All language subtitles for The Big City-1963

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese Download
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

LA GRANDE VILLE

D'après la nouvelle de Narendranath Mitra

Avec : Anil Chatterjee, Madhabhi Mukherjee

Haradhan Banerjee, Haren Chatterjee

Vicky Redwood, Jaya Bhaduri

Sefalika Devi, Prasenjit Sarkar

Subrata Sen, Shailen Mukherjee

Shamyal Ghoshal, Samir Lahiri

Shailen Gaguly, Sheela Pal, Sunita Sinha

Manisha Chakrabarty, Anuradha Guha...

Image : Subrata Mitra

Décors : Bansi Chandragupta

Montage : Dulal Dutta

Production : Anil Chowdhury, Basu Ghosh

Son : Debesh Ghosh, Atul Chatterjee, Sujit Sarkar

Maquillage : Ananta Das

Assistants réalisation : Shailen Dutta, Amiya Sanyal, Girish Ranjan

Assistants décors : Phatik Majumdar, Subrata Lahiri

Assistant montage : Kashinath Basu

Enregistrement musique et mixage : Shyamsundar Ghosh

Assistants : Jyoti Chatterjee, Bholanath Sarkar, Edel Mulan

Studios : Technician Studios Private Ltd New Theatres 1 et 2

Son : R.C.A. Caméras : Arriflex, Mitchell

Remerciements : Calcutta Tramways Company, United Bank of India, A. Patterson, G.D. Birla

C.C. David and Company, K.C. Sen

Subrata Roy Chowdhury, Dr. N. C. Ghosh

Sandip Ray, Ashim Som...

Directeur de production : Bimal Dey

Producteur : R.D. Bansal

Scénario, musique, réalisation : SATYAJIT RAY

Pintu !

Bhombol.

Père.

- As-tu téléphoné ? - À qui ?

Un de mes anciens élèves est devenu opticien.

Être votre ancien élève implique-t-il de vous offrir des lunettes ?

Il me fera au moins une ristourne.

Je vous l'ai dit, père...

vous aurez vos lunettes

dès que la situation s'améliore.

- Que veux-tu ? - Les billets.

Voici un jaune et un noir.

Jaune... noir.

Pourquoi tu prends le stylo de papa ?

Lâche-moi.

- L'examen est quand ? - Dans six semaines.

Tu as révisé avec papa ?

- Beaucoup ? - Deux heures.

Il t'a grondée ?

- À quoi bon étudier. - Comment ?

Tu finiras à la cuisine.

Comme ta belle-sœur.

La pauvre !

- On apprend ça aussi. - Quoi ?

À faire la cuisine.

Les "Arts ménagers" !

Tu négliges le chef de famille ?

Il attend depuis son retour.

Qu'y puis-je ? Il n'y avait plus de thé.

J'ai dû aller chez notre voisine Usha.

Tu as mendié ?

J'avais le choix ?

Si tu n'as pas ton thé dès ton retour, tu fais une scène.

Quelle idée !

Aurais-tu perdu ta dignité ?

Le thé est infect.

Ils sont vraiment pingres.

Que demandait père ?

Des lunettes, comme toujours.

Le pauvre homme.

Avec ses mots croisés, nuit et jour,

ça coûte de l'argent et ça lui abîme les yeux.

Il faut bien qu'il s'occupe.

Il pourrait redonner des cours particuliers.

Je ne devrais pas le dire...

mais grâce à tes soins...

Je m'y oppose.

Couvre-moi la tête, s'il te plaît.

Moi non plus, je ne veux pas.

Mais pour le bien de la famille...

Au fait...

Et le tabac à chiquer pour mère ?

Oh, zut !

Elle l'a demandé plusieurs fois.

Bon, je vais m'en occuper.

Vois le problème des lunettes de père.

Après tout, il t'écoute.

Buvez ça, père.

Dois-je prendre encore longtemps ton médicament amer ?

Il vous faut d'abord guérir.

À quoi bon le corps de ce vieil homme ?

Que pourrais-je bien faire ?

Vous pourriez sortir.

Vous rendre au parc, le matin et le soir.

J'ai essayé, j'y suis allé,

il est rempli de gens médiocres qui bavardent.

Même les vieux...

Ils viennent y parler et critiquer autrui.

Calcutta a tellement changé.

Je n'aurais jamais pu l'imaginer.

Tu parleras à Bhombol ?

Pour les lunettes ?

Il ne m'écoute plus,

il a bien changé.

Vous n'écoutez pas non plus, avec vos mots croisés la nuit.

- Vous ne buvez pas ? - Si.

Vous avez les yeux si rouges,

j'apporte de l'eau froide.

À cause de mes yeux...

J'amène l'eau pour vous tamponner les yeux.

Vous allez avoir mal au dos, mère,

je m'occupe du poisson.

Le poisson sera comment ?

Comme tu le préfères.

- À la dumpukht ? - Oui.

Ne la laisse pas cuisiner ! On n'en a que 3 fois par semaine !

D'accord je vais le faire.

Mais elle cuisine bien, elle aussi.

D'accord, mère, mais demain vous vous reposez.

Tu sors ?

Oui, je vais voir mon élève.

Il payera peut-être son dû.

Donne-moi la monnaie qu'il y a dans ma veste.

Il nous reste combien ?

Juste assez pour trois jours.

On doit deux mois à l'école de Bani.

Je sais.

On verra.

Tu pourrais emprunter à ton ami Abani ?

Je ne te l'ai pas dit ?

Des parents sont chez eux,

ils travaillent tous les deux pour s'en sortir.

Tous les deux ?

Mari et femme.

Je reviens avant 20 h 30.

Ne tire pas si fort, maman.

C'est moi qui tire, ou toi ?

Bani...

Laisse-le s'endormir ici.

Il est devenu trop grand

pour le porter d'une pièce à l'autre.

Ils sont plus lourds quand ils dorment, n'est-ce pas ?

- Tu n'as pas froid là ? - Non.

Sinon je me roule dans la couverture.

Tu m'entends ?

Maman, père t'appelle.

J'ai entendu.

Tu m'entends ?

Seigneur...

Pourquoi cries-tu ?

As-tu de l'argent ?

Je t'en ai déjà donné, non ?

Tu n'en as plus ?

Où en prendrais-je ?

Ce n'est pas moi qui garde l'argent.

Je pensais que tu en avais mis de côté.

Tu veux encore envoyer tes paris ?

Cette obsession à ton âge !

Et si je gagnais deux ou trois mille ?

Ne parle pas ainsi, ça me déplaît.

Pourquoi ?

De tels enfantillages, ça ne rime à rien.

Avons-nous jamais eu de chance avec l'argent ?

Nous dépendons même de notre fils.

Sans nous ici, il n'aurait pas autant de problèmes.

Et toi, tu réclames de l'argent, de l'argent.

Comment faire ?

Notre fils nous est quelque peu redevable.

Mon destin est celui d'un professeur, la misère en fait partie.

C'est ainsi.

Toute ta vie, tu t'efforces d'éduquer les élèves,

de faire germer la connaissance dans leurs esprits.

Sous tes yeux, ils prennent le chemin du succès,

deviennent juges et magistrats.

Et tu restes une bête de somme sous le joug du fardeau.

Alors, d'un côté...

je suis très fier d'eux par moments.

Pourtant, parfois j'en suis jaloux.

Il y a une injustice quelque part.

Comme une erreur que Dieu fit dans ses comptes.

Tu te sens mieux maintenant ?

Si seulement je gagnais une fois !

On abandonnerait tout derrière nous,

pour aller au Cap Comorin.

Les singes y ont construit un pont,

on le verrait de nos propres yeux.

Où vas-tu ?

Encore cette fois, mais c'est la dernière.

Bien.

On devient millionnaire en vendant des cigarettes bon marché,

mais un comptable diplômé devient chauve...

par souci d'argent.

À quoi penses-tu ?

Que fait la femme de ton ami ?

Pourquoi cette question ?

Soudain.

Réponds-moi.

Elle enseigne, pourquoi ?

Je ne peux rien enseigner !

Il n'y a pas que l'enseignement...

