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-S'il était un homme heureux en ce bas monde,
..c'était bien lui, puisqu'il cultivait son jardin.
Un homme différent, un peu à l'écart de son siècle,
..ignorant les journaux, la radio, la télévision.
Un homme libre d'aller à pied, libre d'être obligeant,
..serviable avec le monde.
Il faisait partie de ce paysage de banlieue..
..où pavillons et HLM poussaient autour de lui.
Il ne sortait que pour de brèves courses à Paris,
..et ne prenait..
..jamais de vacances.
Voyageur immobile, il habitait un wagon.
Il peignait, uniquement pour son plaisir.
Il avait le sens des couleurs.
Bricoleur, poète à sa façon,
..un sage, certainement.
On l'appelait "Le jardinier d'Argenteuil".
Il semblait..
..qu'il était là depuis toujours.
Parfois, il s'enfermait 2, 3 jours pour peindre en toute quiétude.
Sous cette chevelure blanche,
..sans doute, bien des choses avaient passé.
Choses dont il ne parlait jamais.
Mais, peut-on échapper à son siècle ?
Une machine électronique, sensible à l'on ne sait quel horoscope,
..un triste jour, s'intéressa à notre jardinier.
Et de bureaux en couloirs...
..de couloir en couloir...
..de rue en rue...
..un jour de printemps...
..cet homme en noir arriva à Argenteuil.
-Je cherche la rue M. Berteaux. -C'est la 1re à gauche.
-Ah bon. Et la maison de M. Martin ?
-Martin ? -Voyons, c'est M. Tulipe.
-C'est son surnom. -A cause de ses fleurs.
-Au bout de la rue.
-S'il vous plaît,
..la maison de M. Martin ? -Pourquoi ?
-C'est personnel. -Je suis M. Martin.
-C'est la C.C.A.F.R.P. -La quoi ?
-La Caisse Centrale des Allocations Familiales de la Région Parisienne.
-Entrez, monsieur. -Pardon.
Martin Joseph, Louis, Armand, né le 28 avril 1903.
C'est ça ? -Oui.
-Marié ? -Non.
-Des enfants ? -Non.
-Vous n'avez jamais cotisé aux allocations familiales.
-Non, je n'ai pas d'enfants. -Les autres en ont.
Je ne vous demande pas vos moyens d'existence.
-Je suis un honnête homme, je paie mes impôts.
-Je suis un honnête homme, je paie mes impôts.
-Ces peintures, vous les vendez ?
-Oh, rarement. -Vous êtes travailleur indépendant.
-Je m'en flatte. -Et la cotisation de retraite ?
-Je ne prendrai pas ma retraite. -C'est obligatoire.
-Je l'ignorais.
-Vous cultivez des légumes, des fleurs.
-C'est mon plaisir. -Vous élevez lapins et poules.
-Comme tout le monde.
-Vous pourriez être taxé comme exploitant agricole.
Mais ça ne me concerne pas.
Avec l'accumulation des non-paiements pendant 5 ans,
..les 10%, la rétroactivité, les amendes,
..vous nous devez..
..une grosse somme. -Et si je ne peux pas payer ?
-On saisit.
Désolé. -Vous faites votre travail.
-Vous aurez des délais, des conditions de paiement.
-Merci, mais j'aime mieux payer rapidement.
Vous prenez..
..quelque chose ? -Non merci.
-Mais si. C'est du vin du pays. -Je suis confus.
On ne fait pas toujours ce qu'on veut, dans la vie.
-On a tort. Asseyez-vous.
Bon... à votre santé.
Et à la santé des travailleurs indépendants.
-Vous êtes bien, ici. -Ben oui.
J'aurai des ennuis ? -Pas si vous payez.
-Je dois payer ?
Coup de feu.
-C'est toi ? -Bonjour, parrain.
-Que fais-tu ? -Je chasse le client.
-Au fusil ? -Je fais de l'ancien avec du neuf.
La grenaille de plomb imite les trous de vers.
-Tulipe ? -Bonjour, Albert.
-Tu viens chercher ton paquet ?
-Oui, j'en ai besoin.
-Des ennuis ? -De l'imprévu.
-Ton filleul est rentré il y a 3 semaines. Il voulait aller te voir.
-Et le Canada ?
-Le climat est dur, et je suis pas doué pour l'agriculture.
-C'est son jour de congé. -Tu as du travail ?
-Oui, je suis professeur d'auto-école.
-Ah. -Tu viens chercher ton paquet ?
Et toi, continue.
-Voilà autre chose !
-Avec la fiente, on fait de l'ancien.
-Comme antiquaire, tu as de l'avenir !
-Voilà ton paquet. -Merci.
Il faut que tu me liquides 100kg d'asperges en vitesse.
-100kg ? La récolte est bonne ! -T'es pas doué pour l'agriculture.
Va faire tes petits trous.
Oui... Dis-moi, pour les asperges...
Y'a du tirage. -Comment ça ?
-Dora t'expliquera. Elle est à la boutique.
-Oui, il est beau. -Il est magnifique, regardez-le.
-Il est cher ! -Mais non, il n'est pas cher.
Tiens, je suis en train de vendre votre cheval.
-Mon cheval ? -Il fallait le prendre hier.
Sauf si monsieur ne se décide pas. -Si, je vous laisse des arrhes.
-Il faut le prendre maintenant. Je ferme dimanche.
-Bon, je vous fais un chèque, et je l'emmène tout de suite.
-Parfait.
Noël, viens aider un client.
C'est urgent.
-Vous fermez ? -Oui, je m'en vais.
Je vais dans le Midi.
Merci, monsieur. Mon neveu va vous aider.
-Comment ça, tu pars ? -Ça fait 10 ans que je veux partir.
D'ailleurs, j'ai trouvé quelque chose sur la Côte.
-Et moi alors ?
-Au revoir !
Je vais pas rester pour tes beaux yeux.
-Vous prenez 50 % sur mes affaires !
-Oui, ben même à 50 %, je ne suis plus partante.
Vous avez trouvé votre bonheur ? -Je cherche.
-Promenez-vous.
Tu aurais dû plus investir.
-Inutile de revenir là-dessus.
En attendant, j'ai besoin de vous.
-Je retourne à mes trous. -Prends Noël, il est intelligent.
-Pas de yé-yé. -Tu vois des yé-yé partout !
En tout cas, il est moins couillon qu'Albert.
-Toujours aimable !
Elle t'a dit ? -Oui.
-Tu vois... -Non ! Tu vois rien du tout !
Tu pourrais l'aider.
Trouve quelque chose. -Je sais pas, moi.
-Mais avant dimanche. -Avant dimanche ?
*-Voici la composition des équipes.
*L'équipe d'Angleterre : à l'arrière,
*Numéro 4 : Adisson.
-10 places.
-Cessez de pousser ! -C'est le dernier, qui pousse !
-Quel râleur ! -Quoi, ce n'est pas drôle !
Ben... -Terminé.
-Ah, ben ça, alors !
-Ah, te voilà !
-Je n'ai eu que 90 places. -C'est toujours ça.
-Non, garde les 10 000. -Merci.
Que vas-tu faire de ces tickets ? -Ramène ta tante. T'occupe pas.
