrite !

Tu me cherches, jeune fille ?

Jeeves !

Il est à l'intérieur !

Beau, ils vont m'emmener !

Réveille-toi !

Elle va me débarquer !

Elle m'emmène.

Tu m'attendras ?

Je t'aime, tu m'attendras ?

Ilse passe quoi ?

Je t'aime.

Pourquoi tu fais ça ?

C'est quoi, ça ?

Tu m'attendras ?

Tu le promets ? Promets-le-moi !

Je promets.

Ça suffit !

C'est qui, cette garce ? Ilse passe quoi ?

Beau, je t'aime !

Attends-moi !

Tu lui as promis quoi ?

Où est-ce qu'elle va ?

C'était la bonne ?

Non, pose ça !

Il est sur le canapé !

Il est à l'intérieur !

C'est lui !

Ne te lève pas, Beau.

Ne bouge pas.

Il ricane !

Ne t'en fais pas. Fausse alerte.

Une folie passagère, tout est sous contrôle.

On l'a trouvé dans la jungle,

il mitraillait les cadavres.

Même ceux de ses camarades.

Il ne fait que se défendre.

C'est un héros,

et tout le monde l'a rejeté.

Nous, on l'a accueilli.

Il s'en voudra demain, Beau.

Tu peux me croire.

Il t'adore.

Il me l'a dit hier.

Ce n'est pas dans le contrat.

Je suis mère aussi, vous savez.

Allez, debout !

C'est l'heure des grillades !

On va se faire un barbecue d'adieu avant de partir.

Je te garde un morceau de choix.

Bonjour, chaton.

Ça va ?

- Tu viens, Grace ? - J'arrive.

Allez, debout.

Assieds-toi.

Je te comprends, je t'aime et je sais ce que tu vis,

même si je ne peux pas savoir,

je dois te dire...

Bébé ?

Tu peux venir voir ?

J'ai besoin d'aide.

J'arrive.

Tu n'as qu'à regarder la télé.

Je reviens.

Chaîne 78.

Tout de suite !

C'est quoi ?

On va mettre de la couleur sur ces murs.

Comment ça ?

Tiens, tu prends ce mur.

Ce mur-là !

Tiens, regarde.

Attends.

S'il te plaît.

Tu fais quoi ?

Pourquoi tu fais ça ?

- Grace sera triste. - C'est mon frère !

Je sais.

Alors pourquoi ?

D'accord.

Très bien.

Si c'est comme ça,

on va se déchirer la tête.

Je suis censé partir.

Tu partiras déchiré.

Je ne me sens pas bien, là.

Tu peux débarquer dans ma vie,

squatter mon lit, voler mes parents,

mais pas te déchirer la tête avec moi ?

Je ne veux rien voler, je te jure !

Si, je le sais.

T'as raté ton test à la con.

Quoi ?

Comme si t'étais un pauvre orphelin.

Ça me fout la gerbe.

Quoi ? Comment ça ?

Désolé. S'il te plaît.

Je m'en irai si tu veux, mais explique-moi.

Je ne te demande pas de partir.

Je te demande de boire cette peinture avec moi.

- Toni, arrête. - M'appelle pas Toni.

Désolé, c'est ton prénom.

Oui, le mien.

C'est mon prénom à moi.

C'est quoi, cette histoire de test ? Explique-moi.

Je m'en fous !

Toi d'abord.

S'il te plaît.

Ecoute-moi bien.

J'ai des vidéos de toi.

Je montrerai ce que tu as fait.

J'ai fait quoi ?

T'as gagné, grosse fiotte.

Ne fais pas ça !

Arrête ! Tu vas être malade !

Arrête !

Je t'emmerde !

Au secours !

A l'aide ! Un médecin !

A l'aide !

Elle a bu la peinture.

Tu lui as fait quoi ?

J'ai essayé de l'en empêcher.

Je l'ai suppliée d'arrêter.

Accroche-toi.

J'ai voulu l'en empêcher.

Je l'ai suppliée.

Accroche-toi.

Je sais ce que tu fais.

Quoi ?

Tu veux remplacer mon fils

par un démon.

Un démon !

Je vais te tuer !

Jeeves !

Mets-le en pièces !

Attire-moi

Entre tes bras

Et dans ta bouche

Et dans tes yeux

Je tombe

Je sens

Tout mon souffle

Tu m'inspires

Tout mon cœur

Bonsoir.

Excusez-moi, je suis perdu.

J'ai eu un accident.

