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Zulu
Bells are ringing.
-Victor ?
Victor ?
Did you run into Victor? -Oh no.
-He could warn when he spends the night outside.
-Stop worrying about him.
- You didn't spend the night here either.
-No, I slept on the site.
What's the matter ?
-Nothing.
-Good, we turn off
his cellphone.
Ready to enter the castle? -YES.
-Lets' go. And remember to hydrate yourself.
It's very hot.
Come on, follow me.
We are almost there.
It's not true, that thing.
Follow me.
Come on. We will now enter
in the last room: the dungeon.
Fanchon ? -J'arrive.
- Come on, come near me, Fanchon.
The Cathars believed
in the purity of the soul.
They therefore considered the body to be a prison.
They wanted to live their faith like the first Christians.
They self-inflicted fasts and condemned depraved customs
of the Catholic Church.
The entire population of the region was suspected of Catharism.
So that the inquisitor,
Bernard de Caux, had them "questioned"
5,471 people
on a single diocese.
-It's a lot. -It's huge.
And there ...
She's screaming.
Come on, let's go, let's go, let's go!
-We just cross paths.
We no longer take the time to talk to each other.
-I'm going through a weird phase. Portable.
Je two, I'll tell you that...
-Shit.
They found a corpse at the Château de Puivert.
I have to go, sorry. -We'll talk to you later.
-Yes.
-A woman slaughtered in front of me, I swear.
Hurry up. I'll call you back.
Fanchon, where were you !?
Remy,
close the door.
- Hello, captain. -Hello, Julien.
...
It's Inès.
-Who is that ?
-Inès Cartier, a girl from the village.
Rough breathing.
...
Gendarmerie, show your hands!
Lift up your head.
Victor ?
...
Victor, please
you have to go to the gendarmerie with the major.
I can't come, I'm your sister.
I can't mix my job and my family.
I'm not giving up on you, hm?
I'll join you afterwards, I promise.
Come on, it will be okay.
-Give your hands. -Is that obligatory?
-You don't get involved, Captain.
What do you have in your hand?
-Who's that?
Whose ?
-Come on, go upstairs.
-Go ahead, I'll see the proc '.
-He is innocent,
you know ?
A woman speaks. His words are unintelligible.
...
-Hello.
Captain Thomas Costella. So what do we have?
-Inès Cartier, 34, photographer. Recently returned from the United States.
She is domiciled
at Chloé Legrand, curator of the exhibition.
Sorry, I'm not used to it, this is my first corpse.
-We never get used to it.
-What is that ?
-I never saw
something like that.
-That's the heretic's fork .
-How do you know that? -I like history.
I see all the exhibitions. At the time,
the executioners placed a point on the throat
and another on the chin, when the condemned man bowed his head,
he was dying with his throat cut. It was quite inventive.
-Why put the victim in a cage?
It looks like
a ritual crime.
-And the suspect? -It's Victor Franchet, 22 years old.
No locker.
He was in shock.
He has Down's syndrome and lives with Pauline Franchet.
-Pauline Franchet?
-Yes. -It's his brother.
-She heads the Narbonne brigade.
Manage it as well as possible.
I am expected at 30 km in a quarter of an hour.
Gentlemen. - Even the district attorney.
Where does Chloé Legrand live? -In the village.
- Let's go.
-You know, Victor is special, but he is integrated, he works.
Since the death of their mother, he has lived with Pauline.
-He has a history? -No.
- Has he ever been violent? -No. I do not think so...
-We don't think so, we rely on concrete elements.
Was he at the crime scene? -Yes.
-He was unable to say why.
-Yes. -And he had
this necklace covered in blood. -Yes.
-We agree.
-Your hands.
On the other side.
Can you take your shirt off?
I'm going to put this in your mouth to take your DNA.
It's a molecule that ... -I know what DNA is.
I'm not a fool.
-Ouvrez la bouche.
-Je dois y aller, là.
-Non, capitaine, seul son avocat peut l'aider.
-Il a rien fait. -Ca, c'est à voir.
J'attends les ordres de Costella. -Costella ?
-Oui, c'est lui qui reprend l'enquête.
-On peut pas le laisser comme ça,
faut appeler un médecin.
-Bonjour, Cpt Thomas Costella.
Chloé Legrand ? Je peux vous poser quelques questions ?
-Ben, entrez.
-Merci.
-C'est l'amie de toute ma vie, on s'est rencontrées au CP.
C'est ma meilleure amie.
-Désolé.
Je vous écoute, alors.
-Euh...
Je lui ai donné les clés du château pour faire des photos de l'expo.
-Et elle y allait toute seule ?
-Elle connaît bien l'endroit, et la nuit...
Sans touristes, c'est tranquille. Moi, je donnais une conférence.
-Où ça ? -A St-Martin.
-C'est à 30 km.
-Et vous êtes rentrée
à quelle heure ?
-A quelle heure ? Je suis rentrée à minuit.
A 1h, je sais pas. -Et vous vous êtes pas
inquiétée, ce matin ?
-Non, parce qu'elle a l'habitude de faire la grasse mat'.
Moi, je me lève tôt pour conduire mon fils à l'école,
j'ai pas vérifié. -Tout va bien.
Elle vivait ici depuis longtemps ?
-Oui, enfin, longtemps, je sais pas.
Un peu plus de 6 mois.
Elle est rentrée en France, elle avait pas de boulot,
pas d'endroit où aller.
Je lui ai proposé de rester ici.
Quelqu'un entre.
-Bonjour, Victor. Je suis médecin, on m'a appelé pour t'examiner.
-Je suis pas malade. -Oui, ben, on va voir.
