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Original subtitles

Chants d'oiseaux

Musique douce

- Bonjour, je suis Sébastien Lejeune.

Je suis maire de Paimpont.

Je suis le propriétaire de la scierie, produits locaux et durables.

Ainsi que d'une entreprise de construction.

Alors, Paimpont, c'est une ville qui bouge pas mal, hein !

La commune a des atouts.

Nous avons l'abbaye,

nous avons l'étang.

Euh... ah !

Le mythe

de Merlin l'enchanteur, ça vient d'ici.

De Brocéliande, pas d'Angleterre, attention !

Bon, nous n'avons rien contre nos amis anglais.

Même après le Brex... bref !

Dès que les Russes ont envahi l'Ukraine,

tout le village s'est mobilisé.

Nous avons été bouleversés par cette guerre atroce.

Et après un vote au conseil municipal,

nous avons décidé d'accueillir des réfugiés ukrainiens.

Ils arrivent enfin, dimanche prochain.

Petit rire

Ça va ? C'est bien, non ? - Oui.

- J'étais bien ? Ouais ? Hein ? - Mmh.

- Physiquement, j'étais comment ?

- Pardon ? - Physiquement ?

- Oui, ça va. - Ma femme m'a dit :

"Mets la chemise bleue.

"Tu as les yeux bleus.

"Ça te va bien."

Super, j'étais bien.

Eh bien, nous allons pouvoir procéder au vote

pour l'accueil des réfugiés ukrainiens.

Les pour.

Musique douce

Hervé Riou ?

Adopté à l'unanimité.

Applaudissements

- Je me suis occupée de l'administratif pour leur venue.

L'abêtissement du peuple

est l'arme la plus puissante des diktats.

Hein, les enfants ? - Oui, madame Joëlle.

- Voilà. Alors moi, quand j'avais onze ans, en classe de 6e,

j'ai vu Nuit et Brouillard. Ça a changé ma vie.

Vous l'avez vu ?

- C'est vrai, les Ukrainiens ont souffert.

Je fais partie du conseil, j'ai voté pour qu'on les accueille.

Ceci étant dit, il y a des Français qui souffrent aussi.

Et on en parle moins.

Mmh ? - Ouais.

- En 1968, je suis parti de Paris pendant la révolution des bourges.

J'ai acheté un terrain ici pour mille francs.

C'est moi qui ai inventé le bio.

Mais j'ai pas déposé le brevet.

Ou j'irais dans l'espace avec les milliardaires.

- Bon, et si on parlait de cette famille, alors ?

- Oh...

Elle, ça va encore.

Comment elle a eu des enfants aussi moches ?

Ça doit venir de lui. - Vous parlez de qui ?

- Je parle de l'infirmière et du plombier.

Les Riou.

Portière

Quand on parle du loup. - Vous faites quoi ?

- Géraldine Riou. - Bonjour.

- Bonjour. On fait un sujet pour France Régions

sur la famille d'Ukrainiens qui arrive.

- C'est bien. Rire

- Reste !

-Ça vous intéresse de passer pour...

- Ah, non ! Je travaille pas devant les caméras.

- Elle est comme ça.

- Je vous attends.

- Votre mari doit pas être content, avec les Ukrainiens.

- Au contraire, très content. - Ah.

- Il a même voté pour. Rire

C'est pas qui vous croyez.

C'est un homme bon et un très bon père.

- Vous voulez que je lui vende ma longère.

Je vendrai pas à un facho. - Yves,

arrêtez, ou je vous vaccine de force contre le Covid.

- Non ! Jamais d'AstraZeneca

dans mon compost ! -À vous accroupir

sur votre compost pour faire, vous allez tomber et attraper un truc.

- Sans mon caca, les légumes poussent moins bien.

Les bourgeois nous traitent

comme de la merde. - Mmh.

- Là, je leur en fais bouffer. Porte

- Bonjour, j'ai vos courses !

- Oh là là...

- Une catastrophe ! - Elle est bourrée.

- Mmh...

- Alors, comment ça va, Yves ? -Ça va, et toi ?

-Ça va, Géraldine ? -Ça va, merci.

- Un coup de chouchen ?

- C'est pas de refus.

- Voilà, je savais qu'elle refuserait pas.

- Vous êtes la propriétaire de la supérette ?

Avec votre mari. - Oui.

- Vous ferez don de produits ?

- Euh, oui.

- Euh, juste, vous pouvez étoffer un peu ?

- Bah, oui. Bah, oui, parce que...

C'est Joëlle qui va organiser l'arrivée des réfugiés.

Moi, je vais faire des trucs plus pratiques, vous voyez ?

Mais on est comme des sœurs.

Depuis la 5e, on a étudié ensemble. - Zoome.

- Pour devenir institutrices.

Mais j'ai eu des enfants très jeune.

Et mon mari a repris la supérette de Paimpont.

C'était quoi, le... - Monsieur. Monsieur.

- Moi, c'est madame. Anne. - Je sais. Monsieur.

Si... - Monsieur ?

Rire Ah, c'est Yves.

- Avec Blanche-Neige, la belle-mère, c'est la même situation.

La même histoire, toujours.

Une femme de plus de 30 ans est une sorcière.

Une femme superficielle, diabolique, voilà.

On nous dit que ça change, mais...

Musique intrigante

Soupir

-Svoboda rivnist bratstvo.

Ça veut dire "liberté, égalité, fraternité"

en ukrainien.

Alors, on est très heureux d'avoir...

d'accueillir ces réfugiés.

- Attendez, il y a l'institutrice qui...

- Non, mais.

Bonjour, excusez-moi.

- Je suis en interview. - Je dois vous parler.

- Bonjour.

- Oui, enfin...

- On doit la refaire. - En privé.

- Une minute. - Excusez-moi.

Non, juste deux secondes. - On fera des plans de coupe.

Tu prends à l'épaule. - Il y a eu un changement.

- De ? - On filme les canards.

- J'ai appris ça ce matin.

Il y a eu tant de demandes de réfugiés ukrainiens,

qu'en fait, il y en avait...

- Vous me faites peur, Joëlle.

- Il y en a plus.

- Comment ça, il y en a plus ?

- Plus. - T'entends ça ?

- Toute l'Europe s'est ouverte. - La cata !

- Non, la bonne nouvelle dans tout ça...

- C'est quoi ? - On nous envoie quand même une famille.

J'ai réglé l'administratif avec la préfecture.

- Mais ils viennent d'où ?

Musique intrigante

On frappe.

Match en fond

Bonjour, bonjour.

Bonjour, Hervé. Ça va ?

- Oui. - Vous avez l'air en forme.

-Ça va, ouais. Rire gêné

- Je passais dans le coin,

je me suis dit que j'allais dire bonjour.

- Bonjour.

- Oui.

Euh, non...

Mmh...

En fait...

Ce sont pas des...

des Ukrainiens,

qui vont venir, mais...

ce sont des... des Syriens.

Vous êtes le premier que j'informe...

- Des Syriens d'Ukraine ?

- Non, non, des Syriens

qui viennent de Syrie.

Enfin, ils sont passés dans un camp, mais...

- On a pas voté pour ça.

- Bah, un peu, hein.

Vous savez, Hervé...

les Ukrainiens sont très demandés

sur le marché du réfugié.

Mais je suis sûr que vous allez les aimer.

Musique entraînante

- Je suis ravie d'accueillir

tous les étrangers de la Terre.

Ici, on est un lieu d'échange, de rencontres, de convivialité.

Meuglement

- Aux champs, des Ukrainiens,

ça peut être intéressant,

mais des Syriens, comment on va causer ?

- Moi, j'ai aucun problème, mais les Arabes,

ils mangent pas d'andouille.

- On a rien contre les Arabes. - Arabe,

c'est pas une insulte. Rires gênés

- J'espère avoir des clients.

Ouais, parce que là...

Ça me plairait pas des femmes voilées.