1000 francs !
-15 francs. 30 francs les 2. -1000 francs !
Pas plus cher que 1000 frs.
Tenez, monsieur.
-Places d'honneur. -Tribunes d'honneur : 1000 francs !
-Combien ? -1000 frs.
-2, s'il vous plaît. -Ça fait 2000.
-Il nous double. -Il va m'entendre.
-Un mutilé, c'est délicat. -Tu vas voir, la délicatesse.
-Tenez.
-Voilà. Oh, mais je ne fais rien de mal !
-C'est ce qu'on va voir. -Je les vends au même prix.
-Qu'y a-t-il ?
-Des flics embarquent un revendeur.
* Commentaire de match.
-La limace, c'est la plaie du siècle.
-C'est plutôt la télévision.
-On va battre les Anglais. -C'est la revanche de Waterloo.
-J'arrive de Colombes.
-La France a gagné. -Mon oncle s'est fait embarquer.
-Que faisais-tu là-bas avec lui ?
-Il m'a demandé de lui acheter 100 places à 1000 frs.
Je les achète, et il s'est mis à les revendre au même prix.
C'est une histoire de fou !
-Tiens, le voilà !
Regarde-le.
C'est les flics qui t'ont fait ça ?
-C'est des concurrents, furieux que je casse les prix.
Des voyous ! -Ils t'ont frappé ?
-Non, j'ai voulu me sauver, et ils m'ont mis une de ces trempes !
Et ils m'ont pris tous mes tickets -Tu as eu une drôle d'idée.
-Eh... t'avais qu'à trouver autre chose.
J'ai été au plus vite. -Et on a perdu 100 000 frs.
-Non, j'en ai vendu pour 18000 frs, ça fait 9000 chacun.
Voilà pour toi. -Mais il m'en faut 10 fois plus.
-En tout cas, je retournerai plus aux asperges.
On part demain. Prends Noël. -Les jeunes sont trop gourmands.
-Je comprends rien à vos salades. Il faut aller prévenir ma tante.
Tu viens ? -Oui.
-Tu n'es pas marrant, toi. -Ben non.
Viens nous voir dans le Midi, ça te fera du bien.
Tu verras Dora. Elle t'aime bien.
-Ah ça, jamais !
Et ta pétrolette ?
-Oh, ben, je te la laisse.
Moi, je suis guéri.
-Du muguet ?
-Du muguet ? -Demain, c'est le 1er mai.
-La fête du Travail. De mon temps, c'était la fête aux flics.
-Ça porte bonheur. -Combien ?
-1 franc. -Donne-m'en un.
-Tiens, bonhomme. -Merci.
...
-1 franc, le brin de muguet. -Donnez-m'en un.
-Voilà, monsieur. -J'ai pas de monnaie.
-Je vais vous en faire, ça fait rien.
4 et 1 : 5, et 5 qui font 10. -Merci, madame.
-Merci. 1 franc le muguet !
-Fleurissez-vous, messieurs dames.
-Un petit porte-bonheur ? -Donnez-m'en un.
-1 franc.
-Je n'ai pas de monnaie.
-5 et 5 : 10. Merci monsieur.
Qui n'a pas son muguet ?
-Pour tout le monde, c'était un jour de fête, sauf pour lui.
Pourquoi avait-il tellement besoin de monnaie ?
-Oh, thank you !
Oh, God ! A nice man !
-En quelques heures,
..M. Tulipe pesait 6 bons kilos de plus, 6 kilos de monnaie.
Les poches ne sont pas faites pour servir de tirelire.
Tintement.
-As de trèfle, 20 sous. ...
-Attention, ça ne repousse pas.
Rien ne va plus.
Monsieur ! Vous avez gagné !
-Gagné quoi ? -Le gros lot : 20kg de sucre.
-J'en ai du sucre. -Sinon, c'est un ours en peluche,
..ou une tirelire.
-Une côte de porc, une frite, un carafon de rouge.
-Voilà mademoiselle. -Merci.
Propos inaudibles.
-Monsieur, votre monnaie. -Merci.
-Et votre parapluie. -Parapluie ? Ah !
Où sont les toilettes ? -Au fond.
-Pas de monnaie ?
-Pas de monnaie ?
-Pas de monnaie ?
-Dieu vous voit.
Dieu vous cherche.
Il est temps de vous repentir. La Bible ?
-Combien ? -2 frs.
Merci.
-Était-il temps de se repentir ?
Peut-être.
Et tandis qu'à son bras, le parapluie s'alourdissait...
..un orage se levait sur Paris.
Tonnerre.
-Le destin prend parfois..
..des formes aimables, pour bouleverser la vie des hommes.
-Dire que j'ai mis une belle robe ! -Et pas de taxi le 1er mai.
-Vous avez un parapluie.
Vous pourriez nous accompagner au métro ?
-Désolé, mais je n'ai pas le temps.
-Même les vieux ne sont plus galants ! Hé !
Orgue.
-Je voudrais un cierge. Un petit.
Un petit.
Merci.
Merci.
Pluie battante.
-Hé !
-On le fauche ?
-Non.
-Eh ! Mon pépin ! -Ah !
-Mon pépin ! -Au voleur !
-Pilleuse de troncs ! -Ce n'est pas mon parapluie !
-Ah non ? Au voleur ! -C'est une honte !
-Je l'ai vue s'enfuir. -J'ai rien fait !
-Je suis témoin ! M. l'agent !
-Une pilleuse de troncs ? -Non !
Sirène.
-Ça, alors ! C'est le comble de l'erreur judiciaire !
Je me plaindrai à mon consul. -Dieu vous jugera.
-C'est du fanatisme ! -On verra ça au poste.
-Je dois être rentrée pour 8h.
Crissement de pneus.
-Connard ! Et la priorité ? -Je vous en foutrais du "connard".
-C'est à moi que je parlais. -Au poste !
-Oh, du monde ! Bonjour. -Monsieur.
-Vous êtes charmante. -On t'apprendra la politesse !
-C'est votre mari ? -Cessez de plaisanter !
-Elle pille les églises. -Menteur !
-Silence !
-Ça va durer longtemps ?
-Ici, on vous garde 6h pour 2 coups de rouge.
-Et aux meilleures heures. -Le commissaire est absent.
-Il ne faut pas s'en faire.
-Alors ?
Vous veniez de droite ? -Non, j'étais dans la voiture.
-Pour vol. -Vous êtes suisse ?
-Le dimanche. -Silence !
-De Lausanne. Je suis protestante.
Que ferais-je dans votre église ? -Les troncs.
-Non, ils sont pleins. Il n'y a plus de délit.
-On s'en va ? -Fous-nous la paix !
-N'empruntez plus les parapluies.
Vous êtes libre.
Ah ! Reconnaîtriez-vous l'homme au parapluie ?
-Ah, je ne l'oublierai pas ! Il a une moustache et une barbe.
-Que faites-vous de moi ? -Vous aurez une contravention.
Vous avez de la chance, c'est le 1er mai.
-Taxi !
-Encore là ? -Je n'ai toujours pas de parapluie.
-J'ai une voiture. -J'attends un taxi.