Tu vois, moi, il faut que je remplisse ce formulaire,
et pour ça, il faut que je t'examine.
Tu peux te lever, s'il te plaît ?
Soulève ton tee-shirt.
Où est-ce que tu t'es fait ça ?
-C'est le bureau d'Antoine.
Antoine, c'est mon mari. Enfin, c'était.
Quand Inès s'est installée,
elle a mis beaucoup de vie ici, voilà.
-Ce sont les affaires d'Inès ? -Oui.
-Vous permettez qu'on les emporte ? -Je vous laisse.
-OK. -Très bien.
-Vous pouvez me parler de sa famille ?
-Sa famille ? -Oui.
-Ils ne donnaient pas de nouvelles. Quand elle a eu des problèmes,
ils ne se sont pas
manifestés.
Elle dit que c'est Théo et moi, sa famille.
-Elle avait des ennemis ?
-Des ennemis, non.
Mais comme elle est jolie,
ça provoque des jalousies, vous savez comment c'est.
C'est normal, non ?
-Elle avait un copain ?
Un fiancé ?
-Elle est secrète, même si elle est très extravertie.
-Pas de relation sérieuse, donc ?
-Je sais pas.
-Ce collier,
ça vous dit quelque chose ? -Oui, c'est à Inès.
-Et Victor ?
-Victor ? -Oui.
-Victor... Je sais pas.
Victor, elle l'aime bien.
Il est un peu collant.
-Collant, comment ?
-Je sais pas ce qu'il s'imagine,
mais elle a du mal à s'en débarrasser, il la lâche pas.
C'est Victor, quoi.
-Il était sur la scène
du crime.
-Victor ?
-Maman !
-C'est mon fils, faut que je lui dise.
-Maman, maman !
-Il était si proche d'Inès.
-Maman ?
-Bonjour, mon amour, ça va ?
C'était bien chez Myriam ? -Pourquoi il y a les gendarmes ?
-Ils sont venus me parler.
-Tiens, c'est pour Inès, elle est où ?
-Euh...
-Elle est où ? -Elle a eu un accident.
-Elle revient quand ? -Pas tout de suite, mon amour.
-Elle a une surprise
pour moi. -Quelle surprise ?
-Ben, je sais pas.
-Va jouer dans le jardin avec Tristan.
On se retrouve tout à l'heure, je t'expliquerai.
Allez.
-On parle que de ça, ça va ?
Elle fond en larmes.
...
-Ils disent...
Ils disent que c'est Victor.
-Non, Victor n'aurait jamais pu faire ça.
-Cpt Costella.
Enchanté.
-Myriam Chavet, je tiens l'auberge.
Je travaille avec Victor,
il a rien fait.
-Merci. On y va ?
Au revoir. -Au revoir.
-Au revoir, Victor.
-Alors ? -Il va bien, ne vous en faites pas.
Il est choqué, mais je ne peux pas m'opposer à sa garde à vue.
-Qu'est-ce qu'il a dit ? -Presque rien.
Même à propos des griffures
qu'il a sur le torse. -Des griffures.
-Ca me fait bizarre de perquisitionner ici.
-On n'a pas le choix, allez.
*-Dans le cadre de la mise en valeur du site...
Il frappe.
-Oui ? -Bonjour.
Capitaine Thomas Costella.
J'enquête sur le meurtre d'Inès Cartier.
-Quoi ?
-On a retrouvé son corps.
Victor était sur les lieux du crime.
-C'est pas possible. -Il est en garde à vue,
on a besoin de quelques affaires. -On peut ?
-Bien sûr.
-Merci.
-Ca devrait suffire. C'est des conneries tout ça. Hein ?
-Vous connaissiez bien Inès ?
-Je l'avais croisée, oui.
Y a qu'un malade pour faire un truc pareil.
Attendez, je considère pas Victor comme un malade.
-Fouillez la chambre, s'il vous plaît.
Ca doit être compliqué de vivre avec lui au quotidien.
-Non, pourquoi ?
-Comment
vous le décririez ?
-Il est mature et immature.
Mais c'est un garçon
très courageux.
-Pas d'accès de violence, de frustrations ?
-Si, il fait des crises, c'est pas facile à gérer,
mais pas plus que ça. -Hier soir, vous l'avez vu ?
-J'ai pas dormi ici, hier soir. -Ah bon ?
-Je travaille sur un chantier archéologique, il y a eu des vols.
-Chef, venez, s'il vous plaît. -Oui.
-C'était sous le matelas.
C'est à la fin.
-C'est quoi, ça ?
-Non, mais ça veut rien dire.
...
-T'as aimé fouiller chez moi ?
-Bonjour, Pauline. -Bonjour.
-Vous vous connaissez ? -On a déjà travaillé ensemble.
-Disons plutôt qu'on a failli, vu qu'elle m'a laissé tomber.
-Bon, l'important, c'est mon frère.
Il est incapable d'avoir fait ça. -Justement, je vais l'écouter.
-Je te laisserai pas l'inculper pour boucler l'affaire vite fait.
-Ecoute, je vais simplement l'interroger.
Quelqu'un entre.
Bonjour.
*Je m'appelle Thomas.
*Je vais te poser
des questions.
Tu faisais quoi, hier soir ? -Je peux pas le dire.
-Pourquoi ?
-J'ai pas le droit.
-Tu faisais quoi au château ? -Je peux pas le dire.
-Si tu peux rien dire, ça m'arrange pas.
Et le collier,
pourquoi tu l'avais ? -C'est à moi.
-Non, il était à Inès.
Dis-moi pourquoi tu l'avais.
-Non.
-Elle était belle, Inès, hein ?
Tu l'aimais ?
Et elle t'a mis
en colère, hein ?
