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LE PONT
Il ne manquait plus que �a.
La situation va s'am�liorer.
�a ne durera plus tr�s longtemps.
Esp�rons-le.
Mon fils � fait les trois jours.
- Sigi ? - Oui.
Il ne sera pas appel�.
Vous pensez ?
Vous aurez votre linge dans 5 jours.
Les chemises vont me donner du travail.
Rien ne presse.
- Bien, docteur. - Au revoir.
Au revoir.
- C'�tait une bombe ! - En effet.
La maison a trembl�.
- O� est-elle tomb�e ? - Du c�t� du fleuve.
- Vous n'�tiez pas � la cave ? - Avec le cheval ?
- Je vais vous aider ! - �a ira.
Je sais bien, vous y arrivez toujours toute seule.
Et vos ouvriers ? Vous n'avez pas peur ?
Si, mais je dois rester forte pour mon fils.
Bonjour, Mme Major.
- Je passerai plus tard. - Je serai l�.
Mme Borchert, j'ai entendu pour votre fils.
- Il s'est engag� ? - Oui.
Vous �tes d'accord ?
Les Borchert sont tous officiers.
Merci de votre aide.
Il n'y a pas de quoi. Au revoir, Mme Borchert.
Il y a eu une explosion.
Vous pouvez me croire, je l'ai entendue.
Ne nous emballons pas.
Regardez-le !
Vous partez en voyage, M. le chef local du parti ?
Non, M. Rentorf, vous vous faites des id�es.
On est s�v�res avec ceux qui doutent du parti.
Ne l'oubliez pas, M. Rentorf.
Emma, tu en mets du temps !
Je ne peux pas tout laisser.
- Tuas les papiers ? - Je les ai oubli�s !
C'est pas vrai.
- M. Forst ! - Oui?
Vous pourriez me demander avant de couper mon bois.
Je n'en ferai rien. La victoire est en jeu.
Ne l'oubliez pas.
- Qu'y a-t-il ? - �a ne te regarde pas.
- J'ai les papiers. - D�p�che-toi.
On doit passer par l'�cole.
Trop tard. Estime-toi heureuse.
- Je dois dire au revoir. - Tu raterais le train.
J'expliquerai tout � Walter. Allons-y, il faut partir.
Walter, passe-la-moi !
T'as qu'� jouer tout seul.
Allez, les enfants. On se d�p�che.
Que faites-vous l� ?
C'en �tait une grosse.
Vous l'avez entendue tomber ?
Imagine qu'elle nous tombe dessus.
Avant le cours de maths.
Churchill refera notre emploi du temps.
Il vous faut une invitation pour aller en classe ?
On y va lentement, dans le calme.
On en a de la chance.
Plus qu'une demi-heure d'anglais et du temps libre apr�s.
Et le tir � la mitrailleuse ?
Franziska !
Tu veux aller voir le crat�re de la bombe ?
Oui, apr�s le calcul.
- Mutz ! - Oui.
- Tu sais ce que j'ai ? - Non.
- Vraiment ? - Oui.
Devine.
- Allez, dis-moi ! - Regarde.
O� l'as-tu trouv�e ?
Dans la cave.
- Qu'est-ce que c'est ? - Une souris.
Je la l�cherai en classe.
Tu n'oseras pas.
Je vais te le prouver.
Tr�s dr�le !
T'es le roi des imb�ciles.
D'apr�s la Wehrmacht, il y a eu des combats � Oberbach.
Oberbach ? C'est juste au sud.
On est en r�serve.
Ils devraient nous appeler.
Les gamins, les gardiens de notre avenir.
- Laisse-le tranquille. - La ferme !
- Ils ont une vraie ligne. - Oui.
Mais ils ont un flanc d�couvert.
- Il faut envoyer des chars. - Et briser la ligne ?
Messieurs de l'�tat-major, pouvons-nous reprendre ?
Mutz ?
Excusez-moi, je m'occupais du front.
Jouer � la guerre t'amuse ? Tu veux �tre officier ?
Il veut �tre conducteur de train.
C'est vrai ?
Oui, mais c'�tait avant.
Et alors ?
On en aura bient�t plus besoin que de soldats.
Que voulez-vous dire ?
Une fois la guerre finie.
Tu n'as rien contre la paix, Borchert ?
Bien s�r que non, monsieur.
On reprend la version. Hager, � toi.
si...
- Situ ne me ch�ris pas. - Ne m'aimes pas.
Situ ne m'aimes pas...
- Alors qu'ils. - Me trouvent.
Alors qu'ils me trouvent.
Si je meurs par leur fureur.
Cela vaut mieux.
Cela vaut mieux
- que si tu ne m'aimes pas. - Toute une vie.
Oui. Toute une vie.
Je te remercie de tes efforts, Hager. Toi aussi, Franzisca.
Voyons comment les romantiques ont traduit ces vers.
Lis-nous ce passage, Scholten.
"Le manteau de la nuit me soustrait � leur vue.
"D'ailleurs, si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici.
"J'aime mieux ma vie finie par leur haine
"que ma mort diff�r�e sans ton amour.
"Quel guide as-tu donc eu pour arriver jusqu'ici ?
"L'amour, qui le premier m'a sugg�r� d'y venir,
"il me pr�ta son esprit et je lui pr�tai mes yeux.
"Je ne suis pas pilote, mais, quand tu serais � la m�me distance
"que la plage la plus lointaine,
"je risquerais une telle travers�e.
"Le masque de la nuit est sur mon visage, sans cela,
"tu verrais une virginale couleur
"sur ma joue quand je songe � ce que tu m'as entendue dire.
"Je voudrais suivre les convenances.
"Je voudrais. Je voudrais nier
"ce que j'ai dit. Mais adieu, les c�r�monies !
"Dis-moi,
"m'aimes-tu ?
"Je sais que tu vas dire oui,
"et je te croirai.
"Ne le jure pas."
Forst, la fen�tre.
"Tu pourrais trahir ton serment.
"Les parjures des amoureux font, dit-on, rire Jupiter.
"Oh ! gentil Rom�o, si tu m'aimes, proclame-le..."
Bernhard, ferme la fen�tre.
Continue, Scholten.
- � qui est-ce ? - A moi.
Poussez-la donc. Vous pourriez nous aider !
Quel sans-g�ne ! Bon voyage.
Pourquoi ne d�marre-t-il pas ?
Reculez-vous !
Ne pleure pas. Estime-toi heureuse de partir.
