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Américain.
Je parle aussi américain.
Que voulez-vous ?
Vous souhaiter longue vie. Et parler affaires.
La durée de la vie d'un homme dépend de ses affaires.
Ma proposition augmentera votre richesse.
J'y crois avec ferveur.
Allah appréciera votre ferveur.
J'écouterai votre proposition.
J'achète la récolte.
Quelle récolte ?
La récolte d'opium que vous vendez chaque année
aux étrangers venus d'outremer.
Mais vous savez que la culture du pavot et la production d'opium
sont illicites dans ce pays.
Cela ne devient illicite que quand on est découvert.
Comment savoir que vous n'êtes pas de la gendarmerie iranienne ?
Regardez.
Vous voyez des hommes armés ?
Que pourraient faire six étrangers parmi toutes ces tribus ?
Ceux avec lesquels nous faisons affaire
arriveront demain.
On les connaît depuis des années. Je ne peux pas rompre nos liens.
A moins...
- A moins... - Combien ?
340 g d'or pur le kilo.
Ils vous abusent.
Je vous offre 450 g
d'or pur par kilo d'opium.
La vraie valeur.
Bande de voleurs ! En abusant de moi, ils ont rompu nos liens.
Vous avez dit...
450 ?
Benson au convoi... Surveillez les montagnes.
Ici camion 1. D'accord, M. Benson...
On ouvre l'oeil.
J'ai parlé avec tous les parrains, d'ici à la Sicile.
Aucun dissident parmi nous.
- Jusque-là. - Seul un fou a pu faire ça.
On ne sait pas encore qui c'est.
Ils ont acheté avant que mes gars arrivent.
On les a traqués, on a attaqué. On en a pris un vivant.
Un Américain.
- Un certain Benson. - Et la cargaison ?
Elle a disparu ?
Comme il a dit.
Elle a été piégée. Et détruite.
Je sais ce que vous pensez.
Mais c'est injustifié.
On a gardé l'or.
- Reprenez votre mise. - Non, Markos.
On a donné un million pour une tonne de brut.
Comme j'ai dit... Chacun récupérera son million.
Laisse-moi terminer. Ne le prends pas mal.
J'écoute.
Une tonne de brut donne 90 kg de blanche. Ca vaut 10 millions.
Continue.
Tu t'es engagé avec nous. On s'est engagés avec d'autres.
J'ai des dates. New York, San Francisco.
Carlo et Dino ont des dates aussi.
Naples, Londres, Marseille.
On doit livrer, alors tu dois livrer.
Un remboursement ne suffirait pas.
Livre comme prévu ou rembourse dix fois plus.
Il va récupérer une autre récolte dans deux semaines.
Vous maintenez votre investissement ?
On reste.
Mais Markos...
Cette fois, arrive le premier.
- Mon ami... - Bonjour, Sam.
C'est vous, Jones ?
Je représente l'Iran à l'ONU.
J'arrive de Genève.
- Voici le colonel Salem. - Coley Jones, USA.
- Enchanté. - Il a été détaché ici.
Le Dr Bronovska, de l'ONU.
On y va ?
Vos bagages vous seront livrés.
Vous avez l'air d'y croire.
Vous pouvez y croire aussi.
J'ai donné l'ordre de livrer vos bagages.
Je vous ai tout dit, M. Jones.
Comme vous, M. Benson travaillait pour le bureau antidrogue de l'ONU.
Depuis qu'on a interdit la culture du pavot en 1955,
on saisit de grandes quantités d'opium à nos frontières.
Mais une bonne partie arrive aux USA.
D'où ma présence. Les champs de pavot sont nombreux.
Malheureusement. Ils sont exploités par nos tribus
dans des zones reculées, derrière nos frontières.
Le pavot pousse vite. Il faudrait une armée.
Et Benson... Comment c'est arrivé ?
En accord avec l'ONU, on l'a envoyé acheter de l'opium à une tribu.
Pas pour arrêter un fournisseur,
mais pour affoler les trafiquants et infiltrer leur organisation.
L'opium a été détruit... Benson a été capturé vivant ?
Et on l'a retrouvé mort, dans le lac salé d'Asvahan.
Les ongles arrachés, les poumons à moitié pleins d'eau.
De l'eau fraîche, pas salée.
- On peut le voir à la morgue ? - Bien sûr.
En tout cas, nos ennemis n'ont pas eu l'opium.
Ils en ont besoin. La prochaine fois, soyons prêts.
Nous avons besoin de vous.
On laissera les trafiquants acheter de l'opium.
On va piéger leur stock pour vous permettre de l'identifier
quand il sortira de ma zone.
Vous pourrez remonter la filière.
- Jusqu'au sommet. - Volontiers, mais comment ?
Dr Bronovska... Vous leur expliquez ?
Il est possible d'imprégner la cargaison d'opium
avec un élément radioactif.
Ainsi, on peut en repérer la plus petite quantité
avec un compteur Geiger.
Très bien. Mais comment introduire l'élément radioactif dans l'opium
avant son transport ?
On a trouvé une solution.
Mais le général Bahar hésitera à soutenir
cette opération.
- L'ONU pourrait aider ? - Non.
Je lui parlerai.
Très bien.
En attendant, installez-vous à l'hôtel.
- Voyez le Dr Bronovska demain. - Avec plaisir.
Apprenez à utiliser un compteur Geiger.
Pourquoi demain ? Pourquoi pas voir ça ce soir ?
Ou maintenant.
Soyez attentifs. Ce n'est pas difficile.
Les compteurs Geiger peuvent être camouflés.
Par exemple, comme celui-là.
Pas très puissant, mais plutôt discret.
Le paquet de cigares, taille moyenne...
Idéal pour vous.
Vous voyez...
Transistorisé. Signal visuel et sonore.
Personne ne le remarquera.
J'ai rendu cette cigarette radioactive.
Bon... Approchez le paquet.
Ecoutez.
Je suis content d'avoir arrêté de fumer.
- Elle a l'air américaine. - Très séduisante.
Pauvre Mme Benson.
- Benson ? - La veuve de l'agent assassiné.
Arrivée ce matin de New York.
Je ne voyais pas Benson marié. C'est bizarre.