J'en suis incapable. Quel travail espérer avec une seule année universitaire ?

Qui t'a dit de travailler ?

Tu abordes la question, et maintenant...

Laisse-moi.

Mon Dieu, que t'ai-je dit ?

Tu ne veux pas que je travaille ?

Réponds-moi.

Hein ?

Je suis votre serviteur, ma chère dame !

Il y a un avantage à vivre ici,

pas besoin d'acheter de radio.

Maître lion... maître lion...

Bon...

Dis-moi franchement.

Quoi ?

Tu veux que je travaille ou non ?

Non.

- Pourquoi ? - Je ne veux pas.

Tu ne veux pas ?

Si tu étais moins séduisante, peut-être...

que j'aurais accepté.

Avec une fille comme toi travaillant dans un bureau,

le rendement masculin baisserait.

Il y a ce proverbe anglais :

"La place de la femme est au foyer."

Tu le crois ?

Je suis très conservateur, comme mon père.

Une épouse devrait rester au foyer

et non sortir vagabonder.

Écoute.

Je vais trouver un travail.

Tu m'entends ?

Je vais travailler.

C'est vrai.

Te laisser toutes les charges est injuste.

J'ignore pourquoi je ne le voyais pas.

Toi, tu travailles si durement.

Le bureau, les cours particuliers.

Tu me donnes tout ce que tu gagnes,

tu ne dépenses rien pour toi.

Et moi...

Je vivais à tes côtés sans voir ta peine.

Non.

Ça ne peut pas continuer.

Je vais travailler.

Je trouverai un emploi à mon niveau.

Qu'en dis-tu ? Hein ?

Mais quoi ? Laisse-moi...

"Recherche nouveaux visages. Garçons...

Diplômé de commerce..."

Grand frère, l'eau de ton bain !

"Recherche immédiatement femme médecin à temps plein..."

L'eau de ton bain...

Tu regardes quoi ?

Sultan d'un jour, Robin des Bois...

Vous allez au cinéma ?

Ça te concerne ?

Seuls ? Vous ne pouvez pas attendre deux mois ?

Tu regardes quoi ?

Recherche...

Recherche une fille sachant tenir sa langue.

Écoute.

Je cherche du travail.

Rien n'est encore fait. N'en parle à personne.

Si tu vends la mèche...

Je ne dirai rien.

Fiche le camp !

- Quel genre de travail ? - On ne sait pas encore.

Je vais te dire...

Star de cinéma. C'est parfait pour toi !

Des lunettes noires, du rouge à lèvres,

et 100 000 roupies par film !

Si tu fais un film hindi, on ira tous à Bombay.

Le dîner brûle ! Il faut le retirer du feu.

- Vas-y. - Non. Vas-y, toi.

Toi et tes "Arts ménagers". Du balai !

Écoute.

Quoi ?

Approche.

Écoute.

Ça pourrait convenir.

"Recherche jeune femme intelligente...

"... intelligente et présentant bien,

"pour être représentante."

Tu ne vas pas devenir colporteur tout de même ?

"... représentante

"d'une entreprise sérieuse.

"Doit avoir son baccalauréat.

"Salaire de base :

"100 roupies."

Tu te rappelles mon premier salaire ?

Très bien.

Que veux-tu dire ?

On envoie une lettre de candidature,

je la ferai taper à mon bureau et tu la signeras.

La signer ?

Pourquoi pas ?

Moi ?

Qui d'autre la signerait ?

Lady Mountbatten ?

Ne reste pas là.

Comment écris-tu notre nom en anglais ?

Avec un "j" ou un "z" ?

Avec un "z",

comme "zoo".

Qui va au zoo ?

Je vais chercher un paan.

Qui va au zoo ?

Tu vas y aller, maman, papa, et tante aussi.

Quand ?

Pas ce dimanche, celui d'après.

Pas avant ?

Papa a les poches vides en ce moment.

Ne mâche pas de paan avant l'entretien, ce serait mal.

Entendu ?

Et mettre du rouge, ce serait mal ?

Écoute...

Si j'ai un entretien ?

Tu iras bien sûr.

- Oui, j'irai. - Alors ?

Je dirai quoi à la maison ?

Que tu vas chez ton père.

Ce ne sera pas vraiment faux.

Un patron est comme un deuxième père.

D'accord ?

J'y vais.

Votre père est là ?

J'ai écrit "Life" et vous, "Wife". Et c'est "Life".

Tenez, prenez-les.

C'est bien d'enseigner l'anglais.

Mais les mots croisés demandent du bon sens.

J'ai seulement un brevet, et vous avez une licence.

Pourtant, c'est moi qui ai trouvé.

De quoi s'agit-il ?

C'est comme un échiquier,

avec des cases pour placer des mots anglais.

Une bonne réponse peut rapporter 7000 roupies.

Vous croyez ?

Chaque semaine il y a des gagnants.

Celui qui fait le moins d'erreurs gagne.

S'ils sont ex-æquo, ils partagent.

Et alors ?

Encore perdu de peu ?

J'ai un doute.

Regardez le trait du "G".

S.N. Ganguly.

N'est-ce pas le Ganguly de Heysham Row ?

Appelons-le.

Vous aviez accepté ses chèques précédents.

Oui, mais le montant n'était pas aussi élevé.

J'ai reçu une lettre.

Déjà ?

Oui, j'ai un entretien mercredi matin à 10 h.

Très bien.

Tu m'accompagneras, hein ?

Moi ? M'asseoir parmi ces filles ?

Au moins jusqu'à la porte ?

On verra. Où se trouve le bureau ?

Mission Row.

Un "Monsieur Mukherjee" a signé.

Oh ! Un Bengali ?

Signature mature, l'entreprise est à son nom.

Très bien.

Dis...

Quoi ? J'ai des clients ici.

Oublie ton travail un instant !

Que va-t-on me demander ?

"Où vit le mystérieux Gechodada ?"

Tu répondras : "En haut des arbres."

Pintu !

Tiens, ton billet.

C'est arrivé !

Je te l'avais bien dit ! Après un entretien si long.

Où vas-tu ?

Voir père.

Elle commence le mois prochain ?

Pourquoi seulement 100 roupies ?

Ça devrait être plus.

- Même le chauffeur de... - Tais-toi.

C'est quelle lettre ? Je veux la voir.

Et maintenant ?

Il va falloir l'amadouer.

Tu parles de père ?

Tiens.

Tu veux un thé ?

Le devoir d'abord.

Il faut aussi informer mère ?

Elle n'est qu'un obstacle mineur.

Vaporise aussi sous la table.

C'est vide ! Débrouille-toi avec les moustiques.

Que veux-tu ?

Arati a du travail.

Qui ?

Arati.

Qu'a-t-elle ?

Un travail.

Elle cherche un travail ?

Oui, et elle a été acceptée.

Un très bon travail, dans une entreprise sérieuse.

Elle a fait une demande,

a obtenu un entretien.

La lettre d'embauche vient d'arriver.

Elle commence le mois prochain.

Représentante. Un salaire de 100 roupies par mois.

Représentante ?

Ma bru ?

Je cherche aussi un travail d'appoint.

Alors, elle s'arrêtera.

J'y ai réfléchi, père, mon salaire ne suffit pas.

Ma bru...

Vous me direz...

que vous subveniez seul aux besoins d'une grande famille.

C'est le cas.

Jamais mère n'a dû travailler.

Je ne le nie pas.

Mais nos générations sont différentes.

Les temps ont changé, les gens pensent autrement.

Il faut accepter le changement.

Le changement vient

par nécessité.

C'était inévitable, il fallait franchir le pas.

Que dit ma bru ?

C'est elle qui a décidé de travailler.

Non par plaisir, mais par devoir.

Dès que j'ai une solution, elle s'arrête.

Ma bru a bien changé.

On n'avait pas le choix.

Tu as quelque chose à dire ?

Depuis qu'on est venus ici,

je me sens comme une étrangère.

Tu as entendu ?

Elle a commencé, la guerre froide.

Je sais.

Pour combien de temps ?

Combien de temps ?