Ca arrive de se fâcher
avec les gens qu'on aime, et parfois, on leur fait du mal.
-Oui, j'étais fâché.
-Il lui fait dire n'importe quoi ! -Pauline.
Il fait son travail. -Victor risque 20 ans de prison !
-Tu dois le laisser faire.
-C'est mon cahier.
-Pourquoi vous étiez fâchés ? -Je peux pas le dire.
-Elle était belle et tu étais amoureux.
C'est pour lui dire
que tu l'as suivie au château ? -J'ai rien fait.
Je veux voir Pauline.
*Pauline !
*Pauline, je veux te voir !
Quelqu'un vient.
-Laisse-moi lui parler.
-Je peux pas.
-Quel borné !
-Je veux pas
l'enfoncer, je veux découvrir la vérité, comme toi.
-Alors, laisse-moi lui parler.
-C'est déjà arrivé d'oublier
d'allumer la caméra ? -Je sais pas.
-Disons que j'ai oublié d'allumer la caméra, ça te va ?
-Merci.
Victor pleure.
...
(Ca va.)
(-Elle est morte, Inès ?)
(-Oui.)
Je suis là.
Je vais pas te laisser, d'accord ?
Il faut qu'on trouve qui l'a tuée, d'accord ?
Pour ça, il faut qu'on sache ce que tu faisais au château.
Pourquoi tu y étais ? -Je peux pas le dire.
-Où tu as trouvé le collier ?
-Je l'ai pas trouvé, elle me l'a donné.
-Hm...
Tu me montreras ? Je veux voir. -Oui, pourquoi pas ?
Tu es très jolie.
-Regarde, il est bien ce profil, aussi.
-Hé, j'avais dit de pas bouger. -Mais c'est vachement bien.
Bravo.
-Merci.
-Qu'est-ce que tu... Mais ?
T'es un coquin, hein ? Je vais te faire un cadeau.
C'est pour toi.
-Reste.
-Lâche-moi. -Je t'aime, reste !
-T'énerve pas.
-Je t'aime, je veux que tu restes. -Tu me fais mal.
-Reste ! -Non !
Laisse-moi, j'aime pas quand tu deviens comme ça.
-Tu lui as fait du mal ?
-Non, je l'aimais.
-Mais ces griffures, tu t'es fait ça comment ?
-Je me suis griffé en me baignant dans les gorges.
-OK.
Regarde-moi.
A moi, tu peux le dire : qu'est-ce que tu faisais au château ?
-J'étais pas au château,
j'étais avec les chèvres.
Pauline,
ils vont me mettre en prison ?
-On t'a retrouvé à côté du corps d'Inès.
Et tu avais plein de sang sur toi. Alors, si tu dis rien,
ils croiront que c'est toi.
-Mais je voulais pas lui faire du mal, je te jure.
-Il l'a dit :
"Je voulais pas lui faire du mal."
C'est lui. -Mais non.
Non, c'est pas possible.
Il a dit ça, mais ça veut rien dire.
-C'est difficile à accepter pour toi,
mais il l'a dit.
Je suis obligé de le consigner.
Je suis obligé.
-Tu vas même pas vérifier son histoire de chèvres,
tu t'es déjà fait un avis sur la question.
Il est trisomique, donc, forcément, il est coupable.
-Pff !
(Il l'a dit. J'y peux rien, il l'a dit.)
Lucie ?
-Oui ?
On n'a pas son portable. -Elle en avait pas ?
-J'ai pas dit ça.
Mais on n'a rien trouvé. -Alors.
J'ai ça, ça, ça, ça, ça, ça.
Ca s'arrête à 23h02.
-C'est la dernière photo qu'elle a prise avant d'être tuée.
-Avec ça ?
-Le légiste attend.
-Continuez à chercher. -C'est pas Victor ?
-La mise en scène
avec la cage, ça lui ressemble pas.
On étudie toutes les pistes.
-Je cherche quoi ?
-Son copain, son amant.
Elle devait avoir quelqu'un.
Et ce quelqu'un voulait la mettre en cage.
-Ah bon ?
-Je cherche, Lucie.
Il y a des éleveurs de chèvres dans la région ?
-Il y en a plein.
-Demandez-leur
s'ils ont pas vu Victor. -Oui.
-Oui. -OK.
-C'est le monsieur à la terrasse. -D'accord.
-Bonjour. -Bonjour.
-Désolé, j'avais besoin de respirer un peu.
Alors, elle est morte
entre 23h et minuit.
Aucune trace de lutte. -Sous les ongles ?
-Rien.
-Elle n'a pas griffé Victor.
-Elle est morte égorgée, avec ce truc.
-Un rapport sexuel avant la mort ? -Non. Mais elle a accouché
il y a quelques années.
-Personne n'a parlé d'un enfant. -Combien de temps ?
-Je peux pas dire.
Tout est là-dedans.
-Merci.
Au revoir. -Au revoir.
-Julien, on a des empreintes
sur la fourchette ? -Celles de Victor, entre autres.
Et on a une concordance avec un certain Yvan Laval.
-C'est qui ? -Je vérifie.
-Et moi,
j'ai rendez-vous avec les éleveurs.
-Très bien.
Quelqu'un entre et claque la porte.
-J'ai téléphoné à mon avocat.
Abus de faiblesse, il va pas te lâcher.
-Julien, le dossier.
-C'est quoi ?
Son inculpation ?
Je signerai rien.
-Lis, avant de t'emballer.
Yvan Laval ?
C'est qui ? -Il a un casier.
18 mois ferme pour cambriolage.
Et récemment,
une plainte pour dégradation
de Chloé Legrand.
Et ses empreintes
sont sur l'arme du crime.