- Elle a identifié le corps ? - Ce qu'il en reste.
Sam...
Vous pouvez envoyer ce télégramme ?
- Bien sûr. Directement ? - Oui.
Excusez-moi, c'est un B. Brodkin.
La terrasse.
- Quand ? - Tout de suite.
Merci beaucoup.
Honnête, fiable, gentille.
- Blanche comme neige. - Quoi ?
Fouillons sa chambre. Elle est bidon.
- Je la retiens au bar. - Non, moi.
Pourquoi toi ?
Je plais aux femmes. Et c'est mon tour.
Attends ! On va voir.
Pierre, papier, ciseaux.
Les ciseaux coupent le papier. Tu gagnes.
J'accepte cette mission périlleuse.
Si elle revient, téléphone dans sa chambre.
Je m'occupe d'elle. Tu pourras y passer la nuit.
Suivez cet ascenseur.
Pierre, papier, ciseaux.
La pierre casse les ciseaux.
J'ai gagné, non ?
Deux autres, s'il vous plaît.
Vous apprenez vite.
J'ai de la chance aux cartes.
Comme à tout le reste.
Allez...
J'aime bien ce jeu chinois. On mise pareil ?
Vous avez mieux ?
Les tireurs de pousse-pousse qui vont ont initié misaient quoi ?
Leur paye, leur femme, leur famille...
Jouons encore nos verres. Prêt ?
Pierre, papier, ciseaux.
- Pierre ! - Dans le papier.
Je suis bonne élève ?
Deux autres, s'il vous plaît.
Je crois vous avoir vue à Hong Kong tirant un pousse-pousse...
Mains sur la tête.
Descendez de là et restez près du mur.
Rentrez.
Tournez-vous.
Penchez-vous et appuyez vos mains sur le mur.
Pieds en arrière.
C'est bien.
Laissez-moi...
Amateur !
Toutes les veuves sont armées ?
C'est parfois dangereux pour le mari.
Le standard ?
Envoyez la police. J'ai coincé un voyeur.
Je ne suis pas un voyeur.
Debout.
Dans ce cas, vous êtes quoi ?
Que faisiez-vous ici ?
Je me suis perdu.
Laissez-moi téléphoner.
C'est un voyeur, il paraît. Un voyeur...
Vous devriez avoir honte !
Qu'il essaie un peu de me voir toute nue !
Je vous comprends, madame.
Il salit la réputation des Américains.
Traître !
Tu dois arrêter de faire ça. Sois raisonnable...
Pourquoi tu as tardé à téléphoner ?
Elle voulait se laver les mains.
Personne ne se déshabille pour ça.
A part son corps, qui doit faire de l'effet,
- qu'as-tu vu dans sa chambre ? - Ses papiers, son passeport.
Linda Benson, Washington D.C.
Mais ce n'est pas la veuve.
Elle m'a fouillé comme une pro.
Une pro en quoi ?
On va le savoir. Taxi !
Etonnant. "Taxi" se dit "taxi", en persan.
- Mme Benson... - Elle a quitté l'hôtel.
Pas de quoi être surpris.
- Quand ? - Il y a dix minutes.
- Sans laisser d'adresse. - Non.
Elle a pris quel vol ?
Le dernier est parti il y a deux heures.
- Elle avait une voiture ? - Pas une des nôtres.
Elle avait bien un véhicule.
Elle a pu prendre le chameau de minuit.
- Très drôle. - Ou un pousse-pousse.
Arrête de blaguer. Appelle Washington.
Demande un signalement de la veuve de Benson.
Tu n'as pas l'air bien.
La veuve a emporté mon flingue.
Bonjour.
M. Jones, je suis l'assistante du colonel Salem.
Il vous attend dans la salle de réunion avec le général Bahar.
- C'est pour vous. - Merci.
Washington... Benson n'a jamais été marié.
Qui est-elle ?
- Colonel... - Bonjour.
M. Lincoln a été détaché ici.
Bureau antidrogue, Trésor américain. Général Bahar.
- Bienvenue à Téhéran, messieurs. - Merci, général.
Le colonel Salem m'a dit que d'ici quatre jours
les tribus se rassembleront à nouveau
près de la frontière.
Notamment la tribu qui vend de l'opium
- aux trafiquants. - Une nouvelle récolte ?
Le colonel Salem en est persuadé.
Bonjour, général.
Mes informateurs l'affirment. Je veux m'emparer de l'opium
et l'imprégner de matière radioactive.
Continuez.
On laisse les trafiquants arriver, acheter
et repartir.
Ils ont le choix entre trois itinéraires.
Correct, colonel ?
On placera des compteurs Geiger pour contrôler le passage
sur ces trois itinéraires et connaître l'avancée du convoi.
Si l'opium quitte notre zone, on saura où et comment.
A vous de suivre la cargaison jusqu'à l'acheteur.
On espère remonter à la tête de l'organisation.
Une fois que l'opium aura été imprégné,
il sera facile à repérer.
Il devrait être repérable. On l'espère.
Vous avez besoin de combien d'hommes ?
Des soldats de montagne. Une centaine.
Vous savez qu'environ 5 000 Afghans
seront éparpillés dans cette zone. Si un coup de feu est tiré
au cours de votre opération...
Un seul coup de feu
et vous savez comment vous finirez tous.
On a déjà perdu des hommes dans une opération du même genre.
Vous êtes un officier courageux,
mais vous risquerez la vie de cent soldats...
Pour sauver des milliers de gens.
Je sais que cette opération est justifiée,
mais elle implique la participation de notre gendarmerie.
Et un seul homme peut décider si un éventuel succès
mérite de prendre ce risque.
Sortez vos armes !
Je suis Galam Khan.
Je suis Hussein Han.
En route vers l'est ?
Vers les montagnes.
Le soleil dans le dos.
Nous allons au nord vers la rivière.
Vous avez un long chemin à faire.
Pour aller plus vite,
les femmes et le bétail nous ont précédés.
Avez-vous besoin de ravitaillement ?
Nous en avons assez.
Je vois que Dieu vous a favorisés.
Dieu est bon avec les dévots et les méritants.
