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Original subtitles

"Nous sommes heureux de confirmer votre admission

"� l'Universit� de Technologie Sup�rieure."

Notre P�re qui �tes aux Cieux...

puissiez-Vous rester aupr�s de mon fils,

Peter Andreas, qui quitte aujourd'hui la maison de son enfance.

Puisse-t-il se souvenir du fl�au de la vie...

et de son devoir envers Vous, Seigneur Tout-Puissant.

Gardez-le de la tentation des d�ch�ances de la ville...

et de l'attrait des biens mat�riels, que le temps corrompt.

Que ta Volont� soit faite...

et que tout ce qui est n� dans l'obscurit� apparaisse au grand jour...

et soit jug�.

Amen.

J'ai mis un peu d'argent de c�t�...

que j'avais pr�vu de te donner � ton d�part de la maison.

Mais comme tu as choisis une autre voie...

tu n'auras rien.

Tu auras un cadeau, cependant.

Cette montre,

que mon p�re m'a donn� le jour o� je suis parti,

que je te donne dans l'espoir d'apaiser ton c�ur meurtri,

et d'ouvrir ton esprit born�.

Quand, un jour, tu te d�tourneras du chemin de la perdition,

tu nous ouvriras ton c�ur perdu.

- Et � Notre Seigneur qui �tes aux Cieux. - C'est pitoyable de voir ce pasteur,

connu pour sa rigueur inhumaine, devenir si sentimental.

- Tu ne peux pas refuser... - Quoi ?

La foi bien-pensante de P�re ?

- Ce don divin ? - Demande pardon.

- Demande pardon pour ce que tu as dit ! - Jamais !

Frappe-moi encore.

Frappe-moi encore...

- Fais attention, Peter Andreas. - comme d'habitude.

Fais attention !

Fais attention de ne pas finir comme celui que le Seigneur a maudit !

Comme P�re conna�t mon avenir, il doit savoir que dans cette maison,

j'ai toujours �t� un �tranger et sans foyer.

- Que soit exil� celui d�fie le Seigneur ! - Amen !

Peter ? Peter Andreas ?

Voil� un petit quelque chose pour ton voyage.

Et souviens-toi, en cas de besoin, ton fr�re a�n� vit � Copenhague.

Merci, M�re.

CHAMBRE � LOUER

- Voil�, c'est �a. - C'est tr�s bien.

Le loyer doit �tre vers� chaque premier du mois.

La Loi de Darcy nous montre une relation de proportionnalit� cruciale

entre le d�bit de l'eau au sol et la diff�rence d'�l�vation

entre deux points. D'o� vient cette relation ?

Oui ?

Il existe une relation exponentielle entre la superficie et le d�bit de l'eau.

Une relation de proportionnalit�.

Plus grande est la superficie, plus grand est le d�bit.

- Que faites-vous, M. Sidenius ? - C'est un syst�me de canaux

qui passera par le Jutland et reliera les deux oc�ans.

Cela r�duira la dur�e des trajets et reliera les villes.

En plein cours ?

Ne vous ai-je pas demand� de mettre un terme

� ces projets vains et vaniteux ?

Les canaux se s�pareront dans les marais

qui peuvent �tre drain�s et rendus agraires gr�ce � la Loi de Darcy.

�coutez, M. Sidenius.

Un jeune homme comme vous

n'a besoin d'aucune autre motivation que celle de la poursuite du savoir.

Compris ?

Oui, monsieur !

Est-ce que vous avez du travail ?

Juste pour une nuit.

Excellent. Merci.

J'�tudie pour devenir ing�nieur. J'avais besoin d'argent.

Mais, il n'y avait du travail que pour une nuit.

Vous ramassez souvent des objets au hasard ?

Non, c'est pour un projet.

- Que faisiez-vous avant ? - Vous �tes une personne curieuse.

J'�tais mannequin.

Vraiment ?

- Pour des magazines ? - Mais non, idiot.

Je posais � l'Acad�mie des Beaux-Arts.

En tant que...

- Vous voulez dire nue ? - Bien s�r.

- Pour des hommes aussi. - Bien s�r !

Vous �tes vraiment un idiot.

Il n'y avait que des hommes.

C'�tait amusant.

Je les aguichais avec du rouge � l�vres et du mascara.

Vraiment ?

Venise est pass�e d'une ville sans importance...

� l'un des carrefours commerciaux les plus importants du monde...

parce qu'ils ont construit un syst�me de canaux sophistiqu�.

Je cherche � faire d'Esbjerg une cit� lagunaire

� l'aide de comptoirs d'�changes sur pilotis.

Imagine des gondoles �lectriques traversant les rues d'Esbjerg,

transportant passagers et fret. Sans frais de douane, bien �videmment.

�videmment, idiot ! Finies les histoires d'ing�nieur.

Il te sourit !

C'est �trange que tu attires les hommes plus �g�s.

Chut, s'il te pla�t.

Il ferait un bon compagnon.

Et pense � ton �ge, Jakobe. Tu ne peux vivre comme une nonne.

En plus, il est riche.

- Donc, il n'en veut pas � ton argent. - S'il te pla�t, tais-toi, Nanny !

J'ai aim� passer mes �t�s en famille au Danemark.

Mais quand le froid revenait, je voulais retourner en Suisse pour l'air pur.

Mlle Salomon, combien de temps avez-vous pass� � l'�cole des filles ?

Cinq ans. Je me suis fait des amies du monde entier.

Jakobe parle six langues

et a un dipl�me en histoire et en litt�rature.

Je vois.

M. Ivan, j'ai cru comprendre que vous �tes � la recherche de nouveaux talents.

- C'est admirable. - Oui.

Le futur appartient � la jeunesse.

Nous recherchons sans cesse de nouveaux investissements.

Mais pourquoi devons-nous nous contenter des g�nies impolis et rat�s

que vous ramenez chez nous ?

Oui...

M. Salomon...

Humblement, j'esp�rais pouvoir vous parler en priv�.

�videmment, M. Eybert. Retirons-nous ailleurs.

Je vous dois une explication quant � la raison r�elle de ma venue.

Cela implique...

Je ne sais comment le dire. Cela implique...

les affaires du c�ur.

Serait-il pr�somptueux de demander un caf� ou un peu d'eau ?

Agnes ? Servez-vous un caf� � M. Eybert, je vous prie.

Merci.

O� en �tions-nous ?

Ah oui ! Les affaires du c�ur.

Mon intention...

est d'honorer Mlle Jakobe de mon affection.

M. Eybert...

ma femme et moi avons �videmment remarqu� la tournure des �v�nements.

Vous �tes d'une bonne famille juive et un ami de la famille, donc...

ne m�chons pas nos mots.

Je suppose que vous avez pris en compte la diff�rence d'�ge.

Ce caf� n'est-il pas assez touill� ?

Ah, oui.

Je suppose aussi que vous avez pris en compte...

le statut de ma fille.

Et mes dispositions testamentaires...

� son �gard.

Sa situation financi�re n'est pas importante ici.

Comme je l'ai dit,

- cela concerne les affaires du c�ur... - Vous savez combien que je vous estime,

donc, en principe, vous avez �videmment ma b�n�diction.

Cependant, Jakobe aura le dernier mot en ce qui la concerne.

J'ai quelque chose qui pourrait vous int�resser.

Un livre, ou plut�t, la Bible.

C'est un cadeau du pasteur qui m'a confirm�.

- Un homme important, pasteur Sidenius. - Comment savoir qu'il n'est pas vol� ?

Il me l'a d�dicac� sur la premi�re page.

"Suis toujours les r�gles strictes de l'�glise."

- Quinze �re. - Quinze �re ?

Je pensais... J'imaginais...

LA MARMITE

- Excusez-moi ? - Oui ?

- Qui est cet homme, l�-bas ? - Ivan Salomon.

- Salomon ? - Vous ne connaissez pas les Salomon ?

Non.

Il est tellement riche...

- L'addition, s'il vous pla�t. - Bien, monsieur.

Pardonnez-moi ?

Puis-je vous parler un instant ?

Mon nom est Peter Andreas Sidenius. J'�tudie l'ing�nierie.

J'ai entendu dire que vous recherchez des personnes avec des id�es. Des g�nies.

J'aimerais vous pr�senter quelques-unes de mes inventions.

Puis-je m'asseoir ?

Je vous en prie.

J'ai imagin� un nouveau proc�d� pour produire de l'�nergie.

Au lieu d'utiliser du charbon,

nous pourrions utiliser la nature, le vent et les vagues.

Associ� � un syst�me de canaux et de verrous,

- cela r�volutionnera... - Votre re�u.

Cela fera du Danemark une nation industrielle moderne et auto-suffisante.

Et on m'a dit que...

vous �tes la personne � qui parler pour un tel projet.

Venez-vous souvent ici ?

Non, je...

Alors, nous continuerons cette conversation plus tard.

Veuillez m'excuser, j'ai rendez-vous.

Vous pensez peut-�tre que je mens, mais il �tait juste l� !

Je n'avais rien vu de tel. Ses beaux habits, tout...

C'est une des personnes les plus riches du pays. Tellement riche.

C'est peut-�tre la chance de ma vie.

M. l'ing�nieur, venez ici.

D'ailleurs, je me demandais... Pourrais-tu me pr�ter un peu d'argent ?

Comment savoir si je le reverrais un jour ?

Tu peux me faire confiance, tu le sais.

Le truc c'est que je dois retourner au caf�, au cas o� il reviendrait.

- C'est important. - Est-ce que tu as pens�...

que si nous travaillions de concert...

et trouvions un endroit pour vivre, tout serait plus simple.

Oui. �a me pla�t bien.

- Donc, tu me pr�teras l'argent ? - Bien s�r.

Je te donnerai mes pourboires de la soir�e.

Merci.

- Joyeux No�l. - Joyeux No�l.

Joyeux No�l.

C'est tout ce que j'ai pu prendre.