Je ne sais pas où je suis.

Désolé, mais vous pouvez m'aider ?

Vous êtes blessé ?

Vous avez un gros bout de verre dans le crâne.

Du verre ?

Ça vient d'une porte.

On ferait mieux...

de l'enlever, je peux ?

Ça saigne beaucoup ?

La tête, ça saigne beaucoup, puis ça s'arrête net.

Ça s'est arrêté ?

Mon père est mort d'une hémorragie.

Il faut nettoyer ça.

Ça risque de s'infecter.

Vous venez ?

Suivez-moi.

Merci.

On y est presque.

Salut, Lloyd.

Voici Beau.

Bonsoir.

Ila eu un accident.

Sa mère est morte, il a perdu son père avant de naître.

"Quand les malheurs arrivent,

"ce n'est pas en éclaireurs solitaires, mais en bataillons."

Merci.

C'est ici.

Je reviens.

J'ai un duvet en plus, si tu veux.

Par ici.

"Cupidon tue les uns avec des flèches,

"les autres avec des pièges."

Vole, coccinelle, vole

Vole vers des cieux radieux

Je n'ai plus de parents

Mon deuil est accablant

"Maudite croisée des chemins !

"Comment jouer son destin entre deux routes inconnues ?"

"Si l'une va de l'avant, l'autre recule-t-elle ?"

"Est-ce un piège ?"

"Ou est-ce une chance ?"

"Mènent-elles toutes deux à bon port,

"où je prendrai le trône qui me revient

"et jouirai de mes biens ?"

Ils répètent la première.

"Maudite croisée des chemins !"

Ne gâchons pas la surprise.

"Au son des trompettes,

"le pauvre héros sait qu'il est trop tard."

"Elles annoncent la mort !"

S'il vous plaît.

Voici Beau.

Ila eu un accident.

Ses parents sont morts.

Tu vas bien ?

C'est affreux.

On est où, ici ?

Nous sommes les Orphelins de la Forêt.

C'est exact.

Nos parents nous ont abandonnés

sans faire l'effort de mourir.

On fait du théâtre itinérant.

On va de forêt en forêt

et on s'improvise de petits nids.

Puis, à la fin,

on fait un grand spectacle.

Je compatis.

Tu vois cet homme ?

C'est Yesekov,

il a créé la troupe.

C'est l'heure du spectacle.

Salut.

Tu te joins à nous ?

Comment ça ?

Tu veux un costume ?

On aime brouiller la frontière entre public et acteurs.

Celui-là ?

La couleur se marie à tes yeux.

Celui-là est bien aussi.

Celui-là.

C'est mon préféré.

Allons-nous changer.

Contente que tu viennes, Beau.

Salut, mon frère. Je suis Duncan.

Que fais-tu là ?

Jeeves !

Mets-le en pièces !

Pourquoi je suis là ?

Quelqu'un peut me dire ?

O Seigneur !

Le destin a réduit ma maison en cendres

et m'a contraint à l'exil.

J'ai jadis cru connaître le désespoir.

J'ai cru l'avoir dompté.

Mais ce nouveau tourment

m'empêche de trouver le repos.

Lorsque je cherche des réponses

je ne trouve qu'un vide glacial.

Avec la disparition de ma mère et de mon père,

je me suis perdu moi-même.

Ton deuil est noble.

Tes parents sont honorés.

Qu'ils reposent à jamais en paix.

Lève-toi.

A présent,

va de l'avant.

Erige un foyer éclatant.

Qu'il soit durable.

Dois-je partir...

ou rester ici ?

Une chose est sûre.

Si je reste,

je meurs.

Non.

Je dois partir.

Comment ?

Des chaînes ?

Maintenant, tu comprends.

Elles ont toujours été là.

C'est cela.

Pars à l'aventure.

Prie pour apprendre la bravoure

et recevoir la chance.

Tu parcourras bien des kilomètres.

Dix deviendront cent.

Cent deviendront mille.

Tu traverseras d'innombrables villages.

Puis enfin, un village

te parlera.

Une part enfouie

et essentielle de ton être le reconnaîtra.

Et tu te diras :

"Ce village est le mien."

Tu apprendras un métier.

Grâce à cela, tu gagneras ta vie.

Tu auras le plaisir de goûter des fruits,

du pain et du vin

qui seront tiens car tu les auras mérités.

Tu trouveras une parcelle de terre,

et tu bâtiras une maison de tes propres mains.

Tu cultiveras cette terre.