Puisse-t-Il te favoriser, toi et ton peuple,
et t'accorder longue vie.
Si vivre longtemps
est ton désir.
Si c'est la volonté de Dieu.
La volonté de Dieu... Oui.
Rassemblez-vous.
Ecoutez mes instructions.
Pour le camp ennemi, prenez la référence sur la carte.
9-1-0, 9-4-6.
Là-haut derrière ces montagnes.
Leurs gardes surveillent de l'autre côté.
Ils n'imaginent pas être attaqués de ce côté.
C'est ce qu'on va faire.
Ce sera dur.
Il faut s'emparer du camp dans un silence total.
Si un coup de feu est tiré, on sera dépassés.
Et tués, pour la plupart.
Et maintenant,
je vais vous dire ce qui va se passer.
Quand les trafiquants arriveront, soyez naturels.
Je serai près de vous constamment.
Si l'un de vous tente d'alerter les trafiquants, il sera abattu.
Il serait sage de me croire.
Croire ? Le prophète a dit de croire seulement la vérité.
Cinquante fusils sont cinquante vérités.
C'est assez, le liquide radioactif va pénétrer.
Sois prudent. N'en mets pas sur ta peau.
- Prêt pour l'élément radioactif ? - Non.
- Colonel ! - Quoi ?
Ils arrivent, je crois.
Préviens le colonel Salem.
Tout le monde en place. Vite !
Signez le reçu, Sali Rahman Khan. Pour l'or.
Pour l'or...
Que Dieu vous donne longue vie.
Puisse-t-Il vous entendre.
Lui, au moins.
La paix soit avec vous.
Vous serez emmenés au poste de gendarmerie.
Je connais cet endroit. J'ai plein d'enfants, là-bas.
Des petites filles.
Et l'or ?
Il sera donné à un centre de désintoxication.
Tant de travail...
- Tant de travail... - Tu reçois un signal ?
Très fort. Ca devrait marcher.
Je n'ai jamais vu ça.
Ca fait quoi, à part des sons étranges ?
Tout comme le saule trouve l'eau,
- ça détecte le mal. - Y en a pas dans l'opium.
Il y en a dans l'homme.
Ici Abel, message pour le général Bahar.
Mission accomplie.
Convoi des trafiquants : deux camions, un 4x4 vert.
Cinq gardes armés de fusils mitrailleurs.
Partis du camp ennemi à 14 h ce jour.
Direction initiale : sud-est. A vous.
Contrôle à Abel.
Restez sur place jusqu'à l'arrivée des soldats
qui emmèneront la tribu au poste.
- Confirmez. A vous. - Message reçu.
Un dernier message : bien joué.
- Terminé. - Contrôle...
Message reçu et très apprécié.
La balle est dans votre camp. Bonne chance. Terminé.
Le signal est bon ?
Toujours aussi fort.
Allô, Geiger 1. Geiger 2.
Ici le général Bahar.
Le convoi roule direction sud-est.
Envoyez un rapport
toutes les 15 minutes, positif ou négatif.
Allô. Contrôle Geiger, poste 1.
Le convoi passe devant nous.
Relevé Geiger :
- maximum. Je répète : maximum. - Ici Geiger 2.
Convoi d'opium sous observation.
Un 4x4,
deux camions. Relevé Geiger au maximum.
Compteur Geiger : maximum.
Contrôle Geiger, poste 3.
Signal Geiger très puissant.
- Force estimée à 9. - Ici Geiger 4.
Le convoi change de direction. Vers le sud.
Contrôle Geiger, poste 10.
Le convoi d'opium n'est plus visible.
Relevé Geiger négatif.
Je répète : négatif.
Geiger 11. Ici Geiger 11.
Rapport négatif.
C'était impossible de les perdre. Ils roulaient en direction du sud.
Brusquement et sans raison, ils bifurquent sud-ouest.
Et depuis : négatif.
Négatif.
Comment ? C'est impossible. Ils sont forcément là.
Ils ne se méfient pas. Ca ne rime à rien.
Non, à rien. A rien du tout.
Ordonnez à toutes les patrouilles d'intervenir immédiatement
et d'arrêter le convoi des trafiquants.
Patrouille de contrôle DZA.
Les camions
sont vides.
Mais on a sept prisonniers.
Ils nous ont bernés.
Ridiculisés !
Mais on a sept prisonniers.
On les fera parler.
Vous savez bien que ça ne servirait à rien.
Je vous suggère de contacter votre quartier général.
Je dois informer Sa Majesté Impériale
que nous avons échoué.
Il ne quittera pas la réunion. Aucune chance.
Alors son assistant. Appelez-le.
Il est à la réunion aussi.
Appelez quelqu'un d'autre. N'importe qui.
M. Lincoln, essayez de comprendre que c'est impossible.
Quoi ? Il a quitté la réunion ?
Le directeur général... va vous recevoir.
Non, vous demandez l'impossible.
Je ne peux pas empêcher le docteur Rad de lire son rapport.
C'est déjà à l'ordre du jour.
- A quoi bon informer l'ONU ? - Le docteur Rad
représente ce pays.
Il se sent concerné quand on laisse entrer en Iran 1 000 kg d'opium.
Soyez réalistes.
Doit-il révéler qu'un élément radioactif a été ajouté ?
Non sans mal !
On espère encore retrouver leur trace.
Dix jours après ? Ecoutez...
On est tous aussi déçus que vous,
mais je ne peux rien faire de plus.
Sauf faire venir le docteur Rad et nous laisser lui parler.
Que risquez-vous ?
Je vais vous dire...
Mme Lindsay, venez.
Si le docteur Rad essaie de me faire virer,
je serai obligé de...
Passez un message au docteur Rad, s'il n'est pas au micro.
Dites-lui que deux fous veulent lui parler.
Donnez-lui leurs noms.
Pour que j'aie l'air moins stupide, confirmez que je vous crois fous.
Allons-y.
Docteur Rad, merci ! On sera rapides.
Vous avez déjà parlé ?
Je suis le prochain, mais...
- On demande l'impossible... - Je crois savoir quoi.
Si vous révélez que l'opium est radioactif, on est fichus.
Les efforts des Iraniens seraient réduits à néant.