Il y a voilée et voilée, aussi.

Il y a voilée beaucoup, moyen, un peu.

Je confonds les pays.

Je suis pas bonne en géographie.

- Moi, j'ai pas d'avis.

Mais pourquoi on a pas eu des Ukrainiens comme tout le monde ?

Et on se demande s'ils vont pas arriver à 15 au lieu de 6.

Soupir

Eh ouais.

- Nous sommes tous des migrants.

Et nous devons accueillir ces Syriens comme nos frères.

Claquements

- T'aurais pu me dire.

- Je pouvais pas te le dire, j'étais même pas sûre.

Je l'ai appris très tard.

- Je suis ta meilleure amie. - Tu sais pas garder un secret.

Quand j'ai embrassé Charlotte, tout le lycée l'a su en 24 h.

-Ça fait 35 ans.

- C'est trop moche. 35 ans plus tard, on me croit toujours lesbienne.

Hein ? Franchement.

Soupir - Remets-toi à la peinture.

- Je sais pas.

- C'est ravissant.

- Tu trouves ? - Ah, oui.

- C'est vrai, c'est pas mal. - Si, ça passe.

- Vous faites quoi avec ça ?

- Bah... - Je le leur ai demandé.

- Pourquoi ? - J'ai vu un reportage sur la Syrie.

- Ouais ?

- Ils dînent sur un tapis.

Ah zut, là, sur une table. - Une table, ouais.

Là, table du salon. Il y a pas de règles.

Ça a l'air bon.

- J'avais appris la recette du bortsch.

- Les filles, ça pèse.

- Oui. Mettez-la dans le coin.

On laisse le tapis au milieu, comme ça, ils décideront.

- J'avais apporté du bordeaux. Mais ça va pas les intéresser.

On la boit maintenant ?

- C'est un peu tôt, 11 h ?

- Nous, on dit pas non.

- Ah ! Et puis c'est du bio, en plus.

- Ils ont du bio, les Syriens ?

- Comment on dit "bio" en anglais ?

- Ils parlent anglais ou français ?

- Oh... - Ah, bah...

Ni l'un ni l'autre ? - Un tire-bouchon ?

- C'est la merde.

- On en a un dans le camtar.

- Comment on dit "tire-bouchon" ?

On fait ça ? - J'ai pas demandé.

Tu connais des Arabes ?

- Ah, bah, oui, je connais mon...

Mon conseiller bancaire a un nom arabe.

- Ah ! Pas mal.

Musique classique

Léger brouhaha

- Je vais peut-être pas tarder.

- Attends, c'est un événement, quand même.

- On va pas fermer toute la journée.

- M. le maire, je vous présente Madjid, mon banquier.

Il va aider à la communication. - Bonjour.

- C'est sympa. - Super, merci.

- De Rennes. Il est adorable.

- Vous nous sauvez. - Très gentil.

- Je sais pas, je vais essayer.

- Sympa de venir de Rennes. - Bonjour.

Ils se saluent.

- Et si c'est

des terroristes ? - Ils ont fait des tests.

- Des tests ? - Ouais.

- Il y a une fille de notre âge.

- Si tu la regardes dans les yeux, le père te les arrache.

- N'importe quoi.

- Si, je te jure !

- Tu sors ça d'où ? - De mon père.

- Johnny, venez voir.

Venez. M. et Mme Morel,

ça fait tristos. Mettez-moi

les jeunes devant. Ce sera plus...

- Les jeunes. - Merci.

- Avancez, n'ayez pas peur de vous mettre devant.

- Avancez. - En souriant. Vous avez l'air heureux.

- La jeunesse de Paimpont.

Léger brouhaha

Ça va ?

- Super.

- On verra plus tard.

- Ah !

- Chope le bus. - Les voilà.

Les voilà. - Oh là là !

-Ça fout le trac. Hein ?

- Sourire, sourire. À Paimpont, on a la banane.

- Voilà.

Portière

Rire gêné

- Il a trois femmes ? - Mais non.

Il y a sa sœur et sa fille.

- Ah, oui.

- Bien... bienvenue à Paimpont.

- Voilà.

Arabe

- Voilà.

Anglais

- Ah !

- Ils parlent anglais.

- Oui, mais c'est super que vous soyez là.

- Bonjour.

-Hello. Welcome.

- Philippe Poudoulec.

- Bonjour.

- Enchanté. Je parle aussi français, un peu.

Cris admiratifs On a appris

dans le centre d'accueil. - Ah oui, super.

- Mais on veut apprendre plus.

- Bien sûr. - Justement, moi, je suis... teacher.

- Oui. - Je vous donnerai des cours de français.

Surtout à votre garçon, je suis son institutrice

à l'école.

- Mais Joëlle, tu pourrais leur apprendre

un peu le breton. Kenavo.

- Peut-être dans un second temps. Laissons-les arriver.

- Oui, et je suis le garde-champêtre.

- Voilà.

Rires gênés - Vous savez,

à Paimpont,

euh...

On connaît bien la Syrie.

La scierie.

Je suis propriétaire d'une scierie. Le bois.

Vous voyez ? Oui. Rires gênés

- Bon. - C'est une blague.

Propos en arabe - Merci, Sébastien.

- Vous couperez. - Oui.

- Non, sérieusement. - Oui.

- En tout cas, oh !

Pff. -It's...

cloudy...

Pluie ? - En Bretagne,

c'est "bruine".

- Voilà. - Crachin.

Crachin. - Crachin ?

- Crachin. Ils répètent.

Ne venez pas tous. Les enfants, vous restez.

Merci à tout le village

d'être venu.

- Alors,

voici la rue Le Guellec, la rue principale de Paimpont.

- Non, mais... - La seule rue, vraiment.

- Anne, c'est plus Le Guellec.

- Ah, oui, parce que... - Un violeur et un raciste.

- Oui. - Elle a été renommée.

- Maintenant, elle s'appelle

la rue Jeanne Malivelle. - Voilà.

C'était une artiste bretonne, invisibilisée, bien sûr.

Comme d'hab.

- Ouais.

- C'est quoi, ça ?

- Oh, c'est quoi, ça ?

- Non, non, ça, vous filmez pas.

- Mais qui a fait ça ? - Non !

- Il faut montrer.

Il faut montrer. - Non, je vais appeler les municipaux.

Ils nettoieront. - Quelle honte.

- Je veux une enquête.

- Je vais chercher mon kit pour les empreintes.

- Très bien, allez-y.

-Yes.

- Tout va bien.

Tout va bien. Venez. -My God, Sébastien.

Arabe

Ils murmurent en arabe. - On va rentrer.

Arabe

Internet.

cheminée. pour chauffer au bois.

- Parce que...

- L'hiver est froid.

- Le froid. Hein ? Elle tremble.

- Ah oui. - Suivez-moi.

Hop, venez.

- Oui.

- Regardez-moi cette cuisine !

Rire - Elle est belle.

- Très belle. - Voilà.

Refaite. - Excusez-moi.

Arabe

- Madame Joëlle. - Oui ?

Anglais

- Et depuis,

pas de nouvelles, rien. On cherche depuis longtemps.

- Ah, je vais essayer d'en avoir. Enfin, de me renseigner.

- Merci.

- De rien. - Merci.

- J'avais oublié.

Le lave-vaisselle. - Voilà...

- On l'ouvre, on ferme.

On l'ouvre et on ferme.

Ici, on met les..

Balbutiement - C'est un lave-vaisselle.

- Voilà.

Musique entraînante

Arabe

Soupir

Soupir

Il acquiesce.

Soupirs

Appel FaceTime

- Bonjour. Vous êtes qui ? -Pardon.

Parlez-vous anglais ? - Euh...

Euh...

-Ah, yes.

-OK, thank you. - By the way.

-Yes.

Please.

-Thank you.

-Bye.

-À bien...

- Ah, ben, j'ai raccroché.

À bientôt.