Jusqu'au moment où tu toucheras ton premier salaire.

Quand tu achèteras des lunettes à père.

Si personne ne s'était opposé,

cela aurait été bien.

Faire de la peine à tant de gens.

Tu n'es pas trop affectée ?

Moi ?

Une chose me préoccupe.

Quoi ?

Les filles que j'ai vues à l'entrevue...

Houla !

Elles étaient toutes à la mode, impeccables.

J'irai travailler avec mes sandales abîmées ?

Fais-moi la liste de ce qu'il te faut pour être à la mode.

Je demanderai une avance au bureau.

C'est d'accord ?

Elle est très belle aujourd'hui.

Ce n'est pas le cas d'habitude ?

Elle te flatte, tu lui as promis un cadeau ?

Toi aussi, tu es très beau.

Tous les deux ?

Oui, d'habitude vous ne mangez pas ensemble.

Comme de nouveaux mariés, le jour de leur mariage.

D'accord.

Inutile d'en rajouter.

- Où est Pintu ? - À côté.

Pintu, chéri.

- Il est fâché ? - Va le voir.

J'ai fini.

Il n'est pas le seul à être fâché.

Tu sais ce que ce que Bernard Shaw a dit des femmes qui travaillent ?

Peu importe.

Tu es fâché ?

Écoute-moi.

Je veux pas écouter.

Je t'apporterai un joli jouet.

J'en veux pas.

Pintu, écoute. J'apporterai des jolis jouets.

Écoute-moi, au moins une fois !

Non, non !

Va-t'en !

Le temps passe. Le tram va être bondé.

Allons-y.

Allons-y.

Au revoir, mère.

Au revoir.

Viens.

Maman !

Quel jouet ?

Pintu, mon chéri !

Je t'apporterai ce que tu voudras.

Ce que tu voudras !

À quoi penses-tu ?

Intelligente et séduisante.

Il est quelle heure ?

9 h 30, pourquoi ?

C'est l'heure du bain de Pintu.

Ne t'inquiète pas, il aura son bain.

Je sais.

Tu te sens nerveuse ?

Tu as les mains glacées !

Ça t'arrive souvent ?

C'est arrivé une fois.

Quand ?

Le jour de notre mariage.

La mère de Pintu m'inquiète plus que Pintu.

Tu crois que tu tiendras le coup ?

On verra.

Bonjour.

On a eu notre entretien le même jour.

Avec leurs questions stupides !

C'était votre petit ami ?

À qui vous faisiez signe ?

Je vois, votre mari ?

Savez-vous la signification

de cette bague ?

Je suis fiancée.

Je vais me marier.

Au sixième ou au septième ? Mukherjee & Mukherjee.

Vous parlez anglais ?

Un peu.

Je comprends le bengali, un peu.

Je pense qu'on se comprendra.

Bonjour !

Je suis déjà passé.

- J'ai été occupé. - Tout le monde va bien ?

Vous voulez ouvrir un compte ?

J'en avais l'intention.

- Mais ce que j'entends dire... - Quoi ?

La situation récente de quelques banques.

C'est possible.

Les Bengalis aiment bien les rumeurs.

Une seule rumeur sur une banque suffit à paniquer les gens.

Surtout après l'incident de la banque "Jagadhatri".

Si vous n'êtes pas sûr, n'ouvrez pas de compte.

Personne ne vous y force.

Non ! Si vous le dites, la situation est saine.

- Épargne ou compte courant ? - Épargne.

J'hésite...

C'est normal, j'ai peu d'économies.

Quand vous saurez utiliser la machine,

votre travail sera de faire du porte à porte pour la vendre.

Étant donné son prix,

la classe moyenne ne pourra pas s'offrir une Autonit.

Nous visons donc une catégorie aux revenus plus élevés.

Chacune de vous s'occupera d'une zone.

Chacune dans sa zone fera du porte à porte.

Vous voyez les maîtresses de maison,

montrez la brochure, expliquez les avantages de la machine,

et réussissez à piquer leur curiosité.

Vous allez me dire :

est-il garanti de rencontrer les maîtresses de maison ?

Eh bien, non. Aucune garantie !

Au contraire, je dois vous prévenir

qu'un représentant,

en général, n'est pas très bien vu.

Autre chose...

L'après-midi, la maîtresse de maison se repose

quand le représentant frappe à sa porte.

Et elle est dérangée dans sa sieste.

Elle est donc irritée

et peut vous renvoyer violemment.

Cela fait partie du travail, on n'y peut rien.

Il est inutile d'insister,

et de déranger davantage.

Mais si vous réussissez à entrer, une fois dans le salon,

face à la maîtresse de maison,

avec les qualités de l'Autonit et vos qualités, une transaction...

Une transaction réussie est à prévoir.

Mukherjee.

Mme Mazumdar ?

Un instant.

Vous êtes Mme Mazumdar ?

C'est toi, Arati ?

Pas de problème ?

Non. Je dois y aller.

- Écoute. - Quoi ?

Attends-moi après ton travail.

D'accord.

Eh bien, monsieur le professeur, comment allez-vous ?

Cela fait des lustres.

Laisse-moi te regarder !

Comme tu as grandi !

Venez.

Un grand garçon, avec une grande réputation.

Je ne t'aurais pas reconnu dans la rue.

Moi, je vous aurais reconnu.

Venez.

- Asseyez-vous sur ce trône. - Celui-là ?

À l'école, vous aviez des lunettes.

Oui, en effet.

En venant m'installer ici, je les ai perdues dans la voiture.

Ensuite, je n'ai pas pu les remplacer.

Je n'ai cessé de répéter à mon fils :

"Pranab est devenu un opticien de renom,

prends-moi rendez-vous."

Mais il ne m'écoute pas.

Où habitez-vous ?

À Kalighat,

non loin des crémations sur la rive du Gange.

Je suis prêt pour le voyage.

Et à présent, j'attends l'appel de la Déesse.

Plusieurs camarades de classe sont ici.

Vous rappelez-vous Anupam ?

Anupam Ray Chowdhury. C'est un grand avocat.

Et Bibbash Chakravarty, il est commissaire du port.

Un bon poste.

Nobendu est médecin.

Tous ont été vos élèves.

Qu'y a-t-il, monsieur le professeur ?

Pourquoi pleurez-vous ?

Que se passe-t-il ?

Pranab...

Les choses vont mal financièrement.

Je ne gagne plus rien,

je n'ai pas d'argent, rien.

Mais voyons...

Pourquoi vous inquiéter ?

Tu n'imagines pas comme je suis gêné, Pranab.

Ne vous en faites pas.

Il n'y a aucune honte à cela.

Ce n'est qu'une paire de lunettes.

Elles ne vous coûteront rien.

Après tout, nous vous sommes redevables.

Nous avons appris

à lire et écrire grâce à vous, non ?

Tu dis cela, mais ce n'est pas le cas de tout le monde.

Ces lunettes sont ma gratitude envers mon professeur.

D'accord ?

C'est bien dit, mon garçon. "Gratitude envers mon professeur."

C'est bien dit.

C'est bien dit.

Oui ?

Non.

- Madame est là ? - C'est à quel sujet ?

Je dois la voir.

Entrez.

Asseyez-vous, j'appelle Madame.

Asseyez-vous.

N'arrête pas !

Ne fais pas ça !

- Viens t'excuser ! - Non !

Tu refais du bruit

et il y a un malade.

Monte !

Bonjour.

Je vous dérange, semble-t-il.

Non, mais je vous ai fait attendre.

Asseyez-vous.

C'est vous qui l'avez fait ?

Il y a longtemps. J'en fais peu à présent.

Que puis-je pour vous ?

Je représente une entreprise, nous avons une machine.

- Une machine ? Électrique ? - Non.

Une machine à tricoter ! Très bien.

J'ai des jeunes enfants, vous voyez.

Vous tricoterez de vos mains.

Vous pouvez faire un pull en une heure environ.

Maman, Nicky te réclame !

Occupe-toi de lui un instant, j'arrive.

J'ai un bébé malade en haut.

Qu'a-t-il ?

Il est enrhumé et il tousse.