Messieurs !
- S'il vous plaît ! - On aura essayé.
Difficile d'en placer une.
Mes amis ! J'ai quelque chose à vous dire.
On gagnera du temps si vous m'écoutez.
Ce télégramme vient du colonel Salem.
Interpol a saisi à Naples un stock de 150 kg d'opium.
Messieurs !
Vous ne voulez pas savoir s'il est radioactif ?
Il l'est.
- Bon voyage ? - Oui.
Ca va ?
Venez.
Vous êtes tombé par hasard sur ce stock radioactif ?
Une fois par mois, on contrôle les bars louches.
On embarque quelques personnes.
La fille qui a parlé est toxicomane ?
Evidemment. On l'a arrêtée un samedi soir.
Le lundi, elle était prête à tout pour avoir sa dose.
- Du coup... - Elle a parlé.
Elle a donné son fournisseur ?
Biaggio. Salvatore Biaggio, fabricant de spaghettis.
C'est une... Comment vous dites ?
- Une couverture. - Oui, voilà.
Mosca dirige la brigade antidrogue.
Il a interrogé Biaggio pendant deux jours.
Il a obtenu quoi ?
Rien. Mais donnez-moi du temps.
Qui sait ?
Non merci, j'ai arrêté récemment.
- Je me calme avec ça. - Je sais, ça aide.
Je viens d'arrêter, je vous comprends.
Comment l'opium est arrivé ici ?
Par bateau, bien sûr.
Naples est le port d'exportation pour l'Amérique du Nord.
Marseille et Nice fournissent toute l'Europe.
Presque tout l'opium du Moyen-orient
est raffiné ici et arrive en Amérique.
L'opium brut arrive par bateau et la cocaïne s'en va par avion ?
Oui, probablement. Le poids est réduit à 10 %.
La drogue de la fille était récente ?
Fraîche. Deux ou trois jours.
On doit parler à Biaggio. Vous voulez bien ?
Oui, je veux bien. Venez.
Les prisonniers sont à l'hôpital ?
- Il n'y a pas assez de place. - Allons voir.
Joli, hein ? C'est pareil en Amérique ?
On a plus de 60 000 toxicomanes à New York. Et ça s'aggrave.
Où est Biaggio ?
A l'isolement, pour pouvoir réfléchir.
Allez, Biaggio,
lève-toi.
Fini.
Il a souffert.
Il a été tué par sa came. Ou par le manque.
Etranglé.
La loi de la Mafia.
L'omerta, ils disent.
En tout cas, ça marche.
Oui, ça marche.
Spaghettis Biaggio.
Tu dois maigrir, ne reste pas là.
Opium. 30 kg.
Alors il ne reste plus que 3 250 kg à récupérer.
Il nous faut un échantillon.
D'accord.
Sam, attrape.
Dites-moi... Que savez-vous sur Biaggio ?
Rien. Jamais condamné, jamais arrêté.
Du marché noir, peut-être. C'est tout.
Aucun lien avec un fournisseur ?
Non. Pas encore.
On a l'opium radioactif, envoyé d'Iran par bateau.
Et l'héroïne de la fille est récente.
On approche du but.
Vous pouvez savoir quels bateaux sont arrivés
- ces derniers jours ? - Bien sûr.
Coley !
Anhydride acétique...
Devine d'où ça vient ?
Comme par hasard...
Happy Locarno.
Même des flics.
Il n'y a pas mieux que l'Amérique.
Sauf l'Italie ! Asseyez-vous.
- M. Locarno, à vrai dire... - Appelez-moi Happy.
Si vous avez besoin d'aide, demandez à Happy Locarno.
- Même devant mademoiselle... - Virgia ?
Pas de problème.
Parlez librement. Elle bosse pour mon laboratoire.
Pas vrai ?
Elle confirme. Allez, messieurs, parlons affaires.
Dites-moi... Que voulez-vous savoir ?
M. Locarno... Vous fabriquez quels produits ?
Vous avez un mal de tête ? Servez-vous. De l'aspirine.
Faite maison.
La meilleure.
De l'aspirine...
- Quoi d'autre ? - Des laxatifs.
Vous en voulez ?
Et encore ?
Du dentifrice,
des crèmes... De toutes sortes.
Crème à raser, crème solaire, antiride.
Gouttes pour les yeux, le nez... Vitamines.
A, B, C
et D.
Poudres. Tout ça !
Et de l'anhydride acétique ?
Que reprochez vous à l'anhydride acétique ?
De transformer l'opium en héroïne.
J'en vends aux producteurs de vinaigre.
Quoi d'illégal là-dedans ? C'est réglo.
Ca rend service à la communauté.
Je suis utile à la communauté.
Ce serait encore mieux en musique.
Vous connaissez un certain Biaggio ?
Salvatore Biaggio, fabricant de spaghettis.
Il avait 40 boîtes d'anhydride acétique.
Je ne vends pas à un homme !
Je vends à des grossistes. Dans toute l'Italie.
Et je ne vends pas 40 boîtes, j'en vends 40 000.
Je suis réglo.
Parfaitement réglo.
Ecoutez-moi...
Dans ma vie, j'ai accumulé assez de soucis
pour pourrir 50 vies !
J'ai été kidnappé, blessé, poignardé,
arrêté. Tabassé par des flics,
jeté au cachot.
J'ai été expulsé de mon pays.
Jeté dans un avion avec deux flics de New York.
Livré à deux flics de Naples. Ils m'ont mis
des menottes italiennes.
Je ne veux plus vivre ça.
Je ne veux plus !
Mes poignets ont gardé les marques dix ans.
Elles ne reviendront pas !
Pas d'appels ici. Pensez à ma réputation.
Combien de bateaux ?
Deux bateaux sont encore là.
Parfait.
- Mais ils partent ce soir. - Ce soir ?
Il faut les fouiller avant.
Vous pouvez les bloquer ?
- Je ne sais pas. - J'appelle Genève.
Votre ambassadeur peut intervenir.
5 heures de décalage horaire.
Alors, besoin d'aide ?
Oui, M. Locarno.
On a besoin d'aide.
- Vous avez une idée ? - Et vous ?