Walter !
Prends soin de toi, mon gar�on. Au revoir.
Tu t'es surpass� !
Que fais-tu ici ? Tu devrais �tre � l'�cole.
J'ai pas pu lui dire au revoir.
L'essentiel est qu'elle soit en s�curit�.
Tu es d�barrass� !
- Quoi ? - C'est la v�rit� !
Ne te m�le pas de mes affaires, ou tu le regretteras.
Bonjour !
Sigi, c'est toi ! Je me suis fait du souci.
Pourquoi ? On �tait � la cave.
On a saut� le cours d'anglais.
L'anglais ! A quoi �a peut bien vous servir ?
Viens.
Allons manger.
On y aura peut-�tre droit tous les jours.
Vous devriez rester � la maison.
Pour quoi faire ?
- Qu'est-ce qu'on mange ? - Du chou.
- Encore ? - Je n'ai rien d'autre.
- Je vais voir le pont. - Tu iras plus tard. Mangeons.
Sigi ! D�p�che-toi !
Que fais-tu ?
Je dois nourrir Alberich.
Comment �a va ?
- J'ai �crit � tante Wally. - Et alors ?
Pour savoir si tu pouvais y passer quelques semaines.
Je devrais me d�filer ?
- Que vont dire les autres ? - Tu ne te d�filerais pas.
Tu n'es pas un soldat.
Regarde, Wotan a encore tout mang�.
Tu pourrais manger � ta faim.
Et toi ?
J'utiliserai tes tickets. Il ne nous reste rien.
Je n'ai plus rien � �changer.
Il te faut des souliers.
Je pr�f�re encore te donner Wotan.
Mais je reste !
- Karl. - Merci, Mlle Barbara.
Nous avons d�j� d�jeun�. Elle est encore coinc�e.
Laissez-moi faire.
Tu es vraiment maladroit.
Qu'est-ce que c'est ?
Rendez-le-moi !
- Qu'est-ce que �a signifie, Karl ? - Rien.
�a ne veut rien dire du tout.
J'esp�re bien.
S'il vous pla�t, pardonnez-moi.
Mais il n'y a rien � pardonner.
- D�p�che-toi. Ton p�re t'attend. - Oui.
- Bonjour, papa. - Bonjour.
- Tu as faim ? - Oui.
- Mais je dois repartir. - O� �a ?
- Voir le crat�re de la bombe. - Viens d'abord manger.
Ton crat�re de bombe sera toujours l� apr�s la soupe.
Merci.
Ton assiette.
- Encore ? - Non, merci.
- C'est bon ? - Oui.
Bien.
Que fait Barbara en bas ?
Elle avait � faire.
- On a de la chance de l'avoir. - Oui.
Je vais voir en bas.
- Lav� et repass� ? - Oui mais je travaille jusqu'� 6h.
- Apr�s �a, alors. - Bonne apr�s-midi.
Frau Weber ne peut pas venir avant 6h.
Mon patron dit que je ne peux pas partir t�t pour le coiffeur non plus.
Vraiment ?
Je me demande comment il le sait. Il est exempt� de service.
Venez apr�s 6h, alors. Ou avez-vous d'autres projets, Mlle Barbara ?
- Non, monsieur. - � plus. Au revoir.
Barbara, o� as-tu...
Mlle Barbara, o� sont les coupons pour le savon ?
Dans la caisse.
Tu as fini ? Tu rentres � la maison ?
On va bricoler sur le b�teau. � plus.
Bricoler un bateau! Il n'a pas de soucis.
Il va surement voir une fille.
- J'en doute. - Quand moi j'avais 16 ans...
Toi alors !
- D'o� viennent ces cigarettes ? - De Walter Forst.
De la r�serve du chef du parti. Tu en veux une ?
Non, pas si �a vient de lui.
Quel genre de gar�on est Walter ?
On fait beaucoup de choses ensemble mais c'est un pauvre type.
Pourquoi donc ?
Je pense
qu'il ne croit plus � rien.
A quoi crois-tu ?
A tout ce que papa disait.
Papa disait
de se tenir droit.
Et de tenir les r�nes fermement et � angle droit.
Nous avions des chevaux de trait.
Tu ne peux pas
le reprocher � ce cheval.
Dieu soit lou�, vous �tes l�.
- Je m'inqui�tais. -II n'y a pas de quoi, Trude.
Wiladimir !
J'arrive.
-Il y a du courrier pour moi ? - Je n'ai rien vu.
Ma lettre de mobilisation n'est pas l�.
Ils attendent que tu sois adulte.
Aide-moi plut�t.
J'irai voir le commandant Saldern.
Enfant et soldat, on aura tout vu.
Maman, interdis-lui de parler ainsi.
Elle ne pense pas � mal.
Voici notre ration de savon.
Ce qu'ils appellent savon.
- Ils coupent encore du bois. - Je sais.
C'est pour les barrages.
- Notre bois ? - Oui et je n'y peux rien.
J'esp�re qu'ils �pargneront les sapins.
Les sapins importent peu.
Si papa �tait encore en vie.
Tu as raison.
Excuse-moi.
- Tu d�telles le cheval ? - Bien s�r.
Allez, mettez-vous au travail !
D�p�chez-vous !
Il y aura assez de bois pour le bateau ?
Oui, merci. On a de quoi en construire deux.
Arr�te ce vacarme, c'est insupportable.
J'ai presque fini.
Vous pouvez lire avec ce bruit ?
Oui, �a va.
Tout va bien chez vous ?
La sir�ne r�sonne constamment. Maman ne quitte pas la cave.
Elle est contente que je sois l�.
Moi aussi. Plus personne n'a deux hommes � la maison.
Tu ne devais pas barricader les fen�tres du salon ?
Oui, je vais le faire.
Alors vas-y.
- Pas de lettre de papa ? - Non.
�a fait 23 jours.
Maman, �a ne veut rien dire, pas vrai ?
Les lettres arriveront s�rement d'un coup.
Ils retiennent le courrier pendant l'offensive
pour ne rien trahir.
Tu crois ?
Il ne s'est rien pass�.
A part le pont en bois.
Il a fini dans l'eau.
- � cause de la pression. -I[n'y a rien eu.
Imb�ciles, estimez-vous heureux qu'il n'y ait rien eu.
Il aime bien en faire des tonnes.
- O� est pass� Sigi ? - Je ne sais pas.
Oui ?
Il est dans la cabane ?
�a va ?