Tu vivras grâce à elle.

Tu te feras de nouveaux amis.

Un jour, tu rencontreras une femme.

L'histoire de votre rencontre changera

selon celui qui la contera.

Tu étais perdu,

et elle t'a indiqué la voie.

Ou c'est elle qui était perdue,

et tu l'as menée chez elle.

Elle verra tes peurs,

tes souffrances,

tes rêves,

et ton potentiel.

Et tu verras de même en elle.

Quand tu auras trouvé ta moitié,

les cadeaux de ta vie se multiplieront.

Parfois, elle te semblera être un homme.

Elle tombera enceinte, car tu auras fait l'amour avec elle.

Tu auras des enfants.

Trois fils.

Tu leur transmettras ton savoir.

Tu leur diras que tu les aimes, tous les jours.

Ils deviendront de beaux jeunes hommes.

Ils seront courageux,

bienveillants,

et ambitieux.

Tu raconteras tes sentiments de fierté à ton psychiatre.

Il les archivera.

Un jour,

une terrible tempête balaiera ton village

et détruira ta maison.

Tu seras emmené au loin par les flots.

Tu seras séparé de ta famille.

Et tu échoueras

dans une étrange contrée.

Tu chercheras ta famille pendant des jours,

puis des semaines,

puis des mois.

De si nombreux mois que tu en perdras le compte,

mais tu ne les trouveras pas.

Tu chercheras du travail pour pouvoir continuer tes recherches,

mais personne ne parlera ta langue.

Tu seras traité en criminel.

Au bout d'un moment,

tu trouveras un village

rongé par un inexplicable fléau.

Sur ton passage,

un homme rendu fou par la tragédie

t'accusera d'être le monstre qui aura brûlé sa maison

et remplacé les pieds de ses enfants par leurs mains.

Tu clameras ton innocence,

mais tu n'en paraîtras que plus coupable.

Tu douteras toi-même de ton innocence.

Tu fuiras.

Assoiffés de vengeance,

ils lanceront un chien d'attaque à tes trousses.

Il te traquera à travers le monde.

Tu ne le sauras pas,

mais tu le sentiras.

Tu consigneras en détail tes impressions dans un journal.

Avec le temps, ce journal

deviendra plusieurs journaux.

Tes aventures continueront pendant des années et des années.

Tu sauras reconnaître les oiseaux à leur chant.

Tu connaîtras chaque arbre, chaque plante,

par son nom.

Tu renonceras au confort,

et tu ouvriras ton esprit à d'autres façons de voir.

Tu connaîtras de hauts sommets

et de profonds abîmes.

Tu chercheras ta famille

jusqu'à ce que ta vie se fane

et s'évanouisse

dans le rêve d'un fantôme.

Tu en viendras à te demander s'ils ont existé.

Enfin,

quand tu seras vieux et faible,

tu t'écrouleras de fatigue.

Mon petit,

pourquoi pleures-tu ?

Parce que

j'ai cherché ma famille

toute ma vie,

jusqu'à la fin,

et je suis toujours seul.

Ne pleure pas sur tes infortunes

et tes propres péchés.

On t'a cherché aussi,

mais tu es tellement perdu dans ton égoïsme

que personne n'a pu te trouver.

Confesse-toi

devant tes semblables.

Qu'est-ce que j'ai fait ?

Tu le sais.

Confesse-toi.

J'ai été un lâche

toute ma vie.

Tu confesseras tout.

Après quoi, tu trouveras la terre remplacée par de l'eau claire.

Le sommeil viendra,

paisible.

Au son lointain des trompettes

tu t'éveilleras,

comme par miracle,

au seuil de ton éclatant village.

Nul ne te reconnaîtra,

mais l'odeur dans l'air,

le bruit des insectes,

et la lumière crépusculaire qui se découpe

sur la cheminée d'une vieille maison voisine,

libéreront en toi un torrent de souvenirs vivaces.

Tu seras invité à une représentation unique,

donnée dans un théâtre en plein air ce soir-là.

Malgré la faim,

tu choisiras de dépenser ton dernier dollar pour y assister.

En quarante ans, sa mémoire avait faibli

au point qu'il avait même oublié le visage de sa mère,

mais il lui avait suffi de humer l'air,

pour être saisi par l'absolue certitude

qu'il était bien dans son village.

Il était oublié de tous.

Et même si ses voisins

avaient laissé place à une nouvelle génération,

il reconnaissait tout.

Et curieusement, lui aussi se sentait reconnu.