D'abord... Je retire mes lunettes si vous retirez les vôtres.
Il me plaît, ce gars-là ! Continuez.
Si on acceptait votre aide, on devrait faire quoi ?
Vous ? Rien du tout.
Laissez faire Happy Locarno.
Les bateaux doivent rester jusqu'à demain ?
C'est bien ça ?
Rien d'illégal.
Un policier restera toujours un policier.
Vous n'avez pas entendu ? Je suis réglo.
Plus jamais de marques aux poignets.
Allons-y.
Excuse-moi de te bousculer.
- Le devoir m'appelle. - Tu ne réponds jamais.
Dépêche-toi. Merci, M. Locarno.
Que faites-vous dans la société de M. Locarno ?
Virgia ? Elle ne parle pas anglais.
Elle a un éternel... mal de tête.
Elle teste l'aspirine.
Vous avez dû voir la publicité.
Quelle artiste !
Ma Virgia.
Les bateaux sont immobilisés ?
Je vais à la capitainerie.
- Coley ! - Pas maintenant.
Allons au night-club ce soir. 23 h ?
- Pour voir la fille ? - Notre seule piste.
Vous allez être surpris par son spectacle.
23 h.
- Une jolie fille ? - Trop tard.
Elle a pris un taxi.
C'était notre amie de Téhéran.
- La veuve qui aime les armes. - Dans ce taxi ?
- Oui. - Allons voir si...
Elle est peut-être cliente.
- On parie ? - Il faut essayer.
- On y va sans vous ? - Ce sera plus discret.
Je vous enverrai une carte postale.
Allons-y, Coley.
Une table pour deux.
Deux scotchs, s'il vous plaît. Des doubles.
Dinonnio avait raison. Drôle de métier.
J'espère que son indic va arriver. Ce n'est pas mon genre de bar.
Il n'y aura pas de descente.
Tu n'auras pas
à expliquer pourquoi tu dilapides l'argent public ici.
Très drôle.
Bois ça. Tu te sentiras mieux.
Ca va. Mais je me sens perdu et l'enquête n'avance pas.
Et ton ironie mordante ne va pas nous aider !
Coley... Mon ami...
Je préfère rire plutôt que pleurer.
J'ai un frère.
C'était un athlète de niveau olympique.
Oui, il était très bon.
Maintenant, c'est une loque humaine.
Ses bras sont noirs et bleus, couverts de plaies
à cause des aiguilles infectées.
Il se met à baver quand il a besoin de sa dose.
En fait,
il ressemble à tous les minables salauds
qui sont devenus accros à vie.
Je suis pas là pour l'argent.
Je gagnerais davantage comme dealer à Soho.
Ou dans un bar de Piccadilly.
On est tous les deux perdus.
Monsieur Lincoln-Jones ?
C'est nous deux.
- L'un de vous doit me suivre. - Un seul ?
Ne perdez pas de temps.
- Pierre, papier, ciseaux. - Non... Vas-y.
Tu es davantage concerné.
- Possible. - Envoie-moi une carte !
Dites bien à Dinonnio que j'ai...
Les toilettes pour hommes sont là.
N'oubliez pas.
Que faites-vous ici ?
J'ai frappé.
Très bien.
Mais qui vous envoie ?
Vous connaissez Salvatore Biaggio...
Vous en avez ?
Pas sur moi.
Fais-le partir.
Il est louche.
- Vous en avez sûrement ! - Il y a un problème.
On en aura aussi si tu ne le vires pas !
Tais-toi. Un problème avec Biaggio ?
Vous savez qu'il a été arrêté...
Oui... Je l'ai été aussi.
Mais ils m'ont libérée.
Pas Biaggio.
Vous en avez ?
Une cigarette. Tu m'en donnes une ?
Je te dis que c'est louche.
Il n'a pas le style de Biaggio. Sa chemise est trop propre.
Je prends ma douche. D'ici là, débarrasse-toi de lui.
C'est difficile de vous dire ça, mais...
je crois qu'on peut s'entraider.
Ca vaut le coup d'essayer.
L'aide que je veux tient dans un sachet blanc,
alors... Parlons de Biaggio.
Pourquoi il vous a envoyé ? Sans rien.
Je vous ai dit, il a des ennuis.
Je m'inquiète pour vous.
Et je m'inquiète pour lui. Il m'est utile.
Il est correct comparé aux autres...
A chaque arrivage, il me fait un prix correct...
Quels ennuis ?
Ca dépend de ce que vous trouvez correct.
Cet arrivage aurait été moins cher que celui...
d'il y a deux ou trois semaines.
Qui était de meilleure qualité.
Vous plaisantez ? Il fallait se transpercer le bras.
Et Biaggio ? C'est grave ?
Ses ennuis sont finis. Il est mort.
Excusez-moi, j'ignorais que vous étiez proches.
Proche ? Qui va me fournir, maintenant ?
Trouver un bon dealer prend des années !
Mais vous êtes qui ?
Je n'ai plus besoin de vous. Vous m'avez dit l'essentiel.
Votre arrivage est là depuis moins de deux semaines.
Je ne l'ai pas dit.
Police ?
Non. Mais je suis de leur côté.
Foutez le camp. Salaud !
Evitez de brûler vive.
Bien sûr, ce serait moins lent et douloureux que votre méthode.
Ecoutez, jeune fille...
Je sais de quoi je parle.
Vous êtes dans la mélasse.
Mais seulement jusqu'aux genoux.
Vous pouvez encore vous en sortir.
Sinon, on emmènera sur une civière ce qui restera de vous.
Vous êtes encore jeune et jolie.
Les traitements ne sont pas aussi affreux que vous imaginez.
Pourquoi pas essayer ?
Pourquoi pas me foutre la paix ?
Un dernier petit conseil...
Vos bras...
Ajoutez du fond de teint.
On voit les marques.
Alors ces chiens sont toxicos ?
Ils ont de l'opium chaque jour. En petites doses.
Rien pour le chien de service. Pasco.
Il est sevré depuis 24 heures.
Il est impatient de nous aider.
Il agite la queue. Amicalement, j'espère...
Il est de notre côté. C'est nocif ?
Non, c'est strictement contrôlé.