Soupir

Musique intrigante

Arabe

-Yallah. Bye. - Bye.

- Ils arrivent. Pas dans les yeux.

- Bonjour.

- Pour Collège Hermine, ici ?

- Non.

Pour les massages scolaires. Tu en veux un ?

Soupirs - Quel gamin !

- Une blague. Massage, ramassage.

- Pas drôle. - C'est bien ici.

- Merci.

Moi, je m'appelle Dina.

- Théo.

- Romain. - Bertrand.

- Ludovic. - Antoine.

- Basile.

- Mmh.

Pas de filles, ici ?

- Non, il y en a pas, à Paimpont.

Enfin, que des petites filles.

Il y en a au collège, t'inquiète. - OK.

Et... ça, c'est Wael, mon frère.

- Salut.

- Wael, c'est breton ?

Ils le rabrouent.

- Tu t'assieds ?

- Non, merci.

- Wael, on y va ?

Bonjour, Dina. - Bonjour.

- Bonjour, les garçons. - Bonjour.

-Bye. - Bye.

-Ça va ?

Propos indistincts de Joëlle au loin

-Session d'informations de la mi-journée.

La perspective d'un vendredi noir pour les cabinets des médecins en grève.

Ils réclament la réouverture

des négociations avec l'assurance-maladie.

Une grève suivie dans d'autres secteurs pour réclamer des hausses de salaire.

Également la grogne...

Musique douce

- Anne. - Ouais ?

- Un truc me turlupine depuis hier.

- Quoi ?

- Elles ont pas de... de voile.

- Bah, non.

On va y aller. Vous tournez déjà ? Ouh, là.

- C'est des Syriens ? Ils ressemblent à des Roms.

- Mais non, ils sont de Syrie.

- Je sais pas. Joëlle raconte n'importe quoi.

- Allons-y. Bonjour ! - Oh, arrête.

Bonjour !

- Bonjour ! -Come in.

- Bonjour. - Allez, entrez.

- Bonjour. -Welcome here.

-Welcome.

-Ça va ? Il fait pas trop froid pour votre 1er jour ?

-Ça va, merci.

Arabe

- Voilà. Donc là, bonjour.

Alors, Anne et Philippe.

- Bonjour. Enfin... - Ont décidé

de vous offrir, de vous faire don,

de donner des produits d'ici, gratuits.

Free food. - Alors, bon...

Dont des produits périmés d'un jour

ou deux, mais c'est bon, moi, je mange que ça.

Rire Alors...

Là, par exemple, on a nos beurres.

On a le beurre... On a le beurre doux, demi-sel.

Le beurre doux bio, le beurre en baratte, le beurre allégé.

Le beurre aux cristaux de Guérande, le préféré de Joëlle.

Ah, oui.

- Mon préféré. - On a des beurres industriels.

Le Président, le Elle & Vire.

Le beurre Echiré. Moi, j'avoue que... Joëlle, tu me diras,

le beurre régional reste

le meilleur. - Hé, s'il vous plaît, là.

S'il vous plaît, on peut pas...

piocher et manger les produits.

- Bah, qu'est-ce...

Il a mangé quoi ? - Une noix et une amande.

- Ah bon ? - Et une pistache.

- Il savait pas, Philippe.

- Peut-être que dans son pays, on goûte.

- Dans son pays. Enfin, bon.

- Il y a pas mort d'homme. - J'ai le droit de dire quelque chose.

- C'est vrai qu'il a un peu raison. On peut pas non plus...

- Si vous vous y mettez à deux, je vais régler.

- Mais non ! - Si, si. Une noix, tu veux quoi ?

Trois euros, le cerneau ?

- Je vais payer. - Non, non.

- Non, c'est moi. - C'est pour le principe.

- Vous saviez pas. - Coupe.

- OK. Pourquoi vous filmez plus ?

- Mais non, mais...

Je sais pas, vous allez régler ça tranquillement entre vous.

- Filmez ce qui se passe. Faites pas des plans de beurre.

- Hé, ho. Vous décidez de ce qu'on filme ?

- Hé, ho !

Vous connaissez Michael Moore ? - Oui, mais nous,

on fait un 52 minutes pour la région.

- Bon.

- Bon, allez, tourne, vas-y. -Ça marche.

- Alors, je suis désolée.

-Thank you. - Voilà.

-Bye-bye. - Merci, hein !

Quand même.

- On va travailler, Joëlle.

Gagner de l'argent.

Très difficile. Le chômage.

Dépression, alcoolisme.

-Yes, mais moi, je veux travail.

En Syrie, je gagnais argent.

- Ouais, ben, ici, graphiste...

Vous êtes médecin ?

- Euh, je suis architecte.

C'est moi, le médecin. - Alors ça, c'est pas mal.

Il y en a plus, ici.

Si on peut obtenir une équivalence de votre diplôme,

peut-être, on aura du travail.

- Euh... diplôme brûlé

dans incendie contre ma maison.

Hôpital bombardé.

- Moi, pas besoin diplôme.

Là où travail, je travaille.

- Bon, je vais vous trouver un truc.

- OK. - Allez !

Il marmonne.

Tintements métalliques

- Alors... bon, là, c'est écrit

"pas acquis". Bah non, trois.

Pas acquis. - J'ai vu le mari

en passant en voiture. Le grand.

Je le sens pas.

Il avait l'air méprisant. - Le carré de la longueur

de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés

des longueurs des côtés de ? - De ?

- Comment il s'appelle, déjà ?

- Marwan, je crois. - Des côtés de Marwan.

- Des côtés... Mais...

Mais non, mon chéri, non. De l'angle droit.

Hein ? C'est écrit dessous.

- Dis donc, tu l'as croisé, ce matin ?

- Euh,

je l'ai vu avec sa femme.

- Et alors ?

- Ben, rien. Ils m'ont saluée.

- T'as fait quoi ?

- Ben, je les ai salués.

Ils m'avaient souri.

- Manquerait plus qu'ils mordent.

Lejeune s'est laissé complètement manipuler.

On sait par qui, mmh.

- Par les Juifs ?

- Non, par Joëlle.

- Ah, oui. - Elle est juive ?

- Jo... Joëlle est juive ?

- Non, je crois pas.

Non, elle a pas un rond. Soupir méprisant

Elle aurait pas fait venir les Arabes.

- Non.

- Bah, ouais.

Voix d'enfant

Ronflement

Musique triste

Il renifle.

Ronflement

Elle acquiesce.

Rires

- Bonjour.

Hervé grogne.

Soupir

Porte

Il marmonne.

- Bonjour, Yves. Ça va ?

- Ouais.

Ça va.

Excusez-moi... - Ah, oui.

Un peu de graisse.

C'est Louna, que... Dont je vous avais parlé.

- Bonjour.

- Vous parlez français ?

- Euh, un peu. - Très bien.

Elle est jolie.

J'aime pas les saisonniers moches.

Ça fait peur aux légumes.

- OK... Bon, vous lui faites pas faire des trucs trop durs.

- Je vais la mettre aux artichauts. Pas besoin de se baisser.

Même moi, je peux le faire. - Et le tarif ?

- 8 euros l'heure. - C'est pas possible.

C'est en dessous du SMIC.

- Personne est payé au SMIC,

dans les champs. - Non, Joëlle.

8 euros, bien.

- Non, non. Non !

- Hors de question ! C'est 10,57.

Minimum syndical.

- Bon.

À l'essai, hein. - OK.

Je l'amène demain.

- Pieds et poings liés. - Yves...

Rire - Merci.

- Galettes, maman.

- Ga...

- Galettes.

Rires

Soupir

- Oh, c'est vétuste, hein.

- Non, non. Quelqu'un a cassé.

Soupir - Donc, c'est un attentat ?

Du sabotage ? - Mais non. Qui aurait fait ça ?

- Je sais pas. Toi, par exemple.

Tu casses et tu fais la réparation.