Pas de d�g�ts ni de pertes � d�plorer.
Je rentre.
Nous aussi, Franziska ?
Oui, je suis d'accord.
A tout � l'heure.
- On va se promener ? - Oui, si tu as le temps.
J'ai le temps. Toi aussi ?
Juste un peu.
Allons-y.
Klaus !
Qu'avais-tu en anglais ?
Hier, tu comprenais tout.
Aujourd'hui aussi.
Mais je ne peux pas dire ces sottises.
"Si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici."
Quand tu le dis, �a fait dr�le.
J'ai gymnastique. Quelle heure est-il ?
Il est 25. O� est ta montre ?
On l'a �chang�e quand maman �tait malade.
Je te la donne.
- Tu ne peux pas me l'offrir. - Pourquoi ?
Tu es fou, Klaus !
Je te la pr�te alors.
Pourquoi ?
Tu penseras � moi.
Je te la rends quand tu veux.
D'accord.
Elle a des chiffres lumineux, c'est tr�s pratique.
Tu peux boutonner ma manche ?
On peut y aller ?
Attends !
Qu�est-ce qu'il y a ?
Je roule sur la jante.
C'est tout maman, �a !
Donne-moi ta pompe.
- Elle s'est fait voler la pompe. - Tiens-le.
Dis-moi, Hans, pendant le bombardement.
Oui ?
- Tu as eu peur ? - Et comment !
- Tu as eu la trouille ? - Bien s�r.
Et tu l'avoues comme �a ?
Pourquoi pas ?
Je trouve �a g�nial. Tu as fini ?
Je suis curieux de voir si Forst a la colle.
Voil� notre Lilliputien !
On a tout, notre bateau flotte.
- C'�tait difficile ? - Non, pourquoi ?
Le menuisier t'a donn� de la colle ?
Il n'y avait personne, la colle �tait pos�e l�.
En avant vers la victoire !
Tu exag�res !
Tu te crois dr�le ?
- Quoi ? C'�tait un test de courage. - Venant de toi ?
- H�, camarades ! - Regardez !
On a cach� quelque chose.
Qu'est-ce que tu as ? C'est une nasse.
Les cloches de P�ques sont pass�es.
- Avec du schnaps ? - Du schnaps ?
V�ritable alcool de grains. 42 %.
Liqueur d'�uf.
Tu vois, les cloches ont apport� des �ufs.
- Tu les voles ? - Mais non !
Le propri�taire doit se sentir mal.
On apaise sa conscience.
Partageons-les. Combien il y en a ?
Comptons-les.
Cachons-les dans le tuyau. On reviendra apr�s.
Allons-y. Tenez-la.
- Sigi, cache-les. - Pourquoi moi ?
T'es le plus petit !
- D�p�che. - C'est ce que je fais.
Pourquoi les partager ? On les a trouv�es.
C'est moi !
Et tu auras deux bouteilles.
Le groupe passe avant l'individu !
Mais bien s�r !
On le dira � ton p�re.
D�p�chez-vous, on va �tre en retard.
Qui m'emm�ne ?
- Tu restes ici, abruti. - Viens, je t'emm�ne.
- On a du schnaps. - � quoi �a va me servir ?
Que faites-vous ?
Ramasse-la.
O� �tais-tu, Karl ?
�a ne va pas ?
si.
Viens, on y va.
Vous avez apport�
la colle ?
Oui, monsieur.
- �a a �t� difficile ? - Tr�s.
Borchert,
dis � ta m�re que le contreplaqu� a �t� livr�.
Tu la remercieras.
Eh bien, o� est donc Borchert ?
Apporte les planches.
Les planches, Karl.
- Donne-moi le tournevis. - II faut les raboter.
- Les filles sont toutes des garces. - Quoi ?
Des garces !
- T'es malade ! - Franziska aussi !
Redis-le...
On aura fini dans trois semaines ?
Les Am�ricains seront peut-�tre l�.
La gare a tenu deux jours � Oberbruck.
- Et ensuite ? - Comment �a ?
Quel sort a connu la gare ?
�a y est ! Je suis mobilis�, j'ai la lettre.
On doit �tre � la caserne demain.
Comment ?
Je suis mobilis�.
- Vos lettres ont d� arriver. - Quand ?
- Demain � 7h. - Enfin !
J'ai fait mes maths !
Tu sais si on sera ensemble ?
Bien s�r, soldats Forst et Scholten marchent au pas cadenc�.
On va leur montrer.
- La formation sera courte. - Probablement.
J'esp�re �tre vite grad�.
Monsieur, vous continuerez le bateau ?
- Notre bateau ? - On reprendra � notre retour.
- Oui. - On fera un navire de guerre.
Tu n'y monteras pas, tu es trop lourd.
Monsieur, voici les outils. On ne les a pas rang�s.
Vous pouvez rentrer chez vous.
Viens, on rentre � la maison.
D�p�che-toi ! Comment tu vas l'annoncer ?
- Par lettre. - Je vais appeler.
- Si tu y arrives. - Pourquoi ?
- Viens. - J'arrive.
Il faut se d�p�cher.
- C'est rang� ? - Oui.
Au revoir.
Que fais-tu ?
Sors de l�. Et plus vite que �a !
Donne-moi cette bouteille.
- De l'alcool ? - Je ne sais pas.
- Tu en as d'autres ? - Moi, non.
D'accord, et les autres ? O� avez-vous vol� �a ?
On les a trouv�es, pas vol�es.
Suis-moi.
�a va chercher jusqu'� trois ans de prison.
Je dois �tre � la caserne demain.
C'est vrai ?
Oui. Ma lettre est � la maison. Je vous assure.
Vous m'emmenez au poste ?
Non, chez ta m�re, que tu puisses te changer.
Sigi ?
Qu'y a-t-il ?
J'ai gliss�.
Ma lettre est l� ?
- Oui. - O� est-elle ?
Il ne peut pas �tre soldat.
- C'est un enfant. - Je ne suis plus un enfant.
De quoi as-tu l'air ? Tu es compl�tement tremp�.
- C'est pas grave. - D�shabille-toi.
Tu vas attraper froid.
Je dois me pr�senter � la caserne demain matin.
Monsieur.
C'est s�rement une erreur. Vous devez �tre au courant.
Ils sont tous appel�s.
Je vais t'envoyer loin alors. Assieds-toi.
Je vais t'envoyer chez tante Wally.
- Tu t�y cacheras. - Je ne suis pas un d�serteur.