Depuis hier, il a de la fièvre.

Avez-vous essayé l'homéopathie ?

Eh bien, l'homéopathie...

Parfois, ça marche.

On peut tricoter des motifs ?

Oui, à la fin du manuel,

vous avez quelques exemples.

Et son prix ?

Ne vous en faites pas, c'est très abordable.

Puis-je revenir en faire la démonstration ?

Maman ! Nicky ne m'écoute pas !

Mercredi prochain, même heure ?

D'accord, car avant de l'avoir vue moi-même...

Bien, je reviendrai mercredi.

J'ai entendu parler de cette machine, mais n'en ai jamais vue.

Vos nom et adresse ?

Mme Sinha, 8/7, Alipore Park Road.

Au début, je ne me doutais de rien.

L'homme m'a dit : "Entrez, j'avertis mon épouse."

Alors je suis entrée. Comment aurais-je pu savoir ?

N'importe qui se serait méfié.

Je suis sûre que non.

- Il avait l'air de quoi ? - De quoi ? Il...

Il était beau ou non ?

Je ne sais pas, il faisait trop sombre.

Il faisait sombre ?

Au milieu de la journée ?

Tu étais un peu désorientée ?

Par cette chaleur, les volets sont fermés !

Bon. Et ensuite ?

Ensuite, je suis entrée au salon.

Quelle jolie pièce ! La moquette était si...

Viens-en au fait !

Oui, j'y viens.

Je me suis assise et l'homme a disparu.

- Pour appeler sa femme. - Oui.

Me voilà installée.

L'homme revient s'asseoir en face de moi.

À quelle distance ? Si tu es ici, où était-il ?

Tais-toi.

Et sa femme ? Tu n'as pas demandé ?

Je me disais qu'elle allait arriver,

mais elle ne venait pas.

Et l'homme...

Quoi, l'homme ?

Il me regardait...

Il riait ?

S'il riait ?

J'ai enfin réussi à demander :

"Votre épouse vient-elle ?"

La tragédienne ! "Votre épouse vient-elle ?"

Et alors l'homme m'a dit :

"D'où viendrait mon épouse ?

Je suis célibataire."

Mon Dieu !

Et ensuite ? Raconte.

Et il ajoute : "Je ne vois pas le rouge du mariage sur votre front."

Et ensuite ?

Que se passe-t-il ?

- Je n'aime pas ce type. - Pourquoi ?

Et je ne crois pas qu'il m'apprécie.

Pas après ça.

Quoi ? Pas de commission ?

D'abord il dit non, pas un sou.

Et ensuite ?

Puis, qu'il est trop tôt pour en parler.

Et il me raconte la situation du commerce et des tas de foutaises.

- Parle hindi ! - Ensuite ?

Alors là, je me suis battue.

J'ai insisté, j'ai dit

que les filles chez Magnum ont 10 %

et on fait le même travail qu'elles.

Alors pourquoi pas 10 % pour nous ?

C'est pour ça qu'on t'a envoyée.

Ensuite ?

Alors, il a cédé un peu.

Il a dit qu'il y avait pensé.

Sale menteur !

Et il a dit pas 10 %, mais 5 %.

Laissez-moi finir.

5 % sur les cinq premières machines qu'on vendra.

Et 10 % pour chaque machine supplémentaire, par mois !

Vous aurez votre commission avec le premier salaire, lundi.

Si vous pouvez faire mieux.

Arati, le patron veut te voir.

- Moi ? - Oui, toi.

Edith, on va t'offrir des rassugulas.

Je n'aime pas ça.

Autre paragraphe.

Nous espérons encore...

que vous réglerez cette somme sans délai,

en vous épargnant ainsi...

les désagréments...

et les dépenses considérables...

d'une procédure judiciaire.

Meilleures salutations.

C'est tout.

Je signerai la lettre.

Mlle Simmons est venue me voir.

Je suppose que c'est votre déléguée ?

N'est-ce pas ?

Si vous avez une demande collective,

c'est bien d'envoyer quelqu'un au lieu de venir toutes.

Je n'y suis pas opposé.

Si votre demande est raisonnable,

il n'y aura pas de problème.

Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Vous êtes cinq,

quatre Bengalies et une Anglo-Indienne.

Aucune de vous quatre ne représente le groupe ?

Pourquoi serait-ce l'Anglo-Indienne ?

Quelles qualités a-t-elle pour vous représenter ?

À votre avis, Mlle Simmons, par ses talents inouïs,

a obtenu la commission ? Et j'ai cédé ?

Ce n'est pas le cas, Mme Mazumdar.

J'avais prévu une commission.

Je l'aurais donnée après un ou deux mois.

Mlle Simmons n'a rien obtenu en quelque sorte.

Certes, j'ai dû me montrer un peu dur,

car je ne supporte pas les gens insolents.

Si vous étiez venue le demander,

vous l'auriez fait avec politesse.

Et vous l'auriez eue sans discussion.

Vous vous en souviendrez dorénavant ?

S'il y a une question à aborder, vous venez.

Ce sera bien pour les deux partis. D'accord ?

- Puis-je partir ? - Bien sûr.

Votre travail vous plaît ?

Beaucoup.

Moi aussi.

Votre travail.

J'ai des lettres élogieuses à votre égard.

Mme Mazumdar.

Signez ici.

Vous feriez un pull pour mon petit-fils si j'amène la laine ?

Bien sûr.

Mlle Simmons.

Il t'a donné des billets neufs ! Regarde ceux-là.

Froissés et sales.

Et ils puent.

Donne-les-moi, prends les miens.

Mais non, je plaisantais.

Prends-les !

J'échange cinq billets neufs contre cinq sales.

D'accord.

Tu es contente ?

Pour te remercier de ta gentillesse.

Quoi ?

Tiens. Je ne l'ai pas utilisé.

- Que pourrais-je en faire ? - Mets-en, voyons !

Quel mal à un peu de rouge à lèvres ?

Tu as mis du rouge là et là, alors pourquoi pas ici ?

J'ignore comment faire.

Je vais te montrer.

Pas trop, juste un peu.

Bon, si ça ne te plaît pas, on l'enlève.

Bill a le fameux livre érotique indien.

La femme indienne se fardait les lèvres, les cils, les ongles et le reste.

Autrefois.

Pourquoi pas toi ?

Voilà, regarde.

Tu n'aimes pas ? C'est très joli.

Tu as un mouchoir en papier ? Le mien me trahirait.

Garde-le.

C'est bien pour le travail.

Qu'est-ce qui se passe ?

Un pistolet ?

C'est quoi ?

Ouvre-le.

Bani,

viens.

Prends-le.

Papa, tu le remontes ?

C'est en dessous.

Tu as déjà tout dépensé ?

Mon salaire...

Et...

Qu'est-ce que c'est ?

Une commission.

Tu n'en avais rien dit !

Tu sais l'Anglo-Indienne dont je t'ai parlé ?

Elle s'est battue avec Himangshu babu pour une commission.

Himangshu babu ?

Notre patron.

Donne-moi ça.

M. Mukherjee ?

Tu sais ce que le patron m'a dit ?

Je ne te le dirai pas.

Il a dit...

que je travaillais très bien.

Du tabac à chiquer, mère. C'est la bonne marque ?

J'ai reçu mon salaire.

Alors j'ai fait des achats.

C'est pourquoi je rentre tard.

Ne t'inquiète pas pour moi, Arati.

Ne dites pas cela, mère.

N'achète rien spécialement pour moi.

Pense plutôt à ton beau-père. C'est un vieil homme.

Il a consacré sa vie à enseigner.

Mais à présent,

il n'a plus rien à faire.

Prends soin de lui. C'est ce qui compte.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de père.

Oui. S'il est heureux, je suis heureuse aussi.

Père, j'ai eu mon premier salaire, je vous apporte des fruits.

C'est votre anniversaire.

Laisse les fruits. Je ne prendrai pas l'argent.

Vous me feriez plaisir en l'acceptant.

Non, ma belle-fille. Tu ne me feras pas changer.

Je suis trop vieux pour changer d'avis.

Faites ce qui vous rend heureux.