Son foyer l'avait attendu

avec la même loyauté qu'il avait mise à le chercher.

La simple vue du soleil couchant

qui darde ses rayons de lumière ambrée sur une cheminée

le précipita dans un flot de souvenirs.

Qu'a fait notre père ?

Où était le village ?

Nous ne nous souvenons pas.

Où le trouver ?

Qu'a-t-il fait ensuite ?

Il mourait de faim,

et ne pouvait s'acheter qu'un bol de soupe,

mais avant de l'acheter

il fut invité à une représentation.

Elle avait déjà commencé,

mais il se sentit obligé d'y aller.

Il dépensa son dernier dollar.

A peine fut-il assis,

il vit que les détails de l'histoire

ressemblaient à s'y méprendre

à sa propre vie.

Il y avait trois jeunes hommes sur scène

dont les traits ressemblaient aux siens.

C'est moi !

Il se leva,

exalté, bien que terrifié à l'idée de se tromper, et annonça...

C'est mon histoire !

Les trois jeunes hommes surent aussitôt que l'homme était leur père.

Papa ?

Non, c'est impossible.

Mes fils ?

Papa ?

Mes garçons.

Mes beaux garçons !

N'ayez pas peur, venez.

Où étais-tu ?

On vous a arrachés à moi.

Je vous ai cherchés si longtemps...

Je vous aime.

Vous m'avez manqué.

Mes amours.

Mes chéris.

Tu m'as manqué.

Ça va aller.

Je suis là.

Mes amours.

Et notre mère ?

Quoi ?

Elle n'est pas avec vous ?

Nous avons été élevés comme des orphelins.

Je vous demande pardon.

Ne t'inquiète pas, ça va aller.

Il y a d'autres membres de la famille,

à part nous ?

Vous aviez une grand-mère.

Où est-elle ?

Sa tête...

Et notre grand-père ?

Comment est-il mort ?

Il est mort

le soir de notre mariage.

Le soir où tu as été... conçu.

Il est mort

à l'instant même

où tu as été conçu.

Comment ?

En finissant...

en moi.

Il avait un souffle au cœur.

Comme toi.

Ila souffert ?

Ça devait être...

insoutenable.

C'était la première fois que nous faisions l'amour.

Notre première fois à tous les deux

avec quelqu'un.

Ton grand-père

et ton arrière-grand-père

sont morts comme ça.

Il pensait qu'il serait différent.

Je suis coupable aussi.

Je l'ai incité.

Je voulais une vie normale.

Je voulais un enfant.

Il est mort

sur moi,

en moi.

Quand j'y pense, j'aimerais...

m'arracher les oreilles.

Mais ensuite...

Ensuite, ce même...

traumatisme,

qui m'a changée si profondément,

m'a aussi apporté

le plus beau cadeau de ma vie.

Je suis désolée

pour ce que ton père t'a transmis.

Tu n'imagines pas comme je suis désolée.

C'est un mensonge ?

Non.

C'est vraiment possible ?

Oui.

C'est pour ça que je n'ai jamais...

avec personne.

Papa,

tu n'as jamais été avec personne ?

Comment tu nous as conçus ?

Que dois-je faire ?

Quel membre dois-je couper ?

En agissant hier, tu aurais eu des décennies de retard.

N'ai-je pas tout donné ?

Tout donné ?

Tu as donné des broutilles.

Tu n'as fait aucun réel sacrifice.

Je suis esclave de mes promesses.

Je ne suis pas maître de ma vie.

Ça va ?

Je suis un rat dans un labyrinthe.

Je me sens mal.

Je sais.

Bois ça.

Moi, ça m'aide.

Merci.

Merci à toi.

Bonsoir.

Je peux vous aider ?

Tu me reconnais ?

Je ne sais pas.

Quand tu étais petit.

Quoi ?

Comment es-tu venu ici ?

J'étais poursuivi.

Ton père est en vie.

Quoi ?

Je l'ai connu.

Après ta naissance,

j'ai travaillé pour ta mère.

Il est mort avant ma naissance.

Je servais à manger à ton père.

Je faisais le ménage pour lui.

Mes parents avaient une dette

envers ta mère.

C'est quoi, ça ?

Quoi ?

Qui êtes-vous ?

Peu importe.

- Si. - Non, c'est...

Je plaisante.

Je suis content de te voir.

Vous êtes lui ?

Attendez.

Tout va bien, chaton ?

Mes yeux me trompent-ils ?