Monsieur,
que dois-je faire ?
Mme Bernhard, il n'y a rien que vous puissiez faire.
Et pour le schnaps... Eh bien,
je vous le laisse.
Comment as-tu eu �a ?
Tu pourras l'�changer. Wotan aussi.
Merci.
Ils se sont am�nag�s un bar, �a constitue un d�lit.
Un d�lit ?
Alors enfermez-le jusqu'� la fin de la guerre.
Maman !
C'est de la folie.
Je ne peux pas vous r�pondre.
Je suis de service, essayez de comprendre.
- Maman ? - Oui, Sigi ?
Je peux t'emprunter la petite valise ?
Tu pars chez tante Wally ?
Je n'irai pas � la caserne avec un carton.
J'aurais l'air idiot.
Oui, tu aurais l'air idiot.
Tu es enfin rentr� ?
Quoi ?
Tu as du courrier. Ta lettre de mobilisation.
Karl, tout va bien se passer.
La formation va durer des mois.
- D'ici l�. - Bon d�barras !
- Comment �a ? - Je vous ai.
Dehors ! Qu'est-ce que vous voulez ?
Dehors ! Sortez !
Je ne veux plus vous voir !
Allez-vous-en !
- Je ne veux plus vous voir ! - Qu'est-ce qui te prend ?
Barbara, laisse-nous, s'il te pla�t.
Qu'y a-t-il ?
Vous �tes contents, vous �tes enfin seuls.
J'ignore pourquoi...
tu te comportes ainsi.
Apr�s tout, deux adultes
comme Barbara et moi.
Tu l'aimes bien.
�a ne te plairait pas qu'elle reste ?
Arr�te de faire ta valise.
Tu as jusqu'� demain matin.
Bien.
Descends quand tu seras calm�.
On en discutera.
- Je ne comprends pas. - Ne vous disputez pas.
- C'est encore un enfant. - �a, c'est s�r.
Je le croyais plus mature.
Et on envoie ces gamins se battre.
Sa place est � la maternelle !
- Calme-toi. - Il devrait �tre � la maternelle.
N'oublie pas de faire r�parer le tracteur.
Oui, J�rgen, ne t'inqui�te pas.
Je m'occuperai de tout.
Madame !
- Les ouvriers �trangers. - Oui.
- Ils sont partis ! - Quoi ?
Qu'allons-nous faire ?
Il faut tout de suite pr�venir la police ou le parti.
C'est sa derni�re soir�e. Ils ne viendront pas aujourd'hui.
Les instructions sont strictes, madame.
Les Leppmann n'ont rien signal� et apr�s.
Je sais.
Je les appellerai demain.
Trude, peux-tu nous laisser ?
Comment vas-tu faire sans les ouvriers ?
On en aura d'autres.
Qui sait s'ils seront convenables ?
Qu'est-ce que je peux y faire ?
- Tout est bizarre. - Je suis bien d'accord.
Et c'est maintenant que je pars.
Mais J�rgen, tu me connais,
j'arrive toujours � m'en sortir.
C'est le pistolet de papa.
On me l'a fait parvenir.
Je peux l'emporter ?
Prends-le.
Merci, maman.
Tu ne peux pas savoir � quel point �a me fait plaisir.
Papa m'a appris � tirer avec.
En tant qu'�l�ve officier, j'ai droit de porter mon arme.
A quelle heure te l�ves-tu ?
On petit-d�jeunera ensemble.
Bien s�r.
On se l�vera � 5h30.
Bonne nuit, maman.
Bonne nuit, mon gar�on.
Je trouve �a formidable, tu restes toujours digne.
N'emporte pas trop de choses, tout devra tenir dans un sac.
- Ton pull-over. - Pose-le l�.
- Que fais-tu de ce couteau ? - Je l'emporte.
On ne va pas jouer aux Indiens !
Le chef de gare a dit qu'on se servait de couteaux.
N'importe quoi !
Il a lu trop de livres pour enfants.
Hans, vous devez �crire � votre famille.
Tes chaussettes.
Ils nous en donneront, maman.
Tu pourras les �changer.
Et ils �chang�rent leurs chaussettes dans la bataille.
Voil� comment elle imagine la guerre !
Je n'ai aucune envie de l'imaginer ! Regarde.
Tu es oblig� de les user jusqu'� la corde ?
Ce sont les miennes. Je vais les repriser.
- Le faites-vous chez vous ? - Non.
Alors ?
Maman, il me faut du savon.
Prends le savon de Marseille dans la cuisine, vous partagerez.
Merci.
Du savon de Marseille, g�nial. Si j'avais su,
je l'aurais vol� depuis longtemps.
Mme Mutz ?
Oui, Hans.
Je.
Je voulais vous remercier de m'avoir accueilli.
Dans ce cas, Hans,
je dois aussi vous remercier d'�tre rest� ici.
Pourquoi ?
Votre pr�sence a �t� b�n�fique, � Albert et �.
Vous �tes tellement mature.
Si ma m�re entendait �a !
Je ne trouve pas le savon.
Regarde dans le placard.
Hans, veille sur lui.
Vous venez de me tutoyer.
Je vous le promets.
Et prends aussi soin de toi.
C'est dr�le, tu seras seule en classe.
Je ne trouve pas �a dr�le.
Bureau de poste n� 2.
Le courrier arrive avec le train.
12h17. Oui, l'heure a chang�.
Paul, le train de 12h17 pose encore des probl�mes.
Que vont dire tes parents ? Il est tard.
Ils seront f�ch�s.
- Tu pr�f�res rentrer chez toi ? - Non, �a m'est �gal.
C'est vrai ?
Il y en a pour longtemps ?
Quand Berlin est bombard�, il n'y a pas de connexions.
Vous ne pouvez rien faire ?
Bon, je vais essayer.
Passez-moi le poste 3-14.
Otto, quelle est la situation ?
Merci.
Les avions sont vers Hanovre. �a reste possible.
Quelle heure est-il ?
Regarde, on voit tr�s bien les chiffres.
Franziska ?
J'ai une question.
Oui ?
Mais ne le prends pas mal.
Promis ?
Demande-moi ce que tu veux. C'est notre derni�re soir�e.
Je voudrais la montre.
Si je fais le guet de nuit, j'aurai besoin des chiffres lumineux.
Ici le poste num�ro 2. C'est Br�me ?
- Je peux y aller ? - Oui.
All�, maman ? C'est toi ?