-Ma voiture est une sorte de taxi, j'ai une auto-école,
..et 12 voitures. -Non, j'ai rendez-vous.
-Il sera parti. -Il est très patient.
-Dommage, je voulais vous inviter à dîner.
-C'est bien, la Tour d'Argent ? -Pas mal, mais toujours complet.
Je connais des bistrots. -Parisiens ?
-Grecs, chinois... -J'ai une faim de loup !
Je mangerais du lion. -Bonne idée ! Venez.
-Vous avez le choix : kangourou aux ananas,
..lion aux pois chiches, bosse de zébu au manioc.
-On veut du lion. -Parfait, le roi des animaux.
Le roi des vitamines. -On ne mange pas ici ?
-Si, bien sûr. Caroline !
Je vais vous préparer ça. La cuisine est bonne, hein ?
Allez à la cave. -A la cave ?
-La salle à manger. -Et 2 Vodougou ?
C'est cocktail du sorcier.
-Pour le vin, je vous donne du Goulagoulou, le rosé de l'Afrique !
Musique africaine. -Un ! Deux ! Trois !
Quatre.
-Oh, M. Tulipe ! -Bonsoir.
-Comment ça va ?
Vous étiez en ville ? -J'ai fait un tour à Paris.
-Fatigué ? -Hum.
-Il fallait prendre un parapluie. -Ben oui !
Ça sent bon !
-Vous avez dîné ? -Boeuf miroton !
-On passait à table. -Restez.
-Je ne dis pas non. Enfin une bonne nouvelle !
-J'ai une petite surprise pour vous.
C'est du bonheur.
-On le dit.
Vous croyez qu'il pleut toujours. -Non, allons danser.
L'addition !
-Je suis contente qu'il ait plu. -A la pluie.
-Non, on va faire Shmolitz.
Comme ça.
Maintenant, on peut se tutoyer. -C'est charmant, Shmolitz.
-L'addition pour la 4.
-Comment était le lion ? Rugissement.
-On dirait du veau fumé. -C'est le fauve, ça.
Il faut savoir manger de tout.
Si je vous racontais ma vie. -On s'en va.
-Seul, au milieu des cannibales, pour ne pas devenir fou,
..j'ai appris la magie, et j'épatais les sorciers.
Effroi.
-Ce n'est pas tout.
Regardez.
Honneur aux dames.
Rires.
-Connaissez-vous le coup du billet ? Permettez ?
Voilà la place Blanche.
La place Voltaire, la place de la Banque.
Il est faux !
-Faux ?
-Ah oui ! Et je m'y connais.
J'en ai vu sous tous les tropiques, des faux billets.
Mais dites donc,
..ceux-ci ne valent pas mieux. -Attendez...
C'était hier à Colombes, au match.
-Les faux, c'est l'épaisseur.
Ce n'est pas de chance de tomber..
..sur un spécialiste. -Je n'ai que ça.
Je n'ai pas mon chéquier.
-Celui-là est-il bon ?
-Ah oui, il est bon. Et parfumé.
-Vous avez l'air triste. -Toi aussi.
-Car je dois vous quitter. Enfin, c'est vous qui le dites.
-On peut se tutoyer, quand même.
J'habite ici.
-Belle maison. -Hum, très belle.
C'était grave, pour moi, de ne pas rentrer dîner. On m'attendait.
-C'est ce qui te rendait triste ?
-Toi, tu es soucieux, depuis l'histoire des billets.
-Oh, absolument pas.
Ça me donne un prétexte pour vous revoir,
..et régler l'addition. -Tu as besoin d'un prétexte ?
-Alors, demain ?
-Demain, demain... Oui, demain à 3h aux Tuileries.
Près du bassin.
-Hilda ?
Hilda, vous deviez rentrer à 8h !
-Vous deviez garder les enfants ! -Vous le saviez !
C'est ma robe ! -Il a plu.
-C'en est trop ! -J'écrirai à votre père.
-On a cru à un accident. -Non, ce n'est pas ça.
Pas du tout.
C'est à cause du lion.
-Qu'est-ce qui t'amène ?
-Ça !
Un souvenir de Colombes. -Rentre.
-Vous auriez pu me prévenir !
-Albert t'a mis dans le coup.
Je ne t'aurais pas fourré là-dedans.
-Je m'attendais pas à ça.
-Qu'est-ce que tu veux ? Il faut bien vivre.
-C'est toi qui les fais ? -Eh oui.
-Tu es plus qu'un peintre, tu es un artiste !
-En 20 ans, personne n'y a rien vu. -20 ans, mais tu devrais être..
..riche ! -Pour quoi faire ?
-Je ne sais pas. Riche, ça veut dire qu'on a tout.
-Bof... on a tout et on n'a rien.
Mais ces combines, c'est pas le Pérou.
Le secret de ma réussite, c'est les petites coupures.
-C'est plus long à écouler. -Je sais.
Mais on n'y fait moins attention.
Et j'ai pas la folie des grandeurs.
Si j'ai besoin d'un pardessus, si j'ai un rappel d'impôts,
..je me mets au travail.
-Eh ben, je ne te voyais pas comme ça !
-Dis-moi, comment tu t'es aperçu qu'ils étaient faux ?
-Je suis tombé sur un spécialiste.
Maintenant, tu es bien forcé..
..de me prendre. -Comment ça, que veux-tu dire ?
Je n'aime pas le chantage. -Ne prends pas ça comme ça.
Mais je vais perdre mon boulot.
Tu pourrais me faire travailler. -Comme ça, je te suis mieux.
Je veux bien essayer avec toi. Je te donnerai 50%, comme à Albert.
Mais je te préviens, il faut prendre des précautions.
Il faut être sérieux. Bouche cousue.
Et surtout, il y a un truc : pas de femme !
-S'il vous plaît ! -Oui.
-C'est bon, ça. -Le plein.
Qu'y a-t-il ? -Dans ta boîte de dragées,
..tu sais ce qu'il y a ?
Je veux savoir la vérité.
-Hier, je t'ai menti.
Je rends service à un ami, mais c'est la dernière fois.
-Tu dois arrêter, tu as une cervelle d'oiseau.
Je vais le faire. -Toi ?
-Combien il y a ? -100 000 francs en coupures de 10.
-Pourquoi 10 frs seulement ? -C'est comme ça.
-C'est du travail d'amateur. Laisse-moi faire.
J'ai une idée.
-Voilà.
Autre chose ? -Oui.
Un cognac.
Le voilà.
-C'est lui ? C'est cet homme ?! Ça alors !
-Tu le connais ?
-Ah ! Si je le connais ?
C'est le pilleur d'églises. -Tu es folle !
-C'est ma voleuse !
Que fais-tu avec cette voleuse ?
-Une voleuse, moi ? Faussaire !
-Quoi ? -Après les églises,
..vous faites des faux-billets ! -Mais comment ça ?!
Qu'est-ce que ça veut dire ? -J'ai découvert le pot aux roses.
-Je t'avais prévenu ! Allez, foutez le camp, tous les 2 !
-Il vous faut des gens pour écouler vos billets.
-La preuve.
-Quoi, c'est déjà fait ? -J'ai acheté cette babiole,
..et je leur ai proposé de la monnaie.