- Elle est con ou quoi ? Elle râle.

Non ! - Tu me traites de conne ?

- Si c'est ça, je me casse. Trouvez un autre plombier.

- Calmez-vous. - Elle est hystérique.

- Non, pas hystérique, Riou.

Joëlle au bûcher, c'est ça ? - Attendez, soyons constructifs.

Hein ?

Ça va nous coûter combien ?

- Je sais pas. À vue de nez, 400 euros.

- Pour ce mini-tuyau ? - Pas mini. Du cuivre.

Et la main d'œuvre.

- La municipalité s'en charge.

- Quoi ? - Merci.

- C'est-à-dire ?

La municipalité ? Donc je paie ?

Je lui paie son tuyau, quoi ?

Avec l'argent du contribuable ?

- On peut soumettre ça au vote.

-Ça va prendre des semaines. - On attendra.

À Damas, Bachar...

- Il dit quoi ? - Je les laisse pas comme ça.

Je vais chercher mon chéquier.

Gardez vos 400 euros pour ce que vous voulez.

Merde ! Et moi, je paie. Très contente.

Musique douce

- Elle fout quoi dans la tête de nos mômes ?

Mon fils me fait la gueule depuis qu'il est en CM2.

Soupir

- Un... chou-fleur.

- Dina ?

- Un chou-fleur.

- Chou-fleur.

Soupir

- Selon toi, ça veut dire quoi, le racisme ?

- C'est quelqu'un qui aime pas quelqu'un qui a des choses en plus.

Comme des taches de naissance, des taches de rousseur ou...

des grains de beauté ou la couleur de peau...

ou un physique.

- C'est les gens qui aiment pas les Noirs.

Mon père, il aime bien Mbappé et Omar Sy.

C'est pas que ça.

C'est aussi juger sur la couleur de peau,

la religion ou le physique.

Par exemple, dans la guerre de 39-45, Hitler, il exterminait les Juifs,

parce qu'il était homophobe, il aimait pas...

les gens qui étaient d'autres couleurs de peau

ou pas le même physique que lui.

- Deux copains qui se parlent se disent entre eux, sur une personne :

"Regarde, lui, il a des...

"Il a des cheveux bruns, j'aime pas." "Ah, oui, c'est vrai."

Et puis ça peut continuer jusqu'à aller plus loin.

- Bah, le suicide. Si tu te fais, bah...

Bah, si t'es raciste,

comme tu insultes quelqu'un à répétition,

c'est du harcèlement. Ça peut être lié au racisme.

La personne, elle peut venir à la mort,

comme elle se sent pas bien dans sa peau.

- Ouah.

Et toi, Wael ?

- Wael !

Euh, pour toi, c'est quoi, le racisme ?

- Euh...

Je sais pas.

- Les gens qui aiment pas les Noirs. - On souffle pas !

Dis ce que tu penses.

- Je... Je sais pas.

- C'est pas grave.

C'est bien, on a... - Ouais, on a de la matière.

- Merci beaucoup, les enfants. C'était vraiment bien.

Pour résumer, le racisme,

ça vient d'un esprit obtus.

Ça vient de la peur, aussi.

La peur qu'ont les gens des autres,

de ceux qu'ils ne connaissent pas.

La peur qu'on leur prenne leur travail, leur maison, leur femme.

Leurs noix.

Enfin, qu'on leur prenne

quelque chose. La peur. Nous, nous n'avons pas peur.

Hein, les enfants ? - Oui, madame Joëlle.

- Voilà les complètes.

Avec du jambon de dinde.

- Merci. - Pas de porc.

- Merci. - Merci.

- Le client est roi, chez moi.

D'où qu'il vienne.

Rires gênés

Bon appétit.

- Merci.

- Mmh.

- Alors ?

Ça vous... Ça vous plaît ?

- Oui, merci. - Oui.

Elle le rabroue.

- Qu'est-ce qu'il dit ?

- Il dit que c'était très bon.

- Non,

c'est pas bon.

Gras et mou.

Rire

- Gras et mou ? C'est comme ça, en Bretagne, on met beaucoup de beurre.

Beaucoup !

Musique classique

- Ah, monsieur le maire ! Je vous cherchais.

Je voulais vous dire.

Comment dire ? Il y a des bruits qui courent.

- Quel genre ? - Les gens disent

que c'est pas juste qu'ils aient un logement gratuit.

- Oui. Et vous en pensez quoi ?

- Moi ? Alors, rien du tout.

Moi, je vous répète juste. Et il y a même

une pétition depuis ce matin.

J'en ai fait ici une copie. Regardez.

- Ah, c'est Riou, ça.

Il y a cinq signatures. Ça dérange pas grand monde.

L'appartement est à la ville. L'État subventionne la rénovation.

Vous voyez ?

- C'est pas ce que les gens avaient voté.

Il paraît que les Fayad se servent à manger dans les magasins

sans demander.

- Ah, oui, la noix de la discorde.

- Et ils ont également manqué de respect à Jacqueline.

Ses crêpes.

- Enfin,

elles sont imbouffables.

- Mais ça se dit pas. Téléphone

Enfin, les gens pensent que ça se dit pas.

Vous répondez pas ? - Non.

Un appel anonyme. - Anonyme ?

- Ouais. - Des menaces ?

Non, si les gens commencent à s'énerver,

j'ai un talkie, mais je suis seul.

- Calmez-vous ! On est plus à Paris. La crim, c'est fini.

Y aura pas de meurtres en série. Soupir

Mais vous avez raison.

On peut pas laisser enfler la polémique.

Non, il faut créer une dynamique autour des Fayad.

- C'est-à-dire ? Je comprends pas. Je parle pas le Macron, moi.

- C'est bon.

- C'est bon ? - Je m'en occupe.

- Bon.

Eh ben, tant mieux.

- On a peut-être le temps de faire un 69.

J'ai quasiment une heure.

- Moi aussi, il fait son andouille maison.

J'ai dit que je faisais un jogging.

Il va se demander pourquoi je maigris pas.

- Maigris pas. Surtout pas. Souffles courts

Grincement

C'est quoi, ça ? - Je sais pas.

Tintement métallique

- Elle fout quoi ?

Soupir

Gémissement étouffé

-Ça va ? C'est pas trop lourd ?

- Non, ça va.

Ça... à vous ?

- Oui, c'est une longère.

C'est typiquement breton.

Elle tombe en ruines.

- Oui. Besoin beaucoup de...

- Vous la voulez ?

- Moi ? - Allez, pour votre petite famille.

Rire gêné - Mais moi, j'ai...

pas d'argent. - Oh !

Je vous la vends un euro. - Quoi ?

- Attends. - Chut !

- Un euro ? - Oui.

-Ça ?

- J'ai pas d'héritier.

Ça va finir avec les banquiers. - Mais...

vous voulez quoi ?

- Rien. Pas même une pipe.

Il rit. Ah, si, une condition.

Vous laissez pas ce connard de Riou faire la plomberie.

Il va faire un caca nerveux.

Ça va être fantastique. Rire

- Un euro, Yves ?

- Un euro, oui, un euro ! Elle est sourde, ma parole !

- Mais je rêve ! Grincement

Il va leur filer notre planque. Pour un euro !

- Faut que tu fasses quelque chose.

Je me refais pas ta camionnette frigorifique.

Musique douce

- Je t'offrirai une doudoune. - C'est pas drôle.

Je l'aimais bien, notre longère.

- Bah oui, moi aussi, je l'aimais bien.

Soupir

Elle tape.

Elle ouvre, puis claque une porte.

Souffle court

- Attends. - Hein ? Non.

- Bah, je sais pas, attends. - Non.

- Là. Ouais, ouais, vas-y. - Hein ?

- Non, je sais pas.

Gémissement

Il marmonne.

Excuse-moi.

Gémissement

Soupir - Mais c'est pas grave, mon chéri.

Effort

On est pas obligés tous les jours.