Si les alcooliques buvaient un verre par jour...
Il n'y en aurait plus. Je vois.
Un chien peut sauver des milliers de vies.
Biaggio est mort, la catcheuse aussi...
Pasco est notre dernier espoir.
C'est bien, Pasco. Tu vas nous aider.
Vous voulez retourner au premier bateau ?
On doit fouiller celui-là. Si le chien est prêt, moi aussi.
- Quoi, encore ? - Regarde.
Sacré bateau.
Trop cher, Sam. Viens.
Vous savez à qui il est ?
A un millionnaire comme Onassis ou Getty.
Ca dépend de qui est en ville.
Tes cigares Geiger s'agitent ?
Pas un bruit.
Dans les hôtels, on doit montrer son passeport ?
Oui. Le concierge aurait des ennuis, sinon.
- Pourquoi ? - On s'intéresse à Linda Benson.
- Je devine... - Elle t'intéresse aussi, Coley.
C'est vrai. Elle m'intéresse beaucoup.
A titre professionnel. Elle a un pistolet. Le mien.
Je vais vérifier.
Elle peut venir de Capri ou Ischia. Si elle ressemble à...
Ramène-le au chenil. Préviens Mosca.
Venez !
Je t'ai dit de ne pas me déranger.
Des ennuis.
Police.
Quel honneur !
Capitaine Vanderbilt. A votre service, messieurs.
Je peux vous aider ? Un petit verre ?
Non. On veut inspecter le bateau.
Bien sûr, vous pouvez refuser.
On reviendra avec un mandat.
Inutile, je n'ai rien à cacher.
Pas de contrebande sur mon navire.
Vous cherchez quoi ?
De l'opium.
- De l'opium ? Sale histoire. - Comme j'ai dit,
on voudrait inspecter.
Allez-y, mais on ne pourra pas vous aider.
On a eu un pépin, cet après-midi.
La chaudière a explosé.
- Quelle aspirine ! - On ne fouillera même pas.
Vraiment ? Alors comment comptez-vous trouver de l'opium ?
Ca ira.
Bonne chance.
Emmène ces messieurs où ils veulent.
Venez.
Je vous préviens,
c'est du temps perdu.
On verra.
Sam...
La came a été emportée.
Comment le prouver ?
Ce Pasco est un sacré chien !
On peut voir le manifeste ?
Non. Laissez ça à Mosca.
Je l'ai fait prévenir.
Votre première escale après Bombay
- était Port-Saïd... - Oui, exact.
Où vous avez chargé 1 100 balles de coton pour l'entreprise Tito.
C'est correct.
Et votre prochaine escale est Marseille.
C'est là qu'on nous paye.
Pourquoi Naples ? Rien ne l'imposait.
Inspecteur...
Vous êtes très soupçonneux.
Je vous l'ai dit, on a accosté ici
à cause de la chaudière !
Mais elle a explosé cet après-midi.
On le sentait venir depuis des semaines.
Vous savez ce que c'est, les vieux rafiots.
Non, je ne sais pas.
Vous avez déchargé quelque chose ?
Non. Rien du tout.
- Ce serait marqué ici. - A qui est ce navire ?
C'est marqué aussi. Noir sur blanc.
Voilà... Delovi, fret maritime.
Capitaine...
Qui possède Delovi ?
Les policiers sont des malins !
Vous ne le savez pas déjà ?
Si.
Delovi appartient à Abri Export, du port de Nice.
Ne me demandez pas qui possède ça. J'en sais rien !
C'est possible.
Merci, capitaine.
C'est tout.
Alors ? Vous avez trouvé de l'opium ?
- Non. - Pas encore.
Tant mieux. Cette cochonnerie me dégoûte !
Je vous jure ! Si je surprends un marin avec ça...
On ne soupçonne pas vos marins, capitaine.
Alors, Sam ? Qu'en penses-tu ?
C'est Abri Export à Nice ou Piemonte Inc. à Port-Saïd.
Alors, va à Port-Saïd. Je pars à Nice enquêter sur Abri.
- Pourquoi toi ? - D'accord...
Pierre, papier, ciseaux.
- Le papier gagne. - C'est truqué.
- Tu gagnes toujours ! - On a le secret ou on l'a pas.
Abri a été fondé en 1952.
Siège social à Marseille.
Agences à Athènes, Rome, Paris et Londres.
Président : Serge Markos.
Il est lié également à la Société de Banques Sud-Lyon.
Tout est réglo ?
Oui.
Il est au conseil d'administration de 200 compagnies étrangères.
A une ou deux près.
Basées à Tanger, au Lichtenstein, au Panama
- ou au Liberia. - Idéal, pour un armateur.
Pas le Lichtenstein, mais c'est un paradis fiscal.
Oui.
Où trouve-t-il du temps pour le polo, le cheval et les femmes ?
D'autres play-boys légendaires
sont des hommes d'affaires. C'est sûrement l'air de la France.
Oui, sûrement.
Quelle est l'activité d'Abri ?
Transport aérien et maritime.
Vous connaissez Markos ?
On a un arrangement.
Il évite le milieu policier, j'évite
la haute société.
Où le trouver ?
Soyez à Deauville, Nassau, Ascot ou Monte-Carlo au bon moment.
En ce moment, c'est Monte-Carlo.
Et maintenant, une dernière chanson...
Je vous assure, il faut me croire. Je dois partir.
Je repars en Amérique.
Ma dernière chanson...
Vous connaissez tous ces gens ?
Ceux qui méritent une photo.
- Par exemple Serge Markos ? - Oui, pourquoi ?
- Il est là ? - Bien sûr. Où irait-il ?
Là-bas.
Table 13.
- A côté de Sophia Banzo. - Qui c'est ?
La star italienne ! Vous ne connaissez personne ?
Je dois partir.
Qui c'est, à droite de Markos ?
Je ne sais pas. Personne d'important.
Je suis bête. Markos adore les gens importants.
- Vous êtes journaliste ? - Si on veut.
Prenez ma carte.
Je vends mes photos, mais très cher.
- La qualité se paye. - J'ai changé d'avis.
Je veux des photos. Des gros plans de ses invités.
- Détective privé ? - Non. Juste jaloux.