Ils étaient ravis. -Vous appelez ça une babiole ?
-Je ne vais pas changer vos billets en achetant du rimmel.
Faire des billets de 10 frs, c'est ridicule.
-Je n'ai pas de comptes à vous rendre !
Durant 50 ans, j'ai lutté pour ma tranquillité !
-Moi, je trouve ça triste, la tranquillité, monotone.
50 ans à faire des billets !
-Mais non ! Depuis 20 ans.
Mais à l'école, je faisais des faux bons points,
Plus tard, des faux-papiers pour la résistance.
On ne m'a pas remercié d'ailleurs. Mais j'ai mérité !
Alors, je me suis dit : "Fais-toi ta pension toi-même".
-Merveilleux !
-Dites-donc ! -Oublions le passé.
Tu ne m'as pas dit qu'il était merveilleux.
-Je n'en ai pas eu le temps. -Tenez.
Regardez M. Rembrandt.
C'est ça qu'il faut faire.
-Je n'en ai jamais vu. Ils sont pas beaux.
Ils sont faciles à faire. -On s'installe chez vous.
Je m'occuperai de vous comme de mon père.
Vous verrez. Il faut vous y mettre.
-Vous êtes un peu gonflée, mademoiselle !
Vous me fauchez mon parapluie, vous arrivez, vous m'engueulez,
..et vous voulez vous installer !
Je ne tiens pas à finir en tôle !
Art. 139 du code pénal, vous connaissez ?
Travaux forcés à vie.
J'ai réussi, car je ne suis pas fou.
Je suis sérieux et honnête. -Faites-en quelques-uns.
On veut s'installer. -On va se marier.
-Mariez-vous, mais je vais pas loger le ménage !
Il y a l'état pour ça !
-On commence souvent par dire non,
..et puis...
-Vous voulez ? -Non.
-Il me paraît que... -Ooh !
-Lui qui vivait comme un ours. -Son filleul se marie,
..et il les a installés chez lui. -Ils s'embrassent tout le temps.
-Toi, ne rêve pas.
Petits cris. -Aïe !
Il met la musique très fort.
-Oh !
Elle crie.
Claquement de porte. -Oh ! Ben alors !
Alors ?!
Clochette. -Premier service !
... -Premier service !
On a faim ! Ça va, ton bain de pieds ?
C'est quoi ? -La pâte à papier. La moulinette !
-J'en ai besoin. -Moi aussi.
Pour le repas de parrain. -Oui, il faut qu'il mange.
-Moi, tu ne trouves pas que j'engraisse ?
Pose ton oreille. Là.
Tu entends ? -Un drôle de bruit.
Éclat de rire.
-200 feuilles de papier, pour voir comment tiendront nos 10 millions.
-Une femme qui vaut 10 millions ! -Qui c'est qui fait les millions ?
Et vous me cassez les pieds avec votre TSF.
Vous allez déguerpir ! Dans le Midi, ou au Kamchatka.
-Dans le Midi, chez mon oncle. -Le tout c'est que vous partiez.
Je n'ai plus l'âge de danser le twist.
-On vous enverra des mandats. -Si c'est pas un mandat d'arrêt.
...
-Oh ! Dora ! Les enfants !
Quelle surprise ! On ne vous attendait pas si tôt.
-Hilda. -C'est toute la Scandinavie.
-Elle est suisse. -Comme le chocolat.
Il rit. -Elle est à croquer !
-Bonjour monsieur. -Appelez-moi tonton.
Parure, voiture, fourrure... tu as fait un héritage ?
-Vous étiez à la chasse ? -La chasse aux oiseaux rares !
C'est mon métier.
-Je t'expliquerai.
-Dora !
Une maison, une maison, on ne les donne pas, par ici.
-Un placement. -Il y a "les lézards bleus".
Une belle villa que vend un de mes clients.
Ah ! La fiancée de Noël. Votre tante.
-Bonjour ma tante. -Dora.
-Bien. -Bonjour.
-Ils veulent acheter une maison, il y a "les lézards bleus".
-C'est trop cher pour eux, voyons.
-Ce n'est pas un problème, mon père est un gros industriel.
-Un verre ? -Pas toi !
Tu es déjà à ton 6e pastis !
-Oh, des mominettes.
Félicitations, c'est un beau parti.
-Noël, viens voir ! C'est ça qu'il nous faut.
-"Les lézards bleus" c'est mieux. On domine la mer.
Quoi ? Ils sont délicieux. Tu te souviens, nous 2 ?
-Un père industriel ? C'est surtout un parrain faux-monnayeur.
-Oh ! Avec ses pauvres billets de 10 frs ?
-Allez. -Je peux bouger ?
-Oui, je ne suis pas en train.
-Vous avez pourtant retrouvé la tranquillité.
-Je me demande pour quoi faire. Sans folie, la vie est terne.
-Monsieur Tulipe !
Voilà votre journal. -Merci. Tiens.
-Merci monsieur.
-Les nouvelles sont bonnes ?
-Oh, toujours pareilles.
-Vous lisez beaucoup le journal, depuis leur départ.
-Vous êtes un vrai détective. -Vous êtes inquiet.
-Moi ? -Avec les accidents de la route.
-Entre autres.
-Dans le même temps, le coin paisible où Tulipe avait vécu..
..perdait sa tranquillité.
-C'est intenable !
-J'avais 3 piques, il ne fallait pas vous défausser.
Vous, aujourd'hui, ça ne va pas.
-Excusez-moi.
-Un petit blanc ? -A qui de jouer ?
-M. Tulipe, j'ai du courrier. -Un mandat ?
-Non, c'est encore une carte postale du Midi.
Et en couleur. -Toujours des cartes.
-Bonnes nouvelles des jeunes ? -La santé est bonne.
Ils ont une maison au milieu des palmiers et des cigales,
..avec une chambre pour moi. -Vous devriez les rejoindre.
Ce serait plus calme qu'ici avec leur chantier.
-A qui c'est de jouer ?
Oh, là là ! Non, mais écoutez-moi ce pétard !
On peut même plus taper le carton tranquille !
-Si je pouvais, j'irais au soleil.
-Je suis trop vieux pour voyager.
Le train, c'est formidable ! -Vous trouvez ?
Moi, j'en ai jusque-là !
Je fais l'aller-retour une fois par semaine depuis 25 ans.
Retirez les vacances : 49 voyages par an.
Multipliez par 25 : 1225.
Avec les retours : 2450.
Avec une moyenne de 10h de trajet : 24 500 heures de train !
Alors, moi, les voyages...
-Un petit cigare ?
-Merci. Je vais dormir. Je le fumerai demain.
Bonsoir. -Bonsoir monsieur.
On a beau dire, le train, c'est ce qu'il y a de mieux.
-On est sur les roues ! Vous voyagez souvent ?
-Si je vous disais, monsieur, que j'en suis à mon 2450e voyage ?
Toux.
-Vous permettez ?
-Mais qu'y a-t-il dans ta valise ? -L'encyclopédie Larousse.
-La voiture est là.
-C'est votre voiture ? -Oui.
-Vous ne vous refusez rien. -Oh, avec le crédit.
-C'est le petit port. -Épatant pour pêcher à la ligne.