- C'est la première fois que ça m'arrive.

- Je suis enceinte, ça doit être chimique.

- Mais non, c'est pas ça.

C'est à cause de lui. Toute la famille. Les Fayad.

Mais lui, surtout, là.

Hein ? Puis la longère, putain, la longère.

- Mais Poudoulec dit n'importe quoi.

- Un euro, putain, le fils de pute. Un euro.

Salaud de Yves, il peut crever, le stalinien.

- Mais calme-toi, mon chéri. Soupir

On avait fait une croix dessus. C'est trop petit.

- C'est une question de principe. C'est grave, ce qui se passe.

Faut qu'on fasse quelque chose.

Attends, j'ai chaud. - Pardon, pardon.

- Mets-toi à quatre pattes, pour essayer.

- T'es sûr ?

- Non, mais bon. - Mmh.

- Vas-y. - Allez.

Gémissement

- Fils de pute. - Attends.

- Hein ? - Attends.

La culotte, j'y arrive pas. - Pourquoi tu l'as remise ?

Musique légère

Appel FaceTime

-Ça va, et toi ?

- Ah ! Ça va.

Rire

Non, pas celui-là... Non, voilà.

Voilà.

Euh... -Euh...

-OK.

- Oh.

-Of course.

Bye.

Elle raccroche. Soupir

Musique intrigante

- Ah ! Enfin, c'est pas trop tôt.

Porte

Elle acquiesce.

Musique mélancolique

- Faut commencer, Sébastien. - Bah, ça va.

- Mais il est 18 h.

- Oui, oui, je sais.

- Allez-y. Raclement de gorge

- Chers Paimpontais et Paimpontaises,

merci d'être venus si nombreux ce soir.

Oui, leur parcours a été difficile.

Mais ils sont parmi nous, maintenant.

Et nous devons les accepter

avec leurs différences.

Ils n'aiment pas les crêpes,

par exemple. Bon.

Mais comme nous tous,

ils veulent la paix, l'amour...

- Et l'eau courante.

Eh oui. Amen.

Donc, on va les laisser parler. - Mmh.

- Merci, Sébastien. Bravo. Applaudissements

- Bonjour.

Réponses timides

Ça, c'est la Syrie.

Avant la révolution,

il y avait 23 millions d'habitants.

Maintenant, plus de la moitié de la population

a été déplacée ou tuée.

La Syrie,

c'est une dictature.

- Comme en France.

- Non ! Yves, s'il vous plaît.

- Si vous êtes suspecté d'être un opposant politique,

vous vous retrouvez en prison

et on vous torture, on vous mutile.

- On vous électrocute,

on vous viole.

Et après, si on vous a pas fusillé,

on vous libère, mais c'est trop tard.

Vous êtes déjà devenu fou.

Murmures

- Euh, le pire des bourreaux,

en Syrie, c'est pas Daesh.

C'est Bachar.

Daesh, c'est 15 000 morts.

Bachar,

des centaines de milliers.

Nous, on est restés trop longtemps,

car ma mère était très malade.

On avait notre vie, notre maison.

Nos amis, notre chien.

Mais quelqu'un a dénoncé Alma et son mari,

qui soignaient des opposants.

Leur hôpital a été bombardé.

Son mari a été tué, Alma, blessée.

- Les passeurs ont pris tout ce qu'on possédait.

Tout.

- Il nous reste quelques images,

que ma sœur, Alma...

a accepté de vous montrer.

Applaudissements

- Ma femme a insisté pour y aller : "Je veux pas

"mourir idiote."

Cette idiote.

Je me laisse pas amadouer par les pleurnicheries.

- On va y passer, nous, après leur truc ?

Voir ce qu'il y a à manger.

-Ça me saoule, j'ai pas envie.

- Tu vas pas voir tes copains syriens ?

- Arrête ! Non, je passerai tout à l'heure.

Tu sais, j'avais rien contre eux, au départ.

Mais là, je trouve qu'on leur donne trop.

Et si on vend des longères à un euro...

-À qui le dis-tu ?

Signe la pétition pour un vote.

On les dégage.

- Je peux pas. Je dois rester neutre pour mon commerce.

- Ouais. Parce que ta femme est copine avec Joëlle.

- Rien à voir. - Ouais. Réclame-lui tes couilles.

- Arf.

- T'inquiète pas pour ça.

- Hein ?

Allez, allez, va.

Et toi, Johnny ?

- Euh, faut peut-être relativiser.

C'est pas des Maliens.

Ou pire, des Roumains.

Qui dit Roumains dit Roumaines. Qui dit Roumaines dit mac.

Qui dit mac dit drogue. De fil en aiguille...

Sexe, drogue and rock'n'roll.

À Paimpont.

Non, ils sont peut-être un peu mal éduqués,

mais c'est pas des criminels.

Je vais jeter un œil, voir qu'il y ait pas de débordement.

Pleurs de bébé

Brouhaha de cris affolés

Explosions et cris

Alarme

Brouhaha agité

Cris Hurlement

Explosion

Brouhaha de cris

Explosion

Musique entraînante Léger brouhaha

- Va danser !

- Non, j'aime pas...

- Vous faites quoi, là ?

- Désolé, c'est la chaîne. On est revenus à nos frais.

- Quoi ?

- Les gens s'en foutent des Syriens. - Quoi ?

- Ils trouvent les rushs trop chroniques.

-Ça veut dire quoi ? - Je sais pas.

- Nos Syriens sont trop gentils ?

Ils voulaient qu'ils foutent la merde dans notre village ?

- On est dégoûtés aussi. - Vous pouvez pas !

- On vient de ranger le matériel. Je suis désolé.

- Eh ben, très bien. Allez. - Les rats quittent le navire.

Bravo, la France. - Là-bas.

Allez-y.

Allez-y. Marilyn ! Mettez-vous au sec.

Musique celtique Léger brouhaha

Rires

Léger brouhaha

Anglais

Je vous jure.

-Ça fait 1 h que je t'attends.

- Mince. Je discutais, je me suis pas rendu compte.

- Qu'il faisait nuit ?

Ta mère attend pour rentrer. Tu réponds pas au téléphone.

- Ah, ben, mince, attends, j'ai dû...

J'ai dû laisser mon sac derrière.

- S'il y est toujours, hein.

Allez ! - Je l'ai, regarde.

- Vérifie s'il y a tout.

La musique s'arrête.

Murmures

-Allons, enfants de la patrie

Le jour de gloire

-est arrivé Porte

-Chers amis. Chers amis, monsieur.

On est ici chez nous, hein ?

- Putain d'identitaires ! -On se laissera pas

remplacer.

- Allez-y !

-Le fascisme ne remplacera pas la démocratie.

- Donne-moi ça, toi !

-C'est un fasciste, pas un Breton. Des menteurs !

Exclamations

Ben, voilà. Voilà !

-Ça va ? - On dit que c'est nous.

- Connard !

- Ben, c'est... rouge.

Ça fait mal ? - Bah, oui.

Mais t'étais où, quand c'est parti en vrille ?

- Tu vas me demander combien de fois ? Je t'ai dit, j'étais avec...

une camionnette de livraison en retard.

Depuis le Covid, tout est un peu ralenti.

- Encore maintenant ?

Aïe, aïe ! Oh, non !

Ces identitaires sont si racistes. C'était pas comme ça avant.

- Oui, mais des Syriens, ici, c'est compliqué.

- Selon Joëlle,

même si c'était les Ukrainiens, ils auraient foutu le bordel.

-"Selon Joëlle..." Tu répètes tout ce qu'elle dit.

- Non, pas tout.

- Si. Tu la suis aveuglément jusqu'à te faire taper dessus.

Elle pense qu'à elle.

- Ah, non ! Ça, c'est faux.

Pas Joëlle. - Je pense qu'elle te manipule.

Écoulement d'eau

-Bonjour, Joëlle. - Bonjour.