Je ne m'y opposerai pas.

Mais...

n'attendez pas que je partage votre bonheur.

Je ne peux pas.

Les fruits sont là.

Maman ?

Oui, mon petit.

Grand-père ne veut pas voir mes jouets.

Montre-les-lui encore une fois.

Dis...

D'où viennent les lunettes de père ?

Des lunettes ?

J'en ai vu une paire sur la table.

Elles doivent être à M. Sinha.

Comment aurait-il eu des lunettes ?

Tu es sûr ?

À ton avis ?

Bon,

inutile de se tracasser.

Vous avez fait la paix ?

Non.

Je prends un bain.

Quand aurons-nous un ventilateur ?

D'ici un mois ou deux ?

Au rythme de tes commissions, juste un ventilateur ?

On aura bientôt l'air conditionné.

J'ai dit à Himangshu babu :

"Je redoute de venir dans votre bureau.

Il fait froid, je risque un rhume."

- Tu sais ce qu'il a dit ? - Quoi ?

Il a dit :

"Vous avez la machine, tricotez-vous un pull,

et mettez-le quand vous venez."

Il a l'air drôle.

Mais très strict aussi.

Aucun laisser-aller au travail.

Il nous gronde si on se relâche.

Je devrais aller le voir un jour.

Passe le voir. Nous partons à 10 h 30.

Appelle-le, trouve un prétexte.

Il lui arrive de te gronder ?

Moi ?

Mon travail est irréprochable.

Quel est ton travail, au juste ?

Écoute.

À 10 h, j'arrive au bureau pour pointer.

Puis on se répartit le travail.

À 10 h 30 précises, on sort prospecter.

On fait du porte à porte,

on rencontre les maîtresses de maison,

puis on prend rendez-vous.

Et on revient avec la machine.

On fait une démonstration.

Et si on en vend une,

on s'occupe du paiement, facture, compte-rendu.

Et commission.

Tu ne me reconnaîtrais pas quand je travaille.

Et à la maison ?

Je vais te reconnaître ?

Tu ne me reconnais plus ?

Dis-moi franchement.

Non ?

Il y a quelque chose d'un peu inhabituel.

Quelque chose...

Et ça ? Tu ne reconnais pas ce grain de beauté ?

Je suis la même.

Une femme au foyer !

C'est toi, Manoj ?

C'est Subrata.

Quoi de neuf ? Tu m'avais oublié ?

Non, pas quand j'ai besoin de toi !

De quelle manière ?

Un petit service pour un ami dans le besoin.

Quel genre de service ?

Eh bien ! Tu as du travail à proposer ?

- Qui en cherche ? - Moi.

Tu as perdu ton boulot ?

Non, mais je cherche autre chose, un travail d'appoint,

70 à 75 roupies par mois. Tu connais tant de gens.

Ça pourrait m'aider.

Tu penses trouver un job par téléphone ?

Non, je t'en parlais juste. Je passerai te voir.

Raccroche et viens tout de suite, c'est l'heure de déjeuner.

Fais un effort,

il faut me choyer un peu.

Oui, mais pas aujourd'hui. Demain.

Je peux espérer quelque chose ?

Je ne te promets pas de boulot,

mais j'ai des cigarettes américaines, tout juste arrivées du bateau.

Bon, je passerai te voir.

Je raccroche.

Il a de la fièvre.

De la fièvre ?

Oui, je suis restée ici longtemps.

Il est ici, belle-sœur.

Maman est là !

- Il a de la fièvre depuis quand ? - Cet après-midi.

Il ne voulait pas manger.

Je ne l'ai pas forcé.

Il dit qu'il ne veut pas te parler.

Tu ne veux pas me parler ?

Je lui ai dit de jouer avec sa tante.

Prends l'oreiller.

Viens, allons dans la chambre.

Depuis ce matin, il est étendu sur son lit.

Je voyais qu'il n'allait pas bien, j'ai senti qu'il avait de la fièvre.

Je lui ai donné du lait et de l'orge ce soir.

Tout le jour, il a répété : "Maman ! Maman reviendra quand ?

"Pourquoi elle va travailler ?

"Maman est méchante.

"Vilaine maman !

"Je vais la battre."

Et ça a continué.

Tu es très fâché avec maman, dis ?

Tu vas la battre, la tuer avec ton pistolet ?

Et si elle rapportait un jouet !

Quel jouet ?

Je vais d'abord me laver, ensuite je te le dis.

Tu veux aller au dispensaire ?

La fièvre est élevée ?

Non, environ 37,7°.

J'emprunte un thermomètre ?

Oui, dis-leur qu'on le rendra demain.

Apporte-moi un joli jouet !

Le tram ne marchait pas aujourd'hui, tu as pris le bus ?

Tu démissionnes.

J'ai un travail d'appoint en vue.

J'ai téléphoné à un ami, il a promis de m'aider.

Mais tu travailleras deux fois plus !

On était d'accord, Arati.

Si je trouvais un travail d'appoint, tu démissionnais.

- Mais... - Pas de "mais".

J'y ai beaucoup réfléchi.

Tu as pensé à l'argent ?

La paix dans la famille est plus importante que l'argent.

Maman, c'est quel jouet ?

Je vais te le dire.

Tu sais que père ne m'a pas parlé depuis un mois et demi ?

Je le mets là.

Mon travail marche bien.

C'est cela qui te déplaît ?

- Et le résultat de ton bon travail ? - Quoi ?

Tu maigris.

Tu as des cernes sous les yeux.

Mais je ne me sens pas mal.

Même après une journée de travail, je ne suis pas fatiguée.

Tu ne veux vraiment pas

que je travaille ?

Je ne suis pas le seul.

Père non plus, ni mère,

et le petit non plus.

Tu voudrais faire encore d'autres malheureux ?

Les autres ne m'importent pas.

Ce qui compte c'est toi.

Maman, quel jouet ?

37,8°.

J'ai de la fièvre ?

Penses-tu !

Il faut combien pour avoir de la fièvre ? 50 ?

La fièvre de Pintu est tombée.

Je rends le thermomètre ?

Oui, vas-y.

Maman, j'aurai quand même mon jouet ?

Oui mon chéri, va te coucher.

Tiens, signe ici.

Il est dur de trouver un travail.

Mais si facile de le quitter, une lettre suffit.

Il y a un problème à la banque.

Allez voir, il y a une foule.

Quoi ?

Bonjour.

En voyant votre retard...

Un instant.

N'y allez pas. La foule est déchaînée.

Je...

Mukherjee...

Quelles nouvelles ?

PAIEMENTS SUSPENDUS

14 h 30.

Bien...

Merci.

Une de vos collègues ne vient pas aujourd'hui, Mlle Simmons.

Elle avait rendez-vous à midi, rue Royd.

Une bonne cliente, vous devez y allez.

Vous parlez anglais, n'est-ce pas ? Sinon parlez hindi.

Une dame juive, Mme Cohen.

D'accord ?

Bien.

Deuxièmement,

j'ai des projets, pas immédiats, mais pour bientôt.

Que s'est-il passé ?

Voilà le salaud de comptable !

Vous venez contempler le drame ?

Attrapez-le !

Vous nous avez ruinés !

Laissez-moi, je n'y suis pour rien !

Le salaud trouve des excuses !

Le frapper vous rendra pas votre argent.

Laissez-le !

Il nous faudra donc d'autres représentantes.

La nature de votre travail en sera légèrement modifiée.

Mais je...

Écoutez, Mme Mazumdar.

Je ne veux pas entendre de "mais". Je n'aime pas ce mot.

Je compte sur vous.

Je vous donnerai des responsabilités.

Je vous fais confiance.

J'ai vu votre travail en deux mois.

Je veux créer un système de groupes, je veux que vous le dirigiez.

Vous ne ferez plus de porte à porte.

Vous coordonnerez le travail des autres.

Vous les superviserez,

vérifierez leurs rapports de vente,

et contrôlerez le budget quotidien.

Mais, M. Mukherjee...

Je vous l'ai déjà dit...

C'est pour moi ?

Je ne veux pas entendre de refus.

Tu as donné la lettre ?