-Je savais que ça pouvait pas être Victor.
Tu vas où ?
-Chez Legrand.
Ca t'intéresse pas de savoir pourquoi elle a porté plainte ?
-J'ai dû porter plainte contre lui
quand il a dégradé la statue du musée en hurlant :
"Pour venger les Cathares." -"Pour venger les Cathares" ?
-Il se prend pour un "pur esprit" et pour "le dernier des Cathares".
-Il connaissait Inès ? -Je crois pas.
C'est vrai que c'est un violent, mais de là à...
Hier soir encore,
il est venu faire un scandale à ma conférence.
La sécurité a dû le sortir.
-A quelle heure ? -Aux alentours de...
De 22h, en fait.
J'ai pas fait le rapprochement.
J'étais sous le choc, désolée.
-Tu pouvais pas savoir.
-Voilà. Ton gâteau.
Je reviens.
-Ca va Théo ? -Je sais pas.
Je lui ai expliqué,
mais il a pas pleuré.
J'aurais préféré qu'il pleure. -Il est petit, il réalise pas.
Je pense que c'est normal. -D'accord.
-Vous saviez
qu'Inès avait eu un enfant ? -Oui, mais elle a perdu le bébé.
On se fréquentait pas à l'époque, puis elle voulait pas en parler.
-Tu sais qui était le père ? -Non.
Elle-même le savait pas.
Elle habitait New York, elle sortait tous les soirs, tu vois.
Limite... borderline, quoi.
Puis elle voulait pas en parler, donc, j'ai pas insisté.
-Bien. Bon courage.
-Merci.
-Bon, ben voilà.
-Quoi ?
-On va pouvoir libérer Victor. -Ah non.
-Il va pas dormir en cellule alors qu'on a une piste sérieuse !
-On n'a aucune charge contre Laval et on a retrouvé Victor là-bas.
Il a quasiment fait des aveux.
-Quels aveux ? Tu interprètes tout à charge contre lui.
-Ca reste
le suspect numéro un.
Je peux pas le faire sortir, tu le sais très bien.
-Mais il va croire qu'on l'a jeté en prison.
-Bon.
Ca t'est déjà arrivé de passer la nuit à la gendarmerie ?
...
-Ben, t'es rentrée ?
-Oui.
Mais je repars, ils ont prolongé la garde à vue de Victor.
-Tu repars, là ? -Oui.
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ma vie est sens dessus dessous.
Je sais pas où on va.
Je suis paumé, Pauline.
-C'est pas la première fois que ça nous arrive, hein ?
On va s'en sortir.
Un portable sonne. OK.
...
Je vais à la gendarmerie, sinon, Victor va être tout seul.
-Quand tu auras 2 secondes pour qu'on parle, fais-moi signe.
Et s'il était coupable ?
-Victor ?
T'es sérieux ?
Comment tu peux penser ça ?
Pff !
-Je vous donne la 2. -Merci.
-Vous voulez boire quelque chose ? -Pourquoi pas ?
-Allez vous installer.
Vous avez des problèmes ?
-Un déménagement qui se passe mal. -C'est compliqué de gérer
sa vie personnelle et le boulot.
Moi, j'ai réussi à combiner les 2, mais je bosse comme une malade.
Alors, j'ai bien mérité un petit verre
avec un bel homme. Santé. -Santé.
Ca se passe comment avec Victor ? -Bien.
Les clients ont l'habitude, ils l'aiment bien.
Il a beau être trisomique, il est malin.
-Malin, comment ?
-Pas au point de tuer quelqu'un et de jouer les innocents.
-Inès, vous la connaissiez comment ?
-On était à l'école ensemble.
-Vous n'avez pas l'air affectée. -Si, je suis affectée par sa mort.
Mais on n'était pas très copines. Avec Inès, fallait que ça tourne
autour d'elle.
C'était compliqué.
Chloé faisait ce qu'elle voulait, Inès en profitait.
-Pour quoi ?
-Elle habitait chez elle depuis des mois,
sans payer de loyer, rien.
Elle se la jouait princesse, Inès.
-Mais pas du tout ! -Si.
-Arrête de parler et bois.
Voilà.
Hum...
C'est hyper bon, t'as appris à faire ça où ?
-Barcelone.
-Oh, Barcelone... Il y a trop de touristes.
-Ici aussi, heureusement.
-C'est pour ça qu'il faut partir d'ici, mais Chloé, elle a peur.
Elle va rester terrée dans son trou.
-Je suis pas terrée.
-Maman ! -Qu'est-ce qu'il y a, chéri ?
-Qu'est-ce qui t'arrive ?
-En fait, c'est en jouant.
-C'est en jouant.
Il n'a pas crié, donc, c'est pas grave.
C'est rien ? -C'est rien.
-Voilà. Viens m'embrasser, chéri.
-Il m'adore, ce môme.
J'y peux rien si tout le monde m'aime.
-Tout le monde t'aime. -Toi,
ça fait longtemps.
J'y peux rien.
-Il y a des gens, comme ça, qui attirent comme des aimants.
Inès était comme ça.
-On part quand ?
-Je sais pas. Pas tout de suite.
-Je veux pas rester ici seul.
-Je vais pas te laisser tout seul.
Regarde, je vais passer la nuit ici.
Tu pourras me voir
et me parler, si tu veux. D'accord ?
-OK.
-Regarde, je me demandais...
Lui, tu l'as déjà vu avec Inès ?
Non, jamais ?
OK.
Va dormir un peu, d'accord ?
...
Ca va, t'es bien ?
-Je préfère mon lit de la maison.
-Eh ben...
imagine que tu fais du camping.
D'accord ?