Comment ?
Quoi ? Non, je vais tr�s bien.
Je suis mobilis�.
- Que fais-tu l� ? - Tu t'es perdu ?
J'ai ma lettre de mobilisation.
A cette heure-ci ? Tu ne pouvais pas attendre demain ?
Il a peur de manquer la f�te pour la victoire.
- Taisez-vous. - Attention.
Monte le son.
Les bombardiers ont obliqu� vers l'est.
Offensive probable sur Berlin.
Je veux bien le croire.
Retourne chez toi. On est ponctuels � l'arm�e.
Je ne peux pas rentrer.
Ne le renvoie pas, Paul.
Installe-toi l�.
- Tiens, prends une couverture. - Merci.
Votre p�re vous demande d'�teindre cette musique.
�a le d�range.
- Que fait-il ? - II fait sa valise.
Dites-lui d'�teindre cette musique !
Apportez-moi mon costume bleu.
Il y a la place.
Anni, o� sont.
Tu pars en vacances ?
Walter.
Je dois. Tu sais.
J'ai re�u un appel du parti.
O� sont pass�s mes cigares ?
On ne trouve rien dans cette maison !
J'ai une r�union, un point sur la situation.
Et tu prends ton costume bleu ?
- �a ne te regarde pas ! - Le voil�.
Donnez-le-moi.
- Demain, je pars � l'arm�e. - Je sais.
Le chef du parti met les voiles !
Pour le F�hrer, le peuple et la patrie !
- Tu emm�nes Mille Lehmann ? - Quoi ?
Celle de la chambre de commerce.
- Tais-toi ! - Toute la ville le sait.
C'est pour partir avec elle que tu t'es d�barrass� de maman.
Ma parole, tu as bu !
Oui, ton schnaps !
R�serv� aux chefs du parti au front.
Tu devrais avoir honte.
- Quand on se reverra apr�s... - N'y compte pas !
Attends un peu.
A partir de demain, tu vas en baver. Ils vont t'en faire voir !
Il est temps que tu apprennes la discipline
et que tu deviennes un homme, morveux !
Un homme comme toi ?
Toi aussi, tu as couch� avec lui ?
Avoue !
Ton p�re est plus gentil que toi.
Premier groupe. Garde-�-vous !
En avant, au pas de course.
Tu veux en faire des soldats ?
Non. A terre et rentrez les fesses
ou vous allez en prendre une.
- Le petit � droite. - Baisse la t�te !
Ne tra�ne pas
ton fusil par terre.
Tu vas devoir t'en servir plus tard. Soldats, revenez.
A terre !
Pas besoin de leur apprendre � reculer ! � quoi �a rime ?
Demande-leur plut�t.
C'�tait tellement bien que vous allez le refaire.
Couchez-vous !
J'en ai ma claque.
Debout ! Avancez.
Couchez-vous !
Revenez.
Garde-�-vous !
- Excusez-moi, la paperasse... - Je vous en prie.
- Asseyez-vous. - Merci.
Qu'on ne nous d�range pas.
Qu'est-ce qui vous am�ne ?
Les gar�ons de ma classe...
- Ils sont dans votre compagnie. - Je sais.
M. Fr�hlich,
je vous parle en tant que coll�gue.
Vous �tes aussi enseignant.
Depuis 5 ans, je suis soldat.
- Vous avez �t� r�form�. - Oui, je suis cardiaque.
Quelles mati�res enseignez-vous ?
Anglais, histoire, allemand.
C'est au sujet de vos �l�ves ?
Je voulais vous demander.
Je ne vois pas pourquoi ils seraient sacrifi�s.
J'ai discut� avec eux, M. Stern.
Ce sont des id�alistes.
C'est pour des id�aux qu'ils combattent.
Ils veulent sauver la patrie.
Ils croient
en vos enseignements.
La victoire est n�tre , de H�lderlin.
"� patrie, Ne compte pas tes morts.
"Tu honores leur sacrifice."
M. Fr�hlich !
Tous ces id�aux,
la libert�, la patrie sont entre de mauvaises mains.
�a n'a plus aucun sens !
J'ai appris que mon fils �tait tomb� au combat.
�a n'a pas de sens ?
Je suis d�sol�.
Apr�s �a, je ne pourrai plus enseigner la conscience tranquille.
Mr. Fr�hlich...
Je suis venu
vous demander
de faire un geste pour eux.
Comment �a ?
Vous pourriez les tenir � l'�cart.
Ne dites pas n'importe quoi !
J'ai des ordres que je dois suivre.
Capitaine.
Il est bien nettoy� ?
- Pas sur le canon. - Je ne vois rien.
Ils t'ont crev�, petit ?
Je me sens mal. Je n'en peux plus.
Donne-moi ton fusil.
On devrait �tre en biologie.
L� aussi, je me sentirais mal.
Tu nettoies la ba�onnette ?
On nettoie nos armes. C'est pas un cure-dent, �a !
- Ce n'est pas aiguis�. - �a fait plus de d�g�ts.
Comment �a ?
Si c'�tait aiguis�, �a rentrerait trop facilement.
Avec �a dans le ventre, tu ne fais pas long feu.
Dans le ventre ?
O� veux-tu la mettre ?
Et tu la retires
en prenant appui sur le type.
Comment sais-tu �a ?
Je l'ai lu.
�a te change des gamines, non ?
La ferme !
Garde-�-vous !
3e groupe, entretien des armes.
Apprenez ceci, Forst :
pas de garde-�-vous pour l'entretien des armes.
Continuez.
Vous y arrivez d�j� tous tr�s bien.
Gr�ce � la formation, sergent.
- Ne parlez que quand on vous parle. - Oui, sergent.
- Vous voulez �tre officier ? - Oui.
Votre carabine.
Tenez-la droite, � la fin ! Plus haut.
Vous n'avez pas tout appris
durant votre formation.
- Recommencez. - Oui, sergent.
Tu crois qu'on a de l'huile � volont� ?
Pas de gaspillage.
Qu'est-ce que tu trafiques ?
Soldat Bernhard, entretien des armes.
�a, je le vois bien.
Que fais-tu avec �a ?
On l'enfonce dans le ventre et on le d�gage avec le pied.
Il ne faut pas croire
tout ce que tu lis dans les livres pour enfants.
Continuez !
Alerte !
Debout ! Sortez dans l'ordre.
D�p�chez-vous !
Fait chier, on peut m�me plus dormir.