Non, pas encore...

Ne le fais pas. Tu comprends ? J'ai perdu mon boulot !

La banque a fait faillite.

Ne donne pas la lettre.

Ne t'inquiète pas. On en parlera ce soir.

Tout ira bien, ne t'en fais pas. Je dois y aller.

Tenez, j'ai écrit l'adresse.

Mme Benjamin Cohen, 24 Royd Street.

À midi, d'accord ?

Qu'y a-t-il ?

Mme Mazumdar ?

Mon époux vient de m'appeler.

C'est ce que j'ai compris.

Il a perdu son emploi.

Mon Dieu !

Il ne soupçonnait rien.

Où travaillait-il ?

À la banque New Bharat.

Elle a fermé.

Ces nouvelles banques...

Augmentez-moi.

Vous parliez de mon bon travail,

de mon futur prometteur.

Il me faut 50 roupies de plus ou je ne m'en sors pas.

Je ne doute pas de votre efficacité.

C'est pourquoi je vous offre plus de responsabilités.

Mais rien dans l'immédiat. D'ici un mois ou deux.

Les augmentations sont à l'ancienneté. Et vous...

Il me faut vraiment 50 roupies de plus pour m'en sortir.

Sinon, j'irai voir ailleurs.

Voir ailleurs, Mme Mazumdar ?

Les possibilités courent-elles les rues ?

Je vous le demande. S'il vous plaît, essayez.

Vous êtes trop impulsive.

Une telle impulsivité peut avoir des conséquences fâcheuses.

Je sais, je vous prie de m'excuser.

D'accord. Je donne des instructions à Nagen babu.

Mais souvenez-vous, c'est tout à fait confidentiel.

Vos collègues ne doivent rien savoir.

Bien sûr, personne ne le saura.

Autre chose.

Dites à votre mari de se méfier des nouvelles banques.

Je ne veux pas que cela se reproduise.

Quelle affaire étrange !

Tu étais chef d'un service.

Et on ne t'a pas prévenu d'un tel désastre ?

Tu m'as même fait ouvrir un compte.

Une situation saine, disais-tu. Voila le résultat !

2000 roupies envolées !

Je vous rembourserai peu à peu.

Là n'est pas la question.

2000 roupies ne ruineront pas Nibaron Chatterjee.

C'est toi qui m'inquiètes.

Si la ruée spéculative était imminente,

tu aurais dû en parler au directeur ou à d'autres.

C'est eux qui parlaient de situation saine. Pas moi.

Il faut lever le nez de ses paperasses.

Il faut être vigilant, plus réactif.

Les temps ne sont pas si faciles.

Qu'en dites-vous, monsieur ?

Qui s'intéresse à ce que je pense ?

Mon opinion ne vaut rien, je ne suis plus à la page.

Ma petite, écoute...

Je n'imaginais pas te voir souffrir autant.

Quelle souffrance, père ?

Je suis très déçu, mon enfant. C'est...

Ne t'en fais pas, père.

Personne n'y est pour rien.

Il n'a rien fait de mal.

Il est sans travail, et alors ? Il en trouvera.

Je comprends, mais qu'on t'envoie travailler...

Qui me l'a demandé ? Personne. Je l'ai décidé moi-même.

Et j'aime beaucoup travailler.

Mais maintenant, tu es la seule...

Père, retournes-y. Ton thé va refroidir.

Belle-sœur ?

Qu'y a-t-il ?

Retire mon nom de la liste.

Quelle liste ?

De l'école.

Tu es folle ?

Tu as de si bonnes notes, tu veux quitter l'école maintenant ?

Ça te coûte trop cher.

Voyons...

Que veux-tu faire ?

Je travaillerai.

Je n'aurais pas dû t'offrir ce sari.

Tu n'es encore qu'une enfant.

Alors, dis-moi quoi faire.

M'obéiras-tu ?

Va à la cuisine. Les pommes de terre, aubergines, courge, tout est prêt.

Va les assaisonner et fais-les cuire.

Je vais faire la cuisine ?

Je ne l'aiderai pas, ni mère.

Personne ne t'aidera.

Tu ne me critiqueras pas ?

Promis. Vas-y.

Aujourd'hui, j'ai vu l'ami qui m'a promis un travail.

Et alors ?

Rien avant au moins un mois.

J'ai de bonnes nouvelles.

Des bonnes nouvelles ?

J'ai été augmentée de 50 roupies.

Très bien.

La femme prospère, le mari désespère.

Quelqu'un est là pour toi.

Qui est-ce ?

Un vieil homme. Il attend.

D'accord.

Le spectacle est à 10 h 30. Ne traîne pas.

Je suis presque prête.

Je sais.

Comment allez-vous, monsieur ?

Anupam, laisse-moi te regarder.

J'ai beaucoup changé ?

Non, je te reconnais bien.

Asseyez-vous.

Pourquoi cette visite ?

J'ai reçu votre lettre hier.

Comment avez-vous eu l'adresse ?

Comment l'ai-je eue ? Par un de tes camarades d'école.

Celui qui m'a offert ces lunettes.

Qui, Pranab ?

Oui. Le vois-tu toujours ?

Oui, il a examiné ma femme récemment.

Son cabinet marche bien.

Certes, mais tu t'en sors bien toi aussi.

Maintenant, c'est à votre génération,

vous les jeunes, de travailler.

Vous êtes l'avenir du pays.

Et en voyant votre réussite,

dans cette vieille cage thoracique,

mon cœur...

Et votre santé, vous allez bien ?

Moi ? Nous ne sommes plus rien, Anupam.

Nous sommes morts, réduits en poussière.

Tels des rampants...

Notre colonne vertébrale est brisée, mon fils.

Le peu de vie qui nous reste

n'est dû qu'à notre force morale.

C'est très dur.

Mon propre fils me néglige,

mais vous tous, vous vous occuperez de moi.

Je vous considère comme mes fils.

Je vous ai élevés comme mes propres fils.

Votre réussite aujourd'hui,

vous me la devez en partie.

N'y ai-je pas contribué ?

N'est-ce pas ?

Parlez-vous d'une aide financière ?

Une aide financière, je ne dirais pas ainsi.

Est-ce que Dronacharya a demandé l'aide d'Ekalavya ?

Attendez-moi, je reviens.

Il veut de l'aide ?

Les Bengalis ne savent rien faire.

Qui est-ce ?

Notre vieux professeur.

Il citait souvent Samuel Smiles.

Tu lui donnes combien ?

Oh, je croyais que c'était 100.

Tu es folle ?

Pas besoin de poisson, mère, je suis pressée.

C'est prêt, mon enfant.

Voilà.

Je dois y être à 9 h 30.

La fille anglo-indienne est absente.

J'ai son travail en plus.

Mange bien. Tu travailles tout le jour, comment tiendras-tu le coup ?

Belle-sœur.

Tu as goûté aux épinards ?

Oui.

Qu'en penses-tu ?

Examen réussi.

Et c'est tout ?

Avec mention.

Faut-il renvoyer la bonne ou la garder ?

Pourquoi la renvoyer ? Comment ferez-vous sans elle ?

Vous voyez comme je rentre tard.

Pas avant 19 h, 19 h 30...

C'est parce qu'elle n'a pas été payée.

Dans ce cas...

Si tu ne fais rien, tu peux prendre 4 roupies dans l'armoire ?

Où est l'argent ?

Dans mon sac.

Le tiroir de droite.

Tu ne vas pas au bureau, papa ?

Non.

Pourquoi ?

C'est les vacances.

Maman n'est pas en vacances ?

Maman a un méchant travail.

Un méchant travail ?

Tu as trouvé ?

Il y a un billet de 10 roupies,

et quelques billets d'une roupie.

Voilà.

Servante !

Où est la bonne ?

Je suis en retard.

Te voilà ! Je t'appelais pour te payer.

Tiens.

Tu as soudain disparu, où étais-tu ?

Maman, papa dit que ton travail est méchant.

Ah bon ?

Je m'en vais.

Sans rouge à lèvres ?

Maman, tu as jeté quoi ?

Écoute...

Quoi ?