Quel est ce fantôme que je vois ?

Bonjour, cher inconnu.

Maintenant tu vois.

Sorti des ombres...

Cachez-vous !

Faites-moi descendre.

Aidez-moi !

Faites-moi descendre !

Beau !

Papa ?

Cours !

Je te fais mal ?

Allez.

Déshabille-toi.

Allez.

Ça suffit, maintenant.

J'ai dit quoi ?

J'ai dit pas de scène ce soir.

Je vais être triste.

Tu vas me rendre triste.

Où est papa ?

Pardon ?

Tu sais où est papa.

Papa est mort.

Tu veux me rendre triste ?

Je m'en fiche, je veux papa.

Toi aussi ?

Viens là.

Tu l'auras voulu.

Allez monte.

- Je ne peux pas. - Si, tu peux.

Si tu peux rendre maman triste, tu peux monter.

- C'est interdit, là-haut. - Monte !

- Tu veux monter aussi ? - Non.

Quoi ?

Tu hoches la tête ?

C'est fini.

On ne parle plus de toi.

Retourne dedans !

Excusez-moi, monsieur.

Les funérailles ont déjà commencé ?

C'est fini.

Il y a une vidéo à l'intérieur.

Mona.

Mona Wassermann.

Nous sommes rassemblés ici, en tant que communauté soudée.

Soudée par notre amour pour Mona et notre sens du devoir.

Le devoir de pleurer sa mort

et de rendre hommage à sa vie.

Mona,

qui était terrifiée par les écureuils.

Mona, qui avait bâti seule une affaire prospère

au-delà de ses rêves les plus fous.

Mona,

épouse infiniment dévouée

à son mari aimant,

disparu tragiquement à l'aube de leur vie commune.

Et Mona,

mère dévouée à son unique fils, Beau,

qu'elle aimait si profondément

et qui a choisi de ne pas être présent aujourd'hui.

Mona aimait Beau

d'un amour à déplacer des montagnes.

D'ailleurs, je vous conseille de vérifier si les montagnes vont bien.

Que dire...

J'espère qu'elle le sait.

J'aimerais pouvoir le lui dire.

Vraiment,

je l'aimais.

Respectant ses dernières volontés, nous allons écouter une chanson.

Sa chanson préférée.

Il y a quelqu'un ?

Bonsoir.

Désolée.

Je pensais que c'était 20h.

J'ai des fleurs, je vais les laisser là.

Elle me doit de l'argent.

Ce n’est pas le bon moment,

ni vous la bonne personne.

Je vous laisse, je vais appeler un autre Uber.

J'attendrai dehors.

Encore désolée.

Elaine ?

C'est moi.

C'est Beau.

Ce n’est pas possible.

C'est vraiment toi ?

Je n’en reviens pas !

Bien sûr que c'est toi, c'était ta mère.

Je suis désolée,

toutes mes condoléances.

Pourquoi tu es là ?

J'étais venue...

rendre un dernier hommage.

Et te présenter mes condoléances, puisque tu es là.

Je suis...

vraiment désolée.

Je ne m’attendais pas à te voir.

Moi non plus.

J'ai changé ?

Tu m'as reconnue.

J'ai vieilli.

Tu n'as pas changé.

C'est faux.

Si, c'est vrai.

T'as pas changé non plus.

Sauf ton corps et ton visage.

Tu travaillais pour elle ?

Comment ça ?

Oui, jusqu'à la semaine dernière.

J'ai voulu noyer mon chagrin avant de venir.

J'ai une haleine de vin.

Jusqu'à la semaine dernière ?

Toutes mes condoléances.

Je t'ai attendue.

Comment ça ?

Pourquoi ?

Tu me l'as demandé.

J'ai même gardé ton mot.

C'est ce que je voulais.

Mon chéri.

Tu veux entrer ?

Tu veux que je parte ?

Rentrons.

La chambre, c'est où ?

L'antre du dragon.

Il y a des bougies ?

Va dans la salle de bain.

A ton retour, je serai prête.

Tu es encore habillé ?

Oui.

Désolé, je...

Ça va ?

Et toi ?

T'es tout tendu.

Détends-toi.

C'est parce que...

ça fait un peu longtemps.

Oui, moi aussi.

Ça me plaît, t'es pas un macho.

Merci.

Enlève ça.

Tu sais, ça fait vraiment très longtemps.

Ça n'a pas atteint ta virilité.

- Quoi ? - T'es dur comme du béton.

C'est vrai ?