- Oh ! Farid ?

-Yes.

Sonnette

Il se passe quoi ?

- T'avais oublié ton poncho, hier. - Ah, merci.

- Tu t'es maquillée ?

- Euh, oui, enfin, un peu, quoi.

- On prend un café ? - Non, je dois filer, je peux pas.

- Tu fais quoi ?

-Écoute, j'ai des trucs à gérer. Excuse-moi, mais à plus tard.

Je t'appelle.

- Je t'avais aussi apporté ton beurre préféré.

Soupir

Musique légère

Attention ! Attention !

Sonnette

Soupir - Je viens de l'apprendre. Désolée.

- C'est pas possible. - Tu es sûre ?

- Elias l'a confirmé.

- C'est vraiment lui.

Pleurs

Je suis vraiment désolée.

- Marwan !

Habibi !

Murmures

Musique triste

Soupir

Il hésite.

Mmh.

- Ah.

Rire

Il acquiesce.

Coups de feu au loin

Soupir

Sonnette

- La barbe...

Soupir

On est fermés.

- Bonjour, madame.

Pâte à crêpes.

Cuisine, vous et moi.

- Quoi ? Vous voulez me piquer ma place ?

C'est ça ?

- Non. Moi, aider, parce que vous, nulle.

- Oh, bah... Oh, ben, bon...

- Je plaisante... un peu. Rire gêné

- Vous êtes gonflé. Rire franc

-À demain, monsieur Durand. - Merci, Géraldine.

Musique mystérieuse

- Ouais, OK, ça marche. Merci.

- Hervé ?

- Ah, salut.

- C'était qui ?

- Hein ?

- C'était qui ? - Des nouveaux amis.

- Pas ces gens qui sont venus à la fête ?

- Géraldine.

On défend notre identité régionale.

Hein ? L'âme bretonne.

- T'es alsacien.

-À moitié, du côté de ma mère. Mais je suis breton.

- Ils ont beaucoup souffert. - J'ai pas souffert, moi ?

- Ah bon ?

-À 16 ans, quand je bossais avec mon père,

les matins, à 6 h, les mains dans les tuyaux.

Parfois, il y avait du caca.

Alors ?

C'est des simagrées, les réfugiés qui souffrent.

Pour nous refourguer des Arabes.

- Ah bon ? - Eh ouais.

Pourquoi tu y es allée ? Ils t'ont mis quoi en tête ?

- Bah, c'était intéressant.

On a vu ce qu'ils avaient vécu là-bas.

- Ce qu'ils ont fait vivre aux Noirs, ils en ont parlé ?

Qui c'est qui a commencé la traite des Noirs ?

L'esclavage.

L'esclavagisme. C'est qui ?

- C'est nous.

- Non. Faut arrêter de se... C'est pas nous.

Non. Rire suffisant

C'est les Arabes qui ont commencé. Ouais.

- Je savais pas. - Bah si.

On parle tout le temps de la traite par les Blancs,

les Arabes ont commencé. Leur but ?

Eh bah ? Qu'on devienne leurs esclaves.

- Je crois pas. - Je crois, moi.

- T'exagères un peu.

- J'exagère ?

Instruis-toi, un peu, on est dedans.

Il y a des instruments modernes pour t'élever,

pour comprendre le monde dans lequel on vit.

Le monde,

c'est pas Paimpont.

Bon, allez, j'ai encore du boulot.

Soupir Bisous, ma chérie.

-À toute. -À toute.

T'as pris les gouttes pour le petit ?

- Euh, oui, oui, j'ai pris les gouttes.

Musique intrigante

- Bah, alors, ma poule ?

Tu me rappelles plus. Il y a quoi ?

Je suis à la longère, ça avance.

Passe, si tu peux. Moi, je suis là dès que je peux.

Bisous. Tu me manques.

Ah...

- Le toit plat, comme ça,

vous êtes sûr ?

- C'est moins de travail.

- Bon, ben, alors. - Toit plat,

mais avec angle pour évacuation eau.

Il siffle.

Il sera architecte, comme son père.

- Bonjour. - Bonjour, Yves.

- On boit, chez vous ? Hein ? Rire malicieux

Léger brouhaha

Musique inquiétante

- On va faire un peu de maths, ce matin.

Alors ?

Guillaume, qu'est-ce que tu fais là ?

- Je préfère être là.

- Non, à côté de Wael,

à ta place.

Vous allez pas être trois par table.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Il renifle.

Bah, Guillaume ? Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai peur.

- Peur de quoi ?

Soupir

Mais n'importe quoi.

"Un réfugié syrien clame son soutien à Daesh" ?

- C'est sur Internet depuis des semaines.

- Mais c'est quoi, ce site de merde ?

- Il l'a dit, quand même.

- Pas comme ça. Vous étiez là.

Il a juste dit qu'en Syrie, le régime est pire que Daesh. C'est la vérité.

- Je fais de la politique à Paimpont, pas à Damas.

Tiens, regardez.

La pétition de Riou. Elle a pris 400 signatures en 24 h.

- Faites une contre-pétition.

- Non, ça n'existe pas.

- Non mais là... son fils.

Il a douze ans. Téléphone

- Voilà, encore un appel anonyme.

Claquement

Au début, j'y prêtais pas attention. Parce que j'ai pas peur.

Mais là, on a menacé de me péter les rotules.

Il faut sonder discrètement le conseil municipal, à part Riou.

On arrête les travaux, pour pas envenimer les choses.

Elle râle. Il faut un dossier pour contrer Riou.

- C'est quoi ?

- C'est ça. - Anne a signé ?

- Voilà.

- C'est pas possible.

- Le papier qui valide la nationalité des réfugiés, vous l'avez ?

Musique intrigante

- Oui, bien sûr.

- Oui. Eh ben, j'en ai besoin aujourd'hui.

- Je... Je vous l'amène.

- Au plus tard, ce soir. - Oui.

Soupir

Sonnette Hé ! C'est pour ça que tu m'ignores ?

Que je t'ai pas vue depuis des semaines ? Que tu me réponds pas ?

Pourquoi tu as signé cette pétition ?

- Philippe a insisté. C'est mon mari.

- Mais qu'est-ce qu'il a, lui ? Hein ?

La vie de ces gens tient à une noix ? - C'est plus compliqué.

Je peux pas te suivre aveuglément

dans tous tes projets.

J'en ai marre d'être amie avec toi,

qui en as rien à foutre de moi. - Tu délires ?

J'en ai marre de toi, qui veux pas aider les autres.

- Je suis pas mère Teresa. Toi non plus.

Si tu l'étais,

tu serais en Syrie, pas à Paimpont.

- Sans moi, tu serais seule, comme une conne,

avec ton mari qui te... - Qui me quoi ?

Qui me quoi, Joëlle ? Vas-y, accouche !

- T'es tout le temps b...

Merde ! Tu sais quoi ?

T'es son esclave, comme dans les années 1950.

Années 1950. Merde ! - Fait chier.

Soupir

Tintement de verre

Musique mystérieuse

Soupir

- Ils foutent quoi dans cette préfecture ?

Allez.

Accent québécois -Mon PDF, je veux l'éditer.

Je le prends et je l'amène dans Word, ici.

Changer le texte... - Changer le texte.

Cette barre ? Quelle barre ? Mais où ? La barre !

-On fait OK. Notre fichier apparaît.

- Mais putain, ce truc de merde !

-...comme c'était.

- Gomme...

Oh, merde.

Bonjour. Pour Sébastien. - Bonjour.

D'accord, je lui remets. - Merci.

- Je vous en prie.

Au suivant.

Musique dramatique au piano

Pas à l'approche

- Tu es déjà là ?

- Ouais.

Toi aussi, t'es en avance ?

- Oui.

- Il fait des très bonnes crêpes.

Surtout une syrienne,

qui est délicieuse.

Mais bon, il viendrait

m'aider seulement quelques jours par semaine.