-Toi aussi, tu vas mourir ?
-Quoi ? Non. Pourquoi tu me demandes ça ?
-Les gens que j'aime le plus, ils meurent.
D'abord, maman.
Puis Inès.
-Moi, je suis là.
Et je te rassure, j'ai aucune intention de mourir, OK ?
Allez, repose-toi.
Je reste là, d'accord ?
-Tu peux éteindre la lumière ?
-Non, je peux pas, Victor.
Mais ferme les yeux,
je reste à côté.
Bonne nuit.
Voilà.
...
-Julien, occupez-vous du voisinage.
Gendarmerie nationale, ouvrez !
-Quoi !?
Ca va pas
de frapper comme ça ? -On peut visiter ?
-Vous étiez où avant-hier entre 22h et minuit ?
-Pourquoi ?
-Après avoir quitté la conférence.
-Je suis rentré. -Seul ?
-Ben oui, avec qui d'autre ? Le pape ?
-Qui peut confirmer ?
-Le Seigneur.
-OK. Vous êtes soupçonné
du meurtre d'Inès Cartier. -C'est quoi, ces conneries !?
-Bonjour. Gendarmerie nationale. J'ai une petite question.
-Oui. -Vous le connaissez ?
-Ah oui, il traîne toujours dans le coin.
-Avant-hier, vous l'avez vu dans la soirée ?
-Non, je l'aurais remarqué, je vérifie avant d'enfermer les bêtes.
Bêlement.
Allez. -Merci.
Bonne journée. -Bonne journée.
-On a retrouvé vos empreintes sur l'arme.
-J'ai touché à tout au musée. On a fait une descente
pour protester contre cette exposition
qui glorifie l'Inquisition !
-Un voisin l'a entendu
rentrer à 2h.
-22h,
vous disiez ?
-Alors, vous connaissiez pas Inès ? -Je viens de vous le dire.
-Pourtant en 2002, elle vous a indiqué une villa à cambrioler.
-OK, avant, j'étais jeune et con. J'étais raide dingue d'Inès
et elle me baladait.
La villa était à des amis de sa famille, elle était mineure.
Ses parents lui ont fourni un alibi et moi, j'ai pris 18 mois.
-Et 17 ans après, vous la tuez pour lui faire payer, c'est ça ?
-Mais je m'en fous d'elle !
-Alors pourquoi avoir menti !? -Pour éviter d'avoir des ennuis.
Je vous dis que c'est pas moi !
-Pourquoi la fourchette de l'hérétique ?
-Je comprends rien.
-Vous pouvez venir avec moi ? -Pourqu
oi ?
A mon âge, j'ai rien fait. -Juste pour confirmer.
-Ca m'emmerde.
Je vais me préparer.
-Merci.
-Yvan, qu'est-ce qui se passe ? -Vous êtes ?
-Romain. Ils te veulent quoi ?
-Ca va, tu te tais. -Pourquoi ? Il est complice ?
-Complice de quoi ? Balancez. -D'un meurtre.
Avant-hier soir, à Puivert. -Impossible, dis-leur.
-Non, tu fermes ta gueule ! -Impossible, il était avec m
oi.
On est sortis en boîte, on est rentrés tard.
J'ai des photos
plein mon portable.
-Vérifiez-moi ça au Central.
-T'es vraiment con, Yvan.
*-Plusieurs témoins ont confirmé les avoir vus à "La Tentation".
-Bien reçu.
L'alibi est confirmé !
-C'est bon, on y va ?
-Pourquoi vous avez rien dit ? -C'est une boîte pour les garçons.
Yvan veut pas que ça se sache. -Ah, ça va !
-De là à se laisser accuser de meurtre.
-Sous l'Inquisition, j'aurais fini au bûcher !
-On est en 2019, faut pas charrier.
-Mais s'ils savent que je suis gay, ils s'en serviront contre moi.
-Qui, "ils" ?
-Ceux qui salissent la quête spirituelle des Cathares.
Des héritiers de l'Inquisition.
Chloé Legrand et ses complices, l'Eglise, les musées, les médias.
Et tous ceux qui refusent qu'on pense pas comme eux !
Parce que moi je pense, moi, je suis libre, OK !?
-Calme-toi. -Oui, je me calme.
Compris !?
-Tu fais chier. -C'est toi qui fais chier.
-J'imagine que la procureure va demander de déférer Victor.
-Probablement. -C'est pas possible.
-Si on l'enferme avec un codétenu, il va faire comment ?
-Demande à ce qu'il soit seul. -Mais il est innocent, arrête !
-Pauline, ça sert à rien de t'énerver.
-Pauline ?
Viens, c'est important.
-C'était un peu avant 7h.
J'ai entendu un bruit dans la grange, j'ai pris mon fusil.
J'ai ouvert la porte, mais il a filé.
Il a tué une bête chez mon voisin, je veux pas que ça m'arrive.
-Vous confirmez donc que Victor a passé la nuit dans la grange.
-Il pouvait pas sortir, c'est évident.
-Il pouvait pas être au château. -C'est sûr.
-Mais oui, c'est sûr. -Je le savais.
Merci. Merci.
On vient.
Hé.
Pardon.
J'ai une bonne nouvelle.
-Sérieux ?
-Tu vas pouvoir sortir. -Yes !
-On sait où tu as passé la nuit
avant-hier. -Cool.
Tu sais...
Je voulais juste le caresser, ce chevreau.
-C'est à lui que tu as fait du mal ?
-Je l'ai serré trop fort et il est mort.
Je voulais pas, je te jure.
-Quand tu as des soucis, parle-moi, sinon, comment je peux t'aider ?
-Tu sais, je peux me débrouiller tout seul.