Les clients ont mang� le chou rouge. Mais il reste plein de porc r�ti.

Et autant de pommes de terre caram�lis�es que tu veux.

Et dire que c'est notre premier No�l ensemble.

Merci.

Je sais que tu penses � ta famille.

Non, bien au contraire. Je pensais � Ivan Salomon.

Parfois, j'aimerais �tre riche.

Oui, mais tu ne l'es pas, Lisbeth.

- Et tu ne le seras jamais. - Et si je l'�tais ?

Je te donnerais ton mon argent.

J'allais oublier.

Sant�.

Sant�.

� toi et moi.

C'est tout ?

M. Sidenius ! Vous voil� !

Venez et asseyez-vous.

Mes amis de l'Universit� de Technologie Sup�rieure m'ont parl� de vous.

- Vous avez faim ? - Non, je...

- Caviar et champagne, je vous prie ! - Oui, monsieur.

Eh bien, M. Sidenius, asseyez-vous.

Asseyez-vous...

- D'accord. - et parlez-moi de votre projet.

Eh bien...

La soci�t� a besoin de quelqu'un comme vous.

Quelqu'un qui prouve que ce qui est unique et novateur est possible.

Je calcule le d�bit n�cessaire proportionnellement � la superficie.

Comment relier rivi�res et lacs par des canaux.

On cr�e un syst�me d'irrigation et on se sert des plaines vierges.

- Et en m�me temps... - Arr�tez, je vous en prie.

Venez d�ner chez moi.

Je veux que mon p�re entende vos id�es.

- Mais... - Tutoyons-nous.

- Ivan. - Peter Andreas.

Le projet doit �tre soumis

au Colonel Bjerregrav de la Soci�t� Danoise d'Ing�nierie.

Il peut le faire passer au ministre, qui � son tour peut le soutenir.

Tu es un vrai conqu�rant.

Tu es vraiment...

un homme chanceux.

Je suis en retard. Je dois assurer l'avenir de notre famille.

Tu es saoul.

Laisse-moi te pr�senter ma s�ur, Nanny. Voici M. Sidenius.

M Sidenius �tudie l'ing�nierie, mais c'est d�j� un g�nie.

Et bien dites donc ! Qu'est-ce que �a fait d'�tre un g�nie ?

Allez-vous rest� plant� l� ?

N'allez pas vous transformer en lampadaire.

Je vis par l�-bas.

J'ai invit� M. Sidenius � d�ner dimanche.

Ce dimanche ?

Dans ce cas, � bient�t, M. Le G�nie.

Rappelez-vous de tourner, si vous partez dans l'autre sens.

N'oublie pas d'envoyer le projet au Colonel ! C'est indispensable !

- Bonjour. - Bonjour.

Je souhaite d�poser ce projet devant le Colonel lui-m�me.

Le Colonel est en rendez-vous. Mais si vous me donnez les plans,

il vous contactera quand il les aura vus.

Vous �tes certaine... ? Je pensais que...

- Bien. - Merci.

- Est-ce qu'il va les regarder ? - Oui.

- Merci. - Merci.

Et voil�.

Si �a vous convient, je vais sortir la manche.

Et voil�. Et l'autre.

Vous avez s�rement remarqu� l'�tat de mes v�tements.

Voyez-vous, je reviens d'un long s�jour au Panama,

o� je surveillais la construction d'un syst�me de canaux.

- Dangereux, j'en suis s�r. - En effet.

- Voil� pour vous. - Merci.

Ah...

C'est impossible...

Je crains d'avoir oubli� mon portefeuille � l'h�tel.

Je suis navr�.

Je vais dire � mon chauffeur de vous apporter l'argent.

Il sera l� dans une heure. Bonne journ�e � vous.

Vous ne pouvez pas partir sans payer.

Me traitez-vous de voleur ? Savez-vous seulement qui je suis ?

Bonjour. Je suis Peter Andreas Sidenius. J'ai rendez-vous.

Bienvenue.

- Je vais prendre votre chapeau. - Merci.

Suivez-moi.

Prenez un si�ge.

Je suis le Directeur Delft. L'oncle de la famille.

- Je suis Sidenius. - Le jeune ing�nieur !

Mon neveu m'a parl� de vous.

Un homme chanceux, a-t-il dit.

Pas tr�s glorieux, � mon sens. Qu'est-ce qu'on dit d�j�...

La chance sourit aux imb�ciles.

- Puis-je m'asseoir ? - Je vous en prie.

Ma ni�ce est tr�s charmante, ne trouvez-vous pas ?

Mlle Salomon est jolie.

Tr�s jolie.

Elle n'est clairement pas comme les autres.

Et je peux vous assurer qu'elle est fortement courtis�e.

Les joies de la beaut� !

De plus, mon beau-fr�re, Philip Salomon, n'est pas sans le sou.

L'argent, M. Sidenius, attire �norm�ment.

Ces petits morceaux de m�tal �voquent une �motion primale

et une excitation des plus nobles. N'ai-je pas raison ?

Allons dire bonjour au reste de la famille.

Merci.

Te voil� enfin ! On t'attendait avec impatience.

P�re ?

Voici M. Sidenius, dont je vous ai parl�.

- Bienvenue. - Merci.

- Voici ma m�re. - Bienvenue.

Vous avez une tr�s belle maison, M. Salomon.

Et le vin est excellent.

Et les femmes...

Vous �tes entour� de belles femmes.

Sant�, M. Salomon et merci...

pour votre invitation.

Voici ma s�ur a�n�e, Jakobe.

- Bonjour. - Bonjour.

Peter, pouvez-vous nous parler de votre projet ?

Mon p�re a h�te d'en savoir plus.

Oui...

Le point de d�part est...

� mesure que la soci�t� �volue,

l'acc�s � des sources d'�nergie devient crucial.

Et celui qui d�tient l'offre, d�tient le futur.

Le charbon n'est pas renouvelable, et nous devons lui trouver des alternatives,

comme l'incroyable �nergie que la nature nous offre.

Oui.

Je vous en prie, continuez.

Regardons...

le flux infini des vagues

qui rel�chent leur immense force sur les c�tes chaque jour.

Pourquoi ne pas s'en servir ?

Je veux canaliser cette force et l'injecter dans des turbines,

pour que l'�lectricit� soit achemin�e par c�bles � travers le pays.

Il en va de m�me pour les �oliennes. Tout ce vent dont personne ne se sert...

et qui siffle � travers le pays, peut �tre ma�tris�

au profit de tous.

Imaginez, M. Salomon, des villes enti�res avec des maisons et de grandes rues,

des gares et des usines, toutes �clair�es � l'�lectricit�

venant de la mer et du vent.

Vous parliez �galement d'un nouveau port international.

- Imaginez une Venise danoise... - Merci. C'est brillant.

Et fort cher, je suppose.

Comment comptez-vous r�aliser ce projet ?

Les plans ont �t� d�pos�s au bureau du Colonel Bjerregrav.

P�re le conna�t bien.

Croisons les doigts.

Bonne nuit.

Les id�es de votre ami sont fascinantes, mais c'est un r�veur.

Il est peut-�tre immature, mais il est brillant.

J'ai �t� particuli�rement impressionn� par ses pr�visions

sur le contr�le de l'�nergie, du pouvoir et de l'argent.

Avons-nous envie de nous associer � lui ?

Ne vous semble-t-il pas hypocrite ?

Comment dit-on... ? Un �cervel�.

Je l'ai trouv� grossier. Avez-vous vu combien il a bu ?

Oui, il semblait un peu mal �lev�.

Pour sa d�fense, rappelez-vous qu'il vient d'une famille pauvre.

Le fils d'un pasteur.

Il est triste de voir les cicatrices que laisse la pauvret�.

Et il n'�tait pas aussi beau que tu l'avais dit, Nanny.

Je le trouve incroyablement beau, tout simplement magnifique.

Magnifique ?

Le Colonel va vous recevoir, M. Sidenius.

Merci.

Excusez-moi, �tes-vous l'ing�nieur Sidenius ?

- Oui. - Mon Dieu ! Que vous �tes jeune !

Bien, parlons.

Je pense que votre id�e de turbines hydro�lectriques est de la folie.

Mais certaines de vos id�es quant aux �oliennes sont faisables.

Qu'est-ce qui vous a pouss� � entreprendre un projet aussi grotesque ?

J'ai... �a fait un an que je travaille dessus.

Mais j'y pense depuis que je suis petit.

Sont-ce vos plans ? Jetons un �il.

Parlez-moi plus en d�tails du syst�me de contr�le

pour les fjords et les canaux.

Parlez d'une voix intelligible.

Oui, monsieur.

J'ai imagin� un syst�me de contr�le pour les ports et les fjords du Jutland.

La navigation serait ainsi plus rapide,

et �a ferait du Danemark de devenir une nation moderne.

Je veux d�placer le fret maritime hors de Copenhague.

Un port libre ne deviendra jamais un carrefour commercial mondial

car son emplacement le rend difficile d'acc�s pour les bateaux �trangers.

Je veux cr�er un grand port sur la c�te ouest,

afin de rivaliser avec Hambourg et Bremen.

Ce serait une sorte de...

Venise du Nord.

Vous �tes � un �ge chanceux.

En parlant de �a, maintien. Tenez-vous droit, jeune homme.

Revoyons-nous dans une semaine.

Puis-je y aller ?

Pardonnez-moi ?

Quel imb�cile heureux ! Et autoritaire en plus !

"Maintien !" "Tenez-vous droit, jeune homme !"

Je connais la chanson.

Ongles propres, b�n�dicit�, les coudes � table, ne pas siffler. �a me rend malade.

- Mais il m'a demand� de revenir. - Une demi-victoire.

Il faut f�ter �a.

Champagne ?

Et caviar, bien entendu.

Oui.

Rejoignons ma famille.

Qu'y a-t-il ?

C'est un des meilleurs restaurants de la ville.