Hein ?

Sa femme est morte d'un cancer du poumon, comme toi.

Ben, pas que ça nous rapproche.

Il y a rien d'ambigu dans cette histoire.

Mais bon,

moi, je pense qu'il faut s'adapter.

On fait bien une galette merguez. Rire

C'est pas très breton.

On a gardé les autres.

La complète, la saucisse,

la chèvre noix.

Ta préférée.

Alors, c'est bon ?

Je peux l'engager ?

Fais-moi un signe.

Soupir

De la pluie en juin.

Rire ému T'adorais ça.

Hein, mon loulou ?

Merci.

Arabe

Musique douce

Musique dramatique

Effort

Qui a fait ça ?

Toi, mon toit !

- Quoi, "toi mon toit" ?

Gémissement - Il est malade,

ce mec. Venez, les gars ! Cris

- Pas de bagarre ici ! Sortez !

- On le fout par terre ! - Oh, le con.

- Foutez-le par terre ! Gémissement

Bouge pas, fumier !

- Qu'est-ce qui t'a pris ? Nom d'une pipe !

On vous accueille et tu frappes. T'as quoi dans le crâne ?

- Cassé.

-Ça, oui, pour le coup, Riou, il a le nez cassé.

- Non.

Moi.

Cassé.

"Laissez-moi danser" Dalida

- Eh ouais...

Cassé, oui.

Je comprends.

J'étais dans la crim, à Paris, avant. Donc, enfin...

Moi aussi. Pas autant que toi, mais...

j'ai vu des meurtres d'innocents. Enfin, j'en ai vu un, en fait.

Et ça m'a suffi.

- Dalida ?

- Tu connais ça ?

- Oui, on écoute beaucoup de chanteurs français.

Georges Moustaki, Dalida,

Charles Aznavour.

- Mais c'est pas les plus français.

Johnny, tu connais ?

- Johnny ?

- Johnny Hallyday, c'est très connu.

- Chante.

- Ah, non, non. Je peux pas.

- Tu sais pas ?

- Si, je sais. Euh...

Je m'appelle Johnny à cause de Johnny.

Profond soupir

On a tous en nous quelque chose de Tennessee

Cette volonté de prolonger la nuit

Ce désir fou de vivre une autre vie

Clochette

- Tu veux quoi ?

- Marwan s'est battu avec Riou.

Ils vont se faire virer. J'ai besoin de toi.

- Besoin de moi ? Ça va pas ? C'est fini.

L'amitié, c'est pas que dans un sens.

- Désolée si je t'ai donné l'impression

de m'en foutre. C'est pas vrai.

Mais j'ai vraiment besoin de toi.

- T'as fait quoi ?

Soupir - J'ai menti.

Leur dossier est en attente. J'ai que cette lettre...

Pour les Ukrainiens.

J'ai donné une copie à Sébastien hier soir.

Ça se voit que j'ai un peu traficoté ?

- Là, t'es dans la merde. Il l'a pas encore vue ?

-Et ainsi vivait Tennessee

Le cœur en fièvre et le corps démoli

Avec cette formidable envie de vivre

Ses mots à lui c'était son...

Et à nous

Quelque chose de Tennessee

- Usage de faux.

5 ans de prison.

- Calmez-vous.

Joëlle ira pas en prison. - Si, justement.

- Joëlle, clarifiez.

- La demande est en cours. - Une question de jours.

- N'importe quoi. Ils auraient jamais dû venir.

- Ils sont ici légalement, ils sont en France...

- Je parle d'ici, pas de la France.

- Ils ont un logement. Tu vas pas les virer.

- Il s'est effondré.

- Et la faute à qui ?

Il avait déjà saboté l'appart.

C'est lui ! - Complètement hystérique.

Ils avaient pas droit au logement, ni à l'argent pour la longère.

-Ça n'a rien à voir. C'est Joëlle qui a fait une collecte.

- Oui. - J'ai fait don des matériaux.

- Et le reste ? On en parle ?

Les employés municipaux à nos frais !

Et l'argent que t'as empoché pour ton entreprise ?

Cette subvention était

pour des Ukrainiens. Quelqu'un doit rembourser.

J'ai des amis qui parlent à la préfecture. Ça va barder.

- Oh, Hervé ! Tu vas faire quoi ? Les mettre à la rue ? Dans des tentes ?

- Non ! Pas de tentes à Paimpont. - Si t'étais pas

avec tes amis nazis à t'exciter,

ils dérangeraient personne !

Dites-lui, Sébastien. - Oui.

- T'es la honte de la région !

Tu laisses des partisans de Daesh

me tabasser ?

- Il soutient pas Daesh.

- Ta gueule. - Pardon ? Tu vas changer de ton.

- Tu l'as signée, la pétition.

- Je retire ma signature. - Ouais.

- Rien à foutre. Plus besoin.

Bye, les Syriens et Joëlle avec ses faux papiers.

- Fous tes menaces aux chiottes que tu répares mal.

- Ah. Voilà, voilà, voilà. Le mépris des petites gens par l'élite.

Soupir - L'élite ?

Je suis fille de prolo, comme toi, mon vieux.

Et je gagne moins que toi.

-Ça va, la gauche caviar intello. Il siffle.

- Caviar ?

- Fais des mômes, si tu veux des gauchistes.

Hein ? Ah bah non, je suis con. Personne a voulu t'en faire.

Maintenant, c'est trop tard. Tic, tac.

Rire méprisant

Tu te feras des copines en prison.

Allergique aux fruits de mer ?

Rire outré

- Qu'il est con, c'est pas vrai ! Soupir

- J'y peux plus rien. Ils doivent partir.

Soupir Porte

- Je déteste ce connard. - Il peut rien contre toi.

- Mais c'est pas moi.

Je m'en fous. C'est eux.

- Oh...

- Quand je vois des gens qui souffrent,

je souffre.

J'ai honte de mon pays, de la traite des Noirs.

Des colonies...

Et puis, surtout...

les Bretons étaient corsaires.

Sanglot

Il y a forcément des ancêtres qui ont vendu des enfants.

- Là, tu débloques, Joëlle.

- J'aimerais que le monde soit meilleur.

- Je suis désolée.

Soupir Tu m'en veux encore pour la pétition ?

- Non, je t'en veux pas du tout.

Mais tu m'en veux pour les mensonges et ce que j'ai dit sur Phil...

- Non, j'ai compris, tu sais.

Il me trompe avec la charcutière.

- T'es sûre que c'est elle ?

- Oh, bah oui.

On est 500 au village, dont 300 en soins palliatifs.

Ça laisse pas beaucoup de candidates. Rires

Sanglots

Sanglot

Wael pleure.

Musique triste

Essoufflé

Wael !

Wael !

Sanglots

- Wael !

Wael.

Elle souffle.

- Bonjour, Marilyn.

- Bonjour.

-Ça va ? - Oui.

- Je te prends une andouille maison.

Une entière.

- Euh, celle-ci, ça va ?

- Oui, elle est belle.

Bruissement de papier

T'emballes bien les andouilles.

- Merci.

- Je t'en prie.

- Avec ça ?

- La charcutière et le mec de la supérette, c'est romantique.

Un Roméo et Juliette façon cochon ?

Cochonnaille ? Rire

Balbutiement

- Je suis désolée.

- Non, je t'en prie, pas de dépit ni désespoir.

T'inquiète.

- Tu prends quand même l'andouille ? - Bah, oui.

- Je te l'offre.

- Merci. Cadeau !

- Ouais.

- Au revoir, Marilyn.

- Au revoir.

Porte

- Merde ! Tu fais chier !

-Ça va pas ? Oh ! - Tu m'emmerdes, avec ta vie de merde !

- T'es cinglée. - Sale merde, tu m'emmerdes !

- T'es folle ?

- Tu m'emmerdes ! Y en a marre !

Anna continue de crier. - Tu fais rien ?

- Non, je m'en mêle pas, moi.

Je mettrais quoi sur le rapport ? L'arme du crime est une andouille ?

- Connard !

- T'es cinglée... - Non !

Toi, t'es une connasse.

Rentre dans ton truc, là !

Que je te voie plus, connasse !

Appel FaceTime

Soupir Appel FaceTime

Sanglot

L'appel n'aboutit pas.

Musique classique

Remue-ménage

- Au revoir.

- Oh là là !

Petit rire

Porte

- Vous partez ? - On doit rendre l'appart

après-demain et quitter Paimpont.

On n'a pas le choix.

Arabe

T'as compris ?

Rire - J'ai tout compris.

Rire timide

Tu veux aller avec nous ?

- Où ça ?

- Au lac.

- Ah.

Euh, ouais, carrément.

- Chouette. Rire

Brouhaha joyeux

- OK, encore un peu plus loin.

Musique douce

Il le retient.

Bonjour !

Il marmonne.

- C'est ça, bonjour.

Putain, ils osent.

Pour s'installer, ils savent faire.

Ils vont nous planter une tente ?

Claquement de doigts

Gégé ! Gégé !

- Hein ?

- Pourquoi tu fais coucou ?

- Je sais pas. Rire nerveux

Brouhaha joyeux

- Marwan ?

- Alma !

- Tu regardes dans l'autre sens et c'est tout.

Hein ?

Soupir - Comment tu te sens ?

- Bof.

- Mmh ? - Oui, tu vois.

C'est bizarre, là, j'ai une grosseur.

C'est comme un kyste.

- Ah bon ?

Je regarde ? - Ouais.

Effort Attends.

Où ça ? - Là.

- Là ?

- T'es con ou quoi ? T'accouches.

- Quoi ?

- C'est pas un kyste, c'est un talon.

- Mais non, j'ai pas eu de contractions.

Un talon ?

- Allô ?

J'ai ma femme qui accouche, là.

On est sur la plage de Paimpont.

C'est une urgence. - La tête ?

Ah, oui, oui ! - Maintenant, là, en ce moment.

- Oui, ça commence. - Un médecin !

- Aïe, aïe, aïe.

- Il y a un médecin ?

- Hervé, j'ai mal. - Hein ?

- J'ai mal. - Pousse. Non, souffle.

Elle gémit. Un médecin, s'il vous plaît.

- Un médecin.

- Un médecin, pour ma femme.

- Gwendal, attention à Nolan.

Voix mêlées

Anglais

- C'est bon. Pompiers are coming. - Je suis médecin.

- Pas besoin.

- Aïe ! - Pompiers are coming.

- Non, c'est bon.

- Hé, tu regardes pas dans ma femme.

Arabe

- Hervé. Voix mêlées

- Retiens-toi.

Retiens-toi.

- Je me retiens ?

- Pour les pompiers. - Tu lui parles pas.

Anglais

- Deux minutes...

Elle souffle et gémit.

- Oh, non...

- Deux minutes, chérie.

- Quoi ?

Tiens la jambe.

Elle gémit. Tiens la jambe.

Arabe

Hurlement - Non, tu la touches pas.

- Taisez-vous !

Poussez !

- Poussez !

Poussez ! Poussez ! Poussez !

Poussez ! Poussez !

- C'est pas passé. Faut attendre les pompiers.

Faut les attendre !

Anglais

- Non, non ! Il la singe.

Elle va le faire tomber. - Tais-toi !

Géraldine hurle.

- Pousse ! Pousse ! Pousse !

Pousse ! Pousse ! Pleurs de bébé

Elle pleure.

Rire

Applaudissements

Musique douce - Bravo !

- Bravo ! - Bravo, Alma.

Pleurs

- Mon chéri.

Gémissement

Pleurs de bébé

Hervé rit.

Pleurs de bébé

- Mon petit bébé.

Elle est toute petite.

Pleurs de bébé

- Elle te ressemble.

Elle te ressemble.

Elle souffle.

- Merci.

Sirène au loin

- Maman,

il y a un autre bébé qui sort.

- Non, Nolan, c'est le placenta.

Non, touche pas. Touche pas.

Touche pas.

Effort

- Oh là là.

Oh !

Et hop là !

La titine, mmh ?

La petite titine. - La tototte.

- La petite tototte. Mmh.

Babillage

- Je crois que je vais l'appeler Alma.

- Bah, pff.

- Pourquoi ? Tu pensais à quoi ?

Soizik ? Gwenaëlle ?

Pour encore faire plaisir à ton père ?

C'est peut-être un peu à moi de choisir.

- T'as quoi ? Ça va pas, non ? Rire

- Elle aurait pas survécu, si Alma avait pas été là.

- Pff. N'importe quoi. Mais si.

- Non. - Les pompiers arrivaient.

- Non. Non, mon chéri.

Toi, t'es plombier, moi, infirmière.

- Attends, quand même. Hein, bon.

- Quoi ? - Son frère m'a pété la gueule.

- Oh là là ! Mais...

Tu t'es déjà imaginé ce que c'est ?

Un père qui emmène sa famille très loin ?

T'arrives d'une guerre dont tout le monde se fout,

dans un pays où t'es perdu, et on t'insulte.

Le plombier te défonce tes tuyaux.

- Quoi ? Ah, non.

C'est pas moi.

- Oh, dis. - Non, je te le dis

droit dans les yeux, c'est pas moi. - Mmh.

Mmh. - C'est tes hormones ?

- Pourquoi toujours mes hormones ?

C'est pas les tiennes ? - Bah.

- De mâle dominant qui marque son territoire

avec ses nouveaux copains ?

Je veux pas te suivre, moi.

Tu vas trop loin.

Babillage

Je crois que je dois te quitter.

- Pff. Rire méprisant

- Mais c'est pas drôle.

C'est pas drôle.

- Bah... - Non, me touche pas.

Je te préviens, s'ils partent, je pars aussi.

Non, tu pars. Je garde la maison.

Babillage

Brouhaha

- Alma. Coucou !

- Qu'elle est belle, la petite Alma !

Bravo, Géraldine ! Enfin une de réussie !

- Merci, c'est gentil.

- Félicitations. - Bientôt,

le cinquième, en cours de préparation.

Rire

- Artichauts bio !

- Hé, Louna. - Tomates bio !

- Regardez !

- Courgettes bio. Tout bio. - Courgettes !

Que du bio ! - Madame, monsieur !

- Elle vend bien ses légumes. - Oui.

Je la trouve ravissante.

- Monsieur, draguez pas.

Ou je vous donne un coup de carotte. Rire

- Il dit oui à ce qu'il... - Aime.

- Il dit non au... - Professeur.

Rire

- Prévert lui a donné envie d'apprendre le français.

- Et tu fais quoi, maintenant ?

- Je suis institutrice à plein temps. Enfin.

J'ai signé les papiers du divorce ce matin. Ça s'arrose.

Liberté, hein ? - Liberté.

Soupir

- Eh ben, voilà.

Ça a été un peu compliqué, mais...

on reçoit enfin des réfugiés ukrainiens. Des vrais, cette fois.

Des vrais, je veux dire... Oui, des Ukrainiens.

D'Ukraine, quoi. Enfin...

Eh ouais, encore une guerre qui n'en finit pas.

Le paradoxe de l'humanité.

Le bien, le mal, qui s'affrontent...

encore et encore, toujours...

Pff.

- Deux syriennes !

- Coucou, baba ! - Coucou.

- Trois de plus. - D'accord.

Léger brouhaha

- Alors...

Il y a deux syriennes par là. - Ici !

- Bam.

Arabe

- Alma !

Rires

Musique orientale

- Ah, c'est beau.

Anglais

- Ah, euh...

- Allez, Joëlle, on a encore du boulot.

- Oui.

Musique orientale

Léger brouhaha

"Symphonie n°25 en sol mineur" Mozart

Sous-titrage : TransPerfect Media France

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