Nous sommes sur les hauteurs. -L'air est meilleur.
-C'est plein de fleurs, vous serez content.
-C'est encore loin, votre maison ? -"Notre" maison.
-Je crois que ça va te plaire.
-Arrête un peu, pour voir.
C'est ça, les bougainvilliers. -Oui. Il y en a partout.
-Nous y voilà. -C'est là ?
-Ça a l'air grand, mais...
-Le jardin n'est pas entretenu. -Ça ne fait rien.
-Regardez comme c'est joli.
-Ça ne doit quand même pas être donné.
-Venez, vous allez être bien.
-C'est grand ! -Ça vous changera.
-C'était meublé ? -Oui. Sans téléphone.
La salle d'eau est inutilisable. -Il y a la cuisine.
-Je vous montre votre chambre.
Voilà.
-La plus belle pièce ! -Toujours ensoleillée.
-Il y a une vue merveilleuse.
-Ouais...
C'est bien joli, mais expliquez-moi.
Car mes mandats, je les attends toujours.
Et cette maison est au-dessus de vos moyens.
Qui paiera ? -Comme pour l'auto.
-Le crédit. -Ça se paie un jour, le crédit.
-Vous pourriez nous aider. -Ah non ! Je suis en vacances, ici.
Ben !
-Il n'est pas dans sa chambre. -Ni dans le jardin.
Il s'est fait la malle. -Ses valises sont encore là.
Il est matinal, il a dû aller faire un tour.
-Monsieur le baron ne devrait pas se baigner habillé.
-Oh Fabien, vous êtes d'un conformisme épuisant.
Ramenez Patricia à la maison. -Si je peux me permettre,
..ce n'est pas Mlle Patricia.
Rire.
-Elle est charmante !
Pardonnez-moi monsieur,
..mais je vais plonger dans votre paysage.
Ça ne vous dérange pas ? -Je vous en prie, plongez, plongez.
Mais vous n'êtes pas abstrait !
Vous êtes plutôt naïf.
-Vous trouvez ?
Vous travaillez..
..de nuit ? -Oui, au casino.
-Dur métier ! Rien ne vaut le sommeil de nuit.
Depuis 40 ans, je me couche à 9h, je me lève avec le soleil.
-Que faites-vous si tôt ? -Je cultive..
..mon jardin.
-Je suis enchanté de rencontrer un philosophe de si bonne heure.
A qui ai-je l'honneur ?
-Tulipe, enfin...
On m'appelle Tulipe, mais je m'appelle Martin.
-Ah, enchanté. Wondberg.
-C'est un joli paysage.
Et puis, il y a des oranges. -Il y en a de meilleures à Paris,
..dans les épiceries.
-Quand on les fait pousser, on doit se sentir un peu le bon Dieu.
Le propriétaire doit pas s'embêter. -Il a un train de vie épouvantable.
Jardinier, chauffeur, femme de chambre, cuisinière,
..les charges sociales...
Ça n'en finit plus !
-Il n'a qu'à le cultiver lui-même, son jardin, il aura l'agrément..
..de la chose. Rire.
-Monsieur Pivoine !
-Tulipe.
-Pardon, Monsieur le poète philosophe.
Je vous tire mon chapeau ! Vous êtes un homme rare.
-N'exagérons rien.
-A quel ermitage habitez-vous ? -Vous voulez dire où j'habite ?
Oh... ermitage... je crois que ça s'appelle "les lézards verts".
-Non, "les lézards bleus". Mais c'est un endroit charmant !
Pourquoi je suis là ? Je voulais prendre un bain.
Je vais le prendre à la maison, avec cette fille.
Bonsoir monsieur. Ou plutôt, bonjour.
-Au revoir, monsieur.
-Je ne peux même pas la soulever.
Son matériel est sûrement dedans. On l'ouvre ?
-On n'a pas le droit de lui faire ça.
-Sans lui, on ne s'en sortira pas. -Il nous aidera, mais avec lui,
..il faut mettre les formes.
Le voilà !
-Mais où étiez-vous ? -On s'inquiétait.
-Il y a des couleurs et une végétation extraordinaires.
Des orangers, une eau transparente. -Vous vous êtes baigné ?
-Sur une toile.
Vous ferez des chefs-d'oeuvre. -Ici, tous les gens sont aimables.
-Il a l'air très content. -Ça va marcher.
-Il faudra quand même s'expliquer. -Je vous débarrasse.
-Donne ton chevalet. -Asseyez-vous.
-On va t'apporter un petit pastis.
-M. Martin, sans doute.
-Oui, c'est moi. -Enchanté.
Je passais devant, je me suis arrêté pour voir..
..si vous étiez arrivé.
Le notaire n'attend plus que vous.
-Pour quoi faire ? -Pour apposer votre signature.
L'acte d'achat est à votre nom. -Ils l'ont achetée à mon nom ?
-Vos enfants ont fait le 1er versement.
-Il y en a d'autres ? -Vous blaguez ?!
-Il y a encore beaucoup à payer ? -Vous me faites marcher.
Ce que vous savez, chez le notaire, et le reste, de la main à la main.
-Oui, bien sûr.
-Ah, M. Arnaud !
Vous êtes là.
J'allais descendre chez vous. -Pour me donner le 2e versement ?
-Associez-vous avec nous. -Oui, on partagerait les bénéfices.
-Fifty-fifty. -Pardon ?
-50-50. -50-50 ?
-Pour le financement aussi. -Je préfèrerais d'abord..
..avoir le 2e versement. -C'est un placement sûr.
Là, on ferait un bar.
-Vous croyez que les gens viendront ici prendre l'apéritif ?
-Et il y aura un self-service, et un golf miniature.
-Et un tennis ?
-Pas pour les campeurs. -Des campeurs ?!
-L'emplacement est idéal.
-Et mon 2e versement ? -Bien sûr, vous êtes prioritaire.
-Quand signons-nous ? -L'acte d'achat ?
Le notaire nous attend. -Non, l'acte d'association.
-Aujourd'hui, je n'ai pas le temps. Klaxon.
-Oui ! On m'attend.
M. Martin, au revoir.
Au revoir.
-Là, vous allez un peu fort !
Vous me faites venir en vacances, vous faites des promesses d'achat..
..en mon nom, et vous voulez amener 600 campeurs !
Comptez pas sur moi !
-Tulipe se demandait dans quel guêpier il s'était mis.
Il regrettait son jardin d'Argenteuil.
-Alors, tu ne veux pas ? -Non, je ne veux pas.
-Tu nous condamnes à la prison. -Je vais pas y aller à votre place.
-Le pays est beau. -Oui.
-La propriété ne te convient pas ?
-Si, mais sans le bar, le camping et tout le reste.
-Quelques billets de plus...
-Si on continue comme ça... Fous-moi la paix !
-Oh, mais... c'est bien monsieur... Coquelicot ?
-Non, monsieur. Tulipe. -Tulipe.
Le médecin m'a conseillé le vélo. -C'est bien.
-Vous aimez pêcher ? -Oui.
-C'est insensé de venir ici !
On n'y attrape que des coups de soleil. Écoutez..
J'ai envie de vous emmener en bateau. Vous aimez ?