-Tu as risqué la prison,
tu sais ? -Oui.
-Bruno va venir te chercher.
-Je veux pas partir avec lui. -Pourquoi ?
-Je veux pas.
Mais tu vas quand même pas rester ici ?
-Si on allait manger
une glace pour fêter ça ? -Cool !
-C'est pas trop bon pour la ligne. -Pas trop, houlà, houlà.
-Ca rigole pas. -Carrément pas, allez.
-Il en a même dans l'oeil.
-Pas Bruno !
-Mais enfin, il est cool, il s'inquiète pour toi.
-Non, il est pas cool !
C'est ton mari, pas celui d'Inès. Inès, c'est moi qui l'aimais !
C'était mon coeur, ma princesse.
Et toi, tu fais quoi ? Tu vas la voir pour l'embrasser ?
T'es qui pour faire ça ?
T'es malade ou quoi ? C'était ma princesse.
-Quand j'ai appris qu'Inès était morte, j'ai paniqué.
J'ai fermé ma gueule.
Et puis, je me suis dit que...
ça valait plus le coup que Pauline soit au courant.
*C'est pas toujours simple à la maison.
Avec Victor, il n'y a plus beaucoup de place pour moi.
*-T'es dégueulasse !
*-Pauline...
*On reprend ?
-Oui.
Puis j'ai rencontré Inès.
Et...
elle m'a retourné
*le cerveau.
*Tout devenait possible, j'oubliais tout : la maison,
*Victor, le silence qui s'installait entre Pauline et moi.
Je me sentais libre.
-OK.
*Et quand elle écrit ce message :
"Parles-en à ta femme ou c'est moi qui le fais."
-Ca n'a rien à voir, ça. -Ca ressemble à une menace.
Expliquez-moi.
-Je vous l'ai dit, j'ai passé la nuit sur le chantier de fouilles.
-Inès a voulu le dire
à Pauline et vous l'avez tuée. -J'ai merdé, mais j'aime ma femme.
-Qu'est-ce qui s'est passé
après ce message ?
-Tu lui as dit ?
-Non, pas encore. -Quand ?
-Je vais lui dire, je te jure.
-Je croyais que tu m'aimais.
Si tu m'aimais, t'hésiterais pas.
-Je vais le faire.
Je vais la quitter. -Quand ?
Bientôt ? -Oui, bientôt.
J'étais fou d'elle, jamais je l'aurais tuée.
*Pauline, j'ai pas ton courage.
*Je te mérite pas, sans doute que tu me pardonneras jamais,
*mais je t'aime.
Et j'ai jamais cessé de t'aimer.
...
-On va le garder,
le temps de vérifier son alibi.
Ca va ?
-J'ai déjà connu mieux.
-Désolé, c'est con comme question.
-C'est pas grave.
-Ca peut arriver
à tout le monde, vraiment.
-Ouais.
-Moi, ma femme m'a planté du jour au lendemain.
J'étais sûr de moi et j'ai pris une claque.
J'ai cru que j'allais jamais m'en remettre.
Mais tu vois, je suis là, je continue à avancer.
Ca va aller.
-Je vais essayer de faire pareil.
-Et la Guadeloupe, on fait
comme si ça n'avait jamais existé ?
Pourquoi tu m'as planté ?
On s'était inscrit à 2 à cette mission.
-C'était à la mort de ma mère, Victor était seul.
-Pourquoi tu m'as rien dit ?
-Je voulais pas qu'on me plaigne.
-Des fois, c'est pire de rien dire.
Là, tu m'as planté sans prendre la peine de m'en parler.
-Non, c'est pas ça.
J'ai tout axé sur mon frère et j'en ai oublié tout le reste.
Même Bruno.
Il a dû se sentir totalement exclu et j'ai rien vu.
J'aurais dû faire
plus attention à lui. -Tu vas culpabiliser toute ta vie ?
Te torturer ?
Ca sert à quoi ?
Ca sert à rien.
-Oui, c'est vrai, tu as raison.
Et toi, t'as fait quoi depuis 10 ans ?
-J'ai pas mal bougé.
J'ai fait Roubaix, la région parisienne.
Là, ça fait un an que je suis à Montpellier.
-C'est bon pour une carrière, ça. -J'ai suivi ma femme, c'est tout.
-Et elle t'a lâché pour le beau gosse du coin.
-On peut dire ça, oui.
Bonsoir. -Bonsoir.
Ca va ?
-Salut.
-Vous buvez quelque chose ?
-Moi, ça va. -Non, je vais rentrer.
-Je comprends.
-Victor, t'es prêt ?
-Je voulais regarder le match. -Je suis fatiguée et je veux pas
que tu rentres seul.
-Je suis là, moi.
-T'aimes le rugby, toi ? -Oui.
-S'il te plaît, Pauline.
Allez. -Je te le dépose après.
-OK, d'accord.
-Yes !
-Hé, et tu prends
ta journée de demain, le temps de vérifier l'alibi de Bruno.
-OK.
On en est où ?
-Ca commence bientôt.
-Salut, Victor. -Ciao.
-Salut. -Salut.
-J'ai les images du chantier
de Bruno.
Tout est sur la clé.
-Il a quoi comme voiture ? -Une Volvo V70.
-Là.
-OK.
Il arrive à 21h33.
A quelle heure il est reparti ?
-A 6h10. C'est bon
pour son alibi.
-Je peux revoir le moment où il arrive ?
-On dirait que quelqu'un l'a suivi.
-Vous pouvez zoomer ?
-Oh !
Pauline.
Qu'est-ce qu'elle fait là ?
-Pff.
Donc, en fait, tu m'as menti !