Vous êtes content de votre écurie ?
J'ai acheté de nombreux étalons.
Choisir les meilleurs
et prendre son temps. Voilà le secret.
Excusez-moi.
M. Lincoln... Quelle surprise !
- Je me disais la même chose. - Dansons.
Si vous insistez.
A quoi vous jouez, Mme Benson ?
Je ne suis plus Mme Benson. J'ai repris mon nom, Linda Gail.
Et vous n'avez plus d'alliance...
Tout passe, tout lasse.
Qui pouvez-vous bien être ?
Vous êtes très curieux.
A Téhéran, vous m'avez dit être représentant.
Ce n'était pas vrai.
Bien sûr que si !
En pièces détachées pour avions.
J'aimerais bien être présenté à votre petit ami.
Serge Markos n'est pas mon petit ami.
Je l'ai rencontré récemment à Ischia.
Donc tout près de Naples, avec Markos.
Et qu'est-ce qui vous amène à Monte-Carlo ?
Que de questions !
En fait, je suis venue sur son yacht.
Bien joué.
Je suis veuve. J'avais deux possibilités.
M'habiller en noir et pleurer
ou oublier et commencer une nouvelle vie.
Je tente cette solution.
Avec un certain succès.
Sinon, je mourrai.
Aidez-moi.
Comment ?
Ne me parlez pas de mon mari. Ca me fait du mal.
D'accord, Mlle Gail.
Merci.
On retourne à ma table ? Vous vouliez connaître Markos.
Oui. Effectivement.
J'ai rencontré un ami, M. Lincoln.
Lady O'Lewis... M. Martin... M. Markos...
Mme Banzo... M. Hunter
et Mme Duperré.
M. Lincoln est dans l'aviation.
Vous vendez quoi ?
Des pièces détachées. En rupture de stock.
Q'est-ce qui vous amène ?
L'espoir de vous rencontrer.
- Je voulais vous parler... - Affaires ?
- Oui. - Ca peut m'intéresser.
J'ai investi dans l'aéronautique. Surtout au Moyen-Orient.
Les pièces détachées...
Tu ne vas pas parler affaires, Serge ?
Non, ma chère. Je vais danser avec toi.
On parlera sur mon bateau,
- si ça ne vous dérange pas. - Pas du tout.
Vous n'êtes pas fatigué ?
Serge attendra l'aube pour parler affaires.
- Quand vous serez affaibli... - Parle pour toi.
Il semble courtois.
Attendez d'avoir traité avec lui.
C'est vrai
qu'il attend l'aube.
Serge m'a acheté ma propriété de Palm Beach
en dessous de sa valeur réelle.
Je ferai attention.
Il s'est servi de son charme.
M. Lincoln est insensible au charme.
Et c'est un vendeur expérimenté. Je sais qu'il sera prudent.
J'ai été formé à la dure, par des tireurs de pousse-pousse.
On arrivera à temps ? Je veux me changer avec l'aube.
On sera à Cannes dans une heure.
Vous ferez raccompagner M. Lincoln ?
Soyez tranquille.
Il est en bonnes mains.
Splendide yacht.
Je reviens.
Alors ? On a besoin de quoi d'autre ?
Des rotors et des pales pour nos hélicoptères S-55,
des postes de navigation et des radars,
et des moteurs bilatéraux.
Je n'ai pas les quantités. Je dois vérifier avec Paris.
Pouvez-vous fournir ces pièces
- rapidement ? - Je crois pouvoir.
Les prix dépendront de la quantité.
Bien sûr.
- Je veux la liste avant midi. - D'accord.
Installez-vous. Demandez ce que vous voulez.
J'espère que vous pouvez fournir.
Dites-le franchement.
Serge Markos est un client en or si vous le contentez.
Sinon, vous êtes mort.
Excusez-moi, je dois appeler Paris.
Si tard ? Ou si tôt ?
C'est comme ça, avec Markos.
Ne croyez pas les photos dans la presse.
Je cherche les toilettes.
C'est la radio, ici.
- Allez au bout du couloir. - Merci.
Non, il n'y a rien dans ce tiroir.
A part ma vie.
Servez-vous.
Votre vie ?
Mon journal.
Chaque soir, j'écris dedans...
tout ce qui ne m'est pas arrivé.
Je suis à court de choses qui ne m'arrivent pas.
Et que deviendrez-vous
quand vous fuirez cette vie où rien n'arrive ?
C'est très simple.
Je serai obligée de vivre l'autre vie.
Celle où il arrive des choses.
Et je mourrai.
Mais comment peut-on vivre une vie
où rien n'arrive ?
Pour moi, c'est facile.
Je suis l'épouse de Serge Markos.
Ce qui explique tout.
Croyez-moi...
Vous connaissez mon épouse, maintenant.
Tu devrais être au lit.
Je vais t'accompagner.
Mme Markos ne se sent pas bien.
Allez rejoindre les autres.
On devrait bientôt arriver à Cannes.
- Viens, chérie. - Bonne nuit, madame.
C'est la première fois que je rentre en yacht.
Pas la dernière. Une voiture vous attend.
Buvons un dernier verre.
Après vous.
On discutera demain. Vous serez à Monte-Carlo ?
On a beaucoup à discuter.
Je veux vous présenter quelqu'un.
Le voilà.
Il a eu les ongles arrachés
et on trouvera de l'eau fraîche dans ses poumons.
Docteur Pineau, M. Jones.
On a le rapport d'autopsie du sujet.
Le sujet avait un nom.
Sam Lincoln.
Le sujet avait 35-40 ans.
Taille : 1,78 m. Poids : 75 kg.
Santé générale : organes sains et pas de maladie.
Blessure superficielle à la tête côté gauche.
Choc avec un bout de bois ou une barque.
Dites-moi... L'eau dans ses poumons n'est pas salée ?
Je lis dans l'ordre.
Pas le temps. Lisez les points intéressants.
Analyse de sang : contient 3,2 g d'alcool.
Au-dessus du niveau d'intoxication.
Bizarre. Sam buvait peu.
C'est noir sur blanc.
Et le rapport de police ?
Il était soûl, il est tombé. Enquête en cours.
Heureusement.