-Si on prend du poisson, oui. -Le temps de téléphoner,
..et je viens vous chercher.
-En route. Je compte sur vous.
-Merci, vous êtes gentil.
-Qui est-ce ?
-Il est croupier au casino, je crois.
-On t'attend pour déjeuner. -J'aurai peut-être du poisson.
-M. Tulipe, c'est moi qui vient vous chercher.
-Y'a erreur, j'attends quelqu'un. -Vous êtes pas M. Tulipe ?
-Si. -Je vous emmène au bateau.
-Ce bateau-là ne semblait pas..
..particulièrement destiné à la pêche à la ligne.
-Doudou nous envoie sa dernière trouvaille.
Un peintre. -Encore un peintre ?
Y'en a marre des peintres ! -L'écrivain, c'était pas mieux !
-Regarde ce vieux schnock avec ses cannes à pêche !
-Je vais le faire au zoom !
Rire moqueur.
-Mesdames.
-Le baron m'a prévenue de votre arrivée.
Je vous montre une cabine. -Je ne connais pas de baron.
-Ça sera comme ça !
L'insolite est à bord ! Vous avez vu le costume ?
Si vrai, qu'il a l'air faux.
Rires.
-Doudou a l'air de vous aimer, mais il est capricieux.
-Qu'y a-t-il ? -Rien.
Aujourd'hui vous, demain, une cantatrice chauve.
Doudou est bizarre. Oh, pardon.
-Oh, je suis malade. -La dame ne supporte pas la mer.
-Ah voilà, celle-là est libre. Entrez.
Voyez-vous, ça ne ressemble pas à un bateau.
-Non, c'est curieux. -L'idée est de moi.
Où peut-on voir vos oeuvres ? -Mes oeuvres ?
-Vos tableaux. -A Argenteuil.
-C'est une galerie ? -Non, c'est mon domicile.
J'habite un wagon. -Un wagon ?
Doudou va adorer. -Qui est Doudou ?
-Le baron. -Lequel ?
-Le baron de Wondberg. -Oh, pardon.
-Je le croyais croupier au casino.
C'est à lui le yacht ? -Croupier ?
Il adore berner les gens.
-Ah !
Fou rire.
-Toujours aussi drôle ! -Voilà pour le maître coq.
Et voilà pour toi !
-J'ai horreur de toi ! -Ouvre.
-Je t'adore !
-Ah ! -Voilà, c'est le maître à bord.
-Pivoine est là ?
-Pivoine ? -Tulipe.
-Le voilà, ton Tulipe.
-Voilà Tulipe !
Mes amis, je vous présente M. Tulipe.
-Peintre, poète, philosophe. Enfin, la sagesse incarnée.
Il vous plaît mon petit bateau ? -Petit bateau, petit bateau...
-Je voudrais que vous connaissiez Patrick Gérard.
Un garçon pourri de talent.
Vous connaissez "Tentative autour d'une bicyclette" ?
-Grand Prix au festival de l'aigle. -J'ai envie de lui commander..
..un court-métrage sur vous.
-Je suis venu pour pêcher.
-On va y aller, on a tout notre temps.
On va rester 2, 3 jours. -Mais mes enfants m'attendent.
Et puis, je n'ai pas de linge. -Je vous présente Aya.
-Madame. -Et Ingen.
This is Georges, and Béatrice.
And Johnny !
Vous avez des enfants ?
-Euh, c'est tout comme.
-Vous auriez dû les emmener.
Ils sauront se débrouiller seuls ?
-Oh, ça oui. Mais enfin...
-Où es-tu ? -Dans sa chambre !
-Tu as des nouvelles ? -Non.
-Rien.
Il devait ramener du poisson. -Oh, ça me donne de l'urticaire.
Dis donc, il sait nager ? -A Argenteuil, il y a la Seine.
-On n'a peut-être pas absolument besoin de lui.
-Que veux-tu dire ?
-Regarde, il y a tout, les plaques, les encres, et même du papier.
-Où as-tu pris les clés ? -Comme ça.
On essaye ? -Tu es folle !
-Que risque-t-on ? -La prison.
-Cependant, sur le yacht du baron,
..la caméra de Patrick Gérard enregistrait la vérité,
..toute la vérité, rien que la vérité.
-Je le jure.
-Dehors, là-dedans !
-Tulipe est là ?
-Oui monsieur. -Tulipe, venez.
On peut passer maintenant au clou de la partie : le happening.
-Pardon ?
-Le happening.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Ah, je ne sais pas.
Il va nous expliquer ça. -La plus étonnante des expériences.
Nous allons vous libérer.
Fanfare.
-Le véritable happening sera fonction du degré de dépaysement.
Jazz contemporain.
-Je suis un rat dans son gruyère.
Je suis... -Allez !
-Un rat dans...
-Jamais je n'aurais pu m'imaginer qu'on puisse vivre de cette façon.
-Faut bien qu'ils s'amusent.
En fait, ce qui paraît nouveau, c'est ce qui est déjà oublié.
Dites-moi, pour vous, au juste,
..c'est quoi la vie ?
-Oh ben, est-ce que je sais ? Des choses simples.
Les plantes, le ciel, un bon petit vin blanc,
..et surtout, la liberté.
-Peut-on être libre sans argent ? -Non.
-Ah oui, mais l'argent, ça se gagne.
Ça ne se fabrique pas. -Ben...
-Vous payez ? -Mon mari est à la banque.
-Moi, j'attends pas. J'envoie la traite au contentieux.
-J'ai un billet, mais il est tombé à l'eau.
Je l'ai mis à sécher. -Vous verrez avec la compagnie.
-Monsieur, attendez 1 s.
Je reviens. Une seconde.
Monsieur, il est sec !
Klaxon.
-Rangez-vous là.
-Bonjour. Qu'y a-t-il ?
-Dépassement de la ligne jaune. -J'ai dépassé ?
-N'aggravez pas votre cas. -Vous payez tout de suite ?
-On peut ? -Ça éviterait l'enquête.
-Je n'ai qu'un billet de 500 frs. -50 000 francs !
Tu as la monnaie ? -Oui.
-La journée a été bonne. -C'est la collecte pour un cadeau.
-Il sent bon. On le garderait en souvenir.
-Comment as-tu pu faire ça ? -C'est épouvantable !
Après le type pour la voiture, les gendarmes m'ont fait peur.
-Autant donner un billet à la banque de France !
-Je suis ton mauvais génie ! J'aimerais mieux mourir.
-Sûrement pas.
-Sauvons-nous. -Et parrain ?
-Lui, il nous a bien laissé tomber.
-Le voilà. -Elle pleure ?
-Où étais-tu ? -Chez les dingues.
-Si vous saviez... -Quoi ? Vous pleurez sur moi ?
-Non, on s'est disputés. -Oh, alors là,
..c'est votre affaire, moi, je vais faire une petite toile.
-Que fait-on ? -Les valises.
Mais on n'a pas d'argent. -On le prévient ?
-Y'a personne ?
Ah si, il est là.
-Bonjour messieurs, un problème ?
-Non, tout va bien. C'est combien le pot, là ?
-Quel pot ? -Le truc avec les anses.