Fais comme tu veux, mais je t'en prie, ne te méprends pas sur moi, chéri.

Papa, maman est fâchée ?

Edith !

J'arrive, maman.

Bonjour, quelle surprise !

Je l'ai rencontrée en bas.

Voici Arati. Nous sommes nées le même jour.

Edith m'a beaucoup parlé de vous.

- Tu vas bien ? - Oui, merci. Assieds-toi.

Tu as pris ta température ?

Non maman, je vais bien.

Que t'est-il arrivé ?

Ça a été terrible. Tu te rappelles l'orage de vendredi ?

Une boisson fraîche, Arati ?

- Un verre d'eau ? - Oui.

Tu te rappelles cet orage ?

Bill jouait contre le Bengale Oriental.

Je suis allée le voir.

C'est vers 17 h que l'orage a commencé.

Mon Dieu, quelles trombes d'eau !

J'ai été trempée jusqu'aux os.

C'est un rhume ?

Oui, mais avec beaucoup de fièvre.

Elle avait 40° dimanche. Elle pleurait comme une enfant.

- Ça va mieux ? - Oui.

J'ai raté la soirée de Jennifer.

J'ai eu si peur d'avoir une pneumonie.

Et j'ai dû faire ton travail.

Quel travail ?

Tu n'avais pas une démo ce matin, rue Camac ?

Mon Dieu, Mme O'Connor !

Et hier ?

Rue Start, un nom en Wallah.

Cette dame parsie.

Arati, je suis désolée.

Dis-moi plutôt merci, pour les commissions.

Très bien.

Je te donnerai 5 % de mes 5 %, d'accord ?

Tu n'as pas de rapports à rendre ?

Ils sont prêts, dans mon sac.

Je les rendrai demain.

Tu viens demain ?

Il le faut, je n'ai pas été payée.

Le loyer était dû ce matin. Je lui ai dit samedi.

Ça ira, maman.

Voilà.

Qu'est-ce que c'est ?

Ton salaire.

Arati, merci beaucoup.

Tu dois signer ici.

Comme c'est gentil.

Signe.

Si tu peux passer à un moment,

donne le rapport toi-même au patron. Il sera content.

Oui, je vais faire ça.

J'y vais.

Merci d'être venue.

Dis au revoir à ta mère pour moi.

Attends une minute. J'ai quelque chose pour toi.

Voilà 5 % de mes 5 % ! Prends-les.

Prends-les, j'en ai des neuves.

Allons, mets-les !

Vous pensiez que je faisais du shopping ?

En effet, c'est ce que j'ai cru. Asseyez-vous.

Que prendrez-vous ?

Un thé.

Seulement du thé ?

Alors, vous êtes représentante ?

Ne vous moquez pas ! C'est sérieux, je vends du bon matériel.

Ah bon ?

Regardez.

Il vous en faut une.

Comment ? C'est obligatoire !

Vous êtes le mari d'une amie riche, non ?

Autonit s'adresse à votre femme.

Machine à tricoter, à laver...

Les femmes n'auront bientôt plus rien à faire ?

Comment va Shipra ?

Vous n'êtes jamais venue nous voir.

Et je n'ai jamais rencontré votre mari.

Je le vois rarement moi-même.

Pourquoi ? Il travaille ?

Son travail ! Il n'arrête jamais.

12 heures par jour.

Il part à 8 h du matin et rentre à 8 h du soir.

À son compte ou employé ?

À son compte.

Une affaire d'import-export.

Il est responsable de tout.

- Il a tout monté lui-même. - Très bien.

J'ai insisté pour travailler, je le fais par plaisir.

Sinon il n'aurait pas accepté.

Il m'a dit : "Si tu travailles, on croira que je ne gagne rien."

Je vois.

"Pourquoi ?", lui ai-je dit.

"Tous les gens que tu connais

savent combien tu gagnes."

Il a fini par dire : "D'accord, mais juste pour six mois."

Il ne me reste plus qu'un mois.

Après, j'arrêterai.

Je n'ai aucun sens d'orientation.

- Tournez à droite. - À droite.

Bien.

Je connais mal le quartier de Kalighat.

Je vous importune.

Mme Mazumdar, s'il n'y a pas de tramways,

je prends les gens dans la rue,

et je les conduis chez eux.

Pour dire vrai...

face aux difficultés des piétons, je me sens parfois coupable.

Je me suis disputé avec mon épouse à ce sujet.

Pourquoi ?

Elle ne veut pas que je prenne n'importe qui dans la rue.

Je lui ai demandé pourquoi.

Elle a répondu : "Comment être sûr qu'ils ne sont pas contagieux ?

Désinfecte la voiture ou je ne monte pas."

Elle est folle !

Pardonnez-moi de vous le dire, Mme Mazumdar, mais les femmes...

ont des manies.

Ma femme a la manie de la propreté.

3 litres de désinfectant par mois.

Bhombol...

Arati t'a dit qu'elle rentrerait tard ce soir ?

Non, elle ne m'a rien dit.

Elle n'a jamais eu un tel retard.

À qui est cette voiture ?

Bhombol.

Bhombol, es-tu là ?

Mon Dieu !

Qu'est-il arrivé ?

Allongez-vous doucement, monsieur.

Bhombol...

Qu'est-il arrivé ?

Rien de grave, rassurez-vous.

Il se sentait mal, il est venu à mon cabinet.

Il a eu un malaise dans les escaliers.

En fait...

il a trop marché au soleil, et il a de l'hypertension.

Mais inutile de s'inquiéter.

Je lui ai fait une ordonnance. Il doit se reposer. Repos total.

Prenez bien soin de lui.

Je te répète de ne pas tant sortir. Tu n'écoutes pas.

- Asseyez-vous. - Non, je suis pressé.

Monsieur, je m'en vais.

Plus d'enfantillage, d'accord ?

Oui, tu peux partir.

Restez couché.

Je suis son ancien élève. Nous nous retrouvons après 25 ans.

N'est-ce pas, monsieur ?

Et dans des circonstances pas très...

Je dois partir, au revoir.

Il n'est pas question d'honoraires.

Mais, je dois vous dire une chose.

J'ai le sentiment que vous le négligez un peu.

Avec un fils adulte comme vous,

il n'avait aucune raison de sortir en plein soleil

pour chercher lui-même un médecin.

Ça ne me regarde pas, mais je devais vous le dire.

Je m'en vais.

À la maison.

Je n'aurais pas trouvé cet endroit seul.

- Merci beaucoup. - Je vous en prie.

Voudriez-vous...?

Pas aujourd'hui. Une autre fois, si je retrouve le chemin.

Que se passe-t-il ?

C'est ma bru ?

Je lui ai dit si souvent de ne pas sortir au soleil.

Il n'écoute jamais.

Et si tu t'étais blessé à la tête ?

J'ai cassé mes lunettes.

Celles que Pranab m'a données.

Qu'est-il arrivé ?

Un malaise, il est tombé en allant voir le médecin.

Comment allez-vous maintenant, père ?

J'ai trop péché

pour mourir tout de suite.

Ne dites pas cela, père.

Ce n'est pas mon corps qui me fait mal.

Mais...

mon esprit est ravagé par le feu.

Ne parlez pas trop, père

Je t'ai mal jugée, ma bru.

J'ai dit...

que tu avais bien changé.

Sais-tu ce que j'ai fait ?

Je suis allé voir mes anciens élèves...

Et j'ai dit du mal de mon propre fils.

J'ai dit...

"Mon fils ne s'occupe pas de moi. Mais vous, si."

Quelle punition m'infliges-tu ?

Que vas-tu me dire ?

Quelle qu'elle soit, je l'accepte.

Votre punition ?

Vous prendrez ces mauvais médicaments.

Et c'est moi qui vous les donnerai.

Entendu ?

Tu es trop indulgente, ma bru.

Tu ne feras jamais un bon professeur.

Écoute-moi.

Je suis rentré tard ces derniers jours,

mais ça n'arrive pas souvent, non ?

Non, non...

L'Austin est toujours là pour toi.

Elle est juste quelques jours à l'usine.

Pourquoi ?