Tu ferais bien de t'y faire.
�a ne ferme pas.
Garde-�-vous.
O� en �tes-vous ?
- Nous sommes pr�ts, sergent. - Sortez.
Ajustez votre boucle.
- Vous avez tout ? - Oui, sergent.
- N'oublie pas ton couvre-chef ! - Sergent ?
Ton casque, tiens. Allez, dehors.
- Merci, sergent. - File !
D�p�chez-vous, soldats. Allez !
Il y en a un qui a oubli� son fusil.
Je n'y crois pas ! Allez, on se d�p�che.
C'est la merde ! Zimmermann, un cigare.
La nouvelle ligne de front est ici. Elle doit tenir.
Du feu.
Cet apr�s-midi, les Am�ricains ont atteint
cette ligne.
Ici Bienenkorb, Bienenkorb.
J'ai pour ordre
d'envoyer au front tout ce qui peut porter un fusil.
Les bless�s restent derri�re.
Zimmermann.
Fr�hlich emm�ne le bataillon.
Les escadrons se suivent dans cet ordre : 1, 2, 4, 3,
puis Sant� et Ravitaillement.
Le P.C. du d�tachement sera � Kannstett.
Le P.C. de la division sera � Altdorf � partir de 4h.
4e compagnie au complet.
Bataillon.
Garde-�-vous !
Le lieutenant-colonel.
Regardez
� droite !
Le 463e bataillon est rassembl�.
Repos.
Regardez devant vous. Repos !
Soldats,
les Am�ricains nous attaquent sur un large front depuis hier.
Notre bataillon est maintenant le 336e.
Nous partons ce soir.
J'attends
des soldats exp�riment�s de mon bataillon
qu'ils accomplissent leur devoir comme toujours.
On s'attend � rencontrer l'ennemi demain matin.
Chaque centim�tre de sol d�fendu
est un morceau du c�ur de la patrie.
Celui qui ne d�fend ne serait-ce qu'un centim�tre,
d�fend l'Allemagne !
Nous avons tous conscience que la situation est grave.
Mais nous sommes des soldats.
Que nous vivions ou non,
c'est l'histoire qui d�cidera si nous avons accompli notre devoir.
Aux jeunes soldats qui partent pour la premi�re fois au combat,
sachez que ce bataillon ne fait qu'avancer,
il ne recule jamais.
Ce bataillon ne conna�t que le combat :
la victoire ou la mort.
J'attends de vous
que vous fassiez honneur � la patrie dans ces temps difficiles.
Respectons notre devise dans ce combat.
En avant pour le F�hrer, le peuple, la patrie.
Qu'ils rompent les rangs.
Zimmermann, un cigare.
Compagnie, rompez !
Prenez munitions et ravitaillement.
Un ordre, mon lieutenant.
Zimmermann, emportez le cognac, on va en avoir besoin !
Ma voiture.
- Occupez-vous-en ! - Bien.
Qu'y a-t-il ?
- J'ai sept recrues. -Et?
16 ans en moyenne et pas form�s.
- Soldats depuis ? - Ce matin.
Ils prendront la fuite, et ma compagnie avec.
Il ne manquait que �a !
Sergent Zeissler !
Zeissler !
O� �tiez-vous ? Il faut y aller.
Lieutenant-colonel,
- le pont ? - [n'a pas d'importance.
Nous le ferons sauter et les Am�ricains ont d�j� un pont.
Il faut le s�curiser.
S'ils pouvaient s'en charger.
C'est bon, envoyez-les l�-bas.
Bien.
Vous voil� enfin.
Cette salet� est toujours enray�e.
Heilmann au rapport !
J'arrive. Forst.
- Sergent ? - Le groupe est � vous.
- Allez au ravitaillement. - Sergent Heilmann !
Oui, j'arrive. D�p�chez-vous.
- On part se faire tuer � minuit ! - Porte plainte.
Laisse-moi passer.
C'est parti, venez tous.
- Pas de combats futiles. - Compris.
Depuis quand �tes-vous soldat ?
- 7 ans. - Qu'avez-vous appris en 7 ans ?
- � ne pas me faire remarquer. - Exactement.
On se fiche du pont, il va sauter.
Pas de pertes inutiles, compris ?
On proc�de avec ordre.
- Vous avez trop de bo�tes. - Hein ?
Rendez ces bo�tes !
- Quoi ? - Reposez-les.
On compte jusqu'� la tombe.
R�cup�re ta mort en bo�te, abruti !
�a ne va pas ? Ramassez-les !
Tu l'ouvres parce que tu restes au chaud !
Fermez-la !
Ecoute-moi bien, je vais tenir bon
pour vous cogner,
- bande de planqu�s ! - Je ferai un rapport.
- Ne retarde pas les autres. - Oui.
Ne dites pas de sottises. Du balai.
Je ne savais pas qu'on �tait � la maternelle.
D�p�chez-vous un peu.
Prenez vos armes et sortez dans la cour.
- Sergent Heilmann. - Capitaine.
3e groupe, descendez.
D�marrez quand le 3e groupe sera descendu.
On y est d�j� ?
Mais non, tais-toi.
Mais c'est notre pont.
Que fait-on ici ?
Estimez-vous heureux. Vous pr�f�reriez en baver ?
Qu'est-ce que �a veut dire ? Ils nous laissent � la maison ?
Les recrues sont de retour.
C'est bien. Faites ce qui vous semble juste.
Occupez-les un peu.
Assurez-vous que le commando fasse sauter le pont.
- II faudra finir par le dynamiter. - Compris.
- Je compte sur vous. - Oui, capitaine.
- Quelle corv�e ! - C'est plus marrant.
Arr�tez de r�ler et portez tout �a l�-bas.
Il va se passer quelque chose ici ?
Il se passe quelque chose partout.
Quand on aura tout transport�,
on s'installera confortablement.
On est compl�tement derri�re.
Les meilleures places sont derri�re, comme au cin�ma.
Bon, posez tout �a par terre.
Posez doucement les bazookas � droite.
la mitrailleuse : Horber et Hager, du c�t� droit.
2e mitrailleuse.
Installez-vous � gauche.
On conna�t ce pont, on sait o� se placer.
Vous avez jou� aux cow-boys et aux Indiens ?
Voici notre fort.
Je peux y prendre position ?
- Grimpe monter la garde. - Oui, sergent.
Installez-vous.
Pr�parez la mitrailleuse.
Je vais devant, sergent.