Bien s�r.

Le fianc� de ma s�ur Jakobe, Eybert.

... surtout depuis la mort de la m�re de la petite, je...

Je ne comprends pas ce qu'elle lui trouve.

Le temps s'arr�te quand il arrive quelque part.

C'est un veuf et ses enfants doivent parler � son c�t� maternel.

Mais je comprends ce qu'il lui trouve.

C'est la plus �g�e, et donc celle qui h�ritera le plus.

J'ai pris soin de faire attention.

M. Eybert.

Bonjour. Peter Andreas.

Jakobe.

C'est un plaisir de vous revoir, Mlle Salomon.

Oui, c'�tait quelque chose.

C'est � cette date que j'ai cr�� la compagnie

qui est aujourd'hui l'une des plus grandes du pays

dans le domaine de la gestion des eaux us�es.

Nous allons commander.

Messieurs. Mesdames.

On pensait � du caviar et champagne, qu'en dites-vous ?

- Oui. - Oui.

Quel est le plat du jour ?

Des �ufs de truite et de caille servis sur glace

suivis de volaille et asperges, omelette et fromage au c�leri,

- et en dessert, des fruits. - C'est parfait.

- Veuillez servir le champagne maintenant. - Bien.

Per a rencontr� le Colonel Bjerregrav aujourd'hui.

Il a plus ou moins autoris� le projet. C'est quelqu'un de tr�s pompeux.

"Parlez clairement ! Tenez-vous droit !" Tu le fais bien mieux que moi.

- Qu'a-t-il dit ? - Veuillez m'excuser.

Toujours aussi nerveux ? Derni�re porte � droite.

- Bonjour. - Des gens de la haute.

Je ne t'ai presque pas reconnu.

Et quelles femmes classieuses. Le jeune homme doit �tre Ivan ?

Exactement. Et justement, peut-on faire semblant de ne pas se conna�tre ?

- Ne suis-je pas assez classieuse ? - Si, bien s�r.

Mais c'est important pour moi.

C'est important pour ma carri�re, alors si sa famille apprenait que...

que nous...

Je t'en prie, fais comme si on ne se s'�tait jamais rencontr�s.

En substance, je veux ma�triser les forces de la nature.

Bien entendu, sans les exploiter inconsciemment.

Cela s'applique au syst�me hydro�lectrique et � celui des canaux qui

pour ainsi dire,

connecteront les quatre coins du pays.

Permettez-moi une question, M. Sidenius.

- Je vous en prie. - Je suis curieux...

Vous �tudiez l'ing�nierie, n'est-ce pas ?

Oui.

Comment un jeune homme comme vous, qui, dit-on,

vient d'une longue lign�e d'hommes d'�glise,

se retrouve sur le chemin des sciences ?

- Vous n'aimez pas ma profession ? - Si.

Cela semble si contradictoire.

- La science contre la foi. - Exactement.

Mais est-ce contradictoire ?

Rappelez-vous � quel point l'ing�nierie a aid� l'humanit�.

� quel point le chemin de fer a r�duit la distance entre les gens.

Et le t�l�graphe.

Sans parler qu'un jour il existera peut-�tre des machines volantes.

Imaginez...

� quel point cela pourrait abolir les diff�rences entre les personnes...

et devenir la derni�re �tape...

d'une compr�hension globale et fraternelle.

Ce n'est pas un peu exag�r� ?

Je suis convaincue que le libre passage peut briser les pr�jug�s...

et cr�er une nouvelle...

soci�t�, plus juste, o� chacun pourra vivre...

libre et ind�pendamment.

J'ai un doute.

Je dois admettre...

que je n'avais jamais pens� � mon m�tier en termes aussi �logieux.

Un peu d'eau, Mlle Salomon ?

Merci.

Ivan, il faut que vous �coutiez cela.

Docteur, dites-moi.

Puis-je, Mlle Salomon ?

J'aurais aim� avoir la chance de vous parler plus t�t.

Ne me m�prenez pas, c'est simplement que vos mots m'ont touch�.

En fait, visiter cette maison...

est une exp�rience enrichissante.

Bien que je ne puisse m'emp�cher de me sentir...

inf�rieur.

Je ne suis pas habitu� aux...

m�urs si ouvertes de votre famille.

Ou plut�t...

la fa�on dont vous regardez ce qui se passe dans le monde

comme quelque chose dont on peut apprendre. Ma famille est diff�rente.

Nous nous levions et nous couchions en tournant le dos au monde...

chantant des psaumes et priant.

Vous rendez-vous compte que le simple fait d'�tre belle et bien habill�e...

comme vous, puisse �tre un affront � Dieu ?

Quand je repense � mon enfance...

c'est la honte qui revient toujours.

Et l'�tranget�.

Merci pour votre honn�tet�, M. Sidenius.

Vous n'avez pas pay� votre loyer.

- Vous aurez l'argent d'ici peu. - Un homme attend dans votre chambre.

- Comment s'appelle-t-il ? - Il n'a pas l'air commode.

Et pensez au loyer !

Eberhardt ?

Je suis d�sol�, mais la logeuse m'a dit que vous reviendriez rapidement.

Je suis rentr� depuis quelques jours.

Je vois.

P�re est tomb� malade.

Le m�decin pense que c'est un cancer.

J'ai pens� que tu aimerais le savoir. Nous, tes fr�res et s�urs...

pensions que...

en apprenant la nouvelle de la maladie de P�re tu pourrais te sentir...

enclin, ou plut�t avoir le besoin de...

- te rapprocher. - Que veux-tu dire ?

Sans vouloir me m�ler de tes affaires, peux-tu d�cemment justifier...

Ne te m�le pas de mes affaires.

Bien. Je vois que je perds mon temps � te faire entendre raison.

- Comme tu voudras. - Tu dois savoir une chose.

Bien que tu sois trop born� pour l'accepter,

P�re s'inqui�te pour toi, plus que pour tout le reste.

Il parle de toi tous les jours.

Ils ont abandonn� l'id�e de te faire changer d'avis.

Ils esp�rent que la vie s'en chargera

et que tu r�aliseras ce que tu leur dois...

- et te repentiras. - Devoir ? Repentir ?

P�ch� ? Je connais ces mots.

Tu n'as m�me pas honte de te servir de la maladie de P�re.

Tu veux que je me plie � tes r�gles parce que tu n'acceptes pas

que je puisse r�ussir en dehors de votre monde. C'est le cas !

Dis � l'homme qui se pr�tend mon p�re que je ne lui dois rien !

Il a pris mon enfance. C'est suffisant !

Tu regardes quoi ?

Tu crois que tu as raison ?

En y regardant de plus pr�s, je pense que votre projet est sans int�r�t.

C'est trop immature. De plus, vous �tes trop jeune pour le r�aliser.

Vous n'�tes m�me pas dipl�m�.

Vous vous appelez Sidenius ? Un lien avec le c�l�bre pasteur ?

Je ne vois pas en quoi cela vous concerne. Qu'est-ce qui...

vous a fait changer d'avis sur mon projet ?

Je suis d�sol� de vous avoir donn� de faux espoirs.

Cependant, je suis persuad� de vous rendre service.

- Service ? - Votre th�orie sur les �oliennes,

turbines hydro�lectriques et les canaux est trop pu�rile et na�ve !

Le seul moyen pour que ce projet soit pris au s�rieux

serait que j'en fasse partie.

J'ai bien peur de devoir refuser.

Tr�s bien.

C'est donc, pour moi, la fin de votre projet.

Merci de votre venue. Ce sera tout.

En tant qu'ancien soldat, pouvez-vous me dire

jusqu'o� je devrais aller pour que vous souteniez mon projet ?

Vous �tes devenu fou ?

Comprenez bien que mon refus est d�finitif.

Et partez !

- Vous le regretterez. - Est-ce une menace ?

Si j'avais su que vous �tiez un vieux fou born� et stupide...

je ne serais pas venu me faire insulter.

Adieu !

Que mangez-vous donc ?

L'eau des �gouts ?

Serveur !

- Oncle Delft peut te faire un pr�t. - Merci, Ivan...

- mais c'est sans importance. - Qu'est-ce que tu veux dire ?

Bjerregrav a refus� mon projet ;

Il a ridiculis� le travail de toute une vie.

Tu es trop jeune, Per.

Tes id�es sont trop extr�mes. Tu dois te rendre � l'�tranger.

Oui, tu as raison.

Mon p�re conna�t une importante soci�t� d'ing�nierie en Autriche

impliqu�e dans les barrages et les canaux. Professeur Pfefferkorn.

Ils aimeraient que tu les rejoignes.

- Oui, mais... - �coute-moi !

Tu dois quitter le Danemark.

Loin du r�ti de porc, de la m�diocrit� et de Bjerregrav.

Parcours le monde.

Trouve l'inspiration, et la chance de montrer ton projet.

Souris !

Montre-leur qui tu es. Montre-leur que tu es un homme chanceux.

Passe nous voir � la maison de campagne.

- J'aimerais, mais... - Arr�te. C'est ce dont tu as besoin !

Toute la famille sera l�.

Mes deux s�urs seront l�. Les deux !

Je n'y crois pas ! M. Sidenius.

- Mlle Nanny. - Allons !

- Mlle Jakobe. - M. Sidenius.

Accueillons ce g�nie dans notre maison de vacances.

J'esp�re que le train �tait � l'heure.

Juste une chose, avant que les autres ne nous rejoignent.

Asseyez-vous.

Merci, Ivan.

L'argent vous sera envoy� le premier de chaque mois.

Je vous prie de noter vos d�penses.

Bien s�r.

M. Salomon, il est indispensable que vous sachiez que c'est un pr�t.

- Que je rembourserai par mon invention. - C'est entendu.

Puis-je vous poser une question ind�licate ?

J'ai remarqu� que M. Sidenius avait chang� d'avis

concernant les filles Salomon.