Je t'enverrai l'autre voiture.

Disons dans une heure ?

Après ton shopping, viens à mon bureau, vers 17 h 30.

Oui, à mon bureau.

Pas une seule minute. Promis.

Très bien.

Mais...

Combien de cadres affaires en feraient autant pour leur épouse ?

Très bien.

Je viens pour...

Mais je vous connais ! Vous êtes le mari d'Arati.

À moins que je me trompe.

Oui, mais...

J'ai vu une photo de vous.

Votre femme l'a fait tomber en sortant un rapport.

Prise au zoo, devant un chameau.

Non, une girafe.

- Vous avez une telle mémoire. - Mais non.

Le nom Mazumdar était sur ma liste, et je vous ai eu au téléphone.

Ah oui.

Arati est sortie, je suppose ?

Oui, elles partent à 10 h 30. Si vous étiez venu plus tôt...

- Dans ce cas, je vais... - Vous ne restez pas ?

Une tasse de thé.

Vous êtes libre maintenant, non ?

Eh bien, je...

Vous êtes de Pabna ?

Vous voyez, je suis au courant !

Quel village ?

De la ville de Pabna.

Je suis de Sirajgunj, nous sommes du même coin.

Vous avez un joli bureau.

Votre épouse apprécie son travail ?

Elle l'aime bien.

Mais c'est un peu fatiguant.

Juste ces derniers jours.

Elle rentre si tard.

Vous savez, en fait...

Elle a cette collègue Anglo-Indienne.

Je ne devrais pas le dire,

mais nos anciens maîtres nous ont laissé une drôle de race.

Elle est absente depuis quelques jours. Soi-disant malade.

On sait bien ce que ça signifie.

Mme Mazumdar doit faire en partie son travail.

D'ordinaire, elle n'est pas surchargée.

Je dois vous dire une chose à son propos,

bien que parler d'elle soit surprenant de ma part,

après tout,

vous la connaissez mieux que moi.

Elle est très efficace.

Après votre incident l'autre jour,

elle m'a soudain demandé une augmentation.

Elle est assez impulsive, vous devez le savoir.

Je n'ai pas pu refuser.

Dans le cas d'employés consciencieux,

il faut parfois accepter leurs demandes.

C'est du moins mon principe.

Mari et femme dans la même entreprise, qu'en dites-vous ?

Je ne sais pas.

Moi, je sais. Et je ne l'approuve pas.

Donc, si je vous trouve quelque chose,

ce sera ailleurs.

Je n'étais pas là pour du travail.

Vous n'en avez pas besoin ?

Si, bien sûr.

Alors, pourquoi protester ?

C'est très gentil.

Il ne s'agit pas de gentillesse.

Vous êtes sans travail, moi j'en ai.

J'ai des relations que vous n'avez pas.

De plus, vous êtes de Pabna et moi aussi.

Voilà !

C'est simple.

Faites donc une chose.

Revenez ce soir. Vers 17 h.

- Ça ne vous dérange pas ? - Non.

Entre-temps, je passerai quelques appels pour vous. D'accord ?

J'informe votre épouse de votre visite ?

Non, c'est inutile.

Bonjour, monsieur.

- Je vous apporte... - Asseyez-vous.

J'ai à vous parler.

Je ne veux pas entendre un mot de plus !

Que t'arrive-t-il ?

Tiens, lis ça.

Que vais-je dire à Bill ?

Il t'a renvoyée ?

Tu es venue chez moi, tu as vu que j'étais malade.

Il ne t'a pas crue ?

Non ! Il croit que je prenais du bon temps, ce saligaud.

Tiens.

Qu'avez-vous dit à Edith ?

Qu'avez-vous dit à Edith ?

L'avez-vous insultée ?

Avez-vous critiqué son comportement ?

Vous êtes venue défendre cette Anglo-Indienne ?

Qu'avez-vous dit à Edith ?

Ne vous emportez pas, Mme Mazumdar.

Vous ne l'avez pas insultée ?

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas à vous répondre, Mme Mazumdar.

Sans la connaître du tout,

vous avez osé l'insulter.

Vous l'avez renvoyée ?

Écoutez, Mme Mazumdar...

En ce qui concerne mes employés,

ce que je dis ou non, ce que je fais ou non,

ne regarde que moi, et moi seul.

Edith est votre employée,

mais nous avons travaillé ensemble.

Quatre mois.

C'est mon amie.

Je la connais.

Je suis allée chez elle,

et j'ai vu qu'elle était malade.

J'ignore quelle sorte d'amie Mlle Simmons est pour vous.

Mais à propos des Anglo-Indiennes,

puis-je vous demander ce que vous en savez ?

Je ne connais pas d'autre Anglo-Indienne,

mais je connais Edith.

Et pour cette raison, je vous dis

que vous avez eu tort de l'insulter, elle ne le méritait pas.

Je ne l'ai pas insultée !

Elle n'a eu que ce qu'elle méritait !

Quand j'ai compris qu'une Bengalie, vous en l'occurrence...

Ne comprenez-vous pas que je l'ai renvoyée dans votre intérêt ?

En voyant que vous pouviez la remplacer, j'ai voulu la licencier.

Mais j'étais obligé de la garder, ce n'est plus le cas.

Pourquoi intervenez-vous, qu'avez-vous à gagner ?

Vous risquez votre place, ne comprenez-vous pas ?

Votre amie ferait-elle de même pour vous ?

Êtes-vous devenue folle ?

Vous n'avez pas le droit de la critiquer.

Surtout lorsque c'est faux.

C'est une injustice et c'est mal.

Ces paroles devraient venir de ce côté du bureau,

pas de votre côté.

Vous dépassez les bornes !

Je crois que...

vous devriez lui faire des excuses.

Le ferez-vous ?

Le ferez-vous ?

Mme Mazumdar, vous ne réalisez pas...

Je suis occupé.

Vous ne réalisez pas

les conséquences fâcheuses de votre attitude.

Vous...

Vous ne vous excuserez pas ?

Et si vous perdez votre place, alors...

Alors...

J'en serais heureuse.

Tenez.

C'est quoi ?

Ma lettre de démission. Changez la date.

Qu'y a-t-il ?

Qu'y a-t-il ?

Ne te fâche pas, essaie de comprendre.

Les autres ne me comprendront pas, mais toi, comprends-moi.

Mais que t'est-il arrivé ?

J'ai démissionné.

Démissionné !

Himangshu babu a licencié Edith.

Elle n'a rien fait de mal.

Mais il ne l'a pas écoutée, il l'a licenciée sans raison.

Maintenant elle ne peut plus se marier.

Je me suis sentie si mal pour elle,

j'ai senti une telle injustice que je...

Tu es fâché ?

Je sais que tu es fâché.

Vers qui puis-je me tourner ?

Ne pleure pas.

Je ne suis pas fâché, tu m'entends ?

Je ne suis pas fâché.

Je ne peux pas m'en réjouir non plus,

tu connais notre situation.

Je sais...

J'ai fait une grave erreur.

Arati, ne dis pas cela !

Tu t'es dressée contre l'injustice, est-ce mal ?

J'aurais été incapable d'agir comme toi.

Je n'aurais pas eu ce courage.

Devoir gagner sa vie rend lâche.

Toi, tu ne l'as pas été.

Ça n'est pas peu de chose ! Comment puis-je t'en vouloir ?

Mais j'ai peur, très peur.

Pourquoi ? Je suis à tes côtés !

Tu es à mes côtés ?

Bien sûr.

Tu t'étais éloigné de moi,

ne t'éloigne plus.

Ne pleure pas,

il faut être forte maintenant.

Comment m'en sortir si tu flanches ?

Ne pleure pas, Arati.

Une si grande ville !

Tant d'emplois différents.

L'un de nous en trouvera sûrement.

Nous allons essayer.

On en trouvera tous les deux.

C'est un jour bien sombre.

J'ignore ce que le destin nous réserve,

pourtant, je me sens bien.

Tu n'as plus peur ?

Regarde.

Allons-y.

FIN

Adaptation : Martine Armand

Sous-titrage : L.V.T. - Paris

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.