Non, tu restes ici. Et pose-moi �a.
Va plut�t les aider � creuser.
Que dois-je faire, sergent ?
- Va sur le pont et monte la garde. - Oui.
Et reste � ton poste. C'est une t�che capitale.
Vas-y.
Que fais-tu ?
Je monte des munitions dans l'arbre.
Si nous avions un canon, tu le monterais aussi ?
Encore ?
O� as-tu la t�te ? Ils vont nous foncer dessus.
Avec ce brouillard,
- ils ne verront rien. - Et plus tard ?
3e groupe en demi-cercle !
Ecoutez.
Vous ne serez pas contre un caf� chaud.
Non, bien s�r.
Je vais organiser �a.
Je laisse le groupe � la charge de.
Scholten.
Oui, sergent.
- Garde mon fusil. - Oui.
Continuez sur votre lanc�e.
Du caf� !
Il est g�nial comme chef.
Tu dis n'importe quoi, il abandonne m�me son fusil.
Excusez-moi, vous auriez du feu ?
- Vous fumez avec moi ? - Oui.
Cache-toi.
Attendez.
- Que vous voulait-il ? - Comment �a ?
- Parlez. - Rien du tout.
Vous pouvez y aller. Prends la moto.
Stop !
- Que faites-vous ici ? - Moi?
- Oui, vous. Vos ordres. - Je ne les ai pas.
De quelle unit� ?
Sergent Heilmann, 3e compagnie, 463e bataillon.
Que faites-vous ici ?
Votre livret militaire.
- On prot�ge le pont. - Ne dites pas de sottises.
Nous allons faire sauter le pont.
Vous voulez d�serter.
Bien s�r que non !
Suivez-moi, je vais vous occuper.
Mon adjudant, je ne peux pas laisser mon escouade.
Foutaises ! Suivez-moi.
Ce sont des gamins, soldats depuis un jour.
J'ai l'ordre de veiller
- sur eux. - En partant seul ?
Je cherche le commando.
Bien s�r.
Esp�ce d'idiot, ne soyez pas born� !
V�rifiez par vous-m�me.
Abandonner des gamins au front.
Vous �tes tomb� sur la t�te ! Vous...
Baissez cette salet�.
Restez o� vous �tes. Plus un geste !
Qu'est-ce que c'est ?
�a tire d�j� l�-bas.
Tu vois quelque chose ?
Non, rien du tout.
Descends alors.
On devrait interdire la guerre par ce temps.
O� est pass� Heilmann ?
Il va revenir.
- Je vais jeter un �il. - Tu restes ici.
Bien, chef.
Il nous a laiss�s en plan.
Non, pas lui.
D'autres ont mis les voiles avant lui.
Tu as trop d'imagination.
Vous avez entendu ?
C'est juste un poisson.
On a dix cartouches.
On ne les utilisera jamais.
Ecoutez.
Tirs d'artillerie.
Ils sont encore loin.
- Tout est en ordre de votre c�t� ? - Oui.
Suivez-moi.
Walter, tu me pr�tes ta lampe ?
Pourquoi ? Tu as peur du noir ?
On peut manger maintenant ?
C'est pas trop t�t.
Coupe-nous quelques tranches.
Heilmann nous a promis le caf�.
On parie qu'il s'est tir� ?
Tu n'as que Heilmann en t�te.
Sigi, on aurait d� l'envoyer chez toi.
Ta m�re fait un excellent caf�.
Je ne vais pas lui dire ce qu'il doit faire.
- Tu n'en as pas ? - Pleure pas, t'en auras du mien.
Si ma m�re savait o� nous sommes.
Le p�t� est tr�s bon.
Tiens, pour Sigi.
On peut manger ?
Toi oui, tu es en pleine croissance.
- Tu n'as pas faim, Karl ? - Je n'aime pas �a.
Le ravitaillement est bien.
- Mais il fait humide ici. - On n'a pas de schnaps ?
Voil� le sergent.
Il part d'un c�t� mais revient de l'autre ?
Que faites-vous l� ?
On prend le petit-d�jeuner.
Un peu de p�t� ?
Vous allez commencer une fusillade ?
On a ordre de rester ici.
Ce pont est une position strat�gique.
Rentrez � la maison.
- Quoi ? - Vous �tes fou !
C'est de la folie.
�a va �tre un massacre, croyez-moi.
Je l'ai v�cu avant d'�tre �vacu�. Rentrez chez vous.
Vous nous poussez � d�serter.
L�che !
Nous sommes en guerre.
Nous devons tenir le pont.
Vous ignorez ce qui vous attend.
Vous voulez jouer les h�ros.
Allez-vous-en.
Ne faites pas d'histoires.
Allez-vous-en !
Vous ne savez pas ce que vous faites.
Regardez un peu comment il d�tale.
Comment il court !
Les vieux sont trouillards.
Il a � peine vu le pistolet qu'il est parti.
Installons des bo�tes de conserve.
Bonne id�e !
Il a peut-�tre raison.
Vous ne savez rien de lui.
J'en mets d'autres. On va voir si tu les as aussi.
�a suffit !
On ne tire que sur ordre.
On va les d�gommer avec des cailloux.
Poussez-vous de devant la ligne de tir.
Ecoutez.
Un camion arrive.
Il faut bloquer la route.
Que se passe-t-il ? Que faites-vous ?
Que fait cette barricade ici ?
Que se passe-t-il ici ?
Qui a barr� la route ?
On devrait vous coller au trou.
Vous �tes fous ! D�gagez la route.
- Allez, d�p�chez-vous ! - Oui, sergent !
Ne me r�pondez pas, d�gagez plut�t la route.
- On doit filer. - Qu'y a-t-il ?
Qui m'a coll� des idiots pareils ? Pr�parez-vous.
Gardez le rythme. On se d�p�che, il faut y aller.
- Remettons la barri�re. - Pas tout de suite.
Il a dit qu'il y en avait d'autres.
On devrait rejoindre nos postes.
Je monte la garde.
Que se passe-t-il ?
Il n'y a rien � faire, la moto est morte.
- Il va falloir marcher. - Merde !
Prenez les v�tements. On s'en va.
Vite, il faut partir.
Regarde-le, il porte.
Attention !
Les salauds !
Prenez vos fusils. Le prochain a int�r�t � nous prendre.
Barrez la route.
Jetez-la dans la rivi�re.
Bien, commandant.
Laissez les v�tements, on n'en a plus besoin !