-Attends, j'ai rien fait. -T'as rien compris, là.
Prends ton ordinateur et suis-moi.
On va vérifier tout ça. Prends ton ordi.
-Tu l'emmènes où ?
-A la gendarmerie.
-Elle a rien fait ! Tu vas la mettre en cage, c'est ça ?
-Julien, vous me regardez ça.
...
Depuis quand tu me mens ?
-Je t'ai pas menti.
-Arrête, tu savais
qu'il te trompait ? -J'avais des doutes.
Je l'ai suivi une fois, mais y avait rien de concret.
-Tu voulais te venger ?
Tu as attendu le bon moment ?
T'es venue pour la tuer ou c'était un accident ?
Réponds !
-Thomas, je te jure que c'est pas moi.
-Pourquoi elle était dans la cage ? Pour l'humilier encore plus ?
-J'ai rien fait.
-C'est pas possible.
-Qu'est-ce que t'as ?
-C'est pas Pauline, impossible.
Elle aurait jamais pu faire ça.
Je l'ai connue quand j'avais 16 ans.
J'avais fait des conneries et elle m'a aidé,
elle m'a convaincu à passer le concours, elle m'a tout appris.
Je sais que c'est impossible que ce soit elle qui l'ait tuée.
-Qu'est-ce que tu vas faire ?
-Je reprends tout depuis le début. C'est pas elle qui l'a tuée.
-Réponds-moi, s'il te plaît.
Quelqu'un entre.
-Venez, c'est important.
Là, c'est Inès, enceinte, à New York.
A côté d'elle, Chloé.
-Elle nous a dit qu'elle ne voyait plus Inès à cette époque.
-Elle nous a menti. -La photo date de quand ?
-Elle date d'il y a 6 ans.
-C'est l'âge du fils de Chloé.
-Oui, Théo a 6 ans.
-Donc Chloé devrait être enceinte. Trouvez son acte de naissance,
où il est né.
Et vous, montrez-moi
une photo de Théo avec Inès.
-Né à New York.
-Théo a les yeux bleus, pas Chloé
ni son mari.
C'est impossible.
-Il a les yeux bleus de sa mère biologique : Inès.
Elle est revenue
pour récupérer son fils et Chloé l'a tuée.
-Elle donnait
une conférence.
-Qu'est-ce qu'elle a fait après ? Appelez le directeur du musée.
-Bien sûr.
Oui, c'est le protocole.
Ils voulaient savoir si j'avais assisté au cocktail après.
Oui.
Non, tout va bien, j'ai pas de soucis.
Oui, j'irai à la gendarmerie, bien sûr.
Merci M. le directeur. A lundi ?
A lundi.
...
Il tape au carreau.
Ca va ? -Théo est là ?
-Non, il joue chez un copain.
-Je voulais jouer au rugby. -Ca va pas être possible.
Puis moi, je partais au bureau, là. -Je peux venir avec vous ?
-Mais non ! Théo est chez des copains et moi, je m'en vais,
tu comprends pas ou quoi ?
Rentre chez toi, d'accord ?
Allez, rentre.
Où est-ce que j'ai mis le...
Il me manque un truc.
Oh, t'es là, chéri ?
Je t'avais pas vu. -Pourquoi il peut pas rentrer ?
-Parce que
je voulais qu'on parte.
-Je veux jouer avec lui. -Mais t'es pas content de partir ?
-Non, je veux jouer
avec Victor. -Tu joueras après.
Tu veux pas partir avec maman ?
Je vais être triste si tu me laisses seule.
Allez, va chercher ta locomotive, d'accord ?
Bouh !
Tu t'en vas maintenant, d'accord ?
Va-t'en.
Va-t'en, je te dis, va-t'en !
-Tu es très bizarre.
-Va-t'en.
Quelqu'un entre. -On a
une piste.
-Sérieuse ?
-Oui.
-Allez, avance un peu plus vite, s'il te plaît.
Va t'installer, là.
Allez, va t'installer !
-Hé, je sais que tu m'as menti,
mais t'aurais jamais tué Inès.
Pardon.
-Je crois que j'aurais fait pareil.
-Tiens, prends ça.
-Pourquoi t'es méchante ?
-Mais je suis pas méchante, mon amour, je suis pressée.
Il faut partir vite, là.
On va peut-être changer
de ville.
Changer de...
On va peut-être changer de pays, hein ?
-Pourquoi ?
-Pour rester tous les deux.
Pour rester ensemble.
...
-Chloé ?
Chloé ?
C'est le ballon de Victor, ça.
-OK, je fais un signalement de sa voiture.
-Pourquoi t'attrapes pas ma main ? D'habitude, t'attrapes ma main.
S'il te plaît, chéri.
Qu'est-ce que t'as ?
Hein ?
Tu ne m'aimes plus ?
-Oui, allô.
Son portable sonne.
...
-Tu descends.
Tu descends !
-Pourquoi il peut pas rester ? -Descends !
-J'ai pas envie
qu'il parte.
-Viens me faire un câlin.
Il peut pas venir, Victor !
Tiens ! Tiens ! Tiens !
Là où on va, c'est dangereux
pour lui.
-Hé, regarde ta clé.
Elle est là, tiens !
-Non !
-Merci, Julien. Son téléphone a borné
vers les marais.
Allez.
...
-Je suis fatigué.
-On est bientôt arrivés.
-Tu vas faire quoi, là ?
Ca sert à rien de t'enfuir, ils retrouvent
toujours les méchants.
-Victor !
-Pardon, mon grand.
Pardon, pardon.
-Faut aller aider ma maman,
elle a du chagrin. -Reste là.
-Victor, ça va ?
-Hm !
Regarde comme c'est beau.