Vous aviez un code ?
Je parle mal français. Conférence bleue, minuit vendredi ?
C'est aujourd'hui.
Ca ne veut rien dire.
Il est temps de parler à M. Markos.
Je devrais y aller seul.
Oui, il ne m'a jamais vu. C'est mieux.
- Bousculez-le. - D'accord. A plus tard.
Alors,
- vous nous avez tout dit ? - Je crois.
Mes marins ont peut-être d'autres éléments.
Oui, j'ai découvert quelque chose.
J'ai découvert
que tous les marins disent pareil.
Ils n'ont rien vu.
Vous essayez de me rendre nerveux.
Avez-vous de quoi être nerveux ?
Ce n'est pas ma nature.
Résumons... M. Lincoln allait bien à 4 h du matin
quand il a quitté votre yacht.
D'autres le disent.
Tous les témoins ont constaté...
qu'il avait bu.
- Non ? - C'est vrai.
L'autopsie a révélé un fort taux d'alcool.
Comme je le disais.
Il a pu être injecté
avec... une seringue.
Voilà comment mes invités boivent.
- Un verre ? - Non. Merci, monsieur.
Vous semblez n'avoir aucun vice, inspecteur.
J'en ai un seul, M. Markos.
Je suis très, très obstiné.
Pas question que je renonce !
Encore une fois.
Grande bleue, note bleue, heure bleue, flots bleus...
C'est un night-club à Cannes.
Train bleu, oiseau bleu, barbe bleue, cordon bleu,
fleur bleue, peur bleue...
Train bleu ! Pourquoi pas ?
A minuit, il part de Marseille.
Un lieu idéal pour se réunir.
- Je peux y être à temps ? - Je vais tout essayer !
Attends ici.
Où est Markos ?
- En réunion. - Donne-lui un message.
J'ai vu l'Américain. Le coéquipier de celui...
- qu'on a calmé. Dans le train. - Tu en es sûr ?
Je le serai bientôt.
Je vais refaire tout le train.
Entre.
Pourquoi on nous dérange ?
Tu peux finir ton chèque. Quoi ?
Le capitaine a vu l'autre Américain.
Entre.
C'est sûr ? Dans ce train ?
Vanderbilt l'a vu. Pas moi.
Markos... Le meurtre de Lincoln...
Ca ne nous concerne pas.
La place est prise ?
Je peux fumer ?
Vous avez pris un cachet...
Ce n'est rien.
Mal de tête.
La fumée vous gêne ?
La fumée ne me gêne pas. Pas du tout.
Merci.
Je vous en prie.
J'ai mal à la tête aussi. Je peux prendre...
Une aspirine ?
- Excusez-moi ! - Vous inquiétez pas. C'est rien.
Je suis maladroit.
Je suis confus. Je vous offre un verre ?
Non merci.
L'alcool ne me convient pas.
Vous voyagez seule ?
Seule ?
Oh non...
J'ai toujours Toutou.
Tu as l'air sympathique.
Il adore les compliments.
Il a l'air de comprendre.
Oh oui...
Toutou et moi, on se fait la conversation.
Il est très compréhensif.
Toute ma vie, j'ai cherché un chien compréhensif.
On pourrait s'écrire. Toutou vit où ?
- Dans mon esprit. - J'écrirai à Toutou,
c/o l'esprit de madame...
Non.
Parce que je vis aussi dans l'esprit...
d'un autre.
L'esprit de qui ?
On n'a pas de M. Markos, selon mon collègue.
- Pas dans ce train. - J'ai confondu.
Et je n'ai pas de couchette.
Mais on arrive à Lyon. Si j'ai une annulation...
L'Américain était avec Lincoln.
Comment tu le sais ?
Ils sont 200 millions.
Seul Vanderbilt l'a déjà vu.
- Alors, trouvons-le. - Markos...
Quand tu veux tuer quelqu'un à Naples, laisse-nous faire.
Du calme...
Excusez-moi, vous avez vu une femme avec un petit chien ?
Mme Benson !
Erreur. Je suis Mme Lenoir. Excusez-moi.
Faut pas la laisser seule. Tu la connais.
Je la croyais avec vous.
Je suis venu aussitôt.
L'homme qui lui a parlé était comment ?
- Américain. Taille moyenne, banal. - Banal...
- Où est Vanderbilt ? - Il le cherche.
Il faut le trouver. Lui seul l'a déjà vu.
C'est son chien. Attrape-le !
Toutou, viens là !
Rangez ça. On est du même côté.
Qui êtes-vous ? Pas la veuve de Benson.
Sa soeur.
Capitaine Vanderbilt ?
- Je ressemble à un capitaine ? - Oui.
Qui vous a informée ?
Peu importe.
On m'a dit, pour votre coéquipier. Désolée.
Vous traquez l'assassin de mon frère.
Oui, mais avec une différence. Je le veux vivant.
D'où elle vient ?
Elle errait. J'espérais la faire parler.
- Alors ? - Elle est droguée.
Elle a de l'opium et de l'héroïne.
- Une preuve suffisante. - Qu'allez-vous faire ?
Coincer Markos.
Attendez l'arrivée à Lyon. On nous aidera.
Si j'attends Lyon, je serai peut-être mort.
Vous êtes sûr ?
Oui.
S'il vous plaît, restez ici et enfermez-vous.
Surveillez-la.
A Lyon, si je tarde à revenir, prévenez la police.
Il y a quoi, après ?
Des couchettes. Et les bagages.
Il est forcément dans le train. Viens.
- Mais les gens dorment. - On les réveillera.
On est arrivés au bout.
Il faut revenir.
Restez là !
Mains derrière la tête.
- J'en fais quoi ? - Brise-lui le dos. Lentement.
Mains en l'air.
Attention !
Arrêtez ! On le veut vivant.
Si seulement on disait la même chose pour moi !
Mon pauvre !
Remontez dans le train ! Vite !
Dépêchez-vous !
Je suis contente qu'on ait Markos. C'est fini.
N'y croyez pas trop.
Un autre prendra sa place.
La réponse est très loin d'ici.
Dans les champs de pavots.
Sous-titrage : Stéphane Lévine pour IMAGINE
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