C'est bon ?

Le préservatif est bien mis ?

C'est bon ?

C'est trop bon.

Ça ne te plaît pas ?

Si, mais...

attends.

Reprenons à zéro.

T'aimes pas ?

Attends.

Je ne peux pas.

Ça vient.

Attends une seconde.

Arrête !

Je l'ai senti.

Il y en a beaucoup.

T'as transpercé le sachet.

Je veux jouir aussi.

Attends.

Ne bouge pas.

J'ai cru que j'allais mourir.

J'ai cru ça toute ma vie.

Merci.

Je t'en prie, continue comme si je n’étais pas là.

C'est quoi, la suite ?

Rien ?

Tu n'as pas l'air ravi de me voir, mon chéri.

J'étais morte.

C'est un miracle.

Enlevez ça et appelez Frank.

Elle travaillait pour toi ?

J'en doute, mon cœur,

mais si c'est vrai,

tu lui diras qu'elle est virée.

Depuis quand ?

Combien d'années...

depuis le début...

Comment va ta tête ?

T'as l'air bien amoché.

Ce n'est pas une commotion ?

Tu n'es pas désorienté ?

Tu sais où tu es ?

Dans ma maison.

En fait, c'est ma maison, mon cœur.

Et ma maison

est ta maison et le sera toujours.

Mais si tu sais où tu es,

tu sais où tu étais à l'instant,

et où tu as accompli tes exploits,

spectacle que j'ai suivi en détail.

Tu ne t'es pas réveillé ici par hasard.

Tu n'as pas atterri à ton grand étonnement

dans le lit de ta défunte mère

quelques jours après sa supposée mort.

Tu n'as pas été déposé ici par accident.

Je savais que t'étais pas morte.

J'ai vu de mes propres yeux

ce que tu savais et ce que tu ne savais pas.

Tu as vu mon corps.

J'ai vu la tache de naissance.

J'ai reconnu les mains de Martha.

C'est vrai.

- Bonne nuit. - Bonne nuit, Martha.

Si j'entends le moindre bruit, je reviens pour te...

chatouiller à mort !

Comment tu as pu lui faire ça ?

Lui faire ça ?

Chéri, je ne ferais jamais de mal

à la gouvernante loyale

qui m'a donné 37 années de bons et loyaux services.

Elle s'est proposée.

Non.

- Elle l'a fait. - Non.

Je n'ai pas pu la dissuader de se porter volontaire.

Pour combien ?

Assez pour que chaque membre de sa famille nombreuse

puisse démissionner le même jour

et n'ait plus jamais besoin de travailler.

Et tu sais quoi ?

Ça valait le coup.

Parce que maintenant, je sais.

Tu sais quoi ?

Tout.

Tu ne sais rien.

Tu crois ça, Beau ?

Tu crois vraiment ?

Tu crois que j'étais dupe

quand tu m'as annoncé la terrible nouvelle

de ton vol de clés fictif sur ta porte imaginaire ?

Tu crois qu'une mère peut ignorer

les mensonges flagrants de son fils,

sa malhonnêteté, et ses incessantes manigances.

C'est comme la fois

où tu m'as offert le même CD deux anniversaires de suite,

en l'offrant aussi au conseiller d'orientation.

Ou quand tu m'as offert des casseroles

alors que j'avais juré officiellement de ne plus jamais cuisiner.

Même tout bébé,

tu me rejetais.

Tu refusais de téter le sein,

et les autres pétasses se pavanaient

avec un gentil bébé bien docile greffé à leurs mamelles.

Ton histoire absurde d'avion raté,

tu crois que je l'ai gobée ?

Tu crois que je ne me doutais pas

que tu n'avais jamais eu l'intention de prendre ce vol ?

La vraie surprise,

le choc, ça aurait été que tu viennes.

Là j'aurais été médusée, et prise au dépourvu.

Je me serais jetée au sol

en m'excusant d'avoir douté de toi.

Et pourtant, je serais quand même restée incrédule.

Tu t'en vas ?

Tu vas où ?

Tu espères quoi, derrière cette porte ?

Où comptes-tu aller comme ça ?

Tu t'es toujours comporté en adorable petit garçon modèle,

comme si tu me cachais des choses.

Tout était faux.

Tu as passé toute ta vie

à demander au premier crétin venu :

"Si je fais ci, je peux éviter ça ou pas ?"

Comme si t'étais né avec l'incapacité de décider.

Tu laisses les choses se régler sans toi.