-Ah ! L'amphore romaine ?
Nous avons ses soeurs jumelles.
-C'est romain ? C'est vieux, alors.
-Vieux et beau, comme l'antique. Coup de feu.
-Ma femme s'entraîne à la cible. Dora !
Je suis avec des clients.
-Ma femme ne touche pas à mon arme. -Cette amphore vous plairait ?
-La fille du chef se marie. -C'est pas le cadeau..
..de tout le monde ! -Si, on a fait une collecte.
-C'est cher ? -Je vous ferai un prix.
115 frs, c'est le prix que je l'ai payée.
-115 frs. Tu crois que ça plaira, toi, ça ?
-100 frs, et nous n'en parlons plus.
-Un gros billet, ça vous dérange ? -Oh, non.
Au contraire. Je vous rends la monnaie.
-Alors, que voulaient-ils ?
-Ils ont acheté une amphore, et m'ont filé un gros billet.
-C'est bien, ça.
Oh ! -Tu t'es fait mal ?
-Il est faux, ce billet ! Rose, violet, bleu !
Tu en as vendu pendant 20 ans, et tu te fais rouler par 2 gendarmes !
-Peut-être des faux gendarmes. -Bonjour !
Je suis venu chercher ma petite selle andalouse.
-Elle vous attend. -Ah !
Oui, elle est ravissante.
Je vous avais donné des arrhes, mais je n'ai pas d'argent sur moi.
Je peux vous donner un chèque ? -Oui, mais au porteur.
Si vous voulez, je peux vous avancer du liquide.
Si vous voulez, je peux vous avancer du liquide.
-Oui, ça m'arrange ! Je n'ai jamais de monnaie sur moi.
-Tenez. -Merci.
-On arrondit la somme. -Oui.
Un billet de 500 frs vous intéresse ?
-Ça ne vous gêne pas ? -Si ça vous arrange.
-Ça ne coûte pas cher.
-Hilda !
Tu es prête ?
Dépêche-toi.
-Il reste à avertir parrain. Voilà sa valise.
-Il sera furieux.
-On ne devrait pas partir. -Je n'irai pas en prison.
-Et pour l'essence ? -Il reste des billets.
-M. Tulipe habite bien ici ?
-Oui.
-La porte était ouverte.
Ah... vous venez d'arriver ? -Oui.
-Je suis Edouard Wondberg. -Enchantée.
-Oh !
Mais bien sûr, c'est le tableau qu'il peignait l'autre matin !
C'est votre père ? -Mon parrain.
-Il a du talent.
-Plus encore. -Combien vaut-il ?
Un tableau comme ça, ça vaut... 500 frs ?
-Oui, 500 frs. -Je le prends. J'ai un gros billet.
-Ça ira. -Il est parfumé.
-Merci monsieur ! -Il devait être à une jolie femme.
-Oh, ben c'est une surprise !
-Je m'ennuyais..
..déjà de vous.
Vos enfants..
..m'ont fait faire une affaire. -C'est mon tableau.
-Je viens de l'acheter. -Il a insisté.
-Reprenez votre argent. -Non.
-Je refuse. -Oh, laissez-le-moi.
-Alors, je vous en ferai un autre pour rien.
-Il sera très bien dans ma chambre.
J'y vais. A tout à l'heure. -Comment ça ?
-Ah, mais oui,
..je passais pour vous inviter à venir dîner chez moi.
-Un dîner happening ? -Non, non, un dîner très sérieux.
-Je n'ai pas de tenue de soirée. -Restez en toute simplicité.
On ne s'habille plus, aujourd'hui.
-Au revoir. -Je vous reconduis.
-Qu'est-ce que c'est ? -C'est Hilda.
-Elle a ouvert ma valise ? Comment le baron a-t-il eu ce billet ?
-Elle l'avait donné à un gendarme. -Un gendarme !
Demain, je me mets au travail pour vous dépanner une dernière fois.
Mais je ne veux plus jamais entendre parler de vous !
Compris ?
Y'a pas à rire !
Pourquoi m'emmener au casino ? -J'aimerais voir votre réaction..
..devant les millions qui se gagnent et qui se perdent.
-Si ça vous amuse, je ne veux pas vous désobliger.
Mais je n'ai pas la tenue idéale. -On vous trouvera une cravate.
Eh bien parfait !
-Ça peut aller ? -Très bien.
Chers amis, permettez-moi de vous présenter mon ami Tulipe.
Un peintre du plus grand talent.
Mes hommages.
-Vous connaissez tout le monde. -Tout le monde me connaît.
Une seconde, le temps de changer un peu d'argent.
-Bonsoir, 10 plaques de 100.
-Wondberg, votre peintre, il ferait mon portrait ?
-Il ne peint que des fleurs. -Je m'appelle Marguerite.
N'oubliez pas votre revanche. -Revanche ?
-A la bataille. -J'oubliais.
Je vous rejoindrai plus tard. -Je serai dans le salon rouge.
-C'est ça, une salle de jeux ? C'est pas tellement folichon.
-On ne vient pas ici pour s'amuser. -Ça ressemble à une église.
-Venez apprendre votre nouveau catéchisme.
C'est très simple : des cases, des numéros, des colonnes.
Vous les mettrez où vous voudrez. -Et alors ?
-Si vous gagnez, vous continuez. -Et si je perds ?
-Aucune importance ! -Ah !
-Ici, c'est le privé.
Tous ceux qui rentrent ici ont des noms ou des fortunes.
A tout à l'heure. -Et vous ?
-Je ne reste pas. -Vous n'allez pas me laisser seul.
-Asseyez-vous où vous voulez. Je ne serai pas long.
-Faites vos jeux.
Roulement de la bille.
-Rien ne va plus.
-La place est libre ? -Certainement.
-35, noir, impair et passe.
-A votre disposition.
-Les roses, ou les bleues ? -Les bleues. 10000 F la bataille ?
-50.
-Bien.
8. -10.
-Valet.
3. -Bataille !
-Maintenant...
Re-bataille ! -Re-bataille !
-Vous gagnez !
-Nous avons bien dit 50 ?
-Voilà. -Je marque 500 pour son altesse.
-On continue ?
-500 frs maximum.
-Combien de plaques ? -5 plaques.
1, 2, 3, 4, 5.
Et là, comme ça, j'ai le droit ? -Certainement.
-5 plaques au 26, le reste 6e transversale,
..carré, cheval, et plein.
Rien ne va plus.
-26, noir, pair et passe.
6e transversale, carré, cheval, et plein.
-S'il vous plaît monsieur, 70 000. -Merci monsieur.
-As. -As.
-Bataille !
-Re-bataille !
Vous gagnez.
Il ne me reste plus qu'à rendre les armes.
Mettez ça sur mon compte. Merci Marguerite.
-A bientôt. -Quelle charmante soirée.
-Eh bien, votre ami ! -Il est là ?
-Je comprends, oui !
-29, noir, impair et passe.
-Mais alors !
-Voici monsieur, 200 000 frs. -Merci.
-Ça marche !
-Les plaques de 10 000, c'est 10 000 anciens ?
-Non ! Il y a 10 millions ! -Alors, j'arrête.