Elle allait me prendre Théo.
J'avais pas le choix !
Non !
...
Quand...
Théo est né,
j'étais là.
Parce que...
Inès avait personne d'autre à New York et...
Et elle était pas en état de s'occuper d'un enfant.
Donc...
Antoine et moi, mon mari,
on s'en est occupés.
Et puis, beaucoup, alors...
Il s'endormait que dans mes bras.
Et Antoine aimait bien le calmer.
Antoine et moi, on a essayé d'avoir un enfant.
Mais...
Ca n'a pas marché.
Et on a proposé à Inès d'adopter Théo.
-Vous l'avez pas fait.
-Parce que c'était compliqué.
Mais on lui a donné de l'argent
et elle nous a donné le bébé.
-On donne pas son bébé.
-Et pourquoi pas ?
Il avait le droit d'avoir des parents aimants.
Sinon, quoi, c'était le foyer ?
Fallait le laisser à une mère qui s'en occupait pas,
qui lui donnait pas ses biberons,
qui sortait, laissait le bébé seul ?
-Qu'est-ce qui s'est passé après ?
Chloé, qu'est-ce qui s'est passé après ?
-Après, Inès est rentrée en France.
Je l'ai accueillie sans problème.
Tu le sais, ça, Pauline.
-Je sais. -Le seul truc,
c'est qu'elle a commencé à me reprendre sur plein de trucs.
Sur la façon que j'avais
d'éduquer mon fils.
Et de plus en plus.
C'est là que j'ai compris ce qu'elle voulait faire.
-Tu dessines bien.
Tu es doué.
Tu voudrais être artiste ?
Tu aimerais que je sois ta maman ?
Je te laisserais faire ce que tu veux.
...
C'est qui, elle ? -C'est toi.
-C'est moi ? -Oui.
-Merci.
-Il y a eu ce voyage scolaire
où j'avais besoin de la carte d'identité de Théo.
Je l'ai cherchée partout.
Y compris dans les affaires d'Inès.
C'est là que j'ai trouvé...
cachée, la carte d'identité de mon fils.
Et j'ai compris qu'elle comptait me le voler.
-Et tu as été la trouver.
-Oui, pour lui parler, lui dire que ça, ça se faisait pas.
J'avais peur qu'elle parte
du jour au lendemain.
-Maintenant, je suis là.
Je repars à zéro, j'offrirai à Théo ce que j'ai jamais pu lui offrir.
Une vie de famille. -T'en es incapable.
Toute ma vie s'écroulait.
-C'est injuste...
-Et...
-Mais c'est toi qui es incapable d'avoir des enfants.
Tu as profité de ma faiblesse pour me voler mon fils.
-T'as pas le droit. -Ben si.
Mais t'en fais pas, on t'oubliera pas.
-Elle se moquait de moi.
-On t'enverra des cartes postales.
-J'ai pris...
J'ai pris le premier truc qui me tombait sous la main.
Et j'ai...
Je l'ai tuée.
J'ai pris son portable.
Je l'ai mise dans la cage.
Et puis...
j'ai essayé de brouiller les pistes.
T'es d'accord qu'Inès, elle détruit tout ce qu'elle touche.
Toi, elle t'a pris ton mari.
Elle t'a pris ton mari ou pas ?
-Ca n'a rien à voir.
-Ca n'a rien à voir ?
On va me mettre des menottes ?
-Je le garderai, le temps qu'on trouve une solution.
-Je peux l'embrasser ?
...
-J'ai trouvé une chambre.
-C'est mieux que tu partes, de toute façon.
-Je sais que j'ai tout saccagé,
mais peut-être qu'un jour, tu auras envie
que je revienne.
-Je sais pas quoi te dire, Bruno.
-OK.
...
-Salut. -Salut.
-Je voulais te remercier
avant que tu partes. -De rien, c'est normal.
-Tu repars à Montpellier ? -Montpellier ou ailleurs...
J'arrive à me fixer nulle part.
Mais te voir avec ta famille et ton équipe, ça m'a fait réfléchir.
-Je suis pas un exemple.
-Ah si, t'assures.
-Ah oui ? -Oui, je le pense vraiment.
-Merci, ça me touche, c'est gentil.
-Bon.
Ben...
Je vais devoir y aller. -Oui.
-J'ai de la route.
-Pas moi, mais je vais y aller aussi.
-Je suis garé là-bas. -Et moi, là-bas.
-D'accord, ben, du coup, au revoir. -Oui.
Bonne route, du coup.
...
C'est trop joli.
Merci.
Je suis gâtée.
-Oui, très gâtée.
-Beau petit déj'.
-Alors, tu veux une tartine, un fruit,
ou un café ? -Un fruit.
Merci.
Tu me diras un jour pourquoi tu as été au château, cette nuit-là ?
-Ca va te rendre triste.
-Non, Victor, ça va. Je gère.
-Bon, quand j'ai vu Bruno avec Inès,
j'étais trop fâché.
Je voulais lui rendre son collier et lui dire qu'elle était méchante.
Tu vois ? T'es triste.
-Un petit peu, oui.
-Attends.
C'est pour toi.
-Elle sent bon.
-Ah oui, ça sent très bon. -Viens là.
Merci.
...
C'est trop joli.
C'était à maman, ça.
-Oui.
Je n'ai plus de secrets pour toi, maintenant.
-C'est trop joli.
Je la remets dedans. -Oui.
-C'est trop beau.
-Je veux juste te demander quelque chose.
Je voudrais habiter tout seul.
Avoir un studio à moi.
-T'es sûr ?
-T'inquiète pas, je t'inviterai.
-Tu m'inviteras ? -Oui.
-Viens là.
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