On fait tout à ta place.

Tu crois que ça te rend innocent ?

Ma mère refusait de me toucher.

Elle ne m'aurait pas éteinte si j'avais pris feu.

J'étais indigne de son amour.

Je n'ai jamais pu le mériter.

Quoi que je fasse.

J'avais beau renier ma nature profonde,

l'enfouir et la réduire à néant, elle s'en fichait.

Elle me reprochait les erreurs de sa mère.

Quand tu es né,

j'ai juré de ne pas t'infliger ça,

de te donner tout mon amour.

Tu sais ce que je dis, quand on me demande de tes nouvelles ?

Je dis que je n'en sais rien.

Si seulement c'était vrai.

Parlez-moi de cette période.

Eh bien...

quand j'ai commencé

à avoir mes propres centres d'intérêt,

elle a très mal pris ces changements.

Elle se fâchait,

elle était triste, et me culpabilisait pour que j’arrête.

Donc, dans le processus de sevrage,

elle voyait vos prises d'indépendance

comme une trahison.

Exactement.

Comment ça ?

Auriez-vous un exemple ?

Elle me couvrait d'amour.

Je te couvrais d'amour, désolée.

Mais si je ne lui en rendais pas autant,

elle me prenait pour un ingrat et pensait

que je voulais la blesser.

Donc l'amour était conditionnel ?

Vous faites des progrès, Beau.

Après 300 séances, j'avais droit à ce petit compliment.

Ma séance préférée, Jeremy ?

3 octobre 2018.

Comment vous avez pu me faire ça ?

Je fais ce rêve depuis...

tout petit.

Je suis un petit garçon.

Il a l'âge que j’avais quand ce rêve a commencé.

Et il y a un autre moi, qui est identique

mais... plus courageux.

Il pose des questions sur mon père.

Parce que j’ai trop peur.

Et ensuite,

elle l'emmène et l'enferme

au grenier

et ne parle plus jamais de lui.

Que voulez-vous savoir sur votre père ?

Si vous n'aviez pas peur des conséquences,

que demanderiez-vous à votre mère ?

Je lui demanderais...

... de me dire la vérité !

Vous pensez qu'elle vous cache la vérité ?

- Je ne sais pas. - Si !

Maintenant je la connais, la vérité !

J'ai rencontré mon père, j'ai vu l'homme dans les bois.

Pourquoi tu m'as menti ?

Tu veux la vérité ?

Suis-moi.

Là-haut ?

C'est ça.

C'est interdit.

C'était pour te protéger.

N'oublie jamais que je t'ai épargné ça.

Je ne veux pas.

Tu veux la vérité et tu la mérites.

Ne t'en fais pas, je suis derrière toi.

Je suis derrière toi, ne t'en fais pas.

Allez monte.

Je resterai derrière toi.

Ça va aller.

Allez monte.

- C'est comme mon rêve. - Je suis derrière toi.

Je suis derrière toi.

C'est exactement comme mon rêve.

Tu ne comprends toujours pas ?

Ce n’était pas un rêve.

C'était un souvenir !

Maman, attends !

Beau ?

Mon beau petit garçon !

N'aie pas peur !

Mon bébé !

Mon bébé, mon cœur !

Mon pauvre petit cœur.

Je ne voulais pas que tu saches.

Tu comprends pourquoi j'ai menti ?

C'était ton père.

Pardon, je suis désolé.

Je suis un mauvais fils.

Je serai un gentil fils.

Désolé, je me ferai pardonner.

Promis.

Je t'en prie.

Espèce de petit égoïste.

Pourquoi tu pleures ?

Tu sais ce que j'ai enduré pour te donner la vie ?

Lève-toi.

Tu pleures, maintenant ?

Tu veux une mère, maintenant ?

Depuis que tu t'es extirpé de moi

j'ai dû creuser au fond de moi pour en arracher de l'amour,

mais je te l'ai donné quand même.

Je t'ai donné toute ma vie !

Et toi, tu m'as pris toujours plus.

Je me suis saignée jusqu'à la moelle.

Je t'ai tout donné.

Et en retour, j'ai droit à quoi ?

Des insultes

et des promesses en l'air !

Tu as juré de ne pas me faire de mal.

Tu te souviens de ça ?

Tu l'as juré des centaines de fois sur ta propre vie,

mais tes promesses ne valent rien.

J'étais sans cesse rongée par l'amour, la panique, l'inquiétude.

"Mon bébé a-t-il faim ?