Et que M. Sidenius fait d�sormais la cour � la plus �g�e, Jakobe.

Il serait irr�aliste de courtiser une femme qui a tant d'atouts.

Vous parlez d'atouts financiers ?

- Excusez-moi ? Non, bien s�r que non. - Bien s�r.

Pour l'argent, signez sur la ligne.

- M�re. - Oui ?

Pouvons-nous acc�l�rer mon mariage avec Eybert ?

Si tu le souhaites.

Nous avons beaucoup de respect pour lui. Et il vient d'une bonne famille juive.

Et P�re conna�t sa situation financi�re.

Est-ce que tu l'aimes ?

M. Eybert me rassure.

Et nous avons de belles discussions.

De plus, ses filles ont besoin d'une pr�sence f�minine.

Pensez-vous que votre ami...

accepterait de pr�senter des excuses � M. Bjerregrav ?

Oui. Et pendant qu'on y est...

demande au Tsar d'abdiquer.

D�cider de l'avenir d'un projet si r�volutionnaire

ne devrait pas incomber � un technocrate born� comme Bjerregrav.

- Je suis d'accord. - Cependant...

D'un point de vue �conomique et soci�tal,

je suis impressionn� par les id�es du jeune M. Sidenius.

Si on ma�trisait la nature que nous voyons comme une ennemie...

Mais Bjerregrav doit approuver ce projet.

Il est l'expert officiel du pays.

Il est le seul qui puisse l'amener devant le comit� gouvernemental.

- P�re... - Bjerregrav...

Et si vous parliez � Bjerregrav ?

- Changerait-il d'avis ? - N'allons pas trop vite.

Per va voyager. Aller en Autriche et rencontrer le Professeur Pfefferkorn.

Ainsi, nous saurons ce qu'il pense de Per, et saurons si le projet est viable.

Au plus profond de mon c�ur

Il me regarde empli de joie

� chaque heure

Mon c�ur chante encore

Cette douce m�lodie

Qui se balance dans l'air

Et est attir� par vous

Vous si merveilleusement b�nie

Au plus profond de mon c�ur

Il me regarde empli de joie

� chaque heure

C'est grossier, au beau milieu de cette chanson si passionn�e.

Vous ne m'avez m�me regard� depuis votre arriv�e !

Ah bon ? Je suis d�sol�.

Je ne vous int�resse plus ?

Est-ce parce que vous me trouvez pu�rile et simplette ?

Pourquoi penserais-je �a ?

J'ai beaucoup d'autres pr�tendants.

- J'en suis certain. - De meilleures familles que la v�tre.

Et bien plus sens� que vous.

Soyez honn�te. Je ne vous int�resse plus ?

Nanny ?

Bravo.

Que me voulez-vous ?

Ne pouvez-vous m'oublier ?

Depuis notre derni�re conversation, je ne pense qu'� vous.

N'avez-vous pas la d�cence de vous �loigner de moi ?

Non.

Vous m'avez �mu comme personne.

Je dois savoir vos sentiments.

Vous �tes belle.

Vous �tes intelligente et riche, et je suis...

Je ne suis rien.

Vous vous m�prenez sur vos sentiments.

Je n'ai pas besoin de l'expliquer.

Mon mariage avec Eybert aura lieu.

O� sont donc pass�s les enfants ?

Ils peuvent rester ici et jouer.

O� est Nanny ? Elle sait que nous allons en balade.

Si elle est �nerv�e, laissons-la.

Veuillez vous d�caler. Bien, je vais le faire.

Et voil�.

Cela me rappelle l'histoire de l'�tudiant su�dois de Lund.

Il avait pari� qu'il attraperait un cerf � pied.

Apr�s une heure de course, il est tomb� raide mort. Son c�ur avait explos�.

Vous y croyez ?

Je l'ai entendue �tant jeune, et je n'y croyais d�j� pas.

- �a semble plausible. - Vous y croyez donc, M. Sidenius ?

Je crois qu'un homme qui se respecte ira jusqu'au bout.

Peu importe les risques.

Le fait est que le cerf poss�de quatre pattes faites pour courir.

Ce n'est pas qu'une question de vitesse, mais d'endurance et de volont�.

Vous croyez que la volont� prime sur les lois de la nature ?

Je suis d�sol� d'apprendre que vous n'avez plus foi en la volont�.

Que voulez-vous dire ?

Regagneriez-vous la foi si vous en aviez la preuve ?

Alors, je vais vous le prouver.

M. Sidenius ! Remontez !

Un peu d'exercice fait du bien.

De plus...

imaginez ce qu'un membre du Parlement apporterait au pays

s'il avait � nouveau foi en la volont�.

Je ne peux pas vous laisser courir � c�t�.

Alors, je vais devant.

Vous voyez...

J'ai tenu parole.

C'�tait un pari ?

J'ai la t�te qui tourne. Je n'avais m�me pas besoin d'aller si vite.

Mlle Jakobe, vos fleurs.

Vos fleurs.

Vous m'aimez, n'est-ce pas ?

Vous voulez �tre mienne.

Vous voulez �tre mienne.

Vous m'aimez.

N'est-ce pas ?

Vous m'aimez et voulez �tre mienne.

Vous voulez �tre mienne.

N'ai-je pas raison ?

Oui.

Oui !

Quand le barrage sera fini,

il n'y aura plus de risques d'inondations dans la vall�e.

�a arrive chaque presque ann�e, la fonte des glaces.

Et quand la centrale �lectrique sera pr�te, toute la r�gion en b�n�ficiera.

C'est une chance pour tous ceux qui vivent dans cette partie du pays.

M. Sidenius.

"Guten Tag, mein lieber Freund.

"J'esp�re que tu te plais en Autriche

"et que le Professeur Pfefferkorn s'occupe bien de toi.

"Nous avons n'avons eu que trop peu de temps.

"Et bien que les jours filaient, l'amour demandait son d�.

"Chaque instant pass� avec toi,

"est un cadeau de la vie.

"Mon cher Per, Cela fait trop de temps sans nouvelles.

"Juste quelques mots suffiraient � mon bonheur.

"Je suis certaine que tu es tr�s occup�.

"Hier, j'ai attendu une lettre de toi toute la journ�e.

"J'�tais �nerv�e, et me suis couch�e � dix heures...

"et t'ai ha� de tout mon c�ur.

"Jusqu'� onze heures.

"Mon aim�...

"ne peux-tu d�laisser l'ing�nierie pour un temps...

"sauter dans un train et me rejoindre ?

"Et m'embrasser.

"Juste un baiser.

"Ce serait merveilleux.

"Sais-tu que tu ne m'as jamais dit 'Je t'aime' ?

"Juste une fois, j'aimerais te l'entendre dire.

"Tu peux t'entra�ner avant ton retour.

"Ce sera alors une confession mutuelle."

Comment va Jakobe ?

Tu l'as vue � table ?

Pauvre petite. Elle est jalouse de ne pas �tre la premi�re � se marier.

Elle fulmine de ne pas �tre celle sur la piste

pour sa danse avec Per.

Dis-moi, ch�re s�ur, est-ce...

la raison de la pr�cipitation ?

- Que veux-tu dire ? - Tu voulais �tre la premi�re.

Tu ne lui as jamais pardonn� de t'avoir rejet�e. Tu lui en veux.

Tu es saoul !

Concentre-toi sur la danse. Tu me marches sur les pieds.

- Est-ce que tu t'amuses ? - Oui, M�re.

Il te manque ?

�videmment. Surtout ce soir.

Il y a quelque chose chez lui...

- Quoi ? - Je ne sais pas...

C'est son c�t� d�racin�

que nous ne comprenons pas.

Et nous n'avons pas rencontr� sa famille.

Sont-ils au courant de votre relation ?

Oui. Avant de partir, Per a crois� son fr�re dans la rue

et lui a dit que nous sommes fianc�s.

Ce n'est pas � nous de d�cider, mais es-tu certaine ?

- Certaine de quoi ? - Que vous �tes faits l'un pour l'autre ?

Es-tu certaine que votre relation n'est pas contre nature ?

Que vos milieux ne sont pas trop diff�rents ?

Que son pass� chr�tien ira avec notre profession juive ?

Sa haine sans bornes pour sa famille...

J'ai fait mon choix, M�re.

Je l'aime.

Oui. Bien.

Nous voulions juste nous assurer que tu es certaine de ton choix.

Bonjour. O� puis-je trouver le pr�pos� en chef Sidenius ?

Premier �tage, quatri�me porte � droite.

Merci.

- �a se voit. - Une salope de juive.

Entrez !

Bonjour.

Mon nom est Jakobe Salomon.

Je sais que votre fr�re vous a parl� de moi.

Je suis venue afin de trouver un terrain d'entente.

Votre fr�re, Per,

mon fianc�, se sent comme un �tranger pour sa famille.

Est-ce que cette conversation est votre id�e ?

Oui.

Est-ce que mon fr�re sait que vous �tes ici ?

Non.

Je vois.

Il est vrai que depuis son enfance

mon fr�re s'est mis � l'�cart.

Il s'est endurci.

Il s'enorgueillissait de nous d�fier.

M�me ceux � qui il doit le respect et la gratitude.

Aujourd'hui encore, alors que notre p�re se meurt,

il refuse de nous ouvrir son c�ur.

Sa volont� d'�loignement va jusqu'� son nom. Vous l'appelez...

Per ?

- Oui. - Oui.

Je ne m�cherai pas mes mots. Et je suppose que vous souhaitez...

une r�ponse honn�te.

Tout ceci, vos fian�ailles...

est une fa�on de se rebeller.

Vous savez pertinemment que Peter Andreas vient d'une famille chr�tienne.

Il sait que pour ses parents, la foi chr�tienne est primordiale.

Et qu'ils ne peuvent accepter de bonheur qui ne soit issu de celle-ci.

Et si c'est important pour vous...

Sachez avec certitude

que vous n'aurez jamais leur aval concernant votre liaison.

Je suis venue ici dans l'espoir d'une r�conciliation.

Je r�alise que j'ai �t� na�ve.

Pourtant, je ne regrette pas ma venue.

Excusez-moi ?

Y a-t-il du courrier pour moi ?

D�sol�e, M. Sidenius. Pas de courrier non plus aujourd'hui.

Merci.

C'est ici qu'il vit.

- M. Sidenius ! - Oui ?

Il y a un t�l�gramme pour vous.

Merci.

Qu'y a-t-il ?

�a vient de votre fr�re.

Mon p�re est mort cette nuit.

Mes condol�ances, M. Sidenius.

Vous avez le droit de rentrer chez vous.

- Non merci. - Comme vous voulez. Si je peux faire...

Merci.

- Une dame souhaite vous parler. - Il doit y avoir erreur.

Une �trang�re. Elle vient d'arriver en train.

En train ?

Bonsoir.

Comment... ?

T'ai-je surpris ?

Entre donc.

Je t'ai vraiment manqu�.

Et je suis l� maintenant.

Mon cher ami, Per.

Mon aim�.

Pourquoi ne pas m'avoir pr�venu ? J'aurais envoy� un fiacre.

Je ne savais pas si je devais venir.

Mais il le fallait.

Je n'ai rien dit � mes parents.

Alors, j'ai racont� que j'allais voir mon amie Rebekka � Breslau.

- Tu restes ? - Oui, deux jours.

Tu dois avoir faim.

- Tu veux manger ? - Oui.

Oncle Delft a vu la n�crologie de ton p�re dans le journal.

Je suis d�sol�e, Per. Ce n'est pas trop dur ?

Non.

Je suis content de ne rien sentir, un peu comme une relaxe.

Vous auriez pu vous r�concilier.

Si tu lui avais parl�, les choses auraient pu �tre diff�rentes.

Nous devons �tre honn�tes l'un envers l'autre.

Nous devons nous faire confiance.

J'ai un aveu � te faire.

Ne t'�nerve pas.

Je suis pass� par ton ancienne chambre � Copenhague.

Tu me manquais tellement que j'avais besoin d'un souvenir.

Et je t'ai �crit une lettre.

Que je n'ai jamais envoy�e.

Je l'ai avec moi.

"Mon cher Per.

"Mon cher ami.

"Je pourrais pleurer de joie tellement j'�tais inqui�te

"et j'ai dout� de toi.

"Jusqu'� maintenant, je ne comprenais pas qui tu es.

"Ce que tu es, et ce qui fait que tu es toi.

"Votre noblesse est une contradiction en soi...

"qui est n�e de la pression de la superstition et d'esprits �triqu�s.

"Cela explique votre faiblesse mais aussi votre force immense.

"Votre m�pris et votre force de volont�.

"Je comprends aujourd'hui toute l'importance de la justice sociale.

"� cause de ma compr�hension lente et de votre pass�,

"Je sais pourquoi j'ai ce sombre besoin de me rapprocher des affam�s,

"des pauvres, de tous ceux qui se battent pour respirer et la dignit�.

"Ces personnes qui appartiennent au futur."

Merci.

La vie est belle, Jakobe.

Une vie de libert�.

Je n'arrive toujours pas � croire que tu sois venue me voir.

Je ferais trois fois le tour du monde pour une minute avec toi.

C'est peut-�tre le bon moment de le dire.

Oui. Dire quoi ?

Je...

- Je... - Je...

- t'aime. - t'aime.

Oh non !

Je n'avais pas vu.

- Qu'est-ce que �a fait l� ? Partons. - Non. Nous lui tournons le dos.

Appr�cie le paysage.

Tu entends �a ?

Quoi ?

Tu ne les entends pas ? Les cloches.

Elles refusent de nous laisser en paix ! � croire qu'elles me suivent !

Per...

- Regarde comme il nous nargue ! - Per !

Regarde son humilit� abjecte et comment il expose sa mis�re.

Je d�teste �a !

Per, arr�te.

Quand t'a-t-on crach� au visage de d�go�t ?

Arr�te !

Arr�te. Per ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Arr�te-toi de suite !

Arr�te �a, Per. Arr�te !

Regarde-moi. Arr�te ! Arr�te-toi.

Regarde-moi.

Parfois je me sens comme l'ogre...

qui a quitt� sa caverne pour vivre parmi les humains.

La lumi�re �tait trop forte.

Les rayons du soleil trop lumineux,

alors, il est retourn� dans sa grotte, effray�.

Dans les t�n�bres.

Tu dois dormir.

C'�tait une grosse journ�e pour tous les deux.

M. Sidenius.

- �tes-vous heureux ici ? - Tr�s heureux.

En quelques mois, j'ai plus appris qu'� l'universit� du Danemark.

J'en suis heureux.

J'ai regard� votre projet.

Quelques d�tails sont � revoir.

Notamment les fascines de rev�tement et les murs de r�tention.

Et aussi le courant pour la r�gulation des fjords

- quant aux travaux lat�raux. - Bien s�r, Professeur.

Mais dans l'ensemble, M. Sidenius...

Je suis tr�s impressionn�.

Vous avez une compr�hension �tonnamment graphique

des forces de la nature et de la fa�on de les ma�triser.

Merci, Professeur.

- Si vous saviez combien c'est important. - J'esp�re sinc�rement que...

la nation danoise appr�cie votre talent extraordinaire.

Merci.

Merci.

Merci beaucoup.

Mes chers amis et honorables invit�s.

Aujourd'hui est un jour tr�s sp�cial...

et �mouvant pour ma femme et moi.

Nous sommes heureux de vous annoncer les fian�ailles de notre fille a�n�e, Jakobe

avec Per Sidenius.

J'ai envie de faire un petit discours pour ce couple

qui a officiellement dit "Je le veux.".

Tout d'abord, Per, mon futur beau-fils.

Tu es la personne la plus obstin�e qui soit. Pour le meilleur et le pire.

Surtout pour le meilleur.

Quand je repense � ta d�termination

pour faire tienne Jakobe,

et ton intransigeance pour ton projet.

Tu es parti en Autriche pour �tudier avec le Professeur Pfefferkorn.

Il a donn� son accord univoque quant aux id�es de Per.

C'est quelque chose !

Je suis heureux de vous annoncer la cr�ation d'un consortium...

de personnes d'influence qui soutiennent ton projet, Per.

D'un point de vue financier, il semble que

le projet sera r�alis�.

Tu es un homme chanceux.

Tu as le futur � tes pieds.

Bonjour, ou plut�t, bonsoir.

Cet homme d�sagr�able est revenu. Il vous a laiss� une lettre.

Je n'ai que de l'eau.

Non merci.

Depuis quand �tes-vous � Copenhague, M�re ?

Quand ton p�re est mort, j'ai d� quitter le presbyt�re.

Je ne savais pas o� aller, alors je me suis rapproch�e d'Eberhardt.

Tu es bien �l�gant.

Et tu as de bonnes mani�res.

Ton fr�re m'a dit que tu as trouv� une famille riche

qui paie ton train de vie.

Eberhardt et moi avons conclu de prot�ger ton p�re de la d�tresse...

de conna�tre l'existence de ta relation avec une riche juive.

"Un homme chanceux"...

disent-ils.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

De quoi M�re souhaite-t-elle me parler ?

Tu n'es pas venu � l'enterrement.

Mais jusqu'� son dernier souffle, il a esp�r� que tu retrouves l'humilit�.

Il voulait te donner �a apr�s sa mort.

C'est pourquoi j'ai demand� � Eberhardt de te trouver.

Cette montre �tait importante pour ton p�re.

Sache, Peter Andreas...

pourquoi il a insist� pour que tu l'aies.

Quand il �tait jeune, ton p�re allait partir � l'�cole.

Son p�re demanda la cl� de sa valise pour savoir...

ce qu'il amenait. Ton p�re �tait bless�...

et est parti sans dire au revoir.

Quand il arriva le soir � l'�cole, il ouvrit la valise...

et trouva cette montre.

Il comprit que c'�tait un cadeau.

Ce devait �tre une surprise.

Ton p�re se mit � pleurer.

Et en p�nitence, il a march� toute la nuit

jusqu'� chez lui, serra son p�re dans ses bras...

et demanda pardon.

C'�tait cette nuit-l�,

humili�,

qu'il retrouva le chemin vers la lumi�re.

Et la paix de l'esprit.

Et Notre Seigneur.

N'oublie jamais les paroles de ton p�re.

Que soit exil� celui d�fie le Seigneur !

J'aimerais bien un verre d'eau maintenant.

La cuisine est par l�.

- Vous en �tes certain ? - Oui, vous �tes enceinte.

- Tu as bient�t fini ? - Deux minutes.

De la part de Jakobe. Elle souhaite que tout se passe bien.

J'attends �a depuis tout petit.

Combien des amis de ton p�re seront pr�sents ?

Sept ou huit.

- Qu'est-ce donc que �a ? - �a a �t� livr� hier.

Je l'ai fait faire � Vienne. �a me ressemble ?

Parfaitement.

Les gens ignorent compl�tement que dans quelques heures l'histoire changera.

Nous posons les bases des futurs grands travaux nationaux.

- C'est �norme. - Il est moins le quart ! D�p�che-toi !

Afin de relier les quatre coins du Danemark

et que chaque r�gion prenne part � la soci�t� moderne,

il faut changer notre fa�on de penser et

int�grer les paysans dans la nation.

Comme je l'ai dit en introduction, projet de canaux

alli� � l'�nergie hydro�lectrique et �olienne est crucial.

Je vous promets que c'est une r�elle opportunit� d'investissement.

Quand le Danemark sera auto-suffisant, l'argent coulera � flot.

Merci d'avoir �cout� les plans pour les grands travaux danois.

Ce consortium,

compos� d'investisseurs priv�s,

apr�s calculs, conclut que...

le projet est financi�rement viable.

Bien entendu, cela est soumis l'aval du minist�re.

Nous savons que M. Sidenius a rencontr� un haut fonctionnaire

et que, pour des raisons personnelles,

cela s'est mal termin�.

Nous avons contact� cette personne.

Et lorsqu'il franchira cette porte...

nous vous demandons de pr�senter les plates excuses qu'il attend.

Je vous en prie, Isak.

Messieurs...

pensez-vous r�ellement que je lui doive des excuses ?

Pour quelle raison ?

Vous devez comprendre que...

je ne peux accepter aucune tutelle. J'ai mont� ce projet

sans soutien ni chaperon.

Je ne peux accepter cela maintenant.

Vous savez certainement que sans l'aval du Colonel Bjerregrav,

le projet n'est pas r�alisable.

Je veux qu'il soit clair que le Colonel m'a insult�.

Il s'est ri de mon projet !

C'est donc � lui de pr�senter des excuses.

Refusez-vous de vous excuser ?

Oui. Je ne m'excuserai pas aupr�s de ce vieux tyran assoiff� de pouvoir.

Un bureaucrate sans vision. Je suis d�sol�.

Est-ce votre dernier mot ?

Absolument.

Cela conclut l'ordre du jour, messieurs.

Le consortium est dissous.

Je suppose qu'aucun d'entre vous n'a de regrets...

quant � l'issue de cette r�union.

Imagine devoir s'excuser aupr�s d'une personne incapable de compromis.

Qui n'en a pas fait, Per ?

Toi aussi ?

Est-ce que de simples excuses comptent si elles sauvent ton projet ?

Oui, dans mon monde. Ton attitude me r�volte.

Tu dis toujours que la fin justifie les moyens.

�a confirme le lien pourri entre l'argent et le pouvoir.

Et c'est apparemment...

ce que tu soutiens.

Que veux-tu dire ?

Si je suis...

ton raisonnement...

C'est la derni�re fois que nous parlons.

Que dis-tu ?

Ta naissance te donne des droits que je semble ne pas avoir.

Tu n'as pas dit �a.

Le r�sultat de la r�union

a �t� d�cevant, autant pour mes coll�gues que pour moi.

Je refuse d'�tre malmen� par ce tyran. Surtout sur un projet aussi important.

� l'avenir, rappelez-vous votre place

au sein de ma famille, et conduisez-vous avec �l�gance.

Et dignit�.

Suis-je bien clair ?

Oui, monsieur.

Jakobe ?

Tu as entendu ?

Entendu quoi ?

Viens t'asseoir avec moi.

Oui.

Ta m�re est-elle...

Kristine Margrethe ?

Oui.

Pourquoi �a ?

Elle est morte.

- Que veux-tu dire ? - Je viens de lire sa n�crologie.

J'ai remarqu� qu'elle �tait la veuve d'un pasteur.

"Notre ch�re m�re, Kristine Margrethe Sidenius

"a trouv� le repos �ternel.". C'est sign� "ses enfants".

La savais-tu mourante ?

Je la savais malade.

Mais pas � ce point-l�.

Quelle vie elle a eu.

Tous ces enfants...

Un mari difficile.

Et la pauvret�.

Sans jamais se plaindre.

Tu m'as racont� qu'elle avait dit :

"Ne me plaignez pas.

"Plaignez mon mari et mes enfants."

Ce qui est fait, est fait.

Parlons d'autre chose.

Parlons de toi.

Faisons un voyage.

Bient�t.

En Angleterre.

Juste toi et moi.

Ce sera notre voyage de fian�ailles.

Nous y vivrons uniquement d'amour.

Et planifierons notre mariage.

J'ai une grande nouvelle que j'ai h�te de t'annoncer.

Rejoins-moi dans la maison de campagne. Ne reste pas seul ce soir.

La chambre d'amis est pr�te.

Il faut annoncer la mort de ta m�re � mes parents.

- Nous leur devons bien �a. - Nous sommes bient�t li�s.

Je ne leur dois rien, sauf l'argent.

Ce n'est pas ce que je veux dire. Ils n'ont jamais parl� de l'argent.

J'ai pens� � quelque chose.

Je veux payer ma dette et devenir ind�pendant.

Pas de toi, de l'argent de ta famille.

Si l'argent ne leur pose pas de probl�me, il ne devrait pas t'en poser.

Je ne veux pas �tre endett� aupr�s de ta famille.

Bonjour. Je viens voir le pr�pos� en chef Sidenius.

Premier �tage, quatri�me porte � droite.

Merci.

Entrez !

J'ai lu que M�re est morte.

Oui.

Je te pensais � l'�tranger.

Comment mourut-elle ?

Signe brossait ses cheveux le matin.

M�re �tait impatiente et lui a demand� de se d�p�cher.

Et puis M�re a ferm� les yeux et s'en est all�e.

Elle a �crit une lettre d'adieu � ses enfants.

Il y en a une pour toi.

Avec un colis.

Elle sera enterr�e aux c�t�s de P�re au Jutland.

Son corps sera transport� par bateau demain apr�s-midi.

Avant l'enterrement, il y aura une c�r�monie familiale.

Nous aimerions que tu sois pr�sent.

Pour plusieurs raisons, il ne vaut mieux pas.

Je suis certain que ma fianc�e aimerait venir mais elle ne serait pas � sa place.

- Ni bienvenue. - Tu as raison.

Peter Andreas ?

� cause de mon travail

je ne peux pas accompagner M�re lors de son dernier voyage.

J'esp�rais que tu ne serais pas born�

et rendrait hommage � M�re en faisant le voyage avec le cercueil.

Tu connais ma r�ponse.

"� mon fils, Peter Andreas...

"au nom de Notre Seigneur b�ni J�sus-Christ.

"Je t'�cris, mon fils...

"afin d'essayer une toute derni�re fois...

"de parler � ton c�ur.

"Tu ne suis pas la voie de Dieu.

"Mais j'esp�re sinc�rement que tu feras montre

"d'humilit� et d'altruisme."

Auriez-vous un stylo et du papier ?

Voici.

De la terre � la terre...

des cendres aux cendres...

de la poussi�re � la poussi�re.

- C'est une belle surprise. - J'avais besoin de prendre l'air.

Apr�s l'enterrement de ma m�re, j'avais besoin de respirer.

Et je ne connais pas d'endroit plus beau.

- Combien de temps restez-vous ? - Quelques jours seulement.

Le travail m'appelle.

Je souhaitais remercier le r�v�rend pour son �loge fun�bre.

Ce n'est rien.

Votre m�re �tait incroyablement humble et d�vou�e

- � Dieu et ses enfants. - C'est le souvenir qu'elle laisse.

Je n'ai pas vraiment connu vos parents. Je les ai vus une ou deux fois.

Nous �tions presque voisins.

Nos visions de la fonction eccl�siastique

divergeaient fortement. Mais je le respectais.

Que cela fait-il d'�tre de retour ?

C'est un sentiment complexe. J'ai presque fui ce lieu.

Mais revoir ces paysages ne me laisse pas indiff�rent.

C'est bouleversant.

Il y a beaucoup � apprendre de la nature.

Nous avons appris vos fian�ailles � Copenhague.

- Sidenius n'est pas un nom commun. - Je vois.

Je crois bien que votre futur beau-p�re est riche et influent ?

Vous faites un mariage d'argent.

Belle fa�on d'�chapper au devoir d'entretien conjugal.

P�re !

L'argent n'a rien � voir l�-dedans.

De plus, en tant qu'ing�nieur, je gagnerai assez d'argent

pour entretenir ma famille.

Ce mariage, et c'est une question personnelle,

une femme juive et le fils d'un pasteur, comment...

Vous allez trop loin. Cessez d'importuner notre invit�.

Voulez-vous du g�teau ? C'est Inger qui l'a fait.

Ne soyez pas timide.

Ne vous retenez pas.

Servez-vous.

Bien...

Merci.

Jakobe, sais-tu quand Per rentrera ?

Il a envoy� un t�l�gramme et est parti.

Donc tu ne sais pas quand tu le reverras ?

Apr�s l'enterrement, je suppose.

Avant le mariage, nous devons parler de questions d'argent et de principes.

�videmment, P�re.

Tr�s bien.

Je suis si heureux de quitter la ville.

La vie y est compliqu�e.

Alors qu'ici...

Avez-vous �t� � Copenhague ?

Non, jamais, mais j'aimerais voir une grande ville.

Et voir...

tous ces gens bien habill�s.

- Donnez-moi vos gants. - Merci.

Je ne doute pas que votre fianc�e soit riche, mais aussi belle.

Je suis d�sol�, je vous ai surprise.

- Vous �tes revenu ? - Je faisais des courses. Et...

j'ai trouv� vos gants dans ma poche.

- Les voici. - Merci.

- Je les ai cherch�s partout. - Voulez-vous faire une balade ?

Oui.

... et le verrou permet de s'assurer de la bonne profondeur d'eau

pour que les bateaux maritimes passent...

- Je vous ennuie. - Pas du tout.

Vous semblez si s�rieux tout � coup.

Ah bon ?

J'esp�re que votre fianc�e ne vous manque pas trop ?

Non, pas du tout.

Car je suis ici.

Loin de tout �a. J'ai presque le mal du pays.

- Une sensation de bonheur. - N'�tes-vous pas heureux � Copenhague ?

Oui. Tout ce pourquoi j'ai travaill�...

et j'ai travaill� dur. C'est...

devenu ma malchance.

Eh bien...

Je dois rentrer.

Vous ne dormez pas ?

Bonjour, r�v�rend. Malheureusement, non.

Le corps ou l'�me ?

Mon �me.

Qu'y a-t-il ?

Un peu tout, je crains.

Venez, M. Sidenius. Marchons.

Dites-moi.

Je me sens enferm�.

Je n'arrive pas � dormir � cause de toutes ces pens�es.

Je suis confus.

Je suis tendu.

Est-ce un test ?

Est-ce une punition ?

La punition pour ma vie.

Est-ce le jugement de Dieu ? Est-ce pourquoi je ne trouve pas le repos ?

Ou le mal du pays ?

Ou la mal�diction de mon p�re ?

M. Sidenius...

cessez ces pens�es destructrices.

Vous �tes votre propre ennemi et ge�lier.

Sortez de votre prison. N'ayez pas peur. Dieu est avec vous.

B�nissez-moi, mon p�re !

Pardonnez-moi pour avoir rejet� M�re et P�re !

Et Ivan. Et Jakobe. Je ne veux plus faire de mal � quiconque.

- Pas ainsi. Levez-vous. - Je dois �tre puni.

L'humilit� est le prix que demande Dieu pour la paix de l'�me.

Vous avez fait le premier pas sur la voie de l'humilit�.

Restez ici un moment.

Pleurez si vous le sentez.

Je dois y aller maintenant.

M. Sidenius, est-ce vous ?

P�re et m�re sont sortis mais reviendront bient�t.

D�sirez-vous du caf� ?

Non...

Vous �tes fianc�.

Vous ne comprenez pas ?

Vous voulez �tre mienne.

Je suis heureuse de te revoir. Tu m'as tellement manqu�.

Je demand� � M�re et P�re de rentrer plus t�t de la maison de campagne.

Je voulais �tre l� � ton retour.

Mais tu sais combien P�re aime sortir de la ville.

- Tu veux bien y aller avec moi ce soir ? - Oui.

C'est ici que je fais faire ma robe.

Et je n'en dirai pas plus. Elle sera simple et �l�gante.

J'ai les billets pour le voyage.

Nous prenons le train jusqu'� Esbjerg puis le bateau � Harwich.

Puis nous serons juste tous les deux. Notre voyage de fian�ailles. J'ai h�te.

N'es-tu pas impatient quant � ma grande nouvelle ?

Tu as l'air si s�rieux.

Tu penses toujours � l'enterrement de ta m�re ?

Oui, mais Jakobe...

- Nous devons parler. - Si c'est � propos du mariage,

P�re veut que cela se fasse au plus vite.

Il veut te voir ainsi que le notaire.

Oui.

- Merci. - Merci.

Non, c'est...

autre chose.

Jakobe...

Tu es une personne parfaite.

Tu as tant compt� pour moi. Plus que quiconque.

Mais nous avons � prendre...

une �norme d�cision. Cela quelque temps que je pense...

Je me demande si nous sommes...

faits pour �tre ensemble.

Et si nous l'avons d�j�...

�t�.

Peut-�tre n'�tait-ce qu'une illusion de ma part.

- De ta part ? - Oui.

Oui. Peut-�tre ai-je trop insist�.

Et je me demande si...

nous ne sommes pas trop diff�rents.

Et que...

nous ne pouvons pas �tre heureux ensemble.

Au final.

Tu ne le penses pas ?

J'en doute.

Donc, il vaut mieux

tout arr�ter...

avant de blesser quiconque.

Tu romps nos fian�ailles ?

Je suis terriblement d�sol�, Jakobe.

Comment... Comment peux-tu...

Comment peux-tu parler de notre relation comme si

elle n'existait que parce que tu le voulais ?

Comme si je ne t'aimais pas ?

Je suis presque morte d'amour et de d�sir

pour toi ?

Peut-�tre que tu ne comprends ce qu'aimer une autre personne signifie.

Peut-�tre que tu ne connais que la mauvaise face de la passion.

L'�go�sme et la vanit�.

Tu vois, nous sommes...

trop diff�rents.

Vraiment ?

Pourquoi ne le dis-tu pas clairement ?

Je t'en supplie...

sois honn�te.

Il y a quelqu'un d'autre ?

Tu montres � quel point nous sommes diff�rents...

Dis-moi la v�rit� !

Au moins, je te respecterais. Sois honn�te.

Dis-moi que tu en aimes une autre !

C'est le trait de famille des Sidenius.

Vos �motions restent solennellement � l'int�rieur. Mon Dieu !

Elles cachent votre...

Vanit�.

Votre immaturit�.

Je comprends que tu sois en col�re.

Je comprends vraiment.

Et je suis d�sol� que �a finisse ainsi.

Vraiment.

Je n'aurai pas � prendre ton nom de sauvage.

Dis � ton p�re que je rembourserai chaque centime

de l'argent qu'il m'a pr�t�.

Avec les int�r�ts.

- Anna ? - Oui ?

Faites livrer ceci � M. Sidenius.

Oui, Mlle Salomon.

Faites para�tre ceci dans la Berlingske Gazette.

"Les fian�ailles de Mlle Jakobe Salomon

"et M. Sidenius

"sont annul�es."

- C'est une blague ? - Non, malheureusement.

Pourquoi ne pas le dire ?

Nous n'aimions pas particuli�rement ce...

Et son projet ?

- Notre investissement. - Il a sign� un contrat

qui stipule les conditions de paiement.

Comme garantie pour le pr�t, vous aurez le brevet de mon invention.

J'aimerais avoir l'argent aussi vite que possible.

Je ne connais pas la valeur de vos machines. Je me base sur les faits

dont j'ai eu vent r�cemment,

� savoir la rupture de vos fian�ailles avec Mlle Salomon.

C'est pourquoi je sugg�rais...

En principe, nous ne nous faisons rien

sans s�curit� bancaire.

Donc, M. Sidenius, nous ne pouvons pas vous accorder de pr�t.

M�re ?

Oui, ma fille ?

Tu te souviens que je devais voir mon amie Rebekka ?

Oui.

J'aimerais y aller.

Mais je n'ai pas assez d'argent. Peux-tu demander � P�re ?

Quand partirais-tu ?

D�s que possible. Peut-�tre demain.

C'est pour �a qu'il �tait si dur de te parler.

�a l'�tait ?

Je suis d�sol�e.

Qui est au courant ?

M�me pas ta s�ur ou Ivan ?

Il n'y a que Rebekka.

Elle conna�t un bon docteur.

N'en parle pas � P�re. Je te donnerai l'argent.

Et surtout repose-toi bien apr�s.

Si quelqu'un demande,

nous dirons que tu avais besoin de prendre l'air apr�s votre rupture.

Comment esp�rez-vous mener � bien votre projet sans les Salomon ?

Et sans soutien bancaire ou industriel ?

Et Bjerregrav ?

Vous �tes fou.

- Et un petit pr�t ? - � quoi servirait-il ?

Je dois de l'argent aux Salomon et je me marie au Jutland.

Je ne vous pr�terai rien.

Quand j'ai appris que vous n'�tiez plus le beau-fils de M. Salomon,

cela n'avait pas de sens.

Comment quelqu'un d'aussi ambitieux peut-il renoncer � une telle opportunit� ?

�a n'a toujours pas de sens.

Jakobe ?

Jakobe ?

J'aimerais pr�senter les excuses que je vous dois.

Je suis d�sol�.

Vous voyez...

Je suis dans une situation d�licate.

J'implore votre compr�hension.

J'esp�rais que vous pourriez � nouveau...

regarder mon projet

et sous votre �gide le pr�senter

� d'influents investisseurs qui avanceraient l'argent.

Je crains qu'il ne soit trop tard. Merci d'�tre venu.

Vous vous souvenez peut-�tre de moi avant. Les temps changent.

Je me marie � une riche baronne du Jutland.

Et comme je m'en vais, je veux me d�barrasser de tout �a.

Les costumes sont en laine italienne.

Vendu pour trois couronnes.

Il y a le buste aussi. Fait par un artiste allemand renomm�...

C'est invendable.

Et les livres sont en allemand. Personne ne les ach�tera.

- Mais... Vous pouvez avoir les dessins. - Je ne vends pas de papier usag�.

Non.

Et le chemin vers Dieu est une �preuve.

Je ne comprends rien. Trois couronnes.

Vous savez qui je suis ? Non, mais je vais vous le dire.

Un fils de Dieu. Un g�nie !

Tout ce qui est n� dans l'obscurit� appara�tra au grand jour...

et sera jug�. Gardez votre argent !

Prenez garde � Sa terrible mal�diction !

M. Sidenius ?

Cela faisait longtemps.

Que puis-je pour vous ?

Pouvez-vous demander � Jakobe de descendre ?

Elle a quitt� la ville...

pour un moment.

Regardez dans quel �tat vous �tes !

Souvenez-vous de notre rencontre.

La chance sourit aux imb�ciles et le succ�s m�ne aux regrets.

Eh bien...

l'orgueil pr�c�de la chute.

Et voil�.

C'est bon. Hagbarth ?

Tourne-toi.

Ne bouge pas. Tiens-toi droit.

C'est bon. Tes ongles !

L'autre main.

�a va.

- Tiens-toi droit. - L�ve les bras.

Recevez la b�n�diction du Seigneur.

Puisse la gr�ce du Seigneur J�sus-Christ

et l'amour de Dieu et

le Saint-Esprit �tre avec vous. Amen.

- Bonjour, Jakobe. - Eybert.

- Cela fait un moment. - En effet.

- Vous aviez quitt� la ville. - Pour ouvrir un bureau en Allemagne.

Les filles parlent couramment allemand. Elles vous embrassent.

C'est adorable. Je les embrasse aussi.

Je suis d�sol� de m'imposer ainsi...

Mais je veux que vous sachiez que je ne vous en veux plus.

Le temps gu�rit tout.

Tout est pardonn�.

J'aimerais vous demander, maintenant que les choses sont diff�rentes...

si vous aimeriez, et quand �a vous convient...

de prendre le th� avec moi ?

Ou d�ner.

Vous et moi.

Cher Eybert.

Vous avez toujours �t� si bon avec moi.

Pouvons-nous essayer � nouveau ?

Je suis certaine que vous auriez �t� un mari aimant.

Mais nous n'aurions pas �t� heureux.

Je ne vous aime pas.

Encore une perturbation !

Tout d'abord...

comment se porte votre projet ?

Je finis un projet pour le nouveau port d'Esbjerg.

Ce sera le centre,

ou plut�t le carrefour du trafic maritime europ�en.

- Il y aura des docks et des... - Comment r�aliserez-vous cela ?

On ne peut pas forcer les autorit�s...

Je vois.

Et quand vous ne travaillez pas sur votre vision du futur ?

J'aide � la maison, comme vous le savez.

Sinon, je suis en contemplation.

Le fait est, Per,

qu'une maison avec trois enfants

co�te de l'argent.

Vous ne payez pas vos dettes.

Si beau-p�re...

Je vous le dis car je ne peux plus vous soutenir avec mon modeste salaire.

Je suis ici pour trouver une solution.

Vous avez des probl�mes d'argent.

Je refuse toute tutelle ou...

Et je vous d�conseille de me parler ainsi.

Je viens vous aider � trouver une solution quant � vos obligations familiales.

�coutez, Per.

Hier, j'ai rencontr� un riche propri�taire terrien, M. Br�ck.

Il conna�t vos talents d'ing�nieur.

Il a besoin de r�guler le d�bit des cours d'eau de sa propri�t�.

Je lui ai dit que vous le contacteriez.

- Bi... Bien... Bienvenue, M. Sidenius. - Merci.

Ma femme, Inger. Vous vous connaissez, je crois.

Oui, de... de... depuis l'enfance.

- Bienvenue, Inger. - Merci.

C'est agr�able de revenir.

- Pouvons-nous parler ? - Oui, si vous m'aidez � porter �a.

Un simple syst�me d'�vacuation sera un jeu d'en... d'en... d'enfant

pour vous.

Au contraire, je suis heureux de vous aider.

� q... q... quoi pensez-vous, M. Sidenius ?

Oui, absolument. Avec quelques ajustements au lit de la rivi�re

nous pourrons abaisser le niveau d'eau, et rendre le sol agraire.

Il faudra de puissantes pompes au niveau du barrage.

Elles pourraient �tre aliment�es par des moulins.

J'avais oubli� que le pr� allait jusqu'au lac.

Seriez-vous d'accord si j'amenais les enfants, M. Br�ck ?

Oui, �v... �videmment. Ils pourront p... p... p�cher et n... n... nager.

Les barques sont l� pour �a.

Bonjour.

Tu as pass� la journ�e ici ?

Tu as froid ?

J'aime tes tresses.

Tu les as faites ?

Et voici. R�galez-vous.

- Puis-je aider ? - Oui, vous pouvez leur donner du pain.

Voici.

R�galez-vous.

Voici.

Excusez-moi, qui �tes-vous ?

J'�tais de passage. Je m'appelle Jakobe Salomon.

Savez-vous o� vous �tes, Mlle Salomon ?

- Non, je ne sais pas. - C'est l'AMUCF.

Vous comprendre que des gens de votre religion ne peuvent rester.

- R�galez-vous. - Ma religion ?

L'AMUCF est un mouvement chr�tien.

- Voici. - R�galez-vous.

Je comprends.

Je suis d�sol�e.

Voici.

R�galez-vous.

C'est ce qui permet au vent de la faire tourner.

Quand le vent souffle, l'h�lice tourne ainsi.

�a cr�e de l'�lectricit�, qui cr�e un courant.

Tu comprends ?

Juste l�.

Non !

Hagbarth, tu l'as cass� ! Fais un peu attention !

Et demande pardon � P�re.

Demande pardon � P�re !

Demande pardon � P�re, Hagbarth.

Hagbarth ! Reviens et demande pardon � P�re !

Ils sont couch�s ?

Ingeborg et Lise dorment.

Hagbarth avait mal au ventre.

Je suis s�re...

qu'il dormira vite.

Je t'en prie, ne lui parle pas trop durement.

C'est un gar�on sensible.

D'accord.

C'est un gar�on intelligent qui a besoin de son p�re.

Tu viens au lit ?

Apr�s mon journal.

- Bonne nuit, tr�s cher. - Bonne nuit.

Je sais que je vous ai d��us en n'ayant ni mari

ni enfants.

C'est pourquoi, selon la tradition familiale...

Je veux aider les d�munis.

J'ai d�cid� d'ouvrier une �cole gratuite ici � Copenhague.

Cela me co�tera tout mon h�ritage.

Mais comme je ne l�guerai � personne

je ne vois pas de meilleure fa�on de le d�penser.

- Mlle Salomon, c'est pr�t. - Venez, les enfants !

Regardez par ici.

D�calez-vous un peu. C'est bon.

- Regardez le beau monsieur. - Regardez dans la bo�te.

Et ne bougez plus.

Une patate, deux patates, trois patates... Merci !

Nos enfants voient rarement leurs parents. Ils travaillent toute la journ�e.

Les �coles normales sont mis�rables, elles ressemblent � des prisons.

Les enfants sont martyris�s par la police qui les envoient � l'hospice.

Et leur seul professeur, le vicaire,

ne parle que de fin du monde et d'enfer.

Comment ces enfants pourraient-ils apprendre � aimer leur prochain

et �tre humains ?

Petit � petit, je veux faire de l'�cole

une �cole alternative.

Un lieu de refuge, un sanctuaire.

J'ai pu voir � quel point une mauvaise �ducation marque une personne.

Je veux cr�er un lieu qui brisera les cha�nes sociales.

Viens, Hagbarth.

M�re m'a dit de te dire bonne nuit.

Oui. Entre.

J'ai fait �a parce que j'ai cass� l'autre.

Merci, mon fils.

Tu n'as pas peur de P�re ?

Tout va s'arranger.

Tu veux que je parte ?

Pourquoi �a ?

Tu sembles vouloir �tre seul.

Je sais que c'est difficile. Tu ne veux pas parler � mon p�re ?

Il pourrait t'aider � trouver la paix aupr�s de Dieu.

Partout o� je L'ai cherch�, je n'ai fait que me trouver.

Dieu est inutile � celui qui s'est trouv�.

Qu'y a-t-il, Per ?

Il y a des gens qui...

sont attir�s par les trag�dies.

Des gens qui ne trouvent le r�confort que dans le d�sespoir et la solitude.

Que veux-tu dire ?

J'ai parfois l'impression les enfants et toi

seriez mieux sans moi.

Promets-moi de ne pas sombrer avec moi.

- Le h�ros du jour ! - Tu es fringant.

- Joyeux anniversaire, Hagbarth. - Dis merci, Hagbarth.

Merci.

- Bonjour. - Bonjour.

- J... J... Joyeux anniversaire, Hagbarth. - Salue et dis merci.

- Merci de v... v... votre invitation. - Nous sommes heureux de vous voir.

Entrez tous.

Quel temps merveilleux.

Une superbe f�te.

- Voil� le g�teau ! - Joyeux anniversaire, Hagbarth.

- Tu peux te servir ? - M. Br�ck peut peut-�tre t'aider.

J'ai mis le bateau en eau.

�a te dirait de l'essayer, Hagbarth ?

Ce serait un bon moment. Caf�, p�re ?

- Un gros morceau pour toi. - Passez les assiettes.

Un joyeux anniversaire. Et merci � tous d'�tre venus.

Joyeux anniversaire, Hagbarth.

Il a d� �tre sage pour que le temps soit aussi ensoleill�.

Clairement.

- C'est un gar�on exemplaire. - Je dois y aller. J'ai oubli� de dire

- quelque chose aux artisans. - Tu dois vraiment y aller maintenant ?

C'est l'anniversaire d'Hagbarth.

Je reviens vite.

Tu es content de toi ?

PASTEUR JP SIDENIUS

JAKOBE SALOMON A OUVERT UNE �COLE � COPENHAGUE

Voil� comment s'�crit "vache".

Mlle Salomon ?

J'ai une lettre pour vous.

Merci.

Voil� comment s'�crit "hache".

Voil� comment s'�crit "b�che".

Tu es venue.

�a fait si longtemps.

C'est ici que tu vis.

Comme un sauvage.

Je...

me sens...

ali�n�...

d�racin�...

depuis toujours.

Mais ici, j'ai...

pris conscience de qui je suis.

�loign� de tous et de Dieu.

Sans �a, je ne serais...

qu'une moiti� d'�tre humain.

Un Sidenius toujours.

Maintenant, je me sens libre.

Je t'ai observ� de loin.

Je te savais malade mais pas autant.

C'est le cancer.

Je n'ai plus beaucoup de temps � vivre.

Est-ce que tu veux un caf� ?

Parle-moi de Copenhague.

Nous parlons souvent de toi.

Malgr� le tumulte engendr�...

P�re et Ivan pensent que tu as fait ce qu'il fallait.

Un jour, le monde se rendra compte du g�nie

et de la n�cessit� de tes travaux.

Je veux te demander si tu accepterais...

d'exposer mon projet et mes maquettes dans ton �cole ?

Pour inspirer les enfants.

Oui, �videmment.

C'est leur place.

La v�ritable raison de ma lettre est...

ceci.

C'est mon testament.

Ton �cole est l'unique h�ritier.

Il y a 12 600 couronnes.

Ce n'est pas beaucoup,

mais c'est ce que j'ai �conomis�.

Je voulais te demander...

si tu accepterais ce cadeau.

Pourquoi non ?

Bien que nous soyons diff�rents...

Je ne sais pas si je t'ai compris.

Mais je suis d'autant touch�e par ce don.

T'ai-je r�ellement bless�e ?

Je ne changerais rien � ma vie.

Au contraire, je suis heureuse de t'avoir connu.

Ce sont la joie et la peine que tu m'as apport�es...

qui ont donn� un sens � ma vie.

L'�cole que j'ai cr��e...

est autant de ton fait que du mien.

En un sens, ce sont tous nos enfants.

Merci.

Sous-titres : Benjamin Squillari

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