D�p�chez-vous. Il faut partir !
Que faites-vous ? Poussez-vous de l� !
Laissez-nous monter.
Qu'attendez-vous pour d�marrer ?
Tu es sur ma jambe.
Pourquoi on ne repart pas ?
Je n'en sais rien.
Pourquoi nous avez-vous arr�t�s sur le pont ?
D�p�chez-vous !
Ne vous �nervez pas, c'est de votre faute.
Le jour se l�ve. On devrait d�j� �tre loin.
Regarde,
un gamin !
Petit, prends du chocolat avant de finir dans une bo�te.
D�marrez.
Comment �a "dans une bo�te" ?
Il voulait juste te donner une bo�te.
Estime-toi heureux.
Il portait la Croix de fer.
Il s'est enfui ?
Il �tait press�.
Ces salauds d�guerpissent.
On devrait les abattre !
Il y a quelqu'un entre nous et les Am�ricains ?
- Tu veux rentrer ? - Absolument pas.
- C'est la meilleure chose � faire. - Quoi ?
- Rentrer chez nous. - Tu es fou ?
Que dis-tu ?
Nous sommes soldats et avons des ordres.
Ce pont ne changera pas l'issue de la guerre.
D�fendre ce pont, c'est d�fendre l'Allemagne.
Qui veut rendre
son arme et rentrer chez lui ?
- Toi ? - Pourquoi moi ?
Vous deux ?
Je reste ici.
- Et toi ? - Et vous laisser seuls ?
- Toi ? - Je ne suis pas un l�che.
Et toi, tu es l�che ?
Je reste.
Bien. Tout le monde en position.
Je vais l�-bas avec mon bazooka.
Attention ! L�, un avion. Alerte a�rienne.
Il est � des kilom�tres.
Il ne faudrait pas qu'il approche.
Regardez-moi �a !
Aplati comme une feuille.
Tu vas rester par terre ?
Tu fais dans ta culotte ?
Un grand gar�on comme toi !
- Tu es une cible. - Il a la trouille.
Que va-t-on dire � ta m�re ?
Tu salis tes habits.
Attention, il revient !
Couchez-vous !
Couchez-vous !
Viens, l�ve-toi.
L�ve-toi. Debout, Sigi.
Par ici ! Merde !
Les salauds ! Par ici !
Notre Sigi. Par ici !
Venez ! Merde !
Qu'y a-t-il ?
Les salauds !
Que fait-on ?
Il faut pr�venir sa m�re.
Pourquoi Sigi ?
Ils vont le payer.
Allez, aidez-moi.
C'est quoi ?
Un blind�.
Venez.
Barrez la route.
Putain, les blind�s arrivent.
Il faut faire demi-tour.
On dynamitera le pont derri�re eux.
Dans la cave, vite.
Walter l'a fait sauter.
- G�nial ! - Vas-y, tire !
Munitions.
Merde, c'est enray�. D�p�che !
Walter est cingl�.
Couvre-le.
�a va pas ? A couvert !
C'est pas vrai ! Il y a des claques qui se perdent.
Ces idiots ne les laissent pas franchir le pont.
On aurait d�j� dynamit� le pont.
Que se passe-t-il ?
Rien, quelques feux d'artifice, c'est tout.
Mon fils est soldat, lui aussi.
Il a �t� mobilis� hier. Vous croyez qu'il est au front ?
Hier ?
Il n'est pas entra�n�. Que ferait-il au front ?
A terre !
Celui-l� �tait bien tir� !
Tu t'es fait dessus ?
Je veux que �a se termine.
Tu n'es fort que devant les filles ?
Je veux m'en aller, je veux rentrer � la maison.
Reprends-toi ! Tu veux te faire tuer ?
J�rgen !
- J�rgen ! - Tais-toi !
Que fais-tu ? Tu es fou ?
C'est plein d'Am�ricains.
Il y a des enfants ici. Va-t'en ou je crie.
Tu as perdu la raison ? Ne tire pas !
Imb�cile !
Que fous-tu dans cette guerre ?
- Il y en a un autre. - Tu tires ?
Arr�tez ! Ne tirez plus. Rendez-vous !
Que dit-il ?
On ne tue pas de m�mes.
Rentrez chez vous. Retournez � la maternelle.
On ne tire pas sur les enfants.
A la maternelle ? Je vais lui montrer.
Karl, tire. Tue-le, Karl.
Karl, tue-le, tire !
Je ne voulais pas te frapper, Karl.
C'�tait � cause de Franziska.
Frappe-moi, Karl !
Je ne voulais pas te frapper. C'est vrai.
Au secours, au secours !
Couvre-moi. Il perd la boule.
Baisse-toi !
- Je l'ai tu�. - Tu es fou.
Je l'ai tu�, Hans.
Je ne voulais pas faire �a.
Viens, Karl.
Putain, Klaus !
Je l'ai tu�. Je l'ai battu � mort.
Je l'ai tu�. Je l'ai battu � mort.
Je l'ai tu�. Laisse-moi tranquille !
Sois raisonnable ! Reste ici.
Ils sont partis.
Albert !
Rien de grave.
Enl�ve ta veste. Je te fais un bandage.
Je vais t'aider.
Ils attendent les renforts.
Tu crois ?
Viens.
Il faut partir.
Walter !
Les explosifs et la m�che.
Pose les charges ici.
Prenez-en d'autres, les piliers sont en b�ton.
Compris.
Que faites-vous ?
On le fait sauter.
H�ros � la noix. Vous avez mis un beau merdier.
Combien y sont pass�s ?
Vous vouliez votre m�daille, c'est �a ?
Eh bien,
allez f�ter �a chez maman,
grands h�ros !
C'est faux, c'est faux !
Bande de demeur�s !
Taisez-vous, taisez-vous !
Fermez-la !
C'est faux !
Foutez le camp !
Du calme, mon gar�on.
Range �a.
Pas d'histoires, j'ai des ordres.
Allez, descendez du pont, sinon.
Il fallait que je le fasse, il le fallait !
Salauds ! Bande de criminels !
D�gagez !
Partez, foutez le camp !
D�gagez ! Partez !
Hans !
Hans, mon ami.
Qu'as-tu, mon ami ?
Viens avec moi, rentrons � la maison.
Viens, Hans.
S'il te pla�t, rentre avec moi.
Ces faits eurent lieu le 27 avril 1945.
Ils furent jug�s si insignifiants
qu'ils ne figurent dans aucun rapport.
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