"Est-il en bonne santé ? A-t-il assez peur du monde ?"

Et le fruit de cette angoisse,

c'est la douleur...

et la haine.

La haine.

Oui.

Je te hais...

Maman !

Ça va ?

Tu peux respirer ?

Tu respires ?

Désolé, je ne voulais pas.

Je te demande pardon.

Ça va ?

Beau Isaac Wassermann, né le 10 mai

1975.

Commençons.

Nous sommes rassemblés

afin d'évaluer

la culpabilité de l'accusé.

Pour commencer,

voici une tradition en apparence inoffensive.

Chaque lundi,

avant son rendez-vous hebdomadaire pour accabler sa mère,

l'accusé passait par la mare pour nourrir les canards.

Tout comme il n'oubliait jamais

de nourrir le poisson de son psychothérapeute.

Très aimable.

Très aimable,

mais voici ce qui arrive

lorsqu'il croise

un mendiant humain

le soir même.

On peut le voir,

l'accusé nourrit volontiers un oiseau ou un poisson,

mais refuse d'aider

un individu de sa propre espèce en difficulté.

Objection !

C'était en pleine vague de violence.

On conseillait aux gens

d'éviter les inconnus.

Ce n'est pas nouveau.

L'accusé pense chaque jour

à aider les moins favorisés.

De toute évidence,

il est doté d'un bon sens moral.

Il a sciemment choisi de l'ignorer.

Voyons l'incident suivant.

Jour 49 de sa neuvième année.

Il fait les courses avec sa mère.

Elle le perd.

Ou du moins, elle le croit.

Craignant le pire,

elle panique.

Elle cherche partout,

appelle le garçon

qui était en fait

caché derrière un pilier

à observer la scène.

Mon client était réellement perdu.

C'est en trouvant sa mère

et en voyant son état d'agitation

qu'il a hésité,

de peur d'être puni.

Sous le choc, sa mère a trébuché et est tombée.

Elle s'est blessée au genou et à la cheville.

Pourtant,

l'accusé n'a pas bougé.

Ila eu peur !

Observons maintenant l'accusé à 15 ans,

jour 210.

Exceptionnellement en compagnie d'autres garçons,

l'accusé,

dans l'espoir d'impressionner ses ignobles nouveaux amis,

les invite chez lui

pendant que sa mère

est sortie lui acheter des cadeaux d'anniversaire.

Il les laisse entrer

dans la salle de bain de sa mère

et les autorise à fouiller dans son linge sale,

et à inspecter,

pour enfin voler

ses sous-vêtements.

Non, ils m'ont obligé !

Ils m'ont obligé !

Que faites-vous ?

Quelle horreur !

C'est horrible !

Même ses soi-disant actes de bienveillance

sont symptomatiques d'une plus grande hypocrisie.

Rien que cette semaine,

il a demandé à Grace et Roger de le conduire chez lui

pour enterrer sa mère

et entamer son deuil.

Roger

a proposé

de le ramener le soir même,

au cas où le lendemain

ne serait pas assez tôt.

Et Beau

a choisi de rentrer le lendemain.

Il a retardé un trajet qui avait déjà été honteusement repoussé.

A voir l'expression sur son visage

lorsque Roger a évoqué le sujet,

on ne peut que conclure

que l'accusé était terrifié à l'idée de rentrer chez lui.

Je ne voulais pas déranger.

Il avait des gens à opérer.

J'ai pleuré,

à côté du cercueil.

Quand j'ai appris la nouvelle,

j'ai pleuré pendant des heures !

En gardant tout cela à l'esprit,

je vous demande

de regarder l'incident d'hier.

Moins de 3 h après avoir croisé une simple d'esprit au ventre rond

qui lui avait fait les yeux doux,

il lui a offert

un généreux cadeau

destiné à nulle autre

que sa mère tout juste décédée.

Quand la traînée enceinte

a proposé de lui rendre le cadeau,

il a insisté

pour que cette inconnue

garde...

Attendez !

Mes jambes !

Mes jambes sont bloquées.

Qu'est-ce qui m'arrive ?

Attends, maman !

Quoi ?

Maman, s'il te plaît.

Aide-moi, je t'en prie.

Je t'en supplie, aide-moi.

Pitié, ne m'en veux pas.

Au secours !

A l'aide !

Aidez-moi !

Au secours !

S'il vous plaît, je ne veux pas mourir.

Mon bébé !

Adaptation : Louis Brisset

Sous-titrage : AGM Factory

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