-Attendez, maintenant, qu'auriez-vous joué ?
-Je sais pas. Le 4. -Rien ne va plus.
4, noir, pair et manque.
-Vous auriez gagné ! -Oui. Voilà votre argent.
-Non, je prends ma mise, le reste est à vous. Un plateau !
-C'est inutile. -J'y tiens.
-Je n'en ai pas besoin. -Prenez-le. Pour vous.
Alors, où allons-nous ? -J'irais bien faire un tour, moi.
-Vous n'allez pas me laisser ? -Non.
Mais j'irais bien prendre l'air. -D'accord.
-Vous voilà riche, mon cher philosophe.
50 millions !
-48, mais quand même... -Qu'allez-vous en faire ?
-Je ne vois pas.
Je vais donner un coup de main aux enfants.
-De quoi avez-vous envie ?
-Moi... je ne vois pas.
-Vous n'avez pas un désir secret ?
Quelque chose d'inaccessible ?
-D'être jeune et beau. -Ah oui, ça, c'est difficile.
-Eh oui !
Non, vraiment, je ne vois pas. Euh...
Si, gamin, j'avais un rêve. -Dites.
-Avoir un cheval et une voiture. -Rien de plus facile !
-Vous avez connu Paris, avec les chevaux, les voitures,
..les fiacres ? -Bien sûr.
Ola ! Réveillez-vous. Vous êtes libre ?
-C'est ma dernière course. -Dites...
Monsieur veut acheter votre fiacre. -Oui...
Allez cuver votre vin ailleurs. -On a de quoi l'acheter.
-Mais il n'est pas à vendre. -2 millions.
-N'exagérons pas. 1 million.
500, 1 million.
Non, disons... disons 1 million et demi.
-Mais... mais c'est trop. Ça va pas, ça.
-Comment ça, ça va pas ? -Il faut faire un papier de vente.
-Venez demain me voir à la tour St-Hospice. A 1h.
Et maintenant, conduisez-nous. -Je n'ai pas acheté le cocher.
Je veux conduire. J'ai servi au 4e dragon, moi.
-Il traîne, votre cheval. Ce n'était pas une bonne affaire.
-Je n'ai pas voulu faire une bonne affaire, j'avais envie d'un cheval.
-Tulipe, vous me décevez.
Vous êtes riche,
..et vous voulez un cheval. -La 1re personne qu'on rencontre,
..je lui donne un million. -1 million ?!
-Continuez comme ça, ça va vite... Fou rire.
-Ce n'est pas une bonne idée.
-Emmenez-nous donc prendre un verre.
-Encore un verre ? -Ah, il est tard, je dois rentrer.
-Votre femme vous attend ? -Je suis veuf depuis 15 ans.
-C'est pas de chance.
-La mienne aussi est partie comme ça, il y a 15 ans.
Et depuis, je m'ennuie.
Et vous, Tulipe ? -Moi ?
Oh moi, je n'aime pas parler de moi.
-Eh !
Voyez ce qui arrive !
-Je ne passe qu'une fois.
-Quel dommage ! C'est un bateau !
-L'arche qui vous sauvera quand les flots engloutiront le monde.
Les glaces s'accumulent au pôle Sud, la Terre va basculer.
Je suis Noé des temps nouveaux. -Oh...
Vous voulez boire un verre ? -Jamais d'alcool. De l'eau.
-Oh, mais pourtant, Noé...
-10 frs pour l'arche, et votre âme sera sauvée.
-Ce n'est pas cher.
-C'est intéressant, son idée : la dérive des continents.
-J'annonce le nouveau déluge, l'apocalypse des temps modernes.
-Il est charmant !
-Il est rare.
-Il n'est pas gai.
-Dieu m'envoie parmi vous pour vous sauver.
-Il est parfait : un prophète dans un bar de Sodome et Gomorrhe !
Accepteriez-vous de venir à mon bateau ?
J'ai des amis qui seraient ravis de vous connaître.
Et Patricia adore l'histoire sainte.
-Je te suis mon frère, tu fais partie des rares qui seront sauvés.
-Alors Tulipe, vous m'abandonnez ?
-Ne sombre pas dans la tentation. -Votre âme est sauvée.
Vous n'avez plus besoin de moi. -Vous m'avez beaucoup appris.
Vous, vous étiez le sage, le philosophe.
-Oh, la philosophie... Mais le philosophe vous dit merci.
Adieu.
-Entre amis, on ne se dit jamais adieu.
Adieu.
-Entre amis, on ne se dit jamais adieu.
-Terre ! Engloutis-toi !
-C'est tous des fadas ! -Allez, youp !
-Tard dans la matinée, Tulipe avait regagné "les lézards bleus".
-Oh, Noël !
Noël !
-Inquiets de son absence, les jeunes gens étaient partis..
..sinon à sa recherche, du moins à la poursuite de quelque expédient.
-Leurs destins se croisaient en se séparant.
Klaxon.
Klaxon.
-Oh !
Oh !
-Noël ?
Noël ! Alors ?
-Et toi ?
Pour la voiture ?
-Ils veulent porter plainte. Elle pouffe.
-Que fait-on ?
-La noce ! Cri de joie.
Elle rit aux éclats.
-"Voilà ce qu'il vous fallait.
Je rentre à Argenteuil." -25 millions !
Cris de joie.
-Il les a fait bien vite. -Il a dû les faire avant.
C'était une surprise !
-Les gendarmes !
Sirène.
-Il y a un lion qui s'est échappé du cirque.
Je vais rentrer les petits. -Mon Dieu !
-J'ai été en Afrique, et c'est ici que je vais à la chasse au lion !
-Il est gentil.
-Regarde le chien jaune. Il est passé dans les buissons.
-Qu'est-ce qu'ils veulent, ces gendarmes ?
-Je reconnais..
..le petit. -Ils viennent ici.
-Tulipe est arrêté. Sauvons-nous ! -Par la terrasse !
On n'a rien fait. -Les billets ?
-On va les cacher. -Ils les trouveront. Brûlons-les !
Vite ! -Dans la cheminée.
-Va fermer la porte.
Elle est vide. Tu as des allumettes !
-Là... dans la cuisine.
Tiens, tiens, tiens.
Oh, zut ! Oh, sauvé ! Tiens.
-Ça ne brûlera jamais. -De l'eau de Cologne !
Sirène de pompiers.
-Ils font du feu !
Après, on s'étonne qu'il y ait des incendies.
-Ainsi brûlent les châteaux en Espagne.
Un jour, des plongeurs sous-marins découvriraient peut-être..
..un étrange matériel.
Quant à vous, si vous allez dans le midi de la France,
..et que pour vos enfants,
..vous cherchez une personne de confiance,
..vous pourriez engager une certaine Hilda.
Mais attention à votre montre.
Si vous n'avez pas le permis de conduire,
..n'hésitez pas sur le choix de votre professeur.
-Non, écoutez... -Ça ne va pas ?!
-Ce n'est rien.
-Si d'aventure vous vous promenez dans la banlieue parisienne,
..à Argenteuil, par exemple...
Vous y rencontrerez peut-être 2 anciennes connaissances,
..deux vieux amis...
Tulipe et son cheval